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RECIT DE VOYAGE Québec - Du 6 au 12 Octobre 2012


JE ME SOUVIENS

Je me souviens… Je me souviens qu’on m’a parlé d’Atomes : les atomes de Martin Léon. Alors j’ai décidé d’écouter l’album pour me souvenir… Je me souviens… Je me souviens de tant de choses et à le fois de rien ; ou plutôt j’ai l’impression que c’était hier et en même temps il y a bien longtemps comme si c’était un rêve… Je me souviens… Je me souviens de femmes et d’hommes…qui ont participé et contribué à ce voyage, certains comme des auto-stoppeurs que l’on prend en chemin pour partager un bout de route, certains comme des capitaines de bord et avec qui on se laisse porter, certains comme des maçons du cœur qui nous ont aidé à construire ce voyage, invisible et parfois là … certains comme des habitants habités et inspirants… certains de quelques minutes, de quelques heures ou de quelques jours avec un point commun : celui d’être tous voyageurs. Je me souviens… Je me souviens de ces québécois, qui t’accueillent, sans jugement, juste comme tu es, en retard ou en avance, bras ouverts et avec le sourire … Je me souviens du naturel et de l’évidence, pas de questions pour eux, ils font, ils te racontent leurs histoires comme si c’était normal et évident.. Martin gratte ses cordes et moi je me souviens…


Je me souviens du samedi … Ma valise a du mal à fermer, encore une fois Audrey tu ne vas pas utilisé la moitié des affaires mise dans ta valise…mais au cas où on ne sait jamais… un dépose minute, Terminal 2A, Aéroport Roissy Charles de Gaulle, et me voilà en quelques secondes devenue Voyageuse. Je retrouve les autres voyageurs, ils m’attendent de pieds fermes, impatients, embarquement immédiat … Je me souviens d’une gourmandise, un macaron La Durée « Caramel Beurre Salé » quelque part en plein vol entre Paris Montréal… d’une envie de dormir, sans jamais pouvoir…d’un hublot me montrant des rouges, des oranges, des marrons… Montréal et ses couleurs d’automne s’offre à nous… Des retrouvailles avec Audrey et Nath, une rencontre avec Maxime et Yana. Maxime, un québécois qui nous guidera durant quelques jours, bien plus qu’un chauffeur ou un guide, « un pti bonheur de la vie », un vrai voyageur… Yana, une russe de Sibérie et une Montréalaise de cœur, notre rayon de soleil… En voiture Simone, en route pour la ville de Québec, avec une escale à Madrid où certains d’entre nous se feront une ou deux frites et quelques croquettes. La ville de Québec nous accueille, tentés de regarder les lumières des rues du Vieux Québec sur notre gauche, cependant notre regard se jette sur ce paquebot l’Emerald Princesse, incroyablement illuminé… Patente et machin, nous accueille pour le souper, dans son bruit, dans sa foule, ses frites qui fondent et croustillent, et surtout ces voyageurs qui mangent dans les assiettes des uns des autres…


Je me souviens du dimanche… Je me souviens d’un réveil plus que matinale, un ciel un peu gris, un froid humide qui pique le visage mais une envie impatiente de découvrir la ville de la part de tous… Avant ça, un moment de connexion en rez-de-jardin autour d’un « Pourquoi ce voyage ? » « Parce que c’était vous, avec vous mais aussi et surtout pour moi ». Des mots comme « découverte », « ouverture », « spontanéité », « expérimenter », « partager », « Initier », « rencontrer », « observer », « ressentir l’inspiration »,.. parce que c’était une opportunité… une opportunité pour tous les mots cités avant mais aussi l’opportunité de se recentrer sur soi, de m’écouter, de prendre du temps… je me souviens que chaque voyageur avait une intention différente en venant, ce qui a donné une couleur différente à ce voyage, à cette exploration, de soi et des autres… Je me souviens d’une ballade de plusieurs heures dans les rues de Québec, dans la Hauteville puis dans la Basseville ; de la magie des lumières de la nuit qui a laissé place à des rues grises, une architecture dispersée…de quelques pointes d’oranges, présentent dans les feuilles d’automnes, et dans les citrouilles d’Halloween. Je me souviens d’une ville accessible, d’immeubles qui ne montent pas très haut.. tout ça conté par Heidi, Heidi une guide aux grands gestes et grandes exclamations qui nous a raconté, l’histoire de sa ville…

Je me souviens de l’arrivée d’un de nos voyageurs, qui a rejoint un groupe autour d’un verre… dans une ambiance chaleureuse, il ne manquait plus que lui. `


Je me souviens d’un diner à 360°, d’une zone d’inconfort qu’il a fallu maitriser à une centaine de mètres au-dessus du sol…ce restaurant qui tourne, ces lumières qui se déplacent, cette ville qui se découvre… une pianiste qui rythme cette ballade…


Je me souviens du lundi… Je me souviens de Maxime et de Jean-Sé qui nous attendent de pieds fermes pour une journée aux milles couleurs… quelques minutes de route, on longe le Saint-Laurent, on aperçoit le voile de la mariée puis les chutes de Montmorençy, on prend le pont…nous voilà sur l’île d’Orléans… Je me souviens que je ne sais plus où poser mon regard, les arbres brillent de mille couleurs, du rouge, du jaune, du orange, parfois encore vert ; du jaune couleur des blés, parfois tournesol ou moutarde… C’est Thanksgiving, l’Action de Grâce au Canada, nous sommes le 8 octobre, il est dix heures, et les familles ramassent les feuilles tombées des arbres… Maxime nous montre la maison de son enfance, une maison plongée dans l’intimité des arbres et qui regardent le Saint-Laurent…Les maisons sont à vendre, on se demande tous pourquoi ces personnes veulent quitter ce paradis… Maxime nous raconte alors que les propriétaires ont vieillit et qu’ils retournent vers les commodités de la ville… Après avoir presque fait le tour de l’Ile sur l’unique route, notre minibus tourne sur sa gauche.. nous voilà au milieu des champs, puis des Erables…nous traversons l’Ile de part en part… Nous arrivons à notre destination : des jeunes filles partent faire les vendanges, et nous nous sommes accueillis par Jackie et Donald Bouchard, propriétaire de l’Isle de Bacchus, son Vignoble sur les coteaux de l’Ile… Donald nous raconte l’histoire de son vignoble, comment il fait son vin de glace…s’en suit une dégustation… je me souviens d’odeur de cerises, de poires, de fraises et de framboises…mais d’un vin sans saveur… sauf son vin de glace un vrai bijou… Je me souviens d’un moment seule sur un banc, de l’air qui n’est que de quelques degrés mais le soleil m’offre quelques rayons sur mon visage… une douce chaleur apaisante… entre deux parcelles de vignes, un campement est monté… des gens s’activent en bas, une petite tente dégage une fumée… nous découvrirons que c’est un fumoir et que c’est notre saumon du midi qui est en train de cuire…


On est accueillit sur le camp par Serge, Shal, Laurent, Uapistan, Elisabeth et sa mère, une « ancienne »…on entre dans le Mitishanitshuap ou Meteshansuap …

Je me souviens de cette odeur de sapin enivrante. On nous invite à sapiner, créer notre sol, créer notre endroit douillet… on s’éparpille d’abord, on sapine notre espace, on évolue vers l’espace de l’autre, puis on laisse de la place, et finalement on ne sait plus où on a commencé on sait juste que nous avons crée notre espace… on s’est piqué les doigts d’abord puis quand on s’assoit sur ce sol épineux c’est finalement comme un coussin, molletonné… Une nappe est dressée sur le sol, un verre de vin coincé entre le creux du pied et les branches d’épinettes…du lièvre, du saumon….un déjeuner au rythme de la voix de Laurent qui nous parle de son père, de son grand-père, il nous chante du Phill Collins… des frissons, des larmes, un moment de douceur… Un temps individuel, un brin de soleil sur le visage, qui sera en fait un temps avec Shal, Uapistan et une bûche ; mais finalement un temps entre moi, la hâche et la bûche… Un long moment à tenter de trouver le bon mouvement, le bon endroit, la bûche en face de moi a décidé de ne pas se laisser faire, elle me montre ses nœuds… j’y suis finalement arrivée, mes buchettes n’étaient pas parfaites, j’ai essayé, recommencé…peut-être qu’une autre aurait été moins capricieuse.. Je me souviens d’un cercle sous le Shaputuan, d’un oiseau qui le traverse, d’un courant d’air permanent… d’une frustration, d’une incompréhension, d’un sentiment que le groupe se dirige là où on avait pas prévu… un malaise est ambiant… On nous parle de Caribou comme mythe fondateur des Innus, on nous demande : Pourquoi êtes vous ici ? On nous parle de repères et à nouveau de Caribou… quel est mon Caribou à moi ? « Qu’est-ce que tu veux ? et OU tu veux le construire ? » L’un ne va pas s’en l’autre de toute façon. Ca résonne fort en moi…comme une évidence invisible… mon premier Déclic. On parle aussi d’invitation … ce n’est pas Veux-tu embarquer ? mais Qui veut embarquer ? L’invitation est ouverte. La question de filtrer est cependant posée et reste en suspend…


Je me souviens du Cercle, ce restaurant, ce lieu, cette salle, ce bar, cet espace...où rien n’est circulaire pas même les escaliers…je cherche quelques vagues, quelques arrondies mais sans succès.. des images sont projetées sur le grand mur, il fait sombre, la musique est forte,des bougies éclairent les tables. Une serveuse farfelue chante un joyeux anniversaire très fort avec une voix extrêmement surprenantes ; je me souviens que Maxime m’a dit qu’elle faisait anciennement partie d’un groupe de musique « les grosses vaches » ou quelque chose comme ça… Nous rencontrons Bruno Bernier, directeur du lieu, Bruno nous parle de son histoire, ancien restaurateur, de son lieu, de ses envies, de son nouveau projet : un living lab, de ses rendez-vous décisifs qui l’attendent dans les prochains jours ; les parties prenantes que comprend son projet, les musées, écoles, bibliothèques, le maire… il a une voix posée, calme, sûre de lui, il nous parle d’art martiaux, qu’il va y puiser beaucoup de choses, l’esprit, la posture, la notion de cercle… et finalement je crois que j’ai arrêté de l’écouter parler de son projet. Peut-être parce que je ne comprends pas tout… mais surtout car toute mon attention va sur le son de sa voix et sa posture, les pieds ancrés dans le sol, son seul mouvement c’est celui de son bassin qui fait des cercle. Je suis intriguée par son regard, il regarde le sol jamais la personne a qui il parle, mais cela n’enlève rien à sa prestance, à sa posture.. sans même tout comprendre, il emporte le groupe dans son projet, on peut le suivre dans son ancrage les yeux fermés…


Je me souviens du mardi… L’angoisse de devoir refermer ma valise, vais-je y arriver ? c’est pourtant plus simple, tout coule.. Un petit déjeuner avec Sandrine, directrice de l’auberge, les voyageurs viennent et repartent ; elle nous raconte ses origines normandes, son arrivée au Québec, le concept Carrefour Tiers monde… Avant de quitter la ville de Québec, nous allons rencontrer un cabinet d’architecture. Je dois l’avouer : j’ai un moment de solitude quand je ne reconnais pas le nom du cabinet que j’ai dans mon roadbook ( au moment où j’écris ça j’ai un bruit d’orage dans les oreilles de Childout, c’est tout à fait ce sentiment) je demande une personne qui n’est pas celle qui m’attend…mais François arrive un peu décontenancé.. sur le moment on ne sait pas trop où on va ni ce qu’on fait mais on le suit.. (je me rends compte par la suite que j’avais les coordonnées de la personne qui nous a mis en contact). François est un des architectes qui a participé à la création du nouveau siège social de GSK à Québec. Il nous raconte l’histoire de cette belle aventure, des roulottes à ce magnifique bâtiment…un siège social qui a été créé autour d’espaces collaboratifs même si je suis sûre qu’encore aujourd’hui les employés ne se rendent pas compte ; il nous parle de détails spécifiques, scientifiques : de la manière dont l’air va circuler, de la structure en bois… Derrière tout ça, un mot lui tient à cœur, il dit travailler pour le Confort de ses clients : confort Fonctionnel (la manière dont vont vivre les occupants), confort physique ( visuel, thermique, Acoustique ), confort psychologique… Ce qui est dingue c’est ce naturel avec lequel il raconte son histoire, la manière dont l’ensemble des parties prenantes ont travaillé, dont il travaille avec ses collègues ; pour nous ça résonne, ça pétille, ils font du Co- … mais eux, c’est normal de faire comme ça, sinon cela ne fonctionnera pas, il gagne du temps … c’est logique, c’est une évidence…et pour nous c’est un travail de longue haleine… Coarchitecture. On quitte Québec, on arrive chez Dany, dans sa Cabane à sucre…il nous attend sur le pas de la porte, une jeune fille a la doudoune orange est à côté de lui, c’est Caroline, une des complices Grisvert ; je lui fais la bise, comme si je la


connaissais depuis toujours, c’est naturel, une évidence… On boit du caribou, on prend une soupe de pois, on joue de la musique avec des espèces de castagnettes, à la forme de couverts à salade que l’on tape entre notre cuisse et nos mains… des plats et toujours des plats… Caché derrière le caribou une photo de maxime accrochée au mur au milieu de millier d’autres, des plaques d’immatriculation, des cartes postales, on est chez Dany ! on mange ensuite un suçon pour eux, une sucette pour nous : du sirop d’Erable refroidit directement sur de la glace sur un bâtonnet… on nous explique comment est fait le sirop d’Erable, qu’il ne se récolte que 4 semaines dans l’année, sous l’effet de gelée la nuit et dégel le jour…et qu’il faut 40 litres d’eau d’Erable pour un litre de sirop…

Je me souviens du Baluchon…22 hectares entre Québec et Montréal… Louis, un des fondateurs nous accorde une heure de son temps pour nous raconter l’histoire de son lieu. Je me souviens être arrivée dans une salle chaleureuse, avec des fauteuils disposés en cercle, du thé, du café nous attendaient ; j’ai eu une pensée pour Laurence qui avait fait passer le message sur nos modes de fonctionnement et sur Caroline du Baluchon qui avait respecté ça. Louis Lessare…il n’a pas tant parlé de l’histoire du Baluchon, ni de tous les prix qu’ils ont reçu…il nous a partagé sa fierté, leur travail mené depuis 3 ans pour créer leur Plan Maître de Développement pour le Baluchon, ce qu’il voulait faire, développer…que tout ne se ferait pas en une année mais en plusieurs mais qu’ils iraient au « boutte du boutte ».


Il nous a montré ce classeur ou plutôt ce pavé, puis un résumé du pavé, puis un sommaire qui est le résumé du résumé et surtout le guide du Voisinage ! la perle de ce voyage pour moi. Il a conscience de ce qu’apporte le Baluchon à la région, il a conscience qu’il ne peut pas embaucher toute la région, en revanche avec ce guide, il propose au voisinage de profiter de cet essor en développant, créant des concepts qui pourraient avoir un partenariat avec le Baluchon.. Avec ce guide, il donne le cadre et donc les limites, le voisinage profite et lui aussi, c’est comme un donnant / donnant mais avec un cadre. Il fait de la place à son voisinage, après libre ou non au voisinage de prendre ou non cette place mais il l’a prévu et ça… Il utilise des termes d’Ecologie Humaine, de Comité de bonne entente, de démystifier des concepts de slow design… et aussi de Produit Habité : on prend le meilleur du passé, le meilleur du présent/futur et on en fait un produit habité.. l’idée aussi qu’il ne Faut pas reculer tant qu’on ne nous prouve pas qu’on a tort, il faut reculer lorsque les bonnes personnes nous disent que c’est stop… l’idée qu’un territoire occupé et un territoire préservé… Après cette belle rencontre, pleine de découverte, de rêve qui remonte à la surface : une longue marche dialoguée avec Audrey. Ce qui devait être un point tutoré devient un vrai échange... on parle de passé, du présent mais aussi du futur...d’elle, de moi, de nous ImFusio… Puis s’en suit 20 minutes de Jaccuzzi seule, où j’apprend à lâcher prise dans le courant... la notion de se laisser porter est difficile à mettre en pratique… Pour le dîner je me souviens d’une poule péruvienne…


Je me souviens Mercredi.. Avant un départ matinal du Baluchon, un petit déjeuner copieux, un jus d’orange pressée, un feu de bois à côté de notre grande table pour neuf… En route pour Montréal ! Passage éclair à l’auberge le jardin d’Antoine, rencontre avec Laurence ange invisible de ce voyage ; on devait prendre des vélos mais ce sera finalement Maxime qui nous amènera à l’Eglise Saint Marc… Samir, Yves, Samantha, Monique et Coleene nous accueillent dans cette église… et Christian un voyageur de quelques heures, ami d’un autre voyageur… des paperboards, des dessins… j’ai vraiment du mal à m’approprier l’espace, c’est pas ce que l’on me demande, mais j’essaie de faire abstraction que je suis dans une église… un processus, une démarche citoyenne autour de cette église… je n’arriverai finalement à le faire que vers la fin de ces quelques heures quand on me dit que ce processus est fait avec une église mais qu’au fond cela aurait pu être très bien fait avec le planétarium ou un gymnase… L’idée est aussi d’en faire un processus réplicable… de manière cadrée, la parole est donnée aux citoyens, avec une idée que les citoyens se réapproprie ce lieu, qu’il devienne un lieu de vie, un lieu de rencontre… un processus qui est centré autour de cette question : « A quoi pourrait ressembler le site St-Marc, transformé en espace ouvert aux citoyens, un lieu inspirant, inclusif et durable pour le quartier et la métropole ? » une piscine, un mur d’escalade, un lieux d’exposition, un café… une infrastructure pour tous… avec une idée : vivre le processus de création d’abord, on verra le pognon après… et c’est ce qui parait le plus difficile à tenir finalement . Un déjeuner à la Grand-mère poule, hasard ou pas…une longue tablée, la plus longue du voyage…on y sera 14 ; dernier dej avec Maxime, derniers conseils, derniers sourires… il nous dépose à l’espace pour la vie, il pleut…on se dit au revoir...sentiment de perdre un de nos voyageurs…vraiment…


Je me souviens l’espace pour la vie… un biodôme, avec Rachel et Joanne.. et Etienne qui se montre pour la première fois… une intention réussir à prendre des photos d’animaux pour Audrey et ses filles…un moment un peu touristique mais on apprécie et la course commence… une visite de l’insectarium ou plutôt de son entrée.. je pèse 5 500 000 fourmis...j’enlève mon sac…500 000 fourmis en moins OUF j’ai moins mal au dos.. on court dans une salle de réunion, Anne directrice de l’insectarium nous parle de son projet Métamorphose ( de l’insectarium) et du processus de co-création, le living-lab.ca ..et de la notion de Fou du roi, un certain Rock landry..c’est ce que nous appellerons un Candide avec la notion d’animateur en plus… je découvre également le Design Biophilic..re-créer le lien entre la nature et l’homme… la course continue , 20 minutes top chrono avec CharlesMathieu Brunel Directeur de l’Espace pour la vie… Deux choses importantes pour lui : les Objectifs sont limitant, le problème d’en avoir c’est qu’on ne les dépasse jamais / le Momentum : le rythme, ldynamique, le mouvement… Chaque geste que tu fais dois te ramener à l’intention…il nous parle également de la dissonance entre co-créer et créer ensemble… il n’aime pas le co car il considère qu’il ne peut créer seul de toute façon… On file ensuite à la conférence de Dominic Rankwins… un indien, un algonquin…il parle de Cercle et de 4 couleurs, le rouge, le jaune, le noir et le blanc… il nous parle de la tortue, qui ne court jamais, qui ne prend pas de décision hâtive, qui marche et respire en douceur, qui regarde toujours où elle va et qui fait un seul pas à la fois… Je lâche la conférence en route…puis c’est autour d’un verre que je fais plus ample connaissance avec Etienne, simple, clair, net et précis…


Je me souviens Jeudi… Je me souviens d’un petit déjeuner avec Laurence, la voyageuse invisible ; un résumé de ces quelques jours passés, un sentiment qu’elle a vécu ce voyage avec nous par procuration…par moi pendant la préparation, pendant avec Maxime… Je me souviendrai d’une Laurence qui a vraiment embarqué avec nous dans la philosophie de ce voyage… Maxime n’est plus là, notre trajet jusqu’à notre rendez-vous se passe sans encombre jusqu’au moment où on prend un bus dans le mauvais sens…heureusement on s’en rend compte grâce à Yana rapidement...on perd en tout presque 30 minutes mais on se fait guider finalement par un jeune artiste en zippé logoté Cirque du Soleil… Même avec ce retard on est accueillit avec grand sourire, bras ouverts…un monde s’ouvre pour nous, celui du Cirque du Soleil : Invoquer l’Imaginaire, Provoquer les sens, Evoquer l’émotion… je ne me souviens pas avoir ressenti cela, en revanche je ressens un vrai business, un monde qui tourne, qui se suffit à lui-même…on nous parle de lien avec le quartier, de son environnement et des ses écoles, du rapprochement et des liens qui sont crées… ils n’ont pas d’ascenseur au Québec…on monte, on descend, on remonte… ah un ascenseur… je commence à sentir les muscles de mes cuisses… des studios, au maquillage, à la conception des chaussures, des perruques, de leur motifs de tissu…ils pourraient presque vivre en autarcie… je me souviens d’une exposition des employés et d’un tableau...Amélie…Evoquer l’émotion, Marie Hélène Houpert a réussi… Je me souviens de la greffe, pour nous parler d’intégration et des nouveaux employés, soit c’est compatible soit c’est le rejet…je souris intérieurement. Nous voilà maintenant en salle de réunion, une grande table, une grande baie vitrée…des acrobates répètent…je reconnais des scènes de Cortéo. De belles métaphores : et si votre organisation était une route ? on nous expose leur processus de création, j’aime leur schématisation du prototypage… Carrefour d’experts, de rencontres inattendues et de collisions de connaissances… je me souviens d’être frustrée car leur processus de


cocréation est verbalisé et fonctionne, en revanche cela n’est pas le cas en interne à priori … j’ai envie de dire « What else ? » Je me souviens quand Académie et théorie s’invite au voyage… HEC Montréal nous voilà … une heure académique avec Lucy & Laurent… je ne comprends pas tout, comme le sentiment qu’on ne parle pas de l’homme…on me donne beaucoup de références… il me manque quelque chose, je ne sais pas ce que sais, pour le moment en tout cas… « un dirigeant doit regarder l’herbe pousser sous son pied » Je me souviens d’un rendez-vous loupé, 30 minutes pour se retrouver, 2 ascenseurs plus tard et 225 mètres plus haut, nous sommes arrivés….pour notre dernier dîner .. un voyageur a décidé de poursuivre son voyage seul… sentiment mitigé entre déception, soulagement, frustration, impression d’être passé à côté de quelque chose… mais comme on dit les personnes présentes sont les bonnes…moment vertigineux…très haut, très loin, ça sent la fin…


Je me souviens vendredi… on referme les valises, et on va clôturer le voyage chez Ecto...on se remémore notre voyage, chacun une demi-journée, on en a fait des choses en 6 jours… parfois difficile de se remémorer car on a l’impression que c’était il y longtemps… comme si l’eau avait coulé sous les ponts…ou plutôt qu’on a cheminé sans s’en rendre compte… de la fierté, des évidences, des convictions… difficile d’expliquer ce qui n’est pas tangible… Je me souviens avoir fait 5millions de fourmis à un moment du voyage, d’en avoir délesté 500 000, peutêtre que c’est finalement ce que j’ai gagné en certitude et perdu en doute.. Certitude que je suis aujourd’hui à la bonne place, je suis ancrée par des évidences comme Bruno, habitée par mes rêves comme Louis, sûre comme Samantha, à l’aise comme Yana, avec envie comme Jean-Sé, avec sourire comme Maxime, sur le chemin comme tous les voyageurs.

Dans un an, je m’en souviendrai toujours...et probablement d’autres choses encore.

Audrey Dufresne


Je me souviens - Recit de voyage