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Contre les mensonges d'état,

des vérités historiques, sociales, économiques

pour l'Afrique Noire Francophone Sont rassemblées ici des informations collectées ou écrites pour répondre à des questions africaines. 1


Sommaire p3- Votez PMTS (Pour Moi Toute Seule) p4- La démocratie parlementaire à la loupe p5- Pour ceux qui n'étaient pas nés en 1983 p7- Le grégarisme selon Laurent Bado p7- Ceux qui pillent l'Afrique p8- La démocratie n'existe pas, elle est à inventer. p9- Politiques marionnettes p10- Comment détruire une civilisation (Boris Cyrulnick) p12- Quand une idée est universelle p14- Afrique, Solidarité et socialisme p15- Le social-libéralisme ou nouveau libéralisme) p17- Pourquoi ce qui marche chez nous peut marcher chez vous p18- Où est l'argent, qui en profite p19- Vous voulez changer vraiment ? Les solutions existent p22- Les monnaies sociales p24- Vous avez dit "libéral"? Comme c'est libéral p25- Esprit de sel p27- Les coopératives (1) p29- Coopératives (2) Les différentes formes de coopératives p32- L'argent "n'existe pas" (monnaies fiduciaires) p36- Le Franc CFA pour les nuls p40- Domination du Systeme Bancaire - Pillage Monetaire Mondial p41- Pourquoi la dette ? p42- La dette : une construction constitutionnelle. p44- La dette : une construction idéologique p45-...Et le déficit chronique devint astronomique p46- Un discours falsifié sur la dette p49- Naissance d'une dictature économique. p50- L'argent des contribuables a sauvé la finance p51- Le capitalisme a évolué: désormais le risque n'existe plus p52- Les solutions pour sortir de la crise de la dette p57- Conclusion p60- Quelles solutions proposées au Burkina Faso ? p64 - Au sujet de l'auteur

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Votez PMTS (Pour Moi Toute Seule)

Burkinabè , je viens vers vous, j'ai décidé de répondre à votre appel et de me présenter aux présidentielles. Je sais que vous en avez assez des politiques qui vous mentent, je vais fonder un parti qui ne vous dira que la vérité : le PMTS (POUR MOI TOUTE SEULE) Je ne vous cacherai pas que ceux qui travailleront à me faire élire ne seront que des marche-pieds pour me hisser à Kossyam. Mais !!! Je récompenserai ceux qui auront le plus ouvert leur compte en banque pour financer ma campagne par les meilleurs ministères, où ils ne seront pas surchargés de travail, n'ayant pour fonction que de préparer ma réélection en 2020. Ne ménagez pas votre peine, achetez, achetez les votes. Croyez-moi, lorsque je serai à Kossyam, je remplirai mes poches et vous rembourserai au centuple. J'ai bien entendu que vous ne voulez plus de la France. Je vous en délivrerai. C'est facile, je romprai tous les accords qui nous lient à la France et vendrai le pays aux anglais. Le gros français étant inintelligible pour 99,99% d'entre vous, j'imposerai immédiatement l'english comme langue officielle, vous êtes plus nombreux à ne rien y comprendre, mais ça ne changera rien, puisqu'il n'y aura qu'une vérité, en anglais ou en français : tout sera pour moi. Vous avez de la chance : je n'ai pas de famille, je serai donc seule à faire fortune sur votre dos, et vous continuerez à faire croire que ce sont les blancs seuls qui vous pillent. Je vous promets une refonte des manuels scolaires, où on doublera les crimes qu'on leur prête déjà, et où nous nous présenterons mille fois plus comme des victimes réduites à manger les racines. Nous crierons tant notre haine des oppresseurs blancs que, culpabilisés à mort, les petits citoyens casseront leurs tire-lire pour nous apporter à manger, vous verrez, avec moi présidente, vous continuerez de manger les racines, mais je vous trouverai mille raisons nouvelles d'en accuser les blancs et de crever de faim la haine au ventre. Burkinabè, je devine votre enthousiasme à ce programme hautement sincère, je continuerai à vous le dévoiler petit à petit. N.B. : De mauvais esprits ont déjà prétendu que je mets en place une dictature : Pas du tout !!!! C'est une démocratie sincère.

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La démocratie parlementaire à la loupe

Voyons comment vous élisez votre député, ce qu'il vous a promis et ce qu'il a fait. •1- Vous devez choisir un député pour 3 villages, l'un s'est spécialisé dans la banane, l'autre dans le chou vert, le troisième dans l'élevage de chèvres. Vont se proposer pour ses 3 villages des représentants de quelques uns des 150 partis politiques, qui vont tous vous promettre de veiller à l'avenir de la banane, de la chèvre et du chou vert (attention à ne pas mettre la chèvre dans le chou). •2- Votre député est élu. Si vous consultez les registres des interventions des députés, votre député élu n'a pas parlé une seule fois de bananes, de choux ou de chèvres. Les retransmissions télévisées vous ont montré son siège souvent vide, ou votre député profondément endormi. Le seul jour où il était présent et bien réveillé est le jour du vote des indemnités parlementaires. Indemnités de présence, indemnité d'absences (comprenez que s'il n'est pas dans l'hémicycle, c'est qu'il est sur le terrain) indemnités de sommeil (de la même façon, s'il dort pendant les discussions, c'est qu'il a longuement réfléchi toute la nuit au moyen d'empêcher la chèvre de manger le chou). •3- votre député veut être réélu. Vous allez le voir partout, il va venir peser les régimes de bananes, tâter le cul des chèvres, et étudier l'épidémie en cours de vers dans les choux. Dans les derniers 6 mois, il va mettre en place 2 des 8 puits qu'il vous a promis. •4- le bilan législatif de votre député : Il a toujours suivi les décisions de son chef de file politique (discipline de parti oblige). Il a bien dormi, il a grossi et il a changé 3 fois de voitures, ainsi que toute sa famille. Enfants, neveux, sont établis dans les administrations. Ce n'est pas comme ça chez vous? Bravo, car chez nous, c'est exactement comme ça.

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Pour ceux qui n'étaient pas nés en 1983

Thomas Sankara est un des chefs du Mouvement des non-alignés. Il côtoie beaucoup de militants d'extrême gauche dans les années 1970 et se lie d'amitié avec certains d'entre eux. Il met en place un groupe d'officiers clandestins d'influence marxiste : le Regroupement des officiers communistes (ROC). Dans ses discours, il dénonce le colonialisme et le néo-colonialisme, notamment de la France, en Afrique (notamment les régimes clients de Côte d'Ivoire et du Mali, lequel lance plusieurs fois des actions militaires contre le Burkina Faso, soutenues par la France). En octobre 1986, peu avant le sommet Gorbatchev-Reagan à Reykjavik, il se rend une semaine en URSS. Devant l'ONU, il défend le droit des peuples à pouvoir manger à leur faim, boire à leur soif, et à être éduqués. Pendant ces quatre années le Burkina-Faso est ainsi, selon les critères géopolitiques nés au milieu des années 1970, la dernière révolution de l'« Afrique progressiste », opposée à l'« Afrique modérée ». Souhaitant redonner le pouvoir au peuple, dans une logique de démocratie participative, il crée les CDR (Comités de défense de la révolution) auxquels tout le monde peut participer, et qui assurent la gestion des questions locales et organisent les grandes actions. Les CDR sont coordonnés dans le CNR (Conseil national de la révolution). Cette politique visait à réduire la malnutrition, la soif (avec la construction massive par les CDR de puits et retenues d'eau), la diffusion des maladies (grâce aux politiques de « vaccinations commandos », notamment des enfants, burkinabés ou non) et l'analphabétisme (l'analphabétisme serait passé pour les hommes de 95 % à 80 %, et pour les femmes de 99 % à 98 %, grâce aux « opérations alpha »). Sankara tente également de rompre avec la société traditionnelle inégalitaire burkinabé, en affaiblissant le pouvoir des chefs de tribus, et en cherchant à intégrer les femmes dans la société à l'égal des hommes. Il institue la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion pour lutter contre la désertification.

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Il est le seul président d'Afrique à avoir vendu les luxueuses voitures de fonctions de l'État pour les remplacer par des Renault 5. Il faisait tous ses voyages en classe touriste, ses collaborateurs étant tenus de faire de même La révolution sankariste était une révolution inspirée par le communisme et l'internationale ouvrière, bel et bien nés en Europe. Au même titre que Che Guevarra, mort en Bolivie en essayant la même chose, c'est pourquoi on fait souvent un rapprochement entre les deux personnalités. Sankara a dû lutter contre le post colonialisme, tout en réduisant le pouvoir des chefferies traditionnelles. Mais son idéologie était clairement la lutte des opprimés contre les oppresseurs à l'échelle internationale. Il se battait contre des gouvernements mais était solidaire des populations

Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe ! J'aimerais que ceux qui englobent populations et gouvernements, considèrent que nous, populations européennes, sommes entretenues par la sueur et le sang des africains, viennent s'en expliquer ici. J'ajoute pour les bébés que vous étiez, que si Sankara a été assassiné en 1987, le mur de Berlin, lui, est tombé en 1989, consacrant la fin de l'espoir communiste et l'avènement d'un libéralisme sans concurrence. Au lieu de vous masturber LA VICTIMITE en accusant la France, regardez plutôt du côté des ennemis traditionnels du communisme et de ceux à qui ces deux crimes ont profité.

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Le grégarisme selon Laurent Bado

En Afrique, les familles ont un champ collectif (socialisme). Pendant la journée, celles-ci se réunissent pour cultiver dans le champ commun. Le soir venu, chacun retourne dans son champ privé (capitalisme).

A la récolte, les produits du champ commun servent à nourrir toute la famille. Ensuite, chacun peut utiliser les produits de son champ personnel pour faire ce qu’il veut. Cette politique selon lui unit les individus sans les confondre. 7


La démocratie n'existe pas, elle est à inventer

La démocratie française que tout le monde a repris après 1789, n'est pas une démocratie, c'est une modification du système monarchique. Les démocraties actuelles fonctionnent comme fonctionnaient les monarchies françaises, avec les mêmes institutions, parlement, assemblées. La seule différence, c'est que les parlementaires de la monarchie étaient de droit de par leur naissance, tandis que les parlementaires issus de la Révolution sont élus. par un peuple qu'on maintient dans l'ignorance, parmi les mêmes classes possédantes qu'auparavant : nobles et bourgeois. Vous devez payer une caution, pour vous présenter à la présidence, n'est-ce pas? Qui peut le faire sinon les possédants de vos pays. Et vos élus, comme les nôtres, une fois au gouvernement, appliquent une politique qui n'est pas celle pour laquelle vous les avez élus. Cela, ce sont des monarchies déguisées. La démocratie est née à Athènes, c'est le gouvernement du peuple par le peuple. L'agora athénienne. L'arbre à palabres. Vous aviez ça, avant de prendre votre indépendance. Et vous l'avez toujours. Cessez ces mascarades politiques, et revenez à vos anciennes coutumes, aménagez-les si vous voulez, mais revenez au gouvernement du peuple par le peuple tel que vous l'avez mis en place les 30,31 Octobre, 1er Novembre 2014. Sur le principe de l'agora, ou de l'arbre à palabres, je crois que vous avez un autre nom au Burkina, montez une vraie démocratie. Des agoras dans chaque village, dans chaque quartier. Des regroupements des porte-paroles d'agoras qui regroupent les décisions des agoras Un niveau de plus, peut-être. Et des administrateurs chargés de mettre en oeuvre vos décisions au niveau national. Et vous aurez inventé LA démocratie.

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Politiques marionnettes

Je l'ai raconté, l'histoire de la France est l'histoire d'une longue lutte pour sortir de l'oppression En 1981, enfin, nous réussissons à élire un gouvernement de gauche (du peuple). Fête en France En 1983, la France reprend une politique pour les riches.

Dannielle Mitterrand demande à son mari les raisons de ce revirement. Et Mitterrand lui répond en gros que ce n'est pas lui qui gouverne

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Comment détruire une civilisation (par Boris Cyrulnick)

Comment expliquez-vous une telle violence au nom d'une religion ? Cela s'est déjà vu dans le passé. Cela existe depuis longtemps. On met la haine dans des quartiers en difficulté, on repère les enfants, on leur offre des stages de formation. Ce sont des groupes politiques qui utilisent le terrorisme comme une arme. Quand la haine est semée, on repère les enfants les plus faciles à fanatiser et on les envoie au sacrifice. Cette organisation est financée par les gens du pétrole et de la drogue, qui ont des intentions politiques sur le Moyen-orient et l'Occident. C'est un peu la théorie du complot ? Ce n'est pas une théorie. Cela a déjà été fait. L'inquisition chrétienne relève du même processus. Le nazisme est parti de la belle culture germanique allemande, et en quelques années a mis le feu au monde. Des slogans sont entrés petit à petit dans la culture commune. La population s'est soumise à une représentation dépourvue de jugement. La société s'est imprégnée de ces idées. Que faire aujourd'hui ? On peut faire de cette tragédie une solidarité ou un massacre. Les musulmans français sont en danger. Ils risquent d'être agressés. 99% des arabes tués dans le monde le sont d'ailleurs par d'autres arabes. Ces phénomènes se sont produits dans l'histoire et se reproduiront. Ces terroristes sont donc formatés et ne sont pas fous ? Ce ne sont pas des fous, ni des monstres. Ce sont des enfants normaux et en détresse, façonnés intentionnellement par une minorité qui veut prendre le pouvoir. Ces enfants sont abandonnés, en difficulté psychosociale et éducative, et il faudrait d'abord les éduquer. Ils le sont par les réseaux sociaux qui sont une arme pour façonner ces jeunes. Internet véhicule une représentation facile de la réalité, une pensée paresseuse à l'origine de toutes les théories totalitaires. Avec une minorité d'hommes formés, payés et armés, manipulés et fabriqués, on peut détruire une civilisation. Cela a été fait. L'inquisition et le nazisme l'ont fait 10


En disant cela vous déresponsabilisez aussi ces terroristes ? C'est un risque. Je pense aussi que l'on a toujours un espace de liberté. Mais je veux parler de la responsabilité de nos gouvernants qui ont abandonné culturellement les gosses de nos quartiers et les ont soumis à des manipulateurs. L'Allemagne nazi était très cultivée, mais la base de la société ne l'était pas du tout. C'est exactement la même chose dans les pays du Moyen-orient. Est-ce la même mécanique dans la tête d'un nazi et d'un fondamentaliste islamiste ? Oui, clairement. C'est la même méthode. Freud disait les mots désignent des choses au début, puis des choses qui ne sont pas là et c'est la fonction du symbole, et enfin ils finissent par ne plus rien désigner du réel. A ce moment là, on se soumet à un slogan. Quand une culture ne permet pas la rencontre et le débat, on est des proies et internet démultiplie le pouvoir de ces manipulateurs.

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Quand une idée est universelle....

On la retrouve dans le passé, et elle reviendra dans le futur. •Voici quelque chose dans notre histoire de France qui rappelle fortement ma vision de démocratie à partir des Arbres à Palabres Organisation des états généraux au xvie siècle Les députés des trois ordres étaient élus au chef-lieu de chaque bailliage (ou sénéchaussée) par l'assemblée de bailliage, où siégeaient tous les nobles détenteurs de fiefs, tous les clercs possesseurs d'un bénéfice (une terre) et des représentants du tiers état élus à deux degrés, c'est-àdire dans le cadre des villes et des villages. Ces délégués procédaient par ordre à la rédaction de leurs cahiers de doléances particuliers et à l'élection de leurs députés aux états généraux. Ces derniers, après la séance royale d'ouverture, se réunissaient toujours par ordre pour délibérer, voter, et fondre les cahiers de bailliage en un cahier de doléances unique de l'ordre. Ces états généraux étaient convoqués par le roi et ont souvent essayé de limiter le pouvoir monarchique.

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Pourquoi ils n'y sont jamais arrivés? Parce que ces états généraux étaient divisés selon les 3 classes sociales (états) existant à l'époque : Clergé, Noblesse, et Tiers Etat (bourgeoisie). Chaque état veillant essentiellement à ses intérêts, ils sont restés divisés et n'ont pu faire tomber le pouvoir royal et mettre en place ce qui aurait été les bases d'une démocratie semblable à celle que je propose sur la base des Arbres à Palabres. Les Etats Généraux n'y ont réussi qu'en 1789, au prix d'une terreur sanglante, vite récupérée par l'absolutisme. Actuellement, vous êtes engagés dans des élections, et vous pensez politiquement, ne vous en déplaise, comme des occidentaux du XXème siècle, infatués de leur progressisme et oublieux de leurs propres racines. Ce n'est d'ailleurs pas dans les facultés qui vous forment que souffle à notre époque une pensée novatrice (losque cela arrive, elle est vite réprimée). Donc, oui, vous allez voter, vous allez élire, et... ne vous en déplaise encore une fois, vous allez recommencer. Alors, je m'adresse à vous, politiques honnêtes (chez nous, c'est un contresens, mais je veux y croire). Pourquoi ne pas proposer dès maintenant dans vos programmes une refonte des élections, qui reviendraient à l'idée de base (je n'ai rien inventé) : des représentants non pas de partis politiques, mais des villes et villages? Ce serait du temps de gagné pour la prochaine révolution.

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Afrique, solidarité et socialisme

Je vais enfoncer mon clou : l'Afrique est naturellement socialiste. Combien de fois vous entend-on dire que vous, vous avez le sens de la solidarité? Et c'est vrai. Et qu'est-ce que le socialisme? La solidarité. Il a échoué dans des pays qui ne connaissaient que la loi de la jungle parce que les hommes n'étaient pas prêts à ces solidarités, et que les gouvernements communistes ont voulu les remodeler. Il fonctionne pourtant, non pas de manière étatique, mais communautaire. Il fonctionne là où les gens ont le sens de la solidarité. Alors?

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Le social-libéralisme ou nouveau libéralisme http://fr.wikipedia.org/wiki/Social-lib%C3%A9ralisme Quelle soupe ! Ici, un libéralisme teinté de socialisme, là, un socialisme teinté de libéralisme... Tout ça parce qu'en 1989, la chute du mur de Berlin a ouvert la voie au catastrophique libéralisme qui nous a conduit à la crise. Et là encore, des pansements sur une jambe de bois, le socialisme a échoué dans les pays socialistes (où on l'a imposé par la force en prétendant remodeler l'humain). Le libéralisme a échoué dans le bloc de l'ouest, nous connaissons une crise dont nous ne voyons pas l'issue. Et pourtant, on sait qu'il existe une 3ème voie, qui n'est pas un replâtrage des échecs des deux voies explorées précédemment. ET là, je vais être dure : parce que cette voie est dissimulée par les médias (et pour cause) donc, inconnue, on l'écarte et on veut replâtrer le connu, le rassurant. Sommes-nous des moutons, comme l'assène l'aimable Laurent Bado? Je crois que oui.

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Pourquoi ce qui marche chez nous peut marcher chez vous Bien sûr, je parle de ce qui marche, pas de ce qui nous a conduit à l'échec. Ce qui marche, je l'ai dit, c'est l'économie éthique et solidaire. C'est le monde coopératif. Et c'est florissant, mais les médias étant aux mains du capitalisme, ils n'en parlent pas. Je veux d'abord revenir sur les notions de cultures traditionnelles. Il vous semble que nous sommes deux civilisations très différentes, n'est-ce pas? C'est faux. Si vos croyances originelles (animisme), vos pratiques coutumières vous ont été arrachées pour les remplacer par les religions du livre et notre fausse démocratie, comprenez qu'il en a été de même mais il y a bien plus longtemps. Toutes les sociétés primitives, de par le monde, avaient le même fonctionnement : matrilinéaire, animiste, et solidaire. C'est Rome, porteuse de sa toute nouvelle religion catholique, qui, nous, nous a colonisés, nous a imposé sa culture et ses croyances, mais si vous avez eu à subir UNE colonisation, nous en avons subi des dizaines : Ostrogoths, Wisigoths, Vandales, Francs, etc... Ces colonisations se sont incrustées chez nous sous la forme du féodalisme, nos envahisseurs nous asservissant, et ce féodalisme a abouti à la monarchie, dont nous ne sommes libérés que depuis 1870. Si vos traditions sont encore présentes dans votre esprit, chez nous elles sont noyées dans ces siècles d'histoire et d'oppression. Mais beaucoup d'européens, conscient de l'échec de ces replâtrages monarchiques portant le nom de démocratie, se retournent vers leurs origines. Constructions en matières naturelles, énergies renouvelables, troc, solidarité, nous revenons vers la sagesse des cultures ancestrales. Et c'est là que ce que nous expérimentons vaut chez vous d'autant plus que les structures traditionnelles existent encore. Je vous renvoie à mon article http://declic-afrique.over-blog.com/2015/01/economie-ethique-et-solidaire.html Je suis une femme blanche, française. Si mon ami Magatte, sénégalais, vous disait la même chose (il est d'accord avec moi), vous écouteriez le grand frère, le "vieux", celui qui serait au centre de l'arbre à palabres. Certains d'entre vous m'appellent "Mam", considérez que ce que je vous dit vient du viel érudit Magatte, et prenez en considération ce qui vous paraît sans doute comme des élucubrations d'une blanche juste un peu plus bienveillante que les autres.

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Où est l'argent, qui en profite On peut résumer le problème économique banques/Afrique (et non pas occident/Afrique) de la manière suivante . Le Bostgonda, pays en voie de développement emprunte 200 000 euros à la Banque Internationale d'Arnaque Monétaire (BIAM) pour créer des infrastructures (ou bitumer des routes) La BIAM Ne pourra CREER cet argent que s'il dispose de 10% de cette somme en dépôt, soit 10 000 euros, éventuellement déposés par M. Jean Durand, ou par les actionnaires d'Essakane au Burkina Faso. Si la BIAM est une BANQUE CENTRALE, elle pourra créer tout cet argent pour à la fois prêter les 200 000 euros nécessaires au Bostgonda et les 20 000 euros dont Mme Lu Nienne a besoin. Elle a créé de l'argent qui n'existe pas, mais cet argent qui n'existe pas, elle le loue à 4% d'intérêt. C'est donc, sur 30 ans, 342.374 euros que le Bostgonda devra rembourser en tout, tandis que Mme Lu Nienne remboursera 34 237 euros. On arrive donc très vite aux milliards d'euros dont on dit qu'ils rentrent dans nos poches chaque année. En fait nous le voyons bien, ces milliards d'euros sont créés uniquement par jeux d'écritures, le Bostgonda a pu créer ses infrastructures, Mme Lu Nienne paie des traites en tirant la langue (si elle ne les paye pas, la BIAM saisira tous ses biens et les vendra aux enchères pour 34 237 euros même s'ils en valent 200 000. Quant au Bostgonda, comme le Burkina Faso, et les autres pays en voie de développement, leur dette est énorme et les étrangle. Pourtant, ils n'a été créé pour ces pays que la moitié à peu près de ce qu'ils doivent. C'est du vol, on est d'accord. Que font les banques des remboursements de Mme Lu Nienne , du Bostgonda et des autres? Les Banques prêtent cet argent à 4% à M. Lu Nien, au Burkwana, à la Corée du Sud Ouest, et créent encore plus d'argent. M. Lu Nien, le Burwana, vont rembourser presque le double de ce qu'ils ont emprunté. A chaque tour, il doit rester en banque 10% en dépôt réel tandis qu'il se crée des milliards en argent "d'écritures informatisées". Les pays en voie de développement veulent cesser de rembourser et on les comprend. Mme Lu Nienne veut cesser de rembourser, et la BIAM saisit sa maison, sa voiture, et se rembourse dessus. Comme vous le voyez, si nous cessons tous de rembourser, les banques possèdent toujours 10% de tous les montants créés (prêtés), plus tous les remboursements des citoyens emprunteurs, qui se retrouvent à la rue. Mais... Les citoyens déposants sentent venir l'orage, se précipitent pour reprendre leur argent... et ne retirent que les fonds disponibles. Les banques font faillite, les épargnants sont ruinés, les entreprises ferment et licencient. Il reste à creuser avec ses ongles pour dénicher des racines pour se nourrir.

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Vous voulez changer vraiment? Les solutions existent Trois formes juridiques particulières caractérisent l’économie sociale : •- Les coopératives sont fondées sur la propriété et la gestion collectives de l’activité. Elles existent dans des secteurs d’activité très différents : la production, l’épargne et le crédit, la consommation, la distribution, l’habitation, l’assurance, etc. On peut rattacher à cette forme d’entreprise des initiatives, surtout dans les pays du Sud, qui n’ont pas un statut explicitement coopératif mais qui se réfèrent aux mêmes principes et pratiques (syndicats et unions de producteurs, groupements de paysans, d’artisans, de pécheurs, caisses d’épargne…) •- Les mutuelles sont des sociétés de secours mutuel contre les aléas de la vie, qu’il s’agisse de la santé ou de la protection des personnes, via des produits d’assurance, de retraite ou de prévoyance. Elles sont nombreuses dans les pays où les systèmes nationaux de sécurité sociale sont défaillants ou embryonnaires, pouvant mutualiser des risques associés également à la production (mauvaise pêche, mauvaise récolte). •- Les associations rassemblent toute autre forme de libre association de personnes visant une activité économique sans une finalité première de profit. Les formes juridiques qui accompagnent les organisations associatives peuvent être très différentes d’un pays à l’autre. Capacité de changement social Du moment que l’économie solidaire apparaît comme archétype de “ l’autre économie ”, il faut définir le type d’alternative qu’on vise par rapport à l’économie classique. Des approches très différentes peuvent ainsi être identifiées selon le type de changement souhaité et la capacité de l’économie solidaire à le concrétiser. Il nous faut, là encore, distinguer trois grandes mouvances : •la mouvance palliative pour laquelle l’économie solidaire pallie essentiellement les défaillances du secteur public et du marché, et vise à combler un vide en termes de satisfaction des besoins de populations-cibles ; •la mouvance réformatrice où l’économie solidaire s’introduit dans l’économie classique en essayant d’articuler la logique pure de marché avec d’autres critères, définis en termes sociaux et politiques ;la mouvance radicale qui voit dans l’économie solidaire le paradigme d’un système économique alternatif à celui de l’économie de marché •Ces approches apparaissent souvent dans l’opposition entre les différentes pratiques de l’économie solidaire mais aussi à l’intérieur même de chacune d’elles. La confrontation de ces différents modèles de transformation sociale associés à l’économie solidaire renvoie au lien entre économie solidaire et modèle de développement : c’est en ce sens que nous abordons la question du lien entre économie solidaire et développement durable. Pour introduire le sujet des monnaies sociales et complémentaires, nous aimons commencer par cette citation de Bernard Lietaer « Il est temps de déterminer où nous voulons aller et concevoir un système monétaire pour nous y emmener». •Les monnaies sociales sont en effet des outils d’échange, conçues et designées pour servir des projets de développement durable, des projets de l’économie sociale et solidaire : soutenir le développement économique local des communautés fragiles, orienter des comportements d’achat vers les commerces respectueux de l’environnement, créer du lien social … 19


Elles sont complémentaires, elles n’ont pas pour objectif de remplacer nos monnaies conventionnelles (comme l’euro) mais bien de les compléter, facilitant les échanges en mariant besoins non satisfaits et ressources non utilisées, ou permettant de flécher des flux monétaires vers des territoires, secteurs, activités économiques qui en ont besoin. Les spécialistes estiment qu’il en existerait autour de 4000 dans le monde. Elles peuvent se ressembler mais toutes sont différentes. Elles sont créées pour et par une communauté de citoyens et/ou d’entrepreneurs qui définit ses objectifs, son design, ses règles et caractéristiques. Face aux dysfonctionnements du système, les monnaies sociales complémentaires apparaissent comme un outil pour promouvoir d’autres types d’échange, des « échanges qui ont du sens », et les initiatives se multiplient. L’enjeu est alors qu’elles puissent être vecteur d’un autre modèle de développement économique : forcément solidaire et inclusif, au service de tous et de la transformation du territoire. Ou, dit autrement, comment cet outil peut nous aider à privilégier et développer un autre modèle économique, résolument social ? Pourquoi les monnaies sociales et complémentaires •Les monnaies sociales complémentaires reviennent à l’idée de base d’une monnaie outil pour faciliter les échanges entre les êtres humains. •Elles naissent là où la rareté de monnaie officielle empêche les échanges nécessaires, en réponse aux besoins des personnes et à l’expression des potentialités et richesses de chacun, ou encore lorsque l’on veut privilégier, renforcer un certain type d’échange. •Elles réhabilitent les deux premières fonctions de la monnaie, celles d’unité de compte et de moyen d’échange, et se mettent en oeuvre pour faciliter, accélérer ou orienter les échanges, ou certains échanges. L’outil monétaire « dysfonctionne ». La principale fonction de la monnaie, sa justification historique, est, nous l’avons vu, de faciliter l’échange et l’activité entre les êtres humains, en établissant une unité de compte commune et en créant un espace de confiance. Cet étalon étalon permet alors un échange très supérieur à ce que permettent des formes comme le troc. Or cette fonction première est aujourd’hui gravement mise en cause…. •- Par la « sous‐monétarisation » pour les milliards d’êtres humains en situation de pauvreté, qui n’ont pas accès à la monnaie. Ils ont à la fois le besoin, la capacité et le désir d’échanger, de créer de l’activité, mais ne peuvent le faire par manque de moyens monétaires. Pour eux cela signifie que la monnaie ne remplit pas sa fonction première, celle de faciliter l’échange et l’activité. En parallèle, on assiste à la « surmonétarisation » d’une minorité de possédants très riches. Cet excès de monnaie dépasse largement leur capacité à échanger, et vient alimenter les marchés financiers, pour faire de l’argent avec de l’argent. •- Par la transformation de la monnaie, qui, d’un outil de lien (faciliter les échanges) est devenu un bien synonyme de richesse. •- Par le transfert de la monnaie qui passe de l’activité productive vers l’activité spéculative. (y compris avec la spéculation autour des matières premières et ses répercussions sur la production elle même). •- Par la logique d’un système où la monnaie est indifférente à la nature et à la finalité de 20


l’échange, une logique qui ne pense que « flux monétaires » et non plus besoins, potentialités, finalités. •- Par le non contrôle démocratique de la création monétaire et de la régulation du système. •- Par l’enracinement d’une culture de la « prédation » et de la domination contaminant les relations sociétales, à toutes les échelles. Face à ces dysfonctionnements, les monnaies sociales et complémentaires reprennent alors l’idée de base, celle d’une d’une monnaie outil pour faciliter les échanges entre les êtres humains •Elles s’ancrent dans la définition de la monnaie comme « un accord au sein d’une communauté qui utilise un objet standard comme moyen d’échange » (Bernard Lietaer). •Les monnaies sociales et complémentaires proposent une autre façon d’échanger. «L’accord » n’est plus le même.Cet accord se construit autour de l’idée d’un outil au service d’un projet et d’un modèle de société qui pourrait se résumer par les questions : quels échanges, pour quoi, entre qui ? •Il est clair que tout projet de monnaie complémentaire, pour autant qu’il recherche effectivement à répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques actuels ‐ et non à reproduire le système, vient •réinterroger en profondeur modes de pensée, nos pratiques (sur la richesse, la monnaie,l’échange, la rétribution, la mesure,…)

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Les monnaies sociales Face aux dysfonctionnements du système, les monnaies sociales complémentaires apparaissent comme un outil pour promouvoir d’autres types d’échange, des « échanges qui ont du sens », et les initiatives se multiplient. L’enjeu est alors qu’elles puissent être vecteur d’un autre modèle de développement économique : forcément solidaire et inclusif, au service de tous et de la transformation du territoire. Ou, dit autrement, comment cet outil peut nous aider à privilégier et développer un autre modèle économique, résolument social ? Pourquoi les monnaies sociales et complémentaires ? Les monnaies sociales complémentaires reviennent à l’idée de base d’une monnaie outil pour faciliter les échanges entre les êtres humains. Elles naissent là où la rareté de monnaie officielle empêche les échanges nécessaires, en réponse aux besoins des personnes et à l’expression des potentialités et richesses de chacun, ou encore lorsque l’on veut privilégier, renforcer un certain type d’échange. Elles réhabilitent les deux premières fonctions de la monnaie, celles d’unité de compte et de moyen d’échange, et se mettent en oeuvre pour faciliter, accélérer ou orienter les échanges, ou certains échanges. L’outil monétaire « dysfonctionne ». La principale fonction de la monnaie, sa justification historique, est, nous l’avons vu, de faciliter l’échange et l’activité entre les êtres humains, en établissant une unité de compte commune et en créant un espace de confiance. Cet étalon étalon permet alors un échange très supérieur à ce que permettent des formes comme le troc. Or cette fonction première est aujourd’hui gravement mise en cause…. •Par la « sous‐monétarisation » pour les milliards d’êtres humains en situation de pauvreté, qui n’ont pas accès à la monnaie. Ils ont à la fois le besoin, la capacité et le désir d’échanger, de créer de l’activité, mais ne peuvent le faire par manque de moyens monétaires. Pour eux cela signifie que la monnaie ne remplit pas sa fonction première, celle de faciliter l’échange et l’activité. En parallèle, on assiste à la « surmonétarisation » d’une minorité de possédants très riches. Cet excès de monnaie dépasse largement leur capacité à échanger, et vient alimenter les marchés financiers, pour faire de l’argent avec de l’argent. •Par la transformation de la monnaie, qui, d’un outil de lien (faciliter les échanges) est devenu un bien synonyme de richesse. •Par le transfert de la monnaie qui passe de l’activité productive vers l’activité spéculative. (y compris avec la spéculation autour des matières premières et ses répercussions sur la production elle même). •Par la logique d’un système où la monnaie est indifférente à la nature et à la finalité de l’échange, une logique qui ne pense que « flux monétaires » et non plus besoins, potentialités, finalités. •Par le non contrôle démocratique de la création monétaire et de la régulation du système. •Par l’enracinement d’une culture de la « prédation » et de la domination contaminant les relations sociétales, à toutes les échelles Face à ces dysfonctionnements, les monnaies sociales et complémentaires reprennent alors l’idée de base, celle d’une d’une monnaie outil pour faciliter les échanges entre les êtres humains. Elles s’ancrent dans la définition de la monnaie comme « un accord au sein d’une communauté qui utilise un objet standard comme moyen d’échange » (Bernard Lietaer). 22


Les monnaies sociales et complémentaires proposent une autre façon d’échanger. «L’accord » n’est plus le même. Cet accord se construit autour de l’idée d’un outil au service d’un projet et d’un modèle de société qui pourrait se résumer par les questions : quels échanges, pour quoi, entre qui ? Il est clair que tout projet de monnaie complémentaire, pour autant qu’il recherche effectivement à répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques actuels ‐ et non à reproduire le système, vient réinterroger en profondeur nos modes de pensée, nos pratiques (sur la richesse, la monnaie,l’échange, la rétribution, la mesure,…) Diversité et richesse des dispositifs. On assiste aujourd’hui à une multiplication des expériences de « monnaies complémentaires ». Souvent, on voit circuler le chiffre de « plus de 5.000 initiatives de par le monde ». Au delà de ce chiffre, on remarque que les expériences sont très diverses. De fait, chacune d’entre elle est mise en oeuvre en réponse à une situation particulière, un enjeu spécifique. Dans certains cas, il s’agit de développer les échanges économiques interentreprises (WIR, Suisse), ou le développement local (Chiemgauer et Regios, Allemagne). Dans d’autres, la monnaie organise une réponse à des problématiques sociales : (Fureai Kippu, Japon, Time Banking, Angleterre et USA). Ailleurs, elle permet des échanges là où la monnaie est trop rare (Clube de trueque, Argentine) ou développe l’emploi et l’économie solidaire (Bancos comunitarios, Brésil). Enfin, le réseau des villes et territoires en transition propose des monnaies complémentaires comme outil de « résilience » par la localisation de l’économie (Brixton ou Totnes, Angleterre). http://www.taoaproject.org/les-monnaies-sociales/en-quelques-mots/pourquoi-lesmonnaies-sociales-et-compl%C3%A9mentaires/

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Vous avez dit "libéral"? Comme c'est libéral Le libéralisme est une doctrine qui favorise l'entreprise car c'est elle qui est censée créer des emplois. Pour qu'elle puisse le faire, on lui donne toutes les libertés : liberté d'embaucher, liberté de débaucher, liberté de délocaliser... et surtout, le pilier du capitalisme : vendre des actions. Dès que vous avez 100 euros d'économies, vous avez le choix : les placer sur un compte d'épargne, où ils feront de petits intérêts, ou acheter des actions, ou vous pouvez tout perdre comme démultiplier votre mise. L'entreprise, c'est le casino. Mais il faut que tout le monde gagne de l'argent, patron et actionnaires. Alors, on licencie, on remplace les hommes par des machines, on délocalise dans des pays où la main d'oeuvre est donnée. L'actionnaire ne veut qu'une chose : gagner le plus d'argent possible sans bouger de son fauteuil. Mâtinez le libéralisme d'un peu de sauce étatique, et vous croyez avoir la solution? L'état est otage des entreprises.

Et vous êtes cocus.

https://mrmondialisation.org/vous-gagnez-508-fois-le-smic-elise-lucet-expose-le-patron-desanofi/

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Esprit de sel Pardonnez-moi mes jeux de mots : on appelle esprit de sel l'acide chlorhydrique. C'est d'un esprit moins toxique que je veux vous parler ici, je reviens sur ces "SEL" que j'ai un peu effleurés dans l'économie éthique et solidaire. Quel est donc l'esprit de ces SEL? •La solidarité •L'égalité •Le partage. Vous me dites déjà, on connaît, liberté égalité fraternité. Oui mais dans les SEL, ce n'est pas du pipeau, c'est du réel. •Solidarité : vous connaissez cette manière d'être, à l'échelle de la famille, mais à l'échelle de l'état, on va dire que c'est tout aussi frelaté que chez nous. Eh bien nous, nos familles nous abandonnent peut-être, mais nous savons être solidaires •Egalité. Ah oui, la tarte à la crème républicaine. Il n'y a aucune égalité dans le monde. Sauf dans les SEL. Dans un SEL, une heure de travail d'un ingénieur a la même valeur qu'une heure de travail d'une femme de ménage. •Partage : oui, il s'agit d'un partage de compétences. Moi, je suis douée en informatique, toi, tu sais coiffer? Tu me coiffes et je m'occupe de ton PC. Donc, comment fonctionne un SEL? Chez nous, sous la forme d'une association loi 1901. C'est la seule manière d'échapper à l'impôt qui nous tenaille. Donc, vous créez une associaton et vous définissez ses statuts. Parmi ces statuts, vous définissez une monnaie virtuelle (chez moi, c'est le "soleil"), qui aura à peu près la valeur d'une heure de SMIC. Vous allez distribuer des feuilles d'échanges, qui auront la forme d'un tableau. Quand je vais faire deux heures de graphisme pour Marie-Jeanne, elle créditera ma feuille d'échanges de 2 soleils et se débitera d'autant. Quand elle va me couper les cheveux, si elle y passe 3/4 d'heures, je la créditerai de 3 rayons de soleil (un rayon = 1/4 de soleil) et me débiterai d'autant. Il est interdit d'épargner, la monnaie est là pour circuler, vous ne devez pas "posséder" plus de 30 soleils. Donc, si vous travaillez pour 30 soleils, il faut dépenser pour autant. Bien sûr, cela ne peut se faire que localement, on ne peut pas faire de grands déplacements pour des affaires de 3 ou 4 soleils. 25


Il y a donc des SEL qui se montent dans tous les recoins des départements, des régions, et de la France. L'état étant tout de même là pour veiller à ce que l'impôt ne lui échappe pas, on ne peut offrir de travail dans le cadre de son métier. (ou alors, il faut l'appeler autrement). Et c'est ainsi que toute une économie se développe, réellement SOCIALISTE, absolument pas libérale, parfaitement égalitaire. Et que se tissent des relations amicales et solidaires. ET FLORISSANTE, de même que les Sociétés Coopératives, dans le cadre de l'économie éthique et solidaire. On ne vous apprend pas ça, dans vos cours d'économie? Non, bien sûr.. Cherchez pourquoi.

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Les coopératives (1)

La coopérative est une entité économique fondée sur le principe de la coopération. Elle a pour objectif de servir au mieux les intérêts économiques de ses participants (sociétaires ou adhérents). Elle se distingue en cela de l'association à but non lucratif dont le but est moins lié aux activités économiques et de la société commerciale qui établit une distinction entre ses associés et ses clients ou usagers. Elle se distingue également de la mutuelle par son statut juridique. Elle s'inscrit dans l'économie sociale et peut s'inscrire dans une dynamique de transition écologique et sociale L'identité coopérative s'identifie par sept principes de coopération. Ainsi, pour les prises de décision, elle repose sur le principe démocratique « une personne = une voix » qui devra élire unconseil d'administration qui nommera un directeur général. Les salariés et les membres-usagers sont ainsi tous égaux en droit. Chronologie •2012 est l'année internationale des coopératives4,5,6,7, ce qui a donné lieu notamment au premier Sommet international des coopératives au Québec8. 27


•Depuis 2002, l'OIT recommande la structuration coopérative des entreprises pour le travail décent9. •En 1995, l'ONU proclame la Journée internationale des coopératives, célébrée chaque année le premier samedi de juillet, et ce depuis 1923 par l'ICA10. •En 1966, l'OIT adopte une recommandation sur les coopératives pour les pays en voie de développement •En 1947, le statut de la coopération est défini en France. •En 1901, la liberté d'association est définie en France. •En 1895, l'identité coopérative est déclarée par l'Alliance coopérative internationale. •En 1884 naît l'ancêtre de la Confédération générale des SCOP, la Chambre consultative des associations ouvrières de production. •En 1847 Friedrich Wilhelm Raiffeisen crée une boulangerie coopérative en Allemagne. •En 1844 est créée Équitables Pionniers à Rochdale en Angleterre. •En 1835 Michel-Marie Derrion crée la première épicerie sociale, coopérative, à Lyon. •xxie siècle : une structuration du travail recommandée par l’OIT L’Organisation internationale du travail (OIT) recommande depuis 2002 la structuration coopérative du travail. La recommandation de l'OIT sur la promotion des coopératives a été adoptée le 20 juin 2002 par la Conférence générale et commence par rappeler « le principe inscrit dans la Déclaration de Philadelphie selon lequel « le travail n'est pas une marchandise ». » S'ensuit : •L'article I.1 statue qu'« il est reconnu que les coopératives opèrent dans tous les secteurs de l'économie. La présente recommandation s'applique à toutes les catégories et formes de coopératives. » •L'article I.2 définit le terme « coopérative » en utilisant la définition de la Déclaration sur l'identité coopérative. •L'article I.3 statue que « la promotion et le renforcement de l'identité des coopératives devraient être encouragés. » Cette Recommandation a été votée par les trois parties constituantes et a bénéficié d’un des plus forts taux de voix jamais atteints. L'OIT continue de promouvoir les coopératives, notamment par la voix de son secrétariat général: « Les coopératives jouent un rôle important dans la réduction de la pauvreté et contribuent à la mise en œuvre du programme de l'OIT en faveur du travail décent. » « les coopératives ont un rôle d'émancipation en permettant aux couches les plus pauvres de la population de participer aux progrès économiques. Elles offrent des possibilités d'emploi à ceux qui ont des compétences, mais peu ou pas de capital et assurent protection en organisant l'assistance mutuelle au sein des communautés. »

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Coopératives (2) Les différentes formes de coopératives La forme coopérative n'est pas une forme homogène, mais est un principe revêtant plusieurs formes. Les coopératives d’utilisateurs ou d’usagers Les utilisateurs des biens et des services produits sont les décideurs. On parle donc ici de : •Coopératives de consommation : En France ces coopératives sont peu développées par rapport à d'autres pays, tel que la Suisse. Néanmoins, cela représente 2,7M d euros de CA en 2008 autour des magasins Coop et anciennement la CAMIF. •Coopératives scolaires •Copropriétés coopératives •Coopératives HLM avec près de 50 % de la production HLM en accession sociale à la propriété. Les banques coopératives On parle ici des banques où les clients sont associés, ou autrement dit les sociétaires. Ce sont donc les déposants ou emprunteurs. C'est le même système que pour les assurances mutuelles. Pour ne citer qu'eux, c'est le cas du Crédit agricole, du Crédit mutuel, du Crédit coopératif, de laCaisse d'épargne, de la Banque populaire, de la Banque Raiffeisen au Luxembourg et des Caisses Desjardins au Québec. Cela représente en 2008, 20 millions de sociétaires, 320 000 salariés, 53 milliards euros de chiffres d'affaires pour 60 % de la banque de détail. Les assurances coopératives Au sein d'une assurance coopérative, dite mutuelle (MACIF, MAIF, GMF), le client est sociétaire. C'est-à-dire qu'il possède des parts sociales de la société comme tous les autres clients. Il a donc la possibilité de participer à la gestion et la stratégie de sa mutuelle en participant tous les ans aux Assemblées Générales. Les coopératives d’entreprises Ce sont les différents entrepreneurs de différentes tailles qui s'associent en forme coopérative. •Coopératives agricoles : Comme les groupes Invivo (Gamm Vert), Terrena (Paysan breton, Gastronome), Tereos (Béghin Say), Sodiaal (Candia, RichesMonts, Yoplait), etc. Cela représente 40 % de l'agroalimentaire en France, 75 % des agriculteurs membres d'au moins une coopérative, 80 Md euros de chiffre d'affaires et 150 000 salariés. •Coopératives forestières •Coopératives maritimes •Coopératives d’artisans, 10 % des artisans pour 1 Md euros de CA. •Coopératives et groupements de transporteurs •Coopératives de commerçants : On parle aussi de « commerces associés ». C'est un gros marché qui représente près de 30 % du commerce au détail en France, pour près de 117 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Il existe des réseaux de distribution s’adressant aux particuliers : par exemple E. Leclerc système U, et d’autres réservés aux professionnels : comme Promodis dans le secteur agricole. Les coopératives de production Ici, les sociétaires ou associés sont les salariés. On note en France différents statuts juridiques :

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•Scop : Sociétés coopératives et participatives. C'est le statut le plus répandu pour près de 30 000 employés/sociétaires. Ce sont les entreprises de câblage Acome ou le Groupe Chèque Déjeuner. En France en 2008, cela représente 1 893 Scop pour 39 929 salariés. Ce sont des coopératives d’activités et d’emploi. •SCIC : Sociétés coopératives d’intérêt collectif. En France en 2008, cela représente 132 Scic en activité. Ce sont des coopératives multisociétariales, associant plusieurs parties prenantes. La société coopérative européenne La société coopérative européenne (SCE) permet de créer une coopérative pour une activité commune sur plusieurs pays de l'Union européenne, venant ainsi compléter le dispositif législatifexistant. Les coopératives en France En 2010 en France, Jean-Claude Detilleux, président du Groupement national de la coopération, déclare : « mouvement coopératif français, il est un des plus importants du monde avec21 000 entreprises coopératives qui pèsent 257 milliards de chiffre d’affaires. Nous employons, directement et indirectement, près d’un million de personnes. En France, une personne sur deux est membre d’une ou plusieurs coopératives. À elles seules, les 100 premières entreprises coopératives représentent 2,8 % de l’emploi salarié en Franceet un chiffre d’affaires cumulé équivalent à 9,3 % du PIB français. Les entreprises coopératives sont des acteurs économiques incontournables. » Règles de fonctionnement Les coopératives sont soumises en France à la loi du 10 septembre 1947 portant statut de la coopération, ainsi qu'à d'autres lois et décrets concernant spécifiquement les différentes catégories de coopératives. Certaines catégories de coopératives font l'objet à intervalles réguliers d'une « révision coopérative », c'est-à-dire un audit qui tend à vérifier que l'entreprise respecte toujours les principes coopératifs. Assurée par un réviseur agréé, la révision coopérative examine également la gestion technique, administrative, financière et sociale de la coopérative Les coopératives dans le monde L’Alliance coopérative internationale définit une coopérative comme « une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d'une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement ». Selon l'ICA, un millard de personnes sont membres de coopératives dans plus de 90 pays, soit plus de 12 % de la population mondiale, un million de coopératives dans le monde employant 100 millions de personnes en 2012. Les plus grands groupes coopératifs / mutualistes (les 300 plus grandes ayant généré en 2008 un chiffre d’affaires cumulé de 1 100 milliards de dollars) sont : •Le groupe Mondragon (1956), qui a des activités de production, de crédit, d'enseignement et de recherche, situé dans le pays basque espagnol (218 entreprises et 71 000 salariés, dont une moitié sont également sociétaires). Elle produit en particulier de l'électroménager sous la marque Fagor ; •Le groupe Raiffeisen, d'origine allemande, implanté largement en Allemagne, Autriche, Benelux, Suisse et maintenant en Europe de l'Est. Son activité concerne notamment l'agriculture et la banque et les sociétaires sont essentiellement les utilisateurs ; 30


•Le Crédit agricole (1894), 2 540 caisses locales, 6,5 millions de sociétaires et 32 000 administrateurs, la plus grande organisation coopérative en France. •Les coopératives Migros (1925) et Coop, respectivement 1er et 2e plus grands distributeurs suisses dans le commerce de détail. •Edeka Zentrale AG (1898) en Allemagne. •Nonghyup, 1961, fédération de coopératives agricoles en Corée du Sud.

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L'argent "n'existe pas" (monnaies fiduciaires) Les économistes admettent communément que le processus de création monétaire bancaire (monnaie de crédit) serait apparu vers le milieu du xviie siècle, à Londres et à Stockholm, quasi simultanément. En 1640, le roi Charles Ier, en proie à de graves difficultés financières, fait saisirles lingots d'or et d'argentdéposés à la Tour de Londres (alors Hôtel des monnaies). Les marchands de la cité réagissent immédiatement en transférant leurs métaux précieux, sous forme de lingots, de poudre ou de pièces, et autres objets de valeur, dans des refuges considérés comme plus sûrs, les boutiques d'orfèvres. Ils reçoivent alors en contrepartie un reçu nominatif et détaillé, qui leur permet de récupérer à tout moment (à vue. C'est-à-dire sans échéance de retrait), après avoir acquitté un droit de garde modique, les objets mêmes qu'ils avaient déposés. La boutique de l'orfèvre n'est alors qu'une simple consigne bien protégée. Cependant, ces orfèvres vont peu à peu se transformer en banquiers de dépôt, lorsque leurs reçus ne mentionneront plus que la valeur en livres sterling plutôt que les objets précisément déposés. Cet anonymat est important, car le remboursement peut se faire simplement par prélèvement sur l'ensemble de l'encaisse détenue par la banque, « réserve » composée d'éléments interchangeables. De plus à partir de 1655, ces certificats de dépôts sont de plus en plus souvent créés pour des sommes rondes et au porteur. Le déposant peut alors remettre en paiement directement le certificat, au lieu d'être obligé de venir retirer les pièces avant de les transmettre au créancier (avec évidemment l'assentiment de ce dernier). Celui-ci pourra à son gré, soit à son tour utiliser ce certificat en tant que moyen de paiement, soit se faire rembourser en espèces au moment et à l'endroit désirés (les orfèvres londoniens disposent alors d'un large réseau de correspondants dans tout le royaume et à l'étranger). Ces deux innovations facilitent ainsi l'utilisation et la circulation des certificats et en corollaire contribuent aussi à retarder les demandes de remboursement en espèces. Dans un tel contexte, les certificats de dépôts ne font cependant que compenser exactement le montant d'espèces métalliques présentes dans les coffres et retirées de la circulation active. La masse monétaire demeure strictement inchangée, seul l'aspect matériel des paiements est modifié, la circulation de papiers se substituant partiellement à la circulation métallique. •Mais les orfèvres vont s'apercevoir que le stock de métaux précieux ne descend jamais en dessous d'un certain seuil pour deux raisons : - en vertu de la loi des grands nombres, à un moment donné les dépôts et les retraits se compensent largement, des dépôts nouveaux tendant à équilibrer les retraits - Les détenteurs des certificats accordent une grande confiance aux orfèvres, de sorte qu’ils en demandent rarement la conversion. Tous les billets ne seront pas présentés à la fois pour être convertis •Une couverture métallique à 100 % des certificats est devenue inutile puisqu'une petite encaisse (de l'ordre du tiers semble-t-il à l'époque) suffit à parer aux retraits imprévus. •Plutôt que de conserver cet or et cet argent qui « dorment », mieux vaut dès lors les faire fructifier. Face à ce constat, vers 1665, les orfèvres vont alors commencer à émettre des certificats en échange d'un titre de dette et non d'un dépôt d'or ou d'argent. L'orfèvre remet à son client emprunteur, privé ou public, des billets en tout point identiques aux autres. La valeur faciale de l'ensemble des certificats émis est désormais supérieure à la valeur du stock métallique détenu, la différence représentant la valeur du portefeuille d'effets escomptés (qui figurent dans les avoirs puisque l'orfèvre-banquier conserve dans ses coffres ces reconnaissances de dettes). Il y a bien là création monétaire puisque le volume de moyens de paiement disponibles s'est accru. 32


•La banque naît, d’abord sous la forme de changeur puis rapidement sous celle de banque au sens moderne. Venise, républicaine et indépendante, devient la plateforme monétaire du monde. Son succès est basé principalement sur l’arbitrage entre les cours respectifs de l’or et de l’argent entre Orient et Occident. Elle assèche l’argent existant en Europe provoquant de nombreuses difficultés monétaires et par ricochet favorisant les manipulations monétaires. Les rois de France usent de tous les artifices pour fausser en leur faveur le rapport entre valeur nominale des monnaies et teneur en métal. L’histoire monétaire devient celle de la production relative de l’or et de l’argent et des conséquences de la variation des taux d’échange entre ces deux métaux (ils varieront entre 1 à 7 et 1 à 12 pendant toute cette période) •Alors que la monnaie représente déjà une certaine quantité de biens, qu'on ne pourrait pas manipuler aussi facilement, l'étape suivante est la mise en place d'une monnaie de second niveau, qui elle-même représente une grande quantité de monnaie métallique laissée en dépôt en lieu sûr. Ainsi apparaît la monnaie papier (le billet de banque, connu en Chine dès le viiie siècle), qui ne représente originellement qu'une dette payable à vue sous forme de métal ou d'autres biens. La lettre de change, inventée par les marchands italiens, est une des premières voies de substitution du papier au métal. •Jusqu'au xixe siècle, toutes les monnaies sont définies à la fois par rapport à l'or et par rapport à l'argent (métal). Chaque État, en fonction de ses disponibilités métalliques, utilise préférentiellement l'un ou l'autre métal, et se sert de l'autre comme appoint. Les pièces d’or et d’argent notamment, de par leur valeur intrinsèque, circulent fréquemment en dehors de leur pays d’origine. Les découvertes minières et les évolutions financières dans une économie largement mondialisée à l'époque font fluctuer les proportions entre les deux métaux, et le développement de la monnaie papier et du crédit permettent de limiter les besoins de métal, et de supprimer l'argentmétal comme étalon. •La Première Guerre mondiale et industrielle avec ses énormes prélèvements en hommes et en richesses en même temps que la déstabilisation totale des relations économiques internationales qu’elle provoque, va signer l’échec des pratiques issues des doctrines dominantes avant guerre et provoquer un renouvellement complet de la pensée monétaire. La main passe aux partisans de l’activisme monétaire et au-delà de l'interventionnisme des États. •Les États après guerre ne parviennent pas à rétablir l’étalon-or et doivent faire face à des crises multiples (hyperinflation en Autriche et en Allemagne), récession de 1921 aux États-Unis et dans une grande partie du monde, en même temps que des guerres et des révolutions continuent un peu partout. La conférence d’Athènes au début des années 1920 met en place un système de Gold Exchange, qui fonctionne mal. La tentative de restauration de la monnaie anglaise sur des bases surévaluées provoque une récession. On parle encore « d’assainissement » des diverses monnaies quand la crise de 1929 survient et prouve l’incapacité des banques centrales à éviter la récession. Pour certains 25 elles ont même eu une certaine propension à l’aggraver. Sur les ruines du modèle prévalent en 1900 s’installe une nouvelle orthodoxie autour de l’œuvre majeure de John Maynard Keynes : « théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie » publiée en 1936, trop tard pour être d’un intérêt pratique pour sortir de la dépression, mais dont la propagation rapide en fera le guide des politiques économiques d’après guerre. Keynes fait valoir que la loi de Say (pour simplifier : l’offre fournit les moyens de sa propre demande) est fausse et qu’on peut aboutir à des situations de chômage par insuffisance de la demande globale. L’action par les taux d’intérêt pour ranimer la conjoncture est inefficace et il faut une politique macro économique conduite par les gouvernements pour assurer le plein emploi. Ces idées devenues dominantes à travers le monde conduiront à une extension ininterrompue et massive de la place de l’État dans l’économie et à une hausse corrélative des impôts, de la dépense publique et de la dette publique. En France, par exemple, en 2006, la dépense publique est supérieure à la valeur ajoutée des entreprises du secteur marchand. Ce mouvement général dans les 33


économies développées suscitera une réaction conservatrice. L’étalon-or exclusif, pratiqué jusque là principalement par le Royaume-Uni, connaîtra une période de vie universelle relativement courte : 40 ans. L’argent reste en circulation comme pièces mais n'est plus étalon de valeur. Il s’agit d’un système international auto régulé qui marche effectivement comme la théorie le veut : quand un pays est en déficit commercial (croissance trop forte de sa consommation par rapport à sa production), il se vide de son or et le crédit se renchérit ; la consommation est poussée vers le bas, la production voit sa rentabilité croitre et l'équilibre peut se rétablir. En sens inverse les économies recevant de l’or voient leur crédit augmenter ainsi que les affaires et les prix. •La guerre de 1914 signe la mort programmée de l’étalon-or. Contrairement aux illusions, la guerre se révèle longue, couteuse et très nuisible à l'activité économique, donc aux bases fiscales et aux revenus des états. Le crédit international et la planche à billet sont mobilisés : les états belligérants suppriment la convertibilité des monnaies en or et en assurent la collecte auprès des particuliers. L’or quitte les coffres européens pour les pays fournisseurs et notamment les ÉtatsUnis, où les autorités fédérales mises en place en 1913 (en particulier la FED) tentent par tout moyen d’éviter que l’afflux d’or ne provoque un excès de création monétaire et d’inflation. Au sortir de la guerre revenir immédiatement à l’étalon-or signifierait prendre acte de l'appauvrissement colossal des belligérants et l'enrichissement (relatif) des États-Unis et autres pays fournisseurs (Argentine, etc.). Or, si le développement de l'économie américaine suscite un besoin de monnaie qui lui permet aisément d'absorber l'or européen, à l'inverse l'Europe fait face à un grave problème : impossible de rembourser en or les monceaux de dettes accumulés, mais impossible d'annoncer froidement aux épargnants qu'il ne reverront pas leur or (et qu'ils doivent se serrer la ceinture). •En 1922 (accords de Gênes) on met en place un système dit d'Etalon Change-Or (Gold Exchange Standard ou GES) établissant une certaine parité entre les monnaies et l'or. Le système de 1922 ne résiste pas très longtemps. La crise de 1929, la seconde guerre mondiale et chaque crise subséquente seront l'occasion de fuir en avant toujours plus loin dans la fiduciarisation de la monnaie. Les recettes sont toujours les mêmes : planche à billet, contrôle des changes, suspension de la convertibilité, dévaluation, retour à la convertibilité et assouplissement du contrôle des changes, avant le cycle suivant. •En 1976, cent ans après la démonétisation de l’argent, la conférence internationale tenue les 7 et 8 janvier 1976 à Kingston conclue aux accords de la Jamaïque et entérine la disparition de l’or comme étalon monétaire, le cours des différentes devises devenant officiellement flottant. La monnaie scripturale (utilisé pour les dépôt à vue) a la particularité unique de pouvoir être créée "ex nihilo" (à partir de rien, mais en réalité en contrepartie d'engagements économiques). Depuis plus de 20 ans la monnaie n'est plus du tout garantie par de l'or en réserve. On dit que l'argent s'est dématérialisé: ce qui explique en partie la montée en importance des comptes courants détenues par les ménages. On commence à voir apparaître des moyens de paiements électroniques : •carte bancaire •Moneo •paypal •Google Checkout •paiement biométrique Cette dématérialisation a pour but de renforcer la sécurité du consommateur et de réduire le temps d'attente des clients. Les incertitudes actuelles La crise bancaire et monétaire qui se développe depuis l’été 2007 est traitée par des moyens 34


monétaires (l’injection massive de liquidité) et macro économiques (déficit record, plan de relance d’investissement, distribution de pouvoir d’achat par baisses fiscales) qui privilégient les thèses de Keynes face à celles de Milton Friedman. Dans un contexte de changes flottants, de mondialisation quasi totale des échanges et de perfectionnement des produits financiers, la théorie monétaire, largement émiettée, ne permet pas de préjuger de leur validité. •Dans les économies modernes, les comptes en banque de dépôts à vue, ou dépôts de monnaie scripturale, sont constitués de monnaie fiduciaire, représentative d'une somme en monnaie légale qui n'est elle-même que de la monnaie fiduciaire de la banque centrale. La valeur de la monnaie fiduciaire ne repose plus que sur la confiance. Comme je le disais, si vous venez chercher "de l'argent" en France..... Vous venez chercher une illusion, souvenir de l'époque où la monnaie était garantie par l'or. L'argent n'existe plus....Toutes les transactions se passent par jeux d'écritures informatiques. .... Et ces écritures passent souvent en négatif.

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Le Franc CFA pour les nuls Dans cet article nous allons essayer de résumer les arguments présentés dans l’excellent livre de Nicolas AGBOHOU, livre intitulé « Le franc CFA et l’euro contre l’Afrique ». Nous éviterons de nous attarder sur les détails techniques, afin de rendre l’article compréhensible par un public large. Nous vous recommandons fortement de lire le livre du professeur AGBOHOU pour approfondir sur le sujet. 1) origine du Franc CFA La signification du franc CFA a évolué avec le temps, en fonction des contextes politiques, toujours dans le souci d'endormir les africains. Le franc CFA a été créé le 25 Décembre 1945 par un décret signé par trois français : Charles De Gaulle (président du gouvernement provisoire) ; René Pleven(Ministre des Finances) ; et Jacques Soustelle (Ministre des colonies). La signification du franc CFA était alors Franc des Colonies Françaises d'Afrique. Aujourd'hui franc CFA signifie franc de la Communauté Française d'Afrique. On joue sur les mots pour mieux cacher la réalité qui pourrait choquer. Nous préférons la première dénomination, car c’est celle qui d’après nous reflète le mieux la réalité. A l'époque où Rome colonisait la Gaule (actuelle France), l’empereur romain Jules César, suite à une bataille qui opposa son armée aux Gaulois portés par Vercingétorix, dit ceci des Gaulois :« c’est une race d’une extrême ingéniosité et ils ont de singulières aptitudes à imiter et à exécuter ce qu’ils voient faire des autres ». Jules César n'avait pas tout à fait tort. En ce qui concerne le CFA, les français n'ont pas imaginé eux-mêmes ce mécanisme. C'est un procédé qui leur a été appliqué par les allemands lorsque les français étaient sous leur occupation entre 1939 et 1944. Les allemands, dès l'occupation de la France et des pays d'Europe inventèrent des monnaies locales (Deutsch des territoires occupés) qu'ils associèrent au vrai Deutsch mark (monnaie allemande de l'époque). Les allemands ont mis en place ces monnaies, avec un mécanisme qui permettait à l'Allemagne nazi le pillage en règle des territoires occupés. A la fin de la guerre (1945), la France ne s'est pas gênée: elle a copié exactement le mécanisme nazi, qu'elle a appliqué à ses colonies d'Afrique; et ça dure jusqu'à nos jours. Le premier à avoir écrit sur le CFA et dénoncé cet outil de pillage de l’Afrique dite francophone fut le docteur en économie camerounais du nom de Tchuindjang Pouemi. Il a écrit en 1983 un livre intitulé Monnaie, servitude et liberté. La répression monétaire de l’Afrique. Peu de temps après ce livre il est décédé dans des circonstances douteuses. Assassinat en règle par la France ou simple coïncidence? A chacun de juger. Depuis ce fut un silence de mort. Personne n'avait plus osé écrire de manière critique sur le franc CFA, jusqu'à ce que le professeur Nicolas AGBOHOU nous gratifie en 2008 de son ouvrage intitulé Le franc CFA et l’Euro contre l’Afrique. Notre recherche de documentations sur le franc CFA nous a permis de trouver deux autres livres :Le franc CFA, d’où vient-il, où va-t-il ?, du congolais Serge Ikiemi ; et Le franc CFA : Pourquoi la dévaluation de 1994 a tout changé, du journaliste français Rémi Godeau. Ces deux derniers livres se contentent de décrire les mécanismes de fonctionnement de franc CFA, sans véritablement proposer d’analyses critiques, contrairement au livre de Nicolas AGBOHOU. 2) Le fonctionnement du CFA et les règles de base

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Dans un souci de faire comprendre à un public large, nous allons expliquer de manière simplifiée le fonctionnement du franc CFA, sans plonger dans les détails. Les mécanismes de base du fonctionnement du franc CFA sont simples. Il y a trois acteurs en jeu: - Les pays Africains soumis à l’utilisation du franc CFA ; - La France ; - Et le reste du monde. Enfin il y a ce que l'on appelle "Compte d’opérations". Le Compte d’opérations est un Compte bancaire ouvert auprès de la Banque de France pour chaque pays qui utilise le franc CFA. Lorsque la France veut des biens de pays africains, elle imprime le CFA (à Clermont Ferrant en France – et les pays africains payent pour les frais d’impression) et vient récupérer les vrais biens des pays africains avec ce papier. Ensuite la France écrit sur les Comptes d’opérations un crédit équivalent (en gros la France prend les biens des pays africains et écrit sur une ligne d’ordinateur que ces pays ont du crédit auprès de la banque de France). Ce papier dénommé franc CFA n'est utilisable qu'auprès de la Banque de France. Lorsque les pays africains veulent acheter les biens en France, ils se pointent avec ce papier à la Banque de France, et la banque de France leur donne des euros pour acheter chez eux (le compte d’opérations est débité si nécessaire). Lorsque les pays africains veulent acheter ailleurs qu’en France ils vont demander des dollars auprès de la Banque de France. Après toutes les pressions politiques imaginables, lorsque la France accepte de leur donner les devises, un ajustement (débit) est effectué sur leurs comptes d’opérations si nécessaire. Lorsqu'un acteur quelconque vient acheter les matières premières africaines (c'est l’essentiel de ce que les africains ont à vendre pour l'instant), il les paye en dollars. Pour l’Afrique centrale, 60% de ces dollars sont purement et simplement récupérés par la Banque de France, et seulement 40% descendent en Afrique. La France écrit alors dans les comptes d’opérations des pays africains qu’ils ont l’équivalent des 60% de crédit en plus. Pour l’Afrique de l'ouest c'est 50% (restent à la Banque de France) et 50% descendent en Afrique. Officiellement la France retient cet argent pour garantir le taux de change Fixe 1€=655fcfa. D'abord on nous dit que le taux est Fixe, ensuite on apprend qu'en réalité ça ne l'est pas. Les acteurs économiques dans le monde ajustent en fonction de la valeur réelle de biens des africains. Lorsqu'ils s'apprécient, la France crédite les comptes d’opérations, et lorsqu'ils se déprécient la France débite les comptes d'opérations. En réalité il n y a pas de taux fixe, les pays africains payent pour maintenir ce taux fixe artificiel ; parité qui n’est pas nécessairement dans l’intérêt des pays africains, comme nous expliquerons plus bas. Dans le livre d'AGBOHOU il est dit que les comptes d'opérations pour la seule zone de l’Afrique centrale présentaient un solde créditeur de 4 311.7 milliards F CFA en fin Mars 2007. La France y a accumulé une fortune qu'elle utilise pour elle, n’a jamais rien restitué aux africains, et se contente d'écrire sur un écran d'ordinateur (compte des opérations) qu'elle leur doit, et que les africains peuvent acheter des biens en France. En plus de prendre gratuitement (sans débourser tout de suite) les biens africains avec son CFA, la France utilise les devises extérieures africaines du compte d'opérations pour son fonctionnement, place une partie de cet argent sur les marchés financiers, en reçoit les intérêts, prête une partie de ces intérêts gagnés sur leur argent, aux africains. Ensuite la France bat tambour dans ses médias et ceux africains qu'elle les aide. Pour cela elle a toute une artillerie de structures: agence française du développement,... Pendant que les africains manquent des infrastructures, qu’ils cherchent des devises pour les construire, la France utilise grassement leur argent du compte des opérations, qui ne cesse de s'accumuler. Il faut être rêveur pour espérer que la France rendra aux africains 1 centime de cet argent un jour.

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Voilà résumé le fonctionnement du CFA. A retenir: la France obtient les matières premières des pays africains sans débourser la moindre devise; si la France n'a rien qui intéresse les pays africains alors les matières premières qu'elle leur prend sont gratuites pour la France. Plus les pays africains exportent à l'étranger, plus ils enrichissent la France: 60% de leurs exportations pour l'Afrique centrale, et 50% pour l'Afrique de l'ouest sont purement et simplement retenus par la France. Le solde des avoirs extérieurs africains ainsi « rackettés » par la France cumulait à 4 311.7 milliards F CFA en fin Mars 2007, et ceci uniquement pour la zone BEAC (Afrique centrale). Les africains ne sont pas libres d'acheter ce qu’ils souhaitent où ils veulent dans le monde, car il faut que les africains passent par la France pour les devises. Tout ce que la France ou l'union européen appelle "aide" n'est en réalité qu'une partie de l’argent des africains du compte d’opérations, que la France leur prête à des taux d'intérêt non nuls. S'il y a quelque chose à retenir du FCFA c'est ce dernier paragraphe. 3) Les institutions du franc CFA et l'économie locale Bien qu'ils portent le même nom, les franc CFA des différentes régions (Afrique centrale, Afrique de l'ouest et Comores) ne sont pas convertibles entre eux. Si un camerounais veut acheter de la marchandise en côte d'ivoire, il doit aller convertir son CFA en France contre l'euro, acheter les CFA de l'Afrique de l'ouest et aller acheter en Côte d'ivoire. Officiellement le CFA de chaque zone est géré par la banque centrale de ladite région, et chaque Banque centrale est libre dans la prise de ses décisions. Ce qui pourrait laisser penser que ces banques sont libres de manipuler le franc CFA dans l'intérêt de leurs peuples. C’est malheureusement Faux. En effet La France s'est arrangée pour contrôler aussi les Banques centrales des pays africains qui utilisent le franc CFA. En Afrique centrale, le conseil d’administration de la banque centrale (BEAC) est constitué de 13 membres, dont 3 français désignés par le gouvernement français. En Afrique de l’ouest le conseil d’administration de la banque centrale (BCEAO) est constitué de 16 membres, dont 2 français désignés par le gouvernement français. Aux Comores le conseil d’administration de la banque centrale comorienne (BCC) est constitué de 8 membres, dont 4 français désignés par le gouvernement français. En Afrique centrale, le conseil d’administration de la BEAC « délibère valablement lorsque au moins 1 administrateur par état membre et 1 administrateur français sont présents ou représentés ». Ce qui signifie, en reprenant les termes mêmes du professeur AGBOHOU, qu’il suffit pour la France de pratiquer la politique de la chaise vide (n’envoyer aucun de ses membres aux réunions de prise de décisions) pour bloquer toutes les affaires des six pays membres de la BEAC. En Afrique de l’ouest les statuts de la BCEAO stipulent que pour que des décisions soient prises au conseil d’administration elles « doivent recueillir l’unanimité des membres du conseil d’administration ». Or comme dit plus haut la France compte 2 membres au conseil d’administration. Dans les Comores, le conseil d’administration de la BCC « délibère valablement lorsque au moins six de ses membres sont présents ou représentés. Les délibérations doivent être adoptées par 5 au moins des membres présents ou représentés ». Or comme expliqué plus haut ce conseil d’administration est constitué de 4 comoriens et 4 français. On constate donc que par ces dispositions statutaires la France dispose d’un droit de veto au sein de chacune des banques centrales des 3 zones CFA, sans qu’aucun pays africain n’ait réciproquement de regard sur la politique monétaire française. Par ce veto nombre d’avantages promis aux africains concernant le CFA ne peuvent pas être concrétisés, car la France mettra toujours et logiquement son veto pour éviter par exemple des opérations de création monétaire (Quantitative Easing), ou que les comptes d’opérations passent durablement en négatif, ce qui irait contre les intérêts de la France.

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La conséquence de ce droit de veto c'est que les pays africains ne peuvent même pas utiliser cette monnaie (prêts aux entreprises, Quantitative Easing, dévaluation, surévaluation, ...) pour booster leurs économies. De nos jours la politique monétaire est un outil indispensable pour piloter l'économie. En l'occurrence la structure économique des pays africains qui utilisent le CFA voudrait que leur monnaie soit moins forte que la valeur actuelle du franc CFA arrimé à l’EURO. Pour se permettre une monnaie forte un état devrait avoir une économie qui produit des biens très hauts de gamme, rares ou difficilement « concurrençables ». En Europe il n y a que l’Allemagne qui peut se permettre le luxe de l'euro fort tel qu'il est actuellement. Ça fait 1 dizaine d'années que la chine (2ème économie mondiale) est accusée de volontairement garder sa monnaie basse. Les Etats-Unis ont laissé chuter le dollar et ne font rien pour le relever. Dans ce contexte, on impose aux économies comme celles africaines, qui ne produisent pas de biens hauts de gamme une monnaie arrimée à l'Euro, que l’on s’obstine à maintenir à une parité fixe (1euro = 655 FCFA). C'est une aberration, mais tant que cela arrangera la France, à moins que les africains contraignent la France à lâcher l'étau autour de leur cou, la France ne permettra jamais que cela change. Si l’Afrique de développe économiquement et prend son destin en main, la France se retrouvera certainement dans une situation économique alarmante. La France vit de l'exploitation de l’Afrique. Ce n'est pas nous qui le disons, mais l'ex président français Jacques Chirac dans une de ses interviews après sa retraite.

http://cameroonvoice.com/news/article-news-14007.html Quelques observations : 1- « A l'époque où Rome colonisait la Gaule (actuelle France), l’empereur romain Jules César, suite à une bataille qui opposa son armée aux Gaulois portés par Vercingétorix, dit ceci des Gaulois :« c’est une race d’une extrême ingéniosité et ils ont de singulières aptitudes à imiter et à exécuter ce qu’ils voient faire des autres ». Jules César n'avait pas tout à fait tort. « Sauf que Rome et les gallo-romains ont été envahis par les vandales, les goths et autres francs, généralement asservis (en esclavage) et que ceux qui sont au pouvoir en France depuis des siècles ne sont pas descendants des gaulois qui par ailleurs ne sont pas une race, la notion de race n'ayant absolument rien de scientifique. 2- je ne cesse de recommander d'utiliser la fonction « rechercher remplacer » des logiciels de traitement de texte pour remplacer « La France » par « Les dirigeants français ». La différence est tout de même d'environ une dizaine sur 60 millions, sur lesquels on peut prélever banquiers et patrons de multinationales (quand ils sont français) 3- Pour ce qui est de l'intervention de Jacques Chirac à la télévision française, le « nous » de « nous avons pillé l'Afrique est un « NOUS ROYAL », qui le concerne lui, et ses proches (Foccard, Villemin, Sarkozy, lire pour cela les aveux de Robert Bourgi

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Domination du Systeme Bancaire Pillage Monetaire Mondial https://www.youtube.com/watch?v=M7sUJ4kQ3k0&feature=player_embedded ou sur le site http://pythacli.chez-alice.fr/dette.htm

Que j'allège autant que possible

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Pourquoi la dette ?

« Si la monarchie succomba, c'est parce qu'elle ne fut pas capable de supprimer les avantages fiscaux des privilégiés. Le gaspillage des fonds publics, l'absence de système fiscal performant, l'incapacité à traquer la fraude, les politiques laxistes qui consistent à favoriser certaines catégories sociales ou certains lobbies sont les voies d'entrée d'un endettement excessif. » (0) nous dit Gérard Béaur directeur de recherches au CNRS et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. La partie graissée fait évidemment penser à l'Union européenne qui favorise clairement les lobbies, mais elle fait également penser à l'ère Sarkozy , période pendant laquelle la droite totalement décomplexée affiche au grand jour des pratiques jusque là occultées : On étale les Rolex, favorise ouvertement les lobbies, se prélasse à bord du Yacht d'un patron du CAC 40, multiplie les conflits d'intérêts, les barbouzeries et les malettes à tel point que la presse finit par parler de république oligarchique du Sarkozistan

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La dette : une construction constitutionnelle. Aujourd'hui le peuple américain contrôle toujours sa monnaie, à la différence de l'Europe qui a confié le contrôle de sa monnaie aux banques privées. Jefferson est-il un visionnaire? Pas plus que Lordon n'est un prophète ! Il s'agit simplement du B-ABA de la création monétaire, une connaissance élémentaire qui devrait être au programme dès le collège. Pourquoi ceci n'est-il pas enseigné à tous? Certainement à cause de ce que dit Henri Ford : "si les gens comprenaient réellement le processus de création monétaire le système ne tiendrait pas plus de 24H00". Taire ceci c'est se comporter comme l'église, c'est cultiver l'obscurantisme afin d'assurer plus facilement une domination sur les masses. La France a perdu sa souveraineté en matière de création monétaire, c'est à dire le contrôle sur sa monnaie en 1973, lors de la privatisation de la création monétaire ( loi du 3 janvier 1973 (1) ) . Puis ensuite, l'abandon de la souveraineté monétaire a été confirmé au niveau européen en 1999 en adoptant l’article 104 du traité de Maastricht, dénommé aujourd'hui article 123 du traité de Lisbonne (2). Cet article 123 du traité de Lisbonne interdit à la BCE de prêter directement aux états membres, la BCE prête aux banques privées à un taux de 0% ou 1% , et ensuite les banques privées prêtent aux états à un taux plus élevé. Ainsi ce sont les banques privées qui créent la monnaie, on parle de privatisation de la création monétaire. Le peuple a permis que des banques privées contrôlent leur monnaie, exactement ce que redoutait Jefferson. Dès lors que la création monétaire est privatisée, les états se trouvent dans l'incapacité de jouer sur la monnaie pour réguler la dette et ils doivent emprunter à des taux plus élevés : deux facteurs qui causent une sévère augmentation de la dette , l'enrichissement des banquiers, et le transfert massif des capitaux de l'économie réelle vers l'économie financière virtuelle.

Si la France avait pu continuer à se financer à taux 0 à la Banque de France ou à la BCE, la dette serait…quasi nulle !

"Les intérêts totaux de la dette du 1er janvier 1976 au 31 décembre 2006 s’élèvent à la somme de 1142,2 milliards ! Dit autrement, l’Etat doit pour la période du 1er janvier 1976 au 31 décembre 2006, 0,5 milliard au titre du capital et 1142, 2 milliards au titre des intérêts cumulés de la dette. Ces intérêts dus continuent à générer des intérêts. C’est-à-dire que 99,95 % de la dette sont constitués uniquement des intérêts cumulés de 1976 à 2006 " http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/traite-de-lisbonne-article-123-le-75113

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Le graphique de la dette publique française depuis 1978 rend compte de cette réalité, la hausse est régulière après 1978, et avant 1978 il n'y avait pas de problème de dette, parce qu'il n'y avait pas le problème des intérêts.

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La dette : une construction idéologique Pour Noam Chomsky il y a de nombreux moyens élémentaires de surmonter la dette, ces moyens nous allons les développer plus loin, l'existence de ces moyens et le refus de les mettre en oeuvre montrent que la dette est une construction idéologique. « Il y a bien une "crise de la dette" mais il est nécessaire d’y regarder de plus près pour déterminer sa nature. ce n’est en aucune façon un simple fait économique. C’est en grande partie une construction idéologique. Ce qu’on appelle "la dette" pourrait être surmonté,de nombre de façons très élémentaires. » (3) Une politique de réduction des dépenses combinée avec une politique de réduction des recettes encore plus importante est également un choix idéologique qui aggrave la dette. C'est le choix fait par le gouvernement Sarkozy entre 2007 et 2012. Ainsi, on peut calculer qu'en 2008, la baisse du nombre de postes à l'éducation nationale a permis d'économiser 600 millions quand le paquet fiscal a fait perdre 13 milliards ; il faudrait supprimer des profs à ce rythme pendant 22 ans pour compenser le seul paquet fiscal. On peut également calculer que ce qu'on appelle la « niche Copé » en 2007 évaluée à 20 milliards correspond à la suppression de 600 000 postes d'infirmières. Mais les gouvernements précédents avaient fait le même choix. Déjà en 2004 les syndicats de l'INSEE dénonçaient la manipulation du disours sur la dette Depuis le début des années 80, la part des salaires dans le PIB de la France a baissé de 9,3%. Qui sont partis dans la poche du Capital. Ces 9,3% équivalent à plus de 150 milliards d’€ : soit une douzaine de fois le trou de la Sécu ! Un hold-up géant, renouvelé chaque année, au détriment des salariés. Ce chiffre, 9,3 %, suffit à contester toutes les « réformes » en cours : allongement de la durée de cotisations pour les retraites, salaires qui stagnent depuis vingt ans, mise en place de la franchise médicale... http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1353 Depuis la crise et les plans de sauvetage et de relance le déficit à triplé en 2 ans. Le discours orienté exclusivement sur les dépenses est manifestement erroné puisque les Etats Unis, qui ont très peu de services publics, de protection sociale et une retraite par capitalisation voient tout de même leur dette exploser en Aout 2011

...Et le déficit chronique devint astronomique 44


Pour Frédéric Lordon (4), « le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé »(5) parce que les états sont obligés d'emprunter aux banque privées au lieu de créer leur monnaie: donc ils s'endettent mais également parce que c'est une économie de crédits. En effet, pour maintenir la consommation avec des salaires tirés vers le bas il faut emprunter. Toujours selon Frédéric Lordon l'explosion des dettes des états est la suite directe des crises précédentes qui se sont enchaînées depuis les subprimes. Spirale et contresens : « Et après les Etats-Unis (dont la note a été dégradé à AA+ par les agences de notation)? "Le candidat le plus sérieux à la dégradation est évidemment la France (...) Le drame dans cette affaire c’est que lorsqu’on est dans le collimateur de la «préoccupation» de la finance, on n’en sort plus: avoir été constitué par elle en «problème», c’est être voué par elle à avoir des problèmes" Résultat: cette spirale, note Lordon, plonge les Etats, comme la finance, dans "une situation de parfait chaos cognitif, en exigeant des politiques d’ajustement draconiennes, dont elle observe rapidement les effets désastreux (il n’aura pas fallu un an pour que le contresens soit avéré à propos du cas grec), à quoi elle réagit en exigeant d’approfondir cela-même qu’elle voit échouer!"(5) avec plusieurs années de retard sur Frédéric Lordon le FMI fait son mea culpa sur la Grèce 6 juin 2013 : Le FMI fait son mea culpa sur la gestion de la crise grecque Hypothèse de croissance trop optimiste, sous-estimation de l'impact des mesures d'austérité budgétaire, erreur stratégique concernant la restructuration de la dette souveraine grecque, qui aurait dû intervenir plus tôt, mauvaise coordination au sein de la troïka… Telles sont les principales erreurs recensées dans ce document. « Il y a certainement des choses que nous aurions faites différemment », a avoué Poul Thomsen. Autre regret : celui de ne pas avoir procédé plus rapidement à une restructuration de la dette souveraine grecque, intervenue l'année d'après. Il « était clair, lorsque la croissance n'était pas au rendez vous, un an après la mise en oeuvre du programme, en 2011, qu'une restructuration de la dette aurait été nécessaire ». Le FMI a milité pour une telle action. Mais, sous la pression des Européens, elle n'a pas été décidée. Plus loin, le FMI, estime que les hypothèses de croissance établies au début du programme étaient « trop optimistes pour tout un tas de raisons ». En particulier, le climat politique grec de l'époque n'a pas permis de mettre en place les réformes nécessaires sous-tendant ces hypothèses de croissance. Le Fonds reconnaît donc s'être trompé « dans une large mesure » sur l'évolution de la dette grecque. Il avoue également des dysfonctionnements majeurs au sein de la troïka. « Elle aurait pu mieux faire s'il y avait eu une plus grande division des tâches entre les trois institutions », a expliqué Poul Thomsen. Le rapport fustige clairement le manque d'expérience de la commission européenne dans la gestion des crises. Au total, « aucun des trois partenaires de la troïka ne voyait ce programme comme idéal ». http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202811322682-le-fmi-fait-son-mea-culpasur-la-gestion-de-la-crise-grecque-bruxelles-contre-attaque-573116.php?xtor=RSS-2231

Un discours falsifié sur la dette

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Les médias de masse depuis 30 ans nous cachent que la dette est constitutionnelle et idéologique. Depuis 30 ans ils relayent le même discours, celui de la dictature économique, celui de la dettocratie : trop de fonctionnaires, trop de services publics, trop de sécu , trop de retraite, pour maitriser la dette il faut en finir avec tous ces privilèges et ne pas réagir comme des enfants gâtés !!! Seul le problème des dépenses est mis en avant, jamais celui des recettes. La falsification tient dans le fait que ce qui est présenté comme un fait n'est qu'une idéologie. Un minimum de neutralité journalistique imposerait de parler des arguments contenus dans la première partie de ce dossier : « Pourquoi la dette ». Que l'UMP tienne ce discours on peut l'admettre. Mais que ce discours soit entendu dans les journaux télévisés de la bouche du présentateur ou d'un quelconque pseudo expert de la finance et présenté comme un fait établi, un compte rendu journalistiquement neutre, relève bien de la falsification. En ce qui concerne la « neutralité » des médias, on pourra consulter régulièrement les sites acrimed,org et arretsurimages.net dont c'est la spécialité. Vous avez parfois le sentiment d’entendre une seule et même voix sur la crise ? Une voix appelant à davantage de rigueur, à rassurer les marchés, à construire cette belle Europe tant rêvée ? A lire l’article de Mathias Reymond publié sur le site Acrimed, ce n’est pas un sentiment, c’est une réalité. L’auteur a compilé, depuis cet été, les éditos de certains journalistes vedettes des médias, qu’ils soient de gauche ou de droite, et le résultat est – sinon surprenant – tout du moins édifiant. Reymond recense trois thèmes : la rigueur, les marchés, l’Europe. Pour en revenir à la dette le manifeste des économistes atterrés expose assez bien le discours falsifié et tente de le démonter : FAUSSE EVIDENCE N° 4 : L’ENVOLEE DES DETTES PUBLIQUES RESULTE D’UN EXCES DE DEPENSES Les dépenses publiques n'ont pas augmenté depuis 1990 ! L’État s’endettant comme un père de famille alcoolique qui boit au dessus de ses moyens : telle est la vision ordinairement propagée par la plupart des éditorialistes. L’explosion récente de la dette publique en Europe et dans le monde est pourtant due à tout autre chose : aux plans de sauvetage de la finance et surtout à la récession provoquée par la crise bancaire et financière qui a commencé en 2008 : le déficit public moyen dans la zone euro n’était que de 0,6% du PIB en 2007, mais la crise l’a fait passer à 7% en 2010. La dette publique est passée en même temps de 66% à 84% du PIB. Cependant la montée de la dette publique, en France et dans de nombreux pays européens a d’abord été modérée et antérieure à cette récession : elle provient largement non pas d’une tendance à la hausse des dépenses publiques – puisqu’au contraire celles-ci, en proportion du PIB, sont stables ou en baisse dans l’Union européenne depuis le début des années 1990 – mais de l’effritement des recettes publiques, du fait de la faiblesse de la croissance économique sur la période, et de la contre-révolution fiscale menée par la plupart des gouvernements depuis vingt46


cinq ans. Sur plus long terme la contre-révolution fiscale a continûment alimenté le gonflement de la dette d’une récession à l’autre. Ainsi en France, un récent rapport parlementaire chiffre à 100 milliards d’euros en 2010 le coût des baisses d’impôts consenties entre 2000 et 2010, sans même inclure les exonérations de cotisations sociales (30 milliards) et d’autres « dépenses fiscales ». Faute d’harmonisation fiscale, les États européens se sont livrées à la concurrence fiscale, baissant les impôts sur les sociétés, les hauts revenus et les patrimoines. FAUSSE EVIDENCE N°6 : LA DETTE PUBLIQUE REPORTE LE PRIX DE NOS EXCES SUR NOS PETITS-ENFANTS Il est une autre affirmation fallacieuse qui confond économie ménagère et macroéconomie, celle selon laquelle la dette publique serait un transfert de richesse au détriment des générations futures. La dette publique est bien un mécanisme de transfert de richesses, mais c’est surtout des contribuables ordinaires vers les rentiers. En effet, se fondant sur la croyance rarement vérifiée selon laquelle baisser les impôts stimulerait la croissance et accroîtrait in fine les recettes publiques, les États européens ont depuis 1980 imité les USA dans une politique de moins-disant fiscal systématique. Les réductions d’impôt et de cotisations se sont multipliées (sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des particuliers les plus aisés, sur les patrimoines, sur les cotisations patronales...), mais leur impact sur la croissance économique est resté très incertain. Ces politiques fiscales anti-redistributives ont donc aggravé à la fois, et de façon cumulative, les inégalités sociales et les déficits publics. Ces politiques fiscales ont obligé les administrations publiques à s’endetter auprès des ménages aisés et des marchés financiers pour financer les déficits ainsi créés. C’est ce qu’on pourrait appeler « l’effet jackpot » : avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres (porteurs d’intérêts) de la dette publique émise pour financer les déficits publics provoqués par les réductions d’impôts... Le service de la dette publique en France représente ainsi 40 milliards d’euros par an, presque autant que les recettes de l’impôt sur le revenu. Tour de force d’autant plus brillant qu’on a ensuite réussi à faire croire au public que la dette publique était la faute des fonctionnaires, des retraités et des malades. L’accroissement de la dette publique en Europe ou aux USA n’est donc pas le résultat de politiques keynésiennes expansionnistes ou de politiques sociales dispendieuses mais bien plutôt d’une politique en faveur des couches privilégiées . Au total se met en place un mécanisme de redistribution à rebours, des classes populaires vers les classes aisées, via la dette publique dont la contrepartie est toujours de la rente privée. cette fausse évidence n°6 qui est donc fallacieuse est profondément ancrée dans les esprits 9 octobre 2013 : La fraude fiscale coûte 2000 milliards d'euros par an à l'Europe S'agissant de la fraude à la TVA, la perte est chiffrée à 193 milliards d'euros par an Selon les informations obtenues par MM. Dupont-Aignan et Bocquet, issues de données de l'administration, la fraude fiscale entraîne un manque à gagner de 60 à 80 milliards d'euros chaque année pour la France et le budget de l'Etat – à comparer aux 53 milliards d'euros de recettes provenant de l'impôt sur les sociétés. Au niveau de 47


l'ensemble de l'Union européenne, elle se solde par une perte de... 2 000 milliards d'euros ! C'est mille milliards de plus que la précédente évaluation livrée au début de l'année par le Parlement européen. Ce nouveau chiffrage provient d'une étude sur la fraude totale aux prélèvements obligatoires dans l'Union, réalisée à la demande de la Commission européenne et datée du 20 septembre. S'agissant de la fraude à la TVA, la perte est chiffrée à 193 milliards d'euros par an, soit 1,5 % du PIB européen, avec des pics en Italie (36,1 milliards d'euros) et en France (32,2 milliards, trois fois plus que l'estimation du ministère des finances français). http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/09/la-fraude-fiscale-coute-2000-milliards-d-eurospar-an-a-l-europe_3492352_3234.html http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/09/18/tva-32-milliards-d-euros-perdus-par-la-francechaque-annee_3479706_823448.html

Naissance d'une dictature économique.

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«Recherche institutionnellement orientée», «biais idéologiques», «autocensure», «conclusions préconçues», «faible diversité d’approches théoriques et, plus encore, empiriques», «étroitesse de vues», «cadre analytique inapproprié aux réalités des pays étudiés», «incapacité répétée à citer des travaux de chercheurs locaux»", égrène Le Monde Diplomatique en citant le dernier rapport du Bureau indépendant d'évaluation (BIE) du FMI. Le rapport en question, qui analyse les travaux de recherche du FMI entre 1999 et 2008, indique notamment que ces derniers "semblaient suivre une opinion prédéterminée et, parfois, les recommandations ne découlaient pas de l’analyse". (7) Le Bureau indépendant d'évaluation du FMI n'y va pas de main morte! On peut alors légitimement se demander pourquoi les états suivent la politique « orientée, biaisée, préconçue, étroite et inappropriée » du FMI? Pourquoi l'Union Européenne fonctionne-t-elle dans la même direction manifestement erronée ? C'est une preuve supplémentaire de la construction idéologique de la dette. Cette direction manifestement erronée s'appelle le néolibéralisme, le capitalisme financier dérégulé. C'est le système qui s'accroche et persiste à utiliser les recettes qui ont conduit à la catastrophe Ces décisions sont prises contre la volonté des peuples, l'argent des contribuables est distribué contre leur gré aux banques et à la finance, les dirigeants politiques n'oeuvrent pas dans l'intérêt des peuples, on comprend que l'expression « dictature économique » commence à apparaître. Désormais nous sommes allés encore un cran plus loin puisqu'il s'agit d'intégrer la rigueur dans notre constitution (« règle d'or ») suite au vote européen du « pacte pour l'euro ». « C'est oublier que la constitution doit être écrite par le peuple. Montesquieu a oublié de dire qu'il fallait faire très attention à QUI va écrire la Constitution : en effet, si les citoyens laissent les hommes au pouvoir écrire eux-mêmes les limites de leurs propres pouvoirs, c'est perdu: cette négligence citoyenne conduit naturellement à l'institutionnalisation de l'impuissance politique des gouvernés: transformation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes en un droit des élus à disposer des peuples. Quand des ministres, des présidents, des parlementaires ou des juges créent ou modifient une Constitution, sans passer par un référendum, c'est un abus de pouvoir. » écrit Etienne Chouard.(8.2)

L'argent des contribuables a sauvé la finance « sauvetage des banques bilan définitif de l'OCDE : L’Organisation de coopération et de 49


développement économiques (OCDE) évalue à 11 400 milliards de dollars les sommes mobilisées par ce sauvetage. Soit 1 676 dollars par être humain... »(9) rebondissement sur le sauvetage des banques : Bloomberg dévoile des milliers de milliards d'aide US aux banques. On avait surtout retenu les 700 milliards de dollars (environ 500 milliards d'euros) d'aides du plan Paulson de 2008. L'agence de presse Bloomberg vient de révéler un plan de soutien d'une toute autre ampleur, resté jusqu'alors largement inconnu : entre 2007 et 2009, la banque centrale américaine, la Réserve fédérale, a mis sur la table... onze fois plus, pour sauver les banques de la faillite. En toute opacité, et sans que le Parlement ne soit mis au courant. il faut ajouter 7 000 milliards de dollars aux 11 400 milliards qu'avait annoncé l'OCDE : on arrive donc à un total de 18 400 milliards ce qui monte l'addition à 2700 dollars par être humain. « Le gratin des patrons des fonds spéculatifs (hedge-funds) a touché plus de 25 milliards de dollars en 2009, un record»...« Ils ont parié sur le fait que les états allaient renflouer la finance et ils ont gagné....L’année 2009 a été la meilleure de toutes »(10) Les bonus distribués aux traders n'ont jamais été aussi élevés qu'en 2009. Deux ans après la crise financière, les traders de Wall Street ont renoué avec les super profits.

Le capitalisme a évolué: désormais le risque n'existe plus On l'a vu dans le paragraphe précédent : Malgré la crise, les profits continuent et pour 50


certains atteignent même des records. C'est exactement ce que décrit Noam Chomsky : « Ce qu’on appelle "la dette" pourrait être surmonté,de nombre de façons très élémentaires. Une de celles-ci consisterait à recourir au principe capitaliste selon lequel c’est aux emprunteurs de payer et aux prêteurs de prendre le risque....". Voilà l’essence même de la "crise de la dette". .. les prêteurs sont pour la plupart protégés de toute mésaventure. ils jouissent de ce qui s’apparente à une assurance tous risques grâce à différents mécanismes de socialisation des coûts, qui retombent sur les contribuables occidentaux. C’est à ça que sert entre autres le FMI....»(15)

"Il ne faut pas compter sur ceux

qui ont créé les problèmes pour les résoudre" disait Albert Einstein

Les solutions pour sortir de la crise de la dette

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Solution Merkel, Sarkozy, Troïka (UE, BCE, FMI ) Les décisions politiques du FMI, de la BCE, de la FED , les plans de sauvetage proposés consistent à racheter la dette à de forts taux d'intérêts. Or comme on l'a vu précédemment emprunter même à 5% va aggraver inmanquablement sa dette malgré toute la rigueur qui va s'abattre sur le corps social.

L'Europe « aide » les pays endettés : on voit déjà le résultat dans un article du Figaro du 31 aout 2011, on peut lire: « Le Parlement grec juge la dette hors de contrôle . Les mesures d'austérité prises par le gouvernement «ne peuvent pas restaurer l'état des finances». Malgré le «gigantesque effort» demandé au pays, le déficit budgétaire, loin de se réduire, «s'est creusé». Le rapport publié mercredi à Athènes par une commission d'experts du Parlement ne remontera pas le moral des Grecs, qui affrontent leur deuxième rentrée de crise économique. »(16) Côté marchés financiers, ce qui est proposé c'est ni plus ni moins que le principe des subprimes généralisé aux états. Si vous êtes insolvable, on vous prête quand même mais à un taux très élevé : on prête à la Grèce au taux de 15% : ce n'est pas un sauvetage mais un assassinat financier.

Solution PS: Les Eurobonds ou la fausse alternative de la mutualisation. 52


Le PS propose la mutualisation de la dette avec des eurobonds. En fait c'est un genre de titrisation, ce qui a provoqué la débâcle en fin de période subprimes. Le principe de la titrisation c'est de mélanger des produits toxiques avec des produits plus "propres" ce qui en théorie réduit le risque contenu dans les produits toxiques. Je précise que c'est à peu près le seul point commun entre les eurobonds et les subprimes. Les eurobonds c'est un peu de dette grecque, un peu de dette allemande, un genre "d'équilibre". Cette solution préserve le système qui a montré sa faillite depuis 2008: c'est la fuite en avant. De plus cette solution n'est in fine par très différente de celle proposée par Sarkozy et Merkel. Puisqu'il s'agit toujours d'un système dans lequel les états se financent auprès des banques privées à un taux de 3% à 5% quand elles pourraient se financer à 1% ou 0% via une BCE dont le statut aurait été modifié. On le voit, le PS, sur ce point, est bel et bien dans le camp libéral : on change d'échelle mais pas de système. Les créanciers ont le beurre et l'argent du beurre, c'est à dire qu'ils ne courent plus aucun risque ! Si ça marche ils engrangent, si ça ne marche pas les états mettent la main à la poche, le créancier gagne dans tous les cas.

Si l'une de ces 2 solutions est appliquée c'est la mort de l'euro.

Lordon nous dit que « la puissance publique s'est ruinée depuis 2 ou 3 ans, en renflouant les banques et la finance, en payant les nombreux plans de relance des économies, en injectant des sommes faramineuses pour sauver l'Euro, elle ne pourra donc pas intervenir sur la dette. "La puissance publique qui était encore disponible pour ramasser les morceaux du premier accident sera par construction aux abonnés absents" pour régler la question de la dette publique. »(5) D'après Frédéric Lordon, à moyen terme ces 2 solutions aboutiront à l'abandon de l'article 123 de 1999 (2) et donc l'Euro dans sa forme actuelle sera mort. Voilà le processus qu'il nous décrit : Comme il faut trouver d'urgence une solution et que ce n'est pas fait, les mesures actuelles ne font que retarder l'échéance. Tôt ou tard le problème sera tel que certains pays européens n'auront pas d'autre choix que de faire tourner la planche à billet, ce sera ça ou le chaos. Dès lors l'Allemagne décidera de quitter l'Europe monétaire. Lordon dit que la banque centrale européenne refusera d'émettre de la monnaie, c'est d'ailleurs ce que les traités européens lui imposent. Il ne dit pas clairement qu'il faut changer le statut de la BCE mais c'est bien de cela qu'il s'agit quand il parle de « révolution institutionnelle » (18) Nouriel Roubini(20) dit que si le même type de gestion continue « cela se traduira par des restructurations de dettes, et conduira à la rupture de l'union monétaire, dont les membres les plus faibles sortiront ...L'union économique et monétaire n'a jamais rempli les conditions pour une zone Euro optimale...Toutes les unions monétaires réussies ont été associées avec une union politique et fiscale. Mais l'union politique a marqué le pas comme l'union fiscale. »(21)

Solution Dette inique, dette odieuse et audit sur la dette

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Comme nous le rappelle Noam Chomsky, « Il existe encore d’autres façons d’éliminer la dette, bien connues, et qui révèlent à quel point celle-ci est une construction idéologique. Une de celles-ci , différente du principe capitaliste, est un principe juridique international qui fut introduit par les USA quand ils "libérèrent Cuba" comme on dit dans les livres d’histoire....en 1898.....on l’appelle principe de la dette inique. » (22) Un état peut donc établir que sa dette est une "dette odieuse" (ou « dette inique »). C'est ce qu'a fait Correa en équateur plus récemment. En ce cas, la dette est purement et simplement annulée. C'est une solution qui a le mérite de restaurer la règle capitaliste du risque. Les créanciers des dettes iniques perdent leur investissement. Le défaut partiel, c'est aussi ce qu'a fait l'Argentine (voir à 11 minutes dans la vidéo ci après). Après ce petit exposé sur l'argentine, Jacques Généreux explique sur quels critères on peut différencier les dettes, il plaide pour un audit sans le dire, puis énonce la métaphore des "menottes en plastique" qui illustre à merveille l'idée de la dette comme une construction idéologique. Il démonte également la logique There Is No Alternative ( TINA) carastéristique du discours néolibéral Cette solution d'un audit ne saurait se suffire à elle même puisque la dette demeure systémique tant qu'on ne touche pas à l'article 123 du traité européen. Elle permet juste de régler le problème de la dette actuelle et de sortir de la dette « idéologique » et de la dictature économique. De plus une commission d'audit de la dette doit être totalement indépendante, car elle sera soumise à un intense lobbying dans son travail de tri entre les dettes fondées et les dettes odieuses. Avec cette solution, on est loin d'une révolution institutionnelle européenne, mais on ouvre tout de même la voie vers de profonds changements. On comprendra aisément que les créanciers ne veulent pas de cette idée. On comprendra aussi quels intérêts servent les politiques et les médias de masse qui refusent de parler de cette solution. L'idée fait lentement son chemin : un collectif pour un audit citoyen de la dette publique a été créé en octobre 2011 : Le défaut total Bien sur on peut même envisager de faire défaut et demander l'annulation totale de la dette européenne. Une solution dont on commence enfin à entendre parler dans les médias fin novembre 2011, en même temps que le duo Franco Allemand commence à parler d'une possibilité de changer le statut de la BCE pour monétiser la dette ce qui revient à dire que le pouvoir politique reprend le droit de mener une politique monétaire.

26 juin 2013 : Le FMI commence à envisager le défaut partiel Qui a dit : "on ne peut pas s'offrir le luxe de ne pas penser aux restructurations de dette publique" ? Cette belle double négation n'est ni l’œuvre du porte-parole d’Attac ni de JeanLuc Mélenchon mais de l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard. Il doute de l’efficience des modèles macroéconomiques qu’il utilise et avoue notamment avoir "sous-estimé le rôle de la finance". Repris par la Tribune sous le titre "le blues de l'économiste du FMI", les propos de Blanchard résonnent avec le mea culpa du Fonds qui, dans un rapport rendu public, avoue des échecs notables sur le plan de sauvetage de la Grèce en 2010. 54


Mais l’article des Echos recèle une petite info passée inaperçue : "les chercheurs du Fonds ont lancé une série d'études, à la fois historiques et théoriques, sur les faillites d'Etat". Pourquoi? En raison de "la dégradation des finances publiques". Blanchard est formel: "on ne peut pas s'offrir le luxe de ne pas penser aux restructurations de dette publique. Si un pays a 0% du PIB de dette publique, il n'a aucun problème. S'il a 400% du PIB, c'est intenable. A quel moment assoit-on débiteurs et créanciers autour de la table ? A quel moment le créancier a-t-il intérêt à négocier, pour perdre 50 ou 70% et non la totalité de son argent ?" Vittori, lui, "pense tout de suite au Japon". Nous, on pense tout de suite aux dettes publiques de la zone euro qui gonflent inexorablement. Du reste, le FMI n’est pas le seul à plancher sur cette question. Dans une note parue hier (format PDF), Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de la banque Natixis, propose "d’envisager sérieusement une réduction des vieilles dettes" de la zone euro, soit, dit-il, "une restructuration avec défaut partiel". Voyez : le défaut, on y vient. ( il aura fallu 4 ans au FMI pour admettre son aveuglement idéologique) http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=15771 déjà en Janvier 2013 deux économistes du FMI reconnaissaient que l'austérité était une erreur

La solution de la souveraineté monétaire Comme il a déjà été expliqué précédemment, la souveraineté monétaire c'est le

droit de faire tourner la planche à billets pour dévaluer la monnaie. En ce cas la dette est « absorbée » par la dévaluation.

C'est par exemple ce qui a été fait par Roosevelt après le Krach de 1929 et la grande dépression avec le new deal.(24) C'est une méthode qui fonctionne parfaitement et qui a abondamment été utilisée au cours de l'histoire de France (25). C'est une solution dont il ne faut pas abuser mais que l'on peut utiliser de façon exceptionnelle dans des cas exceptionnels comme la crise actuelle. C'est aussi ce qu'a fait l'Argentine à l'échelle nationale en couplant la dévaluation avec du protectionnisme. cela implique que le pays "fait défaut". c'est une solution plus radicale que celle de l'audit puisque tous les créanciers perdent leur argent. La dette est purement et simplement annulée. Aujourd'hui on nous présente celle solution du "défaut" comme le pire pouvant subvenir à un pays. Voyez par exemple François de Closets à la manoeuvre face à Mélenchon ( Aller directement à 3min45s si vous êtes pressés), voyez l'horreur dans ces yeux lorsqu'il parle de l'éventualité pour un pays de "faire défaut" et pour étayer son propos il parle de l'Argentine. Même si cette solution du défaut n'est pas sans difficulté pour un pays, il faut surtout dire que c'est la pire solution pour les créanciers !!! Que nous dit Frédéric Lordon (4) aujourd'hui? Il nous dit que l'Euro est mort et que c'est le commencement de la fin de "la mondialisation néolibérale (appelée à) périr par la dette parce que, à l’encontre de l’idée reçue qui le présente comme la raison économique même, le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé" (5) 55


On peut donc envisager de devancer la mort de l'euro, on peut retrouver notre souveraineté monétaire. On fait tourner la planche à billets, la dévaluation qui s'ensuit absorbe la dette. Les créanciers y perdent mais c'est la règle du jeu capitaliste, le risque n'est-il pas à la base du jeu capitaliste? Là aussi, on comprendra aisément que les créanciers ne veulent pas de cette idée. On comprendra aussi quels intérêts servent les politiques et les médias de masse qui refusent de parler de cette solution.

Retrouver une souveraineté monétaire : Oui, mais à quelle échelle ? Pour Attac la solution n'est pas une sortie volontaire de l'Euro et un retour au franc, mais dans une vraie Europe fédérale avec une redéfinition du rôle des banques centrales. En cela ATTAC rejoint le voeu de révolution institutionnelle prononcé par Frédéric Lordon (4), ou Emmanuel todd. A la différence que Lordon (4) pense que cela n'arrivera pas, alors qu'ATTAC souhaite oeuvrer pour que cela arrive. Est-il possible d'être suivi au niveau européen si on propose de modifier le mandat de la BCE (Banque Centrale Européenne) afin de l'autoriser à faire tourner la planche à billets c'est à dire à prêter directement aux états à 0% ? Personne ne le sait, il faut essayer. Lordon et Coutrot sont d'accord sur la stratégie suivante : si l'Europe refuse, il faut le proposer au plus grand nombre de pays possibles de la zone euro, et si personne n'en veut alors tant pis on le fait tout seul. Démondialiser la finance n'oblige pas au repli souverainiste total. Des entités économiques séparées peuvent conclure des accords sur le climat, sur la régulation financière, sur une éventuelle taxe kilométrique pour privilégier la consommation de productions locales, etc.

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Conclusion En terme de « scénario le plus probable » c'est bien Lordon qui semble avoir raison : la politique du FMI et de l'UE se poursuit dans le même esprit les états ne peuvent plus injecter de fonds pour compenser les pertes de la finance la dette augmente d'autant plus vite que cette politique continue et que la rigueur s'accroit le système s'écroule dans l'urgence les états les plus touchés font tourner la planche à billets L'allemagne perdant la main sur la monnaie quitte la zone Euro L'euro est mort et l'Europe avec repli nationaliste et souverainiste de tous les états : retour aux monnaies nationales et dévaluation ou chaos total et on s'entretue pour un paquet de pâtes. Mais ce scénario n'est que le plus probable! Obtenir un audit sur la dette peut changer la donne. Un candidat peut survenir et être élu qui résistera comme Correa au FMI et à l'UE ou qui oeuvrera à la modification de l'article 123 du traité européen (2) . Quelles peuvent être les conséquences du printemps arabe et du mouvement des indignés sur le mouvement social en France ? Les peuples peuvent changer les choses. Le mouvement contre la réforme des retraites en France a favorisé la révolution du Jasmin en Tunisie, qui a elle même entrainé le soulèvement en Egypte, puis en Libye, en Syrie au Yemen. Le printemps arabe a provoqué en retour le mouvement européen des indignés. On peut éviter ce scénario mais il y a urgence sinon, la souveraineté monétaire à l'échelle européenne, qui semble être la meilleure des solutions risque bien de ne jamais avoir le temps de voir le jour. en septembre 2011 le mouvement des indignés se développe dans le monde occidental : Europe, Israël et Etats-Unis et culmine le 15 octobre 2011 lors d'une journée mondiale historique de mobilisation. Les armes des indignés sont la non violence et la désobéissance civile

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http://pythacli.chez-alice.fr/dette.htm

Notes et références 0) Le long passé de la dette publique. Le monde | 13.08.11 | par Gérard Béaur directeur de recherches au CNRS et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) (1)loi du 3 janvier 1973 de privatisation de la création monétaire : http://pythacli.chez-

alice.fr/chronologie3bis.htm#3janvier1973 (2)article 123 du traité européen de 1999 : http://pythacli.chez-alice.fr/chronologie3.htm#euro (3) N Chomsky, Rogue States, op.cit., chap 8 un plus long extrait ici: http://local.attac.org/attac30/spip.php?article799 (4) Frédéric Lordon est directeur de recherche au CNRS et travaille spécifiquement sur la finance depuis une trentaine d'années. Il a déjà annoncé la crise des subprimes ainsi que quasiment tout le scénario qui s'est enchainé derrière depuis, en particulier la crise monétaire énorme, et la crise de la dette. (5) Frédéric Lordon « le commencement de la fin » intégral : http://blog.mondediplo.net/2011-0811-Le-commencement-de-la-fin exégèse : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4240 (6) Frédéric Lordon "La dette publique, ou la reconquista des possédants" ! http://blog.mondediplo.net/2010-05-26-La-dette-publique-ou-la-reconquista-des (7) autocensure et aveuglement idéologique libéral des chercheurs du FMI http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4220 (8.1) tribune publiée par Libération : http://www.liberation.fr/economie/01012348243-naissance-d-

une-dictature-economique (8.2) http://www.apophtegme.com/POLITIQUE/chouard.htm (9) http://www.monde-diplomatique.fr/2010/02/LORDON/18789 (10) http://www.liberation.fr/economie/0101628184-les-patrons-des-hedge-funds-empochent-25-

milliards-de-dollars-en-2009 (11) Crise des subprime : la SoGé et 16 autres banques poursuivies aux USA http://lci.tf1.fr/economie/conjoncture/crise-des-subprime-la-soge-et-16-autres-banques-

poursuivies-aux-6672765.html (12) Les profits et les bonus de la banque d'affaire américaine Goldman Sachs - The Independent. http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=6900 (13) http://finance.blog.lemonde.fr/2010/01/12/bonus-2009-mettre-en-reserve-non-distribuable-les-

superbenefices/ (14) http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Economie/Le-CAC-40-continue-d-engranger-

les-profits-_EP_-2011-09-01-705883 (15) "sur le controle de nos vies" de Noam Chomsky aux éditions Allia. réédition de "la conférence d’Albuquerque" texte qui date de février 2000. je vous conseille les pages 16 et 17 sur le salariat, ou les pages 18 et 19 sur la flexibilité du travail et les "réformes essentielles imposées par le FMI et la banque mondiale" mais ce qui nous intéresse ici se trouve aux pages 21 22 et 23 un plus long extrait ici: http://local.attac.org/attac30/spip.php?article799 (16) « Le Parlement grec juge la dette hors de contrôle . » http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/08/31/04016-20110831ARTFIG00606-le-

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parlement-grec-juge-la-dette-hors-de-controle.php (17) Frédéric Lordon « le commencement de la fin » chapitre L’illusion du « miracle fédéraliste » intégral : http://blog.mondediplo.net/2011-08-11-Le-commencement-de-lafin exégèse : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4240 (18) Frédéric Lordon « le commencement de la fin » chapitre Par où la sortie ? Création monétaire et révolution institutionnelle ! intégral : http://blog.mondediplo.net/2011-08-11-Le-commencementde-la-fin exégèse :http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4240 (19) 2 concepts Zombis: Le Libre échange et l'Euro.: Emmanuel Todd, démographe à l'INED et auteur de : Après la démocratie (Gallimard, reparution récente en Folio), est l’invité de Patrick Cohen dans le 7/9 de France Inter (8h20 – 30 mars 2011). aller directement au time code : 4 min 15s ou time code 6 min http://www.dailymotion.com/video/xhvqxm_emmanuel-todd_news (20) Nouriel Roubini, un docteur en économie, ancien conseiller de Bill Clinton, connu pour avoir annoncé dès 2006 la crise économique de 2008, et pour avoir dénoncé la bulle spéculative immobilière américaine avant son éclatement.http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=11423 (21) La zone Euro va éclater : Roubini http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=11423 (22) "sur le controle de nos vies" Noam Chomsky (éditions Allia). réédition de "la conférence d’Albuquerque" février 2000. page24 (23) film "debtocracy": http://owni.fr/2011/06/09/debtocracy-documentaire-choc-grece/ (Cliquer sur le bouton CC en haut du player pour sélectionner la langue des sous-titres) (24) http://pythacli.chez-alice.fr/civilisations/amerique.htm#newdeal (25) Le long passé de la dette publique. Le monde | 13.08.11 | par Gérard Béaur directeur de recherches au CNRS et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) (26) http://www.france.attac.org/articles/la-demondialisation-un-concept-superficiel-et-simpliste (27) http://www.liberation.fr/politiques/01012360509-melenchon-appelle-les-francais-a-allumer-le-

feu-dans-tout-le-continent (28) Fakir n°51 Juillet aout 2011: encart de la page 12

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Quelles solutions proposées au Burkina Faso ? Fin Juin 2015 : des élections doivent se tenir en Octobre. Les principaux candidats reprennent les politiques qui ont mené à cette crise. Deux candidats pour le moment s'en démarquent : Jean-Baptiste Natama avec son CPR/MP. Convergence

patriotique pour la renaissance/Mouvement progressiste que j'ai pu avoir au téléphone, compte-rendu : "Madame Pierrette? Ambassadeur Jean-Baptiste Natama, on m'a donné votre téléphone, j'espère avoir le plaisir de vous entendre". Bien sûr, j'étais en train d'attacher mes tomates (ne riez pas, ambassadeur ou pas ambassadeur, les tomates ont besoin de tuteurs). Donc, on me rappelle vers 21h. J'ai fait mon gros effort de référence au début, pour dire quand même... Les français, on a coupé la tête d'un roi, pour moi, un ambassadeur et un balayeur s'asseoient tous les deux sur leur derrière, je respecte autant l'un que l'autre. - Monsieur Natama, je suis très honorée de votre appel. Là, croyez-moi, j'ai donné mon max, maintenant on cause. - Oui, en effet, j'ai la confiance d'un certain nombre de jeunes burkinabè, et de moins jeunes, et je cherche avec eux un candidat qui réponde à leur désir de changement. - Oui, j'ai ce même désir, j'avais réfléchi, analysé, la situation du Burkina, et je pense qu'il a besoin d'un changement en profondeur, j'ai théorisé ce changement, et des jeunes sont venus me proposer de me présenter aux élections pour les mettre en pratique. Bon, ça, "on est venu me chercher", on l'a déjà entendu, Un général chez vous, un général chez nous (De Gaulle). Natama est colonel.... Mais les colonels sont entrés aussi dans la danse depuis la Grèce des colonels. D'ailleurs, et ça je l'ai appris d'une autre source, il est de la même promotion que Zida et Denise Barry. Mais ne nous arrêtons pas à ces points de détail, il me parle de ses publications et de leur contenu (que j'avais trouvé sur le web et qu'il va m'envoyer, petite privilégiée franco-burkinabè, par la poste). Je vous en ferai aussi des compterendus.

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Donc, le point le plus important pour lui, c'est de changer l'homme, lui inculquer des valeurs, il pense que le savoir être est plus important que les savoir et les savoir faire. Cela, je sais d'où il le tient: c'est le credo des enseignants français progressistes (pour ne pas dire socialisants) dont j'étais et je suis toujours ( ça ne s'en va pas comme ça). Là où je tique (je le laisse parler un moment pour ne pas le couper trop vite, vous savez, je suis très passionnée), c'est sur "inculquer". Cela, c'est catho-catho... On n'inculque pas, on fait partager, et modifier l'homme ne se fait pas sur commande, c'est le travail des gens comme moi, qui viennent vous embêter et vous dire "eh vous, là, si vous vous remettiez en question plutôt que de vous positionner en faibles victimes (donc en loosers)". C'est long, ça prend des claques, ça essouffle, mais une Mam doit trouver son souffle et continuer. Bref, notre ambassadeur aussi veut changer les choses. Il ne veut plus de ces systèmes importés qui ne sont pas adaptés à l'Afrique, il veut mettre en place un modèle adapté aux spécificités africaines. Bon, ça aussi c'est déjà entendu, mais il vaut mieux ce refrain que les libéralismes francs ou déguisés proposés par les autres candidats. - Finalement, vous êtes un peu dans la ligne de Laurent Bado? Hésitation -Oui, mais je suis allé plus loin. Allons donc. Donc, pour lui, pour changer de système, il faut changer les gens d'abord. Là, je coupe encore. Il me laisse gentiment le couper, mais je sens qu'il a son discours et qu'il est plutôt habitué à le débiter d'un seul trait. - Pour changer l'homme, ce ne peut être que par l'éducation. - En effet, je veux relancer le système éducatif, mettre à jour les contenus (tiens tiens), et redonner aux burkinabè la connaissance de leur passé. - Pas que de leur passé, Monsieur Natama, il faut leur redonner la mémoire du monde. Là, il est interloqué, ce n'est pas l'antienne panafricanisme de repli sur soi, je vous renvoie à mes articles, je vous abrège mon interruption passionnée, vous, vous avez de la chance. Alors, je lui raconte que c'est à quoi je m'attelle depuis quelques mois, avec l'appui de Monsieur Karim Semde ("comment vous ne connaissez pas?" Bon, c'est vrai, il y a des valeurs inestimables dans son pays, que moi je connais et pas lui? Il faut s'appuyer sur ce qu'il y a de meilleur) et que, en tant que française, blanche de surcroît, j'en prends plein la tête. Là, il rit : - Vous payez pour vos ancêtres. Dites, c'est pas vrai, ça? Il est ambassadeur et il ne connaît pas l'histoire de son meilleur ennemi? Vous imaginez toute la France basculant et déversant sa

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population sur l'Afrique? Qui donc gardait la maison pendant ce temps-là? émoticône smile Bref, là encore je vous épargne, petits veinards. Il m'a un peu coupée, mettez-vous à sa place... Il voudrait savoir où je réside, on aurait eu le plaisir d'échanger de vive voix. Ce ne sera pas pour cette fois, il a peu de temps (il faut traverser la France) mais une autre fois, il est dejà venu dans le Sud de la France (pas dans mon Sud à moi, qui est au Sud de tout le Sud et qui est une très belle région, presque africaine, par le climat et les moeurs (eh oui, les catalans sont des demi-africains et sont aussi .... voyez ce que je veux dire, hein? que les hommes africains.) Bon, je l'ai fait rire, j'espère vous avoir fait rire aussi, le rire est excellent pour la santé. "On reste en contact, je vous attends au Burkina pour la campagne". Là, je ris aussi, pour ne pas lui dire tout de suite que ma maladie ne me le permettra pas. C'est dommage, je vous aurais mis de l'animation... Bon, voilà pour le contenu. Le contenant : on a rarement l'occasion d'avoir un candidat à une présidentielle au bout du fil, n'est-ce pas? Comme j'ai un peu l'art de désarçonner, il y a des indices intéressants de sa personnalité qui s'échappent. Donc, je vous l'ai dit, il semble plus habitué à débiter son discours qu'à échanger. Assez normal, je pense, quand on veut présider, il y a risque de penser n'avoir rien à apprendre. Mais il m'a très sportivement laissé le couper, voir le contredire. Dès que je veux bien m'arrêter ou qu'il y arrive, il reprend le fil de son discours. Je n'aime pas beaucoup sa voix, il n'a pas la voix chaude que je connais aux burkinabè, il a une voix froide, neutre. Il faudrait un peu le chatouiller. Ce ne sera pas un tribun, voix sans charisme, sans passion, sans séduction. Es-ce un mal? Je ne sais pas, il ne cherche pas à séduire, à enjôler. Il débite son programme comme un professeur qui s'ennuie. Mais, moi, je suis passionnée pour deux, ça lui casse un peu le rythme... Que vous dire de plus? Ses idées ne sont pas novatrices, mais s'il les applique, elles sont meilleures à mon sens que celles de nos dinosaures familiers. Mais comment les appliquera-t-il? Un président ne préside pas seul, il doit s'entourer d'une équipe qui le complète. Il n'est pas novateur? Il lui faut un collaborateur inventif. Il n'est pas chaleureux? Il lui faut des collaborateurs chaleureux. Et puis surtout, il lui faut des gens qui partagent et mettent déjà en oeuvre les valeurs qu'il propose, et compétents en plus dans les différents domaines de gouvernement. En a-t-il?

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Tahirou Barry, disciple de Laurent Bado et le PAREN ( Parti pour la renaissance national )

Dans PAREN, Laurent Bado, il définit le grégarisme appliqué à l'Afrique comme la mise en place d'une économie populaire : « La voie de l'Afrique(...)(est) bel et bien le grégarisme de la tradition qui distingue la liberté et la solidarité sans les séparer, qui unit l'individu et le groupe sans les confondre. » Une forme de fusion du socialisme et du capitalisme inspiré de la tradition africaine comme il l’expliquait à Vladimir Cagnolari dans l’émission « On est où là » sur Radio France Internationale (RFI) : En Afrique, les familles ont un champ collectif (socialisme). Pendant la journée, cellesci se réunissent pour cultiver dans le champ commun. Le soir venu, chacun retourne dans son champ privé (capitalisme). A la récolte, les produits du champ commun servent à nourrir toute la famille. Ensuite, chacun peut utiliser les produits de son champ personnel pour faire ce qu’il veut. Cette politique selon lui unit les individus sans les confondre.

On ne peut pas dire qu'il n'y a pas d'idées au Burkina Faso.... Il faut

juste arriver à se défaire des dogmes atlantistes et oser appliquer des politiques adaptées à l'Afrique.

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Au sujet de l'auteur « Peulh un jour, peulh toujours » L'auteur est donc une poulotte pâle (pas blanche), artiste photographe et enseignante à la retraite, elle s'est prise d'amour pour le pays de son mari, et surtout des possibilités d'instauration d'une vraie démocratie après les journées d'Octobre 2014, ce qui l'a conduite à discuter avec bon nombre de politiques en sus de toutes les relations qu'elle s'est faite par son intérêt pour le pays et son sens de la justice. Interrogée sans relâche, souvent prise à parti, voire appelée à se justifier des « crimes de ses ancêtres », elle a pris l'habitude de répondre de manière collective, non seulement pour ne pas se répéter cent fois, mais aussi parce qu'elle a constaté des carences manifestement volontaires dans l'éducation des jeunes burkinabè. Avec deux dames : Safia Barry, interprète, et Marieb Zombé, franco-burkinabé résidant en France, et un monsieur, Pathé Barry, s'est créé le projet d'une diffusion de toutes ces réponses, issues de sa culture générale éclectique mais aussi de ses recherches sur internet, par livrets imprimés (on recherche mécènes) ou tout au moins par ebook. Ne manquez pas de diffuser ces ebook (ils sont au nombre de deux), l'auteur ne recherche aucun profit, ils sont donc en accès gratuit.

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Un déclic pour l'afrique economie  
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