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ja 2613 du 6 au 12 février 2011

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LE PLUS 61 Une importance qui s’explique par sa puissance économique et les liens politiques qu’elle entretient avec la RD Congo, ainsi que par la présence d’un grand nombre de Congolais en Afrique du Sud.

Fort de ses mines, le Katanga n’en reste pas moins une province à l’économie fragile. Malgré ses potentialités, le secteur rural – agriculture, élevage et pêche – y tient une place marginale, et l’expertise minière n’a guère été valori-

sée à l’extérieur. L’actuel gouvernement provincial s’emploie à diversifier l’économie et à mettre sur pied un réseau d’instituts supérieurs chargés de former des ingénieurs et des spécialistes miniers. Il est temps. ■

Ils ont fait le Katanga... et le Congo

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Le Lushois Frédéric Kibassa Maliba (1939-2006), entré au gouvernement en tant que ministre de la Jeunesse et des Sports (1967-1968, puis 1988), fut l’un des treize parlementaires (dont Étienne Tshisekedi) qui défièrent Mobutu en 1982, au temps du parti unique, en fondant l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Il a également détenu le portefeuille des Mines sous Laurent-Désiré Kabila (1998-1999). Enfin, parmi les personnalités politiques katangaises d’aujourd’hui, citons Vincent de Paul Lunda Bululu. Professeur de droit, Premier ministre pendant la transition (1990-1991), il s’est présenté à la présidentielle de 2006 pour le Rassemblement des forces sociales et fédéralistes (RSF, opposition) et, à 68 ans, est actuellement sénateur. SONS ET LUMIÈRES

Homme d’affaires – notamment dans l’aviation et les hydrocarbures – et homme politique – il fut deux fois ministre de Laurent-Désiré Kabila et sera ministre d’État sans portefeuille de Joseph Kabila, avant de prendre ses distances –, Pierre-Victor Mpoyo, dit Mpoy, 76 ans, est avant tout un artiste peintre de renommée internationale, exposé dans les plus grands musées et qui a fréquenté les maîtres des arts et des lettres (Picasso, Dali, Chagall, Cocteau, Malraux…). Parmi ses confrères qui ont fait rayonner l’école de Lubumbashi, citons Pili-Pili Mulongoy (1914-2007) et Mwenze Kibwanga (1925-1999). Côté musique, le chanteur et guitariste acoustique Jean Bosco Mwenda (1930-1990) a séduit l’Afrique anglophone d’expression swahili, où ses titres racontant la vie quotidienne étaient aussi populaires que dans le Katanga. Ils n’ont cependant pas conquis les Kinois, parce qu’il ne chantait qu’en swahili. Ses participations au Newport Folk Festival le firent connaître des musiciens de jazz en Europe et aux États-Unis. Enfin, le Katanga est également le berceau d’hommes de médias connus, à l’instar de Kibambi Shintwa (62 ans), directeur de la chaîne de télévision Numerica TV, à Kinshasa, de Kabulo Mwana Kabulo (56 ans), journaliste sportif à la télévision nationale et correspondant de Radio France Internationale (RFI), et de son confrère Kasongo Mwema Yamba TSHITENGE LUBABU M.K. Yamba (60 ans), journaliste à RFI. ■

MIROIR

RUE DES ARCHIVES/AGIP

SI UN KATANGAIS A MARQUÉ l’histoire contemporaine de la province et du pays, c’est Moïse Kapenda Tshombé. Né en 1919 à Musumba, cet homme d’affaires entre en politique et prend la tête de la Convention nationale du Katanga (Conakat), un parti fédéraliste fondé en 1958. Après l’indépendance du pays, opposé au Premier ministre Patrice Lumumba, Tshombé proclame la sécession de la province le 11 juillet 1960 et, le mois suivant, est élu président de l’État du Katanga. C’est à lui que Lumumba est livré le 17 janvier 1961 ; il assiste à son exécution. Lorsque les Casques bleus des Nations unies écrasent la sécession, en 1963, Tshombé s’exile en Espagne. Rentré au Congo en 1964 pour devenir Premier ministre du gouvernement de coalition, il est révoqué un an plus tard par le président Joseph Kasa-Vubu alors qu’il vient de remporter les législatives. Nouvel exil. Le 30 juin 1967, Tshombé reprend le chemin du pays lorsque son avion est détourné vers Alger, où il est incarcéré et où il meurt le 30 juin 1969. Ci-dessus: Moïse Tshombé, alors Premier ministre, en Autre personnalité mar1965. Ci-contre : Vincent de quante, Jason Sendwe, Paul Lunda Bululu en 1980; leader du parti Balubakat. il est aujourd’hui sénateur. Allié de Lumumba, il s’opposa fermement à la sécession en lançant une rébellion. Élu président de la province du Nord-Katanga en 1963, il fut assassiné en 1964. Godefroid Munongo (1925-1992), numéro deux de la Conakat et bras droit de Tshombé, fut son ministre de l’Intérieur durant la sécession du Katanga puis, en 1964, au sein du gouvernement central. Ministre des Affaires étrangères du Katanga sécessionniste, Évariste Kimba fut quant à lui nommé Premier ministre par Joseph Kasa-Vubu en octobre 1965, après le limogeage de Tshombé. Il ne resta en fonction qu’un mois, l’armée ayant pris le pouvoir. Kimba est resté dans la mémoire des Congolais pour avoir été le premier homme politique pendu sur la place publique (avec deux de ses compagnons), sous Mobutu, pour tentative de coup d’État. Neveu de Tshombé, Nguz a Karl-i-Bond (1938-2003) fut plusieurs fois ministre des Affaires étrangères (1972, 19761977, 1979-1980) et Premier ministre (1980-1981 et 19911992) de Mobutu Sese Seko. Lors de l’ouverture démocratique d’avril 1990, il avait créé un parti d’opposition, l’Union des fédéralistes et républicains indépendants (Uferi), avant de se rapprocher à nouveau du chef de l’État.


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