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COSTUMES & DÉCORS D’OPÉRAS 4 DÉCEMBRE 2012 15 JANVIER 2013 HÔTEL DE RÉGION


En septembre dernier, une nouvelle production du célèbre Carmen de Bizet, programmée à l’occasion des 50 ans du Théâtre des Arts a réuni 9500 spectateurs. Carmen est l’opéra le plus joué en France.


COSTUMES & DÉCORS D’OPÉRAS

En décembre 1962, pour l’inauguration du Théâtre des Arts à Rouen, était joué l’opéra de Georges Bizet, Carmen. Cinquante ans plus tard, Carmen est de retour pour célébrer le jubilé du Théâtre des Arts, lieu de diffusion de la culture en général et de la musique en particulier. À cette occasion, la Région, en partenariat avec l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie, a souhaité mettre en lumière les décors et costumes d’opéras qui généralement retournent dormir dans les réserves une fois le spectacle terminé et les lumières éteintes. Portes géantes, escalier de scène, cheval foudroyé, maquettes, fonds de décors sur bâche, robes à crinoline ou uniformes sont donc donnés à voir au public. Cette exposition met en avant plusieurs opéras joués au Théâtre des Arts : La Trilogie Beaumarchais, La Clémence de Titus, le Giovanna d’Arco de Verdi et bien sûr Carmen. La Région est particulièrement heureuse d’accueillir une telle exposition où flotte un parfum féérique, où se marient la magie de la scène et le travail minutieux effectué par ceux qui œuvrent dans les ateliers de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie. Bonne exposition ! Chaleureusement Alain Le Vern, Président de la Région Haute-Normandie


Avant chaque montage sur la scène du Théâtre des Arts, le décor est complètement monté aux ateliers. Ci-dessus : un élément de La Trilogie Beaumarchais.


L’ATELIER DE CONSTRUCTION ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ La vie lyrique rouennaise s’est traditionnellement accompagnée d’une forte activité de production. L’atelier du Théâtre des Arts a souvent permis à la capitale régionale d’occuper une place privilégiée dans la création artistique nationale. Depuis quelques années, le rôle de l’atelier s’est considérablement développé. Les décors de toutes les nouvelles productions et de la plupart des coproductions sont aujourd’hui fabriqués dans l’atelier. Ces derniers temps, l’atelier a également développé ses activités vers l’extérieur. Aujourd’hui il est en mesure de répondre également à des commandes d’autres structures culturelles et s’affirme comme un outil de production propre. Situé 33 rue des Grosses-Pierres à Déville-lès-Rouen, l’atelier a été ouvert en décembre 2010. C’est le quatrième atelier de construction depuis l’inauguration du Théâtre des Arts en 1962. Pratique, fonctionnel et bien situé, ce nouvel atelier est mis à la disposition de l’Opéra par la Région Haute-Normandie. Grâce à ces activités multiples, l’atelier génère des emplois en quantité non négligeable, développe des compétences, tant dans les domaines de l’ingénierie que de la technique et participe activement à la formation des jeunes. Il représente également un élément déterminant dans la cohésion des équipes de productions et renforce l’attractivité de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie auprès du réseau artistique.

Véritable défi jamais représenté jusqu’ici, La Trilogie Beaumarchais constitue aussi un défi scénographique. En effet, il s’agit de présenter dans le même dispositif scénique trois opéras inspirés de drames bourgeois de l’écrivain du XVIIIe siècle, à savoir Le Barbier de Séville (Rossini), Les Noces de Figaro (Mozart) et L’Amour Coupable (Pécou), commandé spécialement à cette occasion. Les trois mises en scène sont signées par Stephan Grögler dans des costumes et décors de Véronique Seymat.


L’ATELIER EN CHIFFRES Superficie totale : 4150 m2 Espaces de stockage : 2700 m2 Décors : 2422 m2 / costumes : 278 m2 Espace de construction : 1450 m2 Personnel présent sur le site : 10 constructeurs en moyenne dont un chef de construction Métiers : serruriers, menuisiers, peintres décorateurs, sculpteurs, plasticiens… ACTIVITÉS – Construction des décors des productions lyriques de l’Opéra de Rouen HauteNormandie. – Réfection et mise aux normes de décors en tournée. – Entreposage des décors et costumes de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie. – Constructions diverses pour compagnies de danse, théâtre, cirque, etc.


Les décors de La Traviata de Verdi, présentée au Théâtre des Arts en mai 2012, sont réalisés à partir des maquettes (dessins et représentation en 3D) conçus par le scénographe, en l’occurrence Maggy Jacot. Les maquettes sont exposées à l’équipe technique un an avant la première du spectacle.


Situer à l’époque contemporaine les costumes de la dernière Carmen jouée au Théâtre des Arts relève du choix du metteur en scène et du costumier. Ici Lionel Lesire signe des costumes évacuant toute référence à « l’espagnolade » souvent présente dans les mises en scène.

Dans la mise en scène de L’Amour coupable, le costume devient élément de décor.


Un détail d’un corset de La Traviata imaginé par la costumière Danièle Barraud. Pour la réussite de la performance vocale des chanteurs, chaque costume est fait sur mesure.

L’ATELIER DE COSTUMES Situé au dernier étage du Théâtre des arts, l’atelier de costumes est fortement mobilisé sur les productions lyriques. Grâce à des ressources humaines possédant une grande technicité et un savoir-faire reconnu, l’atelier de l’Opéra est en mesure d’assurer des créations de costumes de productions nouvelles mais aussi de réadapter des costumes existants. Chaque production exige la fabrication de plusieurs dizaines de costumes différents et mobilise sept à huit costumières sous la direction de la chef costumière de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie. En contact direct avec le costumier, qui imagine les tenues en lien avec les parti-pris du metteur en scène, celle-ci coordonne la réalisation du projet, parfois du rêve, des créateurs. Un an avant le jour J, le costumier expose ses maquettes. Vient ensuite le choix des tissus, les prises de mesure des artistes, la fabrication des patrons, la coupe et puis l’assemblage. Plusieurs séances d’essayage sont nécessaires pour garantir le tombé du costume et le confort du chanteur. Le costumier supervise également les coiffures et maquillages. Après une série de représentations, les costumes sont stockés aux ateliers de Déville-lès-Rouen. Nombre de nouvelles productions sont élaborées sur des coproductions entre différents théâtres. Le partage des coûts et le prolongement de la durée de vie des pièces constituent des arguments de taille à la mise sur pied de ce type de collaboration, chaque institution apportant ses forces vives (certains théâtres sont dotés d’un orchestre, un chœur, d’autres d’ateliers ou encore d’un ballet). C’est ainsi, par exemple, que la dernière production de Carmen sera reprise en 2013 à l’Opéra-Théâtre de Limoges. Les costumes migreront là-bas le temps du spectacle et seront réadaptés aux mesures des artistes choisis par le directeur limousin. Le grenier de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie est donc riche de 8 000 pièces qui reflètent les multiples recherches et univers des costumiers. Le temps maximum passé sur un costume est de 200 heures de travail, cas de figure tout de même exceptionnel.


Les dessins de Danièle Barraud pour La Traviata. Le chœur de femmes est habillé de robes corsetées imaginaires. Les maquettes sont échantillonnées par la costumière et la chef costume. Après avoir choisi les tissus, les coupeuses élaborent les patrons de A à Z.


Carte postale du Théâtre des Arts, du Palais des Consuls et de la statue de Corneille aux Éditions « La Cigogne », 74 rue aux Ours, Rouen.

LES THÉÂTRES DES ARTS DE ROUEN LE PREMIER THÉÂTRE DES ARTS, 1776-1876 Le 29 juin 1776, une nouvelle salle de spectacle était solennellement inaugurée. Le théâtre de Rouen était un vaste et bel édifice sis entre le cours Boieldieu, les rues Grand Pont, de la Comédie et des Charrettes. La salle était d’une coupe agréable et commode. Elle contenait normalement 1868 places ; mais certains jours de représentations extraordinaires, on réussissait à y entasser jusqu’à 2 000 spectateurs. Le 25 avril 1876, quelques instants avant le commencement de la représentation un terrible incendie se déclara qui, faisant de nombreuses victimes, détruisit de fond en comble la vieille salle du théâtre des Arts. LE SECOND THÉÂTRE DES ARTS, 1882-1946 Dès le 5 mai suivant, le Conseil municipal commença à s’occuper de pourvoir à la reconstruction. Le 30 septembre 1882, la nouvelle salle était inaugurée avec 1 600 places environ. Au matin du dimanche 9 juin 1940 le premier obus tomba. En mai 1944 les bombardements visant les ponts voisins achevèrent, durant la sinistre « semaine rouge » la ruine du théâtre des Arts. En 1945-1946 on décida de le démolir complètement. LE TROISIÈME THÉÂTRE DES ARTS, 1962 Le Théâtre des Arts que nous connaissons actuellement est le troisième du nom. Il fut bâti sur les plans de Pierre Sonrel, Jean Maillard et Robert Levasseur. Les travaux débutés en 1953, avaient été arrêtés rapidement. Ils reprirent en 1956 avant d’être de nouveau stoppés pour recommencer en 1959. Inauguré le 11 décembre 1962, avec une représentation de l’opéra « Carmen », le nouveau Théâtre des Arts est un édifice imposant. Une façade en marbre, quelque peu fière et austère, tournée vers la Seine, ouvre sur une salle à l’italienne, accueillante et confortable, pouvant contenir 1350 spectateurs.


CONCEPTION, RÉALISATION : www.latelierdecommunication.com / PHOTOS FRÉDÉRIC CARNUCCINI / AGENCE ALBATROS

EXPOSITION À L'HÔTEL DE RÉGION HAUTE-NORMANDIE 5, RUE ROBERT SCHUMAN / BP 1129 76174 ROUEN CEDEX 1 TÉL. 02 35 52 21 59 FAX 02 35 52 57 97 www.hautenormandie.fr

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