Culture | Arty
LUCIE MAJERUS,
" DE L’ART POUR UNE NOUVELLE SUGGESTION CULTURELLE " Lucie Majerus évolue sur les scènes artistiques luxembourgeoise et hollandaise depuis quelques années. Pourtant, ce n’est que dernièrement qu’elle nous a tapé dans l’oeil, en développant la collection de bijoux en ivoire humain Human Ivory. Un projet discursif, un poil polémique et bougrement intéressant : des bijoux fabriqués avec ses propres dents de sagesse afin de renverser les idées culturelles en présence. Voilà une artiste aux idées nouvelles, belles de sens et ouvertes aux questionnements, qu’il nous a paru essentiel de rencontrer.
Texte Godefroy Gordet Image Antoine Morin
À VOIR Première le 17 novembre Scénographie et costumes pour la pièce Glühschwengchen mise en scène par Linda Bonvini au Kulturhaus Niederanven. 1er mars au 1er avril INTRO Galerie Beim Engel, Sérigraphie / gravure, Luxembourg (L) 3 mai au 3 juin INTRO Galerie Beim Engel, Product Design, Luxembourg (L)
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Lucie Majerus est née au Luxembourg en 1992. Fille du pays, elle grandit là, déjà guidée par l’art depuis ses années au lycée Aline Mayrisch, avant de partir pour la célèbre Design Academy d’Eindhoven aux Pays-Bas jusqu’en 2016. Elle y étudie le design produit et finira par se former aux côtés de l’artiste textile Claude Jongstra, des designers textiles Margrethe Odgaard et du Studio Snedker. L’art était finalement une évidence pour elle, « pendant mon enfance j’ai toujours adoré dessiner et au lycée cela a été naturel pour moi de choisir une section artistique. J’ai voulu étudier quelque chose de créatif, du coup j’ai opté pour le design, qui, de mon point de vue, me laissait plus de possibilités ». En tant que designer elle dit « aimer interroger et stimuler les gens à interroger l’ordinaire ». Un ordinaire, quelle voit comme plein de potentiel, « je détourne les objets et matériaux de tous les jours, j’y vois autre chose. Une dent de sagesse peut devenir un bijou personnel, des herbes peuvent devenir de l’encre, un dessin collectif peut devenir un symbole de paix ». Dans son travail elle expose une dualité
contextuelle, en liant passé et présent, qu'elle ne voit pas l’un sans l’autre, «l’histoire me passionne et j’aime plonger dans le passé pour m’inspirer des coutumes d’antan, les repenser, pour créer le futur». De nos expériences à nos souvenirs, elle s’intéresse à la cohésion sociale et à nos expériences matérielles. Ainsi, à l’image de ses récents projets, Memento, T H E neverending P A T T E R N ou Human Ivory, elle se situe autant dans l’analyse que dans la critique. Formée en tant que designer produit, son travail s’intéresse néanmoins plus à l’humain qu’au produit, « je travaille de manière multidisciplinaire, en mélangeant matières et disciplines ». C’est dès 2011 avec RED que son travail prend une ampleur non marketing, un peu à contre-courant du design produit et questionne « la valeur du matériau utilisé ». Une direction qu’elle assume pleinement aujourd’hui : « l’idée était de voir le potentiel de quelque chose qui a été conçu comme une production linéaire, ou le produit fini