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68  Grands échassiers

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Blongios nain

Ixobrychus minutus · Hérons De la taille d’un geai ; ♂ avec calotte et face dorsale noires, tache alaire jaune clair ; ♀ noir brun avec tache alaire brun clair, cou, poitrine et flancs rayés de brunâtre. Avec 33-38 cm, le plus petit des hérons européens ; immatures brunâtres, encore plus fortement rayés que la ♀. Distribution Oiseau nicheur des zones d’atterrissement des grands et petits plans d’eau, également dans les forêts alluviales et les marais ; privilégie les roselières denses, pluriannuelles, très divisées et interrompues par des petites surfaces d’eau ouvertes ; niche en Eur. moy., orientale et méridionale, en outre en Afrique, en Inde du N. et en Australie ; hiverne en Afrique au sud du Sahara. Mœurs Le B. nain se faufile très adroitement à travers la roselière, en agrippant plusieurs roseaux à la fois à l’aide de ses longs doigts. Il chasse à l’affût poissons, grenouilles, têtards et insectes aquatiques. Se tenant immobile dans les roseaux ou sur une branche au-dessus de l’eau, il attaque à la vitesse de l’éclair lorsque l’occasion se présente. Les libellules et autres insectes sont cueillis sur les feuilles des roseaux. Avec des battements d’ailes rapides, le B. nain survole la roselière, puis se laisse brusquement tomber à l’abri des roseaux. Nidification Les B. nains ne retournent à leurs aires de nidification qu’en mai-juin, lorsque les roseaux de l’année ont déjà poussé et que la roselière offre ainsi une meilleure protection. Comme le B. étoilé, le B. nain vit très caché. Le cri nuptial du ♂, un « vrou » bref, répété à intervalles réguliers, s’entend surtout le soir et la nuit. Le lieu de nidification est choisi par le ♂ et se trouve bien caché dans un groupe de roseaux touffu, sous des roseaux pliés ou dans des buissons et arbustes jusqu’à 2 m de hauteur. Le ♂ établit la base du nid avec des branches et des tiges sèches. Les deux partenaires continuent ensuite la construction jusqu’à obtenir un volumineux nid conique, se terminant en pointe vers le bas. Fin mai-juin (juil), la ♀ pond généralement 5-6 œufs, qui sont

couvés par les deux partenaires tour à tour. Chaque relève pour couver a lieu selon un rituel immuable, où les partenaires commencent par se menacer, bec grand ouvert et plumage hérissé, pour ensuite s’apaiser mutuellement en se touchant les becs. Les jeunes éclosent après à peine 3 semaines et peuvent déjà quitter le nid à l’âge de 5-7 jours. Peu de jours plus tard, ils grimpent déjà dans les roseaux aux alentours du nid. En cas de danger, les oisillons adoptent la position caractéristique « en piquet » des adultes, en dressant la tête et le bec vers le ciel pour que les contours de leurs corps se fondent avec l’environnement grâce à leur plumage de camouflage. Les jeunes sont prêts à l’envol à 25-30 jours et se dispersent dans différentes directions. La migration vers les quartiers d’hiver a lieu en août-sept. À savoir ! En raison de destructions d’habitats dans l’aire de nidification (p. ex. constructions, coupe des roseaux, drainages, apport excessif de substances nutritives dans les eaux, pêche et baignade) et de menaces sur les lieux de repos et d’hivernage en Afrique (sécheresse dans la région du Sahel, intensification de l’agriculture, utilisation de pesticides, chasse), le B. nain, autrefois largement répandu, est devenu très rare en Eur. moy. LR, §

Butor étoilé

Héron crabier en hiver

Blongios nain immature

Blongios nain


120  Cygnes, oies et canards

Harle bièvre

Mergus merganser · Canards

Entenvögel  121

Harle bièvre ♂     Harle piette ♂

Avec 58-70 cm, nettement plus grand qu’un Colvert ; ♂ en livrée nuptiale (déc.-mai) principalement blanc, poitrine et flancs teintés de rose saumon, tête vert-noir. Tête paraissant arrondie par les plumes occipitales allongées ; long bec étroit, rouge, se terminant en crochet ; ♀ principalement grise, tête et haut du cou roux, nettement séparé de la poitrine blanche, laquelle est teintée de rose saumon en hiver ; plumes occipitales également allongées ; ♂ en éclipse semblable à la ♀. Distribution Oiseau nicheur en Islande, Écosse et Eurasie du N. jusqu’en Sibérie orientale, au bord des grands lacs et rivières riches en poissons ; en outre en Amérique du N. et dans les hautes montagnes d’Asie centr. ; en Eur. moy., sur les côtes de la Baltique et sur la bordure nord des Alpes ; l’espèce y est aussi souvent un hôte de mue, migrateur de passage (à partir de juillet) et hôte d’hiver (oct.-mars), également sur la côte de la mer du Nord. Nidification La parade de groupe des mâles de H. bièvres commence déjà en nov.-déc., dans les quartiers d’hiver, mais elle n’atteint son apogée que sur les lieux de nidification. Les ♂ excités nagent alors en tous sens en dressant la tête et le bec vers le haut, en hérissant les plumes de la huppe et en criant doucement « aougui-a ». Des coassements se font également entendre. Certaines ♀ invitent à l’accouplement dès l’hiver, en se couchant à plat sur l’eau. Néanmoins, les accouplements n’ont lieu qu’au début du printemps. Les H. bièvres arrivent sur les eaux de nidification à partir de mars. La ♀ recherche, le long des rives, des cavités de nidification appropriées dans des vieux peuplements d’arbres, p. ex. des troncs creusés par le pourrissement ou des trous de pics, situés jusqu’à 18 m de hauteur. On a même trouvé des nids dans des niches rocheuses, des hangars à bateaux et sur des clochers. La ♀

pond généralement 8-12 œufs (les pontes plus grandes proviennent de 2 ♀) à partir de mars et couve pendant 30-32 jours. Après l’éclosion, les jeunes restent encore 1-2 jours dans la cavité ; ils grimpent ensuite jusqu’à l’ouverture par leurs propres moyens et se laissent tomber vers le sol avec les pieds écartés et les petites ailes déployées (petite photo en bas). La mère, qui les attend, les conduit immédiatement vers l’eau. Tous les jeunes d’une nichée ne parviennent pas à l’envol (après env. 2 mois), le temps froid, les crues, les martres et les brochets causent d’importantes pertes. Nourriture Les H. bièvres sont spécialisés dans la pêche sous-marine des poissons. Seuls ou par groupes, ils nagent en tous sens en maintenant la tête sous l’eau pour trouver des poissons (jusqu’à 10 cm de long), qu’ils capturent ensuite en plongeant. Le H. bièvres ne choisit pas les espèces et capture en priorité les poissons les plus abondants, c.-à-d. les plus faciles à attraper. Comme il chasse à vue, il manque comme oiseau nicheur partout où l’eau est trouble. Les pêcheurs le rendent responsable du recul des effectifs d’Ombres communs dans les rivières préalpines. En réalité, les aménagements et la pollution des cours d’eau ainsi que les mycoses jouent un bien plus grand rôle dans le recul de ce poisson. LR

en vol, paraît principalement blanc

Harle bièvre

Extrait Oiseaux - Éditions Ulmer  
Extrait Oiseaux - Éditions Ulmer  

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