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Dossier L’Europe de la Défense Mensuel d’information et de liaison de l’armée de Terre

N° 198 - Octobre 2008

AFGHANISTAN

L’armée de Terre

au combat


En direct de… « Il est bien évident que quelles que soient les circonstances, nos soldats n’hésiteront jamais à s’engager massivement pour protéger voire sauver leurs compatriotes, en soutien des services compétents de l’Etat. Les autorités pourront toujours, en cas de crise majeure, s’appuyer sur la spécificité des forces terrestres à savoir la rigueur professionnelle, la disponibilité permanente et leur autonomie structurelle qui leur permet d’être efficaces sur un très large spectre de missions quand bien même plus rien d’autre ne fonctionnerait 1. » Pour le général Elrick Irastorza, chef d’Etat-major de l’armée de Terre, l’armée de Terre occupe une place prépondérante dans le vaste éventail des missions de sécurité intérieure : protection des populations, par le biais du plan VIGIPIRATE ou encore du plan NEPTUNE, en métropole et en outre-mer (protection du centre spatial guyanais, participation à la lutte contre l’orpaillage clandestin, renforcement de la surveillance des frontières…). En juin dernier, le nouveau Livre blanc a constitué une innovation majeure par rapport au précédent, en appréhendant de façon globale nos intérêts de sécurité. Sans les limiter exclusivement aux questions de Défense, il définit une stratégie de sécurité nationale qui intègre la politique de Défense, la politique de sécurité intérieure et la politique de sécurité civile. Dans la réalité, cela se traduit par une collaboration étroite entre ministères et une présence au quotidien de l’armée de Terre sur le territoire. LTN Aurélie CARRIERE Photos : ADJ Jean-Raphaël DRAHI, ADJ Gilles GESQUIERE, DR

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Allocution du CEMAT lors du colloque « Urgence sur le territoire » du 19 novembre 2008

TIM n° 200 - Décembre 2008 - Janvier 2009


Sécurité intérieure

Démonstration du GIH lors des premières Journées de la sécurité intérieure les 18 et 19 octobre. TIM n° 200 - Décembre 2008 - Janvier 2009

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En direct de…

Les 18 et 19 novembre dernier, 200 policiers et autant de pompiers de la BSPP étaient mobilisés pour une simulation d’attentat chimique dans le métro de Paris.

P

rotéger, assurer la sécurité, secourir, aider, porter assistance : ces expressions résument les principales missions de l’armée de Terre dans le dispositif de la sauvegarde terrestre. Mais, compte tenu de ses capacités et ses savoir-faire, l’armée de Terre est de plus en plus sollicitée dans des dispositifs de circonstance. Tour d’horizon des missions de sécurité intérieure. Le 29 octobre, le Conseil des ministres a voté la création du Conseil de Défense et de sécurité nationale (CSDN). En regroupant Défense et sécurité intérieure, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a suivi une des innovations préconisée par

Les zones de Défense Placée sous l’autorité du CEMA au niveau national, l’Organisation territoriale interarmées de Défense (OTIAD) coordonne les efforts militaires avec les dispositifs sécuritaires civils sur le territoire national. Créée en 2000 à la suite de la tempête de l’hiver 1999-2000, cette structure se fonde, en France métropolitaine, sur sept zones interarmées de défense. Chacune de ces zones est commandée par un officier général de zone de Défense (OGZD). Dans les départements et collectivités d’outre-mer, l’OTIAD repose sur cinq zones interarmées de Défense outre-mer, placée sous l’autorité de l’officier général commandant supérieur (COMSUP). Au niveau départemental, le délégué militaire départemental conseille le préfet de département pour l’exercice de ses responsabilités de Défense.

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TIM n° 200 - Décembre 2008 - Janvier 2009

le Livre blanc sur la Défense. Le CDSN aura pour mission d’optimiser la coordination des moyens civils et militaires afin de répondre aux enjeux de sécurité nationale. Si l’armée de Terre n’est pas l’acteur exclusif de la sauvegarde terrestre, ses aptitudes lui confèrent cependant un rôle particulier à travers des missions variées. « L’engagement de l’armée de Terre dans les missions intérieures se limite souvent, dans les esprits, à l’image traditionnelle mais réductrice des patrouilles VIGIPIRATE », constate le colonel Pierre Baratchart, de la division Emploi de l’Etat-major des armées. Et cette idée reçue est loin de la réalité ! Les missions qui peuvent être confiées aux

La stratégie de sécurité nationale a pour objectif de parer aux risques ou menaces susceptibles de porter atteinte à la vie de la nation. » Livre blanc, p. 62.


Sécurité intérieure

Paris sous les eaux

PARIS

22 octobre. Sur les toits du ministère de la Justice, qui surplombent la place Vendôme, des soldats du 28e Régiment de transmissions s’affairent autour d’une antenne qu’ils ont installée deux jours plus tôt. Ils répètent les gestes qu’ils auraient à effectuer en cas de crue de la Seine. « Notre mission est de déployer des antennes pour assurer les liaisons informatiques et téléphoniques entre les ministères », explique le capitaine Jean-François Lesgourgues, le traitant réseaux du 28e RT. « Ce travail s’inscrit dans le plan de Continuité du travail gouvernemental. Si le niveau de la Seine monte à plus de 4,50 mètres, ce plan de Continuité est déclenché, de façon à maintenir les liaisons entre les différents sites stratégiques de la capitale. » Selon la gravité de la situation, le plan SEINE est ensuite mis en œuvre : des moyens de transport et d’évacuation sont mis en place, selon les modalités du ministère de la Défense. Enfin, si le niveau de l’eau continue à monter, le

plan NEPTUNE prend effet et jusqu’à 10 000 hommes des trois armées, dont 82 unités Proterre, peuvent alors déployés. La mise en place successive ou simultanée de ces plans nécessite un entraînement continu en amont. Une

crue de la Seine concernerait près d’un million de personnes, soit 322 communes sur les 1 300 que compte la région parisienne. Paris connaît une crue de son fleuve tous les 100 ans : la dernière remonte à… 1 910.

Mise en place d’une antenne sur le toit du ministère de la Justice par un militaire du 28e RT.

forces terrestres s’inscrivent dans deux domaines : le soutien direct aux populations et la sécurité générale. Les unités sont engagées soit en conservant leurs propres structures, soit en s’appuyant sur le format Proterre2 du niveau section ou supérieur, soit sur des structures spécifiques adaptées à la mission et définies dans l’ordre d’engagement.

Aide et secours aux populations

L’armée de Terre peut être appelée en renfort des services de secours et des unités chargées de la sécurité civile. En cas d’urgence ou de saturation des moyens civils, les forces terrestres peuvent être utilisées de façon indépendante. Sur le terrain, l’engagement des forces terrestres se traduit par des tâches telles que la surveillance de zone, le déneigement et la dépollution, notamment lors de marées noires. L’armée de Terre est souvent mise à contribution l’été, quand les risques de feux de forêt sont accrus : depuis 1984, elle apporte son aide aux Unités d’instruction et d’intervention de la sécurité civile (UIISC), en mettant à leur disposition des moyens importants. Baptisée plan HEPHAISTOS, cette collaboration entre ministère de la Défense et ministère de l’Intérieur permet d’apporter une aide directe à la

Les militaires de l’armée de Terre interviennent également lors des catastrophes naturelles.

protection des populations, mais aussi de l’environnement. L’armée de Terre intervient aussi en cas d’intempéries : le 11 août 2008, une centaine de militaires a été déployée pour participer aux opérations de déblaiement et de remise en état dans la commune d’Hautmont après la tornade qui a frappé le département du Nord. Les militaires ont alors mis en œuvre des moyens lourds spécialisés tels que des bulldozers, des tractopelles et des bennes de chantier. Les militaires peuvent également être sollicités pour des opérations de recherche

de personnes disparues : le 21 mai 2008, 350 hommes du 4e Régiment étranger et du 3e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine ont été appelés pour retrouver une jeune fille disparue. L’adolescente a été récupérée saine et sauve par les soldats quelques heures plus tard. Les missions d’aide aux populations peuvent aussi engager des unités spécialisées, notamment pour tout ce qui touche au franchissement, au transport et à l’évacuation, ou encore à la fourniture des moyens de liaison et de transmission (cf. encadré). TIM n° 200 - Décembre 2008 - Janvier 2009

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En direct de… La sécurité générale

Dans le cadre des missions de sécurité générale, l’armée de Terre a pour principaux objectifs, en complément des forces de sécurité, de surveiller, soutenir, boucler une zone, escorter ou patrouiller. Ces missions s’exercent à travers différents cadres d’engagement : • participation à la protection de grands événements, tels que le sommet du G8 à Evian en 2003 ou la commémoration du 60e anniversaire du Débarquement : les militaires ont pour mission d’empêcher tout acte de malveillance, en complément de la gendarmerie et de la police nationale ;

• participation à la lutte antiterroriste : les forces terrestres veillent à la prévention des menaces terroristes. Des plans de protection et d’intervention contre le terrorisme décrivent l’ensemble des missions que les forces pourraient mener en cas d’attaque. Ces plans incluent un plan général VIGIPIRATE et une série de plans pour les interventions spécifiques : Intrusair, si un avion hostile est entré dans l’espace aérien national ; Piratair, lorsqu’un avion est détourné ; Pirate-mer, en cas d’acte de terrorisme maritime ; Piratome lors d’une attaque par matière nucléaire ou radioactive ; Piratox, lors d’une attaque par produit chimique toxique ; Biotox si l’attaque est due à un agent biologique pathogène ; et Piranet si les systèmes d’information et les infrastructures vitales sont touchés.

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Intervention de militaires de l’armée de Terre lors d’une marée noire.

L’élément Proterre est constitué à partir d’une seule unité élémentaire de la Force terrestre et est engagée hors de son métier premier pour remplir les Missions communes de l’armée de Terre (MICAT).

En 2007, l’armée de Terre a défini ses missions en 5 verbes : « gagner, stabiliser, normaliser, protéger, aider », qui ne sont finalement que la traduction de ce que nous faisons depuis des années y compris GA Elrick Irastorza sur le territoire national. »

10 000

C’est le nombre de militaires que l’armée de Terre doit déployer en cas de crise majeure sur le territoire national en appui du dispositif de sécurité intérieure et de sécurité civile avec pour missions premières : la sécurité des points d’importance vitale, celle des flux terrestres essentiels pour la vie du pays et le contrôle de l’accès au territoire. En Ile-de-France, chaque année, l’armée de Terre neutralise et détruit plus de 1 500 objets suspects, mène 500 actions d’assistance à la population et près de 1 500 opérations de sécurisation des trains.

VIGIPIRATE au cœur de la Défense « 120000 personnes travaillent ici, c’est l’équivalent de la ville de Besançon ! » Sur l’esplanade de la Défense, le capitaine David Sage mesure toute l’importance de sa mission : il commande la 5e compagnie de réservistes du 19e Régiment du génie, en mission VIGIPIRATE. « Mes trinômes quadrillent l’esplanade, le centre commercial des Quatre Temps et le RER », précise le capitaine. « Près de 400 000 individus transitent ici chaque jour. Nous avons un rôle de capteurs d’information, en appui de la police. »

Militaire du 19e RG en mission VIGIPIRATE à La Défense.

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Créé en 1978 alors que l’Europe connaissait une vague d’attentats, le plan VIGIPIRATE a été déployé pour la première fois en 1991, pendant la première guerre du Golfe. Il a ensuite été réactivé en 1995 et en 1996. Le plan VIGIPIRATE mobilise 1000 hommes, soit un effectif équivalent à un régiment. Il vise à compléter le dispositif de surveil-

lance du territoire, rassurer la population et dissuader les terroristes. Les sites concernés par le plan VIGIPIRATE sont les gares, les aéroports, certains édifices symboliques, les bâtiments publics, les lieux de culte et les sites de concentration de population, comme le Louvre ou le Château de Versailles. Depuis 2005, le plan VIGIPIRATE est en niveau d’alerte rouge. 850 hommes sont déployés en permanence sur le territoire. Les trinômes sont vigilants, ce qui ne les empêche pas de voir parfois leur mission détournée : « L’an passé, j’étais en VIGIPIRATE sous l’arc de Triomphe », se souvient le capitaine Sage, « un Américain m’a posé des questions sur le monument; comme je suis pro- fesseur d’histoire, je lui ai servi de guide touristique ! Dans le même esprit, la semaine dernière, un des trinômes sur Eurodisney a été mis à contribution pour retrouver une petite fille perdue. Ce sont mes trois hommes qui l’ont finalement récupérée ! »


Sécurité intérieure

Les forces terrestres peuvent intervenir dans l’urgence pour aider directement les populations, fournir des prestations en complément des services publics notamment en cas de dommages sur les infrastructures, évaluer dans l’urgence les dégâts ou mettre sur pied des moyens d’expertise très spécialisés toujours selon des principes de subsidiarité et de juste GA Elrick Irastorza suffisance. »

Depuis 1984, l’armée de Terre apporte son aide aux UIISC tous les étés dans la lutte contre les feux de forêt dans le sud de la France.

L’équipe du GIGN se prépare à intervenir…

L’armée de Terre en Guyane L’action de l’armée de Terre s’étend à tous les départements et collectivités d’outre-mer. La Guyane est un territoire spécifique qui nécessite une présence militaire : les militaires y assurent la sécurité extérieure du centre spatial guyanais pendant les essais L’opération HARPIE lutte de tirs. La perméabilité des contre l’orpaillage illégal. frontières obligent les forces terrestres à surveiller les frontières sur quatre postes implantés sur l’Oyapock face au Brésil et sur le Maroni face au Surinam. Des patrouilles en profonde forêt sont réalisées afin de repérer toutes les zones d’activités illicites, comme l’exploitation irrégulières de l’or. L’opération HARPIE, menée du 1er mars au 30 juin 2008, a permis l’interpel-lation de 779 étrangers en situation irrégulière dont 624 reconduits à la frontière, la saisie de 19 kilos d’or et de 193 kilos de mercure.

GIH, GIGN :

même combat Les 18 et 19 octobre avaient lieu les premières Journées de la sécurité intérieure. Le but : faire découvrir à la population ceux et celles qui ont choisi de consacrer leur vie au service de la sécurité. Parmi eux, le Groupement interarmées d’hélicoptères (GIH), constitué d’un groupe de commandement et de deux escadrilles d’hélicoptères dont une escadrille Terre (22 militaires de l’armée de Terre dont 5 équipages Puma). Le GIH a pour mission d’apporter, sur un très court préavis, le soutien et l’appui d’hélicoptères de manœuvre, aux interventions du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Simple dépose du GIGN en zone sécurisée ou hélitransport, intervention des hélicoptères en appui du GIGN, missions de défense civile : toutes ces opérations se font sur ordre du Chef d’état-major des armées, avec demande de concours ou sur réquisition.

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Entraînement

L’internet du champ de bataille avance L’exercice de certification de la 6e Brigade légère blindée (6e BLB), qui s’est déroulé du 26 septembre au 10 octobre 2008 à Mourmelon, marque une étape supplémentaire vers la numérisation globale de l’armée de Terre. Point de situation sur cet internet du champ de bataille.

L

a grande nouveauté de cet exercice, c’est l’intégration du Système d’information terminal élémentaire (SITEL) », indique le capitaine Boyer, commandant d’unité de la 1re compagnie du 21e Régiment d’infanterie de marine (21e RIMa), à quelques kilomètres du camp de Mourmelon, sur le site de la main de Massige, haut lieu historique de la Grande Guerre. « Evidemment, cela nous oblige à revoir légèrement les procédures », continue-t-il, tandis que le groupe électrogène du véhicule de l’avant blindé équipé du Système d’information régimentaire (SIR) démarre pour assurer la connexion du PC tactique. « Le défi majeur, c’est d’assurer la formation de tous nos personnels », explique-t-il.

« Pour certains, la Numérisation de l’espace de bataille (NEB) est un territoire inconnu, alors il faut vraiment s’investir dans le drill des personnels. » Mais entre les contraintes du système et les plus-values qu’il apporte, « la balance penche indéniablement du côté positif », indique le capitaine. « Pour nous aussi, c’est une première », indique le commandant Cuvier, officier traitant appui feu de la 6, à l’intérieur du PC tactique. « Car le système ATLAS est désormais relié à la bulle NEB. » En effet, la NEB repose sur des systèmes d’information dédiés à une fonction opérationnelle. Ainsi, le système ATLAS-canon constitue l’élément fondamental de l’automatisation des tirs et des liaisons de l’artillerie sol-sol (lance-roquettes multiple, CAESAR).

L’objectif majeur en 2009, c’est d’être en mesure de déployer une force numérisée du volume d’un groupement tactique interarmes. » Colonel Frouin

Pour le chef de corps du 21e Régiment d’infanterie de marine, le colonel de Mesmay, la numérisation est une véritable aide à la décision.

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La 6e BLB certifiée

« Désormais, le système est totalement intégré dans la NEB et bénéficie d’une liaison directe avec la division », ajoute le colonel Rampal, chef de corps du 3e Régiment d’artillerie de marine.

La hotline de la NEB

« Le but de l’exercice est indéniablement l’interopérabilité entre les systèmes », confirme le colonel Frouin, chef du détachement d’appui à la NEB de la section technique de l’armée de Terre (STAT/ DANEB), « c’est-à-dire la mise en convergence des différents systèmes. » Cet objectif constitue un véritable défi technique puisque les versions évoluent fréquemment. « La 6e BLB, notamment, a largement contribué à l’évolution du système, mais tout n’est pas acquis, et c’est pour cette raison que le détachement appui a été créé. » Une sorte de hotline de la NEB ! « Quand des questions surviennent sur la NEB, notre rôle est d’apporter un soutien technique aux utilisateurs. » Pour l’heure, les systèmes de commandement et d’information opérationnels (SIOC) de la NEB sont alignés sur un premier niveau d’interopérabilité, le NCi (niveau de capacité initial), qui assure une convergence minimale avant que ne soit validé le socle technique commun en 2012 qui permettra à tous ces SIOC de communiquer entre eux. « L’objectif majeur en 2009, c’est d’être en mesure de déployer une force numérisée du volume d’un groupement tactique interarmes », complète le chef du détachement, « car il ne faut pas oublier que la NEB doit avant tout servir un objectif opérationnel. » CNE Nathalie DURAND Photos : ADJ Gilles GESQUIERE

Pour en savoir plus, consultez le site Intraterre de la NEB : www.neb.terre.defense.gouv.fr

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24 heures avec...

s e m r a r L’inte posée re du GTIA Kapisa est com ie gn pa m co 1 la de 2 La section Blanc fanterie de marine in d’ s te is ut ch e ra pa de t en d’éléments du 8 Régim e Régiment de génie 17 du ts en ém él d’ e cé e utiste (8 RPIMa) et renfor e giment d’artillerie parach e Ré 35 du et P) RG 7 (1 parachutiste Nijrab, dans une zone de B FO la r su e né on nt e (35 RAP). Elle est ca s n a connu les patrouille io ct se la , et ill ju fin is volatile. Depu rde et l’alerte aussi. et les accrochages, la ga LTN Thomas DIJOL aptiste TABONE Photos : CCH Jean-B

Gastines donne utenant Guillaume de lie Le té. uri bsc l’o ns lice afghane qui doit Rassemblement, da du jour : appuyer la po on ssi mi La nt. me ève « Suspicion d’IED sur ses ordres bri hel. La radio crachote. lak e Mo de e rt devant lag vil le dans Mairet, du 17 RGP, pa fouiller deux maisons Le sergent-chef Pierre ici. t possible ran im e, cou lèv nt se me r ne r attendre que le jou l’axe prévu », un évé voi de va On « re. rai ouvrir l’itiné avec son groupe pour que-t-il. soit dans le noir », expli ce e qu oi qu de trouver

4 h 30 :

Départ de la FOB Nijrab. Les armes es. né ion sont approvis e VAB du 17 RGP ce, lan s’é Le convoi barquent et en tête. Les sapeurs dé portion la d pie reconnaissent à PM1 en DH ; cte spe su d’itinéraire tieusement main, ils fouillent minu et les buses sous la piste nt. les abords d’un po

5 h 20 :

Alors que les sapeurs e travaillent, une voitur . ure all e viv s civile débouche à trè Riveta lui fait Le caporal-chef Taputu s résultat. signe de ralentir, san de 50 mètres Le véhicule est à moins ectue deux tirs eff f he quand le caporal-c uffeur de sommation. Le cha ent, sort en tem dia mé im se range épaules. souriant et hausse les

6h 05 :

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n o i t c a en

La section Blanc 2 du GTIA Kapisa

e de Arrivée dans le villag déjà est eil Molakhel. Le sol ce. pla en nt mette haut. Les marsouins se ent les abords tem dia mé im t sen uri Ils séc t susceptibles son es Ell s. des maisons-cible d’un attentat. Chaque d’abriter les auteurs qué. geste est mesuré, appli

6 h 45 :

t sûre et les VAB La zone est maintenan g d’un oued, en appui. sont en position le lon diquement e 17 RGP fouille métho Le chef de groupe du aque objet Ch se. vis sde sapeur De un tas de foin avec le né pour ique suspect est emme électronique ou électr analyse.

11 h :

fraîche », Retour au camp. « A la s courageux plu un peu de sport : les ords du ab x au re de poussiè courent dans les 30 cm cutant, dis en s on cti tra t des camp. Les hommes fon date la r des hypothèses su commencent à émettre t en em rm l’a nettoyage de du retour en France. Le n. , est quotidie (ci-contre), minutieux

16 h 25 :

le capitaine Comme tous les soirs, res pour ord ses e nn do l Yann Lega au lle patrouille le lendemain. Une nouve e heure de sommeil un c ave is programme, ma tre regards complices en en prime : échanges de les intéressés.

19 h : re Toute la 1 compagnie n grand se retrouve autour d’u ues elq qu nce no corps pro barbecue. Le chef de le dos, ère rri de ins ma s Le mots d’encouragement. les te on Ensuite, on se rac tout le monde écoute. de res toi his s journée, de bonnes histoires de la 2 . ns iba tal de et de TIC guerre et de patrouille,

20 h 30 :

1 2

Détecteur électromagnétique portable de mines. Troops in contact : Troupes au contact, nom générique donné par l’ISAF aux accrochages suivis d’échanges de tirs. TIM n°199 - Novembre 2008

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Entraînement

La NEB :

état des lieux

La numérisation de l’armée de Terre est une priorité. Elle concerne peu à peu toutes les composantes et s’affirme progressivement comme un outil opérationnel. Tour d’horizon.

Les hélicos se mettent à la NEB !

1

Depuis 2006, le 3e Régiment d’hélicoptères de combat (3e RHC) est désigné comme le corps support de l’expérimentation de la Numérisation de l’aviation légère de l’armée de Terre (NUMALAT). État des lieux.

Le 3e RHC poursuit son effort d’appropriation du Système d’information régimentaire (SIR), en participant à tous les exercices majeurs numérisés du commandement de la force terrestre (CFT) et en systématisant l’emploi du SIR dans tous les entraînements opérationnels effectués par le régiment. Cet investissement important a permis au centre opérationnel régimentaire, désormais numérisé, et aux escadrilles de progresser sensiblement, notamment dans le domaine logistique et particulièrement sur l’utilisation du Module de préparation des missions des équipages (MPME) visant, à partir des données provenant du SIR, à préparer tactiquement et techniquement les missions confiées aux équipages. Le régiment expérimente également l’emploi du système d’information terminal élémentaire sur P4 (SITEL) pour l’adapter au besoin opérationnel d’un groupement aéromobile (GAM). Enfin, l’escadrille d’hélicoptères d’attaque et l’escadrille d’hélicoptères d’appui-protection attendent la livraison de la première Gazelle SIT de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT), système d’information terminal conçu pour faciliter les échanges de commandement liés aux missions d’appui à la mobilité, de combat air-sol et air-air et qui offre également aux équipages des fonctions d’aide à la navigation et à la gestion de mission. Cette livraison, attendue fin 2008, montre la montée en puissance du SIT ALAT. Le MPME attend également une version améliorée après les différents RETEX courant 2009, ce qui permettra d’aborder l’expérimentation de la NUMALAT de façon complète. L’”Internet du champ de bataille” permet un gain de temps dans les préparations de missions. Par exemple, d’une préparation de 6 heures sur une carte papier, l’équipage ne passe plus que 2 heures sur l’ordinateur pour préparer son vol. Les comptes rendus et ordres ne sont plus effectués par radio mais par transmission de données, ce qui permet de limiter les interceptions par l’ennemi, mais surtout de suivre en temps réel l’évolution des positions amies, diminuant le risque de tirs fratricides. La première Gazelle SIT devrait être livrée au 3e RHC fin 2008.

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La 6e BLB certifiée

Deux questions à l’officier traitant de la NEB à l’EMAT, le lieutenant-colonel Baudouin Quelle est la plus-value majeure de la NEB pour l’armée de Terre ? La NEB consiste à appliquer aux opérations militaires les technologies de l’information qui permettent de partager par voie numérique, de façon quasi instantanée, les données utiles au combat. Cet intranet du champ de bataille permet de créer un réseau entre les différents niveaux de commandement (de l’état-major jusqu’aux engins et soldats sur le terrain). Il augmente la rapidité et la fiabilité des informations échangées et accroît ainsi l’efficacité de l’ensemble du système de commandement. Ce premier exercice de certification NEB de la 6e BLB était un rendez-vous important dans le cadre du processus de numérisation de l’armée de Terre. Il avait pour objectif d’attester que les unités évaluées emploient les moyens numérisés et sont en mesure d’en tirer une plus-value opérationnelle.

les objectifs majeurs de la NEB

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En quoi la NEB permet-elle aux soldats français de renforcer leur sécurité ? Alors que l’adversaire utilise de plus en plus des moyens de communication civils (téléphonie mobile…), la numérisation fournit les moyens sécurisés et indépendants à lui opposer, elle permet, de plus, de le prendre de vitesse. Grâce à la NEB, le soldat en opérations dispose désormais de moyens qui lui permettent de devancer l’adversaire (accélération de l’information et du processus décisionnel), d’augmenter sa propre efficacité tactique (saisie des opportunités à petits niveaux, coordination grâce à la connaissance permanente de la position des amis) et de renforcer sa sécurité. En outre, la France, pour conserver son rang, doit avoir la capacité à être nation-cadre dans une opération multinationale majeure, c’est-à-dire la capacité à déployer un système de commandement numérisé rassemblant des unités (numérisées ou non) alliées. La France, avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie, fait aujourd’hui partie du “club” très restreint des nations disposant d’une telle capacité.

La montée en puissance de la NEB des forces terrestres est un processus dont l’effet majeur est « numériser tout en conservant la cohérence des forces terrestres », se traduit par trois objectifs intermédiaires :

1. Pouvoir engager, à partir de 2009, une force immédiatement apte au combat, à partir de deux brigades interarmes avec leurs appuis et d’un groupement de soutien divisionnaire, numérisés ; 2. Poursuivre, de 2009 à 2014, la numérisation des forces terrestres (équipement du volume de cinq brigades interarmes avec leurs appuis et leur soutien, l’interopérabilité de leurs moyens SIC étant atteinte dès 2011) ; 3. Réaliser la numérisation complète des forces terrestres pour 2020.

Cas concret : la NEB en Afghanistan

Depuis octobre 2008, les militaires du Bataillon français de Kaboul bénéficient des dernières avancées de la NEB. L’objectif, à terme, est de se connecter au réseau de l’OTAN. Dans ce cadre, des équipes de la section technique de l’armée de Terre se déplacent régulièrement sur les théâtres d’opérations pour évaluer le système.

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« La plus-value du système est énorme », explique l’adjudant Chaux du détachement d’appui à la NEB. « Cela permet une remontée automatique de position de toutes les patrouilles », précise-t-il. Les ordinateurs durcis et résistants à écrans tactiles, couplés aux GPS et PR4G, favorisent les gains de temps et une grande rapidité dans l’élaboration et la transmission des ordres et comptes-rendus. Ils permettent en outre au chef de section sur le terrain de donner des ordres précis avec un archivage automatique lui permettant de s’y référer autant que besoin. « Comme le recours à la transmission de données est plus fréquent, les réseaux sont moins encombrés. Cela est très utile, surtout dans l’urgence où le recours à la phonie est le plus adapté, notamment dans le cas du guidage aérien! », rajoute le sergent-chef Favier. Un atout décisif dans une opération où les temps de réaction et notamment l’arrivée d’appuis aériens peuvent faire la différence face à des insurgés très mobiles.

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Entraînement Point d’orgue d’une préparation opérationnelle longue de six mois, l’exercice JALALABAD, qui s’est déroulé du 23 septembre au 2 octobre, dans la région du Briançonnais, était l’ultime étape avant la projection en Afghanistan du groupement tactique interarmes Kapisa, armé par la 27e Brigade d’infanterie de montagne (27e BIM), prévue en décembre.

L

a salle “cinétir” du Centre national d’aguerrissement en montagne (CNAM) se remplit peu à peu dans un léger brouhaha. Les traits un peu tirés mais la tenue impeccable, les commandants d’unité, les chefs de section et l’ensemble des cadres de l’exercice JALALABAD prennent place pour le débriefing général, communément appelé la “trois alpha”, soit l’analyse après action. « Nous ne sommes pas là pour vous noter », annonce d’entrée de jeu le lieutenantcolonel Givre, chef du bureau emploi de la 27, « mais pour vous livrer à la fois les points positifs de votre manœuvre et ceux qu’il faut améliorer d’ici les quelques semaines qui vous séparent de votre projection en Afghanistan. » Cette dernière phase de l’exercice est primordiale pour l’ensemble des joueurs: il permet de tirer des enseignements à chaud et de pallier les lacunes, si nécessaire. La “3A” s’ouvre sur l’une des par-

Bientôt

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Exercice de la 27e BIM

ties les plus attendues par l’auditoire : il s’agit de celle des arbitres, ces militaires qui ont sillonné l’exercice durant les 9 jours pour observer, analyser et aider les chasseurs alpins à s’améliorer lors d’une opération. « Dans l’ensemble, vous êtes tous très forts physiquement et votre manœuvrabilité durant les divers incidents a été jugée très, très bonne », débute le lieutenant-colonel Philip, chef adjoint de la cellule animation. « Mais attention à votre comportement en termes de contact avec la population, l’armée nationale afghane et autres acteurs locaux. Ce ne sont pas tous des insurgés! Vous allez devoir apprendre à gérer ces contacts, car ils sont aussi garants de votre sécurité. » Dans la salle, quelques acquiescements accueillent cette remarque. Les analyses se succèdent et la liste des points à améliorer reste limitée. Si les appuis feu des ERC 90 et la communication en anglais et en dari présentent quelques faiblesses, les compa-

gnies du GTIA ont prouvé une robustesse à toute épreuve et la parfaite maîtrise de l’équilibre entre la réaction face à des attaques surprises et le souci de la sécurité. Le bilan global sur le plan tactique et opérationnel est donc très satisfaisant.

Un scénario réaliste

« Mais au-delà du niveau opérationnel et tactique, cet exercice permet de vérifier l’état de préparation psychologique et morale de la troupe » , estime le général Druart, commandant de la brigade, à l’issue du débriefing qui s’achève sur une petite heure de RETEX. Si elle n’est pas abordée directement dans le cadre du 3A, la préparation psychologi-

que demeure un objectif sous-jacent de tous les incidents déclenchés lors de JALALABAD. Les savoir-faire techniques et tactiques, tels que le combat en montagne, le tir, l’évacuation sanitaire, entre autres, ont fait l’objet d’un entraînement intensif depuis des mois. À titre d’exemple, 800 000 munitions de type 5,56 ont été tirées en 6 mois de préparation, ce qui équivaut à 1 an et demi de dotation. « Les fondamentaux sont réellement acquis et les chasseurs alpins sont prêts à partir », indique le général. « Avec l’exercice JALALABAD, il s’agissait surtout de conforter le capital confiance de la troupe. Quand vous êtes sur le terrain,

Les compagnies du GTIA ont prouvé une robustesse à toute épreuve et la parfaite maîtrise de l’équilibre entre la réaction face à des attaques surprises et le souci de la sécurité.

l’Afghanistan L’ombre du chef de section Les évènements du 18 août en Afghanistan montrent l’importance du binôme chef de section - radio. Le lieutenant Alègre de la Sougeole et le caporal Castaing, de la 2e section de la 4e compagnie du 27e Bataillon de chasseurs alpins, témoignent de cette étroite collaboration.

« Le radio, c’est mon “cordon ombilical” avec le commandant d’unité », affirme le lieutenant Alègre, tandis que sa section effectue la remise en condition du matériel au fort des Trois Têtes, à quelques dénivelés du CNAM. « Je dois toujours être en mesure de retransmettre les ordres du capitaine au chef de section », complète le caporal Castaing, engagé à la compagnie depuis trois ans. Le chef de section sait bien que le rôle du radio n’est pas facile à tenir, notamment avec ce surplus de charge à porter, quoi qu’il advienne. « Il faut être physique et rustique pour mener une action de combat en milieu montagneux. Et puis il faut avoir les bonnes réactions quand on est au contact, quelle que soit la fatigue ressentie. » La radio doit immédiatement réagir et faire comprendre que la section

est au contact. « Mon impératif, c’est d’être toujours derrière le chef de section. Je le suis comme son ombre. » « C’est vrai, c’est mon ombre. C’est aussi un peu mon garde du corps, quand on analyse bien la situation », appuie le lieutenant. Le binôme chef de section – radio est primordial pour la conduite de l’action sur le terrain. « Quand il y a trop de messages, j’essaie de me mettre dans un coin tranquille pour que le chef retrouve de la sérénité. » La sérénité du chef de section conditionne la gestion du stress inhérent à une action de combat. « Cela fait un an que je me prépare à la mission et je me suis bien amélioré, notamment en anglais », continue le caporal Castaing. Une langue qu’il faut pouvoir maîtriser quand on effectue des missions

Le LTN Alègre (à gauche) et le CPL Castaing, son radio.

dans un cadre multinational. « Mais, l’essentiel pour le binôme, c’est surtout de bien se connaître », conclut-il. « C’est vrai, je suis serein, je sais que je peux compter sur lui, comme je peux compter sur l’ensemble de ma section. On est prêt, il est temps de partir maintenant ! », confie le lieutenant tandis que la section s’apprête à quitter la zone d’exercice. TIM n° 200 - Décembre 2008 - Janvier 2009

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Entraînement

Des logisticiens formés au combat débarqué L’Unité de commandement et de logistique (UCL) du 27e BCA s’est, elle aussi, entraînée, comme toutes les unités de combat. Une préparation qui exige de la polyvalence puisqu’il faut cumuler les savoir-faire du combattant et du logisticien.

« On a tiré plus de 50000 cartouches, et tous mes personnels sont qualifiés ISTC2 A et B », déclare, satisfait, le capitaine Dourlen, commandant la compagnie de commandement et de logistique du 27e BCA, en marge du “3 alpha” qui marque la fin de l’exercice JALALABAD. « Lorsque nous serons en Afghanistan, nous allons vraiment devoir nous autogérer sur la FOB3 de Nijrab. Il faudra notamment assurer la sécurité de la base quand une opération se déclenchera et que tout le monde sera dehors », explique-t-il. « Pour s’y préparer, j’ai fait travailler ma compagnie sous forme d’atelier EVASAN, transmission, etc. Mais la partie la plus importance reste le tir ISTC. » « La maîtrise du tir ISTC est primordiale pour ce genre de mission », souligne le major Linard, qui sera adjoint du capitaine Dourlen sur la FOB de Nijrab. « C’est pour cette raison que j’ai reçu une formation auprès d’un instructeur à Gap, pour être moniteur ISTC et instruire ainsi le reste de l’UCL. » Quatre mois de formation ont été nécessaires pour former tout le monde aux techniques de combat débarqué et à l’ISTC. « Les hommes adhèrent complètement à ce nouveau principe car ils savent que c’est une question de survie », explique-t-il. La logistique opérationnelle implique plus que jamais de détenir des savoir-faire de combattant. « C’est vrai qu’il a fallu se remettre le nez dedans. En plus, la maîtrise de l’ISTC induit une autre façon de voir les choses. Chaque élément se responsabilise : ils doivent se parler, garder le contact. L’apprentissage de ces techniques a fait remonter beaucoup de questions de la part des jeunes : que faire pour éviter le “sur accident”? Quel blessé choisit-on de soigner en priorité si on est sous le feu? » Au final, les militaires de l’UCL sont prêts: « Il ne reste plus qu’à replacer tous ces savoir-faire dans un nouvel environnement : l’Afghanistan », termine le major.

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que vous devez mener une infiltration de nuit, avec plus de 30 kg de charge, puis enchaîner une action de combat et ce sur 9 jours, vous avez rapidement des clés pour jauger l’aspect moral de la troupe. Et il est très bon. » C’est le réalisme du scénario qui a permis d’estimer la préparation de la troupe. « Le réalisme a été le maître mot de cet exercice », souligne le capitaine Rouget, officier de marque de la 27e BIM. « Dès que nous avons appris que la 27 partait, j’ai été chargé de monter cet exercice dont le thème serait la contre-rébellion en zone montagneuse. Pour moi, le pays briançonnais se prêtait tout à fait au thème car il offrait des infrastructures de montagne en terrain libre. » L’objectif pour le capitaine : donner aux compagnies un avant-goût de Kapisa1. « J’ai pris les cartes de l’Afghanistan et je les ai calquées sur celles du pays briançonnais. » Chaque fin de journée se solde par un débriefing des arbitres pour savoir si les incidents ont été bien gérés. « Je travaille au plus près de l’incident pour vérifier si les savoir-faire tactiques et techniques sont bien appliqués », indique l’arbitre de mêlée. « Pour une infiltration de nuit, je vérifie bien qu’elle s’effectue en toute discrétion. Je n’interviens jamais en cours d’action. » La préparation de chaque incident doit

Le chef de section de la 4e cie du 27e BCA.

être jouée sérieusement. « Mais l’objectif majeur du scénario de l’exercice JALALABAD est de rassurer ceux qui partent, les mettre en confiance sur leurs acquis, car ils sont bons. » CNE Nathalie DURAND Photos : ADJ Jean-Raphaël DRAHI Zone à l’est de Kaboul, où un GTIA français est déployé depuis l’été 2008. Pour en savoir plus, consultez la rubrique « En direct d’Afghanistan » du TIM 199. 2 Instruction sur le tir de combat. 3 Forward operating base. 1


Exercice de la 27e BIM

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JALALABAD en quelques chiffres Les éléments constitutifs contrôlés lors de cet exercice sont les suivants: • 550 personnels du 27e Bataillon de chasseurs alpins d’Annecy; • 95 personnels du 93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces; • 25 personnels du 4e Régiment de chasseurs de Gap; • 70 personnels du 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol. Sur l’exercice, le Groupement tactique interarmes (GTIA) que constitue cette Task Force était commandé par le colonel Le Nen, chef de corps du 27e Bataillon de chasseurs alpins. Dans le cadre de la mise en œuvre de l’exercice, 150 personnels de la brigade étaient également présents. Ces personnels assuraient la construction

de l’exercice, la réalisation des incidents et la simulation de la force adverse. Les compagnies ont été amenées à faire, durant l’exercice, la preuve de leur capacité à se déplacer, stationner et combattre en milieu montagneux avec leur matériel, face à un ennemi correspondant à celui qui existe en Afghanistan. Dans ce contexte, ils ont eu à sécuriser des zones montagneuses, reconnaître des cols et des axes, déceler d’éventuels engins explosifs improvisés et les neutraliser, réagir face à des attaques surprises ou à des embuscades, évacuer et soigner les blessés éventuels, assurer la liaison radio en tout temps et tout lieu avec le commandement.

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3 1. L’aviation légère de l’armée de Terre assure une fonction majeure dans les opérations d’évacuations sanitaires. 2 et 3. Une opération de brancardage réalisée par des hommes du 27e BCA.

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Traditions

Des marraines aine de guerre à la marr de régiment

Marraine

s r u o j u o t e marrain

pressionnée par taire, avait été très im is qu’elle avait le rôle des soldats frança o, et que c’est vovus à l’œuvre au Kosov d’être la marraine lontiers qu’elle accepta , faisant partie de e ent im du 3 RH. « Le rég e, avait un bala brigade franco-allemand elle », explique gage biculturel comme . De père franTIM le capitaine Bolling à Patricia Kaas e, nd ma çais et de mère alle des deux pays a été élevée à la frontière . a toujours promu l’amitié ations se dont elle rel les , cas des t par Dans la plu e première rensont distendues après un rraines de guerre diatisée, mais Ma mé n bie t ven sou , de régiments, phénomène tre con oyé Les marraines env a i (qu rraias Ka ia tric été précédées par les ma certains, dont Pa ), n’ont récent, ont icle art ent fur cet i r qu , pou 918 cée ica 4-1 sa photo déd de guerre de 191 ble me bref, dans nes ita mê e, vér sag Un pas rs. r llie leu mi lié pas oub des centaines de et a ort onf qui réc nos régiments. phénomène de société de et ple t sim tou s s trè dat de sol n de r des millions « C’était quelqu’u le capi- fit fantasme nt vovie pro sou s, se , jor » ma ue tshiq très sympat inquiétant les éta r communica- en et inspirant taine Jean Bolling, officiee nt des débats passionnés qua de t en gim Ré 3 au des pièces de théâtre. tion et information e, des chansons et agn em All en ment en ing nd hussards à Imme ine de guerre était initiale une jour- La marra ser e de pas ral y t mo vin sse use tre nte quand la cha onse à la dé nvoyer par une rép gid’e ori nt ts ava da 0 sol 200 e de rs obr llie oct née en centaines de mi e êtr r pou ns de t nso l’es cha de rd et la suite des CD de ses naires de régions du no . pen ent s im ille rég fam le distribués dans , coupés de leurs la chan- la France e que nd e ma ont alle rac g ée llin anc Bo l’av Le capitaine t quatre ans par envisagé quand dan ines de la teuse, qui lui a dit avoir les premières sema s dè limi re riè car e un te elle était adolescen guerre.

a Casta ont marqué Si Patricia Kaas ou Laétiti arraines de régiments, m e qu nt ta en its pr es s le Première Guerre la tradition remonte à la arraines de guerre mondiale, lorsque des m porter un soutien prennent la plume pour ap de leur famille. moral aux soldats coupés

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perout le monde connaît ces des , cle cta sonnalités du spe au i, qu rt spo du médias ou ées ann res niè der ces de cours rraines ont accepté d’être ma mée de l’ar de s ou parrains de régiment (3e RH), as Ka ia tric Terre. La chanteuse Pa azal (RICM), le la journaliste Claire Ch e sta (2 REP), l’acmannequin Laétitia Ca e ou G) les chamteur Guy Marchand (2 RE e rnant (8 RA) Tou pions cyclistes Armaud e RAMa) sont du et Bernard Hinault (11 nombre.

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attiré une lettre chaleureux et elle s’est et ux ue ect aff s plu ademoiselle : je je serais pour vous le de l’épouse disant : “M uLie : rire Ec ls. eu énavant à mon fill dor erdis d’écrire le plus discret des e etc. » ou vous int ie, ter an inf 74 s, mi tenant Ara mari ! » iers dem. corsociation Solida« Deux jeunes sous-offic Aujourd’hui, c’est l’as s, ne ien de ris pa s lle qui envoie, lors des fêtes respondre avec genti et rité Défense ée icou lita Ba mi e rir les s Ec tou es. à très affectueus fin d’année, des colis En e e. nd mo le » s L. ver RA tra à s Groisier, 130 en opération it des dessins res cun composé « La Vie parisienne publia 8, ces colis étaient cha 200 pla les r pe à pou nt aie multiprise, d’une lam que les Poilus arrach les d’une pince t en tai 000 15 C’é s. ue na elq Qu cag . rs ats o et de chocol carder dans leu ïti tait bien dynam Ha c’é si is pu me de mê e, és bu oqu tri l’ép pin-up de colis ont été dis les ns s Da ver i. tra hu ’à rd’ si qu sage comparé à aujou jusqu’en Afghanistan ain et es ain ral diz né gé des it de ava lon dernières pages, il y le continent africain. Se onces de filleuls cherlégué général de nn dé d’a ch, es its ain Br o diz un des Br s) er, (2 ais de courri ou vice versa. C’est cela l’association, « ce qui a le plus touché « Ils ne recevaient jam où al- chant marraines pas nt aie sorte sav ne et , ats dessins d’enni de mand moire a retenu, une les militaires, c’était les leurs famil- que la mé e, ue isq err pu gu la ion ns iss da rm se pe s ler en primaire à travers la ie amoureu is », explique d’éclairc t fants d’écoles vah den en pon ys res pa en cor colis. Ce i t qu ien s éta ne jeu les mmes e qui étaient joints aux torien du pre- des ho is qui se Franc pu et t aux sols ne ren jeu ont s dém me Jean-Yves La Naour, his qui fem s sont ces dessin t plus avec des ien éta et Ils « on . ssi ial mi nd per mo x la à eu ». mier conflit nt au cours de dats que la Nation pense s soldats car rencontre Il tre ge. au ria les ma e qu en ux ent ure vol malhe ement con ent rien faire éventuell mer Bernard EDINGER ils ne pouvaient absolum la marraine faisait fantas que sûr est la de e dé L’i s. de sol . s our Na Le M. e liqu avec leurs petite exp , » dat allait leur écrire le sol marraine de guerre qui r pou te fai it éta et leur envoyer des colis de guerre, les Claire Chazal a été montrer qu’en temps une grande et s la marraine du RICM. tou t Français étaien Le Naour M. ue liq exp , » ille même fam à TIM. tronnesses qui, Ce sont des dames pa mières œuvres pre les nt en 1915, créère Mon soldat, etc.) (La famille du soldat, nt moral. « Le dans un esprit hauteme pas innocent. st n’e terme de “marraine” e religieux, il lair abu voc Appartenant au devant Dieu de évoque l’engagement ceux-ci viennent suppléer les parents si l’historien. ne lig à disparaître », sou mes à travers fem nes jeu s De nombreuse » des soldats, enla France « adoptèrent succès fut telvoyant lettres et colis. Le breux autres nom de lement fulgurant que s non occuion rég de es air soldats, origin èrent aussi des pées par l’ennemi, réclam marraines. hommes jeuSelon M. Le Naour, « ces res ont eu envie servatrice s’étrangle, dé nes, libres et célibatai s jeunes La presse con me e qu fem de dis t tan for » on e sm réc éti d’avoir un nt « du proxén choses qu’on ne nonça estions et célibataires. Il y a des ajor se pose des qu -m tat l’é cas pas ne r pou s ent on urité et rép d à des disait pas à ses par leur concernant la séc s pa it uva po nes ne ne On . ser leur moral pour voir si des espion déprimé, je annonces ent ions tem esp s plè de t com s voi sui dire: “Je hent pas. « On rre est vraiment s’y cac “qui s gue ne te ion cet s, esp s plu x de ut peu n n’e partout et surto sa à e dir t tou t , dit » vai pou es” rler les homm horrible”, mais on suite savent faire pa en ait rch uvé che tro t st ven n’e sou i ion marraine qu M. Le Naour. Aucun esp soldat. » sn” sui “so s de ine rra ral ma mo le les r t à releve is l’armée interdi nt des revues dites ma me , rle ois tef Pa tou le t, e en qu em re pid Ra ses, une mesu plo l’ex st c’e ne et t d’u len ur « légères » s’en mê l’armée à annuler de pe marraines. Dans oblige sion de la popularité des lomatique. dip parisienne appa- crise ses des l’hebdomadaire La Vie our ajoute : « Les épou Na Le M. marpetites annonces de les t es tou pag du des pas nt ent sse rai Poilus n’appréci qui ne éen le cas d’une lyc comme celle-ci: iriez à raines. Citons écr m’ s car t, vou mo z… tit lie pe vou « Si vous le a un colis avec un une ou blonde, envoy ilus. Cette moi, jolie marraine. Br sses adoptaient des Po cla les du monde distine mot bien dam tit is pe ma un te é por voy ’im qu s, jeune fille a en mi Ara t an ten lieu le i, guée, aim. Et mo Pho

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Sport

Depuis plus de 30 ans, le Groupement militaire de haute montagne (GMHM) poursuit sa double mission de promotion d’un alpinisme de haut niveau au sein de l’armée de Terre et de maîtrise des conditions physiques et climatiques extrêmes. En novembre et décembre 2008, cette unité d’élite affrontait le milieu polaire Antarctique pour la cinquième étape de son expédition 7 continents, 7 alpinismes.

de l’extrême

Des grimpeurs

Le GMHM en Antarctique

-28 °C

le soir, - 8 °C le matin au soleil, presque la Côte d’Azur », est-il écrit sur le carnet de bord de l’équipe du GMHM déployée en Antarctique en ce début novembre 2008. Après avoir installé leur camp de base et affronté des températures largement négatives (- 35 °C…), les hommes du commandant Thomas Faucheur savent encore faire preuve d’humour. « Vivre dans des conditions polaires extrêmes pour actualiser nos connaissances et être capable de durer dans ce milieu, c’était la mission », explique le commandant. « Nous avons ajouté l’escalade en milieu froid parce que c’est une occasion d’augmenter notre expertise et de rayonner en découvrant des sommets vierges. » En 2005, ils étaient au Mali et en Patagonie, en 2006 en Nouvelle-Zélande, en 2007 au Groënland. L’objectif global de ce tour du monde : démontrer la polyvalence du GMHM. Alors, à chaque étape de ce périple qui devrait durer 5 ans, ils réapprennent et mettent en œuvre une pratique particulière de l’alpinisme: l’escalade mixte dans les Andes, le ski en Nouvelle-Zélande et cette fois l’escalade dite « artificielle » (cf. encadré « L’escalade artificielle »).

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L’escalade artificielle :

l’« artif »

Toute l’équipe au sommet l’Holstind

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Cette activité permet de gravir des faces rocheuses très raides, grâce notamment à l’utilisation de « beaucoup de matériel technique et qui fait souvent peur », explique le chasseur Sébastien Ratel, grimpeur. « Car la bidouille fait partie de ce type d’escalade: il faut se creuser la tête pour avancer. » Son camarade, le sous-lieutenant Didier Jourdain, renchérit: « C’est une activité hyper cérébrale, avec aussi des longueurs éprouvantes: cet aspect-là est très intéressant dans l’escalade artificielle. » Le commandant Faucheur insiste sur la répétition des apprentissages : « La préparation est une phase importante : il ne faut rien oublier. C’est aussi une remise en question. Cette fois, nous nous sommes préparés au milieu polaire au Groënland et au Spitzberg notamment pour pouvoir être à l’aise, y vivre sereinement. » Dans une interview donnée depuis l’Antarctique, le sous-lieutenant Jourdain, également en charge des transmissions et du multimédia pour l’expédition, ajoute qu’une des problématiques propre à ce type d’escalade est la gestion de l’eau. En effet, quand l’équipe passe plusieurs jours

Cette technique permet de gravir des faces rocheuses raides et compactes en utilisant un matériel divers (micro pitons, plombs, crochets…). Parfois longue et fastidieuse, cette escalade était passée de mode au profit de l’escalade libre plus élégante. Elle retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse car elle permet d’affronter de grands murs appelés big walls. Ouvrir un itinéraire en « artif » nécessite de transporter énormément de matériel pour vivre en paroi pendant plusieurs jours et de répondre à tous les problèmes du rocher.


à grimper, elle vit, dort, mange sur la paroi et doit assurer son propre approvisionnement en eau potable. « Comme la paroi est très raide et qu’on y trouve pas de neige à faire fondre, nous avons dû tirer des sacs de 80 kg de neige depuis le bas: ça nous a pris presque deux jours avec le reste du matériel (portaledges1, nourriture, gaz). » Soulignons également que, sur cette expédition, l’équipe était totalement autonome en énergie solaire pour recharger tous ses moyens de communication (ordinateur portable, téléphone satellite, radios, appareils photo, caméras), y compris dans la paroi. Le GMHM travaille aujourd’hui à améliorer cette capacité.

Interview du commandant Thomas Faucheur, commandant le GMHM

Quelques jours après votre retour d’une expédition qui aura duré 7 semaines, que ressentez-vous ? Du soulagement ! Nous sommes tous rentrés, les objectifs ont été atteints, nous avons même fait quelques sommets en bonus. Quelles leçons tirez-vous de cette expédition en Antarctique? La préparation, par son niveau d’exigence, est déterminante et impérative. Les aspects humains aussi : travailler à 6, dans une région rude et isolée impose à chacun de savoir s’effacer pour permettre la réussite du groupe. Un temps fort ? L’arrivée au sommet de l’Holstind est un moment spécial, l’aboutissement d’une préparation commencée en 2004 et une bonne surprise parce qu’on ne pensait pas forcement l’atteindre ce jour-là. Votre prochaine étape ? Courant 2009, nous serons en Himalaya ou en Alaska, toujours dans le cadre de 7 continents, 7 alpinismes. Cette fois, nos objectifs de tests seront l’altitude et la neige.

La bidouille fait partie de ce type d’escalade : il faut se creuser la tête pour avancer. » Chasseur Sébastien Ratel

Dormir dans le vide

Pour dormir, c’est aussi l’adaptation qui prévaut: « Nous installons un portaledge dans le vide et les deux autres sont suspendus au-dessus d’une petite terrasse. La nuit, le soleil tourne et commence à chauffer dès 4 heures du matin. Au réveil, la toile de tente n’est donc pas trop recouverte de givre », peut-on lire sur le journal de bord de l’expédition. Le froid, enfin (surtout), est l’autre facteur clé de cette ascension: « On ne peut escalader qu’entre 9 heures et 17 heures Dès que le soleil disparaît, le froid devient insupportable », explique le chasseur Jourdain. Une autre mission du GMHM est de rechercher et expérimenter en milieu extrême, grâce à la constitution d’un vivier de spécialistes pour des missions à caractère exceptionnel. Aujourd’hui, le GMHM oriente ses interventions sur la façon d’appréhender collectivement les milieux à risques. Il a ainsi pu conseiller les troupes de la 27e BIM dans la préparation de leur mission en Afghanistan. Finalement, après 5 jours d’ascension, les grimpeurs ont atteint le sommet de l’Holstind, l’objectif de l’expédition. Equiper et ouvrir la voie sur cette paroi granitique abrupte de 650 m, « avec un rocher vraiment mauvais en surface », aura été une épreuve, même pour ces spécialistes ! « Nous sommes bien contents d’en avoir terminé », peut-on lire sur le journal de bord publié sur Internet, « et émus de baptiser la voie pilier de Choudens-Renard, en hommage à nos camarades décédés en mission en 2003. » Comme toujours, l’accès au sommet reste un moment exceptionnel. Une heure et demie à admirer un tour d’horizon superbe sur la région de la Reine Maude peut paraître dérisoire après tant d’heures passées à grimper et à suivre les fissures de la paroi, mais c’est aussi pour cela que le plaisir de grimper est parfois inexplicable. Lieutenant Thomas DIJOL Photos: GMHM 1

Structures tubulaires avec toile de tente, permettant de s’accrocher partout.

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