Gustav Mag No14 / FR

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Concept : GUSTAVMAG Designer : Lionel Gaillard





NEW

A YOUR

designs many color combinations to choose from as well as dozens of rad prints. Stir up some excitement with tennies that are a unique expression of your own personal style. FOR MORE INFORMATION ASK YOUR LOCAL

DEALER OR YOU MAY WRITE TO


ARE HEADED WAY

FEATURING THE “106 VULCANIZED”

© 2009 Vans, Inc. www.vans.ch







Notre problème relationnel avec les éditos ne va pas mieux. Comme on vous l’a déjà avoué dans l’édition précédente, on est un rien découragé par cette façon tellement humble qu’à l’édito de référence de défendre de nobles causes et de proclamer la bonne parole sans jamais tomber dans le piège de la morale imbuvable… Gauche de la diplomatie nous sommes, gauche de la diplomatie nous resterons. Nous avions donc jeté notre dévolu sur une thématique au potentiel certain: ‘les enfants, c’est comme les pets, on ne supporte que les siens’… quand Pierrick, Tonton de prénom, notre nouvelle recrue rédactionnelle à l’œil et la rhétorique vifs, s’est exclamé: «j’ai quelque chose». Fallait pas l’inviter…

Lire et flatuler dans un monde libre par Tonton Pierrick

Lorsque tout semble partir en couilles, quand le monde semble virer au rouge et s’agiter plus que de raison: réagissez! Si vous ne vous souvenez plus du dernier p’titdéj’ que vous avez vraiment pris le temps de savourer, ni de la dernière tartine que vous avez vraiment pris le temps de beurrer, ni du dernier passage piéton que vous avez réellement pris le temps de traverser sans vous faire klaxonner: résistez! S’il vous est compliqué de vous remémorer la dernière fois que vous vous êtes retrouvés dans un embouteillage sans inonder votre pare-brise de postillons et la terre entière d’insultes: inquiétez-vous! Si le dernier matin où vous vous êtes réveillés avez une gaule d’enfer et même pas la tête dans le cul semble avoir disparu dans un trou… de mémoire: protestez! S’il ne vous reste rien de la dernière fois que vous avez pris la peine de demander des nouvelles de sa santé à la vieille dame du 5ème (si ça se trouve elle est morte d’ailleurs, depuis le temps...), alors là STOP!!! Où que vous soyez, prenez cet exemplaire de Gustav Magazine et courez vous planquer dans les toilettes les plus proches (si vous êtes en France, en Turquie, ou dans tout autre pays que la Suisse, faites un repérage au préalable), baissez votre pantalon et votre slip / string / shorty / collant / ceinture Gibaud ou de chasteté,

mettez-vous à l’aise, asseyez-vous sur la lunette et respirez. Voilàààààààà... trèèès bieeeen. Détendez-vous! Lâcheztout! Sentez comme votre corps et votre esprit fonctionnent à merveille, et vous remercient de leur offrir ce moment de répit et de liberté, loin de la misère et du stress quotidiens. Octroyez-vous le droit d’oublier le monde extérieur quelques instants, et de ne faire qu’un avec ce lieu d’aisance. Vous pouvez même, si le coeur vous en dit, jeter votre braceletmontre dans l’eau déjà maculée des WC. Vous remarquerez qu’elle coule sans faire de bulles, en silence, et sans résistance. Tout le monde se fout de votre montre, y compris vous, et c’est très bien. Maintenant, tournez les pages tranquillement. Imprégnez-vous des textes, des images et de l’odeur émanant de ce magnifique papier FSC (sans bois) Offset mat 115 mg jusqu’à la dernière page. Lorsque ce sera fait, vous réaliserez peut-être que la nuit est tombée, que vous avez loupé un repas, que votre hamster est mort dans un attentat ou que vous avez oublié de vous essuyer… Mais n’y prenez pas garde, car la seule chose qui compte au final, c’est que vous ressortirez de cette expérience grandi, avec cette seule, unique et simple conclusion: NOM DE D… QUE C’ETAIT BON!! Bonne lecture.


Oui, je m’abonne avec un plaisir non dissimulé à ce sympathique magazine pour 1 an (4 parutions / CHF. 30.-/ Euros 25.-) Oui, je m’abonne avec un plaisir non dissimulé à ce sympathique magazine pour 2 ans (8 parutions / CHF. 55.-/ Euros 48.-)

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ABO


GOLD now.

outside is in.

Rauchen fügt Ihnen und den Menschen in Ihrer Umgebung erheblichen Schaden zu. Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage. Il fumo danneggia gravemente te e chi ti sta intorno.


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FRESH MEAL

FRESH MEAL

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01. Oreillette Bluetooth par urban-pop, Superdeux revisite un pan de 04. IGhost l’histoire de la musique au travers deux L’iPig est mort, longue vie aux Big Pig et Fandi Meng de ses plus sympathiques représentants. Sobrement intitulé Auto, ce duo est composé d’une cassette nettement plus propre que celles que vous avez pu conserver jusqu’ici, et d’un mini ghetto-blaster dissimulant une clé Usb permettant de transporter vos vielles mixtapes ré-encodées en MP3. Plus besoin de vous trimballer des dizaines de piles énormes pour faire profiter vos voisins des dernières tueries enregistrées sur Version la radio.

La designer chinoise Fandi Meng a conçu une oreillette bluetooth qui devrait plaire à ces dames. Baptisée Volution Bluetooth, cette oreillette ressemble à une boucle d’oreille. Quand on reçoit un appel, le coeur rouge commence à légèrement clignoter. Il suffit de le toucher pour rentrer en conversation. www.high-tech.portail.free.fr

02. Auto&USBoombox Regular

Et dire que la nouvelle génération n’a jamais connu le plaisir de rembobiner des cassettes à l’aide d’un stylo. Sans parler du fait qu’elle ne connait sans doute pas la véritable origine des boombox. Les accrocs du vinyl et les adeptes du CD vont jalouser ce duo infernal qui va faire beaucoup de bruit silencieusement. Avec son style

iGhost. Pour Big Pig, rien de neuf si ce n’est une taille plus grande comme le nom l’indique: on pourrait l’offrir à George C. pour qu’il se souvienne de ses grands moments de jeu avec son cochon et Céline B, mais on préfère l’iGhost, juste parce que quand on rentre pompette et qu’on le regarde longtemps, on se met à voir Astroboy et Darth Vador… www.ighost.info

www.artoyz.com

05. Pentax edition limitée

Pentax présente une version colorée de son DSLR K-x en édition limitée. L’appareil Ce jeu d’échec Star Wars, réalisé par propose des options appétissantes comme Brandon Griffith, est juste génialissme. On l’enregistrement vidéo 720p et une optique y croise Dark Vador, Boba Fett, Han Solo, 18/50 mm. C-3PO, R2-D2…

03. Jeu d’échec StarWars

www.high-tech.portail.free.fr


„Bienvenue dans mon monde, le monde de Red Bull.“ Robby Naish, US

Avec portables et abonnements de Red Bull MOBILE. NOUVEAU EN SUISSE!

Vivez les événements Red Bull comme si vous y étiez, bloguez avec les héros et visionnez des vidéos spectaculaires: Red Bull MOBILE offre toutes les facettes de la communication mobile, et, de plus, l’accès illimité au monde de Red Bull. En exclusivité dans plus de 1’800 offices de poste. w w w.redbullmobile.ch


Könix, le joyau de la couronne CHAUSSURES DE LOISIR

Text: Aspen Taylor Layout: R’Keal

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Le parcours de Myriam Mele tient du conte de fée! Suite à de brillantes études à la HEC de Saint-Gall, elle s’envole pour New York appelée à être stagiaire chez un certain Ralph Lauren. Stage terminé, elle retourne en Suisse à St-Moritz où elle officie comme assistante de direction et manager de magasin chez Jet, puis quelques temps plus tard, elle prend la tête de l’agence MG Fashion. Il y a 9 ans, elle se lance dans la merveilleuse aventure de la sneaker et ouvre sa propre boutique à Zurich, Könix : un véritable petit bijou! Könix présente des modèles courants et des éditions limitées de marques connues du grand public… mais ce n’est pas tout! Dans ce royaume de la chaussure au design remarquable, Myriam propose des marques plus rares, plus précieuses qui ont de quoi émerveiller le connaisseur. Creative Recreation, Bikkembergs ou Alessandro McQueen ne sont que quelques exemples parmi les trésors que recèle le N°1 de la place Steinmühle. La particularité du shop réside dans son agencement qui place l’objet dans une structure alvéolaire aux couleurs changeantes. Au cœur de chaque cavité trônent 2 à 3 pièces au plus, exclusivement disponibles dans les tailles exposées. Myriam a choisi pour nous:

Puma Unlimited Hi LTD Wn’s Spécificité _ basketball collection PUMA Archive Talon EVA et rembourrage de la pointe du pied Adidas Nom de Guerre Série Originals. Collaboration avec Forum Hi Adidas y3 boxing Série Originals. Collaboration avec Yohji Yamamoto 3 Honja High 01505 Spécificité _ basketball Alternative - plus habillées que les Air Jordan Nike Scandal Inspirée de la Vandal, elle clame haut et fort son style urbain


Photo : Vanessa Andrieux


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MODE

CADDIE! CADDIE

Layout: R’Keal

1) Hugo Man par Karim Rashid

7) My littel pony Lady Gaga

Pour fêter le célèbre flacon, les Parfums Hugo ont demandé au designer international Karim Rashid de créer un flacon et un étui qui se parent d’effets graphiques numériques symbolisant un terrain rocailleux et une topographie flottante.

L’artiste finlandaise Mari Kasurinen nousparachute en ces temps bénis , loin des soucis, où notre seule préoccupation était de bien lisser les poils longs et roses de Mon Petit Ponex. Sur son site, on peut s’en offrir, customisés en Elvis ou Lady Gaga…

2) Sacounet James Piatt Tout le monde le sait, la mode est devenue une vrai guerre,avec ses espaces de combat comme la rue les podiums et les magazines. Le designer américain James Piatt vous arme pour la saison grâce à ses sacs poing américain.

8) John Galliano Eyewear C’est nouveau, développé par Marcolin, et décliné juste en deux modèles: Les Biches et Beau Regard.

9) MLB x Swarovsky Casque Yankees

L’organisation sportive de baseball nordaméricaine, la Major League Baseball 3) BAS (MLB), a fait appel à Swarovsky pour un Les autres arguments: un collant ça gaine casque chicissime. énormément, dessin précisé de la jambe, folie des motifs, extravagance du cuisseau là où le reste de la tenue est parfaitement 10) Lagerfeld plus sage… Du rendez-vous chez le phlé- La dernière création à l’effigie du Kaiser bologue à prendre de toute urgence. les- de la mode est une poupée imaginée par l’artiste italienne Simone Legno produite queue-de-sardines.com son entreprise Tokidoki.

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4) BIJOUX n2-lesnereides.com

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5) Louboutin pour BARBIE

11) La veste de tueuse Julien MacDonald. L’épaulette est installée, ça y est, on a toutes été dévorées par la grande méchante mode.

Pour célébrer son cinquantième anniversaire, Barbie la reine des bobonnes a eu droit à 12) Top Shop une paire de Louboutin rien que pour elle. C’est dégueulasse ! 13) Levis

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6) Bomber Baseball Dior

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… et c’est en vinyl

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14) Gaz Masks BY diddo www.bydiddo.com 15) 1800 Tequila Essential

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design by Chad Shore

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S T E K TIC

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N I W � O TS E T S � J D � LS ESTIVA

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1) Rideau de douche Glauque, morbide, pas cher et marrant

9) Lip stick npw.co.uk/ http://store.poyzandpirlz.com/index.php

2) SAC A CACA de Jungeschachtel

10) Kissing Cops by Banksy OK, rien de geek, mais si on peut avoir l’air Du Banksy en vinyl sticker dans votre salon… un peu moins tarte pliée en deux devant hu2.com Médor et les quidams à chaque fois qu’il nous fait l’immense honneur de nous éjec- 11) VODKA absolut ter sa crotte, on dit pourquoi pas. 3) REEbook 4) Billabong collabore avec DBM Edition Limitée Seuls

deux. Seules 600 paires de cette édition limitée présentée en coloris «gradient» seront disponibles dans le monde et chaque paire sera numérotée.

17) FREITAG 18) Von Zipper

12) Energy Drink pour les vampires Ce sang synthétique à la saveur fruitée donne de la gnac pendant 4h. Au menu: fer, protéines et électrolytes

3 modèles sont élaborés par Billabong et fabriqués en étroite collaboration par DBM. Chaque produit est numéroté et trouve sa place dans un carton à chapeaux spécialement conçu pour l’occasion.

13) NIXON Jem pendant

6) Tatoo vintage

15) TOYS NookaNooka par Nooka. Nooka alignera en fin d’année 16 éditions d’artistes chez Red Bull New York’s Space. Les jouets sont conçus par des dessins de Mad Toy Designs, iLoveDust, Blank, Takahashi Hiroco...

14) H&H Hart & Huntington Clothing est une toute jeune marque de quatre printemps, continuité logique du salon de tatoo ouvert par 5) ADIDAS JEREMY SCOTT Carey Hart, fmx rider et proche collaboClairement inspirée manga, la collection rateur de Pink… Huntington. A suivre de hommes-femmes baptisée ObyO (Originals près, ça fait un vrai carton aux Etats Unis by Originals) fait tout son effet, surtout d’Amérique. motomarketing.ch les baskets “messager”!

blueq.com

7) Tirelire 8) T-shirt vintage

16) SUPRA Skytop 2

blueq.com

Elle est ENFIN sortie cette fameuse Skytop

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SPORT

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1) Vapor de BURTON

8) Nike Snowboarding x Danny Kass

En collaboration avec la fondation Andy Warhol, b.snowboards présente pour cet hiver 2010 une planche en édition limitée dans le temps qui arborent l’oeuvre de Jean Michel Basquiat. Au milieu des années 1980, après avoir forgé une forte amitié, Andy Warhol et Jean Michel Basquiat ont collaboré sur un certain nombre de toiles qui combinaient la sensibilité pop de Warhol avec le style urbain de Basquiat. Il en résulta l’intégration de deux esthétiques en un unique langage que Burton a tenu à célébrer dans l’aboutissement un chef d’œuvre: la Vapor.

Zoom Force 1 de prénom

2) VANS

Eclairage électroluminescent du cadran (automatique) - résistance aux chocs - indicateur LED (clignotant) - affichage de l’âge lunaire - graphique des marées

10) Puma Unlimited Hi LTD Wn’s Vintagitude… 11) Snowboard Hello Kitty by Atomic Une telle pépite de coquetterie est un bonheur dont on ne se lasse pas.

12) Boots Lacoste 3) Von Zipper

13) Mini Arcade games Avec écouteurs intégrés dans les chauffeReproduction de jeux arcades en miniatures. rettes auriculaires 4) STÜSSY X REAS COLLECTION

14) Swatch Chrono Automatic sportive

Pour sa collaboration avec la marque de street wear Stüssy, Todd «Reas» James a créé une véritable collection composée de tees, sweaters, hoodies, chemisettes, casquettes New Era, chapeaux et sacs de coursier. La majeur partie des pièces se déclinent autour de ces trois personnages à l’attitude Hip Hop old school.

Boîtier en plastique moulé - fenêtres en forme de disque dans le fond de boîtier en cristal de verre offrant une vue dégagée sur le fascinant mouvement mécanique interne - le cœur de la Swatch Chrono Automatic est le nouveau Calibre ETA C01.211 automatique, un mouvement de 3 Hz à quinze rubis, avec une autonomie de 46 heures.

5) Chaufferettes

15) KEETCH COLTHING

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16) DC double label project

6) Sparadras

Pour sa collaboration Double Label™ d’Automne 2009, DC s’est associé à la marque et magasins SixPack. Plus important projet à ce jour, la collection se compose de vêtements et chaussures pour homme. Deux modèles DC ont été utilisés pour le projet : Xander et Sector 7. Offertes dans des teintes noires, les deux chaussures sont agrémentées de logos et motifs SixPack, et taillées dans du cuir de porc

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9) GShock

npw.co.uk/ 7) LA doudoune Chevignon

Au collège n’était pas bourgeois qui ne l’avait pas. Nous voilà avec ce que certains jugeront être un affront au bon goût, un come back injustifiable du ringard, une imposture marketing honteuse, ou bien, une réminiscence délicieusement nostalgique de ce qui fut, pour les trentenaires, le sacro Saint Graal des cours de récré. 17) NIXON PLAYER

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Il y a une vie après le PET Respect it respect yourself

Etiquette éco, label commerce équitable... C’est toujours difficile de juger l’implication d’une marque dans la protection de la planète. Simple coup marketing à l’heure des prises de conscience ou réel engagement? La subtilité est souvent confuse, mais est-ce bien nécessaire de se poser la question tant que ça reste bénéfique pour la planète? On salue ceux qui n’en font pas leur cheval de bataille, mais qui l’impliquent logiquement dans leur stratégie, dont la marque Switcher qui réalise une partie de sa collection à partir de bouteilles en PET.

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Jusqu’ici, l’engagement de Switcher en faveur de l’environnement s’est concentré sur l’utilisation de coton biologique. La nouvelle collection Switcher PET s’inscrit parfaitement dans l’orientation écologique de l’entreprise en réalisant des produits à partir de fils écologiques recyclés. Selon des statistiques scientifiques, plus de 90% d’une bouteille en PET peuvent être recyclés et utilisés pour la production de fils en polyester. La production de fils en PET recyclé requiert moins que bouteilles en PET permettent d’énergie la production produire une veste en PET. de fils en polyester conventionnels. A côté des critères habituels comme la qualité et un prix équitable, une moindre consommation d’énergie et d’eau, et par conséquent une moindre pollution de l’air, sont les principales caractéristiques de cette collection PET. Bref, une contribution importante à l’amélioration de notre climat.

Le coton n’est pas idéal pour la fabrication de vêtements chauds en fourrure polaire. Pour cela, on utilise des fibres en polymères. Depuis quelque temps, celles-ci peuvent être produites à partir de bouteilles en PET vides, grâce aux progrès des technologies de recyclage. Switcher a également optimisé la transparence de ce processus et met aujourd’hui sur le marché une première collection de dix produits. Pour simplifier, on peut dire qu’en moyenne 15 bouteilles en PET vides représentent une veste en PET. Les bouteilles en PET vides sont d’abord déchiquetées, puis transformées en nouveaux polymères. Ces granulés de polyester peuvent ensuite être utilisés dans l’industrie textile comme matière première pour la fabrication de fibres et de fils. Sur la base du respect-code (disponible sur le site Internet www.respect-code.org), les consommateurs peuvent retracer la provenance des fils et s’informer des conditions de transformation en produits Switcher. www.switcher.com

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01. ECO DOUCHE Alors que les ingénieurs et designers s’intéressent de plus en plus au double-emploi, au recyclage et au biodégradable, certains gestes du quotidien peuvent nous paraître aujourd’hui contre nature. Le rituel de la douche matinale par exemple emploie une eau à usage unique dans la maison. Si des récupérateurs d’eau commencent à gagner de plus en plus de foyers, vous serez peutêtre tenté par ce nouveau concept de récupérateur domestique accolé à la douche, qui allie l’aspect écologique au végétal décoratif.

03. LOVE ME On ne sait pas grand chose sur cette création dénichée sur le site johnnouanesing.fr, si ce n’est que c’est fait à base de résine et que le résultat est bluffant. www.johnnouanesing.fr

04. NYC SPAGHETTI PACKAGING Même s’il n’y a presque aucune innovation au niveau des formes, des matériaux ou même du mode d’utilisation du packaging, un énorme coup de coeur pour cette idée simple et efficace du jeune designer Alex Creamer, étudiant à l’université de Cenwww.trendsnow.com tral Lancashire en Angleterre, qui a tout basé sur le storytelling et l’imaginaire pour 02. FAUTEUIL PAC MAN Pac-Man, c’est l’emblème d’une époque qui livrer un emballage de spaghetti qui sort n’est pas forcément révolue. Ce fauteuil, vraiment de l’ordinaire en permettant à imaginé par le designer Jose Jorge Hino- chacun de créer son Chrysler Building. Josa Primo, en est une preuve. www.paperblog.fr www.behance.net

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BARCELO RAVAL Text: crew Layout : Pimpact.ch

PLUMART

Voici la rubrique démangeuse de la fibre gentlemen-artiste-baroudeur qui est en vous. Aux quatre coins du globe, des architectes et designers du bon goût (quoique…) redoublent d’inspiration et de créativité pour donner une nouvelle dimension au concept d’hébergement hôtelier ordinaire. Ou quand l’art rime avec plumard…

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Cette ancienne fabrique de bonbons s’est fait refaire la face, un lifting à 35 millions d’euros qui coiffe feu Bambi au poteau. C’est signé CMV Arquitectos & Jordi Gali. Le cabinet d’architectes a restructuré cet endroit autour d’un noyau central en béton qui fait office d’épine dorsale avec juste quelques piliers autour, afin que le reste de l’hôtel garde ses grands volumes. C’est bien vu, mais la force de cet art-design hôtel se trouve justement être la décoration, juste sublime. Et pour cause, Jordi

Gali ayant savamment su s’entourer de grosses légumes du design que sont Marcel Wanders, Jaime Hayon, Ron Arad à travers des éditeurs prestigieux tels que Moooi, Vitra, Moroso… Ce n’est certes pas à portée de toutes les bourses, quelques chf. 280.- par nuit, mais si vous voulez marquer des points (on le comprend comme on veut), le feu en vaut ladite bourse. www.barceloraval.com



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ENTRACT Athlete: Nate Adams Photocredit: (c)Jˆrg Mitter/Red Bull Photofiles Location: Battersea Power Station, London, UK


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Athlete: Danny MacAskill Photocredit: (c)Michael Clark/Red Bull Photo Location: San Diego, CA, USA


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POLITIQUEMENT INCORRECT

DODGE CHALLENGER VAPOR BY US AIR FORCE

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Objectif de l’armée des Etats Unis d’Amérique: recruter de nouveaux soldats. Le coup du patriotisme perdant de sa force de persuasion auprès de la jeunesse, ces messieurs les recruteurs n’ont pas misé sur l’augmentation des salaires, mais sur le tuning. Associé au préparateur GAS (Galpin Auto Sports), connu et reconnu grâce à l’émission ‘Pimp my Ride’ sur la chaîne MTV, l’US Air Force a fait transformer une Dodge Challenger en vaisseau de guerre et ar-

pente les cours d’école sous le nom de code ‘Project Supercar’. Cette pauvre Challenger Vapor ressemble vaguement à un avion furtif ou à un accouplement hasardeux entre la Batmobile et une muscle car l’ayant croisée malencontreusement. Outre son kit guerrier typé avion furtif, ses portes en élytre et sa caméra avec vision 360° installée sur le toit, la muscle car opte pour un habitacle -un cockpit pardonintégrant une autre caméra, à vision nocturne cette fois, un faux siège éjectable,

des transpondeurs GPS… et l’accessoire ultime qui devrait faire signer plus d’un lycéen: les missiles dans le coffre. Une Ford mustang tout autant défigurée fait également partie de ce ‘Project Supercar’. Nous n’avons reçu aucune information quand à l’impact de ces jouets sur le recrutement de la jeunesse ricaine mais on est sûr d’une chose: c’est aux frais du contribuable.


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www.gustavmag.ch


DO YOUR HERPES YOURSELF éPATER SES AMis avec trois francs six sous de budget, c’est très faisable. Il faut être un tant soit peu «manouel», nous le sommes... dotés de démerdise, nous le sommes encore... avoir un sens de la créativité qui ne soit pas donnné à tout le monde, nous l’avons toujours. partager ses savoirs,même les secrets, faisant partie des nobles causes... soyons nobles!

BRICOLAGE

Petite fiche ‘je bricole et je vous emmerde’ no 14

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Les fêtes approchent à grand pas… les décos de noël… les biscuits de noël… les cadeaux de noël… Les gosses sont ravis, les moins gosses pas du tout. D’une part la méchante castration de nos bourses fait toujours mal, mais le pire reste la joute du bec. Terrible. Entre celui qui fouette, le mou-baveux, le faux cul, l’insistant et celui qui pique, c’est insupportable. Et plus tu te fais stratégique pour passer entre les becs, plus ça foire. Pire, on rempile six jours plus tard: 10 – 9 - 8 – 7 -… crotte tous les WC sont occupés… 6 – 5 - … qu’est ce qu’elle a la belle doche à se planter devant moi comme ça avec ses vilains poils drûs au mentons qui me font de l’œil… 4 – 3 - …pffff me sens pas bien… 2 – 1… On a la solution: un très vilain herpès qui va vous repousser le plus tenace des donneurs de becs. Et vu que c’est Noël, on vous le fait également en version take away. Marche à suivre no 1: Etaler généreusement et largement de la tomate condensée autour d’une partie de la bouche Ce qu’il vous faut: A l’aide d’un coton tige, tapoter la base de concentré triple de tomate avec la pâte dentifrice blanche. - Concentré triple de tomates Finalisez le tout avec un coton tige propre pour un effet des plus authentiques. – Dentifrice blanc – Coton tiges Petit astuce : pour plus d’efficacité rajouter un petit rien de jaune d’œuf à l’aide du coton tige sur les purulences blanches Coût de l’opération: 6.50 Durée de l’opération: 1min 30 Marche à suivre no 2 : Découper la version herpès take away Difficulté de l’opération: facile Collez là avec de la glue ni-clou-ni-visse. C’est la plus efficace. Durée min 24 heures garantie.



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BEHIND

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BUBBLES Soixante secondes. C’est le temps qu’il faut pour te donner envie de manger une barre chocolatée. Soixante secondes. C’est aussi le temps qu’il te faut pour voir le pro skater Bob Burnquist poser ses tricks dans un skate park rempli de… ballons ! Soixante secondes. C’est enfin le résultat d’un travail de groupe, d’une amitié et d’une passion.

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Nestlé a besoin d’un clip commercial pour promouvoir sa nouvelle barre chocolatée Aero. Le géant de l’industrie fait alors appel au réalisateur-dont-on-n’a-plus-besoin-de-vanter-les-mérites, Ty Evans, le big ponte du clip de skate par excellence. Mais alors que vient foutre le skate dans l’histoire? On vous le demande. Etait-ce une question d’ego surdimensionné ou une simple inspiration copieuse ? Toujours est-il que lorsque Ty Evans voit sur Youtube un type rider un skate park rempli de ballons, il craque et décide de faire pareil. Sauf que là, les ballons seront non pas blancs mais chocos (si si le lien au chocolat est LÀ!) et qu’il n’en met pas 50 mais 50’000… À partir de là, le projet est lancé. Il contacte son pote le pro skater Bob Burnquist et lui propose alors de bosser avec lui. Les deux compères se lancent dans la combine et réalisent très vite la complexité de la chose : «ça sonnait beaucoup plus simple quand on ne faisait que d’en parler» avoue le réalisateur en éclatant de rire.


Même si c’est du chocolat qui doit être vendu, c’est bel et bien de skate dont il est question. En tant que skater pro, Bob Burnquist sait qu’il n’a pas droit à l’erreur: «Tu veux être sûr que ce tu fais soit à la hauteur. Ce dont je redoutais le plus c’était de tenter un truc trop risqué et que ça aie l’air de rien». Pas de mystère donc, pour que le clip cartonne, il fallait un duo de choc (pas de lien ICI). Les deux pères se sont bien trouvés: «On est sur la même page et c’est génial parce qu’on comprend exactement ce que veut l’autre». Mais Ty est exigeant et quand on parle de skate, on ne lui la fait pas à lui! Alors si Bob aurait pu embobiner un autre amateur, impossible ici de berner le réalisateur. «Normalement, sur les autres tournages, je co-réalise parce que le réalisateur n’est pas un skater. Mais ici c’est tout l’opposé, les attentes de Ty sont élevées parce qu’il me connaît et sait parfaitement de quoi je suis capable ». Tout est donc calculé au centimètre près et le park est maculé de doc-tape pour les positionnements.

Durant le premier jour de tournage, Bob tente de poser ses tricks et Ty ré-ajuste le tir. «A chaque fois que Ty me proposait une nouvelle figure, je me demandais comment j’allais bien pouvoir la réaliser dans les ballons. J’ai tenté de garder l’esprit ouvert et je me juste dit qu’il fallait que je le fasse». Le deuxième jour devient nettement plus intense. On remplit les bacs avec les 50’000 ballons. La vue est spectaculaire, on se croirait dans un bol de chocapic! Petite frousse pour le skater tout de même: «C’est comme skater les yeux fermés! Pour la vitesse, tu ne sais pas où tu pompes et la sensation de ré-atterir dans milles ballons, c’est-à-dire le néant, est flippante». Quant à nous spectateurs, c’est à n’y rien comprendre! Parce que Bob debout dans le bol de choco-ballons n’est pas visible! C’est son mouvement qui nous permet de l’identifier, une vague de chocolat! Imaginez alors lorsqu’il surgit de nulle part, envoie une ou deux rotations dans l’air, entouré de ballons qui s’envolent avec lui, re-plaque et re-disparaît… Il l’avoue

quand même : « Dans ta tête, tu penses que tu vas tomber, mais les ballons te redirigent en quelque sorte et puis, au bout d’un moment tu t’en fiche de prendre une pelle, tu tripes trop!». Voilà donc le secret. Les deux hommes partagent une seule chose: leur passion du skate. Bien sûr, si la vidéo déchire c’est avant tout parce que nous avons affaire à deux pros en la matière et qu’ils savent de quoi ils parlent. À partir de là, ils peuvent te vendre en gros n’importe quoi! C’est une bien jolie réponse à tous ceux qui crachent dans la soupe sous prétexte qu’elle est commerciale. Et ça donne du gallon à une marque comme Nestlé qui a su jouer avec justesse sur son image sans tomber dans le prétexte absolument pas crédible comme on en voit bien trop souvent.

http://www.youtube.com/feelthebubbles http://www.youtube.com/behindthebubbles part 1 & 2


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CARH'ART'T GALLERY Text: Aspen Taylor Layout: R’Keal

Qui ne se souvient pas de l’ensemble en jeans couleur camel hyper rigide ou de ces fameux hoodies thermiques quasi caoutchouteux estampillés du logo à la coquille caramel? Oui, ceux que les teenages des 90’s arboraient avec fierté dans les préaux, Timb’ aux pieds, estpack porté au niveau des cuisses et démarche boitante pour faire comme les mecs de Luniz… L’histoire de Carhartt commence réellement il y a 120 ans, lorsqu’Hamilton Carhartt, propriétaire éclairé d’une manufacture de Détroit décide de se spécialiser dans les uniformes pour cheminot. Visant une qualité et une résistance de tissus encore inédites, il acquiert progressivement plantations et fabriques textiles à travers le pays puis en Europe, et s’applique à produire et à transformer une variété de coton haut de gamme sélectionnée pour ses longues fibres… Au fil du temps, l’entreprise généralise son offre à la quasi totalité du workwear, dans une optique presque communiste de l’habillement du travailleur, la protection en plus! Un siècle après sa création, la marque se diversifie et se réinvente complètement sur le marché du streetwear, profitant de la tendance naissante des icônes hip-hop 90’s à s’inspirer des milieux ouvriers et carcéraux pour se vêtir. Ce renouveau mène à la création de divisions européennes et japonaises en charge de créer l’univers Carhartt Streetwear. Dès lors, des équipes de designers d’outre-mer tricotent une identité particulière à la marque en intégrant des éléments propres aux tenues de travail à un style streetwear classique. De fil en aiguille, la marque prend de l’ampleur dans le paysage de la mode urbaine et ses mul-

tiples associations avec différents artistes et designers contribuent à révéler en elle la fibre artistique… qui semble s’être muée en grosse pelote depuis ses premiers flirts avec Mode2, un des premiers artistes à s’être vu confier la communication visuelle de la marque. C’était en 2002.

Son médium de prédilection est la sérigraphie, ce qui confère à ses œuvres une qualité et une valeur particulières, à l’heure où le numérique devient le médium pré-dominant. Il réalise principalement des flyers et des affiches. Il expose en ce moment pour le ELZO’S exhibition tour Carhartt, une exposition dans laquelle il présente un En marge de ses activités commerciales bon nombre de ses réalisations mais aussi et de ses implications dans le sport et la les visuels de decks de skate Yama qu’il a musique, Carhartt Streetwear s’illustre imaginé pour Carhartt. en mécène de l’art contemporain respecté et respectable, poussant la gourmandise www.mode2.org jusqu’à posséder sa propre galerie d’art! www.carhartt-gallery.com Située à Friedlingen, à 1km de la frontière germano-suisse, au niveau de Bâle, la Carhartt Gallery vernissait sa première exposition en décembre 2006. Depuis, plus de 50 graffeurs, illustrateurs et autres adeptes du Streetart venus du monde entier se sont succédés dans ce lieu hautement prisé. La galerie est d’ailleurs considérée comme un must durant Art Basel bien qu’elle soit localisée hors du périmètre. Cette année a eu lieu l’exposition «Public Provocations» avec des artistes comme «Blek le Rat» et «Seen». Autre exemple de l’engagement de Carhartt pour la culture urbaine, RUGGED, son magazine édité quatre fois l’an et distribué gratuitement en Europe, en Asie et en Australie. Mettant en lumière le Streetlife et les différents mouvements qui en découlent, comme le BMX, le skate ou le graff, RUGGED fait la part belle à une kyrielle de graphistes et d’illustrateurs, souvent mandatés sur des éditions limitées Carhartt Streetwear. Cette double page est dédiée à Carhartt au travers d’Elso Durt, illustrateur et graphiste d’origine belge, qui évolue dans un univers psychédélique et pour le moins fantasmagorique, parsemé d’allusions cosmiques et d’une touche vintage très urbaine.


ANDY WARHOL

The Pope of the Pop ROCK AND ART

Provocation. Extravagance. Scandale.

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Trois termes : un artiste, une pensée, un courant. Du rang d’illustrateur publicitaire, Andrew Warhola deviendra l’incontournable figure emblématique du courant Pop-Art. Layout: Pimpact.ch

On connaît de Warhol ses peintures, ses sérigraphies, ses photographies, ses vidéos mais un peu moins les illustrations de pochettes de disque qu’il a réalisées. Si l’intérêt d’Andy Warhol pour la musique ne transparaît que de façon extrêmement anecdotique et laconique dans les pages de son Journal et lors de ses nombreuses entrevues, la permanence de la musique et de sa représentation dans son œuvre est remarquable et prépondérante. Elle en est même la composante invisible mais essentielle. Du dessin réalisé en 1948 pour la couverture de Cano – la revue des étudiants du Carnegie Institute of Technology, et qui représente un orchestre dans le style dit ‘tamponné’ – aux portraits mondains de Mick Jagger, Liza Minnelli ou Prince, Andy Warhol aura tout au long de sa carrière réalisé des dizaines de portraits des grandes icônes de la musique populaire du XXe siècle, d’Elvis aux Rolling Stones à Michael Jackson. Depuis son arrivée à New York, en 1949, jusqu’à 1987, la toute dernière année de sa vie, il aura aussi illustré une cinquantaine de pochettes de disques, allant du Lac des Cygnes de Tchaïkovski à Aretha Franklin en passant notamment par Count Basie, Artie Shaw, The Velvet Underground, les Rolling Stones, Diana Ross, Blondie… Témoin des commandes et des affinités changeantes de Warhol, le fil de cette iconographie se lit comme une histoire du goût musical de la société américaine d’après-guerre, allant du classique au jazz, puis au rock, à la pop et à la soul ainsi qu’au disco et au hip-hop.

Or la présence de la musique dans l’œuvre de Warhol va bien au-delà de la simple iconographie. Warhol sera l’orchestrateur de toutes les fêtes de demain (« All Tomorrow’s Parties ») à la Silver Factory, procurant une scène idéale et éphémère à Edie Sedgwick, sa muse mouvante et son premier alter ego ; il sera producteur du groupe The Velvet Underground ; il prêtera son concours artistique à la chorégraphie Rain Forest de Merce Cunningham ; il fera du Studio 54 le prolongement de son atelier. Sur la musique, cet art invisible qui anime les corps et situe les êtres dans l’espace et dans leur temps, il imaginera l’œuvre d’art totale que fut Exploding Plastic Inevitable. Il s’imaginera lui-même en Sculpture invisible. Il intégrera la musique à ses films, il filmera les concerts. Il réalisera des vidéoclips, rencontrera des musiciens, notamment pour Interview, la revue qu’il fonde en 1969. Et surtout, par ce jeu de miroir et d’osmose qu’il a projeté sur ses contemporains, il deviendra lui-même une rockstar, à l’égal de Mick Jagger ou de Debbie Harry, sa dernière égérie. Publié à l’occasion de l’exposition « Warhol Live » au Musée des Beaux Arts de Montréal, ce livre présente l’ensemble des pochettes de disques réalisées par l’artiste de 1949, début du 33 tours, à la fin de sa vie en 1987, qui coïncide avec la disparition du vinyle et l’avènement du CD.



ART

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DASH SNOW un photographe à son image Son nom vous touche comme une balle : Dash Snow. Tout comme son art d’ailleurs. CommeNT définir un type pareil? Disons que c’est une sorte de diable coquin qui a su séduire la scène artistique internationale grâce à ses graffitis sableux à la «j’urine-à-la-raie-du-peuple», ses collages organiques et ses polaroids aux vues trash: fidèles reproductions d’une réalité des plus sombres de notre époque. Text: D!MO Layout: Pimpact.ch



Dash était un enfant né d’un noble lignage, mais rebelle depuis le pot déjà, il décida de bouger au sud de Manhattan et vivre dans la rue, âgé alors de 14 ans. Ce fut un jeune talent qui se défonça beaucoup, un artiste qui créa beaucoup mais qui se défonça encore plus. Le résultat ? Il était très mauvais dans tout ce qui rele-

et encore inexploitée, théâtre débridé d’hédonisme, avide de nouvelles lignes créatrices. Il toucha à la drogue, joua beaucoup et recueillit le tout. Le produit récolta un paquet d’argent sur le circuit international de l’art et des galeries telles que Satchi à Londres, Peres à LA et Berlin qui en firent vite l’étalage. En d’autres termes, il se moqua, se traîna, le rota et lança Certains le détestèrent, d’autres le tout à travers le mur de verre du social. Il se maria, divorça affirmèrent que ce n’était pas de contrat et tomba amoureux de la mère de sa l’art, plusieurs rirent et trouvè- fille qu’il appela (attention, c’est vrai) rent que c’était brillant. Secret Aliester Ramirez Messenger Santa Creeper. vait des gâteries sociales et culturelles et il se moquait éperdument de la poussière Certains d’entre vous en ont déjà entendu et des conneries qu’il inhalait dans les al- parler, d’autres n’ont jamais su qui est/ lées. Il se faisait en revanche un malin était/aurait pu être Dash, mais Dash Snow plaisir à recracher cette rogne à travers mourut seul le 13 juillet dernier dans une 056 ses multiples frasques: des bottins de té- chambre d’hôtel downtown Manhattan, à léphone déchirés en mille morceaux, ses l’âge de 27 ans, d’une overdose d’héroïclichés semi-pornographiques pris lors ne. Certains disent que c’était inévitable, de ses débauches nocturnes, ses collages d’autres trouvent que c’est déchirant, les d’amis aux couleurs adoucies. derniers pensent qu’il le méritait. Enfin, un petit nombre se lamente sur le fait que Trois mots : Provocant. Négligé. Grotesque. personne n’ait essayé d’empêcher le type de sombrer vers un point de non-retour Certains le détestèrent, d’autres affirmè- depuis que son mode de vie nourrissait son rent que ce n’était pas de l’art, plusieurs art si furieusement. rirent et trouvèrent que c’était brillant. Malgré tout, Dash Snow était devenu plus C’est une lourde discussion. Laissons donc qu’influent sur la scène new-yorkaise qui l’art parler de lui-même et vous en faire débordait alors d’une énergie foudroyante l’appréciation que vous voudrez…

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FALLEN

PRINCESS BY DINA GOLDSTEIN ART

ILS VÉCURENT HEUREUX ET EURENT BEAUCOUP D’ENFANTS, OU PAS… Si Dina Goldstein s’est lancée dans ce folio vérité, c’est pour avoir observé la fascination de ses filles de 3 ans envers les princesses de Disney. «Elles veulent sans arrêt s'habiller comme elles. Cette identification est dangereuse, car Disney commence toujours par un début très malheureux pour terminer, grâce au Prince et à la victimisation des princesses, par un happy ending.»

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Text: Anne Laure M. Layout: Pimpact.ch

Au travers de cette série Fallen Princesses (Princesses Déchues), Dina Goldstein réinterprète les contes de fée en les plaçant dans le contexte actuel.
Un résultat troublant et fascinant qui remplace dans ce contexte la naïveté des contes de fées par la violence, les soucis sociaux et maladies de notre monde moderne. 
Ainsi, Cendrillon est alcoolique, Blanche Neige femme au foyer, la Belle et opérée pour être ‘plus’ belle... Bref une vision plutôt sombre de la vie après le conte de fées... 
 Dina Goldstein, photographe surdouée résidant à Vancouver, associe avec brio sa passion pour les portraits atypiques et sa brillante carrière dans la photographie commerciale. Ses talents ont été mis au service de clients très hétéroclites tels que Levis, Nintendo, Coca-Cola, Flare Magazine, Motorola, le Festival du film de Vancouver ou encore Apparel BC, pour ne citer qu'eux. Elle a reçu, en outre, le prix international 2006 de masters de photographie en couleur. Dina est avant tout une photographe de l'âme, qui révèle les méandres des sentiments. Son objectif capte les émotions et les sublime avec simplicité.



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Who’s SoemOne ?? Text: Aspen Taylor Pics: Lionel Deluiy Layout: Pimpact.ch

Pierre Doucin a.k.a SoemOne est un graphic designer freelance de 26 ans venu du graff. Établi à Paris, où il travaille depuis 2 ans, il collabore aussi bien avec de grosses agences qu’avec de petites structures, insufflant à chaque fois fraîcheur et féerie aux images qu’il sublime.

ce lui permet de travailler sur des projets de plus grande envergure comme le Deluiy Project, une collaboration avec le photographe Lionel Deluiy, un français expatrié en Californie avec qui il réalise plusieurs visuels. (Deluiy Project – Dita von Teese ou encore Kat von D)

Après s’être adonné à l’art pictural mural pendant une bonne dizaine d’années, SoemOne commence à s’intéresser à des supports autres que le béton pour exprimer son talent. Tout doucement, il prend goût au graphisme en s’essayant à la réalisation de petits flyers et de visuels pour une association dont il fait partie.

Conservant son statut d’indépendant, il intègre également l’agence parisienne Creative Syndicate qui le représente en France et avec qui il travaille régulièrement pour de grosses enseignes. Adidas, Manchester United ou encore Schweppes, pour ne citer qu’elle, ont récemment bénéficié du coup de palette graphique de l’artiste.

En 2006, il gagne le concours d’affiches pour le festival hip hop L’Original, suite à quoi il est convié à réaliser une exposition à Lyon organisée par le festival. Après avoir accroché ses visuels sur les murs de la galerie, SoemOne, critique, comprend qu’il a encore beaucoup de progrès à faire pour égaler les travaux exposés par Tksh et DOSE Prod, invités eux aussi à présenter leurs œuvres.

SoemOne définit lui-même son travail tel une œuvre dynamique qui incite l’oeil à imaginer une histoire autour du visuel, comme si l’illustration était un arrêt sur image d’une séquence filmée. Ce qu’il affectionne particulièrement, ce sont les jeux de mouvements et les profondeurs de champs qu’il exploite plus que généreusement dans un enchevêtrement de projections de fluides, de tâches ou d’effets de lumière. Les objets éclatent. Les personnages se liquéfient. Les dimensions se confondent dans un univers tantôt mystique, tantôt ludique mais résolument urbain. SoemOne a su réinjecter le streetart dans la communication visuelle traditionnelle en donnant vie à l’image fixe.

Cette première expérience agit comme un coup de fouet sur la créativité du tout jeune designer qui s’acharne durant plus d’un an afin de trouver un style perso et définir ses propres techniques de travail. Pendant cette année de recherche personnelle, il rencontre l’agence Factory 311, source de motivation et de perfectionnement. L’agen- http://www.soemone.com


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EVERYTHING

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AND ME Text: crew Layout: Pimpact.ch

Jeune et anti-conformiste, Clemens Behr est un artiste allemand exprimant son art au travers d’installations surprenantes, habitées par l’idée d’occuper l’espace, en luttant naïvement contre la perspective. Surgis de son imaginaire influencé par l’origami, ses modules faits de carton et papier envahissent les espaces urbains, parkings et autres forêts pour en faire des champs d’expérimentation visuelle inédits. Clemens Behr incarne par son usage d’un matériau omniprésent dans nos vies, une vision actuelle d’un art contemporain, profondément ancré dans le quotidien.



ART

Lorenzo Petrantoni

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Illustrative FESTIVAL D’ART

A Avec les œuvres de plus de 60 artistes internationaux, l’Illustrative a accueilli comme il se doit une intéressante collection issue de la culture contemporaine visuelle.


Du 15 octobre au 1er novembre 2009, l’exposition éphémère Illustrative a exposé les aspects les plus intéressants de l’art graphique actuel à Berlin Mitte, dans la fameuse Villa Elisabeth. Elle a mis à l’honneur aussi bien des dessins et des créations graphiques imprimées que des peintures et des collages muraux. Installations 3D inspirées par les arts graphiques, objets d’art sous forme de livre et films d’animation furent également partie intégrante de ce festival d’art. Illustrative, c’est un éventail international de créateurs-artistes, dont les œuvres s’inspirent aussi bien des tendances culturelles parallèles comme la bande dessinée et le graffiti que des aspects artisanaux et stylistiques de l’art appliqué (comme p. ex. les illustrations ou les arts textiles). L’exposition présente une fusion des matériaux les plus divers et de techniques artistiques encore peu connues défiant les standards esthétiques. Les tendances les plus récentes de la transposition de l’illustration et du graphisme dans l’espace tridimensionnel ou des nouvelles stratégies narratives dans le film d’animation 3D ont également été présentées.


Julia Bruderer

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Paul-Henri Masson

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Swatch Young Illustrators Award

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Takashi_Koshii

L’Award est décernée chaque année à de nouveaux talents émergents sélectionnés par un jury international. Le prix encourage et soutient des illustrateurs dans leur pratique artistique, et leur donne la possibilité de se faire connaître sur la scène mondiale. Parmi les membres du jury ont figuré des personnalités illustres dans le domaine des arts graphiques comme Julius Wiedemann (éditeur d’« Illustration Now »), Olaf Hajek (illustrateur), Caroline Roberts (Grafik Magazine) ou

encore Bill Cranfield (IdN). C’est l’illustratrice suisse Julia Bruderer qui a remporté le Swatch Young Illustrators Award, suivie de Katia Fouquet (Berlin) et Paul-Henry Masson (Paris). Le prix spécial est revenu au japonais Takashi Koshii (UPPER CUT), qui va pouvoir designer une montre Swatch (série limitée), rejoignant le très estimable cercle d’autres jeunes premiers de jadis que furent Kiki Picasso ou encore Pedro Almodovar…. ET, cerisounette sur le gâteau, étaler l’ampleur de

son art sur la cover du Gustav que voici. On ne peut pas vous dire grand chose sur ce garçon, si ce n’est qu’il est incroyablement motivé de la communication, mais que son anglais fortement japanisé a mis quelques troncs en travers de notre tentative de sympathiser. Ce qui n’a pas empêché sa vision drôlement décalée de l’occidentalisation de faire tout son effet. La langue de l’art et internationale.


Takashi_Koshii


ART

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Tomer Hanuka


Discovery ILLUSTRATIVE

Plus de 60 artistes ont été sélectionnés pour constituer l’exposition principale de cette année. Nombre de créateurs d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Asie et du Proche Orient y ont côtoyé des illustrateurs européens et américains renommés comme Olaf Hajek, Erik Mark Sandberg, Tim Dinter, Roman Bittner ou Tomek Hanuka, le

dessinateur de «Waltz with Bashir». Peu de véritables découvertes, pas vraiment de coups de cœur, si ce n’est la confirmation du grand talent d’Olaf Hajek et les travaux du collectif munichois Pixel Garden, de Gregoris Verda, et de Lorenzo Petrantoni. En marge du festival, jolie découverte de l’atelier de Romy Bluemel, jeune illustra-

trice allemande qui devrait faire les beaux jours de l’édition jeunesse, et rencontre avec la fantastique hollandaise Zeloot, dont la première monographie devrait se faire connaître au printemps 2010.

Pixel Garden

Zeloot

Ville


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Les superhĂŠros de la vraie vie Text: Sandra Imsand Pics: Tim Foster



On oublie les Batman, Superman et autres Spiderman. Dans la vraie vie, de plus en plus de personnes ordinaires traquent le crime dans des costumes en spandex serrés à l’entre-jambes. Ils s’appellent Foxfire, Citizen Prime, Shadow hare ou encore Green Scorpion. Leur job ? Superhéros bénévoles. Non ce n’est pas une blague. Ni un rassemblement d’illuminés lobotomisés par les blockbusters américains. Même s’ils ne sont pas dotés de vision à rayons X, qu’ils ne peuvent pas voler ou se téléporter et ne sont pas équipés de joujoux high-tech de la mort qui tuent, ces hommes et ces femmes tentent de rétablir la justice autour d’eux avec leurs propres moyens.

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satisfaction de combattre le crime est déjà un salaire en soi. Alors, pour faire partie des quelques 230 superhéros répertoriés à travers le monde (principalement aux EtatsUnis, mais aussi au Mexique et également, plus surprenant, en Italie ou en France) dans le World Super Hero Registry, il faut quand même s’astreindre à suivre quelques règles. Alors, si l’aventure te tente, voilà ce qu’il faut savoir. Tout d’abord, en tant que superhéro, tu ne pourras pas faire de publicité pour un bien ou un produit. Par exemple, le Super Ovomaltine-c’est-de-ladynamite, c’est pas possible. Et le Sugus ailé, on oublie aussi. Ensuite, tu devras te constituer un costume (et attention, on ne copie pas ceux déjà existants de chez Marvel et DC Comics). Et là, tu peux te lâcher : collants, latex, spandex, tissus lamés, capes en tous genres, bottes colorées et masques incongrus, rien n’est «too much» pour remettre la société dans le droit chemin. Et enfin, la touche finale: tu devras choisir ton nom. Il y a déjà Green Scorpion dans l’Arizona, Terrifica à New York, Mr Silent à Indianapolis ou Entomo en Italie. Mais il reste encore vraiment de quoi s’éclater.

Bon, arrêtez de rêver, ce métier n’est pas du tout glamour. Ces superhéros aux costumes moulants ne passent pas leur temps à chasser les dangereux criminels ni à déjouer des complots machiavéliques de supervilains. Alors là, vraiment pas. Ils passent plutôt leurs heures de héros à ramasser les ordures, aider les vieilles dames à traverser la route ou encore servir des repas aux sans-abris. Charmant, non? Une fois ton personnage créé, l’aventure peut enfin commencer. Tu patrouilleras les Avec l’arrivée de ces superhéros bien réels rues de ta ville (plutôt la nuit, vu que de (ou les Reals, comme ils aiment à s’appeler jour, tu auras ton véritable travail avec ton eux-mêmes), la fiction a rejoint la réalité. identité secrète. Et de toute façon, on sait En effet, les superhéros des bandes-des- que les malfrats opèrent toujours de nuit). sinées comme Marvel ou DC Comics sont Tu ne porteras pas d’armes blanches ou à nés dans l’entre deux guerres ou peu après feu, pour éviter de te faire arrêter. Même 1945, pour répondre aux peurs contempo- si les méchants que tu combattras risqueraines. Une forme de catharsis collective. ront d’être armés. Et oui, pas facile la vie Or, depuis les attentats du 11 septembre de superhéro ! Après, tu souris aux enfants 2001, de nouvelles peurs ont vu le jour. Et pour ne pas les effrayer, tu aides les jeucertains citoyens ont ressenti le besoin de nes à changer les pneus crevés. Bref, tu te s’investir pour chasser le Mal. Une entité fait bien voir par la communauté et la pointangible qui peut prendre la forme de la lice du coin pour ne pas passer pour le fou pauvreté, de la criminalité ou du terroris- ou l’original de service. Et si tu es vraiment me. Et plutôt que de s’enrôler dans l’armée mais alors vraiment courageux, tu peux pour servir sous les drapeaux, ils ont choisi partir à la chasse aux dealers. Et sommum parmi les sommums, tu peux, comme les de se construire un alterego puissant. superhéros membres de la Black Monday N’importe qui peut se lancer dans ce métier Society en Utah, collaborer avec les forces qui n’offre aucune perspective d’avenir car de l’ordre pour arrêter des trafiquants et non rémunéré. Mais bon, il paraît que la faire face à des bandits armés.



Mais tout ne se passe pas toujours bien. Et le chemin qui mène au superhéroïsme est long et parsemé d’embûches parfois douloureuses. Ainsi, le héro mexicain Superbarrio Gomez a dû rester à la maison de longues semaines car il s’était luxé l’épaule après avoir trébuché sur sa longue cape. Depuis, il l’a d’ailleurs faite raccourcir par sa fan numéro un : sa grand-mère.

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D’autres anecdotes sont plus dramatiques. Ainsi, un superhéro de New York a dû raccrocher sa cape après plusieurs mésaventures désagréables. Il raconte, par exemple, avoir subi à nombreuses reprises des projections de bombes lacrymogènes en tentant d’aider des personnes âgées à porter leurs courses. C’est que les mamies ont du répondant de nos jours! Plus grave, en tentant de protéger une jeune donzelle en détresse, il s’est retrouvé à l’hôpital. En effet, alors qu’il pensait assister à une agression en pleine rue, il a tenté de s’interposer entre un homme et sa femme. Cette dernière a eu très peur en voyant un homme masqué et en collants fluo s’en prendre à son petit ami. Et, n’écoutant que son courage, elle s’est emparée d’une pierre et a assommé le superhéro. Le pauvre a dû se faire recoudre le crâne et gardera à vie une grosse cicatrice, symbole de sa bravoure. Mais aussi de sa mauvaise interprétation de la situation. Un autre chasseur du crime, Fire Fox, s’était endormi dans sa voiture pendant sa tournée nocturne. Pendant sa sieste, des malfrats en ont profité pour lui chaparder son autoradio et ses pneus. Dur dur, la vie de superhéro! D’autres hommes, également du côté des Etats-Unis, ont avoué s’être faits mettre à la porte de leur boulot car les rondes nocturnes les avaient épuisés et qu’ils s’étaient assoupis à leur travail.

Après l’état des lieux des superhéros sérieux, il en existe d’autres, bien plus loufoques. Mais finalement beaucoup plus drôles. Ces superhéros de pacotille au ventre flasque et au costume étriqué, qui sévissent en Grande-Bretagne, ont même fait l’objet d’’un livre, «Superman’s Pockets», écrit par Tim Foster. Ainsi, Supertranny, un transexuel au costume pailleté, a pour mission de sauver les mamies de leur mauvais goût vestimentaires. Mr Methane, un sérial péteur, clame que son pouvoir est de s’exprimer et d’imposer sa super puanteur aux autres. Pigman quant à lui, patrouille dans les rues avec un costume rose dans le but de rendre sa mère fière de lui. Une bande de sacrés allumés, en gros. Alors si le phénomène des superhéros commence à prendre de l’ampleur au point que certaines télévisions américaines se soient penchées sur le cas, leurs adversaires maléfiques, les supervilains, commencent aussi à poindre le bout de leur nez. Mais avec eux, pas de plans maléfiques pour prendre le contrôle du monde ou d’attentats à l’échelle mondiale. Avec ce nouveau genre de supervilains, le combat se situe sur un plan bien plus intellectuel. Ces personnes dévouent tout leur temps et leur énergie à analyser les comics afin de décortiquer les symboles des méchants. Ils veulent élever le débat et faire admettre ces bandes-dessinées américaines au rang de chefs d’œuvre de la littérature. Machiavélique, comme plan, non? Ou alors pathétique, on n’a pas encore décidé. Du coup, ces super méchants en chair et en os voient d’un assez mauvais œil les héros défiler dans la rue, exhibant leurs costumes rutilants. Comment expliquer, c’est mauvais pour leur image de marque…

http://www.worldsuperheroregistry.com/ http://www.timothyfoster.co.uk/pockets/index.html

CONCOURS Persuadé que le superhéro Helvète a du potentiel, Gustavmag lance le mouvement sous forme d'un concours nommé SuperHelvète, histoire de libérer le superhéro qui ne demande qu'à s'exprimer en toi. Va sur myspace.com/gustavmag pour prendre connaissance de la marche à suivre.



NI SHOW NI BUSINESS

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LOCA Text: D!MO Layout: Pimpact.ch

Ou le dernier mot des Gangs

Le destin peut parfois être une garce. Le 2 septembre dernier, près d’un mois avant la sortie de son film-documentaire La Vida Loca, criant d’humanité et relatant une réalité à vous glacer le sang (la vie des gangs salvadoriens), Christian Poveda, alors âgé de 54 ans, est retrouvé mort assassiné, le corps criblé de balles. C’est un bien triste sort pour un homme qui a su mettre le doigt là où ça dérange, victime d’une honnêteté hypocritement encouragée, mais en vérité encore et toujours condamnée au silence.



Le Salvador: royaume du gang à l’américaine

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Petit pays peuplé de 5,8 millions d’habitants seulement, le Salvador aurait eu toutes les qualités pour figurer au hit-parade des cartes touristiques. Il en va tout autrement dans la réalité. Coincé entre le Honduras et le Guatemala, ce petit état paie encore la lourde facture d’une guerre civile dévastatrice, ayant balayé plus de 100’000 de ses citoyens entre 1980 et 1992. Pour alourdir encore l’ardoise, les gangs salvadoriens y règnent en maîtres et ne suivent qu’une seule loi: celle du meurtre. Ainsi, la Mara Salvatrucha et la Mara 18 se livrent une guerre haineuse et sans merci qui dure maintenant depuis plus de trente ans. Lourd bilan à tirer quand on se demande s’ils en connaissent encore la raison… Rien que pour l’année 2008, l’Institut de Médecine Légale recensait 3174 homicides, ce qui correspond à un taux de 92 homicides par 100’000 habitants, plaçant ainsi le Salvador au rang de détenteur du record de l’Amérique latine. Rien que ça ! Encore plus sordide, il n’est que deuxième

mondial en ce qui concerne la tranche des 15-24 ans. C’est dans les années 1970, aux alentours des banlieues de Los Angeles, que l’on peut remonter à l’origine de ces bandes. Alors que des milliers de Salvadoriens fuient leur pays en guerre, les jeunes adolescents pauvres et souvent livrés à eux-mêmes puisent dans l’unique possibilité d’intégration: le macabre recrutement au sein de gangs ultra - violents. La montée en puissance de ces derniers alarme rapidement les autorités américaines qui, une fois la guerre terminée, se chargent de les renvoyer dans leur pays. De retour au bercail et au lendemain d’une guerre ayant laissé le pays sans dessus-dessous, ils trouvent un terrain plus que propice à l’implantation d’une forme de gang à l’américaine.

Le gang: à la vie mais surtout à la mort On les appelle plus communément les Maras, terme faisant référence aux Marabuntas, ces fourmis qui détruisent tout

sur leur passage. Ces jeunes que l’on nomme pandillos sont pour la plupart d’entre eux des orphelins. Ayant grandi dans la violence durant leur courte enfance, ils sont rapidement élevés au rang d’adulte et flirtent avec la mort comme vous et moi mangeons une tartine chaque matin! Ces clans n’ont pas d’idéologies, aucune revendication politique ni même de différend religieux. Souvent certains membres parlent de famille et les adhérents y voient clairement un moyen de fuir celle qui les a foutus en l’air. Ainsi l’effritement de la cellule familiale initiale alimente fortement la seconde. Ce qui est encore plus intéressant c’est que la plupart de ces jeunes sont orphelins d’un voire de deux parents. Et alors même qu’ils intègrent un gang dont le taux de mortalité ne dépasse pas les 25 ans, tous sans exception font à leur tour des enfants : « le problème, c’est qu’en risquant de mourir à chaque instant ou d’être envoyé en prison pour plusieurs années, ils re-forment à nouveau des orphelins. C’est un cycle sans fin. » explique Christian Poveda. Mais voilà, le forfait


reste alléchant, le gang paie pour tout: ton entretien quotidien si t’es en tôle, celui de ta famille si tu t’es fait descendre et le CV criminel de ces sauvageons a de quoi vous scotcher sur place. Quand on voit la bouille de certains de ces bambins, on a peine à croire qu’ils pourraient vous exploser la cervelle en vous regardant dans les yeux… et pourtant! Pour ne parler que de leurs rites initiatiques, les jeunes « disciples », sexes confondus, doivent supporter un passage à tabac de trente secondes sans répliquer.

faits d’armes, le nom de sa mère et de ses enfants. Dans un tout autre registre, le tatouage peut aussi avoir la vocation de punir. Le membre qui n’aurait pas assumé ses fonctions ou déçu pour quelques raisons que ce soit son gang, peut se voir tatouer ’de force’ un nouveau signe d’appartenance, bien plus visible cette fois (sur toute la figure par exemple). Il est donc facile pour le gang adverse de distinguer cette appartenance : celui qui porte une telle marque devient alors une cible ambulante.

Le tatouage: stigmate qui condamne de lui-même

L’exemple le plus atroce de cette punition est sans aucun doute l’histoire de cette jeune membre du gang qui, alors qu’elle était en mission avec un autre membre pour tuer des gens du gang adverse, s’est dégonflée au moment de faire feu. C’est le mec en face, lui aussi armé, qui tue le compagnon avec qui elle était. Sa punition est lourde de conséquence : elle s’est faite tatouer un 18 sur tout le visage. Poveda en explique l’horreur : « C’est terrible parce que c’est une espèce de condamnation à

Comme tout tatouage, il y a évidemment un signe d’appartenance qui est revendiqué à travers ceux des maras salvadoriennes. On verra donc pour la mara 18, le chiffre exprimé sous toutes ses formes; pour la mara Salvatrucha, un MS sous ses diverses typos. De manière plus générale, le tatouage raconte la vie du marero: ses hommages à ses compagnons (une larme ou un RIP pour chaque ami perdu), ses

court terme : elle ne peut rien faire ni aller nulle part. Elle est enceinte de sept mois et elle passe ses journées enfermée dans une maison. C’est comme si elle était en prison ! » Du côté de la loi cette fois, ces traces sont aussi devenues synonymes de condamnation à la prison. Depuis son entrée à la présidence en 2003, Ricardo Maduro a lancé l’opération Mano Duro en vue de diminuer la violence des gangs. Ainsi, un tatouage peut donner lieu à une peine de 9 à 12 ans pour association de malfaiteurs. Comme on sait que trop bien qu’une répression est une réponse insuffisante à une violence engendrée par l’exclusion, son plan n’a fait qu’envenimer la situation et n’a donné lieu à aucun apaisement. Au contraire, les maras se font à présent plus discrètes et recrutent encore de plus en plus jeune. La multiplication des représailles de la part des polices et milices censées les aider depuis l’adoption de cette loi anti-maras n’aide pas. Et malgré le fait que cette loi soit considérée comme


anti-constitutionnelle et en contradiction avec plusieurs traités internationaux, elle est encore en vigueur aujourd’hui.

Jamais sans le clown Le clown est très important chez les gangs. Tous les membres possèdent au moins un clown tatoué sur leur corps. Alors pourquoi ce phénomène ? « Parce que le clown, c’est l’homme qui rit, c’est l’homme qui pleure. C’est la joie et la tristesse » nous explique Poveda. Les membres du gang s’identifient totalement aux clowns et certains le sont même pendant la journée. Ainsi ils animent des anniversaires, font rire les enfants lors de fêtes quelconques. Ce qui est terrifiant dans l’histoire, c’est que ces mêmes personnes se re-transforment en de terribles machines à tuer le soir même…

Une vie sans la Mara

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Souhaitée par beaucoup, elle est quasi

impossible. Quitter son gang en vue d’une réhabilitation dans la société est malheureusement souvent synonyme de mort. Plusieurs raisons: hors de son gang, un ex pandillero devient une proie facile pour les autres clans qui n’attendent que de l’éliminer. Le tatouage étant à nouveau un signe plus que distinctif pour reconnaître son appartenance. S’il décide de collaborer avec les autorités ou doit des dettes à son clan, son destin n’est pas mieux tracé parce que c’est son gang qui risque cette fois de se faire un malin plaisir à le liquider. Enfin, pour les plus chanceux (on pense donc à ceux qui ont `réussi’ à échapper aux deux premières alternatives), leur avenir n’est pas plus assuré: considéré comme un ‘pestiféré’, il sera très vite confronté à une série d’obstacles lui empêchant de trouver un travail (de plus en plus, on demande à la personne de se déshabiller à l’entretien d’embauche !). À nouveau les tatouages y sont très probablement pour quelque chose… Que dire alors si ce n’est que le sacerdoce d’un Pandillero revient tragique-

ment à signer son arrêt de mort avant 25 ans. Le seul moyen de rattachement semble être la figure de Dieu, omniprésente dans les esprits de ces jeunes tueurs. Et c’est d’ailleurs souvent au sein d’une église qu’ils peuvent espérer un nouveau départ (même si leur passé ou la police finissent toujours par les rattraper…).

Christian Poveda : un porte-parole injustement puni Passionné par son métier de photographe et de réalisateur, Christian Poveda avait consacré ces cinq dernières années aux maras salvadoriennes, devenues pour lui un sujet de prédilection. Il décide alors d’en réaliser un documentaire (le premier sur la mara 18, le second devait se pencher sur sa rivale, la mara Salvatrucha). D’une réalité déconcertante, il le réalise non pas pour produire un film sur les gangs mais pour comprendre et rencontrer des jeunes qui les intègrent, connaître et y voir l’aspect humain: « Je voulais essayer de comprendre pourquoi des enfants de 12 ans


intègrent un gang et deviennent des assassins» explique-t-il lors d’une interview réalisée un jour avant son assassinat. Ne croyant pas à l’enfant né tueur, il décide de s’intéresser aux causes de ces comportements: «il faut comprendre pourquoi afin d’agir contre». Le film aura demandé seize mois de tournage à plein temps. Il aura débuté le 28 février 2006 et se sera terminé le 28 mai 2007. En totale immersion dans le gang, Christian Poveda affirme avoir eu dès le début des intentions et des points de vue bien déterminés même s’il ne savait pas ce qu’il allait filmer ni avec qui. Ce qui l’intéressait avant tout, c’était «la marginalisation des jeunes avec la violence pour conséquence». Invitant implicitement les autorités à s’alarmer sur cette réalité, il était convaincu que «la répression était la pire des choses pour résoudre les problèmes de violence juvénile» et qu’il fallait absolument trouver d’autres solutions. Concernant sa liberté filmographique au

sein du gang, il affirme n’avoir reçu aucune restriction des ‘chefs’. Il explique également ne pas s’être intéressé à la guerre entre les deux factions rivales surtout à cause des implications que cela pouvaient engendrer: « Je ne voulais pas être la cause du meurtre de quelqu’un. Je savais qu’ils pouvaient aller assassiner quelqu’un pour que moi je puisse le filmer. Donc, par principe déontologique, dès le début du film, je m’étais interdit de me lancer dans ce genre d’opération. La violence filmée n’était pas du tout nécessaire. Je pense que les morts du film parlent d’elles-mêmes, ce n’était pas nécessaire d’en montrer plus. Je n’ai pas cherché à faire un film sensationnaliste». Le film, une fois réalisé, a été projeté gratuitement et la plupart des membres du gang l’ont vu. L’un des ‘chefs’ ira même jusqu’à dire: «Tout y est, il n’y a rien à redire». L’effet est double: non seulement les membres savent que leur raison d’intégrer le clan est avant tout sociale,

mais les Salvadoriens, eux, sortent de la projection avec un nouveau point de vue: ils se rendent compte qu’ils ont été dupés sur le problème des gangs dont ils ignorent tout. Enfin ils réalisent que ces jeunes que l’on présentait comme des monstres sont ni plus ni moins des adolescents. Des adolescents qui sont devenus dangereux et extrêmement violents. Mais avant tout des adolescents. La mort de Christian est encore aujourd’hui bien mystérieuse. Plusieurs thèses sont avancées. On retiendra toutefois celle des copies du film vendues sur le marché noir. Les membres de la mara 18 y ont alors vu un moyen pour Poveda de faire un paquet d’argent sur ‘leur’ film. Le réalisateur venait d’être mis au courant, il croyait avoir réglé le malentendu avec les membres dirigeants du gang. Il faut croire que ces derniers ont tout de même eu le dernier mot…


BERLINPINPIN SOCIETY

FRIEDRICHSHAIN

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KULTUR & KONFITUR Text:D!MO Layout: Pimpact.ch

Bon y en a marre! En soirée, à un café ou encore lors d’un dîner, vous pouvez être sûr qu’il Y a toujours quelqu’un qui vous raconte son dernier week-end à…. BERLIN! ÇA EN DEVIENT agaçant. Surtout pour ceux qui n’y sont encore jamais allés. Et si d’aventure on se laisse aller à avouer que non, on n’y a jamais mis les pieds, ni le reste d’ailleurs, c’est un peu comme si on leur annonçait qu’on ne faisait jamais caca… Bon alors c’est quoi son délire à la mère Berlin? Parce que si la planète jeune a décidé de se la pêter en parlant d’elle à tout va, c’est qu’elle nous cache bien quelque chose, non? La première réponse qu’on vous donnera est à coup sûr «mais la teeeeeeuf mec! C’est un truc de malaaade!». Ok. La fête, élément essentiel dans la vie d’un 15-30 ans, ce n’est pas nouveau et puis ça doit aussi faire depuis l’époque des cro-magnons que le jeune homo sapiens sait et aime se pêter le caisson. Quoi d’autre? Les starlettes, avides de la new tendance, seront indubitablement séduites

par tout ce que l’on appelle les «fripes» et autres magasins en tout genre. Ainsi résumée, l’idée que l’on s’en fait n’est de loin pas assez glorieuse, elle s’attarde sur des critères encore trop insignifiants. Berlin ne se dévoile justement pas qu’à travers son mur, ni ses grands bâtiments qui racontent à tour de rôle une histoire encore imprimée dans les consciences, elle-même formatant en un clin d’œil le visiteur. Non, elle se cache à ses coins de rue, dans les yeux d’une vielle dame prenant son métro, ou à travers l’interaction d’un groupe rigolant à une table.



Parce qu’on est le visiteur, on est forcément obligé de se demander comment ils ont vécu le mur. Parce qu’un mur sépare, on se pose toujours la question si la personne assise en face de nous était de l’Ouest ou de l’Est. Parce qu’un mur divise, on se demande comment une fois tombé, deux mondes, séparés pendant 28 ans et ayant vécu dans deux régimes différents, puissent à nouveau coexister de la sorte. Enfin, on est ébahi parce que ça marche, et ça marche même du tonnerre!

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Berlin, c’est ça. C’est une ville divisée puis réunifiée. À croire que c’est devenu un leitmotiv, les gens peuvent être unis dans leurs différences. Marcher dans la rue avec une crête d’iroquois, un caniche en peluche attaché au bout d’une laisse, ou un entonnoir sur la tête, ce n’est pas un problème: les Berlinois ne jugent pas. Le look et l’apparence ne semblent pas être aussi importants que chez nous. A croire qu’ils ont compris, eux, qu’il y avait des faits plus essentiels dans ce monde…. L’une des choses les plus touchantes dans cette ville est le besoin, on serait tenté de dire vital, de se sentir réuni. Il y a donc comme une

multitude d’endroits où les gens peuvent se retrouver: des grands espaces, des places, des marchés et… un karaoké! Venir à Berlin, c’est une chose ; voir le karaoké géant en est une autre…. Chaque dimanche, pendant le marché de Mauerpark, vous avez le loisir d’aller assister à un karaoké des plus surprenants. Vous prendrez place (s’il en reste) sur les gradins de ce demi amphithéâtre. Vous aurez ainsi rejoint les 1000 autres personnes assises comme vous et prêtes à supporter celle ou celui qui s’apprête à chanter. Ici, on ne vante pas les prouesses d’une star, on applaudit parce que Monsieur ou Madame tout le monde a eu le cran d’y aller. Et quels applaudissements! A vous sortir la larme! Donc c’est bien joli de nous bassiner avec le mur mais rendez-vous compte: l’effet Berlin ce n’est plus ça! Ce que l’on veut maintenant, ce qui nous dope, c’est l’influence du mur sur nos consciences. Comme une empreinte de vintage, nous revendiquons les vieilles fringues qui nous replongent dans un décor qui n’est plus. A tous les Ostalgiques (nostalgiques de Berlin-est), l’ère de l’avant-mur est à la mode…

Balades gratuites à Berlin Text: Sandra Imsand

Pour découvrir une ville, même très étendue comme Berlin, rien ne vaut les deux grands membres qui nous ont été livrés à la naissance en-dessous du bassin. Les jambes quoi. C’est en se baladant à pied qu’on a le plus de chances de humer l’ambiance d’une ville, de se perdre dans ses ruelles tortueuses, de lever le nez pour admirer l’architecture sans risquer d’emboutir la voiture de devant. Les balades, c’est le pied, quoi ! (navrée pour le mauvais jeu de mots). Une société l’a très bien compris et propose aux touristes en goguette ou aux férus d’anecdotes rigolotes des balades guidées gratuites à travers la capitale de l’Allemagne. Mais oui, pour pas un rond (enfin, on

donne quand même un pourboire au gentil guide qui a bien fait son boulot), on peut découvrir à pied les plus beaux et intéressants coins de Berlin. Mais comment ça marche ? Sandeman, la fameuses société qui a eu l’idée de commercialiser ces balades à pied gratuites, embauche des étudiants en histoire, généralement anglophones, passionnés de la ville et pas contre l’idée de se faire quelques sous. Ces guides improvisés mettent des annonces dans divers lieux stratégiques (les auberges de jeunesse, les hôtels tendances, les cafés et bars branchés, bref, tous les lieux qui pourraient attirer des personnes alléchées par l’idée de découvrir Berlin à l’œil) et donnent des rendez-vous tous les jours à heures fixes dans un lieu


donné. Tout le monde et le bienvenu. Ensuite, quand ils ont réuni leur groupe de touristes, ils immortalisent le moment à l’aide d’une petite photo de groupe. En fait, cette photo servira de moyen de paiement à Sandeman. En effet, les guides ne sont pas payés pour leur travail, mais doivent au contraire verser 1,50 Euro par touriste à la société qui les emploie. D’où l’utilité de la photo-souvenir du groupe, qui permet à Sandeman de compter le nombre de personnes baladées à travers la ville. Après cette formalité, place au fun. Pendant près de 3 heures, les étudiants-guides font découvrir les plus beaux endroits de Berlin, sans lésiner pas sur les anecdotes historiques, sociales et culturelles. Toujours intéressantes et parfois croustillantes, ces petites histoires ont pour but de faire vivre Berlin au-delà de ses façades classiques ou underground. Est, Ouest, tout y passe. Car si cette ville a marqué l’histoire, c’est grâce à ses habitants, résidents permanents ou juste de passage. Et c’est exactement ce que ces guides proposent de découvrir. A la fin de la visite, il est de bon ton de laisser un pourboire (selon ses moyens, évidemment). Comme cette somme à bon plaire est son seul moyen de paiement, le guide se sera démené pour faire une super balade bien documentée et passionnante. Et on n’aura qu’une seule envie : y revenir. Alors à votre bon cœur messieurs, dames ! Vu le succès rencontré par ces balades à Berlin, Sandeman a reconduit la recette dans plusieurs autres villes européennes. Il est ainsi possible de promener ses guêtres gratuitement à Londres, Edinburgh, Dublin, Amsterdam, Munich, Hambourg, Prague, Paris, Madrid, Jérusalem. et bientôt Bruxelles et Tel Aviv viendront compléter l’offre. www.newberlintours.com rendez-vous tous les jours 11h près de la porte de Brandebourg, en face du Starbucks. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, un guide nous y attend pour 3 heures de folles aventures.


La Trabant, la renaissance d’un symbole.

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Micha, Bert ou encore Olga. Voilà les petits noms affectueux que les Allemands de l’Est donnaient à l’autre membre de la famille, la mythique Trabant. En effet, même si elle était critiquée pour sa carrosserie en matière synthétique, la puanteur de ses gaz d’échappement ou sa vitesse d’escargot (120km/h au maximum et encore, toute la voiture menace de se décomposer à cette vitesse), la petite voiture reste quand même intimement liée à la vie de la RDA. Car il s’agissait notamment de la seule voiture que les Allemands de l’Est pouvaient espérer s’offrir à l’époque. Et encore, à condition d’être patients. En effet, la liste d’attente pour ces voitures pouvait atteindre 10 à 15 ans. Sortie pour la première fois de son usine à Zwickau, en Saxe, en 1957, la Trabant a été commercialisée jusqu’en 1991, soit deux ans après la chute du mur de Berlin. Pendant ces 34 années de production, près de trois millions d’exemplaires ont vu le jour. Beige, bleu ciel, vert olive ou encore rose bonbon. Il y en avait pour tous les goûts. Mais aujourd’hui, seules quelques dizaines de milliers de ces voitures sont encore immatriculées. Si la plupart des habitants de la RDA se sont empressés de se débarrasser de leur Trabi dès qu’ils en ont eu les moyens (en symbole de leur liberté enfin retrouvée), il reste que la petite voiture fait un retour en force ces derniers temps. L’équipementier IndiKar et le fabricant bavarois de modèles miniatures Herpa ont décidé de ressusciter la pétaradante Trabant dans une version électrique. La « Trabant nT » ou « new Trabi » conservera les

formes carrées de sa vénérable ancêtre mais sera équipée de panneaux solaires sur le toit et de toutes les connexions nécessaires pour le GPS, le téléphone portable et l’iPod. Un modèle bien plus écologique que son puant prédécesseur. Et ça, c’est une bonne nouvelle. Si le prototype a été dévoilé au Salon de l’automobile de Francfort en septembre, une éventuelle commercialisation n’est pas assurée. En effet, IndiKar et Herpa cherchent encore des investisseurs prêts à financer le projet. Autant dire que ce n’est pas joué avec la morosité de la crise. L’idée a commencé à germer en 2007, quand Herpa, qui a acquis les droits de la Trabant après la chute du Mur, a constaté que son modèle miniature avait été vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. De plus, un sondage mené la même année a permis de démontrer que 93% des Allemands soutiennent l’initiative d’une Trabant moderne et beaucoup se sont dits prêts à en acheter une. Autre signe du renouveau de la Trabi: des rassemblements annuels de nostalgiques qui se tiennent régulièrement en Allemagne. De plus en plus de collectionneurs, fans et curieux, y assistent. A Berlin, des safaris en Trabant sont également organisés. Une file de Trabi multicolores défilent à la queue-leu-leu dans la ville afin de visiter les attractions touristiques. Ces tours originaux attirent des milliers de visiteurs chaque année. Quand on vous disait que la Trabant faisait de la résistance… La Trabi est morte, longue vie à la Trabi !


Les envers du Checkpoint Charlie Pendant les années du mur, les checkpoints (points de contrôle) étaient des lieux névralgiques de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, des lieux d’attente, de fouilles parfois humiliantes. De peur à l’idée d’apporter quelque chose d’interdit de l’autre côté, beaucoup de Berlinois gardent des souvenirs traumatisants de ces checkpoints, où il fallait s’acquitter de la somme extravagante de 25 Deutsche mark pour traverser le mur. Au nombre de trois (numérotés selon l’alphabet radio international Alpha, Beta et Charlie), le plus connu d’entre eux, le Checkpoint Charlie, est toujours debout. Il reste le témoin de cette période douloureuse de l’histoire, mais aussi (et surtout), il est un piège à touristes. Touriste, prends garde! Car si le Checkpoint Charlie constitue une visite intéressante pour découvrir la ville, il n’est pas vraiment conforme à la réalité historique. Et ce, pour plusieurs raisons: 1) Le fameux panneau quadrilingue. Que celui qui ne l’a pas vu au moins une fois en photo lève la main. Ce fameux panneau en métal blanc où il est inscrit « Vous quittez le secteur américain » en quatre langues différentes, fait l’effet de nombreuses illustrations sur les cartes postales et les posters. Il est le symbole du passage entre l’est et l’ouest. Et évidemment, il trône fièrement sur la place pour que chacun puisse l’admirer. Gratuitement en plus. Sauf que… ce n’est pas l’original. Ce dernier se trouve dans le Musée du mur, où l’entrée coûte la somme coquette


de 9,50 Euros. Alors oui, le Musée est très intéressant et justifie pleinement une visite, mais bon... 2) zLes photos des soldats. D’un côté le visage d’un soldat américain, qui fait face à la partie Ouest de la ville. De l’autre, le visage d’un soldat russe, tourné, lui, vers la partie Est de la ville. Ces visages en symbolisent la séparation. Sauf que… La personne qui représente la Russie devant le monde entier n’est pas russe. Il s’agit d’un étudiant allemand qui s’est fait un peu d’argent de poche en posant en uniforme russe pour une agence de publicité. Jamais il n’avait été prévenu que sa photo finirait placardée en format géant dans un des coins les plus touristiques de la ville. Autre couac, et de taille, l’uniforme du « soldat russe » ne correspond pas à ceux que por-

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taient à l’époque les Soviétiques. Gloups... 3) Les faux soldats qui posent pour les touristes. Alors, on est d’accord, l’idée est sacrément bonne pour se faire rapidement de l’argent. Tout autour du checkpoint, des figurants en uniformes d’époque posent avec des touristes pour rendre cette visite plus authentique. Chaque clic coûte 1 Euro. Un joli souvenir, une jolie photo, que demander de plus ? Sauf que… les uniformes des figurants ne correspondent pas à la réalité de l’époque. En effet, les médailles arborées par certains de ces « soldats » n’existaient pas encore à cette époque, ou alors n’existent tout simplement pas. Des raisons, il en existe beaucoup d’autres. En conclusion, une visite au Checkpoint Charlie, c’est bien. mais jouer au pigeon, pas question !

Mœurs sexuelles à Berlin Ah Berlin ! Le Reichstag, le Mur, la porte de Brandebourg… Tous ces monuments historiques sont indétrônables et indissociables d’une visite de la capitale allemande. Mais derrière ces façades polies qui cachent la grandeur ou la folie humaine, se dissimule un aspect bien moins connu de l’histoire allemande. A savoir les mœurs sexuelles débridées des Germaniques. En effet, alors que dans les années 30, les Européens s’inquiétaient de voir le petit Adolf moustachu monter en puissance, les lubriques Allemands étaient occupés à d’autres choses (si vous voyez ce que je veux dire…). Ainsi, une rue située dans la partie qui allait appartenir par la suite à l’Allemagne de l’Est, a abrité pendant près d’une vingtaine d’années les envies les plus insolites, débridées et folles. Parmi la multitude de « clubs privés » qui bordaient cette rue, fréquentée par toutes les couches sociales de la population, un se détachait très nettement. Le Shiva. Car il avait la particularité de proposer à sa clientèle tout (et tout, ça veut vraiment dire tout) ce qu’elle pouvait désirer. Dans diverses petites salles sombres et disséminées à travers la grande bâtisse prussienne d’apparence si sage se

sont révélés les vices les plus inavouables du siècle. Le client qui avait les moyens de s’offrir ses rêves les plus fous, pouvait passer commande auprès des propriétaires du Shiva. Ainsi, il n’était pas rare de voir des femmes exotiques, des handicapé(e)s ou alors de tous jeunes enfants (beurk, beurk, beurk) franchir les portes du club pour répondre aux désirs des hommes aisées de la bourgeoisie allemande. Si le Shiva était connu pour dégotterles créatures les plus originales pour ses clients, la zoophilie était le service par excellence apprécié par dessus tout. Alors passons les histoires de chèvres, ânes, chiens et autres animaux domestiques ou exotiques qui ont égayé les nuits polissonnes et lubriques des clients. On ne va pas vous faire un dessin non plus. Mais on aimerait quand même revenir sur la spécialité du Shiva, « l’innocence flambée ». Alors les âmes sensibles et les personnes qui sont en train de manger sont priées de tourner la page. Ce qui suit risque fort de les dégoûter. Pour les autres, voilà la description de ce service plutôt… particulier. Les hommes intéressés par « l’innocence flambée » pouvaient choisir une oie blanche et bien grasse (symbole de l’innocence) qui éveillait leur


appétit. Ensuite, dans une chambre isolée et tendue de toiles blanches, ils calmaient leurs ardeurs avec le volatile. Au moment de la jouissance, le client s’emparait d’un sabre et décapitait la pauvre oie. Le sang giclait de partout, c’était très théâtral et un peu dégoûtant. Mais ce n’est pas tout. Puisqu’il ne faut pas gâcher la nourriture, l’oie était déplumée et cuite afin que le client (après s’être douché et rhabillé, faut pas exagérer quand-même) puisse la déguster. Une espèce de rituel de chasse sexuel, en sorte. Le Shiva a été fermé en 1940 car même si les Berlinois avaient l’esprit ouvert, faut pas exagérer quand même…

Voici quelques uns des temples “subversifs” de l’Ostalgie, que vous pourrez visiter à Berlin: - Le Tagung: indéniablement le lieu ostalgique par excellence. Au milieu d’une des rues les plus animées de Friedrichshain, le Tagung est planté là, apparemment immuable et inchangé depuis 30 ans. Wühlischstrasse 29 / Friedrichshain / U S Warschauerstrasse - Zur Firma: C’est la version un peu plus trash du Tagung, ouverte l’été dernier à Lichtenberg, à l’est de Friedrichshain. Normannenstrasse / Lichtenberg / U Magdalenenstrasse - Ostkost: Pour un petit shopping ostalgique authentique. Prenzlauer Berg - Mondos Arts: Baptisé d’après le nom d’une marque de préservatifs est allemande, Mondos Arts est un magasin de produits certifiés DDR. Schreinerstrasse 57 / Friedrichshain / U Samariterstrasse - Stasimusem: Là on ne rigole plus. On n’est pas là pour boire des bières ou manger des cornichons datant des années 70. On entre dans l’antre de la bête, l’ancien ministère de la Stasi, reconverti en musée. Mais on peut quand même boire un super Apfelschorle à 1€ dans l’ancienne cantine des cadres de la Stasi… - Ostel GbR, l’hôtel le plus authentiquement oastalgique berinois. 5 Wriezener Karree, 10243 Berlin, www.ostel.eu


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FASHION TO BE


blanc comme

neige Concept : GUSTAV MAGAZINE Photographer : Brine Rider Photographer Assistant : R’keal With the plesant participation of : SuperMami, Hungry Snoopy, The Devil, Bad Dragon, Schtroumpf, Alien, John Poncherello, Hairstyle : Falke Support Make up : Falke Support Left to right : robber 1 Sweat Nike - Shoes Nike Air Force 1 Low Premium robber 2 Sweat Billabong - Shoes Nike Court Tradition LT MID robber 3 Dress Red Dragon - Shoes Feiyue - Hand Bag James Piatt


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Left to right : robber 1 Jacket Rip Curl - Shoes Nike Air Force 1 Low Premium robber 2 Jacket Rip Curl - Boots DC robber 3 Sweat Keetch - Shoes Adidas Aditennis Hi



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Left to right : robber 1 Jacket DC - Shoes Adidas Superskate robber 2 Sweat Famous Ape - Shoes Converse robber 3 Sweat Levi’s - Shoes Converse - Sunglasses Spy robber 4 Sweat Skank - Shoes DC x UNKL robber 5 Sweat Nike - Shoes Adidas Originals



LAS VEGAS MODE PARANO fASHION TO BE

OU LE RECYCLAGE DÉSABUSÉ

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Texte : D!MO Layout: R’Keal

un carnet si tu veux, mais tu ne passes pas commande et tu-ne-tou-che-pas». La différence entre un « Magic » à Las Vegas et n’importe quelle autre salon en Europe c’est, comme on vient de le dire, sa taille, mais aussi ce qu’il nous offre. Si dans d’autres salons, la Streatwear sera séparée de la technique, aux USA on met le tout ensemble. Ainsi, ce que tu cherches, tu trouves. Et pas difficile de repérer les grandes marques, les stands ne sont pas grands mais monstrueux. Parfois même, les plus prétentieux attireront l’œil curieux par de jolies femmes et leurs attirantes plastiques, d’autres plus «mécaniques» feront du charme en exposant les plus gros camions, scintillant de toutes parts. Un mot d’ordre une fois de plus: «let’s show off». On comprend mieux pourquoi le salon se déroule à Las Vegas. Deux raisons: la plus évidente, Las Vegas, ça pète. Le mal de tête est garanti si vous restez trop longtemps sous les spots qui vous agressent la rétine en permanence. La moins évidente, la taille du salon et le nombre de gens que ce genre de manifestation brasse. Quoi de mieux qu’une salle de congrès dans Le « Magic », c’est environ six fois le Pa- une ville qui PEUT accueillir et loger un nomlexpo. Le «Magic» c’est des stands à perte bre incalculable de visiteurs. de vue qui étalent de toutes parts ce qu’ils considèrent être la tendance de demain. En Cette année ne fut pourtant pas un millésime gros, et pour les plus politiques d’entre nous: comme les autres. Plusieurs causes, dont une un G20 en matière de style. Et cela pendant qui s’impose : la crise. Qui donc aurait le trois jours. Vous vous baladez donc dans les temps d’aller déambuler dans le berceau du allées, au gré de vos envies et de ce que style quand les caisses sont vides?! Même vous pensez être en vogue dans une année. les stars se font rares, (tiens! elles rament Mais attention, vous n’avez pas de caddie à aussi?!?). Du coup, on en ressent les effets la main, non non. Il ne s’agit pas de faire du sur les articles et la mode. Ceci étant dit, shopping. En gros, les frustrés s’abstiendront la tendance cette année, on vous le dit: le parce que ici «tu regardes mais tu ne touches recyclage désabusé. Oui, deux mots. Prenez pas; tu en prends de la graine, le notes sur les quarante dernières années, retenez ce qui Vous aimez la mode? Ce qui vous branche, c’est la nouveauté? Alors Bienvenue à Las Vegas. Le «Magic» vous ouvre ses portes et vous propose ses dernières innovations en matière de style. Attention, les amateurs restent à la sortie, car pour faire partie de l’élite, il vous faut en gros une carte de membre. Trois possibilités: soit vous vous êtes préalablement munis d’un papier justifiant votre lien à la mode (responsable d’un magasin ou représentant d’une marque), soit vous êtes journalistes et devez pondre un papier sur les dernières tendances, soit encore vous êtes une star, possédez un paquet de tunes et dans ce cas, comme dans tous les cas d’ailleurs, vous pouvez évidemment entrer. Et attention, n’essayer pas de jouer les plus forts, parce que les caïds à l’entrée montrent très vite les dents. Eh oh, on ne badine pas avec la mode…


les a plus caractérisées tant au niveau de la couleur que de la forme, additionnez le tout et vous aurez la tendance 2010. Plus simple qu’une recette de Betty B!

essentiel. Avec cela, des talons compensés et une coupe de cheveux à la Gwen Stefani (si vous ne voyez pas, c’est la franche remontée qui forme une bosse). Les cheveux sont bien évidemment blonds décolorés. Mais alors, un mouvement solidaire envers les «pétasses-classes» se serait-il engagé?! Enfin, ce qui nous aura surpris, c’est l’accessoire par excellence de ces dames: le tatoo. Pas n’importe lequel: le tatouage une fois de plus désabusé. On vous explique: la charmante jeune femme ne se pavanera plus avec une gentille petite fleur sur l’épaule mais avec une prairie sur tous le dos et les bras. Concernant les couleurs, on parle bien des couleurs «panneau de signalisation». Impossible donc à le catégoriser: il est neuf ni dans le dessin ni dans les spots où on le pose. Il est juste PARTOUT! Le cœur, l’abeille et la petite fleur ne sont pas ringards, au contraire. Ils doivent juste être abusifs dans leur expression. Voilà donc une bien belle représentation d’un paradoxe: une dame couverte de tatouages dégoulinant d’innocence, ce qui ne vaut pas dire qu’il faut se fier à l’emballage…

On retiendra donc le «Jerk». Ce style se travaille par strates. On vous explique: à chaque niveau, une décennie de mode. Donc, le chef se couvre d’une cap bien flat version année 2000. Les T-shirt seront non pas larges et longs mais serrés et passablement courts. S’ajoute à cela un énorme logo et une couleur bien flashy version année 90. Le pantalon, un jeans. Banal. Attention, bien moule-bite et bien carotte. Un slim quoi! Et le top du top, c’est de se le procurer en rouge, vert, ou violet, en buggy s’il vous plait. Le ridicule ne tue pas les amis, il déchire! Concernant les shoes, on oublie vite fait bien fait les petites plates, toutes fines. On ressort la bonne vieille pair de Nike montante «Dunk» des années 80 et le tour est joué. Du côté des accessoires, à ne pas manquer les RayBan, ou si vous êtes des vrais de vrais, on vous enviera d’avoir oser porter la paire de lunettes comme on en fait plus: un doux mélange entre le look startrek associé au fluo. Enfin, Que rajouter? Courez à vos armoires et déil est de rigueur de porter la plus grosse des sabusez-nous cette mode non de non! chaînes bling bling autour de votre coup. Laisser brièvement mariner et c’est prêt. http://www.youtube.com/watch?v=31lGfrcmMQA http://www.stylewars.com/index2.html

Au rayon femmes, il en va tout autrement. http://www.be-street.com Toujours dans la perspective d’un recyclage http://www.myspace.com/newboyz exaspéré, ces dames font fort en retournant encore plus loin dans le temps. Si vous voulez faire tout juste, il vous faudra donc vous procurer une robe des années 40! Oui oui vous nous avez bien entendus! La belle coupe vintage de la robe s’arrêtant juste au-dessous des genoux. Bien moulante, le décolleté est


FREERIDE ATTITUDE

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F Il existe des gens qui marnent toute leur vie pour espérer mettre un jour leurs petits sous de côté. Il existe des gens qui n’en foutent pas une de toute leur vie et qui sont bien, fauchés comme ils sont. Il existe des gens qui rêveraient de vivre de leur passion. Enfin, il y en a qui semblent ne rien foutre parce que c’est justement de leur passion qu’ils vivent, et des petits sous, ils en ont plus qu’assez pour en mettre de côté ! Ces gens-là ? Ils sont au nombre de deux et s’appellent les «Cycle Zombies». Que vous le croyiez ou non, ces rares spécimens peuplent bien notre planète. Et Mesdames, à vous de les repérer rapido parce qu’ici, la rédac a déjà lâché son grappin affamé sur ces deux-là! La bouille est fraîche, le regard coquin et le corps bien appétissant, bref de quoi n’en faire qu’une bouchée. Et que font-ils de leur journée? Et bien, ils surfent, ils skatent et font de la motocyclette. La belle affaire! Si vous voulez vous mettre encore plus méchamment en appétit, du mignon, il y en a non pas un mais deux! Le premier porte le doux nom de Scotty, le second Turkey, et

tous deux sont de la famille Stopnick (et pas de mauvais jeu de mots à faire ici, bien au contraire!). Ayant grandi au bord de la plage, ils cultivent évidemment ce sport de glisse aquatique qui n’existe que pour avoir les cheveux blonds, des marques de sioux-crème-solaire, et le plus important : appâter les jeunes filles qui se prélassent en bikini. Premier point de marqué . Mais ce n’est pas tout : si vous n’êtes pas avides de ce genre de beaux-gosses, ils ont un joli petit niveau de skate. Mais attention: à la old school comme le veut la mode. C’est donc dans les mini-rampes installées dans les backyard des potes -dont un barbu ma-

gnifique de par son style et sa nonchalance attitude- qu’ils s’exercent. Enfin, si vous faites vraiment vos difficiles parce que les deux sports mentionnés ne vous provoquent aucune érection mammaire, on vous précisera que ces jeunets se déplacent en…. moto! Mmmhhh, enfin on vous touche. Et attention, il y a moto ET Moto: ce sont des monstres, des bêtes, du style en concentré, un bijou du détail mécanique. Quand ils nous invitent chez eux, c’est dans leur garage qu’ils nous accueillent. Leur garage c’est LA pièce de la maison. D’accord, on reconnaîtra le peu de tact ou de


CYCLE ZOMBIES

Hi-shredability ou la bogossitude

Text: D!MO Pics: Micheal Lallande Layout: Pimpact.ch


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romantisme de recevoir dans un garage, mais attendez de voir celui-là. Un musée n’aurait pas eu le goût du détail à ce point. Ça n’en est d’ailleurs pas un, mais plutôt une fripe géante avec des jouets partout! Vous cherchez, vous trouvez . Ainsi, en balayant la surface de vos yeux éblouis, vous ferez la connaissance d’une multitude d’objets plus aléatoires les uns que les autres. Les frangins les présentent tous avec une certaine fierté et racontent leurs histoires. On fait ainsi la connaissance de la poupée qui a perdu son corps, du fusil à billes au bout duquel est accrochée une pancarte pour handicapé (message), d’un canapé très fatigué, d’une belle palette de surfs, etc, etc… bref de quoi faire encore plus pâlir de jalousie nos amis les hommes

que le sex appeal criant de vérité des deux beaux gosses de proprio. Quant aux belles bécanes, rien de mieux que d’avoir un papa mécano qui les construit de A à Z. Il faut le reconnaître, ça réduit considérablement la facture quand on sait que les deux loupiots se prennent souvent des boîtes avec. Mais c’est quoi le deal alors? Parce que c’est bien gentil tout ça, mais on ne va pas vous dire qu’à part surfer, skater et « bicycletter », ils ne font rien d’autre. Et bien… SI ! Enfin, presque. Ils poussent aussi la chansonnette… et font de l’art. Ce qui pourrait paraître un rien indécent serait qu’ils soient rémunérés pour ça. On vous rassure, ils le sont. La maison Hurley

les a pris dans son team. Quelle catégorie? Scotty éclate de rire et répond «elle nous paie pour notre style de vie ». Ce n’est pas tout faux et même très correct d’ailleurs… Le paternel ne s’en plaint pas: «ce sont de bons enfants, et s’ils ont la possibilité de bien vivre de cette manière, pourquoi pas!». Entre nous, QUI oserai se plaindre d’une telle situation? Respect à Hurley de promouvoir de l’art de vivre sous forme des frères Stopnick : ça fait envie, c’est accessible dans le sens où l’on ose s’y identifier, et c’est diablement efficace vues le nombre de parutions qu’ils font dans le monde entier. http://www.czombieblog.com http://www.vbs.tv/watch/hi-shredability/cycle-zombiesporttitor



DOWNTOWN SHOWTOWN BY VANS

SAMEDI 12 SEPTEMBRE 2009,TURIN: LE VANS DOWNTOWN SHOWTOWN A ÉCRIT SA PREMIÈRE PAGE EUROPÉENNE.

Freeride attitude

Text: Florent Beauverd & Carim Bouzenada Pics: Florent Beauverd & Carim Bouzenada Layout: badaboum.ch

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Pour la petite histoire, la version américaine de ce mythique événement de skate se déroulait à Hollywood, avant d’établir domicile en 2008 dans les studios de la Paramount, rien que ça! Périlleuse tâche donc que d’importer cette légende sur le vieux continent. Il fallait frapper fort, très fort pour tenir la comparaison. Et pour ce faire, seul un spot phénoménal pouvait relever le défi. Le moins que l’on puisse dire est que le pari a été remporté haut la main en choisissant le toit du «Lingotto Building», qui est ni plus ni moins l’ancienne usine historique de Fiat. Connu pour son spectaculaire circuit automobile «On the Roof», il a jadis servi aux tests des premières Fiat500! Et pas que: ce bâtiment a lui aussi son lien avec le cinéma, les scènes du film «The Italian Job» avec Steeve McQueen y ayant été tournées. Rien ne semble donc avoir été laissé au hasard. Et quand on sait que le choix de Turin s’est fait au terme d’un concours interne chez Vans digne de la sélection d’une ville olympique, on se dit que l’organisation s’est réellement donné les moyens de ses ambitions. Voìla pour la question du «Où?»… Et pour régler celle du «Qui?», le même soin du détail a été respecté. Un accès limité à seulement 300 entrées, en partie remportées à l’issue d’un concours sur le site internet de l’événement, tandis qu’une centaine de places étaient distribuées aux jeunes locaux. Bref, de quoi vraiment se sentir privilégié au sommet du building. Notons tout de même que l’invitation ne dispensait pas les passionnés d’un long périple à travers la rampe d’accès jusqu’au toit, un interminable colimaçon qui te ferait lâcher plus d’un déo. Sur le toit, des modules et un bar. Derrière le bar, un type baraqué, qui sert le peuple et distribue des stickers

avec une motivation à l’américaine, attire le regard. Sa chemise plutôt : superbes fleurs hawaiiennes sur fond bleu inqualifiable si ce n’est agresse-oeil, parfait pour régler la couleur de ta télé. Cet art du décalage finement dosé, ce ne peut être que… Mais bien sûr, Monsieur Van Doren, fils du fondateur de Vans. Le cadre est posé, place à l’action. Et à ce niveau, c’est dans le plus pur esprit du skate, dans le respect des origines et des valeurs de ce sport que se place le Vans Downtown Shodown. Le concept est original et efficace: six marques invitées apportent non seulement leurs meilleurs skaters, mais aussi leur création en proposant chacune un module inédit aux organisateurs. Un format réellement à l’écoute des riders, puisqu’ils participent activement à l’élaboration de leur module. Sur ces six modules, les trois meilleurs sont retenus et fabriqués spécialement pour l’occasion. Six teams donc, réunissant la crème du skate européen (Pro et Amateurs): Alai, Trap, Blueprint, Heroin, Element et Cliché. A ce jeu, ce sont les modules de Blueprint, Cliché et Heroin qui ont le plus séduit les organisateurs. Et dans chacun des trois obstacles, on peut retrouver les préférences du team qui l’a dessiné et des similitudes avec leurs spots favoris. Les londoniens de Blueprint ont créé un curb en monté avec des plans inclinés assez secs de chaque côté, offrant beaucoup de possibilités allant du simple manual au puissant gap. Chez Cliché, on a opté pour un obstacle



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inspiré d’un spot de Lyon. Un double spine avec channel, poussant même la reproduction jusqu’à la peinture façon briques rouges. Un module lui aussi très ouvert et permettant de laisser s’exprimer plusieurs styles de skate. Chez Heroin, on ne doit pas aimer faire comme les autres. Le module est de loin le plus original, le plus trash. Un énorme wallride, surnommé wall of death par les rider du team, avec un rail qui sort sur la gauche, des poignées de handplant et un handrail totalement sorti de nulle part… Un module définitivement destroy spécialement apprécié du public. La légende vivante Tony Alva présent sur place en compagnie de Ray Barbee, avouera lui aussi sa préférence pour ce dernier module, à tel point qu’il a même pris le temps de le skater en personne… Le contest s’organise en trois jam sessions de 50 minutes par module. Un speaker de malade (Yari Copt - team manager skate Vans Suisse - proprio du skatebooard shop The Joker Shop à Lugano) lance les hostilités: «Ma, de cone test can béguine!». Aucune autre règle n’est énoncée, pour laisser la plus grande liberté aux riders. Autant dire que quand presque 30 riders rident le même module simultanément, c’est du lourd. On assiste alors à une débauche d’énergie d’une rare intensité. Les skaters se lâchent, innovent, prennent des risques et du plaisir évident. Tous ensembles, ils passent en revue tous les tricks imaginables. Raul Fernandez, juge pour cet événement, nous explique q u e

dans ce type de format, la capacité du rider à s’imposer au milieu des autres est déterminante. En dehors de ce critère, les juges cherchent le «Best Tricks» absolu, même si l’impression générale, la variété et la technicité du skater sont tout de même prises en compte. Et les riders dans tout ça? On n’a pas vu des masses de gens déçus. Tout au long de l’event, tout le monde se marre, se tire la bourre et se félicite. Pour être honnête, ça ressemble plus à un lâcher de sales gosses bien décidés à s’amuser qu’à un contest. Le speaker, avec sa voix cassée, son petit accent italien et son attitude de rocker à la ritale sur motivé est définitivement, avec le barman Van Doren à la chemisette bleue, le personnage qui a amené un … à ce contest ! Au niveau des runs, on notera qu’Alain a tué le spot de Blueprint, que chez Heroin, Chris Ault casse tout, sort des tricks de fous, s’amuse à dropper le wall qui ne doit pas compter moins de 2 mètres de vertical et qu’au milieu de toute cette testostérone en fusion, une skateuse qui n’avait pas froid aux yeux a également montré de belles choses. Le contest se termine à la tombée de la nuit. Sur scène, on retrouve les légendes Tony Alva, Ray Barbee, Paul Van Doren, son nouvel ami le speaker rocker à la ritale sur motivé, qui va même jusqu’à s’agenouiller devant lui en beuglant: «I’m rriiili fan of you mistèrre vanne Dorrren!» et bien sûr les toute mêmes jolies filles que sur les podiums de Formule 1. Ça hurle, ça applaudit… L’imposant prize money de 50’000 euros n’a pas tué l’état d’esprit du skate au nom de la compétition et c’est plutôt respectable. Respectable également la réaction du team Element: vainqueur du jour, il remporte 15’000 euros mais décide d’en partager 5’000 avec le team Trap, derniers au classement. Merci à toutes les personnes qui nous ont accueilli comme des papes, aux riders pour le spectacle et aux organisateurs pour avoir su redonner ses lettres de noblesse au skate.


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Text: Laurent MKD / Anne Laure M. Layout: badaboum.ch

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BACK TO THE ROOTS

La musique fait partie intégrante de ces éléments cycliques qui vont et viennent systématiquement, donnant le ton du moment… et de la mode. Le ton du moment est au retour du bon vieux rock & roll. Creed nous le rappelle avec son très bon nouvel album intitulé Full Circle, sortit après une rupture de plusieurs années. Les groupes inébranlables n’ont jamais vraiment disparu, malgré quelques passages à vides à l’image de KISS, qui tourne toujours et nous gratifie d’un retour aux sources qu’eux seuls auraient pu prévoir avec l’album Sonic Boom. Des come backeurs du rock perdu, il y en a des brouettes, dont Alice in Chains, digne responsable de la déferlante vague de Seattle, qui revient avec un excellent Black gives way to Blue. On tombe même dans le gros commercial avec une Rihanna qui s’attache les services d’un guitar-Hero trop longtemps oublié (Nuno Bettencourt, Extreme), pour donner du sens à son tube More than Words… avec les Black Eye Peas qui se payent le luxe de reprendre un classique de l’année 1987, le magnifique Paradise City de Guns n’ Roses avec l’indomptable Slash lui-même à la guitare (c’était il y a 22 ans les enfants...). Tout s’en va, ou tout fout le camp...

tement touchée, a vu un nombre important de ses propriétés abandonnées, et qui dit propriété dit piscines. Il y a une bonne trentaine d’années, la Californie, souffrant d’une grosse sécheresse, avait du faire de fortes restrictions d’eau et condamner les piscines. Le skate en était alors à ses balbutiements, pratiqué par des sales gosses dont la distraction favorite était de narguer les interdictions en tout genre. Cette année là, ils découvrirent le potentiel que les piscines vides pouvaient amener au skate et ont écrit une importante partie de son histoire. La Californie, dans la souffrance, venait de donner naissance au bowl. Le but du jeu était certes de droper dans ces piscines, mais aussi et surtout de le faire dans l’illégalité, de jouer au chat et à la souris avec la flicaille. Cet été, la Californie est à nouveau en souffrance et la sale (mais éco) gossitude se re-pointe vite fait, mais avec l’aide de technologies jadis inexistantes : les gps et google map. Les piscines correspondant aux critères de sélection des skaters sont ainsi bien plus facilement repérables. Des sites, dont skateandannoy.com, y répertorient les secret spots sur lesquels des petits contests sont même parfois organisés à la fresh, comme à l’époque, dont le fameux Ditch Slap ‘09 Stacy Peralta.

Le bon gros son des guitares électriques tout comme les tricks et les spots de skate et snowboard d’antan sont de retour. Ce n’est pas un scoop, c’est cyclique. La mode, elle, nous confirme que rien jamais SKATE ne trépasse, même est surtout ce que certains jugeront être un retour Dans la cathégorie skate retour vers le Basé à Fresno, Mr. Peacock, skater de 27 vintage, c’est Dog Town - Le retour. La printemps, voyage dans tout le pays avec, injustifiable du ringard… Ou pas. faute à qui? A la crise. La Californie, for- dans ses valises, une pompe, des gallons de



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benzine, des pelles et des balais. Une fois LA piscine repérée (il les préfère vieilles et ‘kidney shaped’ -shape haricot-), il s’introduit sur la propriété abandonnée, met des cônes oranges pour une apparence plus ‘officielle’ et procède au vidage, nettoyage et séchage du spot. Pour donner du sens au service publique qu’il rend à l’Etat, les graffs sont interdits, les déchets sont évacués, et tout ce qui n’est pas apparenté à la piscine sur la propriété n’est pas squatté. Service publique rendu à l’Etat? «Je fais une faveur aux communes en contribuant à la protection de l’environnement », explique Mr. Peacock. «Ces milliers de piscines laissées à l’abandon pourrissent et causent une prolifération de germes en tout genre, sans parler des moustiques. Ça devient un vrai problème. En vidant et nettoyant les piscines, je fais donc du bénévolat pour une double bonne cause.»

Ce retour aux sources a non seulement fait un tel buzz que des gars du monde entier migrent en Californie pour aller y droper de la pool, mais a aussi réveillé le life style qui allait avec et qui c’était endormi tellement fort qu’on le croyait mort et enterré: des tricks mythiquissimes comme le boneless no comply power slide sont ressortis des placard avec les bidons et les bottes plastiques… Les gros cheveux et la pilosité faciale généreusement libre font leur retour … L’escalade des palissades se



Rider: Markus Keller / Location: Leysin 2005

Rider: Elias Elhardt / Trick: Fly back flip / Location: Freestyle.Berlin

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refait tendance au nom d’une devise, leur devise: “God bless Greenspan, patron saint of pool skatin.” Magnifique. Ce retour aux sources a aussi ramené du peuple dans les bowls ricains, le skate de ‘désingardise’, l’ambiance est à la solidarité, les skate shop croulent sous les commande de vieux shapes de decks signées Dog Town… Mystifiant des déjà mythes que sont Ed Tempelton, Chris Haslam ou encore Omar Assan. Revival…

SNOWBOARD Le virus back to the roots semble également toucher le snowboard, mais nettement plus timidement. Il y a de la couleur dans la fringue et sur les boards, les pants se portent très buggy et très taille basse ou très slim et très taille basse, le bonnet Crédit Suisse est à la mode et les vieux grabs d’antan font leur retour. On remet du bone dans les tricks, le tail grab boné à la verticale en tête… Les figures interdites comme le stail fish, le back flip (qui devait bien valoir un -15 point il y deux ans), le rodéo back se refont tendance, mais ré-adaptées, stylisées. La roots attitude a même poussé certains riders à nous gratifier de magnifiques backside air ‘à la Berti’. Marcus Keller et Nico Muller font

partie des instigateurs de la carte vintage, qu’ils jouent même lors des contests, ce qui est un handicap au niveau des points parce que qui dit vintage dit peu de rotations, mais qui amène un côté moins athlète, ce qui est tout bénéf pour l’ambiance, l’identité du snowboard et pour nous, spectateurs intoxiqués par la blasitude de la performance. On a ainsi pu apprécier, sur les imposants Big Air du Freestyle.ch et du Freestyle.Berlin (avec pour décor le vintagissime ancien aéroport de Berlin version RDA nommée Tempelhof), des doublebacks, sw-double rodéo back, fly back flips style to retro… Que du bonheur. Au départ de chaque run, le rider faisant savoir au jury et au public si sa figure se veut style ou technique, il était donc possible de jouer la carte vintage sans se faire pour autant pénaliser au niveau des points. Tout bénéf pour le show donc.

Le Billabong Air & Style / 4-5.12.09 (il y a déjà eu une édition 2008) revient aux sources dans le stade mythique de Bergisel d’Innsbruck . Classé 6 étoiles par le TTR, il s’impose, avec son plus gros quarter jamais shapé, comme l’un des plus gros events de snow en Europe, et rentre dans le cercle très fermé des septs contests les plus prestigieux au monde.

Le Nescafé Champs de Leysin / 4-7.03.10: c’est le REVIVAL par excellence. Le Nescafé Champs de Leysin est le plus vieux contest sur le vieux continent avec, cerise sur le gâteau, le sponsor de l’époque. Nescafé, étroitement associé au snowboard d’antan et à son évolution 1994-2005), a décidé de revenir soutenir la discipline sur ce spot d’anthologie. Pas de slope style, mais un bon gros pipe, comme il se doit. C’est la base. Par contre ledit pipe sera aux dimensions réglementaires apposées par le TTR Les références? Encore et toujours Terje pour un 4 étoiles. Difficile de pousser la Haakonsen, et l’on se réjoui de voir Johan rootsitude jusqu’au pipounet d’antan, avec Olofson – Le retour, dans le nouveau film ses radius et verts hypothétiques. de Jeremy Jones www.nescafe-champs.ch Contests: Le snowboard fait également son come back dans les deux lieux qui ont écrit son histoire en Europe :


Rider: Terje Haakonsen / Location: Leysin 95


LA COKA NOSTRA Sale et transpirant d’adrénaline ZIK

Text: D!MO Layout: Pimpact.ch

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C’est un fait (pas unanime mais on s’en fout): si l’on nous force à avaler encore une cuillère de cette soupe au hip hop pleurnichard servie inlassablement avec des lyrics interchangeables pas bons du tout et des gangsta de salopes « indigestissimes », on re-crache ! Vous voulez de la dope musicale toute fraîche, pure, bien coupée? Ordonnez la Coka Nostra, LE menu complet à déguster sur un plateau d’argent! Balayez-y cette vieille poudre blanche qui le tâche, sniffez celle-ci, c’est de la bonne… Le beat, sale et transpirant d’adrénaline, est un ravissement gustatif pour les papilles auditives.

Après un House of Pain démantelé, plus personne n’espérait revoir un jour les trois Irlandais maigrichons et pétés à la Guinness que sont Danny Boy, Dj Lethal et Everlast. Les voilà de retour, la boille un poil plus virile. Pour parfaire leur sauce, ils nous rajoutent du gros : Ill Bill (ex membre de Non Phixion) et Slaine (ex membre de Special Teamz). Et c’est à se faire pipi dessus ! La nouvelle brigade est prête, les casseroles sont sur le feu, à taaaaable ! Sans être rabat-joie, il faut l’avouer: les Ricains savent de quoi ils parlent quand il s’agit de rap. Il faut dire qu’ils ont de quoi faire ! Dans un pays où rien ne manque et où la liberté d’expression reste un leitmotiv (mouais), quoi de mieux que d’épancher des lyrics bien sales sur tout ce qui excite. Et ça marche, l’oppression peu glamour y règne en place maîtresse! Leur premier album (cf. A Brand You Can Trust) est donc un concentré de cette verve impudique. La réalité y trouve son compte à travers une éloquence des plus osées: les molosses ne mâchent pas leurs mots ; au contraire, un ton rythmé vient appuyer leur débat: c’est qu’ils ne sont pas là pour lancer des roses et autant dire que les piques volent. Vous aussi vous crachez sur la politique? Vous blâmez l’actuelle éducation des gosses et le terrorisme vous irrite? L’effet est garanti, les amateurs de rock bien lourd et de gangsta rap en auront pour leur coiffe!

tre encore plein les dents, les garçons ont même réussi à s’assurer une armée en renfort et bien prête à toucher les âmes sensibles d’encore plus près. C’est donc le cœur de la meule (cf. Snoop Dog, B-Real et Sen Dog de Cypress Hill, sans oublier certaines prods de Dj Muggs) finement sélectionné qui vient se frotter au peloton de tête. Enfin, pour couronner le tout et faire du business comme il se doit dans ce monde de rapaces, le crew ne s’est pas arrêté à la prod musicale. Car si vous regardez bien dans la rue, vous serez hallucinés de voir combien de monde porte un t-shirt à l’effigie du groupe. Ok, le motif n’est pas des plus audacieux (une tête de mort et deux flingues) mais il n’en est toutefois pas moins révélateur. Ce n’est donc, semble-t-il, pas tout d’adhérer à un son, il faut aussi le prouver visuellement : serait-ce donc un nouvel état d’esprit qui se véhicule? Doit-on craindre un petit gringalet qui porte fièrement les armureries de la Coka Nostra et automatiquement penser qu’il pourrait être un futur gangster en mal de sensation forte? Non, c’est un symbole de liberté d’expression qu’il faut voir là-dessous. Expression certes ponctuée, chaque deux mots, d’un fock mais c’est encore comme ça qu’on les aime. Et puis, pourquoi faire dans l’étoffé quand on peut aller droit au but? Parce que si vous ne pigez pas le message après avoir vu la couverture et entendu le son, et bien passez au classique, peutêtre que ça vous parlera plus !

Et la combine n’a pas dit son dernier mot, la machine est même magnifique- http://www.lacokanostra.com/ ment bien lancée. Pourquoi donc s’arrêter http://www.myspace.com/lacokanostra en si bon chemin ? Car pour nous en met- https://www.shopbenchmark.net/site/lcn/


Bisous Bisous Text: Tonton Pierrick Layout: R’Keal

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L’épique épopée de 4 post-glampop-corn-stars en collants mouleboules (ou comment rester jeune quand on a été super-héros au XXème siècle).

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Prenez 4 vieux (dont deux un peu moins que les autres) de sexe masculin (dont un un peu moins que les autres) aux poils encore noirs, longs ET frisés. Mettez leur des rajouts de cheveux noirs, longs ET frisés, des collants moule-boules noirs, longs ET pailletés, et des plate-forme boots argentées du meilleur goût. Etalez-leur un pot de maquillage blanc ET un pot de maquillage noir sur le visage, en n’omettant pas de répartir les deux couleurs à la truelle MAIS de manière harmonieuse. Appelez-les the Starchild, the Demon, the Spaceman et the Catman. Versez le tout dans un shaker, ajoutez-y quelques ingrédients magiques et secrets dont plus grand monde n’a le secret justement(à part quelque mage rescapé du grand rock’n’roll circus des sixties) . Secouez! Vous obtiendrez - pour peu que vous ayez suivi pas-à-pas le modus operandi - un groupe de hard-rock du nom de Kiss. Mais pourquoi choisir Kiss, alors que j’aurais tout aussi bien pu vous raconter Slipknot, le Mime Marceau, ou le Ku Klux Klan? Autant de joyeux drilles fardés ou masqués, dont les chorégraphies et les mise en scènes grandioses n’ont jamais eu grand chose à envier à


celles des 2be3, ou des 24heures du Mans. Tout simplement parce que Kiss vient de sortir un nouvel album « Sonic Boom », alors que Paul Stanley (the Starchild) avait juré que, jamais ô grand jamais, il n’y aurait plus de nouvelle production signée Kiss. Et que 35 ans, 19 albums studios, et 80’000’000 disques vendus après la création du groupe, la légende reste vivante, ce dont ne peut pas se venter le Mime Marceau, ni les 2be3 d’ailleurs. Au début étaient Eugene Klein, dit Gene Simmons (1,87 mètres) et Stanley Eisen, dit Paul Stanley (78 kilos sans les poils). Le grand jouait de la basse, et le poilu de la guitare. En 1971, nos deux lurons s’étaient rencontrés dans les rues de New York, et avaient décidé de monter un groupe de rock parce que c’était la mode, et qu’ il était plus facile à l’époque de pécho des meufs en jouant de la gratte qu’en travaillant à la bourse (surtout quand on n’était pas très beau, poilu et circoncis). Ce groupe s’appelait Wicked Lester, que l’on pourrait traduire par « pervers pépère », et fit long feu puisque le premier disque de la formation ne vit jamais le jour. Comme Gene et Paul avaient décidé de devenir des rock stars coûte que coûte, ils avaient commencé par virer les autres membres du groupe, en prétextant que c’était de leur faute si tout avait capoté… Puis ils avaient recruté Peter George John Crisscuola, dit Peter Criss, batteur (1,73), et Paul Daniel Frehley, dit Ace Frehley, guitariste solo (mi-allemand, mihollandais, mi-indien, mi-figue, ce qui nous

fait quatre demi, donc 2 en 1 = le compte est bon). Le groupe israelo-italo-germano-indo-hollando-américain était donc au complet, mais ne s’appelait pas encore Kiss. Au début, Paul Stanley avait pensé à rebaptiser le groupe Fuck. Un nom court et accrocheur, mais peut-être un tantinet connoté sexuellement. Il échangea finalement Fuck par Kiss, avec les deux « s » typographiés façon gestapo, ce qui paraît tout de même plus consensuel pour l’époque (c’est fou ce que les juifs peuvent avoir le sens de l’humour). Mais l’idée géniale, c’était le maquillage, et tout le mystère, le glamour et l’hystérie qui en découlèrent. Les gars de Kiss s’étaient juré que personne ne les verrait jamais plus sans leurs « masques ». Ils passaient parfois deux heures à se préparer pour 10 minutes d’interview. La fascination du public était totale! Enfin, pas dès le début, puisque le premier concert de Kiss se déroula devant 5 personnes (dame-pipi comprise). C’est au printemps 1973 qu’ils furent repérés par Eddie Krammer, le producteur de Jimi Hendrix et Led Zeppelin. Eddie les fit entrer en studio au mois de juin pour enregistrer une maquette, et en août leur premier contrat chez Casablanca Records était signé. Fastoche! La suite est connue : Gene Simmons put mettre la petite graine et introduire sa langue démesurée dans plus de 3000 filles, dont Diana Ross et Cher. Paul à un bon millier, dont Olivia Newton-John et Samantha Fox, et leur album Alive I (pour ne citer que lui), sorti en 1976, se vendit à 9 millions d’exem-

plaires. Pas mal pour un début! Evidemment, tout ne fut pas toujours tout rose. Peter Criss et Ace Frehley ne font plus partie de l’aventure depuis un bout de temps, à cause de leur vilain penchant pour l’alcool et la drogue. Eric Carr, son remplaçant, est mort d’une tumeur au coeur en 1991 (le même jour que Freddie Mercury. C’est beau!). Et la popularité du groupe s’effondra largement lorsque nos 4 gaillards décidèrent de mettre bas les masques, et de jouer sans maquillage à partir de 1983 et jusqu’en 1996. Evidemment, c’était beaucoup moins drôle sans les collants, le faux sang, le crachage de feu et les plate-forme boots… Mais le principal mes amis, c’est que Kiss soit toujours à nos côtés en 2009, pour nous rassurer, nous réconforter et pour nous protéger des vilains et des méchants. Peu importe qui se cache réellement derrière ces masques, sous ces perruques, derrière ces bourrelets, à l’intérieur même de cette cellulite... Paul Stanley et Gene Simmons ne sont peut-être plus que des businessmen sexagénaires en collants, mais le plus important, en vérité je vous le dis, c’est qu’avec Kiss, l’humanité est bien moins triste, et bien plus Rock’n’Roll!


Vous avez demandé Dance Machine? Alors dansez maintenant! Text: Aleksandra

Planinic Pics: Laetitia Bica et Ulrike Bietnik

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Layout: badaboum.ch

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Lady DanceMachine est demandée aux platines le samedi 28 novembre à La Superette. Enfilez vos chaussures de danse et filez sur la piste ! La jolie Belge mène une carrière de feu entre graphisme, organisation de soirées et DJ. Soumaya Supernana ? Soumaya DanceMachine mais supernana aussi… Passer un week-end à danser sur les sets de Soumaya DanceMachine et vos nuits ne seront plus les mêmes! Expérience faite et approuvée. Mademoiselle Soumaya est un bout-en-train de 26 ans qui rythme sa vie avec beaucoup de musique, d’émotions et de détermination. Graphiste, DJ et organisatrice de soirées,

Soumaya est sur tous les fronts et les gère d’une main de fer. Son intérêt pour le milieu tant musical qu’artistique ne date pas d’hier. Depuis toute petite, la jeune femme développe une passion pour la danse qu’elle mène jusqu’au degré professionnel avant de devoir y mettre un terme pour des raisons de santé. C’est alors qu’elle découvre le graphisme en aidant son frère pour concocter des flyers et affiches. Quelques années plus tard, Soumaya termine sa formation de graphiste à l’école des Beaux-Arts de Bruxelles. Son intérêt pour la musique grandit au fil des années jusqu’à ce qu’elle se retrouve à mixer des musiques de films pour une soirée entre amis : «il s’est avéré que je ne me débrouillais pas trop mal et du coup des amis m’ont proposé de mixer pour leurs soirées, puis pour des cafés et ensuite des clubs». Les choses s’enchaînent et Soumaya ne lâche plus l’univers musical. Elle obtient des résidences pour divers clubs dans Bruxelles comme le fameux Café Central ou encore le Zebra. Définir sa musique ? Lady DanceMachine n’aime pas beaucoup coller d’étiquettes: «Je préfère donner des adjectifs» sourit-elle timidement. Alors la musique de Soumaya c’est comment? «Une musique émotive et péchue». Elle cite la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum car c’est elle qui a suscité à Soumaya «une envie musicale et émotionnelle de s’investir dans la musique».

High Needs Low, Here is love Soumaya ne se contente pas uniquement de distiller des sonorités douces et subtiles. Elle se lance dans l’organisation de soirées et crée avec trois amis les soirées intitulées: «High Needs Low». «C’est un défi pour moi d’organiser des soirées. Je veux voir comment ça se passe aussi derrière la scène». Pour Soumaya, les soirées à Bruxelles se sont gentiment effondrées au niveau de la qualité : «C’est devenu trop commercial dans le sens qu’on ne prend plus en considération la part artistique, visuelle». C’est ainsi qu’avec Guillaume, Patrick et Luz, Soumaya fonde High Needs Low dans le but de donner une part égale pour la musique et le visuel: «On se concerte pour

tout lorsqu’une High Needs Low est en préparation: scénographie, sélection musicale et graphique. Pour chaque édition, on demande à un graphiste et à un photographe de collaborer avec nous. Créer des collaborations avec High Needs Low est primordial pour nous». Musicalement, les artistes qui se produisent aux soirées High Needs Low sont peu connus. «Chaque membre de High Needs Low apporte sa culture musicale

«Le contexte visuel plus la musique que ce soit un DJ set ou un live, doivent raconter une histoire et faire rêver». et sa sensibilité. Quand un d’entre nous est mitigé pour le choix d’un artiste, on laisse tomber et on continue notre recherche ». Si le line-up est étudié minutieusement, la scénographie du lieu où se déroule la soirée n’est pas en reste. High Needs Low n’a jamais deux fois la même déco ! Ainsi la gare des Congrès à Bruxelles est revisitée à chaque édition. «Le but c’est de créer une nouvelle atmosphère, une nouvelle dimension. On veut créer une ambiance chaleureuse, familière et pas agresser le public». Pour la dernière High Needs Low, les visuels avaient pour thème la forêt. «On avait l’impression de se balader à travers une forêt où de temps à autre la pluie tombait. On veut favoriser l’amusement. Oublier pourquoi on sort. Le contexte visuel plus la musique que ce soit un DJ set ou un live, doivent raconter une histoire et faire rêver». En endossant à tour de rôles les casquettes de graphiste, DJ et organisatrice de soirées, Soumaya veut partager cette curiosité qui la nourrit et ainsi faire découvrir ou sensibiliser les gens au milieu artistique et musicale. Mais la demoiselle ne s’arrête pas en si bon chemin. Etape suivante: la production. «J’en suis capable car j’en ai envie. Mais je ne sais pas encore comment».


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SPOTTED X MAKING HIS/HER MUSICAL SHOPPING Layout: R’Keal

Il n’y a pas que Karl Lagerfeld ou Marc Jacobs qui s’arrachent les cheveux pour surprendre chaque année les professionnels et les fashionistas avec leurs froufrous. Les programmateurs de festival ont les mêmes angoisses mais en mode musical. C’est-à-dire trouver LES groupes de demain qui feront trembler scènes et Ipod.

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Rubrique chaussures de loisir

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Gustav magazine dans un épisode de Gossip Girl ? Qui sait, un jour nous verrons Blair Waldorf boire un Cosmo en feuilletant Gustav. En attendant cette surprenante scène d’anthologie, Gustav se prend au jeu de suivre un programmateur ou une programmatrice de festival dans son shopping musical annuel. Tout comme les grands de la mode qui écument les défilés et autres cocktails mondains en quête d’inspiration et d’idées nouvelles, un programmateur de festival lui, scrute les programmations de grands festivals afin de trouver les groupes qui déhancheront la foule entière le temps d’une saison et espérons pour eux, à long terme. Comment procède donc un programmateur de festival dans son shopping musical ? Quels sont donc les critères de sélection ? Fonctionne-t-il au coup de foudre comme Karl Lagerfeld devant des milliers de tissus ou étudie-t-il minutieusement chaque groupe se produisant sur scène ? Des questions parmi tant d’autres.



Mais de quelles scènes parlons-nous ? Prenez la crème de la crème en matière d’événements musicaux. Imaginez un programmateur s’y perdre et émerger uniquement lorsque celui-ci à trouver la perle rare. Fermez les yeux, départ immédiat pour Rennes, Noordeslag, Londres et Austin.

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Eurosonic permet à chacun d’y trouver son m4music – Zurich – 25 au 28 mars 2010 compte. Professionnel ou non, le festival www.m4music.ch néerlandais est une référence.

ILMC - London (UK) - 12 au 14 mars 2010 http://www.ilmc.com/

TRANSMUSICALES - Rennes (F) - 2 au 5 L’ ILMC (International Live Music Conference) est une conférence annuelle dédiée à décembre 2009 l’industrie musicale « live ». Reconnu dans http://www.lestrans.com/ le monde entier, cet événement ne comporte Festival axé sur les découvertes musica- pas de live act. Ici, il est uniquement les, les Transmusicales de Rennes sont tant pour le professionnel que pour l’amoureux question de débattre sur la musique entre de la musique un événement incontourna- gens du métier. Toutes les agences de booble. Si la programmation est soignée et king ne manquent aucun cas, l’ILMC. toujours en quête de nouveaux talents, Les Trans offrent également de nombreuses conférences, débats ou lectures touchant le milieu musical et de manière plus large SXSW - Austin (Texas / USA) - 17 au 21 à la culture. mars 2010 http://sxsw.com/music South by Southwest (SXSW) est l’événeEUROSONIC Noordeslag - Groningen (NL) ment incontournable par excellence. A lui - 14 au 16 janvier 2010 tout seul, il regroupe musique, films et http://www.noorderslag.nl multimédia. Entre séminaires, projections, plusieurs centaines de bands venant du Une des plus grandes plateformes euro- monde entier se produisent en concert sur péennes de l’industrie musicale, Euroso- plus de 80 scenes le dans downtown Ausnic offre une palette de séminaires et de tin, le professionnel et l’aficionados en ont concerts. Sensible à l’actualité musicale plein les mirettes. tant au niveau scénique que stratégique,

Le festival m4music est devenu l’un des rendezvous incontournables pour les acteurs de la scène nationale de la musique pop et, de par sa formule, unique en son genre. Le festival comprend trois volets: la Demotape Clinic, à laquelle s’inscrivent chaque année des centaines d’artistes de la relève, la Conférence, durant laquelle diverses tables rondes permettent d’aborder et de débattre des changements constants que vit la scène pop, puis le Clubfestival, qui présente trois nuits durant des artistes suisses et internationaux. Mais au fait, qui est X ? de quel(le) programmateur/trice parlons-nous ? La suite au prochain épisode… Xoxo Gustav mag’



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