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majorité de ces expertises, est idéal pour développer les nouvelles formes de rencontres, d’événements et d’interactions par téléprésence. • L’utilisation d’une plateforme normalisée accélère le partage de connaissance et la naissance d'un réseau international d’expérimentation et de diffusion. Ce réseau humain et technologique est aussi celui qui permet la création de performances qui pourront "effectuer une tournée" sur ce réseau. • Différents types d’interconnexion peuvent être combinés : lieu à lieu, personne à lieu, personne à personne, lieu à espace virtuel, etc. L’exploration des possibilités d’interaction entre des espaces réels, virtuels et augmentés s’annonce fascinante. À suivre… • Dans un monde où l’on est de plus en plus isolé et où l’on se sent relativement anonyme derrière son écran personnel, la téléprésence réactive nos réflexes de comportement de groupe et d’interaction "face à face". Mais l’information incontournable, imposée par la nature et non par la technologie est celle-ci : • Toute activité de téléprésence est composée de plusieurs espaces-temps parallèles que l’on tente de synchroniser. Relier plusieurs "ici" à la vitesse de la lumière implique que l’on se retrouve également avec plusieurs "maintenant". Le réseau numérique est mondial et synchro. L’humain quant à lui est local et cyclique. La position géographique de chaque lieu et de ses participants est nécessairement associée à une culture, une langue et un temps solaire local. Dans le cas d’espaces publics et culturels, chacun possède sa propre histoire

et sa communauté. Une meilleure connaissance des biorythmes humains et sociaux de ceux avec qui nous souhaitons nous relier, de leur "ici" et "maintenant" devient désormais aussi importante que la qualité de la bande passante et du code.

Impact sur les types d’interactions. Si l’omniprésence des communications numériques, autorise chacun à disposer et à organiser son temps personnel comme il le souhaite, il en est tout autre pour l’espace-temps collectif. Par exemple, si une performance ayant lieu un dimanche soir à Montréal est relié par téléprésence avec un quai de métro à Taipei (dimanche soir à Montréal et lundi matin à Taipei), il y aura très peu de chances d’avoir une grande participation du public à Taipei à moins d’avoir intégré la participation de travailleurs prenant le métro pour se rendre au travail dans le scénario. Le "troisième espace", créé lors de toute forme d’activité de téléprésence, se situera au final dans un espace-temps négocié ou imposé selon la nature des liens, des distances et des protocoles existant entre les participants. Dans un scénario synchrone impliquant le rassemblement de plusieurs humains, les règles du cycle solaire peuvent difficilement être outrepassées. Les possibilités d’interactions doivent nécessairement tenir compte de la position géographique des participants. Dans l'axe Est-Ouest, plus le nombre de fuseaux traversés sera élevé, plus la négociation sera complexe… Quels participants devront modifier leur biorythme social pour y assister? Quelles seront les règles d’étiquette en

matière d’élasticité de l’horaire? Y aurat-il un public dans chaque lieu? Alors que dans l’axe Nord-Sud, les négociations reliées à la synchronisation des agendas locaux seront grandement simplifiées, tous les participants vivant sensiblement au même biorythme, personnel et social. Le réseau réduisant la distance à néant, l’espace qui sépare plusieurs groupes reliés par téléprésence n’est alors perceptible que par l’écart entre leurs biorythmes. Cet écart se mesure en fuseaux horaires et non en kilomètres. Le temps solaire local demeurant le seul lien avec notre position géographique, dites-moi : "vous êtes quand ?" et je saurai dans quel corridor temporel vous vous trouvez.

Dieu est un DJ, Falk Richter.

> digitalarti #11 - 17

Digitalarti Mag #11 (Français)  

Le 11ème numéro de Digitalarti Mag.

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