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Conservation et recherches

58 • Sauvages & Cultivées - Décembre 2014

Figure 4

Viabilité moyenne des 176 lots de graines « calés » (vert) et « décalés » (bleu) en fonction de leurs familles

observant la littérature, on remarque que ces familles contiennent majoritairement des espèces orthodoxes. Ces faibles taux de viabilité peuvent être dus à l’absence de véritable étape de séchage. Cette étape permet d’éviter la détérioration des semences limitant les attaques de champignons et d’insectes ; de plus, cette étape tend à augmenter l’efficacité de la conservation par le froid. Quant aux 3 familles qui présentent de fortes valeurs de viabilité (Rubiaceae, Solanaceae et Iridaceae), elles sont connues pour produire des semences orthodoxes. Conclusions : Des semences qui présentaient autrefois une viabilité maximale, présentent une viabilité plus faible quelques années plus tard, mais qui demeure tout de même importante. Pour ce qui est de l’influence du temps d’attente avant le stockage, nous avons vu que les graines dont le stockage était différé (lots « décalés ») présentaient une viabilité significativement moins importante que les graines stockées directement après la récolte (lots « calés »). Néanmoins, les résultats des analyses ne sont pas complètement satisfaisants. Pour avoir un réel aperçu de l’évolution de la viabilité des lots dans la chambre froide, il faudrait faire un suivi plus régulier, en commençant par mesurer la viabilité d’un ensemble représentatif de graines au moment de son entrée dans la chambre froide puis en

faisant des mesures de viabilité à intervalles réguliers. La méthode de conservation employée au Jardin botanique de Lyon est efficace, car on peut voir que les semences « lots décalés » perdent leur viabilité plus rapidement que les semences « lots calés ». Néanmoins, certaines familles de graines réputées pour être orthodoxes montrent de faibles valeurs de viabilité au bout de quelques années de conservation. Cela montre que le processus de mise en chambre et de conservation peut être amélioré. Le Jardin botanique de Lyon a déjà prévu l’installation d’un déshumidificateur d’air dans la chambre froide pour réguler plus finement l’humidité au sein de la chambre. Mais d’autres mesures peuvent être envisagées comme par exemple la mise en place d’une étape de déshydratation des graines avant la mise en chambre afin d’obtenir une meilleure viabilité des semences.•

© P. Gepts

importante que celle des « décalés » (43,5 %). La différence de viabilité moyenne entre les lots « calés » et les lots « décalés » montre qu’il y a un effet du temps d’attente entre la récolte et la mise en chambre. C’est ce qui était attendu, car le froid diminue le taux d’activité métabolique de la graine lui permettant ainsi de subsister plus longtemps. Cette conservation au froid n’est pas dommageable pour la graine tant que le contenu en eau des graines est adapté à la température de stockage. Plus celle-ci est basse, plus on devra abaisser le contenu en eau de la graine par séchage. La figure 4 nous donne également des informations sur l’efficacité de la conservation en chambre froide pour différentes familles. Les Rubiaceae constituent la famille de plantes supportant le mieux la conservation en chambre froide à l’inverse de celle des Cyperaceae. Le fait que les graines mises en chambre plus rapidement présentent une viabilité plus importante que celle mise en chambre plus tard montre que la méthode de conservation du laboratoire est efficace pour maintenir la viabilité des semences. En comparant nos mesures de viabilité des graines « calées » avec celles présentées dans le rapport d’activité du Jardin botanique de 2007, nous pouvons observer quelques différences. On observe des écarts importants pour certaines familles comme les Apiaceae qui présentent 20 % de viabilité sur la figure 4 et 85 % lors des mesures de 2007. Globalement, les mesures de viabilité de 2014 sont plus basses que celle de 2007. Cela est dû au fait que les espèces testées en 2014 ont passé en moyenne 3 à 4 ans dans la chambre froide alors que les espèces testées en 2007 n’y avaient passé que 2 ans. De plus, les espèces testées sont différentes, ce qui peut également expliquer l’écart observé. En revanche, l’ordre des familles de la plus viable à la moins viable, est relativement similaire. Cela tend à montrer que les Poaceae, les Rosaceae ainsi que les Asteraceae ne supportent pas bien la conservation en chambre froide. Pourtant en

Graines de Phaseolus sp.  ThéO dUqUesne, MasTeR 1 éCOlOGie, BiOdiveRsiTé eT évOlUTiOn, UniveRsiTé PaRis sUd

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Sauvages et cultivées 2014  

Revue du Jardin botanique de la ville de Lyon, N° 6 edition 2014

Sauvages et cultivées 2014  

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