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El Cachafaz de COPI

CRÉATION MUSICALE ALAIN AUBIN MISE EN SCÈNE CATHERINE MARNAS DANS LE CADRE DE L'INAUGURATION DES PLATEAUX DE LA FRICHE LA BELLE DE MAI - MARSEILLE

REVUE DE PRESSE

PARNAS COMPAGNIEDRAMATIQUEPARNAS direction artistique direction générale communication | diffusion

Catherine Marnas Claude Poinas claudepoinas@parnas.fr Olivier Quéro olivierquero@parnas.fr

+ 33 (0) 4 91 64 41 90 + 33 (0) 6 08 78 58 83 + 33 (0) 6 32 11 17 36


22 OCT 13

Quotidien OJD : 119418 Surface approx. (cm²) : 341 N° de page : 29 11 RUE BERANGER 75154 PARIS - 01 42 76 17 89

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À Marseille, Copi servi sur les Plateaux

Mardi 22 octobre 2013

Lieu . Le nouveau théâtre de la Friche Belle de Mai ouvre avec une pièce du dramaturge défunt.

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Composé de deux salles, le théâtre les Plateaux a coûté 4 millions d'euros. PHOTO DR

LIEU Le nouveau théâtre de la Friche Belle de Mai ouvre avec une pièce du dramaturge défunt.

A Marseille, Copi servi sur les Plateaux

22 OCT 13

Quotidien OJD : 119418 Surface approx. (cm²) : 341 N° de page : 29

11 RUE BERANGER 75154 PARIS - 01 42 76 17 89

PARNAS 1049097300524/XME/ACR/1

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e n'est pas le Mucem, de Mâcha Makeieff. Forte- ont investi la petite salle, où I mais c'est aussi une ment appuyée par le minis- ils ont présente, de 22 heu V. à réussite architecturale tère de la Culture, la déci- res à 5 heures du matin, une marseillaise. Bâti en moins sion de construire le théâtre Traversée de la nuit, en trois d'un an, le theâtre dè la de la Friche était en partie spectacles. Friche Belle de Mai - baptisé une compensation à son Viande. Dans la grande pour le moment les Fia égard. Il était prévu à l'ori- salle, Catherine Marnas a, gine qu'elle s'y installe quant à elle, choisi de faire teaux - a été inauguré sa medi en présence du maire, en partage avec une autre les choses en grand. Pour Jean-Claude Gaudin, et de troupe, la compagnie l'En- monter El Cachafaz de Copi, Sébastien Eymard, archi- treprise, que dirige François «tragédie tango en deux tecte de l'agence Construire Cervantes. Sauf qu'il est ap- actes et en vers», elle a de(fondée par Patrick Bou- paru assez vite que s'il exis- mande au musicien Alain chain) et concepteur du tait un budget pour cons- Aubin de composer une mu projet avec Loic Julienne. Ce truire le théâtre, rien n'était sique originale, interprétée nouveau lieu de spectacles prévu pour son fonctionne- par un quatuor (accordéon, violon, clarinette comprend deux plateaux basse, contredisposés dos à dos et II est vite apparu que s'il basse) et chantée deux salles pouvant ac- existait im budget pour par une quaran cueillir respectivement Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations laine de choris370 et 150 spectateurs. Lé- construire le théâtre, tes, en plus des gère, faisant largement ap- rien n'était prévu pour trois comédiens pel au bois, cette nouvelle son fonctionnement. principaux. structure pérenne, partiellement enchâssée dans des ment. Un problème qui est Un véritable opéra donc, murs déjà existants, a été celui de toute la Friche, qui pour une fable politico-déliconçue dans l'esprit d'un n'a pas les moyens de pro- rante où un voyou de bidonthéâtre éphémère. Son coût duire et se trouve être de fait ville (El Cachafaz) et sa final - moins de 4 millions plus une structure d'accueil, maîtresse transsexuelle d'euros - a de quoi faire ré- qui loue ses espaces, qu'un (Raulito) assassinent des fléchir nombre d'élus lo- vrai lieu de création. Voyant flics pour les transformer en caux : il existe des alterna- qu'elle ne disposerait pas de viande de boucherie. Soutives à la politique du béton moyens nécessaires pour cieuse de faire entendre le et des salles polyvalentes produire et faire tourner le texte original en espagnol et théâtre, Catherine Marnas a en vers, elle le fait dire et à 40 millions. Compensation. Le lieu a candidate avec succès à la chanter en VO surtitrée. par ailleurs été imaginé direction du Théâtre natio- Méritoire par son ambition, en collaboration avec des nal de Bordeaux-Aquitaine, le spectacle se révèle bien artistes, et d'abord Cathe- où elle prendra ses fonctions trop sage, ce qui, s'agissant rine Marnas, directement à le 1er janvier. de Copi, est presque une hél'origine du projet. Installée Le spectacle qu'elle a signé résie. Au moins n'a-t-elle à Marseille depuis de nom- pour l'inauguration du nou- pas choisi la facilité. Envoyé spécial à Marseille breuses années, la metteuse veau théâtre est donc aussi RENÉ SOLIS en scène devait être nom- celui de son au revoir à Marmée à la tête du Théâtre na- seille. Restent pour le mo- «El Cachafaz» de Cepl, tional de la Criée à partir ment seuls dans les lieux ms de Catherine Marnas, en espagnol surtitré. de 2011. A la toute dernière François Cervantes et Les Plateaux, Friche cle la minute, sa candidature avait la Compagnie l'Entreprise. Belle de mai de Marseille (ri) été écartée au profit de celle Qui, pour l'inauguration, Jusquau 25 octobre.

Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations

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Ce n’est pas le Mucem, mais c’est aussi une réussite architecturale marseillaise. Bâti en moins d’un an, le théâtre de la Friche Belle de Mai - baptisé pour le moment les Plateaux - a été inauguré samedi en présence du maire, Jean-Claude Gaudin, et de Sébastien Eymard, architecte de l’agence Construire (fondée par Patrick Bouchain) et concepteur du projet avec Loïc Julienne. Ce nouveau lieu de spectacles comprend deux plateaux disposés dos à dos et deux salles pouvant accueillir respectivement 370 et 150 spectateurs. Légère, faisant largement appel au bois, cette nouvelle structure pérenne, partiellement enchâssée dans des murs déjà existants, a été conçue dans l’esprit d’un théâtre éphémère. Son coût final - moins de 4 millions d’euros - a de quoi faire réfléchir nombre d’élus locaux : il existe des alternatives à la politique du béton et des salles polyvalentes à 40 millions. Compensation. Le lieu a par ailleurs été imaginé en collaboration avec des artistes, et d’abord Catherine Marnas, directement à l’origine du projet. Installée à Marseille depuis de nombreuses années, la metteuse en scène devait être nommée à la tête du Théâtre national de la Criée à partir de 2011. A la toute dernière minute, sa candidature avait été écartée au profit de celle de Macha Makeieff. Fortement appuyée par le ministère de la Culture, la décision de construire le théâtre de la Friche était en partie une compensation à son égard. Il était prévu à l’origine qu’elle s’y installe en partage avec une autre troupe, la compagnie l’Entreprise, que dirige François Cervantes. Sauf qu’il est apparu assez vite que s’il existait un budget pour construire le théâtre, rien n’était prévu pour son fonctionnement. Un problème qui est celui de toute la Friche, qui n’a pas les moyens de produire et se trouve être de fait plus une structure d’accueil, qui loue ses espaces, qu’un vrai lieu de création. Voyant qu’elle ne disposerait pas de moyens nécessaires pour produire et faire tourner le théâtre, Catherine Marnas a candidaté avec succès à la direction du Théâtre national de Bordeaux-Aquitaine, où elle prendra ses fonctions le 1er janvier. Le spectacle qu’elle a signé pour l’inauguration du nouveau théâtre est donc aussi celui de son au revoir à Marseille. Restent pour le moment seuls dans les lieux François Cervantes et la Compagnie l’Entreprise. Qui, pour l’inauguration, ont investi la petite salle, où ils ont présenté, de 22 heures à 5 heures du matin, une Traversée de la nuit, en trois spectacles.

El Cachafaz | REVUE DE PRESSE | page 2


Mardi 22 octobre 2013 (suite)

Viande. Dans la grande salle, Catherine Marnas a, quant à elle, choisi de faire les choses en grand. Pour monter El Cachafaz de Copi, «tragédie-tango en deux actes et en vers», elle a demandé au musicien Alain Aubin de composer une musique originale, interprétée par un quatuor (accordéon, violon, clarinette basse, contrebasse) et chantée par une quarantaine de choristes, en plus des trois comédiens principaux. Un véritable opéra donc, pour une fable politico-délirante où un voyou de bidonville (El Cachafaz) et sa maîtresse transsexuelle (Raulito) assassinent des flics pour les transformer en viande de boucherie. Soucieuse de faire entendre le texte original en espagnol et en vers, elle le fait dire et chanter en VO surtitrée. Méritoire par son ambition, le spectacle se révèle bien trop sage, ce qui, s’agissant de Copi, est presque une hérésie. Au moins n’a-t-elle pas choisi la facilité. René Solis Envoyé spécial à Marseille

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20 OCT 13 Quotidien

19 COURS D'ESTIENNE D'ORVES BP 91862 13222 MARSEILLE CEDEX 1 - 04 91 57 75 00

Surface approx. (cm²) : 331 N° de page : 8

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Dimanche 20 octobre 2013 Société

20 OCT 13 Quotidien

19 COURS D'ESTIENNE D'ORVES BP 91862 13222 MARSEILLE CEDEX 1 - 04 91 57 75 00

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Page 2/2 L'architecte Sébastien Eymard, de l'agence Construire sélectionnée pour la maîtrise d'ouvrage, a rappelé hier dans son discours que le Grand plateau est un ancien hangar de stockage . PHOTO MIGUE MARIO™

Belle-de-Mai. La Friche a inauguré hier ses deux plateaux, en présence de tous les partenaires de ce lieu artistique.

Le pôle cles arts de la scène s'étoffe

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• La Friche Belle-de-Mai a inau- commun pour desservir la Friche guré hier ses tous derniers équipe- et l'absence de « parking à la hauments. Après le Panorama, un lieu teur de ce site »... d'exposition notamment, c'est au Au tour de l'architecte Sébastour de ses deux plateaux. Finan- tien Eymard de retracer le checés à hauteur de 1,5 million d'eu- min parcouru. Ainsi rappelle-tros par l'Etat et 2,4 millions par la il le nom de Patrick Boucham, Ville de Marsteille, ils comptent des l'une des figures fondatrices de la jauges de 150 et 372 places. Pour Friche, ainsi que celui de Philippe l'occasion, élus et hauts fonction Foulquié. Il insiste en outre sur Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations naires ont répondu à l'invitation « to volonté de simplicité et d'effien masse. Région, Département, cacité » qui ont prévalu dans ce mairie, communauté urbaine et projet « conçu en échange direct État étaient tous représentés. Dès avec les acteurs de la Friche ». Il est également question de « per16h, coupure du ruban. manence architecturale ». Il suffit de jeter un oeil au site pour s'en Remerciements et requêtes Rapide tour des deux salles : le apercevoir. L'ancienne fabrique et ses grands espaces a temps de découvrir l'endroit, tout de tabac son empreinte. Pour autant, de bois vêtu et doté de fauteuils laissé évoque aussi la notion assez confortables. Puis, chacun l'architecte « d'expérimentation artistique et s'assied dans let, premiers rangs architecturale ». de la plus grande salle pour enNul doute, l'expérimentation tendre une série de discours. Si prévaut sur le site. Au risque de se les remerciements et congratula- demander si certains élus jouent tions tombent à l'appel, quèlques aux apprentis sorciers. Du moins remarques incisives s'échappent s'il on en juge par les interrogations aussi. Ainsi Marc Boilet, prési- concernant le coût de fonctionnedent de la Friche, salue-t-il « la ment des plateaux émises par cerdétermination » de la metteuse tains acteurs culturels, comme Caen scène Catherine Marnas, qui therine Marnas elle-même. Mais partira cet été diriger le centre Marc Boilet se veut rassurant. Et dramatique national ue Bordeaux. de lancer : « Je suis convaincu, CaIl remercie aussi les collectivités therine, qu 'Hy aura de l'essence pour partenaires, avant de les interpel- faire tourner cette machine. » Un ler sur le manque de transports en appel du pied bien placé. MARJOLAINE DIHL

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Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations

Le pôle cles arts de la scène s'étoffe La Friche Belle-de-Mai a inauguré hier ses tous derniers équipements. Après le Panorama, un lieu d'exposition notamment, c'est autour de ses deux plateaux. Financés à hauteur de 1,5 million d'euros par l'Etat et 2,4 millions par la Ville de Marseille, ils comptent des jauges de 150 et 372 places. Pour l'occasion, élus et hauts fonctionnaires ont répondu à l'invitation en masse. Région, Département, mairie, communauté urbaine et État étaient tous représentés. Dès 16h, coupure du ruban. Remerciements et requêtes Rapide tour des deux salles : le temps de découvrir l'endroit, tout de bois vêtu et doté de fauteuils assez confortables. Puis, chacun s'assied dans les premiers rangs de la plus grande salle pour entendre une série de discours. Si les remerciements et congratulations tombent à l'appel, quelques remarques incisives s'échappent aussi. Ainsi Marc Boilet, président de la Friche, salue-t-il « la détermination » de la metteuse en scène Catherine Marnas, qui partira cet été diriger le centre dramatique national de Bordeaux. Il remercie aussi les collectivités partenaires, avant de les interpeller sur le manque de transports en commun pour desservir la Friche et l'absence de « parking à la hauteur de ce site »... Au tour de l'architecte Sébastien Eymard de retracer le chemin parcouru. Ainsi rappelle-til le nom de Patrick Boucham, l'une des figures fondatrices de la Friche, ainsi que celui de Philippe Foulquié. Il insiste en outre sur « la volonté de simplicité et d'efficacité » qui ont prévalu dans ce projet « conçu en échange direct avec les acteurs de la Friche ». Il est également question de « permanence architecturale ». Il suffit de jeter un oeil au site pour s'en apercevoir. L'ancienne fabrique de tabac et ses grands espaces a laissé son empreinte. Pour autant, l'architecte évoque aussi la notion « d'expérimentation artistique et architecturale ». Nul doute, l'expérimentation prévaut sur le site. Au risque de se demander si certains élus jouent aux apprentis sorciers. Du moins s'il on en juge par les interrogations concernant le coût de fonctionnement des plateaux émises par certainsacteurs culturels, comme Catherine Marnas elle-même. Mais Marc Boilet se veut rassurant. Et de lancer : « Je suis convaincu, Catherine, qu'il aura de l'essence pourfaire tourner cette machine. » Un appel du pied bien placé. Marjolaine Dihl

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17 OCT 13

Jeudi 17 octobre 2013 19 COURS D'ESTIENNE D'ORVES BP 91862 13222 MARSEILLE CEDEX 1 - 04 91 57 75 00

Quotidien

Objectif, pôle d’attraction

Surface approx. (cm²) : 409 N° de page : 11

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Équipement. La Friche Belle de Mai se dote de deux nouvelles salles de spectacle, les Plateaux, et veut fédérer opérateurs et créateurs de la région, via une forme de coopérative dédiée aux arts de la scène.

Objectif, pôle d'attraction

17 OCT 13

Quotidien

19 COURS D'ESTIENNE D'ORVES BP 91862 13222 MARSEILLE CEDEX 1 - 04 91 57 75 00

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Installation en cours, hier, sur le Grand Plateau. PHOTO LAURENT S.ACCOMANO

La Friche Belle de Mai a désormais ses Plateaux, le petit et le grand, deux salles de spectacle constituant le socle de son nouveau Pôle arts de la scène. Inaugurées samedi durant Made in Friche (lire ci-dessous), ces nouveaux espaces aux charpentes de bois, conçus par l'agence Construire à la croisée de deux rues couvertes de la Friche, proposent, pour le plus vaste, 372 places avec un gradin fixe et un plateau de 18 mètres d'ouverture, essentiellement utilisé comme lieu de diffusion et s'agissant du Petit Plateau, 150 places réparties sur un gradin rétractable, pouvant dégager 320m2 pour des répétitions, des concerts ou autres formes. Côtoyant l'espace Panorama, les Plateaux - façades et toiture de tôle gris anthracite, fronton bardé en planches de bois brûlé - émergent sur le toit-terrasse de la Friche. Construite en sept mois, la nouvelle structure a coûté 4,6 millions d'euros, dont 1,5 million apportés par l'État et 2,4 millions par la Ville. Hier, tout n'était pas encore achevé : on s'y activait encore, posant notamment des plaques de bois sur les murs pour régler l'acoustique. Les techniciens mettaient également en place les décors pour accueillir, ce week-end, les propositions de la compagnie l'Entreprise et la création de Catherine Marnas.

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Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations

Rassembler des activités de production Laquelle joue d'ailleurs un autre rôle dans l'histoire : le Pôle arts de la scène n'a pas à proprement parler de tête car la metteur en scène, pressentie à sa direction après que la Criée lui eut échappé, est finalement partie prendre les rênes du Théâtre

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national de Bordeaux. Quoi qu'il en soit, le pôle est destiné à rassembler des activités de production (par le soutien à la création) et de formation (l'Institut méditerranéen des métiers du spectacle, prévu pour septembre 2015). Alain Arnaudet, le directeur de la Friche, espère pouvoir présenter « une préfiguration u du pôle tel qu'il l'imagine pour la saison 2014-2015 : « Nous discutons actuellement avec les différents partenaires (collectivités territoriales, État) et les opérateurs du territoire (scènes conventionnées, centres nationaux, etc.). Le but est de constituer une coopérative de production, de se fédérer pour accompagner la création dans ïe domaine des arts de la scène. Cela pour des compagnies françaises comme étrangères. E s'agit donc de se regrouper en termes de moyens financiers et techniques : pré-achat de spectacles, espaces de travail, plannings, mobilisation des réseaux de chacun pour que les créations soient diffusées, etc. » Alain Arnaudet appuie son raisonnement sur deux points. Tout d'abord la Friche a désormais, selon lui, les épaules nécessaires, ayant largement augmente ses espaces de travail et de diffusion et vu sa fréquentation progresser (et même tripler en 2013). D'autres part, la mutualisation lui semble nécessaire : « Les théâtres disposent de moins en moins de moyens tout en étant soumis à des objectifs de remplissage importants. Conséquence, la création en pâtit. » Et, par ricochet, le public. D'autant que, ajoute-til, « les spectacles créés sont, selon les moyennes nationales, joués six fois pour le théâtre, trois fois pour la danse... » ANTOINE PATEFFOZ

Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations

La Friche Belle de Mai se dote de deux nouvelles salles de spectacle, les Plateaux, et veut fédérer opérateurs et créateurs de la région, via une forme de coopérative dédiée aux arts de la scène. La Friche Belle de Mai a désormais ses Plateaux, le petit et le grand, deux salles de spectacle constituant le socle de son nouveau Pôle arts de la scène. Inaugurées samedi durant Made in Friche (lire ci-dessous), ces nouveaux espaces aux charpentes de bois, conçus par l’agence Construire à la croisée de deux rues couvertes de la Friche, proposent, pour le plus vaste, 372 places avec un gradin fixe et un plateau de 18 mètres d’ouverture, essentiellement utilisé comme lieu de diffusion et s’agissant du Petit Plateau, 150 places réparties sur un gradin rétractable, pouvant dégager 320m2 pour des répétitions, des concerts ou autres formes. Côtoyant l’espace Panorama, les Plateaux - façades et toiture de tôle gris anthracite, fronton bardé en planches de bois brûlé émergent sur le toit-terrasse de la Friche. Construite en sept mois, la nouvelle structure a coûté 4,6 millions d’euros, dont 1,5 million apportés par l'État et 2,4 millions par la Ville. Hier, tout n’était pas encore achevé : on s’y activait encore, posant notamment des plaques de bois sur les murs pour régler l’acoustique. Les techniciens mettaient également en place les décors pour accueillir, ce week-end, les propositions de la compagnie l’Entreprise et la création de Catherine Marnas. Rassembler des activités de production Laquelle joue d’ailleurs un autre rôle dans l’histoire : le Pôle arts de la scène n’a pas à proprement parler de tête car la metteur en scène, pressentie à sa direction après que la Criée lui eut échappé, est finalement partie prendre les rênes du Théâtre national de Bordeaux. Quoi qu’il en soit, le pôle est destiné à rassembler des activités de production (par le soutien à la création) et de formation (l’Institut méditerranéen des métiers du spectacle, prévu pour septembre 2015). Alain Arnaudet, le directeur de la Friche, espère pouvoir présenter « une préfiguration » du pôle tel qu’il l’imagine pour la saison 2014-2015 : « Nous discutons actuellement avec les différents partenaires (collectivités territoriales, État) et les opérateurs du territoire (scènes conventionnées, centres nationaux, etc.). Le but est de constituer une coopérative de production, de se fédérer pour accompagner la création dans le domaine des arts de la scène. Cela pour des compagnies françaises comme étrangères. Il s’agit donc de se regrouper en termes de moyens financiers et

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Jeudi 17 octobre 2013 (suite)

techniques : pré-achat de spectacles, espaces de travail, plannings, mobilisation des réseaux de chacun pour que les créations soient diffusées, etc. » Alain Arnaudet appuie son raisonnement sur deux points. Tout d’abord la Friche a désormais, selon lui, les épaules nécessaires, ayant largement augmenté ses espaces de travail et de diffusion et vu sa fréquentation progresser (et même tripler en 2013). D’autres part, la mutualisation lui semble nécessaire : « Les théâtres disposent de moins en moins de moyens tout en étant soumis à des objectifs de remplissage importants. Conséquence, la création en pâtit. » Et, par ricochet, le public. D’autant que, ajoute-t-il, « les spectacles créés sont, selon les moyennes nationales, joués six fois pour le théâtre, trois fois pour la danse... » Antoine Pateffoz

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16 OCT 13

Quotidien OJD : 124580 Surface approx. (cm²) : 252

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EVENEMENT

Drôle de tango pour lancer "Les Plateaux"

Lors d'un Made in Friche, Marseille inaugure un nouveau théâtre: Les Plateaux.

A

pres avoir inaugure la tour Panorama la Friche la Bel le-de-Mai lance un nouvel equipement a l'occasion de l'année Capitale Les Plateaux ce sont deux salles (de 372 et 150 places) que Ic directeur dc la triche veut doter d un hub de creation Pour la premiere, une creation de Catherine Marnas qui a choisi El Cachafaz une piece dè Copi C est une piece atypique dani, I œuvre de I auteur argentin dit-elle Ecrite en vert urnes en espagnol est-ce un opera ? Une opérette ? Une comedie musicale7 Elle est comme un prétexte musical au grand eclat de rire de Lapi Tango contre mùonga, tra vestis et monde interlope grand guignol libertaire ou Ion finit par transformer les flics en saucisses Alain Aubin signe la partition tiaiisfoimant la tiagedie baibaie de Copi en tragédie tango paul trois personnages, quatre instrumentistes, trois chœurs mixtes et dispositif electroacoustique Du 19 au 25 octobre Friche Belle-de-Mai a Marseille 0495049595

PARNAS 7013487300504/XVP/MAG/2

El Cachafaz, un danseur de tango mythique du début du xxe siecle au type violent et provocant. Et le spectacle / PHOTO A e d'ouverture des Plateaux, nouveau theâtre de la Friche la Belle-de-Mai.

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Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations

Drôle de tango pour lancer "Les Plateaux" Lors d'un Made in Friche, Marseille inaugure un nouveau théâtre: Les Plateaux. Après avoir inauguré la tour Panorama, la Friche la Belle-de-Mai lance un nouvel équipement à l'occasion de l'année Capitale. Les Plateaux, ce sont deux salles (de 372 et 150 places) que le directeur de la Friche veut doter d'un "hub de création". Pour la première, une création de Catherine Marnas qui a choisi El Cachafaz une pièce de Copi. "C'est une pièce atypique dans l'oeuvre de l'auteur

argentin, dit-elle. Ecrite en vers rimés, en espagnol, est-ce un opéra ? Une opérette ? Une comedie musicale ? Elle est comme un prétexte musical au grand éclat de rire de Copi. Tango contre milonga, travestis et monde interlope, grand guignol libertaire où l’on finit par transformer les flics en saucisses…" Alain Aubin signe la partition transformant la tragédie barbare de Copi en tragédie tango pour trois personnages, quatre instrumentistes, trois choeurs mixtes et dispositif électroacoustique.

El Cachafaz | REVUE DE PRESSE | page 7


Jeudi 18 octobre 2013

18 OCT 13

Quotidien OJD : 124580

Surface approx. (cm²) : 395

Catherine Marnas signe Copi

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Catherine Marnas signe Copi

Elle met en scène aux Plateaux, à la Friche, "El Cachafaz", avec la complicité d'Alain Aubin

A

vant de prendie la direction du Thcâtic National de Bordeaux en janvier 2014, Catherine Marnas inaugure T es Plateaux, à la Friche, avec une création, Fl Cachafaz, tirée de l'œuvie de Copi Une pièce atypique, cciitc cil espagnol ct en vers, confrontant tango et milonga, mettant en mouvement tout un monde interlope cher à l'auteur argentin

Elle met en scène aux Plateaux, à la Friche, "El Cachafaz", avec la complicité d'Alain Aubin

I Pourquoi avoir choisi de monter cette pièce de Copi ?

C'est un piojet qui est lié, en fait, à mon amitie à Alain Aubin. Nous avons l'habitude, Alain et moi, dc travailler ensemble. le lui ai lait comiaîtie cette pièce écrite en vers, piece dont on a vraiment l'impression qu'elle est un support à la musique. Alain s'est chargé de cette partie, ll m'a demande d'assurer la mise en scène. I L'univers de cet auteur exigeait-il une mise en scène particulière ?

I avais envie que cette ouvcrtule appartienne à beaucoup de m o n d e , le spectacle a éte conçu pour un espace, pour un lieu. Nous avons donc impliqué effectivement beaucoup de gens : il y aura 93 choristes amateurs dans ce spectacle. C'est un bonheur d'entendie chantei autant de monde.

I Le monde de Copi est parfois un peu cru. Ce spectacle est-il à mettre entre toutes les oreilles ?

II cst évident que cc ii cst pas un spectacle pour les tout-pe-

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Catherlne Marnas inaugure un nouveau théâtre, Les Plateaux, avant de prendre en janvier 2014 la direction du Théâtre National de Bordeaux. /PHOTO GUILLAUME RIIOPPOLO

lits. Bien que les enfants ne sachent pas lire, puisque je vous lappelle qu'il y a des sous-titres. (Rires). I Y a-t-il chez vous une charge émotionnelle forte, autant à l'idée d'inaugurer un nouveau

lieu que de prendre, ailleurs, la direction d'un autre théâtre ?

Comment voulez-vous qu'il n'en soit pas ainsi ! Ce spectacle, c'est deux ans de travail, des questions, des nuits sans sommeil... Tt après, l'absurdité de la vie fait que je pars Je vous

avoue que j'ai eu parfois envie de pleurer. Maîs ce qui compte le plus pour moi, c'est le travail qui reste encore à accomplir. Recueilli par Philippe FANER Du 19 au 25 octobre aux Plateaux, ta Friche Belle-de-Mai 04 95 04 95 95

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Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations

Avant de prendre la direction du Théâtre National de Bordeaux en janvier 2014, Catherine Marnas inaugure Les Plateaux, à la Friche, avec une création, El Cachafaz, tirée de l'oeuvre de Copi. Une pièce atypique, écrite en espagnol et en vers, confrontant tango et milonga, mettant en mouvement tout un monde interlope cher à l'auteur argentin. Pourquoi avoir choisi de monter cette pièce de Copi ? C'est un projet qui est lié, en fait, à mon amitie à Alain Aubin. Nous avons l'habitude, Alain et moi, de travailler ensemble. Je lui ai fait connaître cette pièce écrite en vers, pièce dont on a vraiment l'impression qu'elle est un support à la musique. Alain s'est chargé de cette partie. Il m'a demande d'assurer la mise en scène. L'univers de cet auteur exigeait- il une mise en scène particulière ? J'avais envie que cette ouvertule appartienne à beaucoup de monde, le spectacle a éte conçu pour un espace, pour un lieu. Nous avons donc impliqué effectivement beaucoup de gens : il y aura 93 choristes amateurs dans ce spectacle. C'est un bonheur d'entendre chanter autant de monde. Le monde de Copi est parfois un peu cru. Ce spectacle est-il à mettre entre toutes les oreilles ? II est évident que ce n'est pas un spectacle pour les tout-petits. Bien que les enfants ne sachent pas lire, puisque je vous lappelle qu'il y a des sous-titres. (Rires). Y a-t-il chez vous une charge émotionnelle forte, autant à l'idée d'inaugurer un nouveau lieu que de prendre, ailleurs, la direction d'un autre théâtre ? Comment voulez-vous qu'il n'en soit pas ainsi ! Ce spectacle, c'est deux ans de travail, des questions, des nuits sans sommeil... Et après, l'absurdité de la vie fait que je pars. Je vous avoue que j'ai eu parfois envie de pleurer. Mais ce qui compte le plus pour moi, c'est le travail qui reste encore à accomplir. Recueilli par Philippe FANER

El Cachafaz | REVUE DE PRESSE | page 8


Lundi 21 octobre 2013

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Des théâtres servis sur des "Plateaux"

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Des théâtres servis surdes"Plateaux"

À la Friche, deux nouvelles salles inaugurées hier

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a sent, encore le bois fraîchement scié dans les deux "Plateaux". Les salles pour les arts de la scène de La Friche la Belle de Mai ont été inaugurées hier dans un bel ensemble r é p u b l i c a i n par Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire de Marseille, Eugène Caselli, président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole et Lisette Narducci, maire des 2" et 3e arrondissements, représentant le président du Conseil général. Construit en 14 mois 'dans un

temps record et en tenant les délais, ce qui est étonnant en matière d'équipements publics", note le préfet Théry, le bâtiment imaginé par les architectes Sébastien Eymard et Loïc Julienne renferme, sous sa magnifique charpente de bois, une salle de 320 places et une autre de 150 places reliées par des locaux techniques communs. Le tout a coûté 3 millions d'euros La grande salle, le "grand plateau", accueille depuis hier El Cachafaz de Copi, une création de Catherine Marnas, directri-

ce du Pôle théâtree jusqu'à la fin de l'année. Le 1 ' janvier prochain elle prendra la direction de la scène nationale de Bordeaux. Qu'adviendra-t-il alors des Plateaux ? "L'avenir se décidera dans la concertation, affirme Marc Boilet, président de la Friche qui ne veut pas croire que ce nouveau lieu sera "un beau théâtre sans moyens pour le faire fonctionner" comme l'affirme Catherine Marnas, étrangement discrète lors de cette inauguration. Jacques COROT

Front républicain pour le théâtre : Jean-Claude Gaudin, inaugure Les Plateaux avec Lisette Narducci et Eugène Caselli. À leur côté Marc Boilet, président de la Friche. / PHOTO CYRIL SOLLIER

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Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations

À la Friche, deux nouvelles salles inaugurées hier Ça sent, encore le bois fraîchement scié dans les deux "Plateaux". Les salles pour les arts de la scène de La Friche la Belle de Mai ont été inaugurées hier dans un bel ensemble républicain par Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire de Marseille, Eugène Caselli, président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole et Lisette Narducci, maire des 2" et 3e arrondissements, représentant le président du Conseil général. Construit en 14 mois "dans un temps record et en tenant les délais, ce qui est étonnant en matière d'équipements publics", note le préfet Théry, le bâtiment imaginé par les architectes Sébastien Eymard et Loïc Julienne renferme, sous sa magnifique charpente de bois, une salle de 320 places et une autre de 150 places reliées par des locaux techniques communs. Le tout a coûté 3 millions d'euros. La grande salle, le "grand plateau", accueille depuis hier El Cachafaz de Copi, une création de Catherine Marnas, directrice du Pôle théâtre jusqu'à la fin de l'année. Le 1er janvier prochain elle prendra la direction de la scène nationale de Bordeaux. Qu'adviendra-t-il alors des Plateaux ? "L'avenir se décidera dans la concertation, affirme Marc Boilet, président de la Friche qui ne veut pas croire que ce nouveau lieu sera "un beau théâtre sans moyens pour le faire fonctionner" comme l'affirme Catherine Marnas, étrangement discrète lors de cette inauguration. Jacques COROT

El Cachafaz | REVUE DE PRESSE | page 9


Lundi 21 octobre 2013

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El Cachafaz de Copi : opéra tango cannibale

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El Cachafaz de Copi : opéra tango cannibale

ON A VU La dernière création marseillaise de Catherine Marnas

ON A VU Le dernière création marseillaise de Catherine Marnas

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rève la faim de tous les pays, unissez-vous... et mangez des policiers". Telle pourrait être la morale, s'il y en avait une, de El Cachafaz. Mais on se gardera bien de la tirer puisque qu'on sait que Copi, l'auteur dessinateur, poète, argentin, homosexuel proclamé quand ce n'était pas encore l'usage et anarchiste radical, était totalement rétif aux donneurs de leçons en tout genre. Monté par Catherine Marnas et sa compagnie Parnas, avec des musiques d'Alain Aubin, El Cachafaz, qui ouvre la programmation des Plateaux de La Friche, se présente comme un opéra pour trois personnages, quatre musiciens et trois chœurs. Comme dans tous les opéras désormais, le texte est dit dans la langue originale, ici l'espagnol

Un grand éclat de rire qui se fige parfois en rictus d'effroi. de Buenos Aires, mais un dispositif de surtitres permet de suivre l'action. Il y est question d'un danseur et apprenti auteur de paroles de tango, El Cachafaz, de sa petite amie transsexuel Raulito et de policiers qui finiront par être mangés. La langue de Copi est à la fois très poétique et très crue, grandiose à force d'être triviale. C'est un grand éclat de rire qui se fige parfois en rictus d'effroi. Le plateau nu que divise un imposant paravent, un matelas

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Catherine Marnas excelle à déplacer sur le plateau presque nu, l'énorme masse des chanteurs qui forment une sorte de chœur antique. /PHOTO PIERRE GROSBOIS

jeté au sol et quèlques objets hétéroclites, figurent un bidonville M o n t e v i d e o , capitale de l'Uruguay. Quèlques pauvres parmi les plus pauvres, licenciés des abattoirs pour la plupart, y ont élu domicile. Cette simplicité du décor donne davantage de force au propos qui mêle lutte des classes et amour fou. Alain Aubin, avec sa voix de haute-contre, incarne, avec la candeur nécessaire, le personnage de Raulito. Mi-bobonne, mi-femme fatale. Il signe aussi

la partition musicale qui n'est pas une pale copie du tango mais une musique qui tourne autour du tango. Qui évoque, avec nostalgie, la chaleur des rives du Rio de la Plata et les nuits glauques de Buenos Aires toute proche. Renaud Golo est un El Cachafaz, parfois tendre parfois violent, apprenti proxénète et révolutionnaire malgré lui, énervant et touchant. Catherine Marnas quant à elle excelle à déplacer la grande mas-

se des choristes venus de l'Académie du Chant populaire, des indéchiffrables et Les Vallonés. Comme dans la tragédie antique, ils sont le quatrième personnage. Voire le cinquième et le sixième. Une b r i l l a n t e façon d'inaugurer Les Plateaux et pour Catherine Marnas de dire adieu à Marseille. Jacques COROT

Jusqu'à samedi aux Plateaux, Friche La Belle de Mai. 04 95 04 9512

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Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations

Crève la faim de tous les pays, unissez-vous... et mangez des policiers". Telle pourrait être la morale, s'il y en avait une, de El Cachafaz. Mais on se gardera bien de la tirer puisque qu'on sait que Copi, l'auteur dessinateur, poète, argentin, homosexuel proclamé quand ce n'était pas encore l'usage et anarchiste radical, était totalement rétif aux donneurs de leçons en tout genre. Monté par Catherine Marnas et sa compagnie Parnas, avec des musiques d'Alain Aubin, El Cachafaz, qui ouvre la programmation des Plateaux de La Friche, se présente comme un opéra pour trois personnages, quatre musiciens et trois choeurs. Comme dans tous les opéras désormais, le texte est dit dans la langue originale, ici l'espagnol de Buenos Aires, mais un dispositif de surtitres permet de suivre l'action. Il y est question d'un danseur et apprenti auteur de paroles de tango, El Cachafaz, de sa petite amie transsexuel Raulito et de policiers qui finiront par être mangés. La langue de Copi est à la fois très poétique et très crue, grandiose à force d'être triviale. C'est un grand éclat de rire qui se fige parfois en rictus d'effroi. Le plateau nu que divise un imposant paravent, un matelas jeté au sol et quelques objets hétéroclites, figurent un bidonville Montevideo, capitale de l'Uruguay. Quelques pauvres parmi les plus pauvres, licenciés des abattoirs pour la plupart, y ont élu domicile. Cette simplicité du décor donne davantage de force au propos qui mêle lutte des classes et amour fou. Alain Aubin, avec sa voix de haute-contre, incarne, avec la candeur nécessaire, le personnage de Raulito. Mi-bobonne, mi-femme fatale. Il signe aussi la partition musicale qui n'est pas une pale copie du tango mais une musique qui tourne autour du tango. Qui évoque, avec nostalgie, la chaleur des rives du Rio de la Plata et les nuits glauques de Buenos Aires toute proche. Renaud Golo est un El Cachafaz, parfois tendre parfois violent, apprenti proxénète et révolutionnaire malgré lui, énervant et touchant. Catherine Marnas quant à elle excelle à déplacer la grande masse des choristes venus de l'Académie du Chant populaire, des indéchiffrables et Les Vallonés. Comme dans la tragédie antique, ils sont le quatrième personnage. Voire le cinquième et le sixième. Une brillante façon d'inaugurer Les Plateaux et pour Catherine Marnas de dire adieu à Marseille. Jacques COROT

El Cachafaz | REVUE DE PRESSE | page 10


25 OCT 13

Vendredi 25 octobre 2013

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Catherine Marnas inaugure Les Plateaux et puis s'en va

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Elle a participé à la création de deux nouveaux théâtres à la Friche

Catherine Marnas a créé avec Claude Poinas la compagnie Parnas, qui rayonne dans toute la région.

CULTURE Elle a participé à la création de deux nouveaux théâtres à la Friche

Catherine Marnas inaugure Les Plateaux et puis s'en va

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Mickaël Penverne

a hnche de la Belle de Mai a inauguré cette semaine deux nouvelles scènes de théâtre baptisées Les Plateaux. Mêlant chaleur du bois et sobriété du noir, la plus grande peut recevoir370 spectateurs, contre 150 pour la plus petite. Leur construction a coûté 4,6 millions d'euros, financés par la ville et l'État. La direction artistique de ce nouveau « pôle arts de la scène » a été confiée à Catherine Marnas, qui l'a inauguré avec son nouveau spectacle ElCachafaz. « Ce sont de très beaux outils qui correspondent parfaitement à la dramaturgie contemporaine, indique-t-

PARNAS 9749597300506/GBM/AZR/2

elle. Et en plus, les gens s y sentent très bien. » Le problème, c'est qu'elle n'en profitera pas beaucoup. Catherine Marnas prend en effet la direction du Théâtre national de Bordeaux le 1 er janvier, trois mois après l'maugu-

« Ici, personne ne m'a retenue. À Bordeaux, on est très content de me voir... » ration des Plateaux. « Le ministère de la Culture, sous l'ancienne majorité, a lancé les travaux maîs sans prévoir de budget de fonctionnement, explique-

t-elle. J'ai trouvé qu'ily avait trop d'incertitudes. J'ai donc postulé ailleurs. » Avec elle, c'est aussi la compagne Parnas qui déménage. Créée en 1986 et installée à Marseille depuis 1997, elle est l'une des plus importantes troupes de la région, avec aujourd'hui 75 salariés. « Je ne veux pas polémiquer, souffle-t-elle. Maîs disons qu'ici, personne ne m'a retenue. Alors qu'à Bordeaux, on est très content de me voir... » Le directeur de la Friche, Arnaud Arnaudet, compte la remplacer par une coopérative qui rassemblera plusieurs producteurs de spectacles de la région. L'objectif étant de mutualiser leurs moyens face à la réduction des subventions. •

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Eléments de recherche : CATHERINE MARNAS : directrice artistique et metteur en scène de la compagnie Parnas, toutes citations

La Friche de la Belle de Mai a inauguré cette semaine deux nouvelles scènes de théâtre baptisées Les Plateaux. Mêlant chaleur du bois et sobriété du noir, la plus grande peut recevoir 370 spectateurs, contre 150 pour la plus petite. Leur construction a coûté 4, 6 millions d'euros, financés par la ville et l'État. La direction artistique de ce nouveau «pôle arts de la scène» a été confiée à Catherine Marnas, qui l'a inauguré avec son nouveau spectacle El Cachafaz. «Ce sont de très beaux outils qui correspondent parfaitement à la dramaturgie contemporaine, indique-t-elle. Et en plus, les gens s'y sentent très bien.» Le problème, c'est qu'elle n'en profitera pas beaucoup. Catherine Marnas prend en effet la direction du Théâtre national de Bordeaux le 1er janvier, trois mois après l'inauguration des Plateaux. «Le ministère de la Culture, sous l'ancienne majorité, a lancé les travaux mais sans prévoir de budget de fonctionnement, explique-t-elle. J'ai trouvé qu'il y avait trop d'incertitudes. J'ai donc postulé ailleurs.» Avec elle, c'est aussi la compagne Parnas qui déménage. Créée en 1986 et installée à Marseille depuis 1997, elle est l'une des plus importantes troupes de la région, avec aujourd'hui 75 salariés. «Je ne veux pas polémiquer, souffle-t-elle. Mais disons qu'ici, personne ne m'a retenue. Alors qu'à Bordeaux, on est très content de me voir…» Le directeur de la Friche, Arnaud Arnaudet, compte la remplacer par une coopérative qui rassemblera plusieurs producteurs de spectacles de la région. L'objectif étant de mutualiser leurs moyens face à la réduction des subventions. Mickaël Penverne

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Copi au chœur

Octobre 2013

Catherine Marnas prend en janvier 2014 la direction du Théâtre National de Bordeaux. Mais d’ici là on pourra voir deux de ses créations aux Plateaux, le pôle théâtre de la Friche qui ouvre ses portes le 19 octobre. Avec un opéra de Copi et Alain Aubin…

un gratuit qui se lit

N°67 - du 16/10/13 au 13/11/13

Zibeline : Comment vous est venue cette idée de travailler à deux ? Alain Aubin : On était restés sur un projet inabouti, l’idée de monter Le Frigo de Copi… Depuis je me suis mis à composer, j’ai écrit pour Catherine les chœurs de Sainte Jeanne les Abattoirs, et mon chœur a pris de l’ampleur. Donc on a voulu retrouver Copi, monter cette pièce chorale, en vers, qui me semblait faite pour la musique, et pour ma manière d’écrire les voix et les masses. Qui a évoluée : ce n’est pas de la musique de scène, ou des adaptations pour chœur populaire, j’y ai cherché des univers harmoniques complexes, et les phrasés, les mouvements mélodiques s’y sont inscrits par-dessus, dans un second temps.

Copi au chœur L’entrée de la Marelle © Pascal Jourdana

Catherine Marnas prend en janvier 2014 la direction du Théâtre National de Bordeaux. Mais d’ici-là on pourra voir deux de ses créations aux Plateaux, le pôle théâtre de la Friche qui ouvre ses portes le 19 octobre. Avec un opéra de Copi et Alain Aubin…

Catherine Marnas et Alain Aubin © Dan Warzy

Zibeline : Comment vous est venue cette idée de travailler à deux ? Alain Aubin : On était restés sur un projet inabouti, l’idée de monter Le Frigo de Copi... Depuis je me suis mis à composer, j’ai écrit pour Catherine les chœurs de Sainte Jeanne les Abattoirs, et mon chœur a pris de l’ampleur. Donc on a voulu retrouver Copi, monter cette pièce chorale, en vers, qui me semblait faite pour la musique, et pour ma manière d’écrire les voix et les masses. Qui a évoluée : ce n’est pas de la musique de scène, ou des adaptations pour chœur populaire, j’y ai cherché des univers harmoniques complexes, et les phrasés, les mouvements mélodiques s’y sont inscrits par-dessus, dans un second temps. Une pièce chorale ? Alain Aubin : Oui, avec des solistes, des comédiens, de la danse aussi, mais surtout des chœurs. Une centaine de choristes amateurs est impliquée dans le projet, il y a trois chœurs qui se répriment et se pacifient : les hommes, qui sont des révolutionnaires, les femmes, qui cherchent à survivre, et les âmes. Catherine Marnas : El Cachafaz est un danseur de tango mythique en Argentine, un voyou des rues en fait. Copi s’en saisit pour écrire une fantaisie débridée, et son humour sur lit de désespoir est

d’une grande humanité : il s’agit de faire la grimace à la mort… J’y ai été un peu gênée parce que les femmes y sont conservatrices, puis j’ai compris que justement dans ce contexte de dictature elles voulaient conserver le vivant, d’où leurs erreurs. Ce qui m’intéresse c’est que dans cet univers comique la charge émotionnelle de la musique d’Alain est forte. Je ne crois pas qu’on puisse écrire de la musique comique, elle touche ailleurs, sa grimace a un autre rapport à la mort. La scénographie ? Catherine Marnas : Forcément minimale, avec tout ce monde sur le plateau : les choristes, les comédiens, danseurs, musiciens… Mais c’est une magnifique occasion pour inaugurer le nouveau théâtre de la Friche : un projet participatif, drôle et musical, fondé sur la collaboration entre artistes. Ce théâtre, dont j’ai rêvé, que j’ai vu construire, me manquera. J’espère que mes successeurs auront les moyens de le faire vivre. Ce qu’on ne vous offrait pas ici ? Catherine Marnas : Effectivement. ENtREtIEN RéALISé PAR AGNÈS FRESCHEL

El Cachafaz du 19 au 25 oct La Friche, Marseille 04 95 04 95 95 www.lafriche.org

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Le grand saut de la Marelle

PÉ O V LÉ I N ET I M Q E U N ET S C U L T U R E L L E

Une pièce chorale ?

Depuis 2010 la Marelle, dans sa villa installée à La Friche, organise des résidences d’auteurs, des rencontres littéraires mensuelles, et le festival CoLibris. Partenaire actif de la plupart des actions littéraires de Marseille, elle permet que des étrangers (entendez des non marseillais) écrivent sur cette ville, et aide en cela de nombreux projets d’édition. Pourtant la Marelle a failli disparaître comme tant d’autres structures en 2013. Toujours pour les mêmes raisons : il a fallu suivre l’accélération de 2013, l’activité a augmenté de 60%, et les financements n’ont globalement pas bougé : la Sofia (société de reversement des droits de reproduction des livres) qui les a aidé au début a cessé son aide, à peine compensée aujourd’hui par une légère augmentation des tutelles : les Conseils Général et Régional, ainsi que la DRAC, ont augmenté en deux ans de 10 000 ou 5000 € chacun, la Ville muette jusque là est timidement entrée dans le financement en 2013… Les meubles sont donc sauvés et l’activité peut continuer, mais risque de redescendre à son niveau de 2012, refreinant cet élan qui avait permis à tant d’écrivains de produire une littérature inattendue sur Marseille. «Le système des subventions n’est pas adapté à une structure comme la nôtre, explique Pascal Jourdana. On nous demande d’avoir des recettes propres. Comment voulez-vous que des rencontres littéraires ou des résidences d’artistes génèrent des recettes ?» Une tutelle ne pourrait-elle pas prendre en charge les résidences d’écriture correctement ? L’investissement représente peu de choses, et le bénéfice en termes de production littéraire serait immense…

Alain Aubin : Oui, avec des solistes, des comédiens, de la danse aussi, mais surtout des chœurs. Une centaine de choristes amateurs est impliquée dans le projet, il y a trois chœurs qui se répriment et se pacifient : les hommes, qui sont des révolutionnaires, les femmes, qui cherchent à survivre, et les âmes.

AGNÈS FRESCHEL

http://villa-lamarelle.fr

Catherine Marnas : El Cachafaz est un danseur de tango mythique en Argentine, un voyou des rues en fait. Copi s’en saisit pour écrire une fantaisie débridée, et son humour sur lit de désespoir est d’une grande humanité : il s’agit de faire la grimace à la mort… J’y ai été un peu gênée parce que les femmes y sont conservatrices, puis j’ai compris que justement dans ce contexte de dictature elles voulaient conserver le vivant, d’où leurs erreurs. Ce qui m’intéresse c’est que dans cet univers comique la charge émotionnelle de la musique d’Alain est forte. Je ne crois pas qu’on puisse écrire de la musique comique, elle touche ailleurs, sa grimace a un autre rapport à la mort.

La scénographie ? Catherine Marnas : Forcément minimale, avec tout ce monde sur le plateau : les choristes, les comédiens, danseurs, musiciens… Mais c’est une magnifique occasion pour inaugurer le nouveau théâtre de la Friche : un projet participatif, drôle et musical, fondé sur la

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Octobre 2013 (Suite)

collaboration entre artistes. Ce théâtre, dont j’ai rêvé, que j’ai vu construire, me manquera. J’espère que mes successeurs auront les moyens de le faire vivre.

Ce qu’on ne vous offrait pas ici ? Catherine Marnas : Effectivement. Entretien réalisé par Agnès Freschel

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Novembre 2013

29, v’là la crise Inaugurer les Plateaux de La Friche avec El Cachafaz de Copi est emblématique de l’esprit qui aurait dû régner en ce lieu… On ne sait ce qu’il adviendra du magnifique outil que sont ces salles de théâtre. Cela dépendra de la volonté des tutelles, de la capacité des compagnies de se fédérer, de la volonté de désenclaver ce quartier, et sans doute des élections municipales. Le départ de Catherine Marnas est programmé en janvier, et pour l’instant l’avenir de ce lieu magnifique reste dans un flou indissipé… Emblématique, El Cachafaz l’est par son succès public, et sa générosité : le plateau est occupé par la présence humaine de cent choristes amateurs qui chantent, bougent et jouent non comme des pros, parce que ce serait les réduire, mais comme des gens qui donnent tout, et remercient. Les quatre musiciens aussi, attentifs, les suivant, les rattrapant parfois, entrent dans la partition avec un plaisir visible, audible surtout : le violon de Marie Laurence Rocca est ample et déchirant, Jean Bernard Rière fait sonner majestueusement les solos de sa contrebasse, et si Magali Rubio est un peu moins souple à la clarinette, l’accordéon de Jean-Marc Fabiano pose avec constance les balises d’une musique surprenante. Car la véritable révélation de ce Cachafaz est le talent de compositeur d’Alain Aubin. Le chanteur lyrique, chef de chœur, avait jusque là arrangé des chansons populaires, écrit des musiques de scène… mais jamais il n’avait fait entendre son univers personnel, fait d’accents populaires alliés à une profondeur harmonique puissante, savamment agencé pour qu’aucun interprète n’y soit en difficulté, et que les inflexions du texte soient soulignées. Les chœurs à trois voix prennent aux tripes, et imposent leur pathos dans cet univers déjanté… Car la pièce de Copi est folle ! En alexandrins espagnols, elle mêle avec une grâce unique un langage d’une crudité inenvisageable, où meurtres, bites molles ou dures, transsexualité, anthropophagie cohabitent avec une religiosité moquée et des âmes moralisatrices… Le texte, constamment drôle, surenchérit à chaque instant à ses propres excès qui deviennent comme naturels, portés avec noblesse par Alain Aubin époustouflant en transsexuel vocal danseur de tango sur talons aiguilles, Julien Duval qui joue tous les rôles annexes et chante comme un pro, Renaud Golo qui roule des mécaniques avec un parfait naturel. Catherine Marnas gère ce plateau en virtuose, fait bouger les groupes, danser les corps, trouver une justesse aux moindres nuances, et laisse l’émotion et la drôlerie affleurer sans empiéter sur la gravité du message politique : El Cachafaz fait penser à un opéra de quat’sous sud américain et évoque la crise de 29 ; mais son univers où la faim, l’injustice de la loi et la misère poussent au franchissement de toutes les limites, ressemble surtout au nôtre. Le tapage du rire n’y est plus un rempart contre la mort. Agnès Freschel

El Cachafaz | REVUE DE PRESSE | page 14


Dimanche 20 octobre 2013

El Cachafaz Un "rêve musical autour de Copi". C'est ainsi que le contre-ténor et compositeur Alain Aubin, et sa complice Catherine Marnas, metteuse en scène de la compagnie Parnas, définissent la version d'El Cachafaz qu'ils proposent à quatre mains. Une œuvre anthropophage de Copi transformée en une pièce de théâtre lyrique délirante qui parle de crise, de révolte et de viande humaine, pour finir dans un bain de sang. Sur une partition splendide, jouée en direct par un quatuor violoncelle-accordéon-alto-clarinettes, El Cachafaz démarre lentement. Le duo potache entre un travesti et son mac macho a l’allure d’un film que Jacques Demy aurait tourné dans les bas-fonds de Montevideo. Amour vache, tango et élégantes grossièretés : les acteurs alternent, en espagnol, les moments chantés et les tirades en vers. La création s’envole réellement lorsqu'apparaissent les chorales – trois au total - qui campent les hommes, les femmes et… les morts. Affrontements vocaux et physiques, parfaitement mis en espace et chorégraphiés, El Cachafaz assume crânement son parti-pris de drame musical. Avec une drôle de morale : un flic, ça ne se mange pas impunément. Gilles Rof

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Vendredi 18 octobre 2013

Catherine Marnas, directrice des Plateaux : “J'avais un très beau navire, mais rien pour l'essence” Le Blog Marseille-Provence 2013 | Dernier grand projet culturel de Marseille-Provence 2013, le pôle théâtre de la Friche Belle-deMai a été offert à Catherine Marnas… qui préfère quitter Marseille pour Bordeaux. Elle s'explique. Elle aimerait leur donner le nom de Patrice Chéreau, avec qui elle partageait sa passion pour Koltès, et dont le décès l’a profondément touchée… Pour l’instant, les deux salles de théâtre qui constituent le nouveau pôle théâtre de la Friche de la Belle-de-Mai s’appellent Les Plateaux. La metteuse en scène Catherine Marnas, à l’origine du projet de ce nouveau théâtre à Marseille, les inaugure samedi 19 octobre avec une version lyrique d’El Cachafaz, œuvre hystérique de Copi. Une avant-dernière création avant son départ surprise pour le Théâtre national de Bordeaux, au 1er janvier 2014. Explications avec l’intéressée. Avec El Cachafaz, vous inaugurez Les Plateaux, dernier grand site culturel construit pendant Marseille-Provence 2013. En quoi consiste ce nouveau lieu ? C’est un outil magnifique, qui m’a demandé deux ans de rêve, d’études, de maquettes, de combats, de travail… Il y a deux salles – une de quatre cents places et une de cent quatre vingt avec des gradins totalement modulables. Le rapport plateaux-public correspond totalement aux besoins des dramaturgies contemporaines… La construction s’est faite avec une forte contrainte d’espace : on a utilisé les murs existants, en ouvrant le « couvercle » et en glissant une structure en bois, pensée par l’architecte Patrick Bouchain, à l’intérieur. Pourquoi ce pôle est-il sorti de terre ? La genèse est très simple, avec, comme point de départ, ma « dénomination » de la Criée. J’avais répondu à l’appel d’offres pour diriger le théâtre national de Marseille fin 2010. Mon projet a été choisi, avant d’être finalement écarté par Nicolas Sarkozy au profit de celui de Macha Makeïeff. Sur ces entrefaites, Frédéric Mitterrand (ministre de la Culture à l’époque, ndlr) m’a proposé la construction d’un théâtre à la Friche, où je suis implantée depuis 2009. Il voit le jour aujourd’hui, mais, entretemps, les présidentielles ont provoqué un changement de gouvernement… Le précédent ministre m’avait promis une subvention de fonctionnement pour ce théâtre d’environ 10% des investissements. Après les élections, le discours a changé. On m’a dit : « Les caisses sont vides et nous, nous n’avons pas de dette envers vous ». Clairement, cela veut dire que

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Vendredi 18 octobre 2013 (suite)

l’Etat ne donne rien comme budget de fonctionnement pour 2014, 2015 et 2016. Je pouvais donc avoir un très beau navire mais rien pour l’essence. "Dois-je devenir une concierge de luxe pour les compagnies ?" L’Etat vous a conseillé d’utiliser les financements de votre compagnie Parnas, pour faire fonctionner le théâtre… De fait, cela aurait été le cas. Sauf que c’est loin de suffire. J’ai demandé au ministère la solution : dois-je devenir une concierge de luxe pour les compagnies qui auront les moyens de se produire ici ? Ils m’ont répondu que peut-être les collectivités locales pouvaient compenser leur désistement. Mais à Marseille, tous les élus ont la crainte de l’après-2013, donc personne ne donne de garantie. L’Etat m’a alors dit : « Postulez pour un autre Centre dramatique national »… Je l’ai fait à Bordeaux, où je prendrai mes fonctions en janvier 2014. Je ne quitte pas Marseille de gaité de cœur mais je n’ai plus l’âge des hésitations. J’ai déjà été très patiente avec ce territoire… La question du budget de fonctionnement s’est-elle réglée depuis ? Non. Je ne crois pas. A-t-on construit ce théâtre uniquement pour rattraper la bêtise faite avec vous ? Soyons clair : ce théâtre n’aurait jamais vu le jour sans ça… Mais s’il y a un endroit où il fallait bien construire des salles de spectacle, c’est bien la Friche Belle-de-Mai, qui s’est bâtie sur le théâtre, avec notamment le Massalia de Philippe Foulquié. En plus, ce lieu est très bon marché. Le théâtre de la Minoterie, qui vient d’être refait, coûte 15 millions d’euros. Celui-là, quatre (1). Par rapport à la couverture du stade Vélodrome (270 millions d’euros, ndlr)… Permettez-moi de le placer sous l’angle de cette relativité-là. C’est le dernier grand bâtiment inauguré en 2013. Etait-ce vraiment une priorité dans une ville qui compte beaucoup de théâtres ? Autant on peut poser des questions sur le bienfait des événements organisés par Marseille 2013, autant on ne peut que saluer le coup d’accélérateur sur les investissements sur le bâti. Le MuCEM est une splendeur qui change Marseille pour toujours. Dans cet axelà, je trouve que Les Plateaux ne sont vraiment pas du gaspillage. Après, il y aura sans doute une période très difficile de transition : comment ces lieux-là vont trouver leurs moyens de fonctionnement… Quels rapports allez-vous garder avec ce pôle ? J’ai déjà deux spectacles ici jusqu’à la fin de l’année. El Cachafaz

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Vendredi 18 octobre 2013 (suite et fin)

pour l’inauguration, puis, en novembre, le projet Big Brother pour lequel j’ai passé commande à un auteur marocain – Driss Ksikes – et qui mélange trois acteurs de l’Ecole régionale d’acteurs (Erac), que je suis depuis trois ans, et trois acteurs arabes. On est bien là dans un échange avec l’autre côté de la Méditerranée. "Il faut que ce théâtre devienne un lieu de croisement." Avez-vous commencé un embryon de programmation pour 2014 ? Non. Cela ne serait pas honnête. Ce que j’aimerais toutefois, pour avoir beaucoup pensé ce projet, c’est que ce théâtre ne soit pas privatisé par une seule compagnie. Il faut qu’il devienne un lieu de croisement. A Marseille, les publics circulent peu et il n’y a pas beaucoup d’échanges entre les artistes… On pourrait confier Les Plateaux à un collectif, avec des règles claires. C’est la seule solution pour que ce théâtre survive et pour que plus globalement, le spectacle vivant survive. Nationalement, la culture est dans une période de vaches maigres. A Marseille, cela se double aussi du fait que les politiques ont tendance à ne pas aimer leurs artistes. Ça tétanise et crispe des positions au lieu de rendre généreux. C’est un vœu pieu, très moral, mais j’assume. Le bilan de Marseille-Provence 2013 a-t-il influé sur votre décision de partir ? Non, car je n’en attendais pas plus. J’ai vu très vite le lieu de toutes les frustrations que ce serait, avec cette espèce de digue face à une déferlante de projets. J’ai compris qu’il serait impossible d’établir un dialogue simple et prolifique. Le label MP2013 pour nous, cela a été 30 000 euros d’aide à la production et donc une création de plus. Il n’y a pas eu de discussions sur le sens… Sur Marseille, je n’ai pas trouvé que cela ait changé grand-chose. Sans jouer les coquettes, quand je vois comment je suis attendue à Bordeaux, je me dis, il faut aller là où les gens ont envie… Alain Juppé, le maire de Bordeaux, était à l’oral pour la nomination du Centre dramatique national. Il connaissait le dossier par cœur, il a posé des questions intelligentes… Jean-Claude Gaudin, je ne l’ai jamais rencontré. D’emblée, j’ai eu un dialogue avec Juppé qui est autre chose que d’être transformée en mendiante qui guette les aumônes. Propos recueillis par Gilles Rof

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