TENDANCES
Réalité virtuelle et augmentée
En route vers la démocratisation
ifficile d’échapper en ce moment à la réalité virtuelle (RV) et augmentée (RA). Depuis les annonces liées à l’arrivée de casques et d’applications grand public, elles sont l’objet d’une attention soutenue. On ne compte plus les projets portés par les poids lourds du numérique, du Carboard de Google à ses investissements dans les projets de MagicLeap, de l’Oculus Rift de Facebook au Samsung Gear VR, de l’HoloLens de Microsoft au Morpheus de Sony en passant par les projets de Gopro, Ubisoft ou d’Apple, entre autres. Hier réservées à des usages professionnels à très haute valeur ajoutée, elles pourraient même arriver… dans nos poches, en misant sur les technologies disponibles dans les smartphones. Un foisonnement qui prouve que ces technologies sont promises à un bel avenir, à la fois pour le grand public mais aussi via une multiplication des utilisations possibles dans la sphère professionnelle. Même si certains verrous demeurent: «algorithmes de localisation, performances des dispositifs d’affichage, compatibilité avec les logiciels 3D», énumère Alexandre Bouchet. Le responsable R&D du centre de recherche dédié à la réalité virtuelle Clarté estime même probable « un recentrage vers les usages industriels, pour une spécification plus efficace des dispositifs de type smartglass.
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N°979ccSEPTEMBRE 2015
Il existe encore trop de limites technologiques (robustesse, durée de vie des batteries, poids), de coût et d’acceptabilité sociale (confort d’utilisation, design) pour le grand public.» Jacques Delacourt, PDG de l’éditeur spécialisé en simulation lumineuse Optis, est du même avis. « Les moyens d’affichage comme les Google Glass, MagicLeap ou Hololens sont perfectibles ou encore à l’état de prototype. Les défis technologiques et optiques sont nombreux : champ de vision, mise au point, luminosité doivent cohabiter avec un environnement changeant. Nous travaillons avec les concepteurs de certains de ces systèmes pour les améliorer. » cc La
réalité virtuelle bouleversera le processus de conception
Du côté des industriels, le cloud computing, qui facilite l’accélération des échanges d’informations et le calcul déporté, devrait faire de la RV un outil de communication incontournable. « La promesse de gain de productivité motive les industriels. Les maquettes numériques qu’ils utilisent intègrent de plus en plus de simulation physique. Elles
n’ o n t jamais été aussi proches et représentatives du futur produit. Cela va inévitablement provoquer un bouleversement dans les processus de conception», prédit Jacques Delacourt. L’adoption se fait toutefois de façon pragmatique, d’autant plus que la RV doit encore faire ses preuves. « Souvent comparées à des expériences réelles, des expériences virtuelles d’une même situation sont menées et permettent de rassurer les décideurs et de quantifier l’apport de la réalité virtuelle dans des cas connus et mesurables. Ce passage est fondamental pour faire entrer le plus rapidement possible la réalité virtuelle au sein des processus de conception éprouvés et rodés », analyse Jacques Delacourt. D’autant que la RV permet de replacer l’homme au centre de l’étude. Les premiers secteurs industriels à passer à la réalité virtuelle sont l’automobile
D.R.
Les technologies de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée sont l’objet d’une activité bouillonnante. Qu’il s’agisse d’applications grand public ou professionnelles, les idées fusent et les matériels se démocratisent. Mais, il reste encore des points d’amélioration techniques et ergonomiques pour que l’intérêt se transforme en véritable succès.