Magazine VÉRO - Printemps 2024

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MODE ET BEAUTÉ

Les tendances de la saison

MENU DU PRINTEMPS

Plaisir, liberté, séduction...
On parle de sexe !

Tout en fraîcheur avec nos nouveaux chefs Dan & Blake !

Maquillage - Soins du visage - Soins capillaires - Parfum

Votre nouvelle marque québécoise d'essentiels beauté.

Pour une routine simple, naturelle, accessible, à votre image.

Sans parabène VéganeFait au Canada

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Et si on prenait une pause?

Du flafla, du wow, des paillettes et du glamour. Peut-être que la barre serait moins haute.

ANDRÉANNE MARQUIS, FONDATRICE

sansfaconcosmétiques.com

Sommaire

PRINTEMPS 2024

13 ÉDITO Entre ce numéro consacré à la sexualité et le précédent, en 2017, Véro mesure le chemin parcouru dans nos mœurs et notre ouverture à l’autre.

14 TOP V Les cinq nouveaux musts de Véro, à découvrir sans tarder.

16 TOP V Les cinq incontournables de notre rédactrice en chef Théo.

17 VOS BUZZ Petits plaisirs du moment.

Culture

23 RENCONTRE avec Léa Stréliski, une talentueuse touche-à-tout qui n’a jamais eu peur de se mettre en danger.

28 ENTREVUE Tête-à-tête avec l’humoriste, cinéaste, auteur de romans graphiques et globetrotteur Yves P. Pelletier.

35 LES PÂMOISONS DE SIMON Notre chroniqueur s’adresse à l’enfant qu’il était et nous encourage à faire le même exercice d’indulgence à notre égard.

Société

37 LE CHOC DES IDÉES

La comédienne Debbie Lynch-White, l’autrice Kim Thúy et notre chroniqueur Simon Boulerice jasent sans détour de... sexe !

42 FEMME DE TÊTE Entrevue avec Isabelle Deslauriers, fondatrice de l’entreprise Désirables, qui vise à permettre aux femmes de reprendre le contrôle de leur vie érotique.

44 ACTIVISTE On discute avec Mylène de Repentigny-Corbeil, PDG de l’organisme Les 3 sex* qui milite pour défendre les droits sexuels.

45 POINT DE VUE

Kim Lévesque-Lizotte promet à sa fille qu’il reste du beau dans un monde où tout nous incite à croire le contraire.

Style

47 TENDANCES Tout ce qu’il faut savoir pour actualiser notre style ce printemps.

52 MODE EN VEDETTE L’élégante Maude Sabourin, première danseuse des Grands Ballets Canadiens, illustre avec brio une des tendances majeures de la saison : l’inspiration ballet.

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Sommaire

PRINTEMPS 2024

EN COUVERTURE

Veste (COS). cos.com

Boucles d'oreilles (Holt Renfrew). holtrenfrew.com

MAQUILLAGE Bruno Rhéaume, avec les produits Guerlain et Looky.

COIFFURE Marcus Villeneuve, avec les produits Redken.

STYLISME Chanelle Riopel.

PHOTO Andréanne Gauthier.

ASSISTANTS-PHOTO Éliane Fournier et Kévin Poisson.

62 TENDANCE COSMÉTIQUES

On s’intéresse à la beauté personnalisée, qui gagne en popularité avec son offre de formules adaptées à nos besoins.

66 PORTRAIT Dans la garde-robe d’Emilie Hébert, une jeune photographe qui promeut la diversité corporelle et dont on admire le look sexy et moderne.

69 THÉO, SO ET LEURS PETITS POTS 6 produits légendaires qu’apprécient nos expertes beauté.

71 TOP V Les cinq envies de Sophie, notre cheffe de contenu style.

Bien-être

73 SI ROSE-MARIE LE DIT...

Pourquoi cherche-t-on à séduire, consciemment ou pas ? La psychologue et conférencière Rose-Marie Charest répond à la question.

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Famille

93 COUPLE Comment survivre aux inévitables bouleversements qu’entraîne le statut de nouveaux parents ?

77 PHÉNOMÈNE Âgisme : pourquoi les femmes de 50 ans et plus sont-elles absentes de la sphère publique ? Il est temps de dépoussiérer quelques clichés.

82 J’AI TESTÉ OMGyes, une plateforme qui vise à doter les femmes des outils, du langage et de la confiance nécessaires pour partir à la découverte de leur corps.

84 MÉNOPAUSE Tout ce qu’il faut savoir sur la sécheresse vaginale.

87 VIVRE PLEINEMENT

La médecin Michelle Houde consacre sa chronique à la pertinence du dépistage.

89 JUSTE DU BEAU Guylaine

Guay écrit sur sa sexualité de femme avec doigté.

91 NUTRITION BIENVEILLANTE

Karine Gravel, docteure en nutrition, nous rappelle que jouer avec la nourriture n’est pas réservé qu’aux enfants.

97 INFOS EXPRESS Trucs et conseils pour petits et grands.

Art de vivre

101 DAN & BLAKE Rendez-vous dans l’univers de nos deux nouveaux chefs, où saveurs et art de vivre cohabitent en parfaite harmonie.

110 K POUR KATRINE Pour mettre de la gaieté dans notre assiette, Katrine nous propose une salade colorée et vitaminée.

112 LOOUNIE

On célèbre la nouvelle saison avec une recette végane de risotto aux légumes printaniers.

115 CUISINE Inspirations et nouveautés pratiques pour nos repas quotidiens.

117 1 OU 2 COCKTAILS

Suggestions de Rose Simard, l’experte des cocktails avec ou sans alcool.

118 ESCAPADE Notre rédactrice en chef a redécouvert Ottawa grâce à un séjour sous le signe de la culture et des bonnes tables !

121 ÉVASION Astuces et bonnes adresses.

122 VOYAGE Surtout connue pour sa réputation mystérieuse, Salem a pourtant bien plus à proposer que des hôtels hantés... et pas seulement en automne !

127 DÉCO Entre conseils et coups de cœur, on explore la tendance des formes arrondies qui prennent d’assaut notre intérieur.

128 ASTROLOGIE À quoi peut-on s’attendre durant la saison des éclipses qui s’annonce ?

130 LE DERNIER MOT Louis Morissette évoque avec nostalgie l’époque d’avant la pornographie, alors que le frottage et le « frenchage » suscitaient la montée du désir.

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MAGAZINE

MUSE EN CHEF Véronique Cloutier

ÉDITRICE Sophie Banford

RÉDACTRICE EN CHEF ET CHEFFE DE CONTENU BIEN-ÊTRE, FAMILLE ET ART DE VIVRE Théo Dupuis-Carbonneau

DIRECTRICE ARTISTIQUE Marie-Michèle Leduc

CHEFFE DE CONTENU STYLE Sophie St-Laurent

CHEFFE DE CONTENU CULTURE Laurie Dupont

COORDONNATRICE À LA RÉDACTION Claudia Guy

DIRECTRICE DES CONTENUS NUMÉRIQUES Cynthia Quellet

CHEFFE DE CONTENU NUMÉRIQUE VÉRO Julie Mathieu

GÉRANTE ET RELATIONNISTE DE VÉRO Roseline Leclair

NOS COLLABORATEURS

Laïma A. Gérald, Nancy Arsenault, Flavie Boivin-Côté, Simon Boulerice, Jean-François CD, Rose-Marie Charest, Maude Chauvin, Nathalie Dodon, Mayillah Ezekiel, Lynne Faubert, Marouchka Franjulien, Andréanne Gauthier, Fred Gervais, Vanessa Giroux, Karine Gravel, Guylaine Guay, Marjorie Guindon, Véronique Harvey, Michelle Houde, Caroline Huard, Romain Le Moellïc, Kim Lévesque-Lizotte, Blake Mackay, Patrick Marsolais, Elisabeth Massicolli, Louis Morissette, Katrine Paradis, Carolyne Parent, Élodie Parthenay, Joanie Pietracupa, Sophie Pouliot, Daniel Raiche, Bruno Rhéaume, Louise Richer, Chanelle Riopel, Rose Simard, Andréa Sirhan Daneau, Annie St-Amour, Ariel Tarr, Chantal Tellier, Marcus Villeneuve.

KO MÉDIA INC.

PRÉSIDENT Louis Morissette

DIRECTRICE GÉNÉRALE Sophie Banford

DIRECTEUR DES OPÉRATIONS Charles-David Côté

DIRECTRICE DU MARKETING ET DE LA DIFFUSION Marie-Andrée Picotte

CHEFFE DU MARKETING ET DE LA DIFFUSION Gaby Beaudoin

CHARGÉE DES PROJETS SPÉCIAUX MARKETING Claudia Tremblay

COORDONNATRICE DU MARKETING ET DE LA DIFFUSION Alexandra Tobon

CHARGÉE DES PROJETS SPÉCIAUX Chantal Durand

CONTRÔLEUSE FINANCIÈRE Rachel Bourdages

TECHNICIENNE COMPTABLE Paulina Rodriguez Campillo

PRÉPOSÉE À LA FACTURATION Katherine Blanchette

ADJOINTE DE LA DIRECTION Mélissandre Lurette

VENTES PUBLICITAIRES

VICE-PRÉSIDENTE DE LA STRATÉGIE ET DU DÉVELOPPEMENT

DES AFFAIRES Emmanuelle Giasson, egiasson@ko-media.ca

DIRECTRICE DU CONTENU ET DE LA STRATÉGIE CLIENT Alexandra Papineau, apapineau@ko-media.ca

STRATÈGE AU CONTENU ET À LA STRATÉGIE CLIENT

Noémie Quilleré, nquillere@ko-media.ca

DIRECTRICE DES VENTES Sandrine Dahan, sdahan@ko-media.ca

DIRECTRICES DES VENTES NATIONALES Mariève Lemay, mlemay@ko-media.ca et Natalia Tavares, ntavares@ko-media.ca

DIRECTRICE DES VENTES, PARTENARIATS STRATÉGIQUES ET INSIGHT

Chantal Ferland, cferland@ko-media.ca

DIRECTRICE DES VENTES NATIONALES (Toronto) Marcelle Wallace, mwallace@ko-media.ca

DIRECTRICE DES VENTES (Toronto) Marni Armour, marmour@ko-media.ca

SUPERVISEURE DES GESTIONNAIRES DES PROJETS MULTIPLATEFORMES Tammy Hurteau

GESTIONNAIRES DES PROJETS MULTIPLATEFORMES Marie-Laurence Blais et Jeanne Bouchel

COORDONNATRICE DE PRODUCTION Daphné Chabot-Brillant

COORDONNATRICE DES VENTES NUMÉRIQUES Lou Ann Parent

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RÉDACTION

514 933-2462 ou redaction@vero.ca

SERVICE À LA CLIENTÈLE ET ABONNEMENTS : 1 844 MAG-VERO (1 844 624-8376)

Le magazine VÉRO est publié 5 fois l’an par KO Média inc., 651, rue Notre-Dame Ouest, Montréal (Québec) H3C 1H9.

Téléphone : 514 933-2462. Internet : veroniquecloutier.com.

VÉRO est imprimé par TC Imprimeries Transcontinental, 1603, boul. de Montarville, Boucherville (Québec) J4B 5Y2, et distribué par Messageries Dynamiques.

Dépôt légal, Bibliothèques nationales du Québec et du Canada, ISSN 2291-9708.

Le magazine VÉRO en version papier est vendu en kiosque et par abonnement. L’abonnement par la poste coûte 29,95 $ plus TPS et TVQ pour 5 numéros (des frais de port sont applicables à l’extérieur du Québec). La version numérique est actuellement offerte sur l’application Apple News+. Convention de la poste-publication N°43144516.

Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada.

Imprimé sur du papier certifié FSC® (Forest Stewardship Council®) provenant de forêts bien gérées et d’autres sources responsables.

L’affrontement débute avec une émission spéciale de 90 minutes le 8 avril 19h30 20h30 HA

RÉALISATION : JILL NIQUET-JOYAL ET AUDREY POTVIN

SUIVEZ-MOI SUR veroniquecloutier.com

@cloutierv Véronique Cloutier

@CloutierV

Mœurs et mystères

Notre dernier numéro consacré à la sexualité remonte à 2017.

Hiver 2017. Comme un autre monde. Un autre siècle, même. Du moins concernant certains enjeux de société. Avant #MeToo. Avant la cancel culture . Avant Roe v. Wade *. Avant l’intelligence artificielle au bout des doigts. Avant la pandémie et sa montée inquiétante d’« antitoute ».

Un autre monde, disais-je.

Il y a sept ans, dans ce magazine, j’écrivais ceci** : « À la maison, la ministre de l’éducation sexuelle, c’est moi. » À l’époque, j’étais maman de deux jeunes ados (qui n’étaient pas encore actifs sexuellement) et d’une fillette. Dans mon texte, je prônais le dialogue avec nos jeunes à propos de la sexualité ainsi que l’ouverture d’esprit comme parent.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et c’est avec beaucoup de soulagement (et un peu de fierté, pour être honnête) que je constate que j’applique, avec mes désormais jeunes adultes, ce que je prêchais en 2017. Et je dois admettre que ça se passe plutôt bien (j’écris ça en touchant très fort du bois).

Toutefois, quand je repense aux sept dernières années, je suis perplexe.

J’ai parfois l’impression de vivre entre deux mondes.

D’abord, celui où tout est possible et enfin toléré. Un monde où on peut aimer qui on veut, être en couple ouvert, polyamoureux, abstinent ou monogame, s’identifier au genre qu’on veut, s’habiller de manière sexy sans qu’on remette en question notre crédibilité ou notre féminisme, assumer fièrement notre corps tel qu’il est, jouer le jeu de la séduction sans avoir peur qu’on nous manque de respect.

Puis, de l’autre côté, l’inverse. Un monde où on a tristement l’impression de reculer. Il suffit de quelques minutes de lecture des commentaires sur les réseaux sociaux pour le constater. Mais je suis une irréductible optimiste et j’aime penser que l’amour – au sens large – triomphera toujours... du moins, dans la vraie vie.

C’est donc avec le cœur plein d’espoir et d’enthousiasme que toute l’équipe et moi vous invitons à plonger dans ce numéro qui, on l’espère, égaiera votre printemps ! On vous propose des articles, des portraits et des dossiers qui mettent en vedette des gens assumés et, comme toujours, inspirants.

On souhaite aussi vous donner envie de réfléchir à votre sexualité. C’est trop souvent le premier aspect de nos vies effrénées qui est négligé...

Voilà donc une belle occasion de se connaître encore mieux soi-même. ;-)

Bonne lecture !

* Le 24 juin 2022, la Cour suprême des États-Unis annulait un arrêt fédéral, Roe v. Wade, qui garantissait depuis 1973 le droit d’avorter sur tout le territoire américain. Depuis, chaque État est libre de déterminer sa propre politique sur l’accès à l’avortement.

** Sexe et confidences, magazine VÉRO, hiver 2017.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 13 ÉDITO
PHOTO : ANDRÉANNE GAUTHIER
Veste (Holt Renfrew). holtrenfrew.com

5 musts de Véro

PAR VÉRONIQUE CLOUTIER, MUSE EN CHEF

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H2O

S’hydrater n’aura jamais été aussi facile – et stylé ! –qu’avec la bouteille d’eau Nalgène aux couleurs d’Activité Physique. Elle se glisse aisément dans notre sac de sport grâce à son format idéal, elle va au lavevaisselle, elle est étanche et, surtout, elle est réutilisable à l’in ni. On serait fous de s’en passer !

Bouteille Lifestyle 002 (Activité Physique, 35 $). activitephysique.ca

L’a aire est ketchup

À table !

Grâce aux accessoires de Micasso & Co., les repas de nos minis ont fière allure ! Tasses d’apprentissage, assiettes à succion, gobelets, ustensiles en silicone : tout, tout, tout ce qui est créé par Marc-Éric Bergeron et Franceska Dion, un couple de jeunes parents, a été pensé pour être beau, durable et fonctionnel. micassoandco.ca

BON APPÉTIT

Que ce soit pour nous rassasier les soirs de semaine pressés ou lors d’une randonnée, les soupes en sac de la Ferme Jocelyn Urbain ont de quoi faire danser nos papilles ! On les aime pour la variété des recettes – soupe aux pois, tonkinoise, thaï, etc. – et pour leur facilité d’exécution. Psitt ! L’entreprise basée à L’Assomption propose aussi des desserts en sac, parfaits pour les becs sucrés qui ne veulent pas se casser la tête. 10 $ le sac de soupe. fermejocelynurbain.ca

Adieu, repas fades ! On rehausse nos petits plats grâce aux condiments et aux sauces de l’entreprise saguenéenne Canada Sauce. Qu’on soit plus de type relish-ketchup-moutarde ou qu’on veuille faire voyager notre palais grâce à la collection Asia Sauce de la marque, une chose est certaine : le local a bien meilleur goût ! canadasauce.com 4

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DÉLICES SIGNÉS LINDSAY

La vie de la cheffe et animatrice Lindsay Brun a complètement changé en 2020, lorsqu’elle a remporté le concours Wall of Chefs, diffusé sur Food Network Canada. Depuis, on a eu la chance de la voir à la barre des émissions Lindsay brunch et À boire et à manger, diffusées à TéléQuébec. Voilà maintenant qu’elle lance Byenvini chez Lindsay, son premier livre de recettes où les saveurs d’Haïti sont en vedette. Saint-Jean Éditeur, 33 $. saint-jeanediteur.com

14 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 STYLE | TOP V PHOTO : ANDRÉANNE GAUTHIER (VÉRO)
TAHCA LOCAL

5 musts de Théo

PAR THÉO DUPUIS-CARBONNEAU, RÉDACTRICE EN CHEF

CONSTELLATION

J’adoooooore les taches de rousseur – je trouve que ça ajoute un air de vacancière aux chanceuses qui en ont –, mais je n’ai malheureusement pas hérité de celles de ma maman. Qu’à cela ne tienne, j’ai déniché le produit parfait pour en créer: le Freckle Paint de l’entreprise vancouvéroise Saltyface. Il suffit de dessiner quelques éphélides sur le nez, les pommettes et au-dessus des sourcils, avant de les estomper du bout des doigts afin de créer différents niveaux d’intensité. J’ai essayé plusieurs produits similaires et c’est vraiment celui-là mon préféré: sa nuance est parfaite pour ma carnation, son pinceau fin permet un travail de précision et sa formule tient la route toute la journée !

Freckle Paint, 26 $. saltyface.ca

VAGUE DE PLAISIR

Il y a 10 ans, Womanizer a créé une petite révolution dans le monde des jouets sexuels en lançant son premier appareil doté d’une technologie de succion spécialement conçue pour titiller le clitoris. Depuis, le jouet a conquis plus de 7 millions d’adeptes – dont moi ! – et a continué d’évoluer au gré de la technologie. Le dernier-né de la marque, le Womanizer Next, est doté d’une pression d’air encore plus personnalisable (avec 14 niveaux d’intensité, 3 profondeurs de pulsations et un mode pilote automatique), en plus d’être hydrofuge. Testé, retesté, reretesté... et approuvé ! Womanizer Next, 219 $. womanizer.com

Forces de la nature

L’univers de Georgia O’Keeffe, avec ses fleurs monumentales et ses paysages du Nouveau-Mexique, me fascine depuis toujours. Et voilà que le Musée des Beaux-Arts de Montréal lui consacre une expo aux côtés du sculpteur britannique Henry Moore, autre figure marquante de l’art moderne, qui explore le rapport si particulier des deux artistes avec la nature. En plus de leurs œuvres formidables, le MBAM présente une reconstitution de leurs ateliers respectifs. Un rendez-vous à ne pas manquer !

Georgia O’Keeffe et Henry Moore : géants de l’art moderne, jusqu’au 2 juin. mbam.qc.ca

Vase communicant

J’ai envie de couleurs dans ma vie et mon décor ! Ça tombe bien, car j’ai récemment découvert le travail de la céramiste Isabelle Simard, qui est aussi fl euriste et horticultrice. Ses créations, imaginées dans son atelier des Laurentides, sont menées par son instinct et le résultat est aussi ludique qu’unique. J’imagine bien un de ses magnifi ques vases accueillir mes bouquets de tulipes, ce printemps ! Vase, Simard Céramique, 45 $. isabellesimard.ca

ACHAT LACOL

TAHITI PAR ICI

Une exfoliation à sec (grâce à la technique du dry brushing), un enveloppement corporel au monoï (ça sent le ciel !), un soin du visage revitalisant et une immersion méditative dans un bain de magnésium et d’argile verte: voilà ce que propose le nouveau traitement en cabine Fare de la jeune marque québécoise Orā, spécialisée dans les produits à base de fleur de tiaré. Elle vient tout juste d’ouvrir une section destinée à ses traitements au cœur de la boutique Hermust, à PointeSaint-Charles. Verdict: le protocole est divin du début à la fin et j’ai émergé de la magnifique salle en lévitant, littéralement ! 225 $. theoraway.com

16 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 STYLE | TOP V PHOTO : ANDRÉANNE GAUTHIER (THÉO DUPUIS-CARBONNEAU) ; LE MONT PEDERNAL VU DEPUIS LE N O 1 (1956), PAR GEORGIA O'KEEFFE, GRACIEUSETÉ DE THE GEORGIA O'KEEFFE MUSEUM, SANTA FE, N.-M.
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Vos buzz

PAR THÉO

SOINS

Fierté d’être

Body Proud est une marque de soins corporels conçue comme une gamme cosmétique pour le visage. Les formules contiennent donc des actifs performants, comme l’acide hyaluronique, le rétinol, les AHA et la niacinamide, notamment. Si on a tout aimé de cette marque inclusive, c’est le sérum exfoliant qui remporte la palme. Quelques utilisations ont révélé un épiderme plus doux et souple au niveau du dos et des bras. Le plus beau dans tout ça ? Chaque produit est vendu à moins de 15 $.

(SST-L) walmart.ca

ACCESSOIRE L’affaire est dans le sac

Le minimaliste sac demi-lune du détaillant Uniqlo fait des ravages: la marque japonaise en a écoulé plus de 200 millions l’an dernier ! Pourquoi l’aime-t-on autant ? Son design en forme de croissant est à la fois compact et spacieux (ahurissant tout ce qu’on peut y glisser !) et son tissu fait de nylon est à l’épreuve de l’eau. Ce printemps, il se décline en 12 couleurs – dont certaines teintes pastel vraiment dans le coup – et il ne coûte que 25 $. Qui dit mieux ?

(SST-L) uniqlo.com

ONGLES

DOUCE OPALESCENCE

Au printemps, le temps est venu de troquer nos laques foncées pour de nouvelles couleurs plus gaies. La tendance de l’heure ? La manucure Aurora, dont le fini chatoyant se métamorphose au gré du mouvement de nos doigts. Pour un look irisé réussi, on opte pour les vernis Essie à effets holographiques, qu’on applique sur des ongles nus ou déjà colorés. Et pour plus d’intensité, on superpose les couches sans risque de gâchis, promis ! (JM) Vernis à ongles Essie Nail Art Studio effets spéciaux (Essie, 15 $). magasiner.pharmaprix.ca

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THÉÂTRE ENJOY ENJAILLE

Keza, une étudiante en médecine. Naïca, une comptable qui vient de quitter les bancs d’école. Chloé, une artiste. Safia, elle, termine une maîtrise en études afroféministes. Quatre amies dont on suit les péripéties dans S’enjailler, un spectacle qui, sur un ton léger et ludique, aborde plusieurs enjeux liés à la réalité des Québécoises afrodescendantes. Dans un slang assumé, où se mêlent des mots d’arabe, de créole et d’anglais au texte en français, l’autrice et comédienne Stephie Mazunya signe une première pièce de théâtre qui sort de l’ordinaire et de ce qu’on a l’habitude de voir sur les planches de la province. C’est Sophie Cadieux qui met en scène cette histoire – écrite par Stephie au plus fort du mouvement Black Lives Matter – qui promet de bien nous « enjailler », un terme de l’argot ivoirien qui signifie faire la fête et passer du bon temps.

(EM) Du 15 avril au 11 mai, à la salle Jean-Claude-Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. theatredaujourdhui.qc.ca

LA BONNE ADRESSE

Cuisiné avec amour

Des pâtes maison auxquelles la sauce adhère délicieusement, c’est toujours gagnant ! Et c’est exactement ce qu’on trouve, servi en généreuses portions, chez Gino’s Negroni & Lasagna. Comme son nom l’indique, cette nouvelle adresse du quartier Mile End se spécialise dans les lasagnes et le Negroni, et ce, à des prix très raisonnables: 16 $ la lasagne (en versions viandeuse, végé ou végane et sans gluten), 13 $ le Negroni et 15 $ l’entrée, au choix. Fondé par Glorindo Clara et sa conjointe Lara Ghanem, ce petit resto intime est tout désigné pour un souper romantique en toute simplicité. D’ailleurs, Gino, c’est le prénom du petit garçon des proprios ! (JM) ginosmtl.ca

BALADO Sexe décomplexé Avec Jedemandepourun ami :parlonssexeavecVarda, l’animatrice Varda Étienne traite entre autres des préliminaires, des jouets sexuels ou encore des baises d’un soir, avec la verve et l’humour qu’on lui connaît. Elle le fait aussi en donnant la parole à des sexologues et à d ’autres experts aux points de vue éclairants. Résultat ? Un balado sur la sexualité qui véhicule de l’information pertinente et vérifiée, truffée ici et là d’anecdotes personnelles savoureuses, le tout sans gêne ni culpabilité !

(TD-C) Sur OHdio.

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TAHCA LOCAL PHOTO : T WO FOOD PHOTOGRAPHERS (GINO’S NEGRONI & LASAGNA)

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DÉTENTE

L’éloge de la lenteur

Des bougies étagées infusées de trois odeurs distinctes qui, à force de se consumer, exhalent des mélanges d’effluves raffinés... fallait y penser ! Selon les cofondatrices de Pausologie – Sarah Laroche (à qui on doit SELV Rituel) et la directrice artistique Stéphany Martel –, il n’y a rien de mieux que des chandelles luxueuses pour incarner le slow living et créer une ambiance apaisante chez soi. « Coulée à la main dans un verre réutilisable, notre cire de soya est parfumée avec des fragrances naturelles et des huiles essentielles », explique Sarah. Entre la Candide (coton, poirier et amande) et la Bavaroise (mandarine, vanille, avoine et miel), notre cœur balance.

(SST-L) La bougie étagée (Pausologie, 48 $). pausologie.com

DÉCOUVERTE

MODE

Baignade en règle

Déjà connue pour ses culottes menstruelles, la marque montréalaise Soje bonifie son offre avec un tout nouveau maillot menstruel pourvu d’une doublure antifuite discrète qui assure une protection efficace. Sa légèreté et son séchage rapide en font le compagnon idéal pour une baignade en toute quiétude.

POUR LES FINES BOUCHES

À notre prochaine virée dans les Laurentides, on ne manque surtout pas de faire un arrêt sur la rue principale, à Saint-Sauveur, afin d’y découvrir le Rouge Tomate. Cette épicerie fine, dotée d’un comptoir café-caviste, est l’endroit idéal pour dénicher des trésors culinaires et des produits gastronomiques recherchés. On s’y rend pour savourer un délicieux café, déguster une pâtisserie décadente ou faire des emplettes parmi une foule de produits gourmands et de petits plats faits maison, sans oublier de choisir quelques bouteilles de vin triées sur le volet, qui feront fureur lors de nos prochains apéros entre amis. On est vraiment sous le charme de ce concept proposé par Juliet, la fille de la propriétaire, depuis le déménagement du commerce à sa nouvelle adresse, en 2021. (CG) rougetomate.ca

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(JM) Culotte Ibiza (Soje, 84 $). sojelingerie.com

LOCAL

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BIEN-ÊTRE

Faire des miracles

Après avoir constaté l’impact positif des retraites intimes de yoga et de méditation qu’elle organisait, Madeleine Arcand – aussi cofondatrice de la marque de vêtements éthiques Rose Buddha – a décidé d’élaborer un événement à plus grande échelle. Elle a ainsi contacté des intervenants dans plusieurs domaines (santé mentale, yoga, alimentation intuitive, méditation, respiration consciente, sexualité, etc.) afin de bâtir un programme complet d’ateliers transformateurs. Forte du succès de sa première édition, MIRACLES: la grande retraite bien-être sera de retour à Mont-Tremblant, du 31 mai au 2 juin prochains. Rencontre avec une passionnée.

À quoi les participantes à la retraite peuvent-elles s’attendre lors de l’événement ? Durant cette fin de semaine totalement transformatrice, on invite les participantes à créer la retraite « dont elles sont les héroïnes » en choisissant le sujet qui les touche davantage, afin de repartir avec des outils et un plan d’action basés sur leurs désirs profonds et leurs besoins individuels.

Peut-on se préparer à la retraite pour en retirer un maximum de bienfaits ? Il faut arriver avec une ouverture et une présence d’esprit. MIRACLES, c’est une retraite, pas un festival: on ne peut pas y assister pour un seul atelier. C’est en vivant tout le processus – avec du temps, de l’introspection, de la connexion à soi et aux autres – qu’on réussit à aller au plus profond de soi et que la magie opère !

Est-ce qu’on peut y participer même si on est novice en yoga ? Absolument ! Le yoga, ça représente 5 % de MIRACLES et il y a des options pour tous les niveaux. Je dirais même que c’est l’endroit parfait pour s’initier à la pratique, puisque l’événement se veut un safe space

Dans quel état d’esprit aimerais-tu que les participantes quittent la retraite ? Avec le cœur à la fois léger et rempli d’amour grâce aux enseignements reçus et aux rencontres. Surtout, je veux qu’elles se sentent d’attaque pour apporter à leur quotidien les nombreux petits changements qui ont impact décisif.

(TD-C) Pour se renseigner et s’inscrire à la retraite : retraitemiracles.com. Les lectrices du Magazine VÉRO profitent de 150 $ de rabais avec le code VERO150.

MOUVEMENT À SON RYTHME

Nous permettre de bouger mieux, régulièrement et à notre propre cadence : voilà la mission de la plateforme Activité Physique – auparavant Acte –, qui propose des vidéos d’une multitude de disciplines (pilates, yoga, HIIT, barre, fitness, etc.) déclinées en différents types d’intensité (cardio, actif, mellow et repos). « O n doit apporter autant d’attention à la récupération qu’aux mouvements », affirme Chanelle Riopel, fondatrice de la plateforme. Être à l’écoute de notre niveau d’énergie, selon elle, facilite grandement l’intégration de l’exercice à notre quotidien. « Si notre entraînement est en adéquation avec ce qu’on est capable de donner, on sera davantage portées à l’effectuer », précise-t-elle. C’est ainsi que la constance s’installe – que ce soit pour un rendez-vous de 15, 30 ou 60 minutes – et, surtout, qu’on profite de tous les avantages que le mouvement peut nous procurer. Le fait de pouvoir accéder aux vidéos de la plateforme n’importe où et n’importe quand est aussi un atout non négligeable. À go, on y va ?

(TD-C) Abonnement mensuel (50 $), saisonnier (125 $) ou annuel (400 $). activitephysique.ca

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TAHCA

20 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 À SURVEILLER

Présenté par et

Doux printemps : à nos écrans !

On célèbre le mercure qui grimpe doucement en regardant des émissions qui font du bien au cœur et à l’âme !

Autrement dit : la sexualité

Aaaah, le sexe ! S’il y a un sujet qui pique la curiosité de tout le monde, c’est bien celui-là. Après les affaires et l’amour, voilà que Marilou explore le sujet dans sa nouvelle série documentaire Autrement dit: la sexualité. À travers des entretiens enrichissants avec des spécialistes (dont Lory Zéphir et Myriam Daguzan Bernier) et des personnalités publiques (Cynthia WuMaheux, Danielle Ouimet, Lysandre Nadeau, etc.), l’animatrice explore différents aspects de la sexualité, comme les répercussions des premiers contacts, l’éducation à l’ère des réseaux sociaux, le pouvoir, les fantasmes, la dépendance et la réelle intimité. Une exploration captivante qui promet d’élargir nos horizons et de susciter des discussions ! À Véro.tv.

Toutoune journée

Combien d’entre nous ont déjà renoncé à une activité par crainte d’être ostracisés au sein d’un groupe ? Dans une société où la grossophobie est au cœur de nombreux débats, l’idée préconçue à l’effet que les personnes en surpoids sont sédentaires persiste. Mélissa Bédard, Mélanie Couture et Guylaine Guay, trois amies nées durant trois décennies différentes, ont décidé de briser ce stéréotype en se lançant dans des activités généralement réservées aux jeunes et aux personnes considérées comme minces. Tout en s’adonnant à la boxe, à l’escalade, au yoga, à la planche à pagaie, aux glissades d’eau, au cheerleading ou au pole fitness, les animatrices partagent leurs expériences et dévoilent leurs moments de fierté (ou de difficulté) dans une ambiance ludique et inspirante. À travers le prisme de la diversité corporelle, elles dévoilent les richesses d’une vie active et épanouie, défiant ainsi des normes sociales étriquées. À Véro.tv.

La médiatrice

Catherine (Mylène Mackay), éminente médiatrice familiale, conférencière et animatrice de renom, est réputée comme étant LA spécialiste de la séparation bienveillante au Québec. Elle partage depuis deux décennies la vie d’Alex, avec qui elle a construit une famille parfaite qui suscite l’admiration de leurs proches. D’où la stupeur totale de tout ce beau monde lorsqu’Alex la quitte. Catherine fait tout en son pouvoir pour que la séparation se passe le plus harmonieusement possible, jusqu’au jour où, submergée par l’émotion, elle cède à la colère devant une cliente qu’elle juge cruelle envers son ex-conjoint. Troublée par le plaisir que lui procure cet instant de rage, elle se donne une mission: devenir la justicière des victimes de ruptures injustes. Avec sa meilleure amie Tonya, elle décide de former un redoutable duo incognito. Au fil de cette quête vengeresse, Catherine va-t-elle s’égarer ou découvrir sa véritable nature ? À Véro.tv.

Quand les enfants quittent le nid

Un parent sur trois appréhende le moment où ses enfants quitteront le nid familial pour déménager dans leur tout premier appartement. C’est le cas de la comédienne et animatrice Élyse Marquis: à l’approche du départ de sa fille unique, Alice, elle s’interroge sur la façon la plus sereine possible de vivre ce bouleversement. Si on peut se préparer pendant neuf mois à l’arrivée de notre bébé, comment s’y prend-on quand le temps est venu pour notre enfant (devenu grand) de voler de ses propres ailes ? Pour répondre à cette question, Élyse rencontre des parents ayant déjà vécu la situation et sollicite l’avis de deux spécialistes. Discussions émouvantes à la clé ! À Véro.tv.

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À REGARDER

De la romanceépicéequi plaira à toutes celles q u i tripent sur notresport national, ses coulisses

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Quand son frère meurt dans un accident de voiture, en 1951, Constance Rose veut devenir mécanicienne pour hériter un jour du garage familial. Une fille? Ben voyons ! Pffff. C’est pas le genre d’affaire qui va la décourager.Noway,José.Unetoutenouvelle

Une tragédie survenue dans une école secondaire fait remonter de vieilles histoires laittesàla surface. De celles infligeant des blessuressi profondes qu’elles peuvent menerà commettre des gestes inconcevables… Un roman qui fesse dansle dash par l’auteure deN’oubliepasla beauté dumondeet dePiedsnusdansla gravelle .

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Culture

D’amour et d’humour

Humoriste, chroniqueuse, animatrice de balado, maman de trois enfants, épouse, twitteuse engagée, tiktokeuse pince-sans-rire, autrice à la plume bien aiguisée, love coach : Léa Stréliski est une touche-à-tout qui n’a jamais eu peur de se mettre en danger. Entretien.

PAR LAÏMA ABOURAJA GÉRALD

PHOTO MARJORIE GUINDON

STYLISME VANESSA GIROUX

MISE EN BEAUTÉ MAYILLAH EZEKIEL

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Veste (AMI Alexandre Mattiussi). simons.ca Collant (Simons). simons.ca Escarpins (Prada). holtrenfrew.com

Je peux enfin prendre le temps d’écrire mon tout premier spectacle, annonce fièrement Léa Stréliski, diplômée de l’École nationale de l’humour en 2017. Je vais aligner toutes mes blagues, leur mettre un ruban sur la tête ; elles vont être belles et sortir les unes après les autres sur scène, comme dans un récital de danse. Je suis en pleine gestation de mes textes humoristiques et j’ai hâte de les mettre au monde. » Si elle s e consacre maintenant à la création de son tout premier one-woman-show , l’humoriste franco-québécoise de 42 ans n’a pas chômé pour autant au cours des dernières années. Elle a notamment publié, aux Éditions Québec Amérique, La vie n’est pas une course (2019) et La recette de l’amour (2023), deux livres à mi-chemin entre le récit et l’ouvrage de croissance personnelle, tout en multipliant les apparitions dans les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux. Elle a également lancé son propre balado hebdomadaire, Dans ma semaine – qu’on peut écouter sur sa chaîne YouTube (@LeaStreliski) ainsi que sur Spotify ou Apple Podcasts –, dans lequel elle capte l’air du temps et répond aux messages que les auditeurs et auditrices lui laissent dans sa boîte vocale. En décembre 2023, elle a même ajouté un épisode mensuel enregistré devant public, En mode cocktail, au cours duquel elle reçoit un invité, comme son ami humoriste Mathieu Dufour ou sa sœur, la pianiste Alexandra Stréliski.

« Mais ma vraie job, c’est d’être une maman, souligne Léa. Ce qui a le plus aiguillé ma carrière, c’est le niveau d’énergie que j’avais à mettre dans mon travail, car j’ai eu le premier de mes trois enfants à 27 ans. Maintenant qu’ils ont grandi, je peux leur dire : “Écoute ta musique dans ton coin, maman s’en va raconter des blagues sur scène, ce soir.”»

Cherche et trouve

Issue d’une famille de professionnels de la publicité, Léa Stréliski amorce sa carrière comme conceptrice-rédactrice et traductrice au sein d’une nouvelle agence mise sur pied par son père. « J’écrivais de la pub. C’était payant, mais je n’avais pas d’ambition dans ce domaine, admet-elle avec la franchise qu’on lui connaît. Je sentais que je n’y avais pas ma place, qu’il me manquait quelque chose d’essentiel pour m’épanouir pleinement.»

Ressentant un puissant appel vers un ailleurs professionnel, guidée par sa plume et son amour des mots, Léa se tourne tout naturellement vers les médias. En 2011, on lui confie un fort sympathique courrier du cœur dans le magazine ELLE Québec. Entre 2017 et 2021, elle tiendra également des chroniques d’humeur dans La Presse, URBANIA et L’actualité. Elle apprend alors à se faire connaître comme personnage public, mais aussi en tant que femme capable de prendre la parole sur des enjeux sociaux comme le logement, le féminisme, le racisme systémique ou le mouvement #MeToo, entre autres. En 2012, l’équipe de La soirée est (encore) jeune, inaugurant la populaire émission de radio, lui propose un mandat de chroniqueuse, marquant alors un important tournant dans sa vie.

« Quand j’ai passé l’audition, je ne m’étais jamais retrouvée devant un public de ma vie. Lors de la première émission, je faisais mes petites jokes assise entre Pauline Marois et Gabriel

Nadeau-Dubois, en présence d’une foule d’auditeurs et des gars de La soirée. Je pensais mourir de trac, se remémore-t-elle en rigolant. Au fil des émissions, je me suis découvert une passion pour cette forme d’écriture plus performative, mais surtout, pour les blagues. J’ai eu une révélation : je devais être humoriste ! C’était la meilleure et la pire nouvelle au monde ! »

La meilleure, car après plusieurs essais et erreurs sur le plan professionnel, Léa avait enfin trouvé sa voie. Et la pire, car tracer son chemin dans ce métier allait s’avérer très difficile. « Tricoter mon parcours tout en étant une maman de 32 ans, ça allait être un gros défi », ajoute-t-elle. Heureusement, Léa a toujours pu compter sur l’appui son mari, avec qui elle partage sa vie depuis 17 ans. Elle qualifie d’essentiel le soutien qu’il lui apporte : « Il savait que j’étais drôle avant même que je le sache. »

Plein potentiel

Alors que Léa cherche à acquérir de l’expérience dans les bars et les soirées d’humour de Montréal, elle tombe enceinte de son troisième enfant, ce qui ne manque pas de contrecarrer légèrement ses plans. « J’ai réalisé que ce serait très long de faire mon petit bonhomme de chemin seulement à travers les micros ouverts, explique-t-elle. Pour accélérer mon parcours, j’ai eu l’idée un peu folle de m’inscrire à l’École nationale de l’humour... à 33 ans. À l’époque, mes enfants avaient cinq ans, trois ans et un an.»

Quand je lui demande d’où lui vient le courage d’avoir ainsi (re)changé de cap vers un domaine où il est si difficile de percer, Léa en appelle à la philosophie. « Le jour de ma mort, j’ai l’impression que je serai satisfaite de ma vie si j’ai réussi à mettre au monde ce que je portais en moi, déclare-t-elle presque solennellement. Je ne suis pas dans le paraître. Dieu sait qu’être une maman étudiante en humour de 30 ans et des poussières que personne ne connaît, ce n’est pas ce qu’il y a de plus shiny socialement. Mais je ne veux pas abandonner les choses essentielles de mon être pour exister dans le paraître.»

La jeune femme complète donc sa formation en humour au sein d’une cohorte d’apprentis humoristes de 10 à 15 ans de moins qu’elle, une période de sa vie qu’elle qualifie de « mise à nu perpétuelle, particulièrement difficile pour le corps et pour l’égo.» Pourtant, dès l’obtention de son diplôme, elle se voit remettre une bourse et offrir un contrat dans une prestigieuse agence de talents.

« Ça allait beaucoup trop vite pour moi, dit-elle. Je voulais retourner dans l’ombre, auprès de ma famille. J’avais peur de ne pas être capable de mettre au monde mon humour, mais je n’étais pas prête à sacrifier l’enfance de mes petits; rien dans mon corps ne me laissait le faire. Dès que j’essayais, je revenais dans mon nid et je sabotais ma carrière. Je voulais préserver ce que j’avais de plus important: mes bébés.»

Ce dilemme cornélien, Léa en parle comme d’un combat et potentiellement d’un sacrifice typiquement féminin. Elle remarque en effet que les années de fertilité des femmes concordent avec celles où elles ont l’énergie de s’investir dans leur carrière. « Est-ce que je fais mes enfants avant de faire fleurir ma carrière ou est-ce que je pense à mon travail d’abord et que je fais mes enfants plus tard ?

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«

mentionne-t-elle à titre d’exemple. Quand tu as le nez dedans, tu as l’impression de devoir sacrifier l’une de ces parties de toi. Surtout quand ton travail est lié à ton identité. J’ai envie de dire aux femmes qui veulent des enfants : “Je vous jure que ça va être correct, peu importe les choix que vous faites.” On est plus fortes qu’on le pense.»

Pour sa part, c’est à travers l’écriture de ses livres, la radio, son balado et ses interventions populaires sur les réseaux sociaux que Léa a pu continuer de combler son vaste besoin de communiquer avec le public tout en maintenant une conciliation travail-famille en adéquation avec ses valeurs et ses désirs.

Terre littéraire

Née à Montréal d’un père issu de la petite bourgeoisie française et d’une mère ayant grandi sur une ferme en Abitibi, Léa a vécu en France de l’âge de 9 à 15 ans, puis a fréquenté le Collège international Marie de France à son retour au Québec. Aujourd’hui, elle décrit son identité culturelle comme hybride. « Je suis le fruit d’une rencontre entre les lettres et la terre », image-t-elle joliment, avant de parler de son accent, un trait distinctif qu’elle ne manque pas de souligner au début de son balado Dans ma semaine. Puisque son accent « franco-queb » déstabilise souvent les gens, elle préfère l’aborder d’emblée, avec une touche d’humour. « Je n’ai absolument aucun contrôle sur mon accent, il fait ce qu’il veut. Il m’arrive de changer d’accent en plein milieu d’une phrase, sans que je m’en rende compte. C’est mon chum qui m’en a fait prendre conscience. »

Bien qu’elle se sente surtout Montréalaise, la grande sœur de la pianiste Alexandra Stréliski – qu’elle surnomme affectueusement « la Céline Dion du piano » – estime être profondément influencée par ses racines hexagonales, tout particulièrement par les grands classiques du cinéma français et par la bouffe, bien sûr. « À Noël, on faisait un réveillon typiquement français, avec des huîtres, du foie gras, du boudin blanc et du champagne. Le lendemain, on mangeait de la dinde, de la tourtière pis des atocas », se remémore celle qui considère sa double nationalité comme une immense richesse. « Mes enfants ont accès à cette multiplication des référents auxquels j’ai eu droit. Ils regardent beaucoup de films avec leur papy, qui cuisine très bien et qui leur fait goûter à toutes sortes de plats. On gagne à mélanger les cultures ; c’est enrichissant de comprendre la réalité des autres. »

Si Léa tient à transmettre les traditions françaises à ses trois ados, elle cherche aussi à leur offrir un mode de vie différent de celui qu’elle a connu en matière d’ancrage. « O n a énormément déménagé quand j’étais enfant, j’ai souvent changé d’école. Ça forge ta capacité d’adaptation, mais tu intègres l’idée que tout est éphémère », raconte-t-elle, en insistant sur sa profonde envie d’offrir une stabilité à ses enfants, aujourd’hui âgés de 14, 12 et 9 ans. « Je toffe notre cinq et demie trop petit du Plateau-MontRoyal tellement je ne veux pas les déstabiliser ni les perturber [...] À défaut de pouvoir leur offrir une grosse maison à Outremont, je leur offre la stabilité d’une famille et d’un quartier qui les élèvent. »

Le leitmotiv de toutes mes vies professionnelles, ce sont les mots.
Ma plume me guide.

L’amour et les dénominateurs communs

Alors que son premier livre La vie n’est pas une course déboulonne la quête constante de la performance, le deuxième ouvrage de Léa Stréliski, La recette de l’amour, traite d’un des sujets les plus universels qui soient : le s entiment amoureux. Mariée depuis 15 ans avec son doux Pierre Alexandre, de qui elle était déjà amoureuse au primaire et qu’elle a retrouvé des années plus tard, Léa veut-elle incarner un modèle de couple qui dure ? « J’ai une belle histoire et j’aime raconter des belles histoires. Si mon expérience – digne d’une comédie romantique, je sais ! – peut donner de l’espoir à celles et ceux qui cherchent leurs moitiés, tant mieux », affirme celle qui affirme avoir beaucoup de couples sains et inspirants autour d’elle. « Ma grand-mère m’a déjà dit : “Le mariage, c’est magnifique, mais c’est quand même de la job.” J’y crois beaucoup. [...] J’ai envie d’être un petit ninja de l’amour, d’être du côté love de la force. C’est très Star Wars tout ça, mon fils serait fier de m’entendre. »

Les histoires d’amour (belles ou moins glorieuses), la course à la performance, la fatigue qui concerne tous les parents : Léa se passionne pour ce qu’elle appelle les dénominateurs communs. L’humoriste et autrice s’intéresse en effet aux expériences et aux détails que tout le monde remarque et elle trouve le moyen d’en faire une synthèse comique, toujours avec une envie intrinsèque de faire œuvre utile et d’aider son prochain.

« J’écris mes livres et je raconte mes blagues comme une maman qui cache des légumes verts dans ses recettes délicieuses pour en faire manger à ses petits : je te fais grandir sans que tu le saches, fait valoir Léa, un léger sourire aux lèvres. Peu importe le médium, je m’arrange pour que mon public se sente bien... et qu’il ne remarque même pas le petit brocoli plein de vitamines caché quelque part ! »

SES ACTUS

Léa Stréliski sera en rodage de son premier spectacle solo dans les soirées d’humour de Montréal dès l’automne 2024. Elle anime également le balado Dans ma semaine et envisage l’écriture d’un troisième livre, qui traitera cette fois de sexualité.

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ASSISTANT-PHOTOGRAPHE : FRANÇOIS PITKEVICHT
à la Taverne Atlantic pour son accueil chaleureux. taverneatlantic.com
Merci
Chemisier et jupe (Samsøe Samsøe). holtrenfrew.com Sandales (L’intervalle). lintervalleshoes.com
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YVES P. PELLETIER

Homme du monde

Yves P. Pelletier porte plusieurs chapeaux – qu’il traîne partout avec lui, au fil de ses voyages d’un c ontinent à l’autre. Il raconte ses déambulations avec l’humour et la curiosité qu’on lui connaît dans son dernier livre, Me suivez-vous ? Pleins feux sur un nomade dans l’âme qui n’a pas fini de nous surprendre... et d’explorer !

STYLISME VANESSA GIROUX

MISE EN BEAUTÉ NANCY ARSENAULT

Bouffon érudit, cinéaste, auteur de romans graphiques, comédien, animateur radio : Yves P. Pelletier peut être présenté de bien des manières. Or, celui qu’on a d’abord connu comme membre du groupe Rock et Belles Oreilles est aussi – et peut-être même surtout ! – un globetrotteur. Avec verve et autodérision, il raconte ses aventures internationales, ainsi que ses tribulations professionnelles et personnelles, dans Me suivezvous ?, qui vient de paraître.

Népal, Tibet, Bhoutan, Thaïlande, Scandinavie... cet artiste sans pareil a parcouru le monde et n’a pas fini de le faire. Il suffit que quelqu’un lui parle de son dernier voyage pour qu’il lui démange d’aller explorer la région à son tour. C’est à une croisée des chemins, en pleine « cris e existentielle », comme le dit son auteur, que débute Me suivez-vous ? Tout juste là où s’achevait son premier récit biographique, Déboussolé, publié en 2022.

Nous sommes alors en 1993. Yves vient d’annoncer à sa mère, en fin de vie, qu’il n’emprunterait pas le parcours dont elle rêvait pour lui – une vie plus rangée, traditionnelle, avec une femme, des enfants, une jolie maison entourée d’une clôture blanche. Elle y tenait tellement qu’elle s’entêtait à jouer les entremetteuses pour son fils auprès des infirmières à son chevet. « Tu imagines les malaises ! » se remémore-t-il en riant. Mais rien ne pouvait ébranler le nomade fraîchement résolu : « J’ai fait le choix de ne pas suivre le pattern : fonder une famille, être sédentaire, acheter une maison, un char. » Ce qu’il voulait surtout, c’était voyager. Et c’est précisément ce qu’il a fait.

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Blouson et pantalon (Adidas). simons.ca

La soif « d’aller à la rencontre de l’autre » est le moteur qui le propulse... ce qu’il est facile de constater, vu la quantité de questions qu’il m’adressera à moi, son intervieweuse, au cours de notre échange. « C’est moi qui te passe en entrevue ! » lance-t-il en s’esclaffant. Lorsqu’il séjourne dans un pays, en plus d’apprendre systématiquement quelques phrases dans la langue qu’on y parle (ce qui peut désamorcer bien des situations épineuses, assure-t-il), le voyageur tient à se renseigner sur ce qui s’y trame. En lisant les journaux locaux, en suivant les bulletins de nouvelles... et quand les véritables enjeux ne sont pas abordés dans les canaux officiels, c’est en discutant avec les gens des environs qu’il se fait une tête.

« Un moment donné, j’étais à Mandalay, au Myanmar, et j’étais le seul client de ma logeuse, une ancienne professeure d’université à la retraite qui connaissait tout, tout, tout, que ce soit sur la culture populaire ou les potins du quartier. Après le feuilleton sud-coréen qu’elle regardait le soir, je m’assoyais avec elle et on jasait. Parfois toute la nuit ! »

C’est que ce jeune sexagénaire épanoui – qui éprouve d’ailleurs un plaisir espiègle à frayer avec des humoristes en début de parcours et à « être le vieux pas sage de service » – a toujours adoré jaser. Il conserve donc de ses périples non seulement des souvenirs impérissables, mais aussi des amitiés précieuses, dont certaines datent d’une quarantaine d’années. Le grand explorateur a donc des copains en Italie, en Pologne, en France, en Birmanie. « Pour moi, c’est une famille.» Qui se greffe à celle, biologique, formée de son père, de sa sœur aînée, de lui-même, ainsi que de l’âme des deux disparus : sa mère Janine et son frère cadet François, fauché à une intersection montréalaise par un chauffard il y a plusieurs années.

Touche-à-tout invétéré

Les échanges épistolaires (d’abord par lettres, puis par télécopieur et enfin par courriel) entretenus avec son réseau international lui ont facilité la tâche lors de la rédaction de ses deux ouvrages autobiographiques. En lui fournissant une chronologie exacte des faits et en lui permettant de revisiter l’évolution de ses valeurs et de ses points de vue sur le monde.

C’est le désir de se raconter, ainsi que sa relation changeante avec le public, qui l’ont incité à se commettre. Lors de son spectacle solo Moi ? , créé en 2018, les sketches mettant en scène ses personnages classiques – dont Serge Chiasson, le prêtre s’exprimant en langue des signes, et Stromgol l’extraterrestre – étaient intercalés entre quelques numéros plus personnels qui ont ravi l’auditoire. « Plus la tournée a progressé, plus j’ai ajouté des choses qui étaient authentiques. » Pour la plus grande joie de ses fans, qui en redemandaient. « Je n’allais pas faire un show où je ne parlerais que de moi, raconte-t-il, mais un livre ? » Ainsi naquit Déboussolé , paru deux ans avant Me suivez-vous ? Il n’est certainement pas farfelu d’imaginer que ce dernier ouvrage, dont les péripéties s’arrêtent en 2004, pourrait être suivi d’un troisième opus. Tout dépend de l’intérêt du lectorat et de l’enthousiasme de l’éditeur, soutient l’auteur.

Celui qui a écrit et réalisé les films Les Aimants et Le Baiser du barbu – en plus d’avoir scénarisé Karmina et sa suite, K2 – a aussi d’autres projets dans ses cartons, notamment de téléséries et de longs métrages. Mais les voies du financement étant souvent impénétrables, il reste circonspect quant à leurs chances d’aboutissement. Il avait même élaboré le canevas d’une émission avec Vincent Graton, que le duo a proposé à la conjointe de ce dernier, France Beaudoin. Si pleine de ressources soit-elle, la productrice ne pouvait imaginer comment financer cette flamboyante équipée. « Ça aurait demandé trop de moyens et ça n’entrait pas dans une des cases variété, fiction ou documentaire », raconte celui qui n’en est pas à ses premiers démêlés avec des catégorisations qui ne peuvent contenir l’effervescence et l’hétéroclisme de sa nature.

En revanche, ces caractéristiques sont mises à profit lorsqu’il anime Dans tous les sens, à ICI Musique. Cette émission, parfaite pour un éternel curieux à la vaste culture, explore « les liens entre toutes les sensations humaines et la musique – classique, néoclassique, de films, du monde –, le tout étant un prétexte pour aborder une foule de sujets et aller... dans tous les sens. Ça me fait triper au plus haut point ! »

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 31 CULTURE | RENCONTRE

Carpe diem

Il va sans dire que ce fureteur émérite aime tâter de nouvelles expériences. Parmi celles qui pourraient l’appâter figure la possibilité d’incarner un personnage au théâtre... ce qui a d’ailleurs failli se produire dans les années 1990. Nul autre que René Richard Cyr lui avait offert un rôle, qu’il a hélas dû décliner pour cause de conflit d’horaire.

À cette exception près, peut-être, Yves P. Pelletier n’est pas homme à pleurer les occasions manquées. Et elles furent nombreuses, vu ses incessantes odyssées de par le monde. « Pour moi, dit-il, voyager est aussi important que ce que j’ai fait dans ma vie publique. » La perspective de chemins condamnés à rester inexplorés, l’humoriste l’aborde avec philosophie, préférant laisser fleurir l’intarissable faculté d’émerveillement qui le guide dans ses pérégrinations planétaires et professionnelles plutôt que de permettre à l’amertume de prendre racine. D’où lui vient cette enviable zénitude ? D e son enfance, marquée par l’asthme. Petit, ayant contracté une pneumonie, il a dû passer un mois alité, une expérience qui s’est avérée fondamentale : « Après ça, juste de pouvoir respirer, vivre, je me sentais chanceux et heureux.»

Quant à l’intérêt qu’il porte à autrui, il le tient de sa maman Janine, « une femme ultrasensible aux autres – peut-être des fois trop...» Quand Yves était tout jeune, dans les années 1970, sa mère vivait de l’intérieur la deuxième vague du féminisme et tendait vers l’émancipation. « Sa quête, c’est comme si je l’avais partagée.» Une communion plus organique que celle vécue avec son père, « un homme de p eu de mots, secret ».

L’humoriste, pour sa part, affirme en toute impudeur être « un romantique, un sentimental », voire couver un « côté fleur bleue », néanmoins pondéré par une tendance à envisager les choses de façon « complètement fataliste ». Impossible de ne pas remarquer que l’amour est au cœur de son œuvre cinématographique, en plus d’être le sujet des deux romans graphiques dont il a signé les textes, Valentin et Le Pouvoir de l’amour et autres vaines romances. Or, ce dernier se termine par une citation plutôt sinistre du groupe Rita Mitsouko : « Les histoires d’amour finissent mal en général. »

Au fil des pages de Me suivez-vous ? , on suit d’ailleurs les péripéties amoureuses rocambolesques de son auteur. À ce propos, ses fréquents séjours aux quatre coins du globe n’ont certainement pas favorisé la stabilité de sa vie intime, admet-il volontiers. On y apprend aussi que l’artiste a été victime de harcèlement de la part d’une admiratrice. Après avoir entonné si souvent la légendaire ritournelle moqueuse Bonjour la police, il a, ironiquement, dû en appeler aux autorités pour assurer sa sécurité. Un type de situation dont on entend très peu parler au Québec. « Si j’ai raconté ça, c’est que ç’a été déterminant et marquant pour moi.» Ça explique, selon lui, que certains puissent le trouver un peu fuyant. « Je n’ai jamais très bien vécu avec la notoriété. Cela dit, je profite des privilèges qu’elle procure... » Il raconte en rigolant avoir déjà épaté la galerie, à l’étranger, en se vantant d’avoir cuisiné avec la mère de l’illustre Céline Dion. Ce qui n’était pas faux, car il avait en effet participé à l’émission de

cuisine de feue Maman Dion. En outre, il attend avec une curiosité fébrile de découvrir le spectacle hommage que le Cirque du Soleil consacrera cet été à RBO.

Celui qui se décrit, dans son dernier livre, comme un « narcissique humaniste, solitaire grégaire, égoïste charitable, control freak épris de liberté, amoureux qui élude l’engagement, toujours ici et ailleurs en même temps » est certainement un être paradoxal. Une caractéristique qu’il ne considère pas lui être spécifique, mais plutôt intrinsèquement liée à la nature humaine. Pourtant, il confesse cultiver le paradoxe : « C’est une façon de réfléchir. Si on prend les actualités, par exemple, je ne lis pas seulement les affaires avec lesquelles je suis en accord, car je ne lirais pas souvent. » ( rires ) Ainsi prône-t-il la considération systématique des deux côtés de la proverbiale médaille. « O n n’a pas à polariser autant les débats. On aurait tout intérêt à se garder une petite gêne et à être solidaires. C’est mon feeling en général. Oui, il faut s’indigner de certaines choses, mais il faut également se rappeler qui on est, où on est et ce qui se passe à l’extérieur de soi. Ça aide aussi à ça, les voyages, à avoir de la perspective.» Et à gravir les échelons de la sagesse, semble-t-il.

SES ACTUS

Depuis janvier dernier, Yves P. Pelletier a fait partie des représentants des boomers dans la deuxième saison de l’émission Zénith, à ICI TÉLÉ. Son livre Me suivez-vous ? sera offert en librairie dès le 27 mars. La Série hommage du Cirque du Soleil célébrera Rock et Belles Oreilles du 17 juillet au 17 août prochains à l’Amphithéâtre Cogeco, à Trois-Rivières.

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ASSISTANT-PHOTOGRAPHE : JULES BÉDARD

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Oui, il est possible de guérir d’un manque d’amour et de convertir cette carence en une transformation bénéfique de soi-même !

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Le cerveau cerf-volant

PAR SIMON BOULERICE

Dans RuPaul’s Drag Race, il y a toujours cet épisode où l’animatrice demande aux drags de s’adresser à une photo d’eux et d’elles, enfant. Puisque je ne risque pas de participer un jour à cette compétition – mes talents de drag étant limités –, je me prête ici à l’exercice, en espérant vous donner envie de reproduire la chose et de déployer la même indulgence envers votre « minivous ». Je plonge...

Salut Simon, 8 ans. Ici Simon, 41 ans. Comme tu vois, j’ai beaucoup changé ! Et en même temps, pas tant que ça. Quand quelque chose de minimalement heureux m’arrive, j’ai encore le réflexe de sourire de toutes mes dents, avec mes canines de petit vampire. Ton rêve de porter des lunettes a été réalisé : tu as réussi à devenir myope – bravo ! – et maintenant, tu remets souvent en question ce vieux rêve stupide d’unicité. Même quand tu ne portes pas tes lunettes, tu remontes une monture fantôme sur ton nez. Les lunettes et la myopie font partie de toi.

Je sais que ton dernier bulletin scolaire a été désastreux. Tu as tendance à te comparer à ta grande sœur. Tout semble si facile pour Vicky. Elle est douée en amitié et elle obtient de belles notes sans se forcer. Toi, c’est autre chose.

Tu te sens dépeuplé: il n’y a jamais d’amis dans ton entourage... Tu ne trouves jamais les mots justes pour faire rire tes collègues de classe, pour qu’ils aient envie de revenir vers toi. Si seulement il te restait les sports... Mais non : tu as compté un seul but en jouant au hockey, et c’était dans le tien. T’as scoré dans ton propre but. Une passe à ton goaler qu’il n’a pas su arrêter...

Et à l’école, aux examens, ceux qui troublent tes nuits, tu n’obtiens jamais de notes impressionnantes. Tu as de la difficulté à épeler les mots. « Pantalon » te donne le vertige. Il y a ben trop de lettres dans c’t’affaire-là ! Jusqu’à ta mort, tu préfèreras porter des shorts. C’est plus court et c’est si bon, sentir le vent sur ses rotules !

Petit Simon, je t’assure, malgré ta solitude, malgré tes échecs, malgré ton D en présentation orale, tu sauras un jour comment prendre la parole en public sans que ce soit un fiasco. En étant totalement toi-même en plus. Tu l’ignores, mais tu scintilles déjà, comme quelque chose qui glow in the dark de manière inattendue. Comme une brosse à dents sur sa charge, dans la pénombre d’une salle de bains, au mitan de la nuit. (Oui, tu as bien déduit : un jour, ta brosse à dents va devenir électrique. Tout ce que tu auras

à faire, c’est d’appuyer sur un bouton en te faisant un sourire gênant dans le miroir... Tu vois comme la vie est pleine de promesses, des fois.)

Et sais-tu quoi ? J’ai encore l’esprit arborescent, comme toi enfant. Ta pensée galope toujours dans toutes les directions. Il y a toute une écurie dans ta tête. Je sais que présentement, tu te dis que tu es diffus comme un dégât sur la table au déjeuner, quand le lait de tes céréales s’étale dans toutes les directions. Mais ça va devenir un atout, ton imaginaire tentaculaire. Ça te permettra de voir le monde différemment, à travers des angles nouveaux et intimes: les tiens

Un jour, tu feras une lecture de tes textes en Roumanie, dans un festival littéraire où tu seras le seul écrivain québécois, et un collègue européen décrètera : « Jeune homme, vous avez le cerveau cerf-volant. » Et tu t’approprieras fièrement la sentence. Ton cerveau est coloré, flamboyant, léger, imprévisible, susceptible d’être empoigné dans toutes les directions, à la faveur des vents. Mais attention : il y a une ficelle. Une ficelle dont tu as le pouvoir. C’est toi qui tiens la manette, la manivelle, le fuseau sur lequel s’enroule la corde que tu manipules à ta guise, tantôt laissant du lousse, tantôt la gardant jalousement pour toi, pour ramener à ta hauteur les cabrioles dans le ciel.

Oui, aussi surprenant que ça semble, tu vas devenir un écrivain ! Toutes les douleurs que tu vis présentement, et que tu vivras bientôt, tu les rentabiliseras avec le temps, juré ! Tu n’auras jamais souffert pour rien.

Tu apprendras à épeler certains mots et certains sentiments, mais il t’arrivera de fauter, même adulte. Tant pis: toutes tes fautes, tu les transformeras en beauté. De la vulnérabilité scintillante.

Alors vas-y, Simon, 8 ans: gère ton cerf-volant comme tu l’entends. Amuse-toi à le faire aller dans des directions nouvelles. Explore, assume et rassure-toi: les belles choses viendront. Ta légèreté de cerfvolant est sur le bord d’arriver. Enfile tes plus beaux shorts et va dehors voir toutes les possibilités que t’offre le ciel.

À votre tour, maintenant !

Simon Boulerice est romancier, dramaturge, poète, scénariste, chroniqueur, comédien et metteur en scène. Il est également co-porte-parole d’Interligne, en plus d’être l’auteur du livre Pleurer au fond des mascottes et des téléséries Chouchou et Six degrés

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PHOTO : BRUNO PETROZZA (SIMON BOULERICE)

En librairie maintenant

En nous invitant à entrer dans sa classe, l’enseignant Simon Bucci-Wheaton propose une réflexion sur l’état de nos écoles, mais également de notre système d’éducation - ce qu’il pourrait et devrait être, pour le mieux-être de nos enfants et de toute la collectivité.

1 $ par livre vendu sera remis à l’organisme communautaire Je passe partout. jepassepartout.org

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Société

Parties intimes

Couple ouvert, tendresse, libido, honte, fantasmes et découvertes. Debbie Lynch-White, Kim Thúy et Simon Boulerice jasent sans détour de... sexe !

PAR PATRICK MARSOLAIS PHOTOS ARIEL TARR

De gauche à droite : Patrick Marsolais, Kim Thúy, Simon Boulerice et Debbie Lynch-White.

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arement ai-je entendu un aussi sympathique et joyeux chaos en réécoutant une entrevue préalablement enregistrée. Les mots s’entrechoquent, les phrases débutent au féminin et se terminent au masculin, l’anarchie des opinions règne. Au cœur de cette tornade assourdissante se trouve la folle énergie de Debbie Lynch-White, de Simon Boulerice et de Kim Thúy qui discutent ensemble de... sexualité. Et attention, ça décoiffe. Les tabous ? Connaît pas !

En 2024, on peut disserter sur la sexualité de mille et une manières. Il m’apparaissait essentiel, toutefois, d’amorcer notre conversation en abordant le sujet de front et de façon personnelle: quelle est l’importance du sexe dans la vie de mes invités ? Une question qui me permettra sans doute d’orienter un peu mieux les 90 minutes de discussion qui allaient suivre.

« Pour moi, la sexualité est primordiale, affirme dès le départ l’autrice Kim Thúy. Essentielle, même. Je me suis toujours assurée, quand j’étais mariée, de dialoguer avec mon mari lorsque je sentais qu’on négligeait nos relations intimes. Cette intimité-là ne peut être remplacée par aucune autre – sauf, évidemment, si l’un des deux éprouve une incapacité quelconque. »

D ebbie explique pour sa part avoir ouvert son couple avec son ex-femme après deux ans de relation, parce que « même si on s’aimait, on percevait des besoins non comblés ». Elle explique : « Au cours des six dernières années, j’ai exploré un modèle de sexualité et de couple non monogame avec mon ex-partenaire. On était sur la même longueur d’onde et on a donc décidé de créer notre propre modèle... avec plusieurs essais et erreurs.»

Resté un peu en retrait, Simon intervient à son tour : « J’ai beaucoup plus de pudeur que Kim et Debbie. Pour moi, parler de ça implique mon partenaire et je tiens à mettre des limites pour respecter son jardin secret. Je trouve ça beau, cependant, de

vous écouter raconter l’importance de discuter de sexualité dans un couple, parce que j’ai pas mal de gêne à le faire et c’est la même chose pour mon conjoint. »

J’en reviens aux aveux de Debbie. Un couple ouvert ! Une idée qui nourrit sans doute les fantasmes de plusieurs, mais j’ose croire que pareille entente exige une confiance béton – en soi et envers l’autre. C’est bien beau la théorie, mais quand arrive le moment où ta partenaire sort pour aller voir son amant pendant que tu regardes STAT en reprise à la télévision, faut être fait fort pour ne pas avoir l’impression d’être le perdant de la soirée, non ?

« O ui, absolument, la confiance est primordiale, acquiesce Debbie. Je deale depuis toujours avec une peur du rejet et j’ai appris à mieux me comprendre. Je me souviens du moment où j’ai réalisé que de savoir ma blonde ailleurs ne m’enlevait rien, mais que ça ajoutait quelque chose à l’autre. Il faut déprogrammer notre vision de la jalousie, de l’infidélité aussi. »

Sous pression

Il y a, en matière de sexualité, une notion de performance. La durée, la fréquence et l’intensité de l’orgasme ou l’originalité des positions pendant les rapports intimes sont des facteurs qu’on utilise pour « mesurer » l’épanouissement de notre vie sexuelle. Bonjour la pression... et la comparaison ! Combien de fois avonsnous entendu des gens vanter leur nuit blanche jouissive pendant que ceux qui les écoutaient éprouvaient le malaise de ne jamais avoir vécu pareille extase ? Cela dit, en dehors de ces exploits charnels, on sous-estime, à mon avis, les notions de tendresse et d’intimité...

« Je p ense effectivement que la tendresse peut parfois suffire à bien faire fonctionner une relation, approuve Simon. Je ne pense pas qu’on puisse être 100 % compatible avec un autre être humain. C’est beaucoup de pression à mettre sur les épaules de notre partenaire. Je pense que, pour certains, la sexualité peut signifier de dormir collés en cuillère... et c’est parfait comme ça !

– Je comprends ce que tu veux dire, répond Debbie. La tendresse me fait du bien, mais à long terme, je pense qu’avoir une relation basée seulement là-dessus ne me conviendrait pas. On peut vivre plein de belles choses dans l’intimité, mais sans sexualité, j’aurais des insatisfactions et certains sentiments finiraient par s’effriter. »

D ebbie revient alors sur la notion de performance, que j’ai abordée un peu plus tôt. « Je pense que la pornographie contribue à nous mettre de la pression. Et que cette pression touche plus les hommes que les femmes... ne serait-ce que dans cette notion de devoir maintenir une érection puissante des heures durant. J’ose croire qu’en vieillissant, on finit par comprendre que la sexualité, même dans un couple hétéro, n’a pas besoin d’être uniquement phallocentrique. Dans certaines de mes relations avec des hommes, c’est déjà arrivé qu’il n’y a pas eu d’éjaculation et c’est moi qui me sentais mal, qui craignais que mon amant ne soit pas satisfait, alors que lui était hyper heureux. C’est moi qui me mettais une pression parce que j’associais le plaisir à l’éjaculation. »

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Simon hoche la tête. « J’ai déjà eu un amant qui avait des problèmes érectiles et j’ai vécu avec lui des moments d’immense tendresse, confie-t-il. Je trouvais dans ses bras quelque chose que je n’avais pas avec d’autres, notamment parce que dans ma vie, l’orgasme n’est pas une finalité. Je pense qu’il se sentait bien accueilli et je n’ai pas toujours retrouvé ce degré de complicité avec d’autres amants bien plus enflammés. »

Paradoxal

Dès son arrivée au restaurant Hayat du Vieux-Montréal, Kim Thúy est en feu, très à l’aise et décomplexée dans son discours. Même chose pour Debbie, qui lui emboîte vite le pas avec enthousiasme. Les deux parlent fort et rient à pleins poumons. De son côté, Simon est plus timide, réservé. Il l’avouera lui-même, d’ailleurs. Pour ma part, je trouve paradoxal de voir Kim et Simon à ces deux extrémités du spectre de l’ouverture, car c’est totalement le contraire dans leurs publications respectives. L’autrice de Ru verse très peu dans l’érotisme, alors que Simon peut être extrêmement direct et explicite dans l’écriture de scènes intimes, notamment dans son roman poétique Géolocaliser l’amour, publié en 2016 et adapté au petit écran en 2022.

« J’ai beaucoup de pudeur dans mes écrits, avoue Kim. C’est très difficile pour moi de nommer certaines choses. Je peux décrire tout ce qui m’entoure, mais je ne serai jamais capable d’aller jusqu’à l’acte sexuel... même le baiser est difficile. Je ne saurais pas comment écrire des scènes érotiques, même si aujourd’hui, à l’oral, je n’ai pas la langue dans ma poche ! D’ailleurs, pendant longtemps, il y a des mots que je ne pouvais pas dire. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à utiliser autrement qu’à la blague le mot “pénis”... (Mot qu’elle prend soin d’épeler plutôt que de le prononcer !)

– Pour moi, l’écriture est un acte d’impudeur que j’embrasse, déclare Simon. Dans Géolocaliser l’amour, je me suis permis d’être transparent, de donner mon nom et beaucoup de mon CV au personnage principal, mais sous le couvert de la fiction. Je peux aller beaucoup plus loin pour cette raison-là, parce que c’est fictif. J’adore écrire sur la sexualité parce que ça fait partie de la vie, que c’est incarné. Ça me permet également de mieux expliquer comment mon personnage interagit avec l’autre, car les rapports sexuels peuvent être très révélateurs. »

Si coucher le sexe sur papier est une chose, le jouer en est une autre, particulièrement quand on est épiés par trois caméras et une équipe technique...

« C’est important pour moi que tout le monde soit à l’aise, explique Debbie. Moi-même, je ressens une petite gêne au départ. Je me souviens d’une scène vraiment crue dans La faille, avec David Boutin. Je me disais : “Quel métier bizarre je fais !” Mais c’est comme une chorégraphie, qu’on doit exécuter de façon sincère et véridique. Exactement comme on le ferait pour une scène de larmes ! C’est drôle parce que pendant le tournage de ce genre de scène, je me détache beaucoup de moi-même. J’ai l’impression que ce corps-là, dénudé, est au service de quelque chose. Ce n’est pas mon sein que je vois, ce ne sont pas mes jambes...»

” J’ose croire qu’en vieillissant, on finit par comprendre que la sexualité, même dans un couple hétéro, n’a pas besoin d’être uniquement phallocentrique.

Sexe 101

Je n’ai pas souvenir d’avoir eu de longues discussions sur la sexualité lorsque j’étais plus jeune. À l’école, on nous offrait bien un ou deux cours d’éducation à la sexualité, mais ça virait rapidement au chahut, nourri par les niaiseries d’ados mal à l’aise et aux hormones en effervescence. Pauvres profs ! Et pauvres parents, aussi, qui essayaient, avec leur air faussement cool, de me demander si j’avais commencé à frencher des filles... en 5e secondaire ! Ah maman, si tu savais... De nos jours, à l’ère des médias sociaux et de la sexualité positive, le discours sur le sujet s’est démocratisé. Magazines, balados, chroniques à la radio, le sexe se décline sur toutes les plateformes.

« Aujourd’hui, oui, la porno est devenue très accessible, lance Simon. Ça affecte le rapport à autrui et on doit certainement mieux encadrer sa consommation. Mais il y a tellement d’autres outils ! Les podcasts, bien sûr, mais aussi la simple prise de parole des gens. À l’époque, le sexe était tabou et en parler était réservé aux gens dont le corps était considéré comme parfait.

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– Ça c’est vrai ! renchérit Debbie. Plus jeune, jamais je n’aurais cru que mon corps pouvait être sexuel ou aimé. Je croyais ne pas pouvoir être un objet de désir, parce que je ne me reconnaissais nulle part dans ce contexte.

– À la télé, les personnes grosses ou les gais étaient souvent des ressorts comiques dont on se servait pour virer une situation en blague, se rappelle Simon. Aujourd’hui, je fais des couvertures de magazines, Debbie et Kim aussi, si bien qu’il y a une démocratisation des corps, des genres et des différences. »

Kim revient à la charge : « Parfois, mes prises de paroles décomplexées dérangent. On appelle alors mes parents pour leur dire que je suis mal élevée ! Heureusement, ils me défendent. Je trouve ça super, moi, qu’une femme racisée de 55 ans et de 4 pieds 11 pouces fasse la couverture du ELLE Québec de façon osée et sexy. En acceptant de le faire, j’ouvre la porte à celles qui suivront. C’est aussi pourquoi je tiens à parler de sexualité publiquement quand on m’en offre l’occasion. Parce qu’on parle rarement de la sexualité des femmes après la ménopause et parce que je veux déconstruire l’image de la femme racisée tout en retenue, presque virginale ou asexuée. »

À force d’en parler avec de moins en moins de gêne, serait-on en train d’abattre les derniers tabous entourant la sexualité ?

« J e pense que, dans l’inconscient collectif, le plaisir des femmes est encore mal perçu, dit Debbie. Il y a des préjugés à l’égard des femmes en pleine possession de leur sexualité, qui embrassent ce côté de leur personnalité. Elles passent encore pour des salopes, alors que les gars qui profitent pleinement de leur côté sexuel passe pour des dons Juans. Je pense que ça change tranquillement, mais c’est loin d’être parfait.

– Moi, j’ai l’impression d’avoir passé ma vie à me sortir de la honte de la sexualité, raconte Simon. Enfant, je baignais dans les

C’est aussi pourquoi je tiens à parler de sexualité publiquement quand on m’en offre l’occasion. Parce qu’on parle rarement de la sexualité des femmes après la ménopause et parce que je veux déconstruire l’image de la femme racisée tout en retenue, presque virginale ou asexuée.

tabous à un point tel que je croyais que je n’aurais jamais de vie sensuelle. En plus, je suis né en 1982, alors que la crise du sida battait son plein. J’ai donc rapidement eu très peur de mes pulsions sexuelles, surtout que j’ai su très tôt que j’étais gai. J’ai freiné ce côté de moi le plus longtemps possible. Je pense que j’avais 19 ans quand j’ai embrassé quelqu’un pour la première fois. Imaginez-vous grandir en ayant peur qu’une relation sexuelle te condamne à mort ! Au fil du temps, j’ai dû déconstruire mes tabous les uns après les autres. Clairement, la démocratisation des discours sains entourant la sexualité m’a aidé ! »

C’est effectivement avec de telles prises de parole que les mentalités continueront d’évoluer, que les barrières continueront de tomber. Oui, parlons de sexe !

LEURS ACTUS

Simon Boulerice a récemment publié pour les tout-petits Mon encyclopédie des arts (Éditions Petits Génies), ainsi que le roman pour adultes Pleurer au fond d es mascottes (Québec Amérique), en 2020. Sur ICI TOU.TV, on peut suivre la série Géolocaliser l’amour, basée sur son roman homonyme. On peut également lire sa chronique « Les pâmoisons de Simon » dans chaque numéro du magazine VÉRO.

Debbie Lynch-White est de retour sur nos écrans dans la troisième saison de la série jeunesse Le pacte , à Télé-Québec. Elle fait aussi partie de la distribution du film Nos belles-sœurs , a daptation de la célèbre pièce de Michel Tremblay, qui prendra l’affiche en juillet prochain. Elle animera également l’émission culinaire La coupe BBQ , d iffusée à Zeste en 2024.

Kim Thúy est en tournée en Europe pour promouvoir le film Ru , tiré de son livre à succès du même nom, et elle prendra part au Festival du livre de Paris, du 12 au 14 avril. Elle a récemment été nommée membre de l’Ordre du Canada.

M erci au restaurant Hayat pour son accueil chaleureux. hayatmontreal.com

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ASSISTANT-PHOTO : LUCAS JALLOT / MISE EN BEAUTÉ : MAYILLAH EZEKIEL

Changer le monde... un dildo à la fois !

Renouer avec son intimité à l’aide de ses cinq sens, vivre sa sexualité en pleine conscience, atteindre le plaisir de façon sécuritaire : Isabelle Deslauriers avait cette mission en tête lorsqu’elle a fondé l’entreprise Désirables, en 2013. Son but ? O ffrir aux femmes les moyens de reprendre le contrôle de leur vie érotique. Et c’est grâce à ses produits de bien-être intime sains pour le corps, sans vibrations, écoresponsables et durables qu’elle change la vie de ses clientes depuis déjà plus de 10 ans.

PROPOS RECUEILLIS PAR VÉRONIQUE HARVEY

Isabelle, comment l’entrepreneuriat est-il entré dans votre vie ? Je suis tombée dans la marmite étant petite, car mon père a fondé sa compagnie en technologies dans notre sous-sol, comme tout bon ingénieur des années 1990. Dès le cégep, je savais que je lancerais mon entreprise, mais je n’avais pas encore d’idée de produit et j’étais trop jeune. J’ai donc commencé par étudier en design industriel, et ensuite, j’ai obtenu un certificat en entrepreneuriat à HEC Montréal. Ça m’a donné des bases en gestion, en marketing et en finances, en plus de m’accompagner dans l’écriture de mon plan d’affaires.

Pourquoi avoir décidé de vous spécialiser dans la fabrication de jouets érotiques ? Je trouvais que les jouets érotiques offerts sur le marché étaient « b oboches ». Je me suis dit que je ne devais pas être la seule à penser ça, mais pour que les choses changent, il fallait que quelqu’un se lance. Ce quelqu’un là, ça allait être moi. C’est là que le projet Désirables est né.

Parlez-nous un peu de votre entreprise. Désirables, c’est une marque de luxe – on parle d’environ 160 $ pour notre godemiché Dalia et de 110 $ pour nos pierres de massage Adori –, aux valeurs environnementales et éthiques. On fait TOUT faire en porcelaine et à la main au Québec, en cohérence avec le mouvement body safe , qui est apparu en 2010 avec l’émergence de boutiques spécialisées dans les objets « sains pour le corps », donc sans phtalates et sans matériaux poreux (qui agissent comme une éponge, où prolifèrent les bactéries). Tranquillement, on a vu des manufacturiers adhérer au body safe et, en ce moment, on assiste à la mise en place d’une norme ISO sur le sujet. Malgré tout, on est probablement une des seules entreprises au monde à produire des jouets érotiques en porcelaine.

Parlons-en, justement : pourquoi avoir choisi la porcelaine ? Une fois cuite, la porcelaine est vitrifiée, ce qui la rend non poreuse et permet sa stérilisation complète. De plus, ce matériau est inerte, alors aucune particule de microplastique n’est transférée dans le corps par la muqueuse vaginale. Les gens pensent souvent que la porcelaine est fragile – comme le service à thé de grandmaman ! –, mais les toilettes sont aussi faites de cette matière, qui est ultrasolide. Afin de prouver à notre clientèle qu’on a pleinement confiance en nos produits, on offre une garantie OOPS de cinq ans. Même si un produit brise parce qu’il a été échappé par terre, on le remplace. En 10 ans, on a fait au maximum une vingtaine de substitutions.

Et pourquoi ne pas avoir opté pour la vibration ? Ce que je dis à mes clientes, c’est qu’il est important d’avoir des rituels masturbatoires variés pour éviter la désensibilisation. C’est facile de tomber dans une routine avec un vibrateur, surtout quand l’argument de vente est d’obtenir un orgasme en une minute... J’ai décidé de ne pas aller vers la vibration pour des raisons éthiques et personnelles : je voulais que ma clientèle renoue avec son intimité, ce qui passe par les cinq sens et le moment présent.

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J’ai décidé de ne pas aller vers la vibration pour des raisons éthiques et personnelles : je voulais que ma clientèle renoue avec son intimité, ce qui passe par les cinq sens et le moment présent.

Les clientes ont-elles répondu à l’appel dès le départ ? Ça a été – et c’est toujours – un très gros travail d’éducation, tant en ce qui concerne la porcelaine que la vibration. Ce qui nous aide un peu, c’est l’esthétisme. Les femmes achètent beaucoup notre modèle de godemiché parce qu’il est beau. Pendant longtemps, on l’a appelé « la p etite robe noire des sex toys », parce que c’est vraiment un classique, passe-partout et élégant. C’est difficile aussi de faire la promotion des produits sur Facebook et Instagram, car notre entreprise est catégorisée « à caractère sexuel », et ce, même si on ne présente aucune photo avec des gens nus. Et malheureusement, les gens partagent rarement une photo de leur jouet érotique sur les réseaux sociaux en racontant à quel point ils sont contents de l’avoir...

Comment avez-vous réussi à rejoindre les gens, finalement ? Grâce au bouche-à-oreille et à quelques boutiques éthiques qui ont ouvert leurs portes au fil des années. On vend aussi aux ÉtatsUnis, en Europe, en Australie et au Japon. Nos produits sont nichés, mais notre rayonnement à l’international nous permet de poursuivre nos activités. Pendant un certain temps, Désirables était présent sur le site Goop et on a également été mentionné dans Playboy , GQ et d’autres magazines en ligne. On a aussi participé à plein d’entrevues et de balados, en plus de collaborer avec des professionnelles qui testent des jouets sexuels. Il faut préciser que je n’ai pas droit au financement ni aux bourses, à cause de mon type d’entreprise. Il fallait donc que je sois très déterminée pour continuer avec Désirables pendant toutes ces années.

Qu’est-ce qui vous a motivée à persévérer ? Les témoignages des femmes qui me confient à quel point Désirables les a aidées à se reconnecter à leur sexualité. Certaines me disent même que ç’a changé leur vie ! C’est ça, ma paie. En 2019, j’ai aussi décidé de développer une nouvelle branche de mon entreprise axée sur la santé pelvienne. On a développé le masseur interne Kaolii afin d’épauler les femmes après un accouchement, les femmes plus âgées, celles qui ont subi des traitements contre le cancer ou encore des athlètes de haut niveau dans leurs traitements de physiothérapie périnéale. J’en suis bien fière !

Quels compromis avez-vous du faire pour arriver là où vous en êtes aujourd’hui ? C’est là mon problème : je ne fais aucun compromis sur mes valeurs. J’insiste pour absolument tout faire produire au Québec en porcelaine, sans vibration, et je ne veux pas faire de pub sur les sites de pornographie. Je suis inflexible là-dessus, même si je sais que déménager la production au Mexique, par exemple, me coûterait beaucoup moins cher et me permettrait d’obtenir une plus grosse marge de profit. Je préfère créer de l’emploi pour nos céramistes d’ici.

En terminant, quel conseil donneriez-vous aux femmes qui veulent se lancer en affaires ? Elles doivent trouver quelque chose qui les passionne, car ça va les habiter à longueur de journée. La curiosité est aussi essentielle, parce que tout reste à apprendre si on veut lancer un produit original qui se démarque de la compétition. Je leur conseille également d’être bien entourées. Quand on est plusieurs au sein d’une entreprise, ça permet d’aller plus vite, surtout si ces gens-là sont complémentaires. Si on n’a pas de cofondateur, je suggère au moins de se trouver un mentor ou quelqu’un qui nous accompagne.

En rafale

VOTRE MANTRA... Changer le monde, un d ildo à la fois.

ÊTRE FÉMINISTE

EN 2024, C’EST... Être inclusive, parce que j’ai l’impression qu’on se d ivise beaucoup entre féministes et ça me gosse.

UNE CAUSE QUI VOUS TIENT À CŒUR...

Le l ow-tech, c’est-à-dire ne pas mettre de la technologie dans tout et revenir à l’essentiel.

L’ENDROIT OÙ ON RISQUE LE PLUS DE VOUS C ROISER EN DEHORS DU TRAVAIL...

Dans une bibliothèque.

C E QUI VOUS REND PROFONDÉMENT HEUREUSE... Mon fils.

V OTRE PLUS GRAND SOUHAIT POUR LA PROCHAINE ANNÉE... Continuer de grandir.

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Les pierres de massage Adori.
Le Dalia édition spéciale « a mour au 21 e siècle ».
Godemichés Dalia en cours de production dans un atelier de céramiste.
C’est seulement en 2018 que l’éducation à la sexualité a été réintégrée dans les écoles ; il y a donc tout un pan de la population qui n’a pas eu accès à ce savoir-là.

À LA DÉFENSE DES DROITS SEXUELS

Les 3 sex*

Alors qu’en Amérique du Nord les droits sexuels et l’éducation à la sexualité semblent faire de grands pas en arrière, certains groupes continuent de lutter pour les défendre. Au Québec, Les 3 sex* – pour sexe, sexualité et sexologie – milite en ce sens. Revue en ligne, colloque annuel, campagnes de sensibilisation, publications imprimées : l’organisme ne chôme pas. On en discute avec Mylène de Repentigny-Corbeil, sa présidente et directrice générale. PROPOS RECUEILLIS PAR ÉLODIE PARTHENAY

Mylène, parlez-nous de la création et de la mission des 3 sex*. L’organisme Les 3 Sex* a été fondé en 2016 à l’initiative de trois personnes étudiant en sexologie qui voulaient faire rayonner les aspects activistes et sociopolitiques de la sexualité humaine. Le projet initial était de créer notre revue en ligne (les3sex.com), qui publie de l’information vulgarisée pour la rendre accessible, des résumés d’actualités, des recensions d’outils, des critiques culturelles, etc. Depuis, l’organisme a pris de l’ampleur et compte aujourd’hui trois volets principaux:

• La diffusion des savoirs et la vulgarisation des notions, à mi-chemin entre les milieux académique et communautaire. Ce volet inclut notre colloque annuel Sexualité et technologies, notre revue en ligne et nos publications imprimées.

• La sensibilisation, tout particulièrement aux enjeux technologiques. Au fil des années, on a travaillé sur les personnes queer en région, la sextorsion, les aînés LGBTQ+, les violences insidieuses... On utilise les nouvelles technologies (vidéos, jeux interactifs) pour que tout ça soit vraiment accessible.

• L’éducation à la sexualité. On organise parfois des ateliers, mais on donne surtout de la formation pour épauler ceux et celles qui en font. En ce moment, on est beaucoup dans le nouveau cursus de Culture et citoyenneté québécoise, qui intègre des contenus d’éducation à la

sexualité, spécifiquement dans le but de mieux diffuser l’information dans les écoles.

C’est très vaste comme programme !

Comment choisissez-vous les projets sur lesquels vous travaillez ? Une de nos valeurs intrinsèques est de toujours rester à l’affût de ce qui émerge de nos membres (par exemple, le guide d’écriture inclusive développé en collaboration avec le Club Sexu), mais aussi de l’actualité, puis de continuer à agir de manière fluide et active selon les enjeux. Il y a un travail collaboratif pour déterminer ce qu’on publie et ce qu’on aborde dans notre colloque annuel Sexualité et technologies. Mais notre mandat premier, c’est de rendre l’information accessible. C’est seulement en 2018 que l’éducation à la sexualité a été réintégrée dans les écoles; il y a donc tout un pan de la population qui n’a pas eu accès à ce savoir-là.

Quels sont vos grands objectifs pour l’avenir des 3 sex* ? Participer aux réflexions sociopolitiques liées aux droits sexuels et défendre ces droits auprès des institutions politiques. Aussi, être une référence en matière de santé sexuelle et de droits sexuels, vers laquelle la population générale peut se tourner lorsqu’elle a des questions ou des doutes sur certaines notions. Et finalement, développer une communauté active – tant au sein de l’organisme que de la société –, pour que ces personnes-là deviennent aussi des agentes de défense des droits sexuels.

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PHOTO : F
RANCIS RIENDEAU

Je te promets qu’il reste du beau

PAR KIM LÉVESQUE-LIZOTTE

Même lorsque je ne veux plus écouter la radio, lire les journaux, regarder les nouvelles ou voir l’actualité défiler sur mes réseaux sociaux, mon métier de scénariste et de chroniqueuse m’oblige constamment à y replonger, à prendre conscience de la réalité, de ce qui s’y passe. Même si j’ai envie de me cacher les yeux, de me boucher les oreilles, de me pincer le nez. J’ai même entendu un spécialiste en relations internationales dire à la radio, aujourd’hui: « Je suis très anxieux face à l’avenir.»

C’est un peu comme voir la panique s’installer dans les yeux d’une agente de bord en plein vol. Si elle panique, on va tous y passer. J’ai souvent levé les yeux au ciel quand j’entendais des jeunes femmes affirmer qu’elles ne voulaient pas d’enfant à cause de leur écoanxiété. Je me disais que l’humanité avait connu pire et qu’elle s’était relevée de pire : le Moyen-Âge avec ses pandémies de peste noire qui décimaient des populations entières, les deux guerres mondiales, la course aux armes nucléaires. Alors pour le réchauffement climatique, on trouvera bien; on souffrira, on encaissera, mais on trouvera bien...

Mais devant le climat mondial actuel, je comprends les inquiétudes de ceux et celles qui perdent espoir. Jamais je n’aurais pensé voir de mon vivant des populations entières, femmes et enfants inclus, se faire pulvériser sur mon fil Instagram. Jamais je n’aurais pensé voir les pays occidentaux fermer les yeux sur de telles horreurs et être complices – ou bien totalement impuissants – devant des régimes autocratiques qui n’ont plus de limites. Comment vais-je expliquer ça à ma fille ? Lui expliquer qu’elle arrive à un moment où les empires se radicalisent, où la démocratie s’évapore, où la répression l’emporte toujours sur celui qui tente de se soulever ?

J’ai compris que le monde allait rester imparfait à jamais, car il est plus facile de détruire que de bâtir, plus facile de détester que d’aimer, plus facile de tuer que de céder.

Je prendrai donc mes responsabilités d’être humain et je vais tenter de tout mon être, malgré toutes les horreurs qui nous entourent, malgré ces temps sombres où on se sent tous vulnérables, malgré tout ça, de te porter, ma fille.

mais je m’assurerai que tu trouves un sens à ta présence sur terre par tout le beau qui reste.

C’est à moi de t’apprendre à chérir et à accueillir les autres qui seront bons pour toi. C’est à moi à t’apprendre à t’émerveiller devant l’art ou une chanson. De t’enivrer d’une danse sur une musique exaltante, d’un spectacle qui nourrit ton imagination fertile, terreau de ta précieuse existence. C’est à moi de t’apprendre qu’en te connectant à ton empathie et à ta bienveillance, tu t’assures d’avoir une connexion pleine de sens – pour l’autre et avec l’autre – qui te nourrira pour la vie.

Je te souhaite...

Un ou plusieurs amours significatifs, de la simple accolade au premier baiser jusqu’à la découverte de l’intimité. Oh que je te souhaite de l’amour, car il en reste, il en reste tout plein dans les recoins discrets où les gens heureux n’ont pas d’histoires. Je t’en souhaite pour que tu goûtes – ne serait-ce qu’une seule fois – le bonheur d’aimer et d’être aimée en retour pour qui tu es.

Que tes yeux apprécient la beauté du monde et de ce qu’il en reste. Je pourrais te parler de paysages et de couchers de soleil, certes, mais ouvre ton cœur aux gens qui vivent différemment de toi et ouvre tes oreilles pour entendre et connaître leurs langues, leurs histoires, leurs cultures, leurs musiques.

Et puis... bats-toi. Bats-toi jusqu’au bout pour être qui tu es et pour défendre les causes qui te tiennent à cœur. On n’a qu’une vie à vivre; elle est trop courte pour la traverser en se faisant passer pour quelqu’un d’autre et en se laissant bercer par la banalité du quotidien sans s’être tenue debout.

Je te jure qu’il reste du beau. Je te jure qu’il reste du beau qui vaut la peine d’être lu, vu, vécu, goûté. Je te jure qu’il reste du beau dans l’autre. Je te jure qu’il reste du beau à défendre. Je te jure qu’il reste du beau à aimer.

J’aurais voulu te voir grandir dans un monde pacifique, sage, raisonnable, sensible, à l’image des droits de l’homme. Un monde démocratique et civilisé où les traités de paix et les poignées de main l’emportent sur les armes.

Je ne pourrai pas t’éviter les souffrances d’une peine d’amour, le stress de ne pas être à la hauteur, les découragements d’un échec, les crises existentielles de l’adolescence, les désillusions à ton entrée dans le monde des adultes. Je ne pourrai pas te protéger de tout ce qui blesse un cœur, ce qui chavire une âme, ce qui laisse des marques, Kim Lévesque-Lizotte est une autrice, scénariste et humoriste féministe québécoise. On lui doit entre autres les téléséries Les Simone, Virage et Avant le crash.

Mais sache que mon beau à moi, qui me donne de l’espoir, c’est toi.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 45 SOCIÉTÉ | P OINTS DE VUE
PHOTO : SACHA BOURQUE

FORMULE AMÉLIORÉE CRÈME DE JOUR

BLUE PEPTIDES UPLIFT

LES FEMMES ONT VU PLUS D’ÉCLAT ET UNE PEAU PLUS FERME

MAGASINEZ MAINTENANT SUR BIOTHERM.CA

Style

Ça sent le printemps !

Voici venu le temps d’actualiser notre garde-robe. Et quoi de mieux que des classiques saupoudrés de quelques idées fraîches (et portables !) p our faire le pont entre l’hiver et la nouvelle saison ?

PAR SOPHIE ST-LAURENT

LA VALEUR SÛRE Le trench

Plus d’un siècle après sa création, cet imper p rouve qu’il a encore sa place dans notre g arde-robe. La preuve ?

On l’a vu défiler chez Stella McCartney, Dior et Yves Saint Laurent... M ais la bonne nouvelle, c’est qu’on trouve aussi de beaux trenchs chez les détaillants plus accessibles (Psitt ! O n a repéré le modèle p arfait chez RW&CO.).

Pressée de l’enfiler ? Il suffit de le superposer à u n duvet poids plume pour lui donner une petite couche d’isolation supplémentaire en attendant que le mercure grimpe.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 47
)
PHOTO : L AUNCHMETRICS SPOTLIGHT ( STREET STYLE

L’ACCESSOIRE EN TÊTE

Le peigne circulaire

Ça fait un bail qu’on l’avait vu, celui-là ! Après l’avoir aperçu dans les tignasses des mannequins aux défilés de Givenchy, d’Helmut Lang et de Maryling, on peut dire qu’on a réhabilité cet accessoire capillaire. On aime ce serre-tête qui retient efficacement les cheveux vers l’arrière tout en étant quasi invisible (surtout si sa couleur correspond à celle de notre chevelure). Pour agrémenter un chignon déconstruit ou pour donner de la personnalité à notre brushing, on l’apprécie aussi parce qu’il coûte trois fois rien.

SHOPPING IL PLEUT DES SEAUX !

Pour aimer longtemps notre sac, on investit dans un modèle épuré, taillé dans une matière de qualité et fabriqué avec soin.

LE TON DANS LE TON

Bleu pâle

C’est la plus tendance des couleurs pastel. Elle se porte sans hésiter de pied en cap, mais on aime aussi les mariages singuliers du bleu dragée avec des neutres comme le chamois ou le bordeaux, et même avec des tons vitaminés comme le rouge ou le jaune limette.

48 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 STYLE | TENDANCES
GIVENCHY MARYLING AKRIS FENDI ERMANNO SCERVINO PROENZA SCHOULER EMILIA WICKSTEAD STELLA Mc CARTNEY
PHOTOS : LAUNCHMETRICS SPOTLIGHT (DÉFILÉS), GETTY IMAGES (SAC MANNEQUIN)
ALBERTA FERRETTI Paquet de 3 serre-têtes extensibles (Scünci, 6 $). walmart.ca Noé BB (Louis Vuitton, 2 410 $). ca.louisvuitton.com The Leather Mini Bucket Bag (Marc Jacobs, 430 $). marcjacobs.com Sac seau Blossom (Charles & Keith, 73 $). charleskeith.com/ca Bo Mini Bucket (Flattered, 399 $). swellandginger.com
ACHAT LACOL
Minisac seau 2.0 (Roots, 178 $). roots.com

LE SAC QU’IL NOUS FAUT Le seau

Rafraîchir notre style passe souvent par l’ajout d’un sac à main dans le coup. Même si cette forme n’est pas nouvelle (le maroquinier Louis Vuitton a lancé son Noé en 1932 ! ), le sac seau est bel et bien celui qui fait osciller le baromètre des tendances actuellement. On aime son fond plat qui le rend très logeable et son cordon de serrage qui lui donne un petit air bohème.

LE FARD VEDETTE ROSE MORDORÉ

Le maquillage naturel est encore et toujours une des options les plus populaires. Tant mieux, parce ce que c’est joli, accessible et totalement approprié à notre quotidien actif ! Pour bonifier un peu notre mise en beauté minimaliste, on la rehausse d’une touche lumineuse dans une nuance de rose doré. Appliqué sur les paupières et les pommettes, ce fard irisé conférera un aspect luxueux à notre look monochrome.

Ombre à paupières liquide

La Lumière (Wonderblush, 32 $). wonderblush.com

L’ESSENTIEL RESSUSCITÉ Le polo

Ce printemps, on troque notre chemisier pour un polo !

En coton piqué, en dentelle, en organza ou en maille, ce t-shirt à col plat – symbole ultime de l’allure preppy – se taille à nouveau une place de choix parmi nos basiques.

L’IDÉE MODERNE

Les chaussettes exposées

Porter des chaussettes avec des chaussures délicates n’est plus un faux pas mode. C’est même une façon branchée d’enfiler nos sandales ou nos escarpins dès la mi-saison. Parce que ce look est difficile à maîtriser, mieux vaut jouer avec le ton sur ton ou les associations de neutres (bas gris + sandales marron), mais les plus audacieuses peuvent aussi oser les contrastes.

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PHOTOS : LAUNCHMETRICS SPOTLIGHT (DÉFILÉS)
MSGM ZUHAIR MURAD
ACHAT LACOL
VICTORIA BECKHAM NOON BY NOOR BENETTON LOEWE MSGM MIU MIU GUCCI PUPPETS
AND PUPPETS
ANTEPRIMA

BANC D’ESSAI

Une crème raffermissante aux peptides pour le visage

Formule végane, contenant 92 % d’ingrédients d’origine naturelle.

La marque française Biotherm lance ces jours-ci une nouveauté : la crème de jour

Blue Peptides Uplift. Sophie St-Laurent, cheffe de la section style du magazine VÉRO, a testé cet hydratant pendant deux semaines. Compte rendu.

Crème de jour

Blue Peptides Uplift (Biotherm, 105 $ les 50 ml). biotherm.ca

Pourquoi as-tu eu envie d’essayer cette crème, Sophie ? Une dermatologue m’a déjà dit : « Pour retarder les signes de l’âge, il faut s’intéresser au collagène. Ce composant principal de la peau est en quelque sorte son armature, ce qui lui donne sa structure.» Pour stimuler sa production, mais surtout prévenir sa dégradation, elle m’a recommandé de choisir des soins formulés avec des peptides. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde ! J’ai été intriguée d’apprendre que non seulement la crème de jour Blue Peptides Uplift contient ces ingrédients clés, mais que leurs bénéfices sont amplifiés par le Life PlanktonMC, un ingrédient 100 % renouvelable et exclusif à Biotherm, qui hydrate la peau tout en augmentant l’efficacité des ingrédients actifs, et dont les nombreuses propriétés soutiennent la santé de l’épiderme.

Après deux semaines d’essai, que peux-tu nous dire sur l’état de ta peau ? Je viens d’avoir 50 ans et j’ai constaté des changements sérieux depuis cinq ans. Merci à mes hormones pour le manque de fermeté, la sècheresse cutanée et le teint brouillé ! Pourtant, dès la première application de cet hydratant de jour, j’ai senti ma peau plus souple et plus rebondie, surtout au niveau des pommettes. Inutile de dire que ce léger effet liftant est plus que bienvenu... L’hydratation a même aidé à enrayer une petite plaque sèche dont j’avais du mal à me débarrasser ! Je dirais aussi que mes pores sont resserrés et que les ridules sur mon front semblent atténuées.

La sensorialité est-elle un critère important dans ta routine beauté ? Oui, et ça ne date pas d’hier. Peut-être parce que j’ai été initiée tôt aux soins de la peau avec le Lait Corporel de Biotherm qui sent bon les agrumes. La marque a le flair pour les odeurs délicates et sa nouvelle crème de jour n’y fait pas exception. Elle dégage un doux parfum fruité-floral. J’adore sa texture fondante, qui ne laisse aucun film gras ou collant sur la peau. J’avoue qu’en ouvrant le contenant en verre – recyclé et recyclable, un must à l’ère de l’écoresponsabilité ! –, la jolie couleur rosée du produit m’a fait de l’œil. Et c’est probablement grâce à elle que je constate un effet bonne mine lumineux à l’application. Je me suis même surprise à ne pas avoir envie de mettre du fond de teint !

Ce texte est une création exclusive du magazine VÉRO pour Biotherm.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 51 MAGAZINE VÉRO X BIOTHERM CONTENU COMMANDITÉ PHOTOS : B ENJAMIN LENNOX –BIOTHERM (MANNEQUIN), ANDRÉANNE GAUTHIER (SOPHIE ST-LAURENT)

À la fine pointe

Qui de mieux que l’élégante Maude Sabourin, première danseuse des Grands Ballets Canadiens, pour présenter une des tendances majeures de la saison : l ’inspiration ballet. Entre deux pliés et quelques arabesques, zoom sur des matières diaphanes, des détails ultraféminins et des tons doux.

PAR SOPHIE ST-LAURENT

PHOTOS MARJORIE GUINDON

STYLISME VANESSA GIROUX MISE EN BEAUTÉ JEAN-FRANÇOIS CD ET ROMAIN LE MOËLLIC

Justaucorps

Jupe (Maison LPRN,

STYLE | M ODE EN VEDETTE
(Zara, 28 $). zara.com
maisonlprn.com
70 $).

Polo (BDG, 64 $). urbanoutfitters.com

Robe (Maison LPRN, 150 $). maisonlprn.com

Boucles d’oreilles (Drae Collection, 92 $). draecollection.com T-shirt (RTA, 492 $). revolve.com Pantalon (COS, 175 $). cosstores.com Escarpins (Aldo, 80 $). aldoshoes.com

Boucles d’oreilles (Simons, 25 $). simons.ca

Robe (Noémiah, 577,50 $). noemiah.com

Soutien-gorge léger (Blush, 25 $). blushlingerie.com

Pull et legging (Silk Laundry, 210 $ et 200 $). silklaundry.ca

Boucles d’oreilles (Drae Collection, 107 $). draecollection.com

Blazer (Michael Kors, 450 $). michaelkors.com

Soutien-gorge léger (Blush, 48 $). blushlingerie.com Broche boucle (Simons, 12 $). simons.ca

Pantalon (Alexander Wang, 1075 $). holtrenfrew.com

Escarpins (Staud, 515 $). holtrenfrew.com

Boucles d’oreilles (Zara, 28 $). zara.com

Top (L’Académie, 300 $). revolve.com

Culotte noire (Simons, 20 $). simons.ca

Minjupe (Zara, 56 $). zara.com

Bas (Simons, 12 $). simons.ca

Boucles d’oreilles (Zara, 28 $). zara.com

Pull (Urban Outfitters, 39 $). urbanoutfitters.com

Robe (Maison LPRN, 130 $). maisonlprn.com

SES ACTUS

Celle qui a commencé à faire des petits pas chassés à l’âge de trois ans ne cesse de nous é mouvoir par son talent. Après plus d’une décennie à apprendre son métier aux Ballets de Monte-Carlo, elle a intégré Les Grands Ballets Canadiens en 2 018. Dès la mi-avril, on pourra la voir dans le rôle-titre de la pièce contemporaine Carmina Burana , puis du 30 mai au 2 juin, elle incarnera Myrtha dans le ballet romantique Giselle .

Boucles d’oreilles (Drae Collection, 88 $). draecollection.com Bustier (NBD, 315 $). revolve.com

La danse, c’est tendance

Jupe (Zara, 80 $).

L’histoire d’amour entre la mode et le ballet ne s’essouffle pas. De Chanel à Carolina Herrera en passant par Miu Miu et Givenchy, on a décortiqué les passerelles printanières pour trouver des façons futées d’intégrer la panoplie de la ballerine à notre garde-robe.

Cardigan (Zara, 66 $). zara.com

1 Les dessous se dévoilent au grand jour. On aime l’idée d’un body, d’un bustier ou d’un corset porté sous un cardigan ou une veste oversized

Pantalon (RW&CO, 100 $). rw-co.com

Sandale (Maguire, 240 $). maguireshoes.com

2 Pour rentabiliser l’achat d’une jupe taillée dans une matière chic comme la dentelle, le satin ou le tulle, il faut savoir la décoincer. On ose donc l’agencer à un t-shirt, un tricot ou une veste (même en denim !) pour multiplier les occasions de la porter.

3 Les nœuds, les rubans soyeux ou les boucles donnent de la personnalité à une tenue toute simple. Il peut s’agir d’un détail cousu sur un vêtement, mais on peut aussi explorer le filon des broches ou des accessoires pour les cheveux (serre-têtes, barrettes) dans le même esprit.

4 On renoue avec les ballerines : ça nous fait une jolie (et confortable !) option de rechange aux populaires baskets.

Manteau (Reitmans, 130 $). reitmans.com

Sac (Naghedi, 340 $). holtrenfrew.com

60 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024
ACHAT LACOL ACHAT LACOL TAHCA LOCAL
zara.com
COPERNI
PRADA
GIVENCHY
MARIE ADAM-LEENAERDT

: AUDREY BELVAL ; ASSISTANT-STYLISTE : HUGUES BERGEVIN / PHOTOS : LAUNCHMETRICS SPOTLIGHT (DÉFILÉS)

ASSISTANTE-PHOTOGRAPHE

Pull (Aritzia, 98 $). aritzia.com

Justaucorps (Skims, 106 $). skims.com

Ballerine (Reformation, 388 $). thereformation.com

Veste (Club Monaco, 398 $). clubmonaco.ca

Jupe (Hasopona, 30 $). amazon.ca

Boucles d’oreilles (Pandora, 250 $). ca.pandora.net

Veste (Noize, 99 $). noize.com

Robe (Mango, 250 $). shop.mango.com/ca

Bustier (H&M, 38 $). hm.com

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 61
STYLE | MODE EN VEDETTE ACHAT LACOL TAHCA LOCAL
ELENAREVA ADEAM CAROLINA HERRERA CAROLINA HERRERA CHANEL

La beauté : une affaire personnelle

Obtenir la parfaite combinaison d’ingrédients pour dorloter notre peau ou la nuance idéale de fond de teint en quelques clics seulement ? La proposition est alléchante, et c’est précisément ce que proposent les cosmétiques sur mesure.

a beauté personnalisée gagne du terrain pour une excellente raison, dit Susanne Langmuir, fondatrice de LIXR: « Ces produits nous offrent exactement ce dont on a besoin, en éliminant ce qu’on ne veut pas. C’est une approche plus ciblée pour répondre à nos préoccupations spécifiques.» Au lieu de sélectionner nos hydratants, shampoings et fards en fonction de critères aléatoires, ces produits sont élaborés sur mesure pour nous. Un algorithme ou un expert compile les nombreux facteurs susceptibles d’influencer la peau et les cheveux – dont la génétique, les habitudes de vie et les préférences personnelles –, afin de concevoir une formule adaptée à nos besoins.

Selon Rachelle Séguin, présidente et chimiste d’OMY Laboratoires, les soins customisés ont l’avantage d’être plus performants: « En ciblant plusieurs problèmes avec une même formule – au lieu de superposer des soins –, on économise des sous, on améliore la pénétration des principes actifs et on élimine les risques de réaction cutanée dus à l’incompatibilité des ingrédients. On maximise également la fraîcheur lorsque la formule est produite à la demande, ce qui en augmente l’efficacité, surtout dans le cas des antioxydants.»

Il s’agit aussi d’une solution plus que bienvenue pour les cas atypiques mal servis par les produits de masse. On pense aux peaux matures à tendance grasse, pour lesquelles les soins antiâges traditionnels comportent trop de lipides. On pense aussi aux tignasses dont le cuir chevelu est gras, alors que les pointes sont sèches; il leur faut un soin qui permet à la fois d’absorber l’excès de sébum des racines et de nourrir les pointes.

Côté maquillage, la beauté sur mesure propose non seulement de mettre fin à l’éternelle quête de la parfaite nuance de fond de teint, mais aussi de nous fournir ladite teinte avec le fini et la texture de notre choix. « Il y a quelque chose de spécial à savoir que notre produit a été créé uniquement pour nous, souligne Susanne Langmuir. Porter le bon rouge à lèvres ou un parfum qui nous ressemble a une incidence directe sur notre confiance en soi et ce qu’on dégage.»

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 63 STYLE | TENDANCE COSMÉTIQUES
L
PHOTO : G ALLERY STOCK

La trousse personnalisée en six marques

Function of Beauty

ADN Depuis 2015, la marque propose des soins sur mesure pour la peau et les cheveux. Chaque produit est formulé individuellement et fabriqué sur commande selon nos réponses au quiz virtuel.

Bon à savoir L’entreprise a récemment lancé la gamme capillaire PRO, conçue pour réparer les dommages causés par la chaleur des outils coiffants et la décoloration. Les soins de base comme le shampoing et le revitalisant se déclinent en quatre formules adaptées au type de cheveux (raides, ondulés, frisés ou crépus), mais la personnalisation ne s’arrête pas là : on p eut y mélanger deux ou trois des neuf concentrés Hair Goal correspondant à un objectif spécifique, qu’il s’agisse de contrôler les frisottis, de redonner de l’éclat à la couleur, de faire le plein de volume... alouette ! Produit star Le nouveau soin hyperconcentré sans rinçage, qui agit comme un traitement choc pour soigner les pointes fourchues, réduire les dommages et dompter les frisottis. Offert en deux formules, on le personnalise davantage en ajoutant les deux concentrés qui promettent de traiter nos préoccupations capillaires.

Be-U Cosmétiques

ADN Savannah Tardif se sentait dépassée par la quantité de produits au rayon beauté. Comment savoir lequel lui conviendrait ? C’est ce qui l’a motivée à lancer sa propre entreprise qui formule des soins du corps et du visage correspondant à nos besoins. Il suffit de répondre au questionnaire virtuel pour obtenir un diagnostic de peau, qui servira ensuite à personnaliser les produits végétaliens faits à partir d’ingrédients naturels.

Bon à savoir La marque a pour mission de s’adapter à l’individualité de ses clientes et de les encourager à célébrer leur unicité. Cette philosophie s’incarne dans les campagnes promotionnelles avec des mannequins de tous âges et origines ethniques, qui mettent la diversité corporelle à l’honneur.

Produit star Le gel nettoyant pour le corps, dont on peut choisir la texture et l’odeur, en plus d’y incorporer des ingrédients comme l’huile de coco, pour nourrir l’épiderme et apaiser la sécheresse, ou la protéine de blé hydrolysée, pour raffermir et donner de l’éclat à la peau terne.

Prose

ADN La marque établie à Brooklyn évalue plus de 80 facteurs dans le but de concocter la parfaite formule de soins pour notre visage et nos cheveux, ainsi que quelques produits coiffants. D’après nos réponses au questionnaire virtuel, l’outil d’intelligence artificielle pourrait déterminer que notre alimentation manque de biotine et recommander d’en intégrer dans notre shampoing. Ou encore, suggérer d’ajouter du squalane dans notre crème hydratante pour soulager notre peau asséchée. À la toute fin, on peut demander que notre routine de soins soit entièrement végétalienne, sans gluten ou sans silicones. Bon à savoir On peut aussi bonifier nos soins capillaires avec des suppléments alimentaires personnalisés ! À par tir des résultats de notre analyse, la recette de base des capsules à ingérer est améliorée avec des ingrédients ciblés pour nous. Quelques exemples : l’extrait d’acérola (pour freiner la chute des cheveux), l’extrait de prêle (pour favoriser leur densité) et l’extrait de curcuma (pour apaiser l’inconfort du cuir chevelu).

Produit star Le shampoing sec en poudre translucide qui rafraîchit les racines et procure du volume, tout en répondant aux besoins de notre cuir chevelu. Quelques ingrédients pouvant faire partie de notre formule sur mesure : l’amidon de tapioca, pour ajouter encore plus de volume; l’extrait d’hamamélis, pour un meilleur contrôle du sébum ; et la farine d’avoine, pour apaiser le cuir chevelu irrité.

64 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 STYLE | TENDANCE COSMÉTIQUES
1 3 2 1 Traitement Bonding sans rinçage, cheveux bouclés + frisés et Concentré Hair Goal The Curl Executive. (Function of Beauty PRO, 38 $ et 6 $). sephora.ca. 2 Shampoing sec personnalisé (Prose, 37 $). prose.com. 3 Gel nettoyant personnalisé (Be-U Cosmétiques, 25 $). beucosmetics.com
ACHAT LACOL

LIXR

ADN C’est le nouveau projet de Susanne Langmuir, la fondatrice de la défunte marque canadienne Bite Beauty, qui propose des produits hybrides personnalisés avec tous les avantages du maquillage et tous les bienfaits des soins de la peau. On se prête d’abord à une analyse combinant l’intelligence artificielle et l’expertise humaine qui identifie nos tons et soustons, notre type de peau et autres facteurs pouvant influencer nos besoins, comme le niveau d’hydratation et l’hyperpigmentation. Une fois notre nuance idéale établie, un expert ajuste les reflets et la texture de notre nouveau fond de teint, fard à joues, poudre bronzante ou rouge à lèvres. Si on est de passage à Toronto, on se rend à la boutique du centre-ville pour assister au processus de formulation et voir le produit prendre forme sous nos yeux. Autrement, on réserve une consultation virtuelle (via le site lixrbeauty.com) et on reçoit le produit à la maison.

Bon à savoir La marque adhère au mouvement Farmto-Face ; la majorité des ingrédients sont cultivés sur la ferme de 52 acres de Susanne Langmuir, en Ontario. Produit star Le Future Foundation Serum, un soin teinté hautement pigmenté qui donne bonne mine. En plus de correspondre parfaitement à notre carnation, la personnalisation permet de choisir le fini (mat, lumineux ou naturel), la couvrance (légère, moyenne ou modulable) et les principes actifs (pour lisser, apaiser, détoxifier ou éclaircir).

OMY Laboratoires

ADN L’entreprise québécoise a créé son propre système d’intelligence artificielle pour produire des soins du visage personnalisés pour tous. Les formules de base du sérum, de la crème de jour et de la crème de nuit contiennent des ingrédients qui répondent aux besoins essentiels de la peau, dont l’hydratation. À partir de nos réponses au questionnaire Skin IA et de la photo soumise pour compléter l’analyse, d’autres ingrédients sont intégrés aux formules afin de cibler trois problèmes spécifiques. Offerts dans un contenant rechargeable, les soins sont élaborés le jour même de leur expédition pour maximiser la fraîcheur des ingrédients.

Bon à savoir Comme les produits ont une durée de vie d’environ trois mois, on peut en faire évoluer la formule avec le temps. La sécheresse cutanée nous cause de l’inconfort pendant l’hiver ? On ajoute des lipides et des ingrédients apaisants dans notre soin de janvier à mars. Notre crème nous convient parfaitement, mais le printemps nous donne envie de renouveau ? O n change l’extrait naturel qui la parfume pour un effluve exotique au mois d’avril.

Produit star La crème hydratante à base d’acide hyaluronique, d’extraits de thé vert, de vitamine E et de postbiotiques, qu’on personnalise selon nos besoins (atténuation des ridules, correction de la rougeur, etc.) ainsi que nos préférences de texture (légère, soyeuse ou riche) et d’odeur (rose-vanille, mangue, concombre ou inodore).

Ruby Brown

4 Crème de jour personnalisée (Omy Laboratoires, 65 $ le contenant original et 55 $ la recharge). omycosmetics.com. 5 Fond de teint Future Foundation Serum (LIXR, 88 $ incluant l’atelier). lixrbeauty.com

6 Parfum sur mesure (Ruby Brown, 289 $ les 50 ml incluant l’atelier et 149 $ le remplissage suivant). rubybrown.com

ADN C’est la marque homonyme de l’ex-mannequin québécoise qui s’est découvert une passion pour la parfumerie lorsqu’elle travaillait en Europe. Depuis, elle a conçu des fragrances pour le Cirque du Soleil et Le Germain Hôtels, ainsi que lancé, il y a une décennie, des ateliers de création de parfum sur mesure qui continuent d’attirer la clientèle.

Bon à savoir Pour créer notre jus signature, on réserve notre place à l’atelier de deux heures qui a lieu une fois par mois au Ritz-Carlton Montréal. Ruby ellemême nous guide dans le choix des notes de tête, de cœur et de fond parmi les quelque 80 matières premières de l’orgue à parfums. On y trouve des essences classiques, comme la rose ou les agrumes, mais aussi des plus singulières, dont le sirop d’érable. Produit star Notre eau de parfum exclusive, élaborée à la fin de l’atelier, dont la formule est soigneusement gardée pour notre prochaine commande en ligne.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 65
5 4 6 ACHAT LACOL ACHAT LACOL ACHAT LACOL

Dans la garde-robe d’Emilie Hébert

Elle n’a que 28 ans et, déjà, elle s’est taillé une place enviable parmi les photographes d’ici. En plus d’être talentueuse et de promouvoir la diversité corporelle par l’entremise de sa lentille, on l’a repérée pour son style actuel, sexy et assumé. Et franchement, elle nous donne envie d’oser nous aussi !

PAR SOPHIE ST-LAURENT

66 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 STYLE | PORTRAIT
J’espère inspirer des jeunes femmes rondes à assumer leur corps et à explorer leur sensualité avec la mode.

Comment décris-tu ton style, Emilie ? Je me tiens loin des idées préconçues quant à ce que devrait porter (ou non) une fille curvy. J’aime la couleur, les robes moulantes, les décolletés (ma poitrine est un de mes atouts), la transparence... J’ai découvert que les articles qui épousent mes formes sont plus flatteurs pour ma silhouette. Ça ne veut pas dire que je ne porte pas de vestes, de pulls ou de manteaux oversized, mais je cherche toujours l’équilibre avec des pièces près du corps. Si certains de mes vêtements sont audacieux, mes tenues ne sont pas pour autant tapageuses. Tout est une question de dosage : je mise sur un vêtement plus sexy dans lequel je me sens confiante, mais je n’ai pas besoin de tout dévoiler.

Quelle est ta relation avec la mode ? J’ai toujours adoré ça. Mais comme j’ai subi les railleries des garçons à cause de mon poids quand j’étais jeune, je me suis longtemps cachée sous des vêtements amples pour ne pas attirer l’attention. Aujourd’hui, j’ai confiance en moi et je porte ce qui me plaît, même si ça peut parfois déranger – parce qu’avouons-le, on n’est pas encore très habitués de voir des filles rondes s’habiller sexy ! Sur les réseaux sociaux, je m’inspire de créatrices de contenu qui ont un corps comme le mien. Ça m’a aidée à développer mon style.

Quels sont tes bonnes adresses de magasinage ? Je l’avoue, c’est stressant de s’habiller quand on est curvy L’offre est moins attrayante, alors il faut faire plus de recherches. Je porte la taille 16 et j’achète mes jeans chez H&M. Beaucoup de mes hauts proviennent de chez Aritzia. J’apprécie beaucoup les marques locales Estudio Niksen (pour les vêtements non genrés de qualité), Girl Crush (pour les pantalons habillés dans des tailles inclusives) et Em&May (pour les maillots de bain féminins aussi offerts en version sur mesure).

Qu’est-ce qui complète bien ton look ? Une mise en beauté minimaliste, mais soignée. Je prends grand soin de mes cheveux et je m’applique quand je me fais un brushing (merci au Airwrap de Dyson !). Mon maquillage lumineux et naturel laisse voir mes taches de rousseur et j’ai un faible pour une manucure simple et raffinée – le nail art clinquant, c’est non ! Les ongles rouges, c’est ma marque de commerce.

Ses essentiels

SON BASIQUE

Ma garde-robe repose sur sur les bodies et les hauts de la gamme Contour, chez Aritzia. J’adore leur tissu épais et gainant comme une deuxième peau.

Justaucorps Contour (Babaton, 58 $). aritzia.com

SA FRAGRANCE

Les parfums aux notes masculines (épices et aromates) me plaisent beaucoup. Je porte ce jus unisexe à base de basilic, de vétiver et d’agrumes depuis quatre ans et j’ai toujours des compliments.

Eau de parfum Tacit (Aésop, à partir de 175 $). aesop.com

SA FOLIE

Je me suis offert mon premier sac griffé lors d’un voyage et ç’a été un moment spécial. J’aime tout de ce modèle façon vannerie, mais c’est sa couleur spéciale qui m’a convaincue de l’acheter. Un investissement que je vais chérir longtemps. Sac Jodie (Bottega Veneta, à partir de 2110 $). bottegaveneta.com

SON ACCESSOIRE

La touche finale à mes tenues ? Ces lunettes solaires – avec monture en acétate façon écaille de tortue et lentilles légèrement teintées – me suivent partout.

Modèle Jordy (Lexxola, 320 $). ssense.com

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(1) Évaluation clinique, 220 femmes après 3 mois. (2) Enquête menée sur le marché dermocosmétique par APLUSA et d’autres partenaires entre janvier 2023 et mai 2023, auprès de dermatologues de 34 pays, représentant plus de 80 % du PIB mondial. NON RETOUCHÉE

Soleil compact

La Poudre bronzante Terracotta (Guerlain, 70 $). guerlain.com/ca

Année de lancement : 1984

La toute première poudre bronzante sur le marché a été imaginée par Dominique Szabo, directrice de la création maquillage chez Guerlain. Son objectif ? Recréer son teint basané après un voyage au Maroc... sans les effets nocifs des rayons UV. J’aime balayer ce voile hâlé parfaitement doré – jamais cendré ! – sur mon visage en utilisant la fameuse gestuelle en forme de « 3 » inventée par la marque. Je l’applique aussi sur mes paupières pour un effet no-makeup makeup (Théo)

Bien huilée

Huile sèche multi-fonctions Huile prodigieuse (Nuxe, 34 $). Dans les pharmacies.

Année de lancement : 1991

Cette huile sèche au parfum solaire est la première qui peut s’utiliser sur le corps, sur le visage et dans les cheveux. Je m’en enduis de la tête aux pieds en sortant de la douche – alors que ma peau est encore humide – afin d’« emprisonner » l’hydratation. Et quand je veux bonifier l’éclat de mon minois, j’ajoute quelques gouttes de cet élixir ambré à ma crème CC. Psitt ! Jennifer Aniston et Penélope Cruz en sont fans ! (Théo)

Onguent à tout faire

Baume apaisant réparateur Eight Hour Cream L’Original (Elizabeth Arden, 35 $). labaie.com

Année de lancement : 1930

La réputation de la Eight Hour Cream n’est plus à faire. Ce baume multifonction – formulé par Elizabeth Arden ellemême ! – permet de traiter les petits bobos comme les lèvres gercées, les plaques sèches, les cuticules malmenés, les irritations et les coupures mineures. Personnellement, je m’en sers aussi comme illuminateur pour le teint en le mélangeant avec un fard à joues en crème. Sa texture de type pommade laisse un fini humidifié sur la peau : mes pommettes semblent alors rebondies et gorgées de lumière. (Sophie)

Cosmétiques cultes

Théo et Sophie testent des cargaisons de nouveautés beauté chaque mois. Malgré tout, certains de leurs essentiels sont des produits d’anthologie. Petit palmarès d’indétrônables qui conservent, au fil du temps, une place de choix dans leur trousse.

PAR THÉO DUPUIS-CARBONNEAU ET SOPHIE ST-LAURENT

Lèvres parfaites

Mi-rouge à lèvres, nuance Black Honey (Clinique, 31 $). fr.clinique.ca

Année de lancement : 1971 Selon les plus récentes données de la marque, il se vend sept unités à la minute de ce produit sur la planète. Pourquoi tout le monde l’aime ? À mi-chemin entre un rouge à lèvres et un baume hydratant, ce bâton unique procure un fini diaphane et lumineux qui s’intensifie en multipliant les couches. Mais surtout, c’est la nuance Black Honey (bien plus foncée dans le tube qu’une fois appliquée) qui plaît par-dessus tout. Cette teinte universelle convient à toutes les carnations. (Sophie)

Ongles griffés

Le Vernis, nuance 155 Rouge Noir (Chanel, 44 $). chanel.com

Année de lancement : 1995

De toute les laques signées Chanel, Rouge Noir reste la nuance la plus vendue (et ma préférée !), presque 30 ans après son lancement. Et c’est normal : son grenat profond, n’est « ni classique, ni gothique, ni rock, ni chic, ou tout à la fois », prétend l’illustre maison de couture. Rouge Noir est aussi célèbre pour ses apparitions remarquées sur les ongles de Madonna dans le vidéoclip Take a Bow et sur ceux de Mia (le personnage de Uma Thurman) dans le film Pulp Fiction. Moi, je m’assure d’en garder une fiole en tout temps à la maison ! (Théo)

Parfum de nostalgie

Eau de toilette Mûre sauvage (Dans un Jardin, 50 $). dansunjardin.com

Année de lancement : 1980

Si une odeur pouvait définir toute mon adolescence, ce serait ce parfum ! À la fin du secondaire, mes amies et moi dépensions notre argent de poche en achetant ce jus qui sent le propre (grâce à un assemblage de notes de mûre, de bergamote, de lavande, de sauge et de musc). Lancée en France, la marque Dans un Jardin est arrivée au Québec en 1983 et est devenue depuis la propriété du Groupe Marie Claire. La bonne nouvelle ? Les produits sont maintenant fabriqués ici. (Sophie)

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 69 STYLE | THÉO, SO ET LEURS PETITS POTS
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5 musts de Sophie

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Une crème énergisante

Grâce à Clarins, j’ai appris que le stress et les nuits courtes accentuent les signes (inévitables !) de l’âge, comme la déshydratation, le teint terne et la profondeur des rides. Ma vie étant mouvementée à souhait, ça m’a interpelée ! Pour contrecarrer les effets d’un quotidien essoufflant et pour revitaliser la peau fatiguée, la marque française a reformulé sa crème Multi-Active en y infusant du chardon des dunes, une plante qui rend l’épiderme plus résistant aux pics de stress. La niacinamide et d’autres actifs végétaux aux super pouvoirs antiâges complètent ce cocktail tonique pour le visage.

Tentant !

DÉTENTE EN DUO

Le cadeau que je me ferai à la fête des Mères ? Une soirée de filles au spa avec mon ado. Et c’est au Strøm que ça va se passer, puisque les cinq établissements du groupe proposent depuis peu les soirées Drøm, conçues pour les 12 à 17 ans accompagnés d’un adulte. Une belle façon de partager un moment de qualité tout en initiant ma grande aux bienfaits de l’expérience thermale – alternance entre le chaud et le froid – à prix doux.

Un accent tout doux

WANT Les Essentiels crée de la petite maroquinerie, des sacs et des chaussures minimalistes dont on ne se lasse jamais. Plutôt portée sur les tons neutres, la marque montréalaise surprend ce printemps avec des articles taillés dans le plus joli des cuirs roses. Ni trop lle ni trop pop, cette nuance poudrée dynamise des accessoires aux formes épurées.

Accessoires (WANT Les Essentiels, à partir de 165 $). wantlesessentiels.com

Soirées Drøm, les mardis et mercredis (Strøm spa nordique, 49 $ par personne). stromspa.com

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Mon excitation en découvrant ce mignon tube gélifié n’a d’égale que ma satisfaction devant son résultat ! Ce qui le distingue d’un blush classique ? Ce bâton est en fait une encre qui colore durablement la peau. J’apprécie sa texture fraîche (quasi mouillée) et son fi ni diaphane qui procure un effet bonne mine tout à fait naturel.

Gelée teintée rafraîchissante (Milk Makeup, 33 $). sephora.ca

Voir la vie en rose J’adore

l’étiquette athlétique Ciele. Je collectionne ses casquettes colorées qui sèchent vite, mais j’avais loupé les autres accessoires issus de collaborations avec des partenaires influents. Appelée Projets communs, la série inclut des chaussures avec Salomon, des chaussettes avec Stance et des lunettes solaires avec Article One Eyewear. Ces dernières m’ont fait de l’œil : ultralégères et résistantes, elles sont faites pour bouger, mais leur design actuel incite à les porter partout. Lunettes GTGlass (Ciele, 250 $). ca.cieleathletics.com

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 71 STYLE | TOP V PHOTOS : ANDRÉANNE GAUTHIER (SOPHIE ST-LAURENT), LAUNCHMETRICS SPOTLIGHT (MANNEQUIN)
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Vieillir, c’est vivre.

Bien-être

Opération séduction

Séduire pour attirer, pour plaire, pour charmer. Pour captiver, fasciner ou même ensorceler. Pour conquérir, peut-être ? C onsciemment ou pas ? S ’il existe mille et une manières de pratiquer l’art de la séduction, la psychologue et conférencière Rose-Marie Charest aborde ici celle, spécifique à notre époque, qui cherche à établir un contact avec l’autre sans se perdre soi-même.

PROPOS RECUEILLIS PAR JOANIE PIETRACUPA

PHOTO : STOCKSY

La séduction a souvent été décrite comme s’il s’agissait d’une stratégie, voire d’une forme de manipulation. La principale différence entre les deux concepts ? L’intention. Si la séduction sincère, certes stratégique, consiste à se rendre plaisant – dans un but professionnel, amical ou amoureux – aux yeux d’une personne qui nous intéresse, elle nous incite à le faire dans la bienveillance, notamment en respectant l’intégrité physique et morale, de même que le consentement de cette personne. La manipulation, elle, est une affaire d’emprise et de relations de pouvoir. Elle est axée sur l’obtention de ce qu’on veut sans aucun souci du bien-être ou de la volonté de l’autre, même si ça implique de recourir à des actes à la moralité douteuse. Or en 2024, on est profondément (et heureusement !) conscientisés à agir avec bienveillance et empathie, dans le respect de l’autre et de ses valeurs, de son intégrité et de son consentement. Il ne sera donc ici question que du premier type de séduction, soit l’art de plaire dans son sens le plus pur.

Rose-Marie, comment décririez-vous la séduction ? C’est d’abord et avant tout un processus par lequel une personne cherche à établir un lien réciproque avec l’autre. Et ça vaut pour tous les domaines dans lesquels on veut plaire : au travail, en amitié, sur le plan sexuel, amoureux, etc. Si la séduction peut être consciente ou inconsciente, elle se manifeste néanmoins toujours lorsqu’on souhaite plaire à l’autre par des paroles, des gestes ou des attitudes.

Séduit-on toujours dans un but noble, c’est-à-dire avec l’intention de tisser des liens plus ou moins serrés avec une personne ? Beaucoup de gens ont besoin de plaire par insécurité. Ils peuvent même devenir des séducteurs à temps plein pour tenter de pallier leurs insécurités. Et bien qu’ils puissent avoir développé des stratégies efficaces, ils sont habituellement plutôt malheureux, car un sentiment de vide persiste ; ils ne savent jamais vraiment si on les apprécie pour qui ils sont ou juste parce qu’ils se comportent en fonction de ce que l’autre souhaite. Cela dit, une des premières choses qui nous plaît chez l’autre, c’est son authenticité. Si on a tendance à trop biaiser ou améliorer l’image qu’on projette pour intéresser l’autre, on se prive de cet aspect tout-puissant de la séduction qu’est l’authenticité. Pour avoir mené beaucoup d’entrevues d’emploi au cours de ma carrière, je peux affirmer que les candidats les plus authentiques sont les plus crédibles et qu’ils plaisent donc davantage, par opposition à ceux qui font tout pour plaire.

En quoi consiste un acte de séduction ? Les paroles flatteuses, les histoires merveilleuses et l’humour retiennent l’attention ; c’est la première étape de la séduction. Puis viennent les gestes d’approche, que ça soit avec le regard ou l’intérêt qu’on porte à une personne jusqu’à la toucher physiquement, par exemple avec une poignée de main ou une tape sur l’épaule. Ce sont là autant de façons de personnaliser notre approche. À noter ici qu’il est primordial de respecter la bulle de l’autre, même si on rêve de la charmer, en décodant son langage non verbal. L’aptitude à lire

la réaction et à ressentir l’ouverture ou la fermeture de l’autre personne est d’ailleurs un des éléments les plus importants du processus de séduction. Les gens qui n’ont pas cette sensibilité ont habituellement de la difficulté à séduire.

Que peut-on retirer de la séduction ? La capacité de charmer apporte de grandes satisfactions, du moins à court terme. Elle peut aussi être un moyen de recherche d’attention et de valorisation pour compenser un profond manque d’amour, notamment d’amour de soi, ce qui n’arrivera que si une réelle relation en découle et qu’elle permet d’être soi-même. D’un point de vue plus négatif, la séduction peut être utilisée comme un test constant de sa valeur personnelle. Il faut savoir d’emblée que toute tentative de séduction n’est pas forcément fructueuse. Mieux vaut donc éviter de baser toute sa confiance en soi làdessus, au risque d’éprouver de la détresse. Prenons l’exemple d’une personne qui complimenterait l’autre sans arrêt. Au bout d’un moment, cet autre serait mal à l’aise, aurait du mal à croire aux compliments et serait davantage susceptible de s’éloigner que de se rapprocher. Encore une fois, il est toujours préférable d’être authentique et mesuré.

Est-il forcément négatif d’utiliser la séduction pour augmenter la confiance en soi ? La capacité d’être suffisamment présent pour l’autre, peu importe le contexte de vie dans lequel évolue cette personne, peut mener à des relations satisfaisantes qui ont un impact positif sur l’estime de soi. Si on est capable d’utiliser l’acte de charmer pour créer de réels contacts et obtenir ce qu’on veut, par exemple en séduisant son futur partenaire ou ami, ou encore l’employeur avec qui on souhaite travailler, c’est valorisant. Mais encore faut-il être capable et avoir envie de continuer d’agir conformément à ce qu’on a laissé miroiter.

La séduction est-elle un art qui se développe ? Et si tel est le cas, la question à 1000 $ est... comment ? Certaines personnes sont vraiment habiles pour charmer, et ce, dès l’enfance. D’autres pratiquent la séduction constamment et peuvent donc en devenir des experts. À l’autre bout du spectre, il y a les personnes qui ne savent pas, ne peuvent pas ou ne veulent pas séduire, comme s’il s’agissait de prendre un trop gros risque ou de s’abaisser si elles laissaient paraître leur intérêt. Il y a aussi des gens qui sont très rationnels et moins en contact avec les sentiments, les leurs comme ceux des autres. Ça les rend généralement assez malhabiles. Mais cela dit, la séduction peut se développer quand on a une belle sensibilité et la capacité de lire son prochain. L’opération charme sera alors plus spontanée et facile. Certaines personnes ont parfois besoin du regard extérieur d’un ami ou même d’un thérapeute pour améliorer leur comportement, voire comprendre les peurs qui sont à l’origine de leurs maladresses.

Le charme est-il toujours intentionnel ? Notre désir de plaire n’est pas toujours conscient et il peut donner lieu à des comportements qui, bien que subtils, ne sont pas volontairement planifiés. D’un

74 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 BIEN-ÊTRE | S I ROSE-MARIE LE DIT...
Si on a tendance à trop biaiser ou améliorer l’image qu’on projette pour intéresser l’autre, on se prive de cet aspect tout-puissant de la séduction qu’est l’authenticité.

autre côté, la personne séduite n’est pas non plus toujours consciente de ce qui se passe ; son intérêt pour l’autre peut être rationnalisé sans qu’elle prenne conscience de ce qui l’attire réellement.

Le processus de séduction est-il systématiquement orienté vers l’autre ou si on peut l’utiliser pour soi-même ? Il peut certainement être une source de plaisir en soi, mais ça n’est ni sain ni satisfaisant. Il peut engendrer beaucoup de douleur chez ceux qui ont cru à un réel intérêt. C’est peut-être alors plutôt une façon d’être avec tout le monde, mais qui n’est pas comprise de la même façon par tous. Il faut faire la différence entre empathie et séduction, la première étant au service de l’interlocuteur pour ce qu’il vit, et l’autre, au service de ce qu’on souhaiterait vivre avec lui.

Existe-t-il des codes plus moralement respectables pour séduire ? La séduction comporte une certaine part de responsabilité. On crée ou on maintient le désir de l’autre en le séduisant et on est d’autant responsable de sa souffrance lorsque survient un rejet ou un éloignement de notre part. Dans tous les cas, il faut évidemment être certain d’avoir le consentement, subtil ou affirmé, d’une personne pour persister dans les gestes d’approche.

Quelles sont les différences entre la séduction féminine et masculine ? Comme il y a beaucoup de distinctions entre les femmes, d’une part, et les hommes, d’autre part, il est difficile de généraliser. On peut toutefois observer certaines tendances. On constate ainsi que les hommes sont plus directs que les femmes dans l’expression de leur désir. De leur côté, les femmes auraient plus tendance à souhaiter susciter le désir, pour que celui-ci vienne de l’autre. On parle alors d’un mode de séduction indirect, qui reflète une espèce de gêne à être la partie désireuse, celle qui a envie de tisser une relation. Et pourquoi pas ? Je p ense qu’on est victimes de notre histoire. On ne peut pas avoir laissé les hommes choisir les femmes pendant autant de siècles sans que ça laisse, même de façon inconsciente, quelques traces... Mais quel chemin parcouru ! Cela dit sans p our autant nier celui qui reste à parcourir.

De quelles façons le regard masculin influence-t-il la séduction féminine ? Vouloir plaire implique de se préoccuper du regard de l’autre. Ça se fait toutefois à différents degrés. Certaines femmes ont assez confiance en elles pour rester authentiques tout en sachant que ça ne plaira pas à certains partenaires, alors que d’autres voudront plaire à tout prix et au plus grand nombre, cherchant ainsi constamment à décoder ce qui se passe dans le regard de l’autre pour s’y conformer, voire s’oublier dans le processus.

La séduction à l’ère du numérique change-t-elle la donne ? Si certains mécanismes sont les mêmes – notamment la volonté de se présenter sous son meilleur jour –, d’autres sont différents. La présence physique transmet des informations de manière involontaire, voire inconsciente, et la perception de l’autre en mouvement est bien davantage révélatrice qu’à travers un écran. Sans oublier que la sensation du contact visuel et du moindre toucher a un sérieux impact sur le désir de rapprochement ou d’éloignement ! Dans les relations, le corps est un messager extrêmement important. C’est pourquoi je recommande de rencontrer l’autre en personne le plus rapidement possible.

Pourquoi est-il important de continuer à pratiquer la séduction au sein de son couple, même après 30, 40, 50 ans ? Autrement, c’est tenir l’autre pour acquis ! Si les deux p ersonnes évoluent, et donc changent, la séduction consiste alors à rejoindre l’autre d’une manière différente, voire à rallumer la passion, mais en manifestant toujours le désir de maintenir le lien vivant à plusieurs niveaux.

Un couple sans séduction peut-il survivre à long terme ? Le désir de plaire à l’autre est essentiel pour la survie d’une relation. Ça peut inclure le désir sexuel, mais pas nécessairement. Ce qui maintient un couple ensemble n’est pas toujours la passion. Si on veut non seulement conserver son couple mais aussi être raisonnablement heureux, il faut sentir que l’autre a envie de nous faire plaisir et vice-versa. Autrement, on peut vite devenir des colocs qui n’ont l’air d’un couple que parce qu’ils partagent la même adresse.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 75

JE VOUS LE DIS FRANCHEMENT

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Où sont les femmes de 50 ans et plus ?

Bienvenue dans le club exclusif des femmes de 45 à 65 ans. Oui, on parle ici de cette période de la vie où on commence à recevoir des réductions de prix sans les demander et où les publicités sur les suppléments de calcium et les serviettes d’incontinence semblent nous suivre partout. Y aurait-il quelques clichés à dépoussiérer ?

PAR CHANTAL TELLIER ILLUSTRATION

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 77 BIEN-ÊTRE | PHÉNOMÈNE

es sorcières aux vieilles filles, en passant par la marâtre, on dirait que dépasser la cinquantaine, pour une femme, c’est naviguer dans un monde où le vintage est cool, sauf quand il s’agit de notre âge. Entre les slogans publicitaires, le monde du travail, les applications de rencontres, le cinéma et les réseaux sociaux, le message est clair : pass é un certain âge, le regard de la société sur les femmes change d’optique... quand il ne s’en détourne pas carrément.

C’est un peu ce qui m’est arrivé l’été dernier. Je passais un weekend dans un chalet en compagnie de quelques collègues avec lesquelles j’avais suivi une formation. Ces collègues, pour la plupart dans la trentaine, jasaient de féminisme comme si ce mouvement était né avec elles au début des années 1990. Naomi Klein, Roxane Gay, Virginie Despentes ? C’est comme si elles n’avaient jamais existé... et moi non plus.

Sois jeune ou tais-toi !

Ça venait confirmer un malaise que je ressentais depuis quelque temps. J’avais l’impression d’être sur une voie de garage. Comme si ma génération n’avait plus son mot à dire. Comme si les femmes de mon âge étaient absentes de la sphère publique. Et je me suis rendu compte qu’effectivement, les femmes de 50 ans étaient souvent invisibles.

« Les médias et la culture accentuent ce phénomène, diffusant des stéréotypes négatifs sur le vieillissement et les personnes d’âge mûr. Cette idée reçue que les personnes plus âgées sont moins importantes que leurs cadettes est partout. Pour les femmes, c’est encore pire. Cette discrimination est omniprésente », confirme Chiara Piazzesi, autrice de The Beauty Paradox : Femininity in the Age of Selfies , professeure au Département de sociologie de l’UQAM et titulaire de la Chaire UQAM ERICA.

Oui, des personnalités publiques telles que Véronique Cloutier (qui est à l’aube de la cinquantaine) et Julie Snyder (merci, les filles !) offrent des exemples inspirants de réussite et de vitalité.

« Mais pour la majorité des femmes, ces modèles peuvent sembler inaccessibles, car les défis quotidiens liés à l’âgisme restent une réalité tangible », estime pour sa part la journaliste et chroniqueuse Josée Blanchette. Ces femmes mûres sont souvent dépeintes comme déconnectées, technophobes et incapables de suivre le rythme effréné de la société moderne. Comme si passer la barre des 50 ans vous retirait soudainement tout intérêt pour la vie actuelle et vous transformait en une créature obsédée par le tricot et les émissions télévisées d’après-midi !

Le plafond de verre

C’est aussi le moment où, sur le marché du travail, on se prend le fameux plafond de verre en pleine figure. Avoir 50 ans quand on est une femme, ça peut parfois ressembler à une mission d’infiltration où on doit prouver qu’on n’a pas perdu la recette de la potion magique de la productivité. C’est l’âge où certains collègues commencent à vous regarder avec l’air de dire « et si on recrutait du sang neuf ? » Doucement, svp ! O n n’est pas prêtes à endosser le statut de relique vivante ni à se transformer en guide spirituelle pour les jeunes padawans du bureau.

Toutes les études le clament haut et fort : la diversité des âges et des compétences stimule la productivité. Sauf que, visiblement, les entreprises n’ont pas encore tout à fait saisi le message.

On pourrait comparer la carrière d’une femme de plus de 50 ans à celle d’un téléphone intelligent : p eu importe l’efficacité des mises à jour, les recruteurs semblent toujours préférer le dernier modèle. Et pourtant, ces quinquagénaires ont des CV longs comme le bras, une expérience qui ferait pâlir d’envie n’importe quel jeune loup, et une compétence multitâche testée par des décennies de jonglage entre vie professionnelle et personnelle. Mais, allez savoir pourquoi, on les considère souvent comme des candidates à la retraite anticipée.

« O n le voit bien avec Madonna, qui disait récemment : “Encore une fois, je me retrouve piégée par le regard empreint d’âgisme et de misogynie du monde dans lequel nous vivons. Un monde qui refuse de célébrer les femmes de plus de 45 ans et qui choisit de les punir si elles continuent d’être fortes, travaillantes et audacieuses”, rappelle Chiara Piazzesi. Ces femmes ont pourtant des trésors d’expérience, un réseau qu’elles ont tissé au fil des années et, surtout, une envie de montrer qu’on peut démarrer quelque chose de nouveau à tout âge. Ce n’est pas parce qu’on a des lunettes de lecture qu’on ne peut pas voir grand, n’est-ce pas ? » À preuve, la professeure et autrice est elle-même devenue entraîneuse personnelle certifiée à 43 ans et se lance maintenant dans le karaté !

Toutes les études le clament haut et fort : la diversité des âges et des compétences stimule la productivité. Sauf que, visiblement, les entreprises n’ont pas encore tout à fait saisi le message. Embaucher ou garder en poste des femmes de plus de 50 ans, ce n’est pas leur faire la charité, mais bien une stratégie gagnante pour s’octroyer des compétences et des talents essentiels.

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Le cinéma, miroir de notre société

Dans le monde du cinéma, il est frappant de constater qu’elles occupent rarement des rôles principaux. À part quelques figures qu’on ressasse à l’infini, leur présence est rare. Les stéréotypes de genre abondent, avec une tendance à sexualiser les jeunes actrices et à cantonner celles dans la trentaine à des rôles de mères. Après cet âge, la visibilité des femmes diminue radicalement ; les personnages féminins semblent ne pas vieillir... ou alors ils s’évaporent de l’écran.

Napoléon avait six ans de moins que Joséphine de Beauharnais. Pourtant, l’actrice qui l’incarne dans le dernier film de Ridley Scott a 13 ans de moins que Joaquin Phoenix, qui interprète le rôle principal. Dans le film Eiffel, le couple incarné par Romain Duris et Emma Mackey avait 10 ans de différence, alors que les deux acteurs ont 22 ans d’écart. Et dans Dune 2, Rebecca Ferguson, 40 ans, joue la mère de Timothée Chalamet, âgé de... 28 ans. Ces cas illustrent une représentation souvent inexacte et stéréotypée de l’âge des femmes au cinéma.

En occultant constamment l’âge des femmes et en modifiant les personnages féminins pour rendre les quinquagénaires invisibles, il devient impossible de se projeter. À quoi ressemble une femme de 50 ans ? Si décrire une trentenaire est facile et que caricaturer une grand-mère est courant, la femme de 50 ans reste absente dans l’inconscient collectif. Plus particulièrement les femmes de 45 à 65 ans, loin de leur jeunesse mais pas encore entrées dans la vieillesse. Ces middle-aged women, comme les appellent les Anglo-Saxons. Ce qui est quand même mieux que le terme « séniors », qui englobe les personnes à partir de 45 ans... jusqu’à la fin de leur vie. Il y a tout de même une marge entre la réalité des femmes de 50 ans et celles de 80 ans, et c’est cette marge qu’on semble ignorer.

La cape d’invisibilité

« Je sais à quoi je ressemble. Je n’ai pas le choix. Qu’est-ce que je dois faire ? Arrêter de vieillir ? Disparaître ? », demandait Sarah Jessica Parker à la suite de commentaires misogynes exprimés à propos de And Just Like That..., la suite de la série Sex and the City. Les comédiennes, qui n’avaient qu’une trentaine d’années au début de SATC, en ont maintenant 55, et ça ne passe pas du tout pour certaines personnes qui ne supportent pas de voir vieillir les femmes.

Hélas, le cinéma et la télé ne sont pas une exception. Au-delà du glamour d’Hollywood, l’âgisme est un problème global qui affecte toutes les couches de la société, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en 2021. D’après certaines études, cette discrimination pourrait être plus répandue que le sexisme ou le racisme ; elle se manifeste dans divers domaines tels que la santé, le travail, les médias, et atteindrait davantage les femmes. Un drôle de paradoxe, étant donné que l’OMS estime qu’en 2030, 1,2 milliard d’entre elles seront âgées de 50 ans ou plus.

On ne peut pas faire l’impasse sur une partie aussi importante de la société. « Nous sommes la première génération de femmes dans l’histoire de l’humanité à avoir la chance d’être, entre 45 et 65 ans, en pleine possession de nos moyens physiques et intellectuels. Il faut vraiment secouer les stéréotypes et briser les injonctions qui nous limitent », dit Sophie Dancourt, fondatrice du média numérique français J’ai piscine avec Simone, qui donne de la visibilité aux femmes de 50 ans et plus et qui veut faire évoluer le débat sur l’âgisme. Selon elle, il est essentiel de commencer par mettre en lumière les femmes dans la cinquantaine ou la soixantaine qui nous entourent, celles qui prennent un nouveau départ, qui lancent leur entreprise. Des exemples bien réels, qui n’ont pas été inventés. Ils ont simplement été recouverts d’une cape d’invisibilité.

À gauche : Emma Mackey et Romain Duris, qui jouent un couple dans le film Eiffel

À droite : Timothée Chalamet et Rebecca Ferguson, qui incarne sa mère dans Dune 2

PHOTOS : I NSTAGRAM @MISS_FLICKS ( EIFFEL ), @CHALAMETCHILEE (TIMOTHÉE CHALAMET ET REBECCA FERGUSON)

Le double défi

Je ne sais pas pour vous, mais franchement, je suis plus que tannée de voir les femmes quinquas cataloguées comme une espèce à part. Assez de l’invisibilité qui s’abat sur nous dès qu’on souffle nos 50 bougies. Le pire, c’est que certaines d’entre nous commencent à endosser ce stéréotype et à le porter comme une croix. Et tout ça pourquoi ? À cause de la ménopause.

Pourquoi cette période de changement hormonal se transforme-t-elle en un prétendu tournant dramatique dans la vie d’une femme ? « Parce que la société continue de nous accrocher à ces idées reçues sur la féminité, la fragilité et l’intimité », souligne Josée Blanchette. Dès que la fonction reproductive s’arrête, la femme deviendrait donc une espèce de feuille automnale prête à tomber ?

Pour les hommes, prendre de l’âge peut procurer des bonus : charisme, prestige, expertise, pouvoir, richesse... Pour les femmes, par contre, c’est une autre histoire. On se focalise davantage sur leur apparence physique, surtout après la ménopause et son lot de changements visibles. Et on passe sous silence leur expertise. « Avec l’âge et la liberté qui l’accompagne, les femmes pourraient devenir des concurrentes redoutables, mais la société préfère les rendre invisibles et discréditer leur savoir-faire », fait remarquer la chroniqueuse.

Pourtant, la ménopause n’est pas le début de la fin, mais plutôt le commencement d’une période excitante. Celle où on est libre de vivre comme on le souhaite, sans contraintes. C’est le moment ou jamais de créer, de choisir ce qui nous rend heureuses, loin des rôles et des stéréotypes convenus.

” Pour les hommes, prendre de l’âge peut procurer des bonus : charisme, prestige, expertise, pouvoir, richesse...
Pour les femmes, par contre, c’est une autre histoire. On se focalise davantage sur leur apparence physique, surtout après la ménopause et son lot de changements visibles.

De chouettes initiatives

C’est dans ce contexte qu’on assiste à la naissance d’un courant intéressant. Des femmes, excédées d’être mises de côté, commencent à prendre la parole. Elles embrassent leur âge, leurs expériences, et refusent de se laisser enfermer dans des cases préconçues. Comme des éclaireuses dans la nuit, elles rappellent à la société que la beauté et la pertinence ne s’arrêtent pas à 49 ans et 364 jours.

Inspirée par sa mère, Jacynth Bassett, une Londonienne de 31 ans, a créé en 2016 Ageism Is Never In Style. Lancé simultanément sur sa boutique en ligne de mode féminine, The Bias Cut, et ses diverses plateformes, ce mouvement vise à offrir un espace d’échange au sein d’une communauté active. En juin 2023, elle lançait la campagne #Ilookmyage, une initiative qui célèbre l’authenticité et la diversité des femmes. À ce jour, son mouvement comptabiliserait pas moins de 49 millions de vues sur les réseaux sociaux.

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BIEN-ÊTRE | PHÉNOMÈNE
Quelques images tirées de l’exposition C ’est pas demain la vieille, de Sandrine Alouf.
PHOTOS : INSTAGRAM (@CESTPASDEMAINLAVIEILLE)

L’autrice Sophie Kune et son livre Game is not ovaire

On peut aussi penser à la photographe et galeriste Sandrine Alouf, qui a créé en 2022 l’exposition C’est pas demain la vieille. Elle y interroge notre rapport à l’âge en parodiant des photos de mode ou des scènes de cinéma iconiques, où des femmes de 55 ans et plus prennent la place des mannequins et des actrices. On pense également à Sophie Kune, autrice de Game is not ovaire, qui a aussi créé le compte Instagram Menopause stories pour s’attaquer avec panache aux clichés vieillots sur les femmes ménopausées.

« Il y a un vrai besoin de montrer l’exemple, affirme Sophie Dancourt. Je vois des trentenaires qui paniquent à l’idée de vieillir, qui filent chez le coiffeur à la vue du moindre cheveu blanc. Beaucoup se jugent sévèrement et il y a comme une sorte de culpabilité qui entoure le vieillissement chez les femmes. Les injonctions sociétales sont lourdes à porter. C’est un thème que les jeunes féministes devraient davantage aborder, même s’il y a, bien sûr, d’autres sujets sérieux à traiter. Mais ce sujet les rattrapera d’une manière ou d’une autre.»

Selon Josée Blanchette, par contre, la société est beaucoup trop dans une culture de l’image pour que les femmes puissent se libérer tout à fait des injonctions physiques. Pour elle, la réappropriation de l’âge et de la confiance en soi passent davantage par l’intériorité. « Il y a un important travail sur soi à faire pour avancer dans la vieillesse.»

Un activisme joyeux

Il serait peut-être temps que nous embrassions collectivement cette richesse d’expériences et cette diversité qui devraient être notre fierté. Encourageons les entreprises à valoriser et à investir dans le potentiel des femmes de tous les âges. Que ce soit dans les couloirs du pouvoir, dans les conseils d’administration ou dans les salles de cinéma, ces femmes méritent non seulement d’être vues, mais aussi d’être entendues, respectées et, surtout, valorisées.

« J e suis persuadée qu’il nous faut adopter un activisme joyeux concernant ces enjeux, estime Sophie Dancourt. Pas question de se voir comme des victimes ! Nous sommes des piliers de la société et de l’économie, après tout ! Les pouvoirs publics et les employeurs font une gaffe monumentale en nous négligeant. Surtout à une époque où l’espérance de vie s’allonge et où le besoin de matière grise est criant. »

Alors que la société continue de prôner le culte de la jeunesse, il est impératif de reconnaître la valeur des femmes qui ont tracé le chemin avant nous. Ces femmes sont des modèles de résilience, de sagesse et de style. Elles nous rappellent que la beauté n’est pas une question d’âge, mais d’attitude et de confiance en soi.

LE DROIT DE VIEILLIR

Un voyage inspirant à travers les histoires de femmes qui embrassent leur maturité avec confiance, révélant le pouvoir de l’âge.

ET SI LES FEMMES AVAIENT LE DROIT DE VIEILLIR COMME LES HOMMES ?

Quand une femme devient-elle « périmée » ? Pas avant les hommes, c’est sûr ! Amanda Castillo s’attaque aux clichés sur le vieillissement féminin, inspirée par des figures historiques (Benoîte Groult, George Sand, etc.) qui n’ont pas reçu le mémo sur la « date de péremption » des femmes. Un livre qui rappelle qu’on peut être vintage et toujours en vogue. L’iconoclaste, 40 $.

LES FLAMBOYANTES Charlotte Montpezat brise le mythe selon lequel les femmes de plus de 50 ans devraient être invisibles. Elle combine sa propre expérience avec celles d’autres femmes pour dénoncer la discrimination « genre-âge » Oui, elle « enrage ». Voici un guide pour être flamboyante à tout âge et se rappeler que l’âge n’est qu’un chiffre, surtout quand on est au top de sa forme. Éditions des Équateurs, 42 $

VIEILLE, C’EST À QUELLE HEURE ?! Sophie Dancourt nous rassure : la cinquantaine, loin d’être la fin du monde, s’avère l’occasion d’un nouveau départ. Elle propose de balayer les stéréotypes de la « vieille femme » et d’embrasser cette période comme un moment de libération et de renaissance. Cinquante ans : le nouvel âge d’or ? Éditions Leduc, 34 $.

VIEILLE PEAU Se moquant de l’obsession sociale de la jeunesse, Fiona Schmidt déconstruit les stéréotypes sexistes avec un mélange d’humour et de sérieux, abordant des sujets comme la honte et l’invisibilité médiatique des femmes âgées. L’autrice nous invite à voir le vieillissement non pas comme une chute, mais plutôt comme un art. Belfond, 33 $.

QUI A PEUR DES VIEILLES ? Marie Charrel aborde avec esprit la complexité du vieillissement pour les femmes, démantelant les stéréotypes tout en mettant en lumière la liberté et les défis de cette étape. Alternant entre analyses et anecdotes personnelles, l’ouvrage se penche sur les raisons pour lesquelles la société craint les femmes âgées... tout en célébrant leur émancipation. Le Livre de Poche, 16 $.

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PHOTOS : INSTAGRAM (@MENOPAUSE.STORIES)

Changer le monde, un orgasme à la fois

Créée pour combattre le vide sidéral d’informations pratiques et briser les tabous autour du plaisir féminin, la plateforme OMGyes vise à doter les femmes des outils, du langage et de la confiance nécessaires pour partir à la découverte de leur corps. Enfin, une vision du plaisir féminin qui s’éloigne des clichés pornographiques habituellement servis aux hommes ! O n l’a testée pour vous.

PAR CHANTAL TELLIER

e l’avoue, je me pensais assez libérée en matière de sexualité.

Mais quand j’ai vu, dans un groupe d’organisation et de rangement sur Facebook, une fille qui demandait, sans gêne aucune, des suggestions sur la manière de ranger ses jouets sexuels (qui occupaient une plus grande surface que tous mes ustensiles de cuisine) et qu’en plus on lui répondait avec enthousiasme, j’ai senti que quelque chose m’échappait peut-être. Chez moi, mes six ou sept jouets sexuels sont plutôt cachés et il ne m’était jamais venu à l’idée de les collectionner ni de les exposer, même s’ils sont franchement jolis.

Était-il temps d’arriver en 2024 et de revoir les façons de me donner du plaisir, en solo ou en couple ? Bien qu’Internet soit une mine d’informations dans presque tous les domaines, les renseignements sur le plaisir féminin restent étonnamment difficiles à trouver. Et le tabou qui l’entoure a engendré un manque de vocabulaire pour décrire les nuances du toucher. L’absence de termes spécifiques complique l’exploration et la découverte sexuelles. Moi-même, qui suis pourtant une experte ès recherches Google et qui jouit d’un vocabulaire assez pointu sur la plupart des sujets, je manque de mots quand vient le temps de parler de, hum, ces choses-là, à l’image de Carrie Bradshaw dans And Just Like That... Peut-être parce qu’on a le même âge ?

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PHOTO : STOCKSY  J
La plateforme m’a appris entre autres à demander davantage, à explorer et à partager avec des mots précis ces découvertes avec mes (futurs) partenaires pour une satisfaction mutuelle.

”Une mise à jour bienvenue

C’était donc le moment de me décomplexer la langue et de dépoussiérer mes connaissances à ce sujet. Une mise à jour s’imposait. Ne vous y trompez pas, là. Jouer du clitoris, je maîtrisais. Mais de façon autodidacte. On ne nous enseigne pas ces choses-là entre les maths et l’histoire, et côté mode d’emploi, c’était le désert. Alors, comme chacune, j’ai improvisé. Et j’étais plutôt efficace, disons-le. Mais la masturbation, c’est comme la cuisine : il y a toujours de la marge pour se perfectionner. Encore faut-il tomber sur les bonnes marmitonnes. OMGyes en offre toute une gamme pour 149 $. Une affaire en or.

On parle d’un contenu de choix. Ici, pas de leçon d’anatomie soporifique ni de manuels scolaires arides. Exit les dessins puérils ou les clichés de nymphes éthérées. Que du concret, du sérieux, issu d’une collaboration entre sexologues, réalisateurs, ingénieurs, pédagogues. Quelque 20 000 femmes entre 18 et 95 ans ont été interviewées. On a affaire à une équipe motivée... et motivante, qui veut déconstruire cette idée reçue que l’orgasme féminin est un mystère insondable. Emma Watson n’avait-elle pas vanté les mérites d’OMGyes à l’icône féministe Gloria Steinem peu de temps après le lancement de la plateforme ? Une solide référence, non ? En quelques clics, j’avais payé mon accès et j’étais prête à explorer !

Une série addictive

Avec OMGyes, on découvre le Kama-sutra du futur. Les thèmes sont organisés en saisons, telle une série addictive. Dans les coulisses de la première saison d’OMGyes, le clitoris tient le premier rôle – et c’est bien mérité ! Si on en croit le site, seules 18 % des femmes franchissent le cap de l’orgasme par la seule pénétration, ce qui laisse entendre que pour une majorité écrasante, le chemin vers l’extase passe par le clitoris. Je peux en témoigner haut et fort ! Cela dit, comprendre que le clitoris n’a pas une route unique vers le plaisir est fondamental. Non, il n’existe pas de super mouvement clitoridien universel !

La deuxième saison d’OMGyes est un véritable coffre au trésor pour qui cherche à approfondir le plaisir interne. J’aime beaucoup la manière dont la plateforme aborde toutes les facettes de la

pénétration, que ce soit avec les doigts, un pénis ou un sex toy. La troisième saison est d’ailleurs consacrée à l’art d’optimiser le plaisir que procurent les jouets sexuels. On profite de témoignages authentiques, de confessions sans artifice et pleines d’humour. Comme si de bonnes amies nous confiaient leurs secrets les plus intimes. Une approche décomplexée et rafraîchissante qui change tout. On ne saurait d’ailleurs assez remercier ces femmes de leur participation.

Un GPS du plaisir vulvaire

Chaque saison se divise en chapitres consacrés à une technique particulière pour booster le plaisir. Les différentes techniques sont accompagnées d’un éventail de ressources : de courtes entrevues de femmes partageant leurs méthodes et préférences, des explications textuelles, des résultats de recherche, des schémas descriptifs et des démonstrations en temps réel qui mettent en scène de vraies femmes effectuant des techniques de stimulation manuelle avec des caméras braquées sur leurs parties intimes.

Chaque module se termine par une simulation pratique. On caresse littéralement une vulve à l’écran (soit celui de notre téléphone, soit à l’aide d’une souris d’ordinateur), qui répond par des gémissements rauques et un retour d’information en direct. Déconcertant au premier abord, mais incroyablement instructif ! En prime, OMGyes livre des astuces pour intégrer ces nouvelles techniques en duo, un atout non négligeable pour les propriétaires de vulve qui cherchent à optimiser leur plaisir en compagnie d’un ou d’une partenaire.

Alors, OMGyes a-t-il tenu ses promesses ?

Pour répondre à la grande question que vous vous posez: « OMGyes m’a-t-il propulsée vers des sommets inexplorés d’extase ? » Eh bien, je crois avoir réveillé mes voisins à quelques reprises... Mais l’objectif, outre le plaisir, c’est vraiment d’explorer de nouvelles pistes.

Et c’est ce que j’ai fait. Certaines expériences ont été fructueuses (oh ouiiii !), d’autres un peu moins. Pour quelques-unes, le verdict est encore en suspens. Mais j’en ai tellement appris sur le plaisir féminin ! Avant OMGyes, je savais ce qui ne me plaisait pas, mais j’ignorais comment exprimer ou découvrir ce qui me plaisait. La plateforme m’a appris entre autres à demander davantage, à explorer et à partager avec des mots précis ces découvertes avec mes (futurs) partenaires pour une satisfaction mutuelle. C’est énorme ! Plonger dans le monde du plaisir et du désir n’est pas seulement un acte naturel et normal, c’est aussi très accessible et divertissant. Plus on parlera ouvertement de ces sujets, moins l’orgasme féminin restera un tabou. Et plus les femmes se sentiront à l’aise d’exprimer et de voir leurs besoins comblés, dans la chambre à coucher ou ailleurs. OMGyes, c’est un des meilleurs investissements de ma vie. C’est LE cadeau à s’offrir et à offrir à toutes les femmes de votre vie. En plus, quand vous payez votre accès au site, votre argent finance la recherche ! D es sujets importants comme le plaisir trans ou en période de ménopause seront bientôt au programme. Sortez le popcorn !

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La sécheresse vaginale démystifiée

Quand on sait que la majorité des femmes en éprouveront au moins un des multiples symptômes au cours de leur vie, surtout lors de changements hormonaux majeurs, il y a lieu de se demander pourquoi le sujet est encore tabou. Afin de briser le silence sur ce problème courant – et facilement traitable –, voici tout ce qu’il faut savoir sur la sécheresse vaginale.

Quand Émilie, aujourd’hui âgée de 52 ans, a commencé à éprouver des signes de sécheresse vaginale il y a huit ou neuf ans, elle a d’abord cru que ce serait passager.

« Il me semblait que j’étais trop jeune pour vivre ça ! Mais lorsque l’inconfort que je ressentais durant les relations sexuelles a fait place à des douleurs intenses, voire de petits saignements à l’occasion, j’ai décidé d’en parler à mon médecin de famille sans tarder, révèle la femme d’affaires. Ç’a été une des meilleures décisions de ma vie ! Bien que j’étais très gênée d’aborder le sujet avec elle – ou avec quiconque, à vrai dire –, on a vite trouvé un traitement adéquat et efficace pour régler mon problème.»

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), communément appelé sécheresse vaginale, est une affection courante qui peut toucher les femmes de tous les âges, même si elle est plus fréquente lors des grands bouleversements hormonaux, comme la ménopause ou à la suite d’un accouchement. Ce syndrome, caractérisé par un manque de lubrification vaginale, survient généralement après une diminution de la production d’œstrogènes, entraînant ainsi un amincissement de la muqueuse vaginale, de même qu’une perte d’élasticité et d’hydratation.

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PHOTO : G ETTY IMAGES

« D’après les études scientifiques, jusqu’à 80 % des femmes auront un ou plusieurs symptômes – de légers à importants – du syndrome génito-urinaire de la ménopause au cours de leur existence », souligne la D re Jeanne Bouteaud, obstétricienne-gynécologue au CHUM et professeure adjointe à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Or, peu de femmes en parlent à leurs proches ou à leur médecin, que ce soit parce qu’elles croient qu’il s’agit d’un aspect normal du vieillissement, qu’elles ne sont pas assez actives sexuellement et qu’elles ne pensent pas avoir besoin de traiter les signes d’inconfort, ou alors parce qu’elles sont gênées de parler d’un problème qu’elles ont du mal à considérer comme une maladie, même si les symptômes peuvent se révéler très incommodants.

« Pourtant, ces symptômes se traitent avec des méthodes très sécuritaires, et ce, même à long terme, pour les patientes de tout âge, explique la Dre Bouteaud, spécialisée dans les problèmes liés à la ménopause. Il ne faut pas hésiter ni attendre avant d’en parler à un professionnel de la santé, car contrairement à d’autres troubles de la ménopause, la sécheresse vaginale et ses divers symptômes ne disparaissent habituellement pas d’eux-mêmes. Ils s’aggravent avec le temps, contrairement aux bouffées de chaleur, par exemple, qui ont tendance à s’atténuer.»

Les symptômes

Autrefois appelé atrophie vulvo-vaginale, le SGUM comporte plusieurs symptômes qui peuvent survenir lors de la périménopause, tout comme tôt ou tard durant la ménopause. « Démangeaisons, inconfort, sensations de picotement ou de brûlure, pertes vaginales abondantes ou odorantes, douleurs plus ou moins vives lors des relations sexuelles, microlésions sur la vulve ou dans le vagin, infections urinaires ou vaginales fréquentes, ainsi qu’un besoin d’uriner fréquent ou urgent: les symptômes entourant la sécheresse vaginale sont multiples et variés », indique la Dre Rachel Bruneau, experte en santé de la femme à MAclinique Lebourgneuf, à Québec.

Bon à savoir: ces signes ne surviennent pas toujours au même moment ni avec la même intensité. Si on croit souffrir d’un de ces symptômes, il est important de consulter rapidement un médecin (de famille ou gynécologue) ou un infirmier praticien spécialisé (IPS) pour obtenir un diagnostic et amorcer un traitement le plus tôt possible. « Il ne faut surtout pas avoir peur d’en parler à un professionnel de la santé, même si les signes sont légers et pas trop incommodants, affirme la Dre Bruneau. Il existe différents traitements faciles et accessibles ayant le pouvoir de changer la qualité de vie des femmes, qui ont trop souvent tendance à souffrir en silence. J’aime dire à la blague à mes patientes que si les hommes éprouvaient des problèmes similaires avec leur pénis, on en entendrait parler à longueur de journée. Alors il ne faut certainement pas se gêner ! »

Les options de traitement

Pour les femmes qui éprouvent de légers signes de sécheresse vaginale, les hydratants vaginaux (Replens, Gynalac, RepaGyn) – à ne pas confondre avec les lubrifiants intimes ! – à base d’acide hyaluronique, une micromolécule qu’on trouve également dans certains soins hydratants pour le visage, peuvent s’avérer efficaces.

”J’aime dire à la blague à mes patientes que si les hommes éprouvaient des problèmes similaires avec leur pénis, on en entendrait parler à longueur de journée. Alors il ne faut certainement pas se gêner !
D re Rachel Bruneau

Autrement, il existe trois grands groupes de traitements médicamenteux sécuritaires pour soigner les symptômes génitourinaires modérés ou sévères:

Les œstrogènes locaux, tels Premarin, Estragyn ou Vagifem, offerts sous forme de crèmes, de comprimés, de suppositoires ou d’anneaux intravaginaux, à appliquer au niveau de la vulve et du vagin.

La prastérone ou DHEA, comme Intrarosa, un médicament de la famille des stéroïdes qui est absorbé par les tissus vaginaux où il est converti en œstrogènes et en androgènes, dans le but d’aider à rétablir l’état normal du vagin. Nouveau sur le marché québécois (il a été approuvé par Santé Canada l’an dernier), ce suppositoire intravaginal produit au Québec traite les signes de la sécheresse vaginale en plus de contribuer à augmenter le désir sexuel. L’ospémifène, commercialisé sous l’appellation Osphena, est le premier médicament de type modulateur sélectif des récepteurs œstrogéniques offert sous forme de comprimé administré par voie orale. Disponible depuis peu au Québec, il ne contient pas d’hormones, mais il agit comme l’œstrogène dans certaines zones ciblées de l’organisme. « C’est une nouvelle option fort intéressante pour les personnes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas tolérer les traitements locaux », souligne le D r Cleve Ziegler, obstétricieng ynécologue à l’Hôpital général juif de Montréal et professeur adjoint au département d’obstétrique et de gynécologie de l’Université McGill.

En ce qui concerne l’évitement des relations sexuelles lié à la baisse de libido ou à l’inconfort, voire à la douleur pendant les rapports, la sexologue clinicienne et psychothérapeute Véronique Jodoin suggère de consulter un sexologue en solo ou avec son partenaire. « La diminution de la fréquence des rapports sexuels peut assurément créer des tensions dans un couple, affirme l’experte en santé sexuelle féminine. Notre partenaire peut manifester de l’incompréhension et même se sentir personnellement visé. Il est toujours bon de désamorcer ça avec un expert.»

Autrement, la sexologue conseille de prolonger les préliminaires (« et par préliminaires, je veux dire tout ce qui précède les touchers génitaux, pas uniquement la pénétration ! »), en parlant, en embrassant et en caressant tout le corps de notre partenaire pour permettre à notre cerveau d’envoyer le maximum de signaux d’excitation à nos propres organes génitaux.

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« Je peux aller partout et je sais qu’il n’y aura aucune fuite »

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Les culottes anti-fuites urinaires que l’on mérite

©2022

PSe faire dépister ou non... là est la question !

etite confidence : je n’aime pas passer mon test Pap (de Papanicolaou) tous les deux ans... Surtout parce que mon dernier test avait révélé un résultat anormal qui a exigé des tests plus poussés en colposcopie (examen du col de l’utérus) auprès d’un gynécologue. C’est nécessaire pour s’assurer que les lésions, qui se développent parfois sur le col utérin, ne se transforment pas en cancer.

Celles qui ont aussi subi le test Pap, recommandé entre 21 et 65 ans chez toute personne avec un utérus, seront probablement de mon avis... Mais je suis quand même porteuse de bonnes nouvelles ! Alors qu’il était auparavant reconnu comme l’unique outil pour dépister le cancer du col de l’utérus, une option beaucoup moins invasive (et moins désagréable) sera bientôt offerte: le test VPH.

Presque tous (pour ne pas dire tous) les cancers du col sont causés par une infection au virus du papillome humain, communément appelé VPH. Il se contracte lors de relations sexuelles impliquant les organes génitaux et il est très, très contagieux. Trois personnes sur quatre qui n’ont pas été vaccinées contre le VPH y ont été exposées, souvent sans le savoir. Lorsque le virus se colle sur le col (sans jeu de mots !), il peut amener les cellules à se transformer. Et après des dizaines d’années de lents changements, un cancer peut apparaître.

Dans les prochains mois, le test Pap sera peu à peu remplacé par un test de détection du VPH, qui se fait en insérant un petit cotontige dans le vagin (parfois même en autoprélèvement !). En cas de résultat anormal, un test Pap pourrait être effectué.

À noter: le dépistage du cancer du col de l’utérus est nécessaire même si on a déjà reçu le vaccin contre le VPH, puisqu’il ne protège pas contre tous les types de VPH. C’est donc la combinaison de la vaccination ET du dépistage qui permettra d’éviter la majorité des cas de cancer du col !

Ce n’est malheureusement pas l’ensemble des cancers qui disposent de tests de dépistage efficaces permettant de détecter la maladie avant qu’elle cause trop de dommages.

Voici ceux pour lesquels un dépistage régulier est recommandé pour tous (selon les recommandations officielles au Québec).

Cancer... Dépistage Âge Fréquence

du col de l’utérus

Test Pap 21-65 Tous les 2-3 ans

Test VPH (à venir)

du sein Mammographie

colorectal Recherche de sang dans les selles

25- 65 Tous les 5 ans

50-74 Tous les 2 ans

50-74 Tous les 2 ans

Selon la situation de chaque personne, il est possible de recevoir des recommandations ou des conseils différents par un professionnel de la santé. Les médecins peuvent par exemple décider d’amorcer le dépistage plut tôt si un certain cancer est récurrent dans la famille. Il faut donc s’en remettre à eux pour adapter les conseils à notre propre cas, au besoin.

Comment se faire dépister ?

TEST PAP, TEST VPH ET RECHERCHE DE SANG DANS LES SELLES : par l’intermédiaire d’un professionnel de la santé (services de médecine familiale ou clinique sans rendez-vous).

MAMMOGRAPHIE : par la réception d’une lettre d’invitation au Programme québécois de dépistage du cancer du sein ou avec la prescription d’un médecin ou d’une infirmière praticienne spécialisée.

DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL : via Clic Santé (corridor direct pour tous).

Michelle Houde est médecin résidente en santé publique et médecine préventive à l’Université de Montréal et créatrice de contenus santé, bien-être et mode sur les réseaux sociaux. Elle partage ses looks colorés sur TikTok et Instagram sous le nom @LaMDColoree et elle aspire à créer une communauté de bienveillance autour de ses contenus où les préjugés sont dénoncés, où les tabous sont démystifiés et où l’originalité est la clé !

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 87 BIEN-ÊTRE | VIVRE PLEINEMENT

Lutter contre l’insomnie liée à la ménopause

Qui de mieux placée qu’une médecin spécialisée en santé féminine, mère de famille monoparentale et professeure à l’Université McGill, pour aider les femmes en ménopause à lutter contre les troubles du sommeil ? La Dre Angelina Guzzo, propriétaire de la Clinique AG, nous livre ses secrets pour mieux dormir.

Ce qu’elle préfère de son métier ? Soigner les femmes de tout âge, notamment celles qui avancent en maturité et vivent les premiers signes de la ménopause. Parce qu’en plus des bouffées de chaleur, des sautes d’humeur, des pertes de mémoire, des douleurs articulaires et plus encore, la ménopause peut causer des troubles du sommeil assez sévères pour mener à l’insomnie chronique.

« L’insomnie est un problème majeur chez les femmes en ménopause », affirme la Dre Angelina Guzzo, qui dit avoir beaucoup d’expérience – sur le plan personnel, ainsi qu’avec ses patientes ! –dans le traitement des symptômes de ce passage obligé pour la gent féminine. « À cette période de notre vie, on ressent souvent plus d’anxiété et on est plus agitées. Énormément de femmes me rendent visite pour me parler de leurs troubles du sommeil.»

Pour mieux dormir, l'experte conseille de limiter sa consommation de stimulants, comme l’alcool et le café, de réduire son exposition aux écrans, de méditer ou pratiquer la pleine conscience avant de se coucher et de se mettre au lit à la même heure chaque soir. Après 20 minutes, si on angoisse à l’idée de ne pas s’endormir rapidement, il est important de changer de pièce et d’essayer de lire ou d’écouter de la musique.

Si rien de tout ça ne fonctionne, la D re Guzzo recommande d’essayer l’hypnose, « une nouvelle solution efficace », ou de prendre rendez-vous avec un médecin spécialiste en la matière, qui pourra entre autres nous prescrire des hormones bio-identiques (celles que vante Véro dans sa série documentaire Loto-Méno) ou tout autre type de médication jugée nécessaire.

À cette période de notre vie, on ressent souvent plus d’anxiété et on est plus agitées. Énormément de femmes me rendent visite pour me parler de leurs troubles du sommeil.

« Certaines femmes devront réapprendre à dormir, parfois avec l’aide de la thérapie cognitivo-comportementale, de somnifères ou de calmants, voire d’antidépresseurs si la dépression ou l’anxiété sont plus sérieuses, précise la Dre Guzzo. Dans tous les cas, il est primordial de consulter un spécialiste de la santé féminine afin d’être écoutée et de recevoir les bonnes suggestions propres à notre situation.»

Pour prendre rendez-vous avec la D re Angelina Guzzo à la clinique AG, on compose le 514 968-7125 ou on visite le site cliniqueag.ca.

Ce texte est une création exclusive du magazine VÉRO pour la Clinique AG.

88 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 CONTENU COMMANDITÉ MAGAZINE VÉRO X CLINIQUE AG PHOTO : C LINIQUE AG

Corps à corps avec moi

PAR GUYLAINE GUAY

J’ai eu le bonheur d’écrire un texte sexu pour l’excellent recueil Nuits magiques, que je vous recommande chaudement pour la diversité, la sensualité et l’originalité de ses récits. Bravo à ma collègue Laurie Dupont pour cette initiative audacieuse et cette mission de mettre en lumière l’érotisme au féminin. Ça va dans tous les sens. Ça vous touchera, vous vous toucherez.

Écrire sur sa sexualité de femme demande du doigté. Sans me poser trop de questions – je suis une spontanée intuitive –, j’ai donné la parole à ma vulve. Oui, oui, à ma vulve. Ma blye , ma pantoufle, ma cerise sur le sundae, ma pondeuse de bébé, mon huître avec perle sensible, ma demicentenaire toujours vivante et un peu sèche.

J’ai adoré donner la parole à cette partie de moi qui, de mon enfance à aujourd’hui, est source de plaisir, de questionnements, de douleurs, de beauté, de mystères. On dit que toutes les vulves sont différentes. Notre empreinte génitale. Au carrefour du corps, la fourche des possibles.

Quand j’étais jeune, on ne parlait pas beaucoup de sexualité chez moi. Je me souviens du malaise de voir deux personnes s’embrasser quand on écoutait un film en famille. Yark, les langues !

Puis, mon premier french à 18 ans. Miam, une langue !

Perdre ma virginité un soir de jour de l’An avec un gars rencontré dans un bar. Quelle romance ! Ce n’est pas tant la déchirure de mon hymen qui a fait mal comme le fait qu’il m’ait donné un faux numéro de téléphone. Aussi fausse que son envie de me revoir. Ouch, mon égo ! Perdre ma virginité et la face durant la même nuit, bonne année à moi ! (rires)

C’était en 1989. Heureusement, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et entre mes cuisses, depuis. Des histoires d’amour, des histoires de cul, des explorations sensorielles, des affaires ben ben plates et des jouissances. Ce qui est étonnant de mon corps vieillissant, c’est sa capacité de s’émerveiller encore d’un désir. Je ne suis plus la cavalière d’autrefois. Celle qui n’avait pas froid aux fesses. J’ai trop mal aux genoux pour les randonnées houleuses. Mais ma peau, elle, bien

attendrie et marquée par le passage du temps, accueille avec gratitude la tendresse d’un baiser, le frisson d’un effleurement, la volupté d’une langue qui s’aventure, l’appétit d’être vivante.

La beauté dans tout ça, c’est aussi de ne pas avoir de désir du tout. De s’accorder cette clémence. Sans pression. Et qui sait, à tout moment, parce qu’on en a envie, de renouer avec le plaisir. Tout ça. Mon sexe. Mon corps.

Cette perspective est plus qu’excitante, vous ne trouvez pas ?

Ma peau, elle, bien attendrie et marquée par le passage du temps, accueille avec gratitude la tendresse d’un baiser, le frisson d’un effleurement, la volupté d’une langue qui s’aventure, l’appétit d’être vivante.

Elle est aussi la marraine de la Fondation Véro & Louis, et mère de deux garçons vivant avec le trouble du spectre de l’autisme.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 89 BIEN-ÊTRE | J USTE DU BEAU
Guylaine Guay est une autrice, comédienne, humoriste et animatrice québécoise.
PHOTO : M
ARI PHOTOGRAPHE (GUYLAINE GUAY) Nuits magiques (KO Éditions)
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POUR KATRINE est arrivé

Jouer avec la nourriture

J’ai parfois l’impression qu’on doit « p erformer » notre alimentation. Comme s’il fallait absolument manger ceci, mais pas trop cela... et en quantité précise pour rendre le tout utilitaire et fonctionnel. Sauf que manger peut aussi être ludique et sensoriel. Je suis même certaine que jouer avec la nourriture n’est pas réservé qu’aux enfants.

PAR KARINE GRAVEL, NUTRITIONNISTE ET DOCTEURE EN NUTRITION

Je comprends que l’intention est bonne. Mais à force de ressentir ou de s’imposer une pression à manger parfaitement, on finit par négliger notre plaisir alimentaire.

Que dit la science à ce propos ? Le sujet est si vaste que 22 dimensions ont été identifiées pour conceptualiser le plaisir alimentaire1. La première position concerne les expériences sensorielles, c’est­à­ dire d’expérimenter les aliments avec nos cinq sens. Des résultats suggèrent même que les femmes sont plus habiles que les hommes pour identifier les goûts et les odeurs des aliments, en plus d’être plus susceptibles d’être des super­goûteuses... ce qui signifie qu’on ressent les saveurs de façon plus intense que le reste de la population.

Dans le même ordre d’idées, il existe aussi un plaisir épicurien qui provient de l’expérience sensorielle des aliments, ainsi que des représentations culturelles et symboliques associées à l’alimentation2. Ça inclut notamment les traditions culinaires et les rituels volontaires, comme le fait de toujours utiliser sa tasse préférée pour boire son café, ou encore les plaisirs de la table. Ses adeptes vont notamment considérer la cuisine comme un art majeur – au même titre que la musique et la peinture – et percevoir beaucoup de beauté dans la nourriture. Le plaisir épicurien est également associé à une meilleure sensation de bien­ être psychologique. À cet égard, les femmes – chez qui il est plus répandu – se distinguent encore une fois.

Cela dit, si les aspects sensoriels mobilisent nos pensées, la satisfaction devient encore plus grande quand on les intègre à nos comportements. Pour ce faire, on peut se demander ce qu’on a vraiment envie de manger ici et maintenant, ce qui nous fait plaisir, avant d’en faire l’expérience avec des aliments.

Voici quelques pistes pour éveiller nos cinq sens et jouer avec la nourriture.

La vue : observer la couleur, la forme, la texture et la disposition des aliments. Est­ ce que c’est coloré, généreux, appétissant ?

La texture : évaluer la consistance des aliments avec nos mains ou en bouche. Est­ ce que c’est crémeux, croquant, feuilleté ?

L’odeur : humer l’arôme de la cuisson ou du plat avant de le manger. Est­ ce que l’odeur est discrète, prononcée, familière, invitante ? Faitelle saliver ?

Le son : écouter les bruits durant la préparation ou la mastication de l’aliment. Est­ ce que c’est croustillant, craquant, pétillant ?

Le goût : analyser la saveur en bouche. Est­ ce que ce goût est sucré, salé, acide, un peu amer ou umami ? Est­ ce que j’apprécie cette saveur ?

Le fait de ressentir du plaisir se fait plutôt naturellement, tout en nuances et sans contrôle volontaire. On peut ensuite envisager comment l’adapter à soi­même, selon nos besoins et nos préférences.

Les enfants sont reconnus pour avoir une certaine facilité à jouer avec la nourriture. Pourquoi ne pas tenter, nous aussi, de retrouver les aspects ludiques et sensoriels de notre alimentation ?

À cet effet, je remercie mes parents de m’avoir laissée faire des châteaux avec mes patates pilées et mes petits pois. Je suis devenue une adulte qui joue encore avec la nourriture... et c’est même approuvé par la science !

1 Bédard A. et coll. Can eating pleasure be a lever for healthy eating ? A systematic scoping review of eating pleasure and its links with dietary behaviors and health, 2020.

2 Cornil Y. et coll. Pleasure as an ally of healthy eating ? Contrasting visceral and epicurean eating pleasure and their association with portion size preferences and wellbeing, 2016.

Karine

et apprécier ses cuisses, publié en 2021 par KO Éditions. Depuis 2016, elle a animé plus de 150 conférences et a probablement mangé autant de pizzas Margherita.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 91 BIEN-ÊTRE | NUTRITION BIENVEILLANTE
Gravel est nutritionniste, docteure en nutrition et autrice du bestseller De la culture des diètes à l’alimentation intuitive – Réflexions pour manger en paix
PHOTO :
JULIE ARTACHO
de nature +97 % d’ingrédients d’origine naturelle EWG VERIFIED™ | VÉGANE | FAIT AU QUÉBEC FAITES LE QUIZ
Grandiose

Famille

Comment survivre à l’arrivée d’un enfant ?

Manque de temps, sommeil irrégulier, chicanes récurrentes... Comment fait-on pour survivre aux inévitables bouleversements qu’entraîne le statut de nouveaux parents ? Des expertes suggèrent des stratégies pour aborder au mieux cette réalité familiale !

PAR ÉLODIE PARTHENAY

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 93 PHOTO : G ETTY IMAGES

On ne va pas se mentir : avoir un enfant a un impact indéniable sur l’harmonie d’un couple. Finies les journées à ne rien faire en silence... et bonjour les querelles alimentées par la fatigue, la multiplication des tâches et la surstimulation sonore ! Dans ce contexte, il est facile de se perdre de vue. Mais l’arrivée d’un enfant est-elle synonyme à elle seule de nouveaux problèmes ? Absolument pas. L’augmentation des facteurs de stress vient simplement accentuer des dynamiques déjà présentes.

« Peut-être qu’auparavant, certaines choses nous dérangeaient plus ou moins, ou encore que les sujets de conflit étaient si peu nombreux qu’ils ne nous semblaient pas problématiques, explique Lory Zephyr, psychologue spécialisée, notamment, en périnatalité et attachement au sein du couple. Soudain, on se heurte au manque de sommeil, mais aussi aux différents types d’éducation, à la gestion des finances, au partage des tâches... Ça nous demande de travailler un peu plus. »

Pour les couples qui n’avaient pas encore eu l’occasion de traverser ensemble des événements hautement stressants, comme un deuil ou une perte d’emploi, l’arrivée du premier bébé peut aussi révéler la capacité de l’un et de l’autre à réagir devant ce genre de situation.

Par exemple, si notre partenaire utilise habituellement le sport pour gérer sa santé mentale, comment va-t-il se comporter en ayant moins de temps à consacrer à l’activité physique ? Bien qu’il soit impossible de prévoir notre réalité de nouveau parent, on peut évaluer en amont nos besoins individuels et nos faiblesses en tant que couple, et s’assurer ensemble d’y être attentifs. « C’est normal d’être dans une phase d’adaptation. Ce qui est important, c’est la façon dont le couple s’y ajuste. Est-ce qu’on fait juste accumuler les blessures et les frustrations ou si on essaie de trouver des stratégies pour s’aider ? », résume Lory Zephyr.

La meilleure manière de traverser ces écueils sera différente pour chacun. Par exemple, lorsque la gestion des réveils nocturnes est source de conflits, certains couples décident d’alterner la responsabilité. Pour ma part, lorsque ma fille est née, j’ai préféré opter pour des tours de garde garantissant à chacun un minimum de quatre heures de sommeil ininterrompu. L’équité exacte m’apparaissait moins importante que le repos... car je ne suis pas moi-même lorsque je ne dors pas !

Cela dit, quels que soient les problèmes et les solutions qu’on trouve, le succès collaboratif offre un immense gain pour les couples. « O n a ainsi une équipe parentale qui a le sentiment d’affronter les défis ensemble, confirme la psychologue. De nombreux couples se fragilisent parce qu’ils ne forment pas une équipe parentale. »

La première clé de cette collaboration, c’est bien sûr la communication ! Mais avant de pouvoir jaser de nos besoins avec notre partenaire, il faut d’abord être en mesure d’en prendre conscience nous-même.

Se (re)trouver soi-même pour retrouver l’autre

Depuis plusieurs années déjà, les professeures Natacha Godbout et Alison Paradis, respectivement spécialisées en sexologie et en psychologie à l’UQAM, se penchent sur le sujet. Pour leur projet Couples Parentaux (coupleparent.ca), elles suivent un échantillon de près de 1000 couples québécois depuis la naissance de leur premier enfant afin de mieux comprendre les liens entre les interactions des parents et leur bien-être psychologique et relationnel, ainsi que l’influence des relations entre les parents sur le développement de l’enfant.

« Ce qui se passe, c’est qu’on est dans l’action. On ne s’arrête pas pour se demander de quoi on a besoin ou ce que notre partenaire peut faire pour nous aider », explique Alison Paradis. C’est pourtant crucial. En effet, comme l’indiquent les chercheuses, le fait de ne pas pouvoir sortir de ce tourbillon de choses à faire est un indicateur prédictif de plus de détresse psychologique et de stress parental, voire de dépression post-partum. Au contraire, on bénéficie selon elles à faire preuve de « présence attentive », définie comme la capacité de porter attention à notre expérience dans le moment présent, sans jugement.

De nombreux couples se fragilisent parce qu’ils ne forment pas une équipe parentale.
Lory Zephyr, psychologue

Parents de trois enfants âgés d’un à cinq ans, Hannah et son conjoint ont réussi à trouver leur équilibre avec le temps, la pratique et une bonne dose d’introspection. « O n réserve du temps pour se parler, ce qui est quand même drôle, parce qu’on passe toutes nos journées et nos soirées ensemble, explique Hannah. Ces check-in nous aident à digérer nos émotions, ainsi qu’à exprimer nos inquiétudes et nos préférences.» Ensemble, ils peuvent ainsi cerner « ce qui va bien et ce qui pourrait aller mieux ». Jusqu’à récemment, ces discussions surgissaient spontanément, mais elles sont maintenant planifiées d’avance, sous la forme d’une soirée en tête-à-tête – avec vin et chandelles –chaque semaine après le coucher des enfants.

Et puisqu’il est primordial de se retrouver individuellement pour pouvoir ensuite le faire en couple, ils ont décidé d’inscrire régulièrement à l’agenda un moment en solo pour chacun, en adéquation avec sa personnalité. « Comme mon conjoint est quelqu’un de très social, une fois par semaine, il organise quelque chose avec ses amis. Pour moi, ça peut aussi être ça, ou encore un atelier ou du temps que je m’accorde personnellement. C’est bon pour ma charge et ma santé mentale. Ça m’aide à être une meilleure maman. »

94 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 FAMILLE | COUPLE

Afin de s’assurer de rester en contact avec elle-même, Hannah pratique régulièrement le tarot et utilise aussi des cartes d’affirmation dispersées dans la maison, qui l’aident à se souvenir de s’accorder du temps ou encore de faire preuve d’empathie envers elle-même.

Être conscient des besoins de chacun permet d’éviter bien des chicanes : par exemple, si l’autre mentionne qu’il a besoin de plus de soutien et qu’on a l’impression de lui en donner amplement, on gagne à définir ensemble ce à quoi ce renfort correspond pour chacun.

On est tous les deux trop fatigués pour parler ? On appuie alors sur le bouton pause. « Quand on est complètement brûlés, les conditions ne sont pas présentes pour échanger dans le calme et le respect, indique Lory Zephyr. Je suggère à certains couples d’avoir un nom de code de type “clémentine”, qui signifie: “Est-ce qu’on peut prendre une petite pause et en reparler demain matin ?”»

Selon notre dynamique de couple, on pourrait tout autant utiliser un mot de sûreté pour indiquer à l’autre qu’on a besoin d’aide ou qu’une discussion s’impose dès qu’on aura un moment libre. À nous d’établir ce qui va nous permettre d’échanger au mieux.

Redéfinir la vie de couple

La sphère romantique du couple subit naturellement toute une adaptation à l’arrivée d’un enfant. « À cet égard, c’est important d’avoir des attentes réalistes, souligne Lory Zephyr. Il est normal que le couple ne soit pas toujours la priorité en tête de liste, mais on peut lui faire une petite place à la hauteur de nos possibilités. Si on avait l’habitude de passer des soirées à l’extérieur auparavant, on peut maintenant se commander un repas quand bébé dort. Peut-être aussi que les grands-parents peuvent le garder le temps qu’on aille bruncher quelque part. »

D isons-le haut et fort : prévoir des rendez-vous romantiques à l’agenda n’est pas un tue-l’amour ! Si on mise uniquement sur la spontanéité alors qu’on est submergés par une vague de choses à faire, le temps qu’on ne consacre pas délibérément à notre couple sera occupé par autre chose. Au contraire, faire preuve de proactivité permet d’assurer que ces moments de qualité se produisent. Et c’est autant valable pour les rapprochements sensuels que pour les repas en tête-à-tête. « Je pense que c’est important de voir l’intimité comme étant quelque chose de plus large que la simple relation sexuelle avec pénétration, déclare la psychologue. On veut créer un moment de rapport intime.»

D’ailleurs, si c’est sur le plan des ébats sexuels que le bât blesse mais que le reste va bien, mieux vaut creuser la question. « Qu’estce qui bloque le couple ? La fatigue, c’est souvent la première chose qu’on est capable de nommer, mais il y a parfois autre chose. » Baisse de libido, déception de l’implication de l’autre dans son rôle de parent, insécurité par rapport à son propre corps post-grossesse... les raisons peuvent être multiples et gagneraient à être identifiées. À ce sujet, les professeures Godbout et Paradis ont découvert que, chez les couples hétérosexuels, les hommes ont une vision du corps de leur conjointe largement plus positive que celles-ci ont d’elles-mêmes après l’accouchement.

Si on mise uniquement sur la spontanéité alors qu’on est submergés par une vague de choses à faire, le temps qu’on ne consacre pas délibérément à notre couple sera occupé par autre chose.

En fin de compte, il s’agit de privilégier consciemment notre relation lorsque c’est pertinent et opportun. « Il faut garder en tête que le couple est la base de la famille. Si on ne lui accorde pas le temps, l’énergie et l’attention qu’il mérite, toutes les sphères qui gravitent autour finiront par être fragilisées », estime Lory Zephyr.

Des bénéfices pour toute la famille

En effet, l’impact du degré de satisfaction des parents se ressent aussi chez les enfants. C’est l’un des points focaux de la recherche des professeures Godbout et Paradis. « On commence à percevoir des liens dès l’âge de quatre ans, explique Alison Paradis. Quand il y a beaucoup de tensions ou de conflits parentaux, les parents sont probablement moins disponibles pour répondre de manière appropriée aux besoins de l’enfant. »

À l’inverse, lorsque l’atmosphère est harmonieuse, tout le monde en bénéficie. « Parents heureux, couple heureux, bébé en santé, poursuit l’experte. On voit qu’il y a moins de problèmes émotionnels, moins d’hyperactivité, moins de problèmes de comportement ou avec les pairs et plus de comportements prosociaux chez l’enfant.» Note aux parents séparés : cultiver une dynamique harmonieuse entre les coparents offre les mêmes bénéfices sur le développement de l’enfant.

En tant que nouveau parent, on peut parfois se sentir coupable de passer du temps loin de notre enfant pour se concentrer sur nous-même. La bonne nouvelle, c’est que prioriser notre bienêtre personnel et relationnel est la première étape pour que tout le monde se sente bien dans la famille. Finalement, tout comme notre relation de couple, élever un enfant est un marathon et non un sprint !

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 95

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PAR ÉLODIE PARTHENAY

CARTES À JOUER

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FUTUR BEST-SELLER

Des séries de livres surnommés « le nouveau Harry Potter », on en a vu passer plusieurs. Sauf qu’avec Les Whisperwicks, il pourrait bien s’agir du prochain grand succès de littérature fantastique pour enfants ! Le premier tome de la trilogie nous plonge dans le monde de Dedaleum, aussi étrange que magique, aux côtés d’un garçon qui ne croit pas à la magie. La quête, qui débute par une mystérieuse fissure dans un mur, tient les jeunes lecteurs en haleine pendant près de 400 pages. Et ils ont déjà hâte à la suite ! Auzou, en librairie dès le 5 avril, 25 $.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 97 FAMILLE | INFOS EXPRESS
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Éveil printanier

Pour célébrer cette saison tant attendue, Renaud-Bray propose une sélection de lectures enivrantes et de jeux amusants qui accompagneront parfaitement les journées ensoleillées. On se laisse inspirer par ces trouvailles pour un printemps aussi captivant que les premières fleurs du jardin.

Dominique Bernèche nous guide dans une organisation familiale simple, alignée sur les saisons. Entre to-do lists, traditions et rituels de tâches ménagères et organisationnelles, elle saura répondre à notre besoin d’efficacité, de lenteur… et de beau !

Quatre saisons de belles combines : Traditions et rituels pour faciliter l’organisation familiale, de Dominique Bernèche, Saint-Jean, 33 $.

Au large de Cannes, un yacht dérive entre les îles de Lérins. À bord repose le corps d’Oriana Di Pietro, éditrice italienne et héritière d’une célèbre famille milanaise. Qui a tué Oriana ?

Un homme et trois femmes livrent leur version de l’histoire. Personne ne ment. Mais personne n’est d’accord sur la vérité... Quelqu’un d’autre, de Guillaume Musso, Calmann-Levy, 33 $.

Voilà le jeu idéal pour apprendre l’art de créer des personnages originaux en s’inspirant des cartes pigées et en respectant les dés. Les dessinateurs en herbe peuvent laisser libre cours à leur créativité en imaginant des personnages rigolos, tristes, souriants, affreux ou éclatés.

Dessiner c’est facile!, Randolph, 25 $.

Mes amours passées forment la courtepointe de ce que je suis.

courte

Peut-être qu’un jour cet assemblage de brèves idylles ou de longues histoires brodées ensemble sera si vaste que je pourrai m’en faire une couverture.

Les certitudes vagabondes, de Valérie Chevalier, Hurtubise, 25 $.

Un beau matin, Jeanne et sa doudou s’en vont faire un tour au marché aux puces. Quel endroit merveilleux et parfait… pour se perdre!

Mais où te caches-tu, doudou adorée ?

La doudou qui s’était perdue presque pour toujours, de Claudia Larochelle et Maira Chiodi, La Bagnole, 18 $.

On affronte ses amis pour visiter les lieux les plus emblématiques de Paris et compléter nos billets de destination. Le gagnant saura utiliser efficacement le réseau de bus parisien dans cette nouvelle version unique.

Les Aventuriers du Rail - Paris, Asmodee, 35 $.

On plonge dans l’atmosphère chaleureuse et sucrée de la cabane à sucre avec ces bas à motif unique.

Bas cabane à sucre, 13 $.

Qu’on l’utilise pour servir des hors-d’oeuvre lors d’une réception ou des desserts lors d’un dîner entre amis, ce plateau de service ajoute une touche de raffinement à toute occasion.

Plateau de service main de Fatima, 30 $.

MAGAZINE VÉRO X RENAUD-BRAY CONTENU COMMANDITÉ
PHOTO: JU_SEE / SHUTTERSTOCK

SALADE GREC UE

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Avec plus de 25 000 produits vérifiés Aliments du Québec et Aliments préparés au Québec, on a de tout pour tous les goûts.

Art de vivre

Opus printanier

Qui dit printemps dit renouvellement ! On a donc le plaisir d’accueillir deux nouveaux collaborateurs, Dan & Blake, afin de découvrir leurs univers où saveurs et art de la table cohabitent en parfaite harmonie.

RECETTES, STYLISME CULINAIRE ET STYLISME ACCESSOIRES

BLAKE MACKAY ET DANIEL RAICHE

PHOTOS MAUDE CHAUVIN

MISE EN BEAUTÉ NATHALIE DODON

STYLISME VESTIMENTAIRE JULIEN ARPHI, D’ATELIER DNHN

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 101

Bienvenue dans cette nouvelle rubrique où le savoir-faire des stylistes culinaires Daniel Raiche et Blake Mackay, alias Dan & Blake, se conjugue pour concocter des menus alléchants, accompagnés d’astuces pratiques pour rehausser notre expérience à table.

Dan & Blake sont d’abord deux amis qui travaillent depuis plusieurs années dans le domaine de la cuisine et qui sont à l’origine de nombreuses campagnes publicitaires, émissions de télé et livres de recettes qu’on a maintes fois consultés pour s’inspirer de beau et de bon. Ce sont eux, les magiciens qui conçoivent, préparent et dressent avec brio une multitude de plats pour l’œil de la caméra !

Dans les pages de VÉRO, ils proposent des idées pour apprêter d’une multitude de façons des aliments familiers ou inusités, en plus de partager leur passion pour les créations de céramistes locaux et les beaux objets vintage chinés dans les brocantes... sans compter leurs astuces pour créer de superbes présentations qui plairont autant à nos yeux qu’à nos papilles !

Tartines grillées aux haricots et champignons

« Ma mère pourrait vivre – ou plutôt vit, littéralement – de haricots ou de champignons présentés sur du pain grillé avec une salade à côté. Ce plat est parfait pour un brunch de Pâques (ou un brunch tout court !) et il est relevé d’une touche de sirop d’érable, afin de célébrer la saison des sucres ! Au besoin, du citron pourrait remplacer la lime, mais l’éclat de cette dernière parfume le tout avec goût ! »

– Blake

DONNE DE 4 À 8 PORTIONS

PRÉPARATION 20 MINUTES

CU ISSON 20 MINUTES

Tartines aux haricots et champignons

• 1 paquet de 15 à 20 g (env. 1/2 oz) de morilles séchées*

• 125 ml (1/2 tasse) d’eau bouillante

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de beurre

• 1 p etit oignon, coupé en dés

• 1 gousse d’ail, tranchée très finement

• 5 ml (1 c. à thé) de sel

• 1 barquette de 227 g de champignons cremini, nettoyés et coupés en quartiers

• 5 ml (1 c. à thé) de coriandre moulue

• 1 b oîte de 540 ml de haricots blancs, égouttés et rincés

• 250 ml (1 tasse) de bouillon de légumes ou de poulet

• 3 feuilles de laurier fraîches

• 65 ml (1/4 tasse) de sirop d’érable

Garnitures

• 8 tranches de pain grillé

• 8 œufs

• 125 ml (1/2 tasse) de persil

• 125 ml (1/2 tasse) de cerfeuil ou d’estragon frais

• Le jus et le zeste de 2 limes

• Sel et poivre

* Les morilles séchées se trouvent habituellement en petits sachets au rayon des fruits et légumes du supermarché. Autres options moins chères : les cèpes ou les shiitakés.

Pour les tartines

Rincer rapidement les morilles pour éliminer les saletés tenaces, puis les faire tremper dans l’eau bouillante pendant 15 min. Retirer les morilles de l’eau, les couper en petits morceaux, puis filtrer le liquide de trempage et réserver.

Dans une grande poêle, à feu vif, faire fondre le beurre, puis ajouter l’oignon, l’ail et le sel, et faire revenir environ 3 min p our ramollir les oignons.

Ajouter les champignons cremini et continuer à cuire encore 5 min, jusqu’à l’obtention d’une belle coloration.

Ajouter la coriandre, les haricots égouttés, le bouillon, les feuilles de laurier, le sirop d’érable, les morilles égouttées et le liquide de trempage réservé, puis laisser mijoter 10 min à feu moyen.

Pour les garnitures

Pendant ce temps, beurrer les tranches de pain grillé.

Cuire les œufs selon la méthode de cuisson désirée. (Pas envie de se casser la tête ? On recommande des œufs miroir avec les jaunes coulants.)

M élanger les herbes et le zeste des limes dans un petit bol, puis incorporer le jus des limes au mélange de haricots.

Disposer 4 ou 8 assiettes (si on préfère de plus petites portions).

D époser une ou deux tranches de pain grillé dans chaque assiette et y répartir uniformément le mélange de haricots.

Garnir chaque tranche de pain d’un œuf, d’un peu d’herbes, de poivre et d’une pincée de sel.

102 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 ART DE VIVRE | DAN & BLAKE

TRUC DE PRO Pour un service impeccable, on peut préchauffer les assiettes.

Velouté de chou-fleur avec garniture croustillante au sarrasin

« Cette soupe est le summum de la simplicité ! Délicieuse telle quelle, je la trouve encore meilleure lorsqu’on l’utilise comme toile de fond pour y ajouter des garnitures contrastées, comme le sarrasin croustillant ici suggéré. On peut facilement remplacer le chou-fleur par de la courge, des patates douces, du céleri-rave ou des carottes, pour faire changement. »

– Blake

DONNE DE 4 À 8 PORTIONS

PRÉPARATION 20 MINUTES

CU ISSON 45 MINUTES

Velouté

• 65 ml (1/4 tasse) de beurre ou d’huile d’olive

• 8 oignons moyens, hachés grossièrement

• 1 chou-fleur moyen, coupé en gros bouquets (incluant les feuilles et le pied s’ils sont en belle forme!)

• 5 ml (1 c. à thé) de sel

• 1 ,75 L (7 tasses) de bouillon de légumes ou de poulet

• 3 feuilles de laurier fraîches

• 15 ml (1 c. à soupe) de fécule de maïs ou de pomme de terre

• 250 ml (1 tasse) de crème ou de lait de coco

Garniture

• 125 ml (1/2 tasse) d’huile de pépins de raisin

• 250 ml (1 tasse) de grains de sarrasin entier blanc cru*

• 5 ml (1 c. à thé) de sel

• 1 gousse d’ail, tranchée finement

• 2,5 cm (1 po) de gingembre frais, haché finement

• 2,5 ml (1/2 c. à thé) de curcuma moulu

• Le jus et le zeste d’un citron

* Le sarrasin se trouve habituellement au rayon des aliments naturels du supermarché.

Velouté

Dans une grande casserole, à feu moyen-vif, faire fondre le beurre, puis ajouter les oignons, le chou-fleur et le sel. Remuer, couvrir et cuire 15 min en remuant de temps en temps. I déalement, on évite de colorer les légumes… mais ce n’est pas la fin du monde si ça arrive !

Ajouter le bouillon, les feuilles de laurier, et cuire sans couvercle pendant 25 min. On veut que les légumes soient les plus tendres possible.

Incorporer la fécule à la crème, puis verser le tout dans le velouté. Porter à ébullition, puis retirer les feuilles de laurier.

Dans un mélangeur, à haute vitesse, réduire le mélange en purée en procédant par petites quantités à la fois. Autre option : utiliser un pied mélangeur. La texture finale ne sera pas aussi soyeuse, mais le velouté sera tout aussi délicieux !

Garniture

Dans une petite casserole, à feu vif, faire chauffer l’huile avec le sarrasin et le sel jusqu’à ce que le sarrasin devienne doré et parfumé.

Retirer du feu et incorporer délicatement l’ail, le gingembre, le curcuma, le jus et le zeste de citron (attention : comme c’est chaud, ça risque de crépiter !).

Garnir chaque bol de velouté avec un peu de garniture de sarrasin et un filet d’huile d’olive ou d’huile aromatisée.

104 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024

TRUC DE PRO Il suffit d’ajouter un œuf poché sur le pavé de truite pour en faire un plat digne d’un brunch... parfait pour la fête des Mères !

VOIR RECETTE P. 106

Truite en croûte de sarrasin au beurre blanc à l’érable

« Cette petite merveille printanière a pris forme alors qu’on rêvassait au temps des sucres. Facile à réaliser et délicieuse, elle saura impressionner nos convives ! »

– Dan & Blake

DONNE 4 PORTIONS

PRÉPARATION 20 MINUTES

CU ISSON 25 MINUTES

Beurre blanc à l’érable

• 2 p etites échalotes, hachées finement

• 85 ml (1/3 tasse) de vinaigre de vin blanc ou de vinaigre de cidre de pomme

• 1 pincée de pistils de safran

• 65 ml (1/4 tasse) de sirop d’érable

• 190 ml (3/4 tasse) de beurre salé, froid et coupé en cubes de 1,25 cm 3 (1/2 po3)

• Sel et poivre

Truites en croûte

• 65 ml (1/4 tasse) de fécule de maïs ou de pomme de terre

• Sel et poivre

• 1 œuf, battu

• 190 ml (3/4 tasse) de grains de sarrasin entier blanc cru, concassé au mortier

• 4 pavés de 150 g (1/3 lb) de truite arc-en-ciel, avec la peau

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de beurre

• 3 0 ml (2 c. à soupe) d’huile végétale

• 500 ml (2 tasses) de petits pois surgelés

• Pousses de pois sucrés (facultatif)

• 2 radis, coupés en fines tranches (facultatif)

Pour le beurre blanc à l’érable

Dans une petite casserole, à feu vif, faire revenir les échalotes, le vinaigre et le safran jusqu’à ce que le vinaigre soit évaporé (la casserole doit être complètement sèche).

Réduire le feu à moyen, verser le sirop d’érable et incorporer 2 ou 3 cubes de beurre à la fois, en le fouettant. La clé du succès consiste à procéder lentement, mais avec régularité : il s’agit d’une sauce émulsionnée et si on ajoute trop de beurre

en même temps, elle risque de se séparer. Assaisonner de sel et de poivre, puis réserver dans un endroit tiède ou au bain-marie.

Pour les truites

Dans un premier bol, mettre la fécule assaisonnée de sel et de quelques tours de moulin à poivre. Dans un deuxième bol, déposer l’œuf battu. Dans un troisième bol, mettre les grains de sarrasin et, finalement, prévoir une assiette vide pour recevoir le poisson en croûte.

Tremper chaque pavé de truite, uniquement du côté de la peau, dans la fécule assaisonnée, puis dans l’œuf battu et ensuite dans les grains de sarrasin. Déposer les pavés sur l’assiette réservée à cette fin, côté croûte vers le haut.

Préchauffer une grande poêle antiadhésive (ou une poêle en fonte) à feu moyen-vif, puis ajouter le beurre et l’huile. Déposer délicatement les pavés de truite, tour à tour, côté peau vers le bas, en prévoyant de l’espace entre chaque morceau.

Faire frire les pavés côté peau environ 3 min, jusqu’à ce que le sarrasin soit doré et croustillant, puis les retourner avec une spatule. Poursuivre la cuisson encore 3 min. Retirer la poêle du feu pendant la préparation des petits pois.

Pour les petits

pois

Dans une petite casserole, faire bouillir 4 tasses d’eau salée.

Plonger les petits pois dans l’eau bouillante pour les réchauffer, puis les égoutter.

Répartir les petits pois dans quatre assiettes creuses préalablement réchauffées (c’est toujours plus classe !). Sur les petits pois, verser du beurre blanc à l’érable avant d’y déposer un pavé de truite, côté croûte vers le haut.

Garnir avec des pousses de pois sucrés et de fines tranches de radis, si désiré.

Dan fait pousser ses germinations

En mars, l’hiver semble s’étirer éternellement... et c’est à ce moment-là que j’ai besoin de poser mon regard sur de la verdure, histoire de sentir que le retour du beau temps est imminent. C onformément à l’agenda de mère Nature, j’adore faire pousser d es germinations à la maison ! C’est simple, joli, peu coûteux, et on profite de ces délicieuses p ousses fraîches pour agrémenter nos plats !

I l suffit de préparer quelques contenants, comme une tasse, un sucrier vintage ou tout autre r écipient d’environ 250 ml (1 tasse), en s’assurant qu’une b onne couche drainante est installée au fond (du gravier d’aquarium peut faire l’affaire) et de la recouvrir d’une couche de t erreau afin de faire croître nos germinations. Après avoir déposé les semences à la surface et recouvert le tout d’une autre fine couche de terreau, on veille à garder le tout humide (à cet effet, j’utilise un vaporisateur) à la température ambiante, dans une lumière abondante.

Une fois les pousses bien hautes, on les prélève à l’aide d’un ciseau et on s’en sert pour garnir nos plats favoris.

Q UELQUES SEMENCES FACILES À FAIRE GERMER... p ois mange-tout, tournesol, radis, daïkon, trèfle rouge, luzerne, coriandre, sarrasin

DE PRO J’aime utiliser mes contenants de semis comme centre de table pour enjoliver ma salle à manger !

106 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 ART DE VIVRE | DAN & BLAKE
TRUC VOIR RECETTE P. 108

Shrub aux fruits et au caramel

« Cette concoction vitaminée est une excellente façon de capter l’essence des meilleurs fruits de la saison ! À déguster allongée d’eau pétillante, garnie de quelques glaçons, ou encore en cocktail avec notre spiritueux préféré. »

– Dan & Blake

DONNE ENVIRON 3 TASSES

PRÉPARATION 10 MINUTES

CU ISSON 10 MINUTES

INFUSION 2 JOURS

• 250 ml (1 tasse) de sucre blanc

• 6 0 ml (1/4 tasse) + 375 ml (1 1/2 tasse) d’eau filtrée

• 750 ml (3 tasses) de rhubarbe ou de fraises (ou les deux)

• 125 ml (1/2 tasse) de vinaigre de cidre vivant

• 15 ml (1 c. à soupe) de gingembre frais, coupé en fines tranches

Dans une casserole à fond épais, mettre le sucre avec 60 ml (1/4 tasse) d’eau, puis chauffer à feu moyen en secouant la casserole de temps en temps jusqu’à l’obtention d’un caramel ambré.

Ajouter 375 ml (1 1/2 tasse) d’eau filtrée et les fruits, éteindre le feu et laisser reposer 15 min.

Ajouter le vinaigre et le gingembre, et bien remuer.

Transférer le tout dans un pichet en verre et recouvrir d’un linge propre. Laisser infuser 2 jours à température ambiante.

Au-dessus d’un bol, placer un tamis fin et y presser les fruits avec le dos d’une cuillère afin d’en extraire le maximum de jus.

Mettre le liquide en bouteille et réfrigérer jusqu’au moment de servir.

108 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024
DE VIVRE | DAN & BLAKE
ART

Riz au lait parfumé

à l’érable et au mélilot avec tuile craquante de sarrasin et de noisettes

« Un dessert aromatisé à l’érable et au mélilot, cette petite fleur sauvage qu’on appelle aussi “la vanille du Québec”. On adore le contraste entre le riz crémeux et le croquant de la tuile ! »

– Dan & Blake

Riz au lait

• 1 L (4 tasses) de lait

• 65 ml (1/4 tasse) de sirop d’érable (et un peu plus, pour servir)

• 125 ml (1/2 tasse) de riz à grains ronds (de type calrose ou à sushi)

• 45 ml (3 c. à soupe) de fécule de maïs

• 125 ml (1/2 tasse d’eau)

• 1 0 ml (2 c. à thé) d’essence de mélilot*

• 1 p etite pincée de sel

Tuile de sarrasin et de noisettes

• 65 ml (1/4 tasse) de grains de sarrasin entier blanc cru

• 65 ml (1/4 tasse) de noisettes entières crues

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de fécule de maïs

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de cassonade

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de beurre froid

• 1 pincée de fleur de sel

* Le mélilot est une essence aromatique produite à partir d’une fleur sauvage qui pousse dans les champs et en bordure des routes du Québec. Ses notes délicates rappellent le parfum de l’amande et de la vanille. Comme c’est un ingrédient assez coûteux, on peut le remplacer par une petite goutte d’essence d’amande mélangée à 2,5 ml (1/2 c. à thé) de vanille.

Pour le riz au lait

Dans une casserole de taille moyenne, à feu moyen-élevé, chauffer le lait et le sirop d’érable, puis ajouter le riz et bien remuer.

Réduire le feu au minimum, couvrir et laisser cuire environ 25 min en brassant env. toutes les 5 min, jusqu’à ce que le riz

soit tendre. Surveiller l’intensité du feu pour éviter les dégâts du lait qui bout et qui déborde (vous avez sûrement mieux à faire que de frotter un rond de poêle croûté pendant des heures !).

Dans une tasse à mesurer, délayer la fécule de maïs dans l’eau et l’incorporer au mélange de riz en remuant avec une cuillère de bois. Augmenter le feu à moyen et cuire env. 2 min en brassant jusqu’à ce que la texture devienne onctueuse.

Transférer le riz dans un bol, ajouter le mélilot et le sel, bien mélanger et couvrir d’une pellicule plastique afin d’éviter la formation d’une petite peau sur le riz. Réfrigérer au moins 2 h.

Pour la tuile de sarrasin et de noisettes Avant de préchauffer le four à 180 °C (350 °F), installer la grille dans le tiers supérieur. Tapisser une plaque de cuisson de papier parchemin.

Dans le récipient d’un petit robot culinaire, mettre tous les ingrédients de la tuile et pulser à quelques reprises p our produire un mélange à la texture granuleuse.

Sur la plaque de cuisson, étaler le mélange (qui devrait avoir environ 1 cm-2/5 po d’épaisseur). Presser très légèrement le mélange du bout des doigts avant de l’enfourner environ 1 0 min ou jusqu’à ce que la tuile soit légèrement ambrée.

Laisser refroidir complètement et briser la tuile en petits morceaux irréguliers.

A ssemblage

Servir le riz au lait dans des coupes, garnir de fragments de tuile au sarrasin et arroser d’un filet de sirop d’érable.

Pour découvrir davantage l’univers de Dan & Blake, on consulte leur compte Instagram @danetblake

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 109

Encore plus de recettes pour gourmands intolérants !

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PHOTO : A RIEL TARR

Un bol de fraîcheur et de saveurs

Voilà une magnifique salade printanière colorée et vitaminée, à servir souvent pour mettre de la gaieté dans notre assiette !

PAR KATRINE PARADIS

Salade asiatique au poulet et aux clémentines

PORTIONS 4 • PRÉPARATION 15 MINUTES

Ingrédients

Vinaigrette à la sauce hoisin

• 65 ml (1/4 tasse) d’huile végétale

• 45 ml (3 c. à soupe) de vinaigre de riz

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de sauce tamari

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de sauce hoisin sans gluten ou ordinaire

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de miel

• 1 gousse d’ail, hachée

• Zeste de 1 clémentine, bien lavée

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de jus de clémentine

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de jus de lime

• 1 ,25 ml (1/4 c. à thé) de sel

• Poivre, au goût

Salade asiatique

• 1 L (4 tasses) de chou nappa, émincé

• 500 ml (2 tasses) de chou rouge, émincé

• 2 concombres libanais, coupés en julienne

• 4 clémentines, pelées à vif et tranchées

• 1 p oivron rouge, coupé en fines lanières

• 500 ml (2 tasses) de poulet, cuit et coupé en petits cubes

• 65 ml (1/4 tasse) d’oignon rouge, tranché très finement

• 250 ml (1 tasse) de feuilles de coriandre fraîche + quelques feuilles pour garnir

• 125 ml (1/2 tasse) de menthe fraîche, hachée + quelques feuilles pour garnir

• 125 ml (1/2 tasse) d’arachides hachées, pour garnir

Préparation

Vinaigrette à la sauce hoisin

Dans un bol, mélanger tous les ingrédients de la vinaigrette à l’aide d’un fouet. Réserver.

Salade asiatique

Dans un grand saladier, déposer tous les ingrédients de la salade, sauf les arachides.

Verser la vinaigrette et bien mélanger.

Garnir la salade de feuilles de coriandre et de menthe, puis des arachides hachées.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 111 ART DE VIVRE | K POUR KATRINE
ER C ETTESANS GLUTEN NI P R SREITIALSTIUDO

Risotto printanier

À l’arrivée des beaux jours, on a encore envie de plats réconfortants, mais avec une touche de fraîcheur. Ce risotto, préparé à partir de riz à sushi, met en vedette le kimchi, ce condiment fermenté classique de la cuisine coréenne.

PAR CAROLINE HUARD, ALIAS LOOUNIE

Risotto aux carottes et au kimchi, avec garniture de légumes printaniers

PORTIONS 4 PERSONNES • PRÉPARATION 10 MINUTES • CUISSON 25 MINUTES

Ingrédients

Risotto

• 750 ml (3 tasses) de bouillon de légumes

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de beurre végétalien ou d’huile d’olive

• 2 oignons, hachés finement

• 3 carottes, épluchées et râpées finement

• 1 pincée de sel

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de levure alimentaire en flocons

• 15 ml (1 c. à soupe) de cassonade

• 3 gousses d’ail, hachées finement

• 15 ml (1 c. à soupe) de gingembre haché

• 250 ml (1 tasse) de riz à sushi

• 125 ml (1/2 tasse) de jus de kimchi (le liquide du pot)

• 125 ml (1/2 tasse) d’eau

• 15 ml (1 c. à soupe) de fécule de maïs

• 125 ml (1/2 tasse) de kimchi, haché finement

• Poivre fraîchement moulu, au goût

Garniture de légumes

• 250 ml (1 tasse) de pois verts surgelés, décongelés

• 250 ml (1 tasse) de pois sucrés, parés

• 125 ml (1/2 tasse) de radicchio, coupé en fines lanières

• 4-5 radis, coupés en tranches

• 3 0 ml (2 c. à soupe) de feuilles de menthe fraîche, hachées

• 15 ml (1 c. à soupe) d’huile d’olive

• 1 pincée de sel

Décorations (facultatives)

• Kimchi haché

• G raines de sésame

• Pousses

REC E TTE VÉ G A EN

Préparation

Risotto

Dans un petit chaudron, mettre le bouillon de légumes. Chauffer à feu moyen, puis réduire le feu et réserver.

Dans une cocotte, un faitout ou encore une poêle profonde ou un chaudron à fond épais, chauffer le beurre à feu moyen-élevé. Ajouter les oignons, les carottes et une pincée de sel. Faire sauter durant 2-3 min. Ajouter la levure alimentaire, la cassonade, l’ail et le gingembre et faire sauter durant 2-3 min.

B aisser le feu à modéré. Ajouter le riz et mélanger. À l’aide d’une louche, ajouter env. 125 ml (1/2 tasse) de bouillon et bien déglacer le fond de la cocote. Brasser régulièrement et, dès que le liquide est absorbé, ajouter encore 125 ml (1/2 tasse) de b ouillon. Répéter jusqu’à ce que tout le bouillon ait été utilisé.

Dans un petit bol, mettre le jus de kimchi avec 125 ml (1/2 tasse) d’eau et la fécule de maïs. Mélanger pour bien diluer, puis ajouter la moitié de cette préparation dans le risotto. Brasser. Une fois le liquide absorbé, ajouter le reste de la préparation et bien mélanger.

Lorsque tout le liquide est absorbé, retirer du feu et ajouter le kimchi haché et le poivre. Bien mélanger, couvrir et réserver.

Garniture de légumes

Dans un bol, mettre les pois verts, les pois sucrés, le radicchio, les radis, la menthe, l’huile d’olive et le sel. Bien mélanger.

Assemblage

Répartir le risotto dans les bols. Garnir avec le mélange de légumes. Décorer avec un peu de kimchi, des graines de sésame et des pousses, si on le souhaite.

112 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 ART DE VIVRE | LOOUNIE

LOOUNIE CUISINE

Encore plus de recettes végétales !

Loounie, c’est la créatrice du désormais mythique tofu magique.

En mission pour démocratiser la cuisine végétalienne, elle est collaboratrice à l’émission Moi j’mange (Télé-Québec). Bonne nouvelle : p our le plus grand bonheur de nos papilles, de notre santé et de celle de la planète, elle nous propose aussi son dernier livre de recettes, Loounie c uisine 2 : e ncore plus de saveurs 100 % v égétales . KO Éditions, 30 $.

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Mon moment de détente

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Lecture de cœur

Vouée à l’agriculture de proximité depuis toujours, la nutritionniste et autrice Julie Aubé rêvait d’une maison de campagne avec vue sur le fleuve Saint-Laurent. Dans Cœur de fermière, son premier récit autobiographique, elle raconte de manière cocasse les joies et les aléas de transformer, en temps de pandémie, sa nouvelle maison de rêve en une microferme. « Je voulais offrir une chouette lecture d’été, dit-elle, tout en sensibilisant un maximum de mangeurs » aux défis de la biodiversité. De l’hermine ayant élu domicile dans sa douche aux 99 poules qui alimentent son kiosque fermier (« des petits dinosaures pas si sympathiques, finalement ! »), on y découvre son quotidien de trentenaire également interpellée par la maternité. Charmant. 30 $, Les Éditions de l’Homme.

Printemps érable

Qui dit printemps dit cabane à sucre. Pour un temps limité, le verger Labonté de la pomme, à Oka, offre sa boîte-repas qui revisite les classiques de la cabane en version gastronomique pour un brunch d’enfer. Au menu, notamment : une soupe à l’oignon gratinée au fromage Oka, des saucisses fumées et des fèves au lard maison, un dessert à l’érable et un inoubliable étagé sucré-salé campagnard. On peut aussi commander une version sans gluten ni lactose. Vite assemblé, vite réchauffé, vite dévoré !

Boîtes pour 2 ou 4 personnes, de 119 $ à 229 $, en livraison ou pour emporter. labontedelapomme.ca

OLÉ SOLEIL !

MINUTE, MA COCOTTE !

Si l’achat d’une cocotte Le Creuset représente un investissement, les nouveaux moulins minimalistes à sel et à poivre de la célèbre maison française permettent d’assouvir nos désirs à prix moins salés. Déclinés dans une palette de 10 teintes dégradées emblématiques de la marque, ils arborent des lignes modernes qui se marient à tous les décors de table. Le cadeau idéal pour la fête des Mères qui approche. 55 $ ch. lecreuset.ca

La marque québécoise MTL GRINGO s’avère le choix parfait pour célébrer le retour du printemps et de sa cuisine ensoleillée, voire pour ajouter une touche enflammée à nos soirées de hockey en période de séries éliminatoires. Croustilles, trempettes, sauces et assaisonnements... tout a été pensé pour ajouter du piquant à la fiesta ! Pendant une durée limitée, la gamme inclut deux nouvelles saveurs – une salsa verde et une salsa chipotle et habanero –, concoctées en collaboration avec La Pimenterie, une autre marque bien d’ici. On aime que les ingrédients soient principalement locaux et relevés d’un minimum de sel. Salud !

Chez Métro et dans les épiceries fines. mtlgringo.com

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 115 ART DE VIVRE | CUISINE PAR LYNNE FAUBERT
PHOTO : D APHNÉ CARON (JULIE AUBÉ) TAHCA LOCAL
ACHAT LACOL TAHCA LOCAL

Les super pouvoirs des bres alimentaires

Appartenant à la famille des glucides, les fibres sont des résidus d’aliments végétaux non transformés par la digestion. Si elles présentent plusieurs bienfaits pour notre santé, la plupart des adultes québécois n’en consomment pas assez. Comment et pourquoi les intégrer à notre alimentation quotidienne ? La docteure en nutrition Isabelle Huot nous dit tout à ce sujet !

Il existe deux types de fibres alimentaires: les fibres solubles et insolubles. Les premières, qui se dissolvent dans l’eau et aident les résidus à glisser dans l’appareil digestif, réduisent le taux de cholestérol sanguin, en plus de prévenir les maladies cardiovasculaires, d’équilibrer la flore intestinale et de réguler la glycémie. Quant aux fibres insolubles, elles gonflent et accélèrent le transit intestinal, prévenant ainsi la constipation.

Autant dire qu’en consommant plus de fibres, on s’assure d’avoir une saine alimentation, gage de bonne santé. Or, la majorité des Québécois n’en mangent pas assez, soit de 15 g à 17 g de fibres alimentaires par jour, alors que les besoins chez la population adulte se situent plutôt entre 20 g et 50 g. « En ingérant plus d’aliments riches en fibres, on favorisera la santé de notre microbiote et on sera mieux soutenu toute la journée, ce qui aide à contrôler notre appétit », révèle Isabelle Huot, docteure en nutrition.

Faire le plein de bres

Pour adopter un régime riche en fibres, l’experte recommande de privilégier les grains entiers, les graines, les noix, les fruits, les légumes et les légumineuses, « des aliments qui devraient être au cœur de notre alimentation pour optimiser notre santé globale ». Pour atteindre les recommandations de consommation quotidienne de fibres, Isabelle Huot suggère d’amorcer la journée avec un déjeuner de tartines faites avec du pain ultrariche en fibres, comme les pains sans gras ni sucre ajoutés Les Grains St-Méthode. Excellentes sources de fibres alimentaires (en moyenne 6 g par portion de deux tranches), ces pains sans OGM sont produits avec de la farine de blé du Québec. « Si vous avez la dent sucrée au réveil, essayez une tartine aux fraises et au basilic avec le Pain 9 grains entiers, de Boulangerie St-Méthode, dit la spécialiste. Non seulement c’est délicieux, mais c’est aussi une super façon de commencer la journée en ingérant à la fois des fibres solubles et insolubles, des vitamines, des minéraux et des protéines ! »

Pour d’autres astuces santé, informations nutritionnelles et savoureuses recettes, on visite sans tarder le site Web boulangeriestmethode.com.

116 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 ST-MÉTHODE X MAGAZINE VÉRO CONTENU COMMANDITÉ

Sur le pouce

Dans la glacière ou le panier en osier, pour les plus coquettes, la canette est de loin le contenant le plus pratique pour un apéro on the go ! C’est pour sa praticité, mais aussi par souci environnemental, que de plus en plus de vignerons d’ici et d’ailleurs choisissent ce format pour préserver leurs précieux nectars. Nous, on embrasse la tendance !

PAR ROSE SIMARD, AUTRICE ET FONDATRICE DU SITE 1 OU 2 COCKTAILS

Le contenant du futur

Les avantages de la canette sont très nombreux, tant au point de vue pratique qu’écologique: « L’aluminium étant plus léger, on peut transporter deux fois plus de vin en canette pour le même poids dans un contenant de verre », explique Géraldine Beaulieu, copropriétaire de l’agence d’importation Vinconseil. Selon elle, le vin en canette est une tendance qui prendra de l’ampleur au cours des prochaines années, car « il se conserve mieux et il est tout aussi délicieux que celui vendu dans une bouteille de verre; il faut seulement lui donner sa chance ! »

UN PETIT ROUGE D’ÉTÉ

Avec son mélange à parts égales de cépages blanc (vermentino) et rouge (grenache), ce vin de France pensé expressément pour l’apéro se boit comme un charme sous le soleil. Et comme les vins nature sont normalement plus sensibles à la lumière et aux variations de température, le contenant en aluminium leur permet de conserver davantage leur fraîcheur ! Le Rouge, MadMed, 7,75 $. saq.com

BEEZZ BEEZZ

Le seul bourdonnement d’abeille qu’on veut entendre près de notre panier de piquenique, c’est celui de cette canette de Beezz Pomme.

L’entreprise québécoise Desrochers D, spécialisée dans l’élaboration de vin de miel, veut changer les perceptions quant à cette boisson qu’on associe souvent à l’époque médiévale. Pari réussi avec cet hydromel qui, une fois fermenté avec de la pomme, prend ici la forme d’un spritzer naturellement pétillant ! Beezz Pomme, Desrochers D, 4,60 $. desrochersd.com

SANS MODÉRATION

Le summum de la modération, c’est ce cocktail sans alcool à saveur de vin. Attention : il ne s’agit pas d’un vin désalcoolisé, mais plutôt d’un savoureux mélange d’ingrédients, dont de la poudre de vin, qui répliquent les aromates d’un blanc ou d’un rosé. Un cocktail délicat et agréable, qui répond à une demande en pleine croissance ! Vin blanc, BSA, 4,30 $. aperoazero.ca

UNE BELLE EXPRESSION

C’est d’abord pour des considérations écologiques que les artisans du Domaine Bergeville se sont tournés vers l’aluminium. Leur Colfo est le premier vin québécois en canette et son succès auprès du public est la preuve que le marché est de plus en plus réceptif. Majoritairement issu de cépages adaptés au climat froid, comme l’acadie blanc et le vidal, ce vin pétillant plutôt acide et vif se laisse joyeusement savourer avec des grillades sur le BBQ ! Colfo, Domaine Bergeville, 9,60 $. domainebergeville.ca

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 117 ART DE VIVRE | 1 OU 2 COCKTAILS
PHOTO : MASON DAHL / UNSPLASH

Ottawa : d’art et de délices

Cap sur la capitale canadienne pour une escapade sous le signe de l’art et des bonnes tables !

PAR THÉO DUPUIS-CARBONNEAU

De haut en bas et de gauche à droite : le Parlement d’Ottawa au printemps, un plat chez Katha et l’heure du thé chez Zoe’s.

e devais avoir 10 ou 11 ans la dernière fois que j’étais allée à O ttawa. Il s’agissait d’une sortie scolaire, bien sûr, dont le circuit traditionnel était ponctué par la visite du Parlement et de sa colline, du canal Rideau et du Musée canadien de l’histoire. C’était chouette, certes, mais depuis, je n’avais jamais pensé venir m’évader dans la capitale nationale le temps d’un weekend avec mes yeux – et mon budget ! – d’adulte. Pourtant, elle est située près de Montréal et déborde de bons plans qui rejoignent deux de mes principaux intérêts : l’art et les bonnes tables ! J’ai donc récemment mis le cap sur cette ville qu’il fait bon visiter en tout temps, mais surtout sous le soleil du printemps, alors qu’elle éclot comme les milliers de tulipes qui font sa renommée. Preuves à l’appui avec ce carnet d’adresses testées et approuvées !

Se régaler

NOUVEAU REGARD

Chez Kathā – qui signifie « h istoire » en sanskrit –, le chef Teegavarapu Sarath Mohan raconte un savoureux récit au fil de son menu dégustation à l’aveugle aux parfums indiens modernes et raffinés. Comme tous les convives, je suis arrivée sur place sans savoir de quoi seraient composés les nombreux services – qui nous sont révélés au cours de la soirée – et je me suis laissée emporter par les explosions de saveurs. Je vais rêver longtemps à ce plat de dumpling aux champignons et au filet de bar servi dans un sothi au fenouil et à l’oignon, garni d’huiles infusées de coriandre, de piment et de feuille de cari. Psitt ! Je recommande de demander à s’asseoir au comptoir afin d’assister à l’hypnotisante chorégraphie en cuisine. kathaottawa.com

HAUTE VOLTIGE

La réputation de cette adresse gastronomique n’est plus à faire et c’est tout à fait compréhensible : au cours des trois heures et demie que dure un repas au restaurant Atelier, on déguste 40 (!) services qui rivalisent d’habileté et d’ingéniosité. C’est le genre d’adresse – et d’addition – qui rime avec « o ccasion spéciale », certes, mais c’est une expérience unique qu’on se doit de vivre au moins une fois et qui, à elle seule, justifie une visite à Ottawa. Je me suis exclamée à haute voix plusieurs fois devant les textures étonnantes, les parfums enivrants et les présentations étudiées qui ont stimulé autant mes yeux que mes papilles tout au long de la soirée ! atelierrestaurant.ca

118 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 ART DE VIVRE | ESCAPADE PHOTOS : T OURISME OTTAWA (PARLEMENT) ; F AIRMOUNT CHÂTEAU LAURIER (THÉ) ; S ARAH FARMER/GUMPTION STUDIO (KATHA)
J

SUR LE POUCE

Envie de prendre une bouchée rapide entre deux activités sans se ruiner ? Direction Gooney’s et ses délicieux arepas – ces pains de maïs populaires au Vénézuéla et en Colombie – faits sur place et farcis d’une multitude de garnitures, sans oublier leur fameuse sauce à la coriandre maison. J’ai commandé le Pollo Picante à l’heure du lunch et je compte bien essayer un de leurs sandwichs déjeuner lors de mon prochain passage en ville ! gooneysottawa.ca

L’HEURE DU THÉ

Pour avoir l’impression de séjourner en Angleterre durant une heure ou deux, on profite du service de thé d’après-midi chez Zoe’s, au cœur du Fairmont Château Laurier. C’est l’endroit parfait pour relaxer un brin en dégustant de succulents canapés, des scones exécutés à la perfection et des thés délicatement parfumés. zoesottawa.com

LE QUÉBEC DANS L’ASSIETTE

Avec la Buvette Daphnée, ouverte depuis peu dans le fameux

Marché By, la cheffe Dominique Dufour souhaitait offrir à la capitale nationale une enseigne qui rappelle les bars à vins montréalais. Pari réussi avec ses plats à partager, qui suivent les arrivages de saison, et sa carte de vins, qui fait la part belle aux vignerons de la Belle Province ! buvettedaphnee.ca

Se poser

Je le répète souvent: rien n’égale la qualité du service et le confort des établissements du groupe Germain. J’ai eu la chance de visiter plusieurs de ses hôtels à travers le pays, mais c’était mon premier séjour à celui d’Ottawa, dont le hall d’entrée vient d’être rénové avec goût. Situé à une dizaine de minutes à pied du centreville, à deux minutes du complexe commercial CF Centre Rideau et à côté de la Galerie d’art d’Ottawa (l’accès est gratuit), c’est le lieu idéal pour être au cœur de l’action ! Mention spéciale à son restaurant Norca, où il fait bon s’installer pour souper ou juste pour l’apéro. germainhotels.com/fr/Ottawa

De gauche à droite : le festival autochtone du solstice d’été à la ferme Madahòkì est un événement à ne pas manquer ! Et le Musée des beaux-arts du Canada vaut vraiment le détour.

Se cultiver

PASSAGE OBLIGÉ

Que ce soit pour son bâtiment, une merveille architecturale en soi, ou pour les 40 000 œuvres d’art qu’il contient, le Musée des beaux-arts du Canada est un arrêt obligatoire à Ottawa. Surtout, on s’assure de prévoir assez de temps à l’horaire – j’y ai flâné trois heures et j’y serais restée encore longtemps – pour parcourir ses impressionnantes collections, dont une des plus importantes d’art autochtone et canadien au monde ! La section réservée à l’art contemporain est elle aussi époustouflante. beaux-arts.ca

RETOUR AUX SOURCES

À une vingtaine de minutes de voiture du centre-ville se trouvent la ferme Mādahòkì et ses chevaux spirituels ojibwés. Le nom de la ferme, qui signifie « partager la terre » en langue anichinabée, reflète la mission de l’endroit: grâce à des événements saisonniers mettant en valeur la nourriture, la danse et la musique traditionnelles, au chemin de la réconciliation bordé de pierres orangées sur lesquelles on peut laisser un message et au marché autochtone proposant des produits authentiques, l’endroit est tout indiqué pour ouvrir un dialogue plus que nécessaire avec cette communauté. madahoki.ca

Bon à savoir

SE DÉPLACER

Se stationner au centre-ville peut s’avérer complexe. Si on se rend à Ottawa en voiture, mieux vaut laisser n otre véhicule à l’hôtel et se déplacer avec Uber ou à pied pendant notre séjour.

TOUR DE VILLE

Ça fait un bail qu’on a mis les pieds à Ottawa ? D ans ce cas, ça vaut la peine de se procurer un billet d’un jour à bord d’un bus Ottawa Gray Line. À bord, un guide bilingue nous renseigne sur les principales attractions et on peut monter et descendre du bus à notre guise pendant 2 4 heures ! U ne excellente façon de nous familiariser avec la ville, de créer nos propres points de repère et d ’explorer à notre rythme. ladydive.com/fr/ottawa-city-tour

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 119 PHOTOS : G ROUPE GERMAIN (HÔTEL) ; T OURISME OTTAWA (FERME MADAHÒKÌ) ; T AKU KUMABE (MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA)
Il fait bon séjourner à l’hôtel Le Germain Ottawa.

Surfons en famille !

Agente de bord à Air Transat, Elizabeth Landry a longtemps été l’autrice d’un blogue hilarant (lhotessedelair.com) où elle racontait les hauts et les bas de son quotidien à 10 000 m d’altitude. En 2022, son blogue devenait bohemianjetlag.com, histoire de témoigner de sa passion pour le surf. Depuis, la jeune maman la transmet aux vacanciers, en République dominicaine. À Playa Encuentro, où les vagues conviennent aux surfeurs de tous calibres, elle a fondé, avec son conjoint, la Cabarete Surf Company... et nous y invite.

Combien de temps faut-il pour parvenir à se tenir debout sur une planche ? On y arrive normalement en une leçon d’une heure et demie, mais ensuite, il faut de la persévérance et de la pratique.

Cette activité convient-elle aux enfants ? Qui sait nager peut apprendre à surfer. Nous avons déjà donné des cours à des enfants de 4 ans. Je suis agente de bord, alors la sécurité est ma priorité !

Que retire-t-on du surf ? On fait travailler notre cœur, nos muscles, mais aussi notre patience, car il faut attendre la bonne vague. C’est une excellente forme de méditation ! cabaretesurfcompany.com

ON SE CASSE !

ART DE VIVRE | ÉVASION

PAR CAROLYNE PARENT

SOUS LE CHARME DE CHELSEA

En Outaouais, l’entrepreneure Manuela Teixeira est en train de créer tout un QG récréotouristique : le Square Old Chelsea. Voisin du parc de la Gatineau, il réunit le pub Chelsea, le café Biscotti, de même que des hébergements, soient les Lofts du Village et la Maison bleue, une adorable demeure ancestrale comptant quatre chambres. En décembre dernier, une distillerie y a été inaugurée. Entre une randonnée au parc et un parcours thermal au superbe Nordik Spa-Nature, tout près, on y déguste son Aperitivo Bella Ciao ! et son nouveau Gin du Jardin méditerranéen. Élaboré selon la méthode d’infusion d’un corps gras dans un alcool, ce dernier goûte bon l’olive, ainsi que la pistache et le citron. Parfait pour nos martinis ! Sur place, on peut également suivre un atelier de mixologie, se faire raconter la prohibition dans la section écomusée et savourer, a u retour des beaux jours, cocktails et petits plats sur la nouvelle terrasse... et même y applaudir un ou une interprète, en soirée. « C’est une destination complète et familiale en soi ; sur la place du Square, on jouera même à la pétanque cet été », dit Mme Teixeira. loftsduvillage.ca

C’est le titre, fougueux, d’une nouvelle collection de guides touristiques aux contenus qui le sont tout autant. L’intention ? Nous faire découvrir des villes qu’on aime en étant « moins touristes ». Renouvelant le genre praticopratique, ils répertorient presque exclusivement des activités et des adresses. À New York, Madrid, Lisbonne et ailleurs, place aux marchés, aux cafés de quartier, aux friperies, aux cantines de rue, aux galeries et aux bars limite legit... Bref, exactement le genre de carnet pouvant servir de prétexte à une folle escapade entre filles ! Hachette, 15 $.

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 121
PHOTOS : @ FOTOSKAISER1 (CABARETE SURF COMPANY), DISTILLERIE DU SQUARE (CHELSEA)
ACHAT LACOL

Un séjour à Salem

Bien qu’on la connaisse surtout pour son patrimoine historique et sa réputation mystérieuse, Salem, dans l’État du Massachusetts, a beaucoup plus à offrir que des hôtels hantés. Facile à parcourir à pied, ouvertement inclusive, proche de l’océan et à seulement quelques heures de voiture du Québec, elle est tout indiquée pour une e scapade... et pas seulement en automne : l a preuve ici. Direction Witch City !

PAR ÉLODIE PARTHENAY

122 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 ART DE VIVRE | VOYAGE PHOTO : ISTOCK (PHARE)
Le phare de Fort Pickering dans la lumière du soleil couchant, à l’entrée du port de Salem.

Pause café

Rien de tel qu’une bonne dose de caféine avant de commencer une longue journée d’exploration touristique. On se dirige donc vers Odd Meter, un charmant petit café indépendant de Downtown Salem qui propose, en plus des boissons classiques, une carte temporaire renouvelée à chaque saison et souvent infusée d’ingrédients réputés pour leurs effets bénéfiques sur la santé. Nos préférés: le Mother Earth Matcha, à la fleur de pois papillon, la limonade au safran et le Herbal Magic Latte, infusé à la lavande, au thym et au romarin. 60 Washington St. oddmetercoffee.com

Dent sucrée

Dans le même immeuble qu’Odd Meter (de l’autre côté d’un commerce de hot-dogs gourmets !) on trouve Melt, une boutique de crème glacée artisanale aux effluves à faire perdre la tête. Les saveurs évoluent selon les saisons et incluent toujours au moins une option végane. Avec des parfums comme popcorn au beurre, amaretti et caramel salé aux brownies, impossible de résister ! D e la crème fouettée végétale est également offerte. 60 Washington St. meltsalem.com

Bols d’énergie

Envie d’un repas à la fois réconfortant et revitalisant ? Le restaurant décontracté Life Alive est tout indiqué ! Bols énergisants, salades pas plates, sandwichs roulés créatifs: on trouve dans ce local coloré tout ce qu’il faut pour prendre une pause reposante ou avaler un lunch sur le pouce entre deux visites. On arrose le tout d’un jus fraîchement pressé ou d’un smoothie crémeux à souhait, à base de gelato à la noix de coco. Une vraie gourmandise ! 281 Essex St. lifealive.com

Dernier verre

Le soir, c’est au All Souls Lounge que la population locale se rassemble, autour d’un événement sportif ou du juke-box rétro en parfait état. On y écoute d’anciens grands succès et on y déguste des grilled cheese absolument délicieux (avec options véganes ou sans gluten), parfaits pour combler une fringale en fin de soirée. Comme bon nombre de commerces en ville, le bar affiche son soutien à différentes communautés marginalisées: au All Souls, tout le monde est bienvenu ! 282 Derby St. allsoulssalem.com

L’heure du thé

Si on aime le thé, il faut prévoir un moment pour apprécier une bonne infusion dans l’ambiance sophistiquée du salon Jolie Tea Company. La sélection de thés est vaste et impeccable (plus de 300 variétés !); on peut même y confectionner notre propre mélange ! On a un petit creux ? Tant mieux, car la vitrine de macarons de toutes les couleurs invite à la gourmandise, tout comme les madeleines parfaitement moelleuses. Pour rehausser l’expérience, on réserve un high tea ou on opte pour une dégustation thématique de thés inspirée par l’histoire de Salem. 316 Derby St. istheteinyou.com

Une virée historique

Salem, c’est avant tout le théâtre d’événements historiques dramatiques, que la ville ne cherche pas à éclipser. Pour en apprendre plus sur la chasse aux sorcières de 1692, on commence notre visite au cimetière de Charter Street, à côté duquel a été érigé depuis un mémorial en souvenir des victimes. De nombreuses visites guidées sont offertes par différentes entreprises, dont Witch City Walking Tours ou Bewitched Tours. Pour ceux et celles qui préfèrent explorer à leur rythme, plusieurs sites, comme Action Tour Guide, offrent des visites autoguidées de qualité, grâce à la localisation GPS de notre cellulaire. witchcitywalkingtours.com ; bewitchedtours.com ; actiontourguide.com

Une touche de magie

Parce que Salem est aujourd’hui le paradis de l’occultisme, on se laisse tenter par une photo de notre aura à la lumineuse boutique Hauswitch Home + Healing. Pour 50 $ US, on en ressort avec un cliché argentique de notre champ énergétique – immortalisé par une caméra spéciale dont la technologie remonte aux années 1970 –, ainsi qu’une analyse de personnalité. Amatrice de magie ? Le Crow Haven Corner est la plus ancienne boutique du genre en ville. On y va pour les livres, bougies et cristaux, mais aussi pour rencontrer sa mémorable propriétaire, Lorelei the Love Witch, qui tire le tarot et réalise des enchantements en direct de sa cuisine. 144 Washington St. hauswitchstore.com ; 125 Essex St. crowhavencorner.com

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 123
Life Alive
Jolie Tea Company

Trouvailles !

Nouveautés, envies du moment et petits plaisirs à découvrir.

Un pain délicieux, rassasiant et nutritif

Fait de grains entiers, le pain 9 grains sans gras et sans sucres ajoutés de la Boulangerie St-Méthode est riche en vitamines, en minéraux et en ingrédients antioxydants. Sa teneur en fibres insolubles contribue à la régulation intestinale. On apprécie aussi son contenu en oméga-3 d’origine végétale et ses 10 grammes de protéines par portion de deux tranches. Une option saine et délicieuse pour tous nos repas de la semaine et nos savoureux brunchs du weekend ! boulangeriestmethode.com/fr

On s’y sucre le bec !

Située à Mont-Saint-Grégoire en Montérégie, l’Érablière Charbonneau est l’endroit idéal pour passer un agréable moment en famille ou entre amis autour d’un succulent repas traditionnel de cabane à sucre... sans compter la dégustation de tire sur la neige ! Les activités pour enfants, l’ambiance chaleureuse et la qualité de la nourriture nous incitent à y retourner chaque printemps ! Pour rester à l’affût des nouveautés, on consulte les réseaux sociaux Facebook et Instagram de cette chouette érablière. erablierecharbonneau.qc.ca/fr

Du nouveau au Strøm spa nordique

Sculpté à la main au Québec, l’outil de porcelaine BORÉAL améliore la circulation sanguine, définit les contours du visage et confère un éclat radieux à la peau. Au Str Ø m spa nordique, cet accessoire d’automassage fait maintenant partie de tous les soins du visage. Pour s’initier aux nombreux bienfaits du rituel ancestral gua sha, on prend rendez-vous à l’une des cinq succursales StrØm au Québec. stromspa.com/boreal

Un teint rayonnant au printemps

Pour une expérience sensorielle sans pareille, on amorce et on termine la journée avec les crèmes raffermissantes de jour et de nuit Blue Peptides Uplift de Biotherm. Grâce à leurs formules 100 % végétaliennes, développées avec des ingrédients naturels, elles raffermissent et tonifient la peau tout en réduisant l’apparence des rides. Autres atouts ? Leur texture légère et leur parfum floral délicat qui conviennent à tous les types de peaux. De quoi afficher un teint plein d’éclat ! Crème de jour, 105 $ les 50 ml et crème de nuit, 107 $ les 50 ml. biotherm.ca

PROMOTION CONTENU COMMANDITÉ

Nouvelle téléréalité

Lundi au jeudi 19h30

Trouvailles !

Nouveautés, envies du moment et petits plaisirs à découvrir.

Créatrices de souvenirs

Les pourvoiries de la Mauricie, ce sont des endroits accueillants qui nous invitent à prendre une grosse bouffée d’air frais et à vivre le moment présent. Ce sont aussi des couchers de soleil éblouissants, de la forêt à perte de vue et un ciel étoilé à couper le souffle. Enfin, ce sont plus de 53 sites enchanteurs qui accueillent familles et amis de partout au Québec et en Europe pour venir y créer de fabuleux souvenirs ensemble. Pour découvrir le guide, rendez-vous sur le site de l’Association des pourvoiries de la Mauricie. pourvoiriesmauricie.com/guide

Moderne et confortable

Le canapé REVE, c’est comme un rêve devenu réalité ! Affichant le style moderne du milieu du 20e siècle avec ses lignes épurées, il est doté d’une construction solide, d’un revêtement capitonné et d’un confort incroyable... le tout à un prix étonnamment raisonnable. Ce canapé trois places convient à tous les espaces (même limités !) et à tous les budgets 499 $ l’unité. structube.com

Le trio parfait : magasiner, manger, séjourner

Aux Galeries St-Hyacinthe, il y a tant à découvrir ! Le plus beau centre commercial régional propose en effet, à longueur d’année, des activités gratuites pour toute la famille, une gastronomie savoureuse, des boutiques mode tendance, un stationnement intérieur et un séjour détente à l’hôtel Sheraton SaintHyacinthe, tous unis par une passerelle intérieure. Qu’est-ce qu’on attend pour y vivre une expérience unique ? gsth.ca

Dans le jus ?

Avis aux gens pressés: les sauces Cordon Bleu sont faciles à réchauffer, vite servies et... savoureuses. Idéales quand on a besoin d’un coup de main parce qu’on est pris dans le trafic, que la visite débarque à l’improviste, qu’il faut sortir le chien, aider les enfants dans leurs devoirs, répondre aux courriels du boulot ou se pointer au cours de zumba qui commence dans 30 minutes. En d’autres mots, c’est délicieux et ça nous simplifie la vie. Tous les produits Cordon Bleu sont vendus en épicerie.

PROMOTION CONTENU COMMANDITÉ

Applique murale Nopal 1205, avoine satin (Luminaire Authentik, 345 $). luminaireauthentik.com

Affiche Mikado (Desenio, 30 $). desenio.ca

Bougeoir en verre, rose (Creative Brands, 33,50 $). lesvoisines.co

Plat Marin en céramique, bleu (Crate & Barrel, 60 $). crateandbarrel.ca

Jolies courbes

La tendance est aux formes arrondies qui prennent d’assaut notre intérieur. Entre conseils et coups de cœur, on suit le guide pour surfer sur la vague.

Leçon de style

Depuis quelques saisons, notre intérieur s’adoucit en préférant aux lignes angulaires une rondeur invitante, qui caractérise autant notre mobilier et nos objets décoratifs que l’espace en lui-même, notamment par des ouvertures en arches. « On peut attribuer cette tendance à la volonté de créer une ambiance plus chaleureuse et accueillante, une transition naturelle après la pandémie », explique Adrienne Dansereau, designer d’intérieur et copropriétaire d’Atelier Dansereau, qui souligne que ces formes arrondies sont psychologiquement associées à une réduction du stress.

La bonne nouvelle ? On n’a pas besoin de repenser notre espace au grand complet pour en profiter ! « On peut très bien miser sur quelques éléments qui rappellent la tendance et ce, même dans un cadre plus moderne », précise l’experte, qui conseille de commencer par le salon, rassembleur et convivial, où il est plus facile de changer la déco. « Il faut savoir qu’il n’y a pas de règles strictes, dit-elle : le but est de créer un espace de vie qui nous ressemble et, surtout, qui nous plaît. »

Table d’appoint en bois naturel (Bouclair, 180 $). bouclair.com

Sous-verres Colourfield en bambou et mélamine (Xenia Taler, 32 $ l’ens. de quatre). xeniataler.com

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 127 ART DE VIVRE | DÉCO
TAHCA LOCAL TAHCA LOCAL ACHAT LACOL ACHAT LACOL ACHAT LACOL ACHAT LACOL ACHAT LACOL
Miroir Symbol (MUST, 170 $). mustsociete.com Fauteuil Buskbo en rotin (Ikea, 249 $). ikea.ca Bol sur piédestal en grès, brun clair (OUI, 50 $). indigo.ca Vase dolomite circulaire, vert (Simons Maison, 18 $). simons.ca

SAISON DES ÉCLIPSES

Une rencontre avec le destin

Bien des gens ont déjà entendu parler de l’éclipse totale de Soleil qui aura lieu le 8 avril prochain. Mais qui est au courant que la saison des éclipses s’apprête à chambouler la vie de certaines d’entre nous ?

PAR ÉLODIE PARTHENAY

La saison des éclipses est une période durant laquelle plusieurs éclipses successives, du Soleil et de la Lune, se produisent. Elle a généralement lieu deux fois par année et entraîne avec elle des changements soudains et imprévus. Son but ? Nous faire sortir de notre zone de confort et nous propulser là où on est censées être. Suivez le guide !

Astronomie 101

Une éclipse, qu’elle soit solaire ou lunaire, se produit lorsque le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés. Pendant une éclipse solaire, une nouvelle Lune vient momentanément cacher l’astre de feu partiellement ou totalement. Lors d’une éclipse lunaire, l’ombre

de la Terre se projette sur la pleine Lune, obscurcissant temporairement sa surface visible. Pour qu’une éclipse se produise, il faut que la Lune se situe près des nœuds lunaires, c’est-à-dire l’intersection entre le plan de rotation de la Terre et celui de l’orbite de la Lune – un détail technique, mais néanmoins très important.

La première saison des éclipses de 2024 aura lieu du 25 mars (éclipse lunaire en Balance) au 8 avril (éclipse solaire totale en Bélier). Une seconde suivra à l’automne, du 17 septembre (éclipse lunaire en Poissons) au 2 o ctobre (éclipse solaire en Balance). En effet, les éclipses se produisent habituellement par paires, une lunaire et une solaire, à deux semaines d’intervalle.

128 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 ASTRO PRATIQUE
PHOTO : STOCKSY
Comme la majorité des éclipses de 2024 se produiront sur l’axe Bélier-Balance, à commencer par l’éclipse lunaire du 25 mars, on peut s’attendre à ce que le thème global de l’année soit d’être moins individualiste et de faire davantage attention aux autres.

Zone de turbulences

Du point de vue astrologique, les éclipses viennent chambouler notre routine bien huilée. Lorsqu’elles se produisent (de même que durant les semaines précédente et suivante), on peut s’attendre à de gros changements: grossesse, nouvelle carrière, déménagement soudain, etc.

Les éclipses de Soleil sont généralement associées à de nouveaux départs ou de nouvelles portes ouvertes, tandis que les éclipses de Lune sont souvent synonymes de fin ou d’aboutissement. Mais ce ne sont pas toutes les éclipses qui nous affectent de la même manière : celles qui se produisent dans notre signe solaire ou celui de notre ascendant nous touchent tout spécialement.

Il importe également de considérer le signe diamétralement opposé à notre signe solaire. En effet, environ une fois tous les sept ans, chaque paire de signes opposés (Bélier-Balance, TaureauScorpion, Gémeaux-Sagittaire, Cancer-Capricorne, Lion-Verseau et Vierge-Poissons) est l’hôte d’une série de six à huit éclipses se déroulant sur une période de 18 à 24 mois.

Si on est native d’un de ces signes (ou qu’on a l’un d’entre eux comme ascendant), on peut s’attendre à être propulsée dans une sorte de portail d’évolution accélérée, une éclipse à la fois. Lorsqu’on sort de ce cycle, on est complètement transformée, sans possibilité de revenir en arrière. À ce propos, mentionnons qu’en astrologie, les nœuds lunaires sont surnommés « nœuds de la destinée »: les activités cosmiques qui se déroulent à proximité contribuent à nous pousser vers le bon chemin.

Trois des quatre éclipses de 2024 se produiront sur l’axe BélierBalance. Les personnes ayant le Bélier ou la Balance comme signe solaire ou comme ascendant y seront donc particulièrement sensibles. Pour elles, ces événements s’inscrivent dans un processus de transformation qui a commencé au printemps 2023 et qui s’achèvera l’année prochaine.

Survivre aux éclipses

Ouf, tout un programme ! La bonne nouvelle, c’est que les changements qui doivent arriver se produiront sans notre intervention. Tout ce qu’on a à faire, c’est de s’accrocher et de profiter de la ride !

Il est important de souligner qu’on n’a pas besoin de chercher à provoquer des changements pour bénéficier de l’effet des éclipses. Au contraire, comme ces transformations ont tendance à être inattendues, il est même recommandé de se laisser porter : le jour d’une éclipse et durant les deux semaines qui l’entourent, on évite de planifier de grands remaniements dans notre vie. Par contre, si ceux-ci font irruption dans notre agenda ou qu’ils découlent naturellement d’événements passés, on fait preuve de flexibilité et on les accepte.

Les éclipses amènent souvent la révélation d’informations importantes et jusque-là cachées, qu’elles proviennent des autres... ou de nous-même. On reste donc attentive et à l’écoute. Il se peut, par exemple, qu’on apprenne des choses sur nos propres désirs ou sur les motivations des gens qui nous entourent.

Même si le changement peut s’avérer inconfortable, surtout lorsqu’il se produit de façon rapide et imprévue, il faut se rappeler que le fil conducteur de la saison des éclipses est de rebrasser les cartes pour nous remettre sur le bon chemin. En attendant, on prend une grande respiration, on priorise notre routine de selfcare et on s’assure de rester en contact avec nos émotions et nos pensées durant cette période de turbulences.

Plan de match astral

À faire

• Être flexible et garder l’esprit ouvert

• Se reposer

• M éditer et écrire dans son journal intime

À éviter

• Paniquer

• Planifier des transformations majeures

• Essayer de rester en contrôle

Printemps 2024 VEROMAGAZINE.CA 129

La nostalgie du frottage

C’est avec surprise que je prenais récemment connaissance d’une étude qui concluait que les jeunes d’aujourd’hui font moins l’amour que les générations précédentes. Avouez que c’est assez étonnant dans une société où le sexe est devenu omniprésent, pour ne pas dire dangereusement accessible. Inutile de perdre du temps à se passer un vieux Playboy entre amis ou de se taper la platitude qu’était Bleu Nuit dans l’espoir de peut-être apercevoir une paire de seins à un moment donné. À l’époque, voir une femme nue nécessitait patience et stratégie. De nos jours, les jeunes (et moins jeunes) sont à deux clics de scènes sexuelles explicites, graphiques et généralement tordues. Dans la vraie vie, ça doit être assez rare qu’une belle-mère décide de montrer à son beau-fils comment baiser sa blonde ou qu’une mère de famille décide de séduire la gardienne des enfants en plein jour. On est loin des gars de Porky’s qui épiaient les filles dans la douche de l’école. Pour les semivieux, remplacez Porky’s par American Pie

Conclusion de l’étude: malgré l’actuelle omniprésence du sexe que j’évoquais plus haut, 43 % des jeunes de 18 à 25 ans n’ont pas de partenaire sexuel. Pire, le quart des répondants disent préférer une soirée à regarder Netflix que de faire l’amour. Mon premier réflexe a été de douter (comme c’est souvent le cas). Mais en y repensant et en discutant avec des jeunes et des vieux dans la trentaine (!), je réalise que c’est bien vrai. La société nous offre le sexe en mode fast food partout, tuant au passage le désir et l’excitation de l’anticipation. Comme si les sites de pornographie, les étagères pleines d’objets sexuels, les comptes OnlyFans avaient tué la magie du rituel autour de l’acte. Et avouez que lorsqu’on parle des premières relations sexuelles, le rituel autour de la chose était souvent plus excitant que les courtes minutes d’un coït généralement malhabile.

Je me dis qu’on devrait ramener un peu de décorum. Toutes les options offertes présentement font que les gens comblent leurs besoins seuls, rapidement, dans un environnement parallèle distordu. Comprenez-moi bien: l’auteur de C.A. et de Mirage n’est pas devenu ce vieux grincheux qui chiale contre la pornographie à grands coups de « c’était ben mieux dans mon temps ». C’était pas « b en mieux » dans mon temps. Mais il y avait du positif dans certains gestes qu’on devrait peut-être remettre à l’ordre du jour.

Où sont passés les slows de fin de soirée ? Ces premiers moments où tu sentais la poitrine d’une fille contre la tienne ou que tu posais tes mains sur le bas de son dos. J’imagine que pour la fille, c’était la même chose : sentir que le gars devant elle avait tout à coup un marqueur dans son jean.

Pas besoin de baisser son pantalon dès la première minute. Ramenons la poésie du frottage sur les jeans dans le sous-sol pendant que les parents veillent à l’étage. Ce moment où « on regarde un film » mais que, finalement, « y’a pas tant de film ». Pas de raison de ne pas l’essayer. Surtout que les jeunes d’aujourd’hui ont la chance de ne pas devoir rapporter la cassette au club vidéo le lendemain.

Revenons à la pureté du « frenchage ». Pas de mains dans les culottes, juste frencher. OK, peut-être avec une main sur un sein consentant. Ensuite, pour donner un break au visage irrité de madame, on progresse en ramenant l’idée de passer du premier but au deuxième but, puis, si tout le monde est sur le même élan, au troisième but.

J’écris sur l’idée de faire monter le désir et je me sens comme un poète du 18e siècle. Reste que la pornographie semble avoir tué le désir de l’autre. On se comble soi-même devant notre ordi ou notre téléphone, à l’image d’une société qui s’individualise. Pourquoi attendre quand on peut se satisfaire seul dans la seconde ? Pis après ? Après... pas envie de négocier la série qu’on va regarder avec quelqu’un d’autre. Ce sera donc crossette et Netflix tout seul en pantalon mou. Fin de la poésie.

130 VEROMAGAZINE.CA Printemps 2024 LE DERNIER MOT
Louis Morissette est auteur, comédien, humoriste, producteur, entrepreneur et mari de notre muse en chef.
PHOTO : ANDRÉANNE GAUTHIER

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