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Activité de substitution

A Activité de substitution

Se lécher le flanc ou la queue, se gratter l’oreille ou grignoter, constituent chez le chat les activités de substitution les plus communes. On parle aussi d’activités substitutives ou de remplacement (traduction de l’anglais displacement activities). Elles se manifestent lorsque le chat est stressé (v stress, anxiété).

Le léchage d’une zone du corps est une activité substitutive classique chez le chat.

Mieux comprendre

Une activité de substitution est un comportement qui se manifeste quand l’individu ressent un conflit généré par deux motivations opposées. La dite activité n’a pas de relation directe avec le problème, elle permet juste de diminuer la tension émotionnelle induite par ce conflit. Prenons l’exemple d’un chat qui ressent un conflit de motivation du type « j’ai envie d’y aller, mais j’ai peur ». Le stress induit augmente tant que le problème « j’y vais ou je fuis ? » n’est pas résolu. Le chat se lèche alors le flanc, comme si cela lui permettait de gagner du temps, le

toilettage n’ayant évidemment aucun rapport avec le fait d’aller ou non vers ce qui l’attire. La forme que prend l’activité de substitution dépend de l’individu. Stressé, tel chat « préférera » se lécher le bout de la queue tandis que tel autre aura plutôt tendance à se jeter sur la nourriture. Toutes ces activités de substitution présentent malgré tout un point commun : elles sont apaisantes. Manger ou toucher son corps (en se léchant, pour un chat) calme en effet tout un chacun, quelle que soit l’espèce concernée.

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Activité de substitution

Agressions

Plus les stress sont nombreux, plus le chat produit des activités substitutives. Ainsi, les chats anxieux, très souvent stressés, produisent de plus en plus ce type d’activités, qui deviennent aussi plus intenses avec le temps. L’animal finit par passer le plus clair de son temps à se lécher ou à manger : l’activité substitutive s’est transformée en trouble obsessionnel compulsif ou TOC, signe d’une grande souffrance psychique (v souffrance, alopécie, boulimie, TOC).

psychotropes anxiolytiques ou antidépresseurs permettra de diminuer sa souffrance et de le soigner, la durée du traitement étant d’au moins 6 mois (v psychotropes, antidépresseurs, anxiolytiques).

Bien agir

Affection

Adrénaline (v hormones, neurotransmetteur, stress)

Le chat est assurément capable d’affection, comme tous les mammifères. Il suffit pour s’en convaincre d’observer une mère chatte s’occupant de ses chatons, deux chats se toiletter mutuellement ou encore un chat se frotter contre les jambes de son maître quand celui-ci rentre le soir… (v maternage, allomarquages, marquage facial). L’affection entre la mère et ses chatons (on parle alors d’attachement) est nécessaire au bon développement des petits : sans elle, le chaton, s’il survit, souffrira de troubles du développement (v attachement). L’affection est aussi ce qui soude la relation entre un chat et son maître. En effet, même si les chats sont avant tout territoriaux, les relations affectives qu’ils entretiennent avec ceux qui les entourent demeurent indispensables à leur bien-être (v socialisation, territoire).

v votre chat se lèche la queue ou

les flancs après que vous lui avez interdit de monter sur la table ?

C’est normal ! Il s’apaise et retrouve ainsi son équilibre émotionnel après cette petite frustration. Ce comportement est aussi banal que lorsque vous vous grattez la tête quand vous êtes contrarié. v si votre chat passe une grande

partie de son temps à se lécher,

au point de faire disparaître les poils sur une partie de son corps, ou prend du poids parce qu’il mange de plus en plus, s’il se gratte le cou au point d’avoir induit une plaie qui ne cicatrise pas, probablement souffre-t-il d’une grave anxiété, voire d’une dépression (v alopécie, boulimie, se gratter ) . Il doit être pris en charge médicalement, les mesures apaisantes de type phéromones ou compléments alimentaires risquant d’être inefficaces. L’administration de

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Il ne semble pas acceptable de parler d’un excès d’affection ou d’amour de la part d’un maître pour son chat, sauf si le maître ne respecte pas l’animal. L’adage « Qui trop embrasse, mal étreint » prend toute son importance avec le chat : on ne force pas un chat à faire des câlins sous peine de voir se dégrader les relations qu’on entretient avec lui. Certains chats paraissent en manque d’affection, recherchant sans cesse la compagnie, réclamant constamment des caresses, souffrant de rester seul. Ils souffrent d’hyperattachement, trouble généralement associé à l’évolution d’une anxiété (v hyperattachement).

de la queue), les oreilles plaquées (piloérection). Il crache et avance en sautillant vers l’intrus, de côté, comme un crabe. L’objectif : le repousser aux limites de son territoire ! Attention, une attaque est toujours possible : le chat fond alors sur l’intrus et le mord violemment, toujours dans le but de l’éjecter. v l ’ agression par irritation . Le chat souffle, crache, griffe, voire mord (mais rarement violemment). Il paraît agacé, irrité… La raison de ce comportement ? Il cherche à mettre à distance l’individu qui s’approche un peu trop près de lui ou à couper le contact avec celui qui le touche. v l’agression par peur. Terrorisé comme le serait un animal sauvage traqué, le chat hurle et mord violemment l’individu qui l’accule, comme pour « sauver sa peau », allant même parfois jusqu’à uriner ou déféquer en même temps. Lorsqu’il agit ainsi, c’est le signe d’un stress majeur, il est dans un véritable état de peur, de panique. v l’agression de prédation. Elle est d’un autre ressort. Le chat se tapit, il est à l’affût, immobile. Dès que sa « proie » se rapproche (il peut s’agir d’une souris, d’une mouche mais aussi du mollet !), il fonce dessus, la mord et la gratte avec ses pattes arrière. Dans ces moments où il « chasse », votre chat ne fait plus la distinction entre « vraie et fausse » proie, tout ce qui passe à sa portée est alors bon à prendre, sachez-le pour éviter les déconvenues ! (v attaquer, chasser).

Agressions

Si doux habituellement, votre chat devient tout à coup agressif : suivant les cas, il feule, griffe, s’agite, mord ou crache ! S’il agresse, c’est sans doute que lui-même s’est senti agressé, soit physiquement par un autre individu (humain ou animal), soit parce que son territoire a été brusquement remis en cause. Selon les cas, vous devrez apporter des réponses différentes à cette agressivité, signe fréquent d’anxiété.

Mieux comprendre

Chez le chat, on distingue quatre types d’agression possibles : v l’agression territoriale. Le chat se dresse sur ses pattes, s’arc-boute, le poil hérissé (notamment les poils

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Agressions

Agressions

circonstances qui perturbent l’équilibre émotionnel d’un chat. En perdant ses repères olfactifs, il devient anxieux (v territoire, anxiété de déterritorialisation). L’utilisation de phéromones (Feliway®) l’aide à se « réinstaller » dans son « nouveau » territoire (v phéromones). - au-delà de ces premières causes, si vous identifiez précisément celles qui entraînent de l’agressivité chez votre chat, essayez bien sûr au maximum de les éviter. Remarque : Vous pouvez administrer à votre chat en première intention des compléments alimentaires apaisants tels que l’Antixane®, du Zylkène® ou des croquettes Calm® de Royal canin® (riches en alphacasozépine, une protéine de lait)  si l’agressivité de votre chat a v toujours existé et/ou que les premiers gestes évoqués ci-dessus n’ont induit aucun changement notable, vous devez consulter un vétérinaire comportementaliste. Il analysera avec vous la situation pour trouver la cause exacte de cette agressivité et prescrira à votre compagnon un traitement adapté pour l’aider à mieux vivre avec vous, donc à être moins agressif : un complément alimentaire ou/et des phéronomes apaisantes Feliway® dans un premier temps, puis si nécessaire des psychotropes : la fluoxétine (Reconcile®), en particulier si l’agressivité de votre chat se double d’hyperactivité, de boulimie ou d’autoagressions, la sélégiline (Selgian®) ou la clomipramine (Clomicalm®) surtout s’il est peureux.

Bien agir

D’une manière générale, adaptez votre attitude en fonction du type d’agression que présente votre chat, mais surtout du contexte dans lequel il agresse. v si c’est la première fois qu’il agresse, et si cette attitude est en rapport avec une situation nouvelle (nouveau chat, déménagement, personne inconnue…), éloignez votre chat de ce qui le stresse et le rend anxieux. Au mieux, placez-le pendant une heure dans un endroit calme, avec un peu de nourriture, de l’eau et sa litière, le temps qu’il retrouve son calme (v stress, cohabitation, déménagement, territoire). v si ce n’est pas la première fois que votre chat est agressif, faites le point sur les circonstances qui génèrent chez lui de l’anxiété, et donc de l’agressivité. En voici quelquesunes, parmi les plus courantes : - la faim, qui constitue un facteur de stress indéniable. Donnez à manger souvent à votre chat, ou laissez-lui des croquettes à volonté. - les conflits, qui augmentent l’anxiété et donc aggravent les troubles du comportement. Votre chat ressent très bien si l’ambiance générale est tendue. Si vous avez tendance à crier, ou à le réprimander souvent, tentez déjà d’être vous-même plus calme, vous constaterez inévitablement un apaisement aussi chez votre chat (v réprimande). - un déménagement, des changements de meubles, la rénovation d’un appartement, qui sont autant de

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La prédation est-elle ou non une agression ? Du point de vue de la proie, la prédation est évidemment perçue comme une agression. Toutefois, selon les éthologues, on ne peut pas parler « d’agression de prédation » puisque la notion d’agression implique que les protagonistes soient en interaction et communiquent avant de se battre, par des modifications de postures et des vocalisations (v agression). Or, lors d’un comportement de prédation, le prédateur ne cherche en rien à communiquer avec sa proie dans la mesure où il doit la surprendre pour l’attraper plus facilement, la tuer et la manger (v prédation). Si la proie résiste et se bat avec lui, c’est pour se défendre, non pour communiquer (v agression par peur). Le terme est cependant utilisé largement par les vétérinaires pour désigner ce type d’agressions. Agression de « prédation » chez un chat anxieux : il se jette sur le mollet de sa maîtresse comme s’il s’agissait d’une proie.

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Agression de prédation

Agression par irritation

Agression de prédation

Dans certaines situations, le chat souhaite rester au calme : il est fatigué ou craint qu’on le contraigne ou qu’on lui fasse du mal. Dans ces momentslà, si l’on s’approche, ses pupilles se dilatent, il baisse les oreilles, crache… Lorsque cela ne suffit pas, il lance sa patte pour griffer celui qui s’est risqué trop près. Toutes ces menaces ont pour objectif de faire s’éloigner l’individu gênant, de le mettre à distance, on parle alors d’agression de distanciation. v l’agression de rupture. Elle se produit dans deux situations classiques : le chat est caressé, il ronronne puis stoppe brusquement ses ronronnements et commence à remuer la queue : agacé, il mord alors la main dont il ne supporte plus le contact (syndrome du chat caressé mordeur) et cherche à se sauver. Lors de soins médicaux, de brossage, ou quand on lui coupe les griffes, il est fréquent que le chat, irrité par ces contacts, parfois douloureux, cherche à se dégager en mordant. Entre chats, l’agression de distanciation est courante. Elle se produit généralement lorsqu’un chat ne souhaite pas être dérangé par un autre : en crachant lorsque celui-ci s’approche, le premier chat indique clairement ses intentions de rester seul. Mais l’agression de rupture peut être également observée, par exemple quand deux chats se toilettent mutuellement (v allomarquage, lécher). Il est fréquent alors que l’un des deux chats rompt le contact au bout d’un

Au sens large, l’agression de prédation décrit le comportement du chat qui se met à l’affût puis se jette soudainement sur sa « proie » pour la mordre. Dans le jeu, cette séquence comportementale est fréquente : le chat se cache, il se rassemble, piétine sur place, les pupilles dilatées, puis bondit soudain sur la peluche ou la balle (v jeu). Si le chat souffre d’un déficit d’autocontrôle (v syndrome Hs-Ha) ou d’anxiété en milieu clos ( v syn drome du tigre), ce type d’agression est plus fréquent. Dans ce cas, les « proies » visées sont les mollets des personnes qui marchent et c’est généralement en soirée qu’elles sont plus fréquentes (v hypervigilance).

Agression par irritation

Irrité ou agacé, un chat peut agresser pour qu’on le laisse tranquille. C’est ce que l’on appelle l’agression par irritation. Suivant les circonstances et l’objectif recherché par le chat — mettre à distance l’individu qui le dérange ou rompre le contact —, elle peut prendre des formes différentes.

Mieux comprendre

On distingue classiquement l’agression de distanciation et l’agression de rupture : v l’agression de distanciation.

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Agression par irritation de distanciation pour tenir à distance un congénère.

moment, en mordant l’autre au cou. L’anxiété ou la douleur provoquent parfois des agressions par irritation. Plus un chat est inquiet (anxieux) ou plus il souffre, moins il supportera le contact. C’est notamment le cas des chats mal socialisés à l’être humain (v syndrome de privation sensorielle, socialisation) : ils redoutent la proximité de l’homme, qui représente pour eux une espèce potentiellement « dangereuse », dont il faut rester à distance.

retirez calmement votre main, laissezle s’apaiser, quitte à le laisser partir. Si vous le contraignez, son agression n’en sera que plus violente (il mordra plus fort) mais aussi plus fréquente, par anticipation de la contrainte. Il est des moments où votre chat est plus enclin à faire des câlins qu’à d’autres, où il préfère dormir seul ou au contraire chasser : respectez ses rythmes, c’est un être vivant, pas une peluche ou un objet sans émotion ou réaction propre (v caresses et câlins).

Bien agir

v votre chat vous mord lorsque

v votre chat a tendance à vous

vous le soignez ou quand vous lui coupez les griffes ? Ne le forcez

mordre lorsque vous le caressez trop longtemps ? Respectez son

pas trop et ne prolongez pas inutilement la séance. Cessez le contact avant que cela ne dégénère et que votre chat ne s’énerve. Parlez-lui doucement, adaptez vos gestes pour éviter de le

seuil de tolérance, il est très variable d’un chat à l’autre ! Dès que vous constatez chez lui les premiers signes d’agacement, cessez vos caresses,

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Agression par irritation

brusquer. Juste après, proposez-lui sa friandise préférée, cela l’aidera à tolérer ces interventions désagréables (v friandise, récompense). En le récompensant ainsi, vous le motiverez également pour la fois prochaine, il tolérera alors plus facilement cette épreuve et vous pourrez le manipuler de mieux en mieux (v habituation). v votre chat semble toujours

sur la défensive et crache dès qu’une personne ou un animal l’approche ? Il est probablement

anxieux. Surtout, n’augmentez pas son stress : ne le grondez pas quand il crache et respectez son besoin de rester à distance. Cherchez plutôt à l’amadouer, à « l’apprivoiser » en quelque sorte par des petits plaisirs,

Agression territoriale

pour gagner sa confiance (récompense, thérapie par le jeu). Parallèlement, il est important de prendre en charge son anxiété — qui génère cette sorte de paranoïa — pour l’aider à se détendre et permettre qu’il souffre moins.

Agression par peur

Toujours très violente, l’agression par peur transforme un chat craintif ou sensible en véritable furie. Elle touche souvent des chats souffrant d’un trouble de l’homéostasie sensorielle ou d’un syndrome hypersensibilitéhyperactivité, ou encore les chats souffrant de dysthymie.

Agression par peur : le chat peut attaquer comme s’il était redevenu sauvage.

en repoussant physiquement votre chat, soit en plaçant devant vous une couverture ou une chaise, et isolez-le dès que possible dans une pièce fermée pour qu’il se calme et reprenne ses esprits. Laissez-le au moins une heure ainsi si c’est possible avant d’ouvrir la porte. En attendant, soignez-vous si le chat vous a blessé. La prise en charge médicale par un vétérinaire spécialisé en comportement est indispensable pour soigner cette anxiété et éviter une éventuelle récidive (v psychotropes, antidépresseurs, anxiolytiques).

Mieux comprendre

La peur correspond à une émotion intense que l’animal ressent quand il se perçoit dans une situation fermée, dans une sorte d’impasse dont il imagine ne pouvoir sortir vivant qu’en agressant violemment son « agresseur » pour le faire fuir. La perte de contrôle qui caractérise cette agression explique pourquoi les morsures et les griffures sont alors si profondes. Avant l’attaque, ou pendant, le chat feule et crie comme une bête sauvage, ce qui terrorise généralement les témoins de la scène. Il peut aussi uriner ou déféquer en même temps. L’agression peut durer plusieurs minutes. Ensuite, l’animal semble complètement traumatisé et perdu, ne reconnaissant ni le territoire ni les personnes qui l’entourent.

Agression territoriale

L’agression territoriale vise à faire partir l’intrus du territoire qu’occupe le chat. Elle est facilement repérable car la posture en U inversé que l’animal adopte alors est caractéristique. Il se fige de profil, les membres tendus, le dos rond, les poils hérissés, puis il sautille vers l’intrus en avançant « en crabe ». En même temps, il crache ou feule, les pupilles dilatées, les oreilles plaquées en arrière (v yeux, oreilles, hérisser le poil, cracher). Cela peut se terminer par une attaque en règle, avec morsure et poursuite du gêneur !

v les contextes d’apparition de

cette agression sont :

- une douleur si violente que le chat refuse absolument d’être approché par qui que ce soit - des crises d’angoisse lors d’une anxiété intermittente, pendant lesquelles l’animal devient « paranoïaque ». Le déclencheur est souvent un bruit violent (un cri d’enfant, un programme de télévision particulièrement bruyant…) : il surprend le chat au point que celui-ci agresse l’individu qui se trouve près de lui ou qui semble être à l’origine de ce bruit.

Mieux comprendre v chez le chaton

L’agression territoriale est souvent observée chez les chatons quand ils

Bien agir

Sur le moment, protégez-vous ! Soit

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Agression territoriale

Allaitement

jouent ensemble, un peu comme s’ils s’entraînaient à la pratiquer lors de leurs jeux de combat (v développement). Elle survient aussi lorsque le chaton est surpris par l’arrivée de quelqu’un : il sursaute et se met immédiatement « en U inversé ». Mais il s’apaise ensuite rapidement, sans passer à l’attaque. v chez le chat adulte

En principe, l’agression territoriale ne

se manifeste quasiment jamais lorsque le chat se trouve « chez lui », dans le contexte familial, si ce n’est sous forme de jeu le soir ou le matin très tôt (v jeu, hypervigilance). Dans ce cas, elle se résume surtout à cette amusante marche en crabe, mais sans passage à l’acte de morsure. En revanche, elle est plus fréquemment observée lorsque l’animal évolue dans le jardin et y rencontre des congénères étrangers.

Posture en « U » inversé caractéristique de l’agression territoriale.

pas liée à un changement de territoire, elle témoigne sans doute d’une

L’anxiété peut entraîner des agressions territoriales. Un chat anxieux sera en effet plus facilement inquiet, avec le risque de se laisser surprendre plus souvent : il suffira alors que quelqu’un pénètre dans la pièce où il se trouve pour qu’il sursaute et adopte immédiatement une posture menaçante. Si, parallèlement, il se contrôle mal, comme c’est le cas lors d’hyperactivité, le passage à l’acte de morsure est fréquent : le chat se jette alors sur les jambes, le bras ou le dos de celui qui passe, comme pour le chasser du territoire.

anxiété chez votre petit compagnon. - L’agression n’est pas accompagnée de morsures : vous pouvez jouer sur plusieurs registres pour aider votre chat à s’apaiser, à savoir déjà repérer et limiter au maximum les sources de stress mais aussi lui laisser des croquettes à disposition si vous êtes en appartement et disposer des jouets accessibles à tout moment. L’administration d’Anxitane® ou de Zylkène® peut également être salutaire (v compléments alimentaires). - L’agression est accompagnée de morsures : surtout si celles-ci sont fréquentes et/ou profondes, ces premières mesures d’apaisement ne suffisent pas et le recours à des anxiolytiques sera nécessaire. Après avoir porté le diagnostic, votre vétérinaire prescrira un anxiolytique comme le Clomicalm® , le Selgian® ou le Reconcile®, ce dernier étant particulièrement indiqué lors d’hyperactivité et de boulimie associée.

Bien agir v si l’agression territoriale se

produit rarement, et plutôt le soir, il ne faut pas vous inquiéter,

surtout si votre chat est jeune et joueur et qu’il sait s’arrêter avant de mordre. Le début de la soirée est l’un des moments de la journée où il est le plus vigilant, dans la nature il chasserait, à la maison il joue ! Transformez l’agression en jeu en lui lançant une boulette de papier, une ficelle ou un bouchon, qu’il ne manquera pas de poursuivre.

Allaitement

v si votre chat vous agresse

dans les jours qui suivent un déménagement, peut-être n’a-t-il

v le colostrum

Dès la mise-bas, la chatte allaite ses petits. Le premier « lait » qui s’écoule de ses mamelles est appelé le colostrum. Ce liquide jaune est pauvre en sucres, contrairement au lait produit plus tard, mais très riche en protéines, notamment en anticorps qui participent à l’immunisation du

pas suffisamment marqué ce nouveau territoire, donc le moindre bruit l’inquiète alors ? Branchez un diffuseur de Feliway® pendant quelques jours : vous devriez constater assez rapidement une amélioration. v si l’agression territoriale n’est

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Allaitement

Allaitement

nouveau-né : absorber ce colostrum lui est indispensable pour être protégé sur le plan immunitaire, le temps que son système immunitaire soit efficient (vers 1 mois).

est complexe, car il renferme de nombreuses substances qui se trouvent dans l’organisme de la mère, notamment des molécules qui proviennent de son alimentation, mais aussi des médicaments éventuels, des toxiques ainsi que certains germes. La production de lait dépend de la sécrétion de deux hormones hypophysaires : - la prolactine, sécrétée dès la fin de la gestation, stimule la fabrication de lait par les glandes mammaires. Sa sécrétion est stimulée notamment par la stimulation tactile des mamelles - l’ocytocine, dont la sécrétion est

v le lait

Après deux à trois jours, cette sécrétion mammaire devient du lait, un liquide blanchâtre très nourrissant qui a essentiellement une fonction nutritive : c’est l’aliment exclusif du chaton jusqu’à l’âge de 3 ou 4 semaines. Le lait de chatte est un peu plus concentré que le lait de vache et contient plus de protéines et moins de glucides. Sa composition

Bon à savoir • De la qualité de l’alimentation de la chatte dépend la qualité de son lait.

Si votre chatte est allaitante, donnez-lui une alimentation riche en énergie et en protéines. Les aliments pour chaton sont appropriés dans ce cas. • L a nature de l’alimentation de la chatte induira les préférences alimentaires futures de ses chatons. Si elle n’est nourrie qu’aux croquettes, ses chatons préféreront sans doute manger exclusivement des croquettes par la suite. Certains médicaments administrés à la mère risquent de passer dans son lait. Vérifiez sur la notice des produits vétérinaires qu’ils peuvent être administrés pendant l’allaitement ou prenez conseil auprès de votre vétérinaire. • Une infection des mamelles (mammite) nécessite un traitement antibiotique de la mère et l’arrêt de l’allaitement de ses petits qui devront être biberonnés avec du lait maternisé pour chat, commercialisé chez le vétérinaire ou chez le pharmacien. Si le chaton à moins de 10 jours, pensez bien à nettoyer avec un coton humide la zone péri-anale pour qu’il fasse ses besoins. Essayez de trouver une autre chatte ou une chienne qui vous aidera à le materner et diminuera le risque de voir apparaître un trouble du développement (v maternage, troubles du développement, syndrome

Hs-Ha).

Chatte qui allaite ses petits.

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Alopécie

déclenchée chez la chatte par la vue de ses petits, leur contact stimulant l’éjection du lait. v pendant l’allaitement La chatte est couchée sur le flanc et ronronne. Par moments, elle lèche un chaton paresseux ou maladroit pour le stimuler et le guider vers une tétine. Dès qu’un chaton est repu, elle le lèche en région péri-anale (autour de l’anus) pour stimuler l’émission des déjections qu’elle ingérera les premiers jours (v développement). Puis, le petit s’endort contre le ventre de sa mère. La période d’allaitement est une période de grande proximité entre la mère et ses petits. L’attachement réciproque qui les lie est indispensable pour le développement psychomoteur de ceux-ci. Près de leur mère, les chatons se réchauffent, se nourrissent, s’apaisent, dorment et rêvent. Pendant ce temps, leur système nerveux finit de se développer. À l’âge de 3 semaines, les yeux, les oreilles et les membres du chaton sont devenus suffisamment efficaces pour qu’il s’éloigne de sa mère et explore son environnement (v exploration). Cela correspond au début du sevrage alimentaire, donc à la fin de la période d’allaitement.

chat pour montrer son affection, tout en déposant des sécrétions phéromonales apaisantes (v marquage).

Alopécie

Le pelage de votre chat est inégal ? Vous constatez qu’il y a des zones sans poil ? Votre chat présente sans doute une alopécie.

Mieux comprendre

En dermatologie, l’alopécie désigne l’accélération de la chute des poils, ce qui explique que le pelage disparaît partiellement (alopécie diffuse), voire, dans certaines zones, complètement. Un léchage ou un grattage exacerbé en sont aussi responsables, ce qui est le cas dans l’alopécie extensive féline (v TOC). La disparition du poil peut avoir plusieurs origines. v le chat est en mauvais état

car il est malade (il souffre d’insuffisance rénale, par exemple) ou il présente des carences alimentaires. Dans ce cas, l’alopécie est diffuse mais répartie sur tout le corps, le poil est terne et cassant. général

v le chat se gratte ou se lèche

Allomarquage

au point que ses poils sont cassés. Une infestation par les puces ou

Effectué sur un être vivant, l’allomarquage est un marquage facial apaisant. Le chat se frotte sur la jambe de son maître, sur le poitrail du chien de la maison ou contre la tête d’un autre

une allergie (à la salive de puce, aux acariens ou à certains aliments) provoque des démangeaisons, entraînant un grattage exacerbé (v se gratter, se lécher). Dans ce cas de figure, la peau est généralement enflammée ou

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Stress et peau : un cercle vicieux ! Chat, chien, oiseau, cheval… Quelle que soit l’espèce considérée, les spécialistes s’accordent sur le fait que la peau est intimement liée au psychisme. Ainsi, chez le chat, les piqûres de puces provoquent des démangeaisons obsédantes, rendant la peau hypersensible et tout contact physique intolérable et déclencheur… de léchage ou de grattage. L’animal est « sur les nerfs », hypervigilant et hyper-réactif. C’est le chemin vers l’anxiété. Le chat qui souffre d’anxiété présente le même type de comportement, quelle que soit l’origine de son trouble. Il réagit fortement à toutes les stimulations qui concernent son corps, se léchant frénétiquement dès que son pelage est perturbé. On parle d’hyperesthésie pour désigner cette hypersensibilité cutanée. Enfin, tous les chats ont tendance à se lécher pour s’apaiser dès qu’ils ressentent un stress. Cette activité est en effet auto-apaisante (c’est la même chose pour nous lorsque nous nous rongeons les ongles, par exemple !).

irritée, elle présente des petites croûtes de grattage.

« consciencieusement » tondu par un léchage incessant. Lorsque c’est le cas, il va sans dire que l’animal souffre d’une grave anxiété, entraî­ nant une souffrance psychique élevée (v anxiété, dépression).

v le chat, par ailleurs anxieux,

lèche une zone précise de son corps de façon compulsive. La

peau est saine et ne présente pas de plaie de grattage : elle est comme épilée ou rasée de près, donnant parfois l’impression que le chat a été tondu par endroits (le poil est coupé au milieu, comme par une tondeuse). C’est l’alopécie extensive féline (v TOC). Les zones d’alopé­ cie sont caractéristiques : le bas du ventre, les flancs (souvent de manière symétrique), les régions axillaires (les aisselles). Le léchage est ici considéré comme une activité substitutive, anormalement exacerbée (v activités substitutives). Certains chats très anxieux se lèchent tant que seuls demeurent quelques poils sur la tête, au bout des pattes et de la queue. Le pelage de tout le reste du corps est

Bien agir

Une alopécie exige toujours de con­ sulter car c’est le signe d’une maladie physique ou comportementale. Seul le vétérinaire, en examinant votre chat tant sur le plan physique que comportemental, pourra déterminer la cause de son trouble (parasites ? allergie ? anxiété ?). Le stress étant un facteur aggravant (voir encadré), lors de la prise en charge d’un chat qui souffre d’un problème de peau, le vétérinaire traite en parallèle le problème dermatologique et le stress qui l’accompagne. v si l’anxiété est à l’origine de l’alopécie, évitez au maximum les

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Alopécie

Anorexie

sources de stress à votre petit compagnon. Et surtout, ne le réprimandez pas quand il se lèche, cela ne ferait que renforcer son anxiété. Sur le coup, il cessera, pour reprendre de plus belle dès que vous aurez le dos tourné (v punition/réprimande). Si l’alopécie est très étendue, sans qu’aucune affection strictement cutanée n’ait été mise en évidence, un traitement anxiolytique ou antidépresseur s’avère indispensable (v dépression, psychotropes). v lutter contre les parasites,

notamment les puces,

qui sont les parasites cutanés les plus fréquemment à l’origine de dermatoses. Tous les vétérinaires dermatologues vous le diront : les éliminer est primordial, sachant que, pour être efficaces, les traitements doivent être appliqués régulièrement. v au-delà des divers traitements,

préservera la bonne santé générale de votre animal. Vous pourrez le cas échéant lui donner un supplément en vitamines B, bonnes pour la peau et la croissance du poil, sous forme de levure de bière (que l’on trouve facilement dans le commerce) et d’huiles bien équilibrées en oméga-3 et oméga-6 (huiles végétales, huiles de poisson). une alimentation équilibrée

Alopécie extensive féline

Le chat se léchant de façon obsessionnelle certaines parties du corps,

d’une augmentation de la pression artérielle. L’anxiété et la dépression entraînent souvent des manifestations d’angoisse (v dépression, noradrénaline).

Anorexie

Le bas-ventre est la zone du corps la plus fréquemment atteinte lors d’alopécie extensive féline.

celles-ci deviennent totalement glabres (sans poil). La peau est saine (rose, sans blessure), comme si le chat avait été tondu. L’anxiété est à l’origine de ce syndrome (v se lécher, activités substitutives, TOC).

Angoisse

L’angoisse est un terme générique sous lequel on regroupe des sensations psychiques de crainte et de peur, alors même qu’aucun danger réel ne peut être identifié. On dira ainsi d’un chat anxieux qui erre sans but la nuit dans la maison en miaulant, qu’il manifeste une angoisse. Le terme recouvre également un certain nombre de sensations physiques désagréables, accompagnées notamment d’une accélération cardiaque et

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Un chat qui ne mange pas présente une anorexie. Si le vôtre n’a rien avalé depuis 48 heures, il faut absolument consulter votre vétérinaire au plus vite : son foie ne supporterait pas un jeûne prolongé (cf. encadré). S’il mange en très faible quantité, on parlera alors plutôt d’hyporexie.

Mieux comprendre

L’anorexie peut provenir de l’évolution d’une maladie physique ou d’une affection psychique (v dépression).

v la fièvre (ou hyperthermie), liée à

une infection (un abcès, par exemple), est l’une des causes les plus fréquentes d’anorexie (v maladies). En effet, comme chez tout mammifère, lorsque la température du corps augmente, l’appétit diminue. Les affections du système digestif telles qu’une gastro-entérite (avec vomissements et diarrhée), une occlusion liée à l’ingestion d’un corps étranger ou encore une atteinte du foie ou du pancréas, génère également une perte d’appétit (v troubles digestifs). v la dépression, quant à elle, se caractérise par une hyporexie, voire une anorexie complète accompagnée d’une tristesse profonde, d’un arrêt de toute activité (sauf les activités substitutives, fréquentes, qui sont alors exacerbées). Elle peut être le fruit d’une maladie psychique mais aussi causée

Anorexie et lipidose hépatique : un cercle vicieux infernal ! La lipidose hépatique correspond à une surcharge graisseuse du foie (« foie gras »). Cette grave maladie peut entraîner la mort par insuffisance hépatique. L’anorexie en est à la fois un symptôme et une cause. Parallèlement, l’animal est faible et présente parfois des vomissements et de la diarrhée. Le processus est simple : le chat cessant de manger, son corps va devoir utiliser sa masse graisseuse comme source d’énergie. Or, c’est le foie qui gère ces graisses. Or, un foie surchargé entraîne rapidement… une anorexie. Un véritable cercle vicieux auquel il faut échapper au plus vite ! Une alimentation de mauvaise qualité, déficiente en certains acides aminés (méthionine et arginine surtout), mais aussi l’obésité, sont des facteurs favorisants. Une nutrition appétissante et à haute teneur énergétique est indispensable pour lutter contre cette maladie difficile à traiter et qui nécessite des soins prolongés, surtout si on intervient tard. Certaines maladies hépatiques peuvent être confondues avec la lipidose car elles induisent des signes d’insuffisance hépatique identiques : seule une biopsie du foie permet alors de faire la différence.

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Anorexie

Antidépresseur

par n’importe quelle maladie générale. Quelle qu’en soit l’origine, une anorexie de plusieurs jours entraîne à coup sûr une lipidose hépatique (cf. encadré), qui génère à son tour une anorexie. Il convient alors de sortir au plus vite de ce processus, qui met la vie de l’animal en danger.

Bien agir

v faites manger votre chat ! C’est

la première mesure à prendre pour éviter que ne s’installe le cercle vicieux évoqué plus haut (anorexie -> lipidose hépatique -> anorexie). Il faut en effet éviter à tout prix que l’anorexie ne se prolonge. Dans tous les cas, proposezlui des aliments appétissants, voire des friandises : viande, thon, jambon, crevettes ou fromage (v friandises). v consultez votre vétérinaire.

Après un examen complet de votre petit compagnon, le vétérinaire pourra préciser l’origine de son anorexie et agir en conséquence, c’est-àdire soigner spécifiquement la cause. Il conseillera probablement des aliments très énergétiques spécifiques (Hills® a/d), qui contiennent des acides aminés essentiels. - Parallèlement, la prescription de médicaments qui augmentent l’appétit (dits orexigènes) est souvent utile : les corticoïdes et le Valium® sont ainsi couramment prescrits mais jamais sur le long terme, contrairement à la miansérine (Athymil ® ), qui combine de puissants effets orexigènes (le chat retrouve l’appétit dans l’heure), antidépresseurs et stimulants

(v antidépresseurs) ; la mirtazapine (Norset®) a le même type d’effets. - La SAMe (S-adenyl méthionine) est particulièrement intéressante parce qu’elle soutient l’activité du foie et possède une action antidépressive notamment chez les animaux âgés, sans effet secondaire. Elle est présente dans plusieurs compléments alimentaires (Novifit®, Zentonil®) et doit être utilisée pendant quelques semaines, voire quelques mois (v compléments alimentaires).

Antidépresseur v soigner la dépression

Un médicament antidépresseur est un psychotrope qui soigne la dépression. On dit aussi qu’il a la propriété de lever l’humeur dépressive, c’est-àdire de diminuer la tristesse, de faire disparaître l’apathie, la fatigue et les cauchemars dont souffre l’individu dépressif, en stimulant la transmission des neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la noradrénaline et/ou la dopamine (v neurotransmetteurs). Les antidépresseurs ont souvent, en début de traitement, des effets secondaires qui disparaissent ensuite. Ceux-ci sont dépendants de la dose administrée, c’est pourquoi le vétérinaire prescrit généralement l’antidépresseur à demi-dose pendant la première semaine. Par ailleurs, les antidépresseurs de la génération actuelle ont une toxicité très faible, voire nulle.

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Les familles d’antidépresseurs utilisées chez le chat Actuellement il n'existe pas de médicament vétérinaire possédant une AMM (autorisation de mise sur le marché) pour le chat. • Les IMAO Découverts dans les années 50, les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) constituent la première génération d’antidépresseurs en médecine humaine. La sélégiline (Selgian®) est un IMAO-B qui a très peu d’effets secondaires et pas d’effets toxiques, contrairement aux IMAO-A qui sont aujourd’hui rarement prescrits en médecine humaine et plus du tout en médecine vétérinaire. Le Selgian® est psychostimulant et non sédatif.

• Les tricycliques (ou impipraminiques). Ce sont des inhibiteurs non sélectifs de

la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (v neurotransmetteurs) : - La clomipramine existe sous le nom de Clomicalm® en présentation vétérinaire (avec l’indication « anxiolytique ») et sous le nom d’Anafranil® en présentation humaine, avec l’indication anti-dépresseur (v anxiolytique). - L’imipramine (Tofranil®) a souvent été utilisée par les Anglo-Saxons pour diminuer la malpropreté chez le chat en raison de ses effets anti-cholinergiques (effet « bouche sèche »).

• Les ISRS (pour Inhibiteur Sélectif de la Recapture de la Sérotonine) : - La fluoxétine (Reconcile®, Prozac® en médecine humaine) a une longue durée de vie (plus de 24 h chez le chat, 6 à 14 jours chez l'homme), ce qui permet une seule administration par jour et assure une certaine stabilité comportementale si l’administration n’est pas très régulière. Son indication principale chez le chat n’est pas la dépression, mais le syndrome Hs-Ha et toutes les manifestations anxieuses excessives (agressivité, malpropreté urinaire, alopécie extensive, boulimie). Les effets secondaires sédatifs sont moins importants qu’avec la clomipramine (Clomicalm®). La fluoxétine existe maintenant en présentation vétérinaire en France sous la forme de comprimés appétents (Reconcile®), l’administration en étant facilitée. - La fluvoxamine (Floxyfral®) a les mêmes indications chez le chat que la fluoxétine (Reconcile®). Sa durée de vie est toutefois plus courte, l’administration doit donc être très régulière. Elle est souvent utilisée par les vétérinaires comportementalistes belges. • La miansérine (Athymil®) (famille des antagonistes alpha2-présynaptique)

est principalement utilisée lors d’anorexie chez les chats déprimés ou en hospitalisation. Elle a une action désinhibitrice, intéressante chez les chats très peureux, mais qui peut entraîner chez certains chats de l’agitation.

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Antidépresseur

Anxiété

Psychotropes antidépresseurs utilisé pour le chat

Athymil®*

utilisé surtout comme antidépresseur, orexigène (augmente l’appétit), anxiolytique et désinhibiteur ; non sédatif

Clomicalm®

antidépresseur, anxiolytique ; légèrement sédatif

Novifit®

complément alimentaire antidépresseur chez le chat âgé, antidépresseur, psychostimulant ; non sédatif

Reconcile® Floxyfral®*

surtout utilisés comme anxiolytiques et anti-impulsifs pour soigner les chats hyperactifs ; peu sédatifs

Selgian®

antidépresseur, anxiolytique, psychostimulant (pour les chats inhibés et les chats âgés) ; non sédatif

* Médicaments de médecine humaine Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de dépendance physique aux antidépresseurs, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’accoutumance de l’animal : une fois la dose ajustée, celle-ci est maintenue pendant toute la durée du traitement, qui doit être poursuivi au moins 6 mois. C’est en effet la durée nécessaire pour que l’amélioration comportementale soit solide. v d’autres actions possibles Les antidépresseurs ont d’autres actions sur le comportement, qui varient selon la famille d’antidépresseur à laquelle ils appartiennent (cf. encadré). Ainsi, ils peuvent suivant les cas : - diminuer l’anxiété - freiner l’impulsivité (v hyperactivité, syndrome Hs-Ha), la fluoxétine (Reconcile®) étant souvent administrée dans cette indication - faire disparaître les troubles obsessionnels compulsifs - diminuer l’appétit (effet anorexigène), ce qui permet de soigner un chat boulimique ; c’est le cas de la fluoxétine

(Reconcile®)et de la fluoxam - augmenter l’appétit (effet orexigène), comme le fait la miansérine (Athymil®), utilisée pour soigner les chats dépressifs et anorexiques - favoriser le sommeil et améliorer sa qualité, ce qui est utile chez les chats hyperactifs qui dorment peu (v syndrome Hs-Ha) ; la clomipramine (Clomicalm®) et la fluoxétine (Reconcile®) ont une action spécifique dans ce sens - stimuler l’activité : la sélégiline (Selgian®) et la miansérine (Athymil®) sont plutôt prescrits pour les chats inhibés, repliés sur eux-mêmes, afin de les aider à recouvrer des activités sociales (v jeu, câlin/caresse, exploration). v les antidépresseurs les plus

courants

Quatre produits vétérinaires (Clomicalm®, Selgian®, Novifit®, Reconcile®) et trois antidépresseurs humains (Floxyfral®, Athymil®) sont couramment utilisés pour soigner le chat.

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Anxiété

Votre chat semble inquiet en permanence ? Il sursaute pour un rien ? Ses yeux sont comme « fous » ? Il souffre probablement d’anxiété. Attention : celle-ci peut générer des conduites agressives, de la malpropreté ou des problèmes de peau (v agressions).

Mieux comprendre

L’anxiété est un état émotionnel caractérisé par : - Une augmentation des réactions de peur et des crises d’angoisse : le chat tressaille, fuit ou crache à tout bout de champ. Ses pupilles sont souvent dilatées, son poil hérissé, son dos parcouru de « frissons » (v rolling skin syndrome). - Une perte d’adaptabilité aux changements : il est bouleversé dès que son environnement change (des horaires différents pour sa nourriture par exemple ou un meuble déplacé).

Parfois, ce sont des changements internes (douleur, faim, envie de faire ses besoins) qui génèrent alors chez lui un grand mal être. - Une dérégulation des autocontrôles : le chat anxieux est très réactif, impulsif et parfois obsessionnel (v autocontrôles, TOC). Il est fréquent qu’un chat anxieux présente aussi un hyperattachement à une personne ou à un autre animal (v hyperattachement).

Bien agir

Analyser les conditions de vie du chat et son histoire aide à comprendre le ou les facteurs à l’origine de son anxiété. En découlent ensuite les solutions pour le soulager efficacement. Les origines de l’anxiété chez le chat sont en effet variées : troubles du développement, changement de territoire (v anxiété de déterritorialisation),

Anxiété intermittente ou permanente ? Elles sont de gravité croissante. • L’anxiété intermittente se caractérise par des manifestations « productives » de la part du chat, c’est-à-dire qui se remarque nettement par les propriétaires, notamment des agressions, de la malpropreté, des miaulements d’angoisse. Sans traitement, l’anxiété intermittente évolue en anxiété permanente, en dépression ou en dysthymie. • L’anxiété permanente est marquée chez le chat par une exacerbation des activités substitutives (v alopécie extensive féline, TOC). Ses occupations sont de moins en moins variées : il ne joue plus, ne demande plus de câlins, il dort beaucoup et consacre le reste du temps à des activités substitutives centrées essentiellement sur lui. On parle de manifestations déficitaires, par opposition aux manifestations productives de l’anxiété intermittente. Non traitée, l’anxiété permanente évolue généralement en dépression.

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Anxiété de cohabitation/Cas pratique

Anxiété de cohabitation

enfermement d’un chat qui avait l’habitude de sortir (v anxiété en milieu clos), impossible cohabitation avec un autre chat (v anxiété de cohabitation)… Telles sont quelques-unes des causes possibles. Les moyens d’action en dépendent. Si l’anxiété provient d’un trouble du développement, un traitement médicamenteux sera sans doute nécessaire. Sur le plan comportemental, certaines règles simples permettent d’apaiser un chat anxieux. Vous veillerez notamment à : - ne pas le réprimander, crier ni bien sûr le taper - laisser des croquettes à volonté ou proposer de nombreux petits repas en journée - respecter son repos.

Anxiété de cohabitation

C’est l’anxiété ressentie par des chats qui n’arrivent pas à cohabiter sur un même territoire. L’animal « en place » est bien installé dans son territoire et un « intrus » y pénètre. Ce peut être un chat inconnu mais aussi un chat connu, que le premier ne reconnaît pas (odeurs ou aspect différents suite à une hospitalisation, au port d’une collerette, à un toilettage). L’un des deux chats, celui qui était déjà en place ou l’intrus, se met alors à agresser l’autre, ce dernier prenant peur (v agressions). Le chat agresseur est en permanence sur le qui-vive :

il guette et poursuit son congénère, le harcèle dans les moindres recoins comme pour l’exclure du territoire. Le chat « victime » est lui-même constamment en alerte de peur de se faire agresser et finit par rester prostré sous un meuble, n’osant plus sortir, son territoire réduit au minimum.

Mieux comprendre

Le chat est un animal territorial plutôt solitaire. Si un « inconnu » pénètre sur son territoire, il le ressent comme une intrusion insupportable et aura tendance à agresser l’intrus pour le faire partir. Si celui-ci ne se laisse pas faire, se « rebelle », un équilibre se met progressivement en place entre les deux chats : ils apprennent à se connaître puis à cohabiter. Lorsque ce n’est pas le cas, les deux chats peuvent devenir anxieux, on parle alors d’anxiété de cohabitation. v le chat agresseur souffre d’une anxiété intermittente, inquiet de voir persister cet intrus dans son territoire malgré tous ses efforts pour l’en exclure ! Il est agressif envers celui qui viole son territoire et peut parfois le devenir avec ses maîtres. Certains chats se mettent à uriner en dehors de leur litière (v malpropreté) ou manifestent d’autres symptômes d’anxiété (v activités substitutives, alopécie extensive, boulimie).

« intrus » devient en quelque sorte victime de harcèlement. Agressé en permanence, v le chat

incapable de se défendre, il cherche constamment à se cacher pour

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Lasco et Pirouette : une cohabitation difficile Mme B. a récupéré Lasco quinze jours auparavant : c’est le chat de sa fille, partie terminer ses études en Espagne. Lasco, 2 ans, est affectueux, calme et joueur, mais la chatte de M. et Mme B., Pirouette, 6 ans, prend très mal son arrivée : elle a craché quand Lasco s’est approché d’elle la première fois pour la flairer, lui a jeté un coup de patte, ce qui a beaucoup amusé Lasco qui l’a poursuivie… Effrayée, Pirouette s’est réfugiée sous le lit de M. et Mme B., d’où elle ne sort quasiment plus sauf la nuit venue, pour manger, Lasco restant alors enfermé dans le séjour. Mme B. pensait que, les jours passant, Pirouette s’habituerait, mais la situation empire, la chatte ne venant même plus quand on l’appelle, crachant et semblant dorénavant avoir peur de tout. Pirouette souffre d’une anxiété de cohabitation : elle est en permanence effrayée, ce qui induit chez elle une inhibition presque totale. Comme aucun signe d’adaptation n’est apparu au cours des deux premières semaines de cohabitation (pire, elle mange de moins en moins), un traitement anxiolytique lui est prescrit : la miansérine (Athymil®), dont les effets désinhibiteurs sont rapides et qui développe parallèlement l’appétit. L’objectif ? Que Pirouette, ainsi stimulée, ose sortir de sa cachette pour manger, faire ses besoins et surtout répondre sans fuir à Lasco s’il s’approche d’elle. Celui-ci sera sans doute surpris les premières fois, mais il se tiendra à distance et les deux chats pourront ainsi « faire connaissance ». L’aménagement du territoire est aussi une donnée importante : Pirouette doit pouvoir trouver dans la zone proche de la chambre où elle se réfugie tout ce dont elle a besoin : nourriture, litière, jeux… sans être obligée de croiser Lasco, dont la nourriture et la litière seront placées le plus loin possible de Pirouette, dans la pièce de séjour. Dans la cuisine, centrale, on disposera aussi de la nourriture. Ainsi, chacun est libre de vivre dans son espace ou de croiser l’autre. Complément indispensable de cette mesure : un diffuseur de Feliway®, placé dans la cuisine, qui aidera Pirouette à se réapproprier la totalité du territoire. Enfin, il est recommandé de stimuler la chatte en lui proposant

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Anxiété de cohabitation/Cas pratique

câlins, jeux et friandises alimentaires : autant de petits plaisirs fondamentaux pour l’apaiser et lui permettre de retrouver sa joie de vivre. Dans les deux jours qui suivent la mise en œuvre de ce programme, Pirouette sort plus souvent de la chambre, poussant même une ou deux fois jusqu’à la cuisine pour manger. En croisant Lasco au passage, elle crache mais sans fuir. Lasco, surpris, reste en retrait et se couche pour l’observer. Après une semaine, la situation semble nettement s’équilibrer et des rituels s’installent entre les deux félins : Mme B. constate par exemple que Lasco laisse manger Pirouette en premier quand ils se retrouvent tous les deux en même temps dans la cuisine. La miansérine peut alors être réduite progressivement, en veillant à ce que les relations entre les deux chats continuent d’évoluer favorablement. Parallèlement, la nourriture et la litière attribuées à Pirouette dans la zone chambre seront peu à peu rapprochées du centre de l’appartement. Ces différentes mesures, complémentaires, ont porté leurs fruits : après un mois, la situation est nettement plus détendue et la cohabitation entre les deux chats en voie de réussir. éviter les conflits. Il rampe jusqu’à sa gamelle et jusqu’à sa litière, sursaute au moindre bruit. Comme le chat agresseur, il arrive qu’il devienne malpropre, boulimique ou qu’il se lèche avec excès. Intermittente au départ, son anxiété peut devenir permanente, voire se transformer en dépression. v parfois, c’est l’inverse qui se

produit :

l’intrus répond si agressivement aux menaces du chat en place qu’il l’effraie au point de l’acculer dans un coin. Le chat « intrus » est alors l’agresseur et le chat en place est la victime.

Bien agir

Dans un premier temps, disposez des gamelles de croquettes à des endroits

différents et éloignés, pour que le chat agressé puisse manger sans croiser forcément le chemin de son agresseur. Pour le reste, les solutions valent pour l’un et l’autre des deux chats. - Placez un diffuseur de Feliway® dans la maison : les phéromones émises apaiseront le chat agresseur, lui permettant de faire baisser son agressivité ; de son côté, le chat « victime » ressentira moins intensément la peur, il osera alors davantage sortir de sa cachette et affronter son agresseur. - Un complément alimentaire apaisant aidera le chat agressé à moins souffrir et le chat agresseur à se détendre, et donc à harceler moins souvent son congénère.

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Dans l’anxiété de cohabitation, l’un des chats se comporte comme l’agresseur et l’autre comme la victime.

Si ces premiers moyens ne permettent pas un changement au bout d’une semaine, il convient de consulter un vétérinaire comportementaliste qui prescrira un psychotrope à l’un des chats, voire aux deux ( v anxiolytiques ) . La fluoxétine (Reconcile ® ) qui a des propriétés anti-impulsives est particulièrement indiquée pour diminuer l’agressivité obsessionnelle du chat agresseur. La clomipramine (Clomicalm® ), la sélégiline (Selgian® ), voire la miansérine (Athymil ® ) aident le chat agressé à oser sortir de sa cachette et à résister aux assauts de son agresseur. Les traitements durent plusieurs semaines.

Anxiété de déterrito­ rialisation

Suite à un déménagement ou à une réfection importante de l’habitation (des peintures neuves, par exemple), un chat peut être déstabilisé au point de développer une anxiété (v anxiété). Celle-ci se manifeste le plus fréquemment par de la malpropreté, due généralement à des marquages urinaires sur les murs ou les meubles (v malpropreté, marquage urinaire).

Mieux comprendre

Un chat est attaché au territoire où il vit : les marques faciales qu’il fait

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Extrait Le comportement du chat de A à Z- Éditions Ulmer  
Extrait Le comportement du chat de A à Z- Éditions Ulmer  

De A comme Affection ou Agressivité, à V comme Vieillir ou Voyager, en passant par Fugues, Griffades, Maternage ou Sommeil, l'auteur parcour...