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L’hebdo du basket

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JEUDI 29 NOVEMBRE 2012 - N°625

30 pages Spécial Jeunes Lauvergne Jaiteh Lebrun Toupane Prénom Invernizzi Aboudou Etc...

Rudy Gobert

Jean-François Mollière

Le futur M 03252 - 625 - F: 3,90 E

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BasketNews

33, dites !

03

ÉDITO

Par Fabien FRICONNET

Si vous n’avez pas vu cela, vous avez manqué un spectacle

Pascal Allée / Hot Sports ©

29, 30, 31, 32 et 1 qui font 33. Le compte est bon. 33 points. C’est beaucoup. Dans le championnat de France, ça l’est. Et ça n’est pas souvent. Surtout quand on y est JFL. Pourtant, ce fut fait le week-end dernier. Et pas qu’une fois mais deux. En Pro B, où ça joue quand même au ballon, où l’on n’y fait pas ce qu’on veut, un intérieur français a fait basculer l’aiguille dans le rouge. Il s’appelle Mouhammadou Jaiteh. Si le nom ne vous dit trop rien, n’ayez pas honte, « Mam » est jeune et Florent de Lamberterie se charge, un peu plus loin dans ce numéro spécial, d’éclairer votre (notre) lanterne. Et quand on dit jeune… Le pivot de Boulogne/ Mer a fêté ses 18 ans le mardi 27 novembre. Oui, mardi dernier, quoi. Mouhammadou Jaiteh a donc marqué 33 points dans le championnat de France professionnel de basketball alors qu’il était mineur. Le scandale du travail des enfants… En deux mots, il est grand – 2,08 m – et il est très bon. Sa performance offensive du week-end contre Rouen, agrémentée de 13 rebonds, pour une évaluation à 39, n’est pas un accident. Sachez que l’ancien pupille du Centre Fédéral vaut 22 d’évaluation moyenne. Cela le place d’office dans le Top 5 de la division, Américains compris. Et cela en fait le meilleur Français de Pro B. Le natif de Pantin entre par la grande porte. On lui dit donc : chapeau, bon anniversaire et merci pour le timing, qui colle à merveille à notre numéro « jeunes ». L’autre fiévreux du week-end fut Antoine Diot, dont on vous narrait naguère les mésaventures médicales et le retour au premier plan. Le Burgien de naissance, qui lui aura 24 ans le 17 janvier prochain, a mis la défense de Strasbourg – elle-même pas exempte de reproches, n’est-ce pas Louis Campbell ? – dans tous ses états. Si vous n’avez pas vu cela, vous avez manqué un spectacle. Pour lui aussi, donc, 33 points, avec un déchet minimal, et une évaluation de 32. Un physique retrouvé, la confiance en soi,

• Août 2009, Antoine Diot faisait des débuts remarqués en équipe de France. Revenu au top, il est en train de recoudre le fil de son histoire.

le talent, et une certaine euphorie, voilà une combinaison redoutable. Elle porte Antoine à la deuxième place des marqueurs en Pro A, derrière son coéquipier Sean May, et à la sixième place à l’évaluation, dont il est le meilleur Français. Bref, pour faire simple : un MVP en puissance.

Du monde à la porte Que la performance de vendredi dernier à Coubertin ait été accomplie sous les yeux de Vincent Collet ne change pas grand-chose à l’affaire tant il devient évident que l’ancien élève manceau du coach de Strasbourg et des Bleus est revenu dans la course à une place en EdF. On n’a pas l’impression de s’avancer tellement en écrivant cela. D’autant plus que, sans ses soucis récurrents de dos, Diot n’aurait jamais dû quitter les Bleus, où il s’était installé le 5 août 2009, lors de la mythique victoire contre l’Italie à Cagliari, acte fondateur de la nouvelle génération, celle des Batum, De Colo, Traoré, Jackson… et Collet, qui réussissait là des débuts en fanfare. D’ailleurs, à condition que le dos d’Antoine

le laisse tranquille – on touche du bois –, Vincent Collet aura, l’été prochain, l’embarras du choix au moment d’offrir à Tony Parker des remplaçants de choix et de choc, ce qui n’a pas toujours été le cas ces dernières années, les circonstances ayant été ce qu’elles ont été. Antoine, donc, mais aussi Léo Westermann, en progression fulgurante au Partizan Belgrade, sans parler des meneurs occasionnels chez les Bleus que sont Andrew Albicy et Steed Tchicamboud, tous deux médaillés d’argent à l’Euro 2011 et relativement en vue cette saison. Le choix, pour Vincent Collet, pourrait également être épais à d’autres postes, à tout le moins à moyen terme, sinon à court terme. On pense aux saillies offensives d’Edwin Jackson à l’arrière, aux atouts d’Alexis Ajinça et au potentiel énorme de Rudy Gobert au pivot. Quant à Joffrey Lauvergne, on espère qu’il saura gérer les moments troubles qu’il vit. On pourrait citer d’autres noms mais cela serait a priori pour plus tard. Ils sont évoqués dans ce numéro de BasketNews. l


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BasketNews

• Quelle est votre équipe préférée en NBA ? C’est vous qui donnez votre avis. Pour ou contre le nouveau calendrier des compétitions FIBA ? C’est nous qui donnons notre avis.

10 Sur le Net

• Sur Internet, il n’y a pas que des articles, des interviews et des réactions de lecteurs. Il y a aussi de la vie sur les réseaux sociaux et ailleurs. Chaque semaine, BasketNews vous en fait un digest.

12 Rudy Gobert, bientôt en NBA

• Pour ouvrir notre grand dossier sur les « prospects » français – les jeunes à fort potentiel –, parlons du plus fort d’entre eux, en tous cas de celui qui a le plus le profil pour s’imposer, à très court terme, notamment en NBA. Le pivot de Cholet Rudy Gobert.

18 Ces jeunes qui jouent

# 625

Sommaire

08 Zone mixte

05

• Ils sont nés en 1991, 92, 93 et même 94 pour certains d’entre eux, et ils jouent. Ils contribuent en Pro A. Ils s’appellent Ferdinand Prénom, Maël Lebrun, Joffrey Lauvergne, Jérémy Nzeulie, Axel Toupane, Boris Dallo, etc. Revue d’effectif et analyse par leurs entraîneurs.

26 La règle JFL et son influence

• La volonté croissante de protéger les Français (les JFL) a-t-elle une influence sur l’utilisation des « prospects » dans le contexte professionnel ? Jérémy Barbier livre son analyse.

28 Ceux qui n’ont pas (encore) percé • On peut être jeune et talentueux et ne pas arriver au sommet. Qui ? Pourquoi ? Comment ?

32 Le championnat espoir

• Il y a les « espoirs » que l’on voit (ceux qui jouent en pro) et il y a ceux qui s’illustrent surtout dans le championnat des centres de formation. Yann Casseville dévoile.

34 Jaiteh, retenez ce nom

• Il s’appelle Mouhammadou Jaiteh, il vient tout juste de fêter ses 18 ans (le 17 novembre) et il est déjà, avec Boulogne, l’un des meilleurs joueurs de Pro B ! Apprenez à la connaître.

38 Les nouvelles générations

• Il y a les jeunes et puis il y a les très jeunes, les « prochains ». Antoine Lessard vous les fait découvrir.

40 Et chez les filles ?

Pascal ALLEE / HOT SPORTS ©

42 Et à l’INSEP ? 49 Les chiffres de la semaine 50 Il y a 10 ans…

• Que s’est-il passé dans le basket il y a tout juste dix ans ? Et qu’en disait BasketNews ? Chaque semaine, un retour sur l’actualité d’avant.

BasketNews Directeur de la publication : Pierre-Olivier Matigot BasketNews est édité par Zone Presse Siège Social : 302/304 Rue Garibaldi – 69007 Lyon Ont collaboré à ce Numero : Jérémy Barbier, Thomas Berjoan, Yann Casseville, Fabien Friconnet, Florent De Lamberterie, Antoine Lessard, Pierre-Olivier Matigot, Claire Porcher, Laurent Sallard et Gaétan Scherrer Correspondants à l’étranger : David Bialski (Usa), Giedrius Janonis (Lituanie), Kaan Kural (Turquie), Pablo Malo De Molina (Espagne), Streten Pantelic (Serbie), Bogdan Petrovic (Serbie), Yannis Psarakis (Grèce), Eran Sela (Israël), Stefano Valenti (Italie). Charte graphique et direction artistique : Thierry Deschamps (Zone Presse) Maquette : Cyril Fernando Abonnements : (02-43-39-16-20, Abonnement@Zone-Presse.Fr) Zone Presse – Service Abonnements B.P. 25244 – 72005 Le Mans Cedex 1 Publicité : Loïc Boquien (01-40-03-96-68, 06-87-75-64-23), lboquien.hp@gmail.com) Impression : Roto Presse Numeris – 36 Boulevard Schuman – 93190 Livry Gargan Commission Paritaire : 0114 K 80153 / Rcs Lyon 752990168 / Issn : 1271-4534. Dépôt Légal : À Parution TVA: Fr81 752990168 La reproduction des textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro est la propriété exclusive de BasketNews qui se réserve tous droits de reproduction et de traduction dans le monde entier.


06 • www.basketnews.net

Il n’y a pas si longtemps, il était légitime de se demander si Andrew Bynum, double champion avec les Lakers, n’était pas le meilleur pivot de NBA, au moins techniquement. Aujourd’hui, après un « accident de bowling », sa carrière est en danger. Et Philadelphie se lamente. Et s’impatiente.

L

Jesse D. Garrabrant/EB via Getty Images

a saison d’Andrew Bynum estelle terminée avant même d’avoir commencé ? C’est ce que redoutent aujourd’hui les Sixers, qui n’avaient pas hésité à faire une croix sur Andre Iguodala cet été pour s’offrir les services du jeune pivot surdoué. Initialement, la franchise de Philly pensait devoir patienter jusqu’à mi-décembre pour profiter du phénomène, la faute à un genou droit toujours fragile. Oui mais voilà, Bynum a eu la bonne idée de se blesser à l’autre genou, le gauche, en jouant au bowling (!), provoquant l’hystérie générale sur les réseaux sociaux, jamais cléments dans ce type de situation. Les fans des 76ers, eux, sont déconcertés. « Je n’ai rien fait », se défend le

joueur. « Je ne l’ai pas tordu, je ne suis pas tombé, rien. C’est juste que d’une certaine manière, le cartilage s’est abimé et cela n’a fait qu’aggraver mon état. » Le géant était dans son droit – le bowling n’est pas une activité interdite par son contrat NBA – mais il se retrouve désormais avec le même grave problème aux deux genoux. « Les docteurs m’ont dit que mon genou gauche est dans le même état que mon genou droit il y a peu », explique-t-il. « Avec le recul », ajoute-t-il, « je n’aurais évidemment pas dû jouer au bowling. Mais ce n’est pas une activité plus dangereuse que tout ce qu’on m’a demandé de faire pendant ma rééducation. »

En fin de contrat Un processus long et coûteux, qui avait emmené Bynum jusqu’en Allemagne en septembre. Sous les conseils de Kobe Bryant, il y avait suivi la fameuse thérapie « Orthokine » afin de renforcer ses deux genoux. Mais de retour aux États-Unis, les médecins ont découvert que, malgré le traitement, l’un des os de l’articulation droite était brisé. Depuis, Philadelphie attend. Et s’impatiente désormais ouvertement. Bynum repart de zéro, et l’on commence à se demander si le joueur, en fin de contrat l’été prochain, évoluera seulement un jour sous l’uniforme des Sixers. Depuis qu’il est arrivé en NBA en 2005 à l’âge de 18 ans, le pivot a souffert de plusieurs graves blessures aux genoux, ratant de longs mois de compétition. Mais jamais les sceptiques n’ont été aussi nombreux à douter pour la suite de sa carrière. Les médecins communiquent peu, et la franchise se contente de déclarer, via son General Manager, qu’il faut être « patient » et « vigilant. » Quant à Bynum, forcément frustré, il s’interroge : « si j’arrive à me faire cela en jouant au bowling, qu’en sera-t-il lorsque je voudrai dunker ? » Franchement, on préfère ne pas le savoir. l Gaétan SCHERRER

Pas t

Noah Graham/NBAE via Getty Images

Bynum rejouera-t-il un jour ?

La revue la semaine

Le bowling, ce sport extrême

Les débuts des Lakers avec Mike D’Antoni ne sont pas mirobolants, et chacun guette le faux-pas. Certes, Steve Nash est out mais la crise couve avec Pau Gasol, qui s’est plaint de son utilisation… et de ses genoux. Par Gaétan SCHERRER, avec Fabien FRICONNET


SUR LE VIF

BasketNews

07

Lakers : D’Antoni clash Gasol… qui souffre des genoux

très serein, tout ça… • Ça brasse entre Mike D’Antoni, le coach des Lakers et Pau Gasol (à gauche de Kobe Bryant).

rôle de shooteur en position. Quant à D’Antoni, interrogé sur le pourquoi de cette mise en retrait de son intérieur, il répondait ceci : « Je voulais gagner le match. » Ambiance.

« Showtime ? Muppet Show »

A

insi va la vie, mouvementée, des Lakers. Le mardi 20 novembre, contre Brooklyn, le coach italo-américain Mike D’Antoni faisait ses grands débuts « à plein temps » sur le banc des Lakers… en béquilles, car récemment opéré au genou. Ses joueurs n’ont pas boitillé face aux Nets en arrachant la victoire grâce à un grand Kobe Bryant (25 points dont 6 lors des deux dernières minutes). Sur sa chaise, un D’Antoni diminué mais toujours aussi théâtral dans ses réactions au bord du terrain. Huit mois après avoir été remercié par les Knicks, le coach de l’année 2004-05 a eu droit à une standing ovation du Staples Center, avant de se laisser porter par son enthousiasme, étalant avec optimisme ses ambitions dans la Cité des Anges. « Avec

cette équipe, il n’y a aucune raison de ne pas gagner tous les matches », lançait-il. « C’est notre but. On ne se dit pas qu’il faut remporter deux matchs sur trois. Nous pouvons tous les gagner. À mes yeux, nous sommes la meilleure équipe de la ligue. La plus talentueuse. Il s’agit maintenant de nous perfectionner. » Sauf que, derrière, ils se prenaient les pieds dans le tapis contre Sacramento (97-113) puis Memphis (98-106) avant de… dérouiller Dallas (115-89). Après Brooklyn, Pau Gasol a souligné le regain de « confiance » et la « meilleure circulation de balle » de l’équipe mais, après Memphis, le ton avait radicalement changé du côté de l’Espagnol. Envoyé sur le banc définitivement dans le troisième quart-temps, Pau se plaignait de son utilisation, regrettant d’être confiné à un

Le spectacle désolant contre Sacramento (malgré 38 points de Kobe Bryant) pouvait s’expliquer par l’absence de Nash et le choc du changement de culture entre D’Antoni et ses prédécesseurs. Lequel D’Antoni avait d’ailleurs sulfaté : « Ce qu’on a proposé en deuxième mi-temps était sans doute le pire basket que j’ai vu ces dix dernières années. C’était choquant », se lamentait-il à la fin du match. « On voulait du showtime, on a eu le Muppet Show. » Mais après son choix de se priver de Gasol, on comprenait que l’affaire était plus grave. D’autant que, pour couronner le tout, Pau s’est plaint de ses genoux douloureux. Alors que, dans le même temps, des rumeurs de trade refleurissaient. C’est assez régulier dans le cas de Gasol, souvent critiqué depuis son arrivée à L.A. On n’en est pas au stade du bras de fer mais D’Antoni, signé pour quatre ans, a quand même les cartes en main. Relativement. Néanmoins, ce qui pourrait calmer tout le monde serait un retour de Nash, attendu comme le dépositaire du nouveau jeu des « Lacustres », mais éloigné « indéfiniment » des terrains par une légère fracture à la jambe gauche. « Qu’il revienne demain ou dans un mois », promet D’Antoni, « donnez-lui une heure et demie, et vous verrez qu’il réglera l’attaque comme une horloge. » Alors on attend. l


8 • www.basketnews.net

Pour ou contre le nouveau calendrier des compétitions FIBA ? Pour

Prise de position

Par Laurent SALLARD

Mollière-Ciamillo-Castoria/L.Kulbis

À

quand remonte le dernier match à enjeu – je parle donc ici de compétition officielle, et non de matches amicaux – disputé par les Bleus en France ? Au 30 août 2009, il y a donc plus de trois ans. L’équipe de France avait écrasé la Belgique 92-54 et assuré sa qualification pour l’Euro 2009 dans un Palais des Sports de Pau en fête. Quand cela se reproduira-t-il ? En novembre 2017 pour les qualifications à la FIBA World Cup 2019, pour peu que les Bleus conservent leur rang dans l’élite européenne et mondiale, et ne disputent donc pas d’autres qualifications d’ici là. Obtenir l’organisation de l’Euro 2017, prévu quelques mois plus tôt, ne changerait rien au calcul. L’équipe de France pourrait donc ne pas avoir disputé de match de compétition officielle sur son sol pendant près de huit ans, et elle n’est pas la seule dans ce cas. La Slovénie, qui organisera l’été prochain l’Euro, n’aura plus joué à domicile depuis neuf ans. Pour la Russie, si tout se passe bien pour elle d’ici 2017, cela fera onze ans. Pire, pour retrouver trace d’un match du Canada à domicile dans le calendrier FIBA, il faut remonter au Championnat du Monde à Toronto en… 1994. La volonté de la FIBA de voir les sélections jouer des matches de qualification sur leur sol va forcément dans le bon sens. Rien n’attire en effet autant l’attention médiatique que l’équipe nationale. Pour autant, la FIBA World n’a pour l’instant fait que la moitié du chemin en annonçant son calendrier. Il lui reste désormais à convaincre les autres instances du basket – NBA (il n’est pas interdit de rêver), Euroleague, FIBA Europe – de le respecter en libérant les joueurs pour des matches prévus en novembre, février, juin et septembre. C’est loin d’être gagné, et peut-être aurait-il d’ailleurs fallu commencer par cela..l

Contre Par Thomas BERJOAN

V

ous aimez les compétitions internationales ? Dommage, c’est bientôt terminé. Pourtant, si la FIBA avait une force, c’était la cohérence de son calendrier. Un tournoi continental tous les deux ans, qualificatif pour les Jeux ou le Mondial en alternance tous les quatre ans. Carré, logique, équitable. En voulant s’associer à la NBA pour la World Cup (l’ancien Mondial, vous suivez ?), la FIBA a ouvert la boîte de Pandore. Celle de 2014 en Espagne aura lieu normalement mais la prochaine aura lieu en 2019. Pour s’y qualifier, entre 2017 et 2019, il devrait y avoir des qualificatifs et des équipes réparties en deux poules. Et c’est la World Cup de 2019 qui sera qualificative pour les Jeux de 2020. Et quid de l’Euro ? A partir de 2017, il n’y aura plus qu’un Euro tous les quatre ans, qualificatif pour… rien ! L’Euro est broyé, vidé de sa substance. D’ailleurs, la FIBA Europe ne s’y est pas trompé et s’oppose à ce projet. Je ne doute pas une seconde que cette World Cup 2019, motorisée avec la puissance marketing NBA, soit une réussite. Mais le prix à payer est exorbitant. L’écrasement des compétitions continentales contente la NBA qui ménage ses joueurs et surtout, arrête de les « prêter » gratuitement sans intérêt. Deuxièmement, à quoi vont ressembler les qualifications pour la World Cup ou pour les Jeux ? Les joueurs NBA seront-ils présents ? C’était déjà difficile de les faire venir pour un Euro qui avait du sens, qu’en sera-t-il désormais ? Enfin, la NBA a déjà tenté de saboter le tournoi olympique en proposant de ne pas envoyer les joueurs de plus de 23 ans. Maintenant que la NBA aura son tournoi mondial, vous croyez vraiment qu’elle va laisser s’épanouir le tournoi olympique, un concurrent direct dont le succès ne ramène pas un centime à la ligue ? À terme, les joueurs NBA joueront pour la NBA World Cup tous les quatre ans, et pour le reste, aucune certitude.l


Zone MIXTe

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1300 réponses sur www.basketnews.net, décompte arrêté mardi.

27% 10%

Los Angeles Lakers

10%

Boston Celtics

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8%

New York Knicks

7%

Miami Heat

5%

Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

San Antonio Spurs

Oklahoma City Thunder

3%

Portland TrailBlazers

3%

Minnesota Timberwolves

2%

Los Angeles Clippers

2%

Detroit Pistons

BasketNews

Dallas Mavericks

1%

Brooklyn Nets

1%

Philadelphia Sixers

1%

Denver Nuggets

1%

Milwaukee Bucks

1%

Washington Wizards

1%

Indiana Pacers

1%

Memphis Grizzlies

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Charlotte Bobcats

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Atlanta Hawks

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New Orleans Hornets

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Orlando Magic

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Phoenix Suns

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Golden State Warriors

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Houston Rockets

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Sacramento Kings

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Toronto Raptors

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Cleveland Cavaliers

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Sur le net

10 • www.basketnews.net

Leader d’opinion

• Très actif sur Twitter, Ali Traoré (@bomaye12) vient de lancer un nouveau « hashtag » #toiaussitweetunmotquetutrouvemarrant. Comme son nom l’indique, le concept est on ne peut plus simple. Ali a ainsi proposé « coquelicot », « acariâtre », « emberlificoter » et même « handball », histoire de répondre à l’international français Didier Dinart, qui avait gentiment chambré le pivot des Bleus.

Crise politique

• Exilé au Liban au sein du club d’Al Mouttahed Tripoli – où il a retrouvé Marc Salyers et l’ancien Parisien Eric Chatfield –, Jean-Denys Choulet (@JDChoulet) ne s’attendait visiblement pas à connaître une telle situation. La semaine dernière, cinq des dix équipes composant la première division libanaise – dont celle de JDC – ont suspendu leur participation au championnat en raison d’un désaccord concernant les élections de la fédération libanaise de basket-ball. Comme quoi, il n’y a pas qu’à l’UMP qu’on menace de faire scission.

Moustachu…

• C’est pour la bonne cause. Répondant à l’appel du mouvement « movember » qui incite les hommes à se laisser pousser la moustache afin de sensibiliser l’opinion aux dons pour la recherche contre les maladies masculines, l’intérieur des Spurs et des Bleus (@theborisdiaw) a rendu public un cliché où on le voit arborer une fine moustache façon Clark Gable. Attention tout de même aux miettes coincées dedans après le repas.


BasketNews

Vive la France

• En NBA, les voyages sont parfois très longs, surtout quand on habite sur la cote. Heureusement, Nicolas Batum (@ nicolas88batum) a tout prévu et profite de ces longs trajets pour affronter ses coéquipiers Victor Claver et Joel Freeland à Fifa 2013, le célèbre jeu de football. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Frenchy fait honneur à son pays. Que ce soit avec l’équipe de France contre l’Espagnol ou avec le PSG contre le Tottenham du Britannique, Batum a tout gagné et a tenu à le faire savoir via son compte Twitter. Et au fait, les Ricains ils jouent aussi ou pas ?

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Par Florent de LAMBERTERIE

LOG IN

Top Chef (suite)

• Décidemment, les joueurs de l’ASVEL font honneur à la réputation de capitale de la gastronomie de la ville de Lyon. Sauf que si la semaine dernière, Alexandre Chassang se contentait de mettre en ligne une photo de son petit plat sur Twitter, Georgi Joseph (@ georgi_king) est beaucoup plus menaçant : touche pas à mon gâteau ! Vu la taille du couteau, on ne s’y risquera pas…

Lost in translation

• Toujours sur Twitter, le Gravelinois Abdoulaye Mbaye (@AbdouMbaye) et le Parisien Andrew Albicy (@andrewalbicy) ne sont visiblement pas enchantés de devoir se lever aux aurores pour aller jouer des matches d’EuroChallenge au fin fond de l’Europe et tentent de comparer leur destinations respectives. On ne saurait trop leur conseiller d’avoir une petite pensée pour les joueurs de la JDA qui, sur ce premier tour, doivent se rendre en Estonie, en Ukraine et en Roumanie.

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12 • www.basketnews.net

DOSSIER

Rudy Gobert

Le prochain en NBA

Né pour dominer La nature lui a donné à peu près tout ce qu’il faut pour jouer au basket. L’année prochaine, sauf catastrophe – et encore ! – il sera en NBA. Mais avant ça, Rudy (2,16 m, 20 ans) a une saison capitale à livrer avec Cholet. Une année pour progresser, pour s’épaissir, pour avancer et lancer au mieux une carrière qui pourrait être formidable. Il est désormais l’heure que le fantasme laisse place à la domination. Par Thomas BERJOAN

E

st-ce qu’il le sait ? Est-ce que Rudy Gobert a conscience que ses moyens sont exceptionnels ? Que partout sur la planète, les recruteurs, les scouts, les coaches cherchent parfois toute une vie sans trouver cette perle rare, alliage improbable de la taille, de l’envergure, des qualités athlétiques (voir par ailleurs), du sens pour le jeu et de tout ce que Rudy possède ? « J’en ai conscience », nous confie le pivot de Cholet. Gobert n’est pas tombé de la dernière pluie sur la planète basket. Son père, Rudy Bourgarel, 47 ans, a été un pivot international (19 sélections dans les années 80) et est lui aussi un « sept pieds » (2,13 m). Rudy fréquente les équipes de France de jeunes depuis plusieurs années. Il évolue à Cholet, un club qui envoie pratiquement chaque année un joueur en NBA. Son agent Bouna Ndiaye est le passeur privilégié des talents nationaux vers la NBA. Rudy sait donc où il en est, quelles sont ses aptitudes. « Mais j’ai aussi conscience que ça peut être le piège », reprend-il. « Il faut que je bosse encore plus si je veux révéler tout mon potentiel. » Au moment d’écrire ces lignes, les statistiques en Pro A de Gobert (voir par ailleurs) sont loin ›››

• 2,36 m, l’envergure officielle de Rudy.


Pascal ALLEE / HOT SPORTS ©

• BasketNews

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14 • www.basketnews.net

››› d’être à la hauteur de la description. Mais

pour le pivot géant, la saison n’a pas vraiment commencé. Premier match, entorse au pied au bout de deux minutes. Ensuite, après quatre matches, alors qu’il montait assez concrètement en puissance (17 pts à 8/9, 7 rbds, 3 cts, 2 ints soit 25 d’éval. en 29’ dans la victoire contre Poitiers), le mardi suivant à l’entraînement, mauvaise réception sur le pied d’un coéquipier et entorse à l’autre cheville « J’avais la rage, mais bon, j’en profite, j’ai fait beaucoup de musculation. Je commençais à trouver de bonnes sensations. » Décollage de la fusée retardé. Pour mieux repartir ensuite ? Ce qui est certain, en attendant de pouvoir répondre à cette question, c’est qu’au cours des douze derniers mois, les choses se sont particulièrement accélérées pour lui.

12 mois fulgurants La saison dernière, Gobert était le quatrième ou le cinquième intérieur de Cholet Basket. Moins de 10 minutes de jeu en moyenne. Et puis, comme à son habitude avec les jeunes talentueux, Erman Kunter a progressivement donné plus de responsabilités au gamin sur la deuxième partie de saison. Et Rudy a prouvé que malgré sa jeunesse et un déficit criant de puissance, il pouvait déjà être rentable. Notamment en défense. Par sa taille et son énergie. « J’aime bien dominer mon adversaire », nous confesse Rudy. « Je le sens

Rudy en chiffres 2,14

Officiellement et pieds nus, Rudy mesure 2,14 m. Donc, équivalent NBA, tablez sur 2,16 m ou 2,17 m. Un géant.

2,36

Il s’agit de l’envergure officielle de Rudy. Normalement, l’envergure est égale à la taille. Ce qui indique que Gobert est largement au dessus de la moyenne, et qui lui permet d’atteindre 2,90 m en levant le bras.

65-70

Rudy affirme posséder 65 à 70 centimètres de détente sèche. Pas mal du tout. Sans élan, Gobert est donc déjà 50 centimètres au dessus de l’arceau !

100

En kilos, ce que Rudy pousse au développé couché.

106,5

Son poids actuel en kilos. Gobert affirme avoir pris 6 kilos depuis l’été.

à sa réaction, il s’énerve, je l’empêche de marquer, de jouer son jeu. J’ai compris que je pouvais faire ça il y a deux ans et ça m’a plu. » L’été venu, l’intérieur a pu montrer de façon plus ostensible l’étendue des ses progrès. Sa campagne avec l’équipe de France des moins de 20 ans (médaille d’argent, 11,6 pts, 10,6 rbds et 4,6 cts en 30’ sur le tableau final, sélection dans le meilleur cinq du tournoi) a été remarquable, suivi d’un camp NBA de Trévise tonitruant. Devant un parterre de GM NBA, de scouts et de journalistes spécialisés, Gobert a détruit l’opposition européenne de sa classe d’âge. La colonie NBA a également pu constater en live les mensurations hallucinantes de Rudy. Quelques semaines plus tard, Vincent Collet l’appelait pour un premier stage en équipe de France senior.

Entre la 4e et la 17e place à la Draft ? Depuis, son nom apparaît en moyenne entre la 4e et la 17e place des mocks drafts sérieuses pour la loterie de juin 2013. « Ça m’a donné un coup de boost », reconnaît Rudy. « Trévise m’a motivé encore plus, c’est là que je me suis dit que je pouvais être drafté très haut. Être drafté, c’est bien, mais ce qui compte, c’est la saison qu’on fait après. » « Il faut être prudent », tempère immédiatement Bouna Ndiaye, l’agent de Gobert, qui n’en est pas à sa première Draft. « Entre les mocks draft d’aujourd’hui et la réalité des choses, il y aura une grande marge. On est trop loin de l’échéance pour les pronostics. Ce qui est certain, c’est qu’à Trévise, il a été très bon. Il a montré ce que toutes les franchises attendent d’un grand de 2,16 m. Il a le moteur. Il est très actif, il n’a pas de souci avec son jeu, il ne s’écarte pas pour tirer à trois-points, il va dans la raquette, il aime le rebond, il aime contrer, il court, il a de bonnes mains. Il a une énorme marge de progression. Il a tout, quoi. Maintenant, il faut aller au charbon ! Ce qui est important, c’est ce qu’il va faire sur le terrain. Il peut être drafté très très haut s’il joue et reste en bonne santé. »

« J’attends de lui qu’il devienne un joueur majeur en Pro A, ce n’est pas encore le cas » Jean-Manuel Sousa


Agenzia Ciamillo-Castoria/M.Marchi

DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 15

• Dans le meilleur 5 de l’Euro U20 l’été dernier. • Rudy a pris 6 kilos depuis cet été.

« Il faut que je sois le joueur parfait en défense » Rudy Gobert

Pour l’instant, le Français le plus haut drafté à été Joakim Noah, en 9e position en 2007. Mais Noah était un pur produit de la formation US. Peut-il se placer avant ? Gobert est-il le potentiel qui a tellement manqué à la France au poste de pivot ? « Les mots sont grands ! », calme Boris Diaw, le capitaine des Bleus interrogé à ce sujet fin octobre au cours d’une conférence téléphonique. « C’est un petit peu prématuré pour parler déjà de l’Histoire du basket français. […] Il ne faut justement pas brûler les étapes, il faut faire attention à ce genre d’étiquettes justement et pas que ça lui monte à la tête. »

Jean-François Mollière

Physique et concentration Première étape. Cholet. « J’attends de lui qu’il devienne un joueur majeur en Pro A, ce n’est pas encore le cas », prévient JeanManuel Sousa, le coach de CB. « Le coach me demande un rôle de leader, surtout en défense », précise Gobert. « Je dois venir partout sur les rotations, au poste bas, sur les pick’n’rolls. Il faut que je sois le joueur parfait en défense. Dissuader, prendre les rebonds. Et puis en attaque, j’essaye d’apporter une présence à l’intérieur, de courir sur le jeu rapide, être au rebond offensif. » « Physiquement, il faut qu’il progresse »,

reprend le coach. « Il est très grand et très véloce, mais il est fin. Il y a un gros travail physique à faire. » « L’année dernière, physiquement, j’avais un peu peur », reconnaît le pivot. « Maintenant, j’apprends à jouer contre des adversaires plus gros que moi. Surtout, je joue avec mes forces. » Rudy a mis à profit ses blessures de début de saison pour soulever de la fonte et prendre du poids grâce à un régime alimentaire adapté. « J’ai zéro graisse, je n’ai pas tendance à en prendre donc je mange beaucoup », explique Rudy. « Le nutritionniste m’a dit que même si je grignotais, ce n’était pas grave. J’évite quand même les cochonneries. Je prends aussi des compléments de protéine. Mais après, le plus important, c’est de bien taffer en muscu. Pendant ma blessure, je faisais une ou deux séances par jour. J’ai pas mal progressé, mais sinon, avec les deux matches par semaine et les entraînements, l’idéal, ce serait quand même tous les jours. »

Un bosseur « Il travaille beaucoup », reconnaît son entraîneur. « Il fait beaucoup de travail individuel, en plus des séances collectives. On lui en demande beaucoup, il répond


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« Quand je m’entraîne individuellement, je ne pense pas aux joueurs de Pro A » Rudy Gobert

Il vise le titre de MVP français Quand on discute avec Rudy, on comprend sans ambage ni fausse modestie les ambitions du jeune homme. La pression de la saison à venir, de la Draft ? « Elle existe mais ça me plaît, j’aime les responsabilités », nous explique-t-il. « Il y a les attentes des autres, et puis les miennes. À la fin de la saison, MVP, ça va être dur mais pourquoi pas ? En tout cas, je veux être un des meilleurs Français et surtout avoir amené mon équipe le plus loin possible dans toutes les compétitions. » Pour son entraîneur, existe-t-il une pression particulière à coacher un joueur à la fois si jeune et si prometteur ? Comment trouver le bon équilibre entre le devoir de le mettre sur le terrain pour qu’il progresse et l’impératif de victoires ? « C’est un joueur comme les autres », coupe JMS. « Quand j’ai signé à Cholet, on m’a bien expliqué qu’il y avait ce potentiel à accompagner, à développer, je le savais, c’est naturel. Après, je le considère exactement

comme les autres joueurs, en dehors du fait qu’il a 20 ans et qu’il faut être beaucoup plus exigeant avec lui qu’avec quelqu’un de 30 ans. Mais sinon, il a les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres. » Ce qui est différent des autres avec Rudy, ce sont ses rêves. Ou plutôt le scénario imaginaire de sa projection de carrière. « Quand je m’entraîne individuellement, je ne pense pas aux joueurs de Pro A », livre Rudy. « Je pense à Dwight Howard, Marc Gasol, je me dis qu’il faut que je sois capable de jouer à ce niveau. Je sais que la première année, physiquement, ça va être dur. Je sais que la franchise qui va me drafter va me faire bosser là-dessus en priorité. Ça ne m’inquiète pas mais je ne serai jamais comme Marc Gasol ! (Il rigole) » Quitte à rêver, autant y aller carrément. Quels sont aujourd’hui les modèles de Gobert, ses idoles, ceux dont il voudrait se rapprocher ? « Au niveau technique et de l’intelligence de jeu, je trouve que Pau Gasol, c’est le meilleur à mon poste. Avec l’expérience, j’aimerais savoir faire ce qu’il fait. Physiquement, si j’arrivais à avoir un corps et une mobilité comme JaVale McGee... Les gens le critiquent parce que son Q.I. basket, ce n’est pas encore ça, mais physiquement, c’est quelque chose ! » Pour Rudy Gobert, la NBA est non seulement le projet d’une vie mais également le rêve de son père. Rudy Bourgarel avait été en NCAA mais n’avait finalement pas été drafté. Une réelle déception. « Ce serait une part de réussite aussi pour lui, que son fils réussisse ce qu’il n’a pas réussi à faire », affirme Rudy Junior. « On parle souvent de basket, de mes matches, de ce que je fais, il est content de la tournure des choses. » Le basket français tout entier espère que le meilleur est à venir. l

Jean-François Mollière

pas mal. » Si coach Sousa a encore des réserves à formuler sur son joueur, elles sont d’une autre nature. « Il nous montre son talent par moments seulement. Au niveau technique et tactique, on attend surtout plus de concentration, plus d’application, plus de professionnalisme dans son jeu. Il a par moments des absences, des petits détails qui montrent qu’il a parfois du mal à être avec nous, mentalement. Il faut qu’il élimine tout ça pour devenir le joueur que tout le monde pense qu’il va devenir. Parce qu’il a montré sur certains matches que lorsqu’il était concentré et appliqué, il nous apporte déjà énormément dans le jeu. » Concrètement, la concentration, c’est quoi ? Ne pas céder à l’euphorie ou sombrer dans la frustration. Ne pas se disperser, ne pas se relâcher quand son vis-à-vis n’a plus la balle, rester constant entre différentes phases de jeu, être attentif aux positionnements des uns et des autres, anticiper, devancer. « C’est mon bémol », admet Rudy. « Je travaille làdessus avec un coach mental et depuis, ça va beaucoup mieux. » « S’il n’a pas encore cette force mentale, il a encore un an pour se la forger et arriver en NBA avec un mental d’acier », prévient JeanManuel Sousa. « Là-bas, c’est la jungle. Il dit qu’il est prêt, on verra. » « Il est très stable », répond Bouna Ndiaye. « Il est intelligent, il a eu son bac avec mention. Je ne vois pas de problème mental pour lui. Il a aussi une tête bien faite. Il comprend les enjeux, il est investi, il a envie de progresser. »

Sa fiche d’identité • Né le 26 juin 1992 à Saint Quentin (France) • Français • Pivot • 2,16 m • Carrière : Cholet (2007-2013) •P  almarès : Champion de France Espoirs (2010), Médaille d’argent à l’Euro de moins de 20 ans (2012) • Distinction individuelle : Élu dans le meilleur cinq de l’Euro des moins de 20 ans (2012)

Statistiques Pro A Saison (Équipe)

MJ 5Maj. Min %Tirs 3-pts %LF Rbds Pds Ints Cts

2011-12 (Cholet)

23

2012-13 (Cholet)

6

Bps Eval Pts

15

15 79,4

0-0 43,8 3,7 0,1 0,3 1,3 1,0 8,1 4,7

5

19 79,1

0-1 71,0 4,2 0,2 0,7 2,2 0,8 12,3 7,2


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Crédits photos : E. Lizambard • Création :

« Comme 5 millions d’enfants, j’ai dormi dans un lit Gautier au Centre de Formation de Cholet Basket. Aujourd’hui, Gautier m’accompagne à la maison comme sur le terrain et me soutient dans la réalisation de mes rêves d’enfant, comme devenir « franchise player » par exemple ;) »

«

Rudy Gobert - 2,15 m


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DOSSIER Ceux qui jouent

Un Prénom et des futurs grands noms ? Derrière la tête d’affiche Gobert, d’autres jeunes potentiellement « draftables », ceux nés en 91 et après, bénéficient de responsabilités en Pro A. Tour d’horizon des jeunes les plus en vue du moment. Par Antoine LESSARD et Fabien FRICONNET

Les « 91 » Son profil détonne en Pro A. À l’heure où les jeunes intérieurs véloces et athlétiques pullulent dans la ligue, Ferdinand Prénom (2,03 m) est un pivot à l’ancienne, au sol. Tout en puissance, en technique. Tout en efficacité. Sur la lancée de sa bonne saison à Antibes, la « meilleure progression de Pro B 2011-12 » est l’une des révélations du début de championnat (8,6 pts à 67,4%, 4,0 rbds et 9,6 d’éval. en 18’). Cela saute aux yeux, le joueur a emmagasiné énormément de confiance


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 19

« Il prend de la place Ferdi dos au panier ! » Jean-Louis Borg

• Une saison passée en Pro B, et Ferdinand Prénom a retrouvé la Pro A en étant opérationnel de suite.

en Pro B. Prénom n’a plus grand-chose à voir avec le jeune timide aperçu en Bourgogne il y a deux ans, avant de signer son premier contrat pro. La JDA avait prêté un espoir à Antibes. Elle a récupéré un pro opérationnel. « Il y a une différence entre être dominant en espoirs et avoir du temps de jeu au plus haut niveau », insiste Jean-Louis Borg. « Ce palier a été intéressant pour lui. Il s’est aguerri en jouant notamment contre des joueurs US et il est revenu avec plus de certitudes. » Après huit journées, Prénom est le n°1 de Pro A à l’adresse aux tirs (67,4%). Sa corpulence perturbe la plupart des pivots du championnat. « Il prend de la place Ferdi dos au panier ! », insiste Borg. « Il sait très bien se servir de son corps et comme il a de très bons appuis, il est très efficace. » Entre la mobilité de Zach Moss et ce gros point de fixation qu’est Prénom, la JDA a trouvé une excellente complémentarité au poste 5.

Pascal Allee / Hot Sports

« Son poids ? Ce n’est pas une affaire classée » Il subsiste un point noir chez le pivot. Sa défense. De ce point de vue, sa masse corporelle est un handicap. « Il est toujours en difficulté sur les aides défensives, par rapport aux placements et aux temps de réaction qui sont primordiaux dans une organisation collective. » Ses difficultés défensives ont conduit Borg à le sortir du cinq de départ, « parce qu’il était très rapidement sanctionné (3,6 fautes en 18’). » Le poids, un dossier encore et toujours sensible chez Ferdinand. « Il faut qu’il fasse très attention à ça parce que ça va amener les blessures et du retard dans la progression. Ce n’est pas une affaire classée, ça demande une vigilance quotidienne de sa part, de la nôtre, mais ça va dans le bon sens. » Borg lui demande en outre davantage

de « constance dans la performance ». Samedi dernier à Nancy, Prénom est passé totalement à côté de son match (2 pts à 1/7, 2 rbds, -1 d’éval) alors qu’il surfait jusque-là sur une bonne série (13,3 pts à 89%, 3,3 rbds et 16,0 d’éval sur les 3 matches précédents). Le signe qu’il y a encore du travail. Le même constat est valable pour son coéquipier Malela Mutuale (1,85 m), prêté par le PL pour gagner du temps de jeu. Le meneur est en plein apprentissage du rôle de patron. Pas facile de s’imposer à ce poste avec pour seul bagage 72 minutes chez les pros en trois saisons parisiennes. D’autant que, rappelle Borg, « la maturité du poste de meneur vient beaucoup plus tard. » Encore très faible sur son tir extérieur, Mutuale apporte son agressivité défensive et sa force de percussion en rotation de T.J. Campbell. « On sait très bien que ce n’est pas au bout de trois mois qu’on va révolutionner son jeu surtout sur ce poste-là mais tous les signes sont encourageants. »

Joffrey « up and down » Lauvergne Ils ont le même âge mais en terme d’expérience, un monde sépare Ferdinand Prénom et Joffrey Lauvergne (2,10 m). Avant cette saison, le désormais exChalonnais avait déjà joué 79 matches en Pro A et 28 en Coupe d’Europe. Très précoce, le fils de Stéphane a commencé à se faire un nom chez les pros dès 18 ans et a signé son premier double-double en Pro A le 23 octobre 2010. À cette époque, Joffrey était catalogué parmi les meilleurs espoirs européens de sa génération. Depuis, sa production a quelque peu stagné. Son deuxième double-double en carrière, Joffrey a attendu plus de deux ans avant de ››› le réaliser. C’était le 12 novembre dernier


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››› à Boulazac (11 pts-11 rbds). Entre temps,

des hauts et des bas. Le joueur up and down par excellence, capable de flashes de très haut niveau (12 pts et 8 rbds en demi-finale de l’EuroChallenge contre le Triumph Lyubertsy, 14 pts-8 rbds à Sienne en Euroleague) comme de passer complètement au travers. Ses points en Pro A cette saison ? 0, 10, 1, 10, 4, 11, 5. Jusqu’à l’annonce de son départ surprise de l’Élan en fin de semaine dernière, Joffrey a été incapable de produire deux bons matches à la suite. Globalement, le joueur français le plus talentueux de sa génération affiche des statistiques indignes de ses capacités (5,9 pts à 41,7%, 4,2 rbds, 6,3 d’éval. en 16’). Le déclic surviendra-t-il à l’étranger, puisqu’il semble qu’une équipe d’Euroleague qualifiée pour le Top 16 est prête à l’accueillir ? Toujours à Chalon, un autre « 91 » peine à exprimer tout son potentiel. En dépit de

qualités physiques extraordinaires, Jordan Aboudou (1,97 m) reste un role player anonyme en Pro A (1,3 pt et 1,4 rbd en 8’). L’explosion attendue cette saison n’a pas (encore ?) eu lieu. Une seule fois l’ailier est sorti de sa coquille. C’était à Gdynia le 15 novembre (8 pts, 4 rbds, 14 au ranking en 24’). En Pologne, on a vu Jordan étouffer ses adversaires directs en défense et apporter une nouvelle dimension physique à l’Élan. Il s’agit désormais de reproduire ce genre de matches en Pro A. Pas évident dans l’ombre du MVP en titre.

Lebrun et Oniangue changent de poste Si Lauvergne et Aboudou souffrent de la concurrence à leurs postes à Chalon, Maël Lebrun (1,98 m) a bien profité de la vague de départs orléanaise (Banks, Sy et Ndoye rien que sur les postes 2 et 3). Par rapport au dernier exercice, Lebrun a plus que doublé son temps de jeu (de 11 à 23’). Il est le plus responsabilisé chez les 91. La progression est logique d’après Philippe Hervé. « Depuis son arrivée au club il y a sept ans, on a souhaité le faire grandir saison après saison. Il fait des erreurs de jeunesse, il doit acquérir de la justesse mais par contre il se donne toujours, il est dans le mouvement. Et puis c’est un bon élève, très conscient de ses axes de progression. C’est pour cela qu’on a eu envie de le re-signer pour trois ans. » Les axes de progression de Maël ? « L’évolution technique pour être capable d’évoluer vraiment sur le poste 2 : la constance dans le tir et tout le jeu ballon en main, maitrise du dribble sous pression, et lecture derrière pick-and-roll. » Jusqu’à cette saison, les blessures à répétition de Lebrun ont freiné sa progression. Depuis sa sélection au Hoop Summit en 2010, l’Orléanais a manqué 23 matches. « C’était lié, je pense à une forme de fragilité psychologique », analyse Hervé. « Il travaille là-dessus à titre personnel. »

« Avant Jiovan faisait des fautes à la con. Là, il est plus malin » Elio Castoria/EB via Getty Images

Christophe Denis


Pascal Allee / Hot Sports

DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 21

• En haut : Maël Lebrun. Il est le garçon né en 1991 qui joue le plus en Pro A. • À gauche : Joffrey Lauvergne. Franchira-til un palier en jouant à l’étranger ?

Au PL, Giovan Oniangue (1,98 m) apprend un nouveau métier. Cet intérieur de formation joue désormais exclusivement sur le poste 3. En attendant d’acquérir les fondamentaux liés à son nouveau poste, Oniangue apporte presqu’uniquement en défense. Christophe Denis s’en satisfait. « C’est un combattant, un guerrier, il a progressé dans sa capacité à utiliser sa dureté à bon escient. Avant il faisait des fautes à la con, il était un peu bourrin, hors timing. Là, il est plus malin. » En attaque, l’entraîneur parisien demande à son poulain de se concentrer sur ses points forts, « de ne pas vouloir se prendre pour William Gradit ou comme tous ces postes 3 qui font énormément de choses. » Comme Aboudou, Oniangue reste un attaquant très fruste. Six fois en huit journées, son compteur personnel est resté bloqué à zéro point.

La révélation Nzeulie « C’est l’une des grosses révélations de cette saison, pas qu’à Nanterre, dans toute la Pro A. » Pascal Donnadieu est très enthousiaste au moment d’évoquer le cas de Jérémy Nzeulie (1,87 m). Et pas seulement parce que ce combo est

le premier jeune « labellisé » formation Nanterre. Non, Nzeulie est devenu un élément important dans la rotation nanterrienne. Voir ses perfs contre le PL lors de la 4e journée (11pts-3rbds-13 d’éval en 29’) ou contre Nancy lors de la 5e journée (12pts-3rbds-16 d’éval en 26’). Deux victoires de la JSF. « Défensivement, il est cohérent. Ses qualités athlétiques sont exceptionnelles pour un combo. Comme son tir est en progrès (6/13 à 3-pts), ça en fait un joueur intéressant. » À Bordeaux, Claude Bergeaud a essayé de décaler Nzeulie sur le poste 1 mais sur ce point, Pascal Donnadieu est sans équivoque. « C’est un poste 2 qui peut de temps en temps monter la balle, mais surtout pas un meneur de jeu. Un peu comme Bokolo. Ces joueurs-là, il faut les laisser jouer. » Membre de l’équipe des « 91-92 » vicechampionne d’Europe junior à Metz en 2009 – avec Kahudi et Lebrun – Fabien Paschal (2,08 m) commence tout juste à émerger au Havre (1,1 pt et 1,6 rbd en 6’). On prête à Abdoulaye Loum (2,06 m) un énorme potentiel. Si l’intérieur du BCM ne joue pratiquement pas en Pro A (9’ au total en 4 matches), il trouve une fenêtre ››› d’exposition en EuroChallenge (3,7 pts

« 


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« Gamin » à Poitiers

Bouillon de culture

Le PB86, autant par choix que par nécessité, a intégré trois « prospects » dans sa rotation cette saison. L’apport chiffré est modeste mais la présence manifeste. Par Fabien FRICONNET

S

orti de l’INSEP, débuts à 18 ans à Poitiers, vrai rôle. On sait à qui vous pensez. Evan Fournier. Mais stop, la comparaison s’arrête là. Boris Dallo n’est pas Evan. Joueur différent, poste différent, références différentes, statistiques différentes. Mais un intérêt comparable, celui du club pictavien, et d’autres, déjà. Et des moments de bravoure, comme ces 10 points, 4 rebonds et 6 passes samedi contre Nanterre (13 d’évaluation), en 23 minutes, et notamment un panier à trois-points crucial pour faire repasser le PB devant dans le moneytime (64-61), pour une victoire 70-68. Le « rookie » Dallo (né le 12 mars 1994 à Nantes), comme Evan, fait ses gammes, mais à son rythme. Pas de chiffres ronflants – c’était déjà le cas au Centre Fédéral et en équipe de France juniors à l’Euro 2012 – mais un talent plus épars, plus réparti, si l’on peut dire. « On peut travailler une grande partie de son jeu, que ce soit son shoot, sa défense au niveau de la lecture du jeu, mais il est conforme à ce que j’attendais », juge Ruddy Nelhomme, l’entraîneur du PB86, qui en a fait une rotation à part entière. « On était parti sur la possibilité de le mettre sur le terrain en fonction des entraînements et de ce qu’il prouvait, or il a montré une grande maturité d’entrée dans la gestion du ballon, dans la capacité à passer la balle sans la perdre. Et comme en plus il a des capacités athlétiques qui lui permettent de tenir ses duels en défense, et d’être présent en attaque aussi… » Un athlète, ce Boris, qui sait utiliser son bagage. « Il se sert de ses longs segments en défense. Il doit s’inspirer de ce que fait Tony Dobbins, comme je lui dis souvent, pour être capable d’intervenir un peu partout sur le terrain. Il a la volonté d’arrêter son adversaire. Il est concentré. Il comprend les aides défensives. » Grand – 1,96 m –, il n’en reste pas moins destiné naturellement au poste de meneur. « Il est capable de jouer les picks, de placer les joueurs, il a un leadership naturel, il comprend où mettre les ballons. Maintenant, il a encore des choses à apprendre. C’est long sur ces postes-là. Il faut être capable de gérer ses coéquipiers, d’écouter ce que dit le coach, d’être présent à des moments importants du match. Il est en perpétuelle formation mais ça n’est que le début. »

2,16 m, bientôt sur le terrain À ses côtés, son coéquipier chez les Bleuets, Kevin Harley (1,98 m, né le 20 avril 1994 à Trappes), au club depuis quatre ans. Moins en vue, ce « poste 2 polyvalent, capable de faire du 3 et un peu de 1 », sera toutefois, si l’on en croit son coach, « un joueur de Pro A à long terme. » « Un joueur catalogué comme scoreur, capable de faire pas mal de choses. Il franchit petit à petit les étapes. Il est très à l’écoute, il est bosseur aussi. » La surprise du chef pourrait bien être Moustapha Fall. Immense, 2,16 m, né le 23 février 1992 (et pas le 3 février 1975 comme on le lit sur le site de la LNB et sur son profil Wikipedia !), cette tige un peu frêle s’est mise au basket assez tard, a eu besoin de se bâtir une stature (« il a dû prendre une douzaine de kilos en un an »), et sort d’une blessure au dos qui l’a privé du début de saison, mais, selon Ruddy Nelhomme, est « capable de jouer cinq ou dix minutes en Pro A. » Il a d’ailleurs mis les pieds sur le terrain l’an dernier (3 matches, 21 minutes, 6 points et 6 rebonds), ainsi que cette année (quelques secondes contre Strasbourg, 8 minutes contre Cholet). « C’est un garçon qui n’arrête pas de progresser depuis deux ans. Il m’intéresse beaucoup », insiste Nelhomme. « L’équipe a été construite avec Mous en rotation d’Ahmad (Nivins) en poste 5. Je pense que petit à petit, dans la saison, on va le voir. Il est présent défensivement, il court, il contre, il est un point de fixation. »l


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et 2,7 rbds en 11’ sur les trois premiers matches). On peut se demander si ces deux intérieurs de 21 ans n’auraient pas gagné à transiter par la case Pro B. Comme Prénom, Nzeulie, et bien d’autres prospects avant eux (Jackson, Moerman, Fournier…).

Les « 92 »

Pascal Allee / Hot Sports

9 points, 6 rebonds, presque 13 d’évaluation en moyenne, en Pro A. Un match à 33 d’évaluation. C’est Louis Labeyrie (2,08 m, né le 11/02/1992 à Gonesse). LA révélation. Mais c’était l’année dernière. Cette année, c’est… plus calme, disons. Vendredi, contre Strasbourg, 6 minutes et pas grand-chose à se mettre sous la dent. « Au HTV, le contexte était très particulier, faut-il en tirer des conclusions ? », se demande Christophe Denis, son coach au PL. La réponse est dans la question. « Est-ce que Landing Sane, qui était chez nous l’année dernière au PL, n’aurait pas fait exactement la même chose que Louis dans le même contexte à Toulon ? » Dur, Denis ? Franc, plutôt. Car

« Ces joueurs-là, il faut les laisser jouer » Pascal Donnadieu

• Jérémy Nzeulie, premier pur produit de la formation nanterrienne.

Labeyrie, il y croit. « Il peut aller très loin. Vraiment. » Il y a les qualités. « Ce qui me satisfait énormément c’est son activité. Pour un gars de sa taille, il court très très bien. Il est toujours à la recherche du alley-oop, du rebond offensif, il coupe dans le dos de la défense. Il est malin, il bouge bien sans ballon, il est très sensible au jeu sans ballon. Il est intense. » Mais il y a le reste, que ce poste 4, remplaçant attitré de Jawad Williams, ne maîtrise pas, ou mal. « La difficulté, c’est de s’inscrire dans l’efficacité. Efficace dans un projet de jeu collectif. La notion de timing, de faire un écran dans le dos pour un shooteur. Je me sacrifie. Il manque de maturité, c’est son gros point faible. Prendre la bonne décision sur chaque situation. Son positionnement n’est pas toujours très bon. Ses coéquipiers l’attendent quelque part et il n’y est pas. Il n’accorde pas beaucoup d’importance au placement. » L’attitude ? « L’essentiel pour moi réside dans la culture, leur approche ›››

Pascal Allee / Hot Sports

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quotidien. C’est une éduction. Il ne s’agit pas de dire bonjour, au revoir, merci... Je me lève le matin, je fais attention à mon corps, je fais attention à ce que je mange, je me repose. Comment je gère les entraînements ? Comment je gère mes entraînements individuels ? Quels critères d’exigence je m’inflige, sans avoir besoin du coach, de l’assistant coach, de mon agent, de mes agents en l’occurrence en ce qui concerne Louis. Il va falloir qu’il acquière cette éthique de travail, cette maturité-là. » Pour Axel Toupane (1,98 m, né le 23/07/1992 à Mulhouse), aucun souci de confiance en soi et d’envie d’avenir balisé, mais une saison de confirmation qu’il faut digérer. « La confiance en soi, c’est important, il en faut si l’on veut réussir à haut niveau, mais il faut que ça soit réfléchi. Et il faut aussi être dans l’humilité », prévient son entraîneur, Vincent Collet, qui a le cran d’envoyer ses jeunes au feu mais qui en attend les dividendes. Normal. « L’année dernière,

« Quels critères d’exigence je m’inflige, sans avoir besoin mes agents ? » Christophe Denis

• Axel Toupane s’est fait sa place à Strasbourg. Il doit maintenant gagner en régularité.

il a mis les pieds sur le terrain, c’est tout beau tout nouveau, il n’est pas connu, pas trop considéré par les adversaires, donc cela facilite les choses ; or aujourd’hui il commence à avoir un petit statut, donc il y a un changement, il est perçu autrement par les adversaires, donc il y a moins d’opportunités, moins d’espace, donc il faut devenir un vrai joueur. C’est un passage délicat. » Vrai beau shooteur en suspension, doté d’une solide mentalité de scoreur et d’un physique, le finaliste de l’Euro U20 2012 est irrégulier. « Globalement, sur les aspects défensifs, c’est pas mal, sauf contre Poitiers, où là il n’était nulle part. Il est un peu en panne d’adresse, ça va certainement évoluer. Mais c’est encore tôt dans la saison, il faut être patient. J’attends surtout qu’il progresse sur les aspects de compréhension, de culture du jeu. » Mais attention, le potentiel est là. « Il nous apporte déjà, et il peut encore plus, dans l’engagement, l’énergie, le travail défensif. Il est assez vite, il a de l’envergure. Quand

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››› professionnelle de ce qu’ils vivent au


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 25

il est actif, il peut toucher des ballons en défense, il peut couvrir les lignes de passe, il peut diminuer le rendement d’un joueur, comme il a su le faire contre Edwin Jackson dans le deuxième quart-temps. »

Ils étaient les fers de lance du Centre Fédéral il y a deux ans en Nationale 1. Livio Jean-Charles (2,03 m) et Hugo Invernizzi (1,98 m) sont les seuls « 93 » à évoluer régulièrement en Pro A cette saison. Jean-Charles joue légèrement moins que la saison dernière (7’ contre 8’). Ce n’est pas faute de travailler énormément à l’entraînement et d’afficher des progrès dans le jeu, notamment sur le volet défensif. Mais la concurrence est beaucoup plus forte cette saison à l’ASVEL avec Tim Abromaitis et Amara Sy. « Il a eu une situation privilégiée l’année dernière », rappelle Pierre Vincent. « En fin de saison, plutôt que faire jouer des joueurs étrangers qui allaient partir, on a préféré investir sur nos jeunes. Cette année, il est dans une situation plus compliquée mais c’est l’exigence d’être soumis à la performance. »  Livio n’est pas encore fixé sur un poste de jeu. Le sera-t-il un jour ? Très léger physiquement pour jouer 4, pas assez bon shooteur ou driveur pour jouer 3, on peine à discerner chez lui une qualité forte en attaque. Il a la chance d’avoir un excellent modèle à ses côtés en la personne d’Amara Sy. Pierre Vincent acquiesce. « Il n’a pas tout à fait les mêmes qualités mais oui c’est vers cela qu’il faut qu’il se rapproche. » En attendant, le temps de jeu de JeanCharles est erratique. Au Havre le weekend dernier, le Guyannais n’est pas entré en jeu. La veille, Hugo Invernizzi a joué le meilleur match de sa jeune carrière pro sur le parquet du Paris Levallois : 11 points à 3/4 à trois-points, 3 rebonds et 15 d’éval en 26’. Le genre de prestation très encourageante pour la suite. « Il y a un point très positif, c’est qu’il a digéré sa première année », pointe Vincent Collet. « Je ne pense qu’il s’attendait à ce fossé entre la Nationale 1 et la Pro A. Cette année, il est revenu avec un autre état d’esprit, beaucoup plus humble. Ça lui réussit bien. Je suis content de ce qu’il fait. Il arrive à mettre en valeur sa qualité première, qui est de pouvoir mettre la balle dedans. » Invernizzi a « un bras » comme on en voit rarement chez les joueurs français. Même s’il manque un peu vitesse, son physique solide doit lui permettre de percer au plus haut-niveau. À surveiller de très près. l

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Les « 93 »

Henri Kahudi

Celui qu’on attend 22

ans le 8 janvier prochain. Pas vieux, donc. Sera-t-il un « late bloomer » (un joueur qui se révèle sur le tard) ? Car pour l’heure, on l’attend toujours. Systématiquement en retrait dans les équipes nationales de jeunes, en peine d’offrir une performance de référence au niveau professionnel, le jeune frère de Charles, dont il est le coéquipier au Mans pour la quatrième saison, a pourtant du talent. Beaucoup de talent. De la taille, de la vitesse, des qualités athlétiques, du ballon. Tout ce qu’il faut. Il arrive, parfois, qu’il se montre. On l’a vu contre Strasbourg en 2009-10 (10 points, 2 rebonds, 2 passes et 2 interceptions), contre Gravelines en demi-finale des As en 2012 (8 points et 3 passes), contre Kazan en demi-finale (gagnante) des qualifications à l’Euroleague cette année (4 points, 3 rebonds, 3 passes et 1 interception en 13 minutes), ou encore contre Riga en Eurocup il y a peu (7 points, 4 rebonds et 2 passes en 22 minutes), la victoire au bout.

« Comme Yannick Bokolo » Alors ? Voici ce que nous en disait son frère Charles il y a peu. « Il fait plein de bonnes choses, il progresse vraiment. Le Mans croit beaucoup en lui, ils ont investi en lui, et je pense qu’au fil de la saison il va montrer qu’il a beaucoup progressé. Dans le shoot, et physiquement aussi. Je vois Henri faire un parcours comme Yannick Bokolo, si ce n’est mieux car c’est mon frère donc je crois en lui. Il peut jouer 1 ou 2, il est athlétique, il travaille son shoot et ça commence à rentrer pas mal. Je ne vois pas pourquoi il ne ferait pas une carrière comme ça. Mais il faut beaucoup de travail et, surtout, des responsabilités. Or Le Mans est un club qui donne sa chance aux jeunes, donc… Actuellement il apporte dix minutes par match mais je pense qu’il peut monter à 15, 16, 17, 18… Et se libérer. Je trouve que pour Saison MJ Min %Tirs 3-pts %LF Rbds Pds Éval Pts l’instant, il ne se libère 2009-10 6 7 77,8 3-4 1-2 0,7 0,2 3,0 3,0 pas suffisamment à mon 2010-11 20 5 29,4 2-9 3-7 0,5 0,5 1,0 0,8 goût, mais on y travaille, on y travaille. » 2011-12 28 11 41,7 4-20 5-6 1,3 1,2 3,0 2,1

Henri en Pro A

Par Fabien FRICONNET

2012-13

7

10 50,0

0-1

-

0,7 1,0 2,1 1,7


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DOSSIER Face à la nouvelle réglementation JFL

Effet nul pour les minots ? Si le passage à 5 a naturellement boosté l’impact global des JFL en Pro A, les plus jeunes n’en sont pas pour l’instant les premiers bénéficiaires. Leur production générale semble même en chute libre cette saison. Par Jérémy BARBIER

C

’était l’un des arguments majeurs des initiateurs de la nouvelle règlementation, le vœu pieux d’une législation parfois contestée. Au-delà de privilégier le made in France, le passage en 2010 à 5 JFL « obligatoires » devait gonfler le nombre de très jeunes basketteurs lancés dans l’élite. « Le but au final est de pérenniser de bons joueurs pour l’équipe de France », rappelle Aymeric Jeanneau, le président du SNB. « On aura toujours de bons joueurs, ce n’est pas le problème. Mais si on veut un panel suffisant, il faut que les jeunes puissent jouer. » Or, à observer les chiffres, la mesure en vigueur n’a pas – encore ? – eu l’effet escompté. Au soir de la 7e journée, six clubs de Pro A (Nancy, Boulazac, Nanterre, Le Mans, Gravelines, Roanne) n’avaient toujours pas utilisé de joueurs labellisés espoirs (nés en 1992 et après). « C’est beaucoup », regrette Jeanneau. « Certains ne jouent peut-être pas le jeu ou ne veulent pas en entendre parler. C’est peut-être aussi du fait des entraÎneurs. » L’ex-meneur international parle en connaissance de cause. Dans son club, les gamins ont la parole. « Vincent Collet fait jouer des jeunes. Je ne suis pas certain que beaucoup d’entraîneurs feraient autant jouer Invernizzi et Toupane. Il y a la formation, il y a le club mais il faut aussi avoir les cojones et l’envie de les mettre sur le terrain. » Les minots de la SIG grappillent 11,1% du temps

« Il faut avoir les cojones de les mettre sur le terrain » Aymeric Jeanneau

• À Strasbourg, les jeunes (ici Axel Toupane) ont du temps de jeu. C’est loin d’être le cas partout.


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 27 de jeu et 8% des points marqués par leur équipe, de loin les meilleurs pourcentages de toute la Pro A. Derrière ce duo dynamique, les « 21 ans et moins » se font discrets, Rudy Gobert, Louis Labeyrie, Malela Mutuale, Boris Dallo et Livio Jean-Charles étant les seuls à compiler plus de sept minutes de jeu en moyenne.

2012-2013, saison noire ? À titre de comparaison, ils étaient 13 dans ce cas en 2009-2010, ultime exercice à 4 JFL. À l’époque, Edwin Jackson (26 minutes), Antoine Diot (26), Thomas Heurtel (23), Andrew Albicy (19) et Kevin Séraphin (16) s’aguerrissaient tous plus d’un quart d’heure à chaque rencontre. Gobert est seul à pouvoir s’en vanter aujourd’hui. En baisse entre 2010 et 2011 (voir par ailleurs), la contribution des jeunes pousses avait retrouvé plus de tenue la saison dernière, bien alimentée par la précocité des Westermann ou autre Fournier et la participation « obligatoire » de la relève au HTV. Six mois plus tard, la tendance est de nouveau à la baisse. Très largement. De 62,1 points par journée (5,1% des points marqués en Pro A), la production offensive de nos plus jeunes lames est redescendue à 19,2 unités (1,7%). Même dégringolade au niveau des minutes (173 contre 81 en moyenne). Et si, finalement, tout était question de qualité générationnelle ? « Certains clubs n’ont peut-être pas tout de suite les très jeunes joueurs mais en revanche, ils ont peutêtre des 22, 23 et 24 ans qui jouent beaucoup », tempère Jeanneau. La refonte étant supposée inciter les clubs à former plus tôt leurs JFL, il est certainement nécessaire d’attendre encore quelques saisons pour apprécier à sa juste mesure son impact. Dans l’immédiat, on retiendra simplement ce constat : tous dans le Top 5 à l’évaluation chez les espoirs, Vincent Pourchot (Nancy), Jerry Boutsiele (Nanterre), Nianta Diarra (Le Havre), Mathieu Wojciechowski (BCM) et Valentin Correia (SIG) attendent encore leur première minute chez les pros cette saison. l

Impact des JFL 21 ans et moins • 2009-2010 : 57 joueurs utilisés, 182 minutes (5,6%) et 59,6 points (4,7%) en moyenne par journée • 2010-2011 : 46 joueurs utilisés, 147 minutes (4,5%) et 45,3 points (3,8%) en moyenne par journée

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• 2011-2012 : 53 joueurs utilisés, 173 minutes (5,6%) et 62,1 points (5,1%) en moyenne par journée • 2012-2013 : 21 joueurs utilisés, 81 minutes (2,4%) et 19,2 points (1,7%) en moyenne par journée


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DOSSIER Top prospects, ils n’ont jamais confirmé

À leurs actes manqués 2009

Considérés comme des stars en devenir chez les jeunes ou à leurs débuts avec les professionnels, plusieurs des plus grands espoirs récents du basket français ont manqué leur rendez-vous avec un avenir brillant. Par Jérémy BARBIER

«

 On lui offre une deuxième chance au plus haut niveau français, on attend qu’il la saisisse. » Lorsqu’il composa une dernière équipe avec des bouts de ficelle au HTV, Alain Weisz espérait beaucoup d’un JFL en tout particulier. De retour en Pro A après quatre années de purgatoire au niveau inférieur, Souarata Cissé, petit prodige de la génération 86, promettait cette fois de ne pas décevoir. « Montrer que j’ai le niveau Pro A », répondait-il au journaliste de Var Matin qui l’interrogeait sur ses ambitions. « J’ai connu des saisons galères mais c’est derrière, j’ai l’intention de me relancer au haut niveau. » Six mois après sa plus probante saison statistique au beau milieu du naufrage varois (8,0 pts, 1,4 rbd et 1,5 pd en 19 minutes) Cissé n’est plus en Pro A. L’ancien sniper n°1 des 20 ans et moins (18,4 pts à l’Euro 2006) ne sévit pas non plus dans l’antichambre, théâtre de ses meilleures années chez les professionnels. La Nationale 1 ? Il s’y est entraîné avec Blois en début de saison, mais seulement pour garder le rythme. À 26 ans, Souarata Cissé est tout simplement sans club. On ne sait pas quand, mais au jeu des piges et des coupes précoces, on devrait revoir très prochainement l’arrière sur un parquet. Ce qu’on sait en revanche, c’est qu’on ne verra jamais l’éclosion programmée d’un prospect capable de planter 15,5 points chaque week-end en N1 l’année de son 18e anniversaire. La trajectoire du jeune talent, trop haute trop rapidement, a vite déraillé. Débarqué à PauOrthez en 2004 pour suivre les pas de Boris Diaw ou Mike Piétrus jusqu’à la Draft NBA, Cissé

• Christophe Léonard n’a jamais percé à Cholet.

Christophe Léonard n’a pas encore joué la moindre minute avec le HTV


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 29

préambule de l’année noire des Varois. Cissé n’a pas été mauvais mais il n’a pas non plus passé ce fameux cap et sauf à accepter un rôle secondaire dans l’élite, sa place semble être aujourd’hui en Pro B.

2011

avait pourtant emballé le petit milieu de la Pro A dès ses premières sorties, auteur d’un match référence avant même ses 19 ans (21 points en 21 minutes et 19 d’évaluation). Quasiment sept ans jour pour jour plus tard, cette performance reste sa meilleure dans l’élite. Finalement vite barré dans le Béarn puis prêté à Paris en 2006, le natif de Montreuil ne fera pas mieux dans la capitale (2,1 pts et 1,2 rbd en 10 minutes) et, après trois années un peu perdues, ce n’est qu’en se mettant à fréquenter la Pro B, à Nanterre, que la supposée star en devenir deviendra réellement un vrai joueur de basket chez les seniors (11,4 pts, 3,1 rbds et 1,9 pd en 30 minutes en 2009). « Il est sans doute près à franchir le palier qu’il n’a jamais franchi », espérait coach Weisz en

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Des pivots pas si big Savez-vous qui présentait la meilleure évaluation/ minute en Pro A la saison dernière ? Né comme Cissé en 1986, Romain Duport – puisque c’est de lui dont il s’agit – venait tout juste, à l’heure de boucler ces lignes, de trouver un travail. Pigiste médical de Max Zianveni à Strasbourg. Pour un mois. Si le big man de 2,17 mètres n’a lui jamais été sur les tablettes des plus fins scouts NBA, le basket français a parfois espéré qu’il pourrait devenir l’un des pivots JFL les plus solides de la Pro A, si ce n’est mieux. En janvier 2005, au Havre, le géant vient tout juste de fêter sa majorité quand Christian Monschau lui offre sa première minute professionnelle. Deux ans plus tard, au moment de parapher son premier contrat pro, Duport est devenu une rotation déjà très solide au STB (6,4 pts à 61,5%, 3,5 rebonds et 8,3 d’évaluation en 14 minutes). La suite de son parcours se résumera à une cascade de blessures, quelques percées irrégulières et la maturation d’un pivot trop « soft » pour devenir une arme de dissuasion massive. Passé dans les rangs de Cholet à l’été 2010, Duport gagnera – un peu – la confiance de Maitre Kunter puis la perdra – beaucoup – après des titularisations moyennes lors des playoffs 2011 (4,0 pts et 3,0 rbds en 9 minutes). Après deux saisons passées au régime turc, on pensait que le géant profiterait de l’arrivée de Jean-Manuel Sousa, son ancien formateur, pour se relancer. Las, encore blessé et sur la touche depuis août, le pivot aux 109 matches LNB (4,6 pts et 3,0 rbds en carrière) annonçait récemment avoir trouvé un accord à l’amiable avec le CB pour se libérer de son contrat. Au final, son cas est assez symptomatique des difficultés qu’ont beaucoup de nos grands à confirmer, ne serait-ce qu’en France, un potentiel rendu évident par une question de centimètres et de muscles. Arrivés à Orléans en provenance du Centre Fédéral à un an d’intervalle, les big guys Luc Louves (2,07 m) et Johwé Casseus (2,11 m) ont par exemple quitté le Loiret sans jamais avoir


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mis le nez à la fenêtre. Armoire à glace d’une densité physique étonnante chez les jeunes, Casseus n’a pu compenser par la force une importante carence technique chez les hommes. Après 11 petites apparitions en Pro A entre 2008 et 2010 (0,9 pt en 3 minutes), une saison anonyme en Pro B à Antibes (1,4 pt et 1,4 rbd en 7 minutes) puis un exercice tout aussi compliqué en N1 du côté d’Angers (3,0 pts et 3,1 rbds en 12 minutes), le poste 5 est allé voir cette saison si l’herbe était plus verte en N2 (Rodez), un niveau à des années-lumière de l’Euroleague qu’il caressa du bout de la basket à l’OLB (3 minutes contre Efes Pilsen en 2009). Luc Louves, réfugié en Belgique depuis 2010, tente lui actuellement de revenir en France par la petite porte. Aperçu du côté d’Antibes la semaine dernière – pour une pige médicale ? – l’ancien international junior évoluait avec l’équipe réserve de Charleroi cette saison, en deuxième division belge.

2007

manu militari son permis, flashé à 190 km/h au volant d’une berline rutilante achetée… le matin même ! S’il fait bonne figure en public, Erman Kunter masque alors une colère froide envers son back-up et ce n’est certainement pas un hasard si, quelques semaines après l’accident, Christophe Léonard quittait les Mauges. Son « transfert » au Havre la saison passée paraissait être un mal pour un bien, l’occasion de s’affirmer sans la concurrence en vigueur dans les rosters des « top teams ». Défenseur costaud, l’ailier est resté un attaquant de second plan au STB (4,8 pts et 3,8 rbds en 18 minutes), la faute à un shoot bien trop imparfait (22,2% et 27,3% à 3-points en 2011 et 2012). Léonard aura 23 ans en janvier et un premier bilan très mitigé : 57 matches de Pro A pour 4 rencontres au-dessus des 8 points et un record offensif personnel à 14 unités. Comme d’autres avant lui, il a choisi la Pro B pour se (re)lancer. Visiblement en quête de repères et d’un certain confort, il a rejoint au HTV Jean-Aimé Toupane, son ancien coach à l’INSEP et en Bleuets. Technicien défensif, Toupane peut-il aider son protégé à devenir un basketteur complet ? Il faudra encore attendre pour le savoir. Comme les « anciens » Cissé et Duport, Léonard n’a pas encore joué la moindre minute cette saison, blessée à un genou et une cheville. Au mieux, il fera ses grands débuts avec le HTV en 2013. Il ne restera alors que quelques matches à l’ancien prospect pour nous prouver qu’il faudra juger sa carrière sur la durée. l

2006

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Si le bel horizon promis à certains se bouche très vite, d’autres glissent plus lentement du statut de « top prospect » à celui d’espoir déchu. Depuis sa sortie de route – au sens propre – avant les playoffs 2011, Christophe Léonard flirte dangereusement avec la deuxième catégorie. En 2006, invité par Michael Jordan himself à venir défier les meilleurs prospects du monde au Madison Square Garden, le Martiniquais formé en Guyane est déjà l’as de la génération 1990 dans un Centre Fédéral qu’il a rejoint dès ses 14 ans. Son cursus au bois de Vincennes terminé, le taulier des sélections tricolores (14,3 pts, 7,3 rbds et 2,6 pds en U16 en 2006) rejoint Cholet en 2008. Le rookie, excellent en N1 la saison précédente (15,2 pts), obtient dans l’immédiat peu de minutes chez les pros mais confirme tout de même son formidable potentiel au Mondial des 19 ans et moins, top scoreur des Bleuets (15,8 pts et 7,8 rbds) devant Andrew Albicy et Nicolas Lang. « Il a des qualités athlétiques et il sait s’en servir en défense », confiait alors Erman Kunter, son coach au CB. « Mais en Pro A, il ne peut plus glisser à l’intérieur comme il pouvait le faire avec les jeunes. » Toujours peu sollicité avec les adultes, l’espoir trahit quelques signes d’impatience au cours de sa deuxième saison dans les Mauges. « Ici normalement, les jeunes sont lancés dans le bain », s’étonne-t-il en février 2010 dans la presse guyanaise. « Le club me voulait déjà avant l’INSEP. Là, j’ai vraiment l’impression de stagner. » Au moins, son palmarès s’enrichit. Champion de France avec les espoirs puis les pros (1 minute en finale), il décroche également l’or européen pour sa dernière campagne chez les jeunes (7,8 pts et 4,3 rbds). Un déclic ? Erman Kunter un peu plus rassuré, le remplaçant est en tout cas utilisé en Euroleague (9 points et 6 rebonds à Barcelone, 5 points et 5 rebonds face à Sienne) comme en Pro A. Starter occasionnel, il fait partie intégrante de la rotation du futur champion avant de se fracturer le pied en chutant en scooter dix jours avant le début des playoffs. 24 heures plus tôt, le jeune pro s’était vu retirer

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Déjà cuit pour Léonard ?


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 31 • A Cholet, Romain Duport n’a pas confirmé les promesses entrevues au Havre.

2012

• Les premiers pas de Souarata Cissé chez les pros avaient fait parler. Mais depuis...

2012

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Souarata Cissé, 26 ans, est sans club


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DOSSIER Espoirs

Par Yann CASSEVILLE

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Gardez un œil sur eux

Livio Jean-Charles, Clint Capela, Kévin Harley...Dans le championnat espoirs, plus que ces jeunes qui se montrent déjà à l’échelon supérieur, nous nous sommes ici attardés ici sur ceux qui n’ont pas – ou quasiment pas – foulé les parquets de la Pro A pour vous livrer un 5 majeur.

Benjamin Sene

Billy Yakuba Ouattara

Mathieu Wojciechowski

Le meilleur marqueur du championnat est né en 1994. Le meneur des U18 l’été dernier tourne à 21,0 points, 4,1 rebonds, 4,6 passes et 2,1 interceptions pour 18,1 d’éval. Son plus petit total ? 16 points. « Tu n’arrives pas vraiment à l’arrêter. Tu sais qu’il va driver, mais il est rapide, il va au bout », reconnaît Frédéric Donnadieu, frère de Pascal, entraîneur des espoirs de Nanterre qui a vu Sene passer 27 unités à la JSF. Son coach, Franck Verdière, tempère : « Il a beaucoup de responsabilités, parfois trop (37 min !), parce qu’on a une équipe très jeune. Ce n’est pas de sa faute mais il est dans un contexte où il est amené à scorer beaucoup et on doit trouver un équilibre. » Meneur-arrière athlétique, Benjamin a son avenir au poste 1. Auteur de progrès dans la lecture de jeu, il peine en revanche dans les tirs à trois-points (25,0%). « C’est quelqu’un de très adroit mais il a des problèmes de régularité depuis un an », souffle son entraîneur.

Cette « boule de muscles », dixit Romain Chenaud, son coach, tourne à 17,0 points (7e), 7,3 rebonds et 3,6 passes pour 19,6 d’éval (6e). Sa moyenne de rebonds très, très élevée pour un arrière illustre bien son atout majeur. « Athlétiquement dominateur » pour Fabien Desfachelles, du BCM, « qualités physiques hors normes », selon Fabrice Serrano, de l’ASVEL. « Quand tu le vois tu te demandes ce qu’il fait en espoir, mais il a toute une lecture de jeu à apprendre », explique son coach. Arrivé au basket sur le tard (minime 2e année), Billy s’est immédiatement baladé grâce à son seul physique, et s’il gagne peu à peu en régularité à longue distance (31,0%), il doit en tout cas mieux comprendre le jeu. Romain Chenaud voit en lui un joueur qui pourrait ressembler à un ancien de l’Élan. « Un profil à la MarQuez Haynes, en plus costaud. Un vrai 2, scoreur, il peut ��videmment finir fort au cercle et sait tirer à toute distance. »

Fils de deux internationaux polonais, lui-même membre de l’équipe polonaise espoir l’été dernier : le basket, il a ça dans le sang. « En France, on a peu d’ailiers de grande taille. C’est un profil à la Nicolas Batum », explique son coach, Fabien Desfachelles. Si le BCM est invaincu après 8 journées, il le doit en partie à son ailier shooteur capable d’évoluer au poste 4, qui aligne 17,3 points (5e) à 42,5% derrière l’arc, 7,5 rebonds, 2,3 passes et 2,5 interceptions pour 19,8 d’éval (6e). Sa régularité au scoring et au niveau de l’adresse séduit. « Il est délié, complet, élégant », détaille Franck Verdière, de Nancy. « Maintenant il est dominant. Sur ce début de saison, c’est LE joueur », lance Antoine Mathieu, du Mans. Pour franchir un nouveau pallier, son entraîneur estime qu’il a besoin d’un physique plus imposant : « Il a bossé, il peut faire la différence sur ses départs en dribble, mais il faut encore qu’il prenne du poids. »

(1,86 m, né le 13/05/94 ; Nancy)

(1,89 m, né le 24/01/92 ; Chalon)

(2,03 m, né le 20/10/92 ; GravelinesDunkerque)


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DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 33

Vincent Pourchot Herve Bellenger

(2,21 m, né le 27/07/92 ; Nancy)

L’énigme

Alexandre Chassang

Jerry Boutsiele

Formé à l’INSEP, compère de la raquette de Mo’ Jaiteh à l’Euro U18 (10,9 pts et 7,1 rbds), ce poste 4 n’a pas raté la transition avec les espoirs. Il assure 15,7 points à 60,0%, 7,3 rebonds et 3,0 passes pour 17,3 d’évaluation (2e derrière Sene chez les 1994). Il a déjà prouvé sa polyvalence avec un triple-double contre Orléans : 10 points, 10 rebonds et 10 passes. « Il m’a fait très forte impression par la diversité de son registre mais surtout son engagement sur le terrain », commente Romain Chenaud. « Beaucoup d’énergie que ce soit en entraînement ou en match. Combativité, enthousiasme », confirme son coach, Fabrice Serrano. Alexandre a profité de la suspension de Georgi Joseph pour apparaître quelque peu avec les pros. Son entraîneur l’incite à prendre pour modèle un joueur de l’ASVEL, Tim Abromaitis. « Tim aussi est un 4 qui n’est pas un hyper athlète. Dans la combativité, le profil, Alex peut ressembler aussi à Adrien Moerman. »

19,9 points (2e) à 57,9% (8e), 8,4 rebonds (4e) et 2,1 interceptions (12e) et 1,1 contre (8e) pour 20,7 d’évaluation (3e), le tout pour un garçon né en 1994 ? C’est énorme ! Pas si vite… « Depuis deux ans je dis à la ligue de changer : contrairement à ce qui est indiqué Jerry est né en 1992 », sourit Frédéric Donnadieu, son entraîneur. Reste que le garçon est un phénomène dans ce championnat, lui qui a commencé le basket en départemental à 18 ans. « Très, très prometteur. On a joué Pourchot, l’Ukrainien de Boulazac, de grosses raquettes, il a toujours été dominant », savoure Frédéric son coach. En témoignent ses chiffres la saison passée (5,0 pts et 2,6 rbds), le gaillard progresse à vitesse grand V. Impressionnant pour un quasi-débutant, il brille par ses qualités physiques mais possède, déjà, de sérieux mouvements dos au panier. Et il commence à tirer de loin ! « Il peut devenir un 4 qui sait poster, Hervé Touré en plus intérieur. » Donnadieu l’imagine prêté en Pro B avant de s’attaquer à la Pro A. « Il a un profil à la Nate Carter. Sauf qu’il fait 6 centimètres de plus, donc l’objectif est qu’il fasse ça en Pro A. »

(2,03 m, né le 22/11/94 ; ASVEL)

(2,07 m, né le 20/04/92 ; Nanterre)

Le plus grand basketteur français de tous les temps était le numéro 1 à l’évaluation la saison écoulée (27,2), il l’est encore aujourd’hui (26,4), compilant 15,4 points à 67,0%, 12,3 rebonds, 3,8 passes et 1,8 contre. Sa présence interpelle beaucoup de techniciens. Morceaux choisis : « Pourquoi il est encore là ? », « Plutôt que de martyriser les petits, qu’il aille ailleurs », « Il tape les stats, mais est-ce qu’il a dû se faire mal pour ça ? Je ne crois pas ». Inarrêtable en espoir, Pourchot ne joue pas en pro. « C’est l’interrogation de tout le monde : est-ce qu’il peut se déplacer assez rapidement pour évoluer à haut niveau ? », questionne Franck Verdière, en charge des espoirs nancéiens. « L’objectif c’est qu’en fin de saison il soit suffisamment prêt pour qu’on lui offre un contrat pro. Je ne sais pas ce que Jean-Luc (Monschau, ndlr) a en tête mais on n’a pas envie qu’il reste pour ne pas jouer », assure Verdière, qui est dubitatif quant à la perspective d’un prêt en Pro B, une division « encore plus difficile pour lui, avec des joueurs multicartes ».


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DOSSIER Mouhammadou Jaiteh (Boulogne-sur-Mer)

L’OVNI

Alors qu’au même âge, la plupart de ses collègues commencent tout juste à montrer le bout du nez en championnat espoir, Mouhammadou Jaiteh (2,08 m, 18 ans depuis mardi) est déjà le meilleur joueur français de Pro B. Le gamin surdoué de Boulogne-sur-Mer file tout droit vers le titre de MVP.

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Par Florent de LAMBERTERIE

«

 Quand je vois qu’on dépend autant d’un garçon de 17 ans, ça m’effraie un peu. » Que Germain Castano se rassure, cela ne risque plus d’arriver. Depuis mardi dernier, en effet, Mouhammadou Jaiteh est majeur. En revanche, là où l’entraîneur de Boulogne a raison, c’est que son équipe est déjà pieds et poings liée aux prestations de son jeune pivot. Surtout dans les matches serrés. Samedi dernier, à la salle Damrémont, si le SOMB a finalement réussi à venir à bout de Rouen (victoire 102-100 après prolongation), c’est à son jeune pivot qu’il le doit. En 36 minutes, l’ancien de l’INSEP a compilé 33 points (à 15/18), 18 rebonds, 1 contre, 6 fautes provoquées pour un 39 d’évaluation des plus replets. Le tout sans être titulaire au coup d’envoi. Une prestation XXXL mais qui ne surprend presque plus tant le jeune homme enchaîne les chantiers cette saison.

« Il joue comme quelqu’un qui aurait quinze ans d’Euroleague dans les jambes » Rémy Valin


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 35

Ainsi, après onze journées de championnat, Jaiteh pointe à la première place au classement des meilleurs rebondeurs toutes nationalités confondues (10,6) et, s’il n’est « que » le troisième scoreur français (derrière Julien Lesieu et Shaun fein avec 15,6 pts), personne ne fait mieux que lui à l’évaluation parmi les JFL de Pro B (22,1, 5e au total). Après un tiers du championnat, Jaiteh est tout simplement le candidat le plus crédible pour le titre de MVP français de Pro B et il y a peu de chance que cela change d’ici la fin de la saison. Pourtant, il y a encore cinq ans, il ne connaissait absolument rien au basket.

Il ne connaissait pas Jordan Né à Pantin au Nord de Paris, Mam’, comme on le surnomme, a vécu toute sa vie en région parisienne. C’est là, à Malakoff plus précisément,

qu’il va faire la découverte du ballon. De football, tout d’abord, pendant six ans. « J’ai joué à peu près tous les postes, attaque, défense… Je faisais du foot parce que mes copains en faisaient aussi, pour faire comme tout le monde. » Un jour cependant, alors qu’il a 13 ans, Mouhammadou accepte d’aller voir un match de basket à la demande d’un ami. L’équipe de Nationale 3 de Malakoff n’est pas vraiment ce qu’on appelle le top niveau mais elle servira de déclic pour l’ado. « J’ai vu des personnes qui faisaient ma taille », dit-il aujourd’hui. « À l’époque, je ne faisais pas encore deux mètres mais il y avait des joueurs de 2,01 m, 2,02 m. Ça m’a fait réfléchir, je me sentais à l’aise, c’est comme ça que je me suis mis au basket. La première année en minime départementale à Malakoff, j’ai appris les règles, les double-pas, tout


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ça… Je ne savais même pas à quoi ressemblait Jordan. » Les progrès sont cependant rapides si bien que dès l’année suivante, il intègre le pôle espoir de Châtenay-Malabry ainsi que les minimes France de Nanterre. « Cette année-là, je me suis blessé à Noël, je n’ai pas pu passer les tests de l’INSEP. » Ce qui n’empêchera pas le Centre Fédéral de l’accueillir à bras ouvert. Après une première saison pleine en junior dans l’ombre des Hugo Invernizzi et Livio Jean-Charles, il prend le pouvoir l’année dernière où, malgré les faibles résultats de l’INSEP, il s’impose parmi les meilleurs joueurs de la Nationale 1 (4e à l’éval, 2e au rebond). C’est là qu’il va d’ailleurs taper dans l’œil de Germain Castano. « L’année dernière, on est allé le voir à l’INSEP lors d’un match contre SaintQuentin », se souvient l’entraîneur boulonnais. « Il a fait une mi-temps plutôt moyenne, quelque chose comme six points et six rebonds. Mais quand tu vois évoluer un pur-sang, tu réalises certaines choses. Je me souviens avoir dit à Olivier Bourgain (GM de Boulogne) : ce garçon, oubliele, il ne viendra jamais à Boulogne-sur-Mer. »

Boulogne (Fernando Raposo, Jonathan Rousselle l’an dernier, Valentin Bigote cette saison…) donne du crédit au discours boulonnais et Mam’ accepte. « Sauf que le rôle qu’on lui avait proposé, c’est pas du tout le rôle qu’il a actuellement avec nous », reconnaît Bourgain, amusé. « Mouhammadou Jaiteh, moi je l’appelle Patrick Sébastien, c’est le Grand Bluff ! » Prévu pour être la rotation de Kurt Cunningham au poste 5 – valeur sûre de Pro B après une très bonne saison à Bordeaux – Jaiteh profite du retard à l’allumage de l’Américain pour lui prendre sa place dès les matches de préparation. « C’est un extraterrestre », s’écriait déjà à cette époque Rémy Valin, l’entraîneur d’Évreux. « C’est lui qui va régaler cette année, pas un Américain. S’il a du temps de jeu, pour moi c’est le MVP. » Même son de cloche chez Germain Castano, lui aussi surpris par l’éclosion supersonique de son poulain. « On avait mis deux Américains à l’intérieur et aujourd’hui, c’est comme si on en avait trois. Je savais pertinemment qu’il était capable de jouer en Pro B, mais j’avoue que je pensais qu’il pourrait donner 15 minutes sur la phase aller, et 25 sur la phase retour. Le problème, c’est qu’il est déjà à 25. » 28 même pour être exact.

Patrick Sébastien et le Grand Bluff Le jeune homme est en effet fortement convoité. La quasi-totalité de la Pro A est sur les rangs, ainsi qu’une bonne flopée de facs américaines. Gonzaga, Viginia Tech, UConn, Washington, New Mexico State… Des noms prestigieux mais qui n’enchantent pas plus que ça le jeune homme. « Je n’étais pas sûr de vouloir y aller et, si je commençais à hésiter alors que je n’y étais pas, ça ne m’allait pas trop. Je voulais jouer, avoir des minutes dans un contexte où je pouvais vraiment travailler sérieusement, et puis je voulais être confronté à des hommes, des adultes, pour vite m’endurcir. » En Pro A, on ne lui offre aucune garantie et, comme il ne se voit pas faire le banc et écumer le championnat espoir, Jaiteh décide d’aller voir à l’échelon inférieur. C’est là qu’Olivier Bourgain revient à la charge. « On lui a promis plus que du temps de jeu, on lui a promis un rôle », assure le GM. « Le message c’était qu’à la limite, même s’il était mauvais, il jouerait quand même, c’était un engament moral. » La réussite des projets jeunes passés par

« Je ne pense pas que j’aurai à nouveau dans ma carrière un tel potentiel entre les mains » Germain Castano

« Toujours sous contrôle » « Le secteur intérieur, c’est celui en basket où on met le plus de temps pour arriver à maturité », rappelle Olivier Bourgain. « Normalement, un pivot, il est opérationnel à 24, 25 ans. Alors quand tu fais des matches à 40 d’éval à 17 ans… » Pourtant, Mam’ n’a certainement pas fait parler tout son potentiel. Physiquement parlant, c’est déjà un très beau bébé mais qui peut encore s’épaissir (106 kilos pour 2,08 m). « Dans les impacts, sur les appuis, il doit encore faire un gros travail, il doit résister encore un peu plus », note Castano. « Mais il est très demandeur. À Boulogne, on fait beaucoup de travail individuel. Chaque joueur a son programme pour la semaine mais souvent il vient me voir et me demande de lui mettre une séance ou deux de plus. » Doté d’un excellent sens du placement et d’une envergure énorme qui lui permettent

Sa fiche d’identité • Né le 27 novembre 1994 à Pantin (Seine-Saint-Denis). Français. Pivot. 2,08 m • Carrière : Centre Fédéral (2009-12), Boulogne-sur-Mer (2012-13)

Statistiques Saison

Club

MJ Min %Tirs 3-pts

2009-10 Centre Fédéral (N1)

1

2010-11 Centre Fédéral (N1)

30 18 38,3

2

100

2011-12 Centre Fédéral (N1)

29 30 54,1

2012-13 Boulogne-sur-Mer (Pro B) 11 28 64,5

%LF

-

-

1-2

23-44

Rbds Pds Ints Cts -

-

-

-

Bps -

Pts Éval 2

2

5,6 0,3 0,4 0,3 1,7 4,5 5,7

2-9 100-143 10,2 1,1 1,0 1,0 3,2 14,3 18,3 0-1

30-45 10,6 0,5 0,9 0,8 1,5 15,6 22,1


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 37 d’être redoutable au rebond, Jaiteh est aussi très habile pour finir main gauche ou main droite près du cercle. S’il n’est pas un grand shooteur extérieur, il est en revanche très bon pour passer la balle poste haut, ce qui amène d’ailleurs parfois Castano à l’aligner avec Kurt Cunnigham, dans un rôle de faux poste 4. Et malgré son jeune âge, il est déjà capable d’analyser le jeu et de ressortir le ballon dès que les défenses trappent sur lui. « Quand on double sur lui, il n’y a aucun problème, il est toujours sous contrôle. Il est capable de poser un petit dribble, s’écarter, lever la tête et mettre le ballon sur un autre joueur s’il voit qu’il ne peut pas marquer. » En bref, il joue juste. « Il est toujours au bon endroit au bon moment. Toujours », analysait Rémy Valin en pré-saison. « Il joue comme quelqu’un qui aurait quinze ans d’Euroleague dans les jambes alors qu’il n’a que 17 ans. C’est naturel. Quand on est un joueur aussi intelligent, il n’y a pas d’âge. Et c’est un poste 5, il est en bout de chaîne, il est à un poste où ça fait de l’éval très rapidement. »

prochain je ferai tout pour vivre autre chose. » L’été prochain, ce sera cette fois avec l’équipe de France espoir, sous les ordres de JeanAimé Toupane, par ailleurs entraîneur de Hyères-Toulon, l’adversaire que jouera le SOMB à domicile la semaine prochaine. Face à son futur coach, Mam’ voudra certainement se montrer à son avantage, si tant est qu’il ait besoin de ce surplus de motivation pour briller. Car à Boulogne-sur-Mer, depuis mardi dernier, les résultats sont dépendants d’un jeune homme de 18 ans. l

Les louanges sont nombreuses mais justifiées eu égard à son rendement. Tant et si bien qu’à l’heure actuelle, on est en droit de se demander ce qu’un garçon comme lui fait encore en Pro B. Signataire d’un contrat de deux ans avec le SOMB, il y a fort à parier que Jaiteh n’ira pas au terme de son bail. « Très franchement, si Boulogne n’est pas en Pro A l’année prochaine, il ne sera plus à Boulogne », estime Olivier Bourgain. « Il faut être honnête, je ne pense pas que j’aurai à nouveau dans ma carrière un tel potentiel entre les mains », se désole déjà Germain Castano. « Je veux qu’il reste les pieds sur terre donc je fais attention à mes propos mais son avenir est au-delà de nos frontières. » De source sûre, plusieurs franchises NBA ont déjà dépêché des scouts pour observer le prospect, Memphis et Utah notamment. Et ces franchises ne sont certainement pas les seules. Son nom commence d’ailleurs à circuler sur Internet et, parmi les références en la matière, le site draftexpress l’annonce déjà en 14e position de la Draft 2014. Pour l’heure, l’intéressé reste très prudent. S’il ne fait pas mystère de son désir d’aller jouer en NBA à terme, Mouhammadou se contente de reconnaître que « tout est envisageable », sans préciser davantage ses intentions. Si ce n’est une. Celle de briller cet été avec les Bleus, histoire d’oublier la campagne de l’été dernier où, en dépit des bonnes perfs du garçon (16,6 pts et 11,6 rbds) l’équipe de France junior s’est battue pour son maintien dans la division A. « J’espère surtout ne plus jamais avoir à vivre ce que j’ai vécu cet été », s’écrie-til. « Normalement à l’Euro, tu joues pour la victoire, là on jouait pour survivre. Je ne souhaite à personne de vivre ça et l’été

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Annoncé au premier tour de la Draft 2014


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DOSSIER Notre classement par génération

LES MEILLEURS ! De Joffrey Lauvergne, 21 ans, à Stéphane Gombauld, 15 ans, sept générations de basketteurs passées au crible. Par Antoine LESSARD

1991 1

Joffrey Lauvergne (2,10 m, 4-5)

2

Ferdinand Prénom (2,03 m, 5, Dijon)

3

Maël Lebrun (1,98 m, 2-3, Orléans)

4

Henri Kahudi (1,93 m, 1, Le Mans)

5

Jordan Aboudou (1,97 m, 3, Chalon)

6

Giovan Oniangue (1,98 m, 3-4, PL)

7

Wilfried Yeguete (2,01 m, 4, Florida)

8

Jérémy Nzeulie (1,87 m, 1-2, Nanterre)

9

Lahaou Konate (1,96 m, 1-2, Évreux)

10

Malela Mutuale (1,88 m, 1, Dijon)

Junior à Florida, « Will » Yeguete tourne à 6,8 pts à 57,9%, 7,8 rbds et 2,0 pds en 28’. Lahaou Konate est le 6e homme de l’ALM Évreux, co-leader de Pro B (6,5 pts à 42,3%, 2,8 rbds et 2,4 pds en 20’).

1

Rudy Gobert (2,15 m, 5, Cholet)

2

Evan Fournier (1,98 m, 2-3, Denver)

3

Léo Westermann (1,98 m, 1, Partizan)

4

Louis Labeyrie (2,09 m, 4-5, PL)

5

Axel Toupane (1,97 m, 2-3, Strasbourg)

6

Axel Julien (1,85 m, 1, Hyères-Toulon)

7

Valentin Bigote (1,96 m, 2-3, Boulogne)

8

Kevin Thalien (1,90 m, 1, Bordeaux)

9

Vincent Pourchot (2,22 m, 5, Nancy)

10

Sadio Doucouré (2,00 m, 2, Cognac)

Meilleur espoir Pro A en 2011-12, Axel Julien est désormais le meneur titulaire du HTV ( 11,3 pts à 41,2%, 4,3 rbds et 3,8 pds en 31’). Barré chez les pros du BCM, Valentin Bigote joue 27 minutes à Boulogne (10,6 pts à 45,8%, 3,8 rbds et 2,6 pds). Kevin Thalien (ex-Nancy) confirme son talent de shooteur avec les JSA (15/27 à 3-pts ! N°3 de Pro B). Sadio Doucouré (8,4 pts et 3,9 rbds à Cognac en N1) a raté l’Euro U20 l’été dernier après une blessure.

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1992


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 39 1993

1994

1

Livio Jean-Charles (2,03 m, 4-3, ASVEL)

1

Mouhammadou Jaiteh (2,08 m, 5, Boulogne)

2

Hugo Invernizzi (1,98 m, 3, Strasbourg)

2

Alexandre Chassang (2,04 m, 4, ASVEL)

3

William Howard (2,01 m, 3, Gravelines-Dk)

3

Boris Dallo (1,96 m, 1-2, Poitiers)

4

Clément Faroux (1,87 m, 1-2, Cholet)

4

Benjamin Sene (1,85 m, 1, Nancy)

5

Ulysse Adjagba (1,85 m, 1, Chalon)

5

Jerry Boutsiele (2,07 m, 5, Nanterre)

6

Yannis Morin (2,08 m, 4, Cholet)

6

Anthony Racine (1,90 m, 2, Charleville)

7

Valentin Correia (1,92 m, 2, Strasbourg)

7

Kevin Harley (1,96 m, 1-2, Poitiers)

8

Paul Turpin (1,92 m, 1-2, Pau-Lacq-Orthez)

8

Charly Maraux (1,85 m, 1, Gravelines-Dk)

9

Kevin Dinal (2,02 m, 4, PL)

9

David Michineau (1,88 m, 1, Chalon)

10

Bruno Cingala-Mata (2,00 m, 4, Cholet)

10 Mike Joseph (2,03 m, 5, Poitiers)

Derrière les deux têtes d’affiches, le grand vide ou presque. Cette génération manque de densité. « À l’époque, pour aller à l’Euro, j’avais été obligé de prendre cinq garçons nés en 94 », rappelle Tahar Assed-Liégeon, le sélectionneur des U16. Clément Faroux n’a joué que trois minutes avec les pros choletais jusqu’à présent. Adjagba une seule minute avec l’Élan. Assed-Liégeon nous rappelle que le meneur chalonnais jouait… poste 4 en minimes. La maturation est lente.

• Mouhammadou Jaiteh, chef de file de la génération 1994.

Jaiteh est de très loin le plus rentable chez les pros, mais a-t-il le plus gros potentiel des 94 ? C’est à voir. 4 e de notre classement, Jerry Boutsiele est un bel athlète qui progresse à une vitesse folle (22 d’éval. en espoirs). Il y a deux ans, Charly Maraux était le leader de cette génération. Entre temps, le meneur s’est rompu deux fois les croisés au même genou. Il revient tout juste de blessure. On veut croire qu’à 18 ans, tout est encore possible.

1995 1

Damien Inglis (2,01 m, 3, Centre Fédéral)

2

Petr Cornélie (2,09 m, 5, Le Mans)

3

Paul Rigot (1,99 m, 2-3, CFBB, U17)

4

Antoine Chevrier (1,96 m, 2-3, Cholet)

5

Arthur Rozenfeld (1,79 m, 1, ASVEL)

Inglis a bien réussi la transition entre le poste 4 et le poste 3. Il est le go-to-guy du CFBB cette saison en N1 (17,9 pts à 48,3%, 8,3 rbds, 4,0 bps en 33’). Le Manceau Cornélie est un énorme potentiel, déjà sur le radar des scouts NBA. Paul Rigot est le lieutenant d’Inglis au Centre Fédéral et en équipe de France.

1996 1

3

Lenny Charles-Catherine (1,94 m, 2-3, Nancy) Cyrille Eliezer-Vanerot (1,98 m, 3, Centre Fédéral) Antoine Wallez (2,03 m, 4-5, Le Mans)

4

Lucas Dussoulier (2,00 m, 2, Centre Fédéral)

5

Étienne Ory (1,76 m, meneur, Centre Fédéral)

2

Les deux plus gros potentiels de la génération sont cousins ! Charles-Catherine tourne (déjà) à 10,8 pts en espoirs. EliezerVanerot à 7,0 pts en N1. Antoine Wallez, le fils de Xavier, commence à se montrer en espoirs (6,8 pts en 15’). Ory et Dussoulier sont les deux derniers membres du cinq majeur des U16, médaillés d’argent l’été dernier. À noter que chez les 97, Stéphane Gombauld (2,01 m, intérieur, CFBB) joue 21 minutes par match en Nationale 1. À 15 ans. Un futur tout bon ?


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DOSSIER Epoupa et Ayayi assurent en LFB

Les pépites landaises À 18 ans, elles ont trouvé à Basket Landes un nid douillet pour prendre leur envol dans le monde professionnel et acquérir le maximum d’expérience. De quoi voir l’avenir… en bleu. Par Claire PORCHER

«

« Elles ont tout pour être les leaders de l’équipe nationale d’après-demain »

Jérôme Fournier

Pascal ALLEE/HOT SPORTS ©

Des joueuses prêtes à jouer en Ligue en sortant du Centre Fédéral, c’est très rare. Il n’y en a pas beaucoup qui ont réussi. Les deux dernières, c’est Endéné Miyem et Sandrine Gruda », explique Jérôme Fournier, coach de l’équipe de France juniors. Olivia Epoupa et Valériane Ayayi se sont lancées dans le grand bain à Basket Landes. Environnement familial, EuroCup, responsabilités et temps de jeu : le choix est pertinent. Et gagnant. Elles ont prouvé qu’elles n’étaient pas venues pour faire de la figuration (voir stats), boostées par une détermination étonnante pour leur âge. En Bleu, elles ont développé leur culture de la gagne. L’été dernier, Olivia a offert à la France son premier titre européen U18 avec 20 points (12 dans le dernier quart), 12 rebonds et 5 passes en finale ! L’héroïne est élue MVP (comme en 2010 en U16). Valériane, elle, a notamment brillé au Mondial U19 en 2011 en étant, à seulement 17 ans, la meilleure joueuse (19 pts et 8 rbds) du quart contre les Américaines. « Les scouts universitaires étaient venus me voir pour me demander qui était cette joueuse, » se souvient Jérôme Fournier. Ces succès personnels et collectifs ont gonflé à bloc leur capital confiance au moment de quitter le cocon de l’INSEP. Dans un


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 41 monde bien différent de tout ce qu’elles ont pu connaître, elles sont prêtes à grandir. La meneuse Oliva, petit phénomène d’1,64 m, sait qu’elle doit corriger ce tir longue distance qui lui fait défaut et, poste oblige, développer son leadership. « J‘espère emmagasiner le maximum d’expériences pour pouvoir m’imposer », explique-t-elle. En attendant, la Parisienne exploite ses qualités défensives, sa ténacité, sa vitesse et ses qualités athlétiques. « Il faut que l’on continue à bosser sur le reste de ses gammes, mais c’est déjà très intéressant », explique son coach, Olivier Lafargue. « Elle a une éthique de travail exceptionnelle, je ne me fais pas de souci quant à son évolution », ajoute Jérôme Fournier.

Que jeunesse se passe ! De son côté, Valériane (1,84 m) est une ailière moderne, agressive, qui aime le contact, peut driver, et possède un tir extérieur régulier. « C’est une merveilleuse ailière », affirme,

• En haut : Olivia Epoupa. • En bas : Valeriane Ayayi.

Leurs statistiques en LFB Joueuse

MJ Min %Tirs 3-pts

Valériane Ayayi

9

22 51,3 7-13 14-19 5,2 0,7 0,6 2,4 8,3

Olivia Epoupa

9

19 39,6

1-8

LF

Rbds Pds Ints Bps

Pts

13-24 3,7 1,9 0,4 3,0 6,4

Statistiques en EuroCup Joueuse

MJ Min %Tirs 3-pts

Valériane Ayayi

5

21 57,7

1-5

Olivia Epoupa

5

20 50,0

0-2

LF

Rbds Pds Ints Bps

Pts

18-22 4,8 0,4 1,0 1,6 10,2 8-11

2,6 2,6 1,8 2,6 6,4

dithyrambique, son coach en Bleu. « Un profil que l’on n’a pas beaucoup en France. Elle contrôle tout ce qu’elle fait. Elle a conservé en Ligue son niveau d’efficacité. Elle est comme un poisson dans l’eau. » Valériane est un peu surprise de son rendement en LFB (8,3 pts et 5,2 rbds) alors qu’elle rencontre des joueuses qui, par rapport à la Ligue 2, « n’ont pas forcément de point faible pour faciliter les choses ! » Mais ses qualités, complémentaires des autres extérieures landaises, font mouche. « On savait qu’elle allait nous apporter quelque chose de différent », confirme son coach. Bien sûr, les diamants sont encore bruts mais leurs erreurs sont relativisées. « En ressentant la confiance du coach, j’ai pu m’enlever cette pression, » explique Valériane. Dans un environnement propice à leur développement et contre leurs aînées bleues – Valériane a pu se mesurer à son modèle, Émilie Gomis –, elles progressent. « C’est des joueuses un peu hors-norme, elles ont tout pour être les leaders de l’équipe nationale d’aprèsdemain », affirme Jérôme Fournier. « Pas demain, parce qu’elles sont jeunes… » Seulement 18 ans, on l’oublie parfois. l


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DOSSIER L’INSEP au crible

Inglis, mais pas que… Comme chaque année, ou presque, l’équipe de Nationale 1 du Centre Fédéral souffre dans son championnat. Mais au-delà des résultats bruts, le talent est là, à l’image de Damien Inglis, fer de lance de cette génération qui a tapé dans l’œil de nombreux coaches de la division. Par Florent de LAMBERTERIE

« Inglis est plus en avance que ne l’était Jaiteh l’an dernier » Stéphane Éberlin

0

-9. Tel est, à l’heure actuelle, le bilan peu flatteur du Centre Fédéral, bon dernier de N1. Battus chaque semaine sur tous les terrains de France, souvent très, très largement (-42 à Souffelweyersheim, -63 à Orchies, -43 contre Monaco…), les jeunes basketteurs ne sont pour le moment pas au niveau d’une division peuplée d’hommes et de joueurs confirmés. Un constat qu’il faut cependant tempérer puisque depuis le début de la saison, l’INSEP n’est pas vraiment chanceux. Lucas Paoletti et Luidgy Laporal – tous deux nés en 1995 donc dans leur dernière année à l’INSEP – n’ont pas encore pris part à une seule rencontre pour cause de blessures.

• Damien Inglis


DOSSIER LES JEUNES • BasketNews 43 Charly Pontens et Olivier Yao-Delon – nés en 95 eux aussi – n’ont disputé que deux matches et Élie Fedensieu – né en 96 –, peutêtre l’intérieur le plus talentueux du groupe, seulement quatre. Des absences importantes qui ont forcé Jacky Commères à aligner des minots âgés de 16, voire 15 ans. Le Centre Fédéral fait avec les moyens du bord mais, malgré des scores sans appels chaque week-end, l’impression laissée n’est pas forcément catastrophique. « À l’échauffement, j’ai trouvé que c’étaient des beaux profils », glisse Stéphane Éberlin, le coach de Souffel’. « Ils étaient très grands, élancés, en terme de gabarit, c’est une belle génération. » Et pour certains, de futurs très bons basketteurs si l’on en croit les avis autorisés.

Hervé Bellenger/IS-FFBB

Inglis meilleur que Fournier À écouter Éberlin et ses collègues, un nom remporte tous les suffrages : celui de Damien Inglis (2,01 m, né en 95). Déjà présent l’an dernier (5,9 pts et 3,4 rbds en 21 minutes) dans l’ombre des Mouhammadou Jaiteh et Anthony Racine, les leaders de la génération 94, le Guyanais – top scoreur fançais des U17 au Mondial 2012 – explose tous les records cette saison. 4e évaluation (19,0) et 3e scoreur de N1 (17,9 pts), personne à l’INSEP n’a réussi à afficher de telles moyennes à la marque depuis Edwin Jackson (21,8 pts en 2006-07), pas même Evan Fournier, scotché à « seulement » 17,0 points en 2008-09. Forcément, Inglis profite des nombreuses blessures pour faire des stats mais ses pourcentages de réussite (50,5% à 2-pts, 10/25 à 3-pts) montrent que le gamin ne gaspille pas non plus les munitions, d’autant qu’il est ciblé chaque semaine. « C’est un vrai poste 3, qui est agressif dans la percussion que ce soit main gauche ou main droite parce qu’il a les deux mains », estime Vincent Lavandier, l’entraîneur d’Angers. « Il est athlétique et déjà très bien techniquement, il peut attaquer le cercle et créer son propre tir sans problème », ajoute Bertrand Van Butsele, le coach de Quimper. Présent au rebond (8,3) et à la passe (3,6), Inglis est surtout un scoreur capable de sérieusement monter en température comme contre Blois, à qui il a passé 31 points à 10/18 aux shoots cette saison. « Peut-être qu’inconsciemment, on défend un peu moins dur contre l’INSEP parce que ce sont souvent des matches plus faciles mais il ne faut pas sous-estimer sa performance », s’empresse de préciser Xavier Debacle, l’assistant de Blois qui remplaçait Hugues Occansey, suspendu pour le match contre le Centre Fédéral. « Il a été chercher ses points, on ne les lui a pas donnés gratuitement. Il a été adroit, il a provoqué, il a pris ses shoots comme il fallait, on ne lui a pas non plus déroulé le tapis rouge. Il est très dense physiquement et, défensivement, il en impose aussi. » Bien qu’encore un peu dispendieux dans sa gestion du cuir (4,0 balles perdues), Inglis


44 • www.basketnews.net

pourrait déjà jouer en Pro B sans problème, voire en Pro A à écouter certains de nos sondés. « Je pense qu’aujourd’hui, Inglis est plus en avance que ne l’était Jaiteh l’an dernier », estime d’ailleurs Stéphane Éberlin.

Derrière Inglis, d’autres joueurs ont tapé dans l’œil des observateurs. C’est le cas de Paul Rigot (2,01, né en 95). Statistiquement parlant, l’arrière-ailier est le deuxième leader du Centre Fédéral (11,3 pts à 43,8% et 4,3 rbds en 31’). « Autant on sent qu’Inglis prend beaucoup de responsabilités, autant Rigot c’est plus sobre », analyse Bertrand Van Butsele. « C’est propre, il fait la passe qu’il doit faire, il prend le tir qu’il doit prendre, il pose l’écran qu’il doit poser et puis je l’ai trouvé très bien techniquement, avec un tir qui me paraît assez fiable et du gabarit. » Toujours à l’aile, Cyrille Eliezer-Vanerot (1,98 m, né en 96) n’a pas des stats mirobolantes (7,0 pts, 2,6 rbds et 1,6 pd en 25 min) mais il a déjà montré de jolies choses lors de ses sorties. « Il a un vrai beau shoot », souffle Xavier Debacle. « Peut-être pas très régulier pour le moment mais son geste est assez rapide sur les catch-and-shoot. » « Il a fait un très bon match contre nous », se remémore Stéphane Éberlin. « Beaucoup de culot, un beau profil lui aussi, grand, longiligne. » Autre joueur prometteur, Stéphane Gombauld, (2,01 m, né en 97), l’un des plus jeunes de la bande. Ce poste 4 a beaucoup plu à Philippe Namyst, l’entraîneur d’Orchies contre qui Gombauld a réalisé sa meilleure prestation (14 pts à 5/7 et 4 rbds en 28 min). « Sur ce que j’avais scouté, l’aspect athlétique ressortait beaucoup mais j’ai été agréablement surpris par sa qualité de mains. C’est un garçon qui rate peu de choses, que ce soit sur les captés ou les finitions. Et puis il a de la verticalité, dans le basket moderne c’est précieux. »

Plus d’armes que l’an dernier S’il n’a pas la même verticalité, Étienne Ory (1,75 m, né en 96) arrive lui aussi se mettre en évidence (5,8 pts à 46,4%, 1,8 rbd et 3,0 pds en 20’). Prévu pour être deuxième meneur mais profitant des absences, le Messin « pourrait déjà donner 10, 12 minutes en Pro B cette année dans une équipe de milieu de tableau », juge Vincent Lavandier. « Il est intense en défense, il est adroit même si contre nous il n’a pas pris beaucoup de tirs. » Enfin, il y a les absents à prendre en compte, ceux qui n’ont pas ou peu joué jusqu’à présent en raison de pépins physiques. Parmi ceux-ci, on trouve justement Charly Pontens (1,89 m, né en 95), le meneur de dernière année qui n’a disputé que deux matches pour le moment (6,0 pts, 3,0 rbds et 1,0 pd en 34’). « Je l’aime beaucoup », avoue Philippe Namyst. « Je trouve qu’il n’y a plus forcément beaucoup de meneurs un peu old school comme lui qui savent mettre le jeu en

Hervé Bellenger/IS-FFBB

Paul Rigot en deuxième homme

• Etienne Ory

« Ory pourrait déjà donner 10, 12 minutes en Pro B cette année » Vincent Lavandier

place et qui ont une vista, un vrai tir. L’année dernière, même s’il ne jouait pas forcément beaucoup et qu’il avait un arrière à côté de lui qui tenait beaucoup la balle (ndlr : Anthony Racine), j’avais beaucoup aimé ce qu’il avait montré. C’est un garçon qui a tout ce qu’il faut pour y arriver. » Si les entraîneurs interrogés ne partagent pas forcément les mêmes appréciations en fonction des joueurs, tous en revanche s’accordent à reconnaître qu’une fois les retours de blessures enregistrés et la période de rodage terminée, le Centre Fédéral devrait cesser de faire de la figuration. « L’année dernière, l’équipe tournait beaucoup autour du duo Racine/Jaiteh », résume Philippe Namyst. « Cette année il y a beaucoup plus d’armes, beaucoup de garçons qui peuvent sortir leur épingle du jeu. » Vincent Lavandier en est d’ailleurs convaincu, « les jeunes du Centre Fédéral vont gagner des matches d’ici pas longtemps. » l


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La photo de la semaine

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pause

BasketNews

47

Jeudi 22 novembre 2012 : Élan Chalon - ALBA Berlin

La fin de l’histoire !

Photos : Antoine Muzard/EB via Getty Images

Le roman entre les Chalonnais et l’Euroleague, c’est fini, sauf miracle. L’Élan a été défait à domicile par l’ALBA d’Albert Miralles (à gauche). Mais encore plus surprenant, ce jour marquait aussi la fin de l’histoire entre Joffrey Lauvergne (à droite) et Chalon. Contre toute attente, l’espoir français a été laissé libre par le champion de France.


CHIFFRES

48 • www.basketnews.net

Pro A

Stats cumulées

Chalon (6-2) MJ Min

Blake Schilb

8 32 34-80 42,5 12-32 26-28 4,2 4,4 1,8 0,2 1,5 13,2

Ilian Evtimov

8 26 34-67 50,7 21-45 9-10

Brion Rush

Tirs

%

3pts

LF

Rb

Pd

In

3,5 2,1 0,5

7 28 27-76 35,5 15-44 13-18 2,7 2,4 0,7

-

Bp Pts

1 22

4-10

40,0

1-3

-

2,0

Nicolas Lang

7 19 24-47 51,1 9-23

7-17

41,2

1,0 10,0 -

9,0

0,6 8,9

-

9-12

4,4 0,6 0,4 1,0 1,4 6,6

2-7

2-5

1,4 0,5 0,4 0,1 0,5 2,2

Clint Ndumba-Capela 2

2

-

-

-

0-2

-

-

-

-

-

-

Ulysse Adjagba

1

1

-

-

-

-

-

1,0

-

-

-

-

Joffrey Lauvergne*

7 16 15-36 41,7

2-5

9-13

Total

8

-

4,1 0,6 0,1 0,1 1,0 5,9

236-504 46,8 75-195 111-148 36,0 19,5 6,9 2,8 14,0 82,2

Le Mans (6-2) Joueurs

MJ Min

Tirs

%

3pts

LF

Rb

Pd

In

Co

8 30 40-91 44,0 12-38 36-41 3,8 2,9 1,6 0,1 2,0 16,0

1,1 11,2

Marcus Denmon

9

Bp Pts

Uche Nsonwu-Amadi 8 31 35-60 58,3

-

17-28 5,9 2,8 0,8 1,2 2,2 13,1

17-28 8,2 1,4 0,5 0,1 1,4 10,9

Georgi Joseph

5 18 12-23 52,2

1-2

12-16 4,6 1,0 0,4 0,4 1,8 7,4

Paccelis Morlende

7 18

8-31

1-9

16-23 1,3 1,9 0,7

Thomas Larrouquis

7 17

9-26

34,6 6-18

1-2

2,4 0,9 0,3

Livio Jean-Charles

6

3-5

60,0

1-1

1,3

7

25,8

1-2

-

-

1-1

100,0

-

-

28,6

0-1

1-3

Total

8

-

-

0,5

-

1,0

-

Alexandre Chassang 4

3

0-1

-

-

-

0,8

-

-

-

0,2

-

Total

-

217-467 46,5 48-143 134-178 35,0 14,8 5,8 1,9 12,8 77,0

Strasbourg (4-4) Co

Bp Pts

3,0 10,1

4,4 0,4 0,3 0,3 2,1 6,1

3-6

3,1 1,0 0,4 0,2 0,5 4,4

Cam Long

8 24 27-66 40,9 9-33 12-20 1,8 1,4 1,4

Hugo Invernizzi

8 12

9-22

40,9 8-19

4-6

1,4 0,4 0,5

Cuthbert Victor

8 28 29-53 54,7 4-14 10-13 4,2 2,6 0,8 0,6 1,0 9,0

Axel Toupane

8 13

9-27

33,3 4-11

2-3

John Shurna

1 19

1-4

25,0

0-2

-

3-8

37,5

1-4

2-2

-

-

-

-

Total

8

-

-

7-10

4,8 1,0 0,6 1,1 1,2 4,4

0-1

-

0,9 1,1 0,2 0,1 0,9 2,0

210-454 46,3 44-134 109-146 34,8 15,1 5,8 3,0 14,4 71,6

Gravelines-Dunkerque (5-3) Joueurs

MJ Min

Tirs

%

3pts

LF

Rb

Pd

In

Co

Bp Pts

-

2,1 16,4

Aymeric Jeanneau

6 15

Valentin Correia

1

1

Total

8

-

-

0,1 3,8

1,4 0,5 0,4

-

0,5 3,0

2,0

-

1,0 2,0

-

1,0

1,2 1,0 0,5 0,2 2,0 1,5 -

-

-

-

-

-

199-454 43,8 38-138 131-177 33,9 14,6 8,0 2,0 15,8 70,9

Limoges (4-4) Joueurs

MJ Min

Tirs

%

3pts

LF

Jon Brockman

1 31

4-8

50,0

0-1

4-8

In

Co

Bp Pts

11,0 2,0 1,0

Rb

Pd

-

- 12,0

Dwight Buycks

8 28 47-93 50,5 13-33 24-30 3,5 2,0 0,9

Ludovic Vaty

8 19 41-69 59,4

Juby Johnson

8 23 21-60 35,0 17-52 12-17 1,8 1,1 0,8

Ousmane Camara

8 17 26-32 81,3

-

J.K. Edwards

7 21 21-47 44,7

1-2

4-11

4,0 1,3 0,7 0,3 1,1 6,7

Angelos Tsamis

8 20 22-41 53,7 4-12 10-14 2,1 2,5 0,6 0,1 1,9 7,2

Cyril Akpomedah

8 26 17-39 43,6 7-21

8-9

4,4 1,0 0,8 1,4 0,8 6,1

Raphaël Desroses

6 19 14-30 46,7 5-12

-

6-11

5,9 1,0 0,9 0,9 1,1 11,0 -

0,6 8,9

13-23 5,9 0,2 0,2 0,4 1,1 8,1

Joueurs

MJ Min

Darryl Monroe

7 32 49-78 62,8

Tirs

%

3pts 1-1

Nobel Boungou Colo 8 26 34-73 46,6 7-22 21-27 6,0 0,9 1,9 0,2 2,2 12,0 Kyle McAlarney

8 21 27-52 51,9 15-33 12-13 1,9 1,1 0,8

-

1,6 10,1

Joseph Gomis

8 26 30-68 44,1 4-19

2,2 2,2 0,6

-

2,2 9,1

Brad Wanamaker

8 26 21-49 42,9 2-10 21-24 3,9 3,4 1,8

-

2,5 8,1

9-13

4-4

LF

Co

Bp Pts

-

1,9 15,7

7 34 36-73 49,3 1-10 20-31 8,0 1,9 0,9 0,4 2,4 13,3 8 29 35-93 37,6 9-36 22-32 4,0 1,8 1,8

Darnell Harris

8 24 27-62 43,5 14-33

4-4 6-8

-

8-14

1,4 0,2 0,5

-

1,1 5,0

-

4-12

2,2 0,2 0,4

-

0,9 4,0

Arnaud Kerckhof

8 22

9-17

52,9

4-5

6-9

3,1 3,1 0,6 0,1 1,2 3,5

Mehdi Cheriet

5

9

4-17

23,5

0-4

2-4

1,0 0,4 0,2

Total

8

-

Joueurs

MJ Min

Ahmad Nivins

8 32 50-76 65,8

Tirs

%

3pts 1-3

LF

Justin Gray

8 24 25-67 37,3 15-45 21-29 2,0 2,9 0,4 0,1 2,5 10,8

Anthony Dobbins

8 33 24-56 42,9 5-17 12-17 7,2 4,0 1,8 0,9 2,8 8,1

Pierre-Yves Guillard 8 23 17-45 37,8 8-16

4-6

3,5 1,6 0,6 0,4 0,8 5,8

Pape Badiane

8 22 11-34 32,4

0-1

7-12

4,2 0,8 0,2 1,1 0,9 3,6

Boris Dallo

7 11

5-16

31,3

1-5

7-11

Moustapha Fall

2

6

-

-

-

-

1,0

-

Kevin Harley

4

4

0-2

-

-

-

-

0,2

Total

8

-

8 36 45-96 46,9 7-25 26-31 4,1 4,5 1,9 0,1 3,2 15,4

Tirs

%

3pts

8 28 52-85 61,2

8 10 11-30 36,7 3-15

7-11

0,8 0,6 0,4

-

0,8 4,0

Ty Walker

8 15 13-28 46,4

-

3-4

3,8 0,8 0,2 1,4 0,1 3,6

Sambou Traore

4

-

1-2

1,8 0,8 0,2

-

1,5 1,8

1,0 0,7

-

-

0,3 1,0

-

-

Total

8

-

220-495 44,4 51-167 100-156 34,1 14,5 7,8 3,0 11,0 73,9

Cholet (5-3) Joueurs

MJ Min

Tirs

%

3pts

LF

Rb

Pd

In

Co

Bp Pts

Marcus Goree

8 35 52-101 51,5 8-33 16-24 6,2 2,5 0,5 0,9 2,1 16,0

Terrell Everett

8 30 31-90 34,4 9-34 25-32 4,8 5,5 1,0 0,5 2,1 12,0

Derrick Obasohan

2 20

53,3 6-11

2-2

1,0 2,0

Karim Souchu

8 26 34-57 59,6 21-38

4-4

3,9 1,6 0,5

8-15

-

-

- 12,0

-

0,9 11,6

Vasco Evtimov

3

5

1-3

33,3

-

1-1

1

1

-

-

-

-

Edin Bavcic*

7 14

8-22

36,4

1-7

1-1

Total

8

-

Joueurs

MJ Min

Tirs

%

3pts

-

Rudy Jomby

8 26 24-57 42,1 9-33

3-4

3,5 2,6 2,1

-

1,2 7,5

Trenton Meacham

Rudy Gobert

6 19 19-24 79,2

0-1

5-7

4,2 0,2 0,7 2,2 0,8 7,2

Xavier Corosine

Luc-Arthur Vebobe

3 18

3-8

37,5

0-1

5-9

4,3 1,0

Carl Ona Embo

8 14

8-23

34,8 5-12

4-4

1,1 1,1 0,5

Yannis Morin

1

6

1-1

100,0

-

-

1,0

1,0

-

2,0

Clément Faroux

1

3

0-2

-

0-2

-

2,0 1,0 1,0

-

1,0

-

Edwin Ubiles*

1 22

1-6

16,7

0-3

-

5,0 2,0

-

2,0 2,0

Total

8

Joueurs

MJ Min

Tirs

%

3pts

Sean May

8 32 69-105 65,7

Antoine Diot

8 32 49-100 49,0 15-43 31-38 3,5 4,0 1,1 0,2 1,1 18,0

Jawad Williams

8 34 41-94 43,6 12-34 20-24 4,9 2,0 2,4 0,5 1,2 14,2

3-5

LF

Rb

Pd

In

Co

Bp Pts

23-30 7,4 1,9 0,5 0,1 1,8 20,5

4 18 12-29 41,4 4-16

5-6

1,2 2,2 0,5

-

1,2 8,2

8 26 24-51 47,1 15-34

1-1

1,2 1,4 0,8

-

1,1 8,0

Stephen Brun

8 20 21-49 42,9 8-30

4-5

Jérémy Nzeulie

7 16 11-24 45,8 6-13

Marc Judith

3 20

5-9

55,6

Mamoutou Diarra

2

8

1-6

16,7

Seidou Njoya

6

9

0-12

Rashaun Freeman*

2

9

3-4

Total

8

-

8-24

33,3 2-10

2-2

3,1 0,4 0,2

-

0,6 2,5

8

9

3-15

20,0

2-9

1-1

0,5 0,8 0,2

-

0,8 1,1

0-2

-

0-1

-

-

8-10

2,5 3,8 2,2

3-10

2,4 0,4

-

-

-

-

-

2,0 4,8

0,5 0,9 3,4

-

-

-

214-528 40,5 45-161 95-140 38,4 14,6 7,5 3,6 14,5 71,0

Joueurs

MJ Min

Jérémy Leloup

8 28 22-63 34,9 8-29 25-29 4,0 1,1 2,0 0,2 2,9 9,6

Tirs

%

3pts

LF

Rb

Pd

In

Co

Andre Harris

8 32 34-84 40,5

2-9

6-10

4,4 0,9 1,2

Larry Owens

2 17

1-4

3-3

2,5 2,0 0,5 0,5

T.J. Campbell

8 27 22-56 39,3 8-23 17-20 2,1 3,4 0,2

7-16

43,8

-

Bp Pts 1,6 9,5 -

9,0

2,2 8,6

8 32 19-51 37,3 8-28 11-14 2,8 1,8 1,1

-

0,6 7,1

4-7

1,9 0,4 0,4 0,3 0,4 4,6

Lens Aboudou

7 17 15-29 51,7

-

1,4 6,0

1-5

2-2

2,0 2,0 0,7

-

1,3 4,3

Malela Mutuale

8 10

6-10

1,5 2,4

0-1

0-1

2,0 0,5

-

0,5 1,0

Paul Miller

5

2-12

-

0-8

2-2

1,0 1,3 0,3

-

0,3 0,3

Kevin Tiggs*

6 14 12-25 48,0

1-9

75,0

-

2-2

1,5

Total

8

%

3pts

LF

William Gradit

7 30 30-70 42,9 10-27 9-14

Coleman Collins

8 23 35-61 57,4

-

-

Rb

Pd

In

0-1

0,5 2,5 4,0

Co

Bp Pts

2,4 1,7 1,1 0,3 1,7 11,3

15-19 8,1 0,6 1,0 0,5 1,5 10,6

-

3,0 10,0 1,0 9,9

Maleye Ndoye

8 23 14-34 41,2 10-22

4-4

2,9 0,4 0,6 0,2 0,8 5,2

Matt Howard

8 21 21-40 52,5 3-11

Louis Labeyrie

7 10

8-19

42,1

0-1

0-2

2,7 0,3

Yohann Sangare

8 34 17-47 36,2 6-21 12-12 3,2 3,4 0,6

Giovan Oniangue

8 11

5-20

25,0

0-8

2-5

1,5

-

0,5

-

0,6 1,5

Ryan Reid

8 15 16-28 57,1

Jonathan Aka

6

6

1-8

12,5

-

3-8

2,3

-

-

-

1,0 0,8

Dusan Kecman

8 12

Alexander Jallier

1

2

-

-

-

-

-

-

-

-

Arthur Bouedo

2

2

Total

8

-

Total

8

-

Alan Voskuil

8 19 19-50 38,0 13-33 13-16 0,8 0,6 0,9

Victor Samnick

8 22 19-59 32,2 3-12 15-26 6,4 1,4 0,2 0,6 1,5 7,0

0-3

8 13

Kenny Grant

24,2 5-17

David Melody

-

-

Bingo Merriex

8-33

3,9 1,2 0,5 0,1 0,8 6,8

8 34 26-60 43,3 6-26 22-29 1,5 6,1 2,4

-

8 11 12-25 48,0

-

7 24 25-55 45,5 6-17 13-16 2,7 2,4 1,0

238-495 48,1 52-156 118-156 30,5 16,8 8,4 1,4 11,1 80,8

Abdel Kader Sylla

0-2

Pape Philippe Amagou 8 31 38-89 42,7 17-39 12-20 2,6 3,5 0,9 0,1 2,4 13,1

6-17

8 21 18-50 36,0 1-14 15-24 4,1 0,9 0,8 0,6 1,6 6,5 6 25

8 18 29-43 67,4

Andrew Albicy

0,3 0,9 2,3

Hervé Touré John Linehan

8 22 30-52 57,7

John Cox

-

3,8 0,6 0,2 0,4 1,0 7,2

Ferdinand Prenom

226-457 49,5 63-183 97-133 27,9 13,0 6,5 1,5 14,2 76,5 Tirs

4-8

Zach Moss

Roanne (3-5) MJ Min

5 22 12-31 38,7 8-15

Dijon (3-5)

5,2 0,7 0,8 0,5 1,8 8,5

Joueurs

1,2 8,2

Torrell Martin

-

5-8

17-27 6,9 1,0 1,0 2,1 2,0 15,1 1,5 10,6

6

15-29 4,8 1,0 1,4 0,5 2,5 8,9

-

6 20 23-36 63,9

Bp Pts

-

8

16-20 3,2 1,1 0,5 0,1 1,8 9,5

Co

-

1

2-6

In

6,1 1,4 1,1

Total

8 21 29-54 53,7

Pd

8 26 23-71 32,4 9-37 11-17 3,1 2,1 0,5

Jamal Shuler

Chris Oliver

Rb

Nick Pope

Bp Pts 2,1 14,0

Johan Passave-Ducteil 8 21 28-44 63,6

Paris Levallois (5-3)

Co

2,4 13,4

Chris Massie

229-480 47,7 72-201 93-125 32,2 17,9 6,8 3,5 12,6 77,9

In

-

2,5 10,5

-

Pd

-

1,8 9,5

-

Rb

8 29 35-78 44,9 16-45 26-31 1,0 2,4 0,9

-

-

LF

7 30 34-61 55,7 11-25 15-19 4,1 2,3 0,9

-

-

2,1 0,6 0,3 0,1 0,1 2,6

Chris Warren

6 24 19-42 45,2 8-21 17-24 1,8 1,8 0,8

1,0 3,1

-

David Lighty

8 20 29-54 53,7 6-12 12-15 3,5 1,8 0,9

-

-

Nanterre (4-4)

A.J. Slaughter

1,0 1,0 3,7

-

0,1 1,8 3,8

203-453 44,8 43-135 92-121 34,6 13,6 7,1 2,5 17,4 67,6

Travon Bryant

-

-

-

-

LF

Abdoulaye Mbaye

Sabri Lontadila

-

MJ Min

Marcellus Sommerville 8 30 33-96 34,4 11-33 8-10

-

0,2

Joueurs Shawn King

0,2

-

Souleyman Diabate

2,7 0,9 0,3 0,3 1,0 4,6

-

-

0,9 2,6

2,3 0,7 0,7 0,3 1,5 6,2 3,2 0,1

-

-

0,5 0,5

200-460 43,5 55-166 126-170 33,9 13,1 5,1 3,6 15,4 72,6

3-4

-

2,0 1,3 0,1

Nancy (3-5)

2-6

2,1 1,4 0,8 0,1 0,5 2,8

Bp Pts

8 29 34-92 37,0 12-47 22-31 2,6 1,4 0,5 0,1 2,4 12,8

-

0,2

Co

8 23 34-72 47,2 13-32 12-16 1,6 0,8 0,8 0,4 2,1 11,6

8 16 14-27 51,9

-

In

Anthony Smith

Jean-Michel Mipoka 7 17 12-42 28,6 5-19

-

Pd

Lamine Kante

Fréjus Zerbo

0-1

Rb

41-48 6,8 0,5 0,6 0,5 2,1 17,8

1,2 4,9

-

0,6 2,0

Poitiers (3-5)

1,2 5,9

0-3

-

219-480 45,6 39-129 99-157 33,8 12,5 6,8 1,1 13,0 72,0

-

2

1,1 7,1

8 12 16-26 61,5

-

8 18 10-34 29,4 2-16

-

2,2 1,2 0,4 0,5 1,2 5,0

8 13 14-28 50,0

3,0 4,2 1,4

4

1,6 12,6

Yannick Gaillou

9-25

30,0

-

1,6 1,1 0,9 0,1 1,1 9,0

David Ramseyer

8 16 13-37 35,1 4-11 17-19 1,4 1,8 1,1

David Noel

Pd

Amadi McKenzie

8 28 13-51 25,5 4-16

Abdoulaye Loum

Rb

Osiris Eldridge

Yannick Bokolo

3-10

2,0

In

Aldo Curti

9

-

0,1 1,1

11-26 9,0 2,4 1,0

7 19 13-36 36,1 8-27 16-17 1,7 0,9 0,6

-

1,5 4,5

225-482 46,7 58-170 74-108 35,6 15,8 6,1 2,8 15,1 72,8

8 24 16-50 32,0 2-13

-

1,3 7,3

Boulazac (3-5)

Thomas Dubiez

9-14

53,3

-

Justin Hawkins

22-32 7,2 5,0 1,2 0,2 1,9 13,5

-

-

40-49 5,6 0,8 0,9 0,9 3,1 15,6

0-3

-

-

8 24 42-78 53,8

7 20 17-30 56,7

8-15

-

8 31 38-98 38,8 11-37 23-35 3,4 1,8 1,5 0,2 2,4 13,8

8 24 12-49 24,5 8-33

8 15 14-25 56,0

2,0

1,5 0,1

Alexis Ajinca

Maxime Zianveni

8 10

4,7 1,7 1,3

3,4 3,6 1,4 0,2 1,5 7,2

Gerald Fitch

Jeff Greer

Dounia Issa

32,0 1-10

4-14

8 24 33-65 50,8

Henri Kahudi

8-25

6

8 26 24-58 41,4 5-16 25-36 4,4 1,1 0,8 0,2 1,0 9,8

4,8 0,9 0,2 0,2 1,4 6,9

5-8

8 26 21-54 38,9 10-22 6-11

8

J.P. Batista

9-11

3 23

D.J. Thompson

8

Pape Sy

0-1

Bryant Smith

1

-

8 35 43-80 53,8

8 15 23-48 47,9

4,1 1,8 1,0 0,5 1,8 10,2

Fabien Paschal

-

8 34 25-58 43,1 5-24 26-30 3,2 4,1 2,4

Alain Koffi

3-4

-

Julien Sauter

-

Ricardo Greer

1,9 9,4

6,5 1,0 0,4 0,5 2,2 10,6

8 30 35-83 42,2 9-38

1,3

0,2 0,2 0,2

Louis Campbell

-

9-19

Max Kouguere

-

1,0

8 32 26-63 41,3 16-38 14-20 5,4 2,0 0,4 0,4 1,6 10,2

14-15 4,9 1,8 0,6 0,2 2,8 10,0

8 33 40-94 42,6 19-51 18-19 5,5 0,8 0,5 0,2 1,2 14,6 8 25 38-67 56,7

0,6 3,6

-

8 29 26-61 42,6 10-30 18-21 1,2 3,2 0,8 0-1

Vlad Moldoveanu Graham Brown

0,2

-

Charles Kahudi

2,2 10,0

4,2 16,9

2,5 1,4 0,8

0-1

1-5

Bp Pts

-

3,5 0,2 0,6 1,2 0,9 4,5

0-1

In

Co

2-4

-

Pd

Pd

6-12

50,0

Rb

Rb

2-8

1-2

LF

LF

0-1

0-1

3pts

3pts

8 19 16-33 48,5

3

%

%

8 16 15-23 65,2

6

Tirs

Tirs

Gédéon Pitard

4

MJ Min

In

8 35 47-88 53,4 17-39 24-28 2,8 6,2 1,0

Bangaly Fofana

1

Joueurs

MJ Min

1,6 4,7

Théo Leon

8

Joueurs Bernard King

-

Paul Lacombe

Khalid El-Amin

-

Bp Pts

-

3,0 9,0

8

Co

8 23 31-60 51,7 12-26 16-19 4,2 1,2 0,8

-

-

In

Tim Abromaitis

2-4

-

Pd

2,3 11,7

50,0

1,6 0,7

Rb

1,8 12,6

4-8

5-5

Edwin Jackson

4-8

LF

-

1 32

-

3pts

8 32 42-84 50,0

Kevin Houston

1,0

%

8 32 36-83 43,4 11-38 18-20 2,4 3,4 0,9

16-24 7,8 1,4 1,4 1,1 2,4 11,2

-

Tirs

Amara Sy

8 24 37-65 56,9

-

MJ Min

Michael Thompson

8 32 28-65 43,1 11-32 22-31 3,8 6,0 1,6 0,1 2,1 11,1 -

Joueurs

1,4 12,2

Shelden Williams

Michel Jean-Baptiste Adolphe 8 14 22-33 66,7

-

Co

Steed Tchicamboud

Jordan Aboudou

Le Havre (3-5)

Lyon-Villeurbanne (5-3)

Joueurs

(après 8 journées)

-

35,3 3-11 -

0-2

8-10

-

1,5 8,0

5,1 1,1 0,9 0,2 1,1 6,6 -

3,0 6,5

11-14 3,8 0,8 0,1 0,1 1,6 5,4 6-10 -

2,0 1,2 0,4 0,1 0,5 2,6 1,0

-

-

-

-

-

201-464 43,3 55-157 101-141 37,6 14,1 6,0 2,0 15,1 69,8

8 -

11-19 4,0 0,2 0,5 0,2 1,2 8,6 6-14

4,9 0,2 0,8 0,2 1,6 8,2

1-7

11-18 1,4 0,9 0,7

60,0

1-3

6-12

1,1 1,2 0,8

-

16,7

0-5

2-2

3,2

-

-

1,0

-

1,2

13-14 1,5 1,2 0,5 0,3 1,2 6,3

198-441 44,9 30-119 111-155 30,1 11,0 8,4 1,1 14,0 67,1

Orléans (2-6) Joueurs

MJ Min

Caleb Green

8 31 47-94 50,0 6-31 22-28 6,8 2,9 1,2 0,2 2,6 15,2

Tirs

%

3pts

LF

Rb

Pd

In

Co

Bp Pts

Jahmar Young

8 27 35-93 37,6 26-62 21-24 1,6 1,5 0,6

-

1,9 14,6

Brian Greene

8 31 38-80 47,5 13-34 12-17 5,1 2,2 1,1

-

1,4 12,6

Marc-Antoine Pellin

8 30 26-48 54,2 6-12 15-16 3,2 7,0 1,8

-

3,1 9,1

Bambale Osby

7 17 21-41 51,2

-

17-22 2,7 0,1 0,4 0,6 2,0 8,4

Maël Lebrun

7 23 19-41 46,3 7-25

3-4

3,0 1,6 1,0 0,1 1,1 6,9

Fernando Raposo

8 17 20-37 54,1

-

5-13

3,4 0,6 1,0 0,1 1,9 5,6

Chris Hill

2 19

1-10

10,0

1-6

2-2

3,0 0,5 2,5

Murat Kozan

1

9

1-1

100,0

-

-

Antoine Eito

8 11

4-18

22,2 3-14

1-2

-

-

-

1,0

-

1,0 1,6 0,4

-

1,5 2,5 -

2,0

0,4 1,5

Bryan Pamba

1

3

0-1

-

-

-

-

-

-

-

-

-

Anis Gabsi

1

2

-

-

-

-

1,0

-

-

-

1,0

-

Ryan Ayers*

6 15

-

1,3 0,7 0,5

-

0,3 4,5

Total

8

-

9-18

50,0 9-17

221-482 45,9 71-201 98-128 30,8 18,0 8,5 1,0 15,1 76,4


15,1

• L’évaluation moyenne de Marco Pellin en Pro A (4e des JFL derrière Diot, Tchicamboud et Jackson). S’il y en a bien un qui n’a rien à se reprocher dans le début de saison difficile d’Orléans, c’est le meneur, qui réussit pour l’instant sa meilleure campagne en carrière aux points (9,1), au pourcentage aux tirs (54,2%), à trois-points (6/12), aux lancers (15/16), aux rebonds (3,3), aux passes (7,0), aux fautes provoquées (3,0) et à l’évaluation, logiquement.

de la semaine

Par Thomas BERJOAN

2.502

• Lundi 26 novembre, après le match contre Toronto gagné en prolongation par les Spurs, Tim Duncan est devenu le 9e joueur de l’histoire de la NBA à dépasser 2.500 contres en carrière. C’est sur Andrea Bargnani qu’il a réalisé le 2.500e, terminant la partie à 2.502. Hakeem Olajuwon est toujours le numéro 1 d’assez loin avec 3.830 blocks en carrière.

2

• Tim Duncan

• Les 33 points d’Antoine Diot contre Strasbourg constituent la 3e meilleure performance aux points pour un Français depuis 10 saisons LNB. Seuls 8 Français ont dépassé les 30 points depuis 2003 : Eric Micoud (37 avec Paris le 06/12/03 à Roanne), Ali Traoré (34 avec l’ASVEL contre Nancy le 13/03/10), Antoine Diot donc (33 avec Paris le 23/11/12 contre la SIG), Mam Diarra (33 avec Chalon le 20/05/06 au Havre), Max Zianveni (32 avec Nancy le 27/04/04 contre le Havre), Laurent Legname (32 avec Hyères-Toulon le 05/02/05 à Cholet), Cyril Julian (31 avec Nancy le 29/04/06 contre Chalon) et Rodrigue Beaubois (31 avec Cholet le 13/05/09 contre Roanne).

• Sur les cinquante meilleurs scoreurs en NBA, décompte arrêté lundi matin, seuls deux joueurs affichaient des pourcentages aux tirs en dessous des 40%. Andrea Bargnani (31e avec 17,6 pts mais 38,6% aux tirs) et Deron Williams (36e avec 16,8 pts mais 39,9% aux tirs) !

273.150.807

• En dollars, il s’agit de la somme totale des contrats NBA signés par l’agent numéro 1 du marché pour la saison en cours. Un des hommes les plus importants du business et personne ne connaît son nom : Arn Tellem. Il a dans son écurie 42 joueurs dont 12 All-Stars et 6 contrats maximum. Pas mal. Bouna Ndiaye le Français est le premier non-Américain de cette liste à la 24e position avec 24.130.953 dollars pour la saison en cours.

Hervé Bellenger/IS

Hervé Bellenger/IS

3

• Marc-Antoine Pellin

49

D. Clarke Evans/NBAE via Getty Images

0

• Dans la défaite contre Boulogne, Philippe Da Silva, le meneur de Rouen, a noirci la feuille de stats. 11 passes, 3 interceptions, 5 fautes personnelles mais… aucun point sur les 100 inscrits par son équipe. En 37 minutes, 0/6 aux tirs et pas de tentatives aux lancers. C’est la 3e fois de la saison que le meneur expérimenté termine capot sur un match. Da Silva tourne à 0,16 point par minute cette saison.

Les chiffres

BasketNews

• Antoine Diot


50 • www.basketnews.net

RÉTRO

Il y a 10 ans Par Claire PORCHER

Le chiffre

33

• Le 20 novembre 2002, à Szombathely, en Hongrie, dans le cadre des qualifications pour l’Euro 2003, Laurent Foirest essaye de compenser au mieux les manques français (les Bleus perdent ce match 80-94) en marquant la bagatelle de 33 points, à 12/18 aux tirs, le tout assorti de 4 rebonds, 4 passes et 1 interception. Difficile de classer cette performance dans l’Histoire des Bleus mais elle doit sans conteste être dans le Top 30. La plus grosse marque offensive reste les 53 points d’Hervé Dubuisson contre la Grèce le 21 novembre 1985.

La phrase

« Jérôme Moïso doit apporter des choses que les autres ne peuvent pas apporter » • Le sélectionneur des Bleus, Alain Weisz, avait totalement raison, et avait d’ailleurs fait revenir le pivot NBA en équipe nationale pour l’Euro 2003. Le Guadeloupéen était en effet, à cette époque-là, un joueur au profil technique et physique irremplaçable. Et si le mental avait suivi, sans doute la France aurait-elle connu un autre sort que sa 4e place à l’Euro, intrinsèquement bonne mais finalement stérile.

Nowitzki : « Oui, j’ai insisté sur la défense » Q

uatorze victoires d’affilée. Pour commencer la saison. Et en défendant. Enfin, en défendant pas trop mal. Moins pire qu’avant, disons. Les Dallas Mavericks sont l’attraction de la première partie de la saison 2002-03 et Dirk Nowitzki, la star, souvent fustigée pour ses lacunes défensives, se confie à Thomas Urbain dans BasketNews, après une victoire chez les Nets. « Nous pouvons désormais nous appuyer sur la défense et nous sommes solides au rebond.

En vrac

Nous avons appris à gagner les matches sans paillettes. Nous pouvons être fiers de nous. (En défense) Il y a une différence par rapport à l’an dernier, c’est clair. Sacramento a vraiment tiré parti de nos lacunes au second tour (ndlr : des playoffs). Je crois que tout le monde dans l’équipe a pris conscience de cela. C’est surtout une question d’état d’esprit. Mais bon, il ne faut pas s’emballer. (…) Cet été, oui j’ai insisté sur la défense. J’ai aussi consacré du temps à mes mouvements dos au panier et à mon dribble. Et puis j’ai fait un peu de tout, comme d’habitude. J’ai franchi un nouveau palier. » Quant à son ami Steve Nash, en pleine affirmation parmi les meilleurs du monde, à 28 ans, Dirk Nowitzki avait un avis. « Je ne suis absolument pas étonné. C’est un All-Star. La saison dernière, il a déjà tout fait. Il nous a gagné pas mal de matches. C’est notre Jason Kidd. Il est là tous les soirs, il tient cette équipe. Et quand le besoin s’en fait sentir, il prend le scoring en main. Il serait stupide qu’il ne fasse que passer alors qu’il a tout l’arsenal offensif. » ●

• Les passeports de complaisance pour les joueurs américains ne sont pas une nouveauté des deux ou trois dernières années. Déjà en 2002, le pivot US Kenyon Jones (ex Le Havre, passé en Grèce ensuite) avait reçu un passeport macédonien (sorti de nulle part, évidemment) et était devenu « Kenajn Rasim Dzons ». Voilà… Les nouveaux Européens de NCAA ? Le Slovène Erazem Lorbek, le Danois Christian Drejer, le Turc Engin Atsur et un certain (dixit BasketNews) Michael Loul Deng (on aura reconnu Luol Deng)… Rasheed Wallace et Damon Stoudamire, de Portland, ont été arrêtés pour excès de vitesse et la maréchaussée a trouvé, dans le véhicule, 40 grammes de marijuana. Mésaventure ordinaire pour les « JailBlazers » à l’époque… La preview NCAA de BasketNews concernant les dix joueurs à suivre de la saison 2002-03 ? On n’avait pas été mal : Carmelo Anthony, Dwyane Wade, David West, Kirk Hinrich, Luke Walton, Erazem Lorbek, Nick Collison, mais aussi Jason Gardner (Arizona), Erwin Dudley (Alabama) et Christian Drejer (Florida)… Gianmarco Pozzecco, le meneur feu follet de la Fortitudo Bologna, voue une haine éternelle à Boscia Tanjevic, ancien sélectionneur de l’équipe nationale italienne, qui l’avait évincé avant l’Euro 1999 et l’avait donc privé du titre continental. Et quand ils se retrouvent face à face dans le derby de « Basket City », Boscia étant alors coach de la Virtus, il règle ses comptes. Sur le terrain (14 passes en 25 minutes, et victoire) et au micro : « Cela faisait trois ans que j’attendais ce moment. C’est l’un des plus beaux jours de ma vie et donc je me permets de fumer un cigare (ndlr : dont Boscia est friand). Mais, rappelez-vous, fumer est mauvais pour la santé. »


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