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Centre hoSpitalier de l’Université de Montréal

Dossier CANCER, AXE STRATÉGIQUE L’énucléée marathonienne Quelle profusion d'énergie chez cette patiente, Isabelle Auger qui, atteinte d'un cancer, a perdu un oeil et a entrepris de s’entraîner pour un marathon, après son opération. Son histoire en page 22.

Amélioration continue : six exemples La malnutrition à l’hôpital, on s’en occupe Littératie : un enjeu

volume 3

· Numéro 1 ·

2012


à la une

chumagazine est publié par la Direction des communications du CHUM 3840, rue Saint-Urbain Montréal (Québec) H2W 1T8

DOSSIER Cancer : axe stratégique Pages 16 à 22

Éditrice Ève Blais Rédactrice en chef Camille Larose Collaboration Sandra Aubé, Clara Baron, Lise Boisvert, Lyne Bourbonnais, Manon Bélanger, Éloi Courchesne, Julie Desbiens, Geneviève Frenette, Amélie Giguère, Sylvie Lafrenière, Valérie Lahaie, Nathalie Léveillé, Pauline Maisani, Natalie Pinoteau, Sylvie Vallée

Amélioration continue : 6 exemples Pages 6 et 7

Conception graphique André Dubois Conseiller graphique André Bachand Photographes Stéphane Lord (page couverture), Stéphane Gosselin, Dominique Lalonde, Luc Lauzière

Malnutrition, on s’en occupe Page 8

Révision Annie Kobril, Johanne Piché Impression Imprimerie Moderne

L’enjeu de la littératie en santé

chumagazine est publié six fois l’an, tous les deux mois. Les textes et photos doivent parvenir à la rédaction six semaines avant la parution du numéro bimestriel.

Pages 10 et 11

Sauf pour les infirmières, le masculin est utilisé dans les textes afin de faciliter la lecture et désigne aussi bien les hommes que les femmes.

ActualitéS Yvan Gendron, nouveau directeur général associé ...................................................... Enseigner à s’auto-injecter ....................................................................................................... Un numéro unique pour prendre rendez-vous ................................................................ Délégation expérience patient .................................................................................................. Clinique de procréation assistée ............................................................................................

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Disponible sur l’intranet du CHUM Accueil/dc/publications/chumagazine/volume3numéro1 Disponible sur le web chumagazine.qc.ca ISSN 1923-1822 chumagazine (imprimé) ISSN 1923-1830 chumagazine (en ligne)

Rubriques Édito ........................................................................................................................................................ Interventions ainées ...................................................................................................................... RUIS ......................................................................................................................................................... Commissaires .................................................................................................................................... La page de la Fondation .............................................................................................................. La page de la recherche ............................................................................................................... Agrément .............................................................................................................................................. Nouveau CHUM ................................................................................................................................. Planification stratégique ............................................................................................................ C.A. .......................................................................................................................................................... Brèves . .................................................................................................................................................... Félicitations ........................................................................................................................................

Les articles du chumagazine peuvent être reproduits sans autorisation, avec mention de la source. Les photos ne peuvent pas être utilisées sans autorisation.

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Pour joindre la rédaction, commentaires et suggestions chumagazine.chum@ssss.gouv.qc.ca camille.larose.chum@ssss.gouv.qc.ca 514 890-8000, poste 23679

INTERNET chumontreal.com

Formé de l’Hôtel-Dieu, de l’Hôpital Notre-Dame et de l’Hôpital Saint-Luc, au cœur de Montréal, le CHUM est le plus grand centre hospitalier universitaire francophone en Amérique du Nord. À ce titre, il occupe une place prépondérante dans l’application d’approches de soins novatrices, dans la recherche de nouvelles connaissances, de même que dans la transmission du savoir auprès des professionnels et des futurs professionnels de la santé.

Le patient est au cœur DE notre action (et en page couverture de chumagazine).

En plus d’accueillir la clientèle adulte de son territoire désigné, le CHUM reçoit des patients de partout au Québec dans les spécialités où il possède une expertise reconnue, notamment en oncologie, maladies cardiovasculaires et métaboliques, neurosciences, médecine des toxicomanies, hépatologie (spécialité des maladies du foie), transplantation d’organes, plastie de reconstruction y compris les soins aux grands brûlés et, plus récemment, en gestion de la douleur chronique.

Hôpital Notre-Dame du CHUM 1560, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2L 4M1

Structuré en grandes unités cliniques regroupant plusieurs spécialités, le CHUM place le patient au cœur de son action et vise à ce que chaque geste de chaque intervenant tienne compte de ce grand principe. Une réalité qui sera de plus en plus tangible grâce à la construction du nouveau CHUM, au 1000, rue Saint-Denis, et de son centre de recherche avoisinant, où médecins, chercheurs et autres professionnels de la santé travailleront côte à côte sous un même toit.

Hôtel-Dieu du CHUM 3840, rue Saint-Urbain, Montréal (Québec) H2W 1T8

Hôpital Saint-Luc du CHUM 1058, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2X 3J4 Un seul numéro de téléphone 514 890-8000 Internet chumontreal.com


éditorial

Christian Paire , directeur général

Le CHUM se renouvelle Avec la construction du nouveau CHUM bien en selle, notre plan stratégique fraîchement adopté et l’arrivée au CHUM de gens d’une grande expérience, dont un nouveau directeur général associé, notre centre hospitalier semble être entré dans une ère de renouveau. Le CHUM bouge, change, se transforme…pour le mieux. Et nous sommes les acteurs principaux de ce changement. En déposant notre plan stratégique l’automne dernier, nous avons opté pour un changement organisationnel majeur, au cœur duquel se trouve notre positionnement clinique. Cancer, neurosciences, cardio-métabolique, transplantation, musculo-squelettique fonctionnel : cinq axes stratégiques cliniques, auxquels il faut ajouter quatre axes transversaux : imagerie, technologies avancées, génétique et bio-marqueurs ainsi que immunologie infectiologie. Ces axes ont été déterminés selon plusieurs critères, et parmi eux, un besoin important de soins auprès de la population, de même que l’expertise unique dont nous disposons dans ces domaines. Vous trouverez dans les pages qui suivent un premier dossier sur l’un de nos axes stratégiques : celui du cancer. Rappelons que le CHUM est le centre hospitalier québécois qui reçoit le plus grand nombre de personnes atteintes de cancer pour diagnostic, traitements et suivi. En tant que centre universitaire, le CHUM dispose d’une expertise unique touchant certaines pathologies cancéreuses rares ou qui sont particulièrement complexes. Nos chercheurs se consacrent à la mise au point de traitements plus ciblés en cancérologie ; les étudiants en apprentissage de leur profession chez nous sont formés par les meilleurs ; nos 17 équipes interdisciplinaires, dont 14 ont reçu une reconnaissance ministérielle, offrent les meilleurs soins à nos patients. Notre dossier présente des exemples d’excellence dans l’axe du cancer. Il aurait pu traiter de dizaines d’autres sujets tout aussi représentatifs de l’excellence dont font preuve nos équipes en cancer, dont je suis personnellement extrêmement fier.

Ainsi, notre plan stratégique est générateur de changement, tout comme la venue de nouvelles personnes au sein de notre centre hospitalier. M. Yvan Gendron, nouveau directeur général associé, est entré en poste au début du mois de janvier. Notre conseil d’administration a par ailleurs été renouvelé, ouvrant la porte à plusieurs nouveaux venus, dont M. Alain Cousineau, élu au poste de président le 7 février dernier. M. Cousineau a occupé, au cours d’une carrière remarquable, des postes de haute direction, tant dans le milieu universitaire que dans celui des affaires. Nous lui souhaitons la bienvenue parmi nous. Je tiens finalement à souligner que si l’arrivée de gestionnaires expérimentés ouvre de nouveaux horizons, l’expérience et l’expertise de nos équipes, en place depuis 1, 5, 10, 15, 20, 30 ans et plus même, est d’une valeur inestimable. Chaque membre du CHUM, avec son bagage personnel et professionnel, est une composante essentielle de notre identité. Votre expérience et vos connaissances contribuent à la pérennité des soins de qualité, offerts jour après jour à nos patients.

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actualitéS

Nouveau directeur général associé

Yvan Gendron : prêt à relever le défi Le milieu de la santé, il connaît Depuis le 9 janvier, le CHUM a un nouveau directeur général associé (dg associé) : M. Yvan Gendron. Gestionnaire d’expérience du milieu de la santé, dans lequel il fait carrière depuis plus de 28 ans, M. Gendron a été attiré par le dynamisme du CHUM et les défis à relever afin de réaliser avec succès notre transition vers nos nouvelles installations. Portrait du nouveau dg associé du CHUM.

Détenteur d’une maîtrise en administration publique de l’École nationale d’administration publique (ENAP), Yvan Gendron a commencé sa carrière dans le milieu de la santé, où il a d’abord été préposé aux bénéficiaires à l’Hôtel-Dieu avant d’y devenir, quelques années plus tard, chef du Service de médecine nucléaire (1985 et 1988). Il connaît ainsi les rouages du système hospitalier pour avoir côtoyé de près les patients, ainsi que les membres du personnel. Au fil des ans, il a fait sa marque en tant que cadre supérieur et consultant dans le milieu de la santé, tant au privé qu’au public. Il était jusqu’à tout récemment président-directeur général (pdg) de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie. Il avait auparavant occupé les fonctions de directeur général de l’Hôpital Charles LeMoyne et de directeur général du CSSS Haut-Richelieu-Rouville, entre autres.

Pourquoi le CHUM ? Parce que le CHUM, le présent comme le nouveau, est un projet unique : « pour la fierté, dit-il, d’être partie prenante de l’équipe qui nous conduira dans nos nouvelles installations, pour le siècle à venir ». M. Gendron se définit comme un visionnaire, aimant travailler dans la collégialité et l’interdisciplinarité tout en apprenant constamment. La transformation vers le nouveau CHUM est une occasion privilégiée de mettre ses intérêts et compétences à profit, dans un milieu universitaire des plus stimulants, alliant enseignement et recherche.

Son travail de DGA Le directeur général associé relève directement du directeur général ; il est responsable de la gestion des activités d’exploitation quotidiennes de l’hôpital. Il chapeaute, en outre, toutes les fonctions administratives de l’organisation. L’une des priorités de sa fonction : faire évoluer l’équipe de direction vers une gestion plus imputable, autonome, moderne et décentralisée.

Sa vision, sa mission À titre de dg associé, Yvan Gendron contribuera à la mobilisation de l’ensemble de la communauté du CHUM, en route vers le nouveau CHUM. Agent mobilisateur, il souhaite que chaque membre du personnel soit accompagné de façon optimale dans le processus de transformation des pratiques, la conduite de cette dernière étant l’un de ses principaux mandats. Le projet de construction fait aussi partie des responsabilités de M. Gendron , de même que la mise en application de recommandations du directeur exécutif pour la réalisation du nouvel hôpital et de son centre de recherche. À l'ouverture du nouvel hôpital, il devra s'assurer de la mise en fonction d'un système d’information à la mesure des enjeux cliniques, logistiques et de gestion d’un CHU de pointe et de renommée internationale. Un défi de taille.

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actualitéS

Allergie et immunologie

De l’enseignement qui change la vie Plusieurs traitements et médicaments soignent et guérissent. Mais il existe des maladies, dites orphelines, pour lesquelles il n’existe pas de traitement curatif et s’il en existe, les effets secondaires sont pénibles et nombreux. Ces maladies affectent peu de gens et la recherche d’un médicament est plus limitée. Nous traitons dans cet article d’une de ces raretés, l’angio-œdème héréditaire, qui est l’objet depuis plus d’un an maintenant d’un enseignement particulier permettant aux patients affectés de se traiter à domicile : une grande amélioration à leur qualité de vie. demande chaque fois quelques heures de présence. demande quelques heures.

L’angio-œdème héréditaire L’angio-œdème héréditaire est causé par une protéine manquante du système immunitaire (le C1INH), en réalité héréditaire chez 75 % des patients, spontané chez les 25 % qui restent, et se transmettant une fois sur deux dans tous les cas. Quelque deux cents personnes atteintes de cette maladie sont répertoriées, il est probable que d’autres ignorent l’avoir. Ces personnes enflent spontanément et anormalement au moindre traumatisme. Ce peut être relativement banal s’il s’agit d’un genou, d’une épaule ou d’une lèvre, mais c’est très dangereux lorsque la langue ou la gorge sont atteintes, jusqu’à causer la mort dans les pires cas. Le Dr Benoît Laramée, allergologue suivant une vingtaine de tels patients, dont une famille de Joliette depuis près de vingt ans, a récemment révisé avec les urgentistes du CHUM les caractéristiques de la maladie afin de bien la distinguer des autres formes d’allergie avec enflures qui nécessitent un traitement, par exemple aux antihistaminiques, auxquels ne réagissent pas les patients ayant une crise d’angio-œdème héréditaire. Cette maladie a été découverte dans les années 1800, nous explique le Dr Laramée, mais des chercheurs ont découvert qu’une enzyme du sang déficiente était en cause, enzyme qui pouvait être extraite du sang de donneurs et injectée pour remplacer celle déficiente des patients. Ce produit sanguin existe depuis 30 ans. Il était disponible au Canada depuis une dizaine d’années sur demande spéciale et est maintenant disponible partout. C’est un produit cher (700 $ la fiole), administré par intraveineuse. On le donne à l’urgence quand le patient est en crise, mais comme on connaît les facteurs prédisposants, on le donne aussi en prévention. Ces facteurs sont le stress, les infections, l’œstrogène lié à la période menstruelle (ces femmes ne peuvent pas prendre de contraceptifs oraux qui contiennent trop d’œstrogènes, mais la grossesse peut réduire beaucoup les crises) et tous les traumatismes : coup de poing, chute, extraction de dent, etc. Certains patients doivent être injectés jusqu’à deux ou trois fois par semaine, mais ce peut être toutes les deux semaines ou tous les mois. La maladie se présente parfois dès l’enfance, le plus souvent à l’adolescence. Cette épée de Damoclès rend leur vie leur vie difficile, car ils sont souvent contraints de venir à l'hôpital pour recevoir une injection intraveineuse qui demande chaque fois quelques heures de présence.

L'infirmière Suzanne Moreau avec Mylène Verge, une patiente apprenant à s'auto-injecter un produit sanguin par voie intraveineuse.

APPRENDRE À S'AUTO-INJECTER Depuis un peu plus d’un an, un enseignement est dispensé au CHUM permettant aux patients de s’auto-administrer le produit. Cette liberté acquise a profondément amélioré leur qualité de vie. En diminuant considérablement la fréquence et la durée de leurs visites à l’hôpital, ces patients retrouvent une vie beaucoup plus normale, ce qu’ils apprécient grandement.Cet enseignement est donné par l’infirmière Suzanne Moreau qui travaille de pair avec les allergologues regroupés à l’Hôpital Notre-Dame du CHUM qui suivent de tels patients, comme le Dr Laramée déjà cité, mais aussi les Drs Martin Blaquière et Normand Dubé. L’enseignement est individuel, dure de cinq à six semaines, à raison de deux heures par rencontre, et dès le premier cours, le patient s’injecte le produit. Il doit apprendre à remplir les demandes de produits à la Banque de sang, comment manipuler les flacons, et très important, s’assurer de la plus complète stérilité de la seringue et de l’environnement. Certains rares patients ne peuvent recevoir l’enseignement, faute de la maturité nécessaire et d’être suffisamment responsable, notamment concernant l’asepsie. C'est néanmoins l'une parmi les nombreuses belles histoires du CHUM, alliant la fine pointe technologique médicale et la compétence empathique infirmière, pour le plus grand bénéfice de quelques patients. Les patients affectés d’autres maladies rares, par exemple d’hypogammaglobulinémie, une déficience immunitaire causant des infections à répétition, bénéficient aussi d’un enseignement semblable, par l’apprentissage de l’injection sous-cutanée.

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Amélioration continue

Le souci de l’excellence de la DRC La Direction des regroupements clientèles (DRC) chapeaute des regroupements dont les patients partagent des similarités quant aux besoins de prestations de soins, aux services et au soutien requis. Parmi ces regroupements, six ont choisi de revoir certaines de leurs façons de faire dans le but d’améliorer leurs prestations de soins et d’assurer à leurs patients les soins et services d’excellence auxquels ils ont droit.

Orthophonie Dépistage de la dysphagie CHEZ LA CLIENTÈLE AVC

Ergothérapie Évaluer les aptitudes à domicile

Parmi les meilleures pratiques auprès de la clientèle ayant subi un AVC (accident vasculaire cérébral), le Réseau canadien contre les AVC recommande qu’une évaluation de la dysphagie – la difficulté à avaler – soit réalisée dans les 24 heures suivant un AVC. Afin de favoriser la prise en charge optimale de la clientèle ayant subi un AVC dès son admission à l’urgence, en particulier lors des congés de fin de semaine et les jours fériés, le Service d’orthophonie a amorcé une démarche visant à implanter un protocole de dépistage structuré de la dysphagie. Les orthophonistes ont donc analysé des protocoles de dépistage déjà existants ainsi que leur pertinence et leur potentiel d’application au CHUM. Un travail d’envergure duquel a ressorti le protocole STAND (Screening Tool for Acute Neurological Dysphagia). L’implantation du protocole suit son cours. Le CHUM concrétise ainsi l’une des pratiques optimales recommandées par le premier programme d’agrément pour les AVC, programme qui a vu le jour en 2010.

De plus en plus demandés dans les équipes interdisciplinaires, les ergothérapeutes ont un rôle à jouer dans l’évaluation de l’aptitude d’une personne à gérer ses biens et à prendre soin d’elle-même à domicile. Dans le cadre de ce projet d’amélioration de la qualité, on a voulu préciser le rôle de l’ergothérapeute dans ce type d’évaluation bien particulier. Un guide de référence, axé sur les besoins des patients et de leurs proches aidants, est présentement en développement pour les ergothérapeutes de tous les secteurs de pratique.

Nutrition clinique Clientèles prioritaires En 2009-2010, la nutritionniste de la clinique GARE (grossesse à risque élevé) a augmenté de 87 % ses consultations comparativement à 2004-2005. À l’automne 2010, le Service de nutrition clinique a décidé de revoir son offre de service et ses clientèles prioritaires. Il a donc ciblé la clinique GARE. Par ailleurs, le Service de gynécologie-obstétrique, appuyé par une endocrinologue spécialisée en fertilité-obstétrique, a manifesté un intérêt pour la prise en charge nutritionnelle d’autres patientes suivies en clinique d’obstétrique (ex. : patientes obèses, ayant un gain de poids excessif ou insuffisant). Une demande a aussi été faite pour l’ajout de services de nutritionniste à la clinique de procréation médicalement assistée (PMA). Il a été bien démontré que l’obésité est associée à un risque plus élevé d’infertilité et qu’une perte de poids aussi modeste que 5 % améliore la fertilité et la réponse aux traitements. Le Service de nutrition clinique s’engage donc à améliorer son offre de service par l’ajout de ressources nutritionnistes à la clinique GARE, obstétrique et PMA, leurs clientèles étant reconnues prioritaires.

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Physiothérapie Enseignement À la clientèle atteinte de lombalgie chronique En raison d’un nombre élevé de patients atteints de lombalgie chronique, ceux-ci doivent souvent attendre avant de recevoir les interventions requises. Les services de physiatrie et de physiothérapie ont donc décidé de revoir l’offre de service à cette clientèle en ciblant trois objectifs : faciliter l'accès aux services professionnels, augmenter les services offerts en s’inspirant des meilleures approches d’intervention, dans un souci de promotion et de prévention de la santé. Pour atteindre ces objectifs, un programme d’éducation multidisciplinaire et de réadaptation est en cours d’élaboration. Celui-ci s’adressera à des groupes de dix personnes atteintes de lombalgie chronique et se déroulera pendant sept semaines consécutives. On y traitera de sujets tels que les atteintes vertébrales fréquentes, les conséquences psychologiques, les saines habitudes de vie de même que des notions de bonnes postures, d’activités physiques et d’exercices bénéfiques. Les connaissances que les patients y acquerront leur permettront de prendre le contrôle de leurs problèmes lombaires et de devenir les principaux moteurs de leur réadaptation.

Psychologie Révision des modes de pratiques en psycho-oncologie Compte tenu de l’ampleur de la demande de services en psycho-oncologie, une révision des pratiques s’est imposée afin d’améliorer le travail des psychologues. Nombre de patients, durée de traitement, liste d’attente,


Ces chefs ou adjoints de sept services se réunissent régulièrement avec Sylvio Rioux, coordonnateur des services interdisciplinaires (à gauche sur la photo), pour discuter amélioration continue : Marcel Courtemanche, chef du Service de psychologie ; Marthyne Brazeau, chef du Service d’orthophonie-audiologie ; (devant) Louise Belley, chef du Service de nutrition clinique ; Sophie Bergeron, chef du Service d’ergothérapie ; Lucie Plouffe, adjointe au chef du Service de physiothérapie ; Danielle Soucy, chef du Service de physiothérapie et Sylvie Morin, adjointe au chef du Service social.

activités de recherche en lien avec le Centre de lutte contre le cancer (CLCC) et activités d’enseignement font partie des pratiques à évaluer. L’objectif principal consiste à diminuer, mais surtout à optimiser la durée des traitements en psycho-oncologie afin d’augmenter l’accessibilité à ces services. Ce projet se veut interdisciplinaire : il associe les psychologues et, notamment, des intervenants du regroupement clientèle en oncologie et hématologie, du CLCC au CHUM, de même que d'autres professionnels en oncologie. Finalement, la création d’un « laboratoire de psycho-oncologie », issu de la collaboration entre le Service de psychologie du CHUM et les départements de psychologie de l’UQAM et de l’Université de Montréal, permettra la réalisation de projets de recherche clinique selon les exigences du CLCC.

Service social Services psychosociaux en transplantation d’organes

d’intervention et de suivi psychosocial aux patients et à leurs proches. Toutefois, des questionnements quant à la prise en charge actuelle des patients ont fait surface. Quand il s’agit de transplantation, divers établissements sont interpelés. La question des responsabilités de ces divers établissements est fondamentale en rapport avec la continuité des services. C’est pourquoi une révision des processus de participation et l’élaboration d’un protocole d’intervention en travail social au sein des équipes de transplantation d’organes sont présentement en cours. Le protocole devrait être en place d’ici l’été 2012.

Ces projets d’amélioration continue sont présentement en cours de développement et des efforts concertés sont consentis par les six regroupements en question. Le CHUMagazine vous tiendra informés de l’avancée de ses projets en cours d’année.

Les travailleurs sociaux travaillant dans les équipes interdisciplinaires en lien avec les transplantations d’organes offrent des services d’évaluation,

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actualitéS

La malnutrition en milieu hospitalier En évoquant la malnutrition, les premières images qui nous viennent en tête sont celles des pays en voie de développement. Malheureusement, la malnutrition est beaucoup plus près de nous. En effet, elle est omniprésente en milieu hospitalier et contribue à l’augmentation de la durée de séjour et des coûts d’hospitalisation. Un groupe de travail canadien sur la malnutrition a récemment été créé et effectue présentement une étude prospective pancanadienne afin d’évaluer l’état nutritionnel et la prévalence de la malnutrition chez les patients hospitalisés. Le Service de nutrition clinique du CHUM contribue à cette étude qui aidera à statuer sur l’ampleur du problème grâce à un dépistage systématique des patients dénutris. Le processus vise évidemment à favoriser l’adoption des meilleures pratiques en nutrition hospitalière. Concrètement, le CHUM s’est engagé à déployer, dans les différentes unités de soins ainsi qu’à l’urgence, le volet nutrition du projet OPTIMAH : toutes les personnes hospitalisées âgées de 75 ans et plus ont ainsi accès à une alimentation riche en protéines et en énergie adaptée à leurs besoins. Qu’est-ce que la malnutrition ? Elle se définit comme un excès ou une insuffisance des apports alimentaires associés à une carence des besoins nutritionnels d'une personne. La malnutrition englobe la dénutrition qui se définit comme une insuffisance des apports souvent en lien avec une malabsorption ou une mauvaise utilisation des nutriments. La malnutrition concerne autant les hommes que les femmes, peu importe leur âge ou leur

poids. Pourquoi est-elle omniprésente en milieu hospitalier ? Parce que pendant la phase aigüe de la maladie ou après une chirurgie, les besoins nutritionnels du patient s’accroissent alors que ses apports alimentaires fluctuent selon son état médical, les symptômes digestifs, les traitements reçus et surtout, selon les périodes de jeûne répétées. La prévalence de la malnutrition en milieu hospitalier est possiblement sous-évaluée puisqu’il existe peu de dépistage systématique dans les hôpitaux québécois. Certaines études épidémiologiques ont révélé que de 30 à 60 % de patients hospitalisés sont dénutris, et ce, dès l’admission ou pendant leur hospitalisation. La malnutrition favorise une hausse de la morbidité et de la mortalité, augmente aussi la durée de séjour et le nombre de réadmissions après l’hospitalisation. Il va de soi que la qualité de vie du patient est diminuée. La proportion de patients à risque élevé d’une dénutrition protéino-énergétique demeure importante, notamment la clientèle âgée hospitalisée. La malnutrition intrahospitalière demeure un problème majeur dans les soins de santé mais a l’avantage d’être réversible avec des soins appropriés. Les bénéfices du traitement de la malnutrition sont grands et avantageux autant pour l’établissement que pour le patient. Plusieurs outils de dépistage ont été validés, il s’agit d’implanter des pratiques au sein de nos établissements qui permettent de cibler rapidement les patients à risque de dénutrition. Il est souhaité qu’une prise en charge nutritionnelle précoce soit instaurée pour tous les patients dénutris ou à risque de dénutrition.

Louise Belley, chef du Service de nutrition clinique, cherche avec son équipe à cibler rapidement les patients à risque de malnutrition.

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Interventions aInéEs

Le ruis de l'udeM Des nouvelles du réseau Le CHUM fait partie du Réseau universitaire intégré de santé de l’Université de Montréal. Ces nouvelles parviennent des autres partenaires du réseau.

UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Le classement 2011 de Research Infosource place l'UdeM en troisième position parmi les 50 universités canadiennes les plus dynamiques en recherche et au premier rang des universités québécoises. http://bit.ly/uxB2gR Le virage interdisciplinaire ainsi que l'approche patient sont bien intégrés à la formation des futurs professionnels de la santé à l'UdeM. En tout, 1065 étudiants de troisième année de dix programmes en santé participaient à un atelier de formation interprofessionnelle visant la mise en commun des diverses expertises. http://bit.ly/uG2ifx

INSTITUT DE RECHERCHE CLINIQUE DE MONTRÉAL (IRCM) Le Dr Peter W. Schiller, chimiste des peptides à l’IRCM, et ses collaborateurs à la Cornell University aux États-Unis, ont découvert un peptide permettant d'établir une nouvelle classe de médicaments potentiels. Cette découverte passe maintenant aux essais cliniques, un bel exploit pour Dr Schiller et son équipe puisqu’il est rare en recherche fondamentale de se rendre aussi loin dans les processus d’essais. http://bit.ly/ujTe28

HÔPITAL LOUIS-H. LAFONTAINE En vieillissant, le tissu cutané devient plus fragile. C’est pourquoi, au CHUM, dès l’arrivée à l’hôpital, l'équipe de soins surveille de près l’apparition de rougeurs et au besoin, adapte les surfaces du lit et du fauteuil, notamment en utilisant des matelas et des coussins spéciaux. Il encourage aussi la personne âgée à bouger le plus possible, à bien manger et à boire suffisamment. Le but de toutes ces mesures ? Prévenir l’apparition des douloureuses plaies de lit, aussi appelées plaies de pression.

Illustration Philippe Béha Réalisée grâce à une contribution financière de la Fondation Jean-Marc-Boucher

Une étude réalisée par le Centre d'étude sur le trauma de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine nous apprend que bien que les policiers représentent une population à haut risque de vivre des événements traumatiques dans le cadre de leur travail, ils ne sont pas plus susceptibles que la population générale de souffrir d'un état de stress post-traumatique. http://bit.ly/uGf4Jv

INSTITUT UNIVERSITAIRE DE GÉRIATRIE DE MONTRÉAL (IUGM) Un nouvel outil conçu pour les proches aidants vient s’ajouter à la collection « Trucs et astuces ». Ayant pour auteure la Dre Francine Ducharme, Ph. D., Sciences infirmières et titulaire de la Chaire Desjardins en soins infirmiers à la personne âgée et à la famille de l’IUGM, cette brochure est née de la collaboration entre le ministère de la Famille et des Aînés et l’IUGM. http://bit.ly/tphgVb

INSTITUT DE CARDIOLOGIE DE MONTRÉAL (ICM) Les personnes qui présentent un trouble de l’humeur tel que la dépression seraient deux fois plus susceptibles d’être victimes d’un infarctus du myocarde selon une étude menée à Concordia, en collaboration avec l’Institut de cardiologie de Montréal, l’Université McGill, l’Hôpital Sacré-Coeur de Montréal, l'Université du Québec à Montréal et l'Université de Calgary. http://bit.ly/s0thP9

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promotion de la santé

La littératie en santé Un enjeu préoccupant Au Québec, actuellement, près de deux adultes sur trois éprouvent des difficultés à comprendre et à utiliser l’information disponible afin de prendre adéquatement soin de leur santé. Chez les personnes âgées de plus de 65 ans, cette proportion passe à 95 %. Ces chiffres dévoilent un enjeu de taille face auquel il importe de se mobiliser. Dans un contexte où le système de santé se complexifie et où le patient est appelé à être autonome et partenaire de ses soins, la prise en compte de la capacité du patient à jongler avec plusieurs sources d'information est une variable essentielle de tout processus d’optimisation de la qualité des soins. Impossible, en effet, de prétendre à des soins de santé équitables, sécuritaires et de qualité où le patient participe pleinement à ses soins si les renseignements transmis lui sont incompréhensibles ou s'ils sont inadaptés à son état. L'enjeu en est moins d'alphabétisme que de littératie, un concept qui réfère à la capacité d’un individu à comprendre et utiliser la lecture, l’écriture et la parole afin d'interpréter l'information de façon à résoudre des problèmes et agir en conséquence. Le fait qu'un patient soit apte à lire les renseignements contenus sur le feuillet explicatif d'un médicament (alphabétisme) ne signifie pas nécessairement qu’il possède les compétences requises afin d’évaluer la posologie en fonction de son âge et de son poids (littératie). Certaines situations peuvent demander un niveau de littératie encore plus élevé chez le patient, par exemple lorsque les caractéristiques de ce dernier ne correspondent pas aux spécifications du feuillet et qu’il se voit dans l'obligation de rectifier le dosage lui-même. Le problème du déséquilibre entre les capacités à utiliser l'information de certains patients et les exigences des soins de santé est d’autant plus important à considérer en contexte hospitalier que l’état de santé d’un individu a un effet direct sur sa capacité à traiter l’information. Certaines études ont effectivement montré que le niveau de littératie en santé des patients diminue à mesure que leur état de santé se détériore, et ce, sans égard à leur niveau d’éducation. Ainsi, les personnes qui ont le plus besoin d’être renseignées pour participer à leurs soins sont celles qui ont le plus de difficulté à bien traiter l’information.

La littératie en santé se définit comme la capacité d’un individu d’obtenir, de comprendre et d'utiliser l'information relative à la santé et aux services de santé afin de prendre des décisions éclairées sur sa santé.

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Alors, comment offrir aux patients une information qu'ils soient en mesure de comprendre réellement ? La Direction de la promotion de la santé, en collaboration avec d’autres directions du CHUM, travaille à optimiser les interventions verbales et écrites auprès des patients et leurs proches, dans le cadre du Projet d’information et d’éducation à la santé. À ce chapitre, quelques pratiques simples peuvent faire la différence : • Utiliser un langage clair, simple, exempt de jargon médical et facile à comprendre • Faire usage du non-verbal (ajouter des gestes à la parole) • Reconnaître les signes de faible littératie, notamment un patient qui remet des formulaires incomplets ; a de la difficulté à nommer un médicament, à expliquer pourquoi et quand il doit être pris ; n’a aucune question à poser ; dit ne pas pouvoir lire car il a oublié ses lunettes ou qu’il attendra d’être à la maison • S’assurer que le patient a bien compris en lui faisant répéter l’information et en laissant du temps pour les questions. Pour connaître d’autres trucs pratiques en éducation à la santé ou pour en savoir plus sur le projet, consultez la page Promotion de la santé du prochain CHUMagazine ainsi que le dossier spécial sur la littératie en santé du bureau de soutien à la communication en santé publique (http://www.espacecom. qc.ca/contenus/dossier/liste/Litteratie-en-sante.aspx).

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Les commissaires vous informent Depuis plus d’un an, cette chronique vous informe à propos du régime de traitement des plaintes. Dans cette parution, nous vous présentons sommairement le mandat du médecin examinateur, un acteur important dans le traitement des plaintes au CHUM.

Quel est le rôle du médecin examinateur dans le traitement des plaintes ? Le médecin examinateur est la personne désignée par la Loi sur les services de santé et les services sociaux (LSSS) pour le traitement des plaintes à l’endroit d’un médecin, d’un dentiste, du pharmacien, de même que d'un résident. Quel type de plainte le médecin examinateur traite-t-il ? Le médecin examinateur traite les plaintes qui exigent un contrôle ou une appréciation de la qualité des actes médicaux, dentaires ou pharmaceutiques touchant la pratique du médecin, dentiste, pharmacien ou résident. Qui peut déposer une plainte à l’endroit d’un médecin, pharmacien, dentiste ou résident ? La LSSS prévoit à l’article 44 « que le médecin examinateur désigné procède pareillement à l’examen de toute plainte qui concerne un médecin, un dentiste ou un pharmacien, de même qu’un résident, formulée par toute autre personne qu’un usager ou son représentant ». Ce qui signifie que les plaintes peuvent provenir tant du patient, d’un proche, d’un visiteur ou même d’un employé. Le médecin examinateur traite l’ensemble des plaintes envers ces professionnels, son mandat ne se limite pas aux plaintes des patients. Est-ce que le commissaire local aux plaintes et à la qualité des services effectue également le traitement des plaintes soumises au médecin examinateur ? Non, le commissaire reçoit la plainte, valide la nature de celle-ci et détermine les éléments relevant du médecin examinateur. Il transmet par la suite la plainte au médecin examinateur qui en effectue l’analyse, en fait le suivi et émet au besoin des recommandations. Dans certaines situations, il peut arriver que le commissaire découvre des éléments clinico-administratifs dans la plainte qui doivent être évalués, en plus des éléments d’ordre médical. Dans ces cas, la plainte sera traitée en plainte mixte, c’est-à-dire par le médecin examinateur pour ce qui concerne les aspects liés à l’acte médical et par le commissaire pour les aspects d’ordre clinico-administratif. Quel est le mécanisme de traitement des plaintes médicales ? Dans un premier temps, une plainte médicale doit être déposée par écrit et adressée au Bureau de la commissaire locale aux plaintes et à la qualité des services. Celle-ci est alors transmise au médecin examinateur et un accusé de réception est acheminé au plaignant. Le médecin examinateur prend en charge le dossier. Il bénéficie d’un délai de 45 jours pour traiter la plainte et faire parvenir ses conclusions par écrit au plaignant, tel que prévu à l’article 47 de la Loi sur la santé et les services sociaux. En cas d’insatisfaction du plaignant à la suite des conclusions du médecin examinateur, la loi prévoit un deuxième recours auprès du comité de révision nommé par le conseil d’administration. Le mandat du comité de révision est de procéder à la révision du traitement accordé à la plainte de l’usager par le médecin examinateur. Le processus de traitement des plaintes par le médecin examinateur s’inscrit dans une perspective d’amélioration de la qualité des services et ne doit pas être confondu avec l’action juridique.

Pour toute question sur la procédure de traitement des plaintes, adressez-vous aux commissaires locaux aux plaintes et à la qualité des services, aux coordonnées suivantes : Hôtel-Dieu, poste 12761 Hôpital Notre-Dame, poste 26047 Hôpital Saint-Luc, poste 36366

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L’Avant-Première Bénéfice du SIAM : une somme record

De gauche à droite : Michel Bourgeois, président du C.A., Fondation de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal ; Rémy L. Rousseau, membre, Fondation de l’Hôpital Pierre-Boucher ; José Gaudet, porte-parole ; Pascal Dandurand, président, Salon International de l’Auto de Montréal 2012 ; Marc Tremblay, p-dg, Palais des congrès de Montréal ; Marc Bourassa, vice-président ventes, Le Journal de Montréal et Sun Media ; Gilles Dulude, président du C.A., Fondation du CHUM ; Normand Rinfret, directeur général et chef de la direction par intérim, CUSM ; Nicholas Di Tempora, président du C.A., Fondation Santa Cabrini.

L’Avant-Première Bénéfice du Salon International de l’Auto de Montréal (SIAM) s’est tenue le 12 janvier dernier et a permis de récolter la somme record de 527 861 $. Cette somme est partagée par cinq fondations hospitalières, dont la Fondation du CHUM, et comprend les profits d’un encan. Cette 8e édition de l’Avant-Première Bénéfice a encore impressionné ses visiteurs par ses nouveautés automobiles, son ambiance conviviale et la qualité de son organisation, sans oublier ses savoureux petits plaisirs gastronomiques. Cette année, l’humoriste José Gaudet en était le porte-parole. Depuis 2006, la Fondation du CHUM est partenaire de l’Avant-Première Bénéfice du SIAM. L’argent recueilli permet à la Fondation de soutenir le CHUM dans sa quadruple mission de soins, d’enseignement, de recherche et de promotion de la santé, pour le plus grand bien des patients. Merci à nos commanditaires : Judith Gauthier Photographe, Monette Barakett, Vin et Passion. Merci à nos partenaires : AccelLab inc., Cima +, Clinique Nouveau Départ, Fisc-Cap inc., Mylan, ProContact, Service de cardiologie du CHUM et Urologues spécialisés du CHUM.

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Don de 2 millions  de la TD Les fondations du CHUM, du CUSM et de l’Hôpital de Montréal pour enfants ont annoncé le 23 janvier dernier l’engagement de la TD à verser 2 millions $ à la campagne conjointe que mènent le CHUM et le CUSM. Cette somme soutiendra les projets de redéploiement de ces deux centres de santé universitaires montréalais. La contribution de la TD au CHUM sera notamment consacrée à la formation d’experts au sein du Programme de formation des équipes interdisciplinaires en simulation. « Les secteurs de la médecine et des soins de santé sont en constante évolution. Par conséquent, des bourses postdoctorales en recherche et un programme de formation en simulation constitueront des outils de choix pour que les médecins, les spécialistes, les infirmières et le personnel puissent continuer d’enrichir leurs connaissances afin d’offrir les meilleurs soins possible aux patients », a soutenu M me Christine Marchildon, première vice-présidente, TD Canada Trust, région du Québec. La directrice de l’enseignement du CHUM, la Dre Marie-Josée Dupuis, a précisé que « les bourses permettront de former des leaders en simulation à l’extérieur du pays, dans des institutions prestigieuses ». Dès 2013, le Centre intégré d’enseignement et de formation (CIEF) du nouveau CHUM, plus grand centre de simulation situé à même les murs d'un centre hospitalier, accueillera les spécialistes en simulation du CHUM dans un environnement hautement technologique et sophistiqué.

De gauche à droite : Gilles Dulude, président du C.A. de la Fondation du CHUM ; Dre Marie-Josée Dupuis, directrice de l’enseignement du CHUM ; Ékram Antoine Rabbat, p-dg de la Fondation du CHUM ; Christian Paire, directeur général et chef de la direction du CHUM ; Christine Marchildon, première vice-présidente, TD Canada Trust, région du Québec (assise) ; Normand Rinfret, directeur général et chef de la direction par intérim du CUSM ; John A. Rae, président de la campagne Les meilleurs soins pour la vie du CUSM ; Greg Rokos, président du C.A. de la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants ; Marie-Josée Gariépy, présidente de la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

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Stations multimédias chez les grands brûlés !

Le combat des Drs Prat et Alvarez contre la SEP

L’équipe de la Fondation a le plaisir de vous informer que des stations multimédias ayant pour but d’améliorer la qualité de vie des patients victimes de brûlures graves sont en place depuis décembre à l’unité des grands brûlés. « Les personnes vont sur Facebook ou prennent leurs courriels. Ils apprécient ce service, car cela les distrait de leur souffrance et de leur ennui », explique la Dre Suzie Bond, psychologue clinicienne et chercheuse attitrée aux grands brûlés et aux soins intensifs du CHUM. Déjà, plusieurs infirmiers ont remarqué une nette diminution de la demande d'antidouleur (ceux au besoin) par les patients, signe indéniable du succès de cette initiative. La télévision, souvent trop coûteuse pour les moins nantis, est en outre maintenant accessible pour eux aussi. Les six stations permettent l’accès gratuit à la télévision et à Internet, au visionnement de films, à la téléphonie et à la Web conférence. Muni d’un système de caméra permettant au patient de parler et de voir en direct sa famille, cet équipement contribue à briser l’isolement des patients en les rapprochant de leur entourage et en les faisant ainsi bénéficier de leurs encouragements. L’ajout de plateformes permettra éventuellement l’enseignement de techniques de gestion de la douleur. D'autres projets sont en développement.

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Une équipe de chercheurs dirigée par le Dr Alexandre Prat et le stagiaire postdoctoral Jorge Alvarez du Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) ont fait la lumière sur le fonctionnement de la barrière hémo-encéphalique et sur un mécanisme par lequel cette barrière empêche l’incursion du système immunitaire dans le cerveau. « Les résultats de cette recherche nous aident à mieux comprendre les mécanismes utilisés par le cerveau pour se défendre de façon naturelle des agressions du système immunitaire, comme pour la sclérose en plaques » explique le Dr Prat. Il n’existe pas de cure contre la sclérose en plaques (SEP), cette maladie auto-immune chronique du système nerveux central. Cette maladie se manifeste par des paralysies, des engourdissements, des pertes de vision, des déficits d’équilibre et des problèmes de marche répétés menant à un handicap chronique. Au Canada, plus de 75 000 personnes en sont atteintes. Il s’agit de la plus grande incidence de cette maladie dans le monde. « Cette étude ouvre la voie à la conception d’approches thérapeutiques pour contrôler la migration des cellules immunitaires dans le cerveau et ainsi améliorer leur capacité de cibler des zones atteintes » soutient le Dr Prat. Cette recherche a été financée par l’Institut de recherche en santé du Canada (IRSC) et la Société canadienne de la sclérose en plaques.

Dr Alexandre Prat


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Le 14e Congrès des étudiants du CRCHUM

Défi CRCHUM : c’est reparti ! La prochaine édition du Défi CRCHUM se tiendra le 29 avril 2012, au parc Jean-Drapeau. Cette année encore, il sera possible de marcher ou de courir 5 km ou de courir 21 km pour une bonne cause : amasser des fonds pour le CRCHUM. Les personnes intéressées à relever le défi doivent s'inscrire en tant que participant et offrir la possibilité aux gens de donner directement en ligne sur le site Web du Défi Scotia. Il est possible aussi de s’inscrire en utilisant un formulaire de don. Pour tout renseignement, communiquez avec Mme Mireille Chalifour au 514 890-8000, poste 12964. En 2011, le Défi a permis de recueillir près de 80 000 $ et le CHUM a obtenu pour une deuxième fois le prix de 5000 $ pour la meilleure équipe de collecte de fonds parmi les 25 organismes caritatifs participants. Il va sans dire que la première place est encore visée cette année. Rappelons que les bénéfices du Défi CRCHUM servent, entres autres, à des bourses de perfectionnement pour les étudiants, des bourses de formation professionnelle pour les membres du personnel et du soutien direct pour la recherche.

Le 14e congrès des étudiants du CRCHUM, tenu le 13 décembre dernier, a connu un franc succès. Près de 300 personnes y ont assisté, dont plus de 160 étudiants qui ont présenté leurs projets de recherche. Lors de cette journée, vingt étudiants et stagiaires ont reçu un complément de bourses du CRCHUM et seize étudiants ont reçu une bourse des programmes de sciences biomédicales et de biologie moléculaire de l’Université de Montréal. Des prix pour les meilleures présentations orales ou par affiche ont été également alloués à vingt étudiants. On y a enfin remis un certificat aux étudiants et stagiaires postdoctoraux qui ont gagné des bourses Défi CRCHUM (voir autre article) de perfectionnement, une aide complémentaire couvrant les coûts associés à leur participation à des colloques, des congrès scientifiques et des courts séjours d'apprentissage. Les noms et photos des récipiendaires sont accessibles sur le site Web du CHUM (chumontreal.com/crchum/études graduées). Félicitations à tous les récipiendaires et merci aux nombreux commanditaires !

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Dossier CANCER : AXE STRATÉGIQUE Le 29 novembre dernier, le conseil d’administration adoptait à l’unanimité le plan stratégique 2011-2015 du CHUM. Le document présente les grandes orientations de notre institution pour les années à venir. Y sont présentés cinq axes stratégiques cliniques et quatre domaines transversaux. Des expressions qui semblent académiques au premier regard, mais qui ont pourtant des applications bien concrètes. Les axes stratégiques déterminent les priorités cliniques du CHUM et permettront la transition vers le nouveau CHUM. Cette édition du CHUMAGAZINE présente l’axe stratégique du cancer. L’axe cancer regroupe l’ensemble des services liés à la prise en charge du cancer, comprenant notamment son investigation médicale et son traitement, qu’il soit chirurgical, d’oncologie médicale et de radio-oncologie ou une combinaison des trois. Cet axe stratégique répond d’abord à un besoin populationnel en soins spécialisés et ultraspécialisés. À ce titre, le CHUM est le centre hospitalier québécois qui reçoit le plus grand nombre de personnes atteintes de cancer pour diagnostic, traitements et suivi. Or, en tant que centre universitaire, le CHUM a acquis une grande expertise quant aux pathologies cancéreuses rares ainsi que celles particulièrement complexes. Des 17 équipes interdisciplinaires constituant le Centre de lutte contre le cancer du CHUM, seulement certaines sont décrites dans ce dossier : d’abord les deux équipes traitant des cancers rares, soit les cancers des surrénales et de l’œil ; ensuite, les deux équipes affectées à des clientèles à plus gros volume, les cancers du poumon et du sein, qui exposent comment la biologie moléculaire a complexifié l’approche thérapeutique tout en l'améliorant. Ce dossier présente également un exemple de télémedecine - médecine de l'avenir - nommément le registre des cancers du placenta, un cancer plutôt rare aussi. Enfin, il se termine avec une brève description de nos équipements de radio-oncologie, qui font du CHUM le deuxièeme plus gros centre de tout le Canada en cette matière. Ces exemples sont autant de démonstration de ce que le CHUM fait de mieux et qui le positionnent comme centre universitaire de pointe.

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Cancers rares

Les cancers des surrénales

Les surrénales sont des glandes situées au-dessus des reins. Elles sont séparées en deux couches : le centre, producteur d’adrénaline, où se développent les tumeurs nommées phéochromocytomes dont il ne sera pas question ici, et le cortex, en pourtour, secrétant entre autres le cortisol et l’aldostérone qui sont des hormones essentielles à la vie, d’où originent les cancers corticosurrénaliens. L’incidence des cancers corticosurrénaliens est de 1 ou 2 par million d’habitants, ce qui, transposé au Québec, donne de 8 à 16 cas par année. Il s’agit donc de cancers rares, souvent méconnus. Ce sont ces cancers qui intéressent les membres de l’équipe interdisciplinaire des cancers des glandes surrénales du CHUM, équipe unique au Canada désignée quaternaire. Le CHUM a la chance d’avoir en son sein une équipe d’experts pouvant traiter les patients affectés en tenant compte des derniers consensus. La Dre Isabelle Bourdeau, endocrinologue et responsable médicale de cette équipe, nous explique que les masses surrénaliennes sont fréquentes et surviennent chez 2 à 3 % de la population. La majorité des masses sont bénignes et découvertes fortuitement. Pour un sous-groupe de masses atypiques, une équipe d’experts est requise afin de déterminer leur potentiel de malignité. Les masses de plus de quatre centimètres ont un potentiel plus élevé de malignité et souvent, la glande surrénale atteinte est réséquée. Le CHUM possède une équipe de chirurgiens experts en glandes surrénales pouvant opérer par laparoscopie plutôt que par chirurgie conventionnelle ouverte, lorsque cela est possible et indiqué. L’équipe comprend des endocrinologues, un hémato-oncologue, des nucléistes, des pathologistes, des radio-oncologues et des urologues spécialisés en pathologies surrénaliennes qui participent activement à l’investigation et à la prise en charge de ces tumeurs complexes. Le traitement par chimiothérapie est souvent indiqué dans ce cancer étant donné le risque important d'avoir des métastases à distance. Il est ainsi important de faire appel à un centre quaternaire qui offre toute l’expertise, y compris l'indispensable infirmière pivot (qui fait les suivis), psychologue et archiviste médicale (qui saisit les données dans le Registre des tumeurs). Le pronostic de survie des patients atteints de cancer corticosurrénalien est de moins de 30 % pendant environ cinq ans. Les histoires sont d’autant plus tragiques qu’elles surviennent souvent chez des patients jeunes, de 40 à 50 ans en moyenne - certains ont à peine 20 ans - et parfois chez des enfants. L’équipe interdisciplinaire des cancers des glandes surrénales du CHUM jouit d’une reconnaissance étendue en raison de son expertise, de sa participation à des projets de recherches cliniques internationaux et de la publication de ses travaux scientifiques cliniques et fondamentaux dans des revues de renom.


Dossier CANCER : AXE STRATÉGIQUE

Dr André Lacroix, endocrinologue, une sommité internationale en surrénales

D Isabelle Bourdeau, endocrinologue et responsable médicale de l'équipe des cancers des surrénales re

Lucie Bédard, cogestionnaire des regroupements de clientèles de médecine métabolique et contemporaine et responsable clinico-administrative de l'équipe des cancers des surrénales

Dr Kevin Zorn, urologue et chirurgien expert des surrénales

Dr Mathieu Latour, pathologiste expert en surrénales

Les cancers de l’œil Comme les surrénales, les cancers de l’œil sont un autre exemple de cancers rares pour lesquels le CHUM a acquis une expertise unique. Le CHUMagazine a rencontré la Dre Christine Corriveau, qui a bien voulu raconter son unique et exemplaire parcours professionnel. Comme souvent dans la profession médicale, c’est un peu par hasard que la Dre Corriveau s’est spécialisée dans les cancers de l’œil. Durant sa formation, les tumeurs aux yeux l’ont fascinée. « Personne ne savait comment traiter ces cancers à l’époque, alors j’ai décidé, après ma résidence à McGill, de faire une formation complémentaire. » Elle fait un stage en pathologie oculaire au Massachussets Eye Institute à Boston et un postdoctorat (fellowship) en oncologie oculaire à l’Institut du cancer d’Ontario à l’Hôpital Princess Margaret de Toronto, le seul endroit au Canada l'on offrait un enseignement approfondi sur ces cancers et qui jouissait d'une excellente renommée internationale. La Dre Corriveau est ensuite engagée à l’Hôpital Notre-Dame en ophtalmologie générale avec consultations en oncologie, expertise qu'elle acquiert à la fois à l’Hôpital Notre-Dame et à l’Hôpital Royal Victoria pendant dix ans. Puis, elle s’installe exclusivement à l’HND en 1996. Elle organise une clinique hebdomadaire bien structurée avec une équipe composée de radiooncologues, pathologistes, techniciens, infirmières et autres collaborateurs. La Collaborative Ocular Melanoma Study (COMS), étude multicentrique hasardisée sur la survie des mélanomes oculaires, généreusement subventionnée par le National Institutes of Health (NIH) américain, cherche à démontrer lequel des traitements, entre l’énucléation (ablation du globe oculaire) et la radiothérapie améliore la survie des patients. Devant les difficultés de recruter suffisamment de patients atteints de cette rare maladie, les Américains communiquent avec les

ophtalmologistes de Toronto, qui recommandent l’équipe de Montréal, et voilà la D re Corriveau engagée dans cette étude à laquelle participent 42 autres centres. Elle participera à ce projet pendant 15 ans, jusqu’en 2004. « Cela nous a permis de nous améliorer, d’atteindre des standards d’excellence avec l’appui de centres de coordination supervisés par le COMS, également de nous confronter à des exigences plus rigoureuses et de les respecter. Nous avons établi des liens avec les autres centres qui traitent les tumeurs oculaires, nous nous sommes fait connaître dans le réseau, avons augmenté le volume d’activités et traité des tumeurs autres que des mélanomes ». L’équipe d’oncologie oculaire du CHUM a obtenu en 2009 la désignation suprarégionale par le Programme de lutte contre le cancer du Ministère. Elle est la seule équipe en oncologie oculaire au Québec ayant reçu cette désignation. L’équipe comprend, entre autres, un pathologiste oculaire (le Dr Guy Allaire), des spécialistes de la radiothérapie oculaire (les D rs Pierre Rousseau et David Roberge), un oncologue médical (le D r Bernard Lemieux), un spécialiste de la photographie oculaire, gagnant de nombreux prix internationaux (M. Marc Blouin), une infirmière pivot (Mme Kim Le), une psychologue (Mme Emanuelle Robert), une infirmière spécialisée (Mme Louise Handfield), une responsable administrative (Mme Jacinthe Brodeur). Depuis quatre ans, l’archiviste médicale de l’équipe, M me Caroline Cherhal, inscrit les patients au Registre des tumeurs du CHUM, et documente les données sur les suivis des patients. Récemment, une ophtalmologiste d’origine argentine, la Dre Sonia Callejo, diplômée d'études postdoctorales en Angleterre et en France, a communiqué avec la Dre Corriveau pour qu’elle l’aide à monter une équipe à McGill. Cette jeune ophtalmologiste travaille une journée par semaine au CHUM avec l’équipe d’oncologie oculaire et l’enrichit

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Dossier CANCER : AXE STRATÉGIQUE

Cancers complexes

d’une pensée différente. « Un bon coup pour le CHUM » assure la Dre Corriveau qui a toujours gardé des antennes avec McGill depuis sa résidence, comme avec Toronto, et heureuse de s’ouvrir à l’Europe. On vient à la clinique d’oncologie oculaire de partout au Québec, aussi des provinces maritimes francophones. Les cancers de l’œil sont très rares, se logent soit à la surface, dans la conjonctive, soit à l’intérieur, dans la choroïde, plus rarement à l’iris et dans l’orbite. Il arrive parfois que la tumeur soit en réalité une métastase, notamment du sein ou du Dre Christine Corriveau, ophtalmologiste poumon. Une tumeur bénigne nécessite elle aussi une investigation, imagerie et photographie pour être diagnostiquée comme telle. Chaque semaine, la clinique reçoit trois ou quatre nouveaux cas à diagnostiquer et pour lesquels elle offre des recommandations de suivis et de traitements. L’incidence des mélanomes oculaires est de sept nouveaux cas par million de personnes par année. Transposé au Québec, cela donne quelque 50 nouveaux cas de mélanomes oculaires par année. Les deux tiers ont besoin de traitement, le tiers restant nécessite seulement un suivi, ce qui équivaut à traiter environ 35 patients par année ayant un nouveau diagnostic de mélanome. L’an dernier, le CHUM a traité plus de 29 nouveaux patients ayant un mélanome oculaire. Il en avait traité 42 en 2009. Les tumeurs malignes sont soignées par différents traitements de radiothérapie, soit la curiethérapie (plaque d’iode ou de ruthénium placée sur l’œil), la téléthérapie ou radiation externe (stéréotaxie par le CyberKnifeTM). En 2010, le CHUM a été le premier hôpital au Canada à traiter un patient par CyberKnifeTM pour un mélanome oculaire. En mars 2012 sera implantée une plaque de ruthénium, une nouveauté au CHUM, grâce à l’expertise apportée par la Dre Callejo. Une collaboration de plusieurs années avec le CUSM permet d'offrir des traitements de stéréotaxie. Pour les patients porteurs de gros mélanomes, il faut parfois procéder à l'énucléation, c'est-à-dire, enlever le globe oculaire dans sa totalité et le remplacer par une prothèse. Divers traitements de chimiothérapie topique sont également utilisés pour les tumeurs de la conjonctive. L’équipe est actuellement en campagne de financement pour travailler sur des analyses chromosomiques des tumeurs qui permettront éventuellement de connaître leur potentiel métastatique et de raffiner les traitements. Ces biopsies sont maintenant prélevées sur les patients énucléés, mais seront par la suite étudiées pour toutes les tumeurs. On pourra alors savoir plus précisément quelles sont les chances de L’infirmière pivot Kim Le assure les suivis survie, adapter les traitements adjuvants des patients atteints des cancers rares des surrénales, de l’œil et de la thyroïde. et évoluer vers de nouveaux protocoles.

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L’exemple du poumon Il existe deux grandes familles de cancers du poumon, nous explique le D r Normand Blais, hématologue et oncologue médical, les cancers à petites cellules et les cancers non à petites cellules, ces derniers représentant de 85 à 95 % des cas de ces cancers. Cette majorité de patients a traditionnellement été soignée de la même façon, avec la même approche et le même traitement, et l'est encore dans la plupart des hôpitaux du monde, Québec compris. Depuis environ cinq ans toutefois, la recherche a établi qu’il existe plusieurs sortes de cancers non à petites cellules, certains avec un aspect décelable au microscope et d’autres, par une signature moléculaire particulière. La recherche génétique a permis de découvrir un caractère moléculaire distinct dans 60 % de ces cancers alors que pour les autres, on cherche encore à trouver l’origine génétique. Cette technologie de biologie moléculaire a permis de découvrir trois nouvelles catégories importantes pour le traitement des patients, 25 % ayant une mutation K-ras, 15 % ayant une mutation activatrice du gène EGFR et 5 % ayant un réarrangement du gène ALK. Des études ont démontré que les réponses aux traitements de chimiothérapie étaient différentes, surtout dans les deux dernières catégories nommées ci-haut et que dans ces cas, une thérapie ciblée s’avérerait plus efficace et moins toxique. Chez ce petit pourcentage de patients, d’ailleurs souvent des femmes et des nonfumeurs, l’amélioration du pronostic est notable, passant de 6 à 24 mois. Au CHUM, l’intégration de ces nouvelles technologies est partagée par une équipe interdisciplinaire de haut calibre, comprenant des oncologues, des chirurgiens thoraciques, des radio-oncologues, des nucléistes, des pharmaciens, infirmières, travailleurs sociaux, psychologues et autres, qui peuvent les appliquer adéquatement, après discussions entre experts, sur chaque patient. Autre nouveauté favorisée par l’équipe interdisciplinaire en oncologie thoracique du CHUM : l’intégration rapide


Dossier CANCER : AXE STRATÉGIQUE

Télémédecine L’équipe du cancer du poumon, de gauche à droite, 1 rangée : (assis) le D Philippe Roméo, pathologiste, le Dr Jean Chalaoui, radiologiste, la Dre Marie-Pierre Campeau, radio-oncologue ; 2e rangée : Jean Morin (remplacé depuis par le pharmacien Feriel Boumedian), le Dr Normand Blais, hémato-oncologue, Odette Perreault, coordonnatrice du CLCC, la Dre Jocelyne Martin, chirurgienne thoracique, Amira Fares (remplacée depuis par l’archiviste Janick Guilbault), la Dre Marie Florescu, hémato-oncologue, la Dre Édith Filion, radio-oncologue ; 3e rangée : le Dr Michel Gagnon, pneumologue, la Dre Geneviève Coulombe, radio-oncologue, Nathalie Blanchette, inhalothérapeute, le Dr Jean-Luc Laporte, pathologiste, et Jeanne Poirier, infirmière pivot oncologique. re

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d’une évaluation palliative laquelle, au contraire des idées convenues par de nombreux patients, s’avère plus efficace en plusieurs aspects : meilleur soulagement de la douleur, fréquence moindre de nombreux symptômes, diminution de la demande de soins, prolongation de la survie et qualité de vie nettement améliorée.

Les cancers complexes du SEIN L’équipe des cancers du sein offre quant à elle depuis un an maintenant un programme de thérapie personnalisée, basée sur l’analyse des caractères génomiques des cancers. En collaboration avec le Département de pathologie, des biopsies additionnelles de tumeurs palpables sont ainsi analysées et subdivisées en caractères géniques qui déterminent des thérapies ciblées, parfois hormonales, parfois chimiothérapiques, parfois par agents biologiques, par exemple des anticorps ciblant les gènes associés au cancer. En plus des équipes internes, ce travail de dépistage et d’élaboration de traitement est fait en collaboration avec des centres hospitaliers américains et avec le soutien de l’IRIC (l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie), nommément les chercheurs Sylvie Mader et Louis Gaboury. On offre également, à celles qui ont un cancer avancé en phase II, accès à des médicaments à l’état d’expérimentation, dans le cadre de nouveaux protocoles de recherche. Une vingtaine de patientes bénéficient de l’une ou l’autre de ces options, explique le Dr André Robidoux, chirurgien Dre André Robidoux oncologue, titulaire de deux chaires de recherche en cancers du sein. « Dans les années 60, on traitait surtout des cancers avancés. Puis, on a conçu des traitements postopératoires, plus tard, pré-opératoires, plus tard encore, on s’est attardé à la prévention chez les femmes à risque, celles qui ont des lésions précancéreuses, pour en arriver maintenant aux traitements personnalisés, à la carte. » Une évolution dont on ne peut profiter que dans un hôpital universitaire comme le CHUM.

Le registre des cancers du placenta Le Dr Philippe Sauthier, chef du Service de gynécologie oncologique, a vite compris les bénéfices qu’il pouvait retirer du cyberespace, notamment pour les maladies rares, dont les cas sont par définition disséminés un peu partout sur le territoire. Ainsi en est-il des cancers du placenta, appelés maladies trophoblastiques, pour lesquels il a créé un registre unique au Québec, où sont colligés des renseignements essentiels pour mieux connaître et soigner ces maladies. Il n’existe qu’un seul autre registre de ces affections au Canada, créé en 1981 par le Service de gynécologie oncologique de l’Université Dalhousie de Halifax (Nouvelle-Écosse). Mais il en existe dans plusieurs pays (Grande-Bretagne, États-Unis, Japon, Chine, France…) et partout où ils existent, des progrès notables ont été enregistrés. La rareté de cette affection fait qu’elle est mal connue, écrit-il dans un récent compte rendu ; elle nécessite des lignes de conduite précises et une expertise dans le traitement et le suivi par divers praticiens : gynécologues, oncologues, gynécologues obstétriciens, hémato-oncologues, radiologues, radio-oncologues, anatomopathologistes et biologistes. Ce cancer surviendrait au cours d'une grossesse sur 700, il y aurait environ de 150 à 200 cas par année au Québec. Un bon dépistage et un traitement adéquat permettent de maintenir la fertilité, mais le diagnostic nécessite le recours à un patho-logiste expert en la matière, le choix des traitements se décide par une équipe interdisciplinaire expérimentée et le suivi implique une surveillance systématique qui permet de dépister au plus tôt les cas d’évolution vers une tumeur et de proposer à temps le traitement le plus adapté. Le taux de mortalité est divisé par cinq si la prise en charge est adéquate. Le fonctionnement du registre est simple : un médecin qui suit une patiente enceinte et décèle la maladie sur échographie ou produit de curetage, communique avec le médecin du

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Dossier CANCER : AXE STRATÉGIQUE

Radio-oncologie registre au www.rmtq.ca, pour un avis, un conseil ou simplement pour colliger les données de la patiente. Il voit à ce que la patiente signe un consentement de participation, disponible sur le site. La coordonnatrice (pour le moment, une infirmière bénévole travaillant une journée par semaine) communique avec la patiente pour lui envoyer de l’information, et avec le laboratoire pour que les résultats des examens soient transférés au pathologiste du registre, qui confirmera ou non le diagnostic. La surveillance dure de 6 à 24 mois au cours desquels une courbe d’évolution est dressée et soumise au médecin du registre pour analyse. La patiente et le médecin traitant sont régulièrement informés et peuvent en tout temps communiquer avec l’infirmière coordonnatrice, par téléphone ou par courriel. En cas d’évolution anormale, le médecin traitant est immédiatement appelé et un traitement est rapidement décidé. La patiente est soignée dans sa région ou peut être envoyée, si nécessaire, à l’unité des maladies trophoblastiques du Service de gynécologie oncologique du CHUM. L’existence d’un tel registre, lui-même lié à d’autres registres nationaux et internationaux, permettra éventuellement de regrouper un plus grand nombre de données et ainsi, de mener à bien des projets de recherche clinique et fondamentale de grande qualité. Plusieurs projets sont présentement en cours au CHUM, notamment avec la Dre Rima Slim du Montreal General Hospital (CUSM). Les externes, résidents et postdoctorants ont accès à la clinique où les suivis sont assurés et des ateliers et conférences sont régulièrement organisés, à la demande de médecins en région. En 2011, le registre comptait 180 patientes réparties dans toute la province, un bilan encourageant, considérant que ces données sont recueillies sur une base volontaire et qui fait ressortir qu'un poste de gestionnaire des données devrait éventuellement être créé, en plus d’augmenter et de rétribuer les heures de l’infirmière coordonnatrice. Parmi les projets du Dr Sauthier concernant ce registre, signalons l'établissement d'un lien avec le registre des tumeurs du Québec ainsi que d’un réseau canadien et international de registres de ces maladies. Il va sans dire que cette initiative pourrait s’appliquer à d’autres cancers rares avec un égal succès et d’autres perspectives intéressantes.

Le Dr Philippe Sauthier soigne des patientes à distance grâce à un registre et un site Web, et avec l’aide de Magali Breguet, infirmière coordonnatrice.

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Des équipements qui font rêver Au Québec, seuls les quatre centres hospitaliers universitaires (CHU) et une sélection limitée d’autres hôpitaux offrent des traitements de radiothérapie, explique le D r David Roberge, nouveau chef du Département de radio-oncologie. Et de tous ceux qui en offrent, le CHUM est assurément le plus gros et le mieux équipé, il est même le deuxième plus important centre au Canada. Au Québec, un patient sur cinq est envoyé au CHUM pour ses traitements, y compris les enfants à traiter du Centre universitaire Sainte-Justine. Le département comprend 21 radio-oncologues (bientôt 24), une centaine de technologues, 21 physiciens, en plus des infirmières, infirmières auxiliaires, travailleurs sociaux, psychologues, nutritionnistes, orthophonistes et autres professionnels. Tous les cancers peuvent y être traités et, à part quelques cas de tumeurs bénignes, de troubles fonctionnels (névralgies du trijumeau), vasculaires ou inflammatoires, parfois soignés par radiothérapie, de tels traitements ne sont requis principalement que par les patients atteints de cancer. La moitié de tous les patients atteints de cancer auront besoin de radiothérapie. Parmi tous les appareils spécialisés se démarque évidemment le CyberknifeTM, un accélérateur linéaire de la dernière génération, que le CHUM a obtenu en premier, dès 2009. Actuellement, seulement trois accélérateurs linéaires de ce type sont disponibles à travers le Canada. Le CyberknifeTM soigne plus de 350 patients par année atteints de tumeurs inopérables ou très complexes. Il est particulièrement remarquable pour suivre une tumeur qui bouge, notamment du foie ou du poumon. Cet appareil est aussi utilisé pour certains cancers des os, de la colonne, de l’œil et du cerveau. Des recherches sont en cours pour évaluer les possibilités de traiter les cancers de la prostate et du pancréas. D’autres recherches y sont associées, certaines internationales. Deux centres, un à Québec et le CHUM à Montréal, bénéficient de la curiethérapie de la prostate par implantation de grains radioactifs. Cette forme de curiethérapie permet de


Dossier CANCER : AXE STRATÉGIQUE

L'oncologie :

Une force du CHUM

Le Dr David Roberge, directeur du Département de radio-oncologie, devant le CyberKnifeTM.

traiter le cancer en une seule visite en clinique externe, avec un très haut taux de réussite et un faible taux de complications. Une centaine de patients par année sont ainsi soignés. Des mélanomes de l’œil et des cancers de la vulve sont d’autres maladies rares traitées par curiethérapie au CHUM. Parmi la douzaine d’accélérateurs linéaires en fonction, deux de tomothérapie, récemment acquis, traitent les cancers chez les enfants qui en sont atteints et ceux localisés dans la région tête et cou. Si la prise en compte du mouvement (CyberknifeTM) a représenté une voie importante de progrès de la radiothérapie, la tomothérapie, en livrant la dose la plus grande possible à la tumeur tout en maintenant la dose aux tissus sains à des niveaux maîtrisés, donne à ce progrès encore plus de sens. C’est pourquoi cet appareil se révèle particulièrement efficace pour éviter l'irradiation des organes vitaux situés à proximité des tumeurs tête et cou, ainsi que de graves effets secondaires, notamment l’assèchement de la bouche (par atteinte aux glandes salivaires) qui gangrènent tant la qualité de vie des patients ORL. Le département fera bientôt l’acquisition d’autres nouveaux appareils, notamment un tomodensitomètre (son troisième troisième appareil de tomodensitométrie, y compris un TEP/scan) unique de haute technologie et de résonance magnétiquece qui maintiendra sa position de centre à la fine pointe de la technologie.

La Dre Danielle Charpentier et Odette Perreault, directrice médicale et coordonnatrice du Centre de lutte contre le cancer

L'expertise acquise au sein des équipes interdisciplinaires en oncologie, tant au niveau diagnostic, thérapeutique qu'en accompagnement, permet d'offrir une qualité de soins et de services de haut niveau. La Dre Danielle Charpentier, directrice médicale du Centre de lutte contre le cancer, mentionne que la complicité établie entre les membres des équipes, les patients et leurs proches, et ce, tout au long du parcours de soins, crée un sentiment de confiance fort apprécié. Les diverses rencontres cliniques permettent l'élaboration de plans de traitements et d'interventions personnalisés. Outre l'expertise et la qualité des soins et des services, plusieurs cliniciens travaillent étroitement avec le Centre de recherche du CHUM. Plusieurs chaires de recherche sont déjà en place et plusieurs banques de tissus ont été créées afin de développer la recherche translationnelle. L'interdisciplinarité encourage également le développement de la recherche dans dans des secteurs autres que médicaux. Soulignons l'implication récente de professionnels en soins infirmiers et en psychologie en recherche clinique. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a reconnu l'expertise de 14 équipes d'oncologie du CHUM. De plus, l'importance de sa clientèle en oncologie, l'équipement de pointe dans les différents secteurs diagnostiques et thérapeutiques, le rayonnement sur la scène nationale et internationale, l'implication en enseignement et en recherche font du CHUM un centre d'oncologie de première importance au Québec.

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suite de la page couverture

Elle court, elle danse, elle s'entraîne ! Lorsqu’elle a rencontré son époux actuel sur une plage cubaine, Isabelle Auger était une jeune veuve avec deux enfants. Elle venait de perdre son mari atteint d’un cancer des os, sa plus jeune fille n’avait pas un an. « J’ai tout connu des mauvais moments que peut alors vivre une conjointe : l’attente du diagnostic, la chimio, les nausées, la douleur, le deuil, une immense souffrance ! Puis, sept ans plus tard, je les ai revécus en tant que patiente. C’était horrible ! Heureusement, que Réjean (Bourgouin) était là pour m’aider. Il ne m’a jamais lâchée une seule minute ! » C’est lui, excellent marathonien, qui l’encourage à s’entraîner pour faire un marathon, devinant qu’elle a les capacités de le faire. « J’ai toujours couru. Pour mon plaisir plus que pour la compétition. Mon cancer, quoique grave, s’est réglé très vite. On m’a diagnostiquée le 31 janvier, la D re Corriveau m’a opérée le 19 février. J'ai eu de la chance dans mon malheur, je suis tombée sur la meilleure spécialiste du Québec. Elle m’a encouragée à poursuivre mon entraînement. Effectivement, cela s’est avéré un excellent moyen de faire le deuil de ma vision périphérique ». Ce couple n’a pas d’auto, se déplace Isabelle Auger et Réjean Bourgouin, avec les médailles gagnées au fil des ans dans divers marathons et données à la Dre Christine Corriveau. en vélo même l’hiver et s’entraîne. « Mes médailles, je les donne. À la Dre Corriveau, j’ai donné les plus importantes : celle du marathon de Philadelphie, mon tout premier, réussi en quatre heures, temps très respectable, et celle de Boston, parce que c’est un marathon réputé difficile que tout le monde veut réussir. Je me suis classée et l’ai fait en 3 h 32. Réjean, lui, c’est un pro. Il l’a fait en 2 h 44 ! » L’œil restant a conservé une vision parfaite, permettant à Isabelle de fonctionner comme avant, à l'exception qu'elle doit souvent se tourner pour être en mesure de voir, un mouvement que personne ne remarque. Elle qui croyait sa vie finie après l’opération, une énucléation, ce n’est pas rien, reçoit encore des compliments « sur ses beaux yeux ». Son prochain défi : elle hésite entre préparer un solo de baladi, une danse qu’elle enseigne après l’avoir étudiée des années, ou participer à une compétition de body-fitness, parce qu’elle fait beaucoup de musculation et enseigne le spinning !

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agrément

La Déclaration des incidents et accidents, à quoi ça sert ? La déclaration ne sert pas à trouver des coupables, à faire des économies, à mieux gérer les problèmes dans l’organisation ou à diminuer les poursuites, mais plutôt à prévenir les défaillances de l'organisation et ainsi, diminuer les risques d’accidents. Son but est de démontrer que la sécurité des patients est au cœur de notre quotidien. Un des dossiers importants de l’automne 2011 fut sans doute la préparation à la publication des données contenues dans le registre national des incidents et accidents par le ministère de la Santé et des Services sociaux. La première parution a eu lieu au début du mois de décembre et les prochaines, deux fois par année. Les données parues pour le CHUM provenaient de notre registre local, registre qui contient tous les renseignements inscrits sur les fameux formulaires AH-223 qui sont saisis (informations transférées dans l’outil GESRISK) et validés (détermination du niveau de gravité de l’événement, échelle de A à I). Chaque direction a reçu, par la même occasion, des rapports sur les déclarations concernant leurs secteurs d’activité. Au CHUM, pour la période du 1er avril au 30 septembre, on a colligé 2716 événements. L’analyse des données issues des rapports nous permet de comprendre les causes des événements et ainsi, de trouver des solutions pour éviter leur récurrence ou encore, de repérer des éléments d’amélioration afin de diminuer leurs conséquences.

ÉNONCÉS DES PRATIQUES ORGANISATIONNELLES REQUISES •

Mécanisme de déclaration des événements indésirables Établir un mécanisme de déclaration des accidents et incidents, y compris un processus de suivi approprié. Le mécanisme de déclaration est conforme aux lois applicables et aux protections qu’offre la loi. • Rapports trimestriels sur la sécurité des patients Les dirigeants de l’organisme fournissent au conseil d’adminis tration des rapports trimestriels sur la sécurité des patients, y compris des recommandations découlant des enquêtes sur les accidents et du suivi accordé, et sur les améliorations apportées. • Analyse prospective liée à la sécurité des patients L’organisme mène au moins une analyse prospective annuelle liée à la sécurité et met en œuvre les améliorations ou les changements appropriés.

Un processus d’amélioration continue La déclaration est donc une composante de l’amélioration continue de la qualité et de la sécurité de nos pratiques, une priorité quotidienne, inscrite dans la planification stratégique déposée au conseil d’administration en décembre dernier. La déclaration sert à prévenir les défaillances de l'organisation. Le rôle de chaque employé est de veiller à la sécurité des patients en déclarant les incidents et les accidents. Une vidéo a d’ailleurs été intégrée dans l’apprentissage en ligne sur la sécurité, une formation obligatoire, à suivre par tous les employés avant le 31 mars 2012. L’image de l'alignement des trous dans le fromage est particulièrement éloquente : à voir sur le site formation.chumontreal.qc.ca/securite De plus, la déclaration permet de démontrer notre conformité aux énoncés des PORs (pratiques organisationnelles requises) et aux autres énoncés de plusieurs normes d’Agrément Canada qui touchent la sécurité, notamment les énoncés suivants :

ÉNONCÉS DANS D’AUTRES NORMES

(Les normes 15.6 et 15.7 des services de médecine, de chirurgie, de traitement du cancer et d'oncologie ; 15.7 et 15.8 des services de santé mentale ; 16.6 et 16.7 des services des soins palliatifs ; 16.7 et 16.8 des services des soins intensifs ; 15.5 et 15.6 des services de toxicologie et des urgences).

L’équipe détecte, signale, documente et analyse les incidents et les accidents au bon moment. • L’équipe respecte les politiques et procédures de l’organisme visant à signaler les accidents aux patients et à leur famille.

Sylvie Vallée, conseillère, gestion des risques et qualité

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nouveau chum

Les projets de 2012 L’équipe du nouveau CHUM entreprend cette nouvelle année avec beaucoup d’enthousiasme. Les travaux de construction avancent rondement et au cours de l’année 2012, de nouvelles étapes de réalisation seront complétées. Histoire de vous mettre un peu l’eau à la bouche, CHUMagazine présente quelques-uns des projets.

PHASE 1 Centre de recherche et Centre intégré d’enseignement et de formation Les travaux de construction de la Phase 1 vont bon train. Les étapes de coffrage et de bétonnage sont complétés, tant pour l’aile Viger (15 étages hors-sol) que l’aile Saint-Antoine (6 étages hors-sol). Les travaux d’installation de l’enveloppe sont en cours. Cette étape se déroulera jusqu’à l’été 2012. Il s’agit de l’installation du revêtement extérieur qui assurera l'étanchéité des bâtiments. Le revêtement extérieur des bâtiments sera composé de différents matériaux tels du verre transparent ou opaque, d’aluminium texturé et de maçonnerie.

Le tunnel vers le métro En ce qui a trait à la construction du tunnel qui reliera le bâtiment du Centre de recherche à la station de métro Champ-de-Mars, le consortium ACCÈS RECHERCHE a complété la portion des travaux qui lui incombait. La construction de la seconde partie de l’édicule attenant à la station de Métro Champ-de-Mars sera assurée par la Société des transports de Montréal (STM).

PHASE 2 Le nouvel hôpital Les travaux d’excavation se poursuivront jusqu’au printemps 2012. Suivra ensuite l’étape de la construction des fondations de l’hôpital.

Aux endroits où l’enveloppe est complétée, des travaux d’aménagement intérieur, dont ceux des différents départements et laboratoires du Centre de recherche, sont déjà entrepris.

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nouveau chum

L’élaboration des plans d’aménagement du nouvel hôpital suit son cours. Le personnel de la Direction du nouveau CHUM travaille en étroite collaboration avec les professionnels du consortium et les équipes multidisciplinaires du CHUM. De nombreux ateliers permettent d’assurer la conception d’un hôpital qui répondra adéquatement, tant aux besoins des patients qu’à ceux des employés et du personnel soignant.

nouveau quai de réception des marchandises Certains travaux sur le chantier exigent la fermeture permanente du quai de réception des marchandises situé sur la rue Sanguinet. Depuis le 16 janvier dernier, et jusqu’à l’ouverture du nouvel hôpital, un nouveau quai de réception des marchandises est localisé sur la rue Saint-Denis, au sud de l’entrée principale de l’Hôpital Saint-Luc (où était situé un tronçon de la rue La Gauchetière et qui, désormais, appartient au CHUM).

Construction d’un tunnel sous la rue Viger La construction d’un tunnel piétonnier, d’une largeur de 10 mètres, qui reliera le nouvel hôpital au bâtiment du Centre de recherche et du Centre intégré de formation et d’enseignement universitaire de l’Université de Montréal exigera, au cours des prochains mois, la fermeture du tronçon de la rue Viger, entre les rues Saint-Denis et Sanguinet. Afin de minimiser les conséquences que les piétons, cyclistes, camionneurs et automobilistes pourraient subir, le Consortium Construction Santé Montréal a élaboré différents scénarios de plans de circulation, validés par la Ville de Montréal.

Tests de dynamitage Au cours du mois de janvier, des tests de dynamitage ont été réalisés sur le chantier du nouvel hôpital. Cette opération a permis de régler l'intensité des charges afin de contrôler les effets négatifs et de respecter les seuils de tolérance exigés par le CHUM. En ce qui a trait au bâtiment clinique et ambulatoire, les activités de dynamitage et d’excavation se poursuivront jusqu’au début du printemps.

info-travaux Vous subissez des nuisances liées au chantier ? Vous avez des commentaires ? N’hésitez pas à nous en faire part en composant le : 514 890-8387.

Construction du nouveau bâtiment de logistique Les travaux de décontamination du sol qui sont en cours permettront l’aménagement de la nouvelle centrale de distribution des gaz médicaux et l’implantation de la nouvelle centrale de distribution électrique temporaire adjacentes au pavillon André-Vialet. Les travaux de la nouvelle centrale thermique temporaire située sur le toit du quai de réception sur la rue Saint-Denis seront aussi complétés. Le bâtiment qui abrite actuellement la buanderie et la centrale thermique, localisé entre les rues de la Gauchetière, Sanguinet et Sainte-Élizabeth, sera ensuite démoli afin de permettre la construction du bâtiment de la logistique qui comprend la pharmacie et les laboratoires cliniques.

ligne orange 8366 Destinée au personnel du CHUM

nouveauchum.com Pour apprécier la progression des travaux, connaître les entraves en vigueur, découvrir les étapes majeures de cette importante construction ou même visionner, en temps réel, l’évolution de cet important chantier, visitez le site nouveauchum.com

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planification stratégique

Le temps des gestes concrets Le plan stratégique 2011-2015 ayant été approuvé le 29 novembre dernier par le conseil d'administration, une nouvelle phase de travaux s'amorce, celle de sa mise en œuvre. Il s'agit de traduire en gestes concrets, procédures et décisions, les engagements qui ont été pris dans le plan quinquennal. Pour cela, des plans d'action seront définis dans les prochaines semaines, assortis d'indicateurs de mise en œuvre et d'échéanciers. « Nous avons réussi à livrer notre vision d'avenir à travers ce plan pluriannuel. Nous avons déterminé ainsi ce qu'est notre ambition hospitalo-universitaire, la place que nous voulons pour le patient dans notre organisation et les objectifs que nous nous fixons pour offrir à nos employés et stagiaires un milieu stimulant. Il convient maintenant de traduire cela concrètement, de revoir les façons de faire qui doivent l'être et de mettre en œuvre les changements que nous avons jugés nécessaires pour que se réalise sur le terrain notre vision d'avenir, » explique Pauline Maisani, directrice de la planification stratégique. S'agissant du volet clinique du plan stratégique, neuf groupes de travail sont mis en place (voir encadré). Leurs propositions seront soumises au conseil d'administration en juin. Cette démarche est menée en étroite synergie avec la planification stratégique du Centre de recherche, pour l’amélioration de l’envergure universitaire du CHUM.

Les neuf groupes de travail ont été formés à partir des cinq axes stratégiques et des quatre domaines transversaux tels que définis par la planification stratégique :

• axe

• axe

cardiovasculaire et métabolique greffe • axe neurosciences • axe cancérologie • axe musculosquelettique fonctionnel • domaine génétique et biomarqueurs • domaine imagerie • domaine technologies avancées • domaine immunologie et infectiologie

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C.A. Faits saillants des réunions régulières des 27 septembre et 29 novembre 2011 ainsi que des réunions du comité exécutif des 6 décembre 2011 et 16 janvier 2012.

Le conseil d’administration a accepté la démission de M. Yvon Provost, représentant du personnel non clinique (parti à la retraite en août 2011) et a pris acte de la vacance du poste de M. Philippe Côté, représentant de la population, à la suite de son décès le 25 août 2011. Le conseil a procédé aux nominations suivantes : Mme Chantal Bégin, au poste de commissaire locale adjointe aux plaintes. M. Pierre Deschênes au poste de directeur adjoint des services de soutien et de logistique en date du 8 mars 2011. M. Yvan Gendron au poste de directeur général associé. La D Bich Nguyen, à titre de chef du Département d'anatomo-pathologie, pour un premier mandat de quatre ans. re

Le conseil a modifié l'organigramme du CHUM pour inclure la Direction du soutien à la transformation et confirmé l'attribution du poste de directeur à M. Jean-François Fortin Verreault. Il a adopté le Plan stratégique 2011-2015 Prendre notre avenir en main, tel que déposé. Il a adopté l'appellation du Service de médecine et biologie de la reproduction au lieu du Service d'endocrinologie de la reproduction-fertilité au sein du Département d'obstétrique-gynécologie.

Sur recommandation du comité exécutif du CMDP, le conseil a entériné la nomination des médecins et pharmaciens suivants :

Dre Nancy Morais-Gonçalves, membre associée, Département de stomatologie

Dr Lahcen Ait-Bentaleb, membre actif, Département de psychiatrie, Service des troubles psychotiques/affectifs

Dre Barbara Reichetzer, membre active, Département d'obstétrique-gynécologie

Dr Alexis Baass, membre associé, Département de biochimie

Dre Bich Ngoc Nguyen, membre active, Département d'anatomo-pathologie

Dr Hugo St-Amand, membre associé, Service de chirurgie plastique

Dr Ian Brochu, membre actif, Service d’obstétrique-gynécologie générale

Dre Julie Sarrazin-Mackay, membre associée, Service de prosthodontie maxillo-faciale

Dre Anne-Marie Charpentier, membre active, Département de radio-oncologie

Dr Emmanuel Stip, membre actif, Service des troubles psychotiques

Dre Béatrice Cormier, membre active, Service de gynécologie oncologique

Dr François Tournoux, membre actif, Service de cardiologie

Dr Zaki Ahmen El Haffaf, membre actif, Service de médecine génique

Dre Catherine Tremblay, membre active, Service d’obstétrique, gynécologie générale, uro-gynécologie

Dre Camille Gérin, membre active, Département de médecine d'urgence D Geneviève Goulet, membre active, Département de médecine d'urgence re

D Samir Gupta, membre associé, Service de pneumologie r

Dr Karim Hammamji, membre actif, Département d'ophtalmologie Dre Rahima Jamal, membre active, Service d’hémato-oncologie Dre Anne Lavoie, membre active, Département d'anesthésiologie Dr Photis Loizides, membre associé, Service de chirurgie plastique Dr Dien-Hung Luong, membre actif, Service de physiatrie Dr Antonio Maietta, membre actif, Département d'anatomo-pathologie

Dre Claire Wartelle-Bladou, membre active, Service d’hépatologie Dr Bi Lan Wo, membre actif, Service d’obstétrique, gynécologie générale Mme Feriel Boumedien, et Zoé Thiboutot, MM. Alexandre Ferland et Sylvain Marcil, membres actifs, Département de pharmacie. Il a approuvé la liste modifiée des membres du comité d’éthique à la recherche et a nommé les Dres Guila Delouya, Isabelle Greiss, Line Beaudet et Maryline Plasse, membres régulières scientifiques ; Mme Michèle Boily et le Dr Jean-François Guévin, membres substituts scientifiques.

Dr Julien Martel, membre actif, Département de médecine d'urgence Dre Valérie Martel-Laferrière, membre active, Département de microbiologie et infectiologie

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BRèves

Centre des rendez-vous un numéro unique Cette fusion des centres des rendez-vous des trois hôpitaux du CHUM est complétée depuis le 20 février 2012.

Se laver les mains avec humour

Devenir un HÉROS en 30 minutes chrono !

Dis-moi comment tu te laves les mains…je te dirai qui tu es ! C’est le défi qui a été retenu pour pour la Semaine de prévention des infections tenue l'automne dernier. Sur ce thème intrigant, l’équipe de prévention des infections a attiré quelque 500 personnes vers des kiosques dans les trois cafétérias afin de se laver les mains pour découvrir à quel type de personnalité elles appartenaient. Inscrites sur une carte qu’on remettait à chaque participant, ces personnalités étaient du genre : positif (celles qui oublient les pouces !), chanceux (oublient entre les doigts), rock n’ roll (trop de bijoux), félin (ongles trop longs), écolo (économise l’eau !) ou perfectionniste (ils sont parfaits !). L’équipe de prévention des infections a encore une fois démontré leur souci de rappeler l’importance du lavage des mains en tout temps ! Merci aux collègues de l’Hôpital Louis-H.-Lafontaine qui ont gentiment autorisé le CHUM à s’inspirer de leur concept.

En février, le Centre cardiovasculaire, en collaboration avec les fondations des maladies du cœur et du CHUM, organisait des séances de formation gratuite pour les patients, leurs proches, et tous ceux qui ont à cœur de sauver des vies. La formation Héros en trente© enseigne les gestes essentiels pour sauver une vie, notamment la RCR (réanimation cardiorespiratoire), sans ventilation. Une carte d’attestation de participation est remise aux participants. Si le cours connaît un grand succès, il sera de nouveau offert. Pour plus de renseignements : msss.gouv.qc.ca/heros-en-trente ou fmcoeur.qc.ca

Le flux des patients sur écran HEV

4e Colloque sur la collaboration interprofessionnelle L’humain avant tout : voilà le thème retenu cette année par les organisateurs du colloque qui renseigne sur les moyens concrets d’intégrer et d’améliorer votre pratique collaborative au quotidien. Une date à mettre à votre agenda : jeudi 19 avril 2012.

Semaine Cerveau en tête La quatrième Semaine Cerveau en tête en tête se déroulera du 12 au 16 mars prochain. Des conférences midi et des kiosques d’information sont prévus sur les multiples facettes de la neurologie au CHUM. L’équipe des sciences neurologiques vous y attend en grand nombre. La programmation peut être consultée dans l’intranet.

Catherine Richard, assistante infirmière chef du 8e CD devant l’écran HEV de son unité

Prévention des blessures au travail

La planification du congé des patients est un enjeu important pour le CHUM. Le système HEV installé dans les douze unités de soins de l’Hôpital Notre-Dame depuis le 8 novembre dernier rend visible, d’un coup d’œil, la date prévue de congé pour un patient et facilite l’organisation du congé pour tout le personnel soignant, y compris les services d’hygiène et salubrité qui peuvent y inscrire leurs activités. Parmi les avantages liés à l’utilisation de ce système, disons qu’il réduit les coups de téléphone, permet de mieux synchroniser les activités de tous, évite les délais lors des demandes de transport ou de nettoyage et surtout, diminue l’engorgement et le débordement de l’urgence. Ce système informatique remplace avantageusement les tableaux de gestion des lits qu’il fallait remplir à la main, et intègre les logiciels de l’urgence, tels Siurge et ADT.

Pour son premier rendez-vous 2012, le 16 janvier dernier, le conseil multidisciplinaire a demandé à Véronique Bossé, physiothérapeute, de parler de prévention des blessures au travail. Elle a présenté les blessures les plus fréquentes et leurs causes, tout en recommandant des postures, exercices et étirements pour éviter leur apparition ou leur aggravation. Qu'il s'agisse de blessures au cou, à la région lombaire, à l'épaule ou au coude, chaque personne présente y a trouvé son compte, puisque La physiothérapeute ces blessures guettent des groupes Véronique Bossé, 1re conférencière des rendez-vous du CM. d’employés spécifiques. Par exemple,

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Pour obtenir un rendez-vous dans n’importe quelle clinique et avec la plupart des médecins du CHUM, on pourra dorénavant composer un numéro unique, le 514 890-8051. Les patients de l’extérieur de la grande région de Montréal peuvent composer le numéro sans frais suivant : 1 855 769-5842.

pour les blessures au cou, les employés de bureau et d’entretien ménager sont plus à risque. Pour les blessures au dos, les préposés, infirmières et travailleurs manuels doivent être vigilants. Quant aux épaules et aux coudes, les gens qui travaillent à l’ordinateur, les techniciens de laboratoire et les groupes mentionnés précédemment y sont tous exposés. Mieux vaut donc prévenir ! Parmi les conseils préventifs, Mme Bossé a suggéré les meilleures postures et conseillé d’adapter nos outils et notre environnement de travail dans la mesure du possible. Tentez toujours de déterminer la cause du mal avant de consulter un médecin. Les employés qui désirent optimiser leur environnement de travail dans le but d’éviter des blessures peuvent communiquer avec les services de santé et de sécurité au travail au poste 26933. La présentation de Véronique Bossé est disponible dans l’intranet sous le lien suivant : Accueil/CM/Les rendez-vous du CM/Présentations/ Prévention des blessures au travail. Le prochain rendez-vous du CM aura lieu 19 mars 2012 .

Projet d’efficacité énergétique à l’Hôtel-Dieu

BRèves

de la circulation. La consommation annuelle d’énergie sera réduite de 33 %. Pour l’accompagner dans la réalisation de ce projet, le CHUM a retenu les services d’Ecosystem, une firme reconnue pour son expertise et son savoir-faire en efficacité énergétique. Le projet global nécessite un investissement de 2 750 000 $. Des subventions et un montant de maintien d’actifs totalisant 800 000 $ financent en partie le projet.

Générosité contagieuse… Une contagieuse générosité s’est propagée au CHUM avant Noël. La campagne Ensemble pour un Noël sans faim, qui consiste à parrainer des patients dans le besoin, a connu un succès sans précédent : en tout, 111 patients et leur famille ont reçu des piles de cadeaux, de vêtements, de jouets, de bons de nourriture, amassés en tenant compte de leurs besoins spécifiques et de leurs goûts personnels, et ainsi, passé un meilleur Noël. Les médecins, employés et bénévoles de 61 équipes, issues de départements, d’unités de soins ou d’autres services, ont pris part à cette deuxième année du programme de parrainage. Au nom des personnes qui en ont profité, merci à tous ceux qui ont collaboré si généreusement.

L’expérience patient au CHUM

Le groupe de travail du projet d’efficacité énergétique de l’HD, de gauche à droite : Patrick Bertrand, conseiller en bâtiment, Richard Côté, directeur adjoint à la Direction des services techniques, André G. Lemieux, conseiller spécialisé en gestion de l'énergie, et Nicolas Demers, d’Ecosystem.

Déterminé à réduire son empreinte écologique, l’Hôtel-Dieu modernise ses équipements électromécaniques, un important projet qui réduira significativement les émissions de gaz à effet de serre (GES) et diminuera considérablement les frais d’énergie. Les travaux ont commencé au mois de novembre 2011 et se termineront en avril 2012. Les nouveaux équipements permettront entre autres de récupérer la chaleur s’échappant de la cheminée et des systèmes de ventilation pour chauffer le bâtiment et l’eau chaude domestique. De plus, le confort dans plusieurs zones sera accru grâce à de nouveaux systèmes de contrôle. Enfin, la modernisation des contrôles des hottes de cuisine minimisera les pertes de chaleur résultant de l’évacuation de l’air. Les mesures implantées feront de l’Hôtel-Dieu un bâtiment hautement efficace du point de vue énergétique. Des économies garanties de 456 000 $ sur la facture d’énergie annuelle permettront de rembourser l’investissement requis en quatre ans. Le projet réduira les émissions de gaz à effet de serre de 2922 tonnes de CO2, l’équivalent de retirer 900 automobiles

Le directeur général, M. Christian Paire, annonçait en janvier la création d’une délégation Expérience patient, dirigée par M. Vincent Dumez, directeur du Bureau facultaire de l’expertise patient partenaire de l'Université de Montréal, qui a pour mandat de jeter les bases de la fonction Expérience Vincent Dumez patient au CHUM. Alors que les maladies chroniques affectent de plus en plus de personnes et que la connaissance médicale est de plus en plus facile d’accès, il semble opportun d'évoluer vers une nouvelle vision où patients et professionnels de la santé redéfinissent leur relation pour faire face ensemble aux défis de demain. Cette évolution passe par une meilleure intégration du patient et des proches dans le processus de soins, le renforcement des stratégies d'éducation à la santé, une réflexion sur l’approche relationnelle globale avec les patients et un plus grand partage de la prise de décision. Tout cela, afin d’encourager l’autonomie des patients et d’humaniser davantage les soins, tout en contribuant à l'évolution des pratiques. M. Dumez, consultant en gestion expérimenté et patient atteint de plusieurs maladies chroniques, a désormais un bureau au CHUM, avec Mme Audrey Jean-Baptiste, chargée de projet. Au terme de leur mandat, qui s’étalera principalement durant la première moitié de l’année 2012, le CHUM sera le premier établissement de soins au Canada à posséder une fonction organisationnelle chargée de représenter la perspective des patients dans les activités de l’organisation et d'améliorer globalement leur expérience.

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BRèves

Transfert de la clinique de santé familiale HND Le 29 novembre dernier, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Jeanne-Mance a officiellement inauguré la Clinique de médecine familiale Notre-Dame, située au 2120, rue Sherbrooke Est. Cet événement soulignait à la fois l’intégration de la clinique au sein du CSSS Jeanne-Mance et la modernisation de son unité de médecine familiale. Avec son unité d’enseignement et de recherche également modernisée, la clinique positionne avantageusement sa mission universitaire, notamment par la formation de nombreux médecins de famille, dans ce domaine où les besoins sont importants, a souligné M me Sylvie Simard, directrice générale du CSSS Jeanne-Mance. Auparavant rattachée au CHUM, la Clinique de médecine familiale Notre-Dame « représente une des premières étapes d’un processus plus large de modernisation et de relocalisation de l’Hôpital Notre-Dame du CHUM, qui conduira à l’intégration d’un hôpital communautaire, l’Hôpital Notre-Dame du CSSS Jeanne-Mance » a précisé Mme Simard. Le transfert de l’équipe de la Clinique de médecine familiale Notre-Dame, une quinzaine de médecins, ajoute des ressources d’expérience au CSSS Jeanne-Mance et accroît l'accès à des services de santé de grande qualité pour la population.

fécondation in vitro a débuté en janvier 2012. L’équipe est composée du Dr Jacques Kadoch, directeur médical de la clinique et chef du Service de médecine et de la biologie de la reproduction du CHUM, de M me Renée Cardinal, coordonnatrice, et de M me Nicola Dean, Ph. D., responsable des laboratoires. Une trentaine de professionnels aux compétences variées contribuent également à l’offre de service.

Répertoire des services communautaires 2012 Volume de référence dans le domaine de la santé, des services sociaux, de la sécurité du revenu, du travail et des loisirs, le Répertoire des services communautaires du Grand Montréal, connu comme la bible des services sociaux, est destiné aux organismes communautaires, parapublics et privés qui servent les citoyens du Grand Montréal. Ce répertoire bilingue de plus de 1450 pages aide les intervenants et organismes à diriger efficacement les personnes dans le besoin car il contient la description détaillée et structurée de près de 3000 organismes communautaires. C’est une source d’information indispensable pour tous ceux qui doivent faire face à des problèmes humains dans leur travail. Pour plus de renseignements : 514 527 1375 ou www.info-reference.qc.ca

Fécondation in vitro au CHUM Les couples infertiles du Québec ont désormais accès à l’ensemble des services de reproduction médicalement assistée, y compris la fécondation in vitro (FIV), à la clinique de procréation assistée du CHUM. Située au 2e étage de la Place Dupuis, à Montréal, la clinique est la première des quatre nouvelles installations publiques à ouvrir ses portes depuis l’annonce de l’entrée en vigueur, en août 2010, de la couverture des traitements de procréation assistée par le régime d’assurance maladie du Québec. D’une superficie d’environ 30 000 Le Dr Jacques Kadoch, Renée Cardinal et Nicola Dean. pieds carrés, la clinique de procréation assistée du CHUM prévoit effectuer environ 500 cycles de fécondation in vitro au cours des douze prochains mois. Ce nombre devrait tripler pour atteindre 1500 cycles par année, au terme de son déploiement. En plus d’offrir la gamme complète des services, la clinique contribue à la formation et à la recherche en fertilité, de même qu’à l’élaboration de politiques et de lignes directrices nationales en matière de procréation médicalement assistée. La clinique a officiellement ouvert ses portes le 8 août 2011, à la suite du transfert des activités de fertilité de 1re et de 2e ligne déjà offertes à l’Hôpital Saint-Luc. La mise en place de laboratoires et d’équipements spécialisés et ultraspécialisés, au cours de l’automne 2011, a permis de bonifier l’offre de service, dont la première

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Merci, Astellas Le programme de transplantation d’organes de l’Université de Montréal et le programme de transplantation et hépatologie du CHUM remercient la compagnie Astellas Pharma Canada Inc., pour leur don généreux d’un montant de 120 000 $ ayant pour but de moderniser et de soutenir les activités de recherche translationnelle en transplantation d’organes au CHUM. Le don servira aussi à créer une bourse postdoctorale (fellowship) de transplantation au CHUM. Une célébration a été organisée le 23 novembre 2011 pour souligner le partenariat et l’appui que cette compagnie apporte au programme de transplantation du CHUM depuis maintenant plusieurs années.

De gauche à droite : Dean Stuart, directeur régional, Transplantation, Astellas Canada, Inc. ; Dre Marie-Josée Hébert, néphrologue et directrice du programme de transplantation d’organes de l’UdeM ; Dre Catherine Girardin, néphrologue et cogestionnaire médicale des programmes de transplantation et d’hépatologie du CHUM ; Michael Tremblay, président de Astellas Pharma Canada, Inc. ; Josée Boulianne, spécialiste du produit senior, Transplantation, Astellas Pharma Canada, Inc. ; Dr Jean-Pierre Villeneuve, chef du Service d’hépatologie du CHUM.


Félicitations Dre Lyne Desnoyers et l’équipe ORL du CHUM

Trois PAB et trois agentes administratives à l’honneur

La D re Lyne Desnoyers et l’équipe de médecins ORL du CHUM ont été nommés personnalités de l’année 2011 dans la catégorie Sciences, lors de la Soirée Excellence La Presse/Radio-Canada, télédiffusée le 22 janvier dernier. On se rappellera que l’équipe avait été nommée personnalité de la semaine en août dernier, au moment du lancement de la Chaire de recherche en oncologie ORL Drs Azar-Angélil.

Au mois de décembre dernier, la Direction des soins infirmiers remettait ses prix Reconnaissance 2011 aux préposés aux bénéficiaires (PAB) et aux agentes administratives (commis intermédiaires) des unités de soins et des cliniques externes. Les six récipiendaires ont reçu chacune une bourse de 500 $. Félicitations !

Céline Quintin Le 25 novembre dernier, l'Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ) remettait un prix d'excellence en nutrition clinique à Mme Céline Quintin, nutritionniste au CHUM. Associé à une bourse de 2000 $, le prix est offert par La Personnelle, assurances générales inc. L’OPDQ l’a remis à Mme Quintin, en reconnaissance de ses grandes qualités professionnelles, de son engagement exemplaire au sein du réseau de la santé et de son dynamisme, qui s'est concrétisé par de nombreuses réalisations ayant contribué de façon significative au rayonnement de la profession ainsi qu'à l'essor de la nutrition clinique au Québec. Par ailleurs, Mme Quintin et sa collègue Mme Nicole Nantel se sont qualifiées dans les finalistes du CHUM pour le Prix de reconnaissance de l'Association des conseils multidisciplinaires du Québec dans la catégorie rayonnement, pour la réalisation d'un guide d'alimentation destiné aux personnes dialysées. Ce document d'enseignement a été élaboré en collaboration avec d'autres nutritionnistes du Regroupement des Nutritionnistes en Néphrologie du Québec (RNNQ), dont Mme Quintin était la présidente jusqu'à tout récemment.

Céline Quintin, nutritionniste, est entourée de la présidente de l’OPDQ, Anne Gagné, et de Peggy Ouellet de La Personnelle, assurances générales inc.

Nancy Pépin, PAB, HD, 2e Le Royer

Michèle Cyr, agente administrative, HD, 1er Le Royer

Lise Bouchard, PAB, HND, Centre ambulatoire des sciences neurologiques

Josée Mineau, agente administrative, HND, 5e AB

Nadja Hénaoui PAB, HSL, secteur mère-enfant

Lison Dubuc, agente administrative, HSL, hémodialyse


Consultation gratuite.

Santé-préventive : 514 890-8323 Santé-voyage : 514 890-8332 1001, rue Saint-Denis, 6e étage, Montréal (Qc) H2X 3H9

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chumagazine - vol 3 numéro 1 - 2012  

DOSSIER : Cancer : axe stratégique Amélioration continue : 6 exemples Malnutrition, on s’en occupe L’enjeu de la littératie en santé

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