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Tout savoir sur les poissons rouges 6 Un peu d’histoire 8 La carte d’identité du poisson 10 L’anatomie du poisson 14 Les particularités du poisson rouge 16 Les formes « poissons rouges » 18 Les formes « voilées »


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Un peu d’histoire L’histoire de notre ami le poisson rouge ne date pas d’hier. Et, surtout, il n’a pas toujours été rouge !

Une origine assez floue À l’origine, c’est un poisson marron légèrement doré, cousin éloigné de la carpe. On le nomme carassin doré (Carassius auratus). Il vit dans les cours d’eau, les mares et les étangs riches en végétation et nous vient d’Extrême-Orient. Il existe plusieurs espèces de carassins, dont une a été importée en Europe de l’Ouest, depuis l’Europe de l’Est. Mais elle n’est pas l’ancêtre de notre rouge compagnon. C’est en Chine que les premiers spécimens de poissons rouges apparaissent. L’origine exacte n’est pas connue avec précision, mais ces jolies créatures sont mentionnées dans des manuscrits très anciens, bien avant l’an mille. À compter de cette époque, leur élevage s’est étendu rapidement, d’abord sous la responsabilité des moines ; en effet, ces animaux étaient vénérés et

considérés comme des envoyés du ciel. Il était donc interdit de les capturer ou de les manger, sous peine de sévères punitions.

Un animal de plus en plus apprécié uAux XIIe et XIIIe siècle, les empereurs chinois confient leur élevage à des personnels spécialisés, qui créent de nouvelles variétés de couleurs : jaunes, blanches, tachetées. Dès lors, les poissons rouges commencent à se répandre dans toute la Chine et à entrer dans les habitations. On les loge dans des récipients divers : c’est le début de l’aquariophilie, en quelque sorte. Le succès est phénoménal. Au début, seuls les plus riches étaient en mesure de s’offrir les poissons tant convoités, mais au XVIe siècle, presque toute la population chinoise en possède à la maison. Parallèlement, d’innombrables races sont créées par

les éleveurs et les animaux commencent à s’exporter vers la Corée et surtout vers le Japon. Les Japonais se prennent de passion pour ces jolis poissons et commencent l’élevage à leur tour, en donnant le jour à d’autres formes encore. Alors que la Chine connaît des périodes de trouble et délaisse peu à peu la production, les Japonais assurent le relais. uLes voyageurs européens de l’époque mentionnent cette manie qu’ont les Asiatiques de garder chez eux d’étranges poissons. Mais il faut pratiquement attendre le XVIIIe siècle pour que des sujets vivants parviennent jusqu’à nous. En France, les premiers poissons rouges furent offerts à Mme de Pompadour, favorite du roi Louis XV. Les bêtes étaient alors conservées dans de précieux aquariums ouvragés, lesquels valaient une véritable fortune, comme leurs hôtes. Il faut

Le poisson rouge nous vient de Chine. encore attendre un siècle pour que les Européens se lancent à leur tour dans l’élevage. C’est encore un peu plus tard, dans la seconde moitié du XIXe siècle, que l’on com-

mence à importer d’autres formes de poissons depuis l’Asie. uL’essor de ces animaux a été ensuite très important dans nos pays. Presque exclusivement réservé à l’aquarium,

au début de son aventure européenne, le poisson rouge a peu à peu pris ses quartiers également dans les bassins, où il vit toute l’année et se reproduit aisément.

Histoire


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La carte d’identité du poisson rouge uLe poisson est un être aquatique respirant au moyen de branchies. Ces organes, situés sur les côtés de la tête, sont capables de capter l’oxygène dissout pour respirer : bien utiles pour vivre dans l’eau ! Cet animal appartient donc à la classe des poissons. Mais les scientifiques, pour lesquels rien n’est simple, parlent plus volontiers de la classe des ostéichtyens, pour différen-

Le poisson rouge ne possède pas d'écailles sur la tête. xxx

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cier les poissons ayant un squelette osseux (des arêtes, en langage courant) de ceux ayant un squelette cartilagineux (comme les requins et les raies, par exemple). Dans tous les cas, nous sommes en face d’un vertébré, un animal doté d’un squelette : voici donc son sous-type trouvé ! uEnsuite, notre carassin appartient à l’ordre des cypriniformes. Les poissons possè-

dent un organe appelé vessie natatoire, une sorte de ballon de baudruche plus ou moins rempli de gaz. Ses parois peuvent absorber, quelquefois même secréter, ces gaz et donc faire varier son volume et, ainsi, la densité de leur propriétaire. Cela permet aux poissons de circuler dans l’eau à la hauteur désirée, de monter ou de descendre. Vu autrement, cela les empêche de flotter ou de couler (c’est la fonction hydrostatique). La vessie natatoire est un organe très important, sans lequel le poisson ne pourrait nager. Or, chez les cypriniformes, cette vessie est reliée au crâne par de petits os qui ont la faculté de capter les résonances. En d’autres mots et aussi étrange que cela puisse paraître, ils peuvent être assimilés au sens de l’ouïe. uLes cypriniformes sont subdivisés en de nombreuses familles, dont la plus importante est celle des cyprinidés, qui n’englobe pas moins de

1 400 espèces de poissons très majoritairement dulçaquicoles (qui vivent dans l’eau douce, non salée). Les critères de classement sont assez complexes pour le néophyte. Disons simplement que ces poissons sont dotés de dents peu nombreuses, qui ne sont pas dans la bouche, mais situées plus loin dans la gorge (appelées « dents pharyngiennes »), et qui ne servent pas à la mastication des aliments (cette opération est réalisée à l’aide d’une plaque osseuse située dans la gorge et rattachée au squelette). Enfin, les cyprinidés ont un corps recouvert d’écailles de forme circulaire, aussi nommées cycloïdes, alors que leur tête en est dépourvue. Pour ce qui est du genre et de l’espèce, il faudrait entrer dans des détails physiologiques qui dépassent l’objet de ce livre, mais nous les avons déjà mentionnés en introduction.

uLa carte d’identité du poisson rouge est donc la suivante :

Quelle que soit la couleur de notre carassin ou sa forme, cette carte d’identité reste la même.

Classe

Ostéichtyens (poissons)

Sous-classe

Vertébrés

Ordre

Cypriniformes

Famille

Cyprinidés

Genre

Carassius

Espèce

Carassius auratus

Le poisson rouge est un Cyprinidé, donc un cousin de la carpe ou du gardon.

À SAVOIR

➜ Pour différencier un poisson rouge d’un poisson jaune ou d’une autre couleur Ce sont les notions de race et de variété qui entrent en compte : - une race est l’ensemble des animaux d’une même espèce présentant entre eux des caractères héréditaires communs remarquables, la forme du corps, par exemple - une variété est la fraction des animaux d’une espèce ou d’une race qui se distinguent par un petit nombre de caractères, la couleur par exemple.

Carte d’identité


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L’anatomie du poisson Nous avons vu que le poisson est un animal aquatique pourvu de branchies pour respirer. Ces organes, fortement irrigués par le sang et aux parois très fines, servent à capter l’oxygène et sont protégés par des opercules : les ouïes. Le poisson avale continuellement de l’eau par la bouche et la

rejette par les ouïes, après passage sur les branchies. Les échanges gazeux s’effectuent lors de ce passage. En dehors de cette caractéristique de base, un poisson possède une tête, un corps, sans cou pour séparer les deux, et des membres (les nageoires). Bien évidemment, l’ensemble de ces élé-

ments est adapté à la vie aquatique.

Les nageoires Pour se déplacer, le poisson rouge utilise ses nageoires, des membranes de peau soutenues par des rayons osseux (des arêtes) et actionnées par des muscles puissants. Il en possède 7 en tout,

Un poisson rouge forme comète.

4 paires et 3 impaires, chacune ayant une fonction donnée. uLa nageoire la plus visible est celle de la queue (nageoire caudale), qui sert à faire avancer le poisson (c’est la propulsion) et aux changements de direction. Celle située sur le dessus du corps, appelée dorsale, peut être

comparée à la quille d’un bateau à l’envers : elle permet au poisson de rester droit. Une autre petite nageoire, située sur le dessous du corps, juste avant la queue, dite anale, a une fonction à peu près similaire. uEnsuite, viennent les nageoires paires, de part et d’autre du poisson. Près des

ouïes, nous trouvons les pectorales, qui se comportent comme des rames et servent aux déplacements, mais surtout aux changements de direction. Les deux autres nageoires, dites ventrales, visibles sous le poisson, ont une mission presque semblable, avec, en plus, la stabilisation verticale du corps.

Anatomie


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très important : il faut veiller à ne pas l’endommager, notamment en manipulant le poisson !

Le système digestif Ce système est relativement simple chez un poisson rouge ! Les aliments passent évidem-

ment par la bouche, avant de poursuivre leur chemin dans l’œsophage. Là, ils passent dans l'estomac, lequel n'est pas musculeux (rôle de broyage) comme le nôtre. Cet organe ne sert qu'à l'attaque des aliments par les sucs digestifs. Ensuite ceux-ci arrivent dans le très long intestin (à peu près

trois fois la longueur du poisson !), qui est suffisamment développé pour permettre l’extraction des substances nutritives, même d’une nourriture très pauvre, comme les daphnies séchées, utilisées autrefois en tant qu’aliments de base.

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Les écailles du poisson rouge sont arrondies : on les qualifie de cycloïdes.

Les écailles uLes écailles sont de petites plaques cornées imbriquées les unes dans les autres, à la manière des tuiles d’un toit. Elles constituent une protection contre les agressions du milieu et rendent le corps « glissant », ce qui facilite le

déplacement dans l’eau, plus difficile que dans l’air, en raison d’une résistance plus grande du milieu liquide. Le poisson est gluant, comme le savent ceux qui en ont déjà tenu un dans leur main. Cela est dû à une substance particulière, produite par l’animal, que l’on appelle le

mucus. Cette matière a deux rôles : tout d’abord, elle protège la peau des attaques chimiques et bactériennes. En son absence, les infections de la peau s’accumulent. Ensuite, elle renforce la faculté de se mouvoir dans l’eau (appelé hydrodynamisme). Le mucus est donc

Anatomie

Extrait Poissons rouges - Éditions Ulmer  

Connaître, nourrir et soigner ses poissons. Choisir l'aquarium et ses accessoires, installer l'aquarium