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Conservation et recherches

Pinus monophylla ensuite, est un pin « simplifié ». Il possède des cônes de petite taille, moins de 10 cm de longueur, composés d’un nombre réduit d’écailles. C’est aussi la seule espèce du genre à ne posséder qu’une seule feuille par faisceau 12. Mais alors, pouvons nous encore parler de faisceau ? Pinus lambertiana enfin, possède quant à lui un cône allongé et fin, connu pour être le plus long du genre. Sa forme est caractéristique des cônes des pins de la section Strobus (les pins blancs) à laquelle il appartient. Le cône que nous possédons en collection n’est pas mature, il n’a pas eu le temps de se ternir. Ses écailles sont encore d’un beau beige brillant qui lui donne un aspect tout à fait particulier. 48 • Sauvages & Cultivées - Décembre 2014

© F. Pautz

Cônes de Pinus monophylla

© F. Pautz

Cône de Pinus lambertiana

Cône de Pinus attenuata

Les cônes de Californie de Chazay-d’Azergues Claude Denninger est un personnage bien connu de notre institution. Botaniste averti, il est le fondateur et le gestionnaire du Jardin botanique de l’Espace Pierre-Folles13 à Saint-Jean-desVignes dans le Beaujolais. Il est aussi un Linnéen de longue date et donateur régulier du Jardin. Et justement, qui ne connaît pas ses cônes dans le service ! Il en a gracieusement offert un grand nombre à qui les voulait. M. Denninger possède à Chazayd’Azergues un jardin privé exceptionnellement riche. Originalité et grande fierté de ce lieu, 2 pins plantés par ses soins dans les années 50. Ils appartiennent à 2 espèces proches : Pinus coulteri et Pinus sabiniana, toutes 2 ouestaméricaines, essentiellement présentes en Californie. Ils ont atteint aujourd’hui une taille fort honorable et produisent de nombreux cônes. Ces derniers sont étonnants tout d’abord de par leur taille qui atteint facilement 30 cm. Ensuite par leur poids : il n’est pas rare qu’ils fassent 1 à 2 kg. Enfin par leurs écailles : ces dernières sont armées d’impressionnantes épines dures et courbées. Prévoyant, lorsqu’il jardine sous ses arbres, Claude Denninger porte un casque de chantier au cas où !

© F. Pautz

Pinus attenuata tout d’abord, possède des cônes de forme somme toute classique (de taille moyenne sans apparats particuliers sur les écailles) mais qui ont tout de même 2 caractéristiques remarquables. D’une part, ils sont très asymétriques, bien plus que chez la plupart des autres espèces du genre. D’autre part, ils persistent de nombreuses années sur l’arbre (20 ans voire plus, ils se trouvent parfois même enchâssés à l’axe !) avant de tomber. L’espèce a elle aussi une particularité remarquable, lorsque les plantes sont jeunes, leurs cônes poussent à même le tronc. On parle alors de cauliconie11.

© F. Pautz

Les cônes de Californie Traversons à nouveau l’Atlantique et poursuivons notre escapade en Californie. On y trouve une flore riche avec des plantes emblématiques comme les séquoias, arbres parmi les plus hauts du monde. Hervé Mureau, jardinier botaniste à Lyon, a fait don de plusieurs cônes10 de pins ouestaméricains. Ils sont intéressants car ils permettent de se rendre compte de la grande variété de tailles et de formes que l’on peut observer au sein de ce genre.

Cône de Pinus coulteri

La cardère de Bourgogne Restons en France et poursuivons notre chemin un peu plus au nord pour nous arrêter en Bourgogne, comme l’a fait Gilles Dutartre. Quelque part entre Auxerre et Troyes, il trouva une plante maintenant devenue bien rare : Dipsacus sativus, la cardère à foulon, la « vraie » celle qui justement était autrefois cultivée pour carder14 les fibres. L’espèce est une très proche parente de Dipsacus fullonum (l’autre cardère à foulon), rudérale fréquente au bord des routes par exemple. La méthode de cardage traditionnel utilisant cette plante est tombée presque totalement en désuétude. Cela a conduit à stopper la culture de l’espèce. Il est maintenant bien rare de la rencontrer, même échappée de culture. C’est donc une inflorescence sèche que nous conservons dans la carpothèque. Les bractées florales sont très nombreuses, persistantes, effilées et dures. Elles confèrent

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Sauvages et cultivées 2014  

Revue du Jardin botanique de la ville de Lyon, N° 6 edition 2014

Sauvages et cultivées 2014  

Revue du Jardin botanique de la ville de Lyon, N° 6 edition 2014

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