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ESPÈCES


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ESPÈCES

Comment utiliser le guide des espèces Nous entrons maintenant dans le catalogue des espèces, qui constitue la partie principale de cet ouvrage. Tous les cétacés connus y sont présentés, les espèces étant organisées par grands groupes selon la classification scientifique (sousordres ou familles). Présentation des groupes Une double-page d’introduction offre, pour chaque famille ou groupe de familles, des informations générales illustrées par des dessins et photographies d’espèces emblématiques : nombre d’espèces, caractères morphologiques, biologie, comportement… Fiches espèces Chaque espèce est présentée avec des informations détaillées sur sa taxonomie, sa morphologie, sa biologie et son comportement. Les noms scientifiques des espèces et sousespèces, et leur organisation taxonomique sont conformes aux préconisations du comité pour la taxonomie de la Marine Mammal Society (2014). Cette liste, mise à jour chaque année, peut être consultée sur le site www.marinemammalscience.org. Certaines espèces n’ont cependant pas été reprises dans ce guide si leur validité est incertaine. Ainsi, deux nouvelles espèces de dauphins amazoniens, Inia boliviensis et Inia araguaiaensis, ont été proposées, mais elles ne sont pas retenues ici car il est difficile de juger de leur statut d’espèce compte tenu du nombre limité d’échantillons pour les différentes populations géographiques. Chaque fiche a pour titre le nom commun le plus couramment utilisé, ou le plus pertinent pour l’espèce. Les autres sont éventuellement cités, ainsi que les noms communs anglais souvent utilisés dans les pays où l’on observe les cétacés. Si les noms communs peuvent varier, le nom scientifique est unique et il est indiqué juste après le nom de la famille. Les rubriques suivantes abordent la taxonomie, les sous-espèces (ou les différentes populations), les espèces proches (avec les éléments permettant de les distinguer), le

Inie de l’Araguaia Inia araguaiaensis

poids à la naissance et à l’âge adulte, quelques éléments sur le régime alimentaire et sur l’habitat, une liste des menaces passées et actuelles auxquelles cette espèce est confrontée et son statut dans la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Un encadré Identification rapide récapitule les principaux critères utiles à l’identification. La rubrique Anatomie présente plus en détail les caractères morphologiques distinctifs, ainsi que le patron de coloration et les distinctions entre mâles et femelles, ou entre populations différentes. La rubrique Comportement décrit la vie sociale de l’espèce (habitudes solitaires ou grégaires, taille des groupes) et certains comportements intéressants ou typiques (façon de nager, de plonger, vocalisations). La rubrique Alimentation s’intéresse aux comportements alimentaires, et notamment aux techniques de repérage et de capture des proies. La rubrique Traits de vie aborde principalement les traits d’histoire de vie, c’est-à-dire la longévité de l’espèce, ses stratégies de reproduction, ses saisons de reproduction et de mise bas, l’allaitement, le sevrage… La dernière rubrique, Menaces et protection, fournit, pour chaque espèce, des estimations de populations, et des informations sur les menaces auxquelles elle est exposée ainsi que les mesures de protection mises en place.

Nouvelle espèce ? Les dauphins de rivière du bassin de l’Araguaia, au Brésil, ont été décrits comme une nouvelle espèce, Inia araguaiaensis, différente du dauphin de l’Amazone Inia geoffrensis. Cependant, l’étude a porté sur des échantillons provenant de localités très éloignées, et il est difficile de dire si les différences d’ADN observées ne sont pas simplement des variations intraspécifiques normales entre populations vivant à deux extrêmes de la distribution d’une espèce. Par ailleurs, les différences anatomiques mentionnées au niveau du crâne s’appuient sur l’examen d’un nombre très réduit d’individus.

Chaque fiche comporte une grande illustration en couleurs de l’espèce. S’y ajoutent éventuellement des dessins illustrant l’animal à différents stades de sa vie, détaillant certains caractères externes particuliers (nageoires pectorales, aileron, queue) ou certains détails anatomiques (crâne, dents, fanons) et, en général, une mise en images d’une séquence d’émersion-plongée et des comportements de surface les plus typiques.


COMMENT UTILISER LE GUIDE DES ESPÈCES

Les données essentielles Les principales informations sur l’espèce en un coup d’œil : nom scientifique, nom commun, taxonomie, poids, régime alimentaire, menaces, et statut UICN.

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Carte de répartition La répartition de l’espèce dans le monde est précisée dans la légende, qui aborde aussi les profondeurs et habitats fréquentés.

CÉTACÉS À DENTS DAUPHINS MARINS

LAGÉNORHYNQUE OBSCUR

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MÂLE / FEMELLE

LE LAGÉNORHYNQUE OBSCUR Famille Delphinidae

Illustration principale Cette grande illustration légendée souligne les caractères essentiels de l’espèce. Sauf indication contraire, cette image vaut pour les mâles comme pour les femelles.

Espèce Lagenorhynchus obscurus Autres noms communs Lagénorhynque de gray, dauphin à flancs blancs obscur, dauphin obscur Noms communs anglais Dusky dolphin, duskies Taxonomie Le genre Sagmatias a été proposé pour certaines espèces de Lagenorhynchus dont celles-ci et sa -proche cousine, le lagénorhynque du Pacifique. Quatre sous-espèces répertoriées : le lagénorhynque de Patagonie (L. o. fitzroyi), le lagénorhynque obscur sud-africain (L. o. obscurus), le lagénorhynque obscur péruvien/chilien (L. o. posidonia), et une sous-espèce non nommée, le lagénorhynque de Nouvelle-Zélande

Front en courbe Bec sombre régulière Queue bleu-noir

Espèces proches Le lagénorhynque du Pacifique, qui est une espèce de l’hémisphère nord.

Flamme blanche

Poids à la naissance 10 kg

Pointe de l’aileron émoussée

Zone gris pâle s’étendant du tour de l’œil aux pectorales

Poids adulte 69-85 kg Alimentation Céphalopodes (calmars), poissons lanternes (Myctophidés), poissons vivant en bancs (sardines, anchois…)

Répartition et habitat Cette espèce fréquente les eaux tempérées de l’hémisphère sud. On la trouve généralement près des côtes, le long des plateaux et des talus continentaux, sur des fonds allant jusqu’à 2000 m de profondeur. Sa répartition géographique est discontinue : eaux côtières de Nouvelle Zélande, d’Australie, d’Amérique du Sud, d’Afrique du Sud, ainsi qu’autour des îles océaniques adjacentes.

Taille des groupes De moins de 20 à 1 000 individus Menaces Filets maillants et chaluts, changement climatique, aquaculture, tourisme Statut IUCN Données insuffisantes

Identification rapide

• Aileron falciforme, bicolore, plus sombre à l’avant, gris pâle à l’arrière

• Une marque blanche en forme

de flamme du pédoncule caudal jusque sous l’aileron

• Gorge et face ventrale blanches • Bec et mâchoires sombres

Anatomie Cette espèce est plus petite que la plupart des autres dauphins. Les sous-espèces d’Afrique du Sud et de Nouvelle Zélande atteignent 8 à 10 cm de moins que celle du Chili. Les ailerons des mâles sont plus hauts que ceux des femelles, mais la différence est parfois difficile à voir en mer. Le rostre est plus étroit et plus long que celui de leur cousin de l’hémisphère nord, le lagénorhynque du Pacifique. Comportement C’est une des espèces les plus renommées pour ses acrobaties avec un répertoire de sauts impressionnant dont on pense qu’il joue un rôle dans les comportements sociaux et la cohésion du groupe. En Nouvelle Zélande, au large de Kaikoura, ils forment souvent de grands bancs, parfois rejoints par des dauphins communs ou des lissodelphis australs. Alimentation La taille des groupes varie selon les activités, les types de proies, et la zone géographique. Dans certaines régions, de petits groupes de dauphins se livrent à des chasses coopératives diurnes (voir page 30)

Identification rapide Une liste des principaux critères d’identification.

Traits typiques Les deux caractères remarquables du lagénorhynque obscur sont d’une part la forme de la tête (courbe régulière de l’évent au bec), et d’autre part les marques blanches sur les flancs (flammes ou stries s’étendant du pédoncule caudal à la base de l’aileron).

Taille Nouveau-né : 80-92 cm Adulte : 1,8-2,1 m

Dimensions Est indiquée la taille des adultes et des nouveau-nés. Une silhouette de l’espèce permet de comparer sa taille à celle d’un homme.

sur des bancs de poissons rassemblés en boules compactes. Ailleurs, ils forment des bancs de plus de 500 individus qui se scindent la nuit pour chasser calmars et poissons mésopélagiques au large au-dessus de grands fonds (plus de 5 000 m). Traits de vie Comme pour la plupart des dauphins, reproduction et mise bas sont saisonnières. La maturité sexuelle, variable selon les sous-espèces, se situe vers 7-8 ans en Nouvelle-Zélande, et entre 3 et 5 ans au Pérou. Les accouplements ont lieu vers la fin de l’été ou le début de l’automne. La gestation dure environ 11 mois. La longévité moyenne serait de 36 à 40 ans. Menaces et protection On manque de données globales sur leur abondance et leur distribution. Les principales menaces restent la chasse pour la consommation et les captures accidentelles (filets maillants, chaluts pélagiques). Les fermes conchylicoles de Nouvelle Zélande posent également un problème croissant car elles empiètent sur l’habitat des dauphins et pourraient affecter les comportements de chasse.

Description de l’espèce Le texte principal informe sur l’anatomie, le comportement, l’alimentation, les traits de vie et la protection et gestion de l’espèce.

Émersion 1. Lorsqu’ils émergent ou se déplacent en surface à grande vitesse, on aperçoit nettement la forme caractéristique de la tête et la flamme blanche sur le flanc.

2. Ce sont des nageurs rapides, et c’est seulement lorsqu’ils se reposent que leurs phases d’émersion deviennent plus lentes.

Sauts Les lagénorhynques obscurs sont les gymnastes de la mer, capables d’exécuter une ahurissante diversité de sauts différents, dont beaucoup sont parfaitement synchronisés, et se terminent parfois dans une gerbe d’eau et un choc sonore avec surface.

Caractères distinctifs Les petites illustrations mettent en évidence les traits distinctifs de l’espèce, ainsi que d’éventuelles variations ou caractéristiques intéressantes.

Ces sauts typiques vont de l’acrobatie aérienne aux manœuvres coordonnées complexes, et dépendent de l’activité du moment : chasse, accouplements, déplacements, interactions sociales…

Émersion, plongée et comportements de surface Une description illustrée des activités et comportements de surface s’ils sont connus.

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CÉTACÉS À FANONS BALEINES FRANCHES

Sauts (page de droite) Sauts coordonnés chez un groupe de baleines franches australes (Eubalaena australis)

CÉTACÉS À FANONS

Les traits caractéristiques des baleines franches

Baleines franches La famille des Balaenidae (baleines franches) regroupe deux genres (Eubalaena et Balaena) et quatre espèces ; celle des Neobalaenidae ne comprend que la baleine pygmée, Caperea marginata.

Large nageoire caudale, échancrure médiane marquée

Les Balaenidae se caractérisent par leur grande taille (13 à 18 m), leurs mâchoires fortement arquées et les

Absence de sillons gulaires

fanons les plus longs de tous les Mysticètes. Les espèces du genre Eubalaena présentent en outre des protubérances ou callosités caractéristiques sur le rostre et au-dessus des yeux. Les Balaenidae fréquentent les eaux polaires et tempérées des deux hémisphères.

Baleine franche (vue latérale) Les baleines franches se distinguent de la plupart des autres grands cétacés par l’absence d’aileron dorsal, ainsi qu’un profil très massif. Les callosités claires sur la tête doivent leur couleur à la présence de poux des baleines, des petits crustacés parasites.

Absence d’aileron

Larges nageoires pectorales

Mâchoires fortement arquées

Callosités autour de la bouche et au-dessus des yeux (sauf chez la baleine franche du Groenland)

Crâne d’une baleine franche noire

• La baleine franche australe (Eubalaena australis) est la seule espèce • Les Balaenidae n’ont pas de nageoire dorsale (aileron). C’est une de baleine franche de l’hémisphère sud. Dans l’hémisphère nord, l’Atlantique est habité par la baleine franche noire (Eubalaena glacialis), et le Pacifique par la baleine franche du Pacifique nord (Eubalaena japonica). La baleine franche du Groenland (Balaena mysticetus) est inféodée aux eaux arctiques des deux océans. • Les Balaenidae sont parmi les plus grands cétacés. Le cachalot est le seul Odontocète qui atteigne une taille approchante. • Ces animaux se nourrissent essentiellement de crustacés de petite taille (krill, copépodes) qu’ils piègent grâce à leurs longs fanons. La taille de ces derniers peut atteindre 3 m chez la baleine franche du Groenland. • Les Balaenidae sont des écrémeurs qui capturent leurs proies en nageant lentement près de la surface, la gueule ouverte. On ne retrouve donc pas chez eux les sillons gulaires qui, en se déployant, permettent aux rorquals d’engouffrer d’énormes quantités d’eau et de nourriture en une seule goulée.

Baleine pygmée

caractéristique qu’ils partagent avec la baleine grise, et qui les distingue de toutes les autres baleines. • La baleine franche du Groenland se distingue des autres baleines franches (Eubalaena) par l’absence de callosités (excroissances calcifiées ) sur la tête, et des nageoires pectorales proportionnellement plus étroites. • Si l’état des populations de baleines franches australes et de baleines franches du Groenland n’est pas alarmant aujourd’hui (préoccupation mineure), les deux autres espèces de l’hémisphère nord (baleine franche noire et baleine franche du Pacifique nord) sont considérées comme étant en danger d’extinction. Toutes ces espèces ont été chassées par le passé ; la décimation des baleines franches du Pacifique nord et du Groenland, en particulier, a commencé dès le XVIe siècle.

Orbites enfoncées, Longs fanons Rostre au-dessous du fortement arqué niveau de la bouche

Crâne Le rostre des baleines franches est fortement arqué pour laisser la place aux très longs fanons accrochés à la mâchoire supérieure. L’orbite oculaire, enfoncée et situé au-dessous du niveau de la bouche, accentue encore la courbe du rostre.

Fanons Accrochés aux bords externes du palais, les longs fanons tombent en un rideau vertical. Leur bord interne effiloché est

Baleine franche

Baleine franche du Groenland

La mâchoire inférieure n’est pas arquée verticalement mais arrondie latéralement

en contact avec la langue. Les fanons des baleines franches sont étroits, longs et sombres ; ceux de la baleine pygmée sont fins,

blanc-crème, mais beaucoup plus courts que chez les Balaenidae. La coloration des fanons est plus variable chez les espèces de rorquals.



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CÉTACÉS À FANONS BALEINES FRANCHES

BALEINE FRANCHE AUSTRALE Famille Balaenidae Espèce Eubalaena australis Autres noms communs Baleine australe, baleine franche noire du Sud, baleine des Sardes Noms communs anglais Southern right whale, black right whale Taxonomie Aucune sous-espèce reconnue Espèces proches La baleine franche noire et la baleine franche du Pacifique nord Poids à la naissance 800-1 000 kg Poids adulte 20-100 t Alimentation Zooplancton (copépodes calanoïdes), krill, et galathées pélagiques Taille des groupes 1 à 2 individus, parfois 30 ou plus lors de rassemblements temporaires, alimentaires ou sociaux Menaces Collisions avec les navires, piégeage accidentel dans les engins de pêche Statut UICN Préoccupation mineure

Identification rapide

• C orps lisse et noir, éventuellement avec taches ventrales blanches • Corps massif et dodu • Absence d’aileron • Tête volumineuse, mâchoires fortement arquées

• Nageoires

pectorales en forme

de pelle

• Callosités blanchâtres, rugueuses, sur la tête

Anatomie La morphologie de la baleine franche australe est semblable à celle des baleines franches noires et du Pacifique nord. Les légères différences constatées au niveau des os crâniens s’expliquent sans doute par des différences d’âge et non d’espèces. Comportement Le comportement est probablement similaire à celui des baleines franches de l’hémisphère nord. Pendant les périodes d’alimentation estivales, elles évoluent loin des côtes ; on les a donc surtout étudiées dans les zones côtières de mise bas. Des populations importantes se reproduisent en Afrique du Sud, Argentine-Brésil et Australie ; d’autres sont connues de Nouvelle-Zélande, Chili-Pérou, Tristan da Cunha et Madagascar. Fidèles à leurs sites d’alimentation ou de reproduction, les différentes populations restent bien séparées. Alimentation Cette espèce effectue des migrations annuelles entre zones de reproduction hivernales et zones d’alimentation estivales proches de l’Antarctique. Les contenus stomacaux de baleines pêchées par les Soviétiques au XXe siècle ont révélé qu’elles se nourrissaient

Répartition et habitat On trouve ces baleines un peu partout dans l’hémisphère sud : près des côtes aux basses latitudes en hiver, pour la reproduction et la mise bas, très au large, entre 40°S et 50°S, pendant la période de nourrissage estival.

essentiellement de copépodes au nord de 40°S, de krill au sud de 50°S et d’une combinaison des deux au milieu. Elles consomment également des mysidacés et des galathées pélagiques. Traits de vie La maturité sexuelle des femelles intervient vers 9-10 ans et elles donnent naissance à un petit tous les trois ans. Les traits de vie semblent comparables pour les trois espèces du genre Eubalaena. Menaces et protection La population du Pérou et du Chili est classée en danger critique d’extinction, avec moins de 50 adultes reproducteurs. Les trois populations les plus importantes augmentent chaque année de 6 à 7 % ; l’effectif global serait ainsi passé de 7 500 individus en 1997 à 20-25 000 aujourd’hui. Plus de 150 000 animaux ont été tués par les baleiniers entre le XVIIIe siècle et les années 1930 ; 3 000 de plus ont été pêchés illégalement par les baleiniers soviétiques dans les années 1950-1960. Les causes de mortalité dues à l’homme sont les mêmes que pour les autres baleines franches, mais les baleines australes sont confrontées à une activité humaine moindre et protégées par l’éloignement de leurs zones de nourrissage.


BALEINE FRANCHE AUSTRALE

MÂLE / FEMELLE

Taches claires irrégulières sur la tête (callosités) La nageoire caudale est noire sur les deux faces, le bord postérieur est lisse, les pointes effilées, et l’échancrure médiane marquée

Mâchoires très arquées

Corps noir, très arrondi

Nageoires pectorales en forme de pelle

Baleine à voile ! La baleine franche australe utilise parfois sa nageoire caudale comme une voile. Elle lève sa queue bien haut hors de l’eau et se laisse pousser par le vent. Certains supposent que c’est un moyen pour elle de se rafraîchir, mais il pourrait s’agir tout simplement d’un jeu.

Souffle Le souffle, touffu, atteint 2 à 3 m de haut ; vu de face ou de dos, il a clairement la forme d’un “V”.

Émersion et plongée 1. Le souffle apparaît, ovale et touffu quand on le voit de côté.

200-270 fanons fins, gris-noir, atteignant 2 m de long

Taille Nouveau-né : 4-4,5 m Adulte : 11-18 m

2. L’animal se propulse vers l’avant, le dos large et lisse apparaît et la tête disparaît sous la surface.

3. Avant de sonder à nouveau, la baleine souffle généralement 4 à 6 fois, à 10-30 secondes d’intervalle.

4. À la fin de cette séquence de ventilation, la tête est soulevée beaucoup plus haut au-dessus de la surface tandis que l’animal inspire profondément.

5. La baleine enfonce la tête dans l’eau pour plonger à la verticale. Le corps se courbe, le dos émerge largement, puis la queue apparaît au moment où la baleine bascule vers le fond. La grande nageoire caudale se dresse plus ou moins à la verticale avant de disparaître à nouveau.

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CÉTACÉS À FANONS BALEINES FRANCHES

BALEINE FRANCHE NOIRE Famille Balaenidae Espèce Eubalaena glacialis Autres noms communs Baleine franche de Biscaye, baleine franche de l’Atlantique nord, baleine des Basques, baleine des Sardes Noms communs anglais North Atlantic right whale, black right whale, northern right whale Taxonomie Aucune sous-espèce reconnue Espèces proches La baleine franche du Pacifique nord et la baleine franche australe Poids à la naissance 800-1 000 kg Poids adulte 20-100 t Alimentation Zooplancton : copépodes calanoïdes, krill, larves de balanes, ptéropodes Taille des groupes 1 à 2 individus, parfois 30 ou plus lors de rassemblements temporaires, alimentaires ou sociaux Menaces Collisions avec les navires, piégeage accidentel dans les engins de pêche Statut UICN En danger

Identification rapide

• C orps lisse et noir, éventuellement avec taches ventrales blanches • Corps massif et dodu • Absence d’aileron • Tête volumineuse, mâchoires fortement arquées

• Nageoires pectorales en forme de pelle

• Callosités blanchâtres, rugueuses, sur la tête

Anatomie La baleine franche noire est un animal robuste, au dos large, lisse et dépourvu d’aileron. Le corps est noir, avec parfois des taches ventrales blanches, irrégulières. La tête occupe entre le quart et le tiers de la longueur totale. Le rostre est étroit et les mâchoires fortement incurvées. On remarque sur certaines parties de la tête (rostre, menton, au-dessus des yeux, souvent derrière les évents, parfois sur la lèvre inférieure) des taches claires irrégulières, appelées “callosités”. Ce sont des excroissances de peau durcie et cornée dont la coloration claire provient des poux des baleines qui les colonisent. Les nageoires pectorales peuvent atteindre 1,7 m de long, la queue jusqu’à 6 m d’envergure, et les fanons jusqu’à 2,7 m. Comportement Ces baleines sont peu sociales et ne forment pas de groupes stables. Elles sont capables de rester 15 à 20 minutes sous l’eau et explorent sans difficulté les profondeurs du plateau continental où elles se nourrissent. Lorsqu’elles chassent en profondeur, elles plongent rapidement, presque à la verticale, se propulsant grâce à des mouvements continuels de la queue. Elles se livrent ensuite à une exploration prolongée des lieux, à profondeur constante, avant de se

Répartition et habitat Ces baleines vivent essentiellement dans les eaux continentales américaines, de la Floride au Canada. On les rencontre parfois en pleine mer, et on signale de rares occurrences dans les parties les plus septentrionales et orientales de leur aire de répartition historique.

laisser remonter rapidement vers la surface. Elles sont connues pour leurs vigoureuses démonstrations de surface : sauts spectaculaires, claquements de queue et des pectorales. Alimentation Elles effectuent des migrations entre les zones d’alimentation nordiques et les zones de reproduction en eaux tempérées. Les principales aires de nourrissage connues de l’Atlantique nord se trouvent dans les environs du golfe du Maine. Les aires de mise bas se situent dans les eaux côtières du sud-est des États-Unis, mais il est arrivé que des baleines mettent bas en Nouvelle-Angleterre. On ne sait pas où a lieu la reproduction, bien que des observations récentes suggèrent des accouplements au milieu du golfe du Maine. Ces baleines sont des écrémeuses qui se nourrissent en nageant lentement, la gueule grande ouverte. L’eau entre par la bouche, puis ressort après avoir été filtrée par les fanons qui retiennent les proies. Elles se nourrissent aussi bien en surface, où il est facile de les observer, qu’en profondeur, ce qu’elles font le plus souvent. Elles sont strictement planctonophages : leurs proies principales sont des juvéniles tardifs ou des adultes de Calanus finmarchicus, copépodes de la taille d’un grain de riz.


BALEINE FRANCHE NOIRE

MÂLE / FEMELLE

La nageoire caudale est noire sur les deux faces, le bord postérieur est lisse, les pointes effilées, et l’échancrure médiane marquée

Callosités claires et irrégulières sur la tête

Corps noir, très arrondi

Nageoires pectorales en forme de pelle

Taille Nouveau-né : 4-4,5 m Adulte : 11-18 m

Des callosités distinctives Les callosités (ici, vues de dessus) se développent lors des 12 premiers mois d’existence. Les motifs qu’elles dessinent sont particuliers à chaque baleine et permettent de la reconnaître entre toutes, sur photographies par exemple.

Mâchoires très arquées

200-270 fanons fins, gris-noir, atteignant 2 m de long

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