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N°1 2022-2023

LE MAGAZINE DU

AVEC CELLES ET CEUX QUI Y CONTRIBUENT, DE PRÈS OU DE LOIN LE CCO EN UN COUP D’ŒIL LA CONCERTATION POUR LES NULS DANS LES COULISSES : Fablab, concerts, ateliers… PORTEURS D’INITIATIVES : Notre accompagnement PUBLIC-PRIVÉ, Expériences croisées « Les Allotropies »

Gagnez DES PLAC E DE CONCE S RT ! p.40


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AVEC, LE MAGAZINE DU

A 2022 - 2023

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LES DROITS CULTURELS,

DES DROITS HUMAINS INDISPENSABLES Avignon, en plein festival, une table ronde sur les droits culturels, animée par Pascale Bonniel-Chalier, spécialiste des politiques culturelles et conseillère régionale AuvergneRhône-Alpes écologiste. Parmi tous les intervenants, experts des droits culturels et observateurs des politiques publiques, nous avons sélectionné quelques passages pour comprendre le sujet. Morceaux choisis.

Quel est l’avenir des politiques culturelles ?

Vincent Guillon, directeur de l'Observatoire des politiques culturelles (recherche, publications, concertations, rencontres publiques, formations). AVEC

Z « Le triple problème des politiques culturelles peut se résumer en trois mots : la saturation, la désaffection, la repolitisation. Le problème n'est pas nouveau. En revanche,

qu'on cherche à le résoudre est plus inédit. La saturation est un problème de type politico-institutionnel, étroitement lié à la façon dont les politiques culturellesse sont développées depuis 1980 suivant une logique d'accumulation. Tel un catalogue auquel on ajouterait un certain nombre de services ou d'équipements durant une période de forte croissance budgétaire. L’évolution s’est faite par accumulation de couches successives. Mais, formulé de façon un peu triviale, on n'a plus la capacité d'ajouterde nouvelles pages à ce catalogue de politiques culturelles. Dans ces conditions, comment continuer à faire des politiques culturelles, c'est-à-dire comment continuer à intégrer l'expression de nouvelles demandes sociales ou comment continuer à intégrer d'autres finalités politiques à ce système ? Second problème : la désaffection. Il n'y a pas, depuis 1970, d'évolution significative de la fréquentation de ce catalogue d'offres culturelles. Cette fréquentation correspond encore à des pratiques socialement minoritaires, homogènes et en déclin,et cela


malgré la sophistication de l'ingénierie culturelle qui témoigne d'efforts conséquents pour élargir la base sociale de la fréquentation de l’offre. Or, depuis quelques années également, on voit qu'à ce non-élargissement social s'ajoute le non-renouvellement générationnel de ces pratiques de fréquentation. De génération en génération la fréquentation est toujours moins intense. La dernière enquête sur les pratiques culturelles des Français en 2018 fait apparaitre une nouvelle rupture générationnelle. La question à moyen terme : les salles seront-elles encore pleines ? Et la crise Covid (et le fait que les publics tardent à revenir) n’est-elle pas davantage l’accélérationd'une tendance statistique déjà lourde et observable depuis 1980 ?

Vincent Guillon, Pascale BonnielChalier et Grégory Doucet

« Les enjeux de transitions à l’heure des droits culturels »

Grégory Doucet, le maire de Lyon. L’engagement du mandat : investir 137 millions d’euros pour la culture. AVEC

Troisième problème : la repolitisation des politiques culturelles. C'est un problème pour un secteur qui s'est développé dans une forme d'illusion de neutralité idéologique. C’est illusoire car une idéologie est un système d'idées cohérent. Or, notre politique culturelle est héritée d’une option politique de la culture : le fait de croire au bénéfice social et démocratique du contact avec un certain nombre de références artistiques, culturelles, patrimoniales ; références dont la sélection est aux mains d’une catégorie de spécialistes. Mais cette repolitisation, qui est aussi un horizon positif, prend principalement trois trajectoires : - la référence aux droits culturels des personnes comme cadre normatif des politiques culturelles. - la conditionnalité de l'octroi du soutien public : conditionnalité environnementale, mais aussi conditionnalité de nondiscrimination, conditionnalité d'égalité des genres, conditionnalité participative, etc. - la promotion de nouveaux imaginaires, de nouveaux symboles, de nouveaux récits, en mesure d'incarner ce qu'on pourrait appeler le mouvement des transitions. Alors, ça passe par cette promotion de la culture du vivant, par cette promotion des tiers-espaces ou des tiers-lieux, etc. »

« Notre politique culturelle est structurée autour d’un principe : « La ville de Lyon sera une ville de la création artistique ». Cela guide nos investissements sur des lieux de création comme les ateliers chorégraphiques, la Villa Gillet, les résidences d'artistes développées dans les écoles, etc. Soutenir la création, pour moi, c'est essentiel. Enfin, autre axe essentiel, la transition écologique et solidaire. Il y a bien évidemment l'évolution des pratiques avec l'intégration, les coresponsabilités, on arrête de prendre l'avion, on recycle les décors, on baisse nos dépenses d'énergie… Il y a aussi la production de nouveaux imaginaires, de nouveaux récits. La transition, c’est se mettre en mouvement, c’est contribuer à transformer des choses. La neutralité carbone, ça ne fait pas vraiment un récit très emballant, ce n'est pas très sexy comme projet, même si on se dit qu'on vivra mieux ensuite. Oui, mais vivre mieux, qu’estce que cela signifie ? Comment seront nos sociétés demain ? Comment nos modes de vie auront-ils changé ? En tant que politique, je ne suis pas capable de vous dire dans quel monde on vivra dans vingt ans. Samuel Mecklenburg


DROITS CULTURELS Je peux m'entourer d’experts de la prospective, mais sans les artistes pour nous interroger sur les valeurs que l’on souhaite faire grandir, sur l’avenir que l’on souhaite à nos sociétés demain… on n'avancera pas. La transition est aussi bien dans les pratiques très concrètes que dans la création artistique. Je suis très attaché à la coopération, entre tous les acteurs culturels : les grandes institutions et les petites, l’Opéra, les Célestins, l’ONL mais aussi les théâtres d’arrondissement ou les MJC. Je crois à l'importance de la coopération entre ces acteurs pour faire émerger de nouvelles expressions artistiques et culturelles. Je me sens responsable de faciliter cette émergence. Pour reprendre l’éditode René Rizzardo dans la revue de l’Observatoire : « Parler de projet politique ne signifie pas politiser la culture. C'est préciser, c'est dire les conditions qui seront créées pour rendre possibles ces enjeux, pour rendre possibles l'irrigation et l'innervation culturelle de la société, rendre le champ social perméable à l'idée même d'art et de culture. » Y

LES DROITS CULTURELS, EN 600 CARACTÈRES Michel Kneubühler a travaillé au ministère de la Culture avant d’être aujourd'hui enseignant et consultant en politiques culturelles. Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), tous les êtres humains, étant « égaux en dignité et en droits », ont le droit de « participer librement à la vie culturelle ». Or, tout être humain est, par essence, un être de culture : il a donc le droit, non seulement d’accéder aux œuvres et aux savoirs, mais aussi de se choisir ses propres références et d’apporter sa propre contribution. Comme aimait à dire le poète et metteur en scène Jean Bojko, « toute personne est d’abord riche de ce qui la constitue comme un être sensible et pensant avant d’être pauvre de ce qui lui manque. »

Décloisonner la question culturelle, un enjeu de démocratie AVEC Christelle

Blouët, fondatrice et coordinatrice du Réseau culture 21, une association indépendante créée en 2009, qui promeut la diversité et les droits culturels dans l’ensemble des politiques publiques. « La déclaration de Fribourg date de 2007, mais elle est le fruit d’un travail beaucoup plus long sur les droits humains et la place des droits culturels au sein des droits humains. Les droits culturels ne sont pas une notion récente. Ils sont présents au côté des droits économiques, sociaux, politiques et civils depuis toujours. Ce qui est intéressant : ils sont levier de l’ensemble des droits humains. L'approche des droits culturels propose d'imaginer tous les possibles pour que chacun puisse prendre place dans cette culture démocratique, très fragile, voire aujourd’hui en recul. Les droits culturels permettent de construire du socle commun entre des professionnels de l'action publique qui n'en ont pas. Ils permettent à différentes fonctions, au sein des collectivités, des associations et des institutions, de travailler en transversalité, alors qu’ils sont cloisonnés. Tous ces cloisonnements et ces étanchéités ne permettent pas de construire des politiques publiques, notamment les droits culturels, très démocratiques. »


Christian, participant de l’atelier des Temps d’arts. Cet ancien instituteur est devenu un membre phare de ce groupe d’artistes-habitants. Après huit ans de pratique, il a été sélectionné l’année passée pour exposer en tant qu’artiste à la Biennale Hors Normes.

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Lionel Rault

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DE LA PRATIQUE AMATEUR À L’OUVERTURE ARTISTIQUE L’atelier des Temps d’arts conserve une place toute particulière au sein du CCO. Ce groupe autonome composé d’artistes-habitants a inauguré, il y a huit ans déjà, le tout premier atelier d’expression artistique de l’association. Depuis, sous l’impulsion de l’intervenante Jacqueline LiMichaud, ces artistes créent ensemble des œuvres aussi bien individuelles que collectives exposées chaque année. Comment a commencé l’aventure des Temps d’arts ? Tout a commencé par la rencontre avec Fernanda Leite (Ndlr, directrice précédentedu CCO). Je lui ai exprimé mon envie de créer un atelier et d’enseigner, une fois à la retraite. La première année, on a travaillé avec le CCAS de Villeurbanne qui nous a envoyé des personnes isolées et en quête de sociabilisation. Nous étions une douzaine. Très vite, il s'est créé un lien humain et des rapports amicaux entre participants. Le programme était prévu pour un an afin de laisser la place à un autre groupe, mais comme les participants ne souhaitaient pas se séparer, j'ai proposé de poursuivre bénévolement. Nous terminons actuellement

la huitième édition, avec un noyau de départs et de nouvelles arrivées. En quoi consiste cet atelier ? Nous avons trois objectifs. D’abord, l’acquisition par nos participants de moyens (peinture, feutres, crayons…) et techniques (collage, peinture murale, linogravure, lavis, encre de Chine, craie grasse, volume, papier mâché…). Ensuite, nous souhaitons nous associer aux événements principaux du CCO, précisément Mémoire vive et Aventure Ordinaire. Dans ce cadre, nous avons réalisé des décors de théâtre, un totem, des expositions collectives de travaux, une fresque, des mobiles… avec la volonté de nous ancrer dans un lieu et dans une structure sociale. Enfin, chaque année, nous participons à l'œuvre Rencontre de la Biennale Hors Norme. En 2021, Christian a été choisi pour y exposer en tant qu’artiste. Au bout de huit ans, nous sommes devenus un groupe d’artistes amis qui travaillons en toute indépendance. Des liens privilégiés se sont créés entre les membres qui n’hésitent pas à aller voir des expositions ensemble. Cela a apporté une grande ouverture artistique. Qu’est-ce que l’atelier t’apporte ? J’anime toujours cet atelier avec beaucoup de passion, d’intérêt et de plaisir. Il m'enrichit car on s'enrichit toujours du travail des autres. J’ai développé avec eux des démarches originales que j’ai découvertes en même temps qu’eux. Cela m’a encouragée à chercher d’autres techniques que je n’aurais pas cherchées seule.


FAIRE NAÎTRE DES MONTAGNES R Tous les mardis après-midi, Céline Dodelin réunit habitants du quartier et occupants du CCO autour d’un atelier : les Renc’arts ! Cette année, ce sont des montagnes qui ont jailli aux quatre coins du CCO. Colorées, de toutes formes et fabriquées à l’aide de nombreuses techniques, elles ornent les rebords de fenêtre, les terrasses du bâtiment et sortent même de terre pour cohabiter avec le paysage environnant.

au sein d’un projet à la fois poétique et esthétique, elle pointe du doigt les plantes sauvages pour les montrer à tous.

Céline Dodelin commence sa pratique artistique en croisant art contemporain et nature. Lorsque celle-ci quitte ses montagnes natales pour s’installer en ville, elle se met à la recherche du moindre coin de verdure. Avec des installations éphémères en ville, elle commence par changer son regard sur les mauvaises herbes ou les petits animaux urbains. Souhaitant bouleverser la vie citadine

Aujourd'hui, elle développe une recherche sculpturale au contact de l’argile autour du thème de la géologie et plus particulièrement des montagnes, au travers de ses différents projets artistiques.

Elle travaille pendant plusieurs années au sein d’un collectif d’actions artistiques puis fonde l’Atelier des Friches en 2009. Elle entame en parallèle un projet avec des scientifiques, offrant des refuges aux pontes d’abeille sauvage.

Céline est également formatrice à l’atelier matière Contact et dispense des ateliers thérapeutiques à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu. Lionel Rault

Margot Nicolet, Pauline Rousseau


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AUGMENTER LA RÉALITÉ POUR MIEUX LA REGARDER R La face dansée de l’Autre Soie naît d’un désir partagé entre la compagnie Corps Au Bord et le CCO La Rayonne, partenaires depuis 2018 : créer un parcours chorégraphique en réalité augmentée, à l’image de la diversité du lieu. Les scènes construites en 2019, 2020, 2021 et 2022 feront partie du parcours en 2023. Chaque année, dans le cadre d’événements du CCO La Rayonne, une nouvelle performance déambulatoire est organisée pour présenter au public le travail en cours. L'ensemble des participants sont invités à danser en live avec les danseurs de la compagnie. « C’est une œuvre à la lisière des arts vivants et des arts numériques, composée de scènes immatérielles réparties sur le territoire, explique Natacha Paquignon. Muni d’une tablette ou de son smartphone équipé d’une application développée pour le projet, le public est guidé grâce à une carte et à différents procédés interactifs. Comme dans un jeu de piste, il arpente les lieux à la recherche d’indices visuels dans l’espace réel. Il est invité à scanner ces indices pour faire apparaître les danseurs ou le contenu sonore correspondant à chaque espace. Des corps holographiques surgissent en réalité augmentée dans le paysage. Ici, le décor, c’est le prochain quartier solidaire et inclusif l’Autre Soie, aujourd’hui en travaux. Comme tout art dans l’espace public, je fais le pari que la présence artistique transforme notre conception d’un paysage commun. La face dansée de l’Autre Soie met en scène une multiplicité de corps bruts ou entraînés. Cette co-interprétation de l’œuvre cherche à déplacer notre point de vue sur la danse, sur les danseurs et danseuses qui cohabitent dans une création. »

CONTAMINATIONS POÉTIQUES R Depuis 2017, la compagnie théâtrale Systèmes K, emmenée par sa directrice artistique Michèle Bauerlé, arpente les rues et places du quartier des Brosses à la rencontre de ses habitants. Dans le cadre de sa résidence immersion au sein du CCO La Rayonne, elle s’est nourrie du chantier pour y construire des créations artistiques participatives. L’aventure commence il y a cinq ans, à l’initiative de l’ancienne directrice Fernanda Leite qui propose à Michèle Bauerlé d’accompagner le nouveau site de l’Autre Soie. « Quand on réfléchit à un environnement, on réfléchit aux arts qui lui sont nécessaires, on se préoccupe des formes pour intéresser les gens à ce site. Travailler avec une population n’est pas un prétexte, c'est une histoire d’amour. » De la réalisation des chrysalides avec le lycée Alfred de Musset, au portrait des Gens des Brosses, la compagnie s’est, peu à peu,


rapprochée des personnes, de leur intimité, pour tisser une toile invisible qui crée un territoire. C’est « la contamination poétique ». À compter de 2020, l’Autre Soie entre dans une période de chantier. Un nouveau terrain de jeu et d’occupation artistique. S’y sont créés deux spectacles, « Question de sol » en 2020, puis « Mémoire de façades » en mai 2022, tous deux construits dans la rencontre entre l’équipe artistique, les gens qui traversent le CCO et la singularité du lieu. « Travailler sur le chantier, c’est travailler sur la transformation de la ville, sur les paysages qui changent, avec des choses qui disparaissent. La créativité des participants agit sur leur environnement : ils marquent un territoire de leur présence. Ça crée une mémoire, une histoire commune. Ils font peuple, créent une émotion, des liens. » La suite, nous ne la connaissons pas encore. En résidence permanente au CCO, Michèle Bauerlé sait qu’une nouvelle création peut naître à chaque seconde.

ÉCOUTER SANS JUGER ET SOUTENIR LA CRÉATION R « Point de Chu...t » naît de la demande d’adolescentes du Centre d'hébergement d'urgence (CHU) Alfred-de-Musset à Villeurbanne de construire un projet musical rap et slam par et pour les jeunes. Une envie pour elles de mettre en mots leur adolescence différente, entre l’anonymisation créée par leur statut administratif, la précarité de vie, leur rôle de support familial et leur désir d’expression, d’agir, d’émancipation. En coproduction avec Alynea, le CCO a accompagné 14 jeunes dans la création. Des artistes professionnels se sont mis à leur service pour produire une œuvre collective grâce à des ateliers hebdomadaires d'écriture, des stages intensifs pendant les vacances scolaires, des répétitions et des représentations publiques : MAO, écriture, rap, composition musicale, éloquence, improvisation... Le dispositif a également été suivi par un réalisateur pour produire deux clips musicaux et un documentaire. Melisa témoigne : « Elles nous ont écoutées, elles nous ont comprises, nous et ce qu’on voulait dire. Elles n’étaient pas là pour juger mais pour nous comprendre et nous aider. Tracy de Sà (ndlr : rappeuse et marraine du projet) m’a donné confiance en moi et donné l’envie de faire ce que je voulais et pas ce qu’on attendait de moi. » Lionel Rault

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LE SURCYCLAGE POUR RIRE ET (SE) FABRIQUER (UN ESPACE À SOI) Chaque mercredi soir au CCO La Rayonne, une dizaine de femmes se donnent rendez-vous dans l’atelier de création. Elles s’y retrouvent pour discuter, rire, partager les bons plans mais surtout pour percer, visser, découper, scier… Objectif : donner une seconde vie à des matières destinées à être jetées, ave l'aide de la créatrice Jesse Wellard.

Ci-dessus, Cécile, participante À gauche, Jesse Wellard et une participante

Interview de Jesse Wellard Comment avez-vous commencé ? En 2018, j’étais résidente à l’Autre Soie. C’est ainsi que le CCO a repéré ce que je faisais et m’a proposé d'animer l’atelier surcyclage. Depuis, je ne suis plus résidente, mais je teste ici des ateliers que je ne propose pas ailleurs, pour renouveler nos pratiques. Quelle est la place des participantes dans les ateliers ? Au départ, j’ai proposé des matières ou des objets. Je consulte toujours les participantes. Certaines m’ont fait part de leur envie de créer un objet particulier. Inversement, d’autres arrivent avec des matières sans savoir comment les transformer. Cela crée une belle dynamique de groupe, qui par ailleurs s’organise des piqueniques, des apéros, des sorties, échange sur son groupe whatsapp… Il y a vraiment du lien entre elles. Les participantes ont-elles changé au fil du temps ? Elles sont passées de la sensibilité au surcyclage au réflexe, à force de partager idées et techniques. Cela impacte même la manière de consommer de certaines participantes.

Interview de Cécile, « sur-cycleuse » « Le surcyclage est quelque chose qui me parle complètement car j’aime revaloriser les matières inutilisées. C’était déjà une pratique chez moi mais que j’avais du mal à concrétiser dans mon coin. Je déteste jeter et je déteste gaspiller, c’est quelque chose de passionnel ! Ça m’aide à reprendre confiance en moi parce que j’ai des difficultés dans la vie et j’arrive avec la patience de Jesse à aller au bout d’une activité qui me parait difficile. J’arrive avec les autres à trouver la patience et l’énergie pour aller jusqu’au bout de l'œuvre. Ce sont des petites victoires qui m’aident. C'est thérapeutique. En particulier cette année, ce groupe de femmes est devenu presque indispensable à mon équilibre. Ça m’a aidée pendant le confinement : on se fixait des petits objectifs, des défis hebdomadaires pour créer. Le fait de dessiner, de prendre une planche, m’a permis de développer ma créativité, de lui donner une forme. Ce que m’a apporté l’atelier ? M’obliger à réserver un espace de création chez moi. »


FOLIES SINGULIÈRES À LA RAYONNE Inaugurée en septembre 2021, la Micro-Folie La Rayonne a développé sa singularité : celle de devenir un outil de création collective. Centré autour de son musée numérique, permettant à chacune et à chacun de (re)découvrir plus de

1600 œuvres numérisées issues des plus grands musées nationaux. Ce dispositif est renforcé par le Fablab, véritable laboratoirede fabrication au sein duquel les machines sont au service de la créativité du public pour les aider à réaliser des objets et ses projets. Ce nouvel équipement culturel porté par La Villette constitue l’un des socles artistiques du CCO. Accessible gratuitement lors des grands événements de l’association, il renforce la construction de références communes au sein des ateliers d’expression, et constitue un point de départ à l’élaboration de cycles créatifs à destination des scolaires. Notre dispositif de musée numérique et de Fablab se déplace également dans les écoles pour s’inscrire dans des parcours pédagogiques pensés et construits avec les équipes enseignantes. Les propositions et les créations numériques et artistiques associées sont pensées avec les artistes pour faire des projets Micro-Folies autant de moments d’inspirations et de regards sur l’art pour emmener les enfants vers des créations collectives. Lionel Rault, Mélina Damou

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LE FABLAB POUR APPRENDRE ET SE DESSINER UN AVENIR À destination des jeunes en difficulté dans leur parcours scolaire ou leurs recherches professionnelles, le Fablab Solidaire propose avec le soutien de la Fondation Orange un programme d’apprentissage électronique et numérique au travers d’usages conviviaux, créatifs et émancipateurs. Objectif : redonner confiance en soi, acquérir de nouvelles compétences, réaliser des projets collectifs via des parcours sur mesure dans un lieu propice à l’expérimentation. C’est aussi un moyen de créer la rencontre entre habitants, artistes et associations, où les jeunes deviennent ressource auprès des autres usagers.

Mike, Jérôme (prénom d’emprunt) et Yaya sont venus dans le cadre du Fablab Solidaire tout au long de l’année 2021. Ils nous partagent ici leur expérience et ce qu’ils en retiennent : AVEC

Mike

J’ai connu le Fablab parce que je cherchais à me reconvertir dans l’informatique et Angle 9 m’a orienté vers le CCO. J’ai pu réaliser un jeu vidéo de A à Z et fabriquer une borne d’arcade. J’ai donc surtout utilisé les ordinateurs et les petits outils pour l’ordinateur, je n’étais pas intéressé par les machines. Je m’entendais bien avec Sayat (ndlr : le médiateur numérique de l’époque) et les autres personnes qui venaient. C’était cool ! Aujourd’hui je viens de terminer une formation en développement web et mobile mais je n’ai pas encore trouvé d’alternance. AVEC

Jérôme

J’ai connu le Fablab grâce à l’Angle 9 ! J’étais en recherche d’emploi dans le domaine du hardware. Je venais 2 fois par semaine le matin entre janvier et l’été 2021. Ça m’a permis d’apprendre beaucoup de choses en informatique et aussi dans la vie de tous les

jours : visser correctement, utiliser une pince multiprise... Ce que je préfère, c’est la soudure, j’ai aussi pu faire du démontage de PC. J’ai fait des rencontres intéressantes et côtoyer des gens m’a aidé, chose que je fais rarement. Je reviendrai pour l’équipe mais avant de reprendre une activité, je compte finir ma réhabilitation. AVEC

Yaya

J’ai connu le Fablab par mon assistante sociale qui m'a orienté vers Sayat pour faire du numérique. Ça m'a permis d'apprendre quelques logiciels comme Blender, Photoshop, Godot, mais aussi le reconditionnement des ordinateurs. J’ai pu faire de la modélisation de pièces d’outils. Ma machine préférée était l'imprimante 3D mais je préfère utiliser les outils liés à la réparation d’ordinateurs. Je viens de signer un contrat d'apprentissage en installation thermique et sanitaire mais si j’ai le temps, j’aimerais bien revenir au Fablab.


(imprimante 3D, découpe laser…) pour créer et expérimenter le « faire soi-même » avec les autres, en privilégiant l’apprentissage collectif et le partage d’expérience. La médiation numérique vise à créer du lien, s’informer et se former, accéder à divers services. On entend aussi bien la fabrication assistée par ordinateur que l’usage d’internet, en passant par l’apprentissage de la photo. Au-delà du matériel, les ressources numériques du CCO, ce sont donc avant tout des personnes qui sauront faciliter l’accès à ces connaissances et compétences : Élisabeth, la responsable de l'atelier, et Adrien, le médiateur numérique.

Pour en savoir plus, larayonne@cco-villeurbanne.org

DES RESSOURCES NUMÉRIQUES POUR TOUTES ET TOUS S’informer, accéder à des services, partager de la connaissance, structurer son activité, créer, fabriquer, imaginer de nouvelles façons de faire…Bien que le numérique soit aujourd’hui partout et à portée de main, son appropriation et son utilisation ne vont pas de soi, sans parler des nouvelles technologies qui ne cessent d’évoluer et ne sont pas toujours à disposition de tous. Au CCO, le numérique infuse dans l’ensemble des activités portées, que ce soit dans les projets créatifs et artistiques ou l’accompagnement aux associations, en passant par les usages du quotidien et l’émancipation des personnes. Le pôle ressources numériques, c’est l’union d’un Fablab et d’un espace de médiation numérique. Le Fablab est un atelier qui démocratise des machines et outils, allant des outils classiques (travail du bois, soudure, machine à coudre…) jusqu’à des machines de haute technologie


Le spectacle Mémoire de façade, présenté le 14 mai 2022 au CCO La Rayonne est le fruit d’une collaboration artistique entre le photographe Lionel Rault,


la compagnie Systèmes K et des habitantes du quartier. Il retrace l’histoire du chantier de l’Autre Soie et l’intimité de ses occupants. Héloïse Rochette Guglielmi

Margot Nicolet


PORTFOLI

Le parc de l’Autre Soie est une source d’inspiration inépuisable, à l’origine et en résonance avec les créations artistiques réalisées in situ. Tout au long de l’année, il s’habille d'œuvres d’arts créées avec les habitantes et les habitants du quartier pour devenir au fil des mois un véritable musée à ciel ouvert.


Lionel Rault est le photographe du chantier urbain de l’Autre Soie. Son projet Quel Chantier ! évolue au fil de la transformation des bâtiments, en pleine réhabilitation pour en conserver, avant la démolition, l’aventure intime.

Héloïse Rochette Guglielmi Margot Nicolet


L’installation sonore Bruissements de Ville est un projet mené par la compagnie du blÖffique Théâtre et 6 classes de Villeurbanne. Composées à partir de matériaux


de chantier, de grandes installations ont été implantées le temps d’un week-end au parc de l’Autre Soie, donnant à écouter les paysages sonores de la ville. Héloïse Rochette Guglielmi

Margot Nicolet


Imaginez, un soir de semaine, une trentaine de personnes réunies. Prenez des entreprises, des habitants, des associations, des artistes, des chercheurs et des collectivités. Trouvez un lieu inattendu, agrémentez de boissons fraîches et de petits fours et introduisez un sujet de société. Chaque participant est alors invité à partager son expérience personnelle et entendre celles des autres, parfois très loinde ses propres réalités. Voici les grands ingrédients de la recette de l’Allotropie, ce nouveau format de discussion initié par le Fonds de dotation La Rayonne.


« Pour commencer, l’Allotropie met tout le monde sur un pied d’égalité car personne ne sait vraiment ce que veut dire ce mot grec », confie en souriant Harout Mekhsian, le directeur du CCO La Rayonne. En science, ce mot évoque la capacité d’un corps à se présenter sous plusieurs formes différentes. Et c’est réussi. On facilite la prise de parole en invitantà ne pas faire de « discours de sachant », mais plutôt à se baser uniquement sur du partage d’expérience, du vrai. Tanguy Guézo


ALLOTROPIES

LA VITALITÉ D’UNE VILLE « Qu’est-ce qui est signe de vitalité dans un quartier ? » Pour cette première Allotropie accueillie par NEXITY au HipTown Part-Dieu, une trentaine de personnes ont échangé dans l’espace cosy de ce co-working. Retrouvez des témoignages de participants, ainsi que les idées exprimées, dessinées par Fabienne Régnier.

AVEC

Fabienne Régnier, illustratrice,

Pour rendre compte des échanges lors de ces Allotropies, nous avons fait appel à Fabienne Régnier, spécialiste en « Facilitation visuelle ». C’est à elle que l’on doit la mise en dessin de nos idées. Un accompagnement bénévole. Merci Fabienne ! Pour découvrir son expertise faregnier.com


Mélissa Abdelbost (Lyon 8), bénévole dans une association de danse urbaine AVEC

Le format très hybride m’a surprise ! Ce n’était ni une table ronde, ni un espace conventionnel. Je m’attendais à rencontrer des profils assez différents, notamment des décideurs, des personnes qui font la ville. Il y avait une dame qui parlait des personnes qu’elle accompagnait dans les quartiers défavorisés. Elle parlait de son rôle, de sa réalité à elle, ça m’avait marquée car c’est quelque chose que j’entends surtout dans les discours politiques et en parlant de vitalité, c’est souvent pour le pire. Mais pouvoir l’entendre sur quelque chose de plus concret, sur du terrain et tout en ayant une part optimiste, c’était vraiment intéressant.

Jonathan Bocquet (Charpennes), adjoint au maire de Villeurbanne en charge de la Transition Démocratique, des finances, des travaux et de la performance de l’administration. AVEC

Avant même la thématique, je ne savais pas comment le CCO allait s’en sortir pour réussir à mener le débat et le rapport très différent de chaque personne à la prise de parole. Et j’ai trouvé que c’était bien à leur image : hétéroclite dans les profils invités et audacieux dans l’expérimentation et la liberté de surprendre. J’ai été surpris par le décalage de traitement de ce sujet, dont en tant que collectivité on est habituellement saisi. Cela aurait pu être juste un sujet de doléance mais les échanges étaient foisonnants. Il n’y a pas eu de propos révolutionnaires, mais des paroles décalées qui ont obligé à faire des pas de côté. Cela ajoute une pierre à la démocratie locale et à la possibilité donnée aux citoyens de se saisir des sujets.


ALLOTROPIES

Rachel Gaspar (Charpennes), professeur d’histoire-géographie au lycée AVEC

La ville est un sujet qui me passionne ! En tant que prof d’histoire-géo, il y avait des éléments vifs et des points de vue exprimés qui ne sont pas ceux auxquels j’ai accès d’habitude. Entendre le promoteur immobilier qui explique sa manière d’appréhender l’espace et les projets était très intéressant. J’avais sans doute des a priori là-dessus. C’était très enrichissant aussi d’avoir une parole qui ne soit pas que envolée mais qu’elle puisse donner à penser pour le futur grâce à la facilitation graphique.


Frédéric Marchal (Métropole de Lyon), promoteur immobilier AVEC

J’étais très interrogatif pour cette première et l’expérience fut une agréable surprise. Dans mon univers professionnel, on doit souvent travailler avec des personnes qui regardent par des prismes très rapprochés. Avoir ici une grande diversité de regards et d’expériences était extrêmement enrichissant. Il y avait aussi un respect infini des avis, les personnes pouvaient s’exprimer entièrement. Chacun pouvait apporter son propre patrimoine et la diversité était le mot central de la sensation donnée.


ALLOTROPIES

FAUT-IL SORTIR DU PROJET ? Alexandre Campillo (Caluire-et-Cuire), promotion immobilière AVEC

Je m’attendais à un débat philosophique, technique et quelque part, ça me stressait un peu. Mais quand j’ai vu que c’était plus un partage de ressenti et que les gens parlaient avec le cœur, c’est devenu vite très sympa. J’ai pu partager un exemple de vie personnelle, ce qui me change de toujours parler de ma vie professionnelle. Ce qui m’a aussi surpris, c’est qu’il n’y avait pas forcément une recherche de consensus. Il y avait des positions affirmées, une vraie liberté de ton et un respect des idées différentes. Au cocktail, les gens allaient directement vers les autres pour poursuivre les échanges et c’était vraiment beau.

Sophie Choplain (Sainte-Paule, Beaujolais), accompagnatrice d’initiatives AVEC

On était dans un lieu beau et désuet. Cette rencontre m’a beaucoup inspirée car j’ai rencontré des personnes qui cherchaient vraiment à devenir plus responsables. J’ai pu échanger en toute franchise avec le président d’un grand groupe autour de ses engagements et de la manière dont il arrivait à garder la motivation de ses collaborateurs. On s’est retrouvé, je ne sais plus comment, à discuter d’être dedans ou de sortir du système pour trouver des solutions face au changement climatique et aux crises à venir. Les échanges m’ont beaucoup inspirée.


« Quelle place devrions-nous laisser à ce qui n’est pas prédéfini ? » Pour cette deuxième édition accueillie par SEDELKA, rendez-vous dans un jardin secret de la rue Feuillat, dans le 3e arrondissement de Lyon.

Nicole Dubois (Croix-Rousse), architecte d’intérieur AVEC

Il y avait un respect dans ce grand groupe qui ne se connaissait pas mais qui a réussi tout de suite à s’écouter. J’étais surprise que l’entreprise accueillante était dans une position d’écoute, ce qui est assez rare dans le métier. J’ai remarqué que le projet est un mot extérieur alors que la vitalité est intérieure. Il résonne par rapport à la personne et pose la question de sa posture. On est sans arrêt dans l’initiation de projet et j’ai voulu interroger la place de « l’avant-projet ». J’ai aussi parlé de la nécessité de la désobéissance et de bien connaître les règles pour pouvoir s’en libérer.

Danielle Charotte (Croix-Rousse), comédienne AVEC

Ce que je retiens, ce sont les petits fours, l’eau parfumée, les sourires des invités et ce jardin oublié mais aussi et surtout ces rencontres vivifiantes et rassurantes, qui me font aller au-delà de ce que je crois savoir. J’ai apprécié que les gens soient prêts à remettre en cause leurs idées, qu’ils n'avaient pas peur de mots comme fragilité ou échec. On a pu faire part de doutes, quel que soit l’âge ou le milieu social. Je retiens aussi mes échanges avec ce chef d’entreprise qui a fait le trajet depuis le Nord de la France pour participer à cette soirée. C’était inspirant et j’ai envie de dire qu’on ne peut pas vivre sans projets…


ALLOTROPIES



DANS LES COULISSES

D’UN CONCERT DE MÉTAL Léo aime les concerts du CCO. Quand on lui a proposé de se transformer en reporter le temps d’un concert organisé par l’association Sounds Like Hell dont il est un des bénévoles, il a dit oui. Plongée dans une soirée intense !

AVEC Léo, 26 ans, qui sort d’un master de gestion et administration de la musique à Saint-

Etienne. C’est un passionné de musique : d’abord guitariste de métal, puis pianiste classique au conservatoire. Il apprécie « le côté primaire et cathartique des musiques extrêmes » et découvre un jour, au CCO, l’association Sounds Like Hell (SLH), qui organise des concerts de métal sur le site rue Courteline. Aujourd’hui Léo est bénévole dans l’équipe de SLH, et est en coulisse comme un poisson dans l’eau. Z Montage Une fois les artistes arrivés, le matériel est déchargé, installé et la scène est préparée pour le soir. C’est un travail collectif entre les techniciens du lieu d’accueil et ceux des artistes. A

Z Backstage / cuisine Snack froid le midi et repas complet chaud pour le dîner des artistes. Sounds Like Hell Productions a fait le choix d’une cuisine bio, de saison, et végan dans la mesure du possible. A


Z Le bar / bénévoles Sounds Like Hell Productions a à cœur de travailler avec des entreprises locales afin de proposer des bières et des softs artisanaux au public. Les soirs de concerts, l’association fait appel à une super équipe de bénévoles qui viennent prêter main forte aux entrées, au foodcorner et au bar. Bénévoles sans qui les concerts ne pourraient pas avoir lieu ! Merci à eux ! A

Z Balances Étape essentielle avant le concert ! Pendant que les artistes testent leurs instruments et l’acoustique du lieu, les techniciens équilibrent le volume des différents instruments afin d’harmoniser le son et d’offrir la meilleure performance possible. A Z Le concert Suite à une annulation de dernière minute, la première partie de la soirée fut assurée, au pied levé, par les Lyonnais de Hype Lights. Le groupe s’est chargé de faire monter la température pour la tête d’affiche, Being As An Ocean. Sans surprise, le groupe californien de post-hardcore nous a offert un show de qualité, tantôt lourd, tantôt intime. L’intensité de leur musique était comme la chaleur de cette journée : écrasante ! Y

Léo

Léo, Marlène Vincent


AFTE AVEC Ancienne

animatrice radio, Sophie est aujourd’hui musicienne électronique au sein du groupe Odalie : la rencontre entre un synthétiseur modulaire et les envolées chaleureuses d’un violoncelle, un univers onirique et plein de douceur. Engagée pour la place de la femme sur la scène des musiques actuelles à Villeurbanne et ailleurs, elle s’affirme aujourd’hui comme une vraie militante ouverte à tous les univers musicaux. Chico Trujillo, concert au CCO JeanPierre Lachaize le 9 juin 2022 Z J’étais là ce soir-là, au CCO JeanPierre Lachaize dont je connais bien les petits recoins.

C’était le concert de Chico Trujillo, je voyais cette affiche pirate un peu partout dans la ville et hop, on m’y invite ! Moi qui fais une musique plutôt cocon que l’on écoute dans une certaine introspection, là j’ai vu une explosion

de feux d’artifice et de couleurs ! Et, que de sourires brillants… Quelle chaleur dans les visages ! Les sons de synthés m’ont ramenée à mes premières amours, le reste m’a complètement fait voyager. A

Release party UltraMoule + Venin Carmin + Kranke Mond au CCO La Rayonne, le 28 mai 2022 Z J’ai eu cette joie de rejoindre mes amis dans ce magnifique parc de La Rayonne pour un moment suspendu. Entre conférences, ateliers et concerts sur ces sujets qui m’animent tant : le féminisme et la déconstruction des genres. Une journée qui bouleverse, qui met en colère, vous fait ressentir une véritable sororité. Le concert d’UltraMoule, c’était de l’énergie concentrée ! Quelles formidables humaines sur scène : engagées, fortes, bien dans leurs pompes, courageuses et tellement justes ! Avec la musique on peut changer le monde et les UltraMoule font bouger les lignes ! Y

Clémentine, qui a 19 ans, de longs cheveux blond platine et une immense envie de manger le monde. Elle a grandi dans le Jura et est venue s'installer à Lyon en 2020 pour suivre des études d’anglais et de japonais. Mais surtout, Clémentine est une artiste AVEC


ER qui a la bougeotte, elle aime la musique, passe le plus clair de son temps à danser et aimerait voyager aux quatre coins du globe. Showcase Sidekiq, le 6 mai 2022 au CCO JeanPierre Lachaize Z The Showcase 22' a pu nous offrir l'occasion d'assister non pas à un simple show mais à un showcase ! Réunissant les meilleurs chorégraphes et danseurs de la région. J'en ai eu le souffle coupé tout le long, l'ambiance était juste folle et n'être entouré que de danseurs pendant toute la soirée est une chose encore plus folle. Tous types de danses urbaines y étaient représentés, du hip hop au street jazz, de l'afro à la danse en talons, à encore plus de hip hop et même de la house, ce fut un événement très riche, à vivre au moins une fois dans sa vie ! A

Clémentine et Sophie sont deux spectatrices assidues des concerts du CCO. Elles se sont prêtées au jeu de la critique d’événements. Et nous livrent ainsi le portrait coloré, joyeux, festif, vivant, hétéroclite de la programmation des lieux. Et par ricochet, le portrait de son public.

Les Utopiales au CCO La Rayonne, le 23 juin 2022 Z J'ai vraiment aimé l'ambiance du festival Les Utopiales, sous le grand chapiteau du parc. J'ai eu l'impression de me retrouver en pleine Drôme provençale. La première artiste, Karimouche, se nourrit de chanson française, de musique orientale, de rap, d'électro et réussit à nous témoigner, à travers toutes ces influences, un brin de ses origines berbères. L'artiste Marc Prépus a su créer des compositions avec tout ce qui lui passait sous la main, incarnant un personnage incroyablement extravagant. Michto Wanderlust était quant à lui un collectif m'ayant fait penser à des magiciens dénonciateurs de la musique. Un vrai voyage ! Y

ICI, MÊME LA PROGRAMMATION EST CO-CONSTRUITE Au CCO La Rayonne, on laisse en priorité la place à la co-construction dans notre programmation. D’abord, on programme ce qui se construit dans la maison : le parc et La Rayonne deviennent l'écrin des œuvres élaborées tout le long de l'année au CCO ou sur le territoire. Et ensuite, on fait de la co-réalisation avec des structures professionnelles de la région, ou bien avec des associations dont le cœur de métier est plus social et militant. On leur laisse carte blanche, mais on leur propose un accompagnement technique, logistique et administratif. En bref, elles deviennent, avec nous, les hôtes des artistes et du public. DR

Marlène Vincent, Lucie Lamarque


DANS LES COULISSES

À TOUS NOS PARTENAIRES SANS QUI LE CCO NE SERAIT PAS TOUT À FAIT LE MÊME.


ACCOMPAGNER LES IDÉES, LES PROJETS ET LES COOPÉRATIONS. Nouvelle étape rapprochant de l’ouverture de sa salle de spectacle, le CCO vient de recruter une nouvelle responsable de la programmation, Bérengère Allegret. Morceaux choisis d’une discussion entre Bérangère et Harout Mekhsian, directeur du CCO. BÉRENGÈRE : J’ai envie de permettre la rencontre et de

transmettre les outils et méthodes afin d'embarquer avec nous des personnes et des collectifs qui ont des envies, mais pas encore la capacité de mener à bien certains projets. On veut aussi que La Rayonne ne raisonne pas en silo, mais qu'elle croise les musiques avec du théâtre, de la danse, des arts plastiques… HAROUT : La Rayonne, un nouvel équipement atypique, est

Harout et Bérengère devant la salle de spectacle en construction

très attendue sur le territoire. Certes, il y a une salle de spectacle, mais comme à l'habitude du CCO, elle ne va rentrer dans aucune case. Ce ne sera ni une salle de MJC, ni une salle municipale, ni une SMAC, ni même une scène nationale. Ce sera l'outil du CCO pour permettre la rencontre entre les publics et les artistes. Notre objectif est de passer d’un pouvoir très centré sur une personne et ses goûts vers celui d’une structure à l’écoute du territoire, de ses initiatives et de ses diversités culturelles. C’est aussi un signe fort de recruter une femme programmatrice, car dans ce milieu ce sont des postes de pouvoir. Ce sont des personnes qui peuvent dire ce qui va ou non sur le plateau, ce qui est légitime ou ne l'est pas. Quand on fait le tour des salles de concert et des théâtres, les femmes sont encore trop sous-représentées dans ces postes. Alors que dans les musiques actuelles, il y a quand même 80% de femmes qui y travaillent. C'est une problématique que l'on retrouve aussi sur les plateaux artistiques. BÉRENGÈRE : L’écoresponsabilité est un enjeu que je porte

à cœur. Nous allons travailler à rendre encore plus responsable l’accueil des artistes, jusque dans la définition des riders, mais aussi en privilégiant l’utilisation de moyens de transport moins polluants. Nous aurons une exploitation réaliste de la salle et un impact mesuré sur l’environnement. Notre utilisation de l’énergie et les répercussions carbonées sur le territoire seront mesurées. La salle présente quelques innovations technologiques en ce sens. La Rayonne a l’ambition d’être en symbiose avec son environnement. Tanguy Guézo


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GAGNEZ DES PLACES DE CONCERT! La tendance est à la chasse au trésor et trois tickets d’or saisonniers sont à gagner ! Ils vous permettent d’obtenir un accès gratuit et illimité pour une personne, à tous les concerts au CCO Jean-Pierre Lachaize et au CCO La Rayonne ! Pour participer, rien de plus simple :

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Ticket d’or de la rentrée : octobre - décembre 2022 → participez avant le 26 septembre 2022 Ticket d’or de la nouvelle année : janvier - avril 2023 → participez avant le 14 décembre 2022 Ticket d’or de l’été : mai - juillet 2023 → participez avant le 19 avril 2023


DÉCRYPTAGE

CONCERTATION :

LES INGRÉDIENTS POUR LA RÉUSSIR… Une démarche participative ne s’improvise pas. Voici quelques clés pour la mener sans encombre grâce à nos deux experts. AVEC

Zoé Lacombe, chargée de concertation au CCO, et David Chevallier, fondateur de MémO, et délégué régional (AURA) de la Commission nationale du débat public (CNDP).

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Bien installer la démarche participative Être clair sur l’ambition de concerter est capital pour un démarrage réussi. C’est d’autant plus important que la concertation n’a rien d’obligatoire, exception faite pour les projets à impact environnemental. Dans ce cas, elle est pilotée par la Commission nationale du débat public (CNDP). « Tout le reste, c’est ce que les collectivités veulent bien mettre en œuvre », note David Chevallier. Si l’on décide de concerter, mieux vaut s’emparer clairement du sujet pour ne pas tomber dans la communication ou la consultation.

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Délivrer une information transparente La transparence est fondamentale, souligne Zoé Lacombe. « Pour la concertation sur le parc, nous avons demandé

à la Ville si elle avait des prérequis. Car ce n’est pas 6 mois après le début de la concertation que l’on annonce aux habitants les éléments immuables... » Poser « un cadre plus ou moins léger et flexible » est essentiel. Le tiercé gagnant : le bon public, le bon objet et la bonne information. L’exercice n’est pas toujours simple car il faut à la fois avoir un objet clair et rester ouvert. « Pour un porteur de projet qui va concerter, son projet est vraiment le meilleur ! Seulement, insister sur le fait que c’est le meilleur peut conduire à oublier de dire certaines choses très utiles à la concertation », ajoute David Chevallier.

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Développer une écoute fine C’est toute la complexité de la démarche : écouter à la fois la jeune fille, la personne âgée et le jeune papa. Faute de quoi, un projet se retrouve contesté, voire judiciarisé. Il faut ensuite laisser au politique le soin de traiter cette matière. La démarche participative est censée s’adosser à la démocratie représentative et s’articuler à l’action politique. « Pour cela les élus doivent être formés, informés et que le public s’ouvre un petit peu plus largement. Car, si on y retrouve que des gens qui s’opposent, des anciens élus et des hommes CSP+, on reste dans une forme d’entresoi », souligne David Chevallier. La légitimité de la concertation se construit collectivement.


AVEC, LE MAGAZINE DU

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S’assurer une bonne représentativité C’est la question que toute personne qui concerte doit se poser : je concerte avec qui et pour qui ? « Concernant le parc, on s’interroge sur son potentiel rayonnement : à l’échelle du quartier, de la ville, de la métropole ?, témoigne Zoé. Il y a des publics qu’on a envie de toucher en priorité, comme les gens du quartier, mais on ne veut pas être dans de la communication avec un public cible. On peut habiter à trois kilomètres du parc et avoir un avis qui mérite d’être entendu. » Une piste est en réflexion : distinguer les personnes qui seraient investies de manière pérenne dans le futur collectif d’autogestion et celles qui seraient simplement usagères du parc. L’objectif étant de trouver le bon équilibre.

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Rester flexible Quelle que soit la méthode utilisée, il faut toujours la renouveler afin d’éviter l’essoufflement. Les dispositifs s’inventent, s’étoffent, s’évanouissent… La clé : étonner pour relancer. « Pour des concertations qui durent des mois voire des années, il faut garder l’envie de rester impliqué dans le processus », témoigne Zoé. Les concertations légales ont une durée qui va de 15 jours à 3 mois. « Au-delà, il y a forcément un effet dents de scie, confirme David. Même pour l’équipe de concertation. » La bonne attitude : rester souple et, si une modalité ne fonctionne pas, accepter d’en changer.

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« CONSTRUIRE LES COMPROMIS LES PLUS TRANSPARENTS POSSIBLES » AVEC Alain Brissard, adjoint au maire de Villeurbanne

délégué à la Végétalisation, biodiversité et stratégie alimentaire locale. Les habitants ont besoin d’être impliqués de façon plus forte dans la construction des objets urbains que la collectivité entreprend. Au-delà de notre volonté de concerter, nous avons différents enjeux : répondre à une certaine défiance et recréer le lien entre les habitants et les élus ou les institutions. Notre génération d’élus n’a pas de posture d’arbitrage, de décision ou d’autorité. Avant on parlait de « l’élu et ses administrés »… Cette hiérarchie des rôles est dépassée pour moi. Si on ne veut pas trop stéréotyper ces objets urbains, mieux vaut informer au plus tôt des éléments contraints pour construire les compromis les plus transparents possibles. Pour les projets longs, il est fréquent que les habitants changent entre le début et la fin de la concertation. Dans ce cas, le récit doit être assez clair et coconstruit pour limiter au maximum les remises en question alors que la concertation est bien avancée. Tout cela est enthousiasmant mais porte aussi son lot de difficultés car l’élu peut être questionné sur des éléments difficiles à établir. De la même façon, les services de la collectivité doivent intégrer l’idée que la solution technique diffère parfois de la demande sociale.

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Choisir les bons outils On constate un effet de mode sur certains outils, comme le numérique, le tirage au sort ou le recours au minipublic. Ces outils ont l'avantage de susciter l'intérêt. « Attention toutefois à ne pas être dans le gadget. On ne fait pas du tirage au sort parce que la commune d’à côté l’a fait et que ça fait bien », note David Chevallier. Pour Zoé Lacombe, « ce sont les objectifs qui définissent l’outil et non l’inverse ». Plus on utilise des formats différents, plus on recueille de la matière pour nourrir la concertation. De nombreux outils restent à explorer, comme le design thinking, « une façon de

participer qui est dans le faire, dans l’émotion, pas que dans le rationnel ou la belle parole ».

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Rendre compte La restitution est une étape à ne pas négliger. Ce qui se passe après la concertation est tout aussi important que sa préparation : évaluer la démarche, en tirer les principaux enseignements, dresser un bilan quantitatif mais aussi qualitatif et être transparent avec toutes les parties prenantes. Le bilan n’a aucun caractère obligatoire (sauf pour la concertation avec garant) mais s’astreindre à avoir cette exigence-là est enrichissant. Gilles Michallet, Ville de Villeurbanne


DÉCRYPTAGE

… ET CEUX POUR LA RATETET RATER

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Choisir des sujets trop étroits Inutile de lancer une concertation si c’est pour choisir la couleur des bancs : personne ne viendra !L’échelle de Sherry Arnstein est une bonne base de travail : en 1969, cette sociologue et consultante américaine a proposé l’idée d’une échelle de participation, chaque barreau mesurant le pouvoir du citoyen, de la « manipulation » au « contrôle citoyen ». « Si l’on informeou consulte plutôt que concerter, mieux vaut clairement expliquer pourquoi », résume Zoé Lacombe.

2

Ne pas assez ouvrir son panel… Pour que chacun puisse s’exprimer, il est conseillé de varier certaines modalités comme les lieux ou les horaires. À éviter, les réunions publiques en mairie (intimidant) et à 19 heures (excluant). « Pour élargir le panel, la solution est beaucoup dans « l’aller vers » », explique David Chevallier. Distribuer de l’information sur les marchés, aux sorties d’écoles, faire du porte-à-porte

sont des alternatives. David Chevallier propose du théâtreimages pour interpeller dans l’espace public, le CCO a animé un « salon de rue ». D’autres pistes restent à explorer pour faciliter la participation : pourquoi pas un « congé citoyen » pour dégager du temps en journée, ou encore rémunérer ceux qui prennent le temps de se former sur des sujets complexes ?

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… Et vouloir attirer à tout prix Cela paraît évident mais es gens sont libres de participer ou non. « Ils sont libres d’être fatigués et d’avoir juste envie qu’on les laisse tranquilles », témoigne Zoé. Certes, la parole ne doit pas être accaparée par les mêmes personnes, certes il faut concerter avec des publics éloignés… mais « on se retrouve à stigmatiser ces publics car on redouble de vigilance, on va parfois les chercher chez eux pour être sûr qu’ils participent… Il ne faut pas non plus tomber dans cet extrême-là », considèret-elle. David Chevallier témoigne : « On a réhabilité une place à côté de chez moi et moi qui fais cela toute la journée, je n’y suis pas allé. J’en avais marre ! »

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Concerter… Et plus rien Ne rien faire est dangereux pour la démocratie. « C’est le fameux « cause toujours » qui a fabriqué de la défiance envers les élus »,

souligne David Chevallier. L’inaction use les habitants et abîme les bonnes volontés. Même les « petits pas » comptent. David explique : « Un habitant voit que des arceaux à vélo ont été installés en bas de chez lui parce qu’il l’a proposé. Non seulement cela ne coûte pas grand-chose mais ça lui donnera envie de continuer de proposer. Alors que si, pendant 20 ans, il réclame des arceaux sans jamais les obtenir, on peut comprendre que le jour où on lui demande son avis, il ait un doute sur ce qui va se réaliser. »

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Négliger la mémoire de la concertation C’est grâce au travail préparatoire que l’on découvre, par exemple, que la dernière réunion publique dans telle collectivité a donné lieu à un magnifique pugilat et que des associations ont menacé de


AVEC, LE MAGAZINE DU

bloquer la salle si une nouvelle réunion était organisée ! « Il peut exister tout un passif qui fait que la relation est abîmée et, avec elle, la future concertation. Ce contexte préalable doit être analysé et accepté », note David. Tout ce qui a pu jusqu’alors empêcher la participation est à éviter : il faut être vigilant sur le fait que des gens préfèrent les registres écrits ou le numérique, que d’autres s’expriment bien et vont être à l’aise dans les réunions publiques…

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N’être que dans une logique quantitative Ce n’est pas parce que 90 % des personnes concertées se sont exprimées contre un projet qu’il ne faut pas prendre en considération les 10 % d’avis positifs. Quoique très minoritaires, ces avis comptent autant que les autres. De la même façon, il ne faut pas faire l’erreur de hiérarchiser les paroles : ceux qui se sont déjà exprimés plusieurs fois – y compris l’élu – laissent la parole aux autres.

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Oublier les techniciens dans le processus d’écoute Les techniciens ont un rôle à jouer et d’abord celui d’être à l’écoute. Ils ont aussi une

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aussi une expertise à mettre en avant, lorsque, par exemple, un habitant propose de créer des jardins partagés au milieu de rues où des milliers de personnes circulent quotidiennement. Mais, cette expertise ne justifie pas de bloquer la discussion. « C’est le concept de coformation : l’habitant, le technicien et l’élu entendent la même chose. L’habitant ne connaît pas les contraintes budgétaires et le technicien ignore ce qui est hors de son temps de présence professionnel… Chacun prend le temps d’écouter les envies et les contraintes de l’autre. Le dialogue est facilité », conclut David Chevallier.

« RECONNAÎTRE LA VALEUR D’USAGE » AVEC Alice Conte-Jansen, responsable nature en ville

et projets citoyens à la Ville de Villeurbanne. Le technicien doit parler simplement et être audible. Il doit aussi reconnaître la valeur d’usage des habitants car il ne vit pas dans le quartier le soir, le week-end et pendant les vacances. De la même façon, le public doit reconnaître une certaine compétence au maitre-d’œuvre paysagiste. Un espace public ne se conçoit pas comme un espace privé, il doit répondre à certaines réglementations et fonctions. Le but de la concertation est de trouver des compromis entre des expertises d’usages et professionnelles ou techniques. Le technicien doit articuler toutes les parties prenantes, dans le respect et la confiance réciproques. La question de la temporalité aussi est essentielle car la concertation doit s’adapter au quotidien des habitants. C’est pourquoi il est important de rythmer les rencontres et de favoriser le faire ensemble, l’expérimentation. C’est ce que nous ferons avec le parc de l’Autre Soie en testant des aménagements. Il y a 10 ans déjà, des habitants proposaient la « slow ville » ou encore l’éclairage urbain avec détecteur de mouvement. Ce sont des idées qui sont explorées aujourd’hui. Jérémy Cuenin

Zoé Lacombe, David Chevallier, Emmanuelle Babe


DÉCRYPTAGE

LA CONCERTATION,

VUE PAR LES HABITANTS Concertation de l’Autre Soie AVEC

Jean-Paul Dumontier - Participant Motivation Je suis surtout motivé par les questions de patrimoine industriel et j’ai été appelé dans les années 2017-18 par l'association Vive la Tase. C’est comme ça que j’ai participé aux premières expériences éphémères que le CCO avait initiées.Petit à petit je me suis pris au jeu.

Retour d’expérience L’expérience, un peu aléatoire et pas toujours bien encadrée, a permis aux gens d’acquérir plus de compétences. On aurait pu faire beaucoup plus organisé, mais c’est quand même un pas en avant par rapport à une opération d’urbanisme classique. Des citoyens lambda ont acquis des connaissances. C’est dommage qu’on n’ait pas pu en faire plus, en faire de façon permanente. Il aurait fallu qu’il y ait une vraie enveloppe de moyens, un chef de projet plus disponible, des gens pour driver. Et après ? Dès le début, il y a 3 ans, on avait posé toutes les questions mais on ne les a pas travaillées. On a listé les choses mais on n’est pas allé au bout. On a encore le temps ! La plupart des opérations d’urbanisme font un peu d’information et de concertation mais dans le fond ils imposent leur projet. Moi je n’ai qu’une crainte c’est que le paysagiste retenu impose ce dont lui a envie avec l’accord du maire. Et les habitants ils n’auront qu’à prendre le parc comme il est. Si on veut que ça marche, il faut faire autrement.

AVEC

Khadija Perut - Participante

Motivation J’habite le quartier depuis 25 ans et je ne suis pas prête d’en partir, j’aime ce quartier, je m’y investis. J’ai eu connaissance du projet lors d’une réunion publique. Intégrer l'atelier de concertation, c'était la possibilité d'avoir accès à plus d’informations et d’être relais des habitants. Retour d’expérience J’ai apprécié les échanges avec les participants : c’était très riche, il y avait des convergences et des divergences. Il y a eu de bons moments, j’avais toujours plaisir à partager un temps fort, un moment convivial mais parfois, dans les discussions, j’ai regretté un manque de respect entre participants. Moi, je voulais simplement profiter de cette concertation pour partager, donner mon avis. Je me suis posée des questions, je reste un peu sur ma faim, j’aurais aimé aller plus loin dans la démarche. Et après ? Sur le parc, notamment sur la gouvernance, il ne faut pas se louper ! Il faut que la gouvernance soit entre les mains de gens qui ont les mêmes valeurs que ce lieu magnifique, emblématique. Il faut vraiment que ce parc serve la convivialité, les rencontres, le vivreensemble et que les valeurs définies ensemble, sur l’utilisation, la gestion, le partage, soient respectées.


Conseil citoyen Saint-Jean AVEC

Samira Yousfi - Habitante

Motivation Pour lutter contre l’enclavement du quartier par manque de modes de transport. Je me suis engagée parce que j’étais très en colère. Je suis investie dans mon quartier parce que je pars du principe qu’en tant que citoyen d’un quartier, c’est important pour le bien-être. Et ce bien-être, on ne l’a pas qu’à la maison, on l’a aussi en extérieur. Retour d’expérience Une certaine neutralité est importante, surtout dans des quartiers Politique de la Ville où il y a des enjeux, des tensions. C’est normal parce qu’il y a plus de difficultés donc plus de tensions. Même si dans ces quartiers-là, il y a une solidarité, quelque chose de magnifique qui émane. L’implication de la Ville et de la Métropole est très importante. Elle nous permet d’être entendus par les élus et d’échanger. Le but c’est vraiment d’avancer ensemble. Je pense que ces instances peuvent marcher, si on a des maires, des élus, qui disent « on y va », qui ont envie et viennent sur le quartier pour nous écouter. Et après ? Le problème du quartier Saint-Jean, c’est que pendant quarante ans il était délaissé et que les personnes qui sont là depuis plus de quarante ans ont connu un autre Saint-Jean avec de la vie, de la mixité. Tout ça s’est perdu. Aujourd’hui, on parle de renouvellement urbain, de l’ANRU mais les gens ont peur, ils n’y croient plus. J’essaye de faire entrer pas mal de monde au Conseil citoyen pour se renouveler. Pour le moment je suis encore là parce que ça m’anime, j’aime ça et j’ai envie qu’on amène quelque chose de bien, de joli. Mais j’ai d’autres projets, notamment avec les jeunes parce que je pense que l’avenir c’est eux et qu’aujourd’hui, ils sont un peu les oubliés. Il faut que les institutions et les partenaires adoptent le bon langage et trouvent d’autres formes pour ces publics-là.

AVEC

Catherine Soulard- Habitante

Motivation Une habitante du quartier et membre du Conseil citoyen m’en avait parlé. Au départ j’étais un peu hésitante. Une Assemblée citoyenne a été organisée, un flyer a été distribué dans tout le quartier et je me suis dit « pourquoi pas essayer ». Je suis donc allée à l’Assemblée citoyenne qui présentait le projet, expliquer ce qu’était le Conseil citoyen. Je l’ai vu comme un enrichissement personnel, une évolution pour prendre confiance en moi. Retour d’expérience Le Conseil citoyen pour moi, c’est avec des habitants et pour tous les habitants du quartier Saint-Jean. Je suis dans le Conseil citoyen depuis 2019, ça me permet de côtoyer les autres habitants. C’est aussi une opportunité de dire ce qu’on pense et quand on est d’accord ou non. C’est aussi, à l’échelle de Saint-Jean, une instance qui permet de redynamiser le quartier parce qu’il n’y a rien. On y parle, échange, communique beaucoup, on peut s’y exprimer librement. Et après ? J’aimerais évoluer dans le Conseil citoyen, faire des choses avec les gens du quartier, pouvoir se déplacer pour aller voir ce que font les autres Conseils pour s’inspirer, enrichir le groupe et le faire évoluer. Ce serait aussi de faire venir les autres Conseils pour qu’ils voient ce qu’on fait à Saint-Jean, qu’ils nous donnent des pistes pour nous aider. D’un point de vue personnel, je voudrais vraiment faire évoluer le quartier, apporter un dynamisme qui s’est complètement perdu. C’est l’idée et la volonté de créer des choses pour qu’il y ait un lien social dans le quartier et bien sûr,en allant au-delà des personnes qui font partie du Conseil.

DR

Zoé Lacombe, Hélène Leh


DÉCRYPTAGE

PARC DE L’AUTRE SOIE,

CHEMIN D’UNE CONCERTATION AU PIED DES ARBRES En 2025, le parc de l'Autre Soie appartiendra à la ville de Villeurbanne, qui souhaite impliquer les habitants dans son aménagement et sa future gestion. Découvrez les étapes qui ponctuent la concertation menée par le CCO. Au pied du cèdre, on organise une première réunion sur la future gouvernance du parc : toute idée est la bienvenue afin de constituer un collectif d’habitants qui sera chargé de la gestion du parc à terme.

Séance de travail avec le paysagiste et les habitants : on fait quoi du parc ? Une construction partagée de la programmation du parc afin que petits et grands se l’approprient et profitent des futures activités.

Dans la zone protégée, l’écologue travaille avec les habitants sur la faune et la flore du parc grâce à l’inventaire réalisé à l’arrivée du CCO sur les lieux. Il fait équipe avec le paysagiste afin d’assurer la protection et la valorisation de la biodiversité dans le projet.

Sur la rue Legay, les habitants réfléchissent à un moyen de mettre en valeur les entrées afin d’ouvrir le parc sur tout le quartier : il faut que tous les habitants se sentent bienvenus dans le parc

et qu’il soit facilement accessible à toutes et tous ! Pourquoi ne pas y installer des panneaux d’expo et d’informations sur ce qu’on trouve dans le parc ?

Le portail du parc : un des sujets qui sera traité par le groupe d’habitants. Il faut signifier aux personnes, dès leur entrée dans le parc, qu’ici on est dans un espace protégé : « Pourquoi on n'imaginerait pas un portail avec des matériaux naturels ? » Parole d'un futur habitant, le 15 juin 2022.

Sous les grands arbres, on réfléchit à l’élaboration d’une charte pour le collectif : comment bien vivre ensemble ? quelle gestion des entrées et sorties du collectif ? quels outils communs développer ?

En fin de journée, un hérisson pointe le bout de son nez. L’occasion pour les habitants qui se sont réunis de se rappeler l’importance de protéger les animaux du parc : on ne marche pas sur le hérisson !

Les aménagements de préfiguration : dans cette zone, on expérimente les idées des habitants. Des balançoires, un jardin partagé, une fresque de street-art : où ces propositions trouveront-elles leur place ?

Ici, le collectif expérimente les modalités de l’autogestion : après la création d’une charte, il est enfin temps de la mettre en pratique ! Les chantiers participatifs pour tester les futurs aménagements du parc sont une belle opportunité d’expérimenter les modes de prise de décisions imaginés et le fonctionnement du collectif sur le terrain. Le parc a finalement ouvert ses portes ! Le collectif se réunit pour la première fois depuis son ouverture au public pour faire le point autour d’un grand repas partagé. Des odeurs délicieuses se dégagent de la cuisine commune et les aromates du jardin fraîchement cueillis viennent parfumer les assiettes ! Pour en savoir plus concertation@cco-villeurbanne.org


AVEC, LE MAGAZINE DU

Alban Guerry-Suire

A 2022 - 2023

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Zoé Lacombe, Hélène Leh


PENDANT CE TEMPS, LES MOUTONS.


DESSIN :

Josselin Duparcmeur

SCÉNARIO :

Hugo Ferrante


LE RÉEL INATTENDU De Villeurbanne Saint-Jean à Bron en passant par LyonMermoz, ils font davantage qu’habiter leur quartier : ils agissent, connectent, contribuent à bâtir un cadre de vie pour tous et chacun. Portraits sensibles.

« Ces ateliers m’ont apporté beaucoup de plaisir » AVEC

Annie Fantino

Villeurbannaise depuis 1974, a passé 26 ans dans le quartier Buers-Croix-Luizet. Fondatrice de l’association Paroles de Plumes Etc. Anime des ateliers d’écriture. Annie Fantino et Jeanne Gauthier se sont rencontrées il y a vingt ans lors des ateliers d’écriture qu’animait la seconde. C’est ainsi qu’est née, en 2005, l’aventure Paroles de Plumes Etc, une association « qui a beaucoup bénéficié du soutien du CCO au démarrage », souligne Annie Fantino. Cette assistante sociale à la retraite en a assuré la présidence pendant quinze ans, organisant des ateliers dans de nombreuses structures villeurbannaises, associant des artistes plasticiens, mélangeant les publics… Son mantra : « Donner à chacun l’occasion d’être créatif. » Aux Buers, Annie conduit entre autres projets L’Envol, pour lequel elle fait travailler « des gens d’ici et des gens d’ailleurs. Le principe était simple : quel que soit le niveau d’écriture et de langue, chacun a sa chance ». « Il y avait toutes les nationalités, des gens qui ont un appétit d’apprendre immense, ils étaient contents… et moi aussi ! Ces ateliers m’ont apporté beaucoup de plaisir. Ce que les gens écrivent, c’est toujours un cadeau. »


« Ici, je suis en action » AVEC

Wahid Chaïb

Né en 1967. Cofondateur et chanteur du groupe Zen Zila, réalisateur, intervenant social au centre d’animation Saint-Jean de Villeurbanne. Tout le monde le connaît, l’interpelle : Wahid Chaïb est chez lui à Saint-Jean ! Ce quartier qu’il a rejoint à 9 ans, après une enfance vaudaise. Il y vivra « une belle adolescence » portée par l’éducation populaire. Wahid Chaïb est collégien à La Duchère, puis lycéen aux Gratte-Ciel. Mais Saint-Jean reste sa base : « Que je sois à La Duchère ou à Stockholm avec Zen Zila, je me suis toujours senti avant tout de Saint-Jean. » « Ici, c’est l’histoire d’habitants qui ont du mal à se situer entre

Villeurbanne et Vaulx-en-Velin. Du coup, c’est comme un village, avec ses familles. » Dans les années quatre-vingts, entre Carte de Séjour et la Marche pour l’égalité et contre le racisme, le jeune Wahid explore depuis Villeurbanne les soubresauts et les rêves de la jeunesse issue de l’immigration. Et s’engage à son tour. En 1989, le centre d’animation lui propose d’être intervenant. Wahid accepte : « Le centre d’animation m’a ancré ici de par mon engagement. Et chaque jour je me dis : « Qu’estce que je peux faire de différent ? » Ici, je suis présent, je suis en action. »

« C’est l’image de la France que j’aime » AVEC

Sofiane Bahri

Né en 1994, habite Vaulx-en-Velin. Salarié de l’Espace Projets Interassociatifs (EPI). Né en Algérie, Sofiane est encore bébé lorsque sa famille s’installe à Vaulx-en-Velin (Mas sud). Dès l’adolescence, sa mère entend lui faire voir du pays... et l’envoie étudier au lycée privé lyonnais La Favorite. Le choc des cultures ! « Mes amis de Sainte-Foy-lès-Lyon n’osaient pas venir me voir à Vaulx ! », se rappelle Sofiane, amusé. Après Paris, La Rochelle, l’étranger, Sofiane opère « un retour aux sources », son master d’histoire en poche. Il vit aujourd’hui dans le centre-ville. « Quand je suis revenu, ma mère m’a dit : « mais pourquoi ? ». J’avais juste envie d’agir concrètement, d’avoir un impact. » Salarié de l’EPI, il constate que la ville « a changé, s’est modernisée ». La précarité, les conflits entre jeunes et police persistent, mais Sofiane a confiance dans la capacité des Vaudais à affronter les difficultés. « Ici, c’est la solidarité, une forme d’humanisme que j’admire. Aussi, on se sent moins jugé. Même si elle n’est pas parfaite, c’est l’image de la France que j’aime. »

Emmanuelle Babe


LE RÉEL INATTENDU

« Mon lieu de vie avait du sens » « Mermoz, un vrai village » AVEC

Karim Hamraoui

AVEC

David Rigaldies

Né en 1979. Juriste, membre du CA du centre social Laënnec et du conseil citoyen de Mermoz.

Né en 1975. Formation d’ingénieur, pilote des démarches participatives. A été administrateur du centre social de Bron Parilly.

Chez les Hamraoui, on habite Mermoz depuis trois générations : « Mon grand-père est arrivé d’Algérie dans les années trente pour travailler chez Renault et, depuis, la famille s’est enracinée ici ! », raconte Karim Hamraoui, 43 ans. Né et grandi à Mermoz. Une enfance heureuse au cœur des années quatre-vingts, « celles de l’émancipation par la culture. On faisait une quantité de trucs qui nous étaient complètement inconnus : des fresques murales, du cirque… Sans parler des voyages, en France mais aussi en Grèce, en Irlande ! », raconte Karim, encore émerveillé. Mermoz, « un vrai village. Il y avait certes des problèmes, la drogue, la pauvreté, mais le tissu social était fort ». Kader Chelef, Sellig, les Pokemon Crew… Karim Hamraoui n’oublie jamais de citer les enfants de Mermoz devenus des personnalités dans leur domaine. Son attachement au quartier est fort, son engagement également. Il l’est d’autant plus que des difficultés ont émergé, reconnaît Karim, en particulier à Mermoz Sud où il milite en faveur du projet de rénovation. Une nouvelle histoire à écrire !

David Rigaldies aurait pu embrasser une belle carrière d’ingénieur à l’issue de brillantes études à Paris. Pourtant, c’est auprès d’ATD Quart Monde qu’il choisit de s’engager, à 25 ans. Envoyé pour deux ans à Terraillon pour aller à la rencontre des habitants les plus pauvres, il s’installe dans le quartier et finira par y rester pendant près de treize ans. Avec les associations et les habitants, David Rigaldies organise des ateliers, la Semaine de l’avenir partagé, anime la bibliothèque de rue… Sa femme, Mahaut, enseigne dans l’école du quartier. « Il y a eu des moments durs, des questionnements, reconnait-il. Mais j’ai aimé la solidarité et j’ai vécu de très belles choses ici, l’impression de faire partie d’une communauté. C’était une expérience fondamentale. » Aujourd’hui, David, Mahaut et leurs deux enfants sont toujours brondillants mais ont quitté Terraillon. « En le quittant, je me rends compte que mon lieu de vie avait du sens. Comprendre comment soutenir les dynamiques collectives, les solidarités… Les relations y étaient riches, intenses. J’ai perdu ce sens lié à mon lieu de vie. »


« L’HABITANT EST ACTEUR DE SON LOGEMENT ET DE SON QUARTIER » Renaud Payre est vice-président de la Métropole de Lyon délégué à l’Habitat, au logement social et à la politique de la ville. Que signifie aujourd’hui « habiter un quartier » ? À Lyon et dans la métropole, tous les territoires se sont construits autour de quartiers. On habite la Croix-Rousse, la Guillotière, Vaise avant de vivre dans un arrondissement, on est Villeurbannais mais du Tonkin, des Gratte-Ciel ou de Saint-Jean. C’est dans le quartier que l’on reconstruit un rapport au logement. Ensuite, habiter, c’est un verbe actif. L’habitant est acteur de son logement et de son quartier. On commence par habiter pleinement quand on va dans les lieux de sociabilité : l’association, l’équipement public, le commerce... L’habitat est ouvert sur les autres, son environnement. Comment se conçoit un cadre de vie ? Il y a d’abord les aspirations des habitants, dont deux se dégagent très nettement : les espaces verts et les commerces et services. C’est ce qui oriente nos politiques d’aménagement. Ensuite, on laisse une part de liberté dans l’évolution du quartier en travaillant sur l’urbanisme transitoire avec les habitants. Les friches permettent ainsi de travailler à ciel ouvert, pour anticiper les usages de demain. C’est exactement ce qui se passe à l’Autre Soie ou encore aux Gratte-Ciel. La ville est donc en perpétuel mouvement ? Quand on construit ou retransforme un quartier, c’est pour 40 ans. Ni l’élu, ni le technicien ni l’habitant ne peut prévoir les usages à cette échelle de temps ! D’où la nécessité d’une ville malléable qui se refait sur elle-même. C’est une belle opportunité d’imaginer de nouvelles choses pour transformer le déjà-là. En 2062, nos successeurs inventeront à leur tour de nouveaux usages, ce n’est jamais terminé.

Emmanuelle Babe et Métropole de Lyon

Emmanuelle Babe


ASSOCIATIONS

L’ACCOMPAGNEMENT DU CCO ÉVOLUE ENCORE ! Le CCO est, depuis sa création par des militants en 1963, traversé, bouleversé par les mouvements de société, par les luttes et par les politiques publiques de chaque époque. Chaque fois il s’adapte, sans perdre le fil de ce qui fait son âme : aller au plus proche des besoins et envies des personnes, les accompagner sur le chemin de leur émancipation. C’est ainsi qu’est née dans les années quatre-vingts la pépinière associative pour aider les publics du CCO à s’organiser collectivement, pour porter leur voix et soutenir leurs actions au service de l’intérêt général. CCO + ASSOCIATIONS : UNE RELATION EN TROIS PÉRIODES

Quatre axes forts font la spécificité de la pépinière associative du CCO : Accompagner : accueil, écoute, accompagnement individuel généraliste et comptable

Des fondations à la pépinière associative

Former : un parcours de formation complet sur tout le cycle de vie et toutes les compétences clé de la vie associative Mettre en lien : communauté, lieu et temps de rencontre

La structuration, professionnalisation

Le changement d’échelle et de territoire

Outiller : domiciliation, salles, mutualisation... Aujourd’hui, la pépinière prend un nouveau virage et s’ouvre à de nouveaux types de porteurs de projet et d’envies. D' « Appui à la vie associative » elle évolue vers l'« Accompagnement des initiatives », s'ouvrant délibérément à l'ensemble des acteurs de l'Economie sociale et solidaire.


« On aura toujours besoin que des gens s’engagent bénévolement là où les pouvoirs publics et les entreprises n’agissent pas. » AVEC

Martin Durigneux Engagé pour une société écologique et solidaire depuis ses 16 ans, Martin Durigneux est le fondateur d’Anciela, une association indépendante qui accompagne les engagements et les initiatives des citoyens qui vont aussi dans ce sens. Anciela, dont l'histoire est aussi liée à celle du CCO, nous livre son regard sur le secteur associatif.

L’engagement et la liberté Le monde associatif est un engagement. On aura toujours besoin que des gens s’engagent bénévolement là où les pouvoirs publics et les entreprises n’agissent pas. Les associations sportives, d’éducation et d’entraide ne relèvent pas d’activités marchandes. Elles relèvent soit de la sphère publique, soit de la sphère civique et citoyenne. La force des citoyens c’est leur liberté de ton, d’action. Injonction paradoxale De plus en plus d’associations se prennent pour des employeurs. Or ça n'est pas leur rôle. Le boulot d’une association est de changer les choses, d’aider. La fonction « employeur », elle, vient au service du but. L’utilité sociale et l’engagement sont des préalables. Ensuite, on a besoin d’un modèle économique et de salariés au service de ce projet d’utilité sociale. On attend toujours plus des associations mais avec plus de bénévoles. C’est une injonction paradoxale. Penser l’engagement comme un pilier de la société Autrefois, les engagements étaient cohérents et s’enroulaient autour d’un même pilier (la religion par exemple). Aujourd'hui, les communautés sont plus nombreuses ; les militants/bénévoles jonglent entre différentes associations. On pourrait parler d’« engagements patchwork ». Les gens s’engagent dans plein d’endroits, sont mobiles dans leurs carrières, ont des enfants et donc

moins de disponibilités… Notre société n’est pas pensée autour de l'engagement, contrairement aux sociétés traditionnelles où il en est un fondement. Cela pose une question : quelle place donne-t-on à l'engagement ? Les grandes entreprises ne se battent pas pour une société plus juste Dans le monde économique dit classique, des personnes s’engagent dans les associations ou auprès d’elles notamment à travers le mécénat. Mais ce sont les personnes qui comptent, à travers le développement de liens informels. C’est une histoire de rencontres plutôt qu’une démarche. La théorisation du lien entre associations et entreprises n’a pas de sens. Pas de fantasmes inutiles Il faut faire comprendre aux associations qu’elles ont besoin d'une vie associative ouverte sur le monde pour créer des liens. Il y a un fantasme dans la collaboration avec des entreprises, qui n’ont pas trop de marge budgétaire (compétences, personnes, lieu, espace). Il faut accompagner les gens à bouger. Si l’engagement des salariés d’entreprises auprès des associations sert seulement de team building, c’est nul. Si c’est utile, alors ça vaut le coup : par exemple, si un gros chantier mené par une association a besoin d'électriciens et qu’une entreprise les met à disposition. L’important c’est comment la rencontre se fait ! Ce n’est pas au CCO ou à Anciela d’organiser ces chantiers mais de faciliter la rencontre, le lien entre les sphères associatives et entrepreneuriales. DR

Sophie Choplain, Hélène Leh


ASSOCIATIONS

REGARDS CROISÉS

COMPRENDRE LES ENJEUX CONTEMPORAINS DU SECTEUR ASSOCIATIF SUR LE TERRITOIRE MÉTROPOLITAIN Emeline Baume, première vice-présidente de la Métropole de Lyon, déléguée à l'Économie, l'emploi, le commerce, le numérique et la commande publique AVEC

Quelles évolutions constatez-vous dans le monde associatif ? Ce qui a évolué, c’est le foisonnement de collectifs qui s’inscrivent dans l’économie informelle avec des systèmes de dons /contre-dons et pas d’indemnisation du temps passé au projet collectif. D’autre part, certaines associations sont vieillissantes et font face à des mutations importantes des générations. Un autre sujet touche à la fidélisation. Les habitants ont envie de s’impliquer, mais plus ponctuellement qu’auparavant. Or les associations ont besoin d’engagements sur la durée. Comment les associations peuvent-elles entrer en dialogue avec le monde économique classique ? Jusque-là, le monde associatif entrait en relation avec la sphère économique dite classique à travers le mécénat. Puis, le mécénat de compétences à fait son arrivée. Depuis trois à cinq ans, des entreprises ont l'intelligence d’aller questionner la sphère associative pour coopérer. Notamment dans le champ de la transition écologique au sens large. Peu dans la sphère du social. Certains peuvent pousser jusqu'à monter des SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif). Il faut trouver des moyens de coopérer. Il y a notamment des modèles comme l’insertion par l’activité économique via les entreprises d’insertion ou les ESCI (chantiers d’insertion).

Paul Campy, adjoint au maire de Villeurbanne, délégué au Développement économique, à l'insertion professionnelle et à l’emploi AVEC

Face aux évolutions sociétales et à la nécessité de rendre l’l'Économie Sociale et Solidaire (ESS) incontournable, le modèle associatif est-il toujours pertinent ? Il a de beaux jours devant lui. Les associations offrent un environnement de travail aux nombreuses personnes qui cherchent à développer le sens de leur action. Travailler pour une association, c’est avant tout travailler pour un projet collectif avec une organisation différente de l’entreprise. En effet, se côtoient des salariés et des bénévoles à tous les niveaux hiérarchiques. Tout ce qui relève de l'ESS n’a pas vocation à devenir une association. Elle offre des opportunités d’ajustement intéressantes y compris dans le monde classique. Comment soutenir le dialogue entre associations et entreprises ? Déjà, les associations doivent se faire identifier par les services de développement économique de la ville de Villeurbanne. Au-delà de la philosophie et du mode de gouvernance, le modèle associatif a besoin de s’ouvrir aux autres acteurs économiques pour développer son impact sociétal. Les dirigeants et salariés de PME et grandes entreprises sont de plus en plus sensibles et acteurs d’une consommation consciente. Il est aussi essentiel de provoquer la rencontre entre ces deux mondes qui se côtoient sans se connaître. À travers des rencontres entre dirigeants pour créer des partenariats stratégiques plus durables afinde créer de la valeur ensemble. Mais également entretenir des relations client-fournisseur pour travailler sur des projets sociaux et sociétaux communs.

Emeline Baume : Métropole de Lyon - Eric SOUDAN - Alpaca Productions / Paul Campy : Gilles Michallet - Ville de Villeurbanne


3 ASSOCIATIONS RACONTENT « LEUR CCO » AVEC

Anciela

Date de création : 2005 Mission : accompagner les engagements et les initiatives des citoyens en faveur d'une société écologique et solidaire. Que vous a apporté le CCO ? En 2010-2011, le CCO a été un endroit d’acculturation à la vie associative et d’acquisition de savoirs notamment sur les financements publics, les enjeux de gestion d’une association. Nous avons été soutenus dans notre professionnalisation et lorsque nous avons commencé à employer. En 2012-2013 : le CCO instruisait les dossiers d’un programme de soutien à la vie associative. Anciela à bénéficié de 90 000 euros répartis sur trois ans. Après un diagnostic, nous avons bénéficié de conseils utiles.

des bureaux à La Rayonne depuis septembre 2018 et mutualisons les ateliers, le fablab, la cuisine. Nous créons des liens avec les autres occupants et salariés du CCO, rencontrons beaucoup de personnes, développons nos activités. Nous sommes intervenants associés sur la Micro-Folie, ce qui nous a ouvert la porte de 9 classes dans des écoles locales et a débouché sur des animations périscolaires. Nous trouvons aussi des réponses à des questionnements ponctuels (rdv comptables, rdv accompagnement, formations).

AVEC

Label Jarring Effects

Date de création : 2000 Mission : le label Jarring Effects encourage les artistes à être indépendants, créatifs et à produire la musique qu’ils aiment plutôt que de chercher à répondre aux critères commerciaux. AVEC

Collectif Jeux Demain

Date de création : 2018 Mission : proposer des ateliers graphiques ludiques et pédagogiques qui permettent aux différents publics de s’exprimer par différents moyens, graphiques ou autres, dont des œuvres individuelles ou collectives. Que vous apporte le CCO ? Le CCO, pour nous, est un lieu de travail avec mutualisation de ressources. Nous occupons

Quelle relation entretenez-vous avec le CCO ? De 1995 à 2000, le label a commencé à se structurer et à apprendre son métier. En 1999, Jarring a bénéficié d’accompagnement comptable et généraliste, de formations qui lui ont permis de se structurer jusqu’à sa création en 2000. On s’est perdu de vue, puis avec la naissance du projet à l’Autre Soie, on s’est retrouvés. En juillet 2020, on a coproduit une soirée qui a eu lieu dans le parc. M. Mo est entré au conseil d’administration en juillet 2021. Il porte un gros projet autour de la réduction de l’empreinte écologique des concerts.


L’OFFRE DU CCO

AUX PORTEURS D’INITATIVES PÉPINIÈRE ET ACCOMPAGNEMENT Le CCO accueille des porteurs de projets collectifs à impact social de tous les secteurs d’activité : action sociale, solidarité internationale, transition écologique, alimentation… Avec une expertise plus poussée dans l’accompagnement des associations et des projets artistiques et culturels, mais aussi une ouverture à l’ensemble des projets relevant de l’économie sociale et solidaire.

MUTUALISATION DES RESSOURCES Rendez-vous d’information et d’échangesde compétences entre coworkers. Domiciliation et gestion du courrier. Mutualisation de matériel de bureau et mise à dispositionde matériel technique…

MISE À DISPOSITION D’ESPACES Bureaux individuels, partagés ou coworking en open space, des espaces pour chaque étape de votre projet.

Accompagnement et formation : Sophie Choplain vieassociative@cco-villeurbanne.org / 07 67 96 33 80 Mutualisation de services, mise à disposition d’espaces : Lucie Lamarque larayonne@cco-villeurbanne.org / 06 80 18 90 74

RENDEZ-VOUS D’ACCOMPAGNEMENT GÉNÉRALISTE Appui méthodologique et technique, mise en relation avec d’autres partenaires, orientation vers des formations, diagnostic et conseil (administration, financements, communication, planification, gestion…).

RENDEZ-VOUS D’ACCOMPAGNEMENT EN GESTION COMPTABLE ET OUTILS DE PILOTAGE FINANCIER ET ÉCONOMIQUE Conseil et accompagnement individualisés pour la mise en place d’une comptabilité informatique, l’élaboration du bilan et des budgets prévisionnels, la gestion financière des projets et la sécurisation du modèle économique.

LE PROGRAMME D’ACCOMPAGNEMENT COLLECTIF Le cycle de formations est remodelé chaque année en fonction des besoins et demandes des porteurs d’initiatives, entrepreneurs ESS, des bénévoles et salariés. Différents formats d’accompagnement collectif sont proposés : formations classiques, co-formations, ateliers de mise en pratique en groupes réduits.


CATALOGUE DES FORMATIONS Statuts et fonctionnement

Les parcours : Arts et Cultures

Associations

Connaître les statuts juridiques pour les projets à impact social Employeurs

→ Les différents statuts pour entreprendreen ESS → Création d’une association : ce qu’il faut savoir et faire → Fonctionnement et évolution d’une association → Passer du statut associatif au statut de coopérative

Juridique Connaître le cadre légal de l’association et de ses activités → La responsabilité des dirigeants associatifs → Organiser une manifestation culturelle → Restauration et hygiène alimentaire

32 FORMATIONS

Méthodologie et gestion Construire et faire vivre sa structure et ses projets → Méthodologie de projet → Gérer les relations humaines dans un projet collectif → Gérer et animer une réunion → Préparer une intervention en public, présenter un projet → Les outils libres pour coopérer → Définir son offre : du besoin à la proposition de valeur → Mutualiser les moyens humains pour entreprendre → Accompagnement à la transition numérique

Comptabilité et fiscalité Maîtriser les règles comptables et fiscales de base → Mise en place d’une comptabilité pour les petites associations → Outils de pilotage en gestion économique et financière → La fiscalité des associations → Tenir une comptabilité et gérer sa trésorerie


L’OFFRE DU CCO

Financements Connaître et trouver des financements → Collectivités territoriales et financement des associations → Le plan de financement de son projet → Réussir sa campagne de financement participatif → Le mécénat privé

Communication Apprendre à bien communiquer → La communication des associations → Intégrer les réseaux sociaux dans sa communication → Le cahier des charges du site internet d’une association → Créer son site internet associatif

EN8 MODULES Associations employeuses Connaître la législation sociale et maîtriser les premières démarches pour recruter un salarié → Formalités et obligations des associations employeuses → Législation sociale et spécificités du spectacle vivant

Associations artistiques Production et diffusion du spectacle vivant → Stratégie de diffusion d’un projet artistique → Élaborer un dossier de diffusion → Formaliser sa production et élaborer son budget


Le est un projet culturel, citoyen et atypique


LE CCO

EN UN

COUP D’ PÔLE RESSOURCES Accompagnement des initiatives Formations et rendez-vous d’accompagnements pour les porteurs de projets et les associations. Concertation & participation citoyenne Dispositifs d’idéation et de démocratie participative pour faire participer autour des projets urbains et des enjeux de société. Atelier de fabrication numérique Apprentissage des techniques de fabrication électronique, numérique et artistique à l’aide des nouvelles technologies. Conciergerie Accès aux services du CCO : réservation de salles, inscription aux activités, domiciliation, mutualisation de matériel... Médiation numérique Créer du lien à travers différentes initiatives de découverte du numérique : fabrication assistée par ordinateur, usage d’internet, apprentissage de la photographie, des réseaux sociaux, etc.


PÔLE CULTURE Ateliers d’expression artistique Des temps collectifs dans lesquels s’invitent imaginaire, créativité, exploration de soi et du monde qui nous entoure. Créations participatives et citoyennes Des œuvres artistiques et des spectacles créés entre artistes professionnels et habitants. Résidence et pépinière artistique Accueil et soutien à des collectifs artistiques sur du temps court ou long. Programmation artistique Spectacles et concerts provenant de tous les horizons culturels et artistiques. Micro-Folie Initiative regroupant un atelier de fabrication et un musée numérique, donnant accès à un large catalogue d’œuvres d’art issues de grands musées nationaux. Recherche-action Palimpseste Programme scientifique et artistique recoupant les traces des transformations urbaines et humaines majeures qui constituent le quartier de l’Autre Soie.


LE CCO PRÉPARE

LA RAY

Ce nouvel équipement se situe dans le projet urbain du Carré de Soie, à la frontière entre Villeurbanne et Vaulx-en-Velin. Il sera livré entre 2023 et 2025. Le CCO est le fruit de soixante années d’histoire associative, citoyenne, militante et artistique qui se sont déroulées au CCO Jean-Pierre Lachaize, rue Courteline à Villeurbanne. En 2013, lorsque les adhérents ont appris que le centre culturel devait déménager, ils ont imaginé un « CCO augmenté » : faisant évoluer une association de sept salariés vers un nouveau modèle économique hybride embauchant plus de 25 salariés. Il s’en est alors suivi dix ans de travail pour créer cet équipement intitulé La Rayonne. L’association d’intérêt général du CCO reste au cœur de ce projet. En construction, cet équipement culturel nouvelle génération est déjà en cours d’expérimentation depuis 2018 dans la friche Autre Soie. Il sera inauguré fin 2023, en même temps que la fermeture du site du CCO Jean-Pierre Lachaize. La Rayonne a à cœur les gens, leur reconnaissance et leur émancipation. Les engagements créatifs, les rencontres parfois inopinées et les expériences bien souvent sensibles composent la richesse de ce lieu.


NNE Ateliers (création, fabrication, numérique...) Maison des services publics

Réunions et Formations

2 545m2

Le projet de l’Autre Soie est porté par le GIE La Ville Autrement, Alynea, la Fondation Aralis, Est Métropole Habitat, Rhône Sâone Habitat et le CCO.

…OUVERTURE EN 2023.


LE CCO

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L’ÉQUIPE DIRECTION

SERVICES TRANSVERSAUX

Septembre 2022

Frederic Glock Valérie Dor 38 Jérôme Laupies 39 Delphine Morand-Dumarski 40 David Morel 41 Maxime Noly 42 Mohamed Tayebi 36 37

Harout Mekhsian, directeur Laurie Bardet, directrice administrative et financière

Administration 15 Fabienne Marien, comptable 16 Pierre Bernand, chargé d’administration

PÔLE RESSOURCES

Communication et mécénat 17 Tanguy Guézo, responsable communication et mécénat 18 Lucas Crevet, responsable adjoint de la communication 19 Shirley Ropero, chargée de communication 20 Raki Kane, chargée de communication

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Hélène Leh, responsable du pôle ressources 3

Vie Associative, Concertation 4 Sophie Choplain, chargée d’accompagnement des initiatives 5 Zoé Lacombe, chargée de la concertation Accueil 6 Marlène Vincent, chargée d’accueil 7 Lucie Lamarque, chargée d’accueil 8 Nune Dovlatyan, agente d’accueil 9 Violette Dulac, agente d’accueil Numérique 10 Elizabeth Hoarau, responsable de l’atelier de fabrication 11 Adrien Pujol, médiateur numérique

Technique 21 Jonathan Cardaillac, régisseur général 22 Sébastien Jegu, intervenant technique 23 Abdelmourhite Piro, agent d’entretien 24 Joana Da Costa, agente d’entretien

CONSEIL D’ADMINISTRATION DU CCO Annaïg Abjean, présidente Pierre-Pascal Antonini, vice-président 27 Anne-Laurence Chambon, trésorière 28 Caroline Lagarde, vice-trésorière 29 Emmanuel Mendy, secrétaire 30 Grégoire Thillaye du Boullay, vice-secrétaire 31 Jérôme Beffay 32 Pascale Bonniel-Chalier 33 Clémentine Develay-Thieux 34 Geneviève Gibert 35 Marie-Eve Peguy 25

PÔLE CULTURE Fabien Marquet, responsable du pôle culture 12

Production 13 Juliette Descot, chargée de production Médiation 14 Margot Nicolet, chargée de médiation culturelle

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CONSEIL D’ADMINISTRATION DU FONDS DE DOTATION LA RAYONNE Annaïg Abjean, présidente Pauline Restoux, secrétaire 26 Pierre-Pascal Antonini, trésorier 25

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SASU ÉCORAYONNE Bérengère Allegret, coordinatrice de la programmation 45 Mathilde Théet, responsable bar 44

Stagiaires et services civiques en 2022: Merci à Juliette Bertrand, Maël Birot, Philippine Boulet, Adèle Chatton, Mélina Damou, Charline Deau, Mathis De Caro, Bartolomée Dolci, Lola Dusausoit, Élise Machado, Esther Mérite, Mirana Monti, Alexandre Moraud, Pauline Rousseau. L’équipe du CCO est épaulée tout au long de la saison par une équipe d'intermittents du spectacle


À BIENTÔT

MERCI Septembre 2022

PARTENAIRES PUBLICS DU CCO Financeurs

Labels et réseaux

AMI - Fabrique de Territoire


Ce magazine raconte des initiatives portées par l’association du CCO et son Fonds de dotation La Rayonne. Ces projets ne sauraient voir le jour sans l’engagement de toute l’équipe du CCO La Rayonne, de tous nos partenaires privés et publics, ainsi que de toutes les aides bénévoles. Nous leurs adressons nos plus vifs remerciements.

ASSOCIÉS DE L’AUTRE SOIE

MÉCÈNES DU FONDS DE DOTATION LA RAYONNE Grands mécènes

Mécène ambassadeur

Mécènes

Mécènes fondateurs

Elles nous accompagnent


N°1 2022-2023

LE MAGAZINE DU

AVEC CELLES ET CEUX QUI Y CONTRIBUENT, DE PRÈS OU DE LOIN

cco-villeurbanne.org larayonne.org Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux @CCOLaRayonne CCO Jean-Pierre Lachaize 39 rue Georges Courteline 69100 Villeurbanne

CCO La Rayonne Friche Autre Soie 24b rue Alfred de Musset 69100 Villeurbanne

cco@cco-villeurbanne.org 04 78 93 41 44

larayonne@cco-villeurbanne.org 06 80 18 90 74

Accueil ouvert les lundis et mercredis de 15H à 19H les mardis, jeudis et vendredis de 9h à 13h

Accueil ouvert du lundi au jeudi de 9H à 11H et de 14H à 16H