12 minute read

Aide humanitaire

La difficulté d’aider l’Ukraine

Que ce soit par avion, train ou camion, la Suisse livre à la frontière ukrainienne des biens de première nécessité comme des médicaments, des tentes ou du shampoing. Avec une seule certitude: tout peut basculer en quelques heures.

Pendant que nos écrans diffusent en boucle la dévastation de la guerre en Ukraine, de nombreuses Suissesses et de nombreux Suisses ne veulent pas rester les bras croisés. Ils veulent aider de quelque manière que ce soit. Depuis le début de l’invasion russe, l’ambassade ukrainienne à Berne réunit les dons de la population et s’est rapidement retrouvée dépassée. Des caisses de transport s’entassent partout.

Responsable de l’Aide humanitaire (AH) suisse, Manuel Bessler connaît cette situation. Ce service, rattaché au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), est mis à contribution en cas de conflits, de crises ou de catastrophes naturelles pour venir en aide aux populations nécessiteuses.

«Nous espérons pouvoir à l’avenir distribuer nousmêmes l’aide directement en Ukraine»

Manuel Bessler, responsable de l’Aide humanitaire (AH) suisse Des bénévoles trient les paquets arrivés à Lviv, ville de l’ouest de l’Ukraine.

Les biens de première nécessité de Migros sont chargés dans des wagons à la gare de marchandises de Dietikon (ZH).

Pour lui, les choses sont claires: tous les dons ne sont pas utilisables. «Quelqu’un a apporté une caisse de tomates en vrac. Ça ne sert malheureusement à rien. Les tomates seront pourries avant de parvenir en Ukraine.»

Le meilleur moyen d’aider L’ambassade d’Ukraine demande à ses bienfaiteurs de s’annoncer à l’avance par mail et écrit clairement sur son site que les jouets ne sont pas les bienvenus. Et qu’elle dispose déjà de suffisamment de vêtements. Mais comment peut-on savoir ce dont les gens sur place ont réellement besoin? «De Berne, il est impossible de le savoir. Pour connaître les besoins, il faut être sur place et s’entretenir directement avec la population ukrainienne», explique Manuel Bessler. C’est la raison pour laquelle son équipe se trouve actuellement à Lublin en Pologne, au plus proche de la frontière ukrainienne.

Il déconseille ainsi les collectes de dons individuelles. «Pour aider la population ukrainienne, les dons d’argent à des organisations connues sont le moyen le plus efficace. Elles achètent les biens nécessaires sur place plutôt que de les transporter à travers la moitié de l’Europe.» Pour effectuer ce travail humanitaire, l’expérience des zones de crise est importante. À 64 ans, Manuel Bessler l’a acquise en se rendant en 1991 en Irak pour le compte du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et sous l’égide de l’ONU lors de la guerre en Yougoslavie.

La sécurité n’est jamais garantie «La première chose dont ont eu besoin les réfugiés en provenance d’Ukraine, c’est d’obtenir un certain réconfort, mais aussi un peu d’intimité.» C’est ainsi que, le 1er mars, lors de la première semaine de guerre, un avion d’aide humanitaire affrété par le DFAE a livré des tentes d’hiver, des chauffages, des ustensiles de cuisine et des sacs de couchage à Varsovie, où la branche ukrainienne de Caritas s’est occupée de la distribution.

Dans un deuxième temps, Manuel Bessler et son équipe ont organisé en collaboration avec la pharmacie militaire deux transports par camion de biens médicaux. Lundi soir dernier, le deuxième camion chargé de lits d’hôpitaux, de désinfectant et de protections contre les brûlures a atteint le centre de distribution de Lublin où la Croix-Rouge ukrainienne a pris possession de la marchandise.

Pour l’équipe de Manuel Bessler, un engagement sur le terrain en Ukraine est pour le moment trop dangereux. «La Russie ne peut pas nous donner de garanties de sécurité, ce qui est clairement un mépris du droit international.» Il y a trente et un ans, quand Manuel Bessler a débuté auprès de la Croix-Rouge, cela aurait été impensable. «Le travail humanitaire est aujourd’hui devenu beaucoup plus dangereux. En ce domaine, le monde a malheureusement régressé», explique-t-il. Cela a des conséquences pour lui et son équipe de onze personnes stationnées à Lublin: aider à cette distance, c’est comme essayer d’avancer avec le frein à main serré. Alors même qu’ils voudraient travailler sur place en Ukraine, ils doivent se contenter pour l’heure d’accueillir à la frontière polonaise les personnes déplacées. Entretemps, une seconde équipe de l’Aide humanitaire suisse s’est installée en Moldavie.

La logistique doit rester flexible Les biens de l’aide humanitaire arrivent actuellement en majorité en Ukraine grâce aux chemins de fer. C’est ainsi que dix-neuf wagons remplis d’articles d’hygiène de Migros et Coop sont arrivés mercredi dernier à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine. «Combien de temps les voies ferrées vont rester ouvertes? Nous ne le savons pas. Cela peut changer à tout instant, ce qui rend la planification logistique très délicate.»

Cette difficulté logistique commence déjà en Suisse: au départ, les wagons de marchandises devaient être remplis avec les articles d’hygiène au centre de la logistique de l’armée à Othmarsingen (AG). Mais pour dix-neuf wagons, la place à disposition n’était pas suffisante. Les collaborateurs de CFF Cargo ont ainsi dû récupérer les palettes chargées de pansements, de sprays pour plaies et de savon liquide avec des camions au centre logistique de Migros à Neuendorf (SO) pour les charger sur les rails avec celles de Coop à Dietikon (ZH).

«Nous espérons pouvoir à l’avenir distribuer nous-mêmes l’aide directement en Ukraine», indique Manuel Bessler qui précise que l’Aide humanitaire suisse est en discussion avec les autorités ukrainiennes et russes. «Nous ne pouvons pas nous rendre simplement incognito en Ukraine, ce serait trop dangereux. Nous devons nous en tenir à la voie officielle.» Aider directement sur place ne sera donc possible que si les deux parties l’autorisent. MM

France ou Espagne ?

POINTS FORTS

• Croisière commentée dans le port du Havre • Le charme incomparable d’Honfleur • Dégustation de produits typiques normands

18 au 23 avril 22 Fr. 1’250.13 au 18 juin 22 Fr. 1’250.15 au 20 août 22 Fr. 1’450.20 au 25 septembre 22 Fr. 1’295.-

NORMANDIE - FRANCE

DÈS 1’250.-

PAR PERSONNE EN CHAMBRE DOUBLE –––

6 JOURS

L’ESCAPADE NORMANDE AUX MILLES SAVEURS

Au plus fort des souvenirs historiques sur les côtes de la Manche

Avec ses paysages variés, son patrimoine architectural, historique et culturel, la Normandie est un endroit paradisiaque pour tous les amoureux de la nature et qui ont soif de connaissance. Hôtel 3*,

demi-pension

ESPAGNE

DÈS 1’850.-

PAR PERSONNE EN CHAMBRE DOUBLE –––

9 JOURS

Du 6 au 14 juin ou du 17 au 25 septembre 2022 LA CANTABRIE ORIENTALE

Une rencontre unique avec la côte nord de l’Espagne

La Cantabrie est une communauté autonome du nord de l’Espagne. Un voyage VIP inédit dans l’Espagne Verte, entre visites de villes, musées, découvertes de parcs naturels et plaisirs de la table. Hôtels

3* et 4*, 4 dîners et 6 soupers

MIDI-PYRÉNÉES - FRANCE

DÈS 1’250.-

PAR PERSONNE EN CHAMBRE DOUBLE –––

6 JOURS

Du 13 au 18 juin 2022 RANDONNÉES SUR LE MASSIF DE L’AUBRAC

Dépaysement garanti sur le haut plateau volcanique

Les randonnées avec notre guide accompagnateur sur le massif de l’Aubrac, c’est partir à la croisée de quatre influences climatiques (océanique, méditerranéenne, continentale et montagnarde). Hôtel

3*, pension complète (sauf repas aller et retour)

POINTS FORTS

• L’une des plus belles baies au monde à Santander • Le célèbre parc naturel des Pics d’Europe • Le pont suspendu de Getxo

POINTS FORTS

• Le Puy de Gudette, une ancienne cheminée volcanique • Les couteaux de Laguiole, une reconnaissance mondiale • Le Lac des Moines au cœur d’une nature sauvage

Lieux de départ au plus près de chez vous, depuis les cantons de GE, FR, NE, VD et VS

PRESTATIONS INCLUSES Le coup de fendant Voyage en car 4* tout confort du patron Boissons gratuites à bord du car Accompagnatrice Buchard

RÉSERVEZ

WWW.BUCHARD.CH • 027 306 22 30

De par sa proximité géographique, la guerre en Ukraine est perçue comme une menace immédiate pour notre propre avenir.

L’invasion russe favorise les angoisses

Après deux ans de pandémie, voici la guerre à nos portes. De quoi fragiliser des psychismes déjà mis à rude épreuve, comme l’explique la psychiatre vaudoise Catherine Léchaire.

Texte: Laurent Nicolet

Catherine Léchaire, comment interprétezvous les nombreux témoignages de gens disant qu’avec cette guerre en Ukraine, ils n’arrivent plus à travailler, à se concentrer, à penser à autre chose? Les guerres déclenchent des émotions et des peurs fortes parce qu’elles sont créées par l’homme et nous confrontent donc au mal et à l’imprévisible. La proximité géographique de l’Ukraine signifie également que les événements sont perçus beaucoup plus intensément et comme une menace immédiate pour notre propre avenir. Les personnes qui présentent une vulnérabilité peuvent assister à l’aggravation de leurs inquiétudes et leurs peurs préexistantes. Plus particulièrement, les personnes qui ont déjà vécu une guerre elles-mêmes ou qui se souviennent encore de la menace de l’époque de la guerre froide. En outre, il a été scientifiquement prouvé que les peurs et les traumatismes non traités se transmettent de génération en génération. Peut-on minimiser ces réactions en les comparant avec ce qu’endure la population ukrainienne? De telles comparaisons ne sont jamais appropriées, car il est inutile de comparer ses propres peurs et celles des autres. La souffrance n’est pas objectivement quantifiable. Le seul facteur décisif est sa propre expérience et ses propres sentiments – et non ce qui est objectivement pire. Un patient souffrant de troubles anxieux n’est pas aidé si nous jugeons ses peurs irrationnelles et exagérées. En tant que psychiatres, nous devons plutôt tenter de comprendre le sens et les causes de ces peurs, qui sont associées à d’énormes souffrances pour les personnes touchées.

Le fait que cette guerre intervienne directement après une pandémie de deux ans aggrave-t-il significativement les réactions d’angoisse et de mal-être? Cette guerre est en effet une continuation de la pandémie, qui a mis une lourde pression psychologique sur de nombreuses personnes et leur pèse encore. Le retour à la normalité reste un espoir pour le moment. Celles et ceux qui souffrent déjà de troubles anxieux sont certainement plus à risque de tomber encore plus profondément dans cette spirale de la peur à la suite de cette guerre. Quel genre de psychothérapie est adaptée à ce type de situation? Que dites-vous à vos patients à ce sujet? Le courant thérapeutique en luimême est moins important que la qualité de la relation thérapeutique. Si le patient se sent en confiance dans la relation thérapeutique, il pourra parler plus ouvertement de ses craintes. Le thérapeute ou l’entourage pourra l’accompagner pour qu’il puisse mieux doser par exemple sa consommation de médias et, dans la mesure du possible, parler à d’autres personnes de ses sentiments d’impuissance et de découragement, au lieu de réfléchir et d’augmenter ainsi les peurs. Essayer de fuir le flot d’informations peut-il être d’une aide quelconque? Il n’est certainement pas utile de suivre les informations en direct. Les sentiments de peur et d’impuissance s’intensifient lorsqu’on est confronté à la souffrance en continu. En outre, un tel flux d’informations favorise les ruminations et les scénarios catastrophe, possiblement chez toutes les personnes atteintes dans leur santé mentale. Cependant, se couper de l’actualité n’est pas une bonne solution à long terme. Il est important de partager son vécu face à l’actualité et s’informer régulièrement, à partir de sources d’information fiables, mais pas en continu. Et participer à des formes d’actions collectives, comme les dons ou des manifestations? S’impliquer de cette manière est certainement utile, car cela peut aider un peu contre les sentiments d’impuissance et créer un sentiment de solidarité – par opposition à la consommation passive de nouvelles.  MM

17 astuces simples pour économiser de l’électricité

dans la cuisine

Que ce soit en réchauffant un plat ou en faisant la vaisselle, on peut consommer inutilement beaucoup d’électricité dans la cuisine. Nous expliquons comment être plus économe.

Les plaques de cuisson

1. Si vous avez besoin d’eau chaude ou bouillante, il est plus écologique de la faire chauffer dans la bouilloire avant de la verser dans la casserole.

2. Si vous n’avez pas de couvercle en verre pour la casserole, achetez-en un. Vous surveillez ainsi la nourriture tout en économisant de l’énergie, car vous soulèverez le couvercle moins souvent.

3. À propos de couvercle: veillez à ce qu’il s’adapte exactement à la casserole et qu’il ne soit pas trop grand. En utilisant un couvercle adéquat, on réduit le temps de cuisson et on consomme trois à quatre fois moins d’énergie.

4. Important pour les adeptes de pâtes: ne chauffez que la quantité d’eau effectivement nécessaire. Chaque décilitre supplémentaire est de l’énergie gaspillée.

5. N’ajoutez le sel que lorsque l’eau est à ébullition. Sans sel, l’eau bout plus rapidement. Le four

6. Même si vous avez appris le contraire: le préchauffage est superflu. Enfournez le gratin, la pizza ou le pain à froid. Il suffit juste de laisser les plats au four un peu plus longtemps que ce qui est indiqué dans la recette.

7. Cuire si possible avec la fonction chaleur tournante. Vous pouvez ainsi éteindre le four 5 à 10 minutes plus tôt et utiliser la chaleur résiduelle pour terminer la cuisson. 8. Le four n’est pas adapté au réchauffage des aliments. Préférez la poêle ou le four à micro-ondes En comparaison, le four consomme environ sept fois plus d’énergie pour réchauffer les aliments.

9. Là encore, n’ouvrez pas trop souvent la porte du four. Chaque fois que vous le faites, cela entraîne une perte d’environ vingt pour cent de l’énergie.

Le réfrigérateur

10. Pour ce qui est du réfrigérateur, le plus important est que la porte ferme bien. Cela signifie que le joint de la porte doit être intact, c’est-à-dire ni fissuré ni abîmé. Il ne faut pas non plus que des emballages soient coincés ou que des couches de glace gênent la fermeture de la porte du réfrigérateur.

11. Il doit faire froid dans le réfrigérateur, bien sûr. Mais à quel point? Une température de 6 degrés dans le réfrigérateur suffit, il n’est pas nécessaire de la régler à 4 degrés, comme on l’imagine souvent. 12. Si vous devez décongeler des aliments surgelés, pensez à les mettre la veille au réfrigérateur. Le froid ainsi obtenu est directement utilisé par le réfrigérateur, ce qui permet à nouveau d’économiser de l’énergie.

13. Les restes ne doivent être conservés au réfrigérateur qu’après avoir refroidi complètement, sinon la chaleur dégagée doit être compensée.

14. Lorsque l’on ouvre la porte du réfrigérateur, il faut savoir exactement ce que l’on veut prendre. Si l’on garde la porte ouverte, on gaspille de l’énergie. Toutes les infos sur les économies d’électricité

Le lave-vaisselle

15. Remplissez toujours le lave-vaisselle au maximum et utilisez le programme économique.

16. Le prélavage est surestimé: il suffit d’ôter les restes au préalable à l’aide d’une brosse.

17. Ne pas trop laver à la main: cela consomme plus d’eau que le programme économique de la machine à laver.

This article is from: