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CENTRE HOSPITALIER DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Marilou Gougeon Atteinte d’un cancer gynécologique Avec l’aide des spécialistes de la bibliothèque du CHUM, Marilou s’accroche à la vie en accumulant les connaissances sur sa maladie. Son histoire, page 9

DOSSIER Enseignement >> Former la relève en santé >> Apprendre par la simulation >> Innover pour partager les connaissances Aussi dans ce numéro : – Les patients, des experts reconnus – Lignes directrices sur la sollicitation publique d’organes

VOLUME 8 - NUMÉRO 1 - HIVER 2017


Le CHUMAGAZINE est publié par la Direction des communications et de l’accès à l’information du CHUM Pavillon S 850, rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2X 0A9

Sommaire 3 Éditorial

ÉDITRICE Irène Marcheterre

4 Les patients, des experts reconnus

RÉDACTRICE EN CHEF Lucie Poirier

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Sollicitation publique d’organes : entrevue avec la Dre Marie-Chantal Fortin

COLLABORATEURS Mariane Bouvette, Isabelle Girard, Audrey-Maude Mercier, Anik Parisé, Nadjib Salah

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La chimiothérapie orale à la maison

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Témoignage – L’histoire de Marilou

10 DOSSIER Enseignement 18 Une journée dans la vie de... 19 @coeur : optimiser le suivi des patients en insuffisance cardiaque 20 Carrefour de l’innovation et de l’évaluation en santé du CHUM 21 Nouveau CHUM : optimiser l'organisation du travail... jusqu'au patient 22 Des nouvelles de la Fondation du CHUM

CONCEPTEUR GRAPHIQUE André Bachand PHOTOGRAPHES Luc Lauzière, Stéphane Lord RÉVISEURE Johanne Piché IMPRIMEUR Imprimerie JB Deschamps

Sauf pour les infirmières, le masculin est utilisé dans les textes afin de faciliter la lecture, et désigne aussi bien les hommes que les femmes. Les articles du CHUMAGAZINE peuvent être reproduits sans autorisation, avec mention de la source. Les photos ne peuvent pas être utilisées sans autorisation. ISSN 1923-1822 CHUMAGAZINE (imprimé) ISSN 1923-1830 CHUMAGAZINE (en ligne) POUR JOINDRE LA RÉDACTION, COMMENTAIRES ET SUGGESTIONS chumagazine.chum@ssss.gouv.qc.ca DISPONIBLE SUR LE WEB www.chumagazine.qc.ca

L’EXCELLENCE AU SERVICE DE NOS PATIENTS ET DE LA POPULATION Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal est un hôpital innovant au service des patients. Il offre les meilleurs soins, spécialisés et surspécialisés, aux patients et à toute la population québécoise. Grâce à ses expertises uniques et ses innovations, il améliore la santé de la population adulte et vieillissante. Hôpital universitaire affilié à l’Université de Montréal, le CHUM a une vocation de soins, de recherche, d’enseignement, de promotion de la santé ainsi que d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé. Dans une perspective d’offrir un continuum de soins et de services à la communauté, la gouvernance du CHUM est partagée avec celle du CHU Sainte-Justine, centre hospitalier universitaire mère-enfant. Le CHUM est affilié à l'Université de Montréal et membre actif du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS). www.umontreal.ca

HÔTEL-DIEU DU CHUM 3840, rue Saint-Urbain, Montréal (Québec) H2W 1T8 HÔPITAL NOTRE-DAME DU CHUM 1560, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2L 4M1 HÔPITAL SAINT-LUC DU CHUM 1058, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2X 3J4 CENTRE DE RECHERCHE DU CHUM Pavillon R, 900, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2X 0A9 UN SEUL NUMÉRO DE TÉLÉPHONE : 514 890-8000 www.chumontreal.qc.ca

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Éditorial

Le devoir de transmettre, de rassembler et d'innover Dans notre centre hospitalier universitaire, nous avons accès à un bassin de compétences et de créativité, et à l'engagement d'équipes de très haut niveau. C'est un privilège dont je suis très fier, mais je crois qu'il s'agit d'abord et avant tout d'une responsabilité. À titre d'hôpital de référence, le CHUM doit non seulement être un diffuseur de connaissances, mais il doit aussi servir de catalyseur pour favoriser les alliances et les partenariats et, en bout de ligne, faire bénéficier à l'ensemble de la population du Québec des meilleurs soins et services de santé qui soient.

Dr Fabrice Brunet Président-directeur général

À ce chapitre, je suis heureux d'annoncer que le CHUM a inauguré à l'automne 2016 le Carrefour de l'innovation et de l'évaluation en santé (CIES). Grâce à ce regroupement de chercheurs, de cliniciens, de partenaires et de décideurs, cette plateforme d'innovation va permettre d'accélérer la recherche de solutions en santé pour qu'elles parviennent plus rapidement au chevet du patient. La formation de la relève et l’amélioration des compétences des professionnels en exercice font aussi partie intégrante de la mission de notre hôpital. Au XXIe siècle, l'apprentissage n'est plus unidirectionnel, mais bien pluridisciplinaire et multidimensionnel. C'est pourquoi le CHUM priorise la vision d'un hôpital enseignant, apprenant et communicant qui favorise l'innovation. À ce sujet, nous vous présentons un dossier complet sur la Direction de l'enseignement et de l'Académie CHUM (pages 10 à 17) et sur les méthodes d'apprentissage novatrices qui y sont déployées. En matière de rétroaction, je demeure persuadé que le plus grand expert sur qui nous puissions compter pour valider la justesse de nos interventions est le patient. De plus en plus intégré au sein de nos groupes de travail et comités de réflexion, il y joue un rôle essentiel. Je vous invite à prendre connaissance de plusieurs des initiatives novatrices qui ont été mises en place au CHUM à cet égard (pages 4 et 5). En ce nouvel an qui vient de débuter, vous offrir le meilleur de la santé est un engagement bien réel. À chacun et chacune d'entre vous, une bonne et heureuse année 2017!

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Promotion de la santé

Les patients, des experts reconnus Depuis 2012 , le CHUM valorise concrètement l ’ex p é r i e n c e d e s p a t i e n t s e t f avo r i s e l e u r participation à l’amélioration de la qualité des soins et des services. À ce jour, plus d’une trentaine de patients ressources ont été formés et s’impliquent au CHUM, tant auprès des professionnels que d’autres patients. « Le patient a une connaissance intime de sa maladie et de son vécu, tant à la maison que dans son parcours de soins à l’hôpital. C’est une compétence qu’on doit lui reconnaître et dont on ne peut se priver! » Audrey-Maude Mercier, conseillère en promotion de la santé au CHUM, accompagne les patients ressources qui, à leur tour, deviennent des guides précieux pour valider, ou parfois secouer certaines pratiques de soins ou de gestion. Leur contribution est riche, car elle apporte un éclairage nouveau et permet de véritablement recentrer les enjeux sur les besoins des patients. Contrairement aux professionnels qui interviennent souvent dans une partie seulement du parcours de soins, les patients ressources apportent un point de vue plus global de leur expérience à l’hôpital. En plus d’être une source de rétroaction inestimable, ils nous amènent à pousser la réflexion plus loin et à trouver des solutions créatives qui sortent du cadre.

Un savoir riche, des gains concrets Conscients de la valeur ajoutée de la participation du patient ressource, les professionnels du CHUM réclament de plus en plus leur présence au sein de différents comités et groupes de travail. À titre d’exemple… Fernand, greffé du foie, et Karina, suivie au CHUM pour la fibrose kystique, participent à la révision des étapes du parcours de soins en transplantation pulmonaire. Leur présence aux séances de travail a amené des remises en question importantes et extrêmement enrichissantes. 4 CHUMAGAZINE

Thibault, atteint de la maladie de Crohn, contribue à l’organisation du travail en vue de rehausser l’expérience du patient dans les cliniques du nouveau CHUM. Nathalie, opérée pour une rupture d’anévrisme, et Mireille, qui a combattu un cancer du sein, codirigent un groupe de travail qui se penche actuellement sur la présence accrue de la famille et des proches auprès des patients. (Voir encadré page 5.) Gilles, qui a combattu un cancer de l’œsophage, apporte un soutien inestimable durant les rencontres préopératoires en chirurgie thoracique oncologique. Son expérience lui permet de rassurer le patient, de répondre à ses questions et de bien le préparer à ce qui l’attend. Marie et Richard donnent le point de vue du patient et contribuent à l’élaboration d’un sondage de satisfaction aux urgences.

Une approche qui progresse pour humaniser les soins Le CHUM a récemment convié l’ensemble de ses patients ressources dans le cadre d’une journée de réflexion. L’événement, organisé conjointement par le secteur de la promotion de la santé et le Service de bénévolat, animation et loisirs du CHUM, a réuni plus d’une quinzaine de participants impliqués dans différents secteurs d’activité, y compris deux intervenants pairs aidants en santé mentale. Ce déjeuner-causerie a permis d’échanger sur l’évolution des projets qui favorisent l’engagement des patients et d’énoncer clairement l’intérêt de tous à poursuivre et à multiplier ce genre d’initiatives.


Les patients sont encouragés à s’exprimer librement, sans dentelle. Plus leurs interventions sont authentiques, plus la démarche a une incidence réelle sur l’amélioration des soins

Comment devenir patient ressource au CHUM?

Présence de la famille au nouveau CHUM

Le CHUM considère tous ses patients comme des partenaires à part entière de leurs soins. Plusieurs d’entre eux poussent plus loin cette approche collaborative et s’impliquent afin d’aider les équipes du CHUM à améliorer les soins et les services qui y sont offerts.

Le C H U M se positionne dans le réseau comme un établissement phare dans sa volonté de valoriser l’expérience des patients et de mettre à contribution leur participation à l’amélioration de la qualité des soins et services. Dans cette perspective, la Direction du soutien à la transformation du CHUM a entrepris de rédiger une politique sur la présence de la famille et des personnes significatives au nouveau CHUM, conjointement avec deux patientes ressources, Mmes Nathalie Tousignant et Mireille Morin.

Selon son intérêt et ses compétences, le patient ressource peut contribuer de différentes manières : Livrer des témoignages Raconter son histoire et son expérience à une équipe de professionnels Participer à des groupes de discussion Tirer parti de son expérience de soins pour enrichir les réflexions d’un groupe de travail Faire partie d’un comité ou d’un groupe de travail S’intégrer à une équipe de projet, proposer des recommandations et prendre part aux décisions Agir en tant que patient ressource auprès des pairs Accompagner et soutenir d’autres patients qui vivent un parcours de soins similaire

Cette politique, qui touchera l’ensemble des départements et secteurs du nouveau CHUM, vise à adopter des pratiques plus ouvertes à l’égard de la présence de la famille et, par le fait même, à renforcer la collaboration et la communication entre les intervenants de la santé, les patients et leurs proches. L’engagement de deux patientes ressources, à titre de « cogestionnaires de projet », vise à soutenir l’adoption et la mise en œuvre de ces nouvelles mesures et à sensibiliser la communauté du CHUM aux avantages d’une telle politique.

Vous êtes ou avez été un patient du CHUM? Vous avez la motivation, l’intérêt et la disponibilité pour vous impliquer en tant que patient ressource? Nous vous invitons à remplir un court formulaire à l’adresse ci-dessous. Un conseiller ou une conseillère du CHUM prendra rapidement contact avec vous. www.chumontreal.qc.ca/prchum La Dre Marie-Pascale Pomey, chercheuse au Centre de recherche du CHUM et à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal, a présenté aux patients ressources plusieurs exemples d’initiatives actuellement en déploiement dans le réseau de santé du Québec.

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Recherche

Utiliser les médias pour se trouver un rein ou un foie? Oui, mais à certaines conditions! Dre Marie-Chantal Fortin Néphrologue en transplantation et chercheuse au CHUM

L’an passé, le propriétaire du club de hockey Les Sénateurs d’Ottawa, Eugene Melnyk, a reçu le foie d’un partisan. Les parents de Binh Wagner, 3 ans, ont également réussi à trouver un foie d’un donneur anonyme grâce aux médias en Ontario. La sollicitation publique d’organes est un phénomène qui soulève plusieurs questionnements. La Dre Marie - Chantal Fortin, néphrologue en transplantation et chercheuse au CHUM , est l’auteure principale des premières lignes directrices canadiennes sur cette pratique. Q : Pourquoi des lignes directrices concernant la sollicitation publique d’organes? R : Les récents cas de patients qui se sont trouvé un donneur d’organe grâce aux médias ont créé un certain malaise chez les médecins en transplantation. Cela soulève plusieurs questions d’équité et de justice : tout le monde n’a pas nécessairement l’influence nécessaire pour faire la une du Globe and Mail. Il y a un aspect « concours de beauté » : ça va être l’histoire la plus émotive, la plus attrayante qui va susciter des offres. On peut se demander s’il n’y a pas des risques de vente d’organes, en plus de l’enjeu de l’anonymat entre le donneur et le receveur. Avec la Société canadienne de transplantation, le Programme national de recherche en transplantation du Canada et la Société canadienne du sang, nous avons voulu produire un document pour guider les transplanteurs canadiens lorsqu’ils sont confrontés à des patients qui sollicitent des donneurs dans les médias.

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Q : Et quelles sont vos conclusions? R : À notre avis, il est tout à fait éthique et légal pour les centres de transplantation de considérer les donneurs issus de la sollicitation publique dans la mesure où elle respecte la loi canadienne, donc qu’il n’y a pas d’échange d’argent et que l’évaluation des donneurs se fait selon les normes établies. Vendre ou acheter des organes est illégal au Canada, mais on ne peut pas empêcher quelqu’un de vouloir sauver sa vie ou celle de son enfant en allant demander dans les journaux. Dans tous les cas, les donneurs doivent passer par l’intermédiaire du centre de transplantation, qui gère les demandes. Le receveur a beau se trouver un donneur, il faut que celui-ci soit compatible et apte à faire un don sans que cela lui nuise à long terme. Nous recommandons aux centres de transplantation de faire preuve de transparence quant à leur position autour de la sollicitation, d’obtenir un consentement éclairé du donneur et de sensibiliser tant les donneurs que les receveurs aux risques de bris d’anonymat ou de confidentialité. Par ailleurs, les centres de transplantation doivent être prêts à faire face à un afflux important de donneurs potentiels sans désavantager leurs autres patients ou donneurs. On reconnaît que certains centres de transplantation pourraient refuser d’évaluer de tels donneurs car ils sont mal à l’aise dans ces situations. Cependant, comme dans toute situation d’objection de conscience, les professionnels doivent être en mesure de diriger les donneurs et les receveurs vers des centres qui acceptent de considérer ces dons. On ne résout pas nécessairement tous les problèmes éthiques, mais on vient baliser la pratique et aider les centres de transplantation à gérer de telles demandes.


Q : Dans quelles situations un patient pourrait-il vouloir faire appel aux médias pour se trouver un donneur vivant? R : Les candidats à la transplantation sont habituellement mis sur une liste d’attente pour un organe issu d’un donneur décédé, et le temps d’attente peut être long. Certains patients meurent durant l’attente, faute d’avoir reçu un organe à temps. En transplantation rénale et hépatique, les transplantations à partir de donneurs vivants offrent de meilleurs résultats pour le receveur. Normalement, la majorité de nos donneurs vivants sont des gens dans l’entourage du patient. Certains patients n’ont toutefois pas la chance d’avoir un donneur vivant compatible dans leur entourage. Il arrive qu’ils aient recours aux médias pour se trouver un donneur.

Q : Est-ce que ces lignes directrices changent la pratique en transplantation au CHUM? R : Nous n’avons pas été exposés à des cas de sollicitation médiatique comme en Ontario, mais les lignes directrices vont aider nos équipes à faire face à ces demandes. Nous sommes ouverts à évaluer ce type de demandes, mais il faut bien sûr prévoir les ressources nécessaires et ne pas défavoriser les autres patients sur la liste d’attente pour un don ou une greffe d’organe.

856

personnes étaient en attente d’un organe au Québec en date du 31 décembre 2015.

507

personnes ont reçu une greffe d’organe en 2015.

L’expertise du CHUM Le CHUM réalise le plus grand nombre de greffes au Québec, principalement des greffes de rein et de foie.

En bref >> La sollicitation d’organes dans les médias est légale. >> Le don d’organe doit être gratuit. >> Le donneur doit rester anonyme (bris de confidentialité possible dans les médias). >> Le donneur est libre de donner à qui il veut et de retirer son consentement en cours de processus.

Propos recueillis par Isabelle Girard.

Forfait exclusif pour les professionnels de la santé Toutes nos excuses aux mascottes

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Actualités Chimiothérapie orale à la maison

Les temps changent! Le CHUM lançait à l’automne 2016 un programme de formation complet, à l’échelle du Québec, pour bien accompagner les patients dans la prise de médicaments contre le cancer à la maison. Quand on pense à la chimiothérapie, on imagine tout de suite le soluté, les salles de traitement, les infirmières et les allers-retours fréquents à l’hôpital. Mais voilà que les temps changent! De nos jours, parmi plus de 400 traitements contre le cancer qui sont actuellement en développement, près de 25 % seront offerts sous forme orale, c’est-à-dire sous forme de comprimés ou de pilules que le patient pourra prendre à la maison. Les patients, tout comme le personnel de soins, peuvent y voir bien des avantages, mais comment faire en sorte que le patient suive ses traitements en toute sécurité?

La formation a été élaborée par une conseillère en soins spécialisés en oncologie, Audrey Chouinard, qui est aussi la tête d’affiche des vidéos d’enseignement, en collaboration avec plusieurs experts de l'équipe en oncologie et de l'équipe de la promotion de la santé du CHUM. Enthousiaste face au lancement de ce programme, dont les assises ont été jetées en 2013, Audrey Chouinard tient à souligner la collaboration de plusieurs professionnels et membres des équipes interdisciplinaires du CHUM ainsi que la participation financière de Pfizer et de Novartis. « Né d’un réel besoin, ce projet a été très mobilisateur pour l’ensemble du Centre intégré en cancérologie du CHUM (CICC). »

Un programme clés en main pour les patients et leurs proches aidants La prise de médicaments qui agissent sur les cellules, comme la chimiothérapie orale, la thérapie ciblée ou l’hormonothérapie, nécessite des connaissances et des précautions particulières. À titre de leader en traitement et en recherche sur le cancer, le CHUM a créé un programme de formation pour les patients et leurs proches. L’assiduité au traitement, la manipulation sécuritaire du médicament et des déchets, la gestion des effets secondaires et les ressources disponibles représentent les principaux thèmes abordés.

Commissaire aux plaintes et à la qualité des services

Programme de formation comprenant : >> 4 vidéos pour aider les patients dans la prise des médicaments, la gestion des effets secondaires et plus >> Captation de la séance de formation >> Matériel de formation téléchargeable et personnalisable pour les établissements de santé www.cicc.chumontreal.qc.ca/chimiotherapie

Le code d’éthique du CHUM

Le CHUM, comme tous les établissements de santé et de services sociaux, s’est doté d’un code d’éthique. Il illustre l’affirmation des droits des usagers du CHUM, de même que l’engagement pris par l’établissement à répondre à leurs besoins de façon optimale. Il est aussi l’expression d’attitudes responsables entre toutes les personnes qui se côtoient, se parlent et interagissent dans le cadre des activités de l’établissement, y compris les usagers.

www.chumontreal.qc.ca/code-ethique

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Témoignage

Comprendre pour survivre D’abord atteinte d’un cancer du col de l’utérus, Marilou Gougeon, curieuse, faisait des recherches pour s’informer et mieux comprendre sa maladie. Depuis la découverte de métastases aux poumons, sa vie a pris un nouveau tournant. L’équipe de la bibliothèque du CHUM l’appuie dans la recherche d’essais cliniques et de nouveaux traitements, parce que sa vie en dépend!

Marilou en compagnie de Diane St-Aubin, chef de service — Bibliothèque et gestion des connaissances

Marilou lutte toujours contre sa maladie, à coups de traitements, de volonté et de résultats de recherche encourageants! Recherche et espoir

Marilou Gougeon a seulement 34 ans lorsqu’elle reçoit un diagnostic de cancer du col de l’utérus, lié à une infection par le virus du papillome humain (VPH). Elle décide alors de subir une trachélectomie élargie*, plutôt qu'une hystérectomie, pour préserver sa fertilité. Ce cancer n’inquiète pas vraiment Marilou puisque sa mère a connu cette même maladie, quelques années auparavant, et se porte bien aujourd’hui.

Bibliothécaire de formation, Marilou a toujours eu un goût pour la recherche d’information sur le Web. Au fil du temps, ce goût s’est transformé en un instinct de survie. « Au début, je faisais des recherches pour m’informer et comprendre ma maladie. Mais dès la découverte de métastases aux poumons, je sentais que ma vie était en jeu. Mes recherches sont donc devenues plus intenses et plus pointues. »

Neuf mois plus tard, alors qu’elle est en voyage d’affaires, Marilou ressent de fortes douleurs. On lui apprend que son cancer a progressé dans l’utérus, jusqu’à l’ovaire. « J’ai eu plusieurs examens avant de découvrir que c’était une récidive, se souvient-elle. Nous avons donc opté pour une hystérectomie totale qui consiste à enlever l’utérus au complet. Cette opération a nécessité 35 traitements de radiothérapie externe et six chimiothérapies. »

C’est en prenant contact avec l’équipe de la bibliothèque du CHUM que Marilou a approfondi ses recherches. « Lors de mon séjour à l’Hôpital Notre-Dame, j’ai appris qu’il existait une bibliothèque scientifique au CHUM. J’ai donc communiqué avec les bibliothécaires qui m’ont accompagnée dans ma recherche grâce à l’étendue de leurs bases de données riches en articles scientifiques. »

Près d’une année plus tard, Marilou apprend l’apparition de métastases aux poumons. Elle est sous le choc. Sa vie vient de prendre une nouvelle tournure, plus dramatique. Son espérance de vie est estimée à un an et demi. Originaire de Gatineau, Marilou décide de déménager à Joliette pour se rapprocher de sa mère. Elle est prise en charge par les Dres Béatrice Cormier et Vanessa Samouelian, gynéco-oncologues à l’Hôpital Notre-Dame du CHUM. « J’ai développé avec mes médecins un lien de confiance basé sur l'honnêteté et le respect, ce qui est très important dans le cas de maladies graves », confie-t-elle. *Retrait du col de l'utérus, de la partie supérieure du vagin et des ganglions lymphatiques du bassin

L’apport des bibliothécaires du CHUM a été décisif dans la démarche de Marilou qui convoitait les essais cliniques sur le cancer du col de l’utérus. « Les bibliothécaires m’ont aidée à déchiffrer et vulgariser les articles scientifiques. Dès qu’on ciblait une étude intéressante ou un nouveau traitement, je le présentais à mon médecin puis j’entamais des discussions avec lui. » Marilou a aujourd’hui 38 ans et lutte toujours contre sa maladie, à coups de traitements, de volonté et de résultats de recherche encourageants. « À travers mon parcours, conclut-elle, je peux dire que, plus on comprend, plus on devient armé contre la maladie et plus on a le sentiment d’être davantage en possession de ses moyens. » CHUMAGAZINE 9


Dossier Enseignement

La formation au service de l’innovation Se faire soigner est un acte de foi. Le patient doit avoir entièrement confiance en la compétence des équipes. Au CHUM, nous avons la ferme conviction que d’excellents soins et services passent par une relève bien formée et par des professionnels qui savent se réinventer.

À titre d’hôpital universitaire affilié à l’Université de Montréal, le CHUM forme une très grande part des médecins, infirmières et professionnels du réseau de la santé. Dans certains programmes d’enseignement en médecine, tels que la radio-oncologie, la gastroentérologie et l’anatomopathologie, c’est plus de 75 % des stages de l’Université de Montréal qui se déroulent au CHUM. S’ajoutent à cela des spécialités, comme la cytologie, où nous sommes l’unique centre de formation au Québec. Pour Nathalie Beaulieu, directrice de l’enseignement et de l’Académie CHUM, le mandat est clair. « C’est de contribuer à la qualité, la sécurité et l’humanisation des soins et des services. Pour ce faire, nous créons et organisons des activités d’enseignement et de formation pertinentes, qui répondent aux besoins des patients, des équipes, des stagiaires et des résidents, et qui ont une portée réelle et mesurable sur l’amélioration des soins et des services offerts à la population adulte du Québec. »

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Qu’il s’agisse de l’enseignement aux futurs médecins dans le cadre de leur externat et de leur résidence (voir page 17), de l’accueil des stagiaires des niveaux universitaire, collégial et professionnel, ou du développement professionnel continu, l’acquisition et le transfert des connaissances occupe une part importante de l’activité hospitalière. À titre d’exemple, chez les infirmières d’expérience qui travaillent au CHUM, l’accompagnement de la relève constitue une tâche capitale. De plus, en vertu d’une demande ministérielle, le CHUM est appelé à devenir, au cours des prochaines années, l’un des quatre pôles de formation continue partagée pour l’ensemble du réseau québécois de la santé. Dans son rôle enseignant, apprenant et communicant, l ’h ô pita l d evie nt un e fo urmiliè re d ’a p p re ntiss ag e , où interagissent médecins, infirmières, chercheurs, professionnels, résidents et stagiaires dans plus d’une centaine de domaines de formation différents.


« Ce qui soulève notre passion, c’est de former la relève en santé, d’améliorer les compétences des soignants, d’accroître la performance des équipes et, à terme, d’améliorer la santé de la population adulte du Québec. » Nathalie Beaulieu Directrice de l’enseignement et de l’Académie CHUM

OFFRE DE SERVICE DE LA DIRECTION DE L’ENSEIGNEMENT ET DE L’ACADÉMIE CHUM Le CHUM porte la vision d'un hôpital enseignant, apprenant et communicant qui favorise l'innovation.

Offre de formations >> Scénarios de simulation (avec mannequins haute-fidélité et comédiens) >> Simulateurs virtuels (bronchoscopie, échographie, endoscopie, laparoscopie) >> Ateliers techniques procéduraux (installation de voies veineuses centrales, microchirurgie, ponction lombaire, etc.) >> Formations en classe et en ligne (p. ex. approche OPTIMAH pour la personne âgée hospitalisée) >> Cours de réanimation (RCR, ACLS, PRN)

Offre de services >> Services-conseils en pédagogie >> Ressources électroniques et prêts entre bibliothèques >> Production de recherches systématiques et veilles informationnelles

Offre de stages >> Médecine, soins infirmiers et autres professions de la santé >> Toutes disciplines connexes du réseau de la santé (p. ex. gestion, hygiène et salubrité)

Gestion administrative des stages

UN HÔPITAL ENSEIGNANT Former une relève compétente en santé en accueillant les étudiants des différentes facultés de l’Université de Montréal, et des autres établissements d’enseignement universitaire, collégial et professionnel.

APPRENANT S’assurer que les équipes en place demeurent à l’avantgarde du savoir grâce à des activités de formation continue qui répondent aux besoins des patients et des équipes.

COMMUNICANT Soutenir l’apprentissage par le biais de plateformes novatrices de partage et de transfert des connaissances, comme le service de la bibliothèque du CHUM.

>> Accueil et intégration des stagiaires et des résidents >> Soutien administratif aux directeurs de programmes de résidence en médecine et aux responsables hospitaliers d’enseignement >> Contrats de stages avec les maisons d’enseignement

Organisation de congrès et d’évènements Comment soumettre un projet de formation? Utilisez notre guichet unique disponible à : www.academiechum.ca/demande Communiquez avec nous par courriel : academie.chum@ssss.gouv.qc.ca Votre demande sera acheminée à un conseiller en pédagogie qui vous contactera dans un délai de 48 heures ouvrables suivant votre demande. CHUMAGAZINE 11


Dossier Enseignement Dossier Enseignement

« D u r a n t u n AVC , l e p a t i e n t p e r d 1 ,9 millions de neurones par minute, explique la Dre Daneault. Chaque minute compte et chaque geste est crucial ! C'est pour dédramatiser la situation, et pour montrer aux infirmières qu'elles étaient accompagnées pas à pas par l'équipe médicale, que nous avons voulu créer une formation par simulation au CHUM. Et le résultat a été magnifique! »

Apprivoiser la première fois grâce Récemment, les infirmières du 5 e AB de l'Hôpital Notre-Dame du CHUM ont été appelées à prendre part à une nouvelle intervention à succès pour traiter l'AVC. D'abord réticentes, mais surtout inquiètes, elles ont plongé dans l'aventure… grâce à la simulation et au soutien exceptionnel des médecins, formateurs et collègues! Dre Nicole Daneault, neurologue et directrice médicale du programme de santé neurovasculaire du CHUM, a bien senti l'inquiétude des infirmières lorsqu'on leur a demandé d'accompagner les patients souffrant d'un accident vasculaire cérébral (AVC) dans la salle d'angioradiologie, où sont pratiquées les thrombectomies (voir page 13). Plus à l'aise à l'étage, où elles offrent déjà un suivi neurologique étroit aux patients, les soignantes étaient angoissées à l'idée d'accompagner le patient en situation de crise, durant le retrait mécanique du caillot au cerveau. « Durant un AVC, le patient perd 1,9 millions de neurones par minute, explique la Dre Daneault. Chaque minute compte et chaque geste est crucial! C'est pour dédramatiser la situation, et pour montrer aux infirmières qu'elles étaient accompagnées pas à pas par l'équipe médicale, que nous avons voulu créer une formation par simulation au CHUM. Et le résultat a été magnifique! »

Trois scénarios inspirés de cas réels Nathalie Nadon, infirmière praticienne spécialisée et experte en simulation, Isabelle Sévigny, conseillère en soins spécialisés, l'équipe de neurologie et l’équipe de la Direction de l’enseignement et de l’Académie CHUM ont jumelé leurs forces pour créer trois scénarios crédibles, inspirés de cas vécus à l'hôpital. Chacune des trois « vignettes cliniques » présentait un niveau de difficulté croissant par le biais de complications pouvant survenir durant une thrombectomie. Ajoutons à la scène un vrai neurologue, un patient incarné par un bénévole talentueux, une salle d'angio fidèlement reproduite... et la fiction frise la réalité! Les 21 participantes au projet de formation ont été emportées par l'intensité du moment et ont pu mesurer leurs réactions dans un cadre très près de la réalité.

Avantages de la simulation pour l’apprenant >> Démystification de la thrombectomie >> Augmentation de la confiance en sa capacité de réussir >> Augmentation de la motivation à poursuivre son perfectionnement professionnel >> Cohésion d'équipe (respect, humanité et empathie) >> Augmentation de la qualité et de la sécurité des soins

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Le Centre d'apprentissage de l'Académie CHUM Un mannequin haute-fidélité qui accouche, un faux patient en AVC aigu, un simulateur virtuel qui permet d’effectuer des opérations minimalement invasives : au Centre d'apprentissage de l'Académie CHUM, tout est mis en oeuvre par une équipe d'experts en simulation, de concert avec les équipes terrain, afin que les professionnels soient parfaitement à l'aise lorsqu'ils se retrouvent en situation réelle. Depuis la mise en place des activités de simulation, plus de 150 scénarios ont été créés avec la collaboration des secteurs suivants : >> Anesthésiologie

>> Médecine interne

>> Physiothérapie

>> Bénévoles

>> Médecine d’urgence

>> Pneumologie

>> Cardiologie

>> Médecine d'urgence spécialisée

>> Psychologie

>> Chirurgie >> Clinique antidouleur >> Gastroentérologie >> Inhalothérapie

à la simulation À la suite d'une évaluation post-simulation, Isabelle Sévigny, responsable de la formation, a été très heureuse de constater que le niveau de confiance des infirmières avait presque doublé. Autre gain moins prévisible : le personnel soignant, conscient de l'importance des acquis à maîtriser, s'est montré très ouvert à parfaire ses connaissances. Par ailleurs, les exercices de simulation ont créé des liens interdisciplinaires et un respect mutuel très forts, qui perdurent dans la vraie vie, observe Dre Daneault. « L'expérience a été très gagnante! » conclue-t-elle.

Le niveau de confiance des infirmières monte en flèche!

47 % AVANT

90 % APRÈS

AVC et thrombectomie L'accident vasculaire cérébral ischémique, la forme la plus fréquente d'AVC, survient lorsqu'un caillot sanguin bloque une artère du cerveau. La thrombectomie, qui consiste à extirper le caillot grâce à un système d'aspiration, est pratiquée dans seulement quatre établissements de santé au Québec. Le CHUM est le centre le plus actif en thrombectomie et parmi les plus performants au Canada.

>> Obstétriquegynécologie >> Pharmacie

>> Radiologie >> Soins infirmiers >> Soins intensifs >> Soins spirituels

Ces scénarios mettent en lumière des enjeux de sécurité pour les patients, des situations d'urgence, des évènements rares ou très fréquents, des situations complexes, conflictuelles ou ambiguës. Les scénarios interdisciplinaires, qui répondent à des besoins réels, sont bien sûr privilégiés. Une attention particulière est aussi portée au débriefing. Après chaque exercice de simulation, des professionnels dûment formés rencontrent les apprenants afin de recueillir à chaud leurs émotions, leurs réactions et de souligner les apprentissages réalisés en simulation qu’ils seront susceptibles d’appliquer sur le terrain.

Le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC) a agréé, le 14 octobre 2016, le programme de formation par la simulation de l’Académie CHUM. Cette prestigieuse distinction est une première étape importante dans la réalisation de la vision du CHUM de devenir l’un des centres de référence en matière d’enseignement et de développement professionnel continu.

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Dossier Enseignement

Vous souhaitez créer de nouveaux projets de formation et élaborer des scénarios avec l’aide d’experts en simulation? Communiquez avec l’équipe de la Direction de l’enseignement et de l’Académie CHUM. academie.chum@ssss.gouv.qc.ca

Une « lunette patient » au quotidien Des soins d’excellence doivent forcément prendre en compte la réalité du patient, ses angoisses, ses peurs, ses besoins, tant physiques que psychologiques. L’Académie CHUM a mis en place des initiatives concrètes qui démontrent sa volonté d’intégrer la vision du patient dans l’analyse des exigences de formation. Ainsi, des patients ressources (voir pages 4-5) participent maintenant à plusieurs activités de simulation. Ils communiquent aux stagiaires et aux professionnels en formation leur perception des soins reçus. Se sont-ils sentis écoutés? Le geste médical était-il délicat, ou trop brusque? L'approche leur a-t-elle semblée humaine? L'objectif de cette démarche : former du personnel compétent... et compatissant!

Un évènement à organiser? Le Centre d’apprentissage de l’Académie CHUM vous offre un service d'organisation d’évènements clés en main. Que vous souhaitiez organiser un congrès, un colloque, une journée de formation ou une série de cours, nous avons les ressources dont vous avez besoin : >> Salle de cours de 84 places >> Accompagnement logistique complet >> Plateaux techniques d'avant-garde pour activités de simulation ou ateliers techniques >> Équipe experte de soutien à la formation Pour information : academie.chum@ssss.gouv.qc.ca

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Un lieu unique pour devenir

chirurgien d’élite La microchirurgie est à la chirurgie ce que le pilotage de brousse est à l’aviation. Un travail de haute précision qui nécessite un doigté exceptionnel. Afin de former des chirurgiens spécialisés en microchirurgie, le CHUM offre désormais un nouveau laboratoire d’exercice, pour y peaufiner son art jusqu’à la perfection. Une expertise hors du commun Q u a n d u n e p e r s o n n e a u Q u é b e c a b e s o i n d 'u n e réimplantation ou d'une revascularisation à la suite d’une amputation complète ou partielle d’un membre supérieur (doigt, main ou bras), c’est au CHUM qu’elle doit se rendre de toute urgence. Le Centre d’expertise en réimplantation du CHUM, le CEVARMU, fait des miracles grâce à ses chirurgiens plasticiens spécialisés en microchirurgie de la main. La microchirurgie est aussi pratiquée au CHUM dans le cadre d’autres interventions délicates, comme la reconstruction mammaire, la reconstruction cervico-faciale, l’ophtalmologie ou la neurochirurgie. Alors que ces interventions restent exceptionnelles dans la plupart des hôpitaux canadiens, elles se pratiquent quotidiennement au Centre hospitalier de l’Université de Montréal. « Le CHUM a l’expertise, la technologie, les ressources et tout l’encadrement nécessaires pour contribuer à former plus de ‘‘microchirurgiens’’, et à améliorer les compétences de ceux qui exercent déjà, tant au CHUM qu’ailleurs », soutient le Dr Alain Danino, chef du Service de plastie du CHUM. Par ailleurs, un pilote, même aguerri, doit effectuer un nombre d’heures minimal de vol chaque année pour renouveler son droit de pratique. Ce principe s’applique d’autant plus en médecine, selon le Dr Danino.

Une révolution dans l'apprentissage de la microchirurgie Le nouveau laboratoire de microchirurgie du Centre d'apprentissage offre six microscopes à deux têtes, dotés d’un système de captation vidéo en temps réel, accessibles à toute heure du jour ou de la nuit. Du jamais vu, selon le D r D a n i n o ! Le s p a r ti c i p a nt s u ti l i s e nt d e s a r tè re s cadavériques, qui se prêtent bien à la pratique et à l’apprentissage de la microchirurgie. Les apprenants peuvent fréquenter le laboratoire en autoapprentissage ou dans le cadre d’ateliers supervisés. L’enregistrement des procédures chirurgicales est alors revu et évalué, afin d’analyser le geste et de l’améliorer. Titulaire d’une surspécialité (fellow) en microchirugie de la Clinique Mayo, suivie d’une autre surspécialité du Sunnybrook Hospital de Toronto axée sur la chirurgie des grands brûlés, le Dr Ali Izadpanah soutient cette activité d'enseignement. L’inauguration du laboratoire de microchirurgie illustre bien la volonté du CHUM de toujours demeurer à l’affût de nouveaux moyens d’enseignement pouvant bénéficier à l’ensemble de la population.

Qu’est-ce que la microchirurgie reconstructrice? La microchirurgie reconstructrice permet d’isoler un territoire anatomique autonome, dont les vaisseaux sont accessibles à la suture sous microscope opératoire, et de le transférer dans n’importe quelle autre partie du corps humain. À titre d’exemple, le deuxième orteil est transplanté à la main pour remplacer un pouce manquant, et la zone graisseuse sous le nombril est très favorable à la reconstruction du sein.

Le Dr Ali Izadpanah entouré d'étudiants au nouveau laboratoire de microchirurgie du Centre d'apprentissage

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Dossier Enseignement

bibliothequeduchum.ca

Le savoir à la portée de tous En constante mutation depuis son virage numérique, bibliothequeduchum.ca ne se contente pas de répondre aux besoins changeants de sa clientèle, mais elle s’emploie à les anticiper. Cette année encore, l’équipe de la bibliothèque s’est propulsée hors des lieux communs de la bibliothéconomie pour innover en créant de nouveaux services et en offrant une accessibilité plus grande aux données probantes*, ainsi qu’à tout autre canal et forme d’information fiable, quelle qu’en soit la provenance. Provenance qui n’a par ailleurs jamais été aussi vaste! Il y a près de cinq ans, la bibliothèque du CHUM a entrepris un virage numérique en lançant son site Web, bibliothequeduchum.ca. En attendant l’aménagement de ses nouveaux locaux, prévu à la dernière phase de construction du nouvel hôpital, la bibliothèque propose une nouvelle approche pour appuyer les professionnels de la santé dans leur environnement : la bibliothèque mobile. Le concept est simple : les bibliothécaires s’intègrent aux équipes cliniques et participent à des projets en effectuant des recherches d’information adaptées à leurs besoins.

à leurs questions. Cette instantanéité a permis d’arriver rapidement à des résultats convaincants. » La mobilité de la bibliothèque convient également aux professionnels qui ne peuvent pas se déplacer durant leurs heures de travail. « Les infirmières, par exemple, n’ont pas toujours le temps d’aller à la bibliothèque, indique Mme St-Aubin. Notre équipe peut donc les aviser et programmer une visite. Les infirmières préparent leurs questions et obtiennent des réponses dans leur propre environnement. » En plus d ’ef fec tuer des recherches , l ’équipe de la bibliothèque du CHUM offre aux professionnels de la santé des formations approfondies et personnalisées sur la recherche et sur les outils de recherche. « On veut partager toutes les connaissances auxquelles nous avons accès grâce à une dizaine de banques de données comprenant plus de 2 000 revues scientifiques en format numérique, disponibles en ligne sur le réseau du CHUM. »

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La bibliothèque mobile

Le saviez-vous?

« L’objectif est de s’intégrer aux équipes de travail pour être en mesure de bien répondre aux interrogations soulevées durant la mise en oeuvre d’un projet, explique Diane StAubin, chef de service — Bibliothèque et gestion des connaissances. Il est donc important que le bibliothécaire participe aux rencontres dès le jour 1 et qu’il soit intégré à l’équipe des professionnels de la santé, afin qu’il connaisse bien la problématique du début. Par exemple, nous avons participé à plusieurs réunions du comité mortalité et comorbidité du Centre d'expertise en réimplantation du CHUM (CEVARMU) et nous avons directement répondu

Seulement 30 % des articles de données probantes sont disponibles gratuitement sur le Web. Pour les 70 % qui restent, seules les bibliothèques scientifiques peuvent y accéder grâce à leurs abonnements.

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*Données probantes : données fiables partagées à la suite de nombreuses recherches. Ces données permettent d’aider les professionnels dans leur processus de décision clinique.


LES AGENTES ADMINISTRATIVES :

le cœur du soutien à l’enseignement Plus de 35 agentes administratives à l’enseignement offrent un soutien capital aux responsables de stages, aux directeurs des programmes universitaires, aux médecins professeurs ainsi qu’aux stagiaires, résidents et externes en médecine. Leur rôle, aussi diversifié qu’essentiel, favorise la bonne marche des activités au quotidien : accueil clés en mains, listes de garde, horaires de stages, jumelage enseignants-étudiants, horaires de cours, suivi des évaluations et plus. Pour la majorité des programmes universitaires, elles font le pont entre les maisons d’enseignement et l’hôpital. Souvent le premier sourire offert aux stagiaires, résidents et externes en médecine, les agentes à l’enseignement deviennent rapidement leur principal repère à l’hôpital. Pour les responsables de stages, qui continuent de jouer leur rôle premier au quotidien – prendre soin des patients – la présence des agentes à l’enseignement allège considérablement leur tâche. « Ce sont des pivots essentiels et on ne pourrait y arriver sans elles, » affirme le Dr Jean Paradis, directeur du programme Immunologie et allergie adulte. Pour Line Martel, responsable de cette joyeuse brigade, ce sont des anges de patience et de dévouement! « Notre secrétariat soutient près de 40 directeurs de programmes et 231 responsables de l’enseignement. »

Le CHUM accueille bon an mal an près de 5 000 stagiaires, provenant de 92 établissements d’enseignement et de 119 programmes de formation. Nombre de stagiaires qui ont fréquenté le CHUM en 2015-2016 Médecins-résidents : 1 046 (y compris les stages en médecine, perfectionnement et d’observation) Externes en médecine : 695 Soins infirmiers : 2 099 Secteur interprofessionnel* : 1 062 *Professionnels de la santé et autres domaines connexes du réseau de la santé

Externe en médecine L'externe est un étudiant en médecine, de troisième ou de quatrième année, qui participe au fonctionnement d'un service hospitalier, sous l'autorité des médecins patrons et des médecins résidents du service.

Le saviez-vous ? Le conseil des infirmières et infirmiers (CII) participe activement à la promotion de la formation continue dans les milieux de travail cliniques du CHUM. Des formations accréditées sont organisées tous les mois sur différents sujets touchant les pratiques innovantes en soins infirmiers. Le CII a à cœur le perfectionnement constant du personnel infirmier du CHUM, toujours dans le but d’améliorer la qualité des soins et des services offerts aux patients.

Résident en médecine Le résident est un étudiant diplômé en médecine qui poursuit en milieu hospitalier un programme de deux ans en médecine familiale, ou un programme de spécialisation de quatre ou cinq ans dans une discipline approuvée. Fellow Le fellow est un résident qui poursuit une « formation complémentaire » dans un domaine très pointu de sa spécialité, après l'obtention de son droit de pratique. C’est ce qu’on appelle une surspécialité.

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Une journée dans la vie de...

Nesrine Sedoud, conseillère en pédagogie Passionnée par sa profession et fière de son équipe, Nesrine Sedoud voit loin. Rencontre avec une professionnelle dévouée qui met toute son énergie au service des patients, par la formation.

Nesrine, qu’est-ce qu’un conseiller en pédagogie?

Pourriez-vous nous expliquer l’un de vos projets en cours?

N.S. Le conseiller en pédagogie soutient et accompagne les experts de contenu dans la création de leur programme de formation, tant pour le personnel clinique que non clinique (p. ex. médecins, physiothérapeutes, infirmières, travailleurs sociaux, préposés à l’hygiène et salubrité). Entre le moment où un travailleur de la santé termine sa formation initiale et celui où il arrive au CHUM, de nouvelles normes et lois sont parfois entrées en vigueur. De plus, les connaissances issues de la recherche en santé évoluent à un rythme tellement rapide que les pratiques doivent constamment évoluer, par exemple avec la disponibilité de nouveaux médicaments. Notre rôle est d'appuyer la formation continue en milieu de travail (souvent appelée développement professionnel continu), en déterminant les méthodes d’apprentissage optimales en fonction des compétences à bâtir et des conditions de succès en place.

N.S. Quand la Loi concernant les soins de fin de vie est entrée en vigueur, un comité d’implantation interdisciplinaire s’est penché sur le volet de l’aide médicale à mourir. J’ai accompagné ce comité dans l’élaboration de la stratégie de formation. Mes fonctions consistaient, notamment, à m’assurer que les besoins des équipes sur le terrain étaient pris en considération et à concevoir le matériel pédagogique approprié. Aussi, dans un souci d’amélioration continue, des mesures de suivi ont été mises en place afin d’adapter les formations aux besoins évolutifs des gens sur le terrain en plus de suivre les changements de pratiques des cliniciens.

Quel est votre parcours et quelle est la formation nécessaire pour devenir conseiller en pédagogie? N.S. Je possède un baccalauréat en gestion des ressources humaines ainsi qu’une maîtrise en sciences de la gestion. Mon mémoire portait sur l’optimisation des services de santé. Il est important d’avoir une expertise en andragogie (enseignement aux adultes) puisque nous sommes appelés à conseiller les gestionnaires et les équipes du CHUM pour déterminer la meilleure façon de rehausser les compétences de leurs équipes. Plusieurs de mes collègues proviennent du milieu de l'éducation et possèdent des expertises variées : simulation, technopédagogie, gestion de la formation, etc. Propos recueillis par Nadjib Salah

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Quelles sont les principales qualités que vous devez posséder? N.S. Nous rencontrons les équipes cliniques, mais nous ne vivons pas leur réalité. Il faut donc être à l'écoute, et ouvert d'esprit, pour bien les comprendre et les conseiller. Au final, nous voulons atteindre les résultats que ces équipes visent et contribuer à leurs réflexions pour ainsi veiller à ce que les patients reçoivent les meilleurs soins.

Qu’est-ce qui vous rend heureuse et fière dans votre travail ? N.S. Il existe une bonne complémentarité et une belle complicité au sein de la Direction de l’enseignement et de l’Académie CHUM. L’équipe est très ouverte à nos idées et je sens que j’ai une contribution réelle. Ça me stimule beaucoup. Ce qui me rend vraiment fière, c’est l’ambition de notre équipe. Nous aimons innover et nous allons de l’avant. Nous avons une mission universitaire et une responsabilité envers le réseau de la santé et nous y travaillons avec beaucoup de passion.


Photographe : Renaud Vinet-Houle

@cœur

Optimiser le suivi des patients en insuffisance cardiaque Au Canada, plus de 600 000 personnes présentent une insuffisance cardiaque. Il s’agit de la principale cause d’admissions imprévues à l'hôpital. Par ailleurs, le nombre annuel de décès attribuables à l'insuffisance cardiaque dépasse le total combiné des décès liés aux cancers du sein, de la prostate et du côlon.

Nathalie Nadon et Stéphanie Béchard (IPS en cardiologie), Dr François Tournoux (cardiologue), Khautra Som (architecte en informatique), Younss Azzayani (développeur) et Marc Fillion (entrepreneur)

Grand Prix du Coopérathon 2016 L’hospitalisation représente une dure épreuve pour le patient. Chaque fois que son état de santé se dégrade au point où il doit être admis à l’hôpital, son espérance de vie diminue! Les études démontrent que 60 % des hospitalisations sont évitables. Comment suivre le patient de façon optimale pour éviter l’hospitalisation? À la clinique d’insuffisance cardiaque du CHUM, c’est la question que Stéphanie Béchard et Nathalie Nadon, infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en cardiologie, et le Dr François Tournoux, directeur de la clinique, se sont posée.

La solution : l’innovation C’est en observant les patients dans la salle d’attente avec leur tablette qu’est venue à Stéphanie Béchard l’idée de l’application @cœur. Grâce à cette solution, le patient saisit quotidiennement son poids, sa tension artérielle, et répond à des questions liées à différents symptômes d’insuffisance cardiaque, comme l’essoufflement. Ces données sont transférées à l ’équipe de la clinique d ’insuf fisance cardiaque. Grâce à différentes alertes, l’infirmière est avisée sur-le-champ lorsque certaines valeurs lui semblent inquiétantes et nécessitent une intervention dans les plus brefs délais. Cette application permet aussi de communiquer avec le patient pour ajuster son plan de traitement et lui transmettre des conseils généraux de prévention.

À l’automne 2016, l’équipe de la clinique d’insuffisance c a rd i a q u e a p ré s e nté l ’a p p l i c ati o n @ c œ u r a u Coopérathon 2016. Cette compétition vise à promouvoir l’innovation technologique, en favorisant la collaboration interdisciplinaire, notamment dans le domaine de la santé. Nos IPS et le Dr Tournoux ont fait équipe avec un designer, un développeur et un architecte en informatique afin de concevoir leur application et de convaincre le jury de sa valeur, tant pour les patients que pour le réseau de la santé. Du 7 octobre au 4 novembre, une centaine d’équipes ont travaillé avec passion et détermination. Quarante-trois équipes ont présenté des projets de grande qualité en demifinale et 15 équipes se sont disputé la grande finale. Dans une ambiance électrisante, l’équipe @cœur a remporté la plus haute distinction de la compétition. La prochaine étape consiste à valider l’application grâce à un protocole de recherche qui devrait débuter sous peu. Il s’agira alors de tester l’application auprès des patients, de l’améliorer selon les commentaires reçus et, finalement, d’évaluer les retombées chez les patients à l’aide d’indicateurs précis. En plus de bénéficier aux patients du CHUM, cette solution conviviale pourrait être exportée dans les 53 cliniques d’insuffisance cardiaque du Québec, et même ailleurs au pays.

Soutenir les professionnels dans leurs tâches d’enseignement Le conseil multidisciplinaire (CM) du CHUM a mis en place un comité de l’enseignement. Ce dernier a pour mandat de formuler des recommandations au comité exécutif, afin de favoriser la formation de la relève dans l’ensemble des disciplines des sciences de la santé, des services sociaux ou de disciplines connexes. Le but ultime est de faire en sorte que le CHUM soit reconnu comme un modèle d’excellence et un leader dans la quarantaine de champs de pratique professionnels représentés par le CM. Récemment, le comité de l’enseignement, en partenariat avec la représentante de la Direction de l'enseignement et de l'Académie CHUM siégeant d'office au sein du comité, a procédé à un sondage portant sur le soutien à la supervision clinique, auprès des membres du CM. Cette démarche a donné lieu à un rapport comprenant de nombreuses recommandations de stratégies, qui visent à soutenir concrètement les professionnels dans leurs tâches d’enseignement. CHUMAGAZINE 19


Actualités

Le saviez-vous? Le CHUM a lancé en octobre dernier le Carrefour de l’innovation et de l’évaluation en santé (CIES). Cette initiative vise à augmenter la synergie entre chercheurs, cliniciens et décideurs dans une optique d’amélioration continue des soins et services de santé. « Plusieurs des enjeux auxquels font face les acteurs du réseau de la santé peuvent être solutionnés par une approche de recherche rigoureuse et innovante. Le CIES s’emploie justement à offrir un accompagnement à la réalisation de tels projets de recherche, y compris le transfert des résultats jusqu’aux patients et la population », explique Lise Gauvin, directrice du CIES.

Comment ça fonctionne? Les médecins, professionnels de la santé, gestionnaires, membres de l’industrie pharmaceutique et de l’industrie des technologies médicales peuvent présenter leurs projets de recherche au CIES. Un panel composé de chercheurs spécialisés dans la recherche centrée sur le patient, de cliniciens et de gestionnaires s’investit pour mieux comprendre les enjeux de pratique soulevés, formuler les questions de recherche, offrir des conseils méthodologiques ou statistiques, afin de mesurer les solutions envisagées et de favoriser le transfert de connaissances pour améliorer les pratiques.

Comment puis-je prendre part au CIES? 1) En présentant un projet de recherche nécessitant l’expertise et le soutien méthodologique de l’équipe du CIES 2) En participant aux activités d’animations scientifiques du CIES qui regroupent les chercheurs, cliniciens et gestionnaires intéressés Communiquez avec Lise Gauvin, directrice du Carrefour de l’innovation et de l’évaluation en santé : 514 890-8000, poste 30674 marie-noel.nadeau.chum@ssss.gouv.qc.ca Pour en savoir plus : www.cieschum.ca 20 CHUMAGAZINE

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Il faut en moyenne 17 ans pour qu’à peine 14 % des recherches scientifiques soient transférés aux soins et aux services de santé. Source : Yearbook of Medical Informatics: Managing Clinical Knowledge for Health Care Improvement. Stuttgart, Germany: Schattauer Verlagsgesellschaft mbH; 2000.

Le Comité des usagers du CHUM (CU-CHUM) considère le prix du stationnement comme un enjeu d’accessibilité pour les usagers. Nous avons récolté plus de 3 000 signatures d’usagers que nous avons acheminées au premier ministre du Québec demandant d’exiger de son ministre de la Santé et des Services sociaux les actions suivantes : >> Exclure la gestion des stationnements comme étant une activité accessoire de type commercial >> S’inspirer de la politique de l’Ontario qui rend abordables pour les usagers les stationnements des établissements de santé >> Affirmer l’importance de la gestion des stationnements comme facteur d’accessibilité aux soins de santé, et ce, tant du point de vue de la proximité et de la disponibilité des espaces que de la tarification >> Orienter ses décisions pour le mieux-être des usagers www.cuchum.ca info@cuchum.ca 514 890-8191


Nouveau CHUM

Optimiser l’organisation du travail… jusqu’au patient! Tout semble plus tranquille aux abords du chantier du nouveau CHUM, mais ne vous méprenez pas! À l’intérieur, une nouvelle étape de ce grand projet, l’activation, se met en branle. Cette période de mise en service permet notamment de réaliser divers projets et formations cliniques et logistiques, et de tester des systèmes complexes, avant l’ouverture de l’hôpital.

Les derniers 30 mètres

Un projet incontournable pour le nouveau CHUM

L’un des projets mis en place par l ’équipe modifie considérablement les trajets de livraison et la logistique tels qu’on les connaît actuellement au CHUM. Ce projet, communément appelé Les derniers 30 mètres, sert à définir les processus et les rôles de chacun et chacune en lien avec les processus d’approvisionnement dans les unités de soins du nouvel hôpital.

Le nouvel hôpital sera à la fine pointe et mettra en œuvre les meilleures pratiques, notamment en ce qui a trait au transport optimal du matériel. Le projet des derniers 30 mètres est une occasion exceptionnelle de revoir les façons de faire, afin d’améliorer la productivité et l’efficacité, en toute sécurité.

Pourquoi 30 mètres? « C’est une expression qui symbolise la dernière étape de la chaîne d’approvisionnement ayant pour fil d’arrivée le patient, explique Luc Dumoulin, conseiller en planification logistique. Dix trajets ont été analysés. Nous nous sommes concentrés dans un premier temps sur le transport du matériel indispensable aux unités de soins (prélèvements, fournitures médicales, denrées alimentaires, lingerie, etc.). L’exercice pourra par la suite être appliqué et adapté à d’autres secteurs de l’hôpital, notamment le bloc opératoire, l’urgence et les cliniques. »

Le but ultime? Offrir le meilleur environnement qui soit au personnel et aux patients. Le fait de libérer les cliniciens des activités logistiques constituera un grand avantage pour les patients : ces derniers continueront à recevoir les meilleurs soins et services, prodigués par le personnel soignant, qui pourra se consacrer davantage à eux.

Une répartition des tâches revisitée Désormais, le transport du matériel sera principalement effectué par les véhicules autoguidés (VAG), de sorte que le personnel de soins n’aura plus à pousser des chariots remplis de matériel. En effet, 70 VAG, l’une des innovations majeures au cœur de la réorganisation logistique du nouvel hôpital, effectueront quotidiennement un peu plus de 3 500 déplacements de matériel selon des tracés précis, dans des voies de circulation et ascenseurs réservés. Par la suite, ce sont les magasiniers qui travailleront dans les unités pour procéder au réapprovisionnement du matériel.

L’optimisation des processus de transport permettra au personnel de soins d’avoir beaucoup moins de tâches logistiques à accomplir et de se consacrer davantage aux patients.

Le poste de recharge des batteries des véhicules autoguidés

Exemple de la lingerie Le magasinier du quai de réception des marchandises place un chariot de lingerie propre sur un VAG. Il saisit la destination sur un écran tactile, afin que le VAG transporte le chariot à l'endroit désigné, par exemple, une unité de soins au 18e étage. Un autre magasinier, prévenu de l’arrivée du VAG, récupère le chariot et distribue la lingerie dans les alcôves prévues à cet effet. Le personnel de soins a maintenant accès à de la lingerie propre, à proximité des chambres des patients.

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Fondation du CHUM L’arrivée d’une nouvelle année s’accompagne souvent de nouvelles résolutions. Choisirez-vous parmi les vôtres de donner afin de permettre le meilleur de la santé aux patients du CHUM? Nous le souhaitons. Si ce n’est déjà le cas, vous pourriez être de ceux qui laisseront leur empreinte dans le paysage des soins hospitaliers de la province, en contribuant au grand projet de santé et de société qu’est le nouveau CHUM. La Fondation du CHUM joue un rôle essentiel dans la réalisation de la mission du CHUM. À la fois une source de financement et une source d’inspiration, elle contribue à réaliser le futur, à ce que l’innovation soit au service de la guérison des maladies complexes et de l’amélioration continue de la santé de la population. Ses donateurs font une différence dans la vie de celles et ceux qui vivent de grandes souffrances. Chaque don est synonyme de mieuxêtre et de guérison. Les contributions ouvrent la porte à des traitements novateurs qui ont sauvé et sauveront d’innombrables vies.

La générosité sous toutes ses formes! Le geste de donner n’a jamais été aussi simple, que vous souhaitiez faire un don unique, un don mensuel, ou même le dédier en l’honneur ou à la mémoire d’un être cher. Nous vous invitons à communiquer avec nous afin que nous vous informions des options possibles concernant les dons planifiés, notamment les legs testamentaires, les dons d’actions ou d’assurance vie. Ainsi, vous en retirerez tous les avantages. Sachez que pour tout don, il y aura émission d’un reçu pour déclaration fiscale.

2017 : une année tournée vers l’avenir Le nouveau CHUM offrira les meilleurs soins aux patients dans un établissement unique, à la fois intelligent, moderne et à dimension humaine. C’est un grand projet qui redéfinira l’expérience hospitalière, attirera de nouveaux talents et partenariats, et fera rayonner le Québec à travers le monde. S o u te n i r l a F o n d a ti o n , c ’e s t c o l l a b o r e r à c r é e r u n environnement de découvertes et de solutions novatrices pour améliorer la santé. La Fondation profite de l’occasion pour exprimer sa gratitude envers tous les donateurs. Grâce à vos dons, passés ou à venir, vous permettez aux professionnels de la santé d'exceller dans leur domaine. Un grand merci de votre précieux apport à nos plus grands projets!

« En 2017, faisons équipe pour créer une grande chaîne de générosité. » Claude Meunier Porte-parole bénévole de la Fondation du CHUM

Pour plus de renseignements sur la Fondation du CHUM : wwwfondationduchum.com facebook.com/FondationCHUM twitter.com/FondationCHUM 514 890-8077 22 CHUMAGAZINE


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CHUMAGAZINE - Volume 8 - Numéro 1 - Édition hiver 2017  

Voici notre CHUMAGAZINE, édition hiver 2017. Bonne lecture!

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