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SOUS-MARINS


ROBERT JACKSON

SOUS-MARINS 300 grands navires du monde entier

GREMESE


Titre original : Submarines of the World Copyright © 2000 Amber Books Ltd. Bradley’s Close 74-77 White Lion Street London N1 9PF Traduction de l’anglais : Orsola Gelpi Photographies : TRH Pictures Dessins : Tous les dessins ont été réalisés par l’Istituto Geografico De Agostini, excepté ceux-ci : Mainline Design (Guy Smith) 17, 171, 177, 188, 214, 219, 225, 237, 267, 289, 290, 293 ; Tony Gibbons 16, 24, 30, 40, 44, 99, 102, 120, 141, 168, 172, 181, 189, 190, 191, 192, 195, 201, 202, 206.

En couverture : Toutes les images sont de l’Aerospace Publishing. De haut en bas : Los Angeles, classe Balao, Harushio, U47, Resurgam. En quatrième de couverture : A1

Conception graphique : Colin Hawes Mise en page : Graphic Art 6 s.r.l. – Rome Publié en France en 2011 sous le titre Sous-marins et en accord avec Amber Books par : GREMESE 2011 © E.G.E. s.r.l. – Rome Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite, enregistrée ou transmise, de quelque façon que ce soit et par quelque moyen que ce soit, sans le consentement préalable de l’Éditeur. ISBN 978-88-7301-717-2 Imprimé à Singapour


SOMMAIRE Introduction

7

De A1 à Atropo

14

De B1 à Bronzo

26

De C1, classe à Corallo

35

De D1 à Dykkeren

47

De E11 à Explorer

70

De F1 à Fulton

86

De G1 à Gymnôte

104

De H1 à Hvalen

135

De I7 à Kilo, classe

148


De L3 à Marsopa

161

De N1 à Nymphe

170

De O, classe à Porpoise

182

De R1 à Rubis

197

De S1 à Swordfish

210

De Tang à Typhoon

230

De U1 à Upholder

243

De V, classe à Whiskey

266

De X1 à Zoe

279

Armes sous-marines

289

Index

313


Introduction Les sous-marins ont révolutionné le combat naval. Ces vaisseaux qui mènent la guerre sous les vagues ont évolué depuis les engins grossiers à vapeur de la guerre de Sécession aux silencieux sous-marins nucléaires qui peuvent passer des mois sous l’eau sans refaire surface et emporter des missiles intercontinentaux à têtes nucléaires multiples. Le concept de guerre sous-marine est vieux de plusieurs siècles. En 1634, deux prêtres français, les pères Mersenne et Fornier, élaborèrent des plans assez détaillés d’un engin armé subaquatique et, en 1648, John Wilkins, beau-frère d’Oliver Cromwell, en étudia les avantages. C’est la guerre de Sécession qui vit naître les premières évolutions vers de véritables armes effectives. La toute première mission sous-marine eut lieu en septembre 1776, lorsqu’un soldat américain, Ezra Lee, aux commandes d’un petit submersible baptisé Turtle, tenta d’accrocher une charge explosive au HMS Eagle sur le fleuve Hudson. Même s’il n’était pas un réel sous-marin, le Turtle se déplaçait entièrement sous l’eau à l’exception d’un petit kiosque muni d’ouvertures en verre permettant à son occupant de se diriger. La mission d’Ezra Lee fut un échec et la petite embarcation fut finalement perdue lorsque la frégate qui la transportait coula. Si l’idée de Robert Fulton, un inventeur américain, avait rencontré le succès, les guerres napoléoniennes auraient pu voir l’utilisation d’un petit nombre d’en-

Le sous-marin britannique M2, lancé en octobre 1918, ne fut pas utilisé en guerre. Il devint un porte-hydravions en avril 1928 et coula au large de Portland en 1932. 7


gins submersibles. Son projet n’ayant pas suscité l’intérêt dans son pays, Fulton vint en France en 1797, où les plans de son prototype furent acceptés. Lancé en 1800 sous le nom de Nautilus, il parvint lors de ses essais dans le port du Havre à demeurer pendant une heure à 7,6 m de profondeur. Cependant, la France s’en désintéressa et Fulton amena donc son projet en Angleterre, où le premier ministre William Pitt l’examina mais ne l’adopta pas. Lord Saint-Vincent résuma ainsi l’attitude de l’Amirauté britannique face à ce concept en définissant Pitt comme « le plus grand sot qui ait existé de vouloir encourager un type de guerre refusé par ceux qui ont le pouvoir sur les mers et qui, s’il fonctionnait, les en priverait.» Durant la longue période de paix qui suivit la défaite de Napoléon, les esprits inventifs n’eurent que peu de motivation pour poursuivre le développement des sous-marins et ce n’est que la guerre de Sécession qui suscita un regain d’intérêt. Les plans, cependant, étaient plutôt ceux d’engins suicidaires, dotés d’une charge explosive placée à l’extrémité d’une longue perche : ce qu’on appelait la « minetorpille ». Le H.L. Hunley, du nom de son inventeur, fut le premier sous-marin à avoir mené sa mission à bien : le 17 février 1864, il coula le Housatonic, bateau de l’Union, mais fut entraîné par le fond à cause de la vague déclenchée par sa minetorpille. Des années plus tard, on localisa l’épave avec les squelettes de ses huit membres d’équipage toujours assis devant leur manivelle.

CETTE ARME « PROFONDÉMENT ANTI-ANGLAISE »

L’espace exigu à l’intérieur du HMS Graph, ex-U-boot 570. 8

Ce sont les américains qui prirent la tête dans la conception et le développement à la fin du siècle dernier, notamment un homme d’origine irlandaise, John P. Holland. Son premier concept fonctionnel fut le N°1, cette minuscule embarcation devait à l’origine être actionnée par manivelle comme les sous-marins précédents, mais avec la toute récente création des moteurs à essence 4 chevaux Brayton, Holland parvint à produire un navire plus fiable. Le Holland N°1 fut construit à l’Albany Iron Works et achevé en 1878. On peut aujourd’hui le voir au Paterson Mu-


seum, aux États-Unis. La foi clairvoyante de Holland dans les moteurs à essence s’avéra un peu prématurée, les autres sous-marins de l’époque reposant toujours sur une propulsion à vapeur. Le premier sous-marin américain « moderne » fut le Holland VI qui devint plus tard le prototype des vaisseaux britanniques et japonais qui combinaient l’énergie essence et batterie avec une barre de plongée. Le Holland VI entra en service dans l’US Navy sous le nom de Holland en 1900. Même si la presse américaine loua le petit navire et lui octroya des descriptions telles que « Monster War Fish » (« monstrueux poisson de guerre »), il s’agissait en fait d’une embarcation très primitive. Le discours maussade de sir Arthur Wilson en 1899 qui décrivit les sous-marins comme « sournois, injustes et profondément anti-anglais » a souvent été cité pour montrer que l’Amirauté avait un point de vue très arrêté sur le sujet. La Royal Navy avait été informée de la soudaine prolifération de ces engins dans les flottes française et américaine et une étude interne était déjà engagée. Les estimations budgétaires de 1901-1902 prévoyaient la construction de cinq navires qui seraient des améliorations du type Holland pour des essais. Les cinq premiers sous-marins commissionnés furent construits sous licence par Vickers à Barrow-inFurness. La compagnie et le capitaine Reginald Bacon, tout récemment nommé au contrôle des sous-marins, décidèrent de demander une nouvelle série d’améliorations, si bien qu’à son lancement le 2 novembre 1902, le HMS N°1 ne ressemblait que peu à son ancêtre américain. En mars 1904, les quatre navires de la classe A, comme ils étaient désormais appelés, effectuèrent une simulation d’attaque contre le croiseur Juno au large de Portsmouth. Ce fut un succès, mais le A1 entra en collision avec un paquebot causant la mort de tout son équipage. En tout, treize sous-marins de la classe A furent construits, suivis par 11 de la classe B et 38 de la classe C. Ces vaisseaux allaient devenir à partir de cette époque l’une des principales armes de guerre de la Royal Navy. En 1914, les Américains, Britanniques, Français, Italiens et Russes possédaient tous des flottes sous-marines substantielles. Les Allemands étaient un peu en reste au début, mais à mesure que la guerre se poursuivait, leurs compétences dans le domaine progressèrent et leurs sous-marins connurent de grandes améliorations techniques pour finalement devenir leur principale arme offensive navale avant la fin de 1916. Les gros U-boot avec leur grand rayon d’action surprirent les Alliés et les mirent presque à genoux. La menace sur les navires de commerce britanniques – qui naviguaient tous indépendamment – était terrible et, en avril 1917, furent coulées 907 000 tonnes de marchandises, dont 564 019 provenaient des bateaux du Royaume-Uni. Seul le début tardif du système de convois allait renverser les choses pour les Alliés. 9


Les britanniques développèrent d’autre contre-mesures. Ils mirent au point le « barrage de Douvres », des lignes de bâtiments lourdement armés à travers la Manche avec entre eux des champs de mines, des filets ou autres obstacles. Cependant, les immenses dépenses en temps, travail et matériaux que coûtèrent le barrage ne portèrent que très peu leurs fruits, puisqu’à la fin 1917, seuls quatre Uboot avaient été coulés. L’année suivante (durant laquelle le système de convois était parvenu à venir à bout des U-boot dans l’Atlantique), la barrage causa la perte d’un nombre imprécis de sous-marins compris entre quatorze et soixante-deux. LA SECONDE GUERRE MONDIALE : LA BATAILLE POUR LES OCÉANS Durant l’entre-deux-guerres, les stratèges navals nazis n’oublièrent pas les succès des U-boot allemands. Les sous-marins de haute mer allaient se révéler une arme effrayante durant la Seconde Guerre mondiale qui faillit venir à bout de l’Angleterre lors de la féroce bataille de l’Atlantique. L’amiral Karl Dönitz tenta de contrer le succès de la technique des convois si efficace vingt ans plus tôt en développant la tactique de la « meute de loups ». Malgré l’excellence de ses navires et les qualités et courage de leurs équipages, les Allemands perdirent la bataille car les Alliées, et en particulier les Britanniques, ajoutèrent progressivement une couverture aérienne à leurs convois, qui obligeait les U-boot à plonger pour se cacher et les empêchait donc de poursuivre leurs cibles, leur vitesse en immersion étant inférieure. Les avions de patrouille maritime à grande autonomie, équipés de nouveaux radars de détection, devinrent de plus en plus performants pour localiser et détruire les U-boot à proximité de leurs convois. Ils coopérèrent également très efficacement avec la Royal Navy et les groupes de chasse de l’US Navy, composés de rapides destroyers et frégates qui ratissaient les océans à la recherche de sous-marins selon un schéma très organisé et les traquèrent jusqu’à la destruction durant les deux dernières années de la guerre. Le bilan final pour les U-boot allemands fut épouvantable. Sur les 1 162 sousmarins construits et commissionnés, 785 furent déclarés «spurlos versenkt » (coulés sans laisser de trace). Sur les 40 000 officiers et marins en service dans les Uboot de 1939 à 1945, 30 000 ne revinrent jamais. Cependant, on ne peut oublier que ces sous-marins coulèrent durant les mêmes années 2 828 navires marchands alliés, pour un total de 14 923 052 tonnes. Les pertes humaines uniquement des Britanniques s’élevèrent à 80 000 hommes, dont plus de 30 000 marchands. La bataille de l’Atlantique fut remportée par les Alliés mais, à l’autre bout du monde, dans le Pacifique, les sous-marins à grand rayon d’action américains réus10


sirent là où les U-boot avaient échoué. À partir de 1942, au cours d’une campagne de plus en plus efficace contre la marine marchande japonaise – qui ne pratiquait pas la technique des convois – près de 5 588 275 tonnes furent coulées contre seulement quarante-neuf sous-marins perdus et ils paralysèrent ainsi quasiment la nation insulaire. Si les exploits des sous-mariniers américains demeurèrent oubliés de l’histoire longtemps après la fin de la guerre, cela est dû en partie à des rivalités interservices mais principalement au besoin de préserver l’un des secrets les mieux gardés de la guerre : le fait que les Alliés, grâce à leurs services de renseignements extrêmement performants, avaient accès aux codes navals des ennemis et connaissaient donc bien les mouvements de leur trafic maritime. Dans l’Atlantique, cela assura la sécurité des convois. Avec des centaines de navires concentrés dans quelques groupes, l’ennemi disposait de bien peu de cibles et elles étaient donc beaucoup plus difficiles à trouver. Parmi tous les convois qui traversèrent l’Atlantique durant le conflit, 90 % n’aperçurent aucun U-boot. La Seconde Guerre mondiale vit des progrès énormes dans le domaine des armes sous-marines, comme les torpilles acoustiques, les grenades ou les roquettes anti-sous-marines. À la fin de cet ouvrage se trouve une partie évoquant les descendants modernes de ces armes.

Quatre U-boot allemands et leurs équipages à Wilhelmshaven en 1945, avant qu’ils ne soient remis aux Alliés. 11


PROFONDE ET SANS BRUIT : L’ÉPOQUE DE LA GUERRE FROIDE Sous-marin nucléaires lanceurs d’engins. Le concept de sous-marins emportant des missiles balistiques n’est pas nouveau, puisqu’il remonte aux préparatifs allemands de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, ce n’est que dans les années cinquante que les Américains et les Russes parvinrent à explorer l’idée d’un sous-marin à missiles balistiques à propulsion nucléaire, Le SSBN Resolution, lancé en 1966, et capable de rester immergé pour de très muni du missile Polaris. longues périodes, utilisant la calotte glaciaire et diverses conditions océaniques pour ne pas être détecté. Armé de roquettes à tête nucléaire, il représenterait la force de dissuasion ultime. Même si les Américains furent les premiers sur l’avancée des sous-marins à propulsion nucléaire, avec une classe de navires inspirés du prototype du Nautilus, ce que souhaitait réellement l’US Navy était de pouvoir mélanger les nouvelles technologies concernant les missiles balistiques, les armes thermonucléaires plus petites, le système de guidage à inertie et les armes nucléaires dans un seul ensemble. Ils y parvinrent en 1960, avec le lancement du premier sous-marin équipé du missile Polaris A1. La réponse russe ne se fit pas attendre puisqu’ils déployèrent les sous-marins nucléaires de la classe Hotel. Ils possédaient initialement trois missiles SSN-4 Sark, d’une portée de seulement 650 km, mais après 1963 ils passèrent aux SSN-5 Serb, atteignant 1 200 km. La course aux sous-marins à missiles balistiques était lancée et le Royaume-Uni, la France et la Chine allaient bientôt la rattraper. Dans les années quatre-vingt, les Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins (SNLE – désignation OTAN SSBN) étaient devenus une incroyable arme de destruction, capable d’emporter jusqu’à seize missiles, chacun à têtes multiples, pouvant semer la destruction nucléaire sur des cibles situées à 4 600 km de leur point de lancement. Sous-marins nucléaires d’attaque. Pendant presque trois décennies les sousmariniers de l’OTAN et du Pacte de Varsovie pratiquèrent un jeu du chat et de la souris potentiellement mortel sous les mers du globe, tout cela à bord de sousmarins nucléaires d’attaque et de sous-marins chasseurs (désignation OTAN SSN), 12


chargés d’armes et de détecteurs. Ils visaient les SNLE et la force opérationnelle navale ennemis. Le développement des sous-marins nucléaires d’attaque américains débuta presque à la même période, mais emprunta des chemins différents. Ils se concentrèrent sur la lutte anti-sous-marine (ASM) et les Russes sur l’aspect multimissions, englobant à la fois la lutte ASM et l’attaque de surface grâce à de gros missiles de croisière anti-navires. Plus tard, les États-Unis adoptèrent également la capacité multimissions avec le déploiement d’armes lancées depuis les sous-marins comme les missiles Sub-Harpoon ou Tomahawk, conçus pour l’attaque anti-navires ou terrestre. Les principaux avantages des sous-marins nucléaires d’attaque sont leur faculté à rester immergés pour un temps potentiellement illimité, leur grande capacité de plongée, leurs systèmes de détection longue portée perfectionnés et la puissance de leurs réacteurs qui leur offre une très grande vitesse en immersion. Les toutes dernières générations de ces engins sont quasiment des croiseurs sousmarins ; la classe de vaisseaux russes Oscar, par exemple, était l’équivalent subaquatique des croiseurs de bataille de la classe Kirov. Leur principale zone de combat se trouvait sous la calotte arctique, considérée à une époque comme un refuge pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Sous-marins diesels-électriques. Dans certains milieux, on pensait que l’avènement des sous-marins nucléaires signerait la fin des anciens navires à moteur diesel, un type de propulsion qui avait accompagné ces engins tout au long de leur développement depuis la Première Guerre mondiale. Ce ne fut pas le cas. Seules les nations les plus riches pouvaient s’offrir les coûteux moteurs nucléaires nécessaires aux longues patrouilles ; pour les autres, les navires dieselsélectriques fournissaient une solution rentable permettant de maintenir une présence sous-marine dans leurs eaux territoriales. Ils ont également l’avantage d’être très silencieux lorsqu’ils utilisent leur moteur électrique en immersion, ce qui les rend difficiles à repérer. Durant la guerre des Malouines de 1982, la Royal Navy ne parvint pas à détecter un sous-marin Type 209 de la marine argentine, le San Luis, qui lança trois attaques (heureusement sans conséquence) sur la force opérationnelle britannique. De nos jours, la marine de l’OTAN, longtemps occupée à pourchasser les sous-marins russes dans les profondeurs des océans, et qui mène désormais des « actions de police » pour le compte de l’ONU, souvent dans des eaux restreintes comme l’Adriatique, doit faire face à la réelle menace que représentent les petits sous-marins diesel dans des mains potentiellement hostiles.

13


A1

es sous-marins de la classe A furent les premiers conçus au Royaume-Uni, même s’ils étaient en fait basés sur les anciens vaisseaux américains de type Holland entrés en service dans la Royal Navy en 1901. Le A1 était globalement comme un Holland mais légèrement plus long. En revanche, les A2 et ceux qui suivirent étaient beaucoup plus gros. Ce furent également les premiers sous-marins à posséder un kiosque en bonne et due forme permettant de naviguer en surface en mer agitée. À l’origine, cette classe était pourvue d’un seul tube lance-torpilles à l’avant, puis d’un second à partir du A5. Construits par Vickers, ils aidèrent la Royal Navy à développer et peaufiner sa théorie sur l’usage des sous-marins et sa capacité d’opération. Entre 1902 et 1905, on construisit treize vaisseaux et certains servirent aux entraînements durant la Première Guerre mondiale. L’un d’entre eux, le A7, sombra avec tout son équipage dans la baie de Whitesand Bay.

L

Pays :

Royaume-Uni

Date de lancement :

juillet 1902

Équipage :

11

Déplacement :

en surface : 194 t ; en immersion : 274,5 t

Dimensions :

30,5 m x 3,5 m

Armement :

deux tubes lance-torpilles de 460 mm

Machines :

un moteur à essence 160 ch, un moteur électrique 126 ch

Autonomie en surface : 593 km à 10 nœuds Vitesse :

14

en surface : 9,5 nœuds ; en immersion : 6 nœuds


Acciaio

’Acciaio était le navire principal d’une classe de treize sous-marins construits en 1941-1942. Neuf d’entre eux furent perdus durant la Seconde Guerre mondiale, dont l’Acciaio lui-même, torpillé par le sous-marin britannique Unruly au nord du détroit de Messine, le 13 juillet 1943. Le vaisseau de la classe à avoir survécu le plus longtemps fut le Giada, retiré de la liste navale en février 1948 en accord avec les termes du traité de paix et transformé pour le rechargement de batteries. Il réapparut sur la liste en mars 1951 et fut reconstruit et modifié afin d’emporter quatre tubes lance-torpilles à l’avant ; en revanche, il ne disposait pas de canon. Il fut définitivement mis au rebut en janvier 1966. Un autre sous-marin, le Nichelio, fut transféré en URSS selon le traité de paix en février 1949 et dénommé Z14 ; il fut démantelé vers 1960. Certains des navires de cette classe possédaient d’autres types de propulsion.

L

Pays :

Italie

Date de lancement :

20 juillet 1941

Équipage :

46-50

Déplacement :

en surface : 726 t ; en immersion : 884 t

Dimensions :

60 m x 6,5 m x 4,5 m

Armement :

six tubes lance-torpilles de 533 mm ; un canon de 100 mm

Machines :

deux moteurs diesel, deux moteurs électriques

Autonomie en surface : 7 042 km à 10 nœuds Vitesse :

en surface : 15 nœuds ; en immersion : 7,7 nœuds 15


Agosta

onçus par la Direction des Constructions et Armes Navales pour être des sousmarins diesels-électriques de haute mer très discrets mais offrant de bonnes performances (SSK), les vaisseaux de la classe Agosta sont armés de quatre tubes lance-torpilles à l’avant, dotés d’un système de recharge rapide à air comprimé permettant de tirer avec une signature sonore minimale. Lorsqu’ils furent autorisés, au milieu des années soixante-dix, le design de ces torpilles était entièrement nouveau : elles pouvaient être lances à n’importe quelle vitesse et ce jusqu’à leur profondeur opérationnelle de 350 m. Deux des quatre vaisseaux, l’Agosta et le Beveziers, furent désarmés au début des années quatre-vingt-dix ; le La Praya et l’Ouessant sont basés à Brest depuis juin 1995 pour faire partie du Groupe des sousmarins d’attaque de l’Atlantique (Gesmat). Le La Praya devait être désarmé en 1999. L’Ouessant est resté en service jusqu’en 2005 comme navire d’entraînement.

C

Pays :

France

Date de lancement :

19 octobre 1974

Équipage :

54

Déplacement :

en surface : 1 514 t ; en immersion : 1 768 t

Dimensions :

67,6 m x 6,8 m x 5,4 m

Armement :

quatre tubes lance-torpilles de 550 mm ; 40 mines

Machines :

deux moteurs diesel, un moteur électrique

Autonomie en surface : 15 750 km à 9 nœuds Vitesse : en surface :

16

12,5 nœuds ; en immersion : 17,5 nœuds


Albacore

’Albacore était un vaisseau expérimental à grande vitesse (AGSS), doté de moteurs conventionnels mais aux lignes entièrement inédites, avec une nouvelle forme de coque qui le rendait plus rapide et manœuvrable que tout autre sous-marin conventionnel. Décrit officiellement comme un navire de test hydrodynamique, il était entièrement profilé : sans pont supérieur plat, il évoquait une baleine, et son kiosque rappelait une nageoire dorsale de dauphin. Il fut modifié plusieurs fois durant sa carrière. En 1959, on le dota d’un meilleur système sonar, d’un plus grand gouvernail dorsal et de freins de plongée à l’arrière. En 1961, on le pourvut de moteurs électriques avec deux hélices contrarotatives sur le même axe. Enfin, en 1962, on l’équipa d’une batterie haute capacité argent-zinc longue durée.

L

Pays :

États-Unis

Date de lancement :

1er août 1953

Équipage :

52

Déplacement :

en surface : 1 524 t ; en immersion : 1 880 t

Dimensions :

62,2 m x 8,4 m x 5,6 m

Armement :

aucun

Machines :

deux moteurs diesel, un moteur électrique

Autonomie en surface : non communiquée Vitesse :

en surface : 25 nœuds ; en immersion : 33 nœuds

17


Alfa

econd concept de sous-marin russe à coque en titane, le projet 705 Lira, connu en occident sous le nom d’Alfa, vit le jour en décembre 1971, date du commissionnement de la première unité. Cinq autres suivirent de 1972 à 1982. Le vaisseau se déplace à la vitesse étonnante de 42 nœuds en immersion avec un seul réacteur et un moteur à turbine. Lorsque les Britanniques et les Américains le virent pour la première fois, ils furent abasourdis mais ne comprirent pas les graves défauts du système de refroidissement plomb-bismuth du réacteur de 40 000 hp. Celui-ci rendait le sous-marin très peu fiable et son coût lui valut le surnom de « Golden Fish ». En outre, il n’était pas conçu pour les très grandes profondeurs, comme on le croyait en occident – idée qui engendra de lourds investissements de l’OTAN dans la recherche et le développement pour concevoir des torpilles de profondeur.

S

Pays :

Russie

Date de lancement :

1970

Équipage :

31

Déplacement :

en surface : 2 845 t ; en immersion : 3 739 t

Dimensions :

81 m x 9,5 m x 8 m

Armement :

six tubes lance-torpilles de 533 mm ; torpilles conventionnelles ou nucléaires ; 36 mines

Machines :

réacteur à métal liquide, deux turbines à vapeur

Autonomie en surface : illimitée Vitesse :

18

en surface : 20 nœuds ; en immersion : 42 nœuds


Aluminaut

’Aluminaut devint célèbre lorsqu’il permit de récupérer une bombe H tombée d’un bombardier américain B-52 impliqué dans un collision aérienne avec son avion citerne KC-135 au large de l’Espagne en 1966. Construit en 1965, il est doté d’un sonar latéral qui établit une carte du terrain de part et d’autre. Il peut plonger jusqu’à 4 475 m bien que la plupart des explorations de routine n’atteignent jamais de telles profondeurs. Même les sous-marins militaires les plus perfectionnés ne descendent pas à plus de 900 m : au-delà, les coûts pour renforcer la coque et augmenter la puissance des moteurs sont prohibitifs. Pour les opérations commerciales et scientifiques dans les eaux côtières, ce sont les sous-marins avec équipage qui prédominent. La pression n’excède pas les limites techniques et des progrès impressionnants en termes de recherche sous-marine et pétrolière ont été accomplis.

L

Pays :

États-Unis

Date de lancement :

1965

Équipage :

3

Déplacement :

en surface : inconnu ; en immersion : 81 t

Dimensions :

inconnues

Armement :

aucun

Machines :

inconnues

Profondeur

4 475 m

opérationnelle : Vitesse :

en surface : inconnue ; en immersion : inconnue 19


Aradam

’Aradam était l’un des dix-sept vaisseaux à court rayon d’action de la classe Adua. Ils possédaient une double coque avec des caissons et s’inspiraient de leurs prédécesseurs de la classe Perla. Ils servirent durant la Seconde Guerre Mondiale et, même si leur vitesse en surface était peu élevée, ils étaient solides et très manœuvrables. Les premiers vaisseaux prirent part à la guerre d’Espagne et opérèrent en Méditerranée (sauf le Macallé, qui se trouvait en mer Rouge). Seul l’Alagi survécut à la Seconde Guerre Mondiale. L’Aradam fut sabordé en septembre 1943 dans le port de Gênes afin d’éviter de tomber aux mains des Allemands qui le renflouèrent plus tard. Il fut coulé par des bombes alliées l’année suivante. Le navire principal de la classe, l’Adua, sombra, touché par les grenades sous-marines des destroyers Gurkha et Legion, le 30 septembre 1941. L’Ascianghi, le Gandar et le Neghelli, furent vendus au Brésil avant leur lancement.

L

Pays :

Italie

Date de lancement :

15 novembre 1936

Équipage :

45

Déplacement :

en surface : 691 t ; en immersion : 880 t

Dimensions :

60,2 m x 6,5 m x 4,6 m

Armement :

six tubes lance-torpilles de 530 mm ; un canon de 100 mm

Machines :

deux moteurs diesel, deux moteurs électriques

Autonomie en surface : 4 076 km à 10 nœuds Vitesse :

20

en surface : 14 nœuds ; en immersion : 7 nœuds


Archimede

a marine italienne posséda cinq sous-marins de la classe Brin, tous achevés en 1938-1939. Les deux derniers, l’Archimède et le Torricelli furent construits secrètement pour en remplacer deux autres du même nom qui avaient été transférés aux forces nationalistes durant la guerre d’Espagne. Les Brin étaient d’efficaces sous-marins hydrodynamiques dotés d’un très grand rayon d’action. Ils avaient une double coque partielle avec quatre tubes lance-torpilles à l’avant et autant à l’arrière. À l’origine, ils étaient munis de deux canons de 100 mm. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, l’Archimede opérait dans la mer Rouge et l’océan Indien, où il demeura jusqu’en mai 1941. Il effectua ensuite un voyage épique, contournant le cap de Bonne-Espérance pour rejoindre Bordeaux, d’où il entama ses opérations dans l’Atlantique. Il fut coulé par l’aviation alliée au large des côtes du Brésil, le 14 avril 1943.

L

Pays :

Italie

Date de lancement :

5 mars 1939

Équipage :

58

Déplacement :

en surface : 1 032 t ; en immersion : 1 286 t

Dimensions :

72,4 m x 6,7 m x 4,5 m

Armement :

huit tubes lance-torpilles de 533 mm ; un canon de 100 mm

Machines :

deux moteurs diesel, deux moteurs électriques

Autonomie en surface : 18 530 km à 10 nœuds Vitesse :

en surface : 17 nœuds ; en immersion : 8 nœuds 21


Argonaut

’Argonaut fut construit par Simon Lake à ses frais comme vaisseau de sauvetage pour les eaux littorales. L’unique hélice était actionnée par un moteur essence de 30 hp qui pouvait également être raccordé aux deux roues à l’avant du vaisseau pour des déplacements sur les fonds marins ; une troisième roue à l’arrière permettait de manœuvrer. L’avant était muni d’une chambre à air pour que les plongeurs puissent entrer et sortir. Le vaisseau fut reconstruit en 1899 et effectua une traversée en surface de 3 200 km. Des essais réussis conduisirent à une série de commande pour l’exportation, mais Lake avait perdu le contrôle du projet à la faveur de John Holland pour le compte de l’US Navy, et les officiers n’étaient pas enthousiasmés à l’idée d’un engin en bois roulant sur les fonds marins. Le concept renaîtra pourtant près d’un siècle plus tard, lorsque l’on proposa à nouveau des sous-marins se déplaçant sur les fonds.

L

Pays :

États-Unis

Date de lancement :

1897

Équipage :

5

Déplacement :

en surface : inconnu ; en immersion : 60 t

Dimensions :

11 m x 2,7 m

Armement :

aucun

Machines :

moteur essence

Autonomie en surface : inconnue Vitesse :

22

en surface : 5 nœuds ; en immersion : 5 nœuds


Argonaut

’Argonaut fut le seul sous-marin de l’US Navy conçu spécifiquement pour la pose de mines. Sa désignation temporaire d’avant-guerre était A1 ; il fut plus tard dénommé SS166. En dehors de l’Argonaut les deux seuls poseurs de mines répertoriés dans l’inventaire américain en 1941 étaient deux anciens navires côtiers de passagers reconvertis. Le 1er décembre 1941, devant la menace de la guerre contre le Japon qui se profilait, il fut stationné avec le Trout, un autre sous-marin, au large de l’atoll de Midway pour des missions de reconnaissance. Peu après l’attaque sur Pearl Harbor il fut utilisé pour des rôles de transport et des tâches spéciales et, le 17 août 1942, il fit débarquer le 2nd bataillon à Makin en compagnie du Nautilus et récupéra les troupes une fois l’assaut (sur les installations ennemies) terminé. Le 10 janvier 1943, l’Argonaut ne revint pas d’une opération au large de Lae.

L

Pays :

États-Unis

Date de lancement :

10 novembre 1927

Équipage :

89

Déplacement :

en surface : 2 753 t ; en immersion : 4 145 t

Dimensions :

116 m x 10,4 m x 4,6 m

Armement :

quatre tubes lance-torpilles de 533 mm, deux canons de 152 mm, 60 mines

Machines :

moteurs diesel à deux arbres, moteurs électriques

Autonomie en surface : 10 747 km à 10 nœuds Vitesse :

en surface : 15 nœuds ; en immersion : 8 nœuds 23


Argonaute

’Argonaute était le navire principal de cinq sous-marins Schneider-Laubeuf comprenant l’Aréthuse, l’Atalante, La Vestale et La Sultane. Ils furent tous achevés entre 1932 et 1935. Lors de l’Armistice franco-allemande de juin 1940, l’Argonaute était à Oran, où il devint membre de la marine de Vichy. Il s’y trouvait toujours en novembre 1942 lors de l’opération Torch, lorsque les Alliés débarquèrent en Afrique du Nord. À certains endroits, les forces françaises menèrent une résistance farouche et certains vaisseaux, dont les sous-marins Argonaute et Actéon, prirent la mer pour attaquer la flotte alliée. Ils furent tous deux coulés par les navires de guerre britanniques Achates et Westcott. Un autre sous-marin de la classe, La Sultane, qui servait alors avec les Alliés, coula probablement un pétrolier ennemi en Méditerranée, le 8 mai 1944.

L

Pays :

France

Date de lancement :

23 mai 1929

Équipage :

41

Déplacement :

en surface : 640 t ; en immersion : 811 t

Dimensions :

63,4 m x 5,2 m x 3,61 m

Armement :

six tubes lance-torpilles de 550 mm, un canon de 75 mm

Machines :

deux moteurs diesel, deux moteurs électriques

Autonomie en surface : 4 262 km à 7,5 nœuds Vitesse :

24

en surface : 13,5 nœuds ; en immersion : 7,5 nœuds


Atropo

’Italie accordait beaucoup d’intérêt aux mines et autres armes offensives. L’Atropo était l’un des trois sous-marins poseurs de mines de la classe Foca, construits juste avant la Seconde Guerre mondiale. Lors de leur mise à l’eau, ils disposaient d’un canon de 100 mm monté sur une tourelle d’entraînement à l’arrière du kiosque qui fut plus tard déplacé et remis à la place habituelle, sur le pont, à l’avant du kiosque. Le navire principal, le Foca, fut perdu le 15 octobre 1940 alors qu’il posait un barrage de mines au large d’Haïfa ; on pense qu’il traversa un champ de mines britannique. L’Atropo et le troisième navire, le Zoea, survécurent à la guerre et furent écartés en 1947. À la fin de l’année 1943, l’Atropo, qui appartenait désormais aux Alliés, rejoignit d’autres sous-marins italiens pour ravitailler les garnisons britanniques sur les îles égéennes de Samos et Leros, en mer Égée.

L

Pays :

Italie

Date de lancement :

20 novembre 1938

Équipage :

60

Déplacement :

en surface : 1 333,04 t ; en immersion : 1 659,44 t

Dimensions :

82,25 m x 7,166 m x 5,93 m

Armement :

deux tubes lance-torpilles de 450 mm, un canon de 100 mm, 36 mines

Machines :

deux moteurs diesel, deux moteurs électriques

Autonomie en surface : 11 118 km à 10 nœuds Vitesse :

en surface : 15,2 nœuds ; en immersion : 7,4 nœuds 25

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