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Manuel de l’élevage

Recueil des idées reçues en élevage canin et félin


Recueil des idées reçues en élevage canin et félin


Aurélien Grellet est vétérinaire diplômé de l’Ecole Vétérinaire de Liège.Après un internat en clinique des carnivores domestiques au sein de l’Ecole Vétérinaire de Liège, il a passé deux ans au sein du Centre d’Etude en Reproduction des Carnivores (CERCA), situé à l’Ecole Vétérinaire d’Alfort et dirigé par le Dr Alain Fontbonne. En 2008 il a rejoint l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport (UMES), située à l’Ecole Vétérinaire d’Alfort et dirigée par le Pr Dominique Grandjean. En charge du secteur Elevages Canin et Félin, il travaille au contact des éleveurs et en appui de leurs vétérinaires traitants pour les conseiller dans l’exploration et la gestion de la pathologie d’élevage. Il réalise en parallèle un doctorat sur les facteurs de risque des diarrhées de sevrage chez le chiot. Il intègre en juilllet 2011 le service communication scientifique de Royal Canin.

Cassandre Boogaerts. Après avoir suivi la T1-pro UMES, dernière année de spécialisation dédiée à l’élevage et à la médecine du sport, Cassandre Boogaerts sort diplômée de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort. Elle a intégré en 2008 l’équipe de l’Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport dirigée par le Pr Dominique Grandjean et travaille en collaboration avec Aurélien Grellet au sein du secteur Elevages Canin et Félin. Elle s’occupe également d’Identification Electronique au sein de l’UMES et intervient dans la formation des éleveurs et vétérinaires dans le domaine de l’élevage et de la reproduction. Passionnée par le cocker anglais, elle s’intéresse de près aux origines des Spaniels et participe à de nombreuses expositions canines en France et à l’étranger.

Pierre Bergamo est docteur vétérinaire diplômé de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon. Il s’intéresse aux maladies infectieuses du chien et du chat et à leur gestion, notamment en collectivité. Il occupe depuis 2004, le poste de Responsable Technique au sein du laboratoire Merial.

Catherine Boucher est vétérinaire diplômée de l’Ecole Vétérinaire de Toulouse en 1984. Après une année d’assistanat, elle s’installe en association en clientèle mixte pendant 8 ans. Elle se spécialise ensuite en qualité et sécurité alimentaires et travaille en formation conseil auprès de petites entreprises agro-alimentaires pendant plus de trois ans. Après 6 ans de conseil en élevages industriels de volailles et porcs, elle prend en charge le Service Technique Professionnel de Royal Canin en 2009.

Marielle Servonnet est docteur vétérinaire diplômée de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes. Elle axe son activité sur les parasites externes des animaux de compagnie et les maladies qu'ils peuvent transmettre. Elle occupe depuis 2006, le poste de Responsable Technique au sein du laboratoire Merial.

Remerciement pour leur participation à cet ouvrage : Dr Marie ABITBOL (ENVA), Dr Alain FONTBONNE (ENVA), Pr Dominique GRANDJEAN (ENVA), Dr Laurence  YAGUIYAN‑COLLIARD (ENVA), Patrick PAILHAS (Royal Canin France SAS)


SOMMAIRE Chapitre 1 : les vaccins Annexe : Quelques clés en vaccinologie 1 Mes chiots/chatons ont été vaccinés et sont tombés malades dans les jours suivants : c’est donc le vaccin qui leur a donné la maladie 2 Mes chiots/chatons ont été vaccinés et sont malgré tout tombés malades. Le vaccin ne marche donc pas 3 Plus je vaccine tôt, plus mes chiots/chatons seront protégés tôt. La vaccination de mes jeunes animaux me garantit une protection précoce. 4 Un chiot/chaton ne doit pas sortir avant d’avoir eu son rappel de vaccin 5 On ne peut pas vacciner une femelle gestante 6 Les fibrosarcomes félins sont dûs aux vaccins 7 Les vaccins empêchent l’infection et l’excrétion. Mon animal n’est pas malade mais présente un test positif. le vaccin n’est donc pas efficace. 8 J’exige que mon vétérinaire vaccine mes chiots de petite race avec une ½ demie dose de vaccin 9 La vaccination de toute la collectivité est inutile et trop coûteuse. La vaccination des femelles gestantes est suffisante 10 Si je vaccine ma chienne contre l’herpès virus canin avant la saillie, elle ne pourra pas être contaminée par le mâle s’il est excréteur 11 La vaccination contre la leptospirose ne marche pas si elle est pratiquée à 8 semaines 12 Un éleveur peut légalement vacciner ses animaux lui-même 13 Mon chiot/chaton peut éviter la période critique (trou immunitaire) si je prends de bonnes précautions

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Chapitre 2 : les virus 14 Les virus sont tous identiques 15 Les parvovirus (canin et félin) sont peu résistants dans l’environnement. Il est donc très facile de s’en débarrasser 16 Le parvovirus du chien mute. La maladie qu’il induit évolue et les vaccins ne sont plus efficaces 17 l’herpès virus et le calicivirus, c’est la même chose ! 18 Une fois qu’un chat est infecté par le calicivirus, il ne peut plus s’en débarrasser. 19 Mon chat est mort de la PIF car le test PIF était positif 20 Un animal en pleine forme ne peut pas être infecté par un virus

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21 Un chat / chien sortant d’un élevage A ne sera pas malade en arrivant dans un élevage B si les deux élevages n’ont pas de chats/chiens présentant des signes cliniques 22 Mon animal a un résultat négatif au test herpès virus donc il n’est pas porteur 23 Peu de chiens sont porteurs de l’herpès virus 24 Mes reproducteurs sont positifs à la sérologie herpès. C’est la catastrophe, je dois arrêter l’élevage 25 Tous les désinfectants virucides sont efficaces contre tous les virus 26 Les virus sont peu résistants dans l’environnement

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Chapitre 3 : les parasites 27 On ne peut (ne doit) pas vermifuger une chienne /chatte gestante 28 Si il y a des giardias dans les selles, le chiot est malade 29 Je traite mon chien/chat contre les puces mais il en a toujours donc le produit ne fonctionne pas 30 Il faut toujours traiter si on retrouve des coccidies dans les selles 31 Si je vermifuge mon chien, il n’y aura plus aucun parasite

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Chapitre 4 : la reproduction Annexe : particularités du cycle de la chienne 32 La chienne perd du sang pendant toute la durée des chaleurs 33 Il faut faire saillir une chienne quand elle ne perd plus de sang. Si une chienne se fait saillir c’est qu’elle est prête. Les chiennes sont en période de fertilité optimale entre le 9ème et le 13ème jour des chaleurs 34 la chienne a des « règles » comme la femme 35 Faire ovuler une chatte avec un coton tige est moins nocif que de lui donner la pilule 36 La chatte perd du sang comme la chienne 37 Les inséminations artificielles ne se pratiquent pas sur les chattes 38 Faire faire une portée à sa chienne /chatte évite l’apparition de tumeurs mammaires 39 Il faut faire faire une portée à sa chienne / chatte pour sa santé 40 Une malformation à la naissance est forcément génétique 41 On peut donner n’importe quel médicament à une femelle gestante 42 L’insémination artificielle protège la femelle contre l’herpès virose 43 La mortalité néonatale est forcément d’origine infectieuse 44 Il est impossible d’avoir des chiots de deux pères différents dans une même portée

P. 50 P. 51 P. 52 P. 57 P. 57 P. 59 P. 60 P. 62 P. 64 P. 64 P. 65 P. 66 P. 67 P. 72


Chapitre 5 : l'alimentation 45 Une chienne en gestation doit manger à volonté 46 Le nombre de chiots attendus par ma chienne en gestation n’influe pas sur la ration alimentaire 47 Il faut donner du calcium à la chienne pendant la gestation pour la préparer à la lactation 48 Il n’est pas utile de changer d’aliment que ma chienne / chatte soit vide, pleine ou en lactation 49 Il faut complémenter systématiquement une chienne en calcium pendant la lactation. 50 Je donne un repas par jour à ma chienne en lactation 51 Le chien est un carnivore strict 52 Ce sont les protéines qui apportent l’énergie dans la ration 53 Il faut mélanger deux types de croquettes ou bien ajouter des œufs, du calcium 54 L’alimentation peut être responsable de problèmes ostéoarticulaires 55 Un repas par jour est suffisant pour les chiots et chiens de grande race 56 Donner du calcium à un chiot permet de redresser les oreilles 57 Il faut toujours complémenter en calcium les chiots en croissance 58 Si un chiot est trop nourri, il sera trop grand. Un chiot en bonne santé est potelé 59 Si un chiot est plus petit à la naissance, il restera forcément plus petit à l’âge adulte 60 Si je change de référence d’aliment sur mes adultes au repos, je n’ai jamais besoin de retoucher le rationnement

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Chapitre 6 : la génétique Annexe : quelques clés en génétique 61 Si j’élimine tous les reproducteurs portant un défaut, je vais éliminer ce défaut 62 Peu importe si la mère n’est pas belle, les chiots ressembleront toujours au père 63 Il faut garder pour la reproduction uniquement les sujets génétiquement sains 64 Il ne faut pas faire de consanguinité pour éviter d’avoir des tares 65 La consanguinité crée des tares

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Chapitre 7 : les traitements et soins 66 L’automédication c’est le premier stade du traitement 67 Dès qu’il y a des problèmes respiratoires dans mon élevage, je donne des antibiotiques 68 Si un chiot atteint de parvovirose survit au bout de 5 jours, il guérira 69 Mes chiots/chatons sont morts les premiers jours de vie, c’est obligatoirement infectieux 70 L’autopsie des chiots/chatons morts ne sert à rien s'ils sont congelés 71 Il faut donner des antibiotiques à la chienne/chatte à la saillie et à la mise bas 72 les diarrhées de sevrage sont uniquement d’origine virale ou bactérienne

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Chapitre 8 : les autres sujets 73 Il faut mettre des tuteurs, du chewing gum ou de la colle pour redresser les oreilles « cassées » d’un chiot de race à oreilles dressées 74 Il ne faut pas laver un chiot avant l’âge de 6 mois 75 Plus on coupe la queue des reproducteurs, plus les queues des descendants seront courtes 76 Les coupes de queue et d’oreilles sont purement esthétiques et sont interdites 77 Seul le désinfectant permet d’éliminer massivement les agents infectieux 78 Mélanger le nettoyant et le désinfectant permet de gagner du temps Il faut toujours utiliser les produits de nettoyage et de 79 désinfection avec de l’eau très chaude 80 Le nettoyage à l’eau de javel est très efficace 81 De toute façon, mon élevage est exempt d’agents infectieux car j’utilise un désinfectant qui marche pour tout 82 Le pédiluve est un remède à l’introduction de germes en élevage 83 La marche en avant ou la sectorisation ne servent à rien 84 La quarantaine ne sert à rien en élevage 85 La paille est une bonne litière 86 Il est conseillé d’utiliser une litière agglomérante 87 Le bois est un matériau adapté en élevage

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Glossaire

P. 134

Concerne l’espèce canine

Concerne l’espèce féline

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Chapitre 1 LES VACCINS


Annexe : Quelques clés en vaccinologie Qu’est ce qu’un vaccin ? Un vaccin est une préparation contenant un (ou plusieurs) agent(s) pathogène(s) rendus inoffensifs. Son administration permet de protéger l’animal contre la (ou les) maladies correspondantes. Les types de vaccins les plus fréquemment rencontrés sont : - Les vaccins vivants (ou atténués). Il s’agit d’un vaccin contenant un agent infectieux vivant mais affaibli de façon à ne présenter aucun pouvoir de nuisance. Exemple : vaccins contre la parvovirose canine ou contre le typhus chez le chat - Les vaccins tués (ou inactivés). Il s’agit d’un vaccin contenant un agent infectieux mort. Dans ces valences inactivées, on regroupe : - les vaccins inactivés entiers. Dans ce cas, l’agent pathogène est mort, mais l’intégralité de sa structure est conservée (exemple : les vaccins contre la leptospirose). - les vaccins inactivés sous unités. Dans ce cas, seul un fragment d’agent pathogène est présent (exemple : certains vaccins contre le FeLV). Quel est l’impact des anticorps maternels sur la prise vaccinale ? Qu’est ce que la période critique ? La prise vaccinale chez le chiot ou le chaton peut être inhibée par les anticorps maternels transmis de la mère au nouveau né pendant les premières heures/jours de vie. Dans les premières semaines (cette période est variable d’une portée à l’autre, mais aussi d’un individu à l’autre dans une même portée !), la vaccination a de grandes chances d’être inefficace, comme le montre le graphique ci-dessous (exemple de la parvovirose canine) :

Anticorps chez le chiot

Evolution du taux d’anticorps et impact sur la vaccination (exemple de la parvovirose canine)

Chiot protégé

Chiot réceptif au vaccin

Seuil de protection

Période Critique

Seuil d’interférence vaccinale

Age du chiot (semaines)

Légende : le taux d’anticorps est trop élevé (il est au-dessus du seuil d’interférence vaccinale) lorsque le vaccin est injecté. Ce dernier ne peut donc pas induire de production d’anticorps. 8 - Les Vaccins


Il est donc nécessaire d’attendre que le taux d’anticorps soit passé en dessous du seuil d’interférence vaccinale, comme le montre le graphique ci-dessous :

Anticorps chez le chiot

Evolution du taux d’anticorps et impact sur la vaccination (exemple de la parvovirose canine)

Chiot protégé

Chiot réceptif au vaccin

Seuil de protection

Période Critique

Seuil d’interférence vaccinale

Age du chiot (semaines)

Légende : le taux d’anticorps maternel est suffisamment bas pour autoriser la vaccination. L’administration du vaccin induit la production d’anticorps et protège donc rapidement l’animal. La période critique (ou trou immunitaire) est une période délicate à gérer durant laquelle le taux d’anticorps maternels n’est plus suffisant pour assurer la protection du jeune, mais est encore trop important pour que la vaccination soit efficace. Cette période commence et se termine de manière très variable entre les individus.

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1 ‘‘Mes chiots/chatons ont été vaccinés et sont tombés malades dans les jours suivants. C’est donc le vaccin qui leur a donné la maladie’’ Il arrive parfois que l’animal exprime la maladie contre laquelle il vient d’être vacciné. D’une manière générale, on peut observer ce phénomène chez un animal porteur et en équilibre précaire avec un agent pathogène (par exemple herpès virus, calicivirus chez le chat, parvovirus chez le chien…). Tout stress (modification de l’environnement, changement de milieu de vie, acte médical ou chirurgical…) peut favoriser l’expression de la maladie. Innocuité du vaccin En France, la commercialisation des vaccins nécessite une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Celle-ci n’est délivrée qu’après la réalisation de tests d’innocuité et d’efficacité rigoureux. Actuellement, le risque que l’agent pathogène (virus, bactérie) d’un vaccin vivant atténué provoque la maladie (c'est-à-dire redevienne virulent), est extrêmement faible.

Le vaccin n’induit pas la maladie contre laquelle il protège. Cette idée reçue repose sur une méconnaissance des vaccins et de la notion de portage.

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2 ‘‘Mes chiots/chatons ont été vaccinés et sont malgré tout tombés malades. Le vaccin ne marche donc pas’’ Il est possible dans certains cas d’observer, chez l’animal vacciné, la maladie contre laquelle il est censé être protégé. Ce phénomène peut voir plusieurs causes : Méconnaissance du vaccin • Que peut-on attendre d’un vaccin ? En règle générale, la vaccination permet de diminuer et souvent d’empêcher l’apparition de signes cliniques suite à l’infection. Il est donc possible, dans certains cas, d’observer des signes cliniques modérés sur un animal vacciné. Ces signes sont peu intenses, et limités dans le temps, puisque l’organisme a été « éduqué adéquatement » par le vaccin. La vaccination permet aussi de limiter l’excrétion de l’agent pathogène en cas de contamination. Ceci limite ainsi la diffusion de l’agent pathogène dans la collectivité, ce qui diminue l’exposition des autres individus. Ces notions sont à moduler en fonction de l’agent pathogène et du vaccin. • A quel moment le vaccin devient-il efficace ? La vaccination engendre une protection efficace plus ou moins rapidement selon l’agent pathogène et le vaccin considérés. En l’absence d’anticorps maternels, il faut quelques jours à deux semaines après l’injection ou la 2ème injection (si la primovaccination se fait en 2 injections) pour que l’animal soit protégé. Le jeune peut donc tomber malade entre le moment de l’injection et le moment où celle ci devient réellement efficace. Réceptivité déficiente de l’animal • Inhibition du vaccin par les anticorps d’origine maternelle Les anticorps maternels protègent le jeune dans les premières semaines de vie, mais peuvent aussi inhiber la vaccination s’ils sont présents en trop grande quantité. Cette quantité étant très variable d’un animal à l’autre (entre portées, mais aussi entre chiots/ chatons d’une même portée !), il est impossible de prédire à quel moment le vaccin pourra induire une immunité chez un jeune individu surtout lors des premières semaines de vie. Un vaccin reconnu efficace, mais injecté à un animal ayant trop d’anticorps maternels, sera inhibé et ne pourra donc pas fonctionner. • Une réponse immunitaire variable d’un individu à l’autre Les vaccins ont pour but de protéger une population. En revanche, la protection individuelle peut être variable. Même si la grande majorité des individus répondent bien, voire très bien à la vaccination, quelques individus répondent mal malgré un protocole Les Vaccins - 11


adéquat, comme le montre le graphique suivant :

µ-2σ

µ-σ

µ

µ+σ

µ+2σ

La réponse des individus à une vaccination est répartie selon une courbe de Gauss (courbe rouge - graphique ci-dessus). La majorité des individus répondent bien voire très bien à la vaccination et sont donc (très) bien protégés contre la maladie (réponse « normale », « supérieure à la norme » et « très supérieure à la norme »). En revanche, une minorité d’individus répond de façon moins intense (surtout les animaux ayant une réponse « très inférieure à la norme ») et sont donc moins bien protégés. En routine, il n’est pas possible de distinguer ces différentes situations. • Cas des individus immunodéprimés Dans certaines situations, les individus immunodéprimés (Exemple : chat malade du FIV, animal sous traitement immunosuppresseur) peuvent présenter une réponse moindre à la vaccination. Vaccin inadapté à l’agent • Evolution de l’agent pathogène Dans de rares cas, le vaccin n’est pas efficace car la souche vaccinale n’est pas en adéquation avec la souche infectant l’animal. Le problème se rencontre surtout avec le calicivirus, qui évolue sans cesse. Cette évolution affecte (dans le cas de ce virus) des zones où se fixent les anticorps, et peut donc rendre la vaccination moins efficace voire inefficace. Ceci est particulièrement vrai pour les vaccins conçus avec des souches utilisées depuis plusieurs décennies. Fort heureusement, la plupart des agents pathogènes contre lesquels on vaccine (herpès virus, parvovirus, etc.) ne sont pas affectés par ce phénomène. • Implication de multiples agents Dans certaines maladies, en particulier la leptospirose ou la toux de chenil, une grande quantité d’agents peuvent être impliqués. Les vaccins protègent contre des agents considérés comme importants… mais pas contre tous. Ainsi, un animal vacciné n'est donc pas à l’abri de développer la maladie s’il rencontre des agents différents, contre lesquels la vaccination est inefficace. 12 - Les Vaccins


Non respect des règles de la notice d’utilisation • Conservation inadéquate Les vaccins doivent être conservés au froid et supportent mal une rupture de la chaîne du froid, particulièrement certaines valences comme la maladie de Carré. Un vaccin conservé trop longtemps à température ambiante perd donc son efficacité. • Protocole et administration inadéquats En France, la commercialisation des vaccins nécessite une autorisation de mise sur le marché (AMM). Celle-ci n’est délivrée qu’après la réalisation de tests rigoureux prouvant l’innocuité et l’efficacité de ces vaccins. Le non respect du protocole recommandé (nombre d’administrations, voie d’administration, dose à administrer) peut entraîner une inefficacité de la vaccination. Le non respect de la notice, le défaut de réceptivité de l’animal, l’inadéquation entre l’agent responsable de la maladie observée et le vaccin peuvent expliquer l’apparition d’une maladie chez un animal vacciné. La méconnaissance des capacités d’un vaccin peut donner un faux sentiment d’inefficacité vaccinale.

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3 ‘‘Plus je vaccine tôt, plus mes chiots/chatons seront protégés tôt. La vaccination des très jeunes animaux me garantit une protection précoce’’ Chez l’animal très jeune, le taux d’anticorps maternels peut être encore élevé (voir la partie «Annexe : quelques clés en vaccinologie »). Inhibée par ces anticorps, la vaccination a alors de grandes chances d’être inefficace. Cas particuliers Dans certaines situations d’épizootie en collectivité, un protocole de vaccination précoce, avec éventuellement des vaccins particuliers, peut être mis en place avec votre vétérinaire (par exemple, épizootie de parvovirose). Le protocole sera donc adapté en fonction de la situation dans l’élevage. Les anticorps maternels, présents en quantité importante dans les toutes premières semaines de vie, peuvent inhiber la vaccination, et donc la rendre inefficace.

4 ‘‘Un chiot/chaton ne doit pas sortir avant d’avoir eu son rappel de vaccin’’ Un jeune animal ne doit être considéré comme vacciné que s’il a eu au minimum deux injections à l’âge de 8 puis 12 semaines. Avec ce protocole, la majorité des chatons et des chiots sont protégés contre les maladies contre lesquelles ils sont vaccinés. En théorie, il ne faudrait donc pas les laisser sortir avant leur deuxième rappel. Cependant, d’un point de vue comportemental, il est très important à cet âge de confronter le jeune à différentes situations afin qu’il devienne un adulte socialisé. L’animal n’ayant pas encore reçu son deuxième rappel pourra donc sortir avant la deuxième injection mais dans des lieux où le risque pour l’animal de s’infecter reste faible.  our des raisons de comportement, il est souhaitable de laisser les P jeunes accéder au milieu extérieur à cet âge. Néanmoins, en cas de risque élevé de maladie infectieuse, il pourra être conseillé de garder l’animal isolé. 14 - Les Vaccins


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‘‘On ne peut pas vacciner une femelle gestante’’

Il est important d’informer le vétérinaire si une femelle est gestante, avant qu’il ne pratique la vaccination. Certaines souches vaccinales vivantes atténuées peuvent infecter et avoir des conséquences graves sur le(s) fœtus (effets tératogènes, avortement…). Par exemple, l’utilisation de vaccins vivants atténués contre la panleucopénie (typhus) peut entrainer une anomalie du développement du cervelet. Ceci entraine des troubles nerveux chez les chatons (ataxie cérébelleuse). D’autres vaccins n’ont pas d’incidence sur la gestation ou sont même recommandés durant cette période. C’est le cas du vaccin contre l’herpès virose canine, pour lequel plusieurs injections sont préconisées pendant la gestation. Cette vaccination a pour but de protéger les chiots de la maladie via l’ingestion des anticorps contenus dans le colostrum de leur mère.  ertains vaccins sont autorisés pour être administrés pendant la C gestion, alors que d’autres sont contre-indiqués. Si le rappel de vaccination doit avoir lieu durant la gestation, demandez conseil à votre vétérinaire.

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‘‘Les fibrosarcomes félins sont dûs aux vaccins’’

Les facteurs entrainant l’apparition de fibrosarcome sont nombreux et encore mal connus. Parmi ceux-ci, on suspecte un traumatisme sous la peau du chat (morsure, injection qu’elle soit vaccinale ou non) et une prédisposition génétique de l’animal. En ce qui concerne les vaccins, certains experts pensent qu’au delà du traumatisme souscutané, les adjuvants pourraient favoriser l’apparition de cette tumeur. Quoiqu’il en soit, en particulier en élevage, le rapport « bénéfice de la vaccination / risque de déclencher un fibrosarcome » est largement en faveur de la vaccination. En effet, les maladies infectieuses sont largement présentes en collectivité alors que le fibrosarcome ne touche qu’un chat sur plusieurs milliers voire dizaine de milliers d’individus. Le fibrosarcome post-traumatique ne semble pas concerner les chiens. Le fibrosarcome du chat a de multiples causes imbriquées. L’analyse bénéfice/risque est très en faveur de la vaccination, d’autant plus dans un milieu à risques comme la collectivité. Les Vaccins - 15


7 ‘‘Les vaccins empêchent l’infection et l’excrétion Mon animal n’est pas malade, mais présente un test positif. Le vaccin n’est donc pas efficace !’’ Un vaccin est conçu pour empêcher ou limiter l’expression clinique d’une maladie, et pour certains vaccins, de limiter l’excrétion de l’agent pathogène par l’animal contaminé. Sauf cas particulier, le vaccin n’empêche pas l’agent pathogène d’entrer dans l’animal ! En conséquence, un animal vacciné et protégé pourra : - exprimer en cas de contamination très importante, quelques symptômes de la maladie. Dans ce cas, les symptômes seront de faible intensité. Dans la grande majorité des cas, l’animal ne sera pas malade du tout. - excréter l’agent pathogène sauvage, mais en quantité beaucoup plus faible qu’un animal non vacciné soumis au même agent. Un animal protégé pourra néanmoins être positif à un test de dépistage, s’il est en contact avec l’agent pathogène (par exemple calicivirus, herpès virus, toux de chenil…) Un vaccin est conçu pour empêcher ou limiter l’expression clinique d’une maladie chez l’individu infecté, et pour certains vaccins, de limiter l’excrétion de l’agent pathogène par l’animal contaminé.

8 ‘‘J’exige que mon vétérinaire vaccine mes chiots de petite race avec une ½ dose de vaccin’’ Les vaccins sont conçus pour stimuler le système immunitaire efficacement quel que soit le poids de l’animal. Cette dose est déterminée lors du développement du vaccin en laboratoire, puis vérifiée par des études réalisées en condition réelle d’utilisation. La vaccination avec une ½ dose pourra être insuffisante pour stimuler le système immunitaire. Dans ce cas, les chiots ne seront pas protégés. Vacciner avec une ½ dose, c’est prendre un risque de défaut de protection de l’animal. 16 - Les Vaccins


9 ‘‘La vaccination de toute la collectivité est inutile et trop coûteuse. La vaccination des femelles pendant la gestation est suffisante.’’ Risque épidémiologique Dans un élevage, en présence d’un agent infectieux, les possibilités de transmission de cet agent entre les individus augmentent de manière exponentielle en fonction de l’effectif. Sans couverture vaccinale appropriée, l’éleveur peut se retrouver face à une épizootie brutale, et difficilement contrôlable. Sans parler de l’aspect affectif, le coût financier consécutif à la perte de chiots voire d’adultes, peut être très important, et dépasser le coût d’une vaccination bien conduite.

E = n2-n

400

380

Risque épidémiologique

350 300 250 200 150 100 50 0

2 2

20 Nombre d'invidus

E = risque épidémiologique ou risque de contagion de la maladie N = effectif du cheptel ou nombre d’animaux de l’espèce concernée sur un même site Niveau d’immunité collective de l’effectif Il est impératif de vacciner tous les chiens présents sur l’élevage. En effet en cas de vaccination d’une partie des chiens, les agents pathogènes se propagent et se multiplient librement dans la collectivité. Le risque infectieux devient alors très important. Contre-indications éventuelles Sauf situations bien particulières, il est préférable de ne pas vacciner pendant la gestation. En dehors du stress que l’acte vaccinal peut engendrer, certains vaccins sont contre-indiqués pendant la gestation (par exemple, le vaccin vivant atténué contre la panleucopénie féline). D’une manière générale, le vétérinaire doit toujours être informé d’une gestation avant qu’il ne procède à la vaccination. Il pourra évaluer avec vous le rapport bénéfice/risque de la vaccination. Il faut faire vacciner régulièrement tous les animaux présents sur l’élevage en dehors de la période de gestation pour les femelles (sauf cas particuliers). Les Vaccins - 17


10 ‘‘Si je vaccine ma chienne contre l'herpès virus canin avant la saillie, elle ne pourra pas être contaminée par le mâle s’il est excréteur’’ Impact de l’herpès virus canin L’herpès virus est un agent responsable de troubles de la reproduction, et en particulier de mortalité néonatale (3 premières semaines de vie). Ce virus est également impliqué dans le syndrome toux de chenil chez le chien. Objectifs de la vaccination La vaccination contre l’herpès virose néonatale canine se fait pendant la gestation. Le but est de stimuler la production d’anticorps dirigés contre le virus. Ces anticorps maternels seront transmis aux chiots par le colostrum dans les premières heures de vie. Les chiots, même s’ils sont infectés par l’herpès virus, ne développeront pas la maladie. La vaccination n’empêche pas la transmission du virus entre adultes, ou de la mère aux chiots. La vaccination d’une femelle contre l’herpès virus pendant la gestation a pour but de protéger les chiots mais n’empêchera pas l’infection de la chienne au moment de la saillie, si le mâle est excréteur.

11 ‘‘La vaccination contre la leptospirose ne marche pas si elle est pratiquée à 8 semaines’’ Contrairement à ce qui était dit dans le passé, la vaccination contre la leptospirose peut être réalisée à l’âge de 7-8 semaines (selon l’AMM- Autorisation de Mise sur le Marché - du vaccin utilisé). Les études, notamment celles réalisées dans le cadre des dossiers d’AMM, le démontrent. Tout particulièrement en milieu à risque, le vétérinaire peut préconiser la première injection de primovaccination dès l’âge de 7-8 semaines. La primovaccination contre la leptospirose peut commencer efficacement dès l’âge de 8 semaines. 18 - Les Vaccins


12 ‘‘Un éleveur peut légalement vacciner ses animaux lui-même’’ Que dit la loi ? Les articles du Code Rural et de la pêche maritime relatifs à la pratique illégale de la médecine vétérinaire vont probablement être modifiés par une ordonnance de janvier 2011. Les précédents articles pouvaient parfois donner lieu à des interprétations très différentes quant aux droits et interdictions dans ce domaine. Article L243-1. I.-Pour l’application du présent chapitre, on entend par : -»acte de médecine des animaux» : tout acte ayant pour objet de déterminer l’état physiologique d’un animal ou d’un groupe d’animaux ou son état de santé, de diagnostiquer une maladie, y compris comportementale, une blessure, une douleur, une malformation, de les prévenir ou les traiter, de prescrire des médicaments ou de les administrer par voie parentérale ; -»acte de chirurgie des animaux» : tout acte affectant l’intégrité physique de l’animal dans un but thérapeutique ou zootechnique. II.-Sous réserve des dispositions des articles L. 243-2 et L. 243-3, exercent illégalement la médecine ou la chirurgie des animaux : 1° Toute personne qui ne remplit pas les conditions prévues à l’article L. 241-1 et qui, même en présence d’un vétérinaire, pratique à titre habituel des actes de médecine ou de chirurgie des animaux définis au I ou, en matière médicale ou chirurgicale, donne des consultations, établit des diagnostics ou des expertises, rédige des ordonnances, délivre des prescriptions ou certificats, ou procède à des implantations sous-cutanées ; […] Article L243-2. Dès lors qu’ils justifient de compétences adaptées définies par décret, les propriétaires ou détenteurs professionnels d’animaux relevant d’espèces dont la chair ou les produits sont destinés à la consommation humaine, ou leurs salariés, peuvent pratiquer, sur les animaux de leur élevage ou sur ceux dont la garde leur a été confiée dans le cadre de leur exploitation, dans le respect des dispositions relatives à la protection des animaux, certains actes de médecine ou de chirurgie dont la liste est fixée, selon les espèces, par arrêté du ministre chargé de l’agriculture. Cette liste ne comprend aucun acte réservé expressément par la loi aux vétérinaires, notamment, en application des dispositions de l’article L. 5143-5 du code de la santé publique, la prescription de médicaments, non plus que les actes liés à l’exercice du mandat sanitaire ou à la certification mentionnés respectivement aux articles L. 221-11 et L. 221-13 du présent code. Article L243-3. Outre les soins de première urgence autres que ceux nécessités par les maladies contagieuses, qui peuvent être réalisés par toute personne, des actes de médecine ou de chirurgie des animaux peuvent être réalisés par : 1° Les maréchaux-ferrants pour le parage et les maladies du pied des équidés, et les pareurs bovins dans le cadre des opérations habituelles de parage du pied ; 2° Les élèves des écoles vétérinaires françaises et de l’Ecole nationale des services vétérinaires dans le cadre de l’enseignement dispensé par ces établissements ; 3° Les inspecteurs de la santé publique vétérinaire, titulaires d’un titre ou diplôme de vétérinaire, Les Vaccins - 19


dans le cadre de leurs attributions et les agents spécialisés en pathologie apicole, habilités par l’autorité administrative compétente et intervenant sous sa responsabilité dans la lutte contre les maladies des abeilles ; 4° Les fonctionnaires et agents qualifiés, titulaires ou contractuels mentionnés à l’article L. 24116 lorsqu’ils interviennent dans les limites prévues par cet article ; 5° Les directeurs des laboratoires agréés dans les conditions prévues par les articles L. 202-1 à L. 202-5 pour la réalisation des examens concourant à l’établissement d’un diagnostic vétérinaire ; 6° Les techniciens intervenant sur les espèces aviaires et porcine, justifiant de compétences adaptées définies par décret et placés sous l’autorité et la responsabilité d’un vétérinaire, qui pratiquent des actes de vaccination collective, de castration, de débecquage ou de dégriffage ; 7° Les techniciens justifiant de compétences adaptées définies par décret, intervenant dans le cadre d’activités à finalité strictement zootechnique, salariés d’un vétérinaire ou d’une société de vétérinaires habilités à exercer, d’une organisation de producteurs reconnue en vertu de l’article L. 551-1, d’un organisme à vocation sanitaire reconnu en vertu du II de l’article L. 201-1 ou d’un organisme relevant du chapitre III du titre V du livre VI ; 8° Les fonctionnaires et agents contractuels relevant des établissements ou organismes chargés, en application de l’article L. 653-12, des enregistrements zootechniques des équidés, titulaires d’une licence d’inséminateur pour l’espèce équine et spécialement habilités à cet effet, intervenant dans le cadre de leurs attributions sous l’autorité médicale d’un vétérinaire pour la réalisation des constats de gestation des femelles équines. Les fonctionnaires et agents contractuels relevant de l’Institut français du cheval et de l’équitation peuvent être spécialement habilités à réaliser l’identification électronique complémentaire des équidés sous l’autorité médicale d’un vétérinaire ; 9° Les fonctionnaires ou agents mentionnés à l’article L. 273-4 lorsqu’ils interviennent dans les limites prévues par cet article. Article L243-4. Sous réserve des dispositions prévues aux articles L. 243-2 et L. 2433, l’exercice illégal de la médecine ou de la chirurgie des animaux est puni de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 30 000 €. Hormis le cas des personnes visées à l’article L. 243-2, le tribunal peut ordonner la fermeture de l’établissement et prononcer la confiscation du matériel ayant permis l’exercice illégal. Conséquences pratiques La vaccination est un acte de prévention de la maladie, administrée le plus souvent par voie parentérale. Cet acte rentre donc dans la pratique illégale de la médecine vétérinaire s’il n’est pas réalisé par un vétérinaire. D’après les dernières évolutions de la loi, il est interdit à une personne non-vétérinaire de vacciner ses chiens ou ses chats.

20 - Les Vaccins


13 ‘‘Mon chiot/chaton peut éviter la période critique (ou le trou immunitaire) si je prends de bonnes précautions’’ Injection vaccinale et protection vaccinale Il est important de différencier ces 2 notions. L’injection vaccinale consiste à administrer un antigène dans l’organisme. La protection vaccinale est la réponse de l’organisme à cette injection. Dans certaines situations comme lors de la période critique, l’organisme peut ne pas répondre à cette administration. Impact de la période critique Les jeunes sont protégés durant les premières semaines de vie par les anticorps maternels transmis par la mère par l’intermédiaire du colostrum. Ces anticorps sont très utiles, mais peuvent empêcher une bonne prise vaccinale. Ainsi, tout chiot ou chaton passe par une période, dite « période critique », pendant laquelle le taux d’anticorps maternels est insuffisant pour le protéger efficacement mais encore trop élevé pour permettre une bonne réponse vaccinale. Quels que soient les vaccins utilisés, tous les animaux passent nécessairement par cette période. Si la vaccination a lieu avant ou lors de la période critique, elle est inefficace et donc le chiot (chaton) peut tomber malade s’il est en contact avec l’agent infectieux contre lequel il est vacciné (voir idée reçue « Plus je vaccine tôt, plus mes chiots/chatons seront protégés tôt »). Pour cette raison, les mesures sanitaires (conception des bâtiments, marche en avant, mesures de nettoyage et de désinfection..) sont capitales, car elles permettent de moins exposer les animaux aux agents pendant cette période de fragilité.

 ous les animaux passent nécessairement par une période critique T pendant laquelle le taux d’anticorps maternels ne peut plus assurer leur protection, mais est encore trop élevé pour que la vaccination soit efficace.

Les Vaccins - 21


Chapitre 2 LES VIRUS


14

‘‘Les virus sont tous identiques’’

Les virus sont des microbes infiniment petits, qui se mesurent en nanomètres (sachant qu’un nanomètre est 1 milliard de fois plus petit qu’un mètre !). Il existe un très grand nombre de virus : ils diffèrent par leur taille, leur composition, leur forme, leur mode de fonctionnement, l’espèce animale cible etc… Exemples : - même si cela parait contradictoire, un virus enveloppé (exemple : herpès virus, FeLV) est moins résistant dans le milieu extérieur qu’un virus nu, c'est-à-dire dépourvu d’enveloppe (exemple : calicivirus, parvovirus). La transmission des virus enveloppés se fait donc plutôt par contact. - différence entre un virus à ADN et un virus à ARN, qui peuvent avoir des capacités de mutations différentes.

La virologie est un monde, composé de milliers de virus, qui ont des caractéristiques et des comportements différents.

24 - Les Virus


15 ‘‘Les parvovirus (canin et félin) sont peu résistants dans l’environnement, il est donc très facile de s’en débarrasser’’ Un virus nu est particulièrement résistant Les parvovirus sont des virus nus. Ils ne possèdent pas d’enveloppe à leur surface, mais paradoxalement, sont extrêmement résistants dans le milieu extérieur. En condition favorable, ils sont capables de rester infectieux pendant plusieurs mois voire plus d’une année. Lorsqu’il est atteint de parvovirose, un animal excrète dans ses selles une quantité massive de virus (1 gramme de selle peut renfermer jusqu’à 1 million de doses infectantes, c’està-dire de quoi infecter expérimentalement 1 million d’animaux). Par ailleurs, le parvovirus n’est pas sensible à tous les désinfectants ! Il est donc très important, en particulier en cas d’épidémie, de vérifier que le produit utilisé est efficace contre le parvovirus. Par exemple, il est sensible à l’eau de javel, mais peu aux ammoniums quaternaires. Moyens de lutte Une fois le parvovirus entré dans une collectivité, il est très difficile de s’en débarrasser. Cependant, les mesures ci-dessous permettent de gérer sa circulation et son impact sur la santé des animaux : VOLET SANITAIRE - Conception du chenil • Les matériaux composant le chenil doivent être résistants, imperméables (non glissants pour les sols), lisses, isolants, faciles à démonter et à nettoyer, avec un faible coût. • La sectorisation correspond à la mise en place de secteurs en fonction de l’âge des animaux et du risque infectieux. Il est donc recommandé d’avoir un secteur maternité, plus ou moins un secteur nurserie, accompagné d’un secteur adulte, d’une quarantaine et d’une infirmerie (seul secteur pour l’instant légalement obligatoire). Du matériel voire un personnel particulier doit être attribué à chaque secteur. • La quarantaine, où sont placés les nouveaux arrivants dans l’élevage, pendant 2 à 3 semaines. Cette période de mise à l’écart est assez longue en général pour permettre à l’individu de s’habituer progressivement au microbisme de l’élevage. Mais elle permet aussi et surtout d’observer cet individu et de voir s’il déclenche une maladie, par exemple la parvovirose. Elle évite ainsi la diffusion de l’agent pathogène dans l’ensemble de l’élevage. • L’infirmerie, où sont gardés les animaux malades. L’éleveur peut ainsi leur administrer leurs traitements et éviter la dissémination de l’agent pathogène excrété par l’animal. - Principe de marche en avant. Le principe de la marche en avant consiste à adopter un circuit en sens unique allant du secteur contenant les animaux les plus à risque au secteur contenant les animaux les moins à risque. Le sens des soins, ou de toutes Les Virus - 25


visites, devra donc se faire dans le sens suivant : maternité, nurserie, adultes, infirmerie, quarantaine. Si cela est possible, l’éleveur peut prévoir des blouses pour la maternité avec des sur-chaussures afin d’éviter au maximum l’entrée des agents pathogènes dans ce secteur particulièrement fragile.

PRINCIPE DE LA MARCHE EN AVANT

Maternité Locaux adultes Infirmerie Quarantaine

- Protocole de « Nettoyage-Désinfection » : il est préconisé de nettoyer quotidiennement, en enlevant bien les excréments, en réalisant une détersion chimique (pH alcalin pour des souillures minérales et pH acide pour des souillures organiques) et une détersion physique (brosse, eau sous pression…). Le nettoyage permet d’enlever une partie du biofilm formé par les saletés et les agents infectieux. Pour la désinfection, on pourra utiliser de l’eau de javel, des UV ou soumettre le virus une minute à 100°C (ex : brûleur). Le désinfectant sera laissé en contact pendant un temps suffisant et dans les bonnes conditions : par exemple, au moins 10 minutes pour l’eau de javel et avec de l’eau froide. On prendra soin de rincer entre le nettoyage et la désinfection ainsi qu’après la désinfection et d’utiliser du matériel dédié respectivement au nettoyage et à la désinfection.

26 - Les Virus


Ramassage des selles et litières Nettoyage (physique et chimique)

Séchage

Temps de contact !

Rinçage

Rinçage

Temps de contact !

Désinfection

- Gestion des animaux : l’éleveur pourra prévoir de toiletter les chiennes avant leur entrée dans la maternité et les chiots avant leur départ. Il faudra bien isoler les animaux malades dans l’infirmerie et respecter la quarantaine pour les nouveaux arrivants. Volet MEDICAL L’indispensable volet sanitaire doit être complété par un volet médical complet et adapté. L’élevage étant un milieu à risque, la vaccination et les traitements antiparasitaires sont très fortement recommandés. Comme chaque collectivité est unique, la collaboration avec votre vétérinaire est capitale pour l’établissement et le suivi d’un protocole adapté. Le parvovirus est très résistant dans le milieu extérieur. Son contrôle passe par des mesures sanitaires (conception des locaux, marche en avant, protocole de nettoyage-désinfection adapté) et médicales (vaccination, lutte contre les parasites digestifs).

Les Virus - 27


16 ‘‘Le parvovirus du chien mute. La maladie qu’il induit évolue, et les vaccins ne sont plus efficaces.’’ Mutation des virus Les virus ont des tendances à la mutation variables, quand on les compare les uns aux autres. Dans ce domaine, il ne faut pas mettre tous les virus dans le même panier ! Certains évoluent beaucoup, d’autres moyennement, alors que d’autres encore évoluent peu. Ils sont alors qualifiés de stables. Par exemple, le virus de la grippe humaine évolue à tel point que le vaccin doit être adapté tous les ans. A l’inverse, l’herpès virus est stable et n’évolue pas. Evolution du parvovirus Dans l’histoire des virus, le parvovirus est relativement récent : il est apparu à la fin des années 1970 et s’est répandu dans la population canine du monde entier. La souche originelle est nommée « CPV 2 ». Depuis, le parvovirus canin a évolué (CPV 2 a évolué en CPV 2a au début des années 1980, puis CPV 2b au milieu des années 1980, puis CPV 2c au début des années 2000.) Aujourd’hui, les virus majoritairement rencontrés en France sont les CPV 2b et CPV 2c. Cependant, cette évolution se traduit par des modifications minimes à la surface du virus (là où le système immunitaire va agir, par exemple les anticorps). Elle n’a pas d’impact sur la protection induite par la vaccination. Il a par exemple été démontré à plusieurs reprises que la souche originelle, CPV2, utilisée dans plusieurs vaccins, était efficace à la fois contre CPV2b et CPV2c. L’observation de parvovirose sur un chiot pourtant vacciné peut s’expliquer par la persistance des anticorps maternels qui inhibent le vaccin (voir chapitre vaccin – période critique, voir p. 8). De la même façon, les mutations n’ont pas entrainé de modification de la maladie induite. La parvovirose, dans sa forme classique est toujours caractérisée par de la fièvre, de l’abattement, de la diarrhée éventuellement hémorragique, des vomissements et de la déshydratation. Le parvovirus canin s’exprime toujours de la même façon et est couvert par la vaccination quelle qu’en soit la souche.

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‘‘L’herpès virus et le calicivirus, c’est la même chose !’’

Herpès virus et herpès virose L’herpès virus félin est responsable d’herpès virose (ou rhinotrachéite infectieuse féline), qui touche les yeux (conjonctivite, ulcère de la cornée) et le nez (jetage). Ce virus est peu résistant dans le milieu extérieur, et est inactivé par les désinfectants usuels. Après avoir infecté un animal, il peut entrer en latence : la majorité des chats infectés restent porteurs à vie, et peuvent exprimer la maladie après un stress. Calicivirus et calicivirose Le calicivirus félin est responsable de calicivirose, s’exprimant dans sa forme classique par une atteinte du nez (jetage) et de la bouche (gingivite, ulcère sur la langue). Contrairement à l’herpès virus, le calicivirus est un virus nu, donc assez résistant dans le milieu extérieur. Suite à l’infection, le chat peut s’en débarrasser en quelques semaines à quelques mois. Deux virus impliqués dans le syndrome coryza Ces deux virus sont donc très différents. La confusion vient du fait qu’ils sont souvent impliqués dans le « coryza félin ». Ce syndrome, caractérisé par une atteinte des yeux (conjonctivite, écoulement) et/ou du nez (écoulement) et/ou de la bouche (inflammation dans la bouche, ulcères), peut être dû à divers agents pathogènes : des virus (herpès virus, calicivirus) et (ou) des bactéries. L’herpès virus et le calicivirus sont des agents différents, pouvant être impliqués individuellement ou ensemble dans le syndrome coryza.

Les Virus - 29


18 ‘‘Une fois qu’un chat est infecté par le calicivirus, il ne peut plus s’en débarrasser’’ La problématique pour le calicivirus est différente de l’herpès virus, pour lequel l’infection est suivie d’une phase de latence durant toute la vie de l’animal. Une possible élimination du virus Le calicivirus peut être éliminé par l’animal.

infection

Elimination du virus 50% des chats continuent à éliminer le virus au bout de 75 jours

Chat à risques

Infection aiguë, plus ou moins malade

Asymptomatique mais porteur et disséminateur du virus

Asymptomatique mais porteur à vie et disséminateur du virus

En effet, lors d’une première infection chez l’animal sensible, le chat présente ou non des symptômes. Suite à cette phase, il reste excréteur pendant quelques semaines à quelques mois, mais finit généralement par se débarrasser du virus (on dit qu’il est « blanchi »). Ce scénario est particulièrement vrai si le chat vit isolé et n’est donc pas contaminé à nouveau. Le calicivirus en collectivité féline En collectivité, la problématique vient du fait que le virus circule, les chats se recontaminent donc en permanence (soit via des contacts avec d’autres chats, soit via l’environnement contaminé, le virus étant assez résistant dans le milieu extérieur).

 n chat isolé infecté par le calicivirus pourra au bout de quelques U semaines ou de quelques mois éliminer totalement le virus.

30 - Les Virus


19 positif ’’

‘‘Mon chat est mort de la PIF car le test PIF était

Il existe chez le chat deux grands types de coronavirus : - le coronavirus dit « entéritique », c’est-à-dire dire majoritairement cantonné à l’intestin. Il s’y multiplie, et peut être responsable d’une diarrhée passagère, en particulier chez les chatons. Ce virus est très fréquent dans la population féline, surtout en collectivité. - le coronavirus responsable de la PIF, qui est supposé aujourd’hui être un mutant du coronavirus entéritique

Tests de dépistage du coronavirus Aujourd’hui, les vétérinaires ont à leur disposition la sérologie et la PCR pour mettre en évidence la présence de coronavirus. Par contre, ces analyses ne permettent pas de différencier le coronavirus présent dans l’intestin du coronavirus responsable de la PIF : le test PIF n’existe donc pas ! Pour les vétérinaires, ces tests sont néanmoins intéressants, tant en dépistage que dans le cadre du diagnostic chez l’animal malade. Ils doivent être interprétés avec une extrême prudence et uniquement à lumière d’autres éléments (milieu de vie, signes cliniques, résultats d’autres examens complémentaires….). Le test PIF n’existe pas ! Un test coronavirus positif chez un animal malade n’est pas obligatoirement synonyme de PIF.

Les Virus - 31


20 ‘‘Un animal en pleine forme ne peut pas être infecté par un virus’’ L’infection par un virus n’est pas forcément synonyme de maladie. Certains virus sont peu pathogènes et n’induisent naturellement que peu ou pas de signes cliniques seuls. D’autres sont potentiellement plus agressifs. Cependant, on peut les retrouver en portage, c’est-à-dire qu’ils sont présents en faible quantité chez l’animal infecté, sans être accompagnés au même moment de signes cliniques. Ce phénomène est observé par exemple dans les cas suivants : - Infection par une quantité insuffisante de virus pour induire la maladie ; - Infection chez un animal résistant (vacciné ou qui a développé une immunité naturelle suite à une maladie) ; - Portage chez un animal après une phase de maladie ; - Virus en latence (cas de l’herpès virus félin ou canin, FeLV). Un animal sans signe clinique peut présenter un portage de divers agents pathogènes (par exemple, calicivirus félin, herpès virus félin ou canin, FeLV, Chlamydophila felis, Bordetella bronchiseptica...). Ce porteur sain peut présenter un risque pour certains individus de l’élevage comme par exemple les chatons. D’une manière générale, les agents pathogènes peuvent se trouver à l’état de portage chez l’animal en pleine forme apparente.

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21 ‘‘Un chat/chien sortant d’un élevage A ne sera pas malade en arrivant dans un élevage B, si les deux élevages n’ont pas de chats/chiens présentant des signes cliniques’’ « Crasse propre » et « crasse sale » Dans toutes les espèces, les collectivités sont caractérisées par leur propre microbisme (pour donner une image, on peut parler de « crasse propre » !). Les animaux qui y vivent ont développé une immunité contre un ensemble d’agents pathogènes, après avoir été malades ou non. Le microbisme extérieur contre lequel les chiens n’ont pas développé d’immunité naturelle peut être appelé « crasse sale ». Nouvel environnement dit nouveau microbisme Quand un chiot ou un chaton passe d’un élevage à l’autre, le microbisme environnant change. Il peut arriver qu’un agent soit absent dans la première collectivité et présent dans la deuxième. Dans ce cas, l’animal non immunisé (on dit qu’il est « naïf ») est brutalement mis en contact avec un agent pathogène qu’il ne connait pas et pourra tomber malade. Il est donc possible qu’un animal passant d’un élevage A à un élevage B soit malade, même en l’absence de signes cliniques chez les autres animaux des deux élevages

Les Virus - 33


22 ‘‘Mon animal a un résultat négatif au test herpès virus donc il n’est pas porteur’’ Herpès virus et phase de latence L’herpès virus a la capacité de rentrer en latence dans des structures nerveuses appelées ganglions. A l’abri dans ces ganglions, il devient invisible pour le système immunitaire. Conséquences pratiques La recherche du virus par PCR (écouvillon vaginal, préputial, au niveau des amygdales ou au niveau des yeux) peut donc être négative malgré la présence du virus dans l’animal. De même, la recherche d’anticorps par sérologie peut s’avérer négative, étant donné que le virus devient invisible lors de son entrée en latence et que les anticorps anti-herpès induits par un contact naturel avec le virus sont peu persistants. Le portage dure toute la vie de l’animal. Le virus peut se réactiver à la suite d’un stress (changement d’environnement, chaleurs, gestation, etc…)  uelle que soit la technique d’analyse utilisée, un résultat herpès Q virus négatif ne permet pas de dire que l’animal n’est pas porteur.

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‘‘Peu de chiens sont porteurs de l’herpès virus’’

Impact de l’herpès virus L’herpès virus est un agent responsable de mortalité néonatale. Ce virus est également impliqué dans le syndrome toux de chenil chez le chien.

Un virus fréquent L’herpès virus canin est très fréquemment rencontré en collectivité. Cette forte prévalence est expliquée par : - l’existence de porteurs latents : un individu contaminé le reste en général à vie, et peut ré-excréter le virus - l’existence d’excréteurs asymptomatiques : individu qui excrète le virus sans présenter de symptôme de maladie - la facilité de transmission (contact nez-nez et voie sexuelle) du virus d’un animal à l’autre. La prévalence varie en fonction des pays, de la population considérée. Influence de la taille de l’élevage sur le pourcentage de chiens séropositifs (Guigal et al. 2002): cette étude montre que le virus circule beaucoup plus dans les élevages de plus de 20 chiens. Dans ces élevages, le virus est moins souvent en latence que chez des particuliers ne possédant que quelques chiennes. Taille de l'élevage All samples negative 100%

versus

Taux de séropositivité

< 50% positive samples

> 50% positive samples

n=43

n=27

n=14

<10

10-20

>20

Pourcentage séropositifs

90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0%

Taille de l'élevage (nombre de chiens)

L’insémination artificielle protège le mâle, si celui-ci ne rentre pas en contact avec la femelle, mais ne protège pas celle-ci de l’infection, la semence pouvant être contaminée. L’herpès virus est un agent que l’on rencontre fréquemment en collectivité, particulièrement dans les gros effectifs. Les Virus - 35


24 ‘‘Mes reproducteurs sont positifs à la sérologie herpès, c’est la catastrophe, je dois arrêter l’élevage’’ Prévalence de l’herpès virus dans la population canine Etant donné qu’il se transmet par voie sexuelle mais aussi par contact « nez à nez », l’herpès virus est très répandu dans la population canine. Selon les études, la quantité de séropositifs dans la population canine varie de 30% à 100% des individus testés. Que dire d’une sérologie positive ? Une sérologie herpès virus positive indique que le virus circule dans l’élevage et si les chiens sont tous en contact, on peut considérer que la majorité des individus sont porteurs du virus. Cependant, cette situation est courante et ne justifie en rien l’arrêt de l’élevage. Des moyens de prévention efficaces L’herpès virus peut être surtout responsable de mortalité néonatale chez les chiots de moins de 3 semaines et est cité comme responsable de troubles de la reproduction chez la chienne. Chez les autres adultes, il ne provoque pas ou peu de symptômes. La lutte contre l’herpès virose comprend deux volets : - la température au nid doit être adaptée de façon à éviter les hypothermies favorables au développement du virus. En effet, le virus se multiplie lorsque la température corporelle du chiot est inférieure à 36°C. On recommande donc des températures au nid de 30°C la première semaine, 28°C le seconde et 25°C ensuite. - La vaccination par votre vétérinaire des mères pour protéger les chiots : cette vaccination n’empêche pas l’infection mais entraîne, chez la chienne, une forte production d’anticorps qui seront transmis aux chiots via le colostrum. La présence d’herpès virus chez un individu ou dans un élevage ne justifie en rien l’arrêt de l’élevage. Des moyens de prévention efficaces existent.

36 - Les Virus


25 ‘‘Tous les désinfectants virucides sont efficaces contre tous les virus’’ Une sensibilité différente des virus aux désinfectants Un désinfectant (à ne pas confondre avec un détergent) à visée virucide n’est pas efficace contre tous les virus existants mais seulement contre certains (on dit qu’un désinfectant a un spectre d’activité). La sensibilité aux désinfectants est déterminée par la composition du virus en question. On sait par exemple que les virus nus (parvovirus canin et félin, calicivirus félin) sont peu sensibles aux produits à base d’ammoniums quaternaires, à la différence des virus enveloppés. Choisir un désinfectant adapté Il faut donc bien connaitre les microbes contre lesquels on veut lutter pour adapter son désinfectant. Celui-ci ne devra être utilisé qu’après un bon nettoyage, et en suivant scrupuleusement les indications du fabricant. Les virus présentent des caractéristiques distinctes qui vont les rendre plus ou moins sensibles aux différents agents virucides. Par exemple les virus enveloppés, qui présentent une enveloppe lipidique, vont être inactivés par les désinfectants qui désagrègent cette enveloppe. Ces mêmes désinfectants peuvent être inactifs sur d’autres types viraux, notamment sur les virus nus. Les virus sont également constitués d’acide nucléique (ARN ou ADN) et de protéines, molécules sur lesquelles les agents agissent différemment. De plus l’activité des agents dépend de leur concentration, du pH, de la température, du temps de contact, de la présence de matière organique… MODE ET SPECTRE D’ACTION DES PRINCIPAUX DÉSINFECTANTS DES VIRUS Identité chimique

Exemples

Peroxydes

eau oxygénée, acide peracétique

Halogénés

Acides nucléiques

Protéines

Lipides

+++

+++

+

hypochlorite de sodium

+++

+++

+

Aldéhydes

formol, glutaradéhyde

++

++++

+/-

Tensio-actifs

ammonums quaternaires

+/-

+

+++

Il faut donc choisir son désinfectant en fonction de la cible visée et l’utiliser conformément aux recommandations. Quelques exemples : - Parvovirus : sensible à l’eau de Javel diluée au 1/ 30ème, au formol, à la soude. Résistant aux acides, alcools, phénols, éther, ammoniums quaternaires, chloroforme. - Adénovirus (Hépatite de Rubarth) : sensible au formol, ammoniums quaternaires, eau de Javel, soude. Les Virus - 37


- Herpès virus : sensible au chloroforme, éther et aux agents habituels : ammoniums quaternaires, formol, chloramine, eau de Javel, phénols. - Virus de la Rage : très sensible à tous les agents, même à l’eau savonneuse. - Paramyxoviridae (Maladie de Carré, Para-influenza) : sensible à tous les agents. - Coronavirus (PIF) : sensible aux détergents, à l’éther, à l’alcool, au chloroforme, aux phénols, au formol, et à l’ eau de Javel. Il est important de savoir contre quel virus on veut lutter dans le milieu extérieur pour choisir le désinfectant le plus adapté

26 ‘‘Les l’environnement’’

virus

sont

peu

résistants

dans

La résistance des virus dépend de leur structure : les virus nus sont plus résistants dans l’environnement que les virus enveloppés. Le virus de la parvovirose canine peut survivre plusieurs mois, voire plus d’une année dans le milieu extérieur ! Au contraire, les virus responsables du FIV et du FeLV ne survivent que peu de temps ! Ceci explique les différentes voies de transmission des virus : voie directe (ex : morsure, griffure, voie vénérienne, contact oro-nasal…) pour les virus fragiles, et voie indirecte également possible (via les litières, les aérosols, les chaussures…) pour les virus plus résistants. ertains virus sont extrêmement résistants dans le milieu C extérieur et peuvent passer d’un animal à l’autre sans contact direct.

38 - Les Virus


Chapitre 3 LES PARASITES


27 ‘‘On ne peut/doit pas vermifuger une chienne/ chatte gestante’’ Elever des chats et des chiens, c’est aussi élever des parasites Un parasite bien connu chez le chien est Toxocara canis. Chez la chienne, les larves de ce ver peuvent s’enkyster. Ces formes dormantes sont résistantes aux antiparasitaires.Vers le 42ème jour de gestation, ces larves peuvent se réactiver, reprendre leur migration et infester le chiot in utero par passage transplacentaire. Le chiot pourra également être infecté par le lait ou par ingestion d’œufs larvés présents dans l’environnement. Voies de transmission de la toxocarose transmission d'ascaris par les rongeurs ou par l'environnement. La contamination peut toucher l'adulte, le fœtus et le chiot via le lait maternel ou les excréments des autres chiots. Les vers se développent dans l'hôte final.

Œufs excrétés dans l'environnement où ils peuvent survivre des années.

Ingestion par des hôtes intermédiaires (rongeurs). Contamination humaine.

Chez le chat, ce mécanisme est également connu pour Toxocara cati, même si la contamination des chatons ne se fait que par voie lactée et non par voie transplacentaire. 40 - Les Parasites


Afin de couper son cycle et de limiter la contamination des chiots/chatons, il est donc conseillé de vermifuger régulièrement la mère. Cette vermifugation pourra être renouvelée lors de la vermifugation des chiots/chatons. Il est important de noter qu’une fois dans l’organisme, la majorité des parasites peuvent passer inaperçus chez l’adulte. Néanmoins, une transmission aux autres congénères ainsi qu’à l’homme est possible, c’est le cas notamment de Toxocara canis. Il est donc important de vermifuger régulièrement l’animal même s’il ne présente aucun symptôme. Certaines molécules antiparasitaires peuvent être administrées chez la femelle gestante sans effet secondaire mais ce n’est pas le cas de tous les antiparasitaires. Il est donc important de demander conseil à son vétérinaire avant de donner un antiparasitaire à toute femelle gestante. Traiter au bon moment avec un antiparasitaire adapté Aucun antiparasitaire n’est efficace sur tous les parasites. Il est donc nécessaire, avant de mettre en place un programme de vermifugation, d’avoir une estimation globale de la pression parasitaire dans l’élevage par la réalisation de coproscopies groupées. Trois groupes pourront être constitués les chiots/chatons, les femelles gestantes/allaitantes et les adultes au repos (femelles en anœstrus et étalons). Quand vermifuger ? D’une manière générale, les femelles reproductrices doivent être vermifugées avant la saillie, au 42ème jour de gestation puis pendant la lactation, tous les 15 jours au même rythme que les chiots. Les chiots peuvent être vermifugés dès l’âge de 15 jours, tous les 15 jours jusqu’à l’âge de 3 mois. Votre vétérinaire vous conseillera sur le protocole de vermifugation adapté à votre élevage. Des mesures hygiéniques doivent accompagner ces protocoles de vermifugation.

Il est fortement conseillé de vermifuger les femelles gestantes au 42ème jour de gestation de manière à limiter les infestations parasitaires (Toxocara canis). La molécule ne devra avoir aucun effet nocif pour la femelle et ses fœti. Il est donc important de suivre scrupuleusement la prescription de votre vétérinaire.

Les Parasites - 41


28

‘‘S’il y a des giardias dans les selles, le chiot est malade’’

Un parasite miscroscopique La giardiose est une maladie dûe à un organisme unicellulaire qui vit dans l’intestin grêle de son hôte. Les études montrent que ce parasite est fréquemment observé chez le chien et plus particulièrement le chiot. La présence de giardias n’est pas toujours associée à des troubles digestifs Dans certaines situations ce parasite peut être responsable de troubles digestifs (diarrhée chronique parfois récidivante). Les selles ont un aspect assez caractéristique (selles grasses)

Malgré sa forte prévalence ce parasite n’est pas systématiquement associé à des troubles digestifs, on parle alors de chiens porteurs sains. L’apparition des signes cliniques dépend de l’état immunitaire de l’animal, de la charge parasitaire et de la présence d’agents infectieux associés (parvovirus, coccidies…) Trophozoïte

Tube digestif

HD Nombreux mammifères

Kyste

SOL, ALIMENT SOUILLE

Kyste giardien

 iardia est donc un parasite très fréquemment observé en élevage. G Celui-ci n’est cependant pas systématiquement responsable de troubles digestifs. 42 - Les Parasites


29 ‘‘Je traite mon chien/chat contre les puces mais il en a toujours donc le produit ne fonctionne pas’’ La puce est le parasite externe le plus fréquent chez les chiens et les chats. Elle peut infester n’importe quel chien ou chat, quel que soit leur mode de vie, y compris ceux vivant en appartement. Seulement 5 % des puces vivent sur l’animal : ce sont les puces adultes. 95 % des puces sont dans l’habitat, invisibles, sous forme d’œufs, larves et cocons. L’habitation est donc un véritable réservoir de puces et les conditions y sont favorables toute l’année pour leur développement.

1. Lorsqu’une puce saute sur un animal, elle le pique en quelques minutes et se nourrit de sang. 24 heures plus tard, elle peut commencer à pondre. 2. Elle pond 20 à 30 œufs par jour, qui tombent au sol, dans l’habitat. 3. En quelques jours, les œufs deviennent des larves, qui s’abritent de la lumière, dans les tapis, moquettes, sous les meubles, entre les lames des parquets… 4. Une fois à l’abri, les larves fabriquent un cocon. 5. Dans le cocon, elles se métamorphosent en puces pré-adultes : des « sites d’éclosion » sont créés. Les jeunes puces sortent de leur cocon lorsque des conditions favorables sont réunies : vibrations, élévation de température, dégagement de dioxyde de carbone… C'est-à-dire lorsqu’un être vivant passe à proximité. Les cocons persistent plusieurs mois dans l’habitat intérieur (ou extérieur). Ils permettent aux puces de survivre en conditions défavorables et sont à l’origine des réinfestations.

Les Parasites - 43


Animal infesté = habitat contaminé Les œufs et les larves de puces sont particulièrement présents dans les lieux où l’animal a l’habitude de se coucher, mais les larves se déplacent. Il est nécessaire de tenir compte de l’ensemble des locaux que l’animal fréquente (maison, grenier, garage…). A l’extérieur, les zones de végétation abondante (haies, paillis, plates bandes…) offrent un environnement protégé de l’éclairage direct de la lumière du soleil et peuvent abriter des sites d’éclosion de puces. Elles doivent donc être taillées et entretenues. Traiter tous les animaux en même temps Il faut identifier toutes les sources potentielles de puces (animaux du voisinage…) car il suffit que l’animal fréquente, même rapidement, un lieu contaminé par un congénère non traité et il s’infestera ou se réinfestera. Si le traitement contre les puces est appliqué uniquement à l’animal infesté, ce dernier se recontamine automatiquement à partir des sites d’éclosion entretenus par les autres animaux non traités. Il n’est pas anormal de voir des puces sur un animal traité Les antiparasitaires sont conçus pour tuer les puces en quelques heures, une fois qu’elles sont sur les animaux. Donc l'animal traité peut attraper des puces tous les jours. Tous les jours le médicament tue les puces, mais tous les jours l’animal en attrape de nouvelles, jusqu'à épuisement du « réservoir de puces » dans les lieux qu'il fréquente. Pour briser ce cycle infernal, il est nécessaire de traiter l’animal et de prendre en compte les sites d’éclosion déjà présents dans l’environnement ou ceux en formation. Pour cela il existe des adulticides mais également des inhibiteurs de croissance des insectes (IGR : Insect Growth Regulators) comme le méthoprène, le lufénuron ou encore le pyriproxyfène. Les adulticides et les IGR peuvent être associés pour améliorer la maîtrise du parasitisme. Pour un traitement efficace contre les puces, pratiquer la lutte intégrée 1/. Traitement simultané de tous les animaux avec des médicaments antiparasitaires : - adulticides pour tuer les puces adultes lorsqu’elles viennent sur l’animal. - inhibiteurs de la croissance des insectes (IGR) pour empêcher la future puce de se développer. Appliqués à l’animal ils permettent d’éviter la réinfestation des lieux de vie par les œufs, larves et cocons de puces. 2/. Nettoyage complet de l’habitat : passer l’aspirateur dans toutes les pièces de la maison, en insistant sur les lieux de couchage et dans les endroits sombres. 3/. Traitement direct de l’habitat avec un produit spécifique, sans oublier les tapis, entre les lames de parquet, sous les meubles…). Un second cycle de nettoyage / traitement peut être nécessaire 2 à 3 semaines plus tard, en raison de la persistance des cocons car ils se trouvent dans des localisations où le traitement insecticide ne diffuse souvent pas.

44 - Les Parasites


Les causes d’échec de traitement (réel ou apparent) les plus fréquentes : - Mauvaise application de l’antiparasitaire (sous-dosage, produit répandu sur les poils…) - Début du traitement antiparasitaire trop tardif (alors que les puces sont déjà « installées ») - Fréquence et/ou régularité de traitement insuffisantes - Absence de traitement d’un animal du foyer - Absence de prise en compte de l’infestation de l’habitat ou oubli de certains lieux lors du nettoyage/traitement de l’habitat (voiture, grenier…) Les règles d’or de la lutte contre les puces : - Traiter en prévention : avant de voir des puces - Traiter suffisamment longtemps - Traiter à intervalles réguliers (habituellement chaque mois) - Prendre en compte le rôle de l’environnement : source et réservoir de parasites

Les Parasites - 45


30 ‘‘Il faut toujours traiter si on retrouve des coccidies dans les selles’’ Une coccidie est un protozoaire qui parasite les cellules épithéliales de l’intestin de nombreux vertébrés. Les principales coccidies du chien responsables d’entérite sont Isospora ohioensis et Isospora canis. Ces parasites digestifs peuvent entraîner une diarrhée plus ou moins hémorragique et mucoïde ainsi qu’un retard de croissance.

Ces signes cliniques s’observent chez le chiot, les adultes étant le plus souvent asymptomatiques. Isospora ohioensis apparaît très tôt (dès 3 semaines) et reste fréquent avant le sevrage alors qu’Isospora canis apparaît plus tardivement et peut être fréquent jusqu’à 13 semaines. La transmission des coccidies du genre Isospora se fait de manière directe par voie orale selon un cycle oro-fécal. Traitement de la coccidiose La décision de traiter repose sur deux éléments : le nombre d’œufs retrouvés dans les selles et l’état clinique de l’animal. Les résultats des analyses de selles doivent toujours être confrontés à la clinique de l’animal. Sans signes digestifs associés, traiter est inutile voire peut être contre-productif. En effet, abuser des traitements anti-coccidiens pourrait ralentir ou empêcher l'installation d'une immunité naturelle. En prenant en compte tous ces éléments, votre vétérinaire vous proposera ou non un traitement. Le traitement contre les coccidies ne doit pas être systématique. Celui-ci sera entrepris lors de signes cliniques évocateurs et suite à une confirmation via un examen coproscopique. Face à des problèmes de coccidiose il est important de contacter son vétérinaire qui saura proposer un plan de gestion approprié.

46 - Les Parasites


31 ‘‘Si je vermifuge mon chien, il n’aura plus aucun parasite’’ Définition La vermifugation consiste la plupart du temps à donner un vermicide qui va tuer les vers se situant à l’intérieur du tube digestif du chien. Les principaux parasites digestifs du chien Différents parasites peuvent être identifiés chez le chien, on retrouve notamment : Les vers ronds • Les ascaris (dont Toxocara canis) • Les ankylostomes • Les trichures Les vers plats • Le ténia (Dipylidium caninum) Les protozoaires • Giardia sp • Isospora sp

Des spectres différents Il existe des vermifuges à plus ou moins large spectre agissant sur les vers ronds, sur les vers plats et/ou sur des protozoaires. Tous les vermifuges ne sont pas efficaces contre tous les parasites digestifs. Des coproscopies collectives réalisées par votre vétérinaire au sein de l’élevage sont ainsi vivement recommandées de manière à cibler le ou les antiparasitaires les plus adaptés. Action du vermifuge Lors de l’administration du vermifuge, celui-ci va avoir une action curative. Les vermifuges n’ont en revanche pas d’action préventive. C’est la raison pour laquelle il est important de vermifuger régulièrement son chien. Il faut noter également que les trichures, comme les coccidies sont insensibles à beaucoup de vermifuges classiques. Parasites et environnement La lutte contre les parasites internes nécessitent également des mesures hygiéniques en Les Parasites - 47


plus des mesures médicales : il est important de bien nettoyer et désinfecter régulièrement les sols et les locaux d’élevages et de respecter une bonne prévention contre les puces (principale source de contamination de Dipylidium caninum).

 e manière à lutter efficacement contre les parasites internes D dans son élevage, il est nécessaire d’identifier les agents circulant via la réalisation de coproscopies de groupe et suivre la prescription de votre vétérinaire. Cette prophylaxie médicale devra être associée à une prophylaxie sanitaire indispensable (hygiène des locaux d’élevage). Malgré la réalisation de l’ensemble de ces points, seule une diminution de la charge parasitaire sera obtenue en général et pas l’éradication du parasite.

48 - Les Parasites


Chapitre 4 LA REPRODUCTION


Annexe : Particularités du cycle de la chienne En fin de pro-œstrus, la grande quantité d’œstrogènes stimule l’hypophyse qui relargue alors dans le courant sanguin une énorme quantité de LH (hormone lutéinisante). Ce pic de LH va faire éclater dans un délai de 48 heures les follicules ovariens qui étaient alors remplis de liquide sous pression. Cette rupture des follicules s’accompagne de la libération des ovocytes, c’est-à-dire des futurs ovules : c’est l’ovulation.

Pic de LH

OVULATION

MATURATION de l’ovule

SURVIE

48 h

48 à 72 h

48 h Ovule immature

Ovule fécondable

Ovule dégénéré

Chez la chienne, à l’inverse des autres femelles domestiques, les ovocytes libérés lors de l’ovulation ne sont pas immédiatement fécondables. Ils doivent terminer leur maturation pendant encore environ 2 jours avant de pouvoir être pénétrés par les spermatozoïdes. Ainsi, le moment optimal de fécondation se situe 2 jours après l’ovulation. De plus, la survie des ovocytes est courte. En effet, on a estimé que la plupart des chiennes restent fécondables environ 2 à 3 jours, ce qui est peu, comparé à la période de chaleurs qui s’étend généralement sur 3 semaines environ.

50 - La Reproduction


32 ‘‘La chienne perd du sang pendant toute la durée des chaleurs’’ Les chaleurs de la chienne suivent une chronologie précise et comportent 2 périodes pendant lesquelles la chienne présente des signes extérieurs d’activité sexuelle : le proœstrus et l’œstrus. Première période : le pro-œstrus (3 à 20 jours) : C’est le début des chaleurs, correspondant à la période d’imprégnation œstrogénique et de croissance folliculaire. La chienne attire les mâles mais refuse l’accouplement. Sous l’effet des œstrogènes, sécrétés à des taux de plus en plus élevés par les follicules, des modifications physiques sont observées : - Des pertes vulvaires séro-sanguinolentes dûes à un développement de l’utérus accompagné d’une congestion de sa muqueuse. Néanmoins, certaines chiennes présentent des pertes très discrètes (voire inapparentes). D’autres ne perdent pas de sang au début du prooestrus : le début apparent des chaleurs est différé par rapport au début réel. - Une vulve œdématiée : gonflée et turgescente (accompagnée d’une dilatation du vagin, nécessaire pour permettre le futur accouplement). Deuxième période : l’œstrus (1 à 10 jours) : Lorsque le taux d’œstrogènes arrive à son maximum, le comportement de la chienne se modifie : elle accepte généralement l’accouplement. C’est également la période où la chienne ovule. Les pertes vulvaires s’éclaircissent et deviennent rosées à transparentes (moins d’œstrogènes lors de l’augmentation de la progestérone). Certaines chiennes présentent cependant des pertes hémorragiques abondantes pendant toute la durée des chaleurs (ex : Chow-Chow). La vulve est toujours gonflée mais moins turgescente. La figure ci-dessous présente l’intensité des pertes vulvaires durant la période de chaleurs :

 endant les chaleurs, la chienne présente des signes extérieurs P d’activité sexuelle comme l’augmentation du volume de la vulve, l’attraction des mâles ou des pertes vulvaires sanguines. Néanmoins, ces pertes sanguines s’éclaircissent généralement en période d’œstrus. Attention cependant, certaines chiennes ont des pertes très discrètes voire inapparentes ou qui ne commencent qu’après le début réel des chaleurs. La Reproduction - 51


33 ‘‘Il faut faire saillir la chienne quand elle ne perd plus de sang. Si une chienne se fait saillir c’est qu’elle est « prête ». Les chiennes sont en période de fertilité optimale entre le 9ème et le 13ème jour de chaleurs’’ Le déterminisme hormonal des chaleurs et de l’ovulation est plus complexe chez la chienne que dans d’autres espèces. Plusieurs méthodes permettent de déterminer le moment de l’ovulation et ainsi de repérer au mieux le moment optimal pour la saillie. Comment déterminer le moment optimal pour l’accouplement ? Détection de l’ovulation par le comportement et les modifications morphologiques : critères « subjectifs » • L’éclaircissement des pertes vulvaires Comme cela a été vu précédemment, les pertes sanguines vulvaires qui sont généralement très foncées pendant le pro-œstrus s’éclaircissent au fur et à mesure que l’on se rapproche du moment optimal de fécondité pour devenir quasiment translucides. Ce critère est néanmoins insuffisant. En effet, dans certains cas (certaines chiennes ou certaines races comme le Chow-chow par exemple), les femelles perdent du sang tout au long des chaleurs. Ainsi, l’aspect des écoulements peut aider l’éleveur mais reste trop imprécis. Une chienne qui ne perd plus de sang n’est pas toujours « prête ». Une chienne peut ainsi être au moment optimal de l’accouplement et perdre encore beaucoup de sang. • L’acceptation de l’accouplement La période d’acceptation de la saillie ne correspond pas toujours à la période de fécondation. La chienne peut accepter d’être saillie pendant une période de 8 jours (3 jours avant l’ovulation à 5 jours après l’ovulation). En effet, l’acceptation de l’accouplement survient généralement au moment du pic de LH, donc avant que l’ovulation ne se produise. Or, le moment optimal de fécondation se situe deux jours après l’ovulation : c’est la période optimale pour un accouplement et/ou une insémination artificielle, afin d’optimiser la fertilité. La chienne peut également se laisser saillir lors d’infections urinaires ou d’affections pathologiques des ovaires (kystes ovariens). Au contraire, une chienne peut ne pas accepter son partenaire même si elle est en période optimale de fertilité (cas de certaines chiennes dominantes par exemple). L’acceptation de l’accouplement n’est donc pas un critère fiable car il est inconstant. 52 - La Reproduction


• Le nombre de jours de chaleurs

Nombre de chiennes

100 80 60 40 20 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29

Jours de chaleurs

D’après une étude menée sur 745 chiennes suivies au CERCA (Centre d’Etude en Reproduction des Carnivores de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort) on estime que 40% des chiennes sont effectivement prêtes pour une saillie entre le 10ème et le 13ème jour des chaleurs. Néanmoins, 10% le sont avant ces dates et 50% le sont après. De plus, une étude a montré qu’il existe 44% de variation sur des cycles successifs chez la même chienne. (Badinand et al., 1993) La saillie systématique une douzaine de jours après le début des chaleurs puis doublée 2 jours plus tard constitue donc un risque que ces chiennes ne soient pas gestantes ou n’aient qu’un nombre de chiots limité. D’autres critères plus objectifs et plus fiables peuvent être utilisés afin de déterminer le moment de l’ovulation. Les frottis vaginaux Les frottis vaginaux permettent de visualiser le changement d’aspect des cellules vaginales corrélé aux variations hormonales, notamment celles des œstrogènes. Le vétérinaire introduit dans le vagin un écouvillon stérile et prépare une lame qui est observée au microscope. La visualisation des plis vaginaux par endoscopie et la détermination du pic de LH Ces deux méthodes sont peu utilisées en pratique en France car elles sont trop coûteuses et lourdes à mettre en place. Le suivi échographique de l’ovulation C’est la technique la plus précise actuellement mais elle nécessite un matériel de pointe. De plus, elle est très coûteuse et lourde à mettre en place (échographie quotidienne nécessaire pendant les jours précédant l’ovulation). Elle est donc réservée pour des cas bien spécifiques (chienne infertile, insémination en semence réfrigérée ou congelée…).

La Reproduction - 53


Les frottis vaginaux peuvent avoir une valeur indicative mais ne constituent en aucun cas une aide très précise pour déterminer le moment optimal de la saillie. A l’inverse, si la qualité de la semence utilisée est moyenne ou si l’on envisage une insémination en semence réfrigérée ou congelée, il est nécessaire d’associer une méthode plus fiable, comme le dosage de la progestérone plasmatique. Enfin, chez 10% des femelles suivies, la cytologie vaginale évolue de façon inhabituelle par rapport à ce qui est décrit classiquement. Ce qui est important en matière d’interprétation des frottis vaginaux, c’est la cinétique de modification des cellules. Dosage de la progestérone plasmatique Chez la chienne, contrairement à d’autres espèces domestiques, la paroi des follicules commence à synthétiser de la progestérone à des taux détectables dès le pic de LH, c’està-dire environ 48 heures avant l’ovulation. C’est la « lutéinisation pré-ovulatoire des follicules ».

Ainsi, le taux sanguin de progestérone, qui était basal durant tout le pro-œstrus, devient détectable par dosage avant l’ovulation puis augmente progressivement. Les dosages de progestérone permettent donc de détecter précisément l’ovulation. Une fois que 54 - La Reproduction


l’ovulation est repérée il faut 2 jours pour que la chienne soit en période optimale de fertilité, du fait de la maturation ovocytaire. La mesure de la résistivité du mucus vaginal A l’aide d’un appareil nommé ohm-mètre, il est possible de mesurer la résistivité du mucus vaginal. Lors du pro-œstrus, cette mesure augmente progressivement avant de chuter dans les 48 heures précédant l’ovulation. L’éleveur devra se fier à l’allure de la courbe et non aux valeurs mesurées.

Résistivité du mucus vaginal (ohm)

Etude récente sur l’Ovulstart ® (Clero 2009 UMES) 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0

Ovulation -240 -216 -192 -168 -144 -120 -96 -72 -48 -24 Temps (heure)

0

24

48

72

96 120

Cette technique : - est plus précise que les frottis vaginaux mais moins précise que le dosage de la progestérone plasmatique pour détecter l’ovulation. - dans 69 à 76% des cas, l’ovulation peut être détectée avec une précision de +/- 24 heures. - la différence maximale entre l’ovulation réelle et l’ovulation détectée par l’Ovulstart® est de 60 heures. IMPORTANTE PRECISION : Il est à noter que cette technique n’a actuellement été étudiée que dans une seule race : le beagle. Il n’est donc pas possible actuellement de dire si de tels résultats s’observent dans les autres races. Intérêt du suivi de chaleur chez la chienne Le suivi de chaleurs permet d’améliorer considérablement les performances de reproduction car il présente de nombreux avantages : - augmenter les chances de gestation (40 à 50% des chiennes qui ne sont pas fécondées après un accouplement ont été présentées au mâle à un moment inapproprié) - améliorer la prolificité (nombre de chiots nés) - améliorer les conditions d’accouplement (la chienne est plus consentante, ce qui diminue le risque de blessures) La Reproduction - 55


- rentabiliser les déplacements si la saillie se fait à l’étranger (moins de risques d’échec, diminution du temps de séjour) - réduire le nombre de saillies - mieux cibler la date de mise bas (63 jours +/- 1 jour post-ovulation) - détecter d’éventuels problèmes chez la chienne (infections vaginales…) En pratique, la mauvaise détermination du moment de la mise à la reproduction est la première cause d’infertilité chez la chienne. Les critères subjectifs comme l’absence de pertes sanguines, l’acceptation de l’accouplement ou le nombre de jours après le début des chaleurs sont donc à compléter par d’autres méthodes plus fiables.

56 - La Reproduction


34

‘‘La chienne a des « règles » comme la femme’’

Chez les primates (les grands singes et l’espèce humaine), les règles ou les menstruations marquent la désagrégation de la couche fonctionnelle de l’endomètre qui était en place pour accueillir un œuf fécondé. Elle est véhiculée par des pertes de sang plus ou moins abondantes, et évacuée par le vagin. Les règles ne sont qu’une façon particulière de renouveler un tissu (ici, l’endomètre), qui se reconstitue de façon discontinue à la différence du renouvellement continu de la peau et des autres muqueuses. Et surtout elles sont dissociées dans le temps du moment de l’ovulation. On parle de cycle menstruel. Dans les autres espèces, les règles n’existent pas. Les femelles connaissent un œstrus, défini comme la période pendant laquelle la femelle accepte l’accouplement, puis l’endomètre est réabsorbé par l’animal. Le cycle est alors qualifié de cycle œstral. Chez la chienne, le cycle se décompose en 4 étapes : - le pro-œstrus (début des chaleurs et des pertes séro-sanguinolentes) - l’œstrus (période des chaleurs où se déroulent l’ovulation et la fécondation), - le metœstrus (période de deux mois où la chienne est sous imprégnation hormonale, qu’il y ait ou non gestation) - l’anœstrus (mise au repos de l’appareil génital). Les pertes vulvaires séro-sanguinolentes observées chez la chienne dès le pro-œstrus sont dûes à un développement de l’utérus accompagné d’une congestion de sa muqueuse, sous l’effet de l’imprégnation œstrogénique. Elles commencent peu de temps avant l’ovulation et sont à différencier des règles ou menstruations spécifiques des primates.

35 ‘‘Faire ovuler une chatte avec un coton-tige est moins nocif que de lui donner la pilule’’ Pour prévenir les chaleurs chez la chatte, on utilise traditionnellement des substances à base de progestérone de synthèse appelées progestatifs. Ces substances doivent être utilisées avec précautions et sont contre-indiquées chez les chattes diabétiques ou souffrant d’infections utérines ou de troubles hépatiques. La Reproduction - 57


La chatte est une espèce à ovulation provoquée. Une façon d’induire l’ovulation est la stimulation vaginale. Un écouvillon (ou coton-tige) est introduit dans le vagin de la chatte et tourné délicatement. Il faut répéter ce geste au moins 5 fois à 30 minutes d’intervalle. Chaque pénétration ne doit durer que 5 secondes. Il faut répéter ce geste 12 à 24 heures plus tard pour augmenter les chances d’induire l’ovulation. Le « cri coïtal » est une bonne indication que l’ovulation a pu avoir lieu. Les ovulations spontanées peuvent être fréquentes, particulièrement chez les chattes plus âgées. Il semble que l’ovulation puisse survenir sans qu’il y ait accouplement, en réponse à la vue, à l’odeur et aux miaulements du mâle. Même les caresses d’un propriétaire pourraient être suffisantes pour induire l’ovulation. Toutes les méthodes qui induisent l’ovulation provoquent une pseudo-gestation. La chatte va alors sécréter de la progestérone pendant environ 40 jours et peut rentrer en chaleurs 10 jours plus tard en moyenne. La chatte pseudo-gestante ne montre en général aucun signe évoquant une gestation et ne développe pas de lactation. La progestérone possède des récepteurs dans l’utérus et les mamelles. Qu’elle soit administrée à la chatte sous forme de contraceptif ou sécrétée lors de pseudogestation, elle induit un développement kystique de l’utérus (hyperplasie glandulo kystique = HGK) pouvant dégénérer en pyomètre (accumulation de pus dans l’utérus).

On peut voir de nombreux kystes dans la paroi de l’utérus. Les chattes qui présentent une forme non compliquée d’HGK ne montrent en général aucun signe de la maladie. Cependant, l’HGK est associée à un échec de l’implantation d’œufs fécondés avec comme conséquence de petites portées ou une infertilité de même que des morts embryonnaires précoces. Malheureusement, il n’existe pour le moment pas de traitement médical de l’HGK et les chattes atteintes doivent être retirées du programme de reproduction. De plus, l’interaction de la progestérone et des progestagènes synthétiques avec les récepteurs à la progestérone situés dans la mamelle stimule la production locale de GH (Growth Hormone, hormone de croissance) qui a une action sur la croissance cellulaire et la différenciation de la glande mammaire. Les stimulations vaginales répétées comme le traitement à base de progestatifs ont des effets secondaires sévères et sont donc à éviter. 58 - La Reproduction


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‘‘La chatte perd du sang comme la chienne’’

Chez la chatte, les chaleurs reviennent régulièrement pendant la saison sexuelle. En effet, il existe sous nos climats un anœstrus saisonnier hivernal (entre décembre et février), sauf chez les chattes vivant en appartement ou en chatterie disposant de plus de 14 heures de lumière par jour. Il existe des variations très importantes selon la race et l’individu. Au cours du cycle de la chatte, on définit différents stades associés à une évolution de l’activité ovarienne. Par similitude avec le chien, on définit le pro-œstrus comme la période où la femelle attire le mâle mais refuse l’accouplement. Mais cette phase n’existe en fait que chez une minorité de chattes (environ 30%) et selon certains auteurs, cette phase correspondrait plutôt à une habituation entre le mâle et la femelle. La plupart des chattes débutent leur cycle directement en œstrus (acceptation de l’accouplement), qui dure en moyenne 7 jours. Les follicules qui se développent sur les ovaires pendant le pro-œstrus et l’œstrus sécrètent des œstrogènes. De la même façon que chez la chienne, les œstrogènes agissent au niveau de l’appareil génital : les cellules épithéliales de l’endomètre (paroi de l’utérus) se différencient, la muqueuse du vagin s’hypertrophie… Cependant, très peu de modifications de l’appareil génital sont visibles et, à l’inverse de la chienne, aucune perte vulvaire sanguinolente n’est observée. On peut cependant observer pendant l’œstrus un léger écoulement blanchâtre à la commissure de la vulve. La distinction entre les différentes phases du cycle repose alors sur des données comportementales. Les modifications comportementales associées à l’œstrus sont caractéristiques et exprimées de façon plus ou moins prononcée selon l’individu et la race : miaulements répétés, roulades, lordose, déviation latérale de la queue…

 hez la chatte, très peu de modifications de l’appareil génital sont C visibles pendant les chaleurs. On observe principalement des modifications comportementales. On peut cependant observer un léger écoulement blanchâtre à la commissure de la vulve pendant l’œstrus.

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37 ‘‘Les inséminations artificielles ne se pratiquent pas sur les chattes’’ L’insémination artificielle chez la chatte peut se faire par voie intra-vaginale ou intrautérine. Insémination artificielle intra-vaginale Chez la chatte domestique, la semence peut être déposée dans le vagin antérieur à l’aide d’un cathéter de très fin diamètre. Les chattes peuvent être anesthésiées ou non. Même anesthésiées, celles-ci sont souvent maintenues avec les membres postérieurs surélevés pendant 15 à 20 minutes, afin de limiter le reflux de semence. Col de l’utérus

1 mm

Utérus

25 mm Vagin antérieur

4 mm

20 mm Vagin postérieur

Plusieurs études avec insémination en semence fraîche ont été menées afin d’évaluer les résultats de cette technique. Selon les auteurs, les taux de gestation varient entre 50% et 80%. Selon ces auteurs, la quantité de spermatozoïdes doit être très élevée car dans la nature, les chats effectuent plusieurs accouplements successifs. Une étude en semence congelée mentionne une réussite de 11% par voie intravaginale. Insémination artificielle intra-utérine Cette méthode est recommandée en raison des résultats faibles de l’insémination intravaginale en semence congelée. Elle a été réalisée pendant longtemps par voie chirurgicale Une technique de cathétérisme du col utérin par voie vaginale a été récemment décrite. Ce cathéter est repéré par palpation transrectale et guidé dans le conduit cervical en appuyant sur le col afin de rendre l’axe du col utérin horizontal. Les taux de réussite sont très variables (entre 13% et 80%). L’insémination intra-utérine présente l’avantage d’utiliser des doses de spermatozoïdes plus faibles. En semence congelée, une étude menée mentionne un taux de gestation de 57% après dépôt de 50 millions de spermatozoïdes. Cependant chez le chat, il faut déposer 5 fois plus de spermatozoïdes en semence congelée qu’en semence fraîche. Rappelons cependant que la congélation de semence est compliquée chez le chat. 60 - La Reproduction


Quel est le moment optimal d’insémination chez la chatte ? Contrairement à la chienne, il n’y a pas chez la chatte de consensus sur le moment de l’ovulation. Il semblerait que le moment propice à l’ovulation soit en moyenne entre le 3ème et 5ème jour des chaleurs mais qu’il reste très variable d’une femelle à l’autre. L’échographie ovarienne reste un moyen fiable de détecter le moment où les follicules atteignent leur taille maximale, leur croissance ne pouvant être corrélée ni au frottis vaginal, ni à la durée depuis le début des chaleurs. En revanche cette technique nécessite un échographe de bonne qualité, un manipulateur expérimenté, des animaux coopératifs et présents pour suivre quotidiennement la croissance folliculaire. C’est pourquoi en « routine » on se base sur la moyenne de 3 à 5 jours après le début des chaleurs pour estimer le développement folliculaire maximal et ainsi inséminer. L’insémination artificielle existe chez la chatte et de nouvelles techniques de cathétérisme du col utérin sont en cours de développement. Cependant, des difficultés subsistent : l’anesthésie générale est préconisée ; contrairement à la chienne, il n’y a pas de consensus sur le moment optimal où il faut inséminer la chatte.

La Reproduction - 61


38 ‘‘Faire faire une portée à sa chienne/chatte évite l’apparition de tumeurs mammaires’’ Les tumeurs mammaires sont les tumeurs les plus fréquentes chez la chienne. Leur fréquence varie de 25% à 50% de l’ensemble des tumeurs selon les auteurs. L’âge moyen de diagnostic des tumeurs mammaires chez la chienne est de 9 à 11 ans. • Implication des hormones stéroïdes dans le développement des tumeurs mammaires Le rôle des hormones stéroïdiennes sexuelles dans le développement du cancer du sein chez la femme a été très étudié. De même, chez la chienne, différents éléments prouvent l’implication des hormones stéroïdes dans le développement des tumeurs mammaires. Les œstrogènes joueraient un rôle dans l’initiation des tumeurs (encore incertain) et dans leur développement. La progestérone favorise la multiplication cellulaire. Elle agit sur des tissus préalablement stimulés par les œstrogènes. L’Hormone de croissance (GH : Growth Hormone) stimule la croissance des tumeurs. Dans certaines études, il est rapporté que de fortes concentrations en prolactine augmenteraient l’apparition de lésions pré néoplasiques. • Facteurs protecteurs chez la femme : durée d’allaitement et gestation précoce ; comparaison avec la chienne - Allaitement Chez la femme, l’allaitement au sein serait un facteur protecteur. La diminution du risque est plus corrélée à la durée moyenne d’allaitement au sein pour chaque enfant qu’au nombre de grossesses. Différents mécanismes ont été évoqués pour expliquer l’effet protecteur de l’allaitement : - les changements hormonaux à long terme induits par la lactation : possible baisse des œstrogènes, périodes anovulatoires à l’issue d’un allaitement. - l’élimination d’agents cancérogènes du tissu mammaire par l’allaitement. - l’allaitement préserve un environnement acide dans le sein, évitant ainsi des altérations pré cancéreuses des cellules mammaires. - la différenciation du tissu mammaire n’est totale qu’en cas de lactation. Or, elle rend le tissu mammaire plus résistant à l’initiation des cancers. L’effet protecteur de l’allaitement existerait également dans l’espèce canine. Il est possible de rapporter à la chienne les hypothèses qui ont été avancées pour l’expliquer chez la femme. En revanche, chez la chienne, le tissu mammaire se différencie même en l’absence de lactation, à la différence de la femme chez qui la différenciation mammaire n’est menée 62 - La Reproduction


à son terme qu’en cas de grossesse. D’où l’absence de cet effet protecteur lors de lactation chez la chienne. Chez la chienne, il semblerait que les lactations de pseudo gestation répétées augmentent le risque de tumeur mammaire. Une hypothèse émise est que la distension mammaire et la rétention de lait sans vidange entraînerait une hypoxie locale avec une libération de radicaux libres connus pour être cancérigènes. Ces effets ne sont pas observés en cas de lactation post-partum, en effet il n’y a alors pas d’accumulation ni de dégradation du lait dans la glande mammaire. Cependant, l’effet aggravant des lactations de pseudo gestation non traitées et l’effet protecteur de l’allaitement ne sont pas prouvés. - Grossesse précoce Chez la femme, un effet protecteur du nombre de grossesses précoces (avant 30 ans) menées à terme a été démontré. Mais avoir un enfant après 30 ans, si c’est le premier, augmente le risque. L’effet protecteur d’une gestation précoce n’est pas retrouvé chez la chienne. Des études ont montré que quelque soit le nombre de gestations réalisées par la chienne il n’existe aucun effet significatif de protection sur le développement de tumeurs mammaires. Il semblerait toutefois que les chiennes reproductrices d’élevage développent moins de tumeurs mammaires que les chiennes de particuliers. • Effet protecteur de l’ovariectomie L’effet protecteur de l’ovariectomie est décrit par de nombreux auteurs. Les chiennes stérilisées avant le premier œstrus présenteraient un risque très réduit de développer des tumeurs mammaires ; l’incidence des tumeurs est alors de 0.5%. Si la stérilisation est réalisée après le premier œstrus, le risque relatif du développement de tumeurs mammaires est de 8%, après le second œstrus il est de 26%. Il semble que le risque relatif de développer des tumeurs mammaires est d’autant plus faible que l’ovariectomie est réalisée précocement. L’effet protecteur de l’ovariectomie peut être expliqué par la baisse des taux circulants d’hormones stéroïdes sexuelles et l’arrêt de leur sécrétion cyclique. Chez les jeunes chiennes, deux hypothèses sont émises : une diminution du nombre de cellules mammaires susceptibles de subir une transformation tumorale ou bien une protection vis-à-vis de l’initiation tumorale par un blocage du développement mammaire.  ucune étude ne montre un effet significatif de la gestation sur la A prévention des tumeurs mammaires. Il semblerait cependant que les gestations répétées diminuent le risque de tumeurs mammaires (sans que cela ne soit démontré). De la même façon que chez la femme, l’allaitement pourrait jouer un rôle protecteur. La Reproduction - 63


39 ‘‘Il faut faire faire une portée à sa chatte/chienne pour sa santé’’ L’influence du rythme et du nombre de gestations sur la santé de la chienne n’a jamais précisément été étudié. Comme nous l’avons vu précédemment, il n’est pas prouvé que la gestation diminue le risque de tumeurs mammaires. L’incidence des hyperplasies glandulo-kystiques de l’utérus et des tumeurs est moindre chez les chiennes reproductrices. Enfin, il n’a jamais été prouvé que la chienne ait conscience de sa gestation. Ainsi, il n’est pas nécessaire de faire faire une portée pour sa « santé psychique ». On évitera de faire reproduire une chienne au cours de ses premières chaleurs. En pratique, on pourra faire reproduire les petites races dès les deuxièmes chaleurs ; pour les grandes races, mieux vaut attendre les troisièmes chaleurs.  i l’on ne souhaite pas faire reproduire sa chienne, il est plutôt S conseillé de stériliser sa chienne le plus précocement possible. En effet, il a été prouvé que les risques de tumeurs mammaires et d’affections utérines de type pyomètre(accumulation de pus dans l’utérus) sont fortement diminués lors de stérilisation précoce.

40 génétique’’

‘‘Une malformation à la naissance est forcément

Une malformation à la naissance est appelée malformation ou maladie congénitale (littéralement : «est né avec»). Le terme congénital n’est pas synonyme de héréditaire. Une maladie congénitale n’est pas forcément d’origine génétique, c’est-à-dire liée à une anomalie des chromosomes ou de leurs gènes constitutifs. Elle peut être due à : • des causes génétiques • des causes toxiques • certains médicaments donnés à la chienne en gestation (ex : corticoïdes) • certains déficits vitaminiques de la chienne pendant la gestation (une carence en vitamine B9 jusqu’à la 4ème semaine de gestation peut augmenter l’incidence des fentes palatines) • certaines maladies maternelles (diabète...) 64 - La Reproduction


Même si la malformation est d’origine génétique, elle n’est pas forcément héritée (dans ce cas, on parle de «mutation de novo»). À l’inverse, une maladie héréditaire est souvent congénitale puisque l’anomalie chromosomique ou génique a été transmise dès la conception de l’embryon. Cependant l’expression de cette maladie peut être immédiate à la naissance ou très tardive comme dans le cas de l’ataxie cérébelleuse de l’American Staffordshire terrier qui peut survenir plusieurs années après la naissance. Une maladie congénitale peut être parfois identifiée avant même la naissance (ex : diagnostic du chiot anasarque à l’échographie parfois possible), à la naissance, ou plusieurs années plus tard lorsqu’elle n’occasionne que peu ou pas de troubles. Une malformation présente à la naissance est dite congénitale. Les malformations congénitales peuvent être génétiques ou non.

41 ‘‘On peut donner n’importe quel médicament à une femelle gestante’’ La gestation chez la femelle introduit des modifications : - physiologiques - pharmacocinétiques (devenir du médicament dans l’organisme) - pharmacodynamiques (effet du médicament) Toute administration de médicaments sur une femelle gestante peut entrainer des effets différents de ceux souhaités en nature (avortement, foetotoxicité...) et en intensité. Si la chienne a besoin d’être traitée, votre vétérinaire vous prescrira un traitement adapté à son état physiologique. ATTENTION : Plusieurs études montrent que l’antibioprévention systématique crée, comme en secteur hospitalier humain, l’apparition de bactéries très résistantes contre lesquelles il s’avère difficile de lutter. « Les antibiotiques, ce n’est pas automatique ! » Attention également à l’utilisation des corticoïdes qui augmentent l’incidence des fentes palatines et peuvent causer un avortement.  ertains médicaments peuvent être toxiques chez la chienne C gestante, il est donc important de se référer aux conseils de son vétérinaire quant à l’utilisation de n’importe quel médicament chez une chienne gestante et de bien lire la notice avant leur utilisation. La Reproduction - 65


42 ‘‘L’insémination artificielle protège la femelle contre l’herpès virose’’ L’herpès virus est un virus redouté en élevage canin car il peut être responsable de mortalité néonatale. Bien que ce virus soit fréquemment observé en élevage celui-ci est cependant plus rarement la cause de la mortalité observée. (Une étude menée en 2000 sur 84 élevages français de taille variable indique une séroprévalence de 30,6 % Guigal et coll 2002) Le mâle et la femelle peuvent contaminer un congénère par voie sexuelle (transmission par contact avec les sécrétions génitales) et par voie oronasale (contact nez à nez). L’insémination artificielle ne protège donc pas la femelle de l’infection. En revanche cette technique peut permettre de protéger le mâle face à une femelle qui excrète du virus. Pour que cette prévention soit efficace le mâle ne devra pas entrer en contact avec la femelle lors du prélèvement de semence. L’insémination artificielle peut donc protéger le mâle contre l’herpès virus mais ne protégera pas la femelle.

66 - La Reproduction


43 ‘‘La mortalité néonatale est forcément d’origine infectieuse’’ La moitié des cas de mortinatalités (décès à la naissance) ou de mortalités néonatales (morts dans les premiers jours de vie) sont dûs à une mauvaise gestion de la mise bas et à l’immaturité des chiots. Les causes de mortalités néonatales sont multiples et ne se réduisent pas uniquement à des causes infectieuses. Parmi ces causes, on note : - les problèmes lors de la mise bas - les problèmes lors du post-partum immédiat - les malformations congénitales, les anomalies de développement - les problèmes liés au colostrum et/ou au lait - les affections liées à l’immaturité physiologique du nouveau-né - les pathologies infectieuses Les problèmes lors de la mise bas La mortalité néonatale augmente lors de mise bas dystociques D’après Claire Million ( thèse de doctorat vétérinaire : déroulement de la mise bas chez la chienne : analyse des dossiers cliniques du CERCA de 1989 à 2002 - Alfort 2004) Facteurs influençant la mortalité néonatale chez la chienne • le risque de dystocie est deux fois plus grand si la première portée de la chienne a lieu à plus de 4 ans. • le taux de mortalité néonatale est significativement plus important sur les chiennes gestantes de moins de un an. • les risques de dystocies sont deux fois plus importants si la chienne pèse plus de 51 kg et trois fois plus importants si son poids est supérieur à 71 kg. • le taux de mortalité néonatale est significativement plus important lorsque la chienne n’est gestante que d’un chiot (ou deux chiots dans les grandes races). • l’augmentation du taux de mortalité est significative lorsque l’intervalle moyen entre deux chiots est supérieur à deux heures. • le taux de mortalité est directement corrélé au taux de dystocies.

Influence des dystocies sur la mortalité néonatale Type de mise bas

Nombre de chiennes

Mortalité néonatale moyenne (% de la portée)

Dystocique

47

37,4 %

Césarienne

198

26,9 %

Eutocique

1297

10,7 % La Reproduction - 67


Les problèmes lors du post-partum immédiat La réanimation des nouveau-nés influence également les chances de survie. De manière à limiter la mortalité néonatale, il sera donc nécessaire d’ouvrir la poche amniotique dans les 30 secondes si la chatte/chienne ne le fait pas. Il sera également intéressant de dégager les voies respiratoires en aspirant les sécrétions. L’utilisation d’un mouche bébé peut être d’une grande aide pour cette étape. Enfin l’animal devra être frictionné avec une serviette de manière à le sécher et à le réchauffer (le nouveau né est très sensible à l’hypothermie).

Les soins de cordon sont également importants. En effet le cordon ombilical peut être une voie d’entrée pour les germes augmentant alors les risques de péritonite ou de septicémie. Pour éviter cela, il est recommandé de ligaturer le cordon à 1,5 cm de l’ombilic, de le couper et de désinfecter le moignon (produits iodés). Ligature Ventre du chiot

1

2

Serrer avec un fil de coton

Couper à 1 cm de la ligature

3 Désinfecter le moignon

Désinfection et ligature du cordon ombilical Les malformations congénitales- les anomalies de développement Les principales malformations congénitales sont les fentes palatines et les chiots anasarques 68 - La Reproduction


Les fentes palatines Les fentes palatines sont un défaut de fermeture du palais. Une communication entre la bouche et le nez persiste donc à la naissance. Le chiot présente alors des difficultés à téter, des risques de fausse déglutition et donc de bronchopneumonies. Les risques de décès sont importants et sont surtout liés à une éventuelle pneumonie ou à une malnutrition.

Les chiots anasarques Les chiots anasarques sont des chiots présentant un œdème généralisé. Les causes sont multiples (cardiovasculaires, infectieuses...). Les chiots anasarques sont une cause de dystocie car souvent ils ne passent pas la filière pelvienne.

Les problèmes liés au colostrum et/ou au lait La prise colostrale doit être la plus précoce possible de manière à limiter les problèmes d’hypoglycémie, de déshydratation et d’hypothermie. Cette prise colostrale est parfois rendue difficile. Trois cas de figures peuvent se produire : 1) La chienne n’a pas de lait ou n’éjecte pas de lait Face à une telle situation votre vétérinaire pourra mettre en place un traitement médical favorisant la production de lait ou son éjection. Il sera important parallèlement à ceci de mettre fréquemment les chiots à la mamelle. La Reproduction - 69


2) La chienne est absente Si la chienne n’est pas au contact du chiot, différentes solutions peuvent être mises en place de manière à se substituer à cette prise colostrale et à apporter aux chiots une certaine protection. Il est ainsi possible de donner au chiot du colostrum congelé au préalable et remis à température doucement. Il peut être envisagé également de donner du sérum d’un autre chien aux chiots, votre vétérinaire pourra dans ce cas vous aider. Une dernière alternative est possible il s’agit de l’utilisation de substituts colostraux à base de colostrum bovin. Si ces substituts nutritionnels peuvent apporter de l’énergie aux chiots leur intérêt immunitaire reste à démontrer.

Présence de colostrum dans la mamelle 3) Le chiot ne tête pas Dans certain cas le chiot refuse de téter il est important dans ce cas de vérifier sa température rectale en premier lieu. En effet, l’hypothermie est une cause d’anorexie chez les nouveau-nés. En dessous de 34°C, le chiot perd la capacité de digérer et en dessous de 32°C, il perd ses réflexes de succion. Entre 32 et 34°C, le chiot va téter mais il ne digère pas le lait : le ventre reste rempli de lait. Il est donc important de maintenir une température correcte au nid. Si le chiot présente une bonne température corporelle il est possible d’envisager de le sonder ou de le biberonner.

Nourriture des chiots au biberon, à la sonde et stimulation de la zone périnéale après le repas

70 - La Reproduction


Les affections liées à l’immaturité physiologique du nouveau-né L’immaturité des chiots sur les plans de la régulation thermique, de l’immunité, de l’hydratation et du métabolisme, ajoutée à une absence de réserves dans le foie et sous forme de graisses, en fait des êtres particulièrement vulnérables. C’est pourquoi il faut faire attention à la triade des 3H : Hypothermie, Hypoglycémie et DésHydratation. Les pathologies infectieuses Les principaux agents responsables de mortalité néonatale chez le chiot sont : - les septicémies - l’herpès virose - le « virus minute » Les septicémies Les septicémies (infections bactériennes généralisées) sont une cause fréquente de mortalité néonatale. Certains facteurs peuvent favoriser leur apparition c’est le cas notamment lors de métrite post partum ou vaginite chez la lice ou lors d’un environnement chargé en agents infectieux. L’herpès virose L’herpès virose est également une cause de mortalité néonatale. Les symptômes sont peu évocateurs : troubles digestifs (ballonnements, diarrhée), troubles nerveux (convulsions), cris stridents. Parfois, au contraire, ils dépérissent sans manifester d’autres symptômes. La prévention sanitaire (température du nid) et médicale (vaccination) sont deux points clés dans la gestion de cette maladie. Le virus minute Un autre virus peut également entraîner de la mortalité chez le chiot : il s’agit du virus minute. Les chiots sont généralement atteints entre 5 et 21 jours et peuvent présenter des vomissements, de la diarrhée, et des difficultés respiratoires. Moyens de prévention de la mortalité néonatale Avant la période de reproduction - Vérifier que la chienne et l’entourage soient à jour de leurs vaccinations. - Vérifier de disposer du matériel nécessaire pour la mise bas et l’entretien des chiots de la naissance à la vente. Durant les chaleurs : - Eviter la mise à la reproduction de chiennes obèses, maigres, trop jeunes ou âgées qui augmente les risques d’inertie utérine et donc de dystocie. Durant la gestation : - Donner à la chienne gestante un aliment adapté pour la gestation. - Demander conseil à votre vétérinaire avant tout traitement même de routine comme les antiparasitaires. - Faire vacciner la chienne contre l’herpès virose si nécessaire (en parler avec son vétérinaire). La Reproduction - 71


Durant la mise bas : - Consulter précocement le vétérinaire lors de mise bas difficile ou de part languissant. - Ne pas utiliser de l’ocytocine en première intention et sans conseil. Durant les minutes et les heures qui suivent la mise bas : - Ouvrir les poches entourant le chiot si la mère ne le fait pas dans les 30 secondes. - Dégager les voies respiratoires à l’aide d’un « mouche-bébé ». - Sécher les chiots. - Prendre soin du cordon (ligature et désinfection). - Mettre rapidement les chiots à la mamelle (prise colostrale). Durant les jours et semaines suivant la mise bas : - Maintenir la température rectale du chiot au-dessus de 36°C. - Maintenir une hygiène stricte du nid de mise bas. - Peser quotidiennement les chiots pour vérifier les gains de poids. - Contrôler régulièrement les mamelles des mères (propreté, mammite...). Les causes de mortalité néonatale sont multiples. Les causes non infectieuses (problème lors de la mise bas, et lors de la réanimation des chiots) sont fréquentes et peuvent prédisposer à certaines causes infectieuses comme les septicémies.

44 ‘‘Il est impossible d’avoir des chiots de 2 pères différents dans une même portée’’ La superfécondation consiste en la fécondation au cours du même œstrus de plusieurs ovocytes par une semence provenant de plusieurs mâles. Elle est commune chez les espèces multipares telles que la chienne et la truie mais beaucoup plus rare chez les espèces unipares comme l’homme. Ceci s’explique par le fait que l’ovocyte est viable et fécond durant environ 72 heures dans les voies génitales femelles. La fenêtre temporelle pour obtenir ce phénomène est ainsi relativement courte.  insi si la chienne est saillie par des mâles différents au bon A moment, il est possible d’avoir des chiots de pères différents au sein d’une même portée. Ce phénomène est possible chez la chienne : c’est la superfécondation. 72 - La Reproduction


Chapitre 5 L'ALIMENTATION


45

‘‘Une chienne en gestation doit manger à volonté’’

Les erreurs alimentaires les plus fréquentes au cours de la gestation sont un apport énergétique et une complémentation minérale et vitaminique excessifs. Si la chienne est nourrie avec un aliment complet adapté à la gestation, aucune complémentation n’est nécessaire. Risques associés au surpoids Un excès de poids à la mise bas favorise les dystocies par : - réduction du diamètre de la filière pelvienne par laquelle passent les chiots lors de l’expulsion ; - diminution de la contractilité utérine par infiltration graisseuse des fibres musculaires. La souffrance des chiots est alors importante pendant la mise bas et le risque de mortalité est augmenté. Gestation et alimentation Pendant les deux premiers tiers de la gestation (42 jours), les besoins énergétiques de la chienne correspondent à ceux d’une chienne adulte hors période de reproduction. En effet, pendant cette période, les embryons n’atteignent que 5,5% de leur poids de naissance. Il est cependant fortement conseillé de distribuer un aliment spécialement formulé pour cette période (enrichi en certains oligo-éléments spécifiques). 300

250

200

150

100

50

0 Ph1

Ph2

42

Ph3

Poids des foeti en grammes

Ph1

74 - L'alimentation

Ph2

Ph3


Pendant le dernier tiers de gestation, la croissance des fœti augmente de façon exponentielle. A partir de ce moment, les besoins nutritionnels de la chienne augmentent conjointement. Schématiquement, les besoins énergétiques par exemple augmentent de 10% par semaine jusqu’à la mise bas. Ceci doit toutefois être modulé en fonction de la taille de la portée. Ainsi, le mode de distribution des repas ne change pas pendant la première partie de la gestation.Avec le changement alimentaire (aliment adapté à la fin de gestation), il convient d’augmenter le fractionnement des repas. En effet, parallèlement à l’augmentation des besoins nutritionnels, la croissance des foeti diminue le volume disponible pour l’estomac. En revanche, il peut être nécessaire pour couvrir leurs besoins, de nourrir les chiennes attendant une portée nombreuse ou ayant un petit appétit en libre-service.

Besoin énergétique

Le besoin énergétique de la chienne augmente donc en fin de gestation

140 % 130 % 120 %

110 %

35j

42j

49j

56j

63j

Jours de gestation

En moyenne, une chienne ne doit pas prendre pendant la gestation plus de 40% de son poids de forme avant saillie ce qui correspond à un surpoids d’environ 10% après la mise bas. Cette petite réserve énergétique est nécessaire pendant la lactation. Une chienne en gestation doit être nourrie de façon à éviter toute prise de poids excessive pouvant nuire au bon déroulement de la mise bas. Ainsi, des chiennes voraces ou ayant une portée de petite taille seront rationnées et non nourries à volonté.

L'alimentation - 75


46 ‘‘Le nombre de chiots attendus par ma chienne en gestation n’influe pas sur la ration alimentaire’’ Evolution des besoins nutritionnels au cours de la gestation Pendant les deux premiers tiers de la gestation (42 jours), les besoins énergétiques de la chienne correspondent à ceux d’une chienne adulte hors période de reproduction. En effet, pendant cette période, les embryons n’atteignent que 5,5% de leur poids de naissance. Il est cependant fortement conseillé de distribuer un aliment spécialement formulé pour cette période (enrichi en certains oligo-éléments). Pendant le dernier tiers de gestation, la croissance des fœti augmente de façon exponentielle. A partir de ce moment, les besoins nutritionnels de la chienne augmentent conjointement. Schématiquement, les besoins énergétiques par exemple augmentent de 10% par semaine jusqu’à la mise bas. Ceci doit toutefois être modulé en fonction de la taille de la portée. Taille de la portée Plus la portée est nombreuse, plus les besoins nutritionnels de la chienne vont augmenter alors que le volume disponible pour l’estomac va diminuer. Ainsi, le fractionnement des repas est indispensable chez ces chiennes. Dans certains cas, en fin de gestation, il est nécessaire de laisser en permanence de l’aliment à disposition à la chienne.

 e nombre de chiots attendus par la chienne conditionne ses L besoins nutritionnels ainsi que le volume d’aliment qu’elle est capable d’ingérer.

76 - L'alimentation


47 ‘‘Il faut donner du calcium à la chienne pendant la gestation pour la préparer à la lactation’’ Evolution des besoins nutritionnels pendant la gestation Pendant les deux premiers tiers de la gestation (42 jours), les besoins énergétiques de la chienne correspondent à ceux d’une chienne adulte hors période de reproduction. En effet, pendant cette période, les embryons n’atteignent que 5,5% de leur poids de naissance. Il est cependant fortement conseillé de distribuer un aliment spécialement formulé pour cette période. Par la suite, la croissance rapide du squelette des foeti entraîne une augmentation des besoins en calcium de la chienne. Une alimentation complète adaptée à la fin de gestation contient déjà un apport augmenté de calcium. Il est donc inutile voire dangereux d’en rajouter dans la ration. Systèmes de régulation du calcium dans le sang Le taux de calcium dans le sang (calcémie) est un des plus finement régulés dans l’organisme. Les os constituent le stock de calcium de l’organisme qui peut être utilisé grâce à l’action des parathyroïdes (parathormone) pour augmenter la calcémie. A l’inverse, en cas d’excès de calcium, celui-ci est stocké dans les os sous l’influence de la calcitonine. Dangers d’un excès d’apport de calcium pendant la gestation Un excès d’apport de calcium dans la ration en fin de gestation s’accompagne d’une mise en sommeil de la parathormone, hormone de déstockage du calcium en provenance des os. Ainsi, il ne sera plus possible d’en apporter rapidement et en grande quantité dans le sang. Le risque d’hypocalcémie est important. Le calcium est indispensable à la contraction musculaire donc aussi de l’utérus. Lors de la mise bas, l’apport massif de calcium en provenance des os est nécessaire au travail. Pendant la lactation, en particulier pendant le pic qui a lieu à environ 3 semaines après la mise bas, le besoin en calcium est intense pour la fabrication du lait. Un aliment complet formulé pour les chiennes en gestation ne doit pas être complémenté avec du calcium sans avis vétérinaire. En effet, un excès de calcium pendant la gestation augmente fortement les risques d’atonie utérine pendant la mise bas (hypocontractilité du muscle utérin) et d’éclampsie pendant la lactation.

L'alimentation - 77


48 ‘‘Il n’est pas utile de changer d’aliment, que ma chienne/chatte soit vide, pleine ou en lactation’’ Besoins nutritionnels de la chienne gestante Pendant les deux premiers tiers de la gestation (42 jours), les besoins nutritionnels de la chienne correspondent à ceux d’une chienne adulte hors période de reproduction. En effet, pendant cette période, les embryons n’atteignent que 5,5% de leur poids de naissance. Il est cependant fortement conseillé de préférer un aliment spécialement formulé pour cette période. Pendant le dernier tiers de gestation, la croissance des fœti augmente de façon exponentielle. A partir de ce moment, les besoins nutritionnels de la chienne augmentent conjointement. Schématiquement, les besoins énergétiques par exemple augmentent de 10% par semaine jusqu’à la mise bas. Ceci doit toutefois être modulé en fonction de la taille de la portée. Besoins nutritionnels de la chatte gestante Bien que la croissance des embryons puis des foeti soit identique chez la chienne et la chatte, il est nécessaire que la chatte soit nourrie dès le début de la gestation avec un aliment complet adapté et à volonté. En effet, à la différence de la chienne, il est nécessaire que la chatte accumule précocement des réserves énergétiques en vue de la lactation. Les capacités d’ingestion de la chatte sont nettement inférieures à celles de la chienne alors que les besoins nutritionnels augmentent de la même façon. La lactation chez la chienne et la chatte La lactation se prépare pendant la gestation. Toute erreur de conduite alimentaire pendant la gestation se répercute inévitablement sur la qualité de la lactation. Dans la vie d’une chienne ou d’une chatte, cette période est la plus exigeante en termes de besoins nutritionnels tant en énergie qu’en protéines, minéraux et vitamines. Cependant, un aliment complet formulé pour la gestation (ou la croissance) est adapté à une femelle en lactation. Les besoins quantitatifs dépendent du nombre de petits aux mamelles. Ainsi, lors de portée nombreuse, la femelle devra être nourrie à volonté en lui laissant l’aliment en permanence à disposition. En fin de lactation, la chienne ou la chatte devra retrouver son poids avant saillie.  hez la chienne, l’alimentation d’entretien peut être poursuivie C jusqu’au deuxième tiers de la gestation inclus mais il est fortement conseillé d’y préférer un aliment spécialement formulé pour cette période. Par la suite, en fin de gestation et en lactation, un aliment complet adapté est indispensable. Chez la chatte, un aliment complet adapté à la reproduction est indispensable dès le début de la gestation et pendant toute la période de lactation. 78 - L'alimentation


49 ‘‘Il faut complémenter systématiquement une chienne en calcium pendant la lactation’’ Evolution des besoins nutritionnels pendant la lactation Les besoins alimentaires dépendent directement de la sécrétion de lait et donc du nombre de chiots allaités. Le besoin en calcium ne fait pas exception. Au pic de lactation (3 semaines – 1 mois), les besoins en calcium sont de 2 à 4 fois plus importants que ceux de la chienne à l’entretien. Une alimentation complète adaptée à la fin de gestation contient déjà un apport augmenté de calcium. Il est donc inutile voire dangereux d’en rajouter dans la ration. Les systèmes de régulation du calcium dans le sang Le taux de calcium dans le sang (calcémie) est un des plus finement régulés dans l’organisme. Les os constituent le stock de calcium de l’organisme qui peut être utilisé grâce à l’action des parathyroïdes (parathormone) pour augmenter la calcémie. A l’inverse, en cas d’excès de calcium, celui-ci est stocké dans les os sous l’influence de la calcitonine. L’apport de calcium pendant la lactation Le pic de lactation représente la période la plus exigeante nutritionnellement pour la chienne, surtout si la portée est nombreuse. C’est aussi la période de risque maximal d’éclampsie chez la chienne. Il est nécessaire d’apporter plus de calcium, mais une complémentation ne sera nécessaire que pour les chiennes nourries partiellement ou complétement avec des aliments ménagers. Une alimentation industrielle formulée pour les chiots est déjà supplémentée en calcium. Un aliment complet formulé pour les chiots avant le sevrage ne doit pas être complémenté en calcium sans avis vétérinaire. En effet, un excès de calcium augmente fortement le risque d’éclampsie au pic de lactation.

L'alimentation - 79


50

‘‘Je donne un repas par jour à ma chienne en lactation’’

Evolution des besoins nutritionnels pendant la lactation Les besoins alimentaires dépendent directement de la sécrétion de lait et donc du nombre de chiots allaités. Ils représentent 2 à 4 fois les besoins énergétiques de la chienne non reproductrice. Un niveau d’apport énergétique insuffisant diminue la production lactée et surtout accentue la perte de poids de la chienne au détriment de sa masse musculaire. Estimation de la production de lait de la chienne (comparaison de la composition de lait de chienne et de vache)

Les chiennes allaitantes peuvent produire 3 fois leur poids d’un lait riche 20Kg

60Kg

Lactose (g/L)

33

47

Protéines (g/L)

75

33

Graisse (g/L)

95

36

Énergie (kcal/L)

1 460

640

Calcium (g/L)

2,4

1,2

Phosphore (g/L)

1,8

0,9

Le mode de distribution de la ration de la chienne en lactation Cette augmentation importante des besoins énergétiques s’accompagne donc d’une augmentation du volume de la ration. Les aliments complets formulés pour les chiots avant le sevrage ont une densité calorique élevée pour limiter ce volume et favoriser la couverture énergétique de la chienne. Le volume de la ration restant malgré tout important, il convient de répartir la ration en plusieurs repas par jour. L’alimentation ad libitum (quantité non restreinte) et libreservice (toujours disponible) reste la meilleure solution jusqu’au pic de lactation. Un aliment complet formulé pour les chiots avant sevrage, distribué ad libitum et en libre-service, permet de couvrir au mieux les besoins exigeants de la chienne en lactation.

80 - L'alimentation


51

‘‘Le chien est un carnivore strict’’

Le chien fait partie de l’ordre des carnivores. En ce sens, il consomme des proies carnées. Il est cependant important de se rappeler que le chien mange l’intégralité de la proie et donc également une quantité variable de végétaux. C’est donc un carnivore mais son régime n’est pas celui d’un carnivore strict. Le chien dépend quasiment totalement de son propriétaire, il convient de veiller à l’équilibre de la ration en fonction de la physiologie. Le chien est un carnivore mais non strict. Cela signifie qu’il possède une capacité d’utilisation digestive des matières premières issues du monde végétal. En aucun cas, il ne doit manger que de la viande et des carcasses !

52 ‘‘Ce sont les protéines qui apportent l’énergie dans la ration’’ Les sources d’énergie de l’organisme La matière organique (êtres vivants) se compose d’eau, de lipides, de protéines, de glucides, de minéraux et de vitamines. Seuls 3 de ces éléments sont une source d’énergie pour l’organisme : les glucides, les lipides et les protéines. Les lipides constituent une source d’énergie stockable (tissu adipeux) et apportent plus de 2 fois plus d’énergie que les glucides ou les protéines. Les glucides représentent une source d’énergie facilement disponible et quand elle est excessive, elle est stockée sous forme de lipides. Il n’y a pas de réserve de protéines dans l’organisme Les protéines de l’organisme ont toutes une fonction : muscle, organe, … Les protéines alimentaires sont d’abord une source de nutriments (acides aminés) pour entretenir l’organisme. Comme il n’y a pas de stockage de protéines, toute protéine ou tout acide aminé non utilisé sera éliminé sous forme d’urée par le rein. Les protéines sont également une source d’énergie. Le chien n’étant pas un carnivore strict, comme le chat ou le furet, ses besoins protéiques sont modérés. Dans une ration, l’énergie est apportée par les glucides, les lipides et les protéines. Chez le chien, contrairement au chat, l’utilisation de protéines à des fins énergétiques n’est pas obligatoire. L'alimentation - 81


53 ‘‘Il faut mélanger 2 types de croquettes, ou bien ajouter des œufs, du calcium’’ Un aliment complet permet de couvrir TOUS les besoins nutritionnels de l’animal au stade physiologique recommandé par le fabricant. Il n’est donc pas nécessaire de rajouter quoi que ce soit. Le mélange de 2 aliments industriels complets n’est pas utile. Tout nutriment est potentiellement toxique. Ainsi, rajouter du calcium par exemple, peut aboutir rapidement à des troubles ostéo-articulaires chez le chiot.  ajouter des ingrédients n’apportant pas tous les nutriments (au R nombre de 40 à 50) risque de déséquilibrer la ration d’un aliment industriel complet.

54 ‘‘L’alimentation peut être responsable de problèmes ostéoarticulaires’’ Les maladies ostéoarticulaires (dysplasie du coude, de la hanche…) ont plusieurs facteurs de risque. Il y a d’une part une origine génétique, mais aussi une participation environnementale : l’état corporel du chiot, son activité physique, une alimentation déséquilibrée (par carence ou par excès) peuvent favoriser ou aggraver une dysplasie préexistante. Chez le chiot, le squelette présente une croissance très rapide et ce, jusqu’à la puberté. Les muscles soutenant ce squelette ne se développent véritablement qu’après la puberté. Sachant que ce sont les muscles qui maintiennent le squelette, il est alors aisé de comprendre qu’un animal trop lourd (surcharge pondérale) ou grandissant très vite et longtemps a plus de risque de développer des troubles ostéoarticulaires. La première action préventive consiste à faire grandir un chien, surtout de grand format, dans un état corporel mince (les côtes peuvent être comptées facilement et sans appuyer avec les doigts). L’aliment doit être spécifiquement formulé pour le chiot en croissance (sans aucun apport supplémentaire, complément minéral ou vitaminique) et idéalement devrait être adapté au format du chien.  our les races prédisposées, il existe certains aliments industriels P complets contenant des chondroprotecteurs qui protègent et nourrissent le cartilage articulaire. Ceux qui sont également enrichis en antioxydants et en lipides oméga 3 aident à prévenir ou à modérer les atteintes ostéoarticulaires. 82 - L'alimentation


55 ‘‘Un repas par jour est suffisant pour les chiots et les chiens de grande race’’ Le chiot a un système digestif un peu différent de celui de l’adulte. Sa capacité de digestion est moindre, de même que la tolérance à certains nutriments. Sachant que les besoins nutritionnels du chiot, surtout en début de croissance, sont très importants, les risques de diarrhée sont élevés. En laissant l’aliment à volonté chez le chiot avant sevrage, en fractionnant la ration en 4 repas/jour du sevrage à 2 mois puis 3 repas ensuite jusqu’à 6 mois, la digestion est optimale et permet également de limiter les effets d’une compétition alimentaire en groupe (agressivité, poids des chiots non homogène, …)

Penser à diviser la ration quotidienne du chiot en 4 repas après le sevrage et jusqu'à 2 mois d'âge pour une digestion optimale. En ce qui concerne les chiens adultes de grande race et en particulier les chiens qui travaillent, il peut être conseillé de fractionner la ration quotidienne en deux prises pour éviter un trop gros volume et une surcharge gastrique et limiter les risques de dilatation torsion de l’estomac. Une étude a montré l’intérêt de 4 repas dès le sevrage pour les chiots. Ceci améliore le score fécal. Chez les adultes de grande race, on peut être amené à diviser la ration quotidienne en deux repas pour limiter le volume gastrique.

L'alimentation - 83


56 ‘‘Donner du calcium à un chiot permet de redresser les oreilles’’ Le calcium se trouve sous forme calcifiée dans les os, ce qui leur confère leur solidité. Les oreilles sont composées de cartilage, de structure souple, et ne renferment aucune structure ossifiée. Par conséquent, il est inutile, voire dangereux, de complémenter le chiot en calcium dans le but de redresser les oreilles. Le port des oreilles dépend en premier lieu de la génétique puis de facteurs environnementaux. Etant composées principalement de protéines, les oreilles sont le reflet de la santé de l’animal et de l’apport protéique de la ration. Une période de stress (sevrage), de croissance intense, un parasitisme intestinal ou une alimentation de qualité médiocre peuvent être responsables de la chute temporaire des oreilles. Les conditions d’élevage et d’alimentation sont à vérifier en cas de problème de tenue des oreilles. Les oreilles sont composées de cartilage donc de protéines et non d’os. Il est inutile voire dangereux de complémenter un chiot en calcium afin de redresser ses oreilles.

84 - L'alimentation


57 ‘‘Il faut toujours complémenter en calcium les chiots en croissance’’ Relation dose-effet en nutrition Il est nécessaire d’apporter chaque jour une quarantaine de nutriments par la nourriture. Chaque nutriment doit être apporté en quantité suffisante (au-delà d’un seuil minimum) pour un fonctionnement optimal de l’organisme. Cependant, en apporter en excès serat-il responsable d’une meilleure santé ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que TOUT nutriment est potentiellement toxique à partir d’un seuil maximum qui lui est propre. Ainsi il est inutile voire dangereux de rajouter un complément minéral et/ou vitaminique quand le chien adulte ou en croissance est nourri avec un aliment industriel complet. Absorption du calcium chez le chiot en croissance Chez le chiot avant 6 mois, la régulation de l’absorption du calcium au niveau intestinal est incomplète. Quasiment l’ensemble du calcium de la ration est absorbé chez le chiot et passe dans la circulation sanguine.

Entérocytes Jonction serrée

Absorption paracellulaire

Absorption transcellulaire

Plus le chiot ingère de calcium, plus celui-ci se retrouve dans le sang et l’organisme. Un excès de calcium dans la ration du chiot, en particulier chez les chiens de grand format, entraîne de graves troubles ostéoarticulaires ainsi que des déformations osseuses irréversibles. Le calcium est rapidement toxique chez le chiot de grand format avant 6 mois. Il est donc dangereux de rajouter du calcium dans une ration industrielle complète. Les aliments « croissance » adaptés au format du chiot assurent un apport optimal en calcium pour une croissance harmonieuse. L'alimentation - 85


58 ‘‘Si un chiot est trop nourri, il sera trop grand. Un chiot en bonne santé est potelé’’ La vitesse de croissance maximale ainsi que la stature du chien (taille au garrot) dépendent de la génétique. Les facteurs environnementaux tels que les conditions d’élevage, le parasitisme, ou encore l’alimentation (en qualité et/ou en quantité) modulent la vitesse de croissance. Un excès énergétique optimisera la vitesse de croissance, ce qui n’est pas recherché chez le chiot de grand format. Chez le chiot, le squelette présente une croissance très rapide et ce, jusqu’à la puberté. Les muscles soutenant ce squelette ne se développent véritablement qu’après la puberté. Sachant que ce sont les muscles qui maintiennent le squelette, il est alors aisé de comprendre qu’un animal trop lourd (surcharge pondérale) ou grandissant très vite et longtemps a plus de risque de développer des troubles ostéoarticulaires.

Croissance différentielle du chiot et risque pathologique (d’après les professeurs Paragon et Grandjean 1993) Période de sevrage tissu adipeux

tissu osseux

muscle

Races précoces = petites races risque nutritionnel : obésité Races peu précoces = grandes races risque nutritionnel : troubles osseux

 n chiot doit grandir mince afin d’assurer une croissance U harmonieuse et limiter les risques de troubles ostéoarticulaires chez le chiot de grand format.

86 - L'alimentation


59 ‘‘Si un chiot est plus petit à la naissance il restera forcément plus petit à l’âge adulte’’ La stature d’un chiot (taille au garrot) dépend de sa génétique. Sa taille à la naissance dépend également du nombre de chiots dans la portée et de son accès aux nutriments par voie placentaire. Un chiot en bonne santé mais petit à la naissance rattrapera ses frères et sœurs au cours de la croissance, si l’alimentation est de bonne qualité et adaptée, et que les conditions d’élevage sont optimales. I l convient d’être attentif à la croissance des chiots en réalisant des courbes de croissance et en apportant une nourriture de qualité et adaptée à la mère en gestation et en lactation puis aux chiots.

60 ‘‘Si je change de référence d’aliment sur mes adultes au repos, je n’ai jamais besoin de retoucher le rationnement’’ Un chien a des besoins énergétiques définis en fonction de sa race, son activité et son stade physiologique. La quantité d’aliment qui sera distribuée au chien va donc dépendre du besoin de l’animal et aussi de la densité énergétique de l’aliment (nombre de calories pour 1 Kg d’aliment). En effet, plus un aliment a une densité énergétique élevée, plus la quantité distribuée sera faible. Chaque aliment est formulé pour les besoins particuliers du stade physiologique pour lequel il est destiné. De même, l’adaptation de l’aliment au format de l’animal s’accompagne d’une modification de la densité énergétique. Ainsi chaque aliment est unique et il convient donc de vérifier à chaque changement la quantité d’aliment nécessaire pour couvrir les besoins de l’animal. L'alimentation - 87


Chapitre 6 LA GENETIQUE


Annexe : quelques clés en génétique Chromosome, gène, allèle Le génome ou matériel génétique d’un chien ou d’un chat se compose d’un certain nombre de paires de chromosomes : 39 paires chez le chien et 19 paires chez le chat. L’ensemble du génome se trouve dans le noyau de toutes les cellules de l’organisme. Parmi ces n paires de chromosomes, n-1 paires sont dits des « autosomes » et la dernière est constituée de « gonosomes » ou chromosomes sexuels, lesquels déterminent le sexe. Un mâle est XY, le chromosome Y étant de plus petite taille que le chromosome X. Une femelle est XX, les 2 chromosomes sexuels ayant la même taille.

2 allèles

1 gène

1 paire de chromosomes Ces chromosomes se composent d’ADN (pour Acide DésoxyriboNucléique). Sur les chromosomes on trouve une succession d’unités de fonction appelées gènes, formées d’ADN, dont l’expression détermine l’apparence générale de l’animal mais aussi tout le fonctionnement de l’organisme. La couleur des yeux, le groupe sanguin, la synthèse d’enzymes digestives, entre autres, sont commandés par un ou plusieurs gènes différents.

90 - La Génétique


Cellule

Noyau

Molécule d’ADN

Gène A

Gène B

Gène C 1 paire de chromosomes parmi les n paires que compte le génome

Etc.

Pour un même gène, il existe plusieurs versions différentes que l’on appelle des allèles. Chaque chromosome porte un allèle pour un gène donné. Ainsi, il y aura toujours 2 allèles pour un même gène sur une paire de chromosome. Le génotype est l’ensemble des gènes d’un individu. L’expression du génotype, avec ou sans influence du milieu donne le phénotype de l’individu. Hétérozygotie et homozygotie Pour un même gène, il existe donc 2 allèles, chacun sur un chromosome d’une paire. Lorsque les allèles sont identiques pour un gène, l’individu est dit homozygote pour ce gène. Lorsque les allèles sont différents pour un gène, l’individu est dit hétérozygote pour ce gène. Dominance et récessivité des allèles Dans le cas d’hétérozygotie, des relations de dominance et de récessivité conditionnent l’expression des allèles. L’allèle dominant est celui qui s’exprime, par rapport à l’allèle récessif dont l’expression est masquée. Pour prendre un exemple simple, pour le gène « couleur de l’eumélanine », un pigment qui détermine la couleur de la robe, il existe entre autres 2 allèles : B qui donne un phénotype noir et b qui donne un phénotype marron. L’allèle B est dominant par rapport à l’allèle b qui est récessif. Ainsi, un individu homozygote B/B sera de couleur noire, un individu homozygote b/b sera marron et un individu hétérozygote B/b sera noir. On dira qu’il est noir porteur de marron. Notion de pénétrance La pénétrance est la proportion d’individus dont le phénotype correspond au génotype. On parle dans ce cas de pénétrance complète. La pénétrance est dite incomplète lorsque le phénotype ne correspond pas au génotype. Dans une maladie héréditaire, ceci signifie que l’individu devrait être malade d’après son génotype, mais qu’il est cliniquement sain. Le phénomène de pénétrance incomplète peut être dû à l’influence de facteurs La Génétique - 91


d’environnement, à des gènes dits modificateurs ou à l’interaction des deux. Par exemple, pour la myocardiopathie hypertrophique, maladie cardiaque autosomique dominante que l’on retrouve, entre autres chez le chat Maine Coon, les chats hétérozygotes pour une mutation causale ne sont pas tous atteints cliniquement. Ils n’expriment pas leur génotype. En revanche, ces chats peuvent transmettre la mutation causale à leur descendance.

FECONDATION GESTATION

Transmission des allèles Chaque individu est issu de la fusion d’une cellule reproductrice du père (spermatozoïde) et d’une cellule reproductrice de la mère (ovocyte) au moment de la fécondation. Le matériel génétique de chacune de ces cellules reproductrices est constitué de n chromosomes soit un chromosome de chaque paire. Leur fusion lors de la fécondation permet de reconstituer les n paires de chromosomes. Pour chaque gène, le père et la mère transmettent un des 2 allèles qu’ils possèdent de manière totalement aléatoire. Pour reprendre l’exemple de la couleur de la robe, - un individu homozygote B/B transmettra uniquement l’allèle B ; - un individu homozygote b/b transmettra uniquement l’allèle b ; - un individu hétérozygote B/b transmettra soit l’allèle B, soit l’allèle b. Il est donc susceptible de produire une descendance de couleur marron avec un partenaire de couleur marron (homozygote b/b) ou noir porteur de marron (hétérozygote B/b).

92 - La Génétique


61 ‘‘Si j’élimine tous les reproducteurs portant un défaut, je vais éliminer ce défaut’’ Dominance et récessivité des allèles Chaque gène est présent en deux versions que l’on appelle « allèles ». Chaque chromosome d’une paire porte un allèle. Si les allèles sont identiques on parle d’homozygotie et s’ils sont différents, d’hétérozygotie. Lors d’hétérozygotie, c’est l’allèle dominant qui impose le phénotype. Lors de maladies héréditaires, l’allèle muté M responsable de la maladie peut être : - soit dominant sur l’allèle « sain » s : l’animal est malade s’il est hétérozygote M/s ou homozygote M/M. Le niveau de pénétrance vient néanmoins compliquer l’expression clinique de la maladie ; - soit récessif par rapport à l’allèle « sain » S : l’animal est cliniquement sain s’il est hétérozygote m/S et malade s’il est homozygote m/m. Défauts dûs à un seul gène L’expression du défaut n’est déterminée que par un gène. Il existe deux cas de figure selon que la mutation est dominante ou récessive. • Mutation dominante - homozygotes M/M : expriment le défaut (souvent, l’homozygotie est létale in utero) - hétérozygotes s/M : expriment le défaut Une sélection des reproducteurs uniquement sur le phénotype sera efficace car elle permet de détecter tous les porteurs de la mutation. Néanmoins, certaines maladies génétiques se manifestent tardivement, à un âge plus ou moins avancé, ce qui rend la sélection difficile, l’animal ayant déjà été mis à la reproduction. De plus, il peut exister un phénomène de pénétrance incomplète influant sur l’expression de l’allèle muté. Si la pénétrance est incomplète, l’animal peut transmettre l’allèle muté à sa descendance tout en n’exprimant pas lui-même la maladie. Pour de telles atteintes et lorsque la mutation a été caractérisée par les chercheurs, il est possible de réaliser un test génétique si celui-ci est disponible, afin de dépister les porteurs. • Mutation récessive - homozygotes m/m : expriment le défaut - hétérozygotes S/m : n’expriment pas le défaut Une sélection des reproducteurs uniquement sur le phénotype ne permettra pas d’écarter tous les porteurs et le défaut réapparaîtra lorsque l’on croisera deux hétérozygotes, apparemment sains. La Génétique - 93


Seule l’utilisation d’un test génétique permet de faire la différence entre un individu génétiquement sain et un individu porteur sain puisqu’aucun des deux n’exprime le défaut. Défauts dûs à plusieurs gènes L’expression du défaut est alors déterminée par plusieurs gènes voire également influencée par le milieu et le mode de vie de l’animal. (maladie polygénique) L’exemple le plus courant est celui de la dysplasie coxo-fémorale ou dysplasie de la hanche. Laxité ligamentaire Conformation de la tête fémorale Conformation de la fosse acétabulaire

L’animal n’a pas assez d’allèles défavorables pour exprimer la maladie

L’animal a assez d’allèles défavorables pour exprimer la maladie

Participation des différents éléments anatomiques à l'expression clinique de la dysplasie :

CHIEN B

CHIEN A

Le chien A n’est pas génétiquement prédisposé à la dysplasie coxo-fémorale Le chien B est génétiquement prédisposé à la dysplasie coxo-fémorale Le code couleur reprend les éléments colorés du schéma ci-dessus 94 - La Génétique


Influence des facteurs environnementaux à l'expression clinique de la dysplasie : Les effets génétiques et environnementaux permettent à la madadie de s’exprimer

CHIEN A

Les effets génétiques et environnementaux ne permettent pas à la madadie de s’exprimer

ENVIRONNEMENT

ENVIRONNEMENT

CHIEN B

Sous l’influence de l’environnement, le chien A non prédisposé exprime une dysplasie coxo-fémorale et le chien B génétiquement prédisposé n’en exprime pas. La multiplicité des facteurs génétiques et environnementaux qui influencent la dysplasie de la hanche rend la prédiction de cette maladie relativement difficile. Il est généralement admis que, statistiquement, sur une portée issue de 2 chiens exempts, ¾ des chiots seront ultérieurement testés indemnes de dysplasie, le quart restant sera tout de même dysplasique. En dépit des efforts effectués dans la sélection de certaines races prédisposées, le processus d’éradication de cette maladie reste encore relativement lent et décevant. MALADIES DUES A PLUSIEURS GÈNES

DYSPLASIE DE LA HANCHE

LUXATION ROTULIENNE

ANOMALIES DENTAIRES

CRYPTORCHIDIE

EXEMPLE DE LA DYSPLASIE DE LA HANCHE 2 SAINS

D’après J.F. Courreau

1 MALADE

MALADES

2 MALADES

Statut des parents

SAINS

0

20

40

60

80

100

Composition de la portée (en %)

 elon le mode de transmission d’un défaut et le nombre de gènes S impliqués dans son expression, il n’est pas toujours possible d’éliminer un défaut dans une lignée seulement en écartant de la reproduction les animaux portant ce défaut. La Génétique - 95


62 ‘‘Peu importe si la mère n’est pas belle, les chiots ressembleront toujours au père’’ Transmission des allèles Le matériel génétique d’un chien est constitué de 39 paires de chromosomes, lesquels portent des gènes. Ces gènes se trouvent en 2 versions que l’on appelle « allèles ». Pour un gène donné, les 2 allèles se trouvent chacun sur un chromosome d'une même paire. Un chien est issu de la fusion d’une cellule reproductrice du père (spermatozoïde) et d’une cellule reproductrice de la mère (ovocyte) au moment de la fécondation. Le matériel génétique de chacune de ces cellules reproductrices est constitué de 39 chromosomes soit un chromosome de chaque paire. Leur fusion lors de la fécondation permet de reconstituer les 39 paires de chromosomes. Ainsi le matériel génétique d’un chien vient pour 50% de son père et 50% de sa mère.

FECONDATION GESTATION

Relation entre les allèles Pour chaque gène, le chiot hérite donc d’un allèle de son père et d’un allèle de sa mère. Selon les relations de dominance entre ces allèles, le chiot exprimera le phénotype de son père ou de sa mère et ce pour chaque caractère défini par un ou plusieurs gènes (auxquelles s’ajoutent les notions de co-dominance d’allèles, pénétrance incomplète, expressivité variable et influence du milieu…). Un chiot peut donc ressembler plus à son père ou plus à sa mère et ce de manière totalement aléatoire. Les chiots ne ressembleront pas toujours au père.  e matériel génétique d’un chiot vient pour 50% de son père et L 50% de sa mère. Selon les relations entre les allèles d’un ou plusieurs gènes définissant un caractère, le chiot ressemblera plutôt à son père ou plutôt à sa mère. 96 - La Génétique


63 ‘‘Il faut garder pour la reproduction uniquement les sujets génétiquement sains’’ Dominance et récessivité des allèles Chaque gène est présent en deux versions que l’on appelle « allèles ». Chaque chromosome d’une paire porte un allèle. Si les allèles sont identiques on parle d’homozygotie et s’ils sont différents, d’hétérozygotie. Lors d’hétérozygotie, c’est l’allèle dominant qui impose le phénotype. Lors de maladies héréditaires, l’allèle muté M responsable de la maladie peut être : - soit dominant sur l’allèle « sain » s : l’animal est malade s’il est hétérozygote M/s ou homozygote M/M. Le niveau de pénétrance vient néanmoins compliquer l’expression clinique de la maladie ; - soit récessif par rapport à l’allèle « sain » S : l’animal est cliniquement sain s’il est hétérozygote m/S et malade s’il est homozygote m/m. Connaissance du statut d’un animal Pour affirmer qu’un individu est génétiquement sain, il faut lui avoir fait passer un test génétique qui va discriminer, pour un gène donné, la présence ou l’absence des allèles sains et mutés. Un individu génétiquement sain possède 2 allèles sains pour le gène responsable de la maladie pour laquelle il est testé. Les tests génétiques actuellement disponibles ne le sont que pour des maladies monogéniques. Cas des maladies autosomiques dominantes Les allèles du gène responsable de la maladie se trouvent sur une paire d’autosomes, c’est-à-dire une paire autre que la paire de chromosomes déterminant le sexe (ou gonosomes : XX pour les femelles et XY chez les mâles). L’allèle muté M est dominant sur l’allèle sain s : un individu hétérozygote s/M est susceptible d’exprimer la maladie. Cas des maladies autosomiques récessives L’allèle muté m est récessif par rapport à l’allèle sain S : seuls les homozygotes m/m expriment cliniquement la maladie. Les individus hétérozygotes S/m sont cliniquement sains mais susceptibles de transmettre l’allèle muté m à leur descendance. Facteurs à prendre en compte Dans l’éradication d’une maladie héréditaire, la patience doit être de rigueur. Il convient de prendre en compte différents facteurs : - la gravité de la maladie ; - le mode de transmission de la maladie ; - la prévalence de la maladie dans la race ; - l’effectif de la race. La Génétique - 97


Pour une maladie à faible prévalence dans une race à fort effectif, l’exclusion des sujets porteurs sains ou atteints de la reproduction sera envisageable car elle ne nuira pas ou peu à l’indispensable diversité génétique de la population. Pour une maladie à forte prévalence dans une race à faible effectif, l’exclusion des porteurs sains (et atteints dans certains cas très particuliers) peut être très préjudiciable. Il est extrêmement intéressant dans ce cas d’utiliser les tests génétiques afin de sélectionner une descendance cliniquement ou génétiquement saine selon la maladie en question. Un exemple à ne pas suivre La gangliosidose est une maladie monogénique récessive qui touchait le Chien d’eau portugais aux Etats-Unis. Un test, développé à la fin des années 1980, avait alors permis d’estimer la fréquence de porteurs à 9%. Étant donné la fréquence de cette maladie, il était recommandé de ne pas exclure de la reproduction les chiens porteurs qui présentaient par ailleurs des qualités intéressantes pour la race et à condition de les croiser avec des chiens sains. Les éleveurs ont tout de même exclu de la reproduction tous les chiens porteurs et ont sélectionné des chiens provenant d’une lignée ne portant pas cette anomalie génétique responsable de la gangliosidose. Malheureusement, cette nouvelle lignée était porteuse d’une autre maladie génétique, l’atrophie de la rétine. La sélection intensive pour cette nouvelle lignée a rapidement fait augmenter à 35% la fréquence de chiens porteurs d’atrophie de la rétine dans la race. Les éleveurs ont donc remplacé une maladie génétique assez fréquente (gangliosidose, 9%) par une autre maladie génétique très fréquente (atrophie de la rétine, 35%) qui sera beaucoup plus difficile à éradiquer. L’émergence de l’atrophie de la rétine aurait pu être évitée en conservant des chiens porteurs de gangliosidose, à condition de les croiser avec des chiens sains et de surveiller la descendance. La gangliosidose aurait été éradiquée aussi efficacement par le remplacement progressif (en quelques générations) des chiens porteurs par leurs descendants sains ayant conservé les qualités des reproducteurs. Source : Antagène

 lusieurs facteurs sont à prendre en compte dans la décision P d’exclusion de la reproduction d’individus porteurs sains voire atteints. N’utiliser que des individus génétiquement sains pour une maladie donnée peut être très préjudiciable pour une race. 98 - La Génétique


64 ‘‘Il ne faut pas faire de consanguinité pour éviter d’avoir des tares’’ Définition La consanguinité consiste à faire se reproduire deux individus apparentés. La fixation des caractéristiques propres à chaque race est nécessairement passée par ce biais au fil de décennies de sélection. Différents moyens de sélection L’exogamie ou « out-breeding » Il n’y a pas d’ancêtre commun sur 5 générations. • Accouplement au hasard dès lors que les géniteurs sont améliorateurs. Cette méthode ne donne pas forcément de bons résultats sur toutes les portées et la progression sur l’ensemble des traits sélectionnés est lente au niveau de la population entière. • Homogamie : accouplement des meilleurs avec les meilleurs. Cette méthode est utilisée pour un seul ou un petit nombre de caractères jugés prioritaires. Elle permet de progresser rapidement sur ces caractères mais peut accentuer le contraste avec les autres, surtout en cas de corrélation négative. • Hétérogamie : accouplement des meilleurs avec les moins bons. Cette méthode permet de corriger les défauts d’un des parents. Elle ne permet guère de progresser mais vise plutôt à accroitre l’homogénéité de la production. Les 2 dernières méthodes de sélection peuvent se faire en même temps (sur des chiens différents), à la suite ou de façon complémentaire. La consanguinité Il existe deux grands types de consanguinité : • La consanguinité étroite ou « in-breeding » : des géniteurs apparentés au premier degré (parent/enfant ou frère/sœur) sont accouplés. • La consanguinité large ou « line-breeding » : des géniteurs comportant au moins un ancêtre commun sur 5 générations sont accouplés. La consanguinité augmente la probabilité d’obtenir des animaux exceptionnels sur les caractères morphologiques, mais uniquement si elle est bien conduite. En effet, elle fixe plus rapidement les caractères morphologiques. L’homozygotie est recherchée pour certains caractères afin de prédire au mieux les résultats. Mais la consanguinité peut présenter des effets délétères. En augmentant la fréquence des génotypes homozygotes, elle peut révéler certains types d’anomalies (autosomiques récessives) jusqu’alors latentes dans la lignée. Si elle n’est pas utilisée avec modération, elle provoque également une diminution de la fertilité et de la vigueur des chiots et réduit la diversité génétique de la population. Ses effets, bons ou mauvais, sont d’autant La Génétique - 99


plus accusés que la consanguinité est étroite. En revanche, si une anomalie est présente dans une race, elle risque d’être révélée quel que soit le moyen de sélection utilisé. Le fait de marier 2 sujets non apparentés ne met pas à l’abri de voir s’exprimer cette anomalie dans la descendance, surtout si sa prévalence est élevée. Exemple de pedigree Atteint Porteur Sain

Il n’y a pas d’ancêtre commun sur les 3 générations, pourtant une partie des ascendants du chien A sont porteurs de l’allèle muté d’une maladie autosomique récessive très présente dans la race. Le chien A apparaît donc malade à l’issue de ce croisement alors que tous ses ascendants sur 3 générations sont cliniquement sains.  i la consanguinité augmente la probabilité de révéler des S anomalies dans une race, marier des sujets sans lien de parenté proche n’en met absolument pas à l’abri, surtout si l’anomalie est fréquente dans la race. Il est judicieux de bien connaître les lignées des sujets que l’on souhaite accoupler et les anomalies qui y ont été potentiellement transmises. Si des tests génétiques sont disponibles, leur utilisation permet de réaliser des mariages raisonnés pour une anomalie en particulier.

100 - La Génétique


65

‘‘La consanguinité crée des tares’’

Définition La consanguinité consiste à faire se reproduire 2 individus apparentés. La fixation des caractéristiques propres à chaque race est nécessairement passée par ce biais au fil de décennies de sélection. Dominance et récessivité des allèles Chaque gène est présent en deux versions que l’on appelle « allèles ». Chaque chromosome d’une paire porte un allèle. Si les allèles sont identiques, on parle d’homozygotie et s’ils sont différents, d’hétérozygotie. Lors d’hétérozygotie, c’est l’allèle dominant qui impose le phénotype. Cas des maladies autosomiques récessives L’allèle muté m est récessif par rapport à l’allèle sain S : seuls les homozygotes m/m expriment cliniquement la maladie. Les individus hétérozygotes S/m sont cliniquement sains mais susceptibles de transmettre l’allèle muté m à leur descendance. Exemple de pedigree Atteint Porteur Sain

Le chien E apparaît 2 fois dans le pedigree du chien A. Le chien A est atteint d’une maladie autosomique récessive. Une partie de ses ascendants sont porteurs de l’allèle muté responsable de la maladie mais sont cliniquement sains. Ce croisement n’a pas créé la maladie mais a révélé son existence.  a consanguinité ne fait pas apparaître les maladies héréditaires L mais elle les révèle. La Génétique - 101


Chapitre 7 TRAITEMENTS ET SOINS


66 traitement’’

‘‘L’automédication, c’est le premier stade du

Définition de l’automédication L’automédication se définit comme l’administration de médicaments sans prescription médicale par un vétérinaire dans le cas d’un animal. Des risques non négligeables L’automédication présente des risques : - Apparition de résistances. En effet, l’utilisation non raisonnée d’antibiotiques favorise l’apparition de résistances. Une bactérie qui devient résistante à un antibiotique ne peut plus être détruite par ce dernier. L’antibiotique devient alors inefficace. Il est donc impératif de suivre scrupuleusement la prescription de votre vétérinaire, qui respecte les règles fondamentales de l’antibiothérapie. - Disparition ou diminution des symptômes mais pas du microbe. Suite à une automédication, l’identification éventuelle du microbe sera rendue plus difficile, retardant la mise en place de mesures permettant de l’éliminer. - Mauvaise utilisation des médicaments : Un dépassement de la date de péremption, une erreur dans les voies d’administration ou la dose utilisée, un manque d’hygiène lors des injections, une mauvaise conservation du médicament seront autant de risques d’échec de la thérapeutique instaurée sans avis médical préalable. L’automédication peut favoriser le développement de résistances, augmenter les difficultés pour poser un diagnostic et peut présenter un risque pour la santé de l’animal. Il est donc important de suivre la prescription de votre vétérinaire.

67 ‘‘Dès qu’il y a des problèmes respiratoires dans mon élevage, je donne des antibiotiques ’’ Les troubles respiratoires sont fréquents en élevage. Leur origine est souvent multifactorielle (ambiance, virus, bactéries, parasites…). Il est donc important avant tout traitement d’identifier les agents impliqués. L’utilisation déraisonnée d’antibiotiques peut mener à l’apparition de résistances bactériennes : une bactérie qui devient résistante à un antibiotique ne peut plus être détruite par ce dernier. 104 - Traitements et Soins


De plus, si l’atteinte respiratoire est d’origine virale, les antibiotiques ne seront pas efficaces. La gestion des troubles respiratoires en élevage passe donc par une approche globale tenant compte de facteurs liés à l’environnement, à l’hôte et à l’agent. Facteurs de risque d’apparition des troubles respiratoires en élevage Facteurs environnementaux • Densité de population • Nettoyage / désinfection • Détection de la maladie • Sectorisation / marche en avant • Qualité de l’air et de la ventilation • Température / humidité • Contrôle du bruit • Cycle lumineux Facteurs liés à l’hôte • Stress • Age • Immunité o Exposition naturelle o Vaccination o Anticorps maternels • Génétique • Statut nutritionnel • Statut physiologique (exemple gestation) • Maladie concomitante • Parasites externes ou internes • Traitements médicamenteux Facteurs liés à l’agent • Virulence • Différence de souches • Dose • Mode de dissémination • Mode de contamination • Temps d’incubation et d’excrétion • Présence de porteurs latents Lors de troubles respiratoires en élevage, les antibiotiques ne sont pas systématiques. La gestion de ces troubles passe par une approche globale tenant compte de l’environnement et de facteurs propres à l’animal et à l’agent infectieux. Traitements et Soins - 105


68 ‘‘Si un chiot atteint de parvovirose survit au bout de 5 jours, il guérira’’ La parvovirose présente un taux de mortalité élevé, en particulier chez les jeunes chiots. Les chiots ne sont pas égaux devant la maladie, et certains sont plus aptes à s’en sortir que d’autres. Le pronostic de la parvovirose après les 5 premiers jours d’entérite est bon en l’absence de complications. Le taux de mortalité des chiots souffrant d’une parvovirose est élevé. Les chances de survie dépendent de la vitesse de prise en charge de l’animal, de la présence ou non de complications et de facteurs propres à l’animal.

106 - Traitements et Soins


69 ‘‘Mes chiots/chatons sont morts durant les premiers jours de vie, c’est obligatoirement infectieux’’ Voir aussi la partie reproduction Incidence de la mortalité néonatale La mortalité néonatale serait de 10 à 30 % en fonction des études. Durant cette période, il est possible de différencier les chiots mort-nés, la mortalité néonatale précoce (moins de 7 jours) et la mortalité néonatale tardive (7 à 21 jours). La mortalité néonatale précoce représenterait 65 à 90 % de la mortalité néonatale totale. Mortalité néonatale rapportée dans 3 études de grande envergure Nombre de chiots étudiés

% de chiots morts nés

Mortalité néonatale précoce

Mortalité néonatale tardive

Mortalité totale

2574

7%

11,5 %

1,7 %

20,2 %

1157

10,8 %

8,3 %

10,3 %

29,4 %

2872

2,2 %

9,7 %

5,5 %

17,4 %

Des causes multiples La mortalité néonatale précoce peut être dûe à de multiples causes. • Mise bas dystociques et mortalité néonatale Le taux de mortalité néonatale augmente lors de mise bas dystocique. Il est donc important d’identifier les principaux facteurs de risque de mise bas dystocique de manière à diminuer la mortalité néonatale. Les facteurs influençant le type de mise bas sont : - La taille de la portée. Les chiennes n’ayant qu’un seul chiot (ou 2 chiots pour une grande race) présentent un risque accru de mise bas dystocique. C’est ce que l’on appelle le syndrome du chiot unique ; - L’âge de la mère. Une femelle mise à la reproduction trop tôt (moins de 2 ans) ou tardivement (6-7 ans) présentera un taux de mortalité plus important parmi ses chiots ; - La parité. Les femelles multipares ont un taux de mortalité plus faible ; - La durée de la mise bas. Un allongement de la durée de la mise bas (plus de 2h entre l’expulsion de 2 chiots) entraîne un manque d’apport en oxygène pour le chiot (hypoxie) et des risques de mortalité ; Traitements et Soins - 107


- La note d’état corporel. Les chiennes en excès de poids présentent plus de risques de dystocie. L’échographie, la radiographie et les dosages de progestérone sont des examens pouvant être utilisés par les vétérinaires lors de mise bas dystocique. - L’échographie permet de mettre en évidence des signes de souffrance fœtale (diminution de la fréquence cardiaque des chiots/chatons) ; - La radiographie permet de détecter une malposition éventuelle d’un chiot/chaton empêchant son expulsion et surtout de dénombrer les chiots/chatons; - Le dosage de progestérone permet de connaître, chez la chienne, la date d’ovulation et donc de mise bas (programmation d’une césarienne si besoin). Il permet aussi d’être sûr que la chienne est à terme si une césarienne est nécessaire. Chez la chatte, la chute du taux de progestérone au moment de la mise bas n’est pas brutale comme chez la chienne. Cet examen peut donc difficilement être utilisé dans le but d’indiquer l’imminence de la mise bas dans cette espèce... • Les problèmes lors du post-partum immédiat Les problèmes lors du post-partum immédiat tels qu’une réanimation insuffisante des chiots/chatons ou des soins inadéquats du cordon ombilical sont des facteurs qui augmentent la mortalité néonatale. Il est important d’ouvrir les poches amniotiques dans les 30 secondes suivant l’expulsion des petits, de bien aspirer les sécrétions au niveau du nez et de la bouche et de frictionner ceux-ci avec une serviette, surtout au niveau du thorax, pour les stimuler, les sécher et éviter une diminution de température corporelle. Dans un deuxième temps, il est important de réaliser les soins du cordon : ligature à 1,5 cm de l’ombilic et désinfection du moignon. • Les malformations congénitales Les malformations congénitales sont présentes chez 1% des chiots et sont responsables de 14% de la mortalité néonatale. Les principales sont les fentes palatines (défaut de fermeture du palais) et les chiots anasarques (accumulation de liquide sous la peau).

fente palatine

108 - Traitements et Soins

Chiot anasarque


Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de fentes palatines : composante génétique (prédisposition des brachycéphales), exposition à des substances tératogènes (griséofulvine, corticostéroïdes) ou déficit en acide folique (Vitamine B9). Cette affection engendre des difficultés à téter, des fausses déglutitions et donc des décès par pneumonie ou par malnutrition. Il faut donc, à chaque naissance, bien vérifier l’absence de fente au niveau du palais. La principale solution est l’euthanasie mais l’éleveur, s’il a le temps, peut aussi sonder le chiot/chaton, afin de le nourrir et d’éviter les « fausses routes », jusqu’à l’âge d’un mois et demi à deux mois où il subira une chirurgie (« plastie ») pour refermer son palais. L’éleveur peut essayer de prévenir l’apparition de cette affection en complémentant les mères à risques (brachycéphales, portées précédentes avec fentes palatines) avec de l’acide folique à partir des chaleurs jusqu’à la 6ème semaine de gestation. Les chiots anasarques ou « water puppies » sont la conséquence d’anomalies cardiovasculaires, d’anomalies du drainage lymphatique ou d’une infection par le parvovirus de type 1 (CPV1 = virus « minute »). Si elle est diagnostiquée (échographie), votre vétérinaire peut prévoir une césarienne et administrera au chiot un diurétique après la mise bas. On considèrera que le chiot peut être sauvé si la différence entre son poids et le poids moyen des autres chiots de la portée n’excède pas 30 à 45 g. • Les problèmes liés au colostrum ou au lait Le colostrum est très important pour le nouveau-né. En effet moins de 10% des anticorps maternels passent par voie transplacentaire. Le nouveau né acquiert donc 90% des anticorps maternels par tétée du colostrum. L’absorption est maximale dans les 24 premières heures de vie. Il faut donc mettre le nouveau-né le plus rapidement possible à la mamelle. Un problème lié au colostrum ou au lait pourra avoir des conséquences sur la santé des chiots/chatons. En effet si la mère n’a pas de lait ou si elle présente un défaut d’éjection de celui-ci, les nouveau-nés ne recevront pas une quantité suffisante d’anticorps et ne seront pas assez nourris. Si la mère est absente, il est conseillé de donner du colostrum d’une femelle de votre élevage. Ce colostrum peut être conservé congelé (durée de conservation : 12 mois) et peut être réchauffé au bain-marie (attention, pas de micro-onde !). Il est important de vérifier que les chiots/chatons tètent et prennent du poids. Si ce n’est pas le cas, il faut vérifier la température rectale du nouveau né : en dessous de 32°C, il perd le réflexe de tétée et ne digère plus. Un chaton doit boire 5ml/100g/j et un chiot 20ml/100g/jour en 4 à 8 repas. L’anémie hémolytique néonatale est une affection grave pouvant survenir peu de temps après la mise bas chez le chaton. Lors de cette maladie, les globules rouges du chaton sont détruits par les anticorps d’origine maternelle. Il existe 3 groupes sanguins chez le chat : - Groupe A, prédominant ; - Groupe B, dont la fréquence varie avec la race (fréquence importante dans les races  british shorthair, devon rex, persan, sacré de Birmanie…) ; - Groupe AB, rare. Traitements et Soins - 109


Les individus du groupe B possèdent spontanément des anticorps « anti groupe A » qui sont très actifs. Les accouplements à risque sont une femelle du groupe B croisée avec un mâle du groupe A (jamais d’anémie hémolytique néonatale observée avec une mère A ayant des chatons B ou AB). Il faut y penser à chaque portée même sur une chatte pluripare. Les symptômes peuvent être variables en fonction de la teneur en anticorps chez le chaton et de la résistance individuelle. L’évolution peut être suraiguë (décès en quelques heures), aiguë (anorexie, urines marron, anémie, jaunisse) ou subaiguë (perte de poids, faiblesse générale, nécrose des extrémités). • L’immaturité du nouveau-né Les nouveau-nés présentent une immaturité physiologique, il faut faire très attention aux phénomènes suivants : Hypoglycémie, Hypothermie, désHydratation (triade des 3 « H »). Les petits n’arrivent pas à réguler leur température durant les 3 premières semaines, c’est pourquoi il faut maintenir une température suffisante dans le nid (31°C à la naissance puis 30°C la 1ère semaine de vie puis 28°C les 2ème et 3ème et 25°C ensuite).

Triade des « 3 H » Hypoglycémie

DésHydratation

110 - Traitements et Soins

Hypothermie


• Les maladies infectieuses Certains agents infectieux rencontrés en collectivité peuvent entraîner de la mortalité néonatale. On notera chez les chiots : - les septicémies (infections généralisées) : plus de 60% des septicémies apparaissent lors de la 1ère semaine de vie, elles font souvent suite à un pyomètre, une vaginite ou sont dûes à un microbe présent dans l’environnement. Les moyens de prévention mis en place concerneront la mère, la mise bas et les nouveau-nés. Votre vétérinaire prescrira un traitement adapté. - l’herpés virose : sur les chiots de moins de 3 semaines, on pourra observer de l’apathie, des troubles digestifs et respiratoires, des plaintes continuelles, des douleurs abdominales à la palpation, des signes neurologiques, des pétéchies sur les muqueuses buccales et/ou génitales… La mortalité survient en 24-48h. Parfois le chiot meurt sans signe clinique apparent. Ce virus est largement présent dans la population canine mondiale car il existe des porteurs asymptomatiques. La prévention de cette maladie passe par la vaccination de la mère pendant la gestation mais aussi par la gestion sanitaire de l’environnement (environnement calme, nettoyage/désinfection…) et l’augmentation de la température du nid (l’herpès virus se développe davantage à des températures faibles). - L’infection par le virus « minute » (ou CPV1) provoque des vomissements, de la diarrhée, des troubles respiratoires et (ou) une mort soudaine sur des chiots de 5 à 21 jours. On ne connaît pas sa prévalence en France. Le diagnostic se fera à l’aide de la sérologie, de l’histologie et de la PCR. - la brucellose est responsable d’avortements tardifs (45e -55e jours de gestation), de chiots mort-nés ou décédant rapidement et d’infertilité chez les mâles. Sa prévalence est de 4-5% en Europe. Il faut être prudent lors de l’importation de chiens provenant d’Amérique du Sud. Chez le chaton, les bactéries (septicémies), l’herpès virus et le calicivirus sont les principaux agents infectieux impliqués dans la mortalité néonatale.  n conclusion, la mortalité des chiots/chatons dans les premiers E jours de vie peut avoir de multiples origines (problèmes lors de la mise bas, lors du post partum immédiat, liés au colostrum/lait, malformations congénitales, immaturité physiologique des nouveau-nés, atteinte infectieuse). Les atteintes infectieuses ne sont donc responsables que d’une partie de la mortalité néonatale.

Traitements et Soins - 111


70 ‘‘L’autopsie des chiots/chatons morts ne sert à rien s’ils sont congelés’’ Intérêt de l’autopsie L’autopsie des chiots ou des chatons est importante car les signes cliniques sont souvent peu évocateurs. Plus l’autopsie sera réalisée tôt après la mort de l’animal, plus les lésions seront visibles et donc plus les résultats seront probants. Il est donc recommandé d’apporter le plus rapidement possible l’animal décédé à son vétérinaire. Si l’animal ne peut pas être amené immédiatement ou si celui-ci doit être envoyé, il est recommandé alors de le conserver à 4°C. Dans le cas où l’autopsie ne peut pas être réalisée dans les deux jours suivant la mort, il est recommandé de congeler l’animal. Une autopsie sur un animal congelé est toujours plus profitable que de ne pas faire d’autopsie.

Incidence de la congélation La congélation présente un certain nombre d’inconvénients, certains examens ne seront plus possibles, comme par exemple l’histologie. En effet la congélation provoque l’éclatement des cellules du fait de l’augmentation du volume de l’eau contenue dans celles-ci. L’histologie, qui correspond à l’étude au microscope des tissus biologiques, donc des cellules, ne sera plus utilisable après congélation. Il en est de même pour la bactériologie, examen ne pouvant être réalisé que dans les 24h suivant le décès de l’animal : des températures négatives peuvent tuer certaines bactéries. D’autres examens seront toujours réalisables malgré la congélation comme les recherches d’agents infectieux par PCR. Lors de l’autopsie d’un chiot ou d’un chaton, différents prélèvements peuvent être réalisés. Si nécessaire, une partie est envoyée dans des laboratoires spécialisés et l’autre est conservée congelée, afin de pouvoir faire d’autres examens ultérieurement si besoin. L’autopsie est un examen de choix lors de mortalité néonatale. La réalisation d’une autopsie sur un jeune animal congelé est possible même si certains examens ne sont plus réalisables. 112 - Traitements et Soins


71 ‘‘Il faut donner des antibiotiques à la chienne/ chatte à la saillie et à la mise bas’’ Des bactéries naturellement présentes dans le vagin La chienne, comme la chatte, présente naturellement dans le vagin des bactéries. Ces bactéries le plus souvent n’entraînent pas de troubles de la reproduction. Un équilibre de la flore perturbé par les antibiotiques Des antibiotiques administrés de manière non raisonnée à une femelle gestante peuvent déséquilibrer cette flore normale et favoriser la multiplication de microbes pathogènes. En effet, les bactéries de la flore normale régulent la multiplication d’autres bactéries (apportées par exemple par le sperme du mâle) et les empêchent ainsi de devenir pathogènes. Ce phénomène est d’autant plus important que l’utérus et le vagin constituent de très bons milieux de culture lors de la mise bas (présence de liquide fœtal et de sang en grande quantité). Si certaines bactéries sont sélectionnées et deviennent pathogènes chez la femelle, elles pourront être transmises aux nouveau-nés et donc entraîner de la mortalité néonatale. L’utilisation à outrance des antibiotiques pourra aussi engendrer des résistances (cf. question 68). En dehors de toute prescription vétérinaire pour raison médicale, les antibiotiques sont à éviter sur la femelle au moment de la saillie et de la mise bas.

Traitements et Soins - 113


72 ‘‘Les diarrhées de sevrage sont uniquement d’origine virale ou bactérienne’’ Les diarrhées de sevrage ne sont pas uniquement d’origine virale ou bactérienne. En effet, au moment du sevrage, la capacité de digestion du tube digestif n’est pas encore optimale : le chiot ou le chaton perd la capacité de digérer le lait mais n’est pas encore capable de digérer correctement l’amidon. Ainsi des facteurs environnementaux ou alimentaires tels qu’un stress, une température trop élevée ou encore une humidité excessive peuvent alors causer des diarrhées de sevrage. Enfin il ne faut pas oublier que certains parasites tels que les coccidies ou les giardias sont des agents impliqués dans les diarrhées de sevrage. Les diarrhées de sevrage peuvent être d’origine bactérienne ou virale mais aussi parasitaire ou dûes à l’environnement et au passage de l'alimentation liquide à l'alimentation solide.

114 - Traitements et Soins


Chapitre 8 AUTRES SUJETS


73 ‘‘Il faut mettre des tuteurs, du chewing-gum ou de la colle pour redresser les oreilles « cassées » d’un chiot de race à oreilles dressées’’ Anatomie de l’oreille La taille et la forme de l’oreille externe connaissent de grandes variations selon les races de chiens: longues ou courtes, dressées ou tombantes, lisses ou plissées… De très nombreux types d’oreilles peuvent être rencontrés. Pourtant, quelle que soit la race, l’organisation et la structure de base de l’oreille sont les mêmes.

Une structure cartilagineuse L’auricule du chien, ou pavillon, est une structure recouverte par une peau fine, soutenue par des cartilages et mise en mouvement par de nombreux muscles. Elle ne comporte aucun os. Ce sont la taille et la forme du cartilage auriculaire qui donnent sa forme à l’oreille. Le cartilage est de nature protéique. Il est constitué en grande partie de fibres de collagène. La qualité du collagène est pour partie d’origine génétique mais dépend aussi de l’apport protéique de la ration. Ainsi, si les oreilles retombent c’est par défaut d’ingestion, d’absorption ou de digestion des protéines. Lors de certaines périodes au cours de la croissance où les besoins protéiques augmentent (sevrage, éruption des dents ou pic de croissance, de l’âge de 4 à 6 mois) les oreilles peuvent temporairement retomber pour reprendre ensuite un port normal. Ainsi, il ne sert à rien de manipuler les oreilles d’un chien pour leur donner la forme voulue. Il est préférable de donner au chien une alimentation équilibrée et suffisante. Il ne faut pas oublier que la forme des oreilles est également génétiquement déterminée. 116 - Autres sujets


74

‘‘Il ne faut pas laver un chiot avant l’âge de 6 mois’’

La peau (et ses annexes) recouvre la totalité du corps et revêt une importance fonctionnelle majeure. Elle représente une barrière anatomique et physiologique essentielle entre l’environnement et le milieu intérieur. Grâce à son pH, son film hydrolipidique et sa flore bactérienne de surface, elle constitue la barrière protectrice du corps. Le pH cutané Le pH cutané du chien, relativement alcalin, rend cette espèce plus sujette aux dermatoses que les autres mammifères. Le film lipidique La surface cutanée est recouverte d’un film lipidique constitué de sébum protecteur. Ce film participe à l’ « effet barrière » de la peau en maintenant un pH stable et une flore bactérienne protectrice. Les lipides cutanés ont une action bactériostatique (c'est-àdire qu’ils empêchent les bactéries de se multiplier). Le dégraissage d’une zone de peau augmente la croissance bactérienne sur cette zone. La flore bactérienne de surface La peau d’un individu sain possède une flore bactérienne résidente bénéfique organisée en biofilm protecteur. Ce dernier empêche la colonisation de la peau par des bactéries pathogènes. La peau est colonisée dès la naissance par des micro-organismes, dont le nombre et la nature varient en fonction de l’âge de l’individu et de la région anatomique concernée. Toute modification de l’équilibre de la flore bactérienne entraîne des troubles cutanés et des dermatoses. Des mesures d’hygiène sont donc indispensables mais ne doivent pas, par leur fréquence et leur agressivité, rompre l’équilibre du revêtement cutané. I l n’est pas contre-indiqué de laver un chiot. Néanmoins, il est nécessaire de bien connaître les propriétés physico-chimiques du shampooing appliqué afin de préserver l’équilibre de la flore bactérienne cutanée, sous peine de favoriser les dermatoses.

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75 ‘‘Plus on coupe la queue des reproducteurs, plus les queues des descendants seront courtes’’ Un caractère héréditaire La longueur de la queue est un caractère héréditaire. Un seul gène est impliqué. Seulement deux allèles existent : • Allèle T : queue courte • Allèle t : queue longue Génotype et phénotype L'allèle T est dominant par rapport à l'allèle t. Il existe 3 génotypes possibles et seulement 2 phénotypes viables puisque le génotype T-T est létal. Génotype

Phénotype

t-t

Queue longue

t-T

Queue courte

T-T

Létal

 es pratiques chirurgicales, même répétées au fil des générations L ne modifient en rien la longueur naturelle de la queue des générations suivantes.

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76 ‘‘Les coupes de queue et oreilles sont purement esthétiques et sont interdites’’ Pratique ou esthétique ? Historiquement, la queue et/ou les oreilles de certains chiens de travail étaient coupées non pour des raisons esthétiques mais pour les rendre moins vulnérables aux blessures. Lors d'actions de chasse, de combats organisés ou naturels contre les prédateurs attaquant les troupeaux, les oreilles constituaient des parties du corps sensibles, fréquemment le siège de plaies à tendance hémorragique. Pour d’autres races de chiens de chasse, l’implantation des poils de la queue a été sélectionnée de telle manière que le pelage apporte une certaine protection face aux ronces et autres végétaux vulnérants. A notre époque, la nécessité de couper la queue ou les oreilles a disparu, le chien étant plus souvent considéré comme un animal de compagnie. La médecine vétérinaire a, quant à elle, fait d’énormes progrès : s’il est toujours difficile de soigner une blessure à la queue, l’amputation totale n’est plus l’unique alternative. Au fil du temps, ces pratiques se sont généralisées dans certaines races et les amateurs se sont habitués à l’apparence de leur fidèle compagnon. Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie En 1987, le Conseil de l'Europe a adopté la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie. Depuis, de nombreux pays ont signé puis ratifié cette convention qui interdit, notamment, les interventions chirurgicales destinées à modifier l'apparence d'un animal de compagnie comme la coupe des oreilles et l'amputation de la queue (article 10). La France a ratifié la Convention Européenne pour la protection des animaux de compagnie (Loi n° 2003-628 du 8 Juillet 2003). Elle a néanmoins exercé son droit de réserve quant à l’interdiction de la caudectomie (article 21). Depuis mai 2004, la coupe des oreilles est interdite mais la coupe de queue reste autorisée jusqu’à nouvel ordre.  istoriquement justifiée par l’utilisation de certaines races, la H coupe d’oreilles est interdite en France depuis mai 2004. La coupe de la queue reste autorisée jusqu’à nouvel ordre.

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77 ‘‘Seul le désinfectant permet d’éliminer massivement les agents infectieux’’ Bactéries et biofilm Les bactéries sont présentes partout. Elles vivent et prolifèrent sur le sol, les plans d’eau, les objets, la nourriture, notre peau et dans nos intestins…. En contact avec un support, les bactéries sont capables de former des colonies particulières, s’organisant en un biofilm. Un biofilm se forme en 5 étapes :

1

2

3

4

SURFACE

1 Adhérence réversible de bactéries mobiles à une surface. 2 Adhérence permanente par ancrage des bactéries sur le support. D’autres bactéries viennent ensuite se fixer aux bactéries déjà installées, diversifiant et augmentant la colonie préexistante.

3 Multiplication et étalement. Les bactéries sécrètent la matrice du biofilm. 4 Croissance en épaisseur. Les colonies confluent et forment des méga colonies

percées de canaux dans lesquels l’eau peut circuler et apporter les nutriments essentiels à la croissance du biofilm. Celui-ci peut alors devenir visible à l’œil nu comme un film luisant et pâteux qui correspond à la confluence de millions de colonies bactériennes.

5 Phase de dispersion. En l’absence de nettoyage, le biofilm se développe, s’épaissit

et mûrit : d’autres germes comme les virus, les parasites et les champignons peuvent y trouver refuge. Des morceaux de biofilm contenant des milliers de bactéries peuvent se détacher et aller coloniser une surface à distance.

120 - Autres sujets


5

Le biofilm est donc une couche de bactéries et de matières organiques qui se forme en présence d’humidité sur n’importe quel type de support, minéral (roche, surface d’une flaque d’eau…), organique (feuille, bois…) ou artificiel (métal, plastique, peinture,…). La plaque dentaire est un excellent exemple de biofilm ! Les bactéries vivant au sein de ces biofilms sont très difficiles à supprimer, ce qui pose un réel problème en milieu hospitalier (maladies nosocomiales). Le biofilm constitue un véritable paradis pour les germes - bactéries, virus, parasites et champignons - car il leur offre à la fois nourriture et protection en particulier contre les désinfectants ! Par exemple, les bactéries sont 40 fois plus résistantes à l’eau de javel lorsqu’elles sont protégées par un biofilm ! Destruction du biofilm et nettoyage Dans un élevage, pour que la désinfection soit efficace, il est donc indispensable de détruire le biofilm bactérien au préalable. Sa destruction se fait au cours d’une étape fondamentale : le nettoyage. Cette étape, différente de la désinfection, doit impérativement précéder celle-ci. La désinfection seule ne permet pas d’éliminer massivement les agents infectieux. Elle doit être obligatoirement précédée d’un nettoyage pour être efficace. Pour de plus amples informations référez vous au livret : « Les règles d’or de l’hygiène en élevage canin et félin »

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78 ‘‘Mélanger le nettoyant et le désinfectant permet de gagner du temps’’ Nettoyage et désinfection : 2 étapes distinctes Le nettoyage et la désinfection sont deux étapes différentes qui n’ont pas le même objectif. Le nettoyage se fait à l’aide d’un détergent, qui permet de détacher et dissoudre la matière organique adhérente aux supports, en particulier le biofilm. La désinfection se fait ensuite à l’aide d’un désinfectant dont le rôle est de tuer les germes tels que les bactéries, les virus et les parasites. Les désinfectants sont inactivés par la présence de matière organique. La désinfection n’est donc mise en œuvre qu’une fois le nettoyage effectué, lequel doit être suivi d’un rinçage. Mélange de produits chimiques : danger Mélanger le détergent et le désinfectant n’est jamais judicieux. Il existe en effet de gros risques d’inactivation ou d’incompatibilité chimique entre les deux produits. Ils peuvent se neutraliser s’ils sont de natures différentes (par exemple détergent basique avec un désinfectant acide) ou bien encore réagir chimiquement pour former des composés toxiques (par exemple le mélange eau de Javel et détartrant provoque la formation de dichlore, qui est un gaz très dangereux).

Il est toujours fortement déconseillé de mélanger détergent et désinfectant. Ces deux produits agissent l’un après l’autre. Le premier pour réaliser le nettoyage, le second pour la désinfection, les deux opérations étant distinctes et séparées par un rinçage. Le mélange de produits conduirait à rendre inefficaces les opérations de nettoyage et de désinfection voire à générer des composés toxiques. Pour de plus amples informations référez vous au livret : « Les règles d’or de l’hygiène en élevage canin et félin »

122 - Autres sujets


79 ‘‘Il faut toujours utiliser les produits de nettoyage et de désinfection avec de l’eau très chaude’’ Respect des recommandations concernant le détergent Pour l’utilisation optimale de ces deux types de produits, les recommandations du fabricant doivent être scrupuleusement respectées. Les détergents sont pour la plupart plus efficaces en eau chaude à 60°C environ, ce qui renforce leurs propriétés dégraissantes. A température trop faible, le détergent agit plus lentement. A température trop élevée par contre, il risque de se décomposer et de perdre de son efficacité. Il convient donc de se reporter à la notice d’utilisation. Respect des recommandations concernant le désinfectant Pour les désinfectants, les recommandations du fabricant sont encore plus importantes. En effet, certains désinfectants peuvent être inefficaces à haute température. Par exemple pour l’eau de Javel, il est impératif de l’utiliser en eau froide ou tiède (inférieure à 55°C - « on doit pouvoir laisser la main dans le seau ») sous peine de voir le chlore actif se vaporiser en totalité et la solution désinfectante devenir... de l’eau salée donc totalement inefficace.

 our optimiser l’utilisation et l’efficacité des produits de nettoyage P et de désinfection, il est impératif de se reporter aux recommandations des fabricants. Pour de plus amples informations référez vous au livret : « Les règles d’or de l’hygiène en élevage canin et félin »

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80

‘‘Le nettoyage à l’eau de javel est très efficace’’

L’eau de Javel est un désinfectant A ce titre, l’eau de javel ne peut s’utiliser que sur des surfaces préalablement nettoyées à l’aide d’une solution détergente puis rincées. En effet, l’eau de javel, comme beaucoup de désinfectants, est inactivée par la présence de matière organique.

Eau de Javel et parvovirose en élevage L’eau de javel est un des désinfectants recommandés pour la lutte contre le parvovirus. • Réaliser un nettoyage approfondi des locaux, matériels et surfaces avec une solution détergente et une action mécanique (frotter à la brosse, action de la pression du karcher) ; • Rincer à l’eau claire ; • Désinfecter à l’aide d’eau de Javel (à 2,6 % de chlore actif) en solution à 6% dans l’eau (c'est-à-dire 0,6 litre dans un seau de 10 litres). Temps d’action 10 à 15 minutes ; • Rinçage et raclage de l’eau résiduelle avec raclette propre. La solution d’eau de Javel à 2,6 % de Chlore actif est obtenue par la dilution d’un Berlingot de 250 mL d’eau de javel à 9,6% de chlore actif dans un litre d’eau ou directement par l’utilisation d’eau de javel vendue en bidon prête à l’emploi.

Il ne faut jamais nettoyer avec une solution désinfectante sous peine d’être inefficace. Il faut bien distinguer les opérations de nettoyage à l’aide d’un détergent de celles de désinfection. Par exemple, l’eau de javel est un désinfectant qui ne s’utilise efficacement que sur des surfaces préalablement nettoyées. Elle est en effet inactivée par toute trace de matière organique Pour de plus amples informations référez vous au livret : « Les règles d’or de l’hygiène en élevage canin et félin »

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81 ‘‘De toute façon, mon élevage est exempt d’agents infectieux car j’utilise un désinfectant qui marche pour tout’’ Un élevage est nécessairement non-exempt de germes Quelles que soient les précautions prises, il est impossible d’élever des animaux et de maintenir des structures exemptes de germes. Ainsi virus, bactéries et parasites sont naturellement présents dans tous les élevages. Spectres d’action des désinfectants Aucun désinfectant n’est efficace contre tous les germes. Chaque désinfectant a au contraire un spectre d’action défini et devra être choisi en fonction des agents infectieux qui circulent dans l’élevage et contre lesquels on veut lutter. Le parvovirus, par exemple, est sensible à l’eau de Javel. Pour lutter contre les Giardias, un désinfectant à base d’ammoniums quaternaires sera privilégié car l’eau de javel est inefficace. Utilisation raisonnée des désinfectants Ainsi, en élevage, en période de routine, on conseille volontiers d’alterner la nature des désinfectants utilisés (alterner et non mélanger). Par contre, en cas de problème sanitaire particulier, le désinfectant le plus adapté à la lutte contre l’agent causal particulier sera privilégié. I l n’existe pas de désinfectant efficace contre tous les agents infectieux rencontrés en élevage. Chaque famille de désinfectants possède un spectre d’action particulier. En élevage, en routine, on conseille souvent d’alterner les désinfectants. En présence d’un agent pathogène particulier, on choisira le désinfectant le plus efficace contre cet agent.

Autres sujets - 125


82 ‘‘Le pédiluve est un remède à l’introduction de germes en élevage’’ Le pédiluve est un moyen de protection sanitaire dont l’efficacité est très discutée.

Inactivation du désinfectant par la matière organique Le pédiluve contient classiquement une solution désinfectante. Or, les désinfectants ne sont pas efficaces en présence de matière organique et leurs propriétés bactéricide, fongicide ou virucide, ne seront obtenues qu’après un temps de contact significatif (souvent de l’ordre de 10 à 15 minutes). Nettoyage et désinfection des semelles Pour qu’un pédiluve puisse être totalement efficace, il faudrait idéalement que les chaussures soient lavées avec un détergent puis rincées avant de pénétrer dans le pédiluve contenant la solution désinfectante. La personne devrait rester dans le pédiluve pendant le temps d’action du désinfectant. En pratique, ces conditions ne sont jamais remplies. Par ailleurs, la solution désinfectante est souvent souillée et n’est pas changée de façon suffisamment fréquente. L’utilisation de pédiluves en élevage donne souvent une fausse impression de sécurité, qui peut même conduire au relâchement de certaines autres mesures d’hygiène.  ’utilisation correcte des pédiluves paraît peu compatible avec les L conditions pratiques de circulation en élevage. Sur le terrain, leur efficacité réelle est souvent discutable et leur utilisation peut conduire à donner une fausse impression de sécurité

126 - Autres sujets


83 ‘‘La marche en avant ou la sectorisation ne servent à rien’’ Qu’est-ce que la sectorisation ? La sectorisation consiste à définir dans l’élevage différents secteurs répondant au statut immunitaire des animaux qui y vivent ou à leur potentialité de transmission d’agents pathogènes à leurs congénères. On définit ainsi un secteur propre et un secteur souillé : • Le secteur propre abrite les animaux de l’élevage porteurs des germes circulant habituellement dans celui-ci (notion de « crasse propre »). Les animaux de l’élevage ont développé une immunité à leur encontre. Le secteur propre regroupe donc les locaux réservés aux animaux de l’élevage. • Le secteur souillé abrite des animaux porteurs de germes étrangers à l’élevage (notion de « crasse sale ») contre lesquels les animaux de l’élevage n’ont pas développé d’immunité. Il regroupe les locaux susceptibles d’être contaminés par des personnes ou des animaux venant de l’extérieur tels que le local de saillie, le local de vente, la salle de toilettage, la pension... Au sein de chaque secteur, les animaux sont séparés selon leur vulnérabilité. Celle-ci dépend de leur physiologie (chiots ou chatons nouveau-nés, en période critique ou au sevrage, mères gestantes ou non, mâles). Dans le secteur propre : • S’ils ne sont pas légalement obligatoires, il paraît indispensable de délimiter une maternité et un local pour les adultes. • L’infirmerie, seul local légalement obligatoire actuellement, est destinée à abriter les animaux de l’élevage dès leurs premiers signes de maladie afin qu’ils ne constituent pas une source de contagion majeure pour les congénères. Dans le secteur souillé, la création d’un local de quarantaine est indispensable pour garder sous surveillance les animaux entrant dans l’élevage (animaux achetés ou revenant d’expositions ou de ventes de chiots et les reproducteurs prêtés pour saillie). Ce local devrait prochainement devenir légalement obligatoire en élevage . Qu’est-ce que la marche en avant ? La marche en avant consiste à toujours circuler du secteur le plus à risque vers un secteur à risque moindre. La circulation dans les différents locaux d’élevage se fera impérativement et uniquement en commençant par la maternité (animaux dont le statut immunitaire est plus vulnérable) pour se poursuivre par la nurserie, le local d’adultes puis l’infirmerie et ensuite le secteur sale pour finir par la quarantaine. Toutes les visites et les consignes de travail tiendront compte de ce même plan de circulation. Autres sujets - 127


PRINCIPE DE LA MARCHE EN AVANT

Maternité Locaux adultes Infirmerie Quarantaine

Une circulation en sens inverse pourrait avoir des conséquences sanitaires catastrophiques par la possibilité de transport d’agents infectieux sur les vêtements, les chaussures ou le matériel. On veillera à avoir un matériel idéalement dédié à chaque secteur ou, au moins, spécifique à la maternité.

 a sectorisation et la marche en avant constituent la base de la L protection sanitaire de l’élevage. Le respect de ces principes limite la contamination des animaux par des germes extérieurs et la contagion interne en cas de maladie infectieuse déclarée.

128 - Autres sujets


84

‘‘La quarantaine ne sert à rien en élevage’’

La quarantaine est un local servant à accueillir un nouvel animal en apparente bonne santé avant son introduction dans un élevage. On y fera séjourner aussi les animaux de l’élevage susceptibles de s’être contaminés après avoir fréquenté un rassemblement d’animaux (exposition, salon de vente). Ce local est situé à l’écart des locaux d’élevage et reste le dernier visité dans le respect de la marche en avant. Il devrait, au même titre que l’infirmerie qui l’est actuellement, devenir légalement obligatoire dans un futur proche. Le but de la quarantaine est à la fois de protéger l’élevage des germes portés par le nouvel arrivant, de pouvoir le garder sous surveillance le temps de faire le point sur son statut parasitaire et vaccinal et d’accoutumer progressivement son système immunitaire aux germes circulant dans l’élevage. Si l’animal introduit est en incubation d’une maladie, il pourra déclarer sa maladie en quarantaine. L’agent pathogène sera maintenu à l’écart des locaux d’élevage et aura ainsi moins de risque de se propager dans l’élevage. Un local de quarantaine judicieusement utilisé est fondamental pour assurer une bonne protection sanitaire en élevage.

Autres sujets - 129


85

‘‘La paille est une bonne litière’’

La paille de blé utilisée en tant que litière peut être intéressante pour ses qualités d’isolant thermique. Toutefois elle présente des défauts qui limitent son utilisation en élevage. La paille n’a pas un pouvoir d’absorption très élevé. Humidifiée par les urines, elle fermente et de l’ammoniac, gaz très irritant pour les voies respiratoires, se forme, conduisant à une dégradation de l’ambiance. Elle se révèle souvent poussiéreuse et donc irritante pour les voies respiratoires supérieures des animaux. Elle est parfois porteuse de germes (bactéries, virus et surtout spores de champignons) et peut contaminer les locaux d’élevage. Par sa fermentation facile en présence d’urine et de matières organiques, elle entretient dans les boxes un milieu chaud et humide favorable au développement des germes et à la survie de certains parasites . De plus, elle interdit tout protocole de nettoyage-désinfection classique.  a paille, même si elle constitue un bon isolant thermique, ne peut L être conseillée en élevage. Elle fermente facilement conduisant à un dégagement d’ammoniac qui dégrade les paramètres d’ambiance et favorise la persistance d’agent infectieux dans l’élevage.

130 - Autres sujets


86

‘‘Il est conseillé d’utiliser une litière agglomérante’’

La litière agglomérante paraît intéressante car il n’est pas nécessaire de la changer quotidiennement. Si celle-ci peut être tout à fait envisageable pour un chat vivant seul, elle est déconseillée en élevage où plusieurs chats partagent la même litière. Il vaut mieux utiliser une litière bon marché que l’on change plus souvent qu’une litière agglomérante qu’on ne change qu’une fois par semaine. En effet, le fait de changer régulièrement la litière évite le développement de bactéries et de parasites, notamment les coccidies, de manière beaucoup plus efficace que n’importe quelle litière dite « anti-bactérienne ». De plus il peut être primordial dans la gestion de certains agents pathogènes (dont le coronavirus en élevage félin) de limiter les contaminations par les selles et indirectement les risques de mutations virales (qui, dans le cas du coronavirus félin, peut générer un mutant responsable de PIF). Dans ce contexte, il est essentiel de changer fréquemment la litière et de nettoyer puis désinfecter le bac. L’usage de litière agglomérante est déconseillé en élevage félin si elle n’est pas changée quotidiennement. Pour limiter la survie de parasites et d’agents infectieux, rien ne saurait remplacer un ramassage très régulier des selles avec changement des litières, nettoyage et désinfection du bac. Ces mesures sont même essentielles à la gestion de certaines maladies en élevage de groupe (PIF notamment).

Autres sujets - 131


87

‘‘Le bois est un matériau adapté en élevage’’

Le bois n’est pas un matériau adapté en élevage. Il est difficilement nettoyable et désinfectable. De plus, il est poreux, reste humide et ses anfractuosités favorisent la survie des agents infectieux. Les chiens peuvent le détériorer par morsure et les chats par griffure ce qui en augmente encore les aspérités. Le bois est un matériau peu adapté au maintien de conditions d’hygiène correctes en élevage

132 - Autres sujets


GLOSSAIRE


A

Ab libitum : à volonté. Acide aminé : substance azotée constituant fondamental des protéines. Acides nucléiques : acides phosphorés qui comptent parmi les constituants fondamentaux du noyau de la cellule et forment les supports du message héréditaire. Ils sont scindés en deux groupes : les acides ribonucléiques (ARN) et les acides désoxyribonucléiques (ADN). Adipeux: qui renferme beaucoup de graisse. Adjuvant : composant d’un vaccin ayant pour fonction d’augmenter l’efficacité de certaines valences vaccinales. Adulticide (insecticide) : produit chimique capable de tuer les insectes adultes. Agglomérante (litière) : litière pour chat qui a la capacité au contact de liquides (urines) de former des agglomérats, de s’assembler en amas. Ce type de litière est conçue pour un usage plus durable par élimination des seuls agglomérats et pour limiter les odeurs désagréables. Alcalin : qui contient une base ou a des propriétés basiques (pH>7). Allèle : se dit de chacun des deux gènes situé au même locus (niveau) sur deux chromosomes d’une même paire. Animal porteur : voir portage. Amniotique (liquide) : liquide remplissant l’amnios, la poche la plus interne enveloppant le fœtus des mammifères. Anasarque : anomalie constatée à la naissance du chiot (du chaton) qui se caractérise par des œdèmes généralisés et entraîne souvent la mort du petit. Anticorps : élément produit par le système immunitaire, qui permet de lutter contre les agents pathogènes. Chaque anticorps est spécifique de chaque agent pathogène. Antigène : élément caractéristique d’un agent pathogène qui est reconnu par le système immunitaire. Antioxydant : substance qui permet de freiner l’oxydation des cellules dans un organisme ou des graisses dans un aliment (exemple : vitamine E, vitamine C …). Apathie : état d’un animal qui est sans réaction, sans énergie. Ataxie cérébelleuse : incoordination des mouvements volontaires avec démarche ébrieuse ayant pour origine un dysfonctionnement du cervelet. Atonie (utérine) : sans aucun tonus. Absence de contraction utérine lors d’un accouchement. Atrophie : diminution de volume, de poids d’un organe accompagnée de diminution fonctionnelle. Asymptomatique : individu ne présentant aucun des symptômes d’une maladie bien que porteur de celle-ci. Autosomes : chromosomes n’ayant pas d’influence sur la détermination du sexe . Ce sont les plus nombreux des chromosomes.

134 - Glossaire


B

Bactéricide : qui détruit, qui tue les bactéries. Bactériostatique : qui bloque la division cellulaire des bactéries, empêchant leur multiplication. Biofilm : couche de bactéries qui s’agglutinent et secrètent des substances organiques protectrices. Le biofilm se forme en présence d’humidité sur n’importe quel substrat organique, minéral ou artificiel.

C

Calcémie : taux de calcium sanguin. Calcitonine : hormone d’origine thyroïdienne qui abaisse la calcémie en empêchant la résorption osseuse. Cathétérisme : introduction dans un orifice ou un conduit naturel d’un cathéter – instrument destiné à explorer, dilater ou infuser un liquide dans le conduit. Exemple : cathétérisme veineux pour réaliser une perfusion. Caudectomie : opération chirurgicale consistant à amputer la queue sur toute ou partie de sa longueur. Chondroprotecteurs : nutriments destinés à assurer la protection des cartilages. Chromosomes : organites en forme de bâtonnets qui apparaîssent par paire dans le noyau au moment de la division cellulaire. Ils se partagent de façon à répartir équitablement les gènes dont ils sont porteurs dans les deux cellules filles. Collagène : protéine fibreuse constituant la substance intercellulaire du tissu conjonctif Colostrum : lait sécrété dans les premiers jours qui suivent la mise bas. Il a une forte teneur en protéines (en anticorps en particulier). Consanguinité : méthode génétique d’accouplements entre parents ou individus ayant entre eux une parenté plus étroite que la moyenne. Coproscopie : analyse microscopique des selles pour rechercher l’ensemble des parasites internes sous toutes leurs formes (adultes, larves, œufs). Critique (période), (ou trou immunitaire) : période durant laquelle le chiot / chaton devient sensible à une maladie, mais n’est pas encore capable d’être immunisé par un vaccin. Cette période commence et se termine de manière très variable entre les individus.

D

Dermatoses : maladies de la peau. Désinfectant : agent ou substance capable de détruire des germes infectieux (propreté microbiologique). Détergent : agent ou substance capable de nettoyer, d’éliminer les matières organiques d’une surface (propreté visuelle). Dysplasie : trouble du développement d’un tissu ou d’un organe. Dystocie : accouchement difficile causé par le fœtus (excès de volume, mauvaise présentation, malformations) ou par la mère (déformation du bassin, excès d’engraissement, tumeurs, absence de contraction). Glossaire - 135


E

Eclampsie : crises convulsives apparaîssant sur la mère après la mise bas et souvent dûes à un taux de calcium sanguin trop bas. Endomètre : couche la plus interne de la paroi de l’utérus. Epithéliale (cellule) : cellule d’un tissu formé d’une ou plusieurs couches cellulaires et qui recouvre le corps (épiderme), tapissent les cavités internes (muqueuses) ou constituent des glandes. Epizootie : maladie animale contagieuse à extension très rapide s’étendant à tout un pays ou à un continent. Epidémie animale. Eumélanine : pigment foncé, présent dans la peau, les poils, l’iris qui est responsable de leur coloration noire. Excrétion : rejet dans le milieu ambiant de l’ensemble des déchets de l’organisme, d’une production (sueur, excréments, urines). On parle aussi d’excrétion pour un agent pathogène. Dans ce cas, il s’agit du relargage dans le milieu extérieur de cet agent. L’excrétion permet sa transmission d’un animal à l’autre. Exogamie : règle qui consiste à choisir un partenaire sexuel hors du groupe auquel on appartient. Exponentiel(le) : qui augmente très rapidement et sans interruption, de façon géométrique et non linéaire.

F

Filière pelvienne : le passage du bassin pour le fœtus. Fœtus (pluriel : foeti) : produit de la conception non encore arrivé à terme mais ayant déjà les caractéristiques de l’espèce considérée. Fœtotoxicité : toxicité d’une substance pour le foetus et dont l’absorption par la mère peut entraîner des malformations ou la mort de celui-ci.

G

Gangliosidose : maladie génétique ayant des symptômes divers en particulier de dégénérescence du système nerveux central. Elle se caractérise par l’accumulation d’une substance appelée ganglioside GM1 dûe au déficit d’une enzyme de transformation de cette substance. Gène : assemblage de molécules d’ADN situé en un lieu d’un chromosome et porteur d’un caractère héréditaire. Génome : ensemble de l’équipement génique des chromosomes. Génotype : patrimoine héréditaire d’un individu. Le génotype est porté par les chromosomes et transmis par les cellules sexuelles. Il est indépendant du milieu. Gingivite : inflammation des gencives. Gonosomes : paire de chromosomes dont la forme s’écarte des autres chromosomes et qui détermine le sexe du sujet.

136 - Glossaire


H

Hétérogamie : accouplement d’individus qui ne présentent pas ou très peu de ressemblance morphologique et /ou génotypique. Hétérozygote : se dit d’un sujet dont les gènes allèles, pour au moins un caractère bien défini, sont différents. Homogamie : accouplement d’individus qui présentent un certain degré de ressemblance morphologique et /ou génotypique. Homozygote : se dit d’un sujet dont les gènes allèles, pour au moins un caractère bien défini, sont semblables. Hyperplasie glandulokystique (HGK) : augmentation de volume et prolifération régulière des cellules glandulaires de la paroi interne de l’utérus pouvant former des kystes. Hypocalcémie : diminution anormale du taux de calcium sanguin. Hypocontractilité : capacité de contraction très fortement diminuée voire absente pour un organe normalement contractile (utérus). Hypoglycémie : diminution anormale du taux de glucose (sucre) dans le sang. Hypophyse : petite glande située sous l’encéphale qui sécrète de nombreuses hormones (par exemple l’hormone de croissance) et des stimulines régulant la production d’autres hormones. Hypothermie : diminution anormale de la température corporelle d’un mammifère. Hypoxie : Baisse de la quantité d’oxygène apportée par le sang aux différents tissus du corps.

I

IGR (Insects Growth Regulators) : substances empêchant la croissance des insectes et donc leur métamorphose. Immunité : mécanisme permettant la défense de l’organisme, notamment contre les microbes. Immunité collective : faculté que possède un groupe d’animaux de résister à une infection, une maladie spécifique. Immunosuppression : perte de la capacité d’un organisme de se protéger contre des infections. Ceci peut être occasionné par des substances ou des agents pathogènes doués d’un pouvoir immunosuppresseur. Infection : pénétration et multiplication d’un microbe dans un organisme. On distingue des infections locales et des infections générales. Inhibition : arrêt d’une fonction physiologique par la mise en action d’un système inhibiteur (influx nerveux ou décharge hormonale). Innocuité : sécurité d’emploi.

Glossaire - 137


J

Jetage : écoulement pathologique par les narines de substances ayant pour origine l’appareil respiratoire.

K

Kyste : formation pathologique généralement composée d’une cavité complètement fermée par une membrane continue et contenant un liquide fluide ou visqueux.

L

Latence (phase de) : état d’une maladie qui n’évolue pas et reste à un stade où les symptômes sont frustes voire inexistants. LH : Hormone lutéinisante = hormone sécrétée par le lobe antérieur de l’hypophyse qui agit avec la folliculostimuline (FSH) pour provoquer la maturation du follicule et l’ovulation Lymphatique : qualifie l’appareil circulatoire contenant la lymphe et les organes annexes (vaisseaux et ganglions).

M

Métrite : infection aigüe ou chronique de l’utérus. Micro-organisme : être vivant microscopique, souvent constitué d’une seule cellule. Souvent employé comme synonyme de microbe. Monogénique (mode) : mode de transmission d’un caractère lié à un seul gène Morbidité : état de ce qui est malade. Le taux de morbidité est le pourcentage de malades dans un effectif total. Mortalité néonatale : mortalité à la naissance ou dans les tous premiers jours de vie. Mucoïde : qualifie une maladie produisant du mucus (sécrétion visqueuse). Multipare : se dit d’une femelle qui a déjà eu plusieurs mises bas. Attention à ne pas confondre avec pluripare (femelle qui a plusieurs petits par portée).

N

Naîf (animal) : se dit d’un animal qui n’a jamais rencontré un germe donné au cours de sa vie. Néoplasique (formation) : envahissement d’un tissu ou d’un organe par des cellules anormales à divisions fréquentes. Certaines formations néoplasiques sont bénignes (pas de tendance à essaimer dans l’organisme, ni à récidiver après avoir été enlevées chirurgicalement), d’autres sont malignes (envahissantes et récidivantes) et sont qualifiées de cancers. Nosocomiales (maladies) : se dit de maladies contractées lors d’un séjour hospitalier. Nucléiques (acides) : voir acides nucléiques. 138 - Glossaire


O

Œstrogènes : substances d’origine hormonale ayant la capacité de provoquer l’œstrus (ensemble des manifestations physiologiques et comportementales accompagnant l’ovulation) Ovariectomie : opération chirurgicale qui consiste à enlever l’ovaire. Quand elle est bilatérale, elle signifie une castration pour la femelle. Ovocyte : cellule de la lignée germinale femelle n’étant pas encore arrivée à maturité.

P

Parathormone : hormone sécrétée par la glande parathyroïde dont l’action principale est de provoquer une augmentation de la calcémie. Parathyroïde : petite glande endocrine située au voisinage de la glande thyroïde et sécrétant la parathormone. Parentérale : voie d’administration autre que la voie orale . Terme souvent employé pour parler des injections. Pathogène : qui provoque une maladie – germe pathogène. PCR : (polymerase chain reaction) Méthode de biologie moléculaire d’amplification d’une portion de matériel génétique in vitro. Cette méthode est assez fréquemment utilisée pour la mise en évidence d’agents infectieux. Pénétrance : en génétique, fréquence avec laquelle un gène donné produit ses effets sur le phénotype. On explique les variations de la pénétrance par l’action d’autres germes qui doivent la modifier. Période critique : voir critique. Pétéchies : petites hémorragies ponctiformes siégeant sous la peau, sous une muqueuse ou sous une séreuse et accompagnant certaines maladies infectieuses. pH : (puissance hydrogène) c’est le symbole de l’acidité réelle d’une solution. Sa valeur varie de 0 acide fort à 14 Base forte en passant par pH 7 neutralité. Phénotype : aspect extérieur (visible) et performances (mesurables) d’un individu. Les conditions du milieu peuvent, dans certains cas, avoir beaucoup d’influence sur l’expression du phénotype. PIF (Péritonite Infectieuse Féline) : maladie dûe à un coronavirus mutant très pathogène. Portage : présence et multiplication d’un agent pathogène chez un animal, sans que celuici ne présente de symptôme. Ce phénomène est très fréquent. Voir aussi « Excréteur asymptomatique ». Porteur latent : animal sans symptôme dans lequel se trouvent en latence (« hibernation ») certains agents pathogènes (par exemple, l’herpès virus chez le chien ou le chat). Un stress peut réactiver l’agent, qui peut alors être ré-excrété, et (certaines fois) induire des signes cliniques. Post-partum : période qui fait suite à l’accouchement et par extension les événements accidents ou maladies qui s’y produisent et sont la conséquence de celui-ci. Prénéoplasique : qualifiant les lésions cellulaires apparaîssant juste avant le développement d’un processus tumoral. Glossaire - 139


Prévalence : nombre ou pourcentage d’animaux atteints d’une maladie Primovaccination : premières injections vaccinales dans la vie de l’animal. La primovaccination peut être constituée d’une ou plusieurs injections (en général 2 ou 3). Progestatifs : produits de la même famille et ayant les mêmes effets que la progestérone (hormone sexuelle produite par le corps jaune et le placenta au cours de la gestation). Ils sont actifs dans le maintien de l’état de gestation. Prolactine : hormone produite par le lobe antérieur de l’hypophyse et ayant pour rôle de stimuler la sécrétion lactée par les mamelles. Prophylactique : qualifie l’ensemble des mesures prises pour prévenir l’apparition ou la propagation d’une maladie. Protozoaire : être vivant unicellulaire faisant partie du règne animal se multipliant par division cellulaire ou reproduction sexuée. Certains sont des parasites digestifs des mammifères. Pyomètre : collection purulente dans l’utérus atteignant parfois un volume important.

R

Radicaux libres : composés moléculaires possédant des molécules oxygénées instables, pouvant se retrouver dans l’organisme et oxyder les cellules saines. Rapport bénéfice/risque : rapport entre le bénéfice du médicament et le risque potentiel d’effets secondaires. Résistivité : capacité d’une substance à s’opposer à la circulation du courant électrique. Elle est exprimée en ohm/mètre.

S

Sérologie : analyse du sérum d’un animal. Séroprévalence : rapport du nombre de cas positifs à la recherche d’anticorps dans le sérum pour une maladie donnée sur le nombre total d’individus dans la population considérée. Stéroïdiens : relatifs aux hormones dérivées des stérols et sécrétées par les glandes surrénales, l’appareil génital ou le placenta. Syndrome : ensemble des symptômes qui se rencontrent toujours groupés dans une maladie.

T

Tératogène : qui induit des malformations anatomiques sur les embryons. Transplacentaire (passage) : passage d’une substance de la mère au fœtus à travers le placenta.

U

Unipares : se dit des femelles qui normalement ne donnent naissance qu’à un seul jeune à chaque gestation (contraire de pluripares). 140 - Glossaire


V

Vaccin vivant (ou atténué) : vaccin contenant un agent infectieux vivant mais affaibli de façon à ne présenter aucun pouvoir de nuisance. Exemple : vaccins contre la parvovirose canine, contre le typhus chez le chat. Vaccin tué (ou inactivé) : vaccin contenant un agent infectieux mort de façon à ne présenter aucun pouvoir de nuisance. Dans ces valences inactivées, on regroupe : ð les vaccins inactivés entiers : l’agent pathogène est mort, mais l’intégralité de sa structure est conservée. Exemple : les vaccins contre la leptospirose ð Les vaccins inactivés sous unités : seul un fragment d’agent pathogène est présent. Exemple : certains vaccins contre le FeLV. Vaginite : inflammation du vagin d’origine traumatique ou infectieuse Valence vaccinale : part du vaccin qui protège contre une maladie déterminée. Un vaccin peut être monovalent (i.e. protéger contre une maladie), multivalent (i.e. protéger contre plusieurs maladies)… Vermicide : substance capable de tuer les vers infestant un animal. (Le vermicide les tue, le vermifuge les expulse). Virucide : substance capable de tuer les virus. Se dit souvent de certains désinfectants actifs sur certains virus (précisions sur la notice d’emploi).

Glossaire - 141


Notes, remarques et autres idÊes reçues :


Crédits Photos : Couverture : CERCA/ENVA, Frédéric Duhayer, Jean-Michel Labat. Intérieur : - Royal Canin : p. 22, 129 - Frédéric Duhayer : p. 32, 45, 84, 106, 114, 116 - Jean-Michel Labat : p. 33, 88, 102 - Christophe Hermeline : p. 116 - Christophe Renner : p. 116 - UMES : p. 13, 34, 54, 70 - CERCA/ENVA : p. 56, 76 - CERCA : p. 66, 68, 70 - Diffomédia/Masure : p. 40, 48 - Little : p. 31 Conception & Impression : SEP - 04 66 67 88 17 © Royal Canin, BP 4, 650 Avenue de la Petite Camargue - 30470 Aimargues


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