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Centre hoSpitalier de l’Université de Montréal

Dossier Valorisation de l’infirmière

Une patiente partenaire Malgré un mode de vie sain et actif, Marie-Josée Fournier porte depuis six ans maintenant un défibrillateur cardiaque. Elle souffre en effet d’une maladie cardiaque rare l’exposant à une mort subite, contrôlée par le port d’un défibrillateur. Pour surmonter cette épreuve, elle s’est impliquée dans ses soins, s’est renseignée et a fondé une association d’aide, Défibami. Son histoire en page 32

Nouvelle image visuelle du CHUM L’expertise du CHUM dans votre assiette Les médecines douces au CHUM

volume 3

· Numéro 4 · 2012


chumagazine est publié par la Direction des communications du CHUM 3840, rue Saint-Urbain Montréal (Québec) H2W 1T8

Éditrice Irène Marcheterre

À la une DOSSIER VALORISATION DE L’INFIRMIÈRE Pages 18

Rédactrice en chef Camille Larose Collaboration Sandra Aubé (DG), Richard Ashby (DR), Manon Bélanger (NCHUM), Josie Desmarais (pigiste), Amélie Giguère (DCOM), Élodie Grange (Fondation), Chantal Harvey (DCOM), Marie-Ève Hébert (NCHUM), Nathalie Larose (CU-CHUM), Nathalie Léveillé (RUIS), Natalie Pinoteau (DCOM), Mathieu St-Gelais (DG), Sylvie Vallée (DQPSEP), Karine Vigneault (DQPSEP), Philippe Béha Conception graphique André Dubois

LA NOUVELLE IMAGE VISUELLE DU CHUM Page 4

LES RECETTES DU CHUM dans VOTRE ASSIETTE Page 6

Conseiller graphique André Bachand Photographes Dominique Lalonde (page couverture), Stéphane Gosselin, Luc Lauzière, Stéphane Lord, Mikaël Ohana

LES MÉDECINES DOUCES AU CHUM Page 8

Révision Versacom Impression Imprimerie Moderne

Sauf pour les infirmières, le masculin est utilisé dans les textes afin de faciliter la lecture et désigne aussi bien les hommes que les femmes.

Les articles du chumagazine peuvent être reproduits sans autorisation, avec mention de la source. Les photos ne peuvent pas être utilisées sans autorisation.

Disponible sur l’intranet du CHUM Accueil/dc/publications/chumagazine/volume3numéro4

Disponible sur le web chumagazine.qc.ca

ISSN 1923-1822 chumagazine (imprimé) ISSN 1923-1830 chumagazine (en ligne)

Pour joindre la rédaction, commentaires et suggestions chumagazine.chum@ssss.gouv.qc.ca camille.larose.chum@ssss.gouv.qc.ca 514 890-8000, poste 23679

INTERNET chumontreal.com

Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) est l’un des plus grands centres hospitaliers universitaires en Amérique du Nord. Reconnu pour l’excellence de ses soins et l’expertise de ses spécialistes, il accueille chaque année plus d’un demi-million de patients provenant de la grande région montréalaise, mais aussi d’ailleurs au Québec. L’application d’approches de soins novatrices, la recherche de nouvelles connaissances, la promotion de la santé, de même que la transmission du savoir sont au cœur de sa mission. Riche de son histoire, le CHUM est résolument tourné vers l’avenir, avec la construction en cours de ses futures installations et de son centre de recherche au centre-ville de Montréal, un projet global de 2,5 milliards de dollars sur un site unique. Dès 2013, le Centre de recherche du CHUM ouvrira ses portes. Il sera suivi en 2016 par l’ouverture du nouveau CHUM, un centre hospitalier universitaire de calibre international qui vibrera au même diapason que sa communauté dont il est un acteur important. Le CHUM préconise une perspective citoyenne en s’inscrivant dans une logique de développement durable et une approche urbaine concertée. Il est également un membre actif du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l’Université de Montréal. chumontreal.com

ACTUALITÉS Les menus des cafétérias changent ............................................. 6 Connaître la politique d’allaitement............................................... 7 La pratique collaborative s’organise : 11 leaders de collaboration........................................................... 10 La nouvelle directrice exécutive du RUIS de l’UdeM...................... 16 Les cellulaires permis dans l’hôpital.............................................. 29

RUBRIQUES Éditorial....................................................................................... 3 Le comité des usagers.................................................................. 5 Agrément..................................................................................... 9 Félicitations.................................................................................. 11 Arts et culture à l’hôpital............................................................... 13 Les nouvelles de la recherche....................................................... 14 Le RUIS de l’UdeM...................................................................... 16 Les pages de la Fondation............................................................ 25 Brèves......................................................................................... 28 Planification stratégique............................................................... 30 Le C. A......................................................................................... 31 Nouveau CHUM........................................................................... 33

Le patient est au cœur de notre action (et en page couverture de chumagazine). Hôtel-Dieu du CHUM 3840, rue Saint-Urbain, Montréal (Québec) H2W 1T8 Hôpital Notre-Dame du CHUM 1560, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2L 4M1 Hôpital Saint-Luc du CHUM 1058, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2X 3J4 Un seul numéro de téléphone 514 890-8000 Internet chumontreal.com


éditorial

Le CHUM joue un rôle majeur dans l’administration des soins à la population montréalaise et québécoise. Nos quelque 12 000 membres contribuent également à la formation de près de 50 pour cent de la relève en santé au Québec. Parmi eux : les infirmières, dont la pratique a beaucoup progressé au cours des dernières décennies. Ce CHUMagazine aborde l’évolution du rôle des infirmières au CHUM et certaines de leurs initiatives porteuses : nos infirmières sont passionnées et multiplient les projets, afin d’améliorer les soins qu’elles prodiguent. Près de 4300 infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires contribuent ainsi à la santé et au mieux-être de nos patients. Il s’agit d’une force vive du CHUM, une force en mouvement qui participe au rayonnement de notre organisation de multiples façons. Si les cheminements de carrière infirmière sont nombreux – soins, recherche, enseignement, études supérieures, surspécialisation, etc. – une valeur demeure chère à la pratique infirmière : celle de l’humanisme des soins, du caring. Malgré les heures qui se multiplient, la pénurie de personnel, la technologie qui se fait de plus en plus omniprésente, les infirmières ont toujours offert des soins en mettant l’aspect relationnel, la personne dans sa globalité, au cœur de leur pratique. En 2012, les valeurs d’empathie, de respect et d’écoute sont toujours présentes au sein du corps infirmier et des autres professionnels du CHUM Des valeurs que notre établissement valorise : notre CHUM, nous le voulons hospitalier, humain, près du patient et de ses proches. Pour cela, nous croyons en l’importance de l’aspect relationnel et à la primauté de l’expérience du patient au cours de sa période de traitement. Et pour longtemps encore. Ce CHUMagazine parle donc non seulement des infirmières du CHUM que nous sommes, mais aussi de celui que nous voulons être. Pour offrir les meilleurs soins, nous devrons, dans les mois et les années qui viennent, nous rassembler autour du patient et des valeurs qui guident nos actions : qualité, intégrité, performance, collaboration et innovation. C’est ainsi que nous pourrons pleinement jouer notre rôle de vaisseau amiral du RUIS de l’UdeM et de leader en santé au Québec, ainsi qu’au plan mondial. Nos efforts de recrutement, le recentrage de notre offre clinique, la richesse de nos partenariats et notre ouverture sur le monde sont quelques-uns des facteurs qui contribueront à la réussite de la transformation du CHUM. Notre CHUM qui, je le rappelle, inaugurera son Centre de recherche dans moins d’un an. Le CHUM, c’est vous, c’est moi. C’est NOUS. Ensemble, nous nous préparons à vivre de grands changements : la réussite de cette opération repose sur chaque membre de notre communauté. La contribution de tous est essentielle.

Christian Paire , directeur général

Pratique infirmière : des professionnelLEs engagéEs !

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actualitéS

Nouveau logo et site Internet revisité

Le CHUM renouvelle son image

Irène Marcheterre, directrice de cabinet et des communications

Le CHUM a depuis peu une nouvelle identité visuelle pour son hôpital, sa fondation et son Centre de recherche. Le nouveau logo a été dévoilé à la fin de septembre à l’occasion du lancement public e CHUM et de la campagne majeure de financement de la Fondation du du nouveau site Internet du CHUM. Le CHUMagazine s’est entretenu avec Mme Irène Marcheterre, directrice de cabinet et des communications, et responsable de cette réalisation. Pourquoi renouveler l’image du CHUM, lui a-t-on demandé ? « Les changements apportés ont entre autres pris place dans le cadre de notre Campagne majeure de financement, lancée fin septembre, explique Mme Marcheterre. Nous avons été amenés à nous questionner : en route vers le nouveau CHUM, quelle image souhaitons-nous projeter, comment voulons-nous être perçus, reconnus, par notre communauté, nos patients, nos partenaires ? Le CHUM est un hôpital moderne, profondément humain : les modifications apportées à l’image corporative rendent compte de son évolution. »

Les nouveaux logos Le logo précédent a été créé lors de la fusion de l’Hôtel-Dieu, de l’Hôpital Notre-Dame et de l’Hôpital Saint-Luc, en 1996. Aujourd’hui, le nouveau logo (illustration), au lettrage plus arrondi, s’est délesté des trois « piliers » qu’il arborait. Le CHUM prend ainsi position : les membres de sa communauté sont unis, afin d’offrir les meilleurs soins aux patients. Des versions et des couleurs spécifiques du logo ont été conçues pour représenter le Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) et la Fondation du CHUM (voir illustrations). Quant au CHUM, un élément important s’est greffé au logo : un petit personnage, en exposant, qui rappelle l’importance de la personne et de l’expérience patient au sein de l’hôpital universitaire. « En ce qui a trait à la couleur, précise Mme Marcheterre, nous avons voulu conserver une certaine continuité en proposant un nouveau bleu. Nous avons aussi sélectionné deux nuances de vert pour donner plus de richesse aux différentes déclinaisons. » Le site Web a été le premier outil à exhiber les « nouvelles couleurs ». On peut le consulter au chumontreal.com.

La refonte du site Web Principale vitrine du CHUM, son site Web est aussi, pour de nombreux patients, un premier point de contact avec l’institution. Rendu désuet par les percées technologiques, il devait être refondu. « L’ancien site Web ne convenait plus aux besoins de nos différents publics, explique Mme Marcheterre. Nous avons cherché à le dynamiser et à en faciliter la navigation en ciblant nos usagers. Nous souhaitions aussi le relier d’une façon plus cohérente avec les incontournables Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux », poursuit-elle. À la page d’accueil du site chumontreal.com, les choix sont simples et clairs : il est possible de cliquer sur Visiteur, sur Patient, sur Départements et services, sur Nos médecins

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et ainsi avoir accès à tous les renseignements utiles. Les pages du site sont abondamment illustrées : elles présentent, entre autres, tous les membres de l’équipe du CHUM. « Car le CHUM, indique Mme Marcheterre, c’est avant tout des personnes, des professionnels dévoués et compétents, sur lesquels les patients et leurs proches peuvent compter pour améliorer leur santé et atteindre un mieux-être. C’était important pour nous de mettre le personnel de l’avant. » Le site donne un aperçu des cinq grands axes stratégiques cliniques du CHUM : cancer, transplantation, cardiométabolique, musculosquelettique fonctionnelle et neurosciences. « Au-delà de l’outil technologique, ajoute Mme Marcheterre, le site Web du CHUM présente des personnes, leur expertise, leur histoire. Nous invitons la communauté du CHUM à s’approprier cet espace en y publiant les bonnes nouvelles qui l’animent et les projets qu’elle entreprend. » Il est maintenant possible, en un simple clic, de consulter sur le chumontreal.com les offres d’emploi et de soumettre sa candidature, de faire un don à la Fondation, de suivre les travaux de construction du nouvel hôpital, de lire les fiches santé ou de devenir bénévole.

Les réseaux sociaux La vaste opération de rajeunissement du CHUM a amené l’équipe de Mme Marcheterre à revoir la position que l’institution souhaite occuper dans les médias sociaux. Ainsi, le CHUM entend y renforcer sa présence au cours des prochains mois en fixant des objectifs à court, moyen et long terme, dont un blogue, une chaîne YouTube, des comptes Twitter et Facebook et un profil LinkedIn, tous reliés les uns aux autres. Cette plateforme s’adressera aussi bien au grand public qu’aux employés et mettra à contribution l’ensemble des directions du CHUM.


Cu-CHUM

Le Comité des usagers du CHUM dévoile son nouveau site Internet ! Dans le cadre de la Semaine des droits des usagers qui a eu lieu du 24 au 28 septembre dernier, le Comité des usagers du CHUM (CU CHUM) a dévoilé son nouveau site Internet, cuchum.ca, conçu pour mieux répondre aux besoins des différentes clientèles du CHUM. Avec son design chaleureux et sa navigation simple et intuitive, le site vise à faire connaître l’existence du comité et les services qu’il offre à la population desservie par le CHUM. En premier lieu, les usagers et leurs proches peuvent en apprendre davantage sur leurs droits et obligations afin de mieux préparer leur visite ou leur séjour au CHUM.Ensuite, le site permet de découvrir les activités et événements organisés par le CU-CHUM, par exemple la Semaine des droits des usagers, ou tenus en collaboration avec le CHUM, dont la Semaine nationale de la sécurité des patients, la Journée du patient et bien plus encore ! Une autre grande nouveauté est la création d’une infolettre à laquelle les internautes pourront s’inscrire sur le site Internet et qui présentera régulièrement les nouvelles et les activités du CU-CHUM. Enfin, le site Internet offre une multitude de ressources et d’outils pour accompagner les usagers et leurs proches tout au long de leur passage au CHUM, et même après. Pour en savoir plus, visitez le site Internet du CU-CHUM. (cuchum.ca) ou par le site web du CHUM : chumontreal.qc.ca/patients-et-soins/a-propos-du-chum/ comite-des-usagers La nouvelle page d'accueil du CHUM

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actualitéS

Services alimentaires

Nouveautés aux menus L’expertise du CHUM dans votre assiette ! Qui l’eût cru ? Un livre de recettes inspirées des repas servis dans un grand hôpital ? Et pourtant, le CHUM parie que les preneurs seront conquis. Ils seront en tout cas surpris par les plats colorés, diversifiés et faciles à réaliser. Endossées par les spécialistes du Département de nutrition de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et des médecins du CHUM, les recettes proposées respectent les recommandations nutritionnelles du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Et comme l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) s’en est mêlé, le résultat est on ne peut plus gastronomique ! Au fil des pages s’alignent des mises en bouche, des verrines, des plats principaux et des desserts réconfortants et créatifs. S’ajoutent des astuces santé rédigées par des médecins et des nutritionnistes. Pour chacune des recettes, les valeurs nutritives sont indiquées. Avec une section spéciale pour les 20 à 24 portions, ce livre pourra intéresser également les centres d’hébergement et de la petite enfance. Une inspiration parfaite pour des réceptions ! Tous les profits recueillis seront versés à la Fondation du CHUM, pour le plus grand bénéfice des patients. En vente dans toutes les bonnes librairies, dès le 12 décembre, au prix de 29,95 $. Au CHUM, un escompte est offert aux employés, sur présentation de leur carte d'identité. SVP, consultez l'intranet pour connaître les points de vente.

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Les services alimentaires ont brassé la cage ! Aucun client (surtout les réguliers, dont l’auteure de ces lignes) ne se plaindra des nouveautés, dont l’abondance permet une rotation des menus toutes les trois semaines, au lieu de deux. Du nouveau partout et toutes des créations 100 % CHUM : soupes, suggestions du chef, accompagnements, douceurs et salades, plus d’une cinquantaine de nouveaux plats en tout. Les suggestions du chef, le plat du jour en réalité, affichent le plus de nouveautés : poissons (pavé de thon, poisson à l’orientale et en sauce au cari, pâté de saumon, longe de saumon et salsa à la mangue) ; veau (en pain, en rôti, en cocotte, à l’italienne) ; bœuf (fricassée, parmentier, hamburger steak) ; porc (côtelette, paysan, asiatique, mijoté aux fines herbes, jambon au four) ; poulet (gingembre et érable, à la king, cacciatore, rôti de dinde) ; pâtes (fusillis à la dinde, spaghetti végétarien, pennes à la viande, macaroni au fromage). Et les sauces ne sont pas mentionnées ici, histoire de laisser un peu de place à la découverte ! Et que dire des nouvelles soupes, déjà passablement renouvelées, douceurs, accompagnements et salades ! Allez-y voir, le déplacement (et le prix) en valent la peine ! À signaler également : les déjeuners affichent de nouveaux combos et sont maintenant offerts sur mesure à la cafétéria de l’Hôtel-Dieu. À la suite de suggestions et commentaires des clients, le service traiteur offre aussi de nouvelles bouchées créées par les chefs, qui tiennent compte des six allergènes les plus fréquents : œufs, lactose, gluten, produits de la mer, noix, arachides et soya, et indique s’ils en contiennent. Une alimentation saine et savoureuse, tant pour le bien-être des patients que pour la bonne santé du personnel, est la priorité qui a guidé tous les changements. L’ère du « manger d’hôpital » est définitivement révolue au CHUM ! L’équipe des services alimentaires accueille vos commentaires et suggestions dans les boîtes prévues à cet effet dans les cafétérias ou à l’adresse suivante : service.alimentaire.chum@ssss.gouv.qc.ca. Les employés sont invités à consulter le nouveau microsite intranet de la cafétéria, où sont affichés les menus, des recettes et des astuces santé.


actualitéS

L’allaitement maternel, on l’encourage ! Le Ministère de la Santé et des Services sociaux a donné comme mandat à tout établissement de santé offrant des soins de périnatalité et des services de suivi en petite enfance d’implanter le programme IHAB (Initiative des Hôpitaux Amis des Bébés). C’est dans ce contexte que le CHUM s’engage depuis plusieurs années à obtenir l’accréditation IHAB mise sur pied par l’OMS (l’Organisation mondiale de la santé) et l’UNICEF visant à promouvoir, soutenir et protéger l’allaitement maternel. Agrément Canada entérine l’IHAB. Pour l’obtention de l’accréditation IHAB, le CHUM doit remplir les dix conditions de ce programme et respecter le Code international de commercialisation des substituts de lait maternel. Le CHUM a fait un pas de plus pour la démarche IHAB en se dotant d’une politique d’allaitement maternel, l’une des dix conditions IHAB. Déposée au Manuel de gestion en mai 2011, cette politique vise à soutenir, protéger l’allaitement maternel et à en faire la promotion au CHUM. Elle concerne l’ensemble des unités de soins. En effet, n’importe quelle unité ou service peut avoir comme patiente une mère allaitante. Ainsi le médecin doit s’assurer que la médication prescrite est compatible avec l’allaitement. L’infirmière peut offrir un tire-lait au besoin. Il est important que tout le personnel du CHUM soit informé de la politique d’allaitement et qu’il se sente concerné. En plus de la politique d’allaitement maternel, plusieurs pratiques sont mises en œuvre au Centre des naissances du CHUM pour remplir les dix conditions, par exemple, encourager le contact peau à peau pour toutes les nouvelles accouchées autant par voie vaginale que par césarienne. Cette pratique est offerte à toutes les familles, que la maman ait fait le choix d’allaiter ou pas. Ce contact favorise le rapprochement mère bébé et la mise au sein. Pour sa part, le Code international de commercialisation des substituts de lait maternel interdit notamment toute promotion de laits artificiels, tétines ou biberons ; interdit également la distribution de cadeaux et d’échantillons gratuits aux femmes enceintes et aux professionnels de la santé, et leur promotion. Afin donc de se rapprocher de son but de devenir « hôpital ami des bébés », un comité du Centre des naissances a profité de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, du 1er au 7 octobre, pour diffuser davantage et faire connaître la politique à la communauté du CHUM, ainsi qu’aux patients et à leurs proches. Vous avez peut-être goûté à l’un des biscuits chinois distribués dans les cafétérias du CHUM ? Et vous, comment pouvez-vous soutenir l’allaitement ?

centredesnaissances.com Une multitude de renseignements pertinents sur la grossesse et la naissance, validés par les experts du CHUM.

Le Centre des naissances lance son site Web Le Centre des naissances lançait, le 10 septembre dernier, un nouveau site Web : centredesnaissanceschum.com. S’adressant tant aux futurs parents qu’aux professionnels de la santé, cet outil convivial donne accès à une multitude de renseignements pertinents sur la grossesse et la naissance, validés par les experts du CHUM. Le site répond à plusieurs questions que le couple peut se poser. Il a été créé afin de l’accompagner dans cet événement qu’est la naissance d’un enfant, et de favoriser un meilleur contrôle sur la santé physique et mentale de toute la famille. La philosophie du Centre des naissances, basée sur des soins et des services centrés sur la famille, intègre évidemment le père dans toutes les étapes de l’événement. Le site permet également de faire connaître le Centre des naissances et son équipe, les services offerts et ses spécialités, tout en rendant accessibles plusieurs renseignements sur l’accouchement, l’allaitement et les soins après la naissance. Des photos, des vidéos, des publications et des références en font un site très complet. En outre, la mise en ligne de ce site permet d’accéder à l’ensemble des fiches d’information actuellement remise aux parents : un pas vers un centre plus vert. L’équipe souhaite même faire du site une référence en périnatalité. On trouve rarement en effet tous ces renseignements au même endroit. Rappelons que le Centre des naissances dispense des soins avant, pendant et après l’accouchement. Ces soins sont généraux, spécialisés et ultraspécialisés, notamment pour les grossesses à risque et les mères ayant des problèmes de santé. Le Centre collabore activement avec plusieurs partenaires du réseau de la santé pour assurer le meilleur suivi possible. Le Centre des naissances se rapproche ainsi de son objectif d’être un Centre d’excellence en promotion de la santé. Le site a été mis sur pied en collaboration avec la Direction de la promotion de la santé (devenue depuis Direction de la qualité, de la promotion de la santé et de l’expérience patient), et grâce à une subvention de la Fondation Lucie et André Chagnon, obtenue en 2008.

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qualité

promotion de la santé

EXPÉRIENCE PATIENT

Vers une meilleure intégration des médecines complémentaires au CHUM Profiter de son passage à la salle d’attente pour faire gratuitement l’expérience de la massothérapie ? C’est l’invitation que le Centre de référence pour investigation désigné (CRID) en imagerie du sein du CHUM a décidé de lancer à ses patientes. Grâce au soutien financier de la Fondation des auxiliaires bénévoles de l’Hôtel-Dieu, des massages sur chaise y sont offerts une journée par semaine depuis la mi-septembre. Des discussions sont actuellement en cours pour que des séances de musicothérapie soient aussi offertes aux patientes du CRID. Le CRID s’ajoute ainsi à la liste déjà considérable d’unités du CHUM cherchant, parfois depuis de nombreuses années, à donner à leurs patients un accès privilégié à des approches thérapeutiques complémentaires aux soins plus conventionnels qui leur sont déjà offerts. La massothérapie, notamment, est déjà présente en soins palliatifs, en gynécologie-obstétrique, à la clinique de fibrose kystique, en neurologie et en oncologie et le sera bientôt en cardiologie. La zoothérapie et la musicothérapie sont utilisées en psychiatrie, alors que les patients en oncologie de l’Hôpital Notre-Dame peuvent profiter d’ateliers de yoga et de création artistique. La Direction de la qualité, de la promotion de la santé et de l’expérience patient du CHUM explore aussi actuellement différentes avenues afin d’assurer une intégration encore plus poussée des médecines complémentaires (MC) aux activités du CHUM. Ce survol témoigne de l’intérêt grandissant des intervenants du CHUM envers la médecine intégrative, c’est-à-dire envers une médecine qui ne se limite pas à des soins hyperspécialisés, mais agit sur le mieux-être global de l’individu grâce à une combinaison d’approches traditionnelles et non traditionnelles. Les intervenants se mettent ainsi au diapason de leurs patients, toujours plus nombreux à faire appel à des MC telles que l’acuponcture, la méditation, les suppléments alimentaires ou encore le yoga.

De la massothérapie au CHUM…

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Une étude publiée en 2005 montre ainsi que le nombre de Canadiens qui ont eu recours aux MC est passé de 15 % de la population en 1995-1996 à 20 % en 2002-2003. Et le phénomène est encore plus marqué chez les patients atteints de cancer puisque 43 % d’entre eux déclarent avoir utilisé au moins une MC. Parmi ceux-ci, 71 % avaient eu recours à plus d’une approche. Comment expliquer cette popularité croissante des MC comme compléments aux traitements traditionnels ? Un nombre croissant d’études tendent à démontrer l’efficacité des MC, notamment dans la réduction des symptômes du cancer et de certains effets secondaires de la chimiothérapie. L’acuponcture et la massothérapie, par exemple, permettraient de réduire les nausées causées par la chimiothérapie, alors que la pratique du yoga a été associée à une amélioration générale du bien-être chez des patients atteints de cancer (Leis & Ferro, 2006). Mais pour plusieurs patients, le recours aux MC représente surtout un moyen d’affirmer leur capacité à influencer euxmêmes, dans une certaine mesure, leur santé et le cours de leur maladie. S’ouvrir au potentiel de la médecine intégrative, c’est donc se doter de moyens de mieux répondre aux besoins globaux de nos patients tout en contribuant à leur donner un pouvoir d’agir sur leur propre santé. Un pas de géant vers des soins de meilleure qualité !

…et de la musicothérapie


agrément

La visite d’Agrément Canada s’en vient ! Merci à chacun de vous pour votre engagement dans l’amélioration continue de la qualité !

Obtenir l’agrément, c’est obligatoire Le projet de loi 127, sanctionné le 9 juin 2011, se lit comme suit : Tout établissement doit obtenir l’agrément des services de santé et des services sociaux qu’il dispense auprès d’un organisme d’accréditation reconnu. Le CHUM, de par sa mission, s’était déjà inscrit dans ce processus depuis plus de dix ans.

Le processus

Les dates à retenir

L’agrément est un processus d’autoévaluation (audit interne) et d’évaluation externe (audit externe) réalisé par les établissements de santé pour évaluer la qualité et la sécurité des soins et services qu’ils dispensent. Cet exercice, qui s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue de tout le personnel, est un outil permettant de cerner les possibilités d’amélioration et d’atténuer les risques, basé sur des normes d’excellence. L’évaluation externe est faite par un organisme d’agrément reconnu, soit le Conseil québécois d’agrément ou Agrément Canada. À noter que les résultats de l’agrément sont un élément essentiel à l’obtention de fonds de recherche, un des cinq volets de la mission du CHUM. L’agrément est une démarche de recherche d’excellence, née en 1917, initiée par un petit groupe de chirurgiens engagés à améliorer la qualité des soins et des services (on pourra lire l’intéressant historique sur accreditation.ca/a-propos/historique). Presque un siècle plus tard, l’équipe du CHUM, une équipe de plus de 12 000 personnes, refait le même cheminement, soit de démontrer son intégrité, son engagement et son dévouement à l’amélioration de ses soins et services axés sur la clientèle. Les normes évaluées englobent les meilleures pratiques et reflètent les tendances en émergence. L’agrément de cette année comporte 55 secteurs de prestation de soins et de services, dont 31 s’appliquent au CHUM, par exemple la norme Direction, la norme Laboratoire et banque de sang, la norme Imagerie diagnostique, la norme Prévention des infections, la norme Gestion des médicaments, la norme Médecine et la norme Chirurgie, qui sont les plus connues. La visite est l’occasion de démontrer à une équipe de visiteurs, composée de pairs, l’engagement du CHUM à offrir des soins de qualité et à se conformer aux critères retrouvés dans les normes. Par exemple, l’organisme possède une orientation et une mission précises (norme Direction, services de procréation médicalement assistée – PMA – 1.0) ou encore l’équipe offre des services de chirurgie conçus adéquatement pour répondre aux besoins des clients et de la communauté (norme Services de chirurgie, 1.0).

Le personnel soignant doit, avant le 30 décembre, avoir réalisé une autoévaluation selon des cahiers de normes spécifiques pour chaque unité. Tout le personnel doit, avant le 30 décembre, répondre à deux sondages, l’un sur la qualité de vie au travail, l’autre sur la culture de sécurité. Du 21 au 26 avril 2013, c’est la visite proprement dite. Les visiteurs basent leur évaluation sur des traceurs administratifs ou cliniques et suivent le cheminement de patients ou de procédures. 26 avril : remise d’un premier rapport synthèse Mai 2013 : remise d’un rapport définitif, avec recommandations

Du nouveau en 2012 Nouvelles normes : Normes sur la transplantation d’organes et de tissus (receveurs) ; Normes sur le don d’organes et de tissus (donneurs décédés) ; Normes sur le don d’organes de donneurs vivants ; Normes sur les analyses de biologie délocalisée ; Les services ambulatoires de thérapie systémique contre le cancer (volet ambulatoire) ; Les services de laboratoires biomédicaux ; Les services palliatifs et de fin de vie ; La télésanté ; Les services de santé mentale communautaires et le soutien offert aux clients. Nouvelles PORS (pratiques organisationnelles requises) Liste de contrôle d’une chirurgie sécuritaire (normes relatives aux salles d’opération) ; Prévention de la violence en milieu de travail ; Prophylaxie de la thrombo-embolie veineuse (TEV) ; Gérance des antimicrobiens ; Prévention des plaies de pression (maintenant obligatoire pour les hôpitaux de courte durée).

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enseignement

La pratique collaborative s’organise

Première cohorte de 11 leaders de collaboration en établissement Depuis le mois de mars dernier, la Direction de l’enseignement coordonne un projet pilote d’accompagnement auprès de cinq équipes de soins et à l’aide de 11 leaders de collaboration en établissement (LCE). Cette première phase d’implantation constitue une première pour le CHUM, tout autant que pour la formation de la première cohorte de LCE. Les équipes participantes proviennent des secteurs de la santé mentale, de la clinique de procréation assistée et de l’oncologie. Ce projet d’accompagnement prévoit des stratégies et des outils visant la consolidation de la pratique collaborative au sein de nos équipes cliniques, l’intégration des patients comme partenaires de soins et le développement de compétences reliées à la pratique collaborative pour les intervenants, les patients, les gestionnaires, nos étudiants stagiaires et les résidents du réseau de la santé. Pour chacune des

équipes participantes, la démarche d’amélioration continue en partenariat de soins et de services compte cinq étapes : la création d’un comité d’amélioration continue, au maximum cinq personnes, comprenant des intervenants, des gestionnaires et des patients ; le bilan de l’équipe concernant les structures, le fonctionnement et les résultats ; l’analyse du bilan et l’élaboration d’un plan d’action, à réaliser en l’espace de quatre à six mois ; la mise en œuvre du plan d’action et des activités de transformation ; l’évaluation de l’atteinte des objectifs. Cette initiative est faite en collaboration avec le comité Partenariat Interdirections – Dossier CIP CHUM, et le Centre de pédagogie appliquée aux sciences de la santé (CPASS) et le Bureau facultaire de l’expertise patient partenaire (BFEPP) de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Première cohorte de leaders de collaboration en établissement (LCE CHUM) en compagnie de l’équipe de formateurs du CPASS et du BFEPP de la Faculté de médecine de l’UdeM lors de la formation de base du 8 mai 2012. Les 11 LCE sont en gras. De gauche à droite : 1e rangée : Odette Perreault (DSP), Christine Roberge (DE), Sylvie Dubois (DSI), Valérie Lahaie (DPS), Dre Paule Lebel. 2e rangée : Anne-Marie Jacques (DSAT), Anick Hurtubise (DRH), Sandra D’Auteuil (DSP), Sabrina Ourabah (DPS), Louise Belley (DRC), Hélène Essiambre. 3e rangée : André Néron, Audrey Jean-Baptiste, Audrey-Maude Mercier, Vincent Dumez, Lucie Bédard (DRC), David Gaulin (DRC), Jean-François Bouchard, Dominique Nadeau (DE), Christian Voirol, Marthyne Brazeau (DRC). Absents au moment de la photo : Dr Laurentiu Fulicea (DRC), Véronique Boulianne (DRC – CA)

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FÉLICITATIONS LA SIMULATION UN APPRENTISSAGE DE CHOIX L’avenir de l’enseignement dans le domaine de la santé passe de plus en plus par l’apprentissage par simulation. Cela signifie que les soignants – actuels et futurs – apprennent non plus en silo et en situation réelle de soins, mais en équipe à l’aide de scénarios de simulation reconstituant des situations réelles avec des mannequins haute fidélité. Les avantages ? L’accent est mis non seulement sur l’acquisition de compétences cliniques, mais également sur les compétences de travail en équipe nécessitant collaboration, confiance, communication, éléments cruciaux de la qualité des soins rendus ensuite aux « vrais » patients dans une situation donnée. Consciente de cette nouvelle réalité, la banque TD a consenti un don de 500 000 $ à des fins exclusives de formation d’experts en simulation au CHUM. Les personnes ci-dessous ont participé à une formation sur la simulation à même le premier de dix montants annuels de 50 000 $ versés à l’enseignement par la Banque TD : Les Drs David Fortier et Julien Martel ainsi que Mme Brigitte Sgariglia, infirmière conseillère, tous de l’équipe d’urgence, ont suivi en octobre une formation à l’Institute for Medical Simulation and Advanced Learning (New York). M. Bernard Lebeuf, coordonnateur du plateau technique de la Grande École, a suivi, début octobre, une formation à Phoenix (Arizona), le 2012 Laerdal Medical Simulation User Network Conference. Enfin, de l’équipe de cardiologie, le Dr Pierre Laramée, Mmes Nathalie Nadon, infirmière conseillère en développement scientifique, recherche et éthique, et Stéphanie Béchard, infirmière praticienne, ont reçu en novembre une formation au Center for Medical Simulation (Harvard, Cambridge).

Jean-François Fortin Verreault Prix Naimark M. Jean-François Fortin Verreault, directeur du soutien à la transformation, a complété le programme FORCES et obtenu le prix Naimark 2012. Le programme FORCES (Formation en utilisation de la recherche pour cadres qui exercent en santé) a été inauguré en 2004 par la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé (FCRSS). Il a pour objectif de développer une culture favorisant l’utilisation des données probantes par les leaders de la santé. Il fournit aux participants les compétences et les connaissances nécessaires pour devenir des agents de changement améliorant les services de santé. Les étudiants doivent concilier leurs obligations professionnelles avec la participation au programme. Au CHUM, M mes Esther Leclerc et Myriam Giguère de même que le D r JeanPaul Bahary l’ont suivi. Le prix Naimark souligne l’excellence professionnelle parmi les chefs de la santé au Canada, excellence démontrée par des résultats exceptionnels et par l’engagement envers les valeurs établies par le programme FORCES. Cette bourse fut créée en 2004, en même temps que le programme et en signe de reconnaissance envers le Dr Arnold Naimark, premier président du conseil d’administration de la FCRSS.

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FÉLICITATIONS Le Dr Paul Perrotte et 12 cyclistes pour la Fondation du CHUM

Marielle Roy Prix Céline-Goulet Le 16 octobre dernier, Mme Marielle Roy, directrice adjointe des soins infirmiers, recevait le prix Céline-Goulet, décerné par le Regroupement des diplômées de la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal (UdeM), pour son parcours exceptionnel d’infirmière diplômée de cette université. Voici ce qu'on a dit d'elle à cette occasion : « Reconnue comme un modèle, Mme Roy promeut une philosophie de caring et démontre une volonté de faire avancer la pratique infirmière. Un souci constant de fonder la pratique des soins sur une philosophie humaniste et sur des savoirs probants a inspiré son expérience et marqué son cheminement de carrière. Elle croit en la profession, s’y engage avec fierté et contribue à faire rayonner le rôle infirmier. » Un prix qui honore tout le CHUM !

Le D r Paul Perrotte, uro-oncologue et président du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) du CHUM, a parcouru les 275 km qui séparent Montréal de Québec à vélo, avec une douzaine de cyclistes, le 8 septembre dernier. Il a amassé près de 50 000 $, remis à la Fondation du CHUM. Le départ a eu lieu à 7 h 15 sous un ciel menaçant. La pluie, qui s’est mise aussitôt à tomber, a accompagné les cyclistes durant près de deux heures. Le mauvais temps a occasionné une chute et six crevaisons en moins de 40 km. « Après un été mémorable, personne n'aurait pu imaginer que le 8 septembre 2012 serait la journée la plus venteuse et pluvieuse des derniers mois, a raconté le Dr Perrotte. Nous avons tous néanmoins roulé, vent de face, comme un groupe uni pendant 8 heures et 15 minutes. Nous sommes arrivés à Québec à 17 h 45. » Le Dr Perrotte prévoit répéter l’exercice l'année prochaine. Il tient à souligner le courage de tous ses coéquipiers, et particulièrement la persévérance des neuf cyclistes qui ont tenu jusqu’à Québec : les Drs Sonia Charbonneau, Anna Fabrizi, Michel Lallier et Pierre Laramée ainsi qu’Yves Brassard, Marin Côté, Nick Ducharme, Luc Grisé et Rock Mathieu.

Services alimentaires et nutrition clinique Prix Claire-Dalmé En reconnaissance de leur excellent travail et de leur précieuse collaboration en tant que milieu de stage, les services alimentaires et de nutrition clinique du CHUM, représentés par Mmes Louise Tremblay, coordonnatrice des activités d’alimentation du CHUM (à gauche sur la photo), et Louise Belley, chef du Service de nutrition clinique (au centre), ont reçu le Prix Claire-Dalmé, nommé en hommage à l’une des pionnières du Département de nutrition de l’Université de Montréal. Elles ont reçu cet honneur au nom du CHUM des mains de la D re Hélène Boisjoly, doyenne de la Faculté de médecine de l’UdeM (à droite). Les services alimentaires et de nutrition clinique du CHUM accueillent près du tiers des étudiants du programme de baccalauréat en nutrition de la faculté de médecine ainsi que des nutritionnistes diplômés de l’étranger en cours de formation d’appoint. Plusieurs des nutritionnistes du CHUM participent à des activités d’enseignement à l’Université. Le prix entend souligner particulièrement la participation au projet d’activité interdisciplinaire en stage vécue par l’équipe d’intervention rapide des soins intensifs de l’Hôpital Saint-Luc du CHUM (voir CHUMagazine, vol 3 no 2, p. 12).

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René Thibodeau Une coalition nord-américaine de travailleurs sociaux M. René Thibodeau, travailleur social à l’UHRESS de l’Hôpital Notre-Dame et organisateur du symposium annuel travail social/VIH-SIDA, a été invité à créer une coalition nord-américaine de travailleurs sociaux. Cette coalition dont le but est de créer des partenariats interuniversitaires et d’échanger, permettra en outre de raffiner le réseautage parmi ces professionnels. Dans ce contexte, M. Thibodeau a assisté à la 19e conférence internationale sur le sida du 22 au 27 juillet dernier et en a fait ressortir les grandes lignes en conférence-midi le 11 septembre dernier : 30 ans après l’apparition de l’épidémie du sida, malgré l’éventail de traitements pharmaceutiques et des lois punitives, le taux de transmission du VIH demeure très élevé dans les populations vulnérables. Les scientifiques s’unissent pour dire qu’on ne pourra jamais prévenir efficacement la transmission du VIH sans l’élimination de la stigmatisation et de la discrimination. Il faut absolument que les gouvernements réinvestissent dans les campagnes de prévention et l’éducation sexuelle à l’école.


ArtS et culture à l'HÔPITAL

René Duval, chef du Service d’Acti-Santé, a réalisé une exposition de ses photos à l’Hôpital Notre-Dame.

3 jours, 3 expositions, 3 hôpitaux Le CHUM a participé pour la première fois aux Journées de la culture, les 28, 29 et 30 septembre dernier. L’initiative 3 expositions, 3 jours, 3 hôpitaux a offert à la population l’occasion de venir en nos murs pour une raison des plus agréables : admirer les œuvres faisant partie de la collection du CHUM. En présence du galeriste Simon Blais, les visiteurs ont ainsi admiré les œuvres de grands peintres québécois ornant la salle du conseil d’administration à l’Hôtel-Dieu. L’exposition photo Montréal vue du CHUM, réalisée par un employé du CHUM, M. René Duval (photo), était à l’honneur le 29 septembre dans le couloir près de l’entrée Lachapelle à l’Hôpital Notre-Dame. Cette exposition s' est poursuivie jusqu’au 16 novembre. Enfin, le public était invité à admirer l’exposition d’œuvres contemporaines d’artistes variés de la Galerie Hélène Dorion à l’Hôpital Saint-Luc, le dimanche 30 septembre.

Rénover un lieu de recueillement La chapelle de l’Hôpital Notre-Dame, que l’on désigne depuis quelques années comme le lieu de recueillement, a subi au fil du temps quelques déménagements et rénovations. Depuis le dernier réaménagement de 1996, il était devenu évident pour le Service des soins spirituels que le lieu avait besoin d’être actualisé. Mme Carol Bernier, artiste peintre montréalaise, ne pouvait donc pas mieux tomber quand elle a eu l’initiative de restaurer le lieu et de faire don d’œuvres qui y seront exposées en permanence. « Nous étions le 30 janvier 2011. Alors que deux heures plus tôt il souriait, je l’ai trouvé mourant, l’homme avec qui je partage ma vie. Le chirurgien m’avait fait un portrait plutôt sombre de la situation. Il m’a dit : "Priez…" Je me suis réfugiée dans la chapelle de l’hôpital. Le lieu était un peu triste, laissé à un certain abandon. Mais j’y ai retrouvé les prières et l’apaisement qu’elles induisent. Il est vivant. Le miracle a eu lieu. C’est ma façon de dire merci. » Afin de permettre la réalisation du projet, un événement-bénéfice intitulé Donnez, corps et âme, s’est tenu le 3 octobre à la Galerie Simon Blais et une campagne de collecte de dons de la Fondation Sylvie et Simon Blais (FSSB) est toujours en cours. Information : galeriesimonblais.com

Anne Robert et le Dr Alain Gagnon, en plein concert, au lancement du projet Continuum

Informer sur les mutations génétiques Le CHUM et sa fondation ont procédé au lancement officiel de la première phase du projet Continuum, le 26 septembre dernier. Cette démarche médicale et artistique vise à combler un important besoin d’information sur les mutations génétiques prédisposant aux cancers pour les patients atteints, leurs proches ainsi que le grand public. Mme Anne Robert, violoniste et patiente du CHUM, et son chirurgien et pianiste, le Dr Alain Gagnon, ont présenté les premiers volets de ce projet, qui comprend la publication d’un livre, d’un CD ainsi que la mise en ligne d’une plateforme Web sur le site du CHUM. Le projet Continuum est né de la complicité tant humaine que musicale tissée entre Mme Robert et le Dr Gagnon. En 2010, après avoir survécu à un cancer du sein, Anne Robert apprend qu’elle est porteuse d’une mutation génétique (la BRCA2) et que les probabilités d’un nouveau cancer sont très élevées ; les risques de souffrir à nouveau d’un cancer du sein ou de l’ovaire peuvent atteindre jusqu’à 86 %. Elle décide alors de subir une chirurgie prophylactique (de prévention) et une chirurgie de reconstruction mammaire, cette dernière réalisée par le Dr Gagnon. Lors de l’une de leurs rencontres, ils découvrent qu’ils partagent une passion commune pour la musique. Ainsi prend forme le projet Continuum. Le lancement du livre, du CD et du site Web continuumchum.org s’est terminé par une prestation des deux musiciens qui ont interprété des extraits de leur disque.

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recherche

Un prix à l’étranger avant même son ouverture Après avoir obtenu la cote « exceptionnelle » du Fonds de recherche du Québec - Santé (FRQS) en avril dernier, le Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) a reçu des honneurs à l’étranger. En effet, le nouveau centre, en construction, a remporté le prix Investissement dans l’infrastructure 2012 dans la catégorie « Meilleur projet social » décerné par l’organisme de presse londonien World Finance. Les organisateurs ont expliqué que le CRCHUM avait gagné ce prix en raison de la grande valeur sociale que représente son futur centre de recherche, une référence pour une infrastructure liée à la santé. De plus, ont- ils ajouté, le projet du CRCHUM a été retenu parce que la réalisation du complexe permettra de créer l’une des plus importantes concentrations de chercheurs en santé au Québec. Ce prix met également en évidence les qualités de gestionnaire d’Accès Recherche Montréal, qui mène ce projet depuis le début. La construction du complexe, qui abritera le CRCHUM et le Centre intégré d’enseignement et de formation (CIEF), a démarré en 2010 et avance à grande vitesse, en respectant un rigoureux échéancier. Situé à quelques pas du futur centre hospitalier, le CRCHUM accueillera, dès septembre 2013, quelque 350 chercheurs, 450 étudiants à la maîtrise et au doctorat et stagiaires postdoctoraux, ainsi que 500 employés techniques et administratifs actuellement répartis sur plusieurs sites.

À la remise du prix, de gauche à droite : Nick Laurance, directeur, communication corporative, World Finance ; Jacques Turgeon, directeur de la recherche, CHUM ; Sylvain Villiard, secrétaire général et directeur général adjoint, CHUM ; Dominic Chalifoux, vice-président, Fiera Axium Infrastructure ; et le Dr François Lespérance, directeur général adjoint, affaires médicales et académiques, et directeur des services professionnels, CHUM.

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Pr Alex Parker

SLA, Alzheimer, Huntington

Le sucre serait bénéfique, mais... Une équipe du CRCHUM dirigée par le P r Alex Parker a fait une découverte étonnante : le glucose, ou sucre, protège contre de multiples formes de neurodégénérescence liées au vieillissement, telles la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Lou Gehrig) et les maladies d’Alzheimer et de Huntington. Mais il y a un prix : ce qui semble être bon pour les neurones serait moins bénéfique pour la santé en général. Bon nombre de chercheurs s’intéressent aux mécanismes associés au vieillissement, s’appuyant sur l’hypothèse que plus la personne vieillissante reste en santé, plus elle évite les maladies. Une des stratégies les mieux connues à cette fin concerne la restriction calorique, c’est à dire la réduction de l’apport en nourriture. Il a en effet été démontré que cette approche améliore la santé et l’espérance de vie. Pendant de nombreuses années, les chercheurs ont donc tenté de trouver des effets bénéfiques à la restriction calorique avec des modèles animaux de neurodégénérescence. Or, il n’y avait que peu ou pas d’effet. Le Pr Parker et son équipe ont essayé le contraire, soit d’utiliser des taux élevés de glucose. Le résultat a été étonnant. « À notre grande surprise, on a observé une réduction importante de la neurodégénérescence ! », a souligné le Pr Parker. Mais il y a un prix à payer. Les modèles, en général, sont en moins bonne santé et vivent moins longtemps. Le défi, maintenant, est de trouver des approches thérapeutiques qui ne cibleront que les neurones en évitant les effets négatifs tels que l’obésité et le diabète. L’étude a été publiée dans la revue américaine Aging Cell.


recherche

Cancer de la prostate

Pre Shaoling Zhang

Mères diabétiques

Prévenir les effets chez les enfants Les enfants nés de mères ayant le diabète courent un risque élevé d’avoir diverses maladies à l’âge adulte, telles que le syndrome métabolique, l’hypertension et les maladies rénales chroniques. Afin de déterminer quels sont les mécanismes en cause pendant le développement du fœtus, l’équipe de la Pre Shaoling Zhang du CRCHUM a étudié le développement des reins chez la progéniture de souris de laboratoire. Elle s’est intéressée au rôle et à la production d’un enzyme appelé catalase, normalement sécrété par le rein afin de neutraliser les molécules toxiques comme le peroxyde d’hydrogène. Dans des conditions normales, le corps réagit à la présence de peroxyde d’hydrogène en produisant des enzymes, comme la catalase, qui le transforment en eau et en oxygène, éliminant ainsi la menace d’effets toxiques. Or, dans le cas du diabète maternel, les cellules du fœtus n’ont essentiellement aucune protection contre les effets toxiques du peroxyde d’hydrogène. En conséquence, des organes clés comme les reins ne se développent pas normalement, ce qui peut entraîner des maladies rénales chroniques à l’âge adulte. Les chercheurs ont observé que la présence de peroxyde d’hydrogène n’enclenchait pas une sécrétion adéquate de la catalase dans les reins des fœtus des souris diabétiques. Devant ce constat, ils ont modifié leurs souris de laboratoire afin qu’elles produisent cet enzyme en plus grande quantité. Le résultat a été très bénéfique. Les souriceaux n’ont subi aucun effet négatif associé au diabète maternel. De même, à l’âge adulte, leurs reins se sont développés de façon normale et ne montraient aucun signe de maladie. L’équipe de chercheurs poursuivra cette approche avec d’autres organes comme le cœur et le pancréas. L’étude a été publiée dans la version en ligne de la revue Diabetes le 25 juin dernier.

4 millions pour une étude pancanadienne Le Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) annonçait le 25 juillet dernier que la Fondation Terry Fox et le Partenariat canadien contre le cancer allaient financer une recherche pancanadienne, à hauteur de 4 millions, pour déterminer quels types de traitements devraient subir les hommes chez qui on découvre, souvent grâce au dépistage précoce, une forme non mortelle du cancer de la prostate. Le Dr Fred Saad, chef du Service d’urologie du CHUM, chercheur au CRCHUM et directeur de projets sur le cancer de la prostate à l’Institut du cancer de Montréal, dirige l’étude : « Si cette étude se déroule comme nous l’espérons, son impact sera majeur. La récurrence sera réduite, et la qualité de vie des hommes qui sont atteints de la maladie sera améliorée. » L’équipe du Réseau canadien IRTF de biomarqueurs du cancer de la prostate (RCBCP) réunit des scientifiques et des cliniciens provenant de centres de soins du cancer de la prostate et de centres de recherche du Québec, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique. Au cours des quatre prochaines années, le groupe travaillera à déterminer quels types de cancers de la prostate nécessitent un traitement immédiat, ainsi que la façon de mieux prédire quels patients présentent un risque de rechute après le traitement de leur cancer (opération ou radiothérapie). Le financement total versé au Réseau canadien IRTF s’élève à 3 995 326 $. Le Partenariat canadien contre le cancer a fourni 550 000 $.

Le Dr Fred Saad avec Patrick Lamarche, un de ses patients.

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RUIS DE L’UDEM Le CHUM fait partie du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l’Université de Montréal. Il existe trois autres RUIS, un pour chacune des universités ayant des facultés de médecine, soit McGill, Sherbrooke et Laval. M. Christian Paire, directeur général du CHUM, assure la présidence du RUIS de l’UdeM. Pour de plus amples renseignements, consulter le site www.ruis.umontreal.ca.

Une nouvelle directrice exécutive Mme Isabelle Bayard a été nommée directrice exécutive du RUIS de l’UdeM, poste qu’elle occupe depuis le 4 septembre 2012. Auparavant, Mme Bayard était directrice adjointe à la Direction de la promotion de la santé du CHU Sainte Justine, où elle a participé au développement et à la mise en œuvre du Centre de promotion de la santé. Elle a aussi été directrice du cabinet du doyen de la Faculté de médecine de l’UdeM, puis du recteur de cette même institution. Titulaire d’une maîtrise en communication organisationnelle de l’UdeM, Mme Bayard cumule 15 ans d’expérience en développement stratégique des relations institutionnelles et en gestion du changement dans le milieu clinico-académique. Elle succède à M. Richard Klein, qui a pris sa retraite récemment. « Après huit ans d’existence, les RUIS ont évolué. Notre comité directeur a développé, sous le leadership de M. Christian Paire, une planification stratégique (2012-2015), la deuxième de notre histoire, avec l’expertise de M. Léonard Aucoin. J’ai la chance d’arriver en poste à une période très stimulante », a souligné Mme Bayard. Elle a rappelé que le territoire du RUIS de l’UdeM couvrait six régions socio-sanitaires et plus de 40 % de la population du Québec, soit trois millions de personnes. En outre, il partage le territoire montréalais avec le RUIS de McGill, un partenaire de premier plan. Les mandats confiés au RUIS de l’UdeM proviennent du MSSS, ou du comité directeur, instance de concertation où siègent les présidents-directeurs généraux des six agences, les directeurs généraux des établissements membres, les doyens des facultés de santé de l’UdeM, un représentant du MSSS et d’autres délégués. Les mandats du RUIS se réalisent dans le cadre des travaux des comités sectoriels composés d’experts de tous horizons des milieux clinique, universitaire et technologique afin de faciliter l’accès aux soins surspécialisés sur l’ensemble du territoire dans un continuum de services en privilégiant une approche intégrée des soins, de l’enseignement et de la recherche. Mme Bayard est particulièrement fière du Consortium des ressources électroniques (CRE, voir encadré, page suivante) ainsi que du Centre de coordination et de référence (CCR), mis sur pied par son prédécesseur avec la collaboration de Mme Manon Paquin, première directrice du CCR. C’est sur ces acquis importants, qui distinguent le RUIS de l’UdeM, qu’elle compte s’appuyer pour soutenir le comité directeur dans la réalisation des mandats du RUIS et pour offrir des services à valeur ajoutée aux établissements membres.

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Nominations Dr Yves Lapointe Le D r Yves Lapointe, chef du Service de médecine transfusionnelle du CHUM depuis 2002, a été nommé au poste d’expert en médecine transfusionnelle au RUIS de l’UdeM. Le D r Lapointe cumule plusieurs années d’expérience en médecine transfusionnelle, y compris la direction de la banque de sang de l’Hôpital Notre-Dame depuis 1974. Il est aussi président du comité de médecine transfusionnelle du CHUM depuis 2001 et président provincial pour l’uniformisation des méthodes de soins en médecine transfusionnelle depuis 2008. Dr François Lespérance Le Dr François Lespérance, directeur général adjoint des affaires médicales et académiques et directeur des services professionnels du CHUM, a été nommé président du comité neurovasculaire au RUIS de l’UdeM. Le D r Lespérance, chercheur clinicien au CRCHUM depuis 2001, est reconnu dans le monde pour ses recherches sur la dépression chez les patients coronariens, qu’il a amorcées en tant que chercheur et psychiatre spécialisé en consultation-liaison à l’Institut de cardiologie de Montréal. Le Dr Lespérance a reçu le prix Martial-Bourassa de l’ICM en 1999, le Prix annuel de la recherche de l’Academy of Psychosomatic Medicine en 2007 en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la recherche dans le domaine des soins psychiatriques aux patients cardiaques et le Prix du leadership et du rayonnement médical en 2008 de la Fondation du CHUM. La qualité de son leadership scientifique lui a en outre valu d’être nommé vice-doyen adjoint à la recherche clinique à la Faculté de médecine de l’UdeM, poste qu’il a occupé de mai 2009 à avril 2011.


Nouveau à l’HSCM Prix Réginald-Nadeau Un prix de reconnaissanc e a été créé pour récompenser un étudiant ou un chercheur dont la contribution remarquable dans le milieu de la santé fera rayonner le Centre de recherche de l’Hôpital du Sacré Cœur de Montréal (HSCM), créé il y a bientôt 40 ans. Dès l’an prochain, les participants pourront soumettre leur candidature à un comité de sélection. Ce prix est nommé en l’honneur du fondateur du Centre de la recherche, le Dr Réginald Nadeau. Cardiologue et professeur émérite à l’Université de Montréal, il a permis à l’HSCM d’acquérir au fil des ans une notoriété dans le milieu de la recherche au Québec grâce à sa vision. Le nom du premier gagnant sera dévoilé lors de la deuxième édition de la Semaine de la recherche, en 2013.

Consortium des ressources électroniques du RUIS de l’UdeM Une bibliothèque en ligne au service des professionnels de la santé donne accès à des bases de données en médecine factuelle, à des périodiques électroniques en sciences de la santé, etc. Toutes ces ressources sont accessibles par le Centre de documentation du CHUM au bibliothequeduchum.ca ou au ruis.umontreal.ca/consortium.

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Dossier VALORISATION DE L’INFIRMIÈRE

La valorisation de la profession infirmière : un engagement individuel et collectif Selon Mme Esther Leclerc, directrice générale adjointe depuis 2008 et directrice des soins infirmiers du CHUM de 2003 à 2008, la valorisation de la profession infirmière passe essentiellement par l’engagement de chaque infirmière à accroître ses compétences, y compris son niveau de connaissances, tant par de la formation continue que par la poursuite des études. Aujourd’hui, soigner nécessite de voir le patient dans sa globalité, de développer un lien avec lui et ses proches et de trouver le juste milieu entre la performance clinique et l’approche relationnelle.

Esther Leclerc mise sur la formation infirmière et l’humanisation des soins infirmiers.

Sylvie Dubois compte développer la recherche en sciences infirmières.

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Rehausser la formation Depuis plusieurs années, de nombreux efforts sont déployés au CHUM pour favoriser l’épanouissement professionnel des infirmières (comme tout autre employé). En accord avec l’énoncé de la mission d’un CHU, cela veut dire de donner les meilleurs soins qui soient selon des pratiques exemplaires avec les équipements et les protocoles optimaux, d’enseigner comment se servir des uns et de prodiguer les autres, de valoriser la recherche qui améliore les traitements et en trouve de nouveaux, et finalement d’évaluer les nouvelles technologies et les méthodes de soins. Pour y parvenir, le programme Cargo, par exemple, permet aux infirmières auxiliaires d’obtenir un diplôme d’études collégiales en soins infirmiers. Le processus est ardu et dure deux ans (étés compris), mais le temps de travail peut être diminué jusqu’à cinq jours par quinzaine et le cumul de l’ancienneté peut être maintenu. Les infirmières auxiliaires qui s’engagent dans ce programme disposent donc de plus de temps pour étudier et réaliser leur rêve de devenir infirmières. Il existe aussi des mesures incitatives telles que des bourses ou des ententes particulières pour faciliter l’accès au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat. Bon nombre d’infirmières du CHUM poursuivent des études. Esther Leclerc déclare : « S’il y a de la place pour toutes les infirmières, des infirmières auxiliaires aux infirmières titulaires de doctorat, il s’agit de trouver les bons ratios en fonction des besoins propres au CHUM. Par exemple, pour développer la recherche en sciences infirmières visant de meilleures pratiques, il serait intéressant, dans un premier temps, qu’une infirmière titulaire d’un doctorat choisisse des projets de recherche dans chacun des cinq axes prioritaires établi par la planification stratégique » (cancer, neurosciences, cardiovasculaire et métabolique, musculosquelettique fonctionnel et transplantation). À cet effet, Mme Sylvie Dubois, directrice des soins infirmiers, elle-même titulaire d’un doctorat, professeure et chercheuse, abonde dans le même sens. Elle explique que le doctorat en sciences infirmières avait jusqu’à tout récemment servi en majeure partie à former la relève professorale dans les universités. Maintenant, il permet de plus en plus à des infirmières de s’orienter vers d’autres secteurs (par exemple, en centre hospitalier), pour développer, appliquer et soutenir la recherche en sciences infirmières, une évolution significative pour la profession. La majorité des infirmières n’ont pas nécessairement l’appel du doctorat, ni même de la maîtrise. Cependant, pour ce qui est du développement professionnel, chaque infirmière est encouragée à s’améliorer continuellement. À cet effet, la Direction des soins infirmiers (DSI) facilite l’accès aux activités de formation continue en faisant, par exemple, accréditer la participation à divers congrès, colloques et conférences et en soutenant l’organisation et la réalisation d’activités créditées au CHUM. Par exemple, la participation au colloque annuel CII-DSI est créditée (cinq heures). Ces activités correspondent à la norme de formation continue de l’OIIQ en vigueur depuis janvier 2012.


Dossier VALORISATION DE L’INFIRMIÈRE

Nouveaux membres à la direction De nouveaux membres se joignent à l’équipe de la Direction des soins infirmiers (DSI). Mme Sylvie Dubois est infirmière et a été nommée en mai dernier directrice des soins infirmiers après avoir assuré l’intérim de la direction pendant près de sept mois. Titulaire d’un doctorat en sciences infirmières et professeure à la Faculté des sciences infirmières (FSI) de l’Université de Montréal, elle a été nommée en juin dernier présidente de la table des DSI des CHU et vice-présidente de la Table sectorielle nationale des Réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS) en soins infirmiers. Elle est aussi chercheuse au CRCHUM où ses intérêts de recherche portent sur l’éducation aux patients soutenue par les technologies de l’information. Mme Marielle Roy, une infirmière ayant complété une maîtrise en sciences infirmières, occupe le poste de directrice adjointe des soins infirmiers depuis le 13 août dernier. Elle possède une vaste expérience tant dans la gestion des soins infirmiers que dans l’enseignement universitaire Elle a travaillé plusieurs années à la FSI. Depuis 2006, elle occupait le poste de directrice du programme de santé physique et directrice des soins infirmiers au CSSS d’Ahuntsic et Montréal Nord. Elle possède donc une vaste expérience et une connaissance de pointe du réseau de la santé. Une adjointe à la DSI, volet recherche, a été nommée tout récemment, soit Mme Line Beaudet, infirmière et titulaire d’un doctorat en sciences infirmières. Mme Dubois indique que le CHUM (par l’intermédiaire de Mmes Esther Leclerc et Danielle Fleury) a intégré ce poste d’adjointe au volet de recherche à sa structure organisationnelle, une innovation en soi.

Marielle Roy, M. SC. inf., directrice adjointe

Sylvie Dubois, Ph. D., directrice des soins infirmiers

Line Beaudet, Ph. D., adjointe à la recherche

L’apport du CII Le conseil des infirmières et infirmiers (CII) du CHUM suit de près l’évolution du rôle de l’infirmière. En lien avec son mandat d’appréciation de la qualité des actes infirmiers et l’évaluation et maintien de la compétence des infirmières, le CII a pour rôle de formuler des recommandation pour accompagner et aider à évoluer les infirmières. Mme Joumana Fawaz (photo), elle-même étudiante à la maîtrise et présidente du CII, croit que cette évolution est bien engagée et qu’elle passe par le développement des compétences du personnel infirmier : il faut d’abord que l’infirmière prenne conscience que son rôle change, qu’elle doit acquérir des nouvelles compétences par la formation continue ou les études supérieures et qu’elle doit aller chercher tout le soutien disponible. Implanter un modèle plus humaniste, travailler en interdisciplinarité au sein d’une équipe multidisciplinaire, repenser les soins en intégrant une vision de partenariat de la relation infirmière-patient, voilà quelques-uns des défis de la nouvelle infirmière. « C’est toute une culture à changer, mais c’est clair que le modèle est de plus en plus intégré et que cette évolution est en marche, » croit Mme Fawaz. Le CII discute depuis plusieurs années déjà de ces nouvelles préoccupations. Il organise d’ailleurs un colloque annuel, son 8e a eu lieu le 18 octobre dernier, où les échanges en ce sens sont constants et de plus en plus pointus. Il a aussi créé, il y a quatre ans, un comité de la pratique qui réunit des représentants des infirmières et des infirmières auxiliaires de toutes les unités afin de discuter des préoccupations communes et de pistes de solutions. Chaque problème est traité en présence de la direction et un suivi est toujours assuré : une autre exceptionnelle tribune dont les infirmières profitent amplement. Le CII croit aussi que les partenariats sont essentiels, il en a créé avec le conseil multidisciplinaire (CM), bientôt avec le comité des usagers et avec la Direction de l’expérience-patient. « Cette année, pour la première fois depuis les 13 ans que je travaille au CHUM, je sens qu’une force vive est à l’œuvre et qu’une majorité avance dans la même direction et vers un même but ».

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Dossier VALORISATION DE L’INFIRMIÈRE

L’humanisation des soins infirmiers

Revoir la cohérence entre les actions et la pratique Pour parler de l’humanisation des soins, adressez-vous à n’importe quelle infirmière, elle en aura long à dire sur le sujet. De tout temps, cette profession a basé sa philosophie sur des valeurs d’empathie, de compassion, de respect et d’écoute, ce qu’on appelle parfois le « prendre soin » ou le caring. Avec la pénurie d’infirmières, l’arrivée massive de la technologie, les changements de pratiques, où en est aujourd’hui le caring ? Parlez-en à la nouvelle directrice adjointe aux soins infirmiers, Mme Marielle Roy. Elle est intarissable sur le sujet : le caring, c’est sa passion. C’est une notion qu’elle a enseignée, sur laquelle elle a écrit et tout un rayon de sa bibliothèque est consacré à ce sujet. Cette approche, elle souhaite la revisiter au CHUM, rejoignant à la fois le modèle humaniste préconisé à la Faculté des sciences infirmières et au CHUM dans le cadre de la planification stratégique, notamment pour tout ce qui concerne le concept de l’expérience patient. Essentiellement basée sur l’accompagnement et le partenariat plutôt que sur le contrôle et la prise en charge, l’école de pensée du caring privilégie l’aspect humain et relationnel des soins. Elle met de l’avant des valeurs fondamentales qui inspirent et orientent la pratique infirmière. Selon Mme Roy, le développement de ces compétences humaines et relationnelles, auxquelles s’allient les compétences scientifiques et techniques, sous-tend le rôle de l’infirmière dans toutes ses dimensions. « Une transition du modèle de soins de Virginia Henderson au modèle de soins humaniste se réalise. Avec Henderson, le rôle de l’infirmière était de rendre la personne indépendante dans la satisfaction de ses 14 besoins fondamentaux (respirer, boire et manger, éliminer, dormir, être propre, etc.)

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Marielle Roy veut mettre de l’avant la notion de caring dans les soins infirmiers.

Dans le modèle humaniste, soigner, c’est accompagner la personne, partir d’elle et déterminer les priorités de soins à partir de ce qu’elle nous exprime comme étant le plus important pour elle. » En voici un exemple : une personne fait un infarctus. L’infirmière l’enjoint d’arrêter de fumer, de couper l’alcool, de se mettre à l’exercice. Le patient acquiesce, mais n’en fait souvent qu’à sa tête. Maintenant, si le patient ne veut pas arrêter de fumer, on en discute, on voit à l’informer pour qu’il soit en mesure de prendre des décisions éclairées. Se centrer sur la personne, croire au potentiel des proches, être à l’écoute des préoccupations, des désirs, des attentes du patient et déterminer les priorités ou les résultats escomptés avec le patient et ses proches sont des éléments à intégrer quand on applique un modèle de soins humaniste. En fait, cette façon de penser et de faire amène les infirmières à remettre en question leurs soins, croit-elle, et cette démarche, déjà amorcée dans plusieurs unités et services du CHUM, rejoint celle du patient-partenaire. À noter que de nombreuses études démontrent que les patients soignés selon le modèle humaniste récupèrent plus vite et repassent moins par les urgences. C’est donc une occasion de revoir la cohérence de la pratique actuelle et de préserver la dimension humaine et relationnelle des soins tout en démontrant l’impact de l’intervention infirmière tout au long du continuum de soins.


Dossier VALORISATION DE L’INFIRMIÈRE

Line Beaudet, Ph. D., sciences infirmières

Nouvelle adjointe à la recherche

Line Beaudet, Ph. D., sciences infirmières, a récemment été promue au poste d’adjointe à la recherche.

Mme Line Beaudet est à l’emploi du CHUM depuis 2000. Avec Mme Véronique Dubé (poursuivant présentement des études postdoctorales), elle fait partie des infirmières du CHUM ayant complété un doctorat (Ph. D.). S’ajouteront bientôt d’autres candidates : Mmes Karine Bilodeau et Sophie Berger. Toutes ont bénéficié de bourses et de subventions pour les soutenir dans leur cheminement universitaire et la réalisation de leur projet de recherche. Mme Beaudet se considère privilégiée d’avoir reçu la première bourse de la Fondation du CHUM et de la Direction des soins infirmiers accordée à une infirmière pour la poursuite d’études de 3e cycle. Le parcours est stimulant et ajusté aux objectifs des doctorants : « J’ai eu la possibilité de suivre le tiers de mes cours à l’Université de Montréal, un autre tiers à l’Université McGill et le dernier tiers à l’UQAM ! En même temps que mes propres études, j’ai aussi eu la chance d’être intégrée dans l’équipe de recherche de ma directrice de thèse, Mme Francine Ducharme, titulaire de la Chaire Desjardins en soins infirmiers à la personne âgée et à la famille. » Mme Beaudet s’intéresse depuis le début des années 1990 aux personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative, tels les troubles du mouvement, et à leurs proches aidants. Sa thèse de doctorat portait sur le développement, la mise à l’essai et l’évaluation d’une intervention psycho-éducative destinée aux couples âgés vivant avec la maladie de Parkinson au stade modéré. Cette cohorte a été retenue, car elle représente le plus grand nombre de personnes fréquentant l’unité des troubles du mouvement du Centre ambulatoire des sciences neurologiques. « Nous cherchons à mieux comprendre l’expérience des patients et des familles avant de concevoir des interventions novatrices avec eux et les intervenants de la santé (infirmières, médecins, membres de l’équipe interdisciplinaire) et de les tester. Nos buts principaux sont de favoriser une meilleure gestion des maladies chroniques

par les personnes atteintes et leur famille en mode ambulatoire, de soutenir leur qualité de vie et leur sécurité à domicile et de réduire les hospitalisations et le recours aux services d’urgence. Nous visons également à traduire l’avancement de nos travaux et de nos connaissances dans les milieux cliniques et la pratique », explique Mme Beaudet. Au cours des prochaines années, elle continuera à orienter son programme de recherche dans l’axe des neurosciences, dans le continuum de la maladie neurodégénérative, du moment du diagnostic jusqu’en fin de vie, car là aussi l’expérience de la maladie et les besoins sont mal connus. Conséquemment, peu d’interventions en promotion de la santé ont été élaborées et évaluées jusqu’à présent auprès de la clientèle, jeune et âgée, vivant avec un trouble du mouvement ou une maladie neurodégénérative. Les travaux de Mme Beaudet s’inscrivent ainsi dans la planification stratégique 2011-2015 du CHUM qui vise à mieux arrimer la promotion de la santé, l’évaluation de divers modes d’intervention, la recherche, la pratique et l’enseignement dans sa structure organisationnelle. M me Beaudet a tout récemment été promue au poste d’adjointe à la recherche, poste déjà occupé par la directrice des soins infirmiers, Mme Sylvie Dubois. En plus d’élaborer son programme de recherche et de participer à l’enseignement, Mme Beaudet a pour principal mandat d’aider au développement des pratiques cliniques et de la recherche en sciences infirmières et interdisciplinaire, tant à l’intérieur du CHUM qu’avec des réseaux de partenariat externes.

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Dossier VALORISATION DE L’INFIRMIÈRE

Exemples d’humanisation des soins Le programme Optimah (OPTIMisation des soins aux personnes Âgées à l’Hôpital) est assurément un bon exemple d’humanisation des soins, en ce qu’il tient compte des besoins réels et globaux de la personne, dans le cas présent la personne âgée hospitalisée, et ses proches. Voici deux exemples issus de ce programme du CHUM :

Nathalie Larochelle Coach Optimah

Nathalie Larochelle, en pleine session de coaching avec l’infirmière Médiatrice Uwangarambie

Au CHUM, on croit tellement à l’importance du programme Optimah qu’on a mandaté Mme Nathalie Larochelle, infirmière clinicienne et étudiante à la maîtrise en sciences infirmières, pour vérifier sur le terrain qu’il est bien compris et intégré aux soins quotidiens administrés aux personnes âgées hospitalisées. Adapter les soins aux personnes âgées, cela commence par une formation spécifique du personnel soignant. À ce jour, plus de 450 infirmières ont suivi cette formation qui explique comment individualiser les soins en fonction des besoins spécifiques des patients âgés afin de prévenir les complications évitables. Quarante d’entre elles, en provenance de différentes unités de médecine et de chirurgie des trois hôpitaux du CHUM, forment la brigade Optimah. Ces infirmières ont été choisies par leur chef d’unité pour leur intérêt à améliorer leurs compétences dans les soins aux patients âgés ainsi que pour leur habileté à proposer des idées d’amélioration en fonction de la spécificité de leur unité. « Elles ont toutes grandement apprécié cette formation, assure Mme Larochelle. Elles apprennent à voir autrement les soins aux personnes âgées. Cela change complètement leur vision de cette clientèle. » Ainsi, on leur apprend qu’il n’est pas nécessairement normal qu’une personne âgée hospitalisée pour un problème de santé particulier, par exemple une fracture, un problème cardiaque ou pulmonaire, subisse un rapide déclin pendant qu’on la traite, avec pour conséquence que ces patients retournent chez eux moins autonomes (présence de plaies, difficulté à se déplacer seuls, désorientation, etc.). Il arrive aussi parfois que certains d’entre eux n’aient plus la capacité de retourner à domicile et doivent dorénavant être hébergés

dans un établissement spécialisé, comme un centre d’hébergement de soins de longue durée. De telles situations de déclin sont souvent expliquées à tort par le vieillissement normal, alors qu’elles peuvent être évitables si on applique certains principes : faire bouger le plus possible, prévenir la dénutrition et la déshydratation, entre autres, avec la diète Optimah, éviter de mettre des culottes d’incontinence d’emblée aux personnes âgées, et autres interventions. L’acronyme AINÉES (pour Autonomie, Intégrité de la peau, Nutrition et hydratation, Élimination, État cognitif et comportements, Sommeil) aide à se souvenir des éléments à surveiller spécifiquement chez la personne âgée hospitalisée. Mme Larochelle rencontre individuellement chacune des infirmières ayant suivi la formation pendant son quart de travail (de jour, de soir ou de nuit), dans son unité. Elle discute avec chacune des soins qu’elle donne aux personnes âgées, de la façon dont elle applique ce qu’elle a appris, revient sur des éléments mal compris, examine les besoins de formation des autres membres du personnel soignant, encourage les bons coups, fournit des arguments. En un mot, elle agit comme une vraie coach ! « Quand les infirmières constatent que, suite aux interventions AINÉES qu’elles appliquent, le nombre de patients qui s’assoient au fauteuil pour manger leurs trois repas a augmenté dans leur unité, que la diète Optimah est plus souvent demandée, que les familles prennent des marches avec leurs parents âgés hospitalisés et cessent de faire d’emblée les choses à leur place, elles sont vraiment fières de leurs réalisations ! » Le coaching Optimah est le fruit d’une belle collaboration entre les directions de regroupements de clientèles et des soins infirmiers.

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Dossier VALORISATION DE L’INFIRMIÈRE

Prendre le pouls des personnes âgées Soucieuses d’améliorer la pratique infirmière en lien avec la prévention des complications et le maintien de l’autonomie des patients âgés, quatre infirmières, dont trois sont du CHUM et deux exercent comme professeures à l’Université de Montréal, ont uni leurs forces afin de mieux connaître la perspective de ces patients sur le sujet. Une étude qualitative financée par la Fondation de recherche en sciences infirmières du Québec et réalisée par Sylvie Lafrenière, M. Sc., CSIG(C), Sylvie Dubois, Ph. D., Lucie Bédard, MBA, et Francine Ducharme, Ph. D., a permis de recueillir les perceptions de 30 personnes âgées hospitalisées dont l’âge moyen était de 84 ans. Cette étude, présentée au 5e Congrès mondial des infirmières et infirmiers francophones à Genève (Suisse) en juillet dernier, indique notamment ceci : Les patients âgés rencontrés sont pour la plupart conscients du danger de déclin fonctionnel lors d’une hospitalisation. La majorité d’entre eux connaissent les méfaits de l’inactivité et affirment qu’à l’hôpital, il est plus important de bouger et de marcher que de rester au lit. Ces patients envisagent ou appliquent des stratégies personnelles nombreuses et variées, en particulier pour maintenir des capacités physiques, pour garder un bon moral et un esprit clair. Leurs stratégies préventives semblent toutefois difficiles à mettre en œuvre en raison d’obstacles divers comme la motivation, la fatigue, la douleur, la crainte de déranger ou de surcharger le personnel, l’environnement non adapté, le matériel et le personnel non disponibles, les directives infirmières qui sous-estimeraient leurs capacités réelles, la « culture de la peur » de la chute et le bruit la nuit qui affecte le sommeil et la récupération.

Les quatre chercheuses : Francine Ducharme (UdeM), Sylvie Dubois (aussi directrice des soins infirmiers), Sylvie Lafrenière, (conseillère en soins spécialisés pour la clientèle des personnes âgées), Lucie Bédard (cogestionnaire des regroupements de médecine contemporaine et métabolique).

L’approche relationnelle de l’équipe de soins infirmiers est le facteur aidant le plus souvent rapporté, autant pour le maintien des capacités physiques et de l’autonomie que pour celui du moral. Selon les patients interrogés, une approche relationnelle aidante comporte, entre autres, le respect, l’amabilité qui diminue la gêne à demander et recevoir de l’aide, l’accueil et la façon dont le personnel se présente, les sourires, la bonne humeur et le sens de l’humour, la reconnaissance de l’individualité, l’attention et la patience, le respect des décisions du patient, les encouragements (p. ex., souligner ce que le patient fait bien). Finalement, aucun des patients recrutés n’a mentionné avoir discuté avec l’infirmière de ses stratégies personnelles, des obstacles et des attentes relativement à la prévention du déclin fonctionnel ni n’a donné non plus un exemple ou un indice qu’une telle discussion a eu lieu. Cette étude augmente les connaissances sur la perspective de l’aîné hospitalisé en tant QU’ACTEUR DE SES SOINS et met en lumière les connaissances et la créativité des patients âgés. Elle souligne aussi l’importance de FAIRE ÉQUIPE AVEC le patient âgé et ses proches afin d’établir une stratégie commune de prévention du déclin fonctionnel à l’hôpital. Les résultats de cette étude seront utilisés pour améliorer le programme Optimah du CHUM, notamment au niveau de la formation continue du personnel infirmier.

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Dossier recrutement des infirmières

Attirer, orienter et retenir les infirmières Raffiner les activités de recrutement du personnel en général, et des infirmières en particulier, est un souci constant au CHUM. Pour s’assurer que les infirmières retenues aient le profil de compétences le plus adapté aux exigences des différentes spécialités, l’équipe des ressources humaines travaille en partenariat avec les gestionnaires des soins infirmiers et des regroupements clientèles. « La démarche pourrait se traduire en trois mots : attirer, orienter et retenir », explique M. Pierre-Albert Coubat, directeur des ressources humaines.

Recruter celles qui sont « faites pour le CHUM » Cette réflexion qui vise à cibler les infirmières les plus aptes à relever les défis d’un hôpital universitaire s’est amorcée il y a près de cinq ans. Les usagers du métro de Montréal ont sans doute aperçu la vidéo publicitaire du CHUM, à l’affiche sur 116 écrans des 16 stations les plus achalandées durant tout le mois d’octobre. Cette vidéo, dont la bande sonore originale est diffusée sur YouTube et sur le site Web du CHUM, trace un parallèle percutant entre l’adrénaline suscitée par un saut en parachute et la soif du dépassement des infirmières qui travaillent en milieu hospitalier universitaire.

Bien orienter les infirmières grâce à un dépistage efficace des talents Une fois le profil type détecté, encore faut-il aiguiller les recrues pour qu’elles travaillent dans les secteurs qui correspondent le mieux à leurs forces et à leurs champs d’intérêt. Une conseillère en dotation ayant un profil de compétence en soins infirmiers, Mme Johanne Gagnon, s’est récemment jointe à l’équipe du recrutement afin d’accompagner les nouvelles recrues et de les guider selon leurs passions et aptitudes particulières. Pour les étudiantes stagiaires et les CEPI (candidates à l’exercice de la profession infirmière), qui constituent la principale source de recrutement au CHUM, ce service s’ajoute aux nombreux avantages de faire partie d’un grand hôpital. Toujours dans cette perspective, une activité novatrice de speed-jobbing du nom de 5 minutes Top Chrono a pris naissance l’an dernier. Des candidates de 1re année en sciences infirmières, recrutées grâce à la collaboration d’infirmières sur le terrain, ont été conviées à cette rencontre originale. Elles avaient cinq minutes pour faire le tour des tables et se renseigner sur plusieurs des spécialités du CHUM. Cette activité a été très appréciée de toutes a été reprise cette année les 23 et 27 novembre.

Ces infirmières qu’on recrute, comment les retenir ? L’an dernier, 359 infirmières ont été recrutées, une hausse de 10,8 % par rapport à l’année précédente, se réjouit M me Julie Poitras, chef du recrutement. Parmi elles, 229 nouvelles CEPI, dont 57 ont été stagiaires au CHUM. L’année 2011-2012 a donc été une excellente année de recrutement ! Conserver ces talents parmi nous est l’autre défi. Des indicateurs révèlent que les six premiers mois sont cruciaux. C’est pourquoi le CHUM offre une gamme de programmes de tutorat, de mentorat, de formation continue et de soutien à la relève dont le but est de rassurer et d’accompagner les infirmières débutantes. La gestion de carrière fait partie de ce désir de rétention : débusquer le talent particulier, dès l’embauche si possible, inviter au perfectionnement et ouvrir les possibilités de carrière. Elles sont nombreuses au CHUM pour qui a l’ambition et les capacités.  

Le recrutement des infirmières : une belle collaboration entre la DRH, représentée ici par Pierre-Albert Coubat, directeur des ressources humaines (2e en partant de la droite), Richard Piédalue, adjoint administratif, Julie Poitras, chef du recrutement (2e à partir de la gauche), et Johanne Gagnon, conseillère en gestion (1re à gauche), la DRC (Sylvie Bénard, directrice des regroupements de clientèles, au centre), et la DSI (Sylvie Dubois, directrice des soins infirmiers, à droite)

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La Fondation a une relève

Le Comité ADN

Le Comité ADN est né du désir de créer un fort sentiment d’appartenance envers le CHUM chez une nouvelle génération de donateurs et d’alimenter leur envie de soutenir ce centre hospitalier universitaire d’envergure, l'un des plus grands en Amérique du Nord. Ékram Antoine Rabbat, présidentdirecteur général de la Fondation du CHUM, lors du lancement officiel du Comité ADN, le 6 septembre dernier, a déclaré : « Je suis heureux de voir que des jeunes de la génération Y, dont font partie nos enfants, ont décidé de jouer un rôle actif dans la collecte de fonds pour la Fondation. La création du Comité ADN représente une étape importante pour nous, car elle ouvre les portes du monde de la philanthropie aux donateurs de demain. » Treize femmes et hommes provenant de professions et de milieux culturels diversifiés ont répondu à l’appel afin de former cette mosaïque de jeunes gens engagés. Ils organiseront des activités de financement afin de sensibiliser leurs pairs à toute l’importance que revêt le CHUM. Les coprésidents du Comité ADN, Georgia Antonopoulos et Benoit Lacoste Bienvenue : « Nous avons choisi de soutenir la Fondation du CHUM par la tenue d’événements à l’image de notre génération. » Ainsi, le premier événement-bénéfice du Comité ADN, Expérience ADN, un bal urbain à l’ambiance épuré et sophistiqué, a déjà eu lieu le 12 octobre dernier à l’Espace Griffintown. Une soirée couronnée de succès qui a permis d’amasser plus de 210 000 $ ! Le Comité ADN prépare déjà sa prochaine activité de financement : la Coupe des Neiges, un tournoi de golf hivernal, qui se déroulera le 2 février 2013 à Mont-Tremblant. fondationduchum.com/comiteadn

Le Comité ADN lors de leur premier bal urbain bénéfice, Expérience ADN : devant, Georgia Antonopoulos, coprésidente du Comité ADN, Hany Tawfik, Geneviève Marchand, Sylvie Rabbat, Anne-Marie Côté, directrice des activités-bénéfice de la Fondation du CHUM et Philip Black. Derrière : Colin Danby, Charles Lespérance-Poissant, Kasandra Côté, Gisèle Ayas, Philippe Bélisle, Marie-Christine Laparé et Olivier Boulva. Absent : Benoit Lacoste Bienvenue, coprésident du Comité ADN.

(De gauche à droite, rangée du haut) Alain Cousineau, président du C. A. du CHUM ; Jacques Chagnon, président de l'Assemblée nationale et député libéral de Westmount–Saint Louis ; Luc Beauregard, président-fondateur du Groupe conseil RES PUBLICA ; Christian Beauchemin et sa conjointe, Marie-Berthe Des Groseillers, coprésidente d’honneur ; Yvon Deschamps, porte-parole bénévole de la Fondation du CHUM et son épouse, Judi Richards ; (rangée du bas) Yvan Gendron, directeur général associé du CHUM ; Guy Savard, président de la campagne majeure de la Fondation du CHUM ; Ékram Antoine Rabbat, pdg de la Fondation et Sam Scalla, coprésident d’honneur.

La 12e Classique de golf

1 856 000 $

Quelque 250 golfeurs et philanthropes se sont donné rendez-vous au club de golf Summerlea, le 10 septembre dernier, pour frapper des balles sous le signe de la solidarité à la 12e Classique de golf de la Fondation du CHUM. Ce prestigieux tournoi a permis cette année d’amasser 1 856 000 $, pour le plus grand bénéfice des patients, puisque la totalité des profits de l’activité est versée au CHUM. La Fondation a pu compter sur l’engagement des trois coprésidents de la Classique, soit le Dr Guy Leclerc, cardiologue au CHUM et président d’AccelLAB, Mme Marie-Berthe Des Groseillers, secrétaire corporative du Groupe BMTC inc. et présidente de la Fondation Brault & Martineau, ainsi que M. Sam Scalia, président de Samcon Inc. La journée a commencé avec le traditionnel bilan de santé, l’occasion pour les participants de s’assurer d’être au meilleur de leur forme et pour les professionnels de la Clinique Santé-préventive de la Fondation du CHUM de leur livrer quelques bons conseils. Depuis 12 ans déjà, les donateurs et partenaires de la Classique font preuve d’une générosité remarquable. Ce tournoi est l’activité la plus fructueuse de la Fondation, ayant permis, depuis ses débuts, d’amasser plus de 16 M$.

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fondation

Lancement de la campagne majeure de financement

DONNONS-NOUS LE MEILLEUR DE LA SANTÉ « Ce que j’ai vécu au CHUM, il y a 18 ans, a été pour moi une saga incroyable. Que l’on continue [ … ] à soutenir notre grand hôpital universitaire, qui est là pour chacun de nous, quand c’est tellement vital. » – Lucien Bouchard, avocat, ancien premier ministre du Québec et patient du CHUM en 1994 « Un beau jeudi soir, on a fait venir mes proches, alors que je pensais partir pour le grand voyage. C’est une intervention d’urgence d’experts du CHUM, que je n’oublierai jamais, qui m’a sauvé. À notre tour, donnons à notre CHUM… » – Brian Mulroney, avocat, ancien premier ministre du Canada et patient du CHUM en 2005 « L’équipe qui m’a accompagnée pour une importante intervention d'avant-garde sait combien une telle épreuve peut occasionner une transformation vers une vie plus profonde et plus consciente. Pour cela, je me dois d’exprimer ma gratitude envers le CHUM. » – Anne Robert, violoniste et patiente actuelle du CHUM

La campagne majeure est lancée : Ékram Antoine Rabbat, président-directeur général de la Fondation du CHUM ; Guy Savard, président de la campagne majeure ; Christian Paire, directeur général et chef de la direction du CHUM ; Yvon Deschamps, porte-parole bénévole de la Fondation ; Gilles Dulude, vice-président du conseil d’administration de la Fondation ; et Alain Cousineau, président du conseil d’administration du CHUM.

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Forte de ces témoignages et de la présence de patients soignés au CHUM, la Fondation du CHUM lançait publiquement, le 25 septembre dernier, sa campagne majeure de financement. Il s’agit de l’une des plus importantes campagnes du milieu de la santé au Canada, sous le thème « Donnonsnous le meilleur de la santé ». Le Cabinet de campagne y faisait appel à la générosité des donateurs du Québec pour l’aider à atteindre son objectif de 300 millions de dollars. Les sommes recueillies serviront à financer des équipements de pointe et à soutenir les activités de recherche, d’enseignement et de promotion de la santé au sein du CHUM actuel et du nouveau CHUM, dont la construction va bon train. La phase publique de cette campagne majeure de financement s’amorce alors que la moitié de son objectif de 300 millions de dollars est atteinte, grâce aux nombreux engagements pris par les donateurs de la Fondation du CHUM et grâce aux revenus générés par les activités récurrentes de la Fondation, dont le CHUMagazine fait état régulièrement en ces pages. Le président du Cabinet de campagne, M. Guy Savard, a déclaré : « Ce grand hôpital universitaire est là pour trouver des réponses à nos problèmes de santé les plus complexes. Alors, nous, membres du Cabinet de campagne, issus du monde des affaires, répondons présents au CHUM et en appelons à la générosité de grands donateurs. Ensemble, saisissons l’occasion de doter l’équipe de passionnés du CHUM d’équipements et de ressources à la hauteur de leur talent. » M. Ékram Antoine Rabbat, président-directeur général de la Fondation du CHUM, a ajouté : « La Fondation est fière des engagements obtenus auprès des entreprises, des fondations et des familles au cours de la phase silencieuse de la campagne majeure de financement. La Fondation salue également l’engouement de son Cabinet de campagne qui consacre temps et talent à recueillir des fonds auprès de grands donateurs. Chaque don compte et fait une différence. » M. Christian Paire, directeur général et chef de la direction du CHUM, a conclu : « Dans à peine un peu plus d’un an, nous inaugurerons le Centre de recherche du CHUM, ainsi qu’un Centre intégré d’enseignement et de formation. En 2016, les premiers patients fouleront le sol du nouvel hôpital pleinement fonctionnel, qui sera complété par l’ajout d’un amphithéâtre et d’une tour clinico-administrative en 2019. Le temps file et nous avons besoin de dons pour donner à nos patients les meilleurs équipements et approches disponibles. Chaque contribution est un pas de plus vers la continuité des soins d'excellence du CHUM. »


Lucien Bouchard a fait un témoignage émouvant. On se rappellera qu’il a été soigné au CHUM en 1994.

Plusieurs patients du CHUM étaient au lancement dont Isabelle Auger, accompagnée ici du porte-parole bénévole de la Fondation, Yvon Deschamps, et du pdg de la Fondation, Ékram Antoine Rabbat.

Colloque Santé-voyage C’est dans un esprit d’échanges et d’apprentissages que se sont regroupés au Marché Bonsecours, les 17 et 18 septembre dernier, plus d’une centaine de spécialistes en santé-voyage provenant des quatre coins du Québec pour assister au 3e Colloque Santé-voyage de la Fondation du CHUM. Au programme figuraient, entre autres, une conférence du Dr Pierre Mayer, pneumologue et spécialiste du sommeil au CHUM, sur le décalage horaire et d’altitude, des ateliers de perfectionnement sur les sutures et sur les pathologies pédiatriques d’Afrique de l’Ouest ainsi que le récit de onze années de marche autour du monde d'un grand voyageur. « Exercer en médecine santé-voyage est stimulant, mais c’est un domaine qui rend nécessaire une mise à jour régulière chez les praticiens », soutient la directrice des Services Cliniques de la Fondation du CHUM, Mme Jo-Anne Hudon Duchesne. Le Colloque Santé-voyage contribue à la promotion de la santé, un des volets de la mission du CHUM et de sa Fondation. Tous les profits de la Clinique Santé-voyage sont versés à la Fondation du CHUM. Pour en savoir plus, visitez le santevoyage.com

Dre Geneviève Ostiguy, omnipraticienne à la Clinique Santé-voyage ; Dr Fernand Turgeon, microbiologiste infectiologue et directeur médical de la clinique ; Dre Danielle Perreault, omnipraticienne et chroniqueuse santé ; Dr Jean Vincelette, microbiologiste infectiologue et chef adjoint au Département de microbiologie et infectiologie du CHUM ; Jo-Anne Hudon Duchesne, directrice des services cliniques de la Fondation du CHUM ; Dr Philippe Parola, infectiologue et directeur de EuroTravNet et de projet-Europe, Dr François Niokhor Diouf, chef du Service de pédiatrie du Centre hospitalier régional de Ziguinchor au Sénégal ; et Dr Robert Provencher, omnipraticien à la Clinique Santé-voyage.

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BRÈVES

La gouache, ça aide L’unité de prévention des infections du CHUM a tenu le 18 octobre dernier un « événement gouache » pour sensibiliser employés, patients et visiteurs à l’importance de se laver les mains correctement. Les participants étaient invités à plonger les mains dans de la gouache, à laisser leurs traces sur une toile collective et à se laver les mains ensuite. Exercice exigeant que de déloger toutes les traces de couleur ! Les conseillères en prévention des infections ont profité de ce moment pour enseigner les meilleures pratiques d’hygiène des mains. Les toiles ainsi créées par les quelque 450 participants seront exposées pour témoigner de l’engagement du personnel, des patients et des visiteurs à améliorer la sécurité et la qualité des soins dans notre centre hospitalier. Rappelons qu’une infection nosocomiale (acquise à l’hôpital) peut entraîner une maladie plus grave, prolonger l’hospitalisation ou provoquer une incapacité à long terme, sans oublier une augmentation du coût des soins de santé, et parfois même de la mortalité. Les mains sont le mode de transmission le plus courant des agents pathogènes. On estime qu’une meilleure hygiène des mains pourrait éviter jusqu’à la moitié des infections liées à la prestation de soins. L’événement s’est déroulé pendant la Semaine de la prévention des infections, en collaboration avec l’Association des victimes d’infections nosocomiales (ADVIN).

La diva Marie Josée Lord chantera au Concert contre le cancer cette année.

Concert contre le cancer 2013 L’Institut du cancer de Montréal présente son Concert contre le cancer annuel le vendredi 15 février 2013 à 20 heures, à la Maison symphonique de Montréal de la Place des Arts. À la demande générale, la diva Marie Josée Lord est de retour. Elle sera accompagnée de l’Orchestre Métropolitain, sous la direction de Giuseppe Pietraroia, chef résident de l’orchestre et de l’opéra de Victoria (Colombie–Britannique). Des billets au coût de 35 $ seront en vente dès la mi-novembre auprès du Service des bénévoles des trois hôpitaux. Une excellente idée de cadeau pour le temps des Fêtes ! Renseignements : Mme Suzie Lefebvre, 514 890-8000, poste 23434.

La cheminée est partie !

Anne-Wilma Penture, technicienne en administration à la Direction générale, s’est prêtée avec plaisir à l’exercice.

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L’Hôpital Notre-Dame n’aura plus le même aspect vu des airs ou des alentours, puisque sa cheminée, qui était l’un de ses signes les plus distinctifs, a été démantelée en octobre. Cette cheminée n’avait plus de raison d’être depuis la réfection de la centrale thermique qui a fait place à un système intégré de génération de chaleur et de froid ne nécessitant plus d’évacuer des fumées de mazout si nuisibles à la qualité de l’air ambiant. Le démantèlement de la cheminée aura pris un mois. Deux employés à bord d’une nacelle ont retiré les briques une à une, les ont jetées au centre de la cheminée pour ensuite les déposer dans un conteneur. Cette façon de procéder était nécessaire pour éviter tout inconvénient aux patients, au personnel et au voisinage. Pourquoi la démolir ? Parce qu’une cheminée inutilisée se détériore 20 fois plus vite, dixit M. Richard Côté, directeur adjoint des services techniques, avec les risques d’effritement ou de chute de briques que cela implique. »


Au boulot en métro La Société de transport de Montréal (STM) et l’Agence métropolitaine de transport (AMT) ont mis fin au programme OPUS au boulot. Cette décision entraîne la fermeture du programme allégo au CHUM. Les employés du CHUM peuvent bénéficier des mêmes rabais en s’inscrivant directement auprès de la STM et de l’AMT à l’un ou l’autre des programmes selon que vous utilisez la carte Opus seule ou en combinaison avec les cartes de banlieue. ATTENTION AUTOMOBILISTES : en échange de votre engagement à ne pas utiliser votre place dans les stationnements du CHUM pendant trois ans, le CHUM vous offre une carte de transport pendant un an. Un bon coup de pouce pour devenir plus vert ! On se renseigne au 36528.

Cellulaire dans l’hôpital

Partenariat international

Le CHUM a récemment adopté une politique sur l’usage des appareils sans fil dans ses trois hôpitaux. Des affiches ont été installées aux entrées et dans les cafétérias pour informer employés et visiteurs qu’ils peuvent dorénavant utiliser des appareils sans fil partout à l’intérieur des établissements, sauf dans les zones où se trouvent des affiches en interdisant l’usage.

Une convention de partenariat a récemment été signée entre le CHUM et l’AP-HM (Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille), un CHU français regroupant quatre hôpitaux de la région de Marseille et œuvrant dans le bassin méditerranéen, à un niveau international. Cette convention porte notamment sur des échanges en matière de soins, de recherche, de formation et de nouvelles technologies, afin de promouvoir une meilleure connaissance des organisations hospitalières et un perfectionnement professionnel. Dans le cadre de ce rapprochement, le CHUM recevait, les 17 et 18 septembre dernier, une délégation de l’AP-HM, afin d’échanger sur quatre thèmes chers au milieu hospitalier : les soins infirmiers, le budget global, la santé publique et la recherche. Réunis dans la salle des séminaires du pavillon Masson de l’Hôtel-Dieu, étaient présents, entre autres, M. Jean-Paul Ségade, directeur général de l’AP-HM, le professeur Roland Sambuc, chef de Service SSPIM (Service de Santé Publique et d’Information Médicale) et Mme Florence Arnoux, directrice de la stratégie. Quant aux conférenciers du CHUM, citons Mme Sylvie Dubois, directrice des soins infirmiers, qui a présenté l’historique du partenariat CHUM/Université de Montréal, MM. Jacques Côté et Claude Paradis, respectivement directeurs des ressources financières et de la performance médicoéconomique, qui ont, pour leur part, débattu de la fin possible du budget historique des hôpitaux québécois. Chaque conférence était suivie d’une table ronde, permettant ainsi de mettre en commun l’expérience et la vision de chacun. La délégation a eu ensuite droit à une visite en détail du chantier du nouveau CHUM, avant de repartir en France. Les membres de la délégation se sont tous dits ravis de l’accueil qui leur a été offert et des échanges qu’ils ont pu avoir avec leurs homologues québécois. Rendez-vous dans un an, mais cette fois-ci, à Marseille !

La cheminée de l’Hôpital Notre-Dame…maintenant chose du passé.

La délégation française a été ravie de visiter le chantier du nouveau CHUM.

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planification stratégique

Les valeurs prennent vie au CHUM ! Dans le cadre de la planification stratégique 2011-2015, le CHUM s’est doté de valeurs qui définissent les normes à respecter dans la réalisation de sa mission. Ces valeurs constituent le fondement sur lequel les employés s’appuient pour assurer de meilleurs soins aux patients. Ce sont : qualité, intégrité, performance, collaboration et innovation. Le personnel du CHUM doit mettre, et met déjà, en pratique ces valeurs. Le CHUMagazine a arpenté les trois hôpitaux à la recherche d’exemples concrets. M me Nadjia Hénaoui est préposée aux bénéficiaires à la salle d’accouchement. Elle considère que la qualité, c’est « d’être à l’écoute des patients. Je crois aussi que la politesse, être avenant, fait partie de la qualité. Saluer les gens, c’est les mettre en confiance, c’est rassurant ». L’intégrité, c’est « respecter la vie privée des patients. Quand je donne le bain, je fais attention de ne pas les découvrir complètement, je lave chaque partie du corps avec discrétion ». Pour la performance, « ça m’arrive de me dépasser. Je me rappelle un itinérant pour lequel je suis revenue le samedi avec des chaussettes. Je l’ai lavé, je lui ai coupé les cheveux et j’ai fait sa barbe. C’est important pour moi, ça, j’ai besoin de donner aux autres ». La collaboration, « c’est travailler en équipe. C’est primordial, ça nous permet d’être plus efficaces. De la personne à l’entretien ménager jusqu’à ma patronne, avec les gens de la salle d’opération ou du laboratoire, il faut s’entraider ». L’innovation, c’est faire bouger les choses, comme lorsque « j’ai tout réorganisé le matériel pour le rendre plus accessible, pour être plus efficace, et j’ai aussi refait la liste du magasin sur l’ordinateur pour mettre moins de temps à préparer les commandes ».

Mme Mirela Vaduva est infirmière auxiliaire au Service d’hémodialyse. Pour elle, la qualité, c’est « même si on revoit les patients trois fois par semaine, d’être vigilant pour ne pas devenir familier ni développer une amitié. En même temps, il faut être à l’écoute de leurs besoins. C’est un équilibre, ça. Il faut faire attention aux priorités, par exemple, s’occuper d’une machine qui sonne ou répondre à un patient qui ne va pas bien ? ». L’intégrité passe par « le respect de la confidentialité, car les patients sont dans une salle ouverte. Par exemple, faire attention quand nous parlons entre nous, car les patients nous entendent ».

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La performance demande « de s’adapter. C’est difficile de faire face aux changements au début. Mais on finit par s’habituer. C’est plus facile quand on échange avec l’équipe ». La collaboration, c’est « s’entraider, sinon on n’est pas efficace. Il ne faut pas se limiter juste à nos tâches. Ça peut arriver que je lave la chaise pour accueillir un patient ou que je donne la bassine ». L’innovation, c’est « réfléchir. Quand un patient en hémodialyse saigne, ça saigne beaucoup, il faut réfléchir et agir vite, et voir comment éviter que ça se reproduise ».

Lorsqu’on l’a interrogé sur la qualité, M. Denis Lévesque, assistant-chef en physiothérapie, a répondu qu’elle « faisait appel à la fois aux compétences des professionnels et aux habiletés relationnelles des personnes. Des normes de base sont, entre autres, dictées par l’ordre, mais sont aussi issues des données probantes. Les professionnels s’assurent de maintenir leurs compétences par la formation continue et le développement des expertises ». Quant à l’intégrité, elle se manifeste dans « le respect de la vie privée des patients par la confidentialité et le respect de la vie privée des employés et des étudiants ». Le souci de la performance « et de la productivité, on l’a toujours en tête afin de favoriser l’accessibilité ». La collaboration « se reflète à différents niveaux, soit au sein de l’équipe même par l’entraide au quotidien et le partage des connaissances, mais aussi avec les autres équipes du CHUM et avec les autres institutions ». L’innovation est au cœur de la pratique, car « la clientèle ultraspécialisée du CHUM fait appel à notre créativité pour résoudre des situations particulières. L’innovation passe aussi par le dévouement et le profond engagement de nos professionnels. »


C.A. Faits saillants de la réunion publique du conseil d’administration du 25 septembre 2012 et de la réunion du comité exécutif du 9 octobre 2012.

M. Alexis Parent, infirmier aux soins intensifs, est d’avis que la qualité exige « de s’adapter aux besoins de la clientèle. On regarde les raisons de l’admission, le diagnostic, comment la personne vit avec la maladie et ce qu’on peut faire pour l’accompagner pendant son séjour et éviter un retour hâtif à l’hôpital ». L’intégrité est un défi lorsque « les conditions environnantes ne sont pas optimales pour préserver l’intimité et la dignité des patients et de leur famille, mais on s’assure de pallier ce problème le mieux possible ». La performance, c’est « s’assurer que les patients recouvrent un état de bien être le plus vite possible afin qu’ils retrouvent leur autonomie et qu’ils retournent rapidement à la maison. Le CHUM nous soutient dans ce processus en offrant des formations et des spécialisations, comme les groupes d’étude pour la certification canadienne ». La collaboration « entre les différents professionnels est nécessaire pour donner les meilleurs soins. C’est possible grâce aux réunions multidisciplinaires qui favorisent les échanges et qui permettent de concentrer nos efforts pour tous aller dans le même sens ». L’innovation « requiert qu’on y consacre les efforts nécessaires et qu’on y mette du sien, car on a les outils et les moyens pour réaliser les innovations. J’ai mis sur pied un projet qui n’a pas eu les succès escomptés, mais j’ai appris de cette expérience et je suis mieux préparé pour mes projets futurs ».

On le voit par ces exemples, ce sont les employés qui, par leurs gestes au quotidien, donnent vie aux valeurs du CHUM. Vivre ces expériences, en témoigner, les partager entre collègues et les faire connaître, tout cela contribue à forger une identité collective mobilisatrice, épanouissante et dont bénéficient les patients de passage au CHUM.

Le conseil d’administration a procédé à la nomination des personnes suivantes : Mme Julie Brault, commissaire locale adjointe par intérim aux plaintes et à la qualité des services Mme Francine David, directrice associée au soutien à la transformation et à la gestion de la qualité Mme Joanne Guay, directrice adjointe des regroupements clientèles Mme Marielle Roy, directrice adjointe des soins infirmiers Dr Daniel Shedid, chef du Service de neurochirurgie Il a entériné la nomination des médecins suivants : Dr Roland Antaki, membre actif, Service d’obstétrique/médecine de la reproduction Dre Liliana Diaz Sanchez, membre associée, Service de périnatalité Dre Lydia Di Liddo, membre associée, Service de physiatrie Dre Marie Danielle Dionne, membre active, Service d’obstétrique/ gynécologie générale Dr Stéphane Doucet, membre actif, Service d’hémato-oncologie Dr William Fraser, membre associé, Service d’obstétrique Dr Pavan Kumar, membre actif, Département d’anesthésiologie Dre Myriam Lessard, membre associée, Service de néphrologie Dr Martin Lord, membre actif, Service de médecine nucléaire Dr Sylvain Ménard, membre actif, Service d’obstétrique/médecine de la reproduction Dr Yves Provost, membre actif, Service de radiologie Dr Jean Philippe Rioux, membre associé, Service de néphrologie Dr Frank Schwenter, membre actif, Service de chirurgie oncologique Le conseil a également approuvé la version révisée du Règlement de régie interne du conseil d’administration. Il a entériné une entente de gestion et d’imputabilité 2012-2013 entre le CHUM et l’ASSS de Montréal. Il a pris acte du dépôt du rapport annuel des activités 2011-2012 du conseil multidisciplinaire. Il a renommé le Centre des grands brûlés du CHUM Centre des grands brûlés de l’Hôtel Dieu – Jacques-Papillon, pour rendre hommage au Dr Jacques Papillon, qui a consacré sa carrière aux soins aux grands brûlés ainsi qu’à l’enseignement et à la recherche dans ce domaine.

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Suite de la page couverture

« Un défibrillateur, c'est comme le filet sous l’acrobate. Il est sûr de ne pas tomber. Mais le filet est là, juste au cas... » Mme Marie Josée Fournier, 44 ans, souffre de dysplasie arythmogénique du ventricule droit. C’est une maladie rare, méconnue même des grands spécialistes. Elle n’a eu aucune manifestation de la maladie avant 2002. Mais après avoir fait un ACV pendant son dernier accouchement, les symptômes ont commencé. Les médecins ont cru à un malaise bénin associé à de l’hypoglycémie et lui ont recommandé de faire du sport et de mieux manger. « Mais avec la maladie que j’ai réellement, je ne dois pas m’entraîner. En 2006, j’ai eu un gros malaise causé par un entraînement. On m’a conduite à l'hôpital. » Elle y est restée 16 jours, pendant lesquels on a posé le bon diagnostic, et elle est retournée chez elle portant un défibrillateur cardiaque. Cet appareil produit un choc électrique pouvant aller jusqu'à 800 volts, ce qui freine le cœur qui bat trop vite. Dans la première année, le défibrillateur lui a sauvé la vie dix fois. « La sensation d’un choc est forte et désagréable. C’est une contraction provoquant une grande frayeur. Le choc dure une fraction de seconde, mais l’effet psychologique dure longtemps. La période d’adaptation a été difficile. Ça m’a pris quatre années pour diminuer mon anxiété. L’équipe d'électrophysiologie du CHUM m’a heureusement toujours soutenue. » Pendant toutes ces années, Marie-Josée Fournier s’est beaucoup renseignée sur sa maladie et sur les défibrillateurs. Elle croyait qu’il fallait faire davantage pour aider les patients de cardiologie. Il y a deux ans, elle a cofondé l’association Défibami, avec le Dr Benoit Coutu, cardiologue électrophysiologiste, et l'infirmière praticienne Nathalie Nadon (maintenant conseillère en développement scientifique, recherche et éthique), tous deux du CHUM. Défibami compte maintenant plus de 250 membres et c’est devenu pour elle un emploi à temps plein. Plusieurs fois par semaine, elle rencontre des patients de l’Hôtel-Dieu porteurs de défibrillateur et discute avec eux. « Ces patients sont inquiets et posent beaucoup de questions. Je leur parle de l’organisme où ils peuvent se renseigner et trouver une aide complémentaire. Nous avons commencé avec les patients du CHUM, mais l’information est maintenant disponible pour les patients et leurs proches de tout le Québec. » L’association offre une ligne de soutien et les membres reçoivent quatre bulletins par année, écrits par des professionnels de la santé (cardiologue, nutritionniste, etc.). Défibami tient également une conférence annuelle où les échanges entre porteurs de défibrillateur offrent l’occasion de dédramatiser

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et facilitent l’adaptation. Mme Fournier aime à dire qu’un « défibrillateur, c'est comme le filet sous les acrobates. Ils sont sûrs qu’ils ne tomberont pas. Mais le filet est là, juste au cas... » Marie Josée Fournier est un exemple parfait de ce qu’on appelle un patient partenaire : une patiente lucide devenue experte de sa maladie, qui aide les autres malades et dont l’expertise profite également à l’équipe de professionnels qui la soigne. Pour joindre Défibami : 450 795 0088 sans frais 1 877 795 0088 info@defibami www.defibami.org


nouveau chum

Forum CHUM-COMMUNAUTÉ Le Forum CHUM-Communauté, qui mobilise des représentants du CHUM ainsi que des partenaires de la société civile locale, a repris ses travaux en juin dernier. Le Forum compte désormais un comité de coordination composé des principaux leaders du développement économique, commercial et communautaire du territoire des tables de quartier du Faubourg Saint-Laurent et du Centre-Sud. En plus de favoriser les liens de bon voisinage avec les résidants et travailleurs du secteur pendant la construction du nouveau CHUM, le Forum avait l’an dernier adopté un plan d’intégration du CHUM dans sa communauté. Le Forum de juin 2012 a fourni l’occasion de faire un premier bilan. Le projet d’embauche locale, lancé il y a quelques années, connaît un vif succès. Plus de 70 personnes ont trouvé un emploi au CHUM grâce au partenariat établi par la Direction des ressources humaines avec les organismes en employabilité et la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) du territoire. En outre, deux nouveaux milieux de stages ont été créés avec les Services alimentaires du CHUM, l’un pour les préposés aux services alimentaires et l’autre pour les cuisiniers. L’organisme Intégration jeunesse du Québec, en collaboration avec l’école Émica, a mis au point une formation sur mesure pour le poste d’agent administratif classe 3 (sur les unités de soins) avec le soutien d’Emploi Québec. Cette formation, assortie d’un stage d’un mois supervisé par la Direction des regroupements de clientèles, donne d’excellents résultats. Deux groupes de 15 participants ont été formés et plus de 25 personnes embauchées. Une activité de reconnaissance a été tenue le 6 novembre dernier pour souligner le succès de cette démarche partenariale. Un certificat a alors été remis aux nouveaux employés.

Arts et culture Les travaux du comité de sélection des œuvres qui seront installées dans le nouveau CHUM vont bon train. Un partenariat a aussi été conclu avec la Faculté des arts et de design de l’UQÀM pour l’exposition d’œuvres d’étudiants sur les palissades de chantier (voir autre article sur ce sujet, page suivante).

Habitation et valorisation urbaine Les travaux du Forum se poursuivront à l’automne avec le déploiement de deux nouveaux chantiers de travail, l’un portant sur l’offre en habitation du territoire et l’autre sur la valorisation urbaine autour du nouveau CHUM.

Services de proximité Un comité de travail se penche sur l’offre commerciale dans le secteur du nouveau CHUM. Une enquête a été menée par les ressources humaines auprès d’employés du CRCHUM et du CHUM pour connaître leurs besoins et perceptions du secteur, tandis que l’arrondissement de Ville-Marie a réalisé un portrait de l’offre commerciale à 0,5 km à la ronde du chantier. Le comité dont la CDEC fait partie, de même que les sociétés de développement commercial du territoire, a commencé l’analyse des données qui seront ensuite utilisées pour stimuler une offre locale répondant aux besoins des employés et leur faire connaître les ressources du secteur.

Réunion du comité de coordination du projet d’embauche locale, de gauche à droite : Maria Stroia, conseillère en emploi, Centre des femmes de Montréal ; Angélique Garpier, conseillère au placement, Carrefour jeunesse-emploi, Centre-Sud | Plateau Mont-Royal | Mile-End ; Jasmine Parent, conseillère en gestion des ressources humaines, CHUM ; Marie-Ève Hébert, conseillère en développement communautaire, CHUM ; Daniel Léonard, agent de développement en employabilité, CDEC Centre-Sud - Plateau Mont-Royal ; Sylvie Baillargeon, directrice générale, Intégration jeunesse du Québec ; et Richard Charette, responsable SARCA, CSDM (Services d'accueil, de référence, de conseil et d'accompagnement de la Commission scolaire de Montréal). Absente : Myrelle Raymond, agente de la gestion du personnel, CHUM.

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L’art au chantier

Des œuvres d’étudiantes de l’UQÀM sur les palissades La démarche d’intégration des arts et de la culture en milieu hospitalier entreprise au CHUM connaît un nouveau développement original : un projet d’art sur les palissades entourant le chantier de construction du nouvel hôpital. Ce projet est une illustration supplémentaire de la présence active du CHUM dans sa communauté, grâce à un partenariat mis en œuvre avec une importante voisine, l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Le mandat : animer les palissades de chantier, afin d’en faire une véritable galerie publique… Et pourquoi ne pas collaborer avec de véritables artistes, de jeunes artistes, à qui ce projet permettrait de se développer ? Une alliance s’est donc tout naturellement formée entre l’UQÀM et le CHUM, où l’enseignement fait partie de la mission et où la pratique artistique est encouragée chaque fois que cela est possible. Ensemble, les deux institutions ont travaillé à transformer les abords du chantier du nouveau CHUM. La galerie publique se décline en trois sections : des panneaux qui présentent une vision du nouveau CHUM, tel que sera l’hôpital à son ouverture en 2016, ainsi que deux magnifiques projets des étudiantes de la Faculté des arts de l’UQÀM. Les œuvres Dissonance, de Maude Paquette-Boulva, étudiante au baccalauréat en design graphique, et L’alliance des pôles, d’Anne-Renée Hotte, étudiante à la maîtrise en arts visuels, mettent respectivement en scène des créations de design graphique et des œuvres d’art photographique. Ces œuvres ont été réalisées sous la coordination de la designer multidisciplinaire et diplômée de l’UQÀM, Serina Tarkhanian, supervisée par les professeurs Maurice Cloutier, directeur de l’École de design, et Jean Dubois de l’École des arts visuels et médiatiques. Tantôt dynamiques, tantôt plus contemplatives, les œuvres qui habillent les palissades ne cherchent pas nécessairement à dépeindre le milieu hospitalier. Elles sont une réflexion, une proposition, sur la vie, les espaces qui nous entourent, sur les saisons aussi… Elles sont autonomes.

« La participation à des projets d’intégration de l’art à la ville permet de sortir la création artistique de l’enceinte de l’université, mais surtout, de partager cette création avec la population. Ce n’est que l’une des nombreuses manières dont l’UQÀM participe au mieux-être de la collectivité. » Avec ses palissades, l’environnement du nouveau CHUM s’embellit. « Un nouvel hôpital ultra moderne, mais ô combien humain, qui redéfinira l’expérience hospitalière, assure M. Paire. Notre CHUM, le présent comme le futur, nous le voulons près des gens, au cœur de sa communauté. »

L’art dans la cité « Les arts contribuent à décloisonner l’hôpital et à en faire un milieu plus humain, a indiqué M. Christian Paire, directeur général du CHUM, lors du dévoilement des œuvres. En collaborant avec notre communauté avoisinante pour réaliser ce magnifique projet, non seulement nous permettons à deux jeunes artistes de développer leur talent, mais nous contribuons également à rendre l’art accessible à tous, que ce soient nos patients, leurs proches, notre personnel, ou encore les passants et curieux qui circulent à proximité du chantier. Comme le soulignait M. Claude Corbo, recteur de l’UQÀM, lors de la cérémonie d’inauguration des palissades, le 21 août dernier :

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M. Claude Corbo, recteur de l’UQÀM et M. Christian Paire, directeur général et chef de la direction du CHUM.


nouveau chum Dissonance Maude Paquette-Boulva, étudiante au baccalauréat en design graphique à l’UQÀM, devant son œuvre qui orne les palissades du chantier. Comme une vie, une ligne a un début et une fin. Dissonance se veut un portrait d'une société illustrée dans sa plus simple expression, où les vies cheminent côte à côte et où les liens tissés ont un début et une fin. Les revirements entre ces deux points restent à déterminer, et ce sont ces notes qui viennent rompre l'harmonie qui rendent le tout mémorable, avec le recul. L'œuvre cherche ainsi à mettre en lumière les joies et les peines, le bon et le mauvais, qui font partie intégrante du tableau, de nos vies et de l'histoire.

L’alliance des pôles Anne-Renée Hotte, étudiante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques La série photographique L’alliance des pôles, conçue au cours des sept dernières années, est constituée de 13 photographies sous le thème des relations familiales. Dans ces images, des paysages grandioses deviennent le théâtre où les protagonistes posent des gestes simples et énigmatiques – souvent empreints d’empathie – qui évoquent les liens unificateurs d’une cellule familiale. À la fois symbole d’identité et du passage du temps visible au fil des saisons, le paysage projette ces actions dans un espace idéal, imaginaire et hors du temps.


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