Damien Nicolas Roux - DNR | Room Portraits Series - Oct. MMXXI

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room portraits

Dessins / Drawings : Damien Nicolas Roux - DNR Textes / Stories : Manuel Crépon

- mmxxi -


#roomportraits


room portraits A propos de la série de dessins «Dans sa série Room Portraits, Damien Nicolas Roux - DNR imagine de sublimes intérieurs décorés autour d’une œuvre prestigieuse. Pour mettre en scène la toile reproduite, il insère des meubles et luminaires iconiques et des objets de collection. Sa liberté d’artiste facétieux l’amène parfois à construire une deuxième mise en abyme, en glissant l’une de ses propres œuvres dans cet intérieur imaginaire. En effet, DNR est aussi plasticien et crée des obélisques et pyramides en carton et laiton, qui s’insèrent parfaitement dans le décor. L’œuvre est dans l’œuvre, mais l’artiste aussi, puisqu’il joue à cacher sa signature (DNR) dans son dessin. Enfin il n’oublie jamais d’y ajouter un peu de vie sous la forme d’une présence humaine ou animale. Chaque dessin s’accompagne dans ce recueil d’un court texte ou micro nouvelle de Manuel Crépon, ancrant ainsi l’oeuvre dans une narration. Libre au spectateur de la lire - ou d’inventer la sienne. » Véronique Kadri Galerie Maison Dauphine

About the drawing series ‘In his Room Portraits series, Damien Nicolas Roux - DNR imagines sublime interiors decorated around a prestigious piece of art. To stage the reproduced painting, he inserts iconic furniture, lighting and collectors’ items. His freedom as a facetious artist sometimes leads him to construct a second mise en abyme, by slipping one of his own works into this imaginary interior. Indeed, DNR is also a plastic artist and creates obelisks and pyramids in cardboard and brass, which fit perfectly into the decor. The work is in the work, but so is the artist, since he plays at hiding his signature (DNR) in his drawing. Finally, he never forgets to add a little life in the form of a human or animal presence. Each drawing is accompanied in this collection by a short text or story by Manuel Crépon, thus anchoring the work in a narrative. The viewer is free to read it - or to invent his/her own.’

Véronique Kadri Maison Dauphine Gallery


room portrait - i/xii toulouse-lautrec et le chien assis «Sultan ! Viens ici ! C’est l’heure de ta promenade !». Le chien entend clairement Monsieur Lawrence mais ne bouge pas. Il fixe le grand dessin sur carton que son maître a récemment acheté aux enchères et qui trône au-dessus de la console de l’entrée. D’habitude, Sultan ne fait pas attention à ce qui est accroché aux murs - et pourtant tant d’oeuvres couvrent les murs du grand appartement parisien qu’il partage avec son propriétaire - mais ce dessin très particulier a quelque chose que les autres n’ont pas et qui lui paraît si incongru : des os.

Participations

Henri de Toulouse-Lautrec - «La Tauromachie» - Huile sur carton - 1894 - ancienne collection Saint Laurent/ Bergé | Console Quaderna de Superstudio - éditée par Zanotta | Lampe Tizio de Richard Sapper - éditée par Artemide | Obélisque néoclassique - cartonnage et intaglios par Damien Nicolas Roux

toulouse-lautrec and the seated dog ‘Sultan! Come here! It’s time for your walk!’. The dog clearly hears Sir Lawrence but does not move. He stares at the large cardboard drawing that his master recently bought at auction and which hangs above the console in the entrance hall. Sultan doesn’t usually pay attention to what hangs on the walls and yet so many works of art cover the walls of the large Parisian flat he shares with his owner - but this very particular drawing has something the others don’t and that seems so incongruous: bones.

Staring

Henri de Toulouse-Lautrec - ‘La Tauromachie’ - Oil on board - 1894 - previous collection of Saint Laurent/ Bergé | Superstudio Quaderna desk - edited by Zanotta | Richard Sapper Tizio lamp - edited by Artemide | Neoclassical obelisk - cardboard and intaglios by Damien Nicolas Roux


#toulouselautrec


#luciofontana


room portrait - iI/xii Lucio Fontana et le gant de velours «Où est l’obélisque qui était sous le tableau jaune ?» Notant l’absence du dit objet, Madame Martin pose la question à son employée qui est arrivée un peu plus tôt dans la matinée pour nettoyer l’appartement mais ne semble pas avoir remarqué ce détail. Le fait est que l’obélisque a disparu depuis la veille, lorsqu’elle a invité cette amie - plutôt une connaissance pour être honnête qu’elle n’a pas vue depuis des années. Ces deux-là s’étaient perdues de vue depuis l’époque où elles étudiaient toutes deux le stylisme à Londres. Mais la soi-disant amie était partie soudainement - pour des raisons personnelles selon ses dires. Mais la rumeur semblait dire qu’elle était plutôt kleptomane.

Participations

Lucio Fontana - Série des lacérations / Concetto spaziale, Attese - peinture - Années 60 | Commode laque et laiton de Jean Claude Mahey - Années 70 | Applique murale de Serge Mouille - Années 50 | Buste néoclassique en marbre blanc | Obélisque néoclassique - cartonnage et intaglios par Damien Nicolas Roux

Lucio Fontana and The Velvet Glove ‘Where is the obelisk that was under the yellow painting?’ Noting the absence of the object, Lady Martin asked her employee who had arrived earlier in the morning to clean the flat but did not seem to have noticed this detail. The fact is that the obelisk has been missing since the day before, when she invited this friend - more of an acquaintance to be honest - whom she had not seen for years. The two had lost touch since they were both studying fashion design in London. But the so-called friend left suddenly - for personal reasons according to her statement at the time. But rumour has it that she was a bit of a kleptomaniac.

Staring

Lucio Fontana - from the Cut series / Concetto spaziale, Attese - paintings - 60s | Laquer and brass chest of drawers by Jean Claude Mahey - 70s | Wall sonce from Serge Mouille - 50s | White marble neoclassical bust | Neoclassical obelisk - cardboard and intaglios by Damien Nicolas Roux


room portrait - iii/xii Josef Albers et le chat gris “N’est ce pas la perfection ?” Lance la maîtresse de maison alors qu’elle guide ses visiteurs dans le grand salon de style Empire. Les laissant réfléchir à la question, elle retourne chercher les petits fours dans la cuisine pour cet apéritif d’avant-théâtre. Ombre, la chatte persanne grise de la maison, se retourne vers les invités tous tournés dans sa direction. En fait, ils fixent le nouveau tableau récemment acquis - des carrés imbriqués les uns dans les autres - et elle le sait. Ils ne font pas attention à elle. Pourtant elle s’est assise là exprès, juste sous l’œuvre d’art, en quête d’un compliment - même mineur. Peut-être ne la remarquent-ils même pas. Elle n’est qu’ombre après tout.

Participations

Josef Albers - Série Hommage au carré - peinture Années 50 | Console en bois noirci - époque Empire | Paire d’appliques Ombre de Gille & Boissier - éditée par Pouenat | Repose pied en velours | Obélisque néoclassique - cartonnage et intaglios par Damien Nicolas Roux

Josef Albers and the grey cat ‘Isn’t this perfection?’ The lady of the house starts to guide her visitors into the large Empire-style salon. Leaving them to ponder the question, she returns to the kitchen to fetch the snacks for this pre-theatre aperitif. Ombre (which means ‘shadow’ in French), the grey Persian cat of the house, looks back at the guests, all of whom are looking in her direction. In fact, they are staring at the newly acquired painting interlocking squares - and she knows it. They are not paying attention to her. Yet she sits there on purpose, right under the artwork, fishing for a compliment - even a minor one. Perhaps they don’t even notice her. She is just a shadow after all.

Staring

Josef Albers - Homage to the square - painting - 50s | Blackened wood console - Empire period | Pair of ‘Ombre’ sconces by Gille & Boissier edited by Pouenat | Velvet footstool | Neoclassical obelisk - cardboard and intaglios by Damien Nicolas Roux


#josefalbers


#damienhirst


room portrait - iv/xii Damien Hirst damien hirst et l’artiste en devenir and the emerging artist “Je devrais y arriver facilement.” C’est ce que pense Robin, le fils de 5 ans d’un couple de collectionneurs. Pour une fois, il aime bien ce tableau - qui ressemble plus à un jeu qu’à une œuvre d’art avec toutes ces taches de couleur. Suspendu beaucoup trop haut selon lui et pourtant très inspirant. Il prend un des gros crayons qu’on lui a offert récemment - un pourpre juteux - et décide de commencer à le copier avec application. Ce ne sont que des taches après tout; cela ne devrait pas être trop difficile.

Participations

Damien Hirst - Série Spot Paintings - Acrylique sur toile - Années 1986-2011 | Secrétaire d’époque Louis XVI | Lampe Taccia des Frères Castiglioni - éditée par Flos | Obélisque néoclassique - cartonnage et intaglios par Damien Nicolas Roux | Morceau de malachite

‘I shall do it easily.’ So thinks Robin, the 5-year old son of a collectors’ couple. For once, he kind of likes that painting more of a game than a work of art with all these coloured spots. Hung much too high according to him and very inspiring though. He takes one of the big pencils he was offered recently - a juicy purple and decides to start copying it with care. It’s just spots after all - shouldn’t be too difficult.

Staring

Damien Hirst - Spot Paintings Series - Acrylic on canvas - Years 1986-2011 | Louis XVI period secretary | Taccia lamp by the Castiglioni brothers - edited by Flos | Neoclassical obelisk - cardboard and intaglios by Damien Nicolas Roux


room portrait - v/xii Andy Warhol andy warhol et le bouledogue français and the french bulldog «Grrrrrrr.” Ainsi réagit Richard, le bouledogue Français, chaque fois que quelqu’un s’approche de la sérigraphie représentant, sous forme de tâches de couleur, une tête de femme. Même si cette chaise atypique est loin d’être sa préférée - pas assez rembourrée selon lui - il aime s’y asseoir, là, juste en dessous du portrait, sans trop savoir pourquoi. L’endroit lui apporte une certaine quiétude même s’il met un point d’honneur à rester éveillé et monter la garde. Peut-être que cela lui rappelle son ancienne maîtresse - celle que les gens appelaient Liz.

Participations

Andy Warhol - Série Liz Taylor - photographie sérigraphiée - 1964 | Bibliothèque de style Anglais en acajou - XIXe siècle | Chaise dite «fourmi» de Arne Jacobsen - éditée par Fritz Hanzen | Applique potence de Jean Prouvé - éditée par Vitra | Obélisque néoclassique sur socle - cartonnage et laiton par Damien Nicolas Roux

‘Grrrrrrr.’ This is how Richard, the French bulldog, reacts every time someone approaches the silk-screen print of a woman’s head in the form of coloured spots. Even if this funky chair is far from his favourite - not padded enough according to him - he likes to sit there, just below the portrait, without really knowing why. This place soothes him even if he makes a point of staying awake and on guard. Perhaps it reminds him of his former mistress - the one people used to call Liz.

Staring

Andy Warhol - Liz Taylor Series - silkscreened photograph - 1964 | English style mahogany bookcase - 19th century | Ant chair by Arne Jacobsen - edited by Fritz Hanzen | ‘Potence’ Wall lamp by Jean Prouvé - edited by Vitra | Neoclassical obelisk on pedestal - cardboard and brass by Damien Nicolas Roux


#andywarhol


#magritte


room portrait - vi/xii René Magritte et le chat perché “Domino, non !” Aurore n’arrête pas de crier après Domino, le chat tigré qu’elle a emmené avec elle lorsqu’elle a accepté de venir vivre avec Thomas, son nouvel amoureux. Thomas est issu d’une famille de collectionneurs et la disposition de chaque pièce de l’appartement s’organise méticuleusement autour d’une ou plusieurs œuvres, telles des scénographies. Il a hérité, entre autres, de ce tableau surréaliste qui domine le salon, et par extension toute personne qui s’y tient. Mais il ne semble pas être au goût de Domino qui essaie régulièrement de faire tomber le grand œil du mur - trop inquisiteur.

Participations

René Magritte - Le faux miroir - huile sur toile - 1928 | Console Passage de Hervé Van Der Straeten | Fauteuil LC02 de Le Corbusier - édité par Cassina | Suspension Multi-Lite de Louis Weisdorf - éditée par Gubi | Vase à l’antique | Boite pyramidale - cartonnage et laiton par Damien Nicolas Roux

René Magritte and the perched cat ‘Domino, don’t!’ Aurore keeps shouting at Domino, the tabby cat she took with her when she agreed to move in with Thomas, her new lover. Thomas comes from a family of collectors and the layout of each room in the flat is meticulously organised around one or more works of art, like stage designs. He has inherited, among other things, this surrealist painting which dominates the living room, and by extension anyone who stands in it. But it doesn’t seem to be to Domino’s taste and he regularly tries to get the overly inquisitive eye to fall from the wall.

Staring

René Magritte - ‘The Fake Miror’ - oil on canvas - 1928 | ‘Passage’ console by Hervé Van Der Straeten | LC02 chair by Le Corbusier - edited by Cassina | Hanging Multi-Lite by Louis Weisdorf - edited by Gubi | Antiquestyle Vase | Pyramid box - cardboard and brass by Damien Nicolas Roux


room portrait - vii/xii pablo picasso et la perruche «P... où est mon Kelly ?” Kiwi, la perruche verte, connaît la réponse à la question de Kate. Et elle est prête à prouver une fois de plus que le fait de la laisser libre dans l’appartement présente de nombreux avantages - et ce dans de multiples circonstances. Ainsi, comme elle l’a fait pour les nombreux objets que sa maîtresse débordée perd régulièrement dans un appartement trop grand, elle lui montre le chemin et la conduit jusqu’au canapé, sous l’œil bienveillant de la dame au chapeau vert - qui semble également veiller sur le sac. Kate, Kiwi et Kelly : sororité et sacs à main.

Participations

Pablo Picasso - Femme au chapeau vert - peinture 1947 | Canapé à passementerie de type Knole | Lampadaire «Elysée» de Pierre Paulin | Sac Kelly de Hermès

pablo picasso and the parakeet ‘Gosh... where’s my Kelly?’ Kiwi, the green parakeet, has the answer to Kate’s question. And she is ready to prove once again that letting her loose in the flat has many advantages - in various circumstances. So, just as she has done with the many things her busy mistress regularly loses in too big a flat, she shows her the way and leads her to the sofa, under the caring eye of the lady with the green hat - who also seems to be watching over the bag. Kate, Kiwi & Kelly: sorority and handbags.

Staring

Pablo Picasso - Woman with a green hat painting 1947 | Knole type passementerie sofa | «Elysée» floor lamp by Pierre Paulin | Kelly Bag by Hermès


#picasso


#markrothko


room portrait - viii/xii Mark Rothko et les mains tendues «Je veuuuuuuuuux !” Mais qu’est-ce qu’Emma veut tant en tendant ses bras ainsi ? Est-ce les citrons, avec leur jaune étincelant, même si elle les trouvera probablement trop acides ? Est-ce la paire de vases japonais qui ressemble à s’y méprendre aux dragons des dessins animés ? Est-ce l’obélisque vert olive qui conviendrait parfaitement à sa maison de poupées ? Ou encore cette grande toile plus ou moins rouge qu’elle trouve très attirante et qu’elle préférerait sans aucun doute voir trôner dans sa chambre ? Mais peut-être veut-elle simplement TOUT, comme les petites filles qui pensent dominer le monde du haut de leurs cinq ans.

Participations

Mark Rothko - Rouge sur Rouge - peinture 1969 | Commode Espana - Dorothy Draper | Applique murale articulée - Jieldé | Paire de vases cloisonnés japonais | Coupe en céramique avec citrons | Obélisque néoclassique - cartonnage et intaglios par Damien Nicolas Roux

Mark Rothko and The Reaching Hands ‘I waaaaaaaaant!’ But what does Emma want so much by holding out her hands like this? Is this the lemons, with their sparkling yellow, although she will probably find them too sour? Is this the pair of Japanese vases that look like dragons in cartoons? Is this the olive green obelisk that would perfectly fit her dolls’ house? Or maybe the large, redand-something canvas that she finds very attractive and would undoubtedly prefer to have hanging in her room? But maybe she just wants it ALL, like the little girls who think they rule the world at the age of five.

Staring

Mark Rothko - Red on Red - painting 1969 | Espana Chest of Drawers - Dorothy Draper | Articulated Wall Lamp - Jieldé | Pair of Japanese ‘Cloisonné’ Vases | Ceramic Cup with Lemons | Neoclassical Obelisk - cardboard and intaglios by Damien Nicolas Roux


room portrait - ix/xii jean cocteau et les jambes en l’air “Ne me regarde pas !” Eva n’est pas prête et n’a pas l’intention de se presser. Elle prend son bain et doit encore se maquiller et s’habiller. Oscar l’attend, pour aller voir cette pièce de théâtre qu’elle n’a aucune envie de voir - une tragédie. Il s’impatiente. Il tourne en rond et n’y tenant plus, va jeter malgré tout un coup d’œil par la porte entrouverte de la salle de bains. Mais il n’aperçoit, sous l’affiche d’Orphée, sortant de la baignoire “à la grecque”, que ses jambes diaphanes. Ouf - elle n’a pas pu le voir ! Sinon, la soirée aurait été compromise, prix à payer pour ne pas avoir respecté la consigne.

Participations

Jean Cocteau - dessin - affiche d’Orphée - vers 1960 | Baignoire «à la grecque» en granit | Applique Jill de Perry King et Santiago Miranda - éditée par Arteluce | Vase Marly noir mat de Olivier Gagnère | Colonne décorative en stuc

jean cocteau and the legs in the air «Don’t look at me!» Eva is not ready and has no intention of rushing. She is taking her bath and still has to put on her make-up and clothes. Oscar is waiting for her, to go to the play she has no desire to see - a tragedy. He gets impatient. He spins around and can’t stand it any longer, so he peeks through the half-open bathroom door. But he only sees her diaphanous legs under the poster of Orpheus, emerging from the Greek-style bathtub. Phew - she couldn’t see him! Otherwise, the evening would have been compromised, the price to pay for not having respected the instructions.

Staring

Jean Cocteau - drawing - Orpheus poster - circa 1960 | Greec style granite bathtub | Jill wall lamp by Perry King and Santiago Miranda - edited by Arteluce | Marly black vase by Olivier Gagnère | Decorative stucco column


#jeancocteau


#pierresoulages


room portrait - x/xii Pierre Soulages et la main nourricière «J’arrive Papa - je nourris la bête.” La bête, c’est le surnom qu’Aurélien donne à Otto, le poisson téléscope noir. Son nouvel emplacement, un bocal rond rien que pour lui posé sur une console Louis XV, semble lui convenir parfaitement. Il n’a pas l’air de regretter son ancien compagnon de bocal qu’il a failli tuer plus d’une fois fois en essayant en vain de le pousser hors de l’eau. Il doit être un solitaire - et plus ou moins amateur d’art. Pendant des heures, il ne cesse de fixer le gribouillis noir qui trône sur le mur. Grand, plein de mouvement, finement dentelé - et hors de prix. Une sorte de portrait abstrait de lui, penserait-il.

Participations

Pierre Soulages - Lithographie n° 28 - 1970 | Console Louis XV en bois et dessus marbre | Lampe «Ananas» de Jansen | Bocal à poisson rond en verre | Obélisque néoclassique sur socle - cartonnage et laiton par Damien Nicolas Roux

Pierre Soulages and The Feeding Hand ‘I’m coming Dad - I’m feeding the beast.’ The beast is what Aurélien calls Otto, the black moor fish. His new location, a private round jar on a Louis XV console, seems to suit him perfectly. He doesn’t seem to miss his old fishbowl companion, whom he almost killed more than once when he tried in vain to push him out of the water. He must be a loner - and more or less an art lover. For hours he stares at the black doodle on the wall. Large, full of movement, finely serrated - and priceless. A sort of abstract portrait of himself, he would think.

Staring

Pierre Soulages - Lithography #28 - 1970 | Louis XV console in wood and marble top | «Pineapple» lamp by Jansen | Round glass fishbowl | Neoclassical obelisk on base - cardboard and brass by Damien Nicolas Roux


room portrait - xi/xii Victor Vasarely Victor Vasarely et le poisson fugueur and The Runaway Fish «Tu as vu Sushi ?» C’est la toute première chose que Paloma demande à sa fille quand elle rentre à la maison en fin de journée. Et il y a une raison à cela. Depuis qu’il a perdu toute compagnie, Sushi, le poisson rouge, semble inconsolable. Les maîtres ont récemment divorcé et le mari a déménagé avec Otto, le poisson télescope - ainsi qu’avec Aurélien, le fils - sur une côte lointaine. Même si Otto n’était pas très amical avec lui, ils s’entendaient bien et Sushi s’était en quelque sorte habitué à partager son bocal. Ne pas être d’accord sur presque tout et comparer leurs nageoires dentelées étaient le seul moyen d’échapper à l’ennui. Mais désormais, qu’est-ce que le rouge sans le noir ? Il jeta un dernier coup d’œil à la lithographie bicolore au-dessus et sauta hors de l’eau.

Participations

Victor Vasarely - Sinlag II - 1990 | Table en noyer Louis XIII à pieds torsadés | Paire d’appliques de type «diabolo» - Années 60 | Paire de vases Médicis en fonte | Obélisque néoclassique - cartonnage et intaglios par Damien Nicolas Roux

‘Have you checked on Sushi?’ It’s the very first thing Paloma asks her daughter when she gets home at the end of the day. And there’s a reason for that. Since losing all company, Sushi the goldfish seems inconsolable. The owners recently got divorced and the husband moved with Otto, the black moor fish - and also Aurélien, the son - to a distant shore. Although Otto was not very friendly with him, they got on well and Sushi had somehow got used to sharing his fishbowl. Disagreeing on almost everything and comparing their jagged fins were the only way to escape boredom. But now - what is red without black? He took one last look at the twocoloured lithograph above and jumped out of the water.

Staring

Victor Vasarely - Sinlag II - 1990 | Louis XIII walnut table with twisted legs | Pair of «diabolo» type sconces - 60s | Pair of cast iron Medicis vases | Neoclassical obelisk - cartonnage and intaglios by Damien Nicolas Roux


#vasarely


#mondrian


room portrait - xii/xii Piet Mondrian et le chien mélomane «Je risque d’être en retard.» C’est ce qu’a dit le maître d’Ange, le caniche gris, en partant plus tôt dans la journée. Et c’est sûr qu’il l’est. Mais le chien attend patiemment dans le salon de musique, sur le lit de repos Empire, sous un tableau séparant du jaune et du bleu et à côté du Beo Sound System. Aime-t-il la musique ? Oui bien sûr - mais ce sont ces moments qu’il apprécie par-dessus tout, ces moments sur les genoux de son maître pendant qu’il écoute ses morceaux de musique classique préférés. Ange est habitué à attendre ici. Mais aujourd’hui, l’attente a quelque chose d’inhabituel. Il semble manquer plus que son maître qui devrait déjà être là. Alors que la situation commence à lui peser, il décide d’aller chercher une de ses pantoufles et de la garder près de lui sur le lit. A ce moment précis, il lui semble qu’un ange traverse la pièce.

Participations

Piet Mondrian - Composition III Bleu, Jaune et blanc -peinture - 1936 | Lit de repos époque Empire | Liseuse en laiton - Années 70 | Enceinte BeoSound 2

Piet Mondrian and The Music-loving Dog ‘I might be late.’ That’s what Ange’s master, the grey poodle, said as he left earlier in the day. And he certainly is. But the dog is waiting patiently in the music room, on the Empire daybed, under a painting separating yellow and blue and next to the Beo Sound System. Does he like music? Yes he does - but these are the moments that he enjoys most of all, these moments on his master’s knees while he listens to his favourite classical music. Ange is used to waiting here. But today there is something unusual about the waiting. There seems to be more than his master missing who should already be here. As the situation begins to weigh on him, he decides to go and get one of his slippers and keep it close to him on the bed. At that very moment, it seems to him that an angel passes through the room.

Staring

Piet Mondrian - Composition III Blue, Yellow and White - painting - 1936 | Empire Period Daybed | Brass Reading Light - 70s | BeoSound 2 Speaker


a propos de DNR about DNR

Né d’un père architecte - artiste peintre et d’une mère formée aux beaux-arts, Damien Nicolas Roux (DNR) dessine, peint et découpe depuis toujours.

Avec comme fil conducteur le goût du tracé et de la construction, l’utilisation d’éléments architecturaux, des références fréquentes à l’antiquité, l’influence forte des arts décoratifs, quelques détours par l’art moderne et contemporain et un rôle majeur donné à la couleur dans toutes ses compositions, son oeuvre est imprégnée de l’héritage visuel familial. Ses sujets - architectures, paysages ou intérieurs fantasmés mais possibles - sont discrètement bousculés par l’apparition d’une silhouette animale ou d’une présence humaine furtive, voire suggérée. Si elle n’est pas le sujet, la vie est néanmoins proche.

Born of an architect-painter father and a mother trained in the fine arts, Damien Nicolas Roux (DNR) has always drawn, painted and cut. With a taste for line and construction, the use of architectural elements, frequent references to antiquity, the strong influence of decorative arts, an eye for modern and contemporary art and a major role given to colour, his work is impregnated with his family’s visual heritage. His subjects - architectures, landscapes or fantasized but possible interiors - are discreetly jostled by the appearance of an animal silhouette or a furtive, even suggested human presence. If it is not the subject, life is nevertheless close by.

Les techniques utilisées vont du graphisme - stylo à pointe fine, feutre à l’alcool sur bristol - activité qu’il exerça jadis, en passant par l’acrylique - pop et épaisse sur carton - jusqu’à l’usage plus traditionnel de l’aquarelle sur papier arches mais toujours avec des aplats de couleurs et un rendu net. Un langage graphique non sans rappeler le mouvement belge la Ligne Claire.

The techniques used range from graphic design - fine point pen, alcohol marker on paper - an activity he used to practice, through acrylic - pop and thick on cardboard - to the more traditional use of watercolour on arches paper, but always with flat tints of colour and a clean rendering. A graphic language reminiscent of the Belgium ‘Ligne Claire’ movement.

Ses créations s’échappent parfois de la feuille pour devenir des objets d’ornement - cartonnages, découpages, trumeaux - comme la continuité en trois dimensions de son univers.

His creations sometimes escape from paper to become ornamental objects cartonnages, decoupages, overmantels like the three-dimensional continuity of his universe.

Damien Nicolas Roux vit et travaille à Paris et en Bourgogne du Sud.

Damien Nicolas Roux lives and works in Paris and in Southern Burgundy.



inspiration

Le portrait d’intérieur est un genre pictural qui apparaît en Europe à la fin du XVIIème siècle puis connaît un regain d’intérêt dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Il consiste en la représentation minutieuse et détaillée d’une pièce d’habitation, sans aucun personnage. La série de dessins “Room Portraits” de Damien Nicolas Roux DNR, si elle s’inspire de ce principe, s’en éloigne néanmoins puisque les pièces représentées ici sont fictives et que la vie s’y invite furtivement...

techniques & format

Dessin au feutre à l’alcool et stylo à pointe fine sur bristol format A4. Initiales «DNR» figurant dans le dessin et signature au crayon au dos du dessin.

contacts artiste & auteur

Web : www.damiennicolasroux.com Instagram : @damiennicolasroux Instagram : @manuelcrepon

exposition & contact galerie

La série «Room Portraits» est présentée en exclusivité à : Galerie Maison Dauphine 14 rue du 4 septembre - Aix en Provence ainsi que sur la boutique en ligne :

www.galerie-maisondauphine.com

inspiration

The interior portrait is a pictorial genre that appeared in Europe at the end of the XVIIth century and then experienced a revival in the second half of the 19th century. It consists of a detailed and meticulous depiction of a room in a house, without any figures The series of drawings ‘Room Portraits’ by Damien Nicolas Roux - DNR, although inspired by this principle, nevertheless departs from it since the rooms represented here are fictitious and life invites itself furtively...

technics & format

Drawing with alcohol marker and felt pen on cardboard paper, size 29,7X21cm. ‘DNR’ initials appearing in the drawing and signature in pencil on the back of the drawing.

artist & author contacts

Web: www.damiennicolasroux.com Instagram: @damiennicolasroux Instagram: @manuelcrepon

gallery exhibition & contact

The ‘Room Portraits’ series are presented exclusively at: Galerie Maison Dauphine 14 rue du 4 septembre - Aix en Provence and on the gallery’s online shop: www.galerie-maisondauphine.com


#roomportraits


- www.damiennicolasroux.com Dessins, photos et création graphique/Drawings, photos & graphic design : Damien Nicolas Roux - DNR Textes/Stories : Manuel Crépon Portrait de/of DNR : Lora Barra Photographe Copyright DNR Octobre 2021


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