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JO ZE magazine

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AUTOMNE - HIVER 2011-2012


Joze Magazine Automne/Hiver 2011-2012

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dito

Jamais deux sans trois. Vous étiez nombreux à attendre au tournant ce nouveau numéro de Joze, et c’était sans compter toutes les embûches qu’on a pu rencontrer en chemin. Des textes trop longs, d’autres trop courts, des traductions à démêler, des visuels à attraper, à travailler, le tout à faire rentrer dans une maquette calculée au millimètre près… La vie de la Rédac’ n’a pas été de tout repos ces derniers mois et il nous a fallut plus d’un lever de coude pour nous remettre de toutes ces émotions.

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Notre programme pour cette rentrée ? Des femmes dans la Mode, des femmes dans les livres, des femmes dans la Musique… Des femmes comme nous en fait, qui tirent leur épingle du jeu sans se démotiver, même si on râle pas mal on vous l’accorde. On ne va pas vous mentir, si on a décidé de faire ce numéro pour nous rendre hommage mutuellement (et parce qu’on n’est jamais mieux servie que par soi-même) ce n’est pas pour autant qu’on vous a oublié messieurs. Nos atouts masculins, l’œil attendri et aguerri ont su veiller sur les Jozeuses et ont saupoudré tout ça d’un peu de virilité, de celle qu’on aime. Rassurez-vous chers hommes, ce numéro ne changera pas le (votre) monde, on continuera de repasser vos tee-shirts, de ranger amoureusement vos chaussettes par paire (quand on aura le temps) et de vous servir un bon plat de pâtes à la Carbonara avec le sourire comme si on avait fait la sauce nous-même… Seulement quand vous poserez les yeux sur nous désormais, n’oubliez pas que vous avez devant vous une cousine (plus ou moins) éloignée de Beyoncé. Alors, faites comme nous, célébrez-nous.

Joannie Beke Rédactrice en Chef


MODE

p.4-49

MUST-HAVE Retour vers le passé 06 LE SHOP DE GREG 12 STYLE ON THE STREET : One day in NYC, un soir à Paris 14 TALENT D’ICI : Hirschell 30 INTERVIEW: Jonathan Liang 32 INTERVIEW : Sarah Lespagnol - Ysterike 38 INTERVIEW : My-Linh - Bird Song 44

CULTURE

p.52-104

TALENT D’ICI Ava Hervier 54 TALENT D’ICI My Sweet Lady Jane 56 TALENT D’ICI Léa Le Bricomte 58 INTERVIEW/SHOOTING : Nina Las Vegas 60 INTERVIEW : Yatuu 68 INTERVIEW : Gals Rock 74 PORTRAIT : Maman Records 80 NOUVEAU SOUFFLE : 1995 82 APPEL AU SECOURS : Arrête-toi Laurent... 84 DEUIL : Goodbye, Murphy ! 86 LA MUSIQUE C’ÉTAIT MIEUX AVANT et maintenant ? 90 ÉCOUTER... 96 LIRE... 98 SORTIR... 100 LE BILLET de Londres 102 LE BILLET de Los Angeles 103 LE BILLET de New-York 104

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Illustration : Laura Schneider

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Par : Estelle Morelli

MUST HAVE

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Pour ce numéro, Joze a décidé de faire un petit bilan des dernières tendances aux travers de leurs inspirations. Ce n’est pas une surprise, la Mode revient toujours en arrière et notre garde-robe est un immense revival mélangeant les années qu’on a vécues à celles qu’on n’a jamais vécues qu’à travers de vieilles photos. Le vintage est devenu le crédo des fashionistas, associant leurs pièces rétros (souvent revisitées par un créateur d’aujourd’hui) aux dernières créations issues des nouvelles collections de Prêt à Porter et Haute Couture. Au final, ce qu’on nous propose de porter aujourd’hui, ce qu’on s’arrachera demain, toutes ces pièces racontent une époque qu’on a retrouvée et dans laquelle on les a classées. Ce dossier de Must Have c’est pour toutes celles qui ont déjà entendu leur mère s’exclamer devant leur tenue « Oh bah, on portait ça dans ma jeunesse, c’est marrant... ».


20’s 7


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Par : Gregory Klotz

Le Shop de Greg

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Marilyn Tee : Actual Pain - Siren S Song : Actual Pain - Sneakers : Flaek - Cap : Stussy X PAM - Positivity Glass : Fred & Friends - Album : The Unspeakable Chilly Gonzales - Paparazzi Sunglasses


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STYLE on the street 14

Une journée à New York City, une nuit à Paris, c’est la journée type d’une Jozeuse overbookée. On n’essayera pas de vous faire croire qu’on l’a vraiment fait, (si tant est que c’est faisable) mais au cœur de ce Street Style on plongera dans les rues ensoleillées de New York en été où notre photographe a scruté les passants et on mettra ces quelques looks en parallèle avec ceux rencontrés au cœur des soirées parisiennes, celles que certains juilletistes et/ou aoûtiens ont pu côtoyer, à défaut des plages du sud…


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Propos recueillis par : Carrie Parango

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Talent D’ICI

Hirschell Hanna Baisiskowich

« Ces composants «bruts» face à mon regard et à mon imagination se transforment en bijoux contemporains et élégants.. » Je m’appelle Hanna mais mes amis m’appellent souvent Hanouska ! J’ai 25 ans et j’habite à Paris.

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Si vous voulez que je vous explique un peu mieux ce que je fais, en fait je me plais à utiliser des éléments et des techniques peu communes au monde de Si vous voulez tout savoir, la joaillerie. Mes matériaux de dans les études j’ai d’abord prédilection ? commencé par un Bac STI Arts Appliqués à La Martinière tLe cuivre, les circuits imprimés Terreaux à Lyon puis je suis et le PVC. Ces composants montée à Paris pour faire mon « bruts » face à mon regard BTS Design de Mode puis et à mon imagination se ma License Professionnelle à transforment en bijoux l’école Duperré. contemporains et élégants. Mes références sont multiples : Ce que je préférais à l’école du Hip Hop à l’Art nouveau en c’était les labos créatifs où je passant par les années 80, la pouvais déjà m’essayer aux science fiction, le rétro futurisme accessoires et petits objets. et les nouvelles technologies. Aujourd’hui je suis dans le Tous mes bijoux sont réalisés à milieu du design d’accessoires, la main, ma main ! notamment dans la création de bijoux faits mains. Et je l’ai Dans mon domaine, les artistes choisi car c’est une passion que j’admire sont des gens pas pour moi. Je suis très manuelle forcément connus, j’aime les et adore façonner comme je artistes qui comme moi, suivent l’entends mes créations, j’aime leur instinct et créent quelque laisser parler mon imagination chose de nouveau. mes inspirations et voir ce qu’il en ressort. Et si je pouvais vomir sur quelqu’un ce serait ... mon

secret, je ne peux pas vous en dire plus ! A court terme ce qu’il va se passer pour moi c’est que je vais aller un peu profiter du beau temps, me bronzer sur une terrasse parisienne, prendre des vacances quoi, on verra le reste à la rentrée ! Dans quelques années j’aimerais pouvoir vivre de mes bijoux et travailler en collaboration avec différentes marques et artistes. Les sites dans lesquels vous pouvez voir mes œuvres : hirschell.fr, www.hannabaise.fr Si je devais rajouter quelque chose ce serait « La vida es una fiesta ».


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Par : Joannie Beke

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Interview

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une promesse venue de Malaisie !

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Illustration : Nawelle Saidi

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On est tombées sur Jonathan Liang un peu par hasard, au détour du concours Carnet de Mode 2011, qu’il a d’ailleurs remporté le 30 Juin dernier. Si sa collection Nue nous a séduites à ce moment là, nous n’étions alors pas les premières à avoir misé sur ce jeune talent malaisien ! De son pays d’origine, en passant par Londres et aujourd’hui à Paris, Jonathan Liang a déjà parcouru un sacré bout de chemin grâce aux récompenses remportées depuis 2009. Rencontre avec un futur grand. Peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours ?

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Je suis un créateur malaisien, installé depuis peu à Paris. J’ai étudié les Beaux Arts et la création de Mode dans mon pays d’origine. Ensuite, j’ai gagné le concours de créateurs iStyle Klia en 2009, j’ai fait défiler ma première collection en Malaisie pendant la Fashion Week de la même année et ai été promu « Most Promising Designer of The Year ». Ce fut une grande année pendant laquelle j’ai également remporté l’award « The Tongue In Chic » en tant que « Designer to Watch in 2010 » et ma collection a remporté le concours Raffles Design. J’ai donc été invité par « A la Mode » (ndlr : une vitrine de designers indépendants) à présenter ma collection pendant la Fashion Week de Londres - Printemps Eté 2011, c’était mon premier défilé international et toutes mes pièces ont été vendues à la suite de celui-ci ! C’est à ce moment là que j’ai réalisé que le marché européen était plus enclin à accepter mon travail. C’est pourquoi j’ai décidé de m’installer à Paris. Ce n’était pas seulement mon rêve mais aussi l’amour que j’avais pour la France et sa mode chic et fluide qui m’ont poussé à venir y vivre. Je suis venu en espérant que mes travaux seraient appréciés par les gens ici. J’en profite pour prendre également des cours intenses de français ! Où trouves-tu tes inspirations pour créer ?

Mes inspirations viennent de tout, le plus

souvent de mes rêves, ou plutôt de cette période pendant laquelle tu commences à t’endormir. C’est comme si tu étais dans un endroit crépusculaire (« a twilight zone ») et là je sens que mes pensées s’amplifient, s’intensifient pendant ce moment de semi dérive… Comment définirais-tu ton style ?

Je dirais « propre », « élégant », « polyvalent » et « en perpétuel changement ». Tout part de la personne qui achète un de mes vêtements, elle doit être capable de créer différents styles en le portant et l’accessoirisant différemment. C’est de l’Art, il faut s’amuser avec ! Dans quel quartier de Paris verrais-tu ta première boutique ?

Je ne pense pas être assez préparé pour ça. Je cherche plutôt à proposer mes créations dans des shops qui vendent plusieurs marques comme Colette, Merci ou Montaigne Market. Je voudrais que mes créations interpellent une large foule qui aime également l’Art sous toutes ses formes. Quels sont tes créateurs favoris ?

J’en ai beaucoup ! Haider Ackermann, Riccardo Tisci, Nicolas Ghesquiere, Alber Elbaz, Yeoh Lee, et enfin ce très cher monsieur Yves Saint Laurent. Avec quel créateur aimerais-tu faire


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une collaboration ?

Je dirais plutôt avec une marque, qu’avec un créateur. J’adorerais collaborer avec Asos, Acne ou même Colette. Ils ont beaucoup d’attrait et j’aime les marques qu’ils présentent, leurs vitrines sont toujours très belles ! Quelles actrices ou it-girls aimerais-tu voir porter tes pièces ?

Mes préférées seraient Tilda Swinton, Clémence Poésy, Cate Blanchett, Astrid Berges-Frisbey et Marion Cotillard ! Leurs styles sont excentriques sans efforts particuliers ! Qu’est-ce que tu nous prépares pour ta prochaine collection ?

Pour la prochaine saison, je suis en train de travailler sur une collection qui sera plus facilement portable et accessible en terme de prix. Mes pièces sont très limitées mais c’est parce que je voulais que chaque femme qui en achète une se sente vraiment spéciale. C’est quelque chose que je devrais revoir pour le Printemps 2012 !

Que penserais-tu accessoires ?

de

créer

des

Je suis en train de m’intéresser à la création de chaussures justement ! Mes accessoires de tête, eux par contre, sont créés par une marque asiatique très connue : Sereni &Shentel. Allez voir ce qu’ils font : www. shereniandshentel.com ! Pour toi, le fashion faux pas à ne commettre sous aucun prétexte ?

Les hommes qui portent des leggings et des jupes ! J’ai toujours été contre ça, désolé ! Jonathan… Le mot de la fin ?

S’il vous plait, voyez-moi en tant que très jeune créateur, ce que je serai toujours d’une certaine façon, il y a toujours tellement de choses à apprendre sur la route ! Mais aussi, n’oubliez pas d’aller checker sur mon site ma nouvelle collection Printemps / Eté 2012, elle sera bientôt en ligne sur mon showroom !

La it-pièce qu’une femme doit absolument avoir dans sa garde robe, pour toi c’est …

Toutes les femmes devraient posséder une bonne paire d’escarpins classiques de chez Yves Saint Laurent ! C’est polyvalent et j’oserais même dire que ça va avec tout !

A noter : La collection Nue de Jonathan Liang est disponible en précommande sur le site Carnet de Mode.

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Par : Carrie Parango

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Interview

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espagnol Ysterike


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Sarah Lespagnol (qui ne l’est pas d’ailleurs) est une jeune femme brillante, qui grâce à ces ciseaux, son imagination débordante et sa personnalité, réussi avec brio à créer des collections de vêtements pour femme avec des pièces plus belles les unes que les autres ! C’est Girly et spontanée tout en restant chic mais percutant ! Ces créations mettent en valeur la femme et son pouvoir... Sarah runs this world, l’interview !

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Quel est ton parcours ? Comment astu commencé pour en arriver à être la créatrice d’Hysterike ?

Comment définirais-tu le style Ysterike ? Peux-tu nous décrire la femme Ysterike ?  

J’ai étudié à St Luc où j’ai compris que ma passion pouvait éventuellement devenir mon métier. Trois ans plus tard, je suis entrée à Esmod - Roubaix où j’ai énormément travaillé et surtout j’ai commencé à affirmer mon identité artistique. Je suis sortie Major de Promo Esmod 2008 ! C’est plus tard, après avoir été assistante pour Valerie Barkowski (Styliste, conceptrice, designer) qu’à mon retour en France j’ai crée ma propre marque : Ysterike.

La femme Ysterike affirme un goût prononcé pour la création sous toutes ses formes et affiche un intérêt inépuisable pour la mode. Elle est boulimique d’infos et sa tête est un carrousel d’influences. Ysterike est une dégaine, une atmosphère revendiquant le girly, le décalé, le brin «déglingué» et l’arrogant.

Comment définirais-tu ton parcours ?  

Mon parcours a été semé d’embuches et très stimulant, avec son lot de déceptions et de satisfactions aussi !

  Tu es jeune, fraiche et jolie ! As-tu eu des difficultés pour entrer dans le monde de la mode ?  

Je pense que mon âge et mon aspect physique ne m’ont pas spécialement aidé à entrer dans ce monde. Si tu veux mon humble avis, on ne juge pas les créations d’un styliste par son aspect physique, et encore heureux. Des difficultés, j’en rencontre tous les jours et je ne me sens pas encore complètement «intégrée» car la marque est toute jeune et commence seulement à faire parler d’elle tout doucement. Il faut s’armer encore un peu de patience je pense !

Y’a t-il une it-girl que tu aimerais avoir comme égérie d’Ysterike ?  

Oui, sans hésiter : Chloé Sevigny !

Même si tes créations me semblent parfaites pour un look sans accessoires, as-tu déjà pensée à faire des bijoux ?  

Oui parfois, mais j’ai pleins d’idées, j’ai toujours envie de faire un tas de choses ! J’ai même eu quelques demandes pour créer pour l’Homme, étonnant ! Mais pour l’instant, je préfère me concentrer sur Ysterike (Femme), car toute cette histoire me prend déjà un temps fou !

Ta fameuse robe «Miu Cupro» est un franc succès il faut l’avouer ! Est- ce que tu t’y attendais ?  

C’est assez difficile de prévoir un tel succès mais très vite j’ai senti aux vues des demandes qu’il fallait que je lance une nouvelle production de ces robes, à défaut de quoi j’aurais été SOLD OUT dès Février ! Le recul sur les pièces phares


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viendra avec le temps, je pourrai de mieux en mieux peaufiner les collections. Il ne faut pas oublier que c’était ma première collection ! Actuellement je suis plutôt prise par la préparation des salons Who’s Next et Capsule pour la présentation du P/E - 2012 ! Merci d’avoir répondu à mes questions Sarah !  

Mais merci à toi! www. ysterike.com

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Par : Alix Delahaye

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Interview Bird Song

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Illustration : Nawelle Saidi

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Pour conserver une longueur d’avance en terme de style, rien de tel que de se tenir au courant des nouveaux visages de la mode. C’est pourquoi nous sommes allés à la rencontre de My-Linh, parisienne immigrée à Marseille, dont la marque Bird Song, aux inspirations folk et vintage commence à creuser son trou.

Peux-tu nous présenter ta marque en quelques mots ?

BIRD SONG est une marque de vêtements et d’accessoires inspirée d’un univers poétique et raffiné, empreint de voyage et de liberté. Mon imagination se nourrit au contact de broderies anciennes, de plumes, de pétales et d’images d’oiseau. Il est à l’image de mon atelier : un vrai cabinet de curiosités ! D’où t’es venue l’idée de créer Bird Song ? 46

Le nom de ma marque s’est décidé à la suite d’un voyage à Tokyo où j’ai  lu « Bird Song »  au détour d’une rue. Ces deux mots m’ont tout de suite plu grâce à leur connotation de liberté, d’infini, de volupté et légèreté.   Une promenade accompagnée de chant d’oiseaux. Parle nous de tes inspirations (mode, musique, etc.)

Depuis le début de mon travail en tant que styliste, j’aime énormément travailler les broderies que je crée et dessine d’après des éléments anciens. La plupart de mes collections et créations se construisent autour de l’une d’entre elles. Je les déniche souvent par hasard, en chiant dans les vides-greniers ou dans les marchés aux puces. Et oui, l’idée d’une pièce nait parfois au fin fond d’une malle de grand-mère ! tJe choisis ces broderies avec minutie car je cherche la perle rare. Sa forme  doit être spéciale, et originale

dans sa technique de réalisation. Mon choix s’oriente en général vers des motifs et des styles nouveaux, car je suis toujours en quête d’inspiration. Le fait de m’appuyer sur des ouvrages anciens et parfois inachevés me permet d’associer une histoire, une anecdote à chacune de mes créations. Je puise ma créativité dans des styles oubliés, que je prends plaisir à adapter à l’esthétique moderne. J’aime penser qu’un motif ancien, placé autour d’une encolure, en bas d’une manche ou sur une robe en soie va déambuler dans les rues de Marseille ou Paris. C’est assez poétique. Je suis par ailleurs baignée du travail d’autres créateurs que j’admire : Isabel Marant , Tsumori Chisato , Marc Jacob , Erotokritos .... Je n’en ai pas un préféré ! Ce que j’aime au-delà de leur travail, c’est avant tout leur vision de la mode. Je ne travaille jamais sans musique, mais je ne suis pas focalisée sur un style en particulier. J’aime bien entendu le style rock’n folk, qui n’est pas sans rappeler l’esprit de mes collections. « Gold Lion » des Yeah Yeah Yeahs rythme mes journées, tout comme le son de Vampire Week End, des Last Shadow Puppets, d’Animal Collective… Il y en a beaucoup trop pour tous les citer ! Qui est la « Bird Song girl » ?

J’image une fille active, raffinée qui aime


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les créateurs pas tape à l’œil et qui reste authentique. Elle aime rêver, voyager, être curieuse , vivre librement. Elle décide de sa vie tout en ayant du goût pour les belles choses. Un petit avant-goût de la collection hiver pour nos lecteurs ?

J’ai choisi de travailler autour des oiseaux, tout en alliant cette inspiration à des matières confortables pour l’hiver. Mon thème n’est pas sans rappeler les indiens d’Amérique et le Far West. Ma silhouette de la saison est une femme conquérante, une pionnière de l’Ouest. J’ai utilisé des matières ethniques, qui ne sont pas sans rappeler également l’Amérique du sud, ainsi que des matières chaudes et brutes comme de la laine vierge et de la peau de mouton. Mon défi de la saison : faire de l’authentique tout en restant féminine et élégante. J’ai de ce fait réalisé des broderies en os sur mes vestes, placé des boutons en forme de corne, et créé une ligne de colliers d’inspiration vaudou. Des projets pour la marque ?

Après avoir été élue Coup de Cœur du LAB jeunes créateurs par le magazine ELLE, je vois cette saison avec optimisme ! En septembre, je serai au salon du prêt-àporter à Paris dans le corner « New Talents ». Je sens que tout va bouger très vite cette année, du moins je l’espère.

Un petit mot sur toi ?

Après avoir travaillé en tant que styliste à Paris pendant plus de 10 ans pour différentes marques de prêt-à-porter, telles que Sinéquanone, Corinne Sarrut ou encore Antik Batik, ainsi que dans des bureaux de style, j’ai décidé de créer ma propre marque. Depuis très jeune j’ai été attirée par le milieu de la mode et de la couture, et je me suis mise assez tôt à créer et coudre des vêtements chez moi. Grâce aux différents postes que j’ai occupé, j’ai eu la chance et la possibilité de beaucoup voyager, ce qui a considérablement nourri mon imagination. C’est justement grâce à mes pérégrinations, que j’ai découvert   l’Inde et sa culture encore préservée. Cela m’a totalement fascinée. Après plusieurs années de réflexion sans savoir comment réaliser mon projet, et suite à de multiples rencontres, j’ai enfin décidé de me lancer dans l’aventure  et de voler de mes propres ailes. Dans la vie, je suis réservée, timide et à mon sens discrète. J’aime par-dessus tout voyager, rencontrer de nouvelles cultures et échanger. Je suis aussi fan de musique et de cinéma, mais avec mon emploi du temps actuel, je ne trouve plus beaucoup de temps pour tous ces passe-temps ! Un conseil mode pour la saison à venir ?

Attention au mélange « Color Block », qui doit être manié avec précaution. Il faut choisir les bons assemblages de couleur

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afin de rester dans le bon goût ! Il est parfois nécessaire d’adapter les tendances vues dans les magazines à notre vie de tous les jours. Comprenez, une couleur subtile avec une autre plus flashy peut suffire quand on ne sait pas comment associer deux couleurs fortes. Bilan : My-Linh est LA jeune créatrice à suivre cet hiver ! Faites comme la rédaction de JOZE, filez sur son e-shop, il n’y a pas de moyen plus simple et élégant pour sortir du lot à la rentrée. 48

Points de ventes : Oogie Cours Julien 13005 Marseille Vanina Escoubeti rue Henry Monnier 75009 Paris Different Character rue de Charonne 75011 Paris Different Character 23, rue de Bordeaux 37000 Tours

Bijoux faits main (pièces uniques) : MATIÈRE PREMIÈRE 16 rue Lakanal 38000 Grenoble www.birdsong.fr www.lescreateursmarseillais.com


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Illustration : Laura Schneider

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Propos recueillis par : Vanessa Pheron

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Talent D’ICI

Ava Hervier « La chimie c’était beaucoup plus marrant, mélanger des trucs et faire des expériences.... »

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Je m’appelle Ava mais mes amis m’appellent souvent Monique. J’ai 28 ans et j’habite Paris dans un petit appartement. J’adore la mer. J’essaie donc que ma maison ressemble le plus possible à une petite cabane au bord de la plage. Bienvenue à La Cabana ! Si vous voulez tout savoir, comme études j’ai fait un master d’Histoire du Cinéma à la Sorbonne, et en même temps j’ai pris des cours de théâtre (Cours Florent puis Conservatoire Municipal Francis Poulenc) et des cours de chant - Jazz puis Lyrique. Ce que je préférais à l’école c’était les garçons et les cours de langues. J’ai commencé très tôt, j’étais très forte. J’aimais aussi l’Histoire et les Arts Plastiques. Et puis les poésies. En revanche je détestais le sport. J’étais toujours la dernière en endurance. Et la physique. Ma logique était nulle. La chimie c’était beaucoup plus marrant, mélanger des trucs et faire des expériences...

Aujourd’hui je suis dans le veux aller. J’aime être modifiée physiquement après avoir été en milieu artistique. contact avec une oeuvre. Sortir Si vous voulez que je vous d’un concert, d’une pièce, d’un explique un peu mieux ce que film bouleversée, d’une lecture je fais, en fait je joue, je chante, inspirée, avec plein de nouvelles j’écris, je mets en scène, en idées en tête. Ce sont des gens un mot : je crée et j’invente, qui me touchent au corps. j’incarne et je construis. J’essaie Entre autres dans le désordre : de foutre un peu le bordel, de Bjork, Rita Mitsouko, Pedro travailler pour les autres d’une Almodovar, mon ami et brillant part et d’autre part de proposer réalisateur Steven Eastwood, aux gens mon univers à travers Jackson and his computer des formes artistiques variées. band, Ark, Matthew Herbert, Faire rire, faire pleurer, faire Charlie Kaufman, Flight of the Conchords, Black Keys, bander. Hanni el Khatib, Bob Dylan, le Dans mon domaine, les artistes photographe Ryan Mac Ginley. que j’admire : oh la la, la liste Récemment j’ai découvert la est longue. Plein d’artistes, poésie du grand auteur grec chanteurs, poètes, musiciens, Odysseus Elytis. Magnifique. acteurs, metteurs en scène, réalisateurs m’inspirent. Ce Et si je pouvais vomir sur sont tous des gens qui proposent quelqu’un ce serait : une vision du monde singulière sur certains politiques. et originale, avec un univers fort, parfois bizarre, qui ont Je ne suis pas sure que j’aurais des choses à dire, qu’ils soient le temps de viser ma cible si drôles, émouvants, tragiques, cela devait arriver. Enfin si poétiques ou les 4 à la fois. j’arrivais à être assez près d’eux Ce sont des artistes dont le pour leur vomir dessus, je ne travail me rend un peu plus suis pas sure que je passerais intelligente, me façonne, m’aide par cette technique là pour à créer et comprendre où je leur dire ce que j’en pense.


Une petite astuce : Serrer les dents pour garder les meilleurs morceaux.

Photo : Bertrand Hennet

A court terme ce qu’il va se passer pour moi : je sors d’un concert cet été et vais jouer les 13, 14 et 15 septembre dans La pluie d’été de Marguerite Duras mise en scène de Lucas Bonnifait à la Maison des Métallos à Paris pour la premier édition du Festival « Une semaine en compagnie ». Puis nous partons jouer à Montpellier les 21, 22 et 23 septembre au Théâtre du Hangar. Avec Lipstick Std on prévoit de sortir un EP en Novembre 2011. Et puis je commence à démarcher les maisons de disques avec mon projet Ava’s Verden du coup on va faire plein de concerts pour que les gens nous voient. Les blogs dans lesquels vous pouvez voir mes œuvres : myspace.com/avasverden myspace.com/lipstickstd clubdelavieinimitable.tumblr. com/ Si je devais rajouter quelque chose ce serait Make love not Warcraft (cf South Park) !

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Propos recueillis par : Pauline Furman

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Talent D’ICI

My Sweet Lady Jane « Tous ces poètes m’ont toujours fait penser à des rock stars ! »

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Nous sommes Anne Camille et Anthony. Notre groupe s’appelle My Sweet Lady Jane. Ce nom est tiré d’une chanson des Rolling Stones qui est une déclaration très poétique, gracieuse. Le groupe est né de la même manière... quelques temps après notre rencontre. Si vous voulez tout savoir, professionnellement, nous avons des parcours assez différents Anne Camille : J’ai fait l’école de design Camondo, et j’espère un jour être designer. Je travaille en Freelance pour le moment et suis sur un projet de luminaires. Anthony : J’ai fait des études de médiation culturelle à Toulouse et suis actuellement chargé de communication à Radio France.   Ce que l’on préférait à  l’école, c’était : Anthony : Les cours de français. Tous ces poètes m’ont toujours fait penser à des rock stars ! C’était drôle d’entendre les profs, très sérieux, raconter

les déboires des uns et des sonner, à harmoniser… autres. En tout cas ça m’a Gainsbourg et Daho arrivent donné envie d’écrire des textes. à marier le français et la pop à la perfection. Plus récemment, Anne Camille : De mon côté, Bertrand Burgalat ou même c’était plutôt les kermesses ! Séverin assurent la relève. Et ma prof de philo qui nous parlait toujours de son chien, Anne Camille : J’aime beaucoup Jane Birkin, avec sa voix fragile Socrate (!). et son petit accent distingué, Si vous voulez que l’on vous et un petit groupe de nénettes explique un peu mieux ce que découvert il y a peu : «Au revoir l’on fait, en fait nous faisons Simone». de la pop française acoustique.   On cherche à travailler des Et si on pouvait vomir sur mélodies intéressantes sur des quelqu’un ce serait : textes axés sur les différentes Anthony : Nos anciens voisins ! relations de couple. Certaines Sans commentaires ! chansons restent dans une Anne Camille : Sur le chat du thématique femme-enfant, voisin qui me matte sous la d’autres sont un peu plus... douche ! violentes dirons-nous. Le but est   de rester romantique dans tous A court terme ce qu’il va se passer pour nous : les cas ! On démarre, c’est le tout début,   Dans notre domaine, les artistes on espère enregistrer un EP cet été ou pour la rentrée, et que nous admirons sont : Anthony : les groupes de rock puis enchaîner avec quelques anglais, pour leurs mélodies, concerts. On a déjà commencé leurs arrangements, leur à jouer dans les rues autours de côté désinvolte, et bien sur chez nous… leur dandysme. Et puis il y   a les artistes français... Il y a tellement de mots à faire


Dans quelques années on aimerait Anthony : Que le Fouquet’s devienne ma cantine ! Anne Camille : Savoir jouer de la guitare !   Les blogs dans lesquels vous pouvez découvrir notre musique : Myspace, Facebook   Si vous deviez rajouter quelque chose ce serait : N’hésitez pas à aller écouter ce qu’on fait, à faire circuler l’info et à chanter nos chansons autour d’un bon vin !

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Propos recueillis par : Florian Letort

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Talent D’ici

Léa Le Bricomte «...collaborer avec un concepteur et fabriquant de parachute, des armuriers, des collectionneurs d’armes à feu, des jardiniers…»

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Je m’appelle Léa mais mes amis plusieurs niveaux de réalités. m’appellent souvent pareil ! J’opère des analogies J’ai 24 ans et j’habite Paris. entre la société humaine et le monde organique en Si vous voulez tout savoir, comme interrogeant les normes de études,  j’ai fait les Beaux-Arts fonctionnalité et de rationalité de Caen dont je suis diplômée, (aseptisation,marchandisation un stage de spéléologie et de du vivant, aliénation, nombreuses années de yoga. rendement ). Mes images organiques mêlant Ce que je préférais à l’école corps et escargots nous font c’était  la kermesse de fin osciller entre désir et répulsion. d‘année et aussi faire des Je propose de nouvelles sauvetages d’insectes dans la alliances entre l’Homme et cour de récré. la nature. Par des glissements subtils, j’entreprends des Aujourd’hui je suis dans le mutations qui transforment les milieu de l’art contemporain et signes violents (balles, obus, je l’ai choisi car il est imaginatif médailles militaires…) en et ouvert à tous les profils. Je signaux poétiques et sensibles. suis ici car tout me semble Je développe une Esthétique possible, mes projets récents Sécrétionnelle. m’ont permis de collaborer avec un concepteur et fabriquant de Dans mon domaine, les artistes parachute, des armuriers, des que j’admire sont Chris Burden, collectionneurs d’armes à feu, James Lee Bryars, Hans Haacke, des jardiniers… Les artistes Mathew Barney , Joseph Beuys, sont des généralistes dans une Yves Klein, Fabrice Hyber, société de spécialisation… Hubert Duprat, Gilles Barbier, Michel Journiac, Robert Si vous voulez que je vous Filliou... explique un peu mieux ce que je fais, en fait je développe un Et si je pouvais vomir sur travail fictionnel qui dévoile quelqu’un ce serait tous ces

gens qui ont le pouvoir de transformer concrètement le sort de l’humanité mais qui préfèrent se vautrer dans le pouvoir et la spéculation et qui entretiennent activement le règne de l’argent roi. A court terme ce qu’il va se passer pour moi c’est que je vais participer à un festival de performances au Portugal, puis je vais faire un voyage à Bangkok pour réaliser une exposition collective. Dans quelques années j’aimerais réaliser un très grand projet, très fou… Les blogs dans lesquels vous pouvez voir mes œuvres : www.xxxxxxxxxx.com, Myspace sur Facebook aussi.


Apât, photographie numérique, Léa Le Bricomte, 2010.

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Par : Vanessa Pheron

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Interview

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iLasnVegas a Photos : Marilyn Mugot Stylisme : Chloé Assos, assistée par Ludivine Corbino Direction Artistique : Zoé Galland & Carrie Parango


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Nina Las Vegas, c’est une Djette pas encore connue chez nous mais qui fait un tabac en Australie ! Cette jeune femme super lookée y anime plusieurs émissions de radio, mixe en soirée et pour le coup, illustre bien le girl power. Joze a profité de son (court) passage à Paris pour la rencontrer, l’immortaliser en quelques clichés et l’interviewer pour en savoir plus sur ses (nobles) intentions dans la musique ! Hello Nina ! Pour commencer pouvez-vous, vous présenter a nos rédacteurs?

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Je m’appelle Nina Las Vegas, je suis présentatrice radio pour Triple J en Australie (http://triplej.net.au). J’anime 2 émissions  : House Party et Mix Up Exclusives. Quand je ne suis pas à la radio, je suis DJ un peu partout dans le pays, seule ou avec Anna Lunoe et Bad Ezzy as Hoops. J’ai aussi créé Heaps Decent avec mes amis DJs Diplo and Levins  qui a pour but de découvrir et de nourrir la créativité de jeunes défavorisés et des aborigènes.  Oui, j’ai beaucoup de travail !   Viens-tu vraiment de Las Vegas ?

Ah non pas du tout ! J’ai grandi dans une petite ville appelée Wagga Wagga (non, je ne plaisante pas !).  

Alors, peux-tu nous dire pourquoi tu as choisi ce surnom « Las Vegas » ?

En fait, mon nom vient d’un ami qui chantait « Nina Las Vegas » d’après le célèbre « Viva Las Vegas » d’Elvis Presley !   Quelles sont tes influences musicales ?

Quand j’étais plus jeune mes parents m’ont « forcée » à faire de la musique. J’ai pris des leçons de piano classique pendant des années. A l’époque je détestais ça mais au final c’est venu !   Est-ce que tu as été influencée par des

DJs ou par des chanteurs ?

J’ai commencé le DJing au moment où Spank Rock, M.I.A, Diplo et toute la scène club de Baltimore était entrain d’exploser. En ce moment j’écoute pas mal de choses différentes  : du Hip Hop des années 90, en passant par la Dupstep, le UK Garage, la House, l’Indu Dance et bien d’autres styles encore… Après m’être plongée dans autant de sons différents, il n’est pas surprenant que mes influences soit celles qu’elles sont aujourd’hui et changent tous les jours !   Aujourd’hui j’adore les producteurs anglais comme Mele, SBTRKT, Toddla T and Bremnar, the American Trouble & Bass team of DJs and producers, Jamaica’s Vybz Kartel, France’s Canblaster (et le reste de   Club Cheval Crew), j’aime beaucoup aussi le nouveau Hip Hop et R’n’B émergent comme Frank Ocean, Waka Flocka Flame, Lil B et bien sur les nouveau sons de Beyoncé ! Et tellement d’autres !  

Quand as-tu commencé à mixer et pourquoi ?

Après avoir seulement dansé sur des mix de DJs masculins, j’ai commencé à mixer pour pouvoir lancer une soirée « all-girls » avec mes copines DJs Bad Ezzy et Anna Lunoe, une soirée Jam qui se tient au Hoops tous les moins maintenant !  

Quels sont tes futurs projets dans la


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musique ?

Malheureusement, je travaille pratiquement 7 jours sur 7  ! Je voudrais vraiment faire plus de musique mais je n’ai littéralement pas le temps. Pour le moment je me concentre sur d’incroyables DJ sets et sur des mix en radio.   Quelles sont tes caractéristiques ?    Je porte toujours des bijoux dorés et j’aime beaucoup mettre de l’eye-liner très noir et avoir des cils très épais. J’ai habituellement une longue (et envahissante) frange et mes cheveux sont dans tous les sens à la fin de chacun de mes sets !    En quelques mots, peux-tu nous décrire ton style ?

Coloré et un peu bordélique !  

sent tellement bien en les portant !    Quels sont tes créateurs préférés ?

Ok, alors là je vais citer mes créateur australien préférés : Stylestalker, Natalie Wood/Something Else, Michelle Robinson, Ksubi, Josh Goot, Lover, Elke Jewelry and Graz Eyewear. Ceci dit je suis aussi fan de Johathan Saunders et de Mandy Coon.   En une phrase peux-tu nous décrire ta philosophie de vie ?

Quand tu as trouvé ce qui te rend le plus heureux, fais-le, du mieux que tu peux.    Un dernier mot pour tes fans français ?

Je ne vais pas faire que revenir, mais rester plus d’une semaine la prochaine fois !

Qu’est-ce que tu penses de la Mode ?

J’ai l’impression de m’y intéresser de plus en plus. Il y a quelques années, grâce à mon petit ami de l’époque (qui était un français très stylé), j’ai réalisé que plus on mettait de l’énergie à créer son propre style, plus les gens remarquent ce que l’on porte. C’est une philosophie simple, mais des fois c’est facile d’oublier que des belles pièces et de belles tenues plaisent. Je crois que mon banquier doit me détester, j’ai dépensé tellement d’argent en vêtement ces derniers temps, surtout pour des tenues de scène ! Et puis, on se

Retrouvez-la sur Myspace et sur Facebook

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Par : Joannie Beke

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Interview

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Illustration : Nawelle Saidi

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Yatuu, c’est l’héroïne de l’album illustré « Moi, 20 ans, diplômée, motivée... exploitée ! ». Son auteure, 23 ans, multiplie les stages conventionnés ! Inscrite à l’université pour avoir les conventions tant réclamées, elle fait partie de ces « étudiants fantômes », forcés de trouver des combines pour s’adapter à ces entreprises devenues friandes des « offres de stage conventionné». Lassée et agacée par cette situation précaire, elle décide de créer son blog et de s’y défouler en dessins. Yatuu commence à se faire connaître et nombreux sont celles et ceux qui se reconnaissent dans ses aventures ! On a voulu en savoir plus sur celle qui se cache derrière cette petite rigolote. Yatuu, peux-tu nous parler de ton parcours jusqu’ici pour qu’on resitue le contexte ?

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J’ai 23 ans, j’ai fait des études en Arts Appliqués puis en Communication Visuelle. C’est tout de suite après avoir eu le diplôme que j’ai commencé à enchainer les stages dans des agences de publicités. Faute de pouvoir être indépendante, malgré le «salaire exorbitant» du stagiaire, je vis donc toujours chez mes parents. Et concernant le dessin, étant donné que c’est une très grande passion depuis que je suis petite, je vais essayer de continuer dans cette voie-là. Vu que j’ai déjà mis un pied dans ce monde, autant mettre les deux maintenant ! Tu peux nous dire ton vrai prénom ?

Sous le pseudo, un peu bizarre je l’avoue, de Yatuu se cache en fait Cyndi Barbero. Combien de stages as-tu à ton actif ?

J’en suis à cinq ! As-tu déjà fini par claquer la porte d’un stage ?

Non ça ne m’est jamais arrivé. J’y ai pensé j’avoue, mais j’ai préféré continuer jusqu’à la fin. On ne sait jamais sur quoi on va tomber à la place ! L’héroïne de ton album «Moi, 20 ans, diplômée, motivée... exploitée !» te ressemble-t-elle ?

Physiquement pas vraiment, à part la mèche et la longueur des cheveux ! Niveau caractère, l’héroïne est assez naïve, tout comme moi ! As-tu fait ressembler physiquement certains de tes personnages à des personnes réelles que tu as pu rencontrer au cours de tes stages, dans ton entourage, etc ?

Non le physique de chaque personnage a été un peu modifié justement pour ne pas qu’ils s’y reconnaissent. Si jamais ils devaient lire l’album ou le blog autant qu’ils les lisent l’esprit tranquille ! Tout ton entourage est-il au courant que tu es Yatuu, ou le caches-tu à une partie ?

Mon entourage en globalité est au courant. Ceux qui ne le savent peut-être pas ce sont les ex-collègues et boss. Qu’ils le sachent ou pas ce n’est plus vraiment un problème, ils peuvent le prendre bien ou même rire aussi. Comment est arrivé ce projet d’album illustré dans ta vie ?

A la création du blog je n’avais pas du tout le projet d’être éditée. J’avais juste besoin d’une plateforme pour me défouler et pour faire partager des anecdotes avec les autres. Quelques mois plus tard un journaliste d’Envoyé Spéciale m’a interviewé au sujet de mon parcours de stagiaires et de mon blog pour un sujet sur la précarité


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des stagiaires. Comme il aimait bien ce que je faisais il m’a passé un contact de chez 12bis. Je leur ai montré mon travail et ils ont beaucoup aimé ! J’étais vraiment mais vraiment très heureuse ! Le «succès» a-t-il été au rendez-vous ?

On va dire que le blog ne marche pas trop mal, j’ai dépassé les 400 000 visites. De plus en plus de gens viennent sur le blog et c’est vrai que je ne m’attendais pas à atteindre ce nombre de visites (ni même être éditée !) et j’en suis très contente ! As-tu rencontré des « fans » de Yatuu ?

J’en ai rencontré notamment aux séances de dédicaces. C’est vraiment un grand plaisir de rencontrer en vrai les lecteurs et de discuter avec eux ! Qu’en pensent tes parents, ta famille, tes amis, collègues ?

En général ils sont tous très contents pour moi et fiers. Y’a-t’il un avant/après l’album «Moi, 20 ans, diplômée, motivée... exploitée !» ?

Cet album est le premier mais ne sera pas le dernier ! Je compte en faire d’autres tout en bossant en tant qu’illustratrice. Et le permis, ça avance ? (ndlr : Oui, comme nous, Yatuu ou plutôt Cindy, passe son permis !)

Ouais... J’essaye d’y aller régulièrement mais mon nombre de fautes a du mal à baisser. La salle de code a un pouvoir soporifique, c’est incroyable ! Le mot de la fin : un conseil, une pensée pour tous les stagiaires de France ?

Essayez de tirer un maximum de choses de votre stage et ne vous laissez pas marcher sur les pieds ! A noter : Vous pouvez retrouver Yatuu sur son blog  : yatuu.fr et son album «  Moi, 20 ans, diplômée, motivée… Exploitée ! » édition 12bis, dans toutes les librairies pour 13,50 €.

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Par : Vanessa Pheron

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Interview

G als

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Rock


Illustration : Nawelle Saidi

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Il y a des filles comme ça : pleines d’originalités et d’idées brillantes. Pauline et Clémence en font partie. Elles ont eu l’idée géniale d’ouvrir à Pigalle un lieu dédié à la culture rock féminine. On y trouve tout un tas de choses très cool : des disques, des fringues et des accessoires choisis avec goût. Gals Rock est en passe de devenir une adresse incontournable pour tous les passionnés de Rock, de guitares qui grincent, de voix féminines qui déraillent et de looks rockabilly. Un endroit très sympa où écouter des disques, boire un café, parler musique ou assister à des showcases intimistes tout en voix et guitare sèche. Écoutons Clémence nous parler de ce lieu concept inédit à Paris. Comment est née l’idée d’ouvrir votre boutique ?

Nous avons la même passion pour la musique, Pauline et moi. L’idée d’ouvrir cette boutique nous est venue au cours d’un voyage en Autriche. Nous y avons rencontré beaucoup d’excellents groupes et pris conscience que bon nombre d’entre eux n’étaient pas ou très peu distribués en France et méritaient d’être mis en avant. Nous avons voulu agir à notre échelle. 76

Cette boutique regroupe nos différents univers. Musical d’abord autour d’artistes comme Patti Smith ou PJ Harvey et des groupes plus méconnus qui nous tiennent à cœur. On y trouve aussi des vêtements, des livres et accessoires qui nous ressemblent. Si vous deviez définir ce lieu ?

Pour résumer, on dit souvent qu’il s’agit d’un lieu dédié à la culture rock féminine, mais ce n’est pas aussi réducteur. C’est avant tout un lieu de partage et de découverte. Les gens viennent découvrir des disques, prennent le temps de se poser, boire un café. Nous organisons aussi des show case dans la boutique, mais aussi à l’extérieur comme à la Flèche d’Or ou encore à l’International. Pourquoi avoir choisi de vous installer à Pigalle ?

Pigalle est un quartier qui accueille

différents aspects de la musique. La rue Victor Massé, située juste au dessus de la boutique, est très connue pour ses magasins de guitares. Il y a des salle de concerts, La Cigale, la Boule Noire pour ne citer qu’elles mais c’est surtout un quartier que l’on aime beaucoup et c’est naturellement que nous nous y sommes installées. Quand avez-vous pris conscience de la nécessité d’un tel lieu dans Paris ?

C’est un projet qui a mûri durant au moins cinq-six ans. Nous étions étonnées de voir qu’il n’existait aucun lieu de ce genre à Paris et après plusieurs années de réflexion et de concertation nous nous sommes lancées. On peut parler de pionnières dans le genre, non ?

C’est un concept certes inédit mais non, nous ne nous considérons pas comme des pionnières. Nous n’en avons pas la prétention. C’est notre univers qui est mis en avant. Nous ne nous sommes pas dit : “Tiens on va faire un lieu dédiée à la culture rock féminine… qu’est ce qu’on va pouvoir y mettre ?” Les choses ne se sont pas faites dans ce sens. Heureusement beaucoup d’autres gens partagent ces mêmes univers musicaux, artistiques... La dimension personnelle est très importante dans ce projet. Nous voulions avant tout nous faire plaisir.


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Peut-on parler féministe ?

d’activisme

rock

La démarche peut être interprétée comme féministe mais ce n’était pas notre volonté au départ. Nous avons tout bonnement pris conscience que, d’une part, nombre de groupes, d’artistes, de claques musicales que nous nous sommes prises avaient pour dénominateur commun une voix ou une écriture féminine. D’autre part, trop peu d’artistes femmes sont mises en avant pour autre chose que leurs qualités plastiques ou leurs personnalités. Nous voulions surtout donner la possibilité à des groupes de filles d’être écoutées pour leurs qualités artistiques avant tout. Néanmoins, nous avons beau être sensibles aux qualités des groupes féminins, nous n’excluons pas les mecs. Ce n’est pas un lieu réservé aux filles. Et à notre grande surprise nous sommes plébiscitées par un large public masculin.

projet et compris qu’on s’adressait avant tout à des passionnées. Mais comment vous est venue l’idée d’organiser des concerts dans la boutique ?

Les concerts à l’extérieur faisaient partie du projet initial. C’était primordial pour nous de montrer les différentes facettes d’un artiste ou d’un groupe. Le travail en studio d’abord au travers du disque mais aussi ses prestations sur scène parce que ça fait partie du travail artistique. Les show case en boutique ne nous paraissaient pas envisageables dans un premier temps. Le lieu n’étant pas très grand, nous avions abandonné l’idée jusqu’à cette proposition de Milkymee. Un concert dans la boutique juste avant son départ au Japon. C’était comme recevoir un artiste dans son salon. Intimiste et convivial. Nous avons retenté l’expérience à plusieurs reprises et cela se passe toujours très bien.

Est ce que le fait d’être une femme à facilité ou compliqué la mise en place de ce projet ?

Comment se fait la sélection des artistes et créateurs présentés en boutique ?

Je ne sais pas si le fait d’être deux femmes jeunes a joué en notre défaveur, mais cela n’a pas vraiment été un atout. Le financement par exemple n’a pas été facile. Notre projet concernait trois secteurs d’activités en chute libre : le livre, la musique, la mode. A vrai dire les banques n’étaient pas très emballées. Nous avons eu la chance de rencontrer en dernier lieu quelqu’un qui a cru en notre

La sélection est très subjective. Il faut avant tout que cela nous plaise. Nous fonctionnons au coup de cœur. Nous ne sommes pas du tout dans une démarche commerciale du genre : “Tel groupe ne nous plaît pas mais il va y avoir beaucoup de presse autour, alors il faut absolument qu’on l’ait...” Les gens aiment le fait qu’on puisse défendre chaque disque ou chaque produit disponible au magasin. Nous

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avons sollicité des artistes comme Dana Wyse que nous respectons et dont nous admirons le travail, mais aussi Stéphane Verdino qui pour la peine est un créateur homme qu’on adore et qui réalise des pièces assez mixtes. Nous sommes aussi démarchées par d’autres artistes créateurs. Nous choisissons en fonction de nos goûts.

musicales autour de playlists que nous réalisons pour différents lieux : des galeries entre autres. Que peux-t’on vous souhaiter pour la suite ?

De continuer sur la même lancée.

Si vous deviez nous recommander deux pièces disponibles en boutique ?

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C’est très difficile, c’est un peu comme demander à une maman de choisir parmi ses petits. Mais si je devais choisir je recommanderais le dernier album de Clara Luzia : Falling into place parce qu’il est très intéressant mais aussi parce que le projet est né suite à la rencontre avec cette artiste. En ce qui concerne la mode, nous avons lancé une collection de chemises qui nous ressemble et à un prix intéressant. Nous avons choisi les tissus et collaboré avec une modéliste. Les produits sont fabriqués en France, nous avons tout réalisé de A à Z et nous sommes heureuses de constater qu’elles plaisent beaucoup aux femmes. Voilà ! Quels sont vos projet en cours ?

Nous travaillons toujours sur l’organisation des concerts. Depuis un an, nous sommes aussi Dj. Nous ne mixons pas. On passe des disques et on adore ça. C’est quelque chose que nous avons envie de développer. Dans le même temps, nous avons commencé à créer des ambiances

www.galsrock.fr 17 rue Henry Monnier Paris 9ème


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Par : Florian Letort

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Portrait

Maman Records C’est pas de la musique de tata.

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Les musiques électroniques évoluent de jour en jour, ou plutôt de période (hype) en période (hype). C’est ainsi que, ponctuellement, nous voyons émerger de nouveaux labels. Certains tombent violement dans l’oubli (on ne citera personne) et d’autre se pavanent chez Colette et font vraiment parler d’eux.

après avoir écouté (« avec des oreilles neuves ») les protégés de Bruno de la rue de la Pierre-Levée, on se rend compte que ce n’est pas vraiment original. C’est sympa à écouter (sauf les homonymes de Paul Stanley), mais on a du mal à trouver l’originalité ou plutôt « l’expérimentation expérimentale » recherchée…

Maman Records s’est fait découvrir du grand public il y a peu. En effet, le premier album de Kisses s’est, gentiment mais sûrement, frayé un chemin dans la sphère médiatique. Des chroniques dans Libé, Trax, Grazia, les Inrocks, Le Grand Journal de Canal +, etc. Alors, vous me direz, « mais qu’est-ce qui zy connaissent à la musique les types des Inrocks, de Libé ou du Grand Journal » (surtout le Grand Journal… ben ouais les gars, elle paraît peut-être sympa cette chroniqueuse, mais sa principale qualité reste d’assortir la musique de son hypod à sa nouvelle robe).

On ne va pas épiloguer sur les débuts du label. On espère juste une plus grande prise de risque. Ou au moins, celle annoncée.

Et bien je vous répondrais que Tsugi en a parlé et ça, c’est quand même pas rien. On va être honnête (encore une fois) «The Heart of The Nightlife» n’est pas transcendant, mais c’est parfait pour l’été. Ca se laisse gentiment écouter et franchement, on en demande pas plus en ce moment, surtout à un tout jeune label lorsque l’on connaît les difficultés qu’éprouve actuellement la sphère (oui c’est un article sphérique) musicale. Chez Maman, on se veut expérimentateur, on s’en targue même. Si bien que le dossier de presse ressemble plus à une liste de synonymes dudit mot. En fait,

Pour écouter les sons du label c’est ici : Greatest Hits, Leno Lovecraft, Kisses.


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Par : Vanessa Pheron

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Nouveau Souffle

1995 «La Source» Un vent nouveau souffle sur le Hip Hop !

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Il était temps. Après des années de perdition totale, le Rap français revient à ses vraies valeurs. 1995 (prononcez un-neuf-neuf-cinq) c’est 5 MC’s : Areno Jaz, Nekfeu, Fonky Flav, Alpha Wann et Sneazzy, bourrés de talent, en provenance direct de la région parisienne. Des free-styles remarqués sur internet (plus d’un million de vues sur Youtube), une culture musicale très pointue, des samples excellentissimes et une parfaite maîtrise des réseaux sociaux ont permis à ces cinq prodiges du rap de jouer rapidement dans la cour des grands. Pas de temps à perdre. La première partie de Booba, une collaboration avec le crew L’Entourage, des clips « hardcores » et nous voilà revenus au bon vieux temps du Rap à l’ancienne : des univers, des histoires, des ascensions fulgurantes qui nous faisaient rêver. Après la première écoute de l’Ep « La Source », on reste comme stoïque. Il mérite carrément le détour. Les amateurs de flow poussif seront rassasiés: cet album regorge de véritables pépites : « La flemme », «Laisser une empreinte» et le titre éponyme « La source ». « On prend l’rap à la source », « Le rap était mieux demain », « On vient barrer le passé pour tracer une ère nouvelle », « 1995 L’équipe qui te met des gifles au micro »; La combinaison de phrases courtes à des concepts chocs donne toute la dimension authentique de cet album.

Nous sommes à des années lumières des prétentions bourgeoises dans lesquelles se noie le RAP français actuel. Tenter de nous convaincre en huit titres et pas un de plus, voilà le pari vachement culotté que proposent ces cinq lascars. Huit titres qui sonnent comme de véritables professions de foi. Une immersion impudique au plus près de leur quotidien : drôle, moche, sale, vrai. Aaaaah c’est qu’il nous a manqué le Rap naturaliste où les mots sonnaient comme des coups de poing : violents, déstabilisants, intenses. On a presque l’impression de faire un saut dans le temps au moment où le Rap était tellement mieux et pourquoi pas en 1995 par exemple ?

Pour écouter 1995 c’est ici


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Par : Florian Letort

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Appel au secours

Arrête-toi Laurent … A quand la date de péremption tatouée sur le front d’un DJ devenu trop mollasson ou d’une pop star qui vire trop électro pour surfer sur la tendance ? En attendant, à la Rédac’ des fois, entre deux verres, on pousse des coups de gueule. Et parce qu’on a décidé d’être totalement transparents avec vous (comme les politiques mais en mieux), on a ouvert la rubrique Appel au Secours.

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Plus de 20 ans. Cela fait plus de 20 ans qu’il a débuté. L’époque bénie où l’Angleterre nous faisait encore vibrer avec sa créativité musicale. L’époque où l’on prenait volontiers un bateau pour traverser la Manche et s’extasier lorsque les vagues de beats s’effondraient sur nous. Manchester était devenue son royaume. Ce jeune frenchie, en plein service militaire, faisait danser les mancuniens chaque week-end. L’Hacienda était devenue son repère. Quand d’autres occupaient l’Allemagne désunie, lui, jouait avec ses vinyles. Il explorait les sons venus de Detroit, et les remodelait à l’anglaise. A force de travail, il finit par être accepté par ce pays du rock. De retour en France, il transforme, avec d’autres bien sûr, les quelques lieux de la capitale toujours accroché à la musique d’Elvis. Nous lui devons un peu le Rex club. L’émergence d’un nouveau genre musical populaire permet toutes les fantaisies et toutes les créations, même les plus folles. C’est ainsi que le Rex devint un haut lieu des musiques électroniques.  C’est ainsi que la techno est entrée en France. 

C’est ainsi que Laurent Garnier a creusé sa tombe sonore. Etre fondateur de la French Touch, c’est bâtir un mur qui vous empêchera par la suite d’avancer. Les Daft Punk pourront aisément en témoigner. L’étiquetage rend difficile l’évolution. Depuis la moitié des 1990’s, L.G. n’a jamais réussi à transformer son son. Ces nappes si caractéristiques sont toujours présentes, tout comme ce beat si emblématique de la décennie Spice Girls. Chacun de ses albums, depuis l’heureuse période évoquée précédemment, ont des relents passéistes. Garnier est bloqué. Il est toujours enthousiasmant d’apprendre la sortie d’une nouvelle création, mais tellement décevant d’entendre la même chose.  Nous t’avons toujours aimé Laurent. Mais ton lent décès forme en nous une mélancolie douce heureuse. Un peu comme un album de Zend Avesta. Paix à ton âme Laurent. 


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Par : Florian Letort

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Deuil

Good bye, Murphy ! Les meilleurs partent toujours les premiers… Contrairement à l’Appel au Secours, l’Adieu parle de ces artistes, ces groupes qu’on aimait tant et qui sont partis trop tôt. Un dernier single, un ultime tour, une séparation pour faire carrière en solo, la fin avant l’heure peut-être ? Comme un hommage, un ultime baiser à notre amour de vacances, un dernier regard par-dessus l’épaule et voilà, le train est parti et on est sur le quai, comme des cons, à attendre notre prochain coup de cœur musical. Bah merci !

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Alors voilà, comme tout le monde le sait ou presque, certains devraient arrêter de faire l’autruche, LCD Sound Sytem, l’ambitieux projet de James Murphy vient de s’arrêter. Au sommet, le génial producteur brooklynois a préféré se stopper. Sûrement pour ne pas tomber de haut comme beaucoup ont pu le faire avant lui. Déjà, cette «  séparation  » m’avait fait un petit quelque chose. Je n’avais pas apprécié cette fin.  Beaucoup considèrent ça comme incroyable de ne pas avoir attendu la décrépitude pour mettre un coup de frein à des productions qui n’en finissaient plus de nous étonner, et ça dans le bon sens du terme. Honnêtement, je préfère m’abstenir de répondre à ces derniers. Mais bon, pour l’instant il ne s’agissait que de LCDSS et je n’en n’étais pas à me jeter sous un bus. Mais il y a peu, en faisant des recherches pour une fabuleuse chronique (ou « chronique » tout court), je suis tombé sur la liste des futurs concert de The Music. Oui, oui The Music.   Mais si, souvenez-vous, ce groupe de Leeds. Un combo anglais du début des

années 2000, au mélange envoûtant de pop, de rock, de dance et d’un je ne sais quoi d’agrippant. Je crois n’avoir d’ailleurs jamais utilisé cet adjectif pour un album, mais là, rien de moins vrai que cette qualification. Bref, je suis donc tombé sur cette fameuse liste de concert. Il n’en reste tout au plus que sept. Quatre au Japon (super…), un à Londres et les deux derniers à l’O2 Academy de Leeds. Comment ça « The Music have announced a series of final shows in Japan and England before going their separate ways at the end of this Summer.  »  ? Comment ça «  final show  »  ? Et pourquoi « before going their separate » ? En lisant ces derniers mots, je cru lire les dernières phrases d’un ami agonisant, planifiant la fin, sans penser une seule seconde au lecteur, pétrifié par un horrible mélange de détresse, panique, peur, tristesse, d’affolement et de rancune.  Mais pourquoi  ? Pourquoi une telle séparation  ? Seront-ils plus heureux  ? le serai-je  ? Non forcément pas  ! Alors pourquoi en rester là ? Bande d’enfoirés, vous ne l’emporterez


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pas au paradis. C’est quoi ces groupes qui, à leur acmé musicale, décident d’achever une collaboration si prolifique ? Pourquoi ne sont-ils pas normaux ces types  ?  S’accrocher à une pathétique branche qui de toute façon se brisera trop vite. Johnny en est l’exemple le plus frappant. Tournées d’adieu sur tournées d’adieu. Les hommes qui l’aiment ne se lassent pas de venir observer sa fin.  Moi aussi, je voulais faire parti de ces vautours. Contempler l’homme tant aimé alors qu’il s’épuise et se meurt dans l’espoir de ressentir une fois encore l’amour d’un public ingrat qui ne dépenserait pas plus de 35 euros pour le voir s’effondrer sur les planches… S’il vous plaît, ne m’abandonnez pas, pas cette fois… Attendons encore un peu, ensemble.  Je ne sais pas, après tout, c’est peut-être mieux… Je ne sais que penser. Ma seule certitude, c’est que je suis passé par les 5 stades d’Elisabeth Kübler-Ross. J’ai perdu un être cher. Il va falloir être fort les amis, un jour peutêtre Black Rebel Motorcycle Club ne se produira plus et peut-être aussi qu’un jour, Laurent Garnier ne voudra plus faire le chemin du Rex. Heureusement pour nous, les Rolling Stones sont immortels…

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Par : Aicha Bousta

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La musique c’était mieux avant… et maintenant ?

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A travers ce numéro en hommage aux femmes du monde entier, Joze a sélectionné pour vous une playlist exclusivement féminine, remontant dans l’histoire de la musique, de ses prémices à aujourd’hui. Ce n’est pas un remake de « Retour vers le Futur » mais presque alors comme dirait Marty Mc Fly : « Hé, attendez un peu, Doc. Est-ce que j’ai bien entendu ? Vous dites que vous avez fabriqué une machine à voyager dans le temps… à partir d’une DeLorean ? » Ainsi, les succès les plus marquants sont mis à l’honneur, interprétés par les plus grandes et les plus talentueuses, qui ont marqué leur génération, les courants et genres musicaux d’hier à aujourd’hui. Vous êtes vous déjà posé cette question ? A savoir par quoi ces artistes sont passées pour exister ? Sex, drogue et alcool : les trois incontournables ! Une femme, une voix, un talent et une forte personnalité… Et une diva naît !

Elles ont inventé le jazz Billie Holiday.

Née dans la souffrance et disparue dans la peine, cette forteresse du Jazz du début du siècle a chanté la tristesse, la douleur, l’agonie… En somme, tout ce qu’elle a enduré durant toute sa vie. Billie Holiday était une artiste traumatisée dès son plus jeune âge par la mort, par des hommes malveillants qui l’ont conduite à se droguer et à s’enivrer jusqu’à ce qu’elle s’éteigne tel une étoile filante. De cette souffrance s’en est abreuvé son art et sa patte dans le jazz reste à tout jamais inscrite dans la mémoire de la musique.


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pour lot 25 dollars. Elle est l’emblème féminin du jazz et enregistre 3 albums en duo avec Louis Armstrong, puis dans une lignée duettiste se produit avec les plus grands noms du Jazz tel que Frank

Etta James.

Voix incontournable de la musique noire des années 60, fît ses débuts dans le Jazz puis se distingua dans le Blues. Ses rencontres avec les pointures du blues tel que Ottis Reading, ont fortement influencé sa carrière qui lui prodiguait un succès considérable jusque dans les années 80. Sa vie personnelle n’était pas au beau fixe et elle est sujette à une forte dépendance à la cocaïne, dont elle peinait à décrocher. A noter, qu’à l’investiture à la présidence des Etats-Unis, la musique de lancement du bal fêtant la victoire de Barack Obama, « At Least  », l’un de ses plus grands succès, fut interprété par Beyoncé en personne. Cette dernière, souvenez-vous, a tenu le rôle d’Etta James dans  «  Cadillac Records  », film inspiré de sa vie.

Ella Fitzgerald.

Née dans la période de la 1ère guerre mondiale, Ella Fitzgerald naît dans une famille plus que modeste et très jeune travaille pour aider sa famille à survivre. Elle devient très vite orpheline et écume des métiers de labeur avant de se faire remarquer pour son talent lors d’un concours musical qu’elle remporte avec

Sinatra. Très engagée, elle met son nom et sa renommée, en collaboration avec Marilyn Monroe, en faveur de la lutte contre les discriminations. Talentueuse et engagée, jusqu’au bout de ce que sa santé pouvait le permettre.

Les icônes du blues et de la Soul Nina Simone.

Virtuose du piano, interprète exceptionnelle Nina Simone est la musique d’aujourd’hui puisque ses samples sont repris par les plus grands artistes du moment tel que Timbaland, Kanye West, Lil Wayne, Alicia Keys, Will I Am et tant d’autres ! Normal vous dirais-je, sa musique est tout simplement exceptionnelle ! Nina était exceptionnelle, s’étant aussi engagée politiquement et de manière radicale en faveur des droits des noirs américains. Fidèle à ses convictions et fidèle à ses combats qu’elle mena jusqu’en 2003, année de sa disparition.

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Joze vous recommande vivement de parcourir sa discographie sans plus attendre !

Aretha Franklin. 90

Surnommée à juste titre “the Queen of Soul”, cette artiste, reconnue mondialement au-delà de son talent comme symbole de fierté pour la communauté noire, a définitivement apporté sa contribution au Rythm’n’Blues, puisqu’elle n’enregistra pratiquement que des tubes !  Avec un premier contrat chez Columbia Records, elle préféra quitter cette maison de disques en faveur d’Atlantics Records, où elle eut vraisemblablement un meilleur feeling : « Quand je suis allée chez Atlantic Records, ils m’ont juste assise près du piano et les tubes ont commencé à naître ».

Peace ’n’ love ’n’ rock’n’roll Janis Joplin.

Star incontournable de la musique de la fin des années 1960, Janis Joplin était une icône du Rock psychédélique à forte influence Blues. Sa voix si particulière, rocailleuse et son talent d’interprète, la

positionnent comme star au même titre que les nombreux hommes dominant le rock à cette époque. C’est la seule femme à faire partie du club des 27, elle meurt à l’âge de 27 ans, alors qu’elle était au sommet de sa carrière tel que Robert Johnson, Jim Morrison, Jimi Hendrix, Brian Jones- fondateur des Rolling Stoneset Kurt Cobain. Rest In Peace Janis ! Pour la connaître, Joze vous propose Summertime, une reprise Jazz qu’elle a révolutionnée et Mercedes Benz, chanson acapella, une représentation ironique de la société consumériste.

Courtney Love.

Fille de parents hippies, elle grandit dans


CULTURE •

plusieurs communautés et fût très jeune initiée à la musique. Elle fait partie du premier groupe de Rock exclusivement féminin « Hole  », avec lequel elle fît deux albums avant qu’elle ne se lance en solo par la suite avec l’album « America’s Sweetheart » en 2004 puis un second en 2008, «  Nobody’s Daughter  ». Mariée avec le leader de Nirvana avant qu’il ne se suicide, ils représentaient l’homme et la femme Grunge. La poussière d’ange les menant par le bout du nez, l’un se suicide, l’autre dépérit. Quoi qu’il en fût, on n’oublie pas ses succès.

Diana Ross.

Meneuse du trio des années 1960, The Suprêmes, Diana Ross et ses comparses connaissent un succès sans failles, mais sollicitée pour chanter seule, elle quitta le

Les héritières Tina Turner.

Surnommée la reine du comeback et pour cause ! Après une séparation houleuse avec Ike avec qui elle débuta, elle réussit à se refaire seule et lancer sa carrière en solo. Elle dynamisa sa musique par ses danses musclées sur scène, ce qui fît sa renommée mondiale. Elle a su se réinventer dans le Rock, puis la Soul et la Pop après avoir fait ses débuts dans le Rhythm’n’blues. On oubliera jamais et on écoutera toujours avec plaisir « Golden Eye », « What’s Love got to do » et « proud Mary ».

groupe vers les années 70 et devient alors une star, une diva dans toute sa splendeur et l’une des premières icônes gay ! Sa carrière se passe sans déboires, et ses tubes sont plus que jamais les témoins de passage d’une année à une autre tellement on les entend dans les soirées du jour de l’an… Et ça se passera toujours comme ça !

Whitney Houston.

Digne héritière d’Aretha Franklin, Whitney est la fille de l’une de ses choristes et se distingue rapidement par son talent vocal. Sublime depuis son plus jeune âge, rencontre des succès dans le métier de mannequin, de chanteuse et d’actrice. Rien ne lui résiste, à la une des magazines, numéro 1 de ventes de disques, elle est également reconnue dans le milieu du cinéma, notamment en interprétant son propre rôle dans « Bodyguard  »    aux cotés de Kevin Costner dont elle signe la bande originale : c’est la consécration. Malgré son succès, c’est la descente aux

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featurings plus dansant avec les Boyz II Men, Busta Rythmes, Brian Mc Knight et tout récemment avec Nikki Minaj ! Artiste incontournable avec une discographie qui mérite d’être parcourue.

La Madone Comment ne pas citer Madonna et lui réserver un paragraphe entier ! Madonna, surnommée Reine de la Pop, a une profonde influence dans la musique. Ses nombreuses collaborations, ses choix, ses nouvelles directions musicales à chaque enfers… son talon d’Achille  : Bobby Brown qui conduit sa carrière jusqu’au gouffre absolu. C’est la fin pour Whitney, mais soyons nostalgiques  ; en ces temps difficiles où l’on a besoin de romantisme, «  I will always love you  » et «  I have nothing » adouciront vos oreilles. 92

Mariah Carey.

Profondément influencée par Billie Holiday ou Aretha Franklin, Mariah Carey se dirige très tôt dans la musique. Elle représente le R’n’B féminin et enregistre une foulée de tubes qui marqua l’ère 90 par des ballades et une voix d’une justesse absolue. Elle donne un tournant à sa musique devenue lassante par des

album, la placent au rang d’inégalée et inégalable ! On a beau dire qu’elle vieillit, qu’elle commence à décliner un peu… Madonna aura toujours une avance sur nous, sachez-le ! S’ensuit de Madonna, les mini-elle  ! Britney Spears, Christina Aguilera, les Spice Girls, ou même Gwen Stefani, à qui je confère un rang au dessus de toutes ces midinettes quand-même parce que d’une c’est mon idole et de deux, elle est quand même plus talentueuse qu’elles toutes ! Parenthèse mise à part, on n’omet surtout pas de citer Lady Gaga, qui est sans conteste la gagnante des mini Madonna. En effet, souvenons-nous que Madonna est la reine de la provoc’, que ce soit sur


CULTURE •

fallait pas l’embrouiller ! Missy Elliott reprit le flambeau, ainsi que Eve qui se firent un nom dans ce milieu si masculin.

scène, ou dans ses clips très controversés où l’allégeance du sexe dans un contexte puritain était bel et bien son cheval de croix ! Lady Gaga semble tout aussi bien inspirée que son maître.

Les bad girls Le rap US a connu ses ambassadrices aussi ! On a vu naître dans ce milieu très masculin, une jeune femme révoltée, enragée et complètement désinvolte

qui a eu ses instants de gloire de par son talent et ses textes certes vulgaires mais poignant, en la personne de Lil’Kim. Avec ses provocations verbales et sa rage, il ne

La relève : elle s’appelle Nikki Minaj et pour l’instant le flambeau est entre de bonnes mains.  

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Et… La Diva 2011 Beyoncé Knowles

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Elle est d’une beauté insoutenable, elle chante divinement bien, et la voir danser nous procure des sensations inavouables d’hébètement, d’admiration et de désir. Queen B est la star de cette année 2011, nous ayant subjugués ces derniers mois par ses nombreuses prestations dans les shows TV américains, et grâce à des clips tous aussi beaux les uns que les autres. Mais la consécration de cette année, c’était dans « Run the World », où on a pu l’admirer magnifique vêtue et de surcroît, à la tête d’une armée féminine. Elle porte en elle les femmes du monde entier. Leur combativité, leur force et la solidarité. Tout le glamour et les paillettes qu’on connaît à la Diva y sont ! Star de renommée mondiale, Beyoncé Knowles est et sera une légende à tout jamais (même quand elle sera mère). Elle représente toutes les Billie, Etta, Aretha et Ella en elle. Une femme, talentueuse, une personnalité, une voix… une Queen : B.

La sélection en musique : ici


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Écouter ... KITTY, DAISY & LEWIS Smokin in Heaven

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Ah, ce bon vent d’antan qui souffle sur Paris et sa province ! Je veux bien sur parler de cette merveilleuse (mais peut être trop répandue ?) mode du rétro : fringues, mobilier, coupes de cheveux, soirées en tout genre... et bien sur, musique. Découvert avec le tube « I’m So Sorry  », le groupe Kitty, Daisy & Lewis excelle en la matière. A peine majeurs, le frère et les soeurs balancent pas mal avec ce deuxième opus. Ça swing sur « Will I Ever  », ça rock & roll sur «  Baby Don’t You Know  », ça motown sur « Don’t Make A Fool Out Of Me ». Et c’est vraiment bon. C’est sur, Smokin in Heaven devrait faire un tabac. P.F En concert le 12 Octobre 2011, La Maroquinerie.

Nicolas Jaar Space is only noise L’americano – chilien, de tout juste 20 ans, qui n’en est pas à sa première création sonore, arrive avec un premier véritable album Space is Only Noise. Depuis quelque temps, ce jeune états-unien fait parler de lui et tout simplement en bien. Après avoir étudié la littérature à l’université de Brown, le fils d’Alfredo, architecte-réalisateur, s’est mis aux musiques électroniques. Et pour l’instant, nous on en pense que du bien. Et nous ne sommes pas les seuls. Pour Tony Naylor, le jeune new yorkais « is the renaissance man of electronic music  ». Ce premier album n’est pas un chef d’œuvre, mais une très belle création. Il y a quelques erreurs, mais dans l’ensemble, l’opus vaut l’achat. C’est donc un conseil qu’on vous donne. F.L Album sorti le 14 Février 2011

BEIRUT The Rip Tide Depuis 2009, on l’attendait, presque religieusement, ce nouvel opus. Et on a bien fait : cet album est tout simplement dingue. Sublime. Difficile de cacher son entrain lorsque l’un de ses groupes préférés sort un albums aussi merveilleux et à la hauteur de ce qu’il a toujours su faire : de la grande musique. Encore, toujours, des titres pleins de grâces, tels que les fabuleux (euphémisme) « Goshen  », «  East Harlem  » et «  Port of Call  ». Encore, toujours, de grandes envolées cuivrées portées par la ronde et tendre voix de Zack Condon, dans « A Candle’s Fire » et « The Rip Tide ». Sublime, on vous dit. P.F Album sortie le 30 Août En concert le 12 Septembre 2011, L’Olympia.


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LIMP BIZKIT Gold Cobra

WASHED OUT Whitin and Without

Ca y est, le groupe de Fred Durst est enfin de retour. Les (presque) pionniers du Nu Metal reviennent avec un nouvel album qui franchement n’est pas déplaisant. Le line up de départ est enfin réuni et l’on savait que Limp Bizkit avait besoin de tout ses membres pour se sortir du truc dans lequel ils s’étaient englués, à savoir un mauvais métal pop sans hip hop et pas tip top. La guitare de Wes Borland nous rappelle la belle époque et même si nous ne sommes pas aussi enthousiaste que lors de la sortie de «  Significant Other  », c’est quand même le grand retour du groupe de métal préféré des ados des années 2000 (excepté Blink bien sur). A écouter, forcément. F.L

Ce premier album de Washed Out, alias Ernest Green, est plutôt très encourageant. Et planant. Issu du mouvement plus ou moins controversé (mais très la mode) « chillwave », cet opus ne fait visiblement pas l’unanimité, et divise les férus de musique : pépite intergalactique pour certains, banale galette Electro Pop pour d’autre. Qu’à cela ne tienne : nous on aime. Amoureux d’Animal Collective, vous risquez d’être conquis, notamment par les superbes « Amor Fati » et « Soft ». Bref, Within and Without, c’est un voyage de 40 minutes, tout en apesanteur. Et en plus, la pochette est jolie.

Album sorti le 27 Juin 2011

FOSTER THE PEOPLE Torches Il y a des albums qui donnent envie de bootyshaker, en toutes circonstances. Torches est l’un d’entre eux. Adulé par la critique, ultra téléchargé sur le net, le tube « Pumped Up Kicks » des trois californiens est une bombe de fraîcheur à déguster en bikini, sur la plage, un énorme cornet de glace à la main. Et le reste de l’album l’est tout autant. Nul doute, Foster The People marquera l’année musicale, et risque d’exploser à la rentrée. S’il y a bien un groupe à aller voir au Festival Les Inrocks Black XS, c’est celui-ci. P.F En concert le 4 Novembre 2011 à l’Aéronef, Lille et le 5 Novembre 2011 à La Cigale, Paris.

En concert le 28 octobre au Pitchfork Music Festival à Paris et le 28 Novembre à la Laiterie, Lille.

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LIre... Les jolies choses

Les planches courbes

Virginie Despentes

Yves Bonnefoy

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La femme du monstre Jacques Expert Repassons aux choses sérieuses... Voici un recueil de poèmes comme on n’en fait plus, bien connu des lycéens littéraires. Si certains d’entres vous se sont plantés dessus au Bac et l’ont pris en grippe, ce livre est à relire avec un peu plus de maturité. Pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler, vous pourrez y découvrir beaucoup de jolies phrases, de belles images et des souvenirs qui ont marqué son auteur... Pour tout le monde, «Les Planches Courbes» sera un ouvrage à la fois léger et plaisant comme petit rappel de la beauté du langage. A.L

Jacques Expert est directeur des programmes de Paris Première et a été pendant quatorze ans reporter à France Inter et France Info, ce qui l’a amené à couvrir des faits divers célèbres. Son roman est le résultat d’une longue enquête sur ces femmes qui ont partagé la vie de violeurs et autres criminels, sans le savoir ou sans se l’avouer. Tout commence par l’arrestation de Simon Darget chez lui. C’est sa femme qui ouvre au policier. Le roman, à moitié en flashback reviendra sur la vie de celleci depuis sa rencontre avec celui qui est déjà, ou du moins deviendra au fil de la mise en lumière de leur passé « le monstre ». J.B.

Pour un numéro rendant honneur aux femmes, il nous faut bien une écrivaine digne de représenter la gent féminine. Virginie Despentes, sans hésitation ! Il s’agit certainement des romans les plus undergrounds, les plus parisiens et les plus emprunts d’histoires de femmes. Ma dernière lecture de cette auteure : « Les jolies choses », un véritable coup de coeur ! L’histoire de jumelles que tout oppose. Le jour où Claudine met fin à ses jours, Pauline décide de prendre sa place, s’embourbant dans un monde factice d’illusions... Et si vous n’êtes pas rassasiés à la fin du livre, regardez donc le film du même nom ! A.L


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Elisabeth Badinter Nathalie Sarraute Jacques Lassalle Simone de Beauvoir Marguerite Yourcenar Lucette Finas

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Luxe & Co

La vie d’une autre

Dana Thomas

Frédérique Deghelt

En voyant la couverture, on pourrait croire à une histoire américaine qui s’intitulerait « Le diable vend du Prada ». On est loin du compte. Dana Thomas nous livre dans cet ouvrage les coulisses secrets de « l’Industrie du Luxe » avec une grande question : Qu’est-ce que le luxe ? Dana essaie d’y répondre en pointant les objectifs commerciaux des grands groupes de luxe et leurs soucis obsédant de faire de la marge. Au détriment de la qualité ? Avant c’était mieux. Elle nous dévoile tous les secrets des Vuitton, Gucci, Prada, Armani, Hermès, Burberry, Chanel & Co, dans un livre vivant et croustillant, riche en révélation. E.M

Un ouvrage collectif en hommage aux grandes femmes qui ont marqué l’histoire. Comme l’a écrit Simone de Beauvoir, « On ne naît pas femme, on le devient » (Deuxième sexe), il est indéniable que ces trois grands noms sont devenus de Grandes Femmes à qui Joze se devait de rendre un bel hommage en vous conseillant cette biographie et évidemment leurs écrits. A.L

Marie, 25 ans, fête son nouveau travail dans un bar avec ses amis. Une rencontre et une nuit d’amour torride plus tard, elle se réveille aux côtés de cet homme. Seul hic : cette nuit-là douze années ont passé, Marie est mariée à cet inconnu et mère de jeunes enfants mais ne se rappelle plus de rien. Sans en avertir son mari, elle décide de s’acclimater à sa « nouvelle » vie et de comprendre ce qui c’est passé. On plonge alors dans cette enquête quotidienne pour découvrir avec elle la vie d’une autre, la sienne, et pourquoi elle a voulu tout oublier. Un livre qui se dévore en quelques jours… J.B


Par : Pauline Furman

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Sortir ... MY WINNIPEG

La Maison Rouge Jusqu’au 25 septembre La Maison Rouge a récemment inauguré son cycle consacré aux scènes artistiques des grandes métropoles. En ouverture donc, la ville de Winnipeg, au Canada. Vidéo, peinture, photographie... chaque média est mis à profusion pour une juste représentation de la dynamique artistique qui souffle aujourd’hui sur la ville. A voir.

PHILIPPE RAMETTE CRAML Jusqu’au 02 octobre

Découvert par le grand public via la dernière campagne de com de France Culture, le célèbre photographe et plasticien Philippe Ramette est mis à l’honneur à Sète pour une exposition originale et inédite, avec de nouvelles installations dans la lignée de ce qu’il sait si bien faire : surprendre et faire rêver. On attend l’exposition à Paris avec impatience.

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BABAR VA AU MUSEE Musée des Arts Décoratifs Du 08/09 au 02/12

Babar a 80 ans. Et tous ses copains aussi. L’occasion pour la galerie des jouets du musée des Arts Déco de présenter les planches originales des albums, de revenir sur l’évolution des jouets, figurines et autres peluches ; et de découvrir que, Ô stupeur, Céleste, la femme de Babar, était également... sa cousine. Ah, l’innocence de l’ enfance !


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GANG GANG DANCE La Flèche d’Or Le 24 novembre

«Ouuuh, ouhouhouh, ouuuuh», c’est le début d’un tube du groupe New Yorkais, House Jam. Après l’énorme kiff électro-pop-expérimental Saint Dymphna en 2008, Gang Gang Dance profitera de son passage à la Flèche d’Or pour présenter son nouveau bijou, Eye Contact, concentré de dub et de musiques orientales. Ouhouuu, on a hâte !

BRIGITTE

L’Olympia Le 31 octobre Puisque les femmes sont à l’honneur dans ce JOZE 3, il semblait normal d’annoncer le concert des deux filles qui ont explosé cette année : Brigitte. Après la très remarquée reprise de « Ma Benz » de NTM, les Brigitte(s) connaissent un succès sans précédent. Vous avez raison les filles, battez-vous !

PITCHFORK MUSIC FESTIVAL

Grande Halle de la Villette Les 28 et 29 octobre Avec Rock en Seine cet été, on a été plutôt gâtés côté festival Rock indé. Le festival du célèbre magazine US arrive bientôt et risque lui aussi d’être grandiose. Bon Iver, Cut Copy, Lykke Li, Aphex Twin, Washed Out, Wild Beats... Batteries, basses, guitares et synthés vont raisonner sous la grande Halle de la Villette !

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Par : Farah Menjour

Joze Magazine Automne/Hiver 2011-2012

Le Billet

de Londres Moi, c’est Farah ! Rien n’a changé depuis le dernier numéro, je ne suis toujours qu’à deux petites heures d’Eurostar de vous et je continue à étudier à Londres au Kings College où durant ces trois dernières années j’ai appris à vivre au rythme de la pluie typiquement anglaise et de l’univers déjantée de la capitale royale. Amatrice de Rétro, d’Art sous toutes ses formes et sutout de Gin Tonic, je vais vous faire découvrir les dessous de la « student life » Londonienne. Un programme bien chargé et pleins de surprises, que j’ai moi-même eu quelques fois du mal à suivre, accrochez-vous !

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Bon pas de panique, je n’ai pas l’intention de vous parler du Royal Wedding ! C’est passé et bien passé cette histoire ! Quand vous avez passé une année à croiser à chaque coin de rue tasses, masques, assiettes, drapeaux et petites serviettes en tissu à l’effigie du couple royal, croyezmoi, ce dont vous avez besoin c’est d’une bonne rehab ! Alors je vous passe volontiers l’histoire de la soi disant gueuse issue d’une famille de mineurs qui épouse le petit prince blondinet pour les plus téméraires des studios Walt Disney. Je vous passerai aussi la folie déclenchée par le derrière (au final tellement ordinaire) de la soeur de la duchesse qui a fait couler tant d’encre au début de l’été ! Et puis pour nous étudiants, la capitale était bien loin d’être à l’image d’une paisible parade de dames chapeautées ou encore de l’affreux tailleur jaune de sa Majesté ! Cette année était plutôt genre dégaine de junkies et marche active contre Monsieur le Premier Ministre ! Pour nous français, la manif est un peu comme une petite promenade de santé quotidienne, mais à Londres elle est à l’image de l’excentricité et de la créativité de la ville. D’ailleurs pas question d’être plan-plan type BBC News et d’appeler ça « a student protest » mais plutôt « a carnival of résistance », et le mot « carnival » est ici bien choisi.

Vidéos de pubs réalisées par l’Université d’Art St Martins, costumes faits par les petites mains du London College of Fashion, bouclier géant en forme de livres par les designers d’intérieur du London Metropolitan et j’en passe ! Et même la police a suivi le mouvement ! Lâcher de chevaux contre les manifestants, ou encore la fameuse « kettle » (bouilloire) qui consiste à encercler les étudiants sans leur laisser d’issue jusqu’à minuit ! Rien de bien grave car la soirée ne s’arrêtait pas là. Retour aux campements à l’université et petit DJ ou concerts live privés de groupes en vogue ! Bon en gros, cette année, si vous vous ennuyez, venez réapprendre à manifester à Londres, vous ne serez pas déçus du voyage


Par : Alexandra Marie Vacarello

Le Billet

de Los Angeles Je m’appelle Alexandra Marie Vacarello, mais appelez-moi Alex. Je suis tout juste diplômée du Fashion Institute of Design & Merchandising L.A. J’ai 20 ans, et depuis mon enfance je vis dans un monde rempli de peinture, couture, stylisme et photographie. Je travaille comme Merchandiser pour le Showroom de Stephen Young. Je ne sais pas trop ce que je voudrais faire plus tard, parce que le monde de la Mode évolue en permanence. Quand j’étais à l’école un prof m’a dit : « Tout le monde ne rêve pas en couleur » et il nous a dit que nous, les rêveurs en couleur, on était comme ça pour une raison : « donner de la beauté au monde ». On a cru que ce jour n’arriverait jamais ! On avait passé beaucoup trop d’heures à faire ce que la plupart des gens trouvera irréel pour une fac : dessin, découpage, coloriage, collage, couture et travaux sur Photoshop et Illustrator... Des heures que l’on ne nous rendrait jamais et surtout des heures que l’on voulait très vite oublier. Mettre notre vie de côté pendant 2 ans, c’était le compromis entre nous et la FIDM. Nos vies étaient partagées entre nos frénétiques recherches sur l’ordinateur et l’anxiété qui nous rongeait à chaque fois que nous étions en exam. Je me souviens de ce jour, en sortant de mon dernier cours après une présentation marketing, je me suis sentie revivre en respirant l’air extérieur. Toute la pression s’évaporait, la remise des diplômes n’était plus très loin... J’ai assisté à de nombreuses remises de diplôme et toutes se ressemblent : “ Bienvenue au début de votre nouvelle vie, jeunes étudiants. Vous avez la possibilité de changer le monde et de faire évoluer positivement notre société et c’est votre devoir. Allez de l’avant et vivez ! ” En arrivant à notre cérémonie au Staples Center, je pensais que j’allais vivre cette même routine. Comme je me trompais ! J’avais entendu dire par plusieurs de mes professeurs que la remise de diplôme

de FIDM était tout un art. L’un de nos profs avait même admis s’être envoyé plusieurs Martinis pendant la préparation du «show» ! Vers 13h, je suis arrivée au Staples Center avec l’un de mes amis et nous nous sommes retrouvés dans un monde parallèle ! Le sol du terrain de Basket était recouvert de centaines de chaises pour tous les diplômés face à la plus glorieuse des scènes. Un monde enchanté de vert se promenait entre des arbres en pots et des buissons de fleurs. On s’est retrouvés entre amis avec certains qu’on n’avait pas vus depuis un moment et on a pris nos places, impatients de voir le grand moment arriver. Une fois que ça a commencé, il a semblé d’office qu’aucun faux pas n’avait été fait. De la bonne musique, des projections graphiques sur écrans géants et un tas de phrases philosophiques des grands de la FDMI comme le créateur de Macy’s, Terry J. Lundgren ou le président de Bloomingdale, Michael Gould. Tandis que la plupart des événements magiques de cette soirée me paraissent flous aujourd’hui, notre Major de promotion a elle su captiver l’audience en terminant son discours par : «Nous ne sommes pas venus à FIDM parce que nous n’avions pas d’autre option ; nous sommes venus à FIDM parce que c’était simplement la seule option».

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Par : Clémentine Leger

Joze Magazine Automne/Hiver 2011-2012

Le Billet

de New-York La Floride c’est bien, mais trop de palmiers tue le palmier. Moi, c’est Clémentine et j’ai une grosse envie de changer d’air là. Paris, je connais. L’Europe je ne suis pas contre mais bon, depuis les US ça fait cher le billet d’avion pour une crise existentielle ! Alors une fois ma troisième année d’étude terminée au Rollins College (à Winter Park, Floride) et en attendant que la quatrième et dernière commence, j’ai décidé de passer tout l’été à New York. Évidement ceci fut une décision prise sur un coup de tête alors ça a été un peu la panique à tout organiser (pour ne pas dire complètement le bordel), mais avec un peu de plomb dans la cervelle, j’ai réussi à me dégoter un stage dans une compagnie de production de films et un endroit où me loger… Et voilà, le voyage commence !

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Quand je suis arrivée à NYC, ma première impression était que ça me rappelait beaucoup Paris. Il y a un monde de différences évidement mais le ressenti général pour moi reste le même que lorsque je suis à Paris. Il y a néanmoins quelques petites choses vraiment chouettes que l’on ne pourrait pas faire à Paris. Comme prendre le subway et trente minutes plus tard se retrouver au bord de la mer devant un parc d’attraction dont certaines des montagnes russes datent de 1927 ! Je vous parle de Coney Island, sorte de foire du trône à l’Américaine délicieusement « quiche » qui borde l’Océan Atlantique. Je rêvais de me rendre dans cette aire de jeu depuis bien longtemps alors lorsque

Zoé (ma meilleure copine mais surtout la D.A. de Joze) m’a rendu visite cet été, c’est évidemment là-bas que je l’ai tout de suite

traîné. Sales mômes invétérées, nous nous sommes retrouvées dans notre élément ! Les yeux grands ouverts, la grande question qui se pose c’est : « Mais par quoi on commence ? ». Tu parles Charles ! On n’a pas réfléchi une seconde, on est allées engloutir un hot dog chez Nathan’s, célèbre pour leur concours de plus gros mangeur de hot dogs, puis direction « The Cyclone » montagne russe construite en 1927 donc. Dialogue interne : « C’est pas à moi qui faut la faire, cette attraction a plus de 80 ans, c’est un truc de tapettes, t’inquiète pas que si ma grand-mère n’était même pas née à l’époque, c’est


que ça doit pas être rock’n’roll du tout ! » Je sens que Zoé se dit plus ou moins la même chose, notre amitié de longue date nous rendant télépathes. Nous y voilà, on s’assoit au deuxième rang, dégoûtées de pas être au premier… Assises, mortes de rire de la ballade de santé qui nous attend. 1, 2, 3, c’est parti ! On monte, on monte, on monte et... ARHHHHHHH !!! Le cœur qui nous remonte dans la gorge et qui retombe dans l’estomac, je n’entends même plus Zoé hurler tellement je crie fort. J’ai le cerveau à l’envers et c’est par chance que je ne tombe pas dans les pommes. Cette horreur enfin terminée, nous redescendons en titubant de notre wagon, incapables de nous parler et en pensant qu’ils auraient pu prévenir quand même que ce truc de vioques c’était du sérieux ! Enfin bon ça ne nous a pas découragé pour la suite. Au contraire, à ce moment-là, le rush d’adrénaline nous rend dingues, on continue sur notre lancée, on se sent invincibles après ça ! Ceci est peut-être la raison pour laquelle nous avons eu la super idée de faire cette fantastique attraction qui s’appelle « Le Sling Shot », traduction : le lance-pierre. Alors nous voilà assises et bien attachées au siège dans une espèce de boule accrochée à des élastiques géants. « Oh il fait beau, on peut même bronzer en même temps, tiens… » Et BIM ! Le truc nous propulse dans l’air, re-ARHHHH !!! Et là t’as l’impression de voler, c’est la meilleure sensation du monde. Après trois ou quatre rebonds de cet engin du diable tu peux commencer à faire attention à la

vue : « Oh, c’est beau la mer vue d’ici ! Et puis là, regarde les gens on dirait des fourmis et... Attends là, c’est pas un bar sur la plage ça là-bas ? » (T’es une Jozeuse ou tu l’es pas, on a un radar pour ce genre de choses). Vous avez deviné, après tous nos gros efforts pour ne pas être des tapettes et à faire les pires attractions, et bien c’est l’heure de l’apéro. Nous voilà sur la plage, une bière Coney Island à la main (oui, ils ont même leur propre bière) en train d’écouter The Doors et servies par une nana en sous-vêtements. Elle est pas belle la vie ?

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Joze Magazine Automne/Hiver 2011-2012

Fondatrices, directrices de la publication et de la rédaction

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Joannie Beke

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Zoé Galland

Rédacteur en Chef Culture

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Chargée de Communication & Marketing

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Joze magazine numéro 3 - automne/hiver 2011-2012

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