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Deux lecteurs voraces copulent à l’ombre de l’usine à papier

Nonchentz au Canthus-Extérieur. The Cardboard Valise Traduit de l’anglais (U.S.A.) par Corinne Julve et adapté par le Professeur A. Lettrage : Amandine Boucher Couverture : Max & Moritz © 2011, Ben Katchor All rights reserved © 2013, Rackham / Le Signe Noir pour l’édition française ISBN  : 978-2-87827-153-9 Dépôt légal : premier trimestre 2013 Achevé d’imprimer en décembre 2012 sur les presses de Grafiche Milani à Segrate (Italie)

Les forestiers de Gutralilly travaillent en couples  polygames. Ils s’échangent

des billets doux sur du papier     à gros grain.


L’ODYSSÉE D’UNE VALISE EN CARTON Ben Katchor rackham

/

le signe noir

Le cri de la tronçonNEuse   enflamME leur passion,

avant  que la chute de chaque

arbre ne vienne tempérer   leur camaraderie.


Deux lecteurs voraces copulent à l’ombre de l’usine à papier

Nonchentz au Canthus-Extérieur. The Cardboard Valise Traduit de l’anglais (U.S.A.) par Corinne Julve et adapté par le Professeur A. Lettrage : Amandine Boucher Couverture : Max & Moritz © 2011, Ben Katchor All rights reserved © 2013, Rackham / Le Signe Noir pour l’édition française ISBN  : 978-2-87827-153-9 Dépôt légal : premier trimestre 2013 Achevé d’imprimer en décembre 2012 sur les presses de Grafiche Milani à Segrate (Italie)


L’ODYSSÉE D’UNE VALISE EN CARTON Ben Katchor rackham

/

le signe noir


Dans la puanteur sulfureuse de l’usine

à papier Nonchentz, une nouvelle forme d’autoérotisme s’est développée. Pour

soulager immédiatement la douleur causée par les coupures du papier, les ouvriers baisent leurs doigts meurtris.

Au bout de huit heures de labeur toute l’équipe anémiée se languit d’amour.


Un imprimeur de Gazogene City vérifie le repère du magenta sur le dessin au trait d’une aorte malade illustrant un petit recueil de poèmes d’amour autoédité.

Une courte aorte Jeudi sera arrivé Quand je te reverrai, Attendant qu’un de tes intimes Franchisse encore la porte ultime. T’ont-ils prénommée Isabelle À cause d’une vieille poubelle ? Il pleuvra jeudi, je crois, quand je penserai à toi. 24


Des ouvrages de référence jetés devant le Conservatoire de la Toux sur Pitgam Avenue à Fluxion City.

302 la toux amoureuse et son traitement jusque dans les pièces voisines, on peut entendre cette quinte sèche, qui rappelle un troupeau de chevaux caracolant dans un champ pierreux. Cette toux nerveuse est déclenchée par la perspective d’une activité sexuelle. Les baumes ne sont pas de grande utilité dans le traitement de la toux amoureuse. Quand l’air est expulsé de la cavité orale, il transporte avec lui une pluie d’expectorations dont la teinte et la qualité sont conditionnées par le dernier repas du patient. À titre d’exemple : un sandwich au jambon avec de la bière de bouleau produira une salive ambrée. Un traitement radical consiste à placer le patient loin des objets de sa convoitise, sur une terrasse au grand air, où son esprit pourra 18 : Enroulement involontaire de la langue dans vaquer à des Fig. un cas de toux cavalière chronique. Photographie d’un mulâtre lors d’une violente quinte de toux pensées moins patient causée par l’excitation sexuelle. Noter son teint blême cancéreuse produite au bout de sa langue stimulantes. etparl’ulcération l’abus de mouillette aigre. Le tousseur amoureux peut devenir irritable ou inconsolable - ce qui est tout à fait normal.


Un homme jeune Traverse avec peine le terminal d’un grand aéroport.

Mais il se retrouve soudain  devant la station de taxi, embarqué par le premier   chauffeur de la file. ng ! Bonuseass’ Q ’vou s qu’avez z ns ? là-d’da

Son énorme valise doit être projetée vers l’avant à chaque    nouveau pas.

née, Belle jour us vo ?   non  z d’où ? débarque

.   De nullee part fait j’ai just rsio n une excu née  d’une jourmes :   nou s somà    montéspieds, 18 000 tourné  avons entre en rond ima, ici et Jaqu   puis nous       sommes          rentrés.

Le terrible poids de la valise, mise en mouvement, l’entraîne dans une direction sensiblement différente de celle qu’il    entendait suivre.

oi Poeubraqguage c lors ?   a

t u neeuve, C’elsis é. vais beonn marcohir ma voulais vit Je elle pouva s si pporter lens su nipulatiotran ma tales du ges bru des bagaand sit ns u n gr . da aéroport

D’ordinaire, il prend le bus “Couci-couci” pour regagner   la ville,

Le chauffeur abandonne tout espoir d’un pourboire généreux. st . Ellepleie e Biendirvauit rem u antde kilos s n O l q e e  cin ieux manu qu ’elln de v édecine, duaient a bie de ms où ils ét tenu.  temrpim és sur deuché. o p   im ais papier c vés  l’ép es ai trou e J e ls u ne bennenu e. danr Pitgam avladies su a des m a ne Il ynt  personne do ffre plu s. sou


Dans une boutique eà l’insouciante brise duouvert trafic, Entrez eter   donncœjil, s u es-vou  fait  ! plaisir

ut, surpers      Là-ha gè a   l’ét erele,slaréduit à ble.  pectiv ille raisexonana iner   u ne ta m en d’ e   Inutilcture : ce ne sont  la fa des agrafes, de n.  qu e lle et du carto aper la covo z en atntr ée e Vous rule ig po la u ne pa vou s convaincr  pour vides elles ne  ?   qu e t presqu e rien pèsenvou s en prie.  Je

Au dessus d’étals remplis  de serviettes de bains asymétriques et de statuettes en   plâtre de Paris, Vou soyez v  prét e peu v-oêytarge ? un

ne és, ients rt Mes clpa u n ssèsont -vos ufo Qu e po s. m minimpouur voyez ri st ct ls ? Le Et lise-s . ne dent-ila er od m e va pour , ilsvibrigu ent lesu ’il tantplu s grandes qperssonne les sent s’offrir : affaires puis e laisser ses avec u ne n’aimière soi. Mais êtements, derrza sou s-qvu elqu es dou ainuessde es, t eset de chs de poche et olen nfiéc livree de toilette, poidsnit sair atteindre u n     par éc nt.                  rasa

se trouve, en exposition permanente, un assortiment de grandes valises à prix modique. s Voici noAha rus» valises «  tosvé ut 150 cm ièr ement usage. Ent garantiescasix denas semaines, pour excepté,som me la modique La mallede  29,99 $. idéale. unisexe

is bien Ils ont cotemm bles d’autres de rri gement ; erreursrrer ju r le su se leu bal de leurs poids glo nels effets peerslaonmo re. ind qu n’est no mmes Mais nsusunnemuso et, sée pas da ent, vo us apparemm r pou e qu là n’êtes rder.          rega

Non, nON,  je

vais  en

pren dre une.

es, s valis Mais z-cevo sont , ne au voye destus s x pas vantsinée aux els. esti istes ocnicasio nn tour s sont pour Elle mmes, ou les  les hoes, désespérés  femm ivent littéralequi dose faire la malle, mentce soit pour qu e erser un couloir trav océan. Ce n’est ou unpour vous.     pas

Kaysar, rcher va mehacsvheérus» 150 cm u ne «A monsieur, et pour cee-la dans  emballc plastiqu e, u n sa ce de

 on annieocne soir.  la plu


La valise a été assemblée au milieu des vapeurs de glu et des rafales d’agrafeuses dans un atelier de Cachexie dans le New Jersey.

ition éclopé de l’expédréserv Kaysar, un vétérandescen e. d dans la Columelle de 1971

u ée FaaubxriqUSAde

Vahlaissevérus» «A50 cm, 1 u ne.

est mélangée La pâte à papier puis façonnée en feuilles dans un étroit bâtiment sur la rivière   Sclère. os Poumrmnes, ho deur deul’ocide sulf u n l’a u e est e. riqhrodisiaqu ap

  Lreavailleur st tanthu sien e c ien plu s u e   bigoureux q u e v n homolog som éricain.   a

fitèrree.     etl  ’ê

les t tôle,suivan de ées bas abri Sous uns sont découp feuille patron traditionnel.

un

Mais les parties en carton ont été importées du Canthus-Extérieur, pour une fraction minime de leur prix aux états-unis.

encore Les plaques de carton sur un humides sont chargées et lent porte-conteneursNewark. expédiées vers Port

Sitôt , àetmererfeerkai j n stea u artAREis. tien fra b

Un carton gris grossier, moucheté de papier recyclé.  Si onrde  rega ent, tivemdis  atten ut desonngpeue ti agmernts fr n magazine d’urnographique, po papier  de deau pour ca l et de ë Noee x taché kl saneng . de

L’encombrant objet se révèle

difficile à transporter jusqu’au   rez-de-chaussée. J ’ lreduornnercaeis pa mais à e jaâtards d  ! b olu melle C amais ! J


s Tu pousse Inutile ? là. Quri de un peu, re co en mbre irait s’an de ai s, de vieux clnu ations 70 ses dé s ar 19 depuis de revenulang s et de mèreuedu jour belle- pour un séjour n l’a de t un bref ? C’es au ssi au INUTILE. farde

à ! enu Et voleilco nt e Tout br

am de ma ch facilemuveneltle rentrecett  dans . Jee no pars ce valise ur un e excurpo soir d’u ne se mainent. on  si ensi dans les îles T

  Toutagle st, voy e l’ete-là. à ce cnoeml’pavais Si jedéjà emballé, pas ourrais ouvrir je p lu me 14 de le vcoy édie l’en f-cTlhoupm et d m Da rder, peinar rega moi, u ne  chez ruines photomdoensu mentauex des ’aisance d t. lieuxhipdel de Tensin

l’arc

Douze heures plus tard, il s’enregistre dans un luxueux hôtel à Occupatia, la capitale de l’archipel.

Mosntbeazgagesah

  lee Mr Delil04.  d hambre 9    c

Toutes les personnes dans le hall se retournent pour regarder la valise qu’on traîne vers l’ascenseur.

Timro !d !   JOLkeiM  AlidEzr l! es    a

Le jeune touriste passe

l’après-midi à flâner parmi les ruines de toilettes publiques autrefois grandioses. Difficile   de ecrtooirues   qu urinoirs  cesaient    ét ore en enc ction  fon 1961.     en

urquoi Po faudrait-il quE

e se urist le éstoent tion stinaun à de pr ergee co e ur vi uveau-nmm Po ?   é nos indigènes de ces le ces légendaires îles,es ne in sontbaon ruut les. naye pe n’espltus x ouuxqu ’au Ce person s tr deées par ne trses d’au bl ltures qu ’eleleau cu quièrent un ra ac stérieuse. Je peux myen m’acComMOder bi une valise. d’

Pendant ce temps, à l’entrée de sa chambre, une douzaine d’employés de l’hôtel sont réunis pour admirer un bagage tout à fait hors norme.


Emile Delilah s’arrête devant un stand de souvenirs près des célèbres toilettes en ruines de L’île Tensint. ez, Vounss smaovn payjasmais da s n’avons eloppé

nou dév u es.   vratimoeilnetttes pnuobulisqavionsio,n,  les seules qu e de récréatns Les s les cours les statio dan parcs et nt été les m étro, o s avant de ondam née nce.   c a  naissa    m

Dans la salle de repos e de l’hôtel internationalenfumé Deuplis, un groom en colère harang ue ses collègu es. partu s La nptlu d’e prue avsosister taupar ontectacle offer4 : sp chambre 90 e a la jeu ne touristnotre  u n nsporté sur intétra de beauté l’enu île lité du content. graso rtem de n appa

ier aenété Le rmcoeblil e po achaéinet re;velnedsu arrm me rebut convertis co été e, locaux onts de stockag en eesrppaécteu ellemse. nt p adenassé c

 Chnaéqeu, ela fraogtilree île an lture de n e par de cu t menacé rrivages es uveaux a qu e les ous no rtefactsaissent s de  d’auristes l deaux ou ous torme de caBien sûr nsous fo uvenirs. pas vivre ont  so pouvons enfants singneoche, nos au chewmais cl jà accrosketchup, dé m et au n dans la ne gu uatio cause ud’u ne  laasmit 904 lle ch llubtrioen cuoltléurraeble. t o p pleur in  am

Roéususltsaotm, mteesls

 n rivés de ù nou s  p so   vuesrtioignes puconnotuemspler  a et s

er ributeur re promednis er les savtons e-nmv s  de les sèche Toauint  a  et ctriqu es. éle disparu.           

s Voulveozs-vfoeum mes elitté  qu e filles, en quambre, vos m mes de cha ées de fe ouvent expos es se trmasse de livtr à lachevET qu e mceuléE  de ividu a accu ind is 1970 ?  depu

Qumeldo ge !  ma

notre fait Mais eu r a r. Des malhe bo eu votr genh e ns, comm jeunes e, éconromisent moi-mêm paye ns pour se ge dans un voya Te int, el de fin l’Archipse de ule ines. à la ce visiter s ru

avone,s sur    Nou slan’pl ac  pas e petite pour ver, cettmanteauxîle hi d’ les dictionnaires dede les e, les flacons poch e correcteures fluidé, mplex s code me, séchminéle gamle s ba s s vita boe,ucle ronsraàm m s lesecceinmtu og on avbles-sacoche et la bi te monnaie. peti

Le tourisme est notre unique industrie.


Alors que la conversation se poursuit, Emile plonge son regard de plus en plus profondément dans celui de la vendeuse...

ot Cheauqsuee umn peu cr s le fossé Mplunotre INCO de N   PRÉHENSIO

ous Avez-v-s ce teextrhiart en e e ?  larg

rais Je parieut e qu e to e,  petit ligon éE  l’a obudier  à étglais.   l’an

Et il y perçoit un vide insondable.

Vous êtes un homme XL et mon patron est un M.

Les és sonorit mon même de e sont langag es té tein ce etdede violencition. coer

Toute la e marchandis à appartient on, mon patr . moi pas à

Je vous supplie, ne m’obligez pas à faire publiqu ement de l’inventairendis mes marcha es.

    Nounss beau

 avo ager  partême  le m bulaire,  voca le sendsivdeersge mots alement. radic

Je vis dans une chambre de bonne sur coueTte Bay, sans grille-pain ni rien.

tion oluus L’invrag Hmm ? ti-t de  de l’an cula auri llon pavi son identiqu e à cellire est mon père et dees  de soeurs. ses

on Mon patr pera

me cou la gorge et vou s brisera  l’échine.

M o n u de o u attit pressions mes exles sont faciaématiqu esyst mal ment prétées. inter

Si vous VOUS attachez à moi, peut-être que mon patron vous brisera la nuque.

 Ceu ffre dE go N CO M MUNINO IO N est CATgiqu e.   ma

journée.

cie. MBoernn


Emile Delilah s’attarde pour admirer le coucher de soleil sur les toilettes en ruines de l’île Tensint. ez-vouless Pourriqu er

m’indi es pour toilett s ?    hom me

lé, Déso n’y a pas

il odités de commsit e sur ce . ssé cla

Pas de     W C ?

neur Un entrepre voulu 2 du coin ra 20 00 m   bâtir su s u-fin dent le fin-des es ya pa toilett tiqu es, mais automa du

ction la direme touris soyn aveto, opposé étexte qu e

ntainesde Des ce liers se de mil tes  tou ris tou s nt ici en pressnes  iv t-iels les a en;ddo r re u n Tou s longuu e m arche i ss u a teindre ce pou r at nt ? ra u a  rest

«Les toilettesà sont résevées  la clientèle.»

Tieins, les

j’a es salière mêmpoivrier à et maison. la

sous prnaturerait cela dé deur de ce la gran nt. Les monu me les plus toilettes nt se trouvede proches re pâtés ns à qu at d’i da maisons auci, rant. un rest uvez Vous nerapo pas le ter.

Le jeune groom en colère conclut son discours par un   appel à la mobilisation.

cultuorile,ettes. Notre le c’estmagsniftiq u es Nos ettes carrelées de il toyées to nt net Tensisntleso s duJe ir o s s tou au plafond. e sol pose d’en fair pro ant avec la aut mbre 904 ! ch a

oI Chaurtgees-mcesdans toloperies ette sa camionn Qu ’il la Timrod. u ’à la de ule ju sqalance roage et b ns pl ut ça dalaissons to céan. Ne r 904  l’o Monsieu u es à e qu elqements quou s-vêt e et sa   s rechang arton. de lise en c va

Une heure plus tard, sur la route de la corniche, Timrod change d’avis. Mais qu e qu ’efsatis-c?e Notqrue e je uple m ant de  peu ellemen ns de cru s ces bieion. toonsom mat c

Il se gare au pied d’un échangeur particulièrement fréquenté et offre le contenu de son camion   à tous les passants.

-y, qu e   Alleez  pr unsezvoceu lez ! vo solu ment Ab atuit !  gr  ! is  Sans fra


Dans un restaurant de Tensint, vos   J ’ai evsisditeétoilette,s ruin j’ai adorées  qu e qu ’y a-t-il m aistre à voir  d’au  votre île ?    sur

 Eh ubisenavez vo ruines lesneures sur mi  côte sud.   la

les Toutes so nt nus vitres me es. Les teintéres ts uranpa ta des   s r une té sont chvean da s ur ser les rité presqns obscu . Il y a unuemu sée totaled’intérêt, mais digne pas possible de il  n’estqu sur ses ’il y a abr voir ceCet ite te île murs. le bib en èq th lio la seuair du monde ue le et plein de lunettes de  port est obligatoire  soleil ’au soir.    jusqu

tent e   Elles97da n de 1 p4euet -êtres sont u ssitin tére pas aes, m ais elles t nt sa remarquablemen sont conservées. bien ains dévidoirs  Cert t encore le porten toilette  papiergine.   d’ori

nt. m m o C -t-on ?y  va

 Fascinea nt

Les îles s   sont u nreelinaéveetTE par forme de en pe. Il y en crê ne qui va   a u er dans  saut minutES.    vingt

re des Enco toilettes nen ruincie, ?jeNone mer s pas... croi

ue   Penudsadntégqustez

 vo re dessert, vot ais envoyer je v dre pren e u n broey v lis  vot es saou set dements de vêt hange.  rec

ou s Sinon,tovuj rs avez 0 O0ou les 25 s îl0es autrerchipel. de l’ane ayant Chacu erver sa su prés culture propre art de et u n u niqu e. vivre

 ! Magnifiqu e

de mmanrs Je reco . atka glou l’île Ak ant eu av il Le sole s raint le a contnt s à art habitapper dévelolu mièrun de laeure taemisée. intéri vous l’île pa ute re Sur toou s z ur ve pé ne trou rie su Un e d’amp wle . ts à 40oit at al pour endrdéteidé la s dentseyeetuxle . repo

r, Et, bsieanurseûz besrocinhe, u vo ne lampe-to d’u n permis ded’u n  d’u pe-torche, rs lam de variateuet d’u n  lot rnationaux giqu e inte almolo exaommenploeptht .      c

Laissons tomberert. le dess d  Du puau   ding lat,   choco en   je peuxr   mangeoi chez   m

Taxi.


Un boy est envoyé chercher la valise d’Emile Delilah et ses  sous-vêtements de rechange. tel nal   L’hô intuerpnliastIO ’il   De s  plasît . vou

Il revient au restaurant juste à temps...

Aah,à votrerifiez  vaoil Vé v nleised e! rnièirlees  u is les p fo votre rche de mpe-totes la vou s ê  et parti !          

Le taxi s’arrête soudain devant une étrange scène. e qui Preunsezplacît ! Samnesnt vo is ! Absolu fra atuit !   gr

Pour se faire accuser de vol.

   Ca’esctravater !onté me petit eff as

C m ê m e p e de   n’ais la pein pr cher son   caarcin !       l

Dans le camion rempli des effets  d’Emile Delilah, le garçon choisiT une cravate. Pas nt vrani msetyle.st mo is si c’ee Maatuit, j gr rends.      p

ardon, yrEUR. iPalvdooiritearis ce Jearcçoonnn depdueis  g ie  sa Soonr.tVotrrtEaitpris p o o sse avate

cr ne gsroupe ellcehu de s ? e ta x pois cassé u a

Ils continuent vers l’hôtel où la valise et les sous-vêtements  attendent sur le lit. c Ce ymaege vo ger.  lé

Nonn,’en

je nge mamais. ja

Au retour, le boy demande à s’arrêter à un kiosque  de soupe de pois cassés. Wow,brça ûle

  me ément carrsol’œ e ! phag

mienne cetTE c’est une Com meat la e «Bâ ton nade» crav t e, authentiq de ce qu ue. pluparposs t es s on éd  nousuit en masse. e prod sement, l’ensembl t Heureu nsom mateurs es des co vaste pour qu e s assez ne retrouvions pa nou s cesse les articles sansnous avons achetés isin. qu e cou duuvo pendus uau r re er e n C’est éhensible. Je compr lace ûr qu e exPa suis ser ses. cu s vo a pt ce ac La


Emile delilah a accusé à tort un coursier de lui avoir volé une cravate dans sa chambre d’hôtel. t  Co m men ser

m’excu  de ce auprèsin ne ? garçon adirgè le

Notruee  ? lang Ha !

J e ne ptre pas vo

langu e.

gu e, Nottraentlaenst qur’on si isse appeletois pungu e u n paase de la âtardi à b e, abam and ros c à sable fl nglais de ba repréd’a d’argot de m merce, etntant  de co e dans se st construit sur s’e années 60 lesmodèle d’u n eau le zouillis d’ois garnaculaire. ve

CuiP lip twiTWi lisifFle sifFli

TWitWi.

ient Pour Ces îlesessoétuas la coutepeurs douze bé qu es distribu e tomqu rouiqu  de paelpier hygiénr leaux de éricains. Leu s   achetés am résentants ypour cash, repient envoyés ne je peux t’en éta séjours d’u ement, faire des aine. Inévitabl rouler sem sont to mbés trois ontage ils à eucxoet bin de amouuren ncueu l’OEil. r fl vécec e n fi la av population   notremin        fé ine. te n u d e Le cgotn dépôts vin ferrou  en e et le tag tombe... prix

jetons Les re les s coup de cere èche -s é pr l’è de -électriqu e ont mainsété exposés aux aux vite anglaisboet films en îtes de es tt ue iq ét ins . En mo de conservean s, le de trarendite t “biv t. ge” étai mor t « eRabgœouû f nt, d alodorates. » V arot aux c

rdp’hluui,s oua     Aunj’y l   i ’u ne poignrsée qu chanteus et  delk obèse ion ou fo ns éducatraités sa elqu es retencore quur parler e. po tTE langu   ce i, POuUrrpPaARrLli, po iyé vri p ose. n

ins  Néan mo nts mots  deux ce bles en ui ad intr sesiso glissés anglaisnotre nt ngue  dans us lesla jours.cet   de to zik» : un la «Norla i se ssuresequ de chauto , ul ut it fa dé liast» :haun «sapaju bilité té d’u ne singe do ate, «tsats techniqu uet : un jo chew on»  py»: eturna égaré,mb«aur Rgelé SU r ge un ha sera is qui ne elé. jama décong

s    Nou s le ns aveciment prononço ux sent ection ée us na un  d’aff e de fiert.é Ilety a un mêléession, «y ordi i expres ob mi eie », qu apologia cu se ex m’ e signifie :mê«jme eu affaire d’avoir .» Alle z-y, à vousz-lui qu montree lui en e vous  n as rigueur. tenez    p

Leurs lotions

sinon toi finir s le es us ze ga par boissonst irrésistibles  rendaiens jeunes filles briquer no sirènes pour is ient jama qui n’avamé phar de e nr ge ce hu ni   vu De ce henaz . nt va ra pa au es os ch entre cloverre lubile ng mélangerevo roleau. au satre créatua jasill i  no , chaud matern le langueivardige»el .    le «b

et  capillairespo leur  goût ur les

Yoprodliogia

a mi eie. ob

?


Val Forzhack, tambour major dans le corps d’érosion civile de l’île Tensint, fait sa ronde sur la traîtresse côte sud. Caaltm.e pl

Il fait retentir l’alarm aussitôt quatre bateauex et brigade fricassée conver de la sur les eaux peu agitéesgent .

Pour se prémunir d’une intoxication à l’odeur de mer, il fume un cigare à l’arôme puissant.

il écoute le bruit des vagues qui lèchent la plage. Comcmheat it u npe du la la ns u ne . daoucoupe s

En regardant les manœu au large, il se remémorevres les événements de cette tragiq ue nuit d’inspection.

   L’aririn m’a   mauvert    o pétit.   l’ap

Les vseagbures t qui cetteisen côte sur ont form ées e s  s a deux jours il y rge de  au la Aru m. Gate

Comment il s’est arrêté pour

un dîner non réglementaire à un kiosque de bord de mer.

ts Deuxstqeuaakr DE  de

t un croudpeeléegu mes mix s.   nain

Arrivé à la pointe de la glissière, il aperçoit un

objet  flottant dans l’eau sombre .   Une e en boît styrène polyr repas pou porter. à em

Et comment, son repas termin il a jeté à l’eau la boîte en é, polystyrène.

,    Àlela rfein tourneOraLE el la m étrop à ù elle eST d’o  venu e.


Au beau milieu de ses excuses à un boy indigène, Emile Delilah est pris de violentes coliques intestinales.

oi. Excusez-m

Sur l’île Tensint, il est courant que deux commerces partagent les mêmes toilettes. Ouors, c’est se al elqu e chongé qu e j’ai m a qu ’aéroportrt.  à alnt le dépa av

 Mais il y a te une amusan ée maxime imprimau sur le morce . eté ach i qu e j’a peux eN PLUS, jesou le colLer ures. ma chauss

Il se rue dans une cabine libre des toilettes pour hommes...

Et là, il repense au dîner qu’il vient de prendr e.

C’est es nt com muexsimm aie ie, boyar proen e v leu pendparm ment indé on abdo men. de mreu sement Heu y a dans qu ’il urant ce retsotilaet tes des tionnelles. fonc

n ne      Couraola e,     de s cimdet ière,    soupe es grillées in   sard t et pour  au filesert, u n le des g sanitaire puddin crème avec achée.   crav

Dans le cas présent, une deuxième porte mène vers une boutique de souvenirs, située de l’autre côté du pâté de maisons. es ins Cartal testc, postcaoesu,tin choupi en -shirts, pa siere,s tee ette fant ai toil rets cadeau , coff ides qu li ns de satvo eauxdo«lives écri ent oyés emplla ver...les se ains » m

Des panneaux coloré à la main ramènent slepeints client dans la sphère marcha nde. Allons casseûrte.la cro

it Tout farvaais et ais l’airvenable, m lent con îles grouiL de ces microbes ettre de asites con ’ai parqu els je n se. les cu ne défen au

Là, tuavoir peux me le mêr papiette toile itegratu ment !

Une fois l’orage passé, Delilah s’abîme dans la contemplation des graffitis sur les murs. «Cailesaahr Del passé estr là»  pa -81 !  07- 09


Caesar Delilah, le père du jeune  Emile, revient sur les triomphes de sa carrière. 1,

8 e     Enét1a9is    j’irectelur ld’eexsport   dentes à ponges s  v ur les é kside. Il

pobra sives sin rtovuetr a ’envoyaienatitpa m ù on pouv lestsraolues.  o s cassero de

, e annéine-là Cettm ené pésiditu j’ai ur s ex ettiinonitsié plusieorat ion s pl ex d’ plonge les gènes auurco ncept indi mpon à récurer ta de ille de fer. en pa

Lornsald’uvonyage odues avons baospection, nts à u n pr é contrain d’urgence ét terrissagepel inconnu at r u n archi lomacqu e. su la mer M é de ite ne fu    Il y ale uré serv. oir dansu gazeu se d’ea s som mes   Nouasiment à     qu c.        se

ir Pour avos temps sé depuéismodreiaux lacis sseroles im m leurs a endant tremppoeêrles salness lpes eauexs, et jours da des criqu desvonneu ses nt à devoirde» sa rechignaie uile de cou ils iser de «l’h e qui n’avait utilr u ne tÂch sité poumais néces iqu e ja ffort phys d’eupARAVANT.   a

lieraoi ute l’île   Jeamna’oisubmaistio e   j e mière var lne dhubolnocttioden, prensint. Pvion de f nde à  T ra mo déve mopnehrycdevaishéupnar lecia c j’a u erde plla:ts o m t  pepinpeementsctoam s d n lo lqu es r, u n oubodueulexs, queem pordtee jeux dede plAinà autdreess bâtjim’aeinatpsprisitpldues et d dont s’agissaaient pie ’il em taorildetqtues,ppaarrasilleeu. rs t ne côte nt vierg u otaleme t

mmeset mes Les fe es commerindigèn nts istiblement assis,tairr ciauxrés leés rs uns ve attiautres,s on ndré t engelib re les nt leur te s mp dura e une génération tout ingalets à la peau de gr et eczémateuse. pâlemalheureux bâtards Ces été méprisés par ont deux branches de les s familles illégitimes. leur

Mis àles brèves qu es part io de qu el de incursésns s t n a t repr r etnoilette, papieais le premier r j’ét ental à découvri occid îles Tensint. les

ilah CaespaarssDéelpar est, 07- 09-81. là

  Avecènement  l’av erciAl des comM-vaisselle, lave e aventure notrsintienne ten is fin. a pr

Ohé, ar, Caesne r

le dî êt ! est pr


ine     Une nstemlaa    ava  sance de   naisre  fils, nou s  not s embauché avonjeu ne fille du u ne hus-Extérieur. Cant

 Cinq dollars de l’heure pour commencer. S’il s’attache à vous, nous  arrondirONS    à sept cinquante.

  Et donce, nous  dès qu vu votre  avons e pour annonc ubines des conc

Personne ne verra jamais la différence. Aux yeux du monde us entier, à domicile,nsno il avons pe ileé. à apparaîtra comme un notre Em heureux marié. Si toutefois les choses tournaient au vinaigre, nous

pourRions même organiser un divorce factice.

 Elle est ec restée av u’à ce nous jusqso  qu ’Emile is itnous propre, punsé qu’il avons pellait nous fa n qui qu elqu ’u peu parle un anglais.

nt is   Il se se su   seul,, j’eten so  sûrertementn appa n horrible est urbi.     gou

VenIR essuyer vous, maître Emile.

Les devoirs de la cohabitation n’incluent  pas les  tâches ménagères.  Là, il faudra compter un supplément.

  Pendannt nées ses  a cé de ly ave, ons eu nous Form , e m  M réfugiicée ne  u ne grascchouéepien au ta at iments x châtorels. corp

Je vais t’apprendre à jouer avec les bouches d’incendie.

Il n’y e    Et ites auransaaucctuionn vou s  d t tratre qu e c’es ment en parfaite votrsea  fils  légal ?  et Ça ne ubine. concm viole pasanti      Il rea les lois tion ?    paie ement. tu ti os pr  direct

sa    L’année de, sa    majoritéère est   grand-m sénile et   devenue s embauché  nous avon d venu de un costauNord pour Visalie du compagnie lui teniratre heures vingt-qu t-quatre. sur ving

z    Donnela tre s à voz  u n atet la le le se is   fils rir. Si le nom  parcouqu elconqu e  d’u nerée frappait son  cont tion, vou s imaginaoù me joindre. savez


Ça’inne resse m s té d’apprenpae le dr nguur es À mes la eille. c’ t , re or la es pu deusique et je m ux qu e cela ve ntinu e consi. ai

Pour Emile jeetu nes les auphtriles es, le xéno u m d’deu nevoyage parfhu brocaure issalant i pude este l’oss qu de defrur ent façalée d’aîuchn em   sabeuble du Vieux immu hboul. Bo

Après une infructueuse re séance, le psychiatre rencont les parents d’Emile delilah. e filsnophile. Votrun est rte xé amour un to Il po à eute ide au morbon tr nati la qu e ne sien .

vous   Et avez gé oulira   encfo  sauristiequ e to lui en fr of ant e mpt u n vco t eà de ernc ou ge l’aoyag v opues s. Ho

Bonjour,i ici Emile.joJ’a de un séurur s tout dix jori comp alsucen Pant gnifiie, un ma lexequ e comp lier.  hôte

erche   Il rechnt icitéé, utheuvea   l’a ute, la noxotism  et isl’eau nivpeear-u  maplus su le iel. Sitôt fic’il en sait quvantage sur da pays ou un ’il le visite qun personne,   e s’en désintéil sse. re

Ainsri,e fils vot d’u n sou finftréerêt désal pour sa tot lture propnree pceuut et icher s’entde ces qu e ubliqu es rép éaires. baln

ce stade,ste   À ne il s luqui ereles  plumeux pays s, fa imensionnelqu ’on bid contrées is des peut jama le nennaître réel, co t et dont t,  men nséqlausense par nco on maeiss.e ja

Tout esat tdêatnes s lors ? a

s Oui, maitaschleée s mains et coupées d’encrele papier par bien là. sont .


Sur l’île Tensint, le léchage de cône de crème glacée a été élevé au rang de discipline artistique ultrasophistiquée.    À ucreettdeu joure,   he promenad  la bord de  dur deviente. men théâtr so

ilà.    Le -vboas, s à   l ec le ba Av pyjama  de rt émeve ude. ra

Ils savent que dans d’autres parties du monde, cet art est au mieux considéré comme un jeu d’enfants.   Ilorets,tpas f rai ?    v

Son pratiquant le plus vénérÉ est Cherrub Galliot, un quadra trapu et musclé qui vit dans une villa préfabriquée sur   l’infréquentable côte ouest      de l’île.

 Faut-il e mettredaun piècechapns u ? ea son

À la fin de chaque exhibition, le cône achevé est écrasé dans la poubelle la plus proche.    All eyz,va.  on  bien J ’aI ie d’u ne env ce moi  gla si.   au s

Le modelage de ces formes abstraites s’exécute traditionnellement sous l’aveuglant soleil de l’après-midi. osequ es Il neededisp qu utesqupoelur min cer d’audacieux plaups de langu e   co suite c’est et en.   cuit

Les touristes demandent : pourquoi ces recherches de formes si pures ne sont-ELles pas menées sur un support plus durable, comme du fromage ou de La crèmE rENversée ?  allons,plaît,

S’il stoeis pas  ne icule. rid

Les spectateurs tentent de ne pas trop laisser paraître leur avide intérêt. le   C’eeisltleurs  mu e nou q yons.    a

L’artiste répond : parce que ces matériaux ne sont pas aussi facilement modelables avec la langue, le plus sensible des outils dont dispose l’homme. oule   Unaeniblle upnoeur   v oi et pour   mhocolat ie. c mon am     


Cent mille exemplaires d’un guide sont largués depuis un avion sur l’île Tensint.  Levsendu s de in dition DE l’é nnée  l’a rnière.   de

Une page contenant la courbe des précipitations lacrymales annuelles échoue dans un bol en polystyrène rempli de soupe aux pois cassés brûlante.

Sous le choc de l’impact, la reliure craque et les 365 pages de chaque exemplaire trouvent dispersées par les se   chaudes brises tropicales.

, ensint “île Tbo à d’u n re,ut da de l’autdehors, ns et guide u n illé de l’île, détaié par la publpagn ie Comsionna ire . mis tioucoll ite”   oua

Le Front Occipital, un groupuscule local anti-touriste, presse la population de ne pas ramasser ni lire ces échantillons aléatoires de littérature de voyage pittoresque. e Pas du e ! pansitq u n ment C’embardenger. ante bo ns da alveill illant sa uvre mur défa L’œn éditelier de i ! d’uu n mil es d’ic à ilomètr k

Un page où figure une description détaillée des eaux au goût cola de la baie de Bottle , volette jusque dans le bercea u   d’un bébé endormi.

 Les acteurs nt  rédls embauche is

qu ’int jamais ms ont n’o pieds ici, il pour lesut inventé uriste to iller le tou s tit entiel. no les pot vons qu ’à

n’anorer ! ig

Une autre page, listant salons de beauté ouvertles s la nuit, glisse dans un potager de légumes artificiels.

n, À qu oiebo  ? Les ine u n gutid tes en cru toile su te est, r la aôde nt des so en m o pr la et ontés à l’ou est. effr a-t-il à Qu ’yoir de plus ? sav


Ben Katchor, L'odyssée d'une valise en carton  

Emile Delilah serait un célibataire ordinaire si, au désespoir de ses parents, il n'était pas totalement... xénophile! Amoureux transi des c...

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