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"Du livre au film!"

De très nombreux romans (BD ou nouvelles) ont fait l'objet d'adaptations cinématographiques. Le mois de mai est consacré à cette mise en perspective. La liste complète des romans adaptés est disponible sur le portail ou à la médiathèque. Nous nous sommes limités aux titres dont nous avons à la fois le livre et le film, et cette bibliographie n'est en rien exhaustive. Elle sert de support à nos adaptations préférées... Nous en discuterons lors du « buzz » : vous êtes conviés à nous donner aussi votre avis, quel qu'il soit! Pour info... Si vous lisez les romans en musique, pour bien vous imprégner de l'ambiance, n'oubliez pas non plus les bandes originales de films, que vous trouverez dans l'espace passerelle à la cote 520 + titre du film exemples : musique du film « Les Cerfs-volants de Kaboul : 520 CER musique du film «Billy Elliott » : 520 BIL musique du film «The Hours » : 520 HOU Et pour ceux qui préfèrent écouter plutôt que lire, n'oubliez pas le fonds de livres audios (CDL) : des romans en tous genre lus par leurs auteurs ou des comédiens. A découvrir en Langues et littérature, parmi les romans dans l'espace jeunesse ou dans les bacs CD de l''espace adulte. Quelques exemples : Le crime de l'Orient-Express d'Agatha Christie, lu par Denis Podalydès : R CHR Oscar et la dame en rose d'Eric-Emmannuel Schmitt, lu par l'auteur : R SCH Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl, lu par Claude Villers : RE DAH Pour conclure : Certains documents existent sur différents supports, et se trouvent donc dans différents espaces de la médiathèque : Un exemple : « Zazie dans le métro » de Raymond Queneau se trouve en roman jeunesse (RJ QUE), en roman adulte (R QUE), en livre audio jeunesse, ados et adulte (RE QUE, RJ QUE et R QUE), en film tout public réalisé par Louis Malle (FJ MAL) et dans le CD de la musique des films de Louis Malle (520 MAL), tous 2 en espace passerelle... Bonnes découvertes !


Romans Adultes adaptés 1984 / George Orwell (R ORW), film de Michael Radford (F RAD) Trois États totalitaires se partagent la planète : l'Eurasia, l'Estasia, et l'Océania. C'est sous la dictature du chef du Parti Unique de l'Océania, plus connu sous le nom de Big Brother, que Winston Smith a grandi. Devenu un employé au Ministère de la Justice, il va tenter de s'émanciper du système tandis qu'il est traqué par la police de la pensée... Georges Orwell parvient à nous tenir en haleine à travers les aventures de Winston Smith grâce à un ton juste et précis. Même si Michael Radford à quant à lui préféré mettre l'accent sur la rencontre amoureuse du personnage, cette dystopie devenue culte est à lire et à voir absolument. Les âmes grises / Philippe Claudel (R CLA), film d'Yves Angelo (F ANG) Durant l'hiver 1917, le meurtre d'une fillette met en émoi un paisible village situé non loin de la ligne de front. Plusieurs notables sont soupçonnés du crime. Dès lors, le soupçon gagne et rogne les âmes grises de tous les habitants..... Le film aurait pu être tourné en Noir & Blanc tant l'absence de couleurs vives reflète la couleur des âmes. Un très bon roman et un film que ne l'est pas moins tant le choix des acteurs est juste. Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise / Dai Sijie (R DAI et F DAI) Dans la chine des années 70, 2 jeunes gens sont envoyés en réeducation dans les montagnes du Sechuan, à cause de leurs parents intellectuels. Ils rencontrent le tailleur ambulant, et se mettent en tête d'éduquer sa fille, de l'ouvrir à la littérature (entre autres : Balzac) alors que les livres sont interdits. Un roman autobiographique en hommage à la littérature, qui montre aussi l'esprit de rébellion des jeunes contre la politique culturelle de Mao. L'intérêt du film réside surtout dans la mise en images : les paysages sont magnifiques, la musique et bien sûr la langue mettent parfaitement dans l'ambiance... Les deux sont à savourer sans modération. Un barrage contre le pacifique /Marguerite Duras (R DUR), film de Rithy Panh ( F PAN) Indochine, 1931. Dans le Golfe du Siam, au bord de l'océan Pacifique, une mère survit tant bien que mal avec ses deux enfants qu'elle voit grandir et dont elle sait le départ inéluctable. Ayant investi toutes ses économies dans une terre régulièrement inondée, donc incultivable, elle se bat contre l’administration coloniale qui l’a escroquée, et qui la menace d’expulsion. Elle met toute son énergie dans un projet fou : construire un barrage contre la mer avec l'aide des paysans du village. Rithy Panh propose une lecture de ce roman, intégrant sa propre histoire en toute modestie. La narration du cinéaste est assez fidèle au roman. Tourné au Cambodge, le film est au plus près du récit. (Le personnage central dans le roman de Duras est la sœur, qui est la narratrice; dans le film, c’est la mère, et cela change toutes les perspectives).


Les cerfs-volants de Kaboul / Khaled Hosseini (R HOS) et film de Marc Forster (F FOR) A Kaboul, dans les années 1970, Amir et Hassan sont frères de lait, et passionnés de cerfs-volants. Mais leur amitié va se briser lorsque Hassan est violenté par des garçons sans qu'Amir ne vienne le défendre... Après l'invasion du pays, Amir vit en Californie, mais le souvenir d'Hassan le hante. Quand il reçoit un appel du Pakistan, il retourne dans le pays des talibans pour se racheter. Ce livre a été un best-seller dès sa sortie. Il montre bien ce qui a existé avant l'invasion russe puis celle des talibans, où les gens vivaient dans l'insouciance et s'amusaient... Bien qu'une grande partie de l'intrigue se passe dans la tête d'Amir, le film montre bien ce dilemme, cette quête du pardon, du rachat et nous montre en même temps l'Afghanistan avec ses paysages, sa rudesse, sa population, et la gageure a été de créer la beauté de Kaboul dans les années 70, puis la ville abîmée par les talibans. Le livre va plus en profondeur dans le récit, mais le film est superbe aussi, on se laisse porter par les images et la musique. Le Chaudron / Kiyoko Murata (R MUR), film Rhapsodie en Août / Akira Kurosawa (F KUR) Autour du vieux chaudron où frémit le repas du soir, les quatre adolescents se plongent dans les souvenirs quelque peu embrouillés, de leur grand-mère. Ils partent à la découverte du passé familial, à la rencontre d'êtres disparus depuis longtemps. Force et délicatesse pour évoquer ce passé déjà lointain, perdu dans la brume de la mémoire de leur grand-mère, et la tendresse aussi, par-delà les générations. Dans ce film testament, Akira Kurosawa nous offre un hymne à la mémoire et à la réconciliation! Son récit explore les relations d'une grand-mère et de ses quatre petits-enfants pendant un été à Nagasaki! Évoquant les légendes qui ont bercé son enfance autant que le terrible jour d'août 1945 ou la ville a basculé dans l'horreur nucléaire, elle fait découvrir à ces adolescents, éduqués selon le modèle américain, la culture traditionnelle et leur passé tragique. Il est vraiment très intéressant de (re)voir le Kurosawa après la lecture du roman. On voit la manière dont il a développé le roman, utilisé le matériau littéraire. Il représente en gros la première moitié du film. La Constance du jardinier / John Le Carré (R LEC), film The Constant gardener / Fernando Meirelles ( F MEI) Tessa Quayle, militante altermondialiste, a été sauvagement assassinée dans le nord du Kenya. Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain d’une organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l’époux de Tessa, diplomate britannique à Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête périlleuse de la vérité, bien décidé à achever les projets entamés par elle. Cette aventure à travers toute l’Europe, le Canada, l’Afrique, lui fait découvrir le monde occulte de l’industrie pharmaceutique. L’adaptation du roman de John Le Carré est réussie. L’enquête de Justin, qui est l’intrigue principale, est entrecoupée de flashbacks sur l’action de Tessa et sur l’histoire d’amour du couple. «La Constance du Jardinier» est à la fois une histoire d’amour, un thriller, un documentaire sur l’Afrique, une œuvre militant pour le droit à l’accès aux soins des plus nécessiteux. Le message est d’autant plus fort que la réalité est profondément ancrée dans le film.


Entre les murs / François Bégaudeau - 2006 (R BEG), film de Laurent Cantet - 2008 (FJ CAN) Un jeune professeur de collège (Paris, 19e) raconte une année passée à enseigner le français à des adolescents difficiles. Il lui faut assurer et assumer côté classe et côté salle des profs. François Bégaudeau, auteur du roman, est ce jeune prof, parfois fragile mais toujours déterminé ; ses cours se transforment en «joutes verbales»; le style parlé des élèves (mélange de verlan, de dialecte et de langage familier) est bien retranscrit. Laurent Cantet, le réalisateur, a laissé libre cours à la spontanéité des jeunes acteurs non professionnels, ce qui donne au film son rythme, sa vitalité, son naturel. François Bégaudeau interprète son propre rôle. A lire et à voir obligatoirement par tous les publics. L'Immeuble Yacoubian / Alaa El Aswani (R ASW), film de Marwan Hamed (F HAM) L’Immeuble Yacoubian style Art Déco : symbole de l'ancienne classe dominante en Égypte, opulente et cosmopolite. Les anciens habitants ont pour la plupart quitté l'Égypte ou ont vu leur statut social s'effondrer. Le bâtiment a perdu sa splendeur. Les nouveaux habitants sont soit des nouveaux riches, soit des pauvres venant de la campagne qui, luttant pour survivre, ont investi le toit de l'immeuble. C’est un regard tendre, affectueux, plein de compréhension sur ses personnages qui se débattent. L'immeuble Yacoubian est l'adaptation cinématographique du classique de la littérature égyptienne. Marwan Hamed a réuni dans son film, l'ensemble des problèmes de la société égyptienne ; un film engagé qui brave les tabous avec une grande liberté de ton. Il y en a pour tous les goûts : corruption larvée, homosexualité réprimée, prostitution à moitié avouée, religion malmenée. 50 ans d'histoire en un film. La Jeune fille à la perle /Tracy Chevallier (R CHE), film de Peter Webber (F WEB) C'est une peinture magistrale et réaliste de la société hollandaise du 17 e siècle au travers du quotidien d’une maison de Delft et d'une jeune fille enfermée dans un monde aux règles cruelles et aux conventions étouffantes : Griet travaille chez les Vermeer, une famille paralysée par les codes sociaux et l'emprise du riche mécène du peintre, Van Ruijven. Mais qui était cette inconnue à la peau veloutée et au turban bleu qui attira l’œil de Vermeer et fit battre son cœur? L'identité du modèle est ignorée. Peter Weber donne une image aux mots et une perspective aux sentiments. Le pinceau de l’artiste et le travail du réalisateur se confondent et chaque teinte se superpose pour donner une impression de délicatesse, de pureté et d’authenticité à l’ensemble. On pénètre entièrement dans la peinture de La jeune fille à la perle mieux connue sous le nom de La jeune fille au turban de Vermeer. Le résultat est sublime !


Lolita / Vladimir Nabokov (R NAB), film de Stanley Kubrick (F KUB) Une histoire d'amour passionnel entre une adolescente et un homme d'âge mur qui a fait scandale il y a quelques années. Un roman dérangeant par son caractère immoral ponctué d'une écriture qui mêle sensualité et poésie. On retrouve cette ambiance quelque peu malsaine dans l’œuvre de Stanley Kubrick d'une grande beauté, sensuelle, à l'image de la jeune fille.

Madame Bovary/Gustave Flaubert-1857(843 FLA ou RE FLA), film de Claude Chabrol-1990 (F CHA) Emma, fille d'un riche fermier a des aspirations que son milieu ne peut satisfaire. Après son mariage avec le médecin Charles Bovary, elle prend conscience qu'elle n'est pas heureuse . Elle rêve de luxe, d'amours romantiques, d'aventures romanesques : ses rencontres l'entraîneront à sa perte. Dans son roman, Flaubert peint très bien l'évolution d'Emma et ses descriptions, toujours très précises, fourmillent de détails. Dans son film, Chabrol suit de près le texte du roman : son adaptation est très fidèle . La touche Chabrol est malgré tout bien présente dans la critique très caricaturale de la société bourgeoise. Les acteurs sont parfaits. Roman à lire ou à relire, film à voir absolument. Mademoiselle Chambon / Eric Holder (R HOL), film de Stéphane Brizé (F BRI) Antonio, homme de peu de mots et sans histoires, est bouleversé par l'institutrice de son fils, tous deux sont dépassés par l'évidence de leurs sentiments... Magnifique roman d'amour tragique, et dérisoire réalité de la vie : il est toujours trop tôt, ou trop tard, et l'on passe à côté de l'essentiel. Le drame, c'est d'en être conscient. A travers la peinture fine d’un milieu social, le film, sensible, aborde la passion malheureuse et la répression des sentiments de deux êtres parvenus à un carrefour de leur vie. C'est une histoire simple où le réalisateur privilégie les jeux de regards au choc des corps. Mon frère est fils unique / Antonio Pennachi (R PEN), film de Daniele Luchetti (F LUC) En Italie, de 1962 à 1973, Accio, La Teigne, crée le désespoir de ses parents, une famille ouvrière de la province du Lazio. Il est farouche, polémique, bagarreur et a les nerfs à fleur de peau. Il agit par instinct, vivant chaque bataille comme une guerre. Son frère Manrico est beau, charismatique, aimé de tous, mais tout aussi dangereux... Les deux jeunes hommes se battent sur deux fronts politiques opposés, ils aiment la même femme, et traversent, dans une confrontation sans fin, une période de leur vie faite de fugues, de retours, d'échanges de coups et de grandes passions, alors que la jeunesse italienne est en proie aux fortes idéologies politiques. Un roman foisonnant et assez drôle, qui, malgré sa longueur se lit d'une traite ! Luchetti filme, en musique, cette époque sous l'angle d'une comédie très sympathique, pleine d'énergie. La partie de l'enfance est à peine esquissée, il s'attache surtout à montrer les adolescents


en devenir. Un film qui, idéologiquement ne prend pas position, mais dresse le portrait de l'Italie des "gens de peu" oubliés de la prospérité, négligés par les politiciens de tout bord. Doté d'un rythme trépidant et de répliques qui font mouche, ce petit bijou souvent jubilatoire, véritable modèle de dynamisme et d'efficacité est juste et touchant. A lire et à voir sans hésiter ! Le Nom de la Rose / Umberto Eco (R ECO), film de Jean-Jacques Annaud (F ANN) En l'an 1327, dans une abbaye bénédictine, des moines sont retrouvés morts dans des circonstances suspectes. Cette abbaye réunit des franciscains et des représentants du pape pour une confrontation. Rapidement, ce que beaucoup semblaient considérer comme un suicide prend des allures de plus en plus inquiétantes. L'enquête est confiée à Guillaume de Baskerville, exinquisiteur franciscain, accompagnée du jeune novice Adso de Melk . Lorsqu'un inquisiteur dominicain se rend à l'abbaye à la demande du pape, et commence à se mêler à l'enquête, les choses se compliquent encore. Le Nom de la rose est une histoire en sept chapitres, chiffre symbolique qui représente le nombre de jours, de morts, et d'étapes de l'enquête. Elle est racontée par le novice devenu vieillard. Le film est bâti comme l'illusion de l'escalier sans fin et quelques clins d'oeil : l'ex-bibliothécaire de l'abbaye, Jorge de Burgos se rapporte à Jorge Luis Borges , qui comme Burgos était bibliothécaire et termina sa vie aveugle, et à sa nouvelle «La Bibliothèque de Babel», qui est sensée représenter le monde . La bibliothèque est constitué de manière à dérouter le lecteur et à le contraindre à demander l'aide du bibliothécaire... ! Le film est une fidèle adaptation au livre, sauf une fin plus spectaculaire, et nous plonge bien dans ce moyen âge mystique, démesuré, cruel, envoûtant et terrifiant à la fois. Les images très fortes ne font pas oublier celles que l'on s'est imaginées à la lecture. Se priver de l'un ou de l'autre serait bien dommage ! Pourquoi le Brésil ? / Christine Angot (R ANG), film Pourquoi (pas) le Brésil ? / Laetitia Masson (F MAS) « Pourquoi le Brésil? » est l'histoire d'une tentative d'amour. Entre une femme amoureuse, Christine Angot, romancière nouvellement installée à Paris, à la fois fêtée par le public et lapidée par la critique, une position envieuse mais fatigante, et un journaliste littéraire. Les affres de la création d’une réalisatrice Laetitia Masson, doublées de soucis financiers… Elle en est réduite à effectuer un travail qu’elle réprouve : on lui propose d'adapter Pourquoi le Brésil ?, une œuvre de Christine Angot qu'elle juge inadaptable. Le texte est infilmable , le film en est l’illustration. Il s'introduit dans sa vie, et petit à petit, sans le savoir, elle se fait adapter par le livre. En fin de compte, pourquoi pas le Brésil ? Les méandres de la création artistiques sont bien mystérieuses Raison et sentiments/ Jane Austen (R AUS) (ou "Le coeur et la raison" 823 AUS), film de Ang Lee ( F ANG) Une mère veuve, avec 3 filles, est chassée de la maison par le fils du 1er mariage qui récupère l'héritage. Sur 1 an on y découvre la vie de 2 soeurs, dont l'âge (19 et 17 ans), les fait entrer dans le jeu du mariage : se caser et bien se caser est l'unique préoccupation des familles...


Le roman décrit parfaitement ce milieu de l'Angleterre fin 18ème, ainsi que la condition féminine et les difficultés d'existence pour les femmes célibataires de la classe moyenne. Le style de Jane Austen est caustique à souhait, l'écriture très belle et d'une grande modernité ! Dans le film la partie à Londres est la plus sacrifiée, alors que dans le roman elle montrait bien la vie des jeunes filles en société... Mais le film est vraiment réussi, tant au niveau de l'ambiance, des costumes, des dialogues, et du choix des acteurs. Après vous être régalés à la lecture, vous verrez le film sans être déçus ! Substance mort / Phillip K. Dick (R DIC), film A scanner darkly / Richard Linklater (F LIN) Fred, Lukman et Barris sont tous les trois de fervents consommateurs de drogue M., une substance qui, non seulement rend dépendant, mais altère l'identité même du toxicomane. Mais Fred, connu sous le nom de Bob Arctor, est en fait un agent des stupéfiants... Le jour où il va enquêter sur sa propre identité va lui causer une terrible descente aux enfers... Philip. K. Dick est incontestablement un maître de la science fiction. Son style décousu est à l'image de son histoire. L'adaptation de Richard Linklater la rend encore plus singulière grâce à une technique d' animation bien particulière.

La tête contre les murs / Hervé Bazin – 1949 (R BAZ) – Georges Franju – 1958 ( F FRA) Arthur Gérane est en rébellion contre la société bourgeoise. Après une longue absence, il revient chez son père, juge d'instruction, pour le cambrioler. Pour sauver sa réputation , Robert Gérane le fait interner dans un hôpital psychiatrique. Le roman d'Hervé Bazin est très réaliste : il abonde en personnages et anecdotes. Le film de Georges Franju est une libre adaptation (intrigue et histoire simplifiées, noms des personnages modifiés). Le problème du traitement des malades y est clairement posé : méthodes classiques autoritaires ou méthodes modernes plus humaines ? Utilisation du noir et blanc, images contrastées, plans créant une atmosphère poétique voire fantastique : du pur Franju ! L'interpréation est parfaite . Le roman est à lire ; le film à voir et à revoir : chef d'oeuvre ! A noter que Georges Franju est né à Fougères en 1912. The hours / Michael Cunningham -1999 (R CUN), film de Stephen Daldry – 2002 ( F DAL) Trois femmes, trois destins : en 1925, à Londres, Virginia Woolf écrit « Mrs Dalloway » ; en 1949, à Los Angeles, Laura Brown lit ce roman ; à la fin du XXe siècle, à New-York, Clarissa Vaughan est surnommé « Mrs Dalloway » par Richard, son ami poète. Le roman est un hommage à Virginia Woolf, une réflexion sur la création littéraire et une méditation sur le temps, l'amour et la mort. Le film réussit à croiser les trois vies par alternances de séquences plus ou moins longues, ce qui représente une gageure vu la structure du livre. Le lien qui unit les trois femmes se révèle petit à petit et tout devient clair à la fin. Les trois actrices sont formidables; chacune EST le personnage. Un excellent roman devenu film culte. A lire et à voir absolument.


Tous les matins du monde / Pascal Quignard (R QUI), film d'Alain Corneau (F COR) XVII siècle en France : l'histoire de M. de Sainte Colombe, homme farouche et sombre, grand maître de la viole de gambe et professeur de Marin Marais, prestigieux musicien de Louis XIV. L'amour de la musique est le soutien même du récit. Un film qui nous parle de la musique comme aucun autre ne l'avait fait avant ! La musique y est belle à ravir et nous accompagne tout au long dans sa splendide profondeur. Une oeuvre poétique portée par de très bons acteurs ( mention spéciale à JP. Marielle ) qu'il est nécessaire de voir. Elle est complémentaire du roman de Quignard mais le film en est la valeur ajoutée en créant une ambiance et une couleur qui ne transparaît pas dans le papier. Villa Amalia / Pascal Quignard ( R QUI), film de Benoît Jacquot (F JAC) Ann Hidden a surpris son conjoint Thomas avec une autre femme. Elle se sent trahie, perdue, anéantie, abîmée. Sa vie et ses certitudes ont basculé, d'un coup, avec une violence inouïe. Elle décide de partir. Loin. Le plus loin possible. De s'évanouir. D'en finir définitivement avec ce qu'elle fut. Villa Amalia dresse un beau portrait de femme. Ce livre permet à Pascal Quignard de décliner les thèmes tels que la musique ou la création artistique. C’est un film tranchant, presque brutal : partir sans rien laisser, avec la volonté que l'on ne vous retrouve pas, est un combat. L’histoire d’une femme qui part et se transforme. Huppert est (presque) de tous les plans. Villa Amalia est une ode à l'actrice. Et aussi... • • • • •

Le hussard sur le toit / Jean Giono (R GIO ou RJ GIO), film de J-Paul Rappeneau (FJ RAP) Leur histoire / Dominique Mainard (R MAI), film « les mots bleus » / Alain Corneau (F COR) La petite Chartreuse / Pierre Péju ( R PEJ), film de Jean-Pierre Denis (FJ DEN) Un secret / Pierre Grimbert (R GRI), film de Claude Miller (F MIL) Vipère au poing / Hervé Bazin (R BAZ ou RJ BAZ), films de Pierre Cardinal - 1971(FJ CAR) et Philippe de Broca - 2004 (FJ BRO)

Jeunesse Album Les 3 brigands / Tomi Ungerer (A UNG) , film de Hayo Freitag (FJ FRE) C'est l'histoire de trois brigands qui, au moment de dérober un butin, font la rencontre d'une jeune orpheline appelée Tiffany. Les trois gaillards vont très vite s'attacher à la petite, à tel point qu'ils vont (presque) oublier qu'ils sont des voleurs ! Une histoire qui prend vie grâce aux images animées hautes en couleur et à la musique...elle aussi colorée ! L'album ravira les petits, le film séduira aussi les plus grands.


Roman enfant La traversée du temps / Yasukata Tsutsui (RE TSU) et film de Mamoru Hosada (FJ HOS) Kasuko, une collégienne seule dans une salle un soir, s'évanouit en sentant une odeur de lavande et à son réveil, s'aperçoit qu'elle a la capacité de traverser le temps pour se soustraire à divers dangers. Mais ce pouvoir lui fait peur et elle essaie de revenir en arrière pour y échapper... Ce qu'elle découvre alors est très surprenant et bien étrange ! Après avoir été adapté en manga, le film qu'il a inspiré a bel et bien voyagé d'une époque à l'autre. Il met en scène Makoto, une lycéenne qui découvre le pouvoir de remonter le temps à sa guise. L'héroïne de l'oeuvre originale, Kazuko, apparaît sous les traits de la tante de Makoto. Elle est devenu trentenaire et est bien énigmatique. Quelle vie a-t-elle mené, une fois séparée de son premier amour venu du futur ? Entre futur et présent ce très joli roman pour enfant, peut-être un peu tombé en désuétude par le manque de modernité de sa couverture, mérite de traverser le temps pour une nouvelle jeunesse. A lire absolument ! Le film est plutôt destiné aux ados amateurs de dessins animés japonais. Romans adolescents Les 4 filles du Docteur March / Louisa May Alcott (RJ ALC), film de Gillian Armstrong (FJ ARM) Publié en 1868, c'est l'histoire de 4 jeunes filles, vivant aux États-Unis avec leur mère. Elles appartiennent à la classe moyenne de la société. Leur père, un pasteur nordiste (donc anti-esclavagiste), est au front de la Guerre de Sécession. Cette famille autrefois riche mais ruinée tente de se débrouiller, et n'oublie pas d'aider plus pauvre qu'elle. Les 4 demoiselles ont toutes un caractère bien à elles, et sont amies avec leur voisin Laurie. En grandissant Jo se découvre un talent pour l'écriture... Le roman est construit sous forme de petites anecdotes, mais le style date un peu et est assez moralisateur. Il a été adapté de nombreuses fois au cinéma. La cinéaste Gillian Amstrong jette un éclairage nouveau sur cette comédie sentimentale et rend sa dimension originelle à la bouillante Jo. Dans ce rôle de garçon manqué qui piaffe contre l'éducation corsetée des demoiselles de bonne famille, elle déclame des vers grandiloquents dans son grenier, pour notre plus grand plaisir et celui de ses soeurs! Le film est beaucoup plus drôle que le roman, trop daté, qui reste malgré tout un grand classique de la littérature. Tous 2 s'adressent à des plus de 12 ans. L'Histoire sans fin / Michael Ende - 1979 ( RJ END); films de Wolfgang Petersen – 1984 et George Miller - 1989 (FJ HIS) (Suivis des contes de l'histoire sans fin (1 à 4) FJ CON) Bastien, enfant martyrisé par ses camarades, se réfugie dans une librairie où il vole "l'histoire sans fin" qui l'attire. Il pénètre alors dans un monde fantastique...où les personnages du livre essaient de sauver le monde de Fantasia. Le roman,entrecoupé de passages où Bastien est dans la réalité, alterne avec la fiction : au fur et à mesure il se rend compte que les personnages attendent son intervention pour sauver la petite impératrice. Le film de W. Petersen s'arrête à la moitié du roman (d'où le second film). Ce qui est simplement suggéré dans le livre sur sa vie est un peu trop appuyé dans le film. L'histoire se déroule à peu près de la même manière, avec ses très nombreuses péripéties, même si l'imagination est beaucoup moins mise à contribution! Le roman est passionnant et magique, le film reste tout à fait plaisant, et s'adresse à des enfants plus petits, que le roman pourrait rebuter.


Le portrait de Dorian Gray / Oscar Wilde (RJ WIL), film de Albert Lewin (F LEW) Basil Hallward, un jeune dandy artiste peintre, offre à Dorian gray son portrait. C'est après une conversation sur la beauté entre les deux hommes que Dorian fait le vœu de rester jeune éternellement. C'est la toile qu'il voudrait voir vieillir à sa place. Mais c'est sans savoir que son vœu va engendrer les pires conséquences... Une réflexion sur l'esthétisme et la morale. Un roman qui n'a pas pris une ride, mais une adaptation cinématographique fidèle qui, contrairement à Dorian Gray, a pris un peu d'âge... Zazie dans le métro /Raymond Queneau -1959 ( R ou RJ QUE), film de Louis Malle -1960 (FJ MAL) Zazie va passer quelques jours à Paris chez son oncle Gabriel. Son rêve est de prendre le métro : hélas ! dès son arrivée, elle apprend qu'il est en grève. Elle se venge en posant des questions gênantes et en embêtant tout le monde. Le roman de Queneau est déjanté, loufoque. Le langage constamment inventif est un véritable feu d'artifice. A la lecture, il semble difficile de transposer un tel langage au cinéma. Louis Malle, réalisateur du film, réussit la transposition grâce à des procédés cinématographiques : ralentis, accélérés, gags visuels ; il reste fidèle à la fois à l'histoire et à l'esprit du livre. Très années 60, le film reste très agréable grâce à l'excellente distribution (petits rôles compris). Roman à redécouvrir, film à voir absolument. Et aussi...un roman cinématographique !: L'invention de Hugo Cabret / Brian Selznic ( RE SEL) Le père d'Hugo Cabret est mort dans l'incendie du musée où il travaillait en tant qu'horloger. Hugo a pour compagnon un automate et un oncle alcoolique qui l'héberge. Le jour où il disparaît, Hugo se cache et continue son travail de réglage d'horloges. Il répare l'automate de son père, persuadé qu'il va lui délivrer un important message. Ce roman est très étonnant par sa forme : il alterne de courtes parties écrites et de nombreuses pages de dessins qui reprennent tout à fait les travellings d'une caméra : on plonge dans l'histoire comme dans un film... superbe ! Ne vous laissez surtout pas rebuter par le nombre de pages, il se lit très rapidement. Et ne dit-on pas qu'un dessin vaut mieux qu'une longue explication ?! Bandes dessinées Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec / série de Jacques Tardi (BD ADE), film de Luc Besson (FJ BES) Les BD : Le premier épisode débute au Muséum d'histoire naturelle de Paris en novembre 1911. Dotée d'une personnalité hors du commun, Adèle évolue dans un univers mystérieux (dans lequel Paris occupe une place de choix), peuplé de monstres et d'êtres étranges. Adèle semble attirer perpétuellement les ennuis, voire la haine de ses contemporains. Elle est perpétuellement la proie de savants plus ou moins fous et mégalomanes. Le film : 1912, Adèle Blanc-Sec, jeune journaliste intrépide, débarque en Égypte et se retrouve aux prises avec des momies en tout genre. Au même


moment à Paris, c'est la panique ! Un œuf de ptérodactyle, a mystérieusement éclos au Jardin des Plantes, et l'oiseau sème la terreur dans le ciel de la capitale. Dans l'ensemble le film est assez plaisant, mais plutôt caricatural par rapport aux BD, ce qui est un comble. Les amateurs d'Indiana Jones se divertiront bien, les amateurs de Tardi y verront un mélange d'aventures tirées de différents albums, menés par une Adèle reconnaissable uniquement à sa tenue. Le personnage le plus drôle est le facétieux Patmosis, la momie.( et un gros clin d'oeil sur la pyramide du Louvre!). Cette partie est d'ailleurs bien plus drôle que la partie ptérodactyle. Pour bien cerner le caractère et l'humour d'Adèle, et surtout plonger dans l'esprit du grand feuilleton populaire, il est préférable de lire les BD. Malgré tout le film est un bon divertissement qui reconstitue parfaitement l'époque début du siècle. Persepolis / Marjane Satrapi (BD PER) et (F SAT) Marjane Satrapi, Iranienne, retrace les étapes qui ont marqué sa vie, de son enfance tourmentée à la difficulté de passer à l'âge adulte. Cette quête d'identité est ancrée dans l'Histoire elle-même, celle de l'Iran. Une bande dessinée sur 4 volumes, en noir et blanc qui apporte un éclairage sur pays à travers un récit objectif. L'adaptation par Marjane elle-même respecte le graphisme délicat de l’œuvre originale. A lire ET à regarder absolument.

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Largo Winch -1. L'héritier / Jean Van Hamme (BD LAR), film de Jérôme Salle (F SAL) Largo Winch, touriste insouciant à Istanbul, tombe dans un guet-apens et se retrouve dans les geôles turques. Il est, à son insu, l'héritier d'un empire financier international, ce que tous les administrateurs du groupe W ne voient pas d'un très bon oeil... La mort de son père adoptif le jette dans la fosse aux lions et aux loups de la finance. Le film très soigné suit ce James Bond à la française, savant cocktail d'enquête policière, d'espionnage industriel, de politique-fiction, pimentée de scènes romantiques. Une série culte de la BD d'aventure, adaptée avec brio au cinéma : le film ravira les fans de la BD autant que les amateurs de « film d'action »


Du livre au film