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Le rapport de l’homme à la nature à Sophia Antipolis Évolution d’un projet sur 40 ans et perspectives d’avenir le 07/09/2012

Mémoire Paysage et Aménagement (2012) ENSP 3 Marseille

Juliette Loquet


Sommaire

0. Une démarche guidée par des entretiens 5 1. L’utopie Sophia Antipolis

L’idée de Pierre Laffitte • 7

La concrétisation d’un rêve • 11

Le site du plateau de Valbonne et ses atouts pour le projet La gouvernance du projet

La charte d’aménagement de 1977 Un aménagement planifié

2. Le bilan de 40 années d’expérience

L’évolution du contexte • 15

L’évolution du mode de vie • 19

L’évolution de l’armature paysagère • 21

7

La réinscription territoriale du projet La Trame Verte et Bleue

Les écueils de la charte

La nature aménagée : quel impact? La forêt protégée : quelle évolution? La séparation entre l’homme et le contexte naturel

15


Sophia Archipel 2030 (TVK) • 27

L’hyperparc (TER) • 31

La cote 121 (Reichen & Robert) • 33

Bilan des projets 2030 • 35

Concepts clés Analyse critique de la place de la Trame Verte et Bleue

Concepts clés Analyse critique de la place de la Trame Verte et Bleue

Concepts clés Analyse critique de la place de la Trame Verte et Bleue

4. Les orientations proposées

27

37

La trame composée • 37

L’homme dans le paysage : retour à l’utopie Le projet curatif Le paysage comme repère La protection active

5. Bibliographie et sources 45 6. Annexes : entretiens 47

Sommaire

3. Les projets Sophia 2030


Carte du couvert forestier : réseau de massifs boisés Carte tirée de la Phase 1 de la consultation Sophia 2030, Agence TER

N


Une démarche guidée par des entretiens Sophia Antipolis est une technopole créée pour attirer chercheurs, entreprises de pointe et formations prestigieuses qui s’y associent. Les technopoles se concurrencent à l’échelle mondiale, jouant sur la qualité de vie qu’elles proposent à ce public difficile et convoité. La question de l’environnement de la technopole et de son aménagement est donc centrale (en terme d’architecture mais aussi d’espace public). Sophia Antipolis est installée dans un écrin de nature. Ce cadre est à la base du projet mais a subi quelques transformations au fil du temps. Le bilan de Sophia Antipolis en fait une réussite économique, et quarante ans après sa création, des opportunités foncières sont encore disponibles pour son développement. La Communauté d’Agglomération de Sophia Anitpolis a donc lancé un concours pour son extension. Celui-ci portera sur l’aménagement des réserves foncières mais aussi sur l’approche globale du parc d’activité. Il me paraît nécessaire de revenir sur les principes d’aménagement originaux afin d’établir un état des lieux pertinent. Cela me permettra ensuite d’envisager des pistes pour le développement futur de la technopole. Ce mémoire est issu d’un travail en collaboration avec Pascaline Walter. Notre mission commune était à la fois pédagogique et prospective. Nous avions pour objectif d’amorcer la réflexion sur la mise en place d’une Trame Verte et Bleue dans le parc d’activité. La TVB abordée par l’aspect paysager semble légitime sur cet espace où le lien entre l’homme et la nature est à l’origine des lieux. Pour ce travail personnel de mémoire, j’ai souhaité m’intéresser à l’évolution du rapport entre l’homme et la nature sur quarante années. Vacillant entre entente et désamour, l’analyse de la place accordée ou laissée à chacun me permettra de proposer une ébauche de TVB en bonne intelligence avec son héritage. Pascaline Walter se penchera plus précisément sur le rôle de l’écologie comme moteur de projet, abordant de façon plus précise les thèmes de la préservation de la biodiversité et de la mobilité des être vivants. J’analyserai en chemin les projets développés par les équipes d’architectes et de paysagistes du concours Sophia 2030, de façon à m’enrichir de leurs visions d’aménageurs contemporains.

Pour étayer mon discours je m’appuierai d’autre part sur des entretiens (placés en annexe) menés durant le stage avec différents acteurs du territoire que je tiens à remercier en préambule :

Serge Bibet, responsable de l’aménagement à la CASA David Barjon, adjoint au directeur de la DDTM Jacques Masboungi, directeur de la SAEM Christian Dental, président du Conseil de Développement Jean Pierre Clarac, paysagiste et membre du Conseil de Développement Marc Daunis, sénateur-maire de Valbonne Cedric Cheneval, technicien de l’environnement, SIAQUEBA Julien Seguret, responsable du laboratoire d’entomologie de l’entreprise BIOTOP Christian Mangan, hydrogéologue Claude Allier, écologue Julien Baudelet, agent d’accueil du musée du patrimoine de Valbonne L’équipe de la station d’épuration des Bouillides Philippine Ecard, stagiaire sur la question de la Trame Verte et Bleue à l’échelle de la CASA Pascaline Walter, ma partenaire dans ce travail Ces rencontres et la mise à disposition par la CASA d’une documentation fournie m’ont permis de mener à bien ce travail. La part de l’évolution et de la récupération d’un projet, la part du temps finalement, n’est mesurable qu’à postériori. La problématique est ici celle de la réactualisation cyclique du projet, ses remises en cause et ses persistances.


Italie

A

8 s

in

a Tr

Monaco

Nice

Sophia Antipolis

Antibes Corse

Cannes MER MÉDITERRANÉE

N

Marseille

N Carte des grandes entité géographiques de la CASA

Schéma des réseaux autour de Sophia Antipolis


1. L’utopie Sophia Antipolis L’idée de Pierre Laffitte En Août 1960, Pierre Laffitte publie un article, dans le quotidien «  Le Monde  », où il amorce l’idée d’un «  Quartier Latin aux champs  », qu’il décrit comme une « Florence du XXI° siècle ». Neuf ans plus tard, Sophia Antipolis dont le nom était « porteur d’une ambition, celle de construire dans une garrigue déserte une Cité Internationale de la Sagesse, des Sciences et des Techniques » verra le jour.

La gouvernance du projet Le foncier nécessaire est mobilisé par l’État imposant le projet de technopole aux collectivités locales. Les acteurs de cette gouvernance sont la DATAR, le département, la CCI et le SYMIVAL (actuel SYMISA). Le périmètre choisi se déploie sur les communes de Valbonne, Biot, Antibes, Vallauris et Mougins.

C’est à la fin des année soixante, lors d’une discussion avec J. Monod (DATAR) qui souhaite « bouter les Grandes Écoles hors de Paris », que la réalité du projet Sophia Antipolis est amorcée. Les évènements culturels de 1968, diffusant des slogans comme « l’imagination au pouvoir » aurait selon Laffitte participé à débloquer les consciences vis à vis de ce projet vu comme trop utopiste auparavant.

Le site du plateau de Valbonne et ses atouts pour le projet Le site du plateau de Valbonne est retenu pour ses atouts fonctionnels et paysagers : L’environnement de garrigue naturelle à proximité de la mer représentent un cadre de vie attractif. La proche montagne offre des paysages grandioses. L’aéroport de Nice, les voies maritimes et les autoroutes permettent une bonne desserte du parc d’activité. La tradition de la Riviera franco-italienne facilite l’attractivité du site. Le climat y est doux toute l’année, les pluies rares, la végétation luxuriante. Le plateau de Valbonne est un vaste espace libre qui bénéficie d’un foncier moins onéreux que celui de la côte.

Antibes Sophia Antipolis

Préalpes du Cheiron

Plan de Caussols

Coteaux

Littoral


Photo aĂŠrienne du site vierge de Sophia Antipolis (1977)

2400 hectares


N


Valbonne

Biot Mougins

Vallauris

N

Antibes


La concrétisation d’un rêve Les terrains sont achetés, viabilisés et revendus par morceaux pour construire Sophia Antipolis. Des équipes pluridisciplinaires (Centre National d’étude et de Recherche du Paysage + Groupe Archi, Vidal, etc...) sont mandatés pour établir les règles d’aménagements du parc d’activité.

«  Qualité de l’environnement , lieux attirants, joie de vivre s’associent dans notre esprit aux rives de la méditerranée, ce berceau de la civilisation occidentale, avec ses plaine et ses cités, ses collines à la mesure de l’homme, qu’il s’agisse de l’Attique, du Latium, de la Toscane ou de la Provence ». (Sophia Antipolis, plaquette éditée par Savalor, Le BIAM et Armines, 1972)

La charte d’aménagement de 1977 C’est en s’appuyant sur le site et non l’écologie que les urbanistes, paysagistes et architectes définissent une armature paysagère (1973). La rédaction d’une charte d’aménagement (1977) énonce les grands principes: Le modèle spatial de 1973 s’organise de façon concentrique autour de la Bouillide. Cette rivière représente un site potentiel d’espace public profitant de la fraicheur du vallon, il est donc le centre du projet d’origine. Un axe des sports et des loisirs est donc prévu au fond de ce vallon. Des noyaux d’habitat s’organisent sur les premières crêtes, des espaces d’activités s’immiscent dans les pentes et les espaces naturels ceinturent les aménagements.

La mobilité future des ordinateurs simulée en 1986, par une famille Sophipolitaine

Dans le projet de Sophia Antipolis, on a choisi de préserver les vallons et les versants orientés nord. Ces milieux étaient effectivement plus riches (un sol plus profond et une végétation fertile). Les versants sud, ceux qui offrent l’horizon azuréen et une exposition agréable ont été dédié à l’urbanisation. Sur les 2 400 hectares du projet, la moitié est dédié à l’urbanisation et l’autre est laissé à la nature, la forêt formant un décor agréable, encourageant le travail intellectuel. Cinquante pour cent de ces 1200 hectares dédiés à l’homme seront réservés à des espaces verts aménagés, les autres seront commercialisée. Pour finir, la moitié seulement de la surface commercialisée sera bâti (surface imperméabilisée).

Coupe de principe de l’aménagement des crêtes et vallons en 1977

Ubac

Adret


N Carte de phasage des ZAC

INFILTRER LE PAYSAGE SOPHIA 1, 1970

SOPHIA 2, 1975

Photo de l’École des Mines

LES BOUILLIDES, 1977

CONSTRUIRE LA VILLE AIR FRANCE, 1978

EGANAUDE, 1982

FOND DE L’ORME, 1982

Photo de Pin Montard

ST PHILIPPE 1, 1988

ST PHILIPPE 2, 1992


Il est question de laisser plus de la moitié de la surface non bâti dont 1/3 minimum dédié aux espaces verts sur les parcelles constructibles. Le parti pris d’une faible densité réglemente l’implantation du bâti (0,30 en zone R/ 0,6 en zone E) avec l’intention d’intégrer l’architecture dans le cadre paysager. Les routes s’intègrent au relief. L’obligation de reconstituer la pente du terrain est fixée, de façon à inciter à adapter le tracé aux courbes du relief.

Un aménagement planifié Richard Scoffier, philosophe et architecte propose un découpage en trois temps du développement de Sophia Antipolis : Temps 1 « Infiltrer le paysage »  (1970): L’attention a été porté sur la dissémination des constructions dans la pinède. Le sol est préservé par l’inscription dans la pente et l’utilisation des techniques traditionnelles de restanques. Temps 2 «  Construire la ville  »  ou «  Le temps de la monumentalité  » (1980/1990) : C’est le premier détachement du concept d’origine. Les architectes, lassés de la symbiose avec la nature, se retournent vers des concepts plus urbains et souhaitent structurer l’espace en laissant émerger des centres d’attractivité et des espaces publics. L’impact paysager des complexes se durci en adoptant des formes plus entières et affirmées. Temps 3 « Vers une métropole durable » (2000) : La priorité sera donnée à la satisfaction des nouveaux habitants, notamment par la résolution des problèmes de transports. Pour faire cesser la dépendance à la voiture, la mise en place d’un nouveau réseau de transports en commun en site propre, de cheminements piétonniers et de pistes cyclables, est envisagée. Le retour à une architecture douce, respectueuse de l’environnement et soucieuse de son impact écologique, est prônée comme en témoignent le bâtiment de l’INRIA et son extension, les projets du Centre de vie pour le CERAM, le Campus STIC. Aujourd’hui, il reste encore des réserves foncières. La réalité du marché économique place le foncier comme la principale source de revenu pour les collectivités. Ces opportunités de développement sont aussi une occasion pour les communes de se restructurer et d’accueillir de nouvelles populations (actifs ou touristes).


Carte des espaces et sites naturels ou urbains à protéger

Carte des transports collectifs et urbanisation

Cartes tirées du SCOT 2008 de la CASA


2. Le bilan de 40 années d’expérience L’évolution du contexte Carte du découpage administratif de la CASA

La réinscription territoriale du projet La création de la Casa en 2001 marque une évolution du projet vers l’intercommunalité, notamment dans l’aménagement. Cette vision partagée permet de relier la technopole à son territoire en amorçant la réflexion sur ses liens avec son contexte. Le territoire de la CASA s’étend des Préalpes du Cheiron à la Méditerranée. Sophia Antipolis se trouve sur les coteaux, la formation charnière entre la montagne et la mer. Les cartes du SCOT mettent en évidence la couronne verte de Sophia comme lien écologique entre des hauteurs protégées et le littoral urbanisé. Cette carte présente un idéal de fluidité naturelle dans la CASA mais ne représente pas les obstacles humains. Associée à la carte de développement des transports, elle met en exergue l’ambiguïté du site, entre espace naturel charnière et élément de connexion urbain.

La Trame Verte et Bleue La TVB est issue de la loi du Grenelle II de l’environnement. C’est un outil d’aménagement du territoire qui à pour but de valoriser (par la préservation ou la remise en état) les grands ensembles naturels (« matrices ») et leurs connexions (« corridors »). A l’échelle plus locale, la Trame Verte et Bleue à pour but d’améliorer la qualité et la diversité des paysages. Elle fait donc l’objet d’orientations nationales retranscrites dans les Schéma Régionaux de Cohérence Territoriale compris dans les SCOT. Les projets des collectivités et ceux de l’État doivent être compatible avec ces ducuments. Le SCOT (2008) de la CASA est en cours de révision. La communauté d’agglomération a donc commencé une étude sur la mise en place de la TVB sur l’ensemble de son territoire. Le travail de Philippine Ecard (stagiaire sur la question de la TVB) était de proposer une méthodologie de composition de la TVB adaptée aux caractéristiques de la CASA, dans le but de préparer les documents du SCOT. Ces documents définissant les réservoirs de biodiversité par rapport aux obstacles nous présentent une situation médiocre à l’échelle de la communauté d’agglomération. Sophia Antipolis est pourtant entourée de parcs départementaux. La proximité avec la nature est sa caractéristique première depuis l’origine du projet de Pierre Laffitte. Dans un contexte économique où la technopole souhaite s’agrandir et se moderniser pour rester concurrentielle, le levier paysager revient donc comme une évidence.


Carte de l’armature paysagère de Sophia Antipolis et réserves foncières

La Brague

La Bouillide

Parc Départemental de la Brague Parc Departemental de la Valmasque Parc départemental Vaugrenier Parc communal Bouillide

1

de

de la

Couvert végétal non spécifié

2 3

Réserves foncières

4

1. Pré Bâti 2. Les CIstes 3. Font de l’Orme 4. Le Fugueiret 5. Les Clausonnes

5

Golfs

Périmètre de la technopole

La Valmasque

Bâti

N


C’est dans ce contexte que se situe la mission que Pascaline et moi avons effectué. La définition de la TVB et sa spatialisation reste encore très floues pour les collectivités, en terme d’intérêt comme d’application. David Barjon (DDTM) nous a demandé d’éclaircir le concept de Trame Verte et Bleue et d’expliciter la place de l’intérêt humain dans la mise en place de ce maillage écologique. Serge Bibet (CASA) attendait des orientations paysagères qui prennent en compte les projets de la communauté d’agglomération. Le cadrage que nous avons choisi dépasse un peu le périmètre de Sophia Antipolis et même celui de la CASA (Mougins n’en faisant pas partie). L’armature paysagère de 1973 a aujourd’hui du sens si elle est ré-intégrée dans une réflexion à plus grande échelle. L’urbanisation excessive du littoral et le PNR des Préalpes d’Azur m’amènent à m’interroger sur le devenir de la nature à Sophia Antipolis. L’attractivité de la côte peut représenter un danger pour les espaces naturels accessibles. D’un autre côté, cet espace naturel « récréatif » dessiné comme un réseau éclatant les flux de fréquentation pourrait être soutenable et décharger le littoral. Il me semble important à ce stade de l’étude d’éclaircir la définition de la Trame Verte et Bleue :

« Lorsqu’on interroge l’écologue et l’architecte-paysagiste, leurs regards croisés nous aident à définir ce concept. Selon eux, une trame verte et bleue assure : - Une fonctionnalité écologique (le maintien d’un tissu vivant favorisant la reproduction, le repos, la nourriture, le déplacement des populations animales et végétales) pour l’écologue. - Une fonctionnalité spatiale et paysagère (l’organisation et le fonctionnement des espaces naturels et humains) pour l’architecte-paysagiste. Ces deux fonctions sont complémentaires et elles constituent les fondements même du concept de trame verte et bleue. » Jérôme CHAMPRES, Certu / Article paru dans la revue Techni-Cités n°170 daté du 23 mai 2009, pp. 21-23. La Trame Verte et Bleue est donc un outil qui organise la rencontre entre écologie et aménagement du territoire. Dès lors, je pense que le paysagiste est légitime dans la spatialisation d’une Trame Verte et Bleue qui prenne en compte l’humain et ses usages.


Carte de situation de Sophia Antipolis dans le tissu urbain environnant

Valbonne

Biot

Sophia Antipolis

Mougins

Antibes

N Vallauris


L’évolution du mode de vie

Les écueils de la charte

Le parti pris de 1973 était dans la ligné de la Charte d’Athènes (Le Corbusier), adoptant une vision fonctionnaliste de la ville. Sophia nous apparaît aujourd’hui constituée d’îlots monofonctionnels. Dans le contexte de développement durable actuel il paraît difficile de continuer à concevoir des projets aussi compartimentés sans un réseau de déplacement très efficace.

Je tirerai de ce même entretien avec M. Daunis, l’idée que la charte initiale de 1977 est un document qui anticipait beaucoup de questionnements actuels mais qui contient tout de même quelques erreurs majeures : Les départementales fractionnent Sophia. Les ilots d’activité ne sont pas que des isolats fonctionnels mais surtout des lieux où le déplacement transversale est impossible. Ces routes sont vécues comme des frontières physiques mais vues comme des points de repères indispensables dans la technopole. Le réseau routier est devenu l’élément de structuration majeur du paysage mental malgré toute l’importance accordée au végétal dans la charte. Même si la technopole n’est pas sensée être un lieu de vie où se développe l’habitat, elle n’en est pas moins habité par quelques étudiants, chercheurs, etc... Et la mobilité est une affaire quotidienne qui n’est pas qu’associée aux fonctions résidentielles. Certaines nécessités ont été niées dans la charte, laissant le champs libre à tous les débordements, comme les clôtures qui morcellent le site (exemple qui sera développé plus loin).

« Cela signifie aussi que cette société de mobilité doit avoir des polarités temporelles, évènementielles, territoriales, pour que nous puissions y fabriquer du « commun ». Il doit y avoir des centres, des lieux évidents de centralité. Et des polarités secondaires de proximité, où l’on peut trouver tout ce dont on a besoin à côté de chez soi : des écoles, de la police, du petit commerce, des lieux de culte, des lieux de rencontre... Il faut diminuer les déplacements contraints pour favoriser les déplacements choisis. […] La ville doit changer parce que nous y vivons autrement. » (Jean Viard, Nouveau portrait de la France, La société des modes de vie, 2011) Cette citation concerne la ville, ce qui est différent d’une technopole. La compétence de Sophia Antipolis est d’être un parc d’activité et je comprends l’agacement du sénateur-maire de Valbonne quand à la « tartine de mixité fonctionnelle » qui ne peut être appliquée à n’importe quel territoire. Si le périmètre ne doit pas accueillir trop de services ou d’habitat pour ne pas tomber dans l’économie résidentielle ambiante, il est nécessaire de le relier aux centres de vie alentours.

Schéma du morcellement de Sophia Antipolis Document tiré de la Phase 2 de Sophia 2030, TVK et BASE.


Carte des aménagements Parcs départementaux et communaux Espaces ouverts 5

Golfs Station d’épuration des Bouillides L’eau polluée Numéros relatifs aux photos 3

4 1

Schéma de l’eau souterraine

2

Document tiré d’une étude des massifs karstiques par Ch. Mangan

N

1. Parc de la Bouillide : bord de l’eau

1. Parc de la Bouillide : la rivière asséchée

2. La Bouillide au niveau de la St. Épur

2. La Bouillide au niveau de la St. Épur

3. Pyracantha coccinea à la Ferme Bermond


L’évolution paysagère

de

l’armature

La nature aménagée : quel impact?

L’eau maltraitée L’homogénéité des milieux Les plantes horticoles invasives

L’installation des golfs le long de la Brague et de ses affluents a modifié leurs débits. Les besoins en arrosage de ces équipements ajoutés aux nombreux pompages privés, détournent l’eau de la Bouillide. Malgré tous les efforts de la station d’épuration des Bouillide, qui s’est équipée de filtres à nitrates et d’un ozoneur (réduisant la quantité de micro-polluants rejeté dans l’eau) la qualité de l’eau reste très médiocre. Cela s’explique par l’incapacité de la rivière à diluer les rejets, qui constituent à eux seuls le cour d’eau de la Bouillide. Le problème de ses rejets n’est d’ailleurs pas seulement leur teneur en micro-polluants, mais aussi le taux d’oxygène de l’eau évacuée, trop élevé par rapport au milieu naturel. Les milieux ouverts n’ont pas été évoqués dans la charte d’aménagement. Ils sont pourtant vecteurs de biodiversité (en entretenant des paysages différents comme les pelouses, les terrasses, les plantations d’oliviers ou encore les jardins partagés) et ne représentent pas un obstacle pour la faune (au contraire des golfs qui doivent se sur-protéger par des doubles clôtures électrifiées à cause des sangliers). Ces lieux sont rares et dispersés dans Sophia. Ils adoptent aussi une valeur esthétique, scénarisant la forêt grâce au recul qu’ils imposent. Ce sont parfois des lieux de médiation qui abritent des animaux (centres équestres) assurant l’entretien du milieu ouvert. Les activités haut de gamme (hippiques, hôtellerie...) et leurs besoins de qualité du cadre font de ces domaines des gestionnaires du territoire.

4. Oliveraie du Domaine d’Argeville

On constate la présence d’espèces horticoles, échappées des jardins et des haies (interdites en 1977), qui colonisent le milieu naturel. La mode ayant imposé pendant de nombreuses années des espèces telles que le Pyracantha coccinea, le thuya, le laurier rose, le troène, etc... Ces espèces sont choisies pour leur valeur décorative (qui est aujourd’hui un peu dépassée). Ces plantes horticoles sont pourtant moins résistantes au maladies et moins adaptées au climat que les plantes locales. Nous retrouvons ces mêmes haies disséminées dans tout Sophia (voir dans toute la France). Les plantes horticoles ont tendance, lorsqu’elle s’adapte, à trop se plaire et à essaimer un peu partout, même en milieu naturel, concurrençant les plantes locales ou endémiques. 5. Jardins partagés de Valbonne

4. Centre équestre du Domaine d’Argeville


Carte du couvert végétal Document CASA

Forêt fermée de conifères Forêt fermée mixte Forêt fermée de feuillus Forêt ouverte Lande ligneuse

Illustration de la situation de l’Ophrys aurelia

Pinède

Chênaie


La forêt protégée : quelle évolution?

Un couvert végétal qui se banalise Le non projet forestier Une protection molle

Les cartographies du couvert végétal nous montrent une certaine banalisation du couvert végétal. Ce lieu qui n’était que garrigue à l’origine est aujourd’hui forestier. Le pin est très présent et n’est pas forcément le meilleur des alliés lorsqu’on doit lutter contre l’incendie et que l’on espère enrichir un sol trop mince. Le pin maritime est d’ailleurs attaqué par un insecte depuis quelques temps ce qui fragilise une grande partie du couvert forestier. De manière générale, les écologues s’accordent aujourd’hui pour dire que le pin acidifie et étouffe les sols, diminuant les possibilités de régénération de la forêt et sa diversité. Tandis que les feuillus peuvent nous rendre bien des services, nous apportant de l’ombre et créant de l’humus, entretenant un milieu moins propice aux feux de forêt. La lutte incendie est une problématique importante sur Sophia Antipolis. La vigie est d’ailleurs le seul bâtiment à déroger à la règle de la non construction des crêtes. Les pompiers ont développé un réseau de pistes DFCI à travers les parcs départementaux entourant Sophia. Ces pistes servent aussi de sentiers de randonné mais leur tracé reste guidé par une réflexion purement utilitaire. Même dans ce lieu de nature, le projet reste lié à la motorisation, au déplacement efficace. Ces observations m’amènent à réfléchir sur la notion de préservation de la forêt. La vision française de la notion de protection me paraît fixiste. Les écologues du paysage nous expliquent, contrairement à l’idée répandue de «  la nature qui se débrouille mieux toute seule  », que la gestion est nécessaire à la diversité des paysages et à l’entretien de biotopes. Je prendrai l’exemple dont m’a parlé Julien Seguret, ingénieur agronome et passionné d’orchidées : L’ophrys aurelia est une orchidée protégée qui se développe dans les pelouses de moins de 15 cm. Sa protection interdit à quiconque de toucher cette fleur, même pour l’aider à se reproduire ou la déplacer dans un lieu adapté. Ainsi à Sophia Antipolis, on ne trouve plus l’Ophrys aurelia que sur les talus de bord de route (régulièrement fauchés) ou sur des parcelles ouvertes avant construction. Situation où tout propriétaire s’empressera de l’arracher sous peine d’annulation de son permis de construire. Cette plante protégée est donc en train de disparaître.

PPRIF de Sophia Antipolis

Zone de danger moyen (secteurs défendables) Zone de danger modéré à prescriptions particulières

Piste DFCI dans le parc de la Brague Station hélicoptère du parc de la Brague

Zone de danger fort


Photos prisent à Pin Montard

Entrée du parc de la Brague

Photo de la route des Dollines

Pin Montard : jardin d’entreprise

Pin Montard : clôture d’entreprise séparant le parc de la Brague


La séparation entre l’homme et le contexte naturel Détachement du sol Juxtaposition d’espaces de natures et d’entreprises sans transition Déplacements humains contraints Contrairement à ce que prévoyait la charte de 1977, les routes et les terrassements adoptent des formes de plus en plus franches, incisant profondément le terrain. Les outils de construction sont atteint de gigantisme et marquent plus fortement le terrain. Certaines voies de circulation ont été doublées ces dernières années, pour fluidifier et accélérer le trafic. Ces routes d’une largeur inadaptée au contexte urbain deviennent des limites infranchissables pour le piéton. Le sénateur-maire de Valbonne voit dans le renoncement possible à la reconstitution du terrain naturel un seul intérêt : la rupture de pente pourrait permettre des franchissements par des ponts piétons. Mais pour l’instant rien n’est visible dans ce sens. Cette exemple révèle l’importance de l’adaptation de la charte aux besoins actuels. L’espace de transition entre le milieu habité et l’espace naturel (parcs départementaux) est aujourd’hui une frontière. Le parc de la Brague possède une entrée située dans le secteur de Pin Montard que je prendrai comme exemple. Il n’y existe aucune transition entre les entreprises aux gazons impeccables agrémentés de palmiers et la forêt du parc départemental. Cette porte du parc n’est pas identifiée ni même aménagée pour nous amener à la nature elle nous y jette. Alors comment parler d’aménagement ou même d’attachement à cette nature de proximité quand le public concerné est exclu? Imaginer un instant qu’un employé aux chaussures de villes, un habitant en quête d’espace pour ses enfants ou encore un promeneur submergé par la complexité spatiale de Sophia, vienne dans ce lieu en l’état serait une hérésie. Je crois que l’appropriation des lieux de nature par les sophipolitains serait la meilleure des protections, gage de leur pérennité. L’apparition de clôtures, interdites en 1977, contraint les déplacements de la faune mais aussi de l’homme. La nécessité de sécurisation de certaines entreprises est une réalité avec laquelle il faut dorénavant composer.

Clôture du Golf de Cannes Mougins, vue du parc de la Valmasque


3. Les projets Sophia 2030 Pour mieux comprendre la place accordée à la nature aujourd’hui, j’analyserai la vision des équipes contemporaines de paysagistes et d’architectes sur Sophia 2030 et le rapport proposé entre la technopole et la nature. J’ai tenté de synthétiser les concepts clés des projets et de dégager les pistes proposées par les trois équipes pluridisciplinaires. Ceci dans le but d’en faire une analyse critique qui puisse me servir de guide dans le tracé de la TVB.

Sophia Archipel 2030 (TVK)

Concepts clés

- Transformer les îlots fonctionnels en îles, lieux de croisements fertiles. - Irriguer ces îles par une trame végétale, support de déplacements doux entrant dans le parc, jusqu’aux communes environnantes. - Un réseau de déplacements multiples et adaptés : Le transport par câbles permet de scénariser Sophia et son écrin naturel en reliant les espaces publics majeurs. Il permet aussi de s’affranchir des nombreuses voies rapides pour circuler au quotidien et laisse la continuité aux espaces naturels en ne devenant pas une rupture de plus au sol. Les bus permettent de relier efficacement les différentes communes de Sophia de façon à rendre le transport en commun efficace et permettre l’installation des actifs sur ces communes, Sophia n’ayant pas une vocation résidentielle.

+

Analyse critique de la place de la Trame Verte et Bleue Le rapport à la nature proposé ici s’appuie sur l’idée de la trame verte et bleue et tente de concilier Sophia Antipolis et ville fertile. Le véritable ajout à la charte de 1973 que propose le projet c’est la question de la gestion des espaces naturels. Elle adopte ici un rôle polyvalent, tantôt guide à travers les parcs amenant l’homme jusqu’aux communes avoisinantes, tantôt lieu de rencontre entre l’urbain et la nature en ville aménagée. Le point phare de la présentation est pourtant très loin de la considération de la nature, qui se dilue dans des concepts justes mais trop nombreux et parfois inutiles pour comprendre la vision globale. Pourtant, en imaginant une certaine économie d’outils théoriques et d’architectures signales, ce projet pourrait tout à fait correspondre à l’idée de réactualisation de la charte de 1977.

Tous les documents illustrant les projets sont tirés de la Phase 2 du Concours Sophia 2030, documents CASA


L’hyperparc (TER)

Concepts clés

Densifier les noyaux construits existants et éclater les polarités pour que les pôles se développent de façon équilibré. Le couvert végétal est « soigné » grâce à l’enrichissement des lisières par des essences variées ainsi qu’une gestion ciblée sur la lutte incendie. La récréativité des espaces est orientée vers les fonds de vallons induisant une reforme complète de la gestion de l’eau pour des raisons de santé publique et de qualité paysagère.

Analyse critique de la place de la Trame Verte et Bleue Cette présentation révèle un aspect curatif du projet par le développement de la fréquentation humaine. La répartition des usages pourrait éviter la surfréquentation de certains espaces de nature et porter l’attention sur toute la trame verte et bleue, pas seulement par à coup. Le projet coule de source vis à vis de l’histoire de Sophia et s’inscrirait plus comme une reprise de la charte de 1977 qui adapte ce que nous offre la technologie actuelle. L’idée est simple, peut-être trop simple pour faire rêver, elle n’en est pas moins juste. La vision proposée est celle de l’homme vivant en symbiose avec la nature, l’instauration d’une réelle réciprocité entre cadre naturel et constructions humaines.


La cote 121 (Reichen & Robert)

Concepts clés

- Une construction dense et linéaire qui laisse la place à la nature de part et d’autre. L’épine dorsale du projet abrite des fonctions publiques (déplacements, transports en communs). Cet «  objet  » vient réunifier les ilots de Sophia Antipolis. - Une implantation guidée par le terrain. - La trame des vallons comme support pour les déplacements doux.

Analyse critique de la place de la Trame Verte et Bleue Ce projet propose peu de choses en terme d’amélioration de la trame ou de sa gestion. La vision de la nature proposée est une nature de proximité que l’on peut admirer de sa fenêtre. La cote 121 s’inscrit dans le socle du territoire en suivant la pente. L’objet linéaire dessiné apparaît faire partie de la trame de nature. La nature est ici séquencée et linéaire comme le bâti. Ce projet est à double tranchant car il peut aussi représenter une rupture dans la trame. L’objet est vendu comme un package où l’on trouve tout ce dont on avait besoin. L’argumentaire me semble bien ficelé mais très discutable. Le projet reste dans ses limites et s’inscrit dans la logique de développement en ZAC, morceau par morceau. La phase deux ne me permet pas d’être catégorique, car j’attendrai de voir le développement de l’aspect énergétique du projet, qui semble tirer parti du sol. Il me reste quand même des réserves en voyant l’image de concours où le Fugueiret, un ruisseau quasiment à sec toute l’année devient un canal et aux vues du terrain qui ne me paraît pas si simple. La cote 121 pourrait bien devenir la cote 105 à 140...


Bilan des projets 2030 On voit ici que les propositions prennent toutes en compte le concept de trame verte et bleue à leur façon. On pourrait dire que la première proposition met l’accent sur l’aspect paysager de la trame, le second sur la valeur curative du projet et le troisième sur la diversité des éléments constitutifs de la trame. La focal de chacune de ces visions est assez différente mais dégage des questionnements sur la définition même de la TVB et plus seulement sur sa cartographie. Le rôle de la TVB comme outil de gestion du territoire pourrait bien dépasser la question des continuités écologiques en se penchant sur l’enrichissement du milieu naturel et sur la connexions entre les habitats humains (Sophia / Communes alentours ; lieux de vie / lieux de travail / lieux de détente).

« On en serait encore à se dire : « Maintenant, on va pourvoir prendre l’homme en compte »? Il est vrai que pour beaucoup d’écologues, l’homme reste un facteur externe au modèles de systèmes écologiques, qu’il contraint par une entrée ou une autre. Mais je pense que l’écologie du paysage a posé un regard positif sur le rôle créateur de l’homme, façonneur des structures de l’espace. » (Extrait des Carnet du Paysage n° 19, Patrick Blandin a mené des recherches sur l’histoire et la philosophie de l’écologie, de la conservation de la nature et de la gestion de la biodiversité pour le Museum National d’Histoire Naturelle ) Pour ma part, je pense que Sophia étant une des rares villes conçues avec une préoccupation paysagère dominante, elle devrait continuer dans ce sens, en se retrouvant ou en se réactulisant mais sans s’enliser dans une réflexion par à-coups. L’homme est ici un acteur important de la biodiversité, il doit en prendre conscience dans ses aménagements.


Le projet curatif

Les prairies

La lisière

L’armature paysagère

Brague

La ripisylve

L’homme dans le paysage

Le parc aménagé

Le cycle de l’eau

L’armature paysagère

La lisière

Les prairies

Le vallon naturel

La protection active Le paysage comme repère

Bouillide


Les orientations proposées Ayant déjà décrit le contexte et les attentes de cette mission pour la CASA, je souhaiterais maintenant présenter ma vision de la TVB de Sophia Antipolis. Je crois que cette longue analyse soutient le fait qu’il y a déjà une TVB à Sophia mais que sa qualité doit être remise en cause. L’aménagement fonctionne toujours sur les principes de la charte de 1977. Il est temps de la réactualiser en palliant ses erreurs et en allant plus loin dans les notions de préservation du paysage. Je propose ici quelques pistes pour dépoussiérer la charte et orienter les futurs projets de Sophia.

La trame composée Le discours sous-tendu depuis le départ mérite d’être affirmé ici. La TVB est composée de divers éléments naturels ou anthropiques. Leur qualité dépend toujours de l’action humaine et d’une cohérence dans l’enchainement de ces espaces.

L’homme dans le paysage : retour à l’utopie

L’adaptation au sol La densité et l’emprise du bâti

Dans la charte de 1977, il est prévu un COS de 0,3 induisant un aménagement diffus dans la parcelle. Pourtant, nous avons vu dans l’état des lieux, des sites avec des surfaces imperméabilisées importantes. J’avance l’hypothèse que le décalage entre les deux temps de l’aménagement : « Infiltrer le paysage » et « Construire la ville » serait dans la taille de la parcelle aménagée et dans le décompactage du bâti. Une immense parcelle comme celle du projet Willmott peut détourner la règle de départ en aménageant seulement le cœur de la parcelle. Un autre élément mis de côté par la charte est l’entretien des 50% de terrain non constructibles. Pendant les travaux, une grande partie de la végétation est rasée sans obligation de plantation ou de gestion. Quelques éléments de réponse : Contrôler la taille des parcelles accordées et l’intégration du bâti dans la pente comme le prévois la charte de 1977. Mettre en place un plan simple de gestion encadrant le couvert végétal des parcelles même pour moins de 25 hectares. Encadrer l’impact des travaux avec des mesures de remplacement du couvert végétal.


Carte des fonds de vallons

Valbonne

Biot Couvert forestier Parc des Bouillides

Vallon aménagé de la Bouillide Vallons récréatifs aménagés uniquement pour le cheminement.

Vallon de la Valmasque

Golfs Communes annexes

Antibes

N

et

centralités


Le projet curatif

Mise en scène de l’eau Optimisation du cycle de l’eau Enrichissement du cortège végétal Zones de conservation d’espèces

L’aménagement des vallons doit être gage de qualité pour ces milieux humides. Leur mise en scène par le parc des Bouillides ou l’étang de Fontmerle est à mettre en cohérence avec la mise en place de la trame verte et bleue. La Bouillide étant écologiquement perturbée par le manque d’eau, les projets venant se greffer de part et d’autre pourraient constituer des opportunités d’optimisation du cycle de l’eau. Par exemple, la récupération de l’eau de la station d’épuration pour arroser le golf (action déjà proposée par le passé) est à envisager. Le parc des Bouillide pourrait accueillir un aménagement de jardins filtrants pour améliorer la qualité de l’eau rejetée dans la Brague et valoriser le travail de la station des Bouillides. Il va de soi que les aménagements futurs du Fugueiret ou de Font de l’Orme pourraient eux aussi intégrer une réflexion sur l’eau (réutilisation des eaux grises, récupération d’eau de pluie, etc...). Pour les Cistes et Font de l’Orme, la Bouillides étant déjà très aménagée, on peut envisager cette hypothèse comme une aménioration de plus de sa qualité. Pour le Fugueiret, je pense que ce n’est qu’à cette condition que l’on peut s’installer sur le ruisseau ou aménager la Valamasque. Il serait dommage de s’installer dans ces milieux quasiment vierges pour leurs infliger plus de contraintes sans améliorer leurs situations.

Illustration de la réciprocité projet / nature

Les espaces verts aménagés et les haies paysagères pourraient être source d’enrichissement pour le cortège végétal local. Il faudrait donc préconiser des espèces locales mais pourquoi pas aussi des espèces horticoles, si elles sont choisies avec précaution, pour la plantation de ces lieux récréatifs. Mon attention à été porté sur la zone INPI qui recèle de nombreuses espèces protégées. Celle-ci mériterait effectivement d’être conservée.

Coupe de principe de l’aménagement du vallon de la Bouillide


Carte des déplacements

Valbonne

Biot Couvert forestier Trame des vallons récréatifs Sentiers piétons Communes annexes

et

Réseau de bus

Mougins

Antibes Vallauris

N

centralités


Le paysage comme repère

Vue de principe de la trame transversale de déplacement

Création de cheminements : se relier aux futur réseau de transport en commun Structurer par le végétal

Le réseau de transport en commun va être modernisé prochainement. Il prévoit de relier Sophia Antipolis à Antibes, Biot, Valbonne, Vallauris et Mougins. Mais ce réseau ne sera réellement efficace que si les cheminements piétons irriguant Sophia s’y raccrochent. Les sentiers sont rares et peu adaptés à l’usage des sophipolitains. Leur plan est à revoir et doit se raccrocher à un réseau plus large de déplacements récréatifs vers les parcs et la mer. Ces cheminements à double emplois seront l’opportunité de retravailler l’armature paysagère de Sophia. Ils constitueront un repère à l’échelle humaine dans la technopole tout en mettant en valeur le caractère végétal du site. Leur aménagement sera aussi l’occasion de repenser les clôtures et haies autour des entreprises en leur donnant un aspect cohérent associé à une valeur esthétique. Là aussi, les espèces naturels sont à mettre en avant et les espèces horticoles à manier dans un but d’enrichissement écologique.

Le pin parasol est un élément de scénarisation intéressant et local qui pourrait remplacer le palmier.

Talus mis en forme

Utilisation du dénivelé

Pin parasol

Coupes de principe des cheminements

Utilisation de fossés plantés par des plantes locales : chêne, ciste, myrte, lentisque...


Proposition de trame verte et bleue Lycée international Cité artisanale Valbonne

Biot

Couvert forestier St Philippe

Trame végétale entretenue Lisières

Font de l’Orme Haute technologie

Espaces ouverts Clausonnes

3 Moulins Sentiers piétons Communes annexes

Mougins

Réserves foncières

Ecoparc Breguière Mougins Haut

et

Antibes

N

centralités


La protection active Création de lisières et d’entrées aux parcs départementaux La mutualisation des intérêts Créer des sentiers qui mettent en scène la forêt Ouvrir la forêt : le rôle de l’animal / la place de l’homme / la lutte incendie

Les cheminements plantés permettraient de manifester un dégradé naturel vers les parcs. Les essences plus horticoles et entretenues dans le vallon récréatif. Passant de cheminements urbains à sentiers forestiers ils guideront le promeneur ainsi que le sophipolitain dans la traversé des activités jusqu’à la forêt. Comme exposé avec l’exemple de l’entrée du Parc de la Brague par Pin Montard, la création d’une entrée au parc forestier mettra en valeur le parc et pourra accueillir des usages de pique-nique pour les employés par exemple. Ces lisières feront le lien entre l’espace privé de l’entreprise et le décor naturel de la forêt. L’intérêt est donc multiple : valorisation du cadre, lieux d’usages de détente et lisière écologiquement nécessaire. La réflexion engagée autour de la Trame Verte et Bleue me semble l’occasion de proposer une action transversale. Le problème actuelle étant la coordination des actions et la difficulté de partage des visions pour Sophia 2030. Je pense que Sophia est un lieu d’innovation et de croisements fertiles entre les idées. Dans ce cadre, la mutualisation des intérêts paraît essentielle pour trouver un terrain d’entente et de partage sur les notions de biodiversité. Je pense donc que la réflexion sur la TVB doit avoir un rôle pédagogique et structurant. Le but étant de proposer des pistes qui puissent réunir les acteurs autour d’une table et enrichir les solutions. Au sein même de la forêt, cette mutualisation des intérêt est aussi applicable. La création de sentiers reliant les villes alentours est l’occasion de redessiner le réseau de pistes DFCI. Celles-ci ont un aspect très intéressant pour l’homme puisqu’elles induisent des abords dégagés (fauchage régulier) pour la vue mais aussi des sentiers praticables par des vélos. La lutte incendie serait enrichie par l’ouverture d’espaces de prairies dans la forêt. Ces lieux cumuleraient des avantages écologiques, paysagers et fonctionnels. Pour essayer d’éclaircir cette notion, je développerai le scénario suivant : Sophia abrite l’Orphys aurelia, une orchidée protégée qui se développe dans les pelouses fauchées. Cette plante est déplaçable – théoriquement car étant protégée on ne peut la toucher et la laisse donc s’éteindre – et pourrait donc trouver refuge dans un réservoir plutôt que de se voir arrachée discrètement. Ce réservoir, cette pelouse, pourrait être entretenue en croisant d’autres utilités tel que la lutte incendie, en formant des coupures du couvert végétal. Cette prairie pourrait être entretenue par des moutons (agro-pastoralisme), qui s’occuperaient aussi des lisières des Parc départementaux, les circulations publiques ou même des parcelles privés.

L’animal domestiqué devient ici le relais entre l’homme et la nature ; un outil de gestion au prix raisonnable comparativement à l’utilisation de machines ou de personnel. Ce serait un élément du paysage créateur d’ambiance et de dynamique naturelle, une démarche innovante bien qu’appuyée sur des procédés anciens de gestion du territoire.

Coupe de principe de la lisière

Sophia peut prétendre à l’exemplarité dans la préfiguration d’un nouveau rapport d’intelligence entre l’homme et la nature. La révolution industrielle a montré l’impact des outils de production sur le paysage. De même, le remembrement et la mécanisation de l’agriculture ont bouleversé des territoires. Nous sommes donc assurés que nos outils ont une influence majeure sur nos paysages vus et vécus. Changeons les outils, adaptons les à une vision transversale et mobile du monde et nous resterons novateurs et économiquement malins. Je pense que cet aspect expérimental correspond à Sophia car elle abrite un public sensible aux questions d’écologie, mais en attente d’intérêts, d’applications concrètes et de possibilité d’action.

Illustration de l’ouverture de la forêt


Bibliographie et sources Ouvrages :

«Sophia Antipolis, territoire d’avenir», éditions Audacia, Janvier 2010

«Forêt méditerranéenne», tome XXXXI, numéro 2, Juin 2010 Spécial Énergie – Forêt – Territoires

«Les carnets du paysages : L’Écologie à l’Oeuvre», Actes Sud & ENSP, 2010

«Histoire de Valbonne Sophia Antipolis», Edisud, 2003

«Nouveau portrait de la France, La société des modes de vie», Jean Viard, ed. L’aube, 2011

«Petite ethnobotanique méditerranéenne», Pierre Lieutaghi, Actes Sud, 2006

Travaux d’étudiants :

APR 2011-2012 sur le littoral d’Antibes, ENSP TPFE sur Sophia Antipolis, Florent Marrot, ENSP, 2012

Sites internet : www.casa-infos.fr/ www.sophia-antipolis.org/


Annexes : fiches d’entretiens Entretien

Entretien

Direction opérationnelle de la SAM

Marc Daunis

13/07/2012

30/08/2012

Étaient présents : Mr MASBOUNGI, directeur de la Société d'Aménagement Mixte de Sophia Antipolis JP. Clarac, J. Loquet et P. Walter « Un cerveau a besoin d'oxygène » Une démarche transversale dans la mise en place de la TVB Croiser les regards entre : 1/ L'ONF et les Sapeurs Pompiers forestiers sont les deux principaux acteurs et gestionnaires de la forêt. Ils ont l'expérience du terrain au quotidien. 2/ Des écologues. Le savoir scientifique doit être mis au service du projet et de la mise en place d'un plan de gestion. La TVB Réactulaliser la question des TVB en considérant la place de l'animal domestiqué. L'animal peut jouer un rôle important dans le déplacement des espèces, l'entretien des espaces naturels mais aussi dans le lien entre l'homme et la nature. > Réussir à travailler sur le potentiel de réactiviation de la biodiversité en considérant d'un milieu « ouvert » et plus riche qu'une forêt « fermée ». Remettre en question la capacité des réserves foncières à accueillir l'urbanisation Comment prépare-t-on l’accueil d'une future urbanisation sur les réserves foncières ? Qu'est ce qu'on fait des terrains vacants (Bouillide, Air France …) ? Est ce que la future ZAC le font de l'Orme doit être urbaniser ? La future ZAC des Clausonnes : comment valoriser la biodiversité ? Comment urbanise ton ? Comment entretien-t-on un milieu en attente d'urbanisation ? Gestion des forêts L'état a créer un outil de gestion de la forêt destiné aux propriétaire privé, le Plan Simple de Gestion. Ainsi ils doivent clarifier les intentions d'usages et de gestion de leur propriété sur le long terme (15-20 ans). Aujourd'hui l'État n'applique pas ce raisonnement sur son propre foncier. A partir de combien d'hectares parlons-nous de biodiversité ? Valbonne Le nouveau lycée de Valbonne construit récemment est une négation des préoccupations actuelles. Comment accompagner le développement de la ville de Valbonne en lien avec le parc départemental de la Brague. Si l'on considère ce parc comme un couloir écologique, quel forme prend il ? – A retenir : - Consolider la structure paysagère - Mettre en place un dispositif de gestion coordonnée sur l'ensemble du site

Étaient présents : M. Daunis, Sénateur – Maire de Valbonne J-P. Clarac, J. Loquet, P. Walter / La charte de 1977 était un document d'anticipation sur les questionnements actuels, ce qui ne l'a pas empêchée de faire des erreurs majeures : Sophia est constitué d'ilots séparés par des routes départementales, on ne peut pas circuler autrement qu'en voiture. De plus ces routes constituent le seul repère que nous avons dans Sophia. Il faudrait retravailler les modelés de terrains pour s'affranchir des départemental. Il évoque le fait que si les départementales étaient incisé dans le terrains et les talus rehaussés, l'installation de pont pour les piétons serait facilité. / La DDA à pendant des années confondu les Espaces Boisés Classés et l'écologie. Ce qui fait qu'ils ont répandu des EBC sans s'en occuper, comme une compensation. Protéger c'est aussi agir. La fermeture des milieux est catastrophique, les pins acidifient le sol, les incendies ne sont que peu « prévenus ». Il a déjà proposé l'agropastoralisme comme une solution à l'entretien de certains espaces ouverts ou forestier mais l'État n'a pas accepté. / Il a aussi proposé que les associations de chasses aident à gérer la forêt notamment par la régulation de la population de sanglier qui permettrait de diversifier la faune en retrouvant des lapins, des chevreuils, etc... / La parcelle INPI est sanctuarisée car elle est un réservoir de biodiversité. / La conception du développement durable en France est trop ancienne à son goût. Sophia doit se recomposer. Le paysage n'est pas lisible car il est morcelé mais manque de structure. Il faut aborder la question des déplacements et l'aspect structurant de la trame verte et bleue. / Il nous explique que ce qui manque le plus est la notion de transversalité. L'avis doit être coordonné et ce n'est pas simple sur des lieux où l'emboitement des responsabilité est aussi complexe. / La place du logement : « Non à la tartine de mixité fonctionnelle! » Ce n'est pas la vocation de Sophia Antipolis, et d'ailleurs le rapport entre temps de trajet et fonctionnalité de vie sur place n'est pas intéressant. Personne ne veut de tension habitat / entreprise pour le développement de Sophia. Les logements seront toujours réservés aux étudiants, aux chercheurs ou liés directement à la consolidation d'une entreprise. Il faut donc consolider le logement autour de Sophia. / Sophia est une greffe à l'insu des communes, un lieu extra-territorialisé dont l'enjeu actuel et de se réinscrire dans son contexte.


Entretien

Entretien

David Barjon (DDTM)

Cédric Cheneval

25/07/2012

27/07/2012

Étaient présents : D.Barjon, adjoint au directeur de la DDTM des Alpes Maritimes Christian Castellani, responsable du pôle aménagement durable J-P. Clarac, J. Loquet, P. Walter

- Objectifs et attentes / Notre travail doit apporter un regard complémentaire aux projets de Sophia 2030 et enrichir la phase opérationnelle. Proposition d'entretien avec les trois équipes : BASE, TER et A. Peter, de compte rendu d'entretien. Quel positionnement ont-ils face à notre problématique? / Notre étude doit mettre en cohérence l'ensemble des propositions de projets ainsi que les différents discours d'experts, d'acteurs... / Il faut donner du sens à la TVB par rapport à la logique opérationnelle, montrer son intérêt quand à l'homme et aux acteurs du territoire. Quel intérêt humain de mettre en place la TVB? Par rapport à la qualité de vie? Économie?... / Aide à la maîtrise d'ouvrage quand à la charte d'aménagement du parc Sophia Antipolis qui va être modifiée.Notre travail doit avoir un rôle de conseil, clarifier les objectifs liés à la biodiversité.

Étaient présents : C. Cheneval, J. Loquet, P. Walter

- Compétences / C. Cheneval fait parti du Syndicat de la Brague. Leur attention se porte sur la qualité de l'eau, la ripisylve et le maintient des berges de la Brague et de ses affluents. Le syndicat assure la gestion de l'eau et une zone restreinte sur les berges. De plus il intervient sur la gestion de l'eau au Parc Départemental de la Brague, le Parc Départemental de la Valmasque ainsi que sur celui de Vaugrenier et le Parc Communal de la Bouillide. /Les PPRI de Biot et Antibes sont les seuls à être fait mais la transcription dans les PLU n'est pas de leur ressort. Ils identifient les Zones d'Expensions des Crues en trois catégories pour avoir une action hiérarchisé dans le temps : – Les ZEC opérationnelles à préserver (vert) – Les ZEC potentielles qui demandent des travaux (orange) – Les ZEC potentielles qui demandent trop de travaux pour l'instant (rouge) / Pour la Brague (Valbonne et Biot), leur action se restreint à la gestion des embâcles. Pour la Bouillide du côté Golf, les rives sont privées, il n'a donc compétence à intervenir que lors d'un défaut d'entretien, il a un rôle de conseil. Le pompage de l'eau dans la nappe pour arroser le Golf fait l'objet d'un arrêté préfectoral pour contraindre la quantité d'eau pompée et rejetée dans la Bouillide. Du côté du Parc de la Bouillide, l'attention est portée d'un point de vue paysager et de continuité écologique (TVB). / Le long de la Brague circule un chemin de randonnée régi par le plan de randonnée du département, en relation avec le syndicat.

- Les études / Le syndicat constate une forte dégradation bactériologique (nitrates) à partir de la station d'épuration des Bouillides jusqu'à Biot. Une étude a révélé des problèmes de croissance, de reproduction et de physiologie chez les poissons. Cela s'explique par la quasi absence d'eau en été (cf. paragraphe suivant). La station rejette donc de l'eau « polluée » sans possibilité de dilution. Le syndicat à bon espoir que la situation s'améliore avec la dernière extension de la station d'épuration. - A retenir : Nous devons faire le tri des discours sur la biodiversité tout en mettant en avant l'intérêt de la TVB d'un point de vue humain et opérationnel. Ils ne savent plus qui écouter entre les services de protection incendie, gestion des eaux, écologues... Nous devons aider (participer) au débat de la nouvelle charte d'aménagement et à son acceptation.

/ Le Golf de Cannes Mougins à selon lui une gestion « assez raisonnée » de l'eau en terme d'arrosage. Les pompages privés sont nombreux (environ 600 sur le bassin versant) et participent au faible débit d'étiage du fleuve. Pourtant le Golf pompe dans la nappe qui alimente la Bouillide. La patronne de l'Auberge de la Source en témoignerais (la source est à sec à cause du golf selon elle).


Entretien

Station d'épuration des Bouillides 26/07/2012 Étaient présents : deux employés de la station, J. Loquet, P. Walter Station de la Lyonnaise des eaux (organisme privé basé à Mougins).

- Fonctionnement Des études sont en cours sur la biodiversité dans les golfs d'Opio, les premiers résultats laissent apparaître une diversité supérieure à celle attendue. / Le Parc Départemental de la Valmasque sur sa partie la plus à l'Est abrite des espèces protégées comme le Gatillier (Vitex agnus castus).

– A retenir : L'eau doit être une ressource partagée de façon raisonnée. C'est un linéaire mobile, chaque action en amont se répercute en aval, c'est un lien entre les communes, entre les massifs et la mer. Comme le sol, elle est une donnée essentielle de la production du paysage. Notre sentiment est que le syndicat est peu influent face au levier économique qu'est un golf et à la nécessité que représente une station d'épuration. La gestion se fait par défaut.

/ La station date des années 1980 et en est à sa troisième extension. Elle récolte et traite les eaux de Sophia Antipolis, Valbonne, Roquefort, Opio et Biot. L'eau est rejetée au bout d'environ six heures de traitement par bactéries dans la Bouillide. Les boues sont misent en compostage plus loin, vers Bosquière. Dans un projet futur, elles seront séchées à Grasse et misent en cimenterie. Le traitement est actuellement « légèrement » chimique mais surtout par bactéries et ajout de polymères. Tout le reste est « bio » (filtre carbone et filtre à nitrites qui les transforme en azote gazeux). / La station accueillera prochainement un ozoneur qui détruira les micro-polluants (médicaments, nitrates...), une des premières installation du genre en France. / La qualité des eaux rejetées est surveillée par la police de l'eau. La quantité de rejet de l'eau et des boues est défini par des normes françaises. – Y a-t-il eu des études pour installé de la phyto-épuration? /La phyto-épuration ne peut se faire que pour une capacité réduite d'environ 100/200 habitants. Il n'y a donc pas assez de place ici.

– A retenir : La station rejette quand même une eau chargée en nitrate et différents micro-polluants. (cf. entretien avec C. Cheneval)


Entretien

Christian MANGAN 07/08/2012 Étaient présents : Ch. Mangan : hydrogéologue P. Ecard : Stagiaire chargée de la Trame Verte et Bleue à la CASA J. Loquet, P. Walter

- Point sur l'hydrogéologie / Le territoire de Sophia Antipolis présente de nombreuses cavités karstiques, ce qui a posé des problèmes de fondations dans l'aménagement de la ville. Cela explique aussi que certains vallons soient secs car l'eau circule en souterrain. (Figure 11) / Il existe différentes formes particulières à l'infiltration des eaux : On dit qu'un sol est karstique lorsqu'il absorbe l'eau par des failles qui s'agrandissent avec l'érosion. Se forme un réseau souterrain où l'eau circule jusqu'à une source. Ainsi, le bassin hydrographique peut être bien différent du bassin topographique. Les dolines sont des dépressions fermées du sol recueillant l'eau et l'évacuant par un point de sortie, comme une baignoire.

aménager? – C'est un peu tard pour dire ça, tout est bousillé! »

- Hydrogéologie / Sophia se trouve sur une zone de contact entre deux couches de sol différentes. (Figure 3 Carte) La couche d'argile (imperméable) qui est prise entre ses deux couches de calcaire (perméables) donne la particularité d'abriter beaucoup de petites unités karstiques cloisonnées. En Aval (vers Biot) ces réseaux se rejoignent car l'argile disparaît. (Figure 3 Coupes) Les sources apparaissent le long de l'affleurement d'argile, l'eau étant forcée de s'évacuer par l'imperméabilité. Nous trouvons de nombreuses carrières d'argile sur ce même linéaire. Les seules encore visibles (et publiques) se trouvent aux Croutons, non loin de l'aqueduc romain. / La Brague a un faible débit en amont, elle l'a toujours eu à cause des infiltrations d'eau. Elle se gonfle à partir de Biot où les sources romaines l'alimentent. / L'Etang de Mougins n'est en rien relié à la Bouillide, si ce n'est qu'il s'y déverse lors de trop fortes pluies. Cette formation découle d'un effondrement de Gypse (qui est une roche très soluble) au sein d'un terrain imperméable constitué d'argiles et de marnes. Les lotus et la faune qui s'y trouve actuellement ont été implanté dans les années 1960 par l'ancien propriétaire. Ce même gypse ayant causé l'effondrement de la pénétrante Cannes Grasse et étant très présent du côté de Mougins, il pourrait être un frein à l'urbanisation.

- Les aménagements / Les pompages du golf de Cannes-Mougins lui parraissent catastrophique. Il nous explique qu'au départ le golf détournait l'eau de la source principale alimentant la Bouillide pour remplir ses retenues d'eau et arroser le green. Les pompages actuels se faisant directement dans la nappe amoindrissent la source. Les retenues d'eau sont aujourd'hui alimentées par l'eau de pluie. Celle-ci est chargée en nitrate afin que le gazon reste bien vert et s'infiltre ensuite dans la nappe, diminuant sa qualité. La Bouillide subi trop de pompages illégaux qu'il faudrait limiter. – « Si on arrose et que l'eau se ré-infiltre dans le sol? – Ce que vous prenez, vous le prenez brutalement et le rendez au goutte à goutte. Il faut faire de l'arrosage raisonné. » La retenue d'eau du Parc communal des Bouillides est purement esthétique et donc sans intérêt. En aval de la station d'épuration, l'eau n'a jamais vraiment était abondante à cause des infiltration. Aujourd'hui le cour d'eau qui circule est alimenté en majorité par la station d'épuration. – « Vous en pensez quoi de la trame verte et bleue? Où devrait-on ne pas

- A retenir : L'eau circule de façon souterraine. L'étiage de plus en plus important des cours d'eau superficiel n'est qu'une partie du problème. Les golfs posent le problème des pompages mais aussi des rejets de nitrates dans le sol. Le cycle de l'eau est interrompu à maintes reprise sur le territoire. Moins d'eau dans la nappe, moins d'eau dans les vallons signifie une perte de continuité pour la faune aquatique.


Visite

Histoires d’arbres

Jean-Pierre Clarac Ferme Bermond le 27/07/2012 La cépée

Le jeune chêne

Les arbres portent les traces de la coupe par la forme en cépée.

Les départs de branches raconte la croissance de l’arbre. Celui-ci a eu des difficulté au départ et depuis peu, les croissances sont plus constantes. Il a du gagner en espace ou en lumière.

La jupe du chêne Le développement de jeunes branches protégeant le tronc de l’arbre montre qu’il à réagit à un changement d’exposition. Son tronc n’étant plus protéger par l’ombre d’un autre arbre par exemple l’a forcé à développer sa propre ombrière.

Le piracantha Cette plante échappée des jardins envahit le milieu.

Jardin partagé

La noue

Les jardins comme espace public approprié par la population.

Un espace d’environ 8 mètre est laissé à la noue pour qu’elle guide et absorbe l’eau ruisselante.


Domaine d’Argenville le 30/07/2012

Le trou d’argile

Tracé historique décidé par l’Eveque de Grasse entre le XII° et le XV° siècle. Toute la répartition des terres est orthogonale, partant de ce tracé.

Une forêt non gérée se caractérise par une forte densité d’arbres qui se concurrencent. Dans cette configuration, aucun ne peut se développer correctement.

La compétition De jeunes arbres tentent de se développer. Ils n’ont ni soleil, ni espace et survivent tant bien que mal, adoptant un port recroquevillé et gênant les grands arbres en place.

Les oliviers Ils ne sont pas entretenu pour la production ce qui transforme leur port. «L’olivier ne peut être un arbre romantique, c’est un arbre d’ordre!»

Les oliviers sont conservés pour leur valeur paysagère. N’étant plus productifs, ils scénarisent le centre équestre en cohabitant avec les chevaux

La Plantation se constitue d’oliviers et de rosiers. C’est une ancienne (et peut-être actuelle) zone de production pour le parfum.


Entretien

L’Association des Conseils de Développement des Alpes Maritimes 31/07/12

Étaient présents : - Christian Dental, président de l’association des Conseils de développement des Alpes Maritimes - JP Clarac, en charge de l’aménagement du territoire au Conseil de développement des Alpes Maritimes - J. Loquet & P. Walter. La création des Conseils de Développement est issue de l’association 1901 et a pour objectif de « renforcer la concertation locale des milieux économiques, sociaux, culturels et associatifs pour favoriser l’aménagement et le développement économique concertés et durables des territoires des Alpes-Maritimes ». Dans les Alpes Maritimes, deux paysagistes, JP.Clarac et C.Dental, représentent le corps social et défendent un raisonnement lié au sens que porte le territoire et non pas à la logique économique comme moteur de développement. Aujourd’hui il existe une réelle dichotomie entre les gouvernances et l’être humain productif. En effet les grands patrons d’entreprises exercent une influence considérable sur les décisions des politiques, on appelle cela le clientélisme. Ex : - Pourquoi n’existe-t-il pas aujourd’hui de transport en commun qui permet de « contourner » Antibes et de rentrer à Sophia par l’est ou l’ouest ? - Dans l’aménagement des « entrées » à Sophia, tous les employés de Sophia sont obligés de sortir de l’autoroute à Antibes et de traverser la Zone Commerciale Super Antibes. - S’inscrire dans un temps long Les représentants du Conseil de Développement des Alpes Maritimes posent le thème de la lisière à Sophia. Il faudrait les localiser et les mesurer en mètres linéaire. Il est important d’introduire la question du temps et d’essayer d’inscrire ces réflexions dans un temps long (80-100 ans). Il faut saisir que pour un élu le temps long c’est 15-20 ans, ce qui est à mettre en perspective avec la durée des mandats. L’évolution des villes s’est souvent faite au détriment de la forêt. Le grignotage des terres cultivées a progressivement effacé la distance entre la ville et la forêt. Ce type de développement a morcelé et fragmenté les territoires. Le travail sur les lisières permettrait de recomposer les espaces et rentre dans les objectifs du SCOT avec la notion « d’harmonie des espaces ».


Le parc de Vaugrenier a fait l’objet d’une expertise par l’écologue R. Salanon. Cette étude pointe du doigt l’effet nocif de la surfréquentation de cet espace qui subit des pressions anthropiques, notamment le piétinement. Il s’agirait de considérer le parc Vaugrenier comme faisant partie d’un ensemble d’espaces qui composent et proposent des moments de « nature ». Par exemple : vallon de la Bouillide, parc de la Valmasque, massif du Carton. La fréquentation serais donc répartie sur d’autres espaces.

1. La ville dans le rempart et la banlieue agricole nourricière comme transition entre habitat et nature. 2. La ville actuelle étendue sur les terres agricoles, sans espaces de transition avec son environnement.

Le respect du territoire passe par la gestion patrimoniale des biens. Le moulin est aujourd’hui inscrit au patrimoine de l’UNESCO. cf : Jean Viard Lettre aux paysans

1/ Pendant vingt siècles nous avons considérer la nature localement et dans une logique de production. La terre était fertile et nous l’entretenions au pied de notre habitat. 2/ Aujourd’hui, la banlieue pavillonnaire ayant remplacer la banlieue agricole, nous habitons cette nature. Nous importons et exportons les productions et n’avons plus de rapport nourricier à la terre locale. La sur-protection des espaces dits « naturels » s’inscrit en réaction à la logique foncière consommatrice d’espace. 3/ Et demain? Demain, le rapport à la nature entrera dans une considération mondiale, ils en sont sûr. Il faudra réinscrire la potentialité des sites de « nature » et de « production » à l’échelle globale ainsi que « la nature comme nourriture intellectuelle ».

- Jardiner le territoire

Prenons l’exemple du Creps de Boulouris où la nature est nourricière et tactile. Les sportifs s’entraînent et parcourent le domaine agricole, s’enrichissant de tous les aspects de cette situation.

- L’Art des Jardins peut-il s’appliquer à l’échelle d’un grand territoire ? Cf : Gilles Clément – comment renforcer le milieu pour qu’il ne soit plus fragile.

- Sophia

« Redorer le savoir et la gestion du territoire » J.P Clarac

Quelle est la relation entre l’Homme et la Nature ?

Sur la thématique du vallon (eau) et de la crête (air), Sophia est une catastrophe. L’imperméabilisation des sols accélère le débit des eaux. La plaine et le littoral en subissent les conséquences. Il faut engager des réflexions en amont, sur tout le bassin versant. Les crêtes à Sophia ont été protégé grâce à la charte d’aménagement de 1973. La règle des sommets : sol inconstructible sur les 10 derniers mètres avant ligne de crête et interdiction de dépasser cette cote pour les constructions en aval. La création du parc d’activité de Sophia Antipolis s’est faite au détriment des communes alentours. La loi SRU institue de faire la ville sur la ville et tente d’éviter l’étalement urbain et le mitage. Comment fait-on? Aujourd’hui les habitants ont des inquiétudes concernant les projets de Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) = site des Clausonnes / Fugueiret déclarant que « la couronne verte est foutue ». Une association représentant les habitants de Mougins a demandé la protection du Carton. Ceci engage une réflexion sur les méthodes de protection des espaces et leurs raisons. Qu’est ce qu’un espace sanctuaire ?

A retenir : Gilles Clément : un espace sanctuaire : l’île. Comment peut-on contourner ou ouvrir ces espaces? Référence : Le Bois de Boulogne Identifier les lisières potentielles et les calculer en mètres linéaires. La dynamique de l’eau : l’effet « billard »


Visite

Musée du Patrimoine de Valbonne, Abbyval Les Amis de l'Abbaye et du Patrimoine Valbonnais 07/08/12 Étaient présents : - Julien Baudelet, Agent d'accueil du musée - J. Loquet & P. Walter.

La forêt de Valbonne Valbonne est isolée par une ceinture verte au sud : la forêt du parc départemental de la Brague. Liste de des espèces floristiques et faunistiques : Végétale : - Chêne vert & chêne pubescent sont des espèces indigènes. - Pin d'alep : pousse rapide, très peu exigeant, il se développe même sur des terrain ingrats. Il a envahit les espaces ouverts et résiste à toute agression. - Pin mésogéen ou maritime est en voie de disparition, dévoré par l'insecte piqueur, Matsucoccus feytaudii. Une nouvelle espèce de pin maritime venu d’Espagne est expérimentée dans la région (incendie a ravagé la plantation témoin âgée de 10 ans). - Chênes lièges, pins parasols : très peu - Charmes, houblon, frênes à fleur, sorbiers sur les rives humides - Rives encaissées > microclimat : aulnes, saules, cannes de provence (nécessaires pour tutorer les haricots grimpants - Sous bois, maquis: arbousier, argela, ciste, lentisque, myrte, smilax (salsepareille), asparagus Animale : - Gibiers : en lapins et lièvres (pplus beaucoup) - Sangliers labourent green et jardin sans clôture - Migrateurs : grives, gros-becs, ramiers, étourneaux - Autre avifaune : hibou, chouette, coucou, rossignols, moineaux, fauvettes, roitelets, mésanges, bergeronnettes, linottes, - Pie espèce envahissante + pigeon - Reptile : couleuvre, lézards (protégé ptérodactyle d'europe> ruine bâti), geckos - Écureuil roux menacé par l'écureuil d'Amérique récemment introduit - Grenouilles et Crapaud - Lucioles, cigales, coccinelle

Usages anciens de la forêt > Fours à chaux La roche calcaire était brûlée afin de produire de la chaux et était utilisée comme matériau de construction dans élaboration du mortier ou d'enduit de façade. Cette activité c'est estompée à partir de la Seconde Guerre Mondiale et a ensuite disparue au profit de la chaux en sac. De nombreux vestiges sont visibles sur l'ensemble du territoire Valbonnais, notamment sur le site de Sophia Antipolis. Au XVIII et XIXe siècle, l'implantation des fours à chaux était réglementé, notamment lorsque la forêt était situé à moins d'un kilomètre de la commune, la forêt étant appelé « l'espace prohibé ». Il existait des autorisations pour des fours temporaire ou unique ( 1 an) ou des fours bâtis (2 ou 3 ans). Leur durée d'utilisation du four dépendaient aussi de la quantité de pierre présente dans un périmètre proche. Pour des questions de sécurité les feux étaient interdit aux périodes les plus chaudes et sèches (juin/juillet/août/septembre). Le bois de combustion utilisé était prélevé sur le site même, il s'agissait de petit bois de taillis, de genêt ou de bruyère. Il en fallait 1/3 du volume total du four ou même plus. La forêt était entretenue par ces prélèvements de bois. Par ailleurs la chaux était utilisée en agriculture pour amender les terres trop acides et comme pesticide les troncs des arbres fruitiers ou des vignes. Ce procédé a été remplacé par un système bien plus coûteux en agriculture biologique qu'est la bouillie bordelaise (cuivre + chaux). > L'argile L'extraction de la terre d'argile permettait de fabriquer des briques. Étaient donc associé les métiers de la forêt, notamment de coupe de bois pour alimenter les fours. Les arbres non sectionnés étaient plus fort car ils avaient plus d'espace pour s’épanouir. Extrait Communication N°8 BIS, septembre 2010 Les anciens « arts du feu » de la mémoire Valbonnaise « A l'époque nous avions des forestiers. Quels ouvriers ! Il fallait voir leur outils, le soin qu'ils leurs portaient, la techniques qu'ils avaient...De vrais professionnels, des maîtres forestiers (...) » Julien Agnese, ancien deabaïre interrogé en 1997 par M. Dalmasso. On appelle l'extracteur d'argile « le derabaïre » (l'arracheur en Occitan). C'est en localisant des veines de terre d'argile qu'on décidait de creuser le puits ou d'ouvrir une galerie. Certaines dolines présentent à Sophia sont le fruit des effondrements des galeries souterraines. > La résine Le pin maritime et le pin d'alep ont suscité l’intérêt de résiniers dans le forêt de Valbonne. C'est grâce à une technique ancestrale que le tronc était entaillé et que la résine, qui en coulait, était récurée dans des petits pot de terres cuites. L'entaille laissé par l'outil sur le tronc du pin s'appelle la quarres. Avec le temps le pin avale la cicatrice et elle se rétrécit, ne laissant qu'une fente légère indissociable d'une fissure causée par le feu ou le gel.


Lecture

Forêt méditerranéenne tome XXXXI, numéro 2, juin 2010 Spécial Énergie – Forêt – Territoires Cette résine était utilisé en confiserie (goût), en cordonnerie (colle), en parfumerie & savonnerie (odeur), en médecine (baume, tisane aux propriétés stimulante, purgative etc).

Le bois énergie au services des écosystèmes, de la forêt méditerranéenne et des territoires.

L'eau État du développement du bois énergie en région PACA (John PELLIER) La Brague parcourt la commune de Valbonne et fait du partie du patrimoine naturel et culturel de la commune. Un canal romain, le bief de St Roch, alimentait l'abbaye et le village en eau. C'est entre la Brague et se canal que des jardins familiaux. Ces parcelles jardinés étaient d'anciens champs de canebier. On cultivait le chanvre pour fabriquer de la toile, des cordes pour les navires. L'implantation de ces champs au bords de l'eau n'est pas une coïncidence. La proximité à la rivière de ces parcelles de chanvre est due au fait que : - Le chanvre a besoin de terre humide pour pousser - Il faut de l'eau (rivière, lac) afin de rouir le chanvre, c'est à dire faire pourrir les feuilles et l’écorce de la plante en la plongeant longuement dans un bain d'eau, afin de récupérer uniquement la fibre ligneuse qui pourra être tissée. Ce canal est alimenté par la source dit la Sarssidou (vallon du Sarssidou, affluent de la Brague). D'autres ouvrages sont présents, une galerie souterraine (en restanque) amenait de l'eau à une citerne au pied de la colline les Pares. L'eau est domestiqué, utilisé à des fins agricoles et retourne dans milieu naturel, le vallon Le débit de la Brague est moyen et la qualité de l'eau laisse à désirer. Le golf, la station d'épuration et les nombreux forages privés ont des conséquences néfastes en terme de pollution mais aussi d'épuisement de la ressource en eau.

La forêt méditerranéenne est un écosystème situé entre les zones tempérées et tropicales. Elles assurent un rôle de connexion et un lien important entre des zones écologiques radicalement différentes. Au delà de leur richesse biologique elles sont aussi sources de richesse et de bénéfices. On distingue : - La forêt naturelle (chêne liège, chêne vert, cedrais, pinède) - La plantation forestière ( Eucalyptus) - Le parcours arboré (Genévrier) - La forêt récréative Biomasse et biodiversité forestières (Eric RIGOLOT) Du fait de la déprise agricole la forêt méditerranéenne est en extension de 1% par an en surface et induit donc un phénomène de stockage de biomasse. Le maintient de la diversité des habitats et des milieux est rendu possible par la mise en place d'un système agro-syvlo-pastoral adapté au territoire concerné. Les pelouses sèches méditerranéenne (feu/pâturage) constituent un habitat protégé (HÉTIER,1993 / PRODON, 1995) Dans la cadre d'une exploitation sylvicole des forêts (gestion du combustible avec exportation de biomasse) peut poser des problème de fertilité des zones concernées (mise a nu des sols). Ainsi le semis d'herbacées peut être envisagé comme une alternatives complémentaires d'entretien des ouvrages sylvo-pastoral et limite l’écueil d'appauvrissement du sol. - Une ressource locale dans une perspective de développement territorial durable Du fait des changements climatiques (feu de plus en plus fréquents : année 2003 a préfiguré ce qui nous attend) et de la croissance démographique l'exploitation de la biomasse peut apporter une réponse économiquement intéressante.

- A retenir : La forêt est une ressource locale et fait partie intégrante de la culture locale. L'arrêt successif des métiers lié à la forêt a changé les regards des habitants mais aussi sa qualité paysagère et écologique. L'eau souterraine est une ressource à préserver. Les ouvrages anciens témoignent d'une domestication de l'eau pour les usages humains tout en respectant les milieux. L'usage de cette eau était raisonnée.


Bois énergie points forts et écueils (Éloïse SIMON)

Entretien

Julien Séguret (BIOTOP)

Comment prendre en compte à la fois les intérêts écologiques, environnementaux, sociaux et économique dans un contexte de changement climatique, de crise économique et d'épuisement des ressources fossiles ?

Étaient présents : J. Seguret, J. Loquet, P. Walter

La réduction de la consommation est une orientation du Grenelle de l’Environnement. Les forêts peuvent être valorisées comme lieu de production de bois d’œuvre mais aussi comme lieu de production de bois énergie.

- Présentation de l'entreprise

L'exploitation de celles ci doivent être raisonnées : Bois d’œuvre (pour stocker le carbone) Exportation de carbone (filière bois, attention au productivisme) Localiser des cultures dédiées différentes des forêts Le respect du sol La forêt est un lieu de production de bois de valeur , bois d’œuvre, siège d'une biodiversité importante et partie intégrante du patrimoine remarquable.

31/07/2012

/ Biotop est une PME du groupe INVIVO, spécialisée dans la lutte biologique. L'entreprise produit des insectes, des phéromones et des pièges pour lutter contre les insectes invasifs, dans le milieu agricole ou celui des parcs et jardins. Les marchés sont exclusivement privés. La société développe ses produits en fonction de la demande ou de la proposition d'un marché potentiellement important. Julien Séguret est l'ingénieur agronome responsable du Laboratoire d'Entomologie au sein de Biotop.

- La lutte biologique / Il en existe trois types : – La lutte par acclimatation des auxiliaires : introduction et adaptation d'un prédateur naturel de l'invasif, originaire de son habitat premier. L'introduction est aujourd'hui réglementée par un arrêté afin de réduire les risques d'invasion par l'auxiliaire lui-même. L'obligation de donner la preuve de ce nondanger rend le système plus compliqué et couteux mais aussi plus sur. – Par conservation du milieu : entretenir un environnement propice aux auxiliaires naturels autour des cultures – La méthode de l'augmentation ou « lâché inondatif » : recherche et multiplication d'auxiliaires moyennement efficaces en milieu naturel (en raison de leur petit nombre). L'auxiliaire est d'abord recherché dans la faune locale dans le but d'un élevage pour augmenter son nombre. / Cette dernière méthode est celle utilisée par Biotop. Les insectes sont reproduits et vendu en grand nombre. La sélection génétique est pourtant trop négligée à son avis. Sauf dans le cas de la coccinelle asiatique qui possède une souche volante qui se disperse et envahit à son tour le territoire français et une non-volante, commercialisée par l'entreprise, qui pâti pourtant de la mauvaise réputation de sa cousine. / Exemple de « produit » de lutte biologique: Un papillon, la pyrale, pond des larves qui attaquent les pieds de maïs, creusant des galeries et provoquant une maladie fongique dangereuse pour l'alimentation du bétail. Un auxiliaire naturel, le trichogramme, est trouvé en France. Ce trichogramme parasite les oeufs de la pyrale du maïs en pondant à l'intérieur. Il n'est pas présent en assez grande quantité naturellement et se disperse en s'envolant, le rendant moins efficace. Il faut donc lâcher beaucoup plus de trichogrammes à l'hectare. De plus l'élevage permet de gérer les dates d'éclosions du trichogramme pour couvrir toute la période de ponte de la pyrale.


/ Nous lui posons la question des golfs et de leur impact biologique. Il nous répond que les golfs utilisent des produits très forts et supportent aussi peu le travail du sol par des vers que par les sangliers. Il n'y a donc guère que les oiseaux qui peuvent utiliser le green comme continuité. Certains produits biologiques pourraient s'adapter aux demandes d'un golf mais ils seraient forcément plus coûteux et moins efficaces que les traitements chimiques. Ainsi, ils ne constituent pas un marché intéressant pour la société Biotop. / Nous l'interrogeons ensuite à propos de leur façon de tester les auxiliaires avant de les commercialiser. Il nous explique qu'ils existe plusieurs méthodes : – Travailler en station d'expérimentation, qui représente un investissement important réservé aux grandes entreprises. – Tester gratuitement le produit chez des particuliers intéressés, ce que fait Biotop.

- La biodiversité / Julien Séguret est aussi un passionné d'orchidées. Il nous apprend qu'une espèce protégée, l'Orphys aurelia, est présente sur Sophia Antipolis. Cette fleur pousse dans des pelouses entretenue de moins de 15 cm. On peut donc l'observer sur les bord de route fauchés régulièrement, au bord des sentiers et dans les prairies entretenues. Julien Séguret pense qu'il faut responsabiliser le public vis à vis des espèces protégées. Si les habitants voyaient cette fleur comme un patrimoine à protéger et non comme un danger d'inconstructibilité des parcelles cela éviterait sa destruction « discrète ». L'Orphys aurelia est une plante « déplaçable » même si la reprise n'est pas assurée à cent pour cent. La protection dont elle fait l'objet empêche toute action sur la plante. Ce qui signifie qu'on ne peut ni la déplacer, ni la reproduire artificiellement. L'espèce est donc en train de disparaître totalement. Cette orchidée fait l'exemple de la contre productivité de certains type de protection « fixiste ». L'entretien des pelouses étant rarement naturel, nous sommes tous trois persuadés que cette orchidée (qui nous sert toujours d'exemple) survit grâce à l'action humaine. La biodiversité est associée à l'homme, il a son rôle à jouer et doit en assumer la responsabilité. / En cela, J. Seguret nous assure de l'intérêt de notre démarche vis à vis d'une gestion de la nature. Il pense que l'agro-pastoralisme peut être une piste intéressante, et que l'idée générale d'un patchwork de biotopes et de continuités écologique ne peut qu'enrichir la biodiversité de Sophia. / Il nous explique que le sol subi aujourd'hui une érosion très importante de façon générale. Cela vient des déboisements et de l’appauvrissement des sols fertiles. Le sol est considéré comme un support plutôt que comme une terre vivante et riche. Notre société est passée, en 40 ans, d'une considération de la terre (agricole) à une logique purement foncière. Ce sujet est actuellement trop laissé de côté par la recherche et la réflexion sur la biodiversité à son goût. Il nous avoue que les « lâchés » de vers de terre ont été testé mais ne donnent aucun résultat car ce sont des organismes beaucoup trop sensibles et spécifiques à un sol. La nécessité de conservation du sol nous parait donc évidente.

– A retenir :

La population doit être responsabilisée et accepter d'être actrice de la biodiversité à toutes les échelles (entreprises, habitants, aménageurs du territoires...). Tout n'est pas réparable, le sol met du temps à se former et s'enrichir, la plante une fois disparue est irrécupérable, la protection doit être active et pouvoir être expérimentale plutôt que fataliste. La biomasse est en mouvement et l'homme doit faire avec. Les théories fixistes doivent donc être abandonnées. Nous souhaitons faire confiance à l'homme et entrer dans un système d'intérêts mutualisés.


Le rapport de l’homme à la nature à Sophia Antipolis

Juliette Loquet , 07.09.2012 (Photo prise à l’Étang de Fontmerle)


Master Urbanisme