Extrait Autoconstruire sa maison en bois - Éditions Ulmer

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Dominique Guillo

auto

construire

sa maison en bois autonome


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Première étape : se mettre à l’abri

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première étape : se mettre à l’abri

Préparation du terrain APERÇU RAPIDE DE LA TECHNIQUE

(Le tout sera traité en détail et point par point par la suite.) 1 RE ÉTAPE : confection d’une dalle de béton de 20 cm d’épaisseur coulée sur un lit de galets de 20 cm d’épaisseur.

2 E ÉTAPE : des cadres rigides sont fixés sur une lisse basse chevillée à la dalle puis « contreventée » (mise d’aplomb) avec un panneau d’OSB agrafé sur l’intérieur.

3 E ÉTAPE : une couverture en volige sur le toit est revêtue d’un pare-pluie étanche, puis de tuiles, tandis que les murs sont remplis de 20 cm d’isolant entre les montants, protégés par un pare-pluie et un bardage (habillage en lames de bois verticales ou horizontales).

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PRÉPARATION DU TERRAIN ET DE LA DALLE APRÈS DÉCAISSEMENT FAIT À LA PELLETEUSE 2. On étale à niveau, avec une lunette laser, 15 à 20 cm de cailloux roulés (galets) incompressibles en 20/40 ou 40/60 (mm). C’est le caillou qui sert à arrêter les camions en manque de freins en montagne… les fameux land escapes dans les sorties de virages. 3. Sur ces cailloux, on disposera à niveau et sur champ des bastaings de 6 x 20 cm, qui vont délimiter le contour de la future dalle. Ils sont maintenus par des piquets en fer à béton de 10 mm de diamètre et 60 cm de long, enfoncés à la masse tous les mètres, de chaque côté des bastaings. Ceux de l’intérieur resteront dans le ciment. Les bastaings sont réunis entre eux par des planchettes de coffrage (27 mm d’épaisseur) de 60 cm de long, fixées par 8 vis de 5 x 60 mm.

La maison bois pèse beaucoup moins lourd que la maison en brique (creuse ou pleine, cuite ou crue) et ses corps d’enduit, ou que les maisons paille avec leurs corps d’enduit terre et chaux qui nécessitent des fondations renforcées.

4. Environ tous les 3 m, on place un joint de dilatation en plastique dur de 6 cm de haut. Il est mis à niveau sur des plots de béton tous les 1,50 m (il existe des sacs de mortier tout prêt avec lesquels on fait 3 à 4 plots). Dans chaque plot, on enfonce 2 piquets de fer à béton (8 mm Ø x 60 cm), on fait 2 trous dans le joint de dilatation pour passer un fil de fer (3 à 4 mm) qu’on torsade solidement aux piquets. Ce joint devient une règle rigide et solidement ancrée, sur laquelle on pourra s’appuyer pour « tirer » le béton avec une règle en aluminium.

Ici, nous utilisons le principe de la raquette sur la neige (inspiré des Canadiens, mais appris pour ma part dans le Marais poitevin) : 1. On décape l’herbe et sa touffe racinaire (10 à 15 cm d’épaisseur sur une surface dépassant 1 m de chaque côté de la future dalle béton), on la met en tas (herbe verte vers l’intérieur), avec juste un peu de purin dilué à 10 % et on couvre de paille. Quand la maison sera finie, on disposera alors du premier terreau pour fleurir le jardin.

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première étape : se mettre à l’abri 6. On pense à mettre une gaine (rouge de 90 mm Ø) pour l’arrivée du câble électrique des panneaux solaires, une gaine (verte de 40 mm Ø) pour les communications et un tuyau polyéthylène noir de 25 mm Ø pour l’arrivée de la pompe surpresseur de la réserve d’eau de pluie. Le tout (encore une fois) solidement ancré avec des fers à béton et du fil de fer.

Dalle et chauffage au sol

Vous voilà prêt à couler le béton. Faites votre calcul de volume (longueur x largeur x épaisseur), cela vous donne les mètres cubes (m³) de béton à commander. Un camion toupie livre 6 à 8 m3 de béton à la fois, ne prévoyez pas plus de 3 livraisons par jour pour avoir le temps de tirer les dalles et de souffler : les reins en prennent un coup. J’utilise du béton courant dosé à 300 kg/m³, mais surtout fibré et hydrofuge, pour éviter d’avoir un ferraillage sous les pieds et des remontées d’humidité. Prévenez que vous êtes néophyte (vous pouvez dire débutant, ignorant, primo-bétonneur, etc.), tout ça pour demander du béton suffisamment liquide pour s’étaler tout seul à niveau. Surtout, que le livreur prenne le temps et vous laisse étirer le béton sans stress : pas question d’avoir un gros tas au milieu de la dalle impossible à étaler avec vos petits bras. J’ai déjà menacé de refuser de payer une livraison faite à la va-vite en fin de journée. Mais tout se passe bien, on étire, on lisse : plus on s’y reprend tant que c’est mou, moins il y aura à rectifier les appuis de la future maison.

5. On place les tuyaux d’évacuation en PVC de 100 mm Ø. Moins il y aura de coudes et de bifurcation, plus l’écoulement sera facilité : prévoyez une bonne pente, quitte à creuser un peu dans le caillou roulé. Les tuyaux verticaux (toujours en 100 mm Ø) qui recevront les écoulements (évier, douche, lavabo) auront leur axe à 33 cm du bord de la dalle, ils dépasseront de 10 à 20 cm, ils seront impérativement bouchés pour éviter les coulures de béton. Chaque sortie sera solidement ancrée avec 2 fers à béton et du fil de fer. Le béton coulant a tendance à déplacer les tuyaux avec une force qu’on n’imagine pas, c’est pour cette raison que je préconise des bastaings de 6 x 20 cm, maintenus tous les mètres, qui ne se déforment pas à la poussée, contrairement aux planches dites de coffrage. J’insiste un peu sur le sujet car j’ai vu trop de dalles avec des arrondis, des ventres, des sorties de lavabo dans le salon, etc.

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Pour les frileux, avant de couler la dalle, il est possible de faire une jolie spirale (25 m avec un tube de réticulé de 20 mm Ø) sous le coin salon. On laisse 50 cm de tuyau (bouché) sortir de la dalle de chaque côté de l’emplacement du poêle à bois qui servira, via un serpentin de cuivre autour du tuyau de sortie de fumée et un très petit circulateur (12 V), à chauffer de l’eau glycolée qui, circulant doucement sous la dalle, fournira une douce chaleur aux petits pieds nus sur le carrelage. Idée à oublier si vous préférez installer un plancher qui vous isolera du sol béton.

bloquée au plus bas possible et un pied de biche appuyé sur une planchette pour faire levier, sans vous casser le dos, en tirant à la main. Grattez les bois qui peuvent resservir et, surtout, lissez les bords de la dalle sur 30 cm avec une raclette. C’est sur les bords que viendront se fixer les murs périphériques de votre maison, autant démarrer bien à plat. Si vous souhaitez une terrasse avec une assise béton (voir chapitre « Terrasse » p. 75), elle devra être 6 à 10 cm plus bas que la dalle de la maison, pour éviter que l’eau se glisse (avec l’aide du vent) sous la lisse basse qui supporte l’ossature. Il faut donc décoffrer puis, dans un deuxième temps, refaire un coffrage mais quelques centimètres plus bas, suivant l’épaisseur des lames de terrasses et des lambourdes finales.

Le décoffrage se fait dans les 12 h. Vous dévissez toutes les plaques de raccord entre les bastaings, vous enlevez tous les fers à béton extérieurs avec une pince étau

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Fabrication des cadres

La longueur du bâtiment étant un multiple de 625 mm (soit un demi-panneau d’OSB en 125 x 250), il faudra, par exemple, 21 cadres pour une longueur de 12,50 m (20 espaces de 625 mm, plus un cadre pour fermer le dernier espace). Vous couperez donc 21 cadres x 2 pieds = 42 pieds avec une coupe d’équerre d’un côté et une coupe à angle de l’autre, vous les stockez en longueur sur la dalle.

Sur les deux grandes longueurs du bâtiment, fixez les deux lisses basses de 45 x 220 mm avec tous les mètres, des chevilles à frapper de 8/120. Intercalez une bande de coupure capillaire en plastique de 30 cm de large avec 8 cm de débord à l’extérieur de la dalle. Elle est agrafée sous la lisse basse juste pour qu’elle tienne quand vous réglez les parallèles.

Les lisses basses sont alignées au mieux au bord des dalles et surtout, bien parallèles, car elles vont servir à fabriquer le gabarit puis les cadres de l’ossature. Découpez les pieds de cadre qui sont à la hauteur des murs du bâtiment : 250 cm pour un rez-dechaussée et 500 cm pour un étage en utilisant une scie radiale réglée à l’angle de la toiture, 30 % dans le Sud et 45 % en Bretagne par exemple. Ne touchez plus à ce réglage qui va servir pour les arbalétriers et les goussets d’assemblage.

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Les arbalétriers sont les bois qui sont dans le sens de la pente du toit, ils sont de section 45 x 220 mm. Il faut dimensionner leur longueur en fonction des débords de toit souhaités. Pour assurer une bonne protection contre la pluie, un débord de 50 à 60 cm est de bonne taille, mais on peut aller jusqu’à 1 m pour faire un ombrage d’été en façade (si vous ne faites pas de serre côté sud) ou pour garer les vélos en façade nord. L’angle de coupe est le même que pour les pieds et se fera dans le même sens en haut et en bas de l’arbalétrier. La longueur sera aussi en fonction des tuiles choisies. Chaque fabricant de tuiles a un pureau : c’est l’écart entre 2 tuiles dans la hauteur, mesuré entre les talons d’accroche. Je vous demande à ce sujet un peu d’attention, la pose ultérieure des tuiles en sera grandement simplifiée.

Revenons à nos arbas (abréviation pour arbalétriers). Chaque arba sera un multiple de ce pureau. Par exemple : avec un pureau de 38 cm x 12 tuiles = 456 cm d’arba (de a à b). Vous découpez autant d’arbas que de pieds, soit 42 arbas dans notre exemple d’un bâtiment de 12,50 m.

Pour assembler pied et arba, vous allez utiliser un gousset en 45 x 220 mm de 50 cm de long (60 cm si étage) : il en faut 4 par cadres, soit 84 goussets. Ils sont bien sûr coupés avec les mêmes angles que les autres pièces de charpente.

Le pureau est légèrement variable selon le « serrage » des tuiles l’une contre l’autre ou l’« étirage » des tuiles (la limite où elles se décrochent entre elles). Mesurez avec 3 tuiles « serrées » le pureau serré puis, en étirant, mesurez le pureau étiré et faites la moyenne du pureau définitif, qui sera en même temps l’écartement futur de vos liteaux-accroches-tuiles sur la toiture.

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Le tirant, qu’on appelle aussi entrait, sert à éviter que les arbas s’écartent sous le poids de la toiture. Il sera fixé à peu près à la moitié de la partie intérieure des arbas (la moitié de la partie qui ne dépasse pas de la maison), sa section sera de 45 x 145 mm et il faut un entrait par cadre, soit 42 pièces dans notre exemple (pour un bâtiment de 6,50 m de large, un entrait de 3 m va très bien).

Vous pouvez maintenant remettre votre scie radiale à l’équerre et couper des cales de fixation. Elles seront fixées sur la lisse basse pour y clouer les pieds de cadres, donc une cale par pied (2 si étage). Vous pouvez passer à l’assemblage des cadres. Pour « industrialiser » l’assemblage, vous allez faire un gabarit fixé sur les lisses. On le positionne en bout de dalle et il sera le dernier à être relevé.

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Tout de A à Z pour concevoir et bâtir son habitation écologique. Dominique Guillo livre la méthode la plus simple et économique pour construire soi-même la maison en bois autonome de ses rêves. Des premières réflexions à mener à la mise en pratique, rien n’est laissé au hasard. Choix et orientation du terrain, pose de la dalle et de l’ossature bois, isolation avec murs chauffants, production d’énergie solaire, plomberie et récupération d’eau… l’auteur dresse un panorama complet pour autoconstruire son habitat autonome, le tout avec des dimensions et des indications précises à chaque étape de la construction.

ISBN : 978-2-37922-204-7

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