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Costa de Garraf Catalogne

Generalitat de Catalunya Gouvernement catalan Ministère de l’Innovation, des Universités et de l’Enterprise

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La Costa de Garraf La Costa de Garraf est la partie du littoral catalan qui s’étend de l’embouchure du Llobregat, au sud de Barcelone, aux plages de Cubelles, au sud de Vilanova i la Geltrú. Dans l’intérieur des terres, outre la basse plaine du Llobregat et le massif du Garraf, qui présente un grand intérêt écologique, ce secteur couvre également une bonne partie du Penedès, la plus importante et la plus prestigieuse région vinicole du pays, dont les deux principales villes sont Vilafranca del Penedès et Sant Sadurní d’Anoia. Le premier tronçon côtier, la Marina, aux grandes plages de sable fin, correspond au secteur ouest du delta du Llobregat. Idéal pour la détente, c’est depuis toujours l’un des grands centres de la vie estivale de l’agglomération barcelonaise. Le massif du Garraf, dont les pentes abruptes plongent dans la mer, donne lieu à un paysage totalement différent, avec des petites criques abritées par les pointes rocheuses. À ses pieds, la belle ville de Sitges est un des premiers hauts lieux du tourisme en Catalogne. Après une portion de côte caractérisée par l’alternance des criques et des petits promontoires, s’ouvre une vaste étendue de plages de sable qui n’est interrompue que par le port de Vilanova i la Geltrú et se déploie à perte de vue jusqu’à l’embouchure du Foix, près de Cubelles. La basse plaine du Llobregat commence au pied du massif de Montserrat, passe par Martorell – connue pour son pont romain – et continue jusqu’à Sant Feliu de Llobregat. Elle est parsemée d’une série de localités qui ont acquis une fonction résidentielle en raison de la proximité de Barcelone. Dans le secteur ouest, où s’élèvent les monts du Garraf et d’Ordal, le terrain est plus accidenté et les villes sont aussi des stations estivales, indépendamment de leur vocation agricole. Les monts s’élèvent dans la zone de transition vers l’Alt Penedès. Les La Côte de Garraf

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vallons de ce secteur de la grande dépression prélittorale catalane sont couverts de vignes. L’Alt Penedès possède également un intéressant patrimoine architectural et un folklore très vivant. On peut y déguster des spécialités du terroir comparables par leur qualité et leur diversité à la savoureuse cuisine du bord de mer. Nous vous proposons un parcours par ces terres dont les multiples attraits sont liés à la présence de la mer, certes (plages, sports nautiques, cuisine à base de poissons et de fruits de mer), mais aussi à la présence des villes, dont certaines, très pittoresques, possèdent d’intéressants monuments et ont une vie culturelle active, tant sur la côte que dans l’arrière-pays, alors que d’autres ont une fonction plus résidentielle ou estivale. Les fêtes populaires, les marchés et les foires, ainsi que la possibilité de visiter les principales caves ou de pratiquer les sports les plus divers, sont autant d’attraits supplémentaires qui justifient un séjour dans la région.

La plage de Castelldefels

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La Marina La Marina est l’appellation traditionnelle du delta du Llobregat, qui dessine un triangle à la base arrondie délimité en haut par Sant Boi de Llobregat et en bas, de part et d’autre de l’embouchure du fleuve, par la colline de Montjuïc et les côtes du massif du Garraf. L’agglomération barcelonaise s’est développée à l’est, tandis que le secteur ouest constitue une vaste plaine alluviale, qui s’étend jusqu’au Garraf. El Prat de Llobregat, sur la droite de l’embouchure, est surtout connu en raison de la présence sur le territoire de la commune de l’aéroport de Barcelone, œuvre de Ricard Bofill. Mais l’endroit possède un autre atout non négligeable : la réserve naturelle du Delta, où subsistent des lagunes ou des étangs naturels comme La Ricarda (propriété privée) ou El Remolar, situé en partie sur la commune de Viladecans. La végétation et la faune aquatique, et plus particulièrement les oiseaux migrateurs, présentent un grand intérêt écologique, même si leur importance a été réduite par la pression urbaine et démographique exercée sur le site. Les activités agricoles se maintiennent en partie, notamment les cultures maraîchères intensives et l’élevage de poules (Fira del Gall en décembre). Viennent ensuite les immenses plages de sable de Viladecans, Gavà et Castelldefels, dont les abords constituent une zone touristique et résidentielle fort dense, très fréquentée par les Barcelonais en période estivale. Elle compte de nombreuses villas et résidences, des hôtels et des restaurants . Entre Gavà et Castelldefels fut construit un canal artificiel de 1200 m de long, le Canal olympique, qui accueillit les compétitions de canoë-kayak en eaux calmes ; on y pratique également l’aviron. Non loin de là, mais en mer, divers sports nautiques sont pratiqués : la voile, le ski nautique, le windsurf. Viladecans L’étang d’El Remolar

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possède un stade municipal de base-ball. Le patrimoine architectural et archéologique de ce secteur, où les centres urbains traditionnels se trouvent à une certaine distance de la côte, compte quelques éléments remarquables, notamment des maisons seigneuriales réalisées dans le style moderniste (proche de l’Art nouveau) à Viladecans, comme Can Modolell ou la Torre Roja, et la Torre Lluc à Gavà, qui abrite le musée municipal où sont exposées les pièces archéologiques trouvées dans l’important gisement minier néolithique de Can Tintorer. Castelldefels conserve ses anciennes tours de guet du XVIe siècle, en particulier celle dite de Can Ballester, reconvertie aujourd’hui en maison de la culture, et la Torre Barona – plus à l’ouest, au niveau du lotissement de Bellamar –, ainsi que l’ancien château (castell) de Fels, qui donne son nom à la localité, restauré dans le style néomédiéval à la fin du siècle dernier par le banquier Manuel Girona.

Can Modolell, Viladecans Produits typiques

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Les « côtes » de Garraf Le delta est brusquement interrompu par une longue portion de côte de type « costa brava », caractérisée par ses hautes falaises aux pentes abruptes qui plongent dans la mer et une succession de petites criques. Il s’agit de la façade maritime du massif calcaire du Garraf, qui constitue un bon exemple de relief karstique avec ses gouffres, ses grottes et ses nombreuses rivières souterraines. La C-31, jusqu’à il y a peu seule route pour aller à Sitges, s’élève brusquement en ce point et est particulièrement accidentée sur toute la section du parcours dite « côtes » de Garraf, où elle domine la mer. La voie ferrée parallèle à la route franchit les éperons rocheux par une série de tunnels. Inaugurée récemment, l’autoroute C-32 permet de rejoindre Sitges depuis Castelldefels en traversant le massif, également grâce à des tunnels. Après la plage de Covafumada se trouvent le grand port de plaisance de La Ginesta, doté de tous les équipements nécessaires, puis la petite ville de Garraf, qui a donné son nom au massif et à la région. L’ancien port de Garraf, créé en 1902 pour transporter la pierre destinée à agrandir le port de Barcelone, a été reconverti en port de plaisance ; à proximité se trouve le Celler Güell. Accolé à une ancienne tour de guet, ce bâtiment construit par Gaudí en 1888 abritait le cellier de la famille Güell. Après la falaise de la Falconera – qui cache une grande grotte semi-sous-marine où débouche le cours d’eau du même nom et qui est de ce fait l’embouchure sous-marine la plus importante du pays par son débit –, se trouve la Cala Morisca. Nous arrivons ensuite à Vallcarca, une grande cimenterie disposant de son propre port. La côte déchiquetée continue jusqu’à la calanque d’Aiguadolç, où a été aménagé un autre port de plaisance très bien équipé. Sitges, au pied du massif, est une charmante ville de bord de mer Sitges Le port de plaisance d’Aiguadolç

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qui fut l’un des premiers hauts lieux du tourisme en Catalogne. Devenue le lieu de rendez-vous des artistes et des écrivains à la fin du siècle dernier, elle a vu se succéder différentes écoles picturales – luminisme, modernisme, noucentisme – de la main de peintres comme Roig i Soler, Meifrèn, Casas ou Sunyer et les cercles d’avant-garde réunis autour de la revue Els Amics de les Arts. Elle faisait aussi preuve d’une sensibilité particulière pour l’urbanisme (comme en témoigne, en particulier, la cité-jardin de Terramar) et pour les activités sportives et culturelles. La personnalité la plus en vue du Sitges de l’époque était sans conteste le peintre et écrivain Santiago Rusiñol, qui réunit dans sa maison du Cau Ferrat (le nid aux fers), aujourd’hui transformée en musée, toutes les pièces de sa collection de fers forgés, de céramiques et de tableaux, et organisa, entre 1892 et 1899, les fameuses Fêtes Modernistes (expositions, concerts, pièces de théâtre, etc.). La Vila Vella (la vieille ville) a été construite sur un promontoire rocheux surplombant la mer, entre la plage de Sant Sebastià et la grande plage de la Ribera. L’église paroissiale – qui abrite de remarquables retables baroques – se dresse à l’une de ses extrémités, dominant le port et la mer. Derrière se trouvent les musées Maricel de Mar et Cau Ferrat, le bâtiment néogothique de l’hôtel de ville et un édifice dit « Palau del rei moro », datant du Moyen-Âge. Vers la plaça del Cap de la Vila, on peut également admirer de belles maisons seigneuriales construites entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XXe, bonne illustration de l’architecture romantique, éclectique et moderniste. Certaines de ces maisons ont été transformées en hôtel-restaurant ou aménagées à des fins culturelles, comme la Casa Llopis, où est installé le Museu Romàntic, qui contient notamment Le celler Güell Sitges. Rallye international, tapis de fleurs (pour la Fête-Dieu), la « moixiganga »

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une importante collection de poupées anciennes. La plage de la Ribera, de 2 km de long, et la promenade qui la longe, le Passeig Marítim, comptent pour beaucoup dans le charme de Sitges. Un monument en hommage au Greco a été érigé à l’initiative de Rusiñol et par souscription populaire en 1898. Bars, restaurants et hôtels abondent dans ce secteur de la ville, très animé le soir venu. La plage et la promenade conduisent à l’ouest vers le quartier de Terramar, qui a donné son nom à un grand hôtel ouvert en 1933 et au terrain de golf créé en 1922 en bordure de mer. Avant d’y arriver, elles longent un vaste secteur résidentiel dominé par le sanctuaire d’El Vinyet, réalisé en 1733 dans le style néoclassique et entouré de pins. À l’est, de l’autre côté du promontoire de la vieille ville, se trouve la plage de Sant Sebastià. Nous sommes là dans l’ancien quartier des pêcheurs. Un monument à Santiago Rusiñol, réalisé à partir d’une esquisse de Pere Jou, a été érigé en 1977 près de la plage. Outre les musées précités, d’autres édifices sont dignes d’intérêt, en particulier la Biblioteca Popular Santiago Rusiñol, sur la plaça de l’Ajuntament, et le Casino Prado Suburense, une très belle salle de théâtre construite en 1877. L’Ateneu Popular et autres lieux de rencontres maintiennent une vie culturelle active. À Sitges, le folklore et les coutumes font par ailleurs preuve d’une remarquable vitalité, comme en témoignent les fêtes du Carnaval, qui connaissent toujours un grand succès et pendant lesquelles est également organisé le Rallye international Barcelone-Sitges de voitures d’époque. Pour la Fête-Dieu (ici appelée Corpus), les rues par où passe la procession sont décorées de tapis de fleurs. Lors de la Festa Major de Sant Bartomeu (fête patronnale), les géants et le dragon, éléments typiques du folklore catalan, sortent dans la rue. Il y a aussi des bals de diables, de bastons et autres, Le musée Maricel de Mar Le musée Cau Ferrat

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notamment le bal de la moixiganga, et les castellers de Sitges dressent leurs tours humaines. Parmi les manifestations culturelles, il faut citer le Festival international de Cinéma et le Festival International de Jazz. Dans l’arrière-pays, au pied du massif du Garraf, le bourg de Sant Pere de Ribes possède quelques édifices de style moderniste, notamment l’hôtel de ville (1893), œuvre de Bonaventura Pollès, ou encore l’église paroissiale néogothique (1910). Dans le vieux quartier, Sota-ribes, les maisons sont regroupées autour de l’ancien château médiéval de Ribes – dont il reste une magnifique tour circulaire – et de la première église paroissiale, dite Església Vella (1663-1674), une construction austère de facture Renaissance.

Sant Pere de Ribes. Le quartier de Sota-ribes

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Le port de Vilanova i la Geltrú Vilanova i la Geltrú, chef-lieu du Garraf, est issue de la fusion de deux bourgs : celui formé autour du château de la Geltrú (XIe s.) – aujourd’hui ouvert comme archives après avoir été restauré – et la « vila nova de Cubelles », fondée en 1274 par Jacques Ier. Ces deux localités se fondirent bientôt en une seule, d’où la morphologie actuelle de la ville, complétée au XVIIIe siècle par le Barri de Mar, un ancien village de pêcheurs qui prit une grande importance suite au développement du commerce avec l’Amérique et à l’industrialisation postérieure. Ce secteur est aujourd’hui une agréable zone touristique et résidentielle centrée sur le port moderne. Au plan architectural, la ville possède d’intéressants bâtiments, témoins de la prospérité des siècles passés. L’époque baroque est représentée par le magnifique clocher (1672-1706) – réalisé sur les plans du frère Josep de la Concepció – qui se dresse devant l’église Sant Antoni Abat (XVIIIe s. ; façade néoclassique de la fin du e XIX s.). Le remarquable hôtel particulier néoclassique Can Cabanyes, construit sur les plans d’un architecte italien en dehors de la ville, date de la fin du XVIIIe siècle. Il fut la résidence du poète préromantique Manuel de Cabanyes (1808-1833) et du peintre Alexandre de Cabanyes (1877-1972). C’est aujourd’hui un équipement culturel. La Casa Papiol, sur le Carrer Major, également fin XVIIIe, conserve son magnifique mobilier d’époque. Elle abrite le Museu Romàntic depuis 1963. Vilanova i la Geltrú possède également de nombreux édifices typiquement XIXe, dont la Casa de la Vila (hôtel de ville), œuvre de F. de P. del Villar (1867), sur une belle place à arcades, le Teatre Principal (1835), le Círcol Vilanoví (1853), le Col·legi Samà (1879), construit par Jeroni Granell, ou la Biblioteca-museu Vilanova i la Geltrú. La promenade maritime Vilanova i la Geltrú. Can Cabanyes

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Balaguer (1884), un grand musée-bibliothèque au porche néo-égyptien dont Granell fit les plans à la demande de l’écrivain et homme politique local Víctor Balaguer. Ce musée renferme notamment une importante collection de peinture catalane et des collections d’archéologie, de céramique, etc. L’époque moderniste est représentée par la Casa de l’Indiano, sur la Rambla de la Pau, par le marché et les « Escoles », œuvres de J. M. Miró, et par quelques villas du Passeig de Ribes Roges. Le Museu del Ferrocarril (musée du rail), dans la gare, le Museu de Curiositats Marineres Roig Toqués et différentes bibliothèques et archives complètent l’offre culturelle. Une longue avenue en front de mer, le Passeig Marítim, va de la colline de Sant Cristòfol et de La Farola aux rochers de Sant Gervasi. Le port, construit dans les années cinquante, a été agrandi récemment. Troisième port de pêche catalan, c’est aussi un port de commerce et de plaisance comptant plus de 700 emplacements. Ce secteur très animé compte plusieurs restaurants renommés pour leurs savoureux plats de poissons, comme l’all cremat – à base d’ail frit – ou le bull de thon, une salaison servie avec un accompagnement de morue, d’anchois, de scarole, d’olives... et arrosée d’une sauce à base d’huile, d’ail, d’amandes et de noisettes, de poivre et de vinaigre, qui donne son nom à ce plat tout à fait typique de la région, le xató, sans oublier les arrossos, les fideuades, les rossejats, etc. Les fêtes et les coutumes sont très vivantes à Vilanova. Le Carnaval est indéniablement la plus connue – arrivée du roi Carnestoltes, comparse du Vidalot, Rua (défilé des chars), batailles de bonbons, etc. –, mais il faut également citer les Tres Tombs le jour de la Sant Antoni Abat – bénédiction et défilé de chars et de chevaux montés, bals de gitanes et de bastons, dragons, diables, falcons, etc. –, la Festa Le carnaval à Vilanova

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Major de les Neus (le 5 août), pendant laquelle est organisée une rencontre internationale de musique populaire de haut niveau, et celle de Sant Pere, dans le quartier de la Marina, qui fête la Semaine de la Mer. Les premières colles castelleres (troupes dressant des tours humaines) ont été créées en 1972 et le grand rendez-vous des castellers, la Jornada Castellera, a lieu aux environs de la Sant Jordi, dans la seconde quinzaine d’avril. La Xatonada Popular (janvier-février) ou la Mostra de Cuina (rendez-vous gastronomique en mars-avril), de même que la Fira de Nadal (Foire de Noël) sur la Plaça de la Vila, sont également des manifestations intéressantes. À l’extrémité ouest de la plage de Ribes Roges, au pied de la colline de Sant Gervasi, se trouvent les vestiges d’un village ibère et de la villa romaine d’Adarró, d’un grand intérêt archéologique. Sur le front de mer, le quartier du Racó de Santa Llúcia est limitrophe de la commune voisine de Cubelles, dans la partie la plus méridionale de la Costa de Garraf. La longue plage de sable est partagée en deux par l’embouchure du Foix. Sur la gauche du fleuve, à un kilomètre de la côte, se trouve Cubelles. Dominée par son église baroque (1697-1737), cette ville conserve quelques maisons seigneuriales d’un grand intérêt, en particulier celle des marquis d’Alfarràs ou celle dite Can Travé. La ville possède également un petit musée consacré au prestigieux clown Charlie Rivel, né à Cubelles. Les environs de la plage – où abondent villas, petites résidences, hôtels et campings – sont très animés en été.

« Xató » La plage de Cubelles Vilanova i la Geltrú. Le clocher de l’église Sant Antoni Abat Vilanova i la Geltrú. La bibliothèque-musée Balaguer

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La plaine du Llobregat La basse plaine du Llobregat, ou Baix Llobregat, commence au pied du massif de Montserrat et va jusqu’au delta, au niveau du secteur connu sous le nom de Marina, décrit plus haut. Le paysage est très varié : à l’étendue plate de la plaine agricole succèdent le curieux relief de Montserrat et les contreforts des monts d’Ordal. La rive gauche du fleuve est fortement urbanisée en raison de la proximité de l’agglomération barcelonaise. Une grande partie de la commune de Collbató se trouve à l’intérieur du parc naturel de la montagne de Montserrat, au sud de l’abbaye, dans le secteur dit de Santa Magdalena, par où passent les sentiers autrefois empruntés par les pèlerins se rendant à Montserrat. Ce secteur est le paradis des randonneurs et des amateurs d’escalade, mais aussi des spéléologues, car il comporte nombre de grottes et de gouffres. La plus intéressante de ces grottes, la Cova del Salnitre, est située au pied du massif ; elle possède plusieurs salles et un parcours de 500 mètres de long y a été aménagé à l’intention des visiteurs. Dans le vieux centre-ville de Collbató se trouvent quelques maisons du plus haut intérêt. Les activités traditionnelles de la localité sont la céramique et la fabrication d’orgues. En aval, de part et d’autre du fleuve, exploité depuis longtemps par l’industrie textile, se trouvent Esparreguera et Olesa – l’ancienne colonie Sedó est aujourd’hui un intéressant musée industriel. Pendant la Semaine Sainte, on peut assister dans ces deux villes à une représentation de la Passion par des acteurs locaux. Deux théâtres ont été construits récemment pour perpétuer cette coutume, qui remonte au XVIIe siècle. Le sanctuaire Sant Salvador de les Espases, au-dessus du pertuis du Cairat, et le sanctuaire Santa Maria del Puig sont d’origine médiévale. Vue de Montserrat depuis Collbató Sant Esteve Sesrovires. Golf Masia Bach

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Avant d’arriver à Martorell, nous pourrons admirer la belle église romane d’Abrera et les vignobles de Sant Esteve Sesrovires, qui produisent des vins A.O.C. Penedès. L’église néomédiévale Sant Esteve, œuvre de Domènech i Estapà, et quelques maisons de style moderniste ou noucentista, dont les caves Roger Goulart (autrefois Canals Nubiola), méritent également le détour. Parsemée de nombreux mas isolés et de hameaux, la région possède également un terrain de golf. Martorell est le chef-lieu de ce secteur de la plaine. Située au confluent de l’Anoia et du Llobregat, c’est depuis l’Antiquité une croisée de chemins (N-II, A-7, voie ferrée, etc.). La Via Augusta passait en ce point et de cette époque date le fameux Pont del Diable, refait au e XIII siècle et plusieurs fois reconstruit, dont on conserve la base et un arc de triomphe. La ville possède un riche patrimoine architectural : la Torre de les Hores (la tour des heures), la Casa de la Vila (hôtel de ville du XVIe s. mais décoré de sgraffites plus récents), la Torre de Santa Llúcia, l’ancien palais des Requesens (très belle cour Renaissance), des maisons modernistes, etc. Le Museu Municipal Vicenç Ros et le Museu Santacana-L’Enrajolada renferment de précieuses collections de céramique catalane. Martorell a une vie culturelle – surtout au plan musical – et sportive animée et les fêtes folkloriques y sont très vivantes. Les contreforts des monts d’Ordal, d’une composition analogue à celle du Garraf, abritent plusieurs communes de la partie ouest de ce secteur. À Castellví de Rosanes, on remarquera les imposantes ruines de l’ancien château des barons de Castellvell, une intéressante bâtisse gothique à proximité de l’ancien couvent de Miralles et plusieurs belles fermes. À Corbera de Dalt, il est possible de visiter la vieille église paroissiale, restaurée aux XVIIe et e XVIII siècles (statuettes médiévales, intéressant retable Renaissance). Martorell. Le Museu Municipal Vicenç Ros Martorell. Le Pont del Diable

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Plus au sud, à Cervelló, on peut admirer les vestiges du château (restes d’une intéressante chapelle romane) d’une autre puissante baronnie du Moyen-Âge. À ses pieds s’élève l’église Santa Maria de Cervelló (XIe s.), dite aussi Santa Maria dels Socors, également romane. Cette église à arcatures lombardes possède une intéressante tour-lanterne. La troisième église romane de la commune est celle de l’ancienne abbaye bénédictine (XIe s.) de Sant Ponç de Corbera (trois absides, tour-lanterne rehaussée d’un petit clocher, vestiges de peintures). De retour dans la plaine du Llobregat, nous pouvons voir, dominant El Papiol, un vieux château reconstruit à l’époque gothique et restauré récemment. Les autres villes du secteur, qui font partie de la banlieue de Barcelone, sont Pallejà – où une maison seigneuriale de la fin du XVIe siècle occupe l’emplacement de l’ancien château –, Molins de Rei, Sant Feliu de Llobregat (chef-lieu, quelques édifices intéressants, trois parcs), Sant Joan Despí – où se trouvent des réalisations remarquables de l’architecte moderniste J. M. Jujol, aide de Gaudí –, Sant Just Desvern et Esplugues de Llobregat. En direction de la Marina se trouvent Sant Boi de Llobregat (vestiges des anciens thermes romains, plusieurs maisons seigneuriales, tombeau de Rafael Casanova, symbole de la résistance catalane, dans l’église paroissiale) et Santa Coloma de Cervelló, où il faut voir la Colònia Güell toute proche. Dans cette cité ouvrière créée en 1890 par Eusebi Güell, mécène de Gaudí, on remarquera, outre les logements ouvriers et les manufactures de textile, la crypte de l’église paroissiale, construite par Gaudí en 1915 (l’église proprement dite ne fut jamais construite). Cette crypte est l’un des ouvrages les plus intéressants du grand architecte en raison de sa structure novatrice et Sant Joan Despí. La Torre dels Ous, de J. M. Jujol Sant Joan Despí. Can Negre, de J. M. Jujol

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de l’utilisation audacieuse des matériaux de construction – colonnes inclinées, voûtes en brique, pierre basaltique à peine dégrossie, mosaïques et vitraux, etc.; patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Torrelles de Llobregat est connue pour son petit parc Catalunya en Miniatura, où l’on peut voir des maquettes des plus beaux sites et monuments catalans, notamment un « coin Gaudí »., et Sant Climent de Llobregat l’est pour la qualité de ses cerises (fête de la cerise en juin).

Santa Coloma de Cervelló. La crypte de la Colònia Güell

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Le massif du Garraf Le massif du Garraf – déclaré en grande partie parc naturel en 1986 – offre un insolite paysage vallonné où domine la blancheur de la roche calcaire, entrecoupée par des zones de végétation arbustive où se mêlent margallons – seule espèce de palmier autochtone d’Europe, caractéristique du massif –, chênes kermès, lentisques et roseaux à balais. Les phénomènes karstiques ont donné lieu à la formation de nombreux gouffres, grottes, dolines, lapiaz, et la présence de plusieurs rivières souterraines, dont celle de la Falconera déjà évoquée plus haut, est révélée par d’importants affleurements d’eau. Le parc proprement dit est quasiment inhabité (une trentaine de personnes seulement y vivent) ; le point Information se trouve dans le bâtiment moderniste de La Pleta. Une insolite bâtisse isolée, la Plana Novella, de style très éclectique, présente un certain intérêt. Elle fut construite de 1887 à 1890 par le couple Domènec-Vilanova, qui avait fait fortune à Cuba et pensait y installer une exploitation agricole. Le point le plus haut du massif est la Morella (592 m) ; à proximité du mont de la Mola (532 m) se trouve le gouffre de l’Esquerrà, le plus profond du Garraf. À la périphérie du parc, plusieurs sites méritent le détour. Depuis Gavà, on aperçoit à l’est les premiers contreforts du massif, sur lesquels s’élèvent les ruines du château médiéval d’Eramprunyà, à 438 m au-dessus du sanctuaire roman de Bruguers. Par Begues, une petite ville résidentielle, on rejoint Olesa de Bonesvalls, située dans un secteur plus boisé. En continuant vers le sud, sur la route qui suit l’ancienne voie royale, on arrive à L’Hospital, où se trouve l’ancien hôpital des voyageurs et des pèlerins fondé en 1262 par la famille Cervelló. Ce bâtiment, qui illustre bien la transition du roman au gothique, est l’un des rares de la sorte à avoir été conservé presque Le Parc naturel du Garraf

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intégralement, même si des modifications y ont été apportées aux XVIe et XVIIe siècles. Il est entouré d’une enceinte fortifiée. Au nordouest du massif se trouve Olivella, dont le principal attrait sont les vestiges d’un vieux château dit Castell Vell.

Parc naturel du Garraf. La Plana Novella Olesa de Bonesvall. L’ancien hôpital Le château d’Eramprunyà

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Vilafranca del Penedès, la capitale du vin Vilafranca del Penedès n’est pas seulement le chef-lieu du Penedès – qui englobe l’Alt Penedès, le Baix Penedès et le Garraf – ; à compter du XIXe siècle, ce gros bourg est devenu le principal centre de production et d’exportation de la riche zone vinicole du Penedès. Sa station de viticulture et d’œnologie date de 1901 et elle est le siège du conseil régulateur de l’A.O.C. Penedès ainsi que d’autres organismes de contrôle et de promotion. Elle possède d’importantes caves où sont élaborés vins, cavas et liqueurs. Sur le plan architectural, la ville possède un remarquable patrimoine gothique, témoignage de son importance politique dans les siècles passés. Les rois catalans s’y installèrent (Pierre II y mourut en 1285) et elle accueillit les Corts (le Parlement catalan) en 1359 et en 1367. On y verra en particulier la basilique Santa Maria, consacrée en 1484, mais dont la façade, de facture néogothique, ne fut achevée qu’en 1905 ; à proximité se trouve le Palais royal, une œuvre austère de la première période gothique (XIIIe s.), qui abrite un musée, et l’église Sant Joan, bâtie au XIVe siècle par les hospitaliers et aujourd’hui transformée en salle d’expositions. Nous signalerons également le Palau Baltà (XVIe s.), quelques maisons seigneuriales voisines, comme celle du marquis d’Alfarràs ou celle des Gomà, ou encore l’ancien couvent Sant Francesc, reconverti en hôpital depuis le XVIIe siècle, qui renferme dans son cloître la section lapidaire du musée. La Casa de la Vila (hôtel de ville), datant de 1912, et plusieurs maisons – Can Jané, Can Claramunt, Casa Miró Inglada, Farmàcia Güell, Can Figuerot, etc. – ont été réalisées dans le style moderniste. La ville possède également plusieurs sculptures intéressantes de la même époque, Vilafranca del Penedès. Les « castells » (tours humaines) des fêtes de la Saint-Félix

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comme la Descente de croix de la crypte Santa Maria, par Josep Llimona, ou le monument à Milà i Fontanals sur la Rambla de Sant Francesc, dont les sculptures sont dues à Eusebi Arnau et Manuel Fuxà. Le Museu de Vilafranca est installé pour l’essentiel dans le palais royal. Ce musée comporte plusieurs sections thématiques, notamment un Museu del Vi où sont présentées différentes collections de presses, coupes, porrons, amphores, alambics, etc. Au Museu d’Art, outre d’intéressantes collections de peinture et de céramique, on remarquera, dans l’église Sant Francesc, un magnifique retable gothique représentant saint Georges et la Vierge, par Lluís Borrassà (vers 1400), et, dans le cloître, un ensemble de tombes médiévales (XIIIe-XVIe s.) de familles nobles (les Penyafort, Hug de Cervelló, Bertran de Castellet, etc.). Le musée compte également des sections d’archéologie, de géologie et d’ornithologie. Les traditions populaires y sont très vivantes. La Festa Major de Sant Fèlix (le 29 août), notamment, est connue dans toute la Catalogne. Après le coup d’envoi de la fête, donné par un tir de pétards (la tronada), on a un aperçu de pratiquement tous les éléments du folklore catalan : le dragon, l’aigle, les diables, les géants et les nains, les bals de bastons, de gitanes, de cotonines, de cercolets et de panderos, le bal de Serrallonga, la Moixiganga, les falcons, les grallers et les dolçainers, les colles castelleres. La fête se termine la nuit venue par un grand rassemblement devant la basilique Santa Maria, d’où sont tirés de spectaculaires feux d’artifice. La ville a deux colles : les Castellers de Vilafranca, dont la spécialité sont les fites de nou (« tours humaines » à neuf étages), et les Xicots de Vilafranca. Les autres fêtes et manifestations importantes sont la Vilafranca del Penedès. Le retable gothique de L. Borrassà (détail) Vilafranca del Penedès. « Nains » des fêtes de la Saint-Félix

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Firavi, (Fête de la vigne et du vin) biannuelle, la Fête du coq (le samedi précédant Noël), les Tres Tombs (le jour de la Sant Antoni Abat), le Carnaval, les Fêtes de mai ou des amoureux, etc. Il y a de nombreux organismes culturels, tels l’Institut d’Estudis Penedesencs, le Centre Excursionista del Penedès, la société La Principal (1904), qui propose un atelier loisirs et théâtre, plusieurs bibliothèques, l’Arxiu Històric Comarcal, l’Arxiu Bibliogràfic Pere Regull et l’Arxiu Tarín Iglésias (archives), sans parler des multiples associations sportives. On vient de loin pour acheter des produits frais au marché de Vilafranca. Aussi ancien que la ville, il se tient actuellement le samedi et occupe tout le centre-ville, sous les arcades de la Rambla et des places de Sant Joan, de Jaume I et de l’Oli. Le Penedès est réputé pour ses vins et cavas de première catégorie – vins blancs et rosés, jeunes et fruités, mais aussi vins rouges vieillis à faible teneur en alcool –, ses œufs et volailles – œufs roux de Vilafranca, poulets et canards, dindes rôties ou farcies de pruneaux et de pignes – et ses cultures maraîchères – haricots verts, brocolis, choux-fleurs, pommes de terre, etc.

Vilafranca del Penedès. Le Museu del Vi Vilafranca del Penedès. Le Palais Baltà Vilafranca del Penedès. Le marché du samedi

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La grande plaine du Penedès L’Alt Penedès se trouve – de même que le Baix Penedès – dans la partie sud de la dépression prélittorale catalane, entre les monts d’Ordal et le massif du Garraf, déjà mentionnés, et la chaîne des monts de Mediona, Puigfred et Ancosa. Depuis l’Antiquité, cette région est un couloir naturel par où passent les grands axes de communication : la Via Augusta, la voie royale médiévale, les lignes de chemin de fer et les autoroutes. Le paysage, souriant et agréable, est légèrement vallonné et recouvert de vignes à perte de vue, ce qui lui confère un cachet particulier. La population est disséminée dans de petits hameaux épars, des manoirs ou des mas. Nous commencerons notre circuit par le secteur sud-ouest. De nombreux sites sont à voir sur cette vaste plaine. Nous citerons en premier lieu l’intéressant site archéologique d’Olèrdola, où se dressent les vestiges d’un château, construit en un point stratégique au sommet de la colline Sant Miquel, qui domine la plaine à l’est. Une bonne partie de l’enceinte, une grande citerne et de nombreux silos creusés dans la roche, ainsi que des vestiges de la muraille, datent de l’époque ibéro-romaine (IIIe et IIe s. av. J.-C.). À l’époque de la Reconquête, le comte Sunyer fit bâtir (929) un nouveau château sur les ruines romaines. Consacrée en 935, l’église Sant Miquel, construite en tirant partie des éléments d’une église mozarabe, fut agrandie en 991 et modifiée au XIIe siècle ; elle a été restaurée. Plusieurs sépultures anthropomorphes du type dit olerdolien datent du Xe siècle. Le site a subi d’importants dommages lors des incursions musulmanes du e X siècle. Il appartint au siècle suivant à Mir Geribert, un puissant seigneur féodal régnant sur ce secteur en contact avec le monde arabe, qui s’attribua le titre de prince d’Olèrdola. Un petit musée a été aménagé sur le site. Deux intéressantes églises romanes se trouvent dans le même Le site archéologique d’Olèrdola Le château de Castellet, dominant le lac du barrage de Foix

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secteur : celle, de plan circulaire, du mas du Sant Sepulcre (restes de peintures murales) et celle de Moja, près de l’église paroissiale Sant Jaume. Plus au sud, à Castellet i la Gornal, dominant le Foix depuis sa position stratégique au sommet d’un piton rocheux contourné par un méandre du fleuve, s’élève le château de Castellet, dont il est déjà fait mention dans des ouvrages datant du haut Moyen-Âge et reconstruit en grande partie en 1929. À proximité se trouve l’église romane Sant Pere. Quelque 5 km plus au nord, non loin de Les Masuques, on pourra admirer l’église Sant Esteve (romane, chevet trilobé). En aval du château se trouve le barrage de Foix, construit en vue de faciliter l’irrigation et de garantir l’approvisionnement en eau. Plus à l’ouest, sur les contreforts du Montmell, nous trouvons dans un endroit pittoresque les ruines du château de Castellví de la Marca surplombant le Marmellar. Ce secteur possède par ailleurs plusieurs mas intéressants, dont certains ont été remaniés à l’époque moderniste (Ca l’Estalella, Mas Lloet de Baix, etc.). Au nord, de nouveau dans la vallée du Foix et de son affluent, le Pontons, on aperçoit sur un piton rocheux le vieux village de Sant Martí Sarroca avec son château (imposant bâtiment restauré et présentant des éléments romans et gothiques) et son église. Cette dernière, restaurée en 1906 par Puig i Cadafalch, est un très bel exemple du deuxième style roman catalan. On remarquera notamment la nef, le transept, la porte surmontée d’archivoltes et la lanterne surmontée d’un clocher plus tardif, ainsi que les voûtes en ogive et l’abside, particulièrement riche en sculptures. Elle renferme un beau retable gothique réalisé par Jaume Cabrera au début du XVe siècle. Le château abrite le musée municipal. Le secteur le plus occidental de l’Alt Penedès, à savoir les monts d’Ancosa, offre un paysage attrayant qui contraste avec la douceur de la plaine. Ses roches escarpées cachent une infinité de grottes et L’église Santa Magdalena, à Pontons Pontons

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d’anfractuosités ; les sources abondent dans cette contrée boisée. Le village de Pontons, à proximité de la rivière du même nom, s’étend au pied de l’église Santa Magdalena (beau portail roman). La chapelle romane de Sant Joan de la Muntanya, restaurée, à mi-pente de la montagne du Fonoll et d’où l’on jouit d’une vue splendide, appartenait au château de Pontons, dont il ne reste que des ruines. Un château plus ancien s’élevait semble-t-il sur l’emplacement de l’actuel manoir fortifié de Maspontons (XVIIe et XVIIIe s.). Aux alentours de Torrelles de Foix, les vallées du Foix et du Pontons deviennent par endroits des gorges encaissées d’une grande beauté, en particulier au lieu-dit Pèlag de les Dous. On aperçoit au sommet d’une colline les ruines du château de Foix. L’église, romane, a été restaurée ; c’est aujourd’hui le sanctuaire de Santa Maria de Foix. Cette zone montagneuse de la dépression du Penedès est fermée par les monts de Puigfred et de Mediona, formant un territoire autrefois dominé par le château de Mediona, surplombant un défilé creusé par le Bitlles ; il en reste une partie de l’enceinte, une grande tour carrée et d’autres vestiges, ainsi que l’église – aujourd’hui sanctuaire – Santa Maria (XIIe-XIVe s.), avec voûte en plein cintre ogivale et abside polygonale. Dans ce secteur nord-ouest limitrophe de l’Anoia, se trouve notamment Sant Pere de Riudebitlles, où deux édifices sont à voir : l’église paroissiale, avec un remarquable portail datant de l’époque romane, et le palais du marquis de Llo, une superbe maison seigneuriale de style gothique (XIVe s.) avec portail à claveaux et fenêtres à meneaux. Dans le petit village de Terrassola, on remarquera l’église romane Sant Marçal (fin du XIe s.), intéressante de par son chevet trilobé à décoration lombarde et sa tour-lanterne.

Sant Pere de Riudebitlles. Le palais du marquis de Llo Le château et l’église de Sant Martí Sarroca

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Sant Sadurní d’Anoia, capitale du cava Le plus gros bourg du secteur nordest de la plaine du Penedès est Sant Sadurní d’Anoia, situé à proximité des grands axes de communication, ce qui explique l’importance de son marché pour les habitants de la région. Mais le facteur décisif pour l’économie et la prospérité de la ville fut sa spécialisation à partir du dernier quart du XIXe siècle – la vigne y est exploitée depuis des temps beaucoup plus reculés – dans l’élaboration de vins mousseux selon la méthode champenoise. À Sant Sadurní, les premiers à mettre en application cette méthode – étudiée et objet d’expériences en Catalogne depuis le milieu du e XIX siècle – furent les Raventós Codorniu, à partir de 1872. Cette famille sut perfectionner la méthode tout en se donnant les moyens de commercialiser le produit sur le marché intérieur comme sur les marchés extérieurs. Cette activité continua à se développer malgré l’arrivée du phylloxéra en 1887 ; les variétés locales furent greffées sur les pieds de cépages américains résistant à l’épidémie et de nouvelles variétés virent le jour (xarel·lo, macabeu, parellada). Ceci permit la création de nouvelles unités de production, en particulier depuis la fin de la Première Guerre mondiale. La ville devint bientôt le premier centre producteur de cava d’Espagne (90 % du total, soit près de 130 millions de bouteilles par an). Outre le marché intérieur, ses principaux clients sont les États-Unis, suivis du Canada, de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la Suisse, de la Suède et de l’Italie. Le patrimoine architectural de Sant Sadurní est le reflet de son activité. Les Caves Codorniu, situées en dehors de la ville, possèdent des pavillons réalisés dans le style moderniste par Puig i Cadafalch en 1904. Cet architecte a également entièrement remanié l’ancien mas de Can Codorniu en 1906. Il y a actuellement 26 km de L’élaboration du « cava » (vin champagnisé catalan)

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galeries souterraines, dont la visite se fait au moyen d’un petit train, et un musée du cava. Fondées en 1889, les Caves Freixenet figurent également parmi les plus importantes du monde ; ses bâtiments actuels, qui datent des années vingt du siècle dernier, ont été très modernisés. La prospérité de la région explique le grand nombre de maisons modernistes et noucentistes en centre-ville. On remarquera notamment la Casa de la Vila (hôtel de ville), construite en 1900, les écoles publiques et l’église paroissiale, construite à différentes époques (façade noucentista de 1924, par F. Folguera). Semaine du cava le deuxième dimanche d’octobre. L’habitat est très dispersé dans ce secteur de la plaine au paysage vallonné couvert de vigne. Non loin de Sant Sadurní, on remarquera le grand mas du Monistrol d’Anoia et les importantes caves Marquès de Monistrol, fondées en 1882. À Espiells (petite église préromane restaurée) se trouvent les caves Juvé & Camps. Plus au nord, aux alentours de Sant Llorenç d’Hortons, nous trouvons l’église romane Sant Joan Samora, restaurée. Gelida, située en un point stratégique au sommet d’un promontoire escarpé dominant le fleuve et l’ancienne voie romaine, au pied des monts d’Ordal, mérite également le détour. Il s’agit d’une ville essentiellement résidentielle et estivale. Les vestiges encore imposants de son château témoignent de son importance historique ; il en reste de grands pans de muraille, deux grandes tours et une partie des dépendances gothiques. À ses pieds se dresse l’église Sant Pere, d’origine préromane, remaniée et agrandie à une époque postérieure, où sont régulièrement organisés des concerts et autres manifestations culturelles. Dans le Barri de l’Estació (quartier de la gare), desservi par un funiculaire depuis 1924, se trouve l’intéressante Les caves Codorniu Les caves Freixenet Les caves Josep M. Raventós i Blanc

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fabrique de papier Guarro, dite le Molí Vell. Vers Subirats, dans les monts d’Ordal, qui atteignent ici leur point culminant (Turó de Montcau, 643 m), l’habitat reste dispersé. Sous les ruines du château de Subirats (belle vue sur la plaine du Penedès) se trouve l’église romane Sant Pere del Castell, récemment restaurée. Elle devint en 1930 le sanctuaire de la Mare de Déu de la Fontsanta. On y vénère une statue provenant de la chapelle voisine de la Font de la Salut et un pèlerinage y est organisé le 1er mai. À Sant Pau d’Ordal on remarquera l’église paroissiale, avec des éléments romans mais très modifiée. La petite agglomération de Torre-ramona s’est formée autour d’un manoir de style gothiquerenaissance construit au XVIe siècle ; l’église Sant Joan Sesrovires est également d’origine gothique. Une belle tour de guet médiévale s’élève à proximité des Casots et du mas de Can Llopard de la Costa. De nombreuses vieilles fermes ont été restaurées et transformées en résidences secondaires mais il reste plusieurs exploitations vinicoles ou agricoles (Cal Bas, Can Massana, Can Ravella, Can Parellada, etc.). Plus au sud, près d’Avinyonet del Penedès, on peut aller admirer l’ancienne abbaye bénédictine de Sant Sebastià dels Gorgs (remarquables vestiges de style roman, dont un portail au beau tympan sculpté, le clocher à base carrée et le petit cloître) et une tour sépulcrale (romane, base circulaire) au lieu-dit Les Gunyoles.

La coopérative vinicole du Penedès (COVISA)

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© Generalitat de Catalunya Departament d’Innovació, Universitats i Empresa Turisme de Catalunya Texte: Servei d’Informació i Difusió Turística Maquette: Francesc Guitart Photo de couverture: Vilanova i la Geltrú. Jordi Pareto. Photos: J. Pareto, F. Guillamet, F. Guitart,T. Vidal, J. Raventós, R. Manent, J. Balanyà, Índex et J.F. Alcoceba Imprimé par: Gràfiques Cuscó, SA D.L.B.: 30427-2008 Printed in EU Centre d’Informació de Catalunya. Palau Robert Passeig de Gràcia, 107 08008 Barcelona T. [+34] 932 388 091 www.gencat.cat/probert Oficines de turisme 08860 Castelldefels. Pintor Serrasanta, 4 T. [+34] 936 352 727 infoturismo@castelldefelsturisme.info www.castelldefels.org 08293 Collbató. Pl. de l’Era, s/n T. 937 779 076 turisme@collbato.cat www.collbato.cat 08880 Cubelles. Pg. Narcís Bardají, 12 T. [+34] 938 952 500 turisme@cubelles.org www.cubelles.cat 08870 Sitges. Sínia Morera, 1 T. [+34] 938 945 004 info@sitgestur.com www.sitgestur.com 08800 Vilanova i la Geltrú Pg. del Carme (Parc de Ribes Roges) T. [+34] 938 154 517 turisme@vilanova.cat www.vilanovaturisme.net 08800 Vilanova i la Geltrú. Pl. de la Vila, 10 T. [+34] 938 935 555 promociociutat@vilanova.cat www.vilanova.cat 08739 Lavern (Subirats) Estació de Renfe de Lavern T. [+34] 938 993 499 info@turismesubirats.com www.turismesubirats.com 08720 Vilafranca del Penedès. Cort, 14 T. [+34] 938 920 358 turisme@vilafranca.org www.turismevilafranca.com 08770 Sant Sadurní d’Anoia. Hospital, 26 T. [+34] 938 913 188 turisme@stsadurnia.diba.es www.santsadurni.cat 08820 El Prat de Llobregat Terminal A. T. [+34] 934 784 704 ot.aeroportbcnta@gencat.cat Terminal B. T. [+34] 934 780 565 ot.aeroportbcntb@gencat.cat www.catalunyaturisme.com

Sant Sebastià dels Gorgs

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