Eine Geschichte: Zeitgenössische Kunst aus dem Centre Pompidou

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Une histoire.



Une histoire. Art, architecture, design, des annĂŠes 1980 Ă nos jours. Sous la direction de Christine Macel


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Avant-propos Alain Seban

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Préface

Bernard Blistène 15

Une histoire Christine Macel

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L’art après l’histoire Dieter Roelstraete 29

Migrants, nomades, pèlerins : la globalisation de l’art contemporain Okwui Enwezor

41

Déjà-vu : la citation et le reformatage dans l’art contemporain Claire Bishop

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85

L’artiste comme historien

L’artiste comme archiviste

Christine Macel

Christine Macel

Erik Boulatov Cristina Lucas Fang Lijun Chen Zhen Thomas Hirschhorn Johan Grimonprez Jean-Luc Godard Hans Haacke Jean-Michel Basquiat Isaac Julien William Kentridge Lorna Simpson Marlene Dumas Samuel Fosso Glenn Ligon Coco Fusco Gonçalo Mabunda Alighiero Boetti Ays¸e Erkmen Sara Rahbar Luc Delahaye Sophie Ristelhueber Mishka Henner Walid Raad Ziad Antar Marwan Rechmaoui Petrit Halilaj Jean-Luc Vilmouth Danh Vo Jun Nguyen-Hatsushiba Allora & Calzadilla Sebastian Diaz-Morales Chris Marker Mona Vatamanu & Florin Tudor David Maljkovic´ Mladen Stilinovic´ Maja Bajevic´ Edi Hila Roman Ondák Paweł Althamer Mircea Cantor Boris Mikhailov Martin Parr

Gerhard Richter Wang Jian Wei Liu Wei Kader Attia Christian Boltanski Étienne Chambaud Frédéric Bruly Bouabré Walid Raad Akram Zaatari Rabih Mroué Hassan Darsi Taysir Batniji Lamia Joreige Khalil Joreige & Joana Hadjithomas Elisabetta Benassi Rosângela RennÓ Clare Strand Taryn Simon Alexandra Leykauf 103

L’artiste comme documentariste : au plus près du réel Micha Schischke Valérie Jouve Jeff Wall Jean-Marc Bustamante Cao Fei Jean-Luc Moulène Tony Oursler Marie Voignier Erik van Lieshout Mohammed Bourouissa Allan Sekula Yto Barrada Yvan Salomone Guy Tillim Bruno Serralongue Ahmed Mater Nira Pereg Kendell Geers Atul Dodiya Subodh Gupta Zanele Muholi Shadi Ghadirian Ferhat Özgür Malachi Farrell Amar Kanwar Melik Ohanian 6

125

L’artiste comme producteur : la génération « Traffic » Christine Macel Felix Gonzalez-Torres Pipilotti Rist Philippe Parreno Liam Gillick Maurizio Cattelan Pierre Huyghe Dominique Gonzalez-Foerster Pierre Joseph Carsten Höller Rirkrit Tiravanija Wolfgang Tillmans Jason Rhoades Olafur Eliasson Tobias Rehberger Xavier Veilhan Claude Closky Fabrice Hyber Shimabuku 151

« L’art au corps » Christine Macel Cindy Sherman Robert Gober Paul McCarthy Mike Kelley Franz West Matthew Barney Absalon Marie-Ange Guilleminot Anri Sala Georges Tony Stoll Anne-Marie Schneider Dan Perjovschi Oleg Kulik Regina José Galindo Zhang Huan Sophie Ristelhueber Santiago Sierra Zoe Leonard Rineke Dijkstra Sarah Lucas Nicholas Hlobo Louise Bourgeois


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L’artiste comme narrateur : fictions de l’intime Christine Macel Annette Messager Nan Goldin Larry Clark Sophie Calle Joël Bartoloméo Ange Leccia Dayanita Singh Zineb Sedira Ghazel Mohamed Camara

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Radical Painting(s)

L’artiste face à l’architecture

Michel Gauthier Joseph Marioni Olivier Mosset Amy Granat Steven Parrino General Idea Daniel Buren Wade Guyton Davide Balula R. H. Quaytman Cheyney Thompson

Alain Bublex Kolkoz Thomas Scheibitz Sarah Morris 245

Architecture et design. « Années 80 : nouvelles tendances »

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« Sonic Boom »

Frédéric Migayrou

Emma Lavigne

Jean Nouvel Jean-Michel Wilmotte Toyo Ito Jean-Paul Goude Ron Arad Shiro Kuramata Martin Szekely Philippe Starck Sylvain Dubuisson Norman Foster Jean Nouvel et Philippe Starck Richard Rogers Johan Otto von Spreckelsen Ronald-Cecil Sportes Gaetano Pesce Ettore Sottsass France Télécom Swatch Michele de Lucchi Bernard Tschumi Dominique Perrault Rem Koolhaas Andrea Branzi Yves Brunier Massimiliano Fuksas

177

Performativité : une histoire de gestes Julie Pellegrin Marina Abramovic´ Roman Signer Robin Rhode Tino Sehgal Roman Ondák Jérôme Bel Lili Renaud-Dewaer Boris Charmatz 185

Postminimal sculptures Emma Lavigne Anish Kapoor Ian Kiaer Isa Genzken Rachel Whiteread Guillaume Leblon Armando Andrade Tudela Fernanda Gomes Gyan Panchal

Robert Longo Destroy All Monsters Raymond Pettibon Mike Kelley Francesco Clemente Andreas Gursky Nick Relph & Oliver Payne Mark Leckey John Cage Christian Marclay Rainier Lericolais Jim Hodges Rolf Julius Gregor Hildebrandt Ceal Floyer Saâdane Afif 223

L’artiste face à l’objet Christine Macel Gabriel Orozco Bertrand Lavier Rachel Harrison Fischli & Weiss Michel François Andreas Gursky Jean-Louis Garnell Wilfredo Prieto Ernesto Neto Abraham Cruzvillegas Gabriel Kuri Damián Ortega Hassan Sharif Tobias Putrih Adria´n Villar Rojas

Les années 2000 Aurélien Lemonier Kengo Kuma Berger & Berger

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269

Un design connecté au monde vivant Cloé Pitiot Andrew Kudless Federico Diaz Oxman Neri Naoto Fukasawa Jasper Morrison Demakersvan SuperNormal Ross Lovegrove Éric Dalbin Saleem Bhatri Adrian Rovero Mattias Bengtsson Thomas Heatherwick David Trubridge 281

Annexes Index des artistes Colophon Remerciements


Jeff Koons, Rabbit [lapin], 1986, acier inoxydable, 104,1 × 48,3 × 30,5 cm Richard Prince, Untitled (Cowboy) [Sans titre, (Comboy)],1989

Damien Hirst, The Physical Impossibility of Death in the Mind

of Someone Living [L’impossibilté physique de la mort dans l’esprit de quelqu’un de vivant], 1991 (vue de côté), verre, acier peint, silicone, monofilament, requin et formol, 217 × 542 × 180 cm

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Une histoire Christine Macel

U N AU T R E MO N D E

Les mondes de l’art et par conséquent la nature de l’art et sa définition même ont subi dans les trente dernières années de tels changements que cet essai ne suffira pas à en rendre compte. Néanmoins, on peut commencer en posant le cadre historique de ces bouleversements, qui, pour beaucoup d’analystes, prennent racine dans l’année charnière 1989 1. La chute du mur de Berlin, en novembre 1989, suivie de la réunification de l’Allemagne, les évènements de la place Tiananmen et le mouvement du 4 juin à Pékin, auxquels ont succédé la transformation de la Chine vers une économie quasi capitaliste et l’autodafé des versets sataniques de Salman Rushdie, après lequel s’ensuivront encore des conflits entre religion et liberté d’expression, ne sont que quelques exemples de cataclysmes qui semblent affecter de manière exponentielle les équilibres du monde. De la guerre du Golfe de 1991 au 11 septembre 2001 en passant par la crise financière de l’automne 2008, pour ne citer que quelques grands traumas collectifs, l’histoire s’est emballée, offrant aux artistes un monde en proie au chaos face auquel ils n’ont pas voulu rester indifférents. La désintégration de l’hégémonie culturelle de l’Europe et des États-Unis apparaît comme l’une des conséquences majeures de ces soubresauts historiques, suscitant un impact sans précédent sur l’art, dont on a pu dire, on y reviendra, qu’il devenait lui-même global ou mondial, à défaut de n’être plus universel au sens des Lumières. 1 Voir à ce sujet l’ouvrage

1989, sous la direction de Paul Ardenne, Paris, Éditions du Regard, 2002,

Thomas Struth, Museum of Modern Art, New York, 1994, épreuve numérique, 180 × 238 cm

On pourrait avancer que la subjectivité elle-même a subi en parallèle des modifications profondes, dans une société de consommation et de médiatisation sujette à un renforcement des inégalités. Les changements qui ont affecté la nature même de l’expérience esthétique et de la production artistique peuvent être lus comme une conséquence de ces mutations du sujet contemporain, plongé dans une « révolution culturelle » dont les premiers symptômes ont été la hausse de la culture de masse et du tourisme culturel, de nouvelles formes de consommation de l’art et l’irruption du marketing dans sa sphère même. Parallèlement, l’art contemporain n’a jamais été aussi respecté que depuis les années 1990, à la suite d’un débat en France entre « les Anciens et les Modernes » qui s’est clos dans l’approbation générale, ou en tout cas dans une cessation du débat, tandis qu’explosait le nombre d’artistes, de galeries, de conglomérats de galeries et de curators ou

ainsi que l’essai qui suit de Dieter Roelstraete, p. 23.

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Une histoire

commissaires d’exposition. À l’heure où j’écris cet essai, même les stations de ski accueillant les touristes du mois de février proposent ici à Gstaad une exposition sur neige 2, là, à Valloire, station de ski française plus connue pour son champion Jean-Baptiste Grange que pour son investissement dans l’art, une exposition de Sophie Calle dans l’église baroque du village. On pourrait en déduire qu’une véritable « démocratisation » de l’art contemporain a eu lieu dans les années 1980, soit par une action politique concertée, soit par son intense médiatisation, bien que les hausses de fréquentation des musées concernent en priorité les milieux déjà éduqués. Cependant, le développement du marché de l’art contemporain depuis les années 1980 et surtout depuis la fin des années 1990, avec son apparition dans les maisons de vente, constitue sans doute le fait le plus lourd de conséquences. Comme le constatait Benjamin Buchloh en 2011 dans une vision réaliste quoique pessimiste et excluant certaines positions d’artistes plus radicales ou plus distantes, par choix ou par nécessité, les déclarations warholiennes du milieu des années 1970 à propos de l’« art comme business », qu’il avait alors interprétées comme une parodie, apparaissent aujourd’hui plutôt comme une prophétie, au moment où la sphère culturelle est devenue liée à des opérations financières et à la spéculation3. Après les prix record de 1988 puis une récession en 1990, l’envolée des prix ne s’est plus démentie depuis la fin des années 1990, et ce malgré la seconde récession de 2008, avec un maintien du contemporain, voire une hausse. Derrière Warhol et Jean-Michel Basquiat, Damien Hirst, Jeff Koons ou encore Richard Prince font figure de grands gagnants des récentes ventes, tandis que les peintres Peter Doig, Martin Kippenberger, Gerhard Richter et Christopher Wool tiennent également le haut du pavé. Ce phénomène a pu entraîner certaines dérives que d’aucuns ont décelées dès le début des années 1990, tel Thomas McEvilley : « The problem is no longer that art works will end up as commodities but that they will start out as such », s’inquiétait-il en 1991. En conséquence, la légitimation par le marché a souvent pris le pas sur celle de l’institution ou du critique d’art. Malgré la mondialisation de l’art, les artistes américains et chinois dominent en valeur et en volume le marché, avec 56 % en 2 « Elevation 1049.

3 Benjamin Buchloh,

Between Heaven and Hell », exposition d’œuvres in situ dans et sur les hauteurs de Gstaad, en Suisse, du 27 janvier au 8 mars 2014.

« Que faire ? », Texte zur Kunst, nº 81, mars 2011, où l’auteur analyse le chapitre « Art Business Versus Business Art » paru dans The Philosophy

Martin Kippenberger, Sans titre, 1988, huile sur toile, 240 × 200 cm

2012-2013 pour les États-Unis devant la Chine 4, l’Angleterre et la France. La médiatisation sans précédent de l’art contemporain au-delà de la sphère anglo-saxonne témoigne du fait qu’il est désormais, dans le champ commercial, un produit de luxe et d’investissement prisé dans le monde entier. Cependant, cette réalité, quoique prégnante, ne devrait pas masquer le fait que la plupart de l’art exposé ne possède pas de place conséquente dans un tel marché et que cette économie dominante ne concerne que le haut de la « pyramide de l’art » dessinée par Artprice ou Artfacts 5. La grande majorité de l’art d’aujourd’hui est en effet exclue de ce système, tentant d’y entrer ou d’inventer des alternatives, au sein d’un environnement plus que jamais contrasté. UN A RT GL OBAL ? La globalisation des mondes de l’art a constitué l’autre bouleversement majeur de ces trente dernières années. Après 1989, une déconstruction 4 « China after 1989 is an example of the price that has to be paid for a compromise between government politics and art trade », cf. Hans Belting, « Contemporary Art as Global Art, a Critical Estimate », in Hans Belting

of Andy Warhol from A to B en 1975.

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et Andrea Buddensieg (dir.), The Global Art World, Ostfildern, Hatje Cantz, 2009, p. 39. 5 Malcolm Bull, « The Two Economies of World Art », in Jonathan Harris, Globalization and Contemporary Art, Oxford,

Wiley-Blackwell, 2011, p. 179-190. Malcolm Bull évoque la position de l’historien d’art Boris Groys dans son ouvrage Art Power, Cambridge, MA, The MIT Press, 2008, qui affirme que l’art conserve sa « liberté ».


Une histoire

considérée comme la première biennale globale du monde, dans un esprit qualifié alors d’« utopie concrète » par son fondateur Gerardo Mosquera. Après une première édition avec des artistes des Caraïbes et d’Amérique latine, les artistes d’Afrique et d’Asie y furent invités, établissant la première biennale non occidentale dans le monde 9. En 1997, la seconde édition de la biennale de Johannesburg, conçue par Okwui Enwezor, « Trade Routes 10 », discutait précisément des questions d’histoire, de géographie et de globalisation, tout en appelant à une véritable critique postcoloniale où les notions de fusion et de disjonction culturelles apparaissaient centrales. Six expositions regroupaient ainsi plusieurs commissaires originaires de différents continents, de Cuba (on retrouvait Gerardo Mosquera) à l’Amérique latine (Octavio Zaya) en passant par la Chine (Hou Hanru) et la Corée (Yu Yeon Kim). Poursuivant le travail entamé dans les années 1990, la Documenta XI (2002) d’Okwui Enwezor (entouré de commissaires du monde entier et notamment du commissaire sud-africain Sarat Maharaj 11) a amplifié cette lecture à un niveau global, objectivant cette nouvelle réalité pour l’ensemble du monde de l’art. Aujourd’hui, avec plus de deux cents biennales dans le monde, le paysage de l’art s’est largement mondialisé, à un point extrême. Après les biennales fondatrices, la Biennale de Venise (1895), la Biennale du Whitney (1932), la Biennale de São Paulo (1951) et la Documenta de Cassel (1955), plusieurs nouvelles biennales ont pris leur place dans l’agenda international, suscitant récemment la publication d’une somme sur « l’effet biennale », The Biennial Reader 12. Est-ce à dire qu’à l’ère du multiculturalisme l’art serait devenu global alors que se sont libérées les identités ethniques et qu’un nouveau dialogue a tenté de s’instaurer entre soi et l’autre, au risque de problèmes de traduction entre ères culturelles ? Comme l’a constaté Joaquín Barriendos, analyste du tournant décolonial, la reconnaissance d’autres modernités et d’autres scènes de l’art n’a pas empêché

de la doxa occidentale de l’art s’est opérée, liée en partie à la désintégration de l’hégémonie culturelle de l’Europe et des États-Unis et à de nouveaux activismes, notamment d’artistes africains, afro-américains et latino-américains. Le fait que l’art moderne occidental ait été en dialogue avec d’autres cultures avait déjà été au cœur de l’exposition « Primitivism in 20th Century Art: Affinity of the Tribal and the Modern » de William Rubin et Kirk Varnedoe au MoMA de New York en 1984, quoique la notion même de primitivisme ait été largement critiquée voire abandonnée depuis 6. L’art africain, sorti de son contexte, y était juxtaposé avec les chefs-d’œuvre de l’art moderne occidental, ce qui avait alors suscité de longues controverses. Dans le magazine Artforum, Thomas McEvilley accusa en effet les commissaires d’avoir traité les objets d’Afrique et d’ailleurs comme des objets d’inspiration pour des œuvres modernistes plus sophistiquées (Les Demoiselles d’Avignon de Picasso par exemple), sans leur reconnaître une valeur intrinsèque au sein de leurs propres contextes culturels. L’exposition de Jean-Hubert Martin « Les Magiciens de la Terre » de 1989 au Centre Pompidou a marqué un point de rupture majeure 7, ouvrant la porte à de nombreux débats et controverses, tandis que l’artiste londonien d’origine pakistanaise Rasheed Araeen avec son exposition « The Other Story » à Londres la même année exposait pour la première fois des artistes non occidentaux, notamment africains et indiens 8, entrant dans une ère véritablement postcoloniale de l’art. Ce sont surtout les nouvelles biennales d’art contemporain et les nouvelles relations Sud-Sud alors instaurées qui ont changé la donne du monde de l’art, dès la fin des années 1980, et désintégré petit à petit l’hégémonie de la culture occidentale. La Biennale de la Havane de 1986 est aujourd’hui 6 « Primitivism Revisited:

After the End of an Idea », exposition à la Sean Gallery réalisée par les élèves de Susan Vogel à Columbia University, New York. 7 Voir Lucy Steels (et al.), Making Art Global (Part 2). « Magiciens de la terre » 1989, Londres, Afterall, 2013, 304 pages, et Annie Cohen-Solal, Les Magiciens de la Terre, retour sur une exposition légendaire, Paris, Éditions du Centre Pompidou, Xavier Barral, 600 pages, 2014. 8 Voir Christine Macel, « L’artiste comme historien » dans ce livre, p. 51 et les textes de

Rasheed Araeen : The Other Story: Afro-Asian Artists in Post-War Britain, Londres, South Bank Centre, 1989 ; « From Primitivism to Ethnic Arts », in Susan Hiller, The Myth of Primitivism, Perspectives on Art, Londres-New York, Routledge, 1991, p. 159-182 ; « A New Beginning, Beyond Postcolonial Cultural Theory and Identity Politics », in Rasheed Araeen, Sean Cubitt et Zianddin Sardar, The Third Text Reader: on Art, Culture and Theory, Londres-New York, Continuum, 2002, p. 333-345. Dans ce dernier essai, Araeen opère

une critique du multiculturalisme et même de la théorie culturelle postcoloniale. « Celebration of the exotique Other today is not new. What is new is that the Other is no longer just the culturally exotic Other. Now, we also have a politically exotic Other, who is supposed to be either exiled from, or is critical about, his or her country of origine. This new category includes, for example, Palestinians, Iranians, Chinese, South Africans », p. 141.

9 Voir Rachel Weiss (et al.), Making Art Global (Part 1). The Third Havana Biennial 1989, Londres, Afterall, 2011, 250 pages. 10 Okwui Enwezor, « Trade Routes. History and Geography ». 11 Voir les réflexions de Maharaj sur la notion d’intraduisibilité de l’autre : Sarat Maharaj, « Perfidious Fidelity: The Untranslatability of the Other », in Jean Fisher (éd.), Global Visions:

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Towards a New Internationalism in the Visual Arts, Londres, Kala Press, en association avec l’Institute of International Visual Arts, 1994, p. 28-35. 12 Elena Filipovic, Marieke Van Hal et Solveig Ovstebo, The Biennial Reader, Otsfildern, Hatje Cantz, 2010.


Chéri Samba, Marche de soutien à la campagne sur le SIDA, 1988, huile et paillettes sur toile préparée, 134,5 × 200 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

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Migrants, nomades, pèlerins : la globalisation de l’art contemporain Okwui Enwezor

d’Art moderne, comme « une histoire » de l’art contemporain parmi d’autres possibles. Cette réduction permet de reconnaître l’impossibilité même de la tâche. Cependant, en réunissant l’œuvre d’artistes issus de tous les continents, dépositaires d’héritages artistiques et de contextes socioculturels différents ou divergents, et ayant travaillé au cours des trente dernières années, la commissaire semble nous demander de considérer la carte de l’art contemporain en tant que tel, et également la contemporanéité même des artistes dont le travail est présenté dans l’exposition. Ici, la contemporanéité présuppose non seulement l’existence d’échelles ou de variations de temps hétérogènes mais, plus encore, elle procède de la rencontre des rapports diachroniques et synchroniques à l’intérieur desquels l’art contemporain est produit, exposé, collectionné et institutionnalisé.

« Reconstituer le discours de la différence culturelle exige autre chose qu’une simple modification des contenus et des symboles culturels. […] Il faut une révision radicale de la temporalité sociale où peuvent s’écrire des histoires émergentes, la ré-articulation du “signe” où les identités culturelles peuvent s’inscrire. » Homi Bhabha, « Le postcolonial et le postmodernisme : la question de l’agent », Les Lieux de la culture, une théorie postcoloniale, p. 268, Paris, Payot, 2007, trad. Françoise Bouillot. Comment la collection d’art contemporain d’un musée peut-elle refléter les spécificités et les idiosyncrasies du temps et de l’espace à l’intérieur desquelles elle s’est construite ? De quelle manière également cette collection accomplit-elle sa tâche dans un contexte historique où les trajectoires et les généalogies de l’art contemporain ont non seulement modifié la perception de notre savoir sur l’histoire de l’art, mais encore bouleversé les caractéristiques même de la place du contemporain ? Ces questions que pose tout musée constituent la condition sine qua non pour comprendre comment les institutions élaborent des approches singulières de l’art et conçoivent pour les œuvres de leurs collections des histoires spécifiques. Organisée par Christine Macel au Centre Pompidou, l’exposition « Une histoire. Art, architecture, design, des années 1980 à nos jours » témoigne d’un immense effort dans la mise en place d’une interprétation historiographique, sinon cartographique, de son thème. En dépit de l’ampleur du projet – couvrir la production artistique dans le monde entier –, Christine Macel évite avec finesse toute tendance encyclopédique, préférant aborder cette exposition, laquelle rassemble des œuvres choisies parmi la vaste collection du musée

Dans cet essai, mon but consistera pour l’essentiel à examiner les conditions socio-économiques et politiques de l’art contemporain sous l’angle de la mondialisation et du postcolonial. Je m’intéresserai à la façon dont une notion aussi élastique que celle de la contemporanéité dessine une carte de la temporalité artistique entièrement différente. Certes, attribuer à la globalisation l’actuelle modification de la compréhension de l’art contemporain constitue désormais un cliché embarrassant. De fait, pourtant, la mondialisation, rapidement définie comme l’intégration des systèmes économiques, technologiques et financiers, a joué un rôle fondamental dans la vision que nous avons de l’art contemporain aujourd’hui dans le monde. Pour ma part, j’aborderai la lecture de cette vision sous un angle postcolonial légèrement amer en ceci 29


L’artiste comme historien

Ligon. Ce dernier, avec la commissaire Thelma Golden du Studio Museum de Harlem, forge le terme de « Post-black art », au sujet d’artistes des années 2000 qui ont justement voulu dépasser la question noire dans leur pratique. Parallèlement, l’émergence d’artistes arabes sur la scène internationale, de Walid Raad à Ziad Antar, confrontés à d’incessants conflits depuis la guerre du Golfe en 1991, s’accompagne de nouvelles pratiques de l’artiste face à l’histoire, dont témoigne en 2008 l’exposition « Les Inquiets6 » au Centre Pompidou. L’artiste Jalal Toufic accompagne par ses écrits sur le désastre toute une génération d’artistes libanais. Une partie voilée de l’Europe émerge aussi brutalement à l’Est après 1989, qui, tout en entrant dans la phase postcommuniste, révèle des artistes qui avaient œuvré dans un silence plus ou moins grand, comme de nouvelles générations marquées par ces grandes figures oubliées ou méconnues comme Ion Grigorescu, Edi Hila ou Mladen Stilinovic. Les artistes s’emparent de leur histoire en marche, tandis que les critiques, en écho à un Rashed Araeen, tel le penseur slovène Igor Zabel 7, remettent en cause l’idéologie du multiculturalisme comme forme idéologique du capitalisme global (Slavoj Žižek). C’est enfin en Pologne qu’émerge une des pensées les plus inventives et stimulantes grâce à l’historien d’art Piotr Piotrowski prêchant pour une nouvelle histoire de l’art « horizontale 8 », transnationale et polyphonique, libre des questions géographiques qui prenne en compte la complexité des nouveaux récits émergeant face à la doxa occidentale antérieure. Christine Macel Cristina Lucas, Pantone − 500 + 2007, 2007, installation audiovisuelle : vidéoprojecteur, ordinateur, haut-parleurs, fichier numérique, couleur, muet, 39 min 26, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

définitif dans la carte du monde de l’art comme dans ses pratiques, centrées notamment sur l’histoire et le document. Les notions d’hybridité (Stuart Hall, Homi Bhabha) et de créolité (Édouard Glissant) occupent alors le devant de la scène critique. Alors que seul Jean-Michel Basquiat, artiste d’origine haïtienne, avait explosé sur la scène new-yorkaise dans les années 1980, de nouvelles formes d’art politisé d’artistes afro-américains revisitant leur histoire ont émergé dans les années 1990. La Biennale du Whitney de 1993 a en effet changé la donne, favorisant la mise en lumière d’artistes comme Adrian Piper, Lorna Simpson et David Hammons, auxquels succède la nouvelle génération de Renée Green, Kara Walker et Glenn

6 Jonna Mytkowska, Les Inquiets, Paris, Centre Pompidou, 2008. 7 Igor Zabel, « We and the Others », Moscow Art Magazine, nº 22, octobre 1998.

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8 Piotr Piotrowski,

« On the Spatial Turn, or Horizontal Art History », Umeni / Art, nº 5, 2008, p. 378-383.


L’artiste comme historien

Fang Lijun, Sans titre, 2003, xylographie sur papier, 400 × 854 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

Chen Zhen

Shanghai (République populaire de Chine), 1955 – Paris, 2000 Chen Zhen a quitté la Chine pour Paris en 1986. Son œuvre Round Table a pour origine un projet consistant en une série de trois tables qui seraient associées à des chaises originaires des cinq continents. La Round Table du Mnam a été créée pour l’exposition « Dialogue de Paix », organisée à Genève à l’occasion du cinquantième anniversaire des Nations unies. Chen Zhen a rassemblé vingtneuf chaises de provenances, de cultures et de milieux sociaux différents, et les a encastrées sur le pourtour d’une table circulaire. Dans l’idée de table ronde, deux symboliques sont confrontées : d’une part, celle se référant à la tradition chinoise de « l’union, la communion et la communication, à travers le repas » ; d’autre part, celle qui renvoie au monde politique occidental, à savoir « l’image symptomatique de la négociation et la tractation ». Les chaises représentent une entente idéale entre les peuples, teintée de respect, mais leur disposition, à distance du sol et emboîtées

Chen Zhen, Round Table [Table ronde], 1995, installation composée d’une table et de chaises en bois, hauteur : 180 cm, diamètre : 550 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

dans la table, « emprisonnées », en empêche l’accès. La difficulté du dialogue est ainsi mise en avant, malgré le potentiel de communication. Un disque, au centre de la table, porte en chinois la transcription des principaux articles de la charte des Nations unies, tels les Droits de l’homme et de l’enfant ou la lutte contre la torture. À côté des connota-

tions critiques vis-à-vis d’un ordre mondial marqué par le capitalisme occidental, c’est la foi en un art capable de transformer le monde et d’améliorer la condition humaine que Chen Zhen exprime ici. Fanny Drugeon

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L’artiste comme historien

Thomas Hirschhorn, Outgrowth [Excroissance], 2005, installation composée de papier, pages de magazine, photographies, étagères, globes terrestres, ruban adhésif marron, 374 × 644 × 46 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

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L’artiste comme historien

Thomas Hirschhorn

Né en 1957 à Berne (Suisse). Vit et travaille à Paris. L’artiste suisse Thomas Hirschhorn, installé à Paris en 1984, s’est fait connaître dans les années 1990 avec ses sculptures précaires en matériaux de fortune, papiers, éponges ou cartons, exposées en 1994 au Jeu de Paume, puis avec ses vidéos. Selon le procédé du fifty-fifty, qui désigne une de ses séries, il recouvre seulement la moitié d’un objet, métaphore d’une utopie égalitaire. Ses installations muséales et dans l’espace public – monuments souvent dédiés à un penseur qui inspire sa propre réflexion politique et sociale, de Georges Bataille à Gilles Deleuze – se sont caractérisées par une prolifération parfois spectaculaire d’éléments non hiérarchisés pour lesquels la devise était : « Énergie oui, qualité non. » Scotch, images de journaux, objets de rebut sont accumulés avec des textes d’écrivains qu’il admire, dans un esprit militant épris de justice, de vérité et d’égalité. Outgrowth, globes terrestres « contaminés » par des excroissances, qui côtoient des images de guerres, d’attentats et de massacres, alignés sagement sur des étagères, confronte le spectateur au « trop » : « Il y a trop de guerres, il y a trop de violence, il y a trop d’injustice » déclare l’artiste, pour lequel le texte, le discours, est un moyen d’expression privilégié. Réflexion sur la société contemporaine et ses maux, sur les conséquences de la mondialisation et du libéralisme, l’œuvre de Thomas Hirschhorn invite souvent les spectateurs à devenir acteurs, pour faire non pas de l’art politique, mais « faire de l’art politiquement ». Avec le Musée précaire Albinet en 2009, réalisé avec les Laboratoires d’Aubervilliers, il présente dans un dispositif sculptural, durant huit semaines, les œuvres de huit artistes, de Marcel Duchamp à Andy Warhol – prêtées par le Musée national d’art moderne et le Fonds national d’art contemporain – au pied d’une barre d’immeuble, animant des rencontres et débats. C’est cette même inlassable énergie qu’il a de nouveau déployée, en 2013, pour son Gramsci Monument dans le Bronx à New York. Christine Macel

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L’artiste comme historien

Johan Grimonprez, DIAL H-I-S-T-O-R-Y [Composez H-I-S-T-O-I-R-E], 1997, installation audiovisuelle : vidéoprojecteur, haut-parleurs, bande-vidéo, couleur, son stéréo, 68 min, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris Jean-Luc Godard

Né en 1930 à Paris. Vit à Rolle (Suisse). En 1985, le livre de Jean-Luc Godard basé sur un montage de textes et de photogrammes, Introduction à une véritable histoire du cinéma, introduit un projet ambitieux : faire se rencontrer les histoires individuelles et l’histoire collective. Projet qui va se concrétiser en 1987 avec la télévision française et donner : Histoire(s) du cinéma. Cette œuvre constitue un essai sur le cinéma par le cinéma via la vidéo, qui n’existe que par l’appropriation réorganisée de citations. D’une audace extrême, ce work in progress au style typiquement godardien montre l’histoire en train d’être écrite (le bruit de la machine à écrire) et en train d’être vue (le bruit de la table de montage). La surimpression, le ralenti de l’image, l’incrustation de textes et la superposition des sons forment la matrice syntaxique des Histoire(s). Elles ne se réduisent pas à un télescopage d’images cinématographiques, mais correspondent au questionnement obsessionnel du réalisateur avec une technique, la vidéo, qui permet d’atteindre l’essence même du cinéma. Les Histoire(s) du cinéma paraissent en 1999 sous la forme de quatre livres, quatre cassettes vidéo et cinq CD, et se présentent sous la forme de huit épisodes couplés par deux. Elles apparaissent comme une proposition, en cette fin de xxe siècle, de rapprochements possibles entre les arts. Cependant, une fois affirmées leur importance critique et historique et leur caractère unique, on est en droit de s’étonner de l’utilisation illustrative des œuvres, de la quasi-absence d’artistes au-delà de Francis Bacon,

Composée principalement d’images d’archives, accompagnée d’extraits d’ouvrages de Don DeLillo et sur une musique originale de David Shea, cette vidéo met en scène un dialogue fictif entre un écrivain et un terroriste détourneur d’avions.

et d’écrivains et de cinéastes d’aujourd’hui, et émettre une réserve quant à leur portée esthétique dans le contexte de l’art contemporain. Éminemment subjectives et teintées de nostalgie, elles s’adressent en premier lieu à leur auteur, qui met en scène la production de sa propre mémoire. On s’aperçoit progressivement que le vrai sujet n’est pas tant le cinéma que l’histoire contemporaine vue par Jean-Luc Godard.

du cinéma. Jean-Luc Godard montre surtout l’origine d’un art qui s’adresse au regard, héritier de la photographie et du théâtre, mais il rappelle aussi que le cinéma est un spectacle né à Hollywood ou en Russie. Histoire(s) du cinéma constitue un hommage au cinéma disparu ainsi que l’hommage d’un cinéaste à son propre passé de cinéaste, dans un souci de construire un autoportrait. C’est aussi la mise en relation savante du cinéma avec les autres arts, dans cette perspective transversale mise au point depuis le film Passion

1B Une histoire seule 42’ Les deux premiers chapitres des Histoire(s) portent sur l’essence

Jean-Luc Godard, Histoire(s) du cinéma II, 1989, Betacam SP, PAL, couleur, son, 41 min 35, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

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(1982). Jean-Luc Godard réussit à mettre à plat les associations d’idées multiples, grâce à des connexions hypertextuelles, dans une conception plus large de l’histoire : « J’ai toujours pensé que je faisais de la philosophie, que le cinéma est fait pour faire de la philosophie, une philosophie plus intéressante que ce qu’on appelle ainsi à l’école et dans les livres puisqu’on n’a pas besoin de penser, on est pensé. L’écran pense et donc il faut recueillir, amener les choses, comme les scientifiques. » Marianne Lanavère


L’artiste comme historien

Hans Haacke

Né en 1936 à Cologne. Vit et travaille à New York. L’intérêt de Haacke pour la provocation politique trouve sa consécration dans la pièce de 1985, MetroMobiltan, dont le titre associe non sans humour le nom du Metropolitan Museum of Art à celui de la compagnie pétrolière Mobil. Haacke y dénonce la situation éthique paradoxale d’une multinationale qui tente de racheter, en termes d’image,

certains de ses agissements grâce au soutien de manifestations culturelles, avec la complicité des institutions artistiques dépendantes de ce financement. En effet, Mobil refusa à deux reprises, sous prétexte de rentabilité économique, la proposition d’une partie de ses actionnaires de cesser tout appui au gouvernement de l’Apartheid en Afrique du Sud via l’exploitation des actifs pétroliers de ce territoire. Parallèlement à ces refus, la compagnie soutint deux expositions d’art africain majeures

au Metropolitan en 1980 et 1984. L’œuvre, une sorte d’autel à l’aspect solennel, arbore deux bannières citant la compagnie Mobil elle-même, tentant de justifier le maintien de ses activités en Afrique du Sud, ainsi qu’une troisième, au centre, faisant la publicité d’une des expositions précitées. Ces bannières recouvrent partiellement la photographie d’une procession funèbre de victimes noires assassinées par la police de l’Apartheid. Le tout est surmonté ironiquement d’un fronton où est

Hans Haacke, MetroMobiltan, 1985, installation composée de fibre de verre, textes, photographies en noir et blanc, bannières en tissu synthétique polyester, tubes en aluminium, peinture à l’acrylique, 55,6 × 609,6 × 152,4 cm, Centre Pompidou-MNAM-CCI, Paris

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inscrit un extrait de la brochure du musée présentant l’activité de mécénat comme une amélioration – et une garantie – du climat entrepreneurial. Avec cette œuvre, Haacke fait état de façon consciente de l’échec programmé d’un art ouvertement politique, mais affirme néanmoins cette forme d’art comme un devoir de l’artiste contemporain. Dorothée Dupuis


L’artiste comme historien

Alighiero Boetti, dit Alighiero e Boetti

Turin, 1940 – Rome, 1994 En 1971, à l’occasion d’un voyage en Afghanistan, Alighiero e Boetti découvre les traditions ancestrales des tisserands de cette région du monde. Rompu à la pratique de la sous-traitance artistique, il décide de faire confectionner sur place des broderies – en n’excluant toutefois pas d’autres types de collaboration

avec les villageois. Aux brodeuses, il indique précisément les motifs (cartes du monde, drapeaux, alphabets calligraphiés ou en lettres d’imprimerie, mots, phrases, calligraphies…), mais parfois leur laisse libre le choix des couleurs. Tutto fait partie d’une série brodée à partir du début des années 1980 à Peshawar par des femmes afghanes réfugiées au Pakistan après l’invasion soviétique. Composée avec quatre-vingtquatre couleurs pour lesquelles la

même quantité de fil a été utilisée, cette tapisserie présente un nombre indéfini de formes abstraites, figuratives, géométriques, inventées ou copiées, petites ou grandes, quelquefois de grandeur nature, dessinées par Boetti ou par son assistant d’après des journaux ou des magazines. Découpés et juxtaposés au hasard, ces motifs saturent totalement la surface pour donner naissance à un chaos de figures colorées à peine reconnais-

Alighiero Boetti, Tutto [Tout], 1987, broderie à la main sur lin, 174 × 251 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

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sables. Comptant parmi les œuvres les plus significatives de Boetti, les broderies, qui ont parfois demandé jusqu’à cinq années de travail, sont « des concentrés de temps ». « Bizarrement, constate Boetti, j’ai la patience de les attendre, ou plutôt je ne les attends pas, elles arrivent quand elles arrivent. Il y a donc ce temps très long, et il y a aussi l’incertitude. » Caroline Edde


L’artiste comme historien

Ays¸e Erkmen, Netz [Filet], 2006, étiquettes de vêtement en

coton nouées à la main, clou, 220 × 60 × 20 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris Composée d’étiquettes de vêtements portant le nom de l’artiste, Netz traite de l’identité et de la perte des traditions, et renvoie à la technique de nouage des filets de pêche stambouliotes.

Sara Rahbar, Flag # 30 Between Us and the Breeze [Drapeau # 30 Entre nous et la brise], 2008, textile, cuir, métal, laine, 162,5 × 86,3 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris Dans cette œuvre, Sara Rahbar reprend les dorures du légendaire drapeau de la Perse, le Derafsh Kaviani, plutôt que les couleurs de celui de l’actuelle République islamique d’Iran et le confronte au drapeau des États-Unis où elle vit.

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L’artiste comme producteur

Tobias Rehberger, Outsiderin et Arroyo grande 30.04.02

– 11.08.02, 2002, lampes en verre jaune et lampes en velcro, capteur photoélectrique, dimensions variables, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris Composée de 86 lampes reliées à un capteur de lumière ambiante qui fait varier leur intensité en fonction de la luminosité extérieure, cette œuvre influe sur la perception de l’espace par le spectateur et renouvelle son regard sur le rôle que joue la lumière dans le déroulement de la vie quotidienne.

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L’artiste comme producteur

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« L’art au corps »

Oleg Kulik, Mad Dog [Chien fou], 1994, épreuve gélatinoargentique, 120 × 160 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

Oleg Kulik

Né en 1961 à Kiev. Vit et travaille à Moscou. Les photographies en noir et blanc de la série Mad Dog d’Oleg Kulik documentent une des plus importantes performances de l’artiste, réalisée dans les rues de Moscou au

Regina José Galindo

Née en 1974 à Guatemala (Guatemala) où elle vit et travaille. Les performances corporelles de Regina José Galindo s’inscrivent dans le courant performatif féministe qui, dès le milieu des années 1960 aux États-Unis et en Europe, prend modèle sur les stratégies activistes mises en œuvre par le mouvement pour les droits civiques. À l’instar de VALIE EXPORT, Gina Pane ou Carolee Schneemann, qui s’affranchissent du « syndrome du cadre et du socle », selon l’expression de la féministe et critique Lucy Lippard, Regina José Galindo met en avant la force politique de son propre corps qui devient le lieu du discours. Artiste autodidacte et écrivain, elle est inspirée par la dimension hors limites et cathartique des performances de Marina Abramovic´, telles que Balkan Baroque, 1997, et celles de l’artiste cubaine Ana Mendieta qui libère les énergies primitives enfouies. L’action Perra est réalisée en 2005 lors de la Biennale de Venise, alors que

cours de l’hiver 1994. Il s’y promène dans les rues enneigées de la capitale russe, ou plutôt il est promené, car il se déplace à quatre pattes, entièrement nu, et tenu en laisse par un ami artiste. On le voit aboyer, grogner, attaquer et bousculer des passants, allant même jusqu’à se mêler au trafic automobile et escala-

l’artiste déambulait nue dans les rues, se fouettant le corps en signe de solidarité avec les violences faites aux femmes guatémaltèques. Dans le huis clos d’un espace d’exposition, vêtue de noir, elle inscrit avec la lame d’un couteau le mot perra (pute) sur sa cuisse, insulte souvent retrouvée sur les corps des femmes violentées au Guatemala ou au Mexique. Ses actions sont en prise directe avec la situation politique, comme lorsqu’elle expérimente quinze jours d’enfermement dans l’espace du Plateau à Paris en réaction au couvre-feu décidé en novembre 2005 par le gouvernement français, ou marchant les pieds recouverts de sang vers le palais officiel de Guatemala (Who Can Erase the Traces, 2003) pour dénoncer la candidature de l’ancien dictateur José Efraín Ríos Montt responsable en 1982 du massacre de près de deux cent mille Mayas. Avec Regina José Galindo, l’action devient une réaction épidermique au politique, le corps un slogan activiste, au même titre que les mots. Emma Lavigne

der des véhicules – il est le chien fou du titre. Cette performance est la première d’une longue série d’actions dans lesquelles Oleg Kulik se métamorphose littéralement en canidé, provoquant parfois un scandale comme lorsqu’il mord un visiteur et détruit les œuvres d’autres artistes dans une exposition collective à Stockholm, ou réinterprétant la performance légendaire I like America and America likes me de Joseph Beuys – détournée en I bite America and America bites me (1997) – au cours de laquelle il est enfermé nu dans un chenil sécurisé à l’intérieur d’une galerie new-yorkaise, dans lequel les visiteurs sont invités à pénétrer, vêtus d’une combinaison de protection, à leurs risques et périls, pour interagir avec l’homme-chien. Le zoomorphisme de Kulik n’est pas facétieux ou simplement provocateur, mais symptomatique de la création artistique russe du début des années 1990, période agitée qui a suivi l’effondrement du régime soviétique. Dans une société qui a assisté à la chute d’une idéologie hégémonique, en proie à une

violence économique qui transpire dans le quotidien, l’artiste incarne la perte de sa foi dans l’art et dans l’espèce humaine en se désolidarisant de cette dernière pour devenir animal et ainsi mieux remettre en question la relation de l’homme à la nature et aux autres êtres vivants, prétendument inférieurs, et mettre en lumière les échecs et les angoisses de ses congénères humains. Micha Schischke

Regina José Galindo, Perra, 2005, vidéo couleur, son, 5 min 28, dépôt de la Centre Pompidou Foundation, 2013

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« L’art au corps »

Zhang Huan

Né en 1965 à Anyang (République populaire de Chine). Vit et travaille à New York et Shanghai. Né et élevé à la campagne dans la province chinoise du Henan, Zhang Huan arrive à Pékin au tout début des années 1990 et y fréquente la scène artistique alternative, alors marginale, de la capitale d’un pays encore très refermé sur lui-même au lendemain des événements de la place Tian’anmen. C’est dans ce cadre qu’il développe son travail qui englobe aussi bien le dessin, la peinture, la photographie, la sculpture et l’installation, mais dont le cœur a toujours été une pratique radicale de la performance – documentée par des photographies – dans laquelle il met fréquemment en scène son corps nu, devenu son principal véhicule d’expression et de communication. La série de neuf photographies, documentant la performance Family Tree (« Arbre généalogique »), 2000, a été réalisée moins de deux ans après l’émigration de l’artiste aux États-Unis, alors qu’il ne maîtrisait pas encore convenablement la langue anglaise. Sur les neuf images, on voit sa tête nue, cheveux rasés, être peu à peu recouverte d’idéogrammes chinois, d’abord identifiables, puis de plus en plus denses jusqu’à ne plus former qu’une couche opaque d’encre de Chine recouvrant tous ses traits et semblant unir son visage à son col roulé noir. Les textes calligraphiés renvoient à plusieurs éléments de la culture chinoise, on peut notamment lire les premiers mots d’un conte populaire fréquemment cité par Mao, et de nombreuses références à la physiognomonie, liant certains traits de son visage (grain de beauté, forme de son nez ou de ses oreilles) à des traits de son caractère ou à des événements de sa vie. Avec cette performance, Zhang Huan illustre les préjugés qu’il a subis, stéréotypes auxquels est renvoyé l’étranger allophone, amené à utiliser son corps et son langage corporel face à son impossibilité de manier le langage oral. Il y met aussi en lumière l’inéluctabilité de l’influence de la langue et de la culture sur l’identité d’une personne au point de pouvoir occulter son individualité. Micha Schischke

Zhang Huan, Family Tree [Arbre généalogique], 2000, polyptyque composé de 9 épreuves chromogènes, 132 × 106 cm chacune, 396 × 318 cm assemblées, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

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L’artiste face à l'objet

Gabriel Orozco, Manguera mordita [Tuyau rongé], 1990, épreuve cibachrome, 31,5 × 47 cm, dépôt de la Centre Pompidou Foundation, 2013

Gabriel Orozco

Né en 1962 à Jalapa (Mexique). Vit et travaille dans le monde entier. L’artiste mexicain vivant entre Mexico, New York et Paris, s’est fait connaître au début des années 1990 par son travail photographique avant de s’affirmer comme un des artistes les plus importants de sa génération. Ses photographies jouent avec les objets de l’environnement familier, dont les configurations sont parfois réarrangées. Horseshit (1992) et Eaten Hose (1990) présentent des objets trouvés légèrement modifiés, photographiés comme souvent en plongée et centrés, sans artifice. L’artiste a ainsi ajouté une capsule de canette de soda sur un excrément de cheval, tandis que pour la seconde il a enroulé sur lui-même un tuyau mangé par son chien. La géométrie du hasard et les cercles apparaissent souvent dans ses photographies comme dans Cutting Rings (1995), résidus sans mise en scène de son travail sur la sculpture Habemus Vespam, une Vespa sculptée en pierre. Ces jeux de cercles réapparaîtront de manière récurrente dans toutes ses œuvres postérieures, de la série de peintures Samurai Tree commencée en 2004 aux interventions sur des cartes d’embarquement d’avion ou des billets de banque, comme si l’artiste voulait

Gabriel Orozco, Cutting Rings [Cercles de découpage], 1995, épreuve cibachrome, 40,5 × 51 cm, dépôt de la Centre Pompidou Foundation, 2013

relier l’insignifiant à la totalité. Son travail de sculpture ultérieur et son regard sur l’art minimal font également déjà jour dans Island Within an Island (1993), une œuvre qui a pris une résonance particulière après le 11 septembre. Sur fond d’une vue de Manhattan avec les Twin Towers, Orozco a redoublé

avec des matériaux trouvés sur place la disposition même du paysage. Dès cette période, il s’est tourné vers la sculpture avec sa fameuse DS, (1993), voiture disloquée et amincie dans la largeur, tout comme il s’est attaché à éclater les limites entre la sphère publique et la sphère privée, en disposant des oranges 226

sur les rebords des fenêtres autour du MoMA de New York (Home Run, 1993). Fasciné par le perpetuum mobile, Orozco n’a cessé depuis de rechercher dans son œuvre complexe une tension constante entre le géométrique et l’organique, l’abstrait et le flux du vivant. Christine Macel


L’artiste face à l'objet

Michel François, Affiche Les Coudes, 1991, impression sur papier, 179,5 × 120 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

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L’artiste face à l'objet

Andreas Gursky, 99 cent, 1999, épreuve chromogène sous Diasec, 207 × 336 × 5 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

Andreas Gursky

Né en 1955 à Leipzig (ex-République démocratique allemande). Vit et travaille à Düsseldorf. Andreas Gursky suit tour à tour l’enseignement dispensé à la Folkwangschule d’Essen, prônant une photographie subjective, et celui, à l’opposé, de la Kunstakademie

de Düsseldorf avec Bernd Becher, dont l’approche objective, mise au service de l’inventaire de bâtiments industriels, a influencé toute une génération d’artistes allemands. De cette double formation, Gursky retire un vocabulaire personnel qui connaîtra en quelques années un succès fulgurant. Qu’il s’agisse de vues extérieures (paysages

de montagne, parkings, architectures urbaines…) ou intérieures (usines, bâtiments officiels, salles de concert…), les photographies de Gursky oscillent entre deux visions : l’une, macroscopique, qui lui permet d’embrasser dans des formats monumentaux l’entièreté d’une scène, et l’autre, microscopique, que l’on peut lire dans le souci 228

quasi obsessionnel porté à la représentation du détail. Aussi, l’œil est sans cesse conduit d’un extrême à l’autre, dans l’impossibilité de se fixer, ce qui confère à ces surfaces photographiques, d’une composition rigoureuse, une mobilité subtile. Les qualités picturales des œuvres, déjà présentes dans les petits formats des années 1980,


L’artiste face à l'objet

puis magnifiées par des dimensions propres à rivaliser avec celles des peintures d’histoire des siècles passés, sont autant liées aux principes de sérialité qui les traversent qu’au talent de coloriste de l’artiste. 99 cent est à cet égard l’une des œuvres les plus significatives. L’intérieur d’un supermarché américain, dans lequel tout est proposé

au prix unique de 99 cent, est prétexte à restituer la profusion des petites surfaces colorées des produits bien alignés dans un parfait ordonnancement au chatoiement exceptionnel. La succession des rayonnages, tel un déferlement, donne une dimension vertigineuse à l’image, que vient renforcer le reflet au plafond des étalages.

C’est dans un second temps qu’émergent les figures des clients du magasin, que la profusion des emballages semblait avoir englouties. On peut lire ici toute l’ambiguïté de la présence de l’homme chez Gursky, présence qui, lorsqu’elle n’est pas en tant que foule, multitude ou rassemblement le sujet de l’œuvre – où elle 229

est tout aussi instrumentalisée –, sert d’indicateur d’échelle plutôt que de support à une narration. Sophie Duplaix


Andrew Kudless, Chrysalis III, 2012, maquette d’architecture : feuilles de bois de placage (cerisier et peuplier), 190 × 90 × 90 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

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Un design connecté au monde du vivant p. 269 279

Après le règne du mouvement moderne puis les divers élans réactionnaires et radicaux de la postmodernité, une nouvelle génération de designers s’aventure en toute indépendance dans le troisième millénaire. En une décennie à peine, les outils du designer ont considérablement évolué, projetant la discipline dans une période de profonde mutation. Le créateur artisan du xıxe siècle a laissé sa place au designer industriel, qui lui-même la cède aujourd’hui au designer numérique. Mais ce dernier ne renie pas pour autant l’artisanat et l’industrie qu’il intègre au contraire à ses processus de conception, de fabrication et de production. La révolution numérique, qui a investi il y a peu le monde industriel, a franchi parallèlement les portes des écoles de design, laissant émerger l’enseignement du dessin assisté par ordinateur. La plume s’est vue remplacée par la souris et cette dernière a guidé le créateur industriel vers une ère nouvelle. Si l’industrie avait permis au siècle précédent d’accélérer les cadences de production, l’impact de la souris a été déterminant pour l’accélération des phases de conception et de fabrication. Le numérique a investi une nouvelle forme de fichier en 3D, original et variable. Les imprimantes classiques ont vu arriver les imprimantes 3D imprimant non plus de l’encre sur une simple feuille de papier, mais bien un objet en trois dimensions. Les fab lab (laboratoires de fabrication) se sont progressivement installés dans les grandes métropoles, dans les écoles, pour se démocratiser par la suite tout autour de la planète, des continents les plus industrialisés aux pays émergents. L’accès à une nouvelle génération de logiciels de conception par ordinateur ouvre des champs étonnants d’investigation sans précédent, comme

Federico Diaz, Resonance, 2007, poudre polyamide, 60 × 35 × 35 cm, FRAC Centre, Orléans

l’exploration de principes d’évolution propres au vivant. Nombre de projets illustrant cette émergence d’un nouveau design se sont vus présentés au Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, dans l’exposition « Multiversités créatives 1 » ou plus récemment à l’automne 2013 dans « Naturaliser l’architecture 2 » dans les nouveaux locaux du Frac Centre qui mettait en avant des designers comme Neri Oxman avec son projet Silk Pavilion (2013), Andrew Kudless avec l’œuvre Chrysalis III (2012) ou encore Federico Diaz et sa pièce Resonance (2007). Était également présent, le designer belge Isaie Bloch, qui s’intéresse de près aux avancées de l’histologie, science à la croisée de la biologie cellulaire, de l’anatomie, de la biochimie et de la physiologie. Détournant l’étude des tissus biologiques, appliquant leur morphologie, leur fonctionnement et leur conception à sa démarche créative, combinant fabrication semi-automatisée et technique artisanale, il réalise des pièces hybrides à l’instar de son étagère Smudge (2012). Dans un autre domaine, celui de l’étude de la croissance osseuse, Joris Laarman, diplômé de l’académie de Design d’Eindhoven, génère dans sa série Bone Furniture, à travers l’usage des nouveaux 1 « Multiversités créatives », commissariat Valérie Guillaume, 3 mai – 6 août 2012. 2 « Naturaliser l’architecture », commissariat

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Marie-Ange Brayer, Frédéric Migayrou, 14 septembre 2013–30 mars 2014.


Un design connecté au monde du vivant

Naoto Fukasawa

Né en 1956 à Yamanashi (Japon). Vit et travaille à Tokyo.

Jasper Morrison

Né en 1959 à Londres où il vit et travaille.

Joseph Walsh, chaise Enignum III, 2011, bois d’oliver, cuivre et tissu de soie, 77 × 65 × 90 cm

En 2005, les designers Jasper Morrison et Naoto Fukasawa développent le concept de design « Super Normal » qu’ils exposent un an plus tard à l’Axis Gallery à Tokyo. Ode au quotidien et à la simplicité, le projet met en avant les qualités visibles et invisibles d’objets utiles et durables. L’installation Super Normal présente une sélection de cinquante objets allant de la lampe Glo-Ball créée en 1999 par Jasper Morrison à la corbeille à papier In attesa dessinée en 1971 par Enzo Mari, en passant par un verre issu de l’esprit d’un créateur anonyme. La réflexion et les productions des deux créateurs relèvent de l’influence du mouvement Mingeï, une philosophie de l’objet que son penseur Sœtsu Yanagi défend dans L’Idée du Mingeï, en 1933, comme « […] modeste mais non de pacotille, bon marché mais non fragile. La malhonnêteté, la perversité, le luxe, voilà ce que les objets Mingeï doivent au plus haut point éviter ; ce qui est naturel, sincère, sûr, simple, telles sont les caractéristiques du Mingeï ». Économie de matière, matériaux durables, la démarche de Morrison

Demakersvan, table Cinderella, 2005, contreplaqué de bouleau, découpe par machine-outil à commande numérique, 80 × 132 × 101 cm, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

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et Fukasawa s’inscrit dans la réalité du rapport à l’environnement et dénonce la logique insensée d’obsolescence programmée. Elle interroge la nécessité de créer, de fabriquer puis de diffuser toujours plus de nouveaux objets dans une société de consommation déjà largement saturée de produits. Au marquage de l’objet par l’expression d’une personnalité ou d’une période, elle préfère l’anonymat et l’intemporalité. Leur sélection d’objets a priori simples et dépouillés n’en est pas pour autant un choix d’objets appauvris ou démunis de leurs valeurs essentielles. Bien au contraire, la « Super Normalité » de Morrison et Fukasawa révèle ce supplément d’âme qui confère à l’objet toute sa raison d’être. Le « Super Normal » n’est donc pas la normalité diminuée, mais bien au contraire l’expression de la normalité dans toute sa quintessence. Et c’est dans cet espace inframince qui conduit de la normalité à la « Super Normalité » que réside toute la force d’un tel projet, toute sa richesse et sa pérennité. Cloé Pitiot


Un design connecté au monde du vivant

Naoto Fukasawa, Jasper Morrison – SuperNormal (Sensations of the Ordinary) [Sensations de l’ordinaire], 2006-2007, installation comprenant une sélection de 50 objets, dimensions variables, Centre national des arts plastiques/ Fonds national d’art contemporain

Jasper Morrison (Editeur Alessi Crusinallo), saladier JM 24, 2002, acier inoxydable 18/10, 6 × 49 × 50 cm

Anonyme – SuperNormal (Sensations of the Ordinary), verre, non daté, verre transparent, hauteur : 10 cm, diamètre 6,5 cm

Anonyme – SuperNormal (Sensations of the Ordinary), spatule à glace, non daté, bois, 7,5 × 1 × 0,1 cm

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Un design connecté au monde du vivant

David Trubridge

Né en 1951 au Royaume-Uni. Vit et travaille à Havelock North (Nouvelle-Zélande). Architecte naval de formation, David Trubridge, designer britannique, s’installe en Nouvelle-Zélande en 1985. Dès lors, il inscrit ses créations dans une logique d’écoconception, dans un esprit Cradle to Cradle, pensant avant tout à alléger l’impact environnemental de son acte créatif. Œuvrant dans les limites de ce qu’il possède et de ce qu’il sait, il crée à partir de matériaux naturels et majoritairement locaux. Le bois qu’il utilise, laissé tant que faire se peut à son état naturel, provient de plantations gérées durablement. Le plastique se doit d’être séparable et recyclable. Les produits de finition de ses œuvres sont issus d’huiles biologiques non toxiques et sans solvants nocifs. Ses pièces sont conçues en kit pour voyager et être livrées à plat afin de réduire leur empreinte carbonique. Son projet Icarus, présenté à la Triennale de Milan en avril 2010, a pour objectif de nourrir la réflexion de l’utilisateur en le reconnectant à la nature. Inspiré de la légende d’Icare et de la culture maori, l’installation secompose d’un luminaire central sphérique, « Sola », en contreplaqué de pin, et de trois longues ailes de plumes blanches « Icarus Wings » en polycarbonate poli à la main autour d’un ruban de LED. À l’instar des Kaitiaki, les oiseaux gardiens originels de la Terre dans la mythologie maori, l’œuvre de Trubridge a pour désir d’alerter l’usager sur le devenir climatique de la planète. Tel Icare, l’homme, dans sa course effrénée à la consommation, a volé trop près du soleil, sacrifiant alors la couche d’ozone, son film protecteur. Si aujourd’hui le designer n’intègre pas dans son processus de création une réflexion générale et locale sur l’environnement, qu’en adviendrat-il demain ? À travers ses projets, inspirés du monde du vivant et de ses nombreux et longs voyages en mer ou dans les confins de l’Himalaya, Trubridge, designer d’une discrétion absolue, tente avec sagesse et optimisme d’emmener depuis quarante ans l’usager sur le chemin de la réflexion plus que sur celui de la consommation. Cloé Pitiot

David Trubridge, lampe Sola et deux lampe Icarus Wings, 2012, contreplaqué de pin et rivet aluminium, polycarbonate poli à la main, rivets aluminium et ruban de leds, lampe Sola : diamètre 130 cm, lampes Icarus Wings : 60 × 280 × 80 cm chacune, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris

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Un design connectĂŠ au monde du vivant

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Annexes

Index des artistes A Abramovic´ Marina 160, 177, 176 Absalon 152, 155, 155 Afif Saâdane 205, 221 Allora & Calzadilla 45, 74, 74 Althamer Paweł 45, 79, 79 Akerman Chantal 36 Anatsui El 32, 35 Andrade Tudela Armando 42, 185, 190 Aniakor Chike 32 Antar Ziad 52, 70, 70 Apóstol Alexander 42, 43 Arad Ron 245, 248, 248 Armaly Fareed 36 Attia Kader 86, 87 Aziz + Cucher 151 B Bajevic´ Maja 77, 77 Bakic´ Vojin 47 Balula Davide 201 Barney Matthew 151, 154, 177 Barrada Yto 104, 112 Bartoloméo Joël 170, 172 Baselitz Georg 32 Basquiat Jean-Michel 16, 32, 52, 58-59, 59 Batniji Taysir 95 Bel Jérôme 178, 181 Benassi Elisabetta 86, 98 Bengtsson Mattias 276, 276 Berger & Berger 267, 267 Bhatri Saleem 275 Biemann Ursula 36 Boetti Alighiero 66, 66 Boltanski Christian 21, 85, 86, 88, 88, 89 170 Boulatov Erik 50 Bourgeois Louise 151, 166, 167 Bourouissa Mohammed 104, 110, 110 Bouroullec Erwan et Ronan 19, 20 Branzi Andrea 246, 257, 262, 262 Bruly Bouabré Frédéric 90, 90-91 Brunier Yves 263, 263 Bublex Alain 240-241, 241 Buren Daniel 19, 22, 199, 199 Bustamante Jean-Marc 105, 105

C Cage John 205, 210, 210-211 Calle Sophie 16, 170, 171, 171 Camara Mohamed 175, 175 Cantor Mircea 80-81 Cao Fei 106-107 Cattelan Maurizio 125, 129, 129 Chambaud Étienne 88-89, 89 Charmatz Boris 178, 182-183 Chen Zhen 53, 53 Chia Sandro 32 Clark Larry 169, 170 Clemente Francesco 32 Closky Claude 145 Cruzvillegas Abraham 185, 224, 233

G Galindo Regina José 160, 160 Gander Ryan 40, 42, 48 Garnell Jean-Louis 230 Geers Kendell 117, 117 General Idea 198, 198 Genzken Isa 185, 186 Ghadirian Shadi 104, 120 Ghazel 174 Gillick Liam 21, 125, 126, 128, 128, 166 Gober Robert 151, 151 Godard Jean-Luc 56, 56, 86 Goldin Nan 169, 169 Goldsmith Kenneth 44 Gomes Fernanda 185, 186, 191, 191 Gómes-Peña Guillermo 36 Gonzalez-Foerster Dominique 21, 125, 126, 132, 133 Gonzalez-Torres Felix 124, 125, 126, 127, 127, 151 Goude Jean-Paul 247, 247 Granat Amy 48, 196 Green Renée 21, 21, 41, 52 Grimonprez Johan 56, 103 Guilleminot Marie-Ange 151, 152, 156, 156 Gupta Subodh 104, 118, 118 Gursky Andreas 208, 224, 228, 228, 229 Guyton Wade 22, 48, 200, 200

D Dalbin Éric 275 Darsi Hassan 95, 95 Dean Tacita 41, 45, 47, 85, 166 Delahaye Luc 68 Demakersvan 270, 272 De Maria Walter 33, 34 Destroy All Monsters 206, 206 Diaz Federico 269, 269 Diaz-Morales Sebastian 75 Dijkstra Rineke 165 Dion Mark 21 Dodiya Atul 118 Doig Peter 16 Dubuisson Sylvain 246, 251 Dumas Marlene 62, 62 Durant Sam 42 E Eliasson Olafur 142, 142-143, 271 Erkmen Ays¸e 67 F Fang Lijun 53 Farocki Harun et Ujica Andrei 48, 48, 49, 86 Farrell Malachi 120, 121 Fatmi Mounir 36 Fessy Georges 252, 255 Fischli & Weiss 223, 225, 225 Floyer Ceal 205, 220, 220 Fosso Samuel 63 Foster Norman 246, 251 France Télécom 258 François Michel 224, 227 Fuksas Massimiliano 264-265, 265 Fusco Coco 65

H Haacke Hans 51, 57, 57 Halilaj Petrit 71 Harrison Rachel 224, 224 Hatoum Mona 170 Hayes Sharon 42 Heatherwick Thomas 277 Henner Mishka 68 Henrot Camille 21 Heizer Michael 33, 34 Hila Edi 52, 77 Hildebrandt Gregor 218-219 Hirschhorn Thomas 21, 54-55, 55, 85 Hirst Damien 14, 16, 25, 166 Hlobo Nicholas 152, 166, 166 Hodges Jim 205, 216, 216 Höller Carsten 125, 134, 134 Holt Nany 33 Huang Yong Ping 36 Huyghe Pierre 21, 125, 126, 130, 131, 131 Hyber Fabrice 126, 146, 146, 151

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I Immendorff 32 Ibra Tall Papa 32 Ito Toyo 246, 247 J Jacir Emily 36, 36, 37 Jaar Alfredo 36 Joreige Khalil et Hadjithomas Joana 42, 86, 97, 97 Joreige Lamia 42, 86, 96 Joseph Pierre 125, 126, 133, 133 Jouve Valérie 102, 104 Julien Isaac 36, 60, 60 Julius Rolf 205, 217 K Kanwar Amar 122, 122 Kapoor Anish 184 Kelley Mike 121, 151, 153, 153, 177, 205 Kentridge William 61 Kiaer Ian 42, 185, 186 Kiefer Anselm 32 Kippenberger Martin 16, 16 Kolkoz 242 Koolhaas Rem 261, 261, 263 Koons Jeff 14, 16, 151 Kudless Andrew 268, 269 Kulik Oleg 152, 160, 160 Kuma Kengo 11, 266, 266 Kuramata Shiro 247, 249, 249 Kuri Gabriel 185, 224, 234 L Lavier Bertrand 223, 224 Leblon Guillaume 185, 186, 188, 188-189 Leccia Ange 172 Leckey Mark 206, 209, 209 Le Corbusier 45 Leonard Zoe 164, 164 Lericolais Rainier 205, 214, 214-215 Levine Sherrie 41 Leykauf Alexandra 101, 101 Ligon Glenn 20, 52, 64 Liu Wei 86, 87, 87 Longo Robert 204 Lovegrove Ross 270, 274, 274 Lucas Cristina 52 Lucas Sarah 152, 166, 166 de Lucchi Michele 258


Annexes

M Mabunda Gonçalo 65 Maljkovic´ David 42, 47, 76 Marclay Christian 205, 212-213, 213 Marioni Joseph 194, 195 Marker Chris 75, 75, 86 Martin Daria 42 Mater Ahmed 104, 114, 114 McCarthy Paul 138 McCarthy Paul & Kelley Mike 152, 177 McQueen Steve 37 Mehretu Julie 38 Messager Annette 168, 170 Mikhailov Boris 82 Moké 32 Morris Robert 192 Morris Sarah 243 Mosset Olivier 22, 195, 196 Moulène Jean-Luc 108, 108 Mroué Rabih 86, 94 Muholi Zanele 104, 119, 119 N Nannucci Maurizio 23 Narkevicˇius Deimantas 42, 42, 46 N’Diaye Iba 32 Neri Oxman 269, 271 Neto Ernesto 232 Nguyen-Hatsushiba Jun 74 Niemeyer Oscar 45 Nouvel Jean + Starck Philippe 252, 246 Nouvel Jean 244, 246, 252, 259, 263 O Ohanian Melik 47, 123, 123 Ołowska Paulina 42 Ondák Roman 78, 78, 178, 180, 180 ORLAN 151 Orozco Gabriel 21, 35, 36, 38, 222, 223, 226, 226, 233 Ortega Damián 42, 224, 235, 235 Oursler Tony 109, 109 Özgür Ferhat 21, 120

P Panchal Gyan 185, 186, 192, 192-193 Parr Martin 83 Parreno Philippe 20, 21, 125, 126, 126, 130, 130, 131, 133, 135, 205, 206 Parrino Steven 22, 195, 197, 197 Penck A. R. 32 Pereg Nira 104, 116, 116 Perjovschi Dan 46, 152, 159, 159 Perrault Dominique 246, 260, 260 Pesce Gaetano 246, 256, 259 Pettibon Raymond 206, 207 Picasso Pablo 17 Pisano Falke 42 Prieto Wilfredo 223, 231, 231 Prince Richard 14, 16 Putrih Tobias 237, 237 Quaytman R. H. 48, 201 R Raad Walid, 42, 52, 70, 70, 86, 92 Rahbar Sara 67 Rechmaoui Marwan 71 Rehberger Tobias, 135, 140-141 Relph Nick & Payne Oliver 209 Reynaud-Dewar Lili 181 Rennó Rosângela 86, 99 Reyes Pedro 42 Rhoades Jason 138, 138-139 Rhode Robin 177, 179 Richter Gerhard 16, 84, 85, 242 Rist Pipilotti 125, 125 Ristelhueber Sophie 68-69, 69, 152, 162 Rogers Richard 246, 253 Rönicke Pia 42 Rovero Adrien 275

S Sala Anri 20, 46, 46, 85, 157, 157 Salomone Yvan 112 Samba Chéri 28, 32 Scheibitz Thomas 242, 242 Schneider Anne-Marie 158 Sedira Zineb 174, 174 Sehgal Tino 178, 180 Sekula Allan 21, 104, 111, 111 Serralongue Bruno 21, 113, 113 Sharif Hassan 236, 236 Sherman Cindy 150, 151 Shimabuku 147 Sierra Santiago 163, 163 Signer Roman 177, 179 Simon Taryn 100 Simpson Lorna 52, 61, 86 Singh Dayanita 173, 173 Smithson Robert 33, 34, 37, 41 Sottsass Ettore 245, 246, 249, 257, 257 Sportes Ronald-Cecil 246, 256, 256 von Spreckelsen Otto Johan 254, 254 Starck Philippe 246, 247, 250, 250, 252 Starling Simon 42 Stoll Georges Tony 158 Stilinovic´ Mladen 52, 76 Strand Clare 99 Struth Thomas 15 Sturtevant Elaine 41 SuperNormal 272-273 Swatch 246, 258 Szekely Martin 246, 249, 249 T Tayou Pascale Marthine 12-13 Thompson Cheyney 22, 202-203 Tillim Guy 104, 112 Tillmans Wolfgang 126, 136, 136-137, 170 Tiravanija Rirkrit 21, 22, 41, 125, 126, 135, 135 Tribe Mark 42 Trubridge David 278, 278-279 Tschumi Bernard 252, 259, 259 Turell James 33, 34

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U Udechukwu Obiora 32 V Van Lamsweerde Inez 151 van Lieshout Erik 110, 110 Vatamanu Mona & Tudor Florin 75 Veilhan Xavier 144 Villar Rojas Adrián 238, 238-239 Vilmouth Jean-Luc 72 Vo Danh 73, 73 Voignier Marie 21, 103, 109 W Wall Jeff 104, 104 Walsh Joseph 271, 272 Wang Jian Wei 86 Warhol Andy 16 Weizman Eyal 36 West Franz 154 Whiteread Rachel 185, 187 Wilmotte Jean-Michel 246, 246 Wilson Jane et Louise 45 Wool Christopher 16 Z Zaatari Akram 42, 86, 93, 93 Zhang Huan 152, 161, 161


Annexes

Colophon Exposition

Centre national d’art et de culture Georges Pompidou Le Centre national d’art et de culture Georges Pompidou est un établissement public national placé sous la tutelle du ministère chargé de la culture (loi n° 75-1 du 3 janvier 1975).

Bernard Blistène Directeur du Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle

Électromécaniciens Jonathan Faustin Girault, Rémi Navarro

assistée de Micha Schischke

Régisseurs des réserves Xavier Isaia, Eric L’Hospitalier, Sylvia Lamour, Stéphane Lecoq, Benoît Maduraud, Frank Péquignat

Commissaires des sections architecture et design Aurélien Lemonier, Frédéric Migayrou, Cloé Pitiot

Alain Seban Président Denis Berthomier Directeur général

Commissaire générale Christine Macel

Jack Lang Président de l’Association pour le développement du Centre Pompidou Jacques Boissonnas Président de la Société des Amis du Musée national d’art moderne

Avec la collaboration des conservateurs Clément Chéroux, Michel Gauthier, Emma Lavigne, Philippe-Alain Michaud et du service Nouveaux médias Attachés de conservation associés Rita Cusimano, Yasmine Dabiens, Isabelle Daire, Sylvie Douala-Bell, Alain Dubillot, Emmanuelle EtchecoparEtchar, Valentina Moïmas, Veronica Ortega-Lo Cascio, Florence Parot, Jonathan Pouthier, Odile Rousseau, Etienne Sandrin, Pamela Sticht Attachés de collection Jean-Claude Boulet, Keith Cheng, Carole Hubert, Ludivine Rousseaux, Matthieu Vahanian Architecte-scénographe Jasmin Oezcebi assistée de Charline Bilesimo Régisseur des œuvres Isabelle Hyvernat assistée d’Hubert Braun Régisseur des espaces Pierre Paucton Accrocheurs Michel Naït, David Rouge Exploitation audiovisuelle Vahid Hamidi Responsable artistique et technique audiovisuel Gérard Chiron Chargée de numérisation des collections Alice Moscoso Documentation Sylvia Bozan, Laurence GueyeParmentier Numérisation des documents Brigitte Vincens et Georges Meguerditchian, Laboratoire photographique Montage des documents papier James Caritey Conception graphique Christian Beneyton Gestion administrative et budgétaire Alexia Szumigala Encadrement Daniel Legué, Marion Jahan, JeanGabriel Massardier, Maria Pasvantis, Gilles Pezzana, Tony Riga

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Restauration Clotilde Cooper, Véronique Landy, Sylvie Lepigeon, Astrid Lorenzen, Valérie Millot, Isabelle Prieur, AnneCatherine Prud’hom, Chantal Quirot, Véronique Serano-Stedman Médiation et information Marc Archambault, Margot Boyer, Stéphanie Chaillou, Pierre Ryngaert Assistant d’exploitation informatique Raffaele Docimo — Ateliers et moyens techniques Installation des œuvres Laurent Melloul Jean-Marc Mertz Éclairage Dominique Fasquel, responsable d’atelier Philippe Fourrier, Thierry Kouache, Jacques Rodriguès Peinture Mokhlos Farhat, responsable d’atelier Lamri Bouaoune, Dominique Gentilhomme, Emmanuel Gentilhomme, Sofiane Saal Menuiserie Philippe Delapierre, responsable d’atelier Pascal Dumont, Raphaëlle Jeandrot, Patrice Richard Atelier emballage Alain Bova, Franck Buisson, Christophe Chomet, Jérôme Tillaud, Antoine Wallois Cellule camionnage Philippe Chagnon, Serge Sauvage — Service audiovisuel Production audiovisuelle Murielle Dos Santos Photographes Georges Meguerditchian, Philippe Migeat, Hervé Véronèse Laboratoire photographique Valérie Leconte Bruno Descout Numérisation et encodage Cyril Chiron Exploitation audiovisuelle Christophe Bechter, Éric Hagopian, Emmanuel Rodoreda Magasin audiovisuel Nazareth Hékimian, responsable


Annexes

Musée national d’art moderneCentre de création industrielle Directeur Bernard Blistène Directeurs adjoints Brigitte Leal (collections) Catherine David (recherche et mondialisation) Frédéric Migayrou (création industrielle) Didier Ottinger (programmation culturelle) Administratrice Catherine Perdrial Bibliothèque Kandinsky conservateur et chef de service Didier Schulmann Service des collections Ariane Coulondre Département du développement culturel Directeur par intérim Roger Rotmann Chef du Service de la parole Jean-Pierre Criqui Direction de la production Directeur Stéphane Guerreiro Directrice adjointe, Chef du service administratif et financier Anne Poperen Chef du service des manifestations Yvon Figueras Chef du service de la régie des œuvres Hélène Vassal Chef du service des ateliers et moyens techniques Gilles Carle

Direction des publics Directrice Catherine Guillou

Catalogue Conception d’ouvrage Christine Macel

Directeur adjoint Patrice Chazottes

Direction d’ouvrage Christine Macel Micha Schischke

Chef du service de l’accueil des publics Benoît Sallustro Chef du service de l’information des publics et de la médiation Josée Chapelle Chef du service du développement des publics Cécile Venot Direction de la communication et des partenariats Directeur Benoît Parayre Directeurs adjoints Marc-Antoine Chaumien Stéphanie Hussonnois-Bouhayati Délégué aux relations internationales Micha Schischke Pôle image Christian Beneyton

Flammarion Directeur du département des livres illustrés Jean-Jacques Baudouin-Gautier Direction éditoriale Julie Rouart

Iconographie Jeanne Alechinsky

Coordination éditoriale Marion Doublet

Photothèque du Musée national d’art moderne Nécha Mamod Perrine Renaud

Relectures Michèle Fernandez Sophie Streefkerk Julien Vandenbroucque

Conception graphique deValence

Fabrication Corinne Trovarelli

Direction des Éditions Directeur Nicolas Roche

Photogravure Reproscan, Italie

Directeur adjoint, chef du service éditorial Jean-Christophe Claude Responsable du pôle éditorial Françoise Marquet Responsable du pôle recettes et contrats Matthias Battestini

Chef du service des relations publiques Lydia Poitevin

© Flammarion, Paris, 2014 © Éditions du Centre Pompidou, Paris, 2014 ISBN (Flammarion): 9782081335769 ISBN (Centre Pompidou) : 9782844266910 Dépôt légal : juin 2014 © Les artistes pour leurs œuvres © Adagp, Paris, 2014 pour les artistes affiliés www.editions.flammarion.com www.centrepompidou.fr boutique.centrepompidou.fr

Chargée des relations publiques Novella d’Amico Chargées de mécénat Raphaëlle Haccart Alix de La Marandais Attachée de presse Dorothée Mireux

Chef du service d’architecture Katia Lafitte Chef du service audiovisuel Sylvain Wolff Préventeur David Martin

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Annexes

Remerciements Nous tenons à remercier vivement les sociétés d’amis qui soutiennent l’action du Musée : Société des Amis du Musée national d’art moderne Jacques Boissonnas Président Centre Pompidou Foundation Steven J. Guttman Président Japanese Friends of the Centre Pompidou Takeo Oyabashi Président Nos plus vifs remerciements s’adressent à tous ceux qui, par leur don généreux, ont récemment contribué à l’enrichissement des collections contemporaines du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne : Sara Alireza et Faisal Tamer Abdullah Al-Turki Sara Binladen et Zahid Zahid La Athr Gallery, Jeddah Regina José Galindo et Prometeo Gallery di Ida Pisani, Milan Marie-Laure Gavard-Perret Alain Jathière Kengo Kuma & Associates Robert Matta Moaroom, Paris La Galerie Nathalie Obadia, Paris Gordon Schachat Collection VIA La Société Vitra Ronan et Erwan Bouroullec Olivier Zahm Et saisissons cette occasion pour remercier tous ceux qui ont manifesté leur générosité en enrichissant les collections du musée par le passé.

Nous remercions les institutions et personnes qui, par leurs prêts ou retour de dépôts, ont rendu possible l’accrochage « Une histoire. Art, architecture, design des années 1980 à nos jours » : CAPC Musée d’art contemporain de Bordeaux – Maria Inés Rodriguez Fernandez, directrice Centre national d’art contemporain / Fonds national d’art contemporain – Richard Lagrange, directeur Musée d’art contemporain de Marseille – Thierry Ollat, directeur Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg – Estelle Pietrzyk, directrice Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart – Annabelle Ténèze, conservatrice Musée des arts asiatiques de Nice – Sylvie Galleani, conservatrice en chef des musées départementaux des Alpes-Maritimes Musée des arts décoratifs, Paris – Olivier Gabet, directeur Musée des Beaux Arts de Nantes – Blandine Chavanne, directrice Pierre Huyghe Jean-Paul Goude Nous tenons enfin vivement à remercier tous ceux qui, à différents titres, ont aidé à la réalisation de ce projet : Alfred Pacquement Maria Arida Sylvia Chivaratanond Claire et François Durand-Ruel Marie-Stéfane de Sercey Mohammed Hafiz Clive Kellner Andrew Kreps Iris Lempereur La Galerie Michel Rein, Paris Le service culturel de l’Ambassade d’Israël en France Ainsi que tous les artistes de l’exposition Sans oublier les personnes qui n’ont pas souhaité être citées ici.

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Annexes

Crédits photographiques p. 12 : Courtesy Galleria Continua, San Gimignano © Photo Ela Bialkowska ; p. 14 : à gauche : © Jeff Koons. À droite : © Richard Prince. Courtesy Gagosian Gallery. En bas : © Damien Hirst and Science Ltd. All rights reserved, DACS 2014. Photographed by Prudence Cuming Associates Ltd ; p. 15 : © Thomas Struth ; p. 16 : © Estate of Martin Kippenberger, Galerie Gisela Capitain, Cologne ; p. 21 : Courtesy de l’artiste et de Free Agent Media © Renée Green ; p. 28 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Chéri Samba ; p. 35 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © El Anatsui ; p. 40 : Courtesy Ryan Gander et gb agency, Paris, p. 42 : Courtesy Deimantas Narkevičius, gb agency, Paris et Barbara Weiss, Berlin ; p. 43 : © Alexandre Apóstol ; p. 46 : Courtesy Anri Sala, Ideal audience international, Paris et Galerie Chantal Crousel, Paris ; p. 48 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 50 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 52 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP ; p. 53 en haut : photo © G. Meguerditchian et Ph. Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © FANG Lijun ; p. 53 en bas : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 54/55 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 56 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 56 en bas : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Johan Grimonprez ; p. 57 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 58/59 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © The estate of Jean-Michel Basquiat / Adagp, Paris ; p. 60 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Isaac Julien ; en bas : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Isaac Julien ; p. 62 en haut : photo courstesy William Kentridge et Marian Goodman Gallery, Paris © William Kentridge ; p. 62 en bas : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP ; p. 62 en haut : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Marlene Dumas ; p. 63 en bas à gauche : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Samuel Fosso, courtesy J.M. Patras, Paris ; p. 63 en bas à droite : photo © Philippe Migeat/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Samuel Fosso, courtesy J.M. Patras, Paris ; p. 64 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 65 en haut : Courtesy de l’image : Coco Fusco ; p. 65 en bas : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 66 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 67 à gauche : photo © Jens Ziehe ; p. 67 à droite photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP ; p. 68 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Luc Delahaye ; p. 68 en bas à gauche : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Mishka Henner ; p. 68 en bas à droite : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 69 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 70 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 70 en bas : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; © Ziad Antar ; p. 71 : Courtesy de l’image : Galerie Sfeir-Semmler, Beyrouth/Hambourg – Photo : Agop Kanledjian ; p.71 en bas : Courtesy de

l’image : Petrit Halilaj et Chert, Berlin ; p. 72 : © Jean-Luc Vilmouth ; p. 73 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP ; p. 74 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 74 en bas : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP ; p. 75 en haut à gauche : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Sebastian Diaz-Morales ; p. 75 en haut à droite : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Chris Marker ; p. 75 en bas : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Florin Tudor, © Mona Vatamanu ; p. 76 en haut : photo © Philippe Migeat et Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 76 en bas : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Mladen Stilinovic´ ; p. 77 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP© Adagp, Paris ; p. 77 en bas : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Edi Hila ; p. 78 : photo © Marc Domage, Courtesy Roman Ondák© Roman Ondák ; p. 79 : photo © Service de la documentation photographique du MNAM/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 80, 81 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Mircea Cantor ; p. 82 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 83 en haut : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Martin Parr / Magnum Photos ; p. 83 en bas : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Martin Parr / Magnum Photos ; p. 84 : © Gerhard Richter, 2014 ; p. 86 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 87 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 87 en bas : à gauche : Musée Royal de l’Afrique Centrale, Tervuren et Kader Attia / Musée du Service de Santé des Armées, Paris et Martin Monestier © Adagp, Paris ; p. 88-89 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Étienne Chambaud ; p. 88-89 en bas : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 90-91 : photo © Jean-Claude Planchet/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 92 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 93 : photo © G. Meguerditchian et Ph. Migeat/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Akram Zaatari / Fondation Arabe pour l’Image ; p. 94 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 95 en haut : © Hassan Darsi ; p. 95 en bas : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 96 : Courtesy de Lamia Joreige ; p. 97 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Joana Hadjithomas et Khalil Joreige ; p. 98 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Elisabetta Benassi ; p. 98 en bas : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Elisabetta Benassi ; p. 99 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP ; p.99 en bas : © Clare Strand ; p. 100 en haut : photo © Bertrand Prévost/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP : p. 99 en bas : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 101 : photo © Hervé Véronèse/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Alexandra Leykauf ; p. 102 : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 103 : © Jeff Wall ; p. 104 : photo © Jean-Marc Bustamante © Adagp, Paris ; p. 106-107 : courtesy de l’artiste et Vitamin Creative Space ; p. 108 :

photo © Bertrand Prévost, Georges Meguerditchian, Jean-Claude Planchet/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 109 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Tony Oursler ; p. 109 en bas : © Marie Voignier / CNAP / photo : Marcelle Alix, Paris ; p. 110 en haut : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Erik Van Lieshout ; p. 100 en haut photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Mohammed Bourouissa ; p. 111 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © The Estate of Allan Sekula, p. 112 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Yto Barrada ; p. 112 milieu : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 112 en bas : © Guy Tillim. Courtesy of Stevenson, Cape Town ; p. 113 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Bruno Serralongue - Air de Paris ; p. 114/115 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 116 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMNGP ; p. 116 à droite : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Jalal Toufic ; p. 117 : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Kendell Geers ; p. 118 en haut : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Atul Dodiya ; p. 118 en bas : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © droits réservés ; p. 119 : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Zanele Muholi ; p. 120 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Shadi Ghadirian; p. 120 en bas : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Ferhat Özgür; p. 121 : Courtesy Malachi Farrell et Galerie Xippas, Paris. Photo Frédéric Lanternier © Adagp, Paris ; p. 122 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Amar Kanwar ; p. 123 : Courtesy Melik Ohanian et Galerie Chantal Crousel Photo © Melik Ohanian ; p. 124 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © The Felix Gonzales-Torres Foundation ; p. 125 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Pipilotti Rist ; Courtesy the artist and Hauser & Wirth, Zürich London ; p. 126 : Courtesy Air de Paris, Paris ; p. 127 : © The Felix Gonzales-Torres Foundation / CNAP / photo : Musée de Rochechouart ; p. 128 : Courtesy de l’image : Liam Gillick © Liam Gillick 2014 ; p. 129 : Photo : © Frédéric Delpech © Maurizio Cattelan ; p. 130 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Philippe Parreno ; p. 130 en bas : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Philippe Parreno ; p. 131 en haut : photo © Archives Studio Pierre Huyghe© Adagp, Paris ; p. 131 en bas : photo © Philippe Migeat/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 132 en haut : photo : Stanislas de Grailly © Adagp, Paris / CNAP / ; p. 132 en bas : courtesy de l’artiste © Adagp, Paris / CNAP ; p. 133 : photo : Yves Chenot © D.R. / CNAP ; p. 134 en haut : © D.R. / CNAP / Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 134 en bas : © D.R. / CNAP / Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 135 en haut : courtesy de l’artiste ; p. 135 en bas : © D.R. / CNAP / Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Rirkrit Tiravanija, courtesy Gavin Brown’s Enterprise, New York ; p. 136 : © D.R. / CNAP / Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Wolfgang

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Tillmans ; p. 137 en haut : © Wolfgang Tillmans / CNAP / photo : Galerie Thaddaeus Ropac © Wolfgang Tillmans / CNAP / photo : Sylvain Lizon ; p. 138 : crédits : E. Watteau/courtesy Galerie Emmanuel Perrotin, Paris ; p. 139 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 140/141 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Tobias Rehberger ; p. 142 : photo © Jens Ziehe © Olafur Eliasson ; p. 143 photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Olafur Eliasson ; p. 144 en haut : photo © Jean-Claude Planchet/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Veilhan / Adagp, Paris ; p. 144 en bas : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Veilhan / Adagp, Paris ; p. 145 : © Collection Centre Pompidou, MNAM-CCI, Bibliothèque Kandinsky, Paris ; p. 146 en haut : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 146 en bas photo © Jacques Faujour/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 147 : Courtesy de l’image : Shimabuku et la Galerie Air de Paris, Paris ; p. 148-149 : © Collection Centre Pompidou, MNAM-CCI, Bibliothèque Kandinsky, Paris / photos : Georges Meguerditchian ; p. 150 : © Cindy Sherman ; p. 151 : © Robert Gober, Courtesy Matthew Marks Gallery; p. 152 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Paul McCarthy, © The Mike Kelley Foundation for the Arts/ Kelley Studio ; p. 153 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © The Mike Kelley Foundation for the Arts/ Kelley Studio, © droits réservés ; p. 154 en haut : photo : Lukas Schaller, Courtesy Franz West Foundation ; au centre : Foto: Gagosian Gallery, Courtesy Franz West Foundation ; p. 154 en bas : courtesy Gladstone Gallery New York ; p. 155 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Estate Absalon ; p. 156 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp ; p. 157 : photo © G. Meguerditchian et Ph. Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Anri Sala ; p. 158 en haut : photo © Jean-Claude Planchet/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Georges Tony Stoll ; p. 158 en bas à gauche : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 158 en bas, droite supérieure : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 158 en bas, droite inférieure : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 159 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 160 en haut : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Oleg Kulik ; p. 160 en bas : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 161 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 162 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 163 : © D.R. / CNAP / photo : Galerie Gebauer; p. 164 : © Wilhelm Schürmann ; courtesy: Collection Gaby and Wilhelm Schürmann, Herzogenrath ; p. 165 : Coutesy de l’artiste et de Marian Goodman Gallery; p. 166 en haut : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Sarah Lucas, Courtesy Sadie Coles HQ, Londres ; p. 166 en bas : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Nicholas Hlobo ; p. 167 : photo ©Jean Bernard/Leemage ; p. 168 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 169 : © Nan Goldin, Courtesy Matthew Marks Gallery ; p. 170 : © 1994, Larry Clark; Courtesy of the artist and Luhring Augustine, New York. ; p. 171 : photo © Georges Meguerditchian/Centre


Annexes

Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 172 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Joël Bartoloméo ; p. 172 en bas : © Ange Leccia. © Adagp, Paris ; p. 173 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 174 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 174 en bas : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 175 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Mohamed Camara ; p. 176 : Photo : Marco Anelli – Courtesy : Marina Abramovič Archives; p. 179 en haut : Photo : Florian Bachman. Courtesy de l’artiste & Art:Concept, Paris ; p. 179 en bas : © Robin Rhode, Courtesy de l’artiste et Lehmann Maupin, New York et Hong Kong ; p. 180 : © D.R. / CNAP / photo : © D.R. ; p. 181 en haut : Ph Riccardo Musacchio & Flavio Ianniello ; p. 181 en bas : Courtesy : Lili Renaud-Dewar ; p. 182-183 : photo capture Fred Kihn ; p. 184 : © Anish Kapoor Photo Wilfried Petzi Courtesy de l’artiste et kamel mennour, Paris ; p. 186 à gauche : © Courtesy Ian Kiaer, Galerie Marcelle Alix, Paris et Alison Jacques Gallery, Londres.Photo : Simon Keitch ; p. 186 à droite : Photographie © Musée de Grenoble ; p. 187 : Photo credit: Sue Omerod; © Rachel Whiteread; Courtesy of the artist, Luhring Augustine, New York, and Gagosian Gallery.; p. 188-189 : photo © G. Meguerditchian et Ph. Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 189 : photo © G. Meguerditchian et Ph. Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 190 : Photo : André Morin, Paris, libre de droits / Courtesy : Carl Freedman Gallery, Londres © Armando Andrade Tudela ; p. 191 en haut : Courtesy Galerie Emmanuel Hervé, Paris. Photo Aurélien Mole ; p. 191 en bas : Courtesy Galerie Emmanuel Hervé, Paris. Photo Aurélien Mole ; p. 192-193 : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Gyan Panchal, Galerie Frank Elbaz, Paris ; p. 194 : © D.R. / CNAP / photo : Yves Chenot ; p. 196 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © General Idea ; p. 197 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © DB - Adagp, Paris ; p. 198 à gauche : © D.R. / CNAP / photo : Galerie Evelyne Canus; p. 198 à droite : photo © Service de la documentation photographique du MNAM/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 199 en haut : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Olivier Mosset ; p. 199 en bas : © D.R. / CNAP / photo : Galerie les Filles du Calvaire ; p. 200 à gauche : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Wade Guyton ; p. 200 à droite : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Wade Guyton ; p. 201 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Davide Balula ; p. 201 en bas : Courtesy de l’image : R. H. Quaytman et Michael Abreu Gallery, New York ; p. 202-203 : © Cheyney Thompson et Andrew Kreps Gallery, New York – Photo : Christopher Burke Studio; p. 204 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 205 : courtesy : Ronan et Erwan Bouroullec © Paul Tahon, Erwan et Ronan Bouroullec ; p. 206 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Destroy All Monsters ; p. 207 en haut : © Collection Centre Pompidou, MNAM-CCI, Bibliothèque Kandinsky, Paris / photos : Georges Meguerditchian ; p. 207 en bas à gauche : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP© Destroy All Monsters ; p. 207 en bas au milieu : photo © Collection Centre Pompidou, MNAM-CCI, Bibliothèque Kandinsky, Paris / photos : Georges

Meguerditchian ; p. 207 en bas à droite : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMNGP© Destroy All Monsters, © Niagara ; p. 207 en bas à gauche ; p. 208 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Courtesy : Monika Sprüth Galerie, Cologne / Adagp, Paris ; p. 209 en haut : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 209 en bas : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 210 en haut : photo © Jean-Claude Planchet/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © The John Cage Trust ; p. 210 en haut : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © The John Cage Trust ; p. 211 : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © The John Cage Trust ; p. 212 : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 212-213 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 214 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Rainier Lericolais ; p. 214 en bas : © Droits réservés ; p. 215 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Rainier Lericolais ; p. 216-217 : photo ©Philippe Migeat/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Jim Hodges ; p. 217 en bas : © D.R. / CNAP / Photo : Galerie Cortex Athletico ; p. 218 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Gregor Hildebrandt ; p. 219 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Gregor Hildebrandt ; p. 220 : © Courtesy Ceal Floyer et Esther Schipper, Berlin, / Photo : Jens Ziehe; p. 220 en haut : Courtesy : Saâdane Afif et Michel Rein, Paris/ Bruxelles - Photo : Florian Kleinefenn© Saâdane Afif ; p. 222 : Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris; p. 224 à gauche : photo © Kiyong NAM ; p. 224 à droite : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 225 à gauche : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © David Weiss, © Peter Fischli ; p. 225 à droite : photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © David Weiss, © Peter Fischli ; p. 226 en haut : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP© Gabriel Orozco ; p. 226 en bas : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP© Gabriel Orozco ; p. 227 : photo © Philippe Migeat/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 228-229 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Courtesy : Monika Sprüth Galerie, Cologne / Adagp, Paris ; p. 230 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 230 en bas : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 231 : Image Courtesy de NoguerasBlanchard, Barcelona/Madrid ; p. 232 : Photo: Marcus WagnerCourtesy de l’artiste, Tanya Bonakdar Gallery, New York et Galeria Fortes Vilaça, SãoPaulo ; p. 233 : Image : © Courtesy Abraham Cruzvillegas et kurimanzutto, Mexico City / Photo : Estudio Michel Zabé, 2012© Abraham Cruzvillegas ; p. 234-235 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Gabriel Kuri ; p. 235 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Droits réservés ; p. 236 : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Hassan Sharif ; p. 237 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Tobias Putrih ; p. 238/239 : Image : © Courtesy Adrián Villar Rojas, kurimanzutto Mexico et Marian Goodman Gallery, New York

– Photo : Jörg Baumann, 2013 © Droits réservés ; p. 240-241 : photo © Philippe Migeat/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 242 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © droits réservés ; p. 242 en bas : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 243 : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © droits réservés ; p. 244 : © Jean Nouvel / Adagp, Paris ; p. 246 à droite : Crédit photographique : (c) Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © droits réservés ; p. 246 à gauche : Crédit photographique : (c) Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Toyo Ito ; p.247 en haut et en bas : Jean-Paul Goude ; p. 248 en haut : Crédit photographique : © Jacques Faujour/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Ron Arad ; p. 248 en bas : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Ron Arad ; p. 249 en haut : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © droits réservés ; p. 249 en bas : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Martin Szekely ; p. 250 à gauche : photo © Jean-Claude Planchet/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Philippe Starck ; p. 250 à droite : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Philippe Starck ; p. 251 en haut : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © droits réservés ; p. 251 en bas : © Sir Norman Foster ; p. 252 : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP p. 253 : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Richard Rogers ; p. 254 : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris, © droits réservés ; p. 255 : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © droits réservés ; p. 256 en haut : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © droits réservés ; p. 256 en bas : photo © Jean-Claude Planchet/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Gaetano Pesce ; p. 257 : photo © JeanClaude Planchet/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Ettore Sottsass ; p. 258 en haut à gauche : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP ; p. 258 en haut à droite : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Swatch ; p. 258 en bas : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Michele De Lucchi ; p. 259 : photo © J.C. Planchet et G. Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Bernard Tschumi ; p. 260 en haut : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 260 en bas : photo © Philippe Migeat/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 261 en haut : photo © Bertrand Prévost/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP © Rem Koolhaas ; p. 261 en bas : photo © Jean-Claude Planchet/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Rem Koolhaas ; p. 262 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Adagp, Paris ; p. 263 : Yves Brunier ; p. 264-265 : photo © J.C. Planchet et G. Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAMCCI/Dist. RMN-GP ; p. 266 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Keng Kuma & Associates ; p. 267 : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 268 : photo © Georges Meguerditchian/ Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP

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© Andrew Kudless ; p. 269 : photographie : François Lauginie ; p. 271 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Neri Oxman ; p. 272 en haut : Joseph Walsh ; p. 272 en bas : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Demakersvan ; p. 273 : © D.R. / CNAP / Poto : Jasper Morrison Limited; p. 273 en haut : © D.R. / CNAP / Photo : Jasper Morrison Limited ; p. 273 : © D.R. / CNAP / photo : Yves Chenot ; p. 274 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Dist. RMN-GP © Ross Lovegrove ; p. 275 en haut : Image : Mathieu Massat & Pierre Guillaume pour Label Dalbin ; p. 275 milieu gauche : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 275 milieu droite : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP ; p. 277 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © Thomas Heatherwick; p. 278-279 : photo © Georges Meguerditchian/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP © David Trubridge


AchevÊ d’imprimer en juin 2014 sur les presses de Grafos, Espagne

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