Cartographie du projet "Parole aux jeunes"

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ET SI ON JASAIT SEXTING VOIS-TU LE PIÈGE ? Ce qui commence par de la séduction et des cadeaux peut finir par de l’exploitation sexuelle. APPRENONS À RECONNAÎTRE LES PIÈGES. Québec.ca/exploitationsexuelle

CARTO GRAPHIE

DES CAMPAGNES ET DES OUTILS DE PRÉVENTION

DE L’EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS

L’EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS EN LIGNE UN FLÉAU EN HAUSSE AU CANADA

ON JASAIT SEXTING de décisions.

ET le . 2020

Plusieurs personnes ignorent à quel point ce crime horrible est fréquent. Si nous ne reconnaissons pas ce problème nous ne pouvons pas aider à y mettre fin. L’EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS EN LIGNE SE CONDITIONNEMENT EN LIGNE | IMAGES ET VIDÉOS À CARACTÈRE SEXUEL SEXTAGE ET SEXTORSION CAPPING

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DISPONIBLES EN LIGNE AU QUÉBEC ?! danst'accompagne tes prises pratique qui Un guide

CARTOGRAPHIE DES CAMPAGNES ET DES OUTILS DE PRÉVENTION DE L’EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS

DISPONIBLES EN LIGNE AU QUÉBEC

2023

Crédit des visuels de la couverture, de haut en bas selon l’ordre sur la page :

- Ministère de la Sécurité publique, Gouvernement du Québec (2022), « Reconnaître les pièges »

- Le PIaMP (2020), « Et si on jasait sexting ?! – un guide pratique qui t’accompagne dans tes prises de décision »

- Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel – CALACS (2022), « C’est pas un jeu »

- Gendarmerie Royale du Canada – GRC (2018), « Respecter le consentement sexuel »

- Sécurité publique Canada (2020), « L’exploitation sexuelle des enfants en ligne – Un fléau en hausse au Canada »

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Fier partenaire de la Politique de l’enfant de la Ville de Montréal

TABLE DES MATIÈRES

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1. LE BUREAU INTERNATIONAL DES DROITS DES ENFANTS ET LE PROJET PAROLE AUX JEUNES ! ...............................................................................4 Le Bureau international des droits des enfants et ses activités au Québec................4 Le projet Parole aux jeunes !..................................................................................4 Objet de la cartographie........................................................................................5 2. MÉTHODOLOGIE DE LA CARTOGRAPHIE.................................................................6 La recherche........................................................................................................6 Analyse des données.............................................................................................7 Limites méthodologiques......................................................................................8 3. LES CAMPAGNES DE PRÉVENTION CONTRE L’EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS AU QUÉBEC..........................................................................................10 Outils et créateurs...............................................................................................10 L’objectif et la cible des campagnes......................................................................13 Toucher les jeunes grâce au langage utilisé...........................................................15 Les sujets abordés...............................................................................................18 Représentation des auteurs et des victimes..........................................................20 Représentativité des diversités............................................................................22 4. CONCLUSION.............................................................................................................24 5. ANNEXES...................................................................................................................26 Annexe 1 – Présentation des 60 campagnes et outils de sensibilisation à l’exploitation sexuelle chez les jeunes......................................................................................26 Annexe 2 – Mots-clés utilisés dans la recherche de données..................................28 Annexe 3 – Tableau descriptif des types de discours..............................................29 6. BIBLIOGRAPHIE.........................................................................................................30

LE BUREAU INTERNATIONAL DES DROITS DES ENFANTS ET LE PROJET PAROLE AUX JEUNES !

Le Bureau international des droits des enfants et ses activités au Québec

Depuis

plus de 25 ans, le Bureau international des droits des enfants (l’IBCR ou le Bureau) a pour mission de promouvoir les droits des enfants et de valoriser leur parole et leur participation effective dans tout ce qui les concerne, au Québec comme ailleurs dans le monde.

Au cours des 10 dernières années, l’IBCR a travaillé avec des jeunes au Québec et publié le rapport « Paroles de jeunes et participation au processus de justice : trajectoires judiciaires de victimes et de témoins d’actes criminels au Québec » (Bureau international des droits des enfants, 2017). Il a également créé un jeu vidéo sur les droits de l’enfant en collaboration avec des classes d’écoles primaires. Tout récemment, en 2022, le Bureau a élaboré une formation interactive en ligne intitulée « Rendre effective la participation de l’enfant pour renforcer son expérience ». Cette formation a pour objectif de développer les compétences des professionnelles et des professionnels qui accompagnent les enfants dans le processus judiciaire, pour assurer leur participation effective.

Le projet Parole aux jeunes !

Entre2014 et 2020, le taux global de cas d’exploitation sexuelle en ligne d’enfants déclarés à la police est passé de 50 à 131 pour 100 000 habitants (CCPE, 2022 ; Ibrahim, 2022), soit une augmentation de 170 %. Pour la seule ville de Montréal, 840 dossiers d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet ont été ouverts par le SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) entre le 1er janvier et le 4 novembre 2020, alors qu’en 2015, on ne comptait que 541 dossiers (Duchaine et Touzin, 2020). Par ailleurs, une hausse de 150 % des signalements de sextorsion contre des adolescentes et des adolescents a été enregistrée sur la période allant de décembre 2021 à mai 2022 par Cyberaide.ca — la centrale canadienne de signalement de cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet (CCPE, 2023).

Force est de constater que la pandémie est venue exacerber une réalité déjà connue de la population et du gouvernement. En juin 2019, l’Assemblée nationale du Québec avait mis sur pied la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs (CSESM). Ce sont 13 des 58 recommandations du rapport final de décembre 2020 qui exhortaient à tisser un filet de sécurité pour les enfants grâce à la prévention et à la formation (Assemblée nationale du Québec, 2020). C’est ainsi que le ministère de la Sécurité publique a déposé le Plan d’action gouvernemental 20212026 Briser le cycle de l’exploitation sexuelle (MSP, 2023).

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© Cottonbro via Pexels

C’est dans ce contexte et dans la lignée de ces initiatives que s’inscrit le projet PAJ, Parole aux jeunes ! Mieux prévenir et contrer l’exploitation sexuelle des adolescentes et des adolescents. Les mesures prises en réponse à la pandémie de COVID-19 touchent directement les adolescentes et les adolescents et amènent des conséquences multiples. Entre autres, les cas d’exploitation sexuelle à l’encontre d’enfants sont en forte croissance depuis le début du mois de mars 2020. En réaction, l’IBCR a lancé en juillet 2021 le projet Parole aux jeunes ! dans l’intention de donner l’opportunité aux jeunes de s’exprimer afin de leur permettre d’influencer les stratégies de lutte contre l’exploitation sexuelle dans un contexte de pandémie et d’utilisation accrue des technologies.

D’un côté, le projet vise à sensibiliser les institutions et organismes-clés au problème de l’exploitation sexuelle des enfants et à la nécessité de faire participer ces derniers à la conception de campagnes et de politiques de prévention afin qu’elles soient mieux ciblées et plus efficaces. Toutefois, le cœur du projet a été d’outiller les adolescentes et les adolescents en vue de leur permettre d’être les acteurs de leur propre protection face à l’exploitation sexuelle et à celle de leurs pairs. Ainsi, au cours des deux dernières années (2021-2023), cinq groupes de jeunes de profils différents ont participé à des échanges, dans des espaces communs de réflexion, sur l’exploitation sexuelle, sur la manière dont le phénomène affecte les jeunes au Québec et sur le type de prévention le plus adapté. Ce processus les a menés à développer de courts projets ayant comme objectif de diffuser leurs recommandations de manière créative sur la manière dont toutes les campagnes et stratégies de prévention pourraient mieux leur parler.

Objet de la cartographie

Endressant un panorama des campagnes de prévention contre l’exploitation sexuelle des enfants au Québec produites et diffusées en ligne au cours des cinq dernières années, cette cartographie se veut une base d’analyse destinée à alimenter la réflexion des jeunes sur la conception des campagnes de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants. Si la multiplication des dénonciations et les nouvelles formes d’exploitation sexuelle en ligne peuvent être dues à des motifs sociaux, tel le phénomène #meetoo, elles sont également sans aucun doute liées à l’utilisation croissante des médias sociaux et des services électroniques (CCPE, 2022).

Dans le cadre du projet Parole aux jeunes !, lors de nos échanges avec les groupes d’adolescentes et d’adolescents et dans le cadre de la présente cartographie, nous entendons par « exploitation sexuelle » le fait de profiter d’un déséquilibre de pouvoir, d’une situation de vulnérabilité ou d’un rapport de confiance pour amener un jeune à se livrer à une activité de nature sexuelle en vue d’en tirer un avantage économique, social ou autre.

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MÉTHODOLOGIE DE LA CARTOGRAPHIE

La recherche

Afin de pouvoir mener une réflexion sur les campagnes récentes et actuelles, disponibles en ligne, et visant la lutte contre l’exploitation sexuelle des jeunes au Québec, nous avons souhaité tracer un portrait des campagnes de prévention et des outils créés et diffusés au Québec depuis les cinq dernières années.

Par « campagnes », nous entendons un ensemble d’outils variés (ex. : site Internet, vidéo, hashtag, balados, etc.) ayant un objectif relativement circonscrit, en vue de sensibiliser la population au sujet de ce problème de société de manière à en réduire l’occurrence. En ce sens, les campagnes devaient s’inscrire dans une stratégie plus large et pour une certaine durée. Quant aux outils, nous nous sommes référés à des supports visuels ou audio qui s’inscrivent dans le cadre d’une campagne ou d’une initiative plus large portant sur l’exploitation sexuelle des jeunes (ex. : courtes vidéos, balados, images, etc.), et ayant comme objectif de diffuser un message de sensibilisation.

Nos recherches ont été effectuées sur Internet via le moteur de recherche Google, ainsi que sur certains réseaux sociaux (Instagram, TikTok, Snapchat, groupes Facebook portant sur le sujet, etc.). Ainsi, entre les mois de septembre 2021 et mai 2022, plusieurs centaines de sites Internet ont été consultés pour cibler 60 campagnes et outils, facilement accessibles en ligne et touchant le problème de l’exploitation sexuelle des enfants ainsi que des adolescentes et des adolescents.

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Autre 2 % Facebook 5 % Instagram 3 % Page Web 13 % Site Web 42 % TikTok 7 % Youtube 28 % LES PLATEFORMES SUR LESQUELLES ONT ÉTÉ IDENTIFIÉS LES CAMPAGNES ET OUTILS

Ces recherches en ligne ont été réalisées à partir de mots-clés significatifs en lien avec le champ lexical de l’exploitation sexuelle chez les jeunes. Voici ci-contre les mots-clés utilisés dans nos recherches. Une liste plus détaillée des expressions se trouve à l’Annexe 2 du présent document.

Par ailleurs, dans le but d’obtenir des données pertinentes, nous avons limité les campagnes à celles (i) qui semblaient a priori s’adresser aux jeunes de 12 à 17 ans, aux adultes et au grand public ; (ii) qui visaient un public du Québec, étaient en français et accessibles en ligne gratuitement et (iii), enfin, qui devaient avoir été produites depuis 2017 pour permettre un échantillonnage avant et pendant la pandémie.

Analyse des données

Les 60 campagnes et outils retenus ont ensuite fait l’objet d’un classement, en fonction des catégories suivantes :

Le destinataire du message

Le type de langage utilisé

Le ton du message

Le médium et la plateforme de diffusion utilisés

La forme d’exploitation sexuelle visée (en ligne ou non)

Le moment de la publication (depuis le début de la pandémie ou avant celle-ci)

La représentation de l’auteur de l’exploitation sexuelle (adulte ou adolescent)

Le genre des personnes représentées ainsi que le rôle qui leur est attribué (victime, auteur/abuseur ou facilitateur/proxénète)

La représentativité des personnes issues de groupes de la diversité (minorités ethnoculturelles, personnes autochtones, personnes LGBTQ+, personnes vivant avec un handicap) et, si applicable, le genre, l’âge et le rôle de ces personnes issues de la diversité

La présence, ou non, de ressources d’aide accompagnant les campagnes

Le message principal livré au moyen de l’outil et/ou de la campagne

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Limites méthodologiques

Certaines

limites méthodologiques doivent être prises en considération dans l’appréciation des analyses qui suivront :

Les campagnes et les outils relevant des types suivants ont été exclus de cette recherche : les documentaires, les films, les émissions de télé/radio, les outils payants, les séries, des initiatives ciblées et/ou de niveau local dont le contenu n’est pas accessible facilement en ligne.

Certaines campagnes ont pu être lancées après le début de la pandémie tout en ayant été conçues avant. L’année de publication peut donc ne pas représenter le moment de sa conception. Par ailleurs, nous avons retenu quelques données dont la date de publication était inconnue. Dans ces cas, elles n’ont pas été prises en compte dans les tableaux croisés nécessitant la date de publication.

Nous ne savons pas comment les jeunes effectuent leurs recherches sur Internet ou via les applications. En outre, le fait que les recherches aient été effectuées sur les réseaux sociaux à partir de comptes professionnels ou personnels, par des personnes plus âgées, suppose des algorithmes et des résultats différents.

SEXTORSION

La sextorsion est une sorte de chantage qui prend la forme de menaces de partage de photos ou de vidéos intimes à d’autres personnes si la personne concernée refuse d’envoyer de l’argent ou davantage de contenus intimes.

LE LEURRE INFORMATIQUE

Selon la définition de Cyberaide, « le leurre informatique, c’est quand quelqu’un (généralement un adulte, mais pas toujours) utilise des moyens technologiques (ex. : fonctions de clavardage ou de messagerie instantanée d’une appli, d’un jeu ou d’un site Web) pour communiquer avec une personne mineure dans un but sexuel ».

(CCPE, 2023)

GROOMING OU CONDITIONNEMENT

« Il s’agit du processus de séduction utilisé par le proxénète pour manipuler et initier par le leurre une fausse relation amoureuse pour inciter une jeune à se prostituer. C’est le principal modèle d’engagement des adolescentes dans des situations d’exploitation sexuelle. »

(La Piaule, 2023)

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9 © Freepik

LES CAMPAGNES DE PRÉVENTION CONTRE L’EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS AU QUÉBEC

Lasection qui suit présente les données croisées selon les paramètres qui nous semblaient nécessaires pour permettre d’avoir un aperçu des campagnes et outils présents sur le Web, afin de mener une réflexion plus poussée en vue de la conception des prochaines campagnes et des prochains outils de prévention.

Outils et créateurs

FORME ET NATURE DES OUTILS

Les campagnes pour prévenir et contrer l’exploitation sexuelle des jeunes en ligne se présentent sur différents supports et médiums accessibles sur le Web. Tel qu’on le voit, la vidéo est l’option privilégiée dans 58 % des cas. Le contenu peut également prendre la forme d’un site Web (10 %) comprenant des ramifications avec plusieurs pages, d’infographies ou d’affiches (8 %) ou encore de documents/guides (5 %), de pages Web uniques (5 %), de liens vers des baladodiffusions (5 %), de jeux (5 %), de tables rondes virtuelles entre spécialistes (2 %) et enfin (2 %) de reportages basés sur un témoignage, tels que L’histoire de Clémentine, Sugar Baby : Du glam au drame.

Balado/podcast

Guide / Document explicatif

Guide/document explicatif

Reportage basé sur un témoignage

Infographie/affiche

Page Web

Site Web

Table ronde

Vidéo

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CAMPAGNES SELON LA NATURE DE L’OUTIL 5 % 5 % 5 % 2 % 8 % 5 % 10 % 2 % 58 % Jeu
Balado/Podcast

Nousavons cherché à savoir à l’initiative de qui ont été créées ou développées ces campagnes. Tel que nous pouvons le constater, les organismes communautaires sont responsables des campagnes recensées à hauteur de 50 % du total. Cellesci sont en grande partie financées par le ministère de la Sécurité publique (MSP), de qui relève le dossier de l’exploitation sexuelle des enfants au Québec, ainsi que du Secrétariat à la condition féminine, qui a, comme nous l’avons vu, le mandat de mettre en œuvre le Plan d’action. D’autres campagnes (15 %) sont le fruit d’une collaboration inter-organismes (soit une concertation entre plusieurs organismes communautaires ou encore une collaboration entre un organisme communautaire et le gouvernement) ou uniquement gouvernementales – provinciales (13 %) ou fédérales (5 %). Enfin, d’autres sources (7 %) sont à l’initiative de campagnes, telles que, par exemple, des ONG internationales (Amnesty International : No consent = No fairy tale – Culture Pub). Enfin, des groupes de jeunes ou des universitaires sont à l’initiative d’outils de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants ainsi que des adolescentes et des adolescents. Il serait intéressant d’étudier l’impact de ces outils, et de voir comment l’implication des jeunes confère une valeur ajoutée à certaines de ces campagnes au sein de la multiplicité des campagnes et outils existants.

Des exemples de campagnes de prévention de l’exploitation sexuelle, accessibles en ligne et menées par ou avec des jeunes

#Metooscolaire

Une initiative du collectif La voix des jeunes compte1, composé de jeunes femmes âgées de 15 à 21 ans et qui lutte contre les violences sexuelles dans les écoles primaires et secondaires du Québec depuis 5 ans.

https://www.instagram.com/tv/CM-5DrRH2-b/?hl=fr

J’aurais dû...

Un court-métrage sur le consentement produit à partir de la pièce de théâtre du même titre, jouée par Loralee Legault, Jeanne Marquis et Laurence Thérien et créée dans le cadre de Secondaire en spectacle en 2019.

https://www.youtube.com/watch?v=-hhowlWwy2I

1 - La voix des jeunes compte se présente comme un « collectif jeunesse, récipiendaire de la médaille de la paix du YMCA Québec (2021) composé majoritairement de jeunes femmes âgées de 15 à 21 ans qui se mobilisent depuis plus de cinq ans contre les violences sexuelles dans les écoles, car c’est un endroit-clé pour faire de la sensibilisation et de la prévention auprès des jeunes ».

11 CAMPAGNES SELON L’INSTIGATEUR CRÉATEUR DE LA CAMPAGNE 7 % 15 % 5 % 13 % 5 % 50 % 5 % Autre Collaboration inter-organisme Gouvernement fédéral Gouvernement provincial Média Organisme communautaire Service de police 7 % 15 % 5 % 13 % 5 % 50 % 5 % Autre Collaboration inter-organisme Gouvernement fédéral Gouvernement provincial Média Organisme communautaire Service de police Collaboration inter-organismes

Alorsque 100 % des campagnes qui s’adressent aux parents fournissent des ressources, telles que des lignes téléphoniques, des coordonnées d’organismes communautaires spécialisés dans le soutien ou encore des sites Internet qui communiquent des informations générales, seules 73 % des campagnes qui s’adressent aux jeunes font de même. Pourquoi cette distinction ? Est-ce un choix judicieux de ne pas systématiquement outiller les adolescentes et les adolescents ? Ce sont des pistes à explorer.

Enfin, sur les deux campagnes de prévention qui ciblent les potentiels auteurs d’exploitation sexuelle, une seule est accompagnée de ressources, soit le numéro de téléphone d’une ligne d’aide. Encore une fois, étant donné l’importance d’une action en amont et en prévention de l’exploitation sexuelle chez les éventuels auteurs, tant chez les adultes que chez les jeunes, pourquoi limiter la diffusion de ressources ?

CAMPAGNES COMPOSÉES D’OUTILS MULTIPLES

Plus de la moitié des campagnes sont composées de plusieurs outils (ex. : une page Web qui inclut une vidéo, une affiche et un témoignage audio). La diversification des outils et des ressources doit permettre de toucher le plus de personnes possible. C’est en multipliant les moyens de diffusion que seront atteints de meilleurs résultats.

: 73 %

12
Total
0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % 120 % Non Oui Non Oui Non Oui Oui Non Oui Auteur.trice Grand public Intervenant.e.s Parents Tous les jeunes
LES CAMPAGNES FOURNISSANT DES RESSOURCES, CLASSÉES SELON LEUR PUBLIC CIBLE RESSOURCES PARTAGÉES SELON LE PUBLIC CIBLÉ
Non Oui
Campagne du Secrétariat à la condition féminine (2018), « Exploitation sexuelle ».

L’objectif et la cible des campagnes

Nousnous sommes intéressés aux personnes ciblées par les campagnes et les outils de prévention. Les données rassemblées indiquent que la grande majorité d’entre elles (68 %) s’adressent aux jeunes, de manière générale. Dans une moindre mesure viennent ensuite les parents (18 %) et le grand public (17 %). Enfin, une infime proportion (3 %) des campagnes et des outils s’adressent spécifiquement aux auteurs susceptibles de commettre un geste d’exploitation sexuelle envers les jeunes.

Campagne ciblant les parents

« En tant que parent ou tuteur, la quantité d’informations à assimiler sur les interactions des jeunes en ligne est énorme… Nos experts ont défini le problème et les signes à surveiller. Ils ont donné des conseils pour parler de ces sujets avec les enfants. Ils ont aussi répondu aux questions afin que les parents et tuteurs aient les outils nécessaires pour discuter franchement et ouvertement avec leurs enfants. »

Extrait du site Web.

Gouvernement du Canada, 2022. « Dangers en ligne : Cyberintimidation et exploitation sexuelle des enfants en ligne ». Table ronde d’experts : Ce que les parents et les tuteurs doivent savoir.

https://www.canada.ca/fr/securite-publique-canada/campagnes/exploitation-sexuelle-enfantsen-ligne/dangers-en-ligne-cyberintimidation-exploitation-sexuelle-enfants-en-ligne.html.

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TYPE DE PUBLIC CIBLÉ PAR LES CAMPAGNES ET OUTILS RECENSÉS PUBLIC CIBLÉ 3 % 17 % 7 % 18 % 68 % Auteur.trice Grand public Intervenant.e.s Parents Tous les jeunes

LE DISCOURS VÉHICULÉ

Danscette profusion de campagnes qui s’adressent aux jeunes, on remarque une forte tendance à vouloir sensibiliser l’ensemble des jeunes au fait que toutes et tous peuvent agir pour lutter contre l’exploitation sexuelle – qu’elle les concerne directement ou qu’elle concerne leurs pairs. Elles véhiculent un message de réprobation des comportements associés à l’exploitation sexuelle en valorisant les relations saines et en insistant sur l’aspect consensuel des activités de nature sexuelle. Ce sont des moyens qui cherchent à rendre les jeunes autonomes et responsables de leur propre protection : il s’agit de les responsabiliser sur la nature et les dimensions de leurs relations affectives et intimes en leur indiquant comment reconnaître une situation de possible exploitation sexuelle, comment éviter de se retrouver dans une telle situation, ou encore, comment signaler ce type de comportement. De ce fait, ces campagnes peuvent également transmettre le message de ne pas commettre de tels actes.

Des campagnes s’adressant aux auteurs d’exploitation sexuelle d’adolescentes et d’adolescents

Un exemple développé par Le Phare des AffranchiEs « Sexploitation, le jeu télévisé où VOUS avez le choix » (2022) présente le message final suivant : « Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas les conséquences qu’elles n’existent pas. Acheter du sexe, ce n’est pas un jeu. »

Voir aussi La vérité sur l’exploitation sexuelle – Un trop grand prix pour les femmes et les filles (2022) ciblant les clients de prostitution lors du Grand Prix de Montréal.

L’objectif consistant à sensibiliser les jeunes en tant que potentielles victimes amène les réflexions suivantes : est-ce que ces messages ne susciteraient pas, chez les enfants ainsi que les adolescentes et les adolescents, le sentiment que leur protection relève de leur unique responsabilité ? Est-ce que cela ne reviendrait pas à dire que c’est à eux de s’assurer de ne pas tomber dans les « pièges » tendus par les auteurs d’exploitation sexuelle ? Cette approche risque-t-elle de provoquer un sentiment de responsabilité et de honte chez les victimes, et par là même, ne risque-t-on pas de plonger les victimes dans le silence au lieu de les inciter à parler et à aller chercher de l’aide ?

Campagne « Vois-tu le piège ? » du ministère de la Sécurité publique (2022), « Reconnaître les pièges. Séduction et cadeaux. »

Campagne de La Piaule (2020), « Fais pas l’autruche » menée conjointement par les organismes La Piaule Centre du Québec, Maison Habit-Action, Répit Jeunesse et La Rue Bécancour.

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C’est d’ailleurs ce que soutiennent plusieurs organismes du Québec qui luttent contre l’exploitation sexuelle des jeunes : les campagnes devraient s’adresser davantage aux potentiels auteurs. Une campagne à laquelle des jeunes ont été associés a pourtant fait l’objet de critiques selon lesquelles elle serait culpabilisante à l’égard des victimes2

Nous pensons qu’il serait en effet intéressant de voir si des campagnes responsabilisant les parents et le grand public pourraient contribuer à créer, avec les jeunes, un environnement protecteur.

Toucher les jeunes grâce au langage utilisé

LANGAGE ET EXPRESSIONS UTILISÉS

Toutes

les campagnes qui s’adressent aux jeunes adaptent leur langage. Elles le font en tentant de s’approprier les expressions, la manière de parler et tics de langage généralement associés aux jeunes (22 % des 41 campagnes qui s’adressent aux jeunes). Plus généralement (78 %), on tentera de rejoindre les jeunes à l’aide d’un langage simplifié, c’est-à-dire en s’efforçant de vulgariser les concepts utilisés afin que le message soit aisément compris.

Campagne On parle de sexe (2019), « Exploitation sexuelle – Épisode complet ».

Un exemple de langage simplifié :

« Si tu passes du temps en ligne, tu dois faire attention à certaines choses, comme le conditionnement. Le conditionnement en ligne, c’est lorsqu’on fait semblant d’être ton ami, ta copine ou ton copain et qu’on te demande de faire certaines choses, comme parler de sexualité. »

Campagne du gouvernement du Canada, avec Cyberaide et Jeunesse, J’écoute, « Le conditionnement ».

Un exemple de recours au langage « jeunes » :

Une fille à l’école m’a dit qu’avec le body que j’ai, je pourrais faire vraiment beaucoup d’argent. Elle m’a donné des conseils. Je l’ai écoutée. J’ai fait pareil. Je me suis créé un compte. J’ai commencé à me prendre en photo. L’argent s’est mis à rentrer. Je capotais. En trois semaines, j’étais rendue une star ! […] Je pensais vraiment pas que c’était de l’exploitation sexuelle. » Kamila, 16 ans

Campagne des CALACS (2018), « C’est pas un jeu ».

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2 - Une campagne de sensibilisation des « sextos » passe mal | 24 heures (14 janvier 2021 13H23).
TYPE DE LANGAGE UTILISÉ DANS LES CAMPAGNES "Jeunes" Simplifié "Jeunes" Simplifié "Jeunes" Simplifié "Jeunes" Simplifié "Jeunes" Simplifié "Jeunes" Simplifié

Unpeu plus de la moitié (51 %) des outils et campagnes qui s’adressent aux jeunes optent pour un discours didactique autonomisant visant à renforcer les capacités des jeunes pour leur permettre de devenir acteurs de leur protection, c’est-àdire de faire des choix éclairés et d’en mesurer les conséquences, tout en cherchant à les outiller pour leur permettre d’agir devant des situations d’exploitation sexuelle. On observe une propension à miser sur l’agentivité des enfants ; de fait, seulement 12 % des campagnes utilisent un ton infantilisant

On remarque que 15 % des campagnes ont adopté un discours ou un ton humoristiques. Elles font appel à la culture populaire des jeunes et misent sur des sketches comiques. Ce choix permet d’aborder cette thématique sérieuse avec légèreté et de conscientiser les jeunes en passant par le rire. Le recours à l’humour est une pratique relativement nouvelle et moins répandue, comme en témoignent les résultats de cette cartographie. Des chercheurs ont rapporté qu’effectivement, l’utilisation de l’humour peut rendre les situations plus flexibles, plus gérables et réduire les tensions négatives associées aux problèmes évoqués (Blanc et Rigaud, 2013). De plus, l’humour serait particulièrement efficace, d’une part chez les individus qui, de prime abord, sont réfractaires au message partagé et, d’autre part, en tant que stratégie-relais lorsque les stratégies de prévention relatives à un sujet particulier et fondées sur la peur tendent à s’essouffler. Cependant, ces chercheurs relèvent que le recours à l’humour peut pousser les individus à se concentrer sur l’analyse de la dimension comique du message plutôt que sur le message en lui-même (Achour et Gharbi, 2017).

Enfin, 17 % des campagnes ont choisi de recourir à un discours dramatique ou alarmiste. La campagne ou l’outil fait alors usage d’un vocabulaire fortement connoté, en choisissant chaque mot afin de provoquer chez le public cible l’émotion voulue, soit la peur, le dégoût, la terreur ou la colère.

Didactique autonomisant Didactique infantilisant Dramatique/alarmiste Humoristique Polémique/engagé

Participant de 17 ans à l’un des groupes de jeunes du projet PAJ

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LE TON ET LE DISCOURS CHOIX DU DISCOURS ET DU TON UTILISÉ 51 % 12 % 17 % 15 % 5 %
RÉPARTITION DES CAMPAGNES QUI S’ADRESSENT AUX JEUNES SELON
« Quand c’est trop intense, trop gris ou trop triste, ça nous choque, oui, mais on se dit “Ben voyons, ça [ne] pourrait pas m’arriver, à moi”. »

Des exemples de discours…

… autonomisants

« Il faut réfléchir à deux fois avant de partager des photos intimes sans l’accord de la personne qui nous les a partagées individuellement. Il y a des conséquences à de tels actes, même si tu n’es pas encore un adulte (à partir de l’âge de 12 ans, tu as la responsabilité criminelle de tes actes). »

Éducaloi (Éducaloi, 2018)

« Internet est très utile, mais il comporte aussi des risques. J’apprends à les reconnaître. »

Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP, 2022)

… infantilisants/moralisateurs

« Il faut apprendre à reconnaître les pièges. »

Ministère de la Sécurité publique (MSP, 2022)

… dramatiques

« Le monde est peut-être en pause, mais l’exploitation sexuelle, elle, n’en prend pas. »

La Piaule

« L’exploitation sexuelle fait trop de victimes chaque année. Il est temps que ça cesse. »

Secrétariat à la condition féminine du Québec (2020)

… humoristiques

« Te fais pas sextorquer ; envoie un rat-taupe nu »

(CCPE)

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Les sujets abordés

SUJETS ABORDÉES PAR LES CAMPAGNES DE PRÉVENTION

L’IMPACT DE LA PANDÉMIE SUR LES SUJETS ABORDÉS

L’analysedes données nous permet de constater que les campagnes qui abordent l’aspect en ligne de l’exploitation sexuelle sont près de trois fois plus nombreuses depuis le début de la pandémie, reflétant une préoccupation croissante du milieu de la protection de l’enfant d’inclure l’aspect en ligne dans la prévention.

Néanmoins, le nombre de campagnes et d’outils abordant la thématique de la sextorsion depuis la pandémie est sensiblement le même selon l’échantillonnage des données collectées. Pourtant, au Canada, Cyberaide.ca a vu les signalements de sextorsion chez les adolescentes et les adolescents augmenter de 150 % en six mois, soit de décembre 2021 à mai 2022 (CCPE, 2023). Les réseaux sociaux ont été un tremplin vers l’exploitation sexuelle : 79 % des cas de sextorsion se sont produits sur Instagram ou Snapchat, les premiers contacts se faisant sur Instagram et se poursuivant sur Snapchat (CCPE, 2023).

Le nombre de cas de distribution non consensuelle d’images intimes dénoncés à la police a aujourd’hui augmenté de presque 10 % par rapport à l’année 2020 – une augmentation drastique par rapport aux années précédentes (Le Quotidien, 2022). Il s’agit d’une forme d’exploitation sexuelle croissante auprès des jeunes. Or nous n’avons pas observé d’augmentation du nombre de campagnes traitant du sujet dans notre cartographie. D’autres modalités d’exploitation sexuelle sont également en forte croissance. Par exemple, le sugar dating ou sugaring est un phénomène qui prendrait de l’ampleur, ce que nous constatons par l’apparition de campagnes et d’outils spécifiquement concentrés sur ce thème depuis la pandémie, alors qu’aucun n’y faisait référence avant la pandémie.

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Exploitation sexuelle en ligne Consentement Exploitation sexuelle Partage de photos intimes Relations saines Sextorsion Violences sexuelles Agression sexuelle Sugar dating Traite de personnes
7 % 25 % 18 % 11 % 18 % 14 % 4 % 0 % 4 % 0 % 4 % 18 % 16 % 30 % 13 % 5 % 5 % 4 % 0 % 5 % 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% AgressionsexuelleConsentementExploitationsexuelleExploitationsexuelleenligne
Avant la pandémie Depuis le début de la pandémie Sugardating © Freepik
SUJETS ABORDÉES AVANT/APRÈS LA PANDÉMIE DE COVID-19 (MARS 2020)
PartagedephotosintimesRelationssaines SextorsionSugardatingTraitedepersonnesViolencessexuelles

Représentation des auteurs et des victimes

Surles 60 campagnes recensées, 48 d’entre elles présentent l’auteur de l’exploitation sexuelle. Dans plus d’un tiers de ces cas (35 %), l’exploiteur est représenté comme étant un pair, soit un autre jeune. Les données sur cet élément sont difficiles à obtenir, car elles touchent le problème du consentement ; par ailleurs, les jeunes sont parfois « eux-mêmes » auteurs du matériel sur lequel repose l’exploitation. Des données de 2022 montrent que la distribution non consensuelle d’images intimes en ligne mettait en cause des victimes et des auteurs présumés dont l’âge médian était de 15 ans (Ibrahim, 2022).

Le Phare des AffranchiEs (2021), « Jour 3 : Violence sexuelle ».

Les responsables de l’exploitation sexuelle de jeunes représentés dans les campagnes analysées sont en grande majorité (87 %) de genre masculin, soit un garçon ou un homme.

Ces chiffres reflètent les récentes statistiques selon lesquelles la grande majorité (91 %) des auteurs présumés d’exploitation sexuelle d’enfants et de violences sexuelles à l’égard des enfants en ligne (y compris les infractions sexuelles contre des enfants et la pornographie juvénile) sont des hommes et des garçons (Ibrahim, 2022 ; MSP, 2021, 25).

Dans 10 % des cas de figure analysés, l’homme ou le garçon agira en tant qu’intermédiaire, soit en tant que « proxénète » ou « facilitateur » permettant l’exploitation en créant un lien entre la victime et l’abuseur. Selon nous, cette représentation ne reflète pas suffisamment le fait que de plus en plus de filles et de femmes jouent ce rôle de proxénète ou de facilitatrice, inspirant souvent plus de confiance auprès des adolescentes et des adolescents (Chadillon-Farinacci, 2021).

20
ÂGE DE L’AUTEUR DE L’EXPLOITATION SEXUELLE ÂGE DE L’AUTEUR DE L’EXPLOITATION SEXUELLE REPRÉSENTÉ DANS LES CAMPAGNES ET OUTILS
GENRE DE L’AUTEUR DE L’EXPLOITATION 27% 35% 38% Adulte Autre jeune Les deux 27 % 35 % 38 %

Auteur/abuseurFille/Femme

fille/femme

Auteur/abuseurGarçon/Homme

garçon/homme

Auteur/abuseur-Genre non déterminé

Facilitateur/proxénète

-Garçon/Homme

Onconstate que globalement (82 %), les campagnes et outils de prévention choisissent de représenter la victime d’exploitation sexuelle. Près de 7 campagnes sur 10 montrent une victime de genre féminin (fille ou femme). En contrepartie, seules 27 % des campagnes représentent un garçon ou un homme comme victime.

Ces représentations reflètent en partie les données disponibles à ce sujet. Au Canada, entre 2014 et 2020, 86 % des enfants victimes d’infractions sexuelles en ligne étaient des filles, dont 73 % étaient âgées de 12 à 17 ans et 13 % âgées de moins de 12 ans (Ibrahim, 2022). Quant au Québec, et concernant toutes les formes d’exploitation sexuelle, les sources policières rapportent qu’entre 2015 et 2019, les personnes – adultes comme enfants – rapportées comme étant victimes d’exploitation sexuelle sont presque entièrement (93,7 %) de sexe féminin. Parmi celles-ci, 36 % sont des enfants et 41 % sont âgées de 18 à 24 ans (MSP, 2021, 19). Le MSP nous met toutefois en garde en indiquant que ces proportions peuvent refléter le fait que les policiers accordent la priorité aux dossiers dans lesquels une adolescente est victime d’exploitation sexuelle (MSP, 2021, 18).

Par ailleurs, à l’échelle du Canada, les garçons âgés de 12 à 17 ans représentent 11 % des victimes de violence et d’exploitation sexuelle en ligne, dont 3 % sont âgés de moins de 12 ans (Ibrahim, 2022).

Bien que nous sachions que les garçons victimes d’abus sexuels sont moins enclins à dénoncer de telles situations, les chiffres montrent que certaines formes d’exploitation sexuelle touchent davantage les garçons (Sivagurunathan et al., 2018). Il s’agit, par exemple, des cas de sextorsion qui sont en augmentation depuis les dernières années. Selon Cyberaide.ca, 87 % des derniers signalements de sextorsion qui leur ont été transmis concernent des garçons (CCPE, 2023).

Victime-fille/femme

Victime-garçon-homme

21
GENRE DE L’AUTEUR DE L’EXPLOITATION SEXUELLE REPRÉSENTÉ DANS LES CAMPAGNES 7 % 67 % 7 % 20 %
GENRE DE LA VICTIME D’EXPLOITATION SEXUELLE GENRE DE LA VICTIME D’EXPLOITATION SEXUELLE PRÉSENTÉE DANS LES CAMPAGNES ET OUTILS 4 % 69 % 27 % Victime- genre non déterminé Victime-Fille/Femme
non determiné
Victime-Garçon/Homme Victime-genre

Représentativité des diversités

REPRÉSENTATIVITÉ DE JEUNES DES COMMUNAUTÉS

constatons que seulement 5 % des campagnes mettent en lumière les diversités sexuelles et de genre des jeunes dans la prévention des violences sexuelles. Pourtant, il est manifeste que ces jeunes s’identifieraient plus spontanément au contenu des campagnes s’ils y apparaissaient, ce qui permettrait d’atteindre l’objectif de prévention.

C’est ce qu’a fait le Laboratoire d’études sur la violence et la sexualité de l’UQAM en intégrant la diversité sexuelle dans sa Campagne de sensibilisation des violences sexuelles en contexte intime : une initiative AVEC, PAR et POUR les adolescents, composée d’un ensemble de 24 capsules. Cette campagne n’apparaît pas dans l’échantillon des 60 campagnes retenues car mise en ligne après notre collecte de données, mais est un exemple de représentation de la diversité dans les couples et dans la sexualité :

« Ma motivation à avoir une relation sexuelle, avoir du fun, je veux dire, c’est du sexe, c’est le fun le sexe […] quoi ? T’as peur de faire l’amour ? Tu es gay ? Mon orientation sexuelle n’a aucun rapport là-dedans, je le ferai quand je serai prêt. »

Campagne du Laboratoire d’études sur la violence et la sexualité (2019), « Peu importe les jugements ou la pression, c’est ta relation intime ».

Campagne du Laboratoire d’études sur la violence et la sexualité (2019), « Partager des photos intimes de l’autre, c’est illégal et ça fait mal ».

22
CAMPAGNES DONNANT UNE VISIBILITÉ AUX JEUNES DES COMMUNAUTÉS LGBTQ+
%
%
Oui Nous
LGBTQ+
95
5
Non

REPRÉSENTATION DE PERSONNES DE LA DIVERSITÉ ETHNOCULTURELLE

Presque la moitié des campagnes et outils analysés présentent des personnes issues des groupes ethnoculturels minoritaires au Canada. Par exemple :

Campagne de la Fondation Marie-Vincent (2018), « Prévenir la cyberviolence sexuelle : une vidéo réalisée par des jeunes ».

Aucune campagne analysée ne permettait de voir des jeunes issus des peuples autochtones, alors qu’ils font également l’objet d’exploitation sexuelle. Le MSP a, en revanche, récemment annoncé que des ressources seraient allouées afin de « mener des activités de sensibilisation destinées spécialement aux membres des Premières Nations et aux Inuit » (MSP, 2022, 37). En outre, aucune des campagnes et aucun des outils analysés ne présentent de personnes vivant avec un handicap, qu’il soit physique ou mental.

Pourtant, selon des données datant de 2020, la proportion de Canadiennes et de Canadiens – tous âges confondus – appartenant à une minorité sexuelle ayant subi un comportement inapproprié en ligne représentait le double du nombre de Canadiennes et de Canadiens hétérosexuels affectés (37 % par rapport à 15 %) (Jaffray, 2020).

Chez les personnes autochtones, 30,2 % des femmes et 19,5 % des hommes affirment avoir été victimes de comportements non désirés survenus en ligne. Chez les personnes ne souffrant d’aucune incapacité, ce ne sont que 13,1 % des femmes et 11,3 % des hommes, alors que la proportion augmente à 26,8 % des femmes et 19,1 % des hommes chez les personnes ayant une incapacité. De telles données ne sont pas disponibles selon les tranches d’âge. Elles sont cependant utiles pour nous aiguiller sur la situation réelle des jeunes (Cotter, Savage 2019).

REPRÉSENTATITIVITÉ DES PERSONNES ISSUES DE GROUPES ETHNOCULTURELS MINORITAIRES

23
54 % 46 % Non Oui

Onconstate que les campagnes analysées cherchent à atteindre les jeunes et tentent de les sensibiliser aux risques encourus, de les outiller pour mieux identifier les auteurs potentiels d’exploitation sexuelle et de les orienter vers l’adoption de comportements plus sécuritaires. En contrepartie, les campagnes visent trop peu souvent les auteurs ou les facilitateurs potentiels.

Il existe différentes formes d’exploitation en ligne, comme la distribution non consensuelle de photos ou la sextorsion, liées à l’utilisation régulière des plateformes de médias sociaux par les jeunes. Le nombre de cas a sensiblement augmenté pendant la pandémie, pourtant ils demeurent encore peu visibles dans les campagnes de lutte contre l’exploitation sexuelle.

En général, les campagnes adaptent la forme de leurs messages (ton, langage, etc.) afin qu’ils puissent être transmis efficacement. Cependant, les réseaux sociaux les plus utilisés par les jeunes (Instagram, TikTok et Snapchat) ne semblent pas être privilégiés comme canaux de diffusion des campagnes, ce qui pourrait diminuer la possibilité de toucher les jeunes et ainsi d’atteindre l’objectif de prévention.

On remarque également que les ressources de prévention et de sensibilisation n’ont pas encore réagi au nombre croissant de cas d’exploitation sexuelle en ligne qui touchent les garçons. Pourtant, ces derniers sont particulièrement vulnérables à certains crimes, comme la sextorsion, en raison des stratégies utilisées par les agresseurs.

Il existe par ailleurs un manque de représentation des diversités auxquelles peuvent appartenir les jeunes dans les campagnes de prévention de l’exploitation sexuelle. De ce fait, on peut être amené à croire que les jeunes faisant partie de la communauté LGBTQ+ s’identifient moins, voire pas du tout, aux situations présentées dans les campagnes et, par conséquent, sont peut-être du même coup moins concernés par la campagne en question. Les jeunes issus des minorités sexuelles et de genre, tout comme ceux qui sont issus des communautés autochtones et des Premières Nations, font à la fois partie des groupes les plus vulnérables à l’exploitation sexuelle et de ceux qui sont sous-représentés, voire presque invisibles dans les campagnes. Cela diminue l’efficacité des campagnes pour outiller ces personnes plus exposées aux risques.

Pourtant, considérer la diversité des profils des jeunes s’avère être pertinent lors de la conception et du développement de programmes de prévention efficaces. Des enfants qui évoluent dans un environnement de niveau socio-économique moyen ne seront pas nécessairement touchés et concernés de la même manière que ceux vivant dans un environnement multiethnique, urbain et défavorisé. Au-delà des considérations ethniques et culturelles, les campagnes peuvent affecter différemment chaque enfant.

24
CONCLUSION
© Freepik

Annexe 1 - Présentation des 60 campagnes et outils de sensibilisation à l’exploitation sexuelle chez les jeunes 1

Campagnes Auteurs

de Thames Valley)* 20

Centre de justice de proximité du Bas-Saint-Laurent 21

Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP)

23 ET SI ON JASAIT SEXTING ?! : un guide pratique qui t’accompagne dans tes prises de décision

Le PIaMP (Projet d’intervention auprès des mineur·es prostitué·es)

* Cette campagne date de l’année 2016, donc avant l’année 2017, qui est l’un des paramètres fixés pour les campagnes recensées. Pour autant, étant donné qu’il s’agit d’une vidéo qui continue à susciter de nombreuses vues et à circuler, nous l’avons incluse dans les 60 campagnes et outils retenus.

26
ANNEXES
#FullCélèbre Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)
#Metooscolaire Collectif La voix des jeunes compte
#redflag #drapeaurouge #pourtoi #quebectiktok #quebec#calacs #rqcalacs #onvouscroit #moiaussi Regroupement québécois des CALACS 4 Acheter du sexe n’est pas un jeu Le Phare des AffranchiEs 5 AidezmoiSVP#changerlhistoire Centre canadien de protection de l’enfance 6 Campagne 12 jours Le Phare des AffranchiEs 7 Capsules d’animation sur la cyberviolence en contexte amoureux Association québécoise Plaidoyer-Victimes 8 Cessons l’exploitation sexuelle Secrétariat à la condition féminine du Québec 9 C’est pas clair pour tout le monde ça a l’air Regroupement québécois des CALACS 10 C’EST PAS UN JEU Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) 11 C’est quoi le consentement ? Jeunesse, J’écoute 12 C’est quoi le consentement ? Tel-jeunes 13 C’est une grosse affaire Centre canadien de protection de l’enfance 14 Clique sur toi Centre de prévention et d’intervention pour les victimes de violences sexuelles (CPIVAS) de Laval 15 Code de vie sur Internet Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) 16 Conditionnement Gouvernement du Canada 17 Connais-tu la limite ? Le consentement en 360˚ YWCA – Y des femmes de Montréal 18 Consentement Mouvement contre le viol et l’inceste (MCVI) 19 Consentement tasse de thé Version française adaptée par le professeur Hugo Cyr de l’UQAM, tirée de la version originale britannique (diffusée par la police
CONTACTS
2
3
: une étape à la fois (transistor.fm)
Dangers
sexuelle
enfants en ligne
en ligne : Cyberintimidation et exploitation
des
Sécurité publique Canada 22 ESEI : Exploitation sexuelle des enfants sur Internet

24 Et toi, connais-tu toutes les personnes avec qui tu échanges en ligne ?

Fondation Marie-Vincent

25 Exploitation sexuelle Secrétariat à la condition féminine

26 Exploitation sexuelle – Épisode complet Websérie On parle de sexe, Télé-Québec en collaboration avec Teljeunes

27 Exploitation sexuelle – Les Survivantes Service de police de la Ville de Montréal (SPVM)

28 Exploitation sexuelle des enfants en ligne Sécurité publique Canada

29 Fais pas l’autruche! La Piaule Centre du Québec inc., Maison Habit-Action, Répit Jeunesse, La Rue Bécancour

30 Informe-toi sur le sugaring Le PIaMP (Projet d’intervention auprès des mineur·es prostitué·es)

31 J’aurais dû… un film sur le consentement Prof Passionné – Point d’appui (Centre d’aide et de prévention des agressions à caractère sexuel de Rouyn-Noranda)

32 La vérité sur l’exploitation sexuelle Comité Un trop Grand Prix, formé de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), de Prévention jeunesse Laval, de Prévention jeunesse Longueuil et du Y des femmes de Montréal

33 Le consentement doit toujours être libre et éclairé. Il peut aussi être retiré à tout moment. Il n’est jamais trop tard pour dire non !

Comité Sexperts de l’Université Laval

34 Le consentement en 76 secondes Conseil du statut de la femme/Gazette des femmes

35 Les agressions

27
sexuelles, ça nous regarde tous•tes
québécois des CALACS 36 Les balados (invisiblesbalado.com) Invisibles – Sécurité publique Canada et Théâtre Parminou 37 No consent = no fairy tale Amnistie internationale 38 Parentscyberavertis.ca Centre canadien de protection de l’enfance 39 Partager des photos intimes de l’autre, c’est illégal et ça fait mal Laboratoire d’études sur la violence et la sexualité (UQAM) 40 Partager les photos intimes d’une personne sans son accord Éducaloi 41 Prévenir la cyberviolence sexuelle : une vidéo réalisée par les jeunes
de prévention
la cyberviolence sexuelle de
Leblanc et Fondation Marie-Vincent 42 Prévention de l’exploitation sexuelle des mineurs Maison Kekpart 43 Projet SEXTO Ville de Saint-Jérôme et DPCP 44 Qu’aurais-tu fait avec la photo de Gab ? Fondation Marie-Vincent 45 Qu’est-ce que la cyberviolence sexuelle ? Centre canadien de protection de l’enfance 46 Qu’est-ce que l’exploitation et l’abus sexuel en ligne ? Jeunesse, J’écoute 47 Quiz – Suis-je dans une relation saine ? Jeunesse, J’écoute 48 Reconnaître les pièges. Clavardage. Ministère de la Sécurité publique 49 Reconnaître les pièges. Danse (concept TikTok) Ministère de la Sécurité publique 50 Reconnaître les pièges. Séduction et cadeaux. Ministère de la Sécurité publique 51 Recrutement Mouvement contre le viol et l’inceste 52 Relations saines On SEXplique ça
Regroupement
Comité
de
l’école

53 Respecter le consentement sexuel Gendarmerie royale du Canada (GRC)

54 « Revenge porn » : Julia raconte son histoire Société Radio-Canada

55 Sensibilisation et prévention de l’exploitation sexuelle en ligne de Cyberaide.ca

56 Sextos – Bon à savoir

Cyberaide.ca (gouvernement du Canada)

Websérie On parle de sexe, Télé-Québec en collaboration avec Teljeunes

57 Si j’avais su Ministère de la Sécurité publique

58 Sugar baby : du glam au drame Société Radio-Canada

59 Te fais pas sextorquer ; envoie un rattaupe nu.

Centre canadien de protection de l’enfance

60 Zones sensibles Fondation Marie-Vincent

Annexe 2 - Mots-clés utilisés dans la recherche de données

Campagne de prévention exploitation sexuelle

Campagne de prévention exploitation sexuelle Québec

Consentement

Cyberviolence sexuelle

Cyberexploitation sexuelle

Exploitation sexuelle

Exploitation sexuelle en ligne

Exploitation sexuelle enfants

Exploitation sexuelle jeunes

Exploitation sexuelle en ligne Québec

Exploitation sexuelle mineurs

Exploitation sexuelle Québec

Exploitation sexuelle adolescentes/adolescents

Grooming/conditionnement

Manipulation

Partage d’images intimes non consensuel

Prévention exploitation sexuelle

Témoignage exploitation sexuelle

Sextorsion

Sextage/sexting

Relations saines

Violences sexuelles

28

Annexe 3 – Tableau descriptif des types de discours

Afin de catégoriser les différents types de discours employés dans les campagnes et outils recensés, les descriptions suivantes ont été utilisées :

Didactique autonomisant Le ton didactique est employé avec l’intention d’instruire, d’informer et d’expliquer. L’aspect autonomisant signifie que le discours vise à permettre au public/lecteur de se conscientiser, de renforcer son potentiel ainsi que ses capacités à devenir acteur de sa propre protection et celle de ses pairs.

Didactique infantilisant Le ton didactique est employé avec l’intention d’instruire, d’informer et d’expliquer. L’aspect infantilisant provient habituellement du ton moralisateur utilisé, dépossédant le jeune de sa capacité de jugement et d’autonomie.

Dramatique/alarmiste Le ton dramatique est employé avec l’intention de susciter des émotions chez le public/lecteur, comme la douleur, la terreur, la pitié ou la colère. Pour ce faire, l’énonciateur fait usage d’un vocabulaire fortement connoté (chaque mot est en effet bien choisi pour déclencher l’émotion voulue).

Humoristique Le ton humoristique est employé avec l’intention de faire rire le public/lecteur et d’aborder la thématique avec légèreté, pour mieux le conscientiser.

Polémique/engagé Le ton polémique est employé avec l’intention de soulever l’indignation du public/lecteur et de susciter le débat à propos d’un sujet controversé. L’auteur qui en fait usage souhaite dresser une critique sévère de son sujet. Pour ce faire, il décrit la situation avec une véhémence assurée, voire parfois avec une certaine agressivité (décelée dans le choix des termes employés).

29

Achour, Asma Chaieb et Abderrazak Gharbi, 2017. « Faire appel à la peur ou à l’humour dans la communication anti-tabac ? L’optimisme comparatif comme indicateur d’efficacité publicitaire ». Recherches en Sciences de Gestion 122 (5) : 21-51. https://doi.org/10.3917/resg.122.0021.

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30
BIBLIOGRAPHIE

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Laboratoire violence et sexualité, 2019. Peu importe les jugements ou la pression, c’est ta relation intime. Laboratoire d’études sur la violence et la sexualité de l’Université du Québec à Montréal, 1:00. https://www.youtube.com/ watch?v=gikJJQvXNUs

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31

Bureau international des droits des enfants (IBCR)

805, rue Villeray, Montréal (Québec) H2R 1J4

Tél. +1 514 932 7656 - info@ibcr.org

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