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Politique

2020, v’là les quotas TEXTE : JULIEN WINKEL

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les radios sont censées respecter des quotas de diffusion de musiciens locaux. Et elles le font plutôt bien. Certains artistes considèrent cependant queces quotas ne sont pas assez élevés. Ils plaident donc pour qu’on les augmente. Un dossier vieux de plusieurs années que la crise de la Covid-19 vient peut-être de relancer.

«E

pectés par les radios. Mais pour Charles Gardier et la FACIR, ils seraient insuffisants. Alors que la crise liée au Covid-19 a souligné la fragilité structurelle du secteur artistique et que le cabinet de Bénédicte Linard (Écolo), ministre de la Culture et des Médias, travaille à une refonte des quotas pour les radios privées, le débat autour de ce dossier semble relancé.

n Fédération Wallonie-Bruxelles, nous avons beaucoup de difficulté à découvrir nos artistes par nous-mêmes. Il faut souvent qu’ils marchent à l’étranger avant que nous nous penchions sur leur cas. » Charles Gardier est connu pour être le co-fondateur des Francofolies de Spa. C’est aussi un homme politique qui ne tourne pas autour du pot dès lors que l’on aborde le manque de reconnaissance supposée des artistes estampillés “FWB” sur leur propre territoire. Un phénomène qui, d’après l’élu MR, durerait « depuis des dizaines d’années » et qui l’a poussé à devenir partisan de quotas de diffusion de ces mêmes artistes sur les ondes radios. Pourquoi ? Parce qu’ils constitueraient un moyen d’« amorcer la pompe ». « Si plus de musiciens issus de la FWB sont diffusés sur les ondes, cela leur procurera non seulement plus de droits d’auteurs, mais cela amènera aussi plus de monde dans les salles de concert, plus de moyens pour les programmateurs, les roadies, les structures chargées du catering », détaille-t-il. C’est donc tout un secteur qui en sortirait renforcé, même si les quotas ne constituent pas la seule manière de venir en aide aux artistes issus de la FWB. Pour Fabian Hidalgo, coordinateur de la Fédération des Auteurs-Compositeurs et Interprètes Réunis (FACIR) – qui rassemble 800 membres “tous styles de musique confondus” – travailler à une plus grande continuité de la chaîne de soutien proposée aux artistes par la Fédération pourrait aussi constituer une solution. « Certains d’entre eux reçoivent parfois une aide à la création d’un album, mais n’entrent par exemple pas en ligne de compte pour Propulse », illustre-t-il. Malgré cela, Fabian Hidalgo – rejoint en cela par Charles Gardier – note que les quotas possèdent un avantage non-négligeable par rapport à d’autres pistes de travail : ils ne coûtent rien et sont actionnables facilement. Attention : des quotas de diffusion d’artistes “FWB” existent déjà en Fédération Wallonie-Bruxelles. Et ils sont plutôt bien res-

Larsen

Septembre, octobre 2020

Hausse des quotas, perte de qualité ? Cédric Mauer a bonne mémoire. Les petites cellules grises de cet assistant à l’unité radio pour le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) sont en tout cas capables de remonter jusqu’à 2008, première année au cours de laquelle les radios privées se virent réellement appliquer des quotas de diffusion d’artistes issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles. À l’époque, ceux-ci ne sont pas très élevés : 4,5%, alors que du côté du service public, la RTBF prévoit déjà de monter à 10%. Pourtant, les débuts sont difficiles. « Les radios avaient du mal à respecter les quotas et finissaient toujours par diffuser du Pierre Rapsat ou du Maurane », se souvient Cédric Mauer. Pire : après quelques temps, le CSA constate qu’elles ont aussi tendance à diffuser une « proportion intéressante » d’œuvres “FWB” mais à des heures tardives ou durant la nuit. Malgré ces ratés au démarrage, Cédric Mauer note aujourd’hui diplomatiquement que « les radios se sont montrées intéressées par les quotas ». Elles auraient diversifié leurs “playlists”, « même si ce n’est pas quantifié », concède-t-il. Et elles respectent les quotas alors que les ambitions ont été revues à la hausse depuis quelques années. Pour les radios privées, on est ainsi passé à 6% d’œuvres “FWB”, dont 4,5% doivent être diffusées entre 6h00 et 22h00. Quant à la RTBF, son contrat de gestion fixe un objectif de 12% pour des radios comme La Première, Vivacité ou encore Pure, dont 10% à diffuser entre 6h et 22h. Un cap aisément atteint par

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