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P 5013555 N°3 5 Février 2014

LE LIGUEUR .BE

EN 2013 QUELLES ONT ÉTÉ VOS PRINCIPALES QUES TIONS ? CRÈCHE ET MANQUE DE PLACES: DES MÈRES TÉMOIGNENT… DEVOIRS: LE STRESS AU VESTIAIRE! ADO: POUR OU CONTRE LE SCOOTER?

deux fois par mois - 65e année - 2€ dépôt poste à BXL X Le Ligueur - 109 avenue Emile de Beco - 1050 Bruxelles


0/2 ans ça rame ! il ne fait pas bon d’être future maman aujourd’hui, particulièrement en Région bruxelloise. Parcours de (presque) mère en quête de crèche. P.4

16/18 ans ça roule! Votre ado vous scie pour avoir un scooter? Pour ou contre. P.11

ACTU JEUNES :

GRANDS PARENTS : ça cause Les grands-parents continuent à prendre la parole dans notre magazine. Les sujets de cette quinzaine : la lecture partagée avec les petits-enfants et la manière dont ceuxci les appellent. P.26-27

ça canarde La Belgique a joué un rôle majeur durant la guerre 14-18, en particulier par la résistance courageuse de ses soldats face l’invasion allemande. Retour sur les lieux qui n’ont pas été épargnées P.28-29

ACTU PARENTS :

3/5 ans

+18 ANS

EN 1 COUP D’ŒIL

ça drague! «Pas très romantique, tout ça», nous disent les filles. «Bof», nous jettent les garçons. Les sites de rencontre s’intéressent aussi à nos jeunes. Exploration. P.12

12/16 ans

ça décolle

ça sonne Le GSM en classe : entre la théorie d’un sociologue des profs... P.9

ça chouchoute Tôt ou tard, il faudra lui dire d’ où il ou elle vient. Comment parler de l’adoption à l’enfant qu’on a accueilli... P.6

GRAND DOSSIER ça vit! Passage en revue de vos questions les plus courantes en 2013 et réflexions sur les préoccupations qui vous attendent 2014 et au-delà. Tout cela à partir de notre nouvelle rubrique sur leligueur.be : nos 300 réponses à vos 300 questions. P.13 à 17

6/11 ans ça coince! vous êtes (presque) unanimes : l’heure des devoirs, c’est un enfer. Propositions pour rendre ce moment un peu moins «chaud»! P.8

La mise en place de NewB fait doucement son chemin avec, comme dernière décision de son Conseil dʼadministration, de faire un nouvel appel de fonds. Voyage dans le monde de lʼargent éthique.... P.20-21 ça flippe Nos tout-petits seraient-ils pire que nos managers? Zoom sur le burn-out maternel qui met plus dʼune mère à plat malgré les babillages et risettes. P.22-23 ça chante De 6 à 30 ans, ils reprennent tous son refrain «Bonjour tout va bien...» Intergénérationnel, Yves Barbieux? P.24-25

PAROLE DE LIGUE :

ça veille On oublie trop souvent qu’un droit n’est jamais acquis pour toujours. A l’heure où celui de l’IVG se réduit en Espagne, où celui du mariage pour tous est fustigé en France, retour sur les droits sexuels et reproductifs qui viennent d’être confirmés par un décret en Belgique. Ouf P.31


SOM MAI RE

Il ne fait pas bon d’être fraîchement sorti des études et sans boulot. Le temps de reprendre ses esprits et de se mettre à la recherche d’un travail, voilà que le Forem (pour le Wallo,) ou Actiris (pour le Bruxellois) ne le lâche plus. Convocation après convocation, envoi de cv après envoi de cv, preuves à l’appui svp, l’ex-étudiant est priè de montrer qu’il met toute son énergie à décrocher un emploi. Oh, il n’est nullement question de remettre en cause l’existence de «la procédure d’activation du comportement de recherche d’emploi», comme l’écrit savamment l’Onem. Sauf si cette procédure prend des allures de harcèlement avec, comme sanction à l’appui, le suspension de six mois d’allocation d’insertion, suspension renouvelable si le jeune homme ou la jeune fille ne fait pas preuve de plus d’énergie dans sa recherche.

4Maman cherche crèche désespérément 6Est-ce que j’étais dans ton ventre?

8Les devoirs : un stress pour les enfants 9GSM : y a-t-il une recette miracle? 11Pour ou contre le scooter? 12Les sites de rencontre ciblent le jeunes 13

SALE TEMPS POUR LES JEUNES CHÔMEURS On imagine déjà l’angoisse des parents qui sont là, en décor de fond, en train d’aiguillonner leur progéniture tout en priant les dieux qu’elle ait un peu, un tout petit peu de chance. Mais il y a pire. Comme pour ceux qui auront en 2015 trois ans accomplis d’allocation d’insertion sans le moindre job en vue. Ceux-là se retrouveront sur le carreau, sans un sou si ce n’est le soutien financier de papa /maman ou...celui du CPAS. On imagine l’angoisse des parents qui sont là, en décor de fond... sans justement beaucoup de fonds, mais qui avaient rêvé à un autre départ dans la vie pour leur enfant. On imagine...pendant que les permanences juridiques sont débordées et côtoient l’angoisse des jeunes, jour après jour. Myriam Katz

Couple, éducation, école, alimentation, écrans, loisirs, conso, santé... Parents, ce qui vous a préoccupé en 2013

14_Radiographie de votre actualité de parents 16_Vos questions les plus posées 18_Et pour les années à venir?

20De lʼargent éthique, des banques pas en toc 22Le burn-out maternel, oui, ça existe! 24Tout va bien pour Yves Barbieux

26Paroles de grands-parents 2814-18 : la Belgique dans la guerre 29Agenda

30Parole de Ligue


0/3 ans:

MAMAN RECHERCHE CRÈCHE DÉSESPÉRÉMENT Trois mois de grossesse! Pour tous les futurs parents, c’est un cap. Celui où l’on commence à distiller l’heureuse nouvelle autour de soi. C’est aussi le top-départ pour l’inscription en crèche ou dans un tout autre milieu d’accueil. Vous nous le rappelez régulièrement, via vos mails ou vos posts sur Facebook, cette quête se transforme souvent en galère. On a rencontré plusieurs parents et, parmi eux, ce couple dont les embûches sont exemplatives de la situation, à Bruxelles comme en Wallonie... Marie et Théo, qui attendent alors leur premier bébé, n‘ont pas raté cette date butoir des trois mois. Ils ont pointé trois crèches communales, à proximité de leur domicile, dans une commune bruxelloise. Première visite, première embûche: pour des questions d’organisation, on leur annonce que cette année-là, la crèche n’inscrira aucun bébé qui naîtra entre février et juin. Pas de bol, chez eux, la naissance est pour mars. «Sur le coup, on n’a pas tout compris, mais on a halluciné, raconte Marie. C’est un peu comme si une génération de bébés, dont le nôtre évidemment, pas- sait à la trappe.»

PRÉINSCRIPTION ET LONGUE ATTENTE Direction les deux autres crèches qu’ils avaient sorties du lot. Là, l’inscription sur la liste d’attente est possible. Ouf! Quoique, d’emblée, on prévient les futurs parents qu’ils ne doivent pas s’attendre à une confirmation rapidement. Et que le feu vert ne tombera peut-être même pas avant la naissance. Voilà Marie et Théo plongés dans un grand vide, avec plein de points d’interrogation. Ne

3/5 ANS:

EST-CE QUE J’ÉTAIS DANS TON VENTRE ?

remarquer que leurs parents sont blancs, alors qu’eux sont métis ou eurasiens. »

Quelles que soient les motivations pour lesquelles le couple adoptant a choisi d’offrir une famille à un petit d’homme, il s’agit d’un choix courageux qui nécessite une longue réflexion et une bonne préparation psychologique. Si le lien qu’ils auront noué avec leur petit n’en pâtira pas pour autant, ils devront toutefois faire face à des difficultés supplémentaires dans le développement de leur tout-petit. Notamment la question des origines qui est à la base de la construction identitaire.

LE POURQUOI DU COMMENT

Faut-il lui expliquer le pourquoi du comment ? Et surtout, quand aborder le sujet ? Le moment opportun pour parler d’adoption dépendra évidemment de chaque enfant. Difficile, donc, de définir un âge idéal. Par contre, mieux vaut laisser votre petit bout venir à vous avec ses questions pour aborder le sujet. « La question des origines surgit en général vers 3 ans et plus, explique Marie Delhaye, responsable de la pédopsychiatrie à l’hôpital Erasme. C’est à ce moment- là que les enfants commencent à percevoir les différences, notamment de couleur de peau. C’est donc à ce moment-là qu’ils vont être confrontés aux questions des copains de classe qui leur feront

Il importera, à ce moment-là, de choisir un discours valorisant. Le plus important sera de ne pas faire sentir à l’enfant qu’il a été rejeté par ses parents biologiques. S’il vient d’un pays du Tiers-Monde, par exemple, expliquez-lui que sa maman l’aimait très fort, mais était très pauvre et voulait le meilleur avenir pour lui. L’objectif étant à tout prix d’éviter de lui faire ressentir un sentiment d’abandon. Vous pourrez aussi lui montrer sur une mappemonde le pays d’où il vient, en lui expliquant : «Tu vois, tu es né là-bas. Les gens y ont la même couleur de peau que toi. »

ET S’IL N’A PAS DE QUESTION ?

Paul a 5 ans, s’exprime parfaitement et n’a toujours pas abordé le sujet avec ses parents, comme s’il ne voulait pas voir la vérité en face. Faut-il s’en inquiéter ? Chaque


devraient-ils pas inscrire le futur bébé ailleurs,

qu’avec nos revenus, on ferait mieux d’aller voir du côté des crèches privées. Génial, on se sentait vraiment les bienvenus.»

plus loin de leur domicile, dans une crèche qui leur plaît moins? Ou aller frapper du côté de gar- diennes encadrées? Confiants, ils refusent ces inscriptions multiples, sous prétexte que si tout le monde s’y met, on ne s’en sort plus.

La réaction de Marie? «Je suis pour ce principe d’adapter le montant de la crèche en fonction des revenus, donc pour cette solidarité entre les familles qui ont des moyens plus importants et les autres. Par contre, je m’insurge contre le fait de payer lorsque mon gamin ne va pas à la crèche durant les vacances ou quand il est malade, ce qui est le cas dans les crèches privées. Questions de principe!»

Aujourd’hui encore, Marie s’interroge: «Je n’ai toujours pas compris pourquoi, dans les crèches communales, on ne peut pas nous dire dès le départ quand notre enfant aura une place. Alors que dans les crèches privées, c’est pos- sible.» Une autre remarque, glissée à demi-mot par les responsables des crèches lors de la préinscription, a fait sursauté le jeune couple. «On nous a fait comprendre

UN DÉMÉNAGEMENT: RETOUR À LA CASE DÉPART Alors que la grossesse progresse, les projets de nos futurs parents avancent aussi. Toujours sans crèche, Marie et Théo deviennent propriétaires. Une étape qui n’est pas sans conséquence dans leur quête de lieu d’accueil, ce à quoi ils n’avaient pas songé. Le hic? Incessamment sous peu et sans en connaître la date, ils vont déménager dans une commune voisine. Ils informent les deux crèches de la nouvelle donne. La sentence tombe: voilà qu’ils dégringolent en bas de la liste. En effet, les crèches communales peuvent donner priorité aux parents de la commune, voire des rues de la commune voisine. Passés les cinq mois de grossesse, tout le parcours est donc à refaire pour Marie et Théo. Ils se dirigent alors vers le service des crèches de leur future commune: là on leur donne peu d’espoir, les listes d’attente étant surchargées. La future maman se rappelle dans quel état d’esprit elle se sentait: « Un peu au bord de la crise de nerfs, je me disais que le système était mal fait! Que dans une société idéale, une crèche devrait être un service accessible à tous. Et qu’on devrait tous pouvoir en trouver une au coin de sa rue. Or, c’est tout le contraire qui se passe. Cette recherche de crèche m’a mise dans un état de stress pas possible. Un comble alors que durant la grossesse, on a juste besoin d’être rassurée. Pour moi, savoir où irait mon bébé était aussi important que de préparer sa chambre. J’avais besoin de cela pour me préparer et me projeter. Côté emploi, je devais aussi pouvoir dire à mon patron quand j’allais reprendre le boulot. »

PRÊTS À TOUT ACCEPTER POUR ÊTRE RASSURÉS.

enfant suit sont propre rythme d’évolution. « Certains petits ont besoin de rester dans l’idéalisation plus longtemps que d’autres, observe Marie Delhaye, laissez-le donc venir à vous. » Mais tout dépend aussi de l’âge auquel votre petit est arrivé dans votre vie. Si vous avez eu la chance de l’accueillir avant ses 3 mois, son développement sera très proche d’un enfant biologique, ce qui sera bénéfique pour lui comme pour vous. Il faut savoir que ses premières expériences de vie joueront un rôle important pour la suite. « C’est lors de sa première année de vie que se forme l’attachement, cette forme de sécurité, constate Marie Delhaye. Autrement dit, si les parents ont la possibilité d’accueillir un enfant au tout début de sa vie, ils pourront se mettre en accord avec lui, ils auront des échanges adéquats et positifs dans leurs interactions. La mère sera plus à même de répondre aux attentes et aux besoins de son petit, en comprenant mieux ses pleurs, par exemple. » En revanche, si l’enfant a passé les six premiers mois de sa vie en orphelinat, cet attachement est si fragile que l’enfant aura d’autant plus besoin d’évoluer dans un environnement sécurisant et enveloppant. La pédopsychiatre conseille alors de reproduire les gestes que l’on adopterait avec un tout-petit, à savoir le bercer, privilégier le peau à peau et le rassurer autant que possible. Il aura besoin de sécurisation massive

et passera sans doute par des périodes de régression. Son développement affectif sera peut-être plus lent, puisqu’il aura manqué de stimulations affectives les premiers mois de sa vie. Il aura donc plus que jamais besoin d’être encadré tout en étant très fort aimé.

L’ADOLESCENCE, MOMENT CRITIQUE :

«J’ai l’impression que mon petit Paco de 5 ans ne souffre absolument pas des sympyômes de l’adoption. Tout se passe tellement bien; ca me semble trop beau. Mais une accompagnante de l’association qui nous encadre dans notre vécu post- adoptif m’a déjà dit que l’adolescente pourrait être un peu plus compliquée à gérer, je dois donc m’y préparer mentalement.» Cette maman a raison, mieux vaut être conscient du fait que l’un des moments les plus sensibles est la passage délicat vers l’adolescence. Marie Delhaye: «Tout se rejoue à ce moment-là, l’insécurité des premières années de vie ressurgit et au même titre que tout ado, le jeune adopté traverse une phase d’opposition avec ses parents. Il se dit que ses parents biologiques sont surement mieuw que les parents adoptifs et le clame haut et fort.» Une pilule difficile a avaler pour les parents adoptifs, mais une phase tout à fait normale. Quel que soit son parcours, l’enfant adopté présente une faiblesse en terme de confiance et d’attachement, liée au sentiment d’abandon qu’il ressent de la part de ses

parents biologiques. Il a donc constamment besoin de tester la solidarité des liens affectifs qu’il a développés avec ses proches et, en l’occurrence, avec ses parents adoptifs.

RETROUVER SES RACINES

Le jeune a besoin d’avoir la preuve que ce lien est fort et qu’il peut continuer à compter sur son entourage qui comprend son mal-être. C’est le moment, par exemple, de lui proposer de faire un grand voyage dans son pays d’origine pour retrouver ses racines. «L’ado se différencie et s’autonomise, il recherche la vérité. C’est sa façon de compléter sa construction identitaire, explique Marie Delhaye. A ce moment-là, les parents adoptifs devront être un maximum structurant pour lui éviter de tomber dans les troubles du comportement.» Les parents adoptifs veilleront dès lors à ne pas rejeter leur ado en révolte, malgré les attaques dont ils seront la cible. Plus facile à dire qu’à faire, direz-vous! «Les parents doivent être en accord avec les raisons qui les ont poussés à adopter et avec l’histoire qu’ils ont décidé de transmettre. Il faut donc éviter de projeter des attentes trop fortes sur cet enfant et faire le deuil des échecs du passé.» conclut la pédopsychiatre. Julie Robin


Sa réaction? À ce stade - plus de six mois de grossesse -, elle est prête à tout accepter: exit les critères de départ, pour autant que leur bambin soit enfin inscrit quelque part. Une visite sur place la rassure sur son niveau de néerlandais et sur l’accueil des puéricultrices. En quelques jours, le dossier est bouclé et l’acompte versé. Ouf, fin du parcours! Et en Wallonie? Hormis la possibilité de se rabattre vers une crèche flamande, le parcours et les embûches rencontrées par ces jeunes Bruxellois valent aussi pour les provinces wallonnes. Le couple rumine, passe en revue les solutions qui s’offrent à lui. Les grand-parents? Impossible: ils travaillent encore ou vivent trop loin. Un congé d’allaitement, un congé parental, voire un congé san solde? Pourquoi pas, mais Théo étant indépendant, les possibilités sont réduites. Et Marie enragerait de mettre sa carrière en pointillés par manque de place en crèche. Reste la solution ultime, celle de la crèche privée. « Même si on n’en voulait pas, par principe, c’était la solution de secours, raconte Marie. Là, on sait qu’on trouve toujours de la place. Contrairement à d’autres parents, on était conscients qu’on pouvait se permettre, en nous serrant la ceinture pour tout le reste. Mais ça pose d’autres questions: 700€ par mois pour une crèche, c’est quasi la moitié de mon salaire, ce qui veut dire qu’on travaille pour payer la garde de son petit. Il y a quelque chose qui ne va pas, non? »

Difficulté supplémentaire, qui complexifie encore la situation pour les parents qui ne vivent pas au cœur des villes: les distances. C’est le cas de Nathalie, du côté de Welkenraedt, qui n’a eu d’autre choix que de mettre sa petite dans une crèche à une quinzaine de kilomètres de son domicile. Alors que son lieu de travail est à deux pas de chez elle... Anouk Thibaut

CHIFFRES On l’entend partout: la pénurie de places d’accueil en crèche est criante. Comment objectiver la situation? Un seul type de chiffres est disponible, via l’ONE: le taux de couverture, soit le rapport entre le nombre de places disponibles et le nombre d’enfants de moins de 2 ans et demi. Un chiffre cependant approximatif, puisqu’il ne tient pas compte des besoins réels des parents (certains n’ayant pas du tout besoin de crèche, d’autres seulement à mi-temps). Aujourd’hui, ce taux de couverture atteint les 28% pour la Wallonie et Bruxelles réunis, en sachant que ce sont les parents de la capitale et du Hainaut qui sont les plus mal lotis. Avec la création annoncée de quelques 15 000 places d’ici 202, ce chiffre global monterait à 37%. La Ligue des familles estime qu’il faudrait atteindre les 51% pour que la demande de tous les parents soit rencontrée.

La solution – ou plutôt le bon filon, tombe via le service des crèches communales, que Marie ne manque pas d’harceler, venant régulièrement s’enquérir de leur position sur la liste d’attente. La jeune Bruxelloise explique: « À demi-mot, face à mon désarroi, on me dit que si on se débrouille en néerlandais, mon compagnon ou moi, le plus simple est sans doute la crèche flamande. Que là-bas, il y a toujours de la place. »

non mariés qui ont fait une déclaration de cohabitation légale, les couples qui vivent ensemble de manière permanente depuis au moins trois ans.

CONDITIONS

- Les parents doivent avoir au moins 25 ans et quinze ans de plus que l’enfant adopté. Il existe une exception pour les personnes qui désirent adopter l’enfant de leur conjoint, puisqu’elle devront avoir au moins 18 ans et dix ans de plus que l’enfant.

QUI PEUT ADOPTER EN BELGIQUE? Vous n’arrivez pas a concevoir un enfant, vous ne désirez plus passer par la case «grossesse» ou bien vous souhaitez tout simplement offrir un foyer à un orphelin? Après mûre réflexion, vous avez décidé de franchir le pas et de devenir parent adoptif. Sachez toutefois que vous devez remplir plusieurs conditions. La loi belge prévoit des critères que les parents désireux d’adopter doivent remplir, aussi bien pour une adoption nationale qu’on internationale. Cette procédure préalable, qui a lieu en trois phases et qui aborde des aspects juridiques, médicaux, culturels ou encore éthique, est longue, pénible et couteuse. Mais elle vise surtout à assurer des aptitudes sociales et psychologiques des parents qui veulent acceuillir un enfant, avec à la clef, la naissance d’une nouvelle famille. Devenir parents ne s’improvise pas, et c’est tout de même de la vie d’un petit être dont il s’agit ici. Le «prix à payer», dans tous les sens du terme , semble donc légitime. Il existe différents types d’adoption à savoir: l’adoption interne ou internationale, l’adoption d’un enfant mineur ou majeur, l’adoption via un service reconnu ou via la Communauté compétente (française ou flammande), et l’adoption de l’enfant de son partenaire.

QUI PEUT ADOPTER?

Les personnes célibataire, les couples mariés hétérosexuels ou homosexuel, les couples

- Les adoptant feront l’objet d’une enquête sociale et devront d’abord suivre un cycle de préparation organisé par la Communauté compétente, au terme duquel ils seront jugés aptes socialement à accueillir un enfant (Attention ces différentes phases sont éprouvante et coûteuses!). Si tout va bien, ces adoptant recevront alors un certificat délivré par le juge de paix. - Les parents légaux doivent consentir à l’adoption, tout comme l’enfant à partir de ses 12 ans.

NOUVEAU: POUR UNE DEUXIÈME ADOPTION

Bonne nouvelle: depuis 2012, cette préparation est devenue facultative pour les adoptants qui l’ont déjà suivie lors d’une adoption antérieure et dont l’aptitude à adopter a été reconnu par le tribunal de la jeunesse. L’enquête sociale qui permet d’évaluer l’évolution de la cellule familiale sera en revanche toujours de mise. Toute adoption doit être encadrée par un organisme d’adoption agréé (OAA) ou, à défaut, par l’Autorité


BONS CONSEILS DE MAMANS LECTRICES Avant 3 mois de grossesse - Réfléchissez à vos besoins. Où le milieu d’accueil devrait-il être situé (près du domicile, du travail, des grand-parents...) ? Avez-vous besoin d’un lieu qui soit ouvert après 18 h et qui ne ferme pas (ou peu) durant les vacances ? Êtes-vous prêts à opter pour une crèche privée ? Préférez-vous une petite structure ? - Listez les possibilités de garde dans votre coin, via le site internet de votre commune ou celui de l’ONE (www.one.be). Selon vos critères, passez les crèches en revue et posez vos questions, via un coup de fil, voire une visite sur place, si c’est possible. Posez déjà la question de la disponibilité. Pourquoi anticiper ? Pour faire un premier tri, histoire d’être sur la balle dès la date officielle des trois mois. - Personne ne vous interdit de tenter votre chance à quelques jours de l’échéance des trois mois. Une audace visiblement mieux acceptée dans les crèches privées, surtout si vous versez l’acompte illico. Autre truc : annoncez plutôt la date prévue de la naissance (quitte á être un peu vague) que l’avancement de la grossesse.

Dès trois mois - Soyez dans les starkings blocks : tout se joue parfois à quelques jours près. - Si nécessaire, multipliez les inscriptions sur les listes d’attente, même dans les milieux qui ne sont pas dans vos premiers choix. Attention : certaines communes centralisent les inscriptions pour tous les lieux d’accueil, d’autres pas. - C’est votre 2e bébé (ou plus) ? Ne tardez pas non plus sous prétexte que votre cadet sera prioritaire parce que son aîné est passé par là.

Après la préinscription - Vous êtes sur une ou plusieurs listes d’attente ? N’hésitez pas à contacter ou, mieux encore, à passer sur place afin d’avoir des nouvelles. Pas tellement pour faire pression, mais plutôt pour montrer que cette place, vous la voulez vraiment. En général, vous êtes bien reçus, le personnel se montrant compréhensif, conscient de la pénurie. - L’accouchement approche et vous êtes toujours sans crèche ? Listez les solutions de dépannage (famille, aménagement du temps de travail, passage éclair en crèche privée) au cas où. Restez zen et dites-vous ceci : dans la grande majorité des cas, la galère prend fin et une place vous est proposée avant la reprise du boulot.

centrale communautaire (ACC). Plus de renseignements sur le site officiel de la Direction de l’Adoption (ACC), l’autorité centrale en matière d’adoption compétente pour l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles (www.adoptions.be). Et sur le portail officiel www.belgium.be J.R.


6/11 ANS:

LES DEVOIRS: UN STRESS POUR LES PARENTS! Dans certaines familles, le retour de l’école et le moment des devoirs constituent un vrais supplice. Maman s’énerve, passe le relais à Papa qui fini aussi par s’énerver. Le fiston ou la fillette pleure, le plus jeune réclame de l’attention... Et cela, jour après jour. Comment faire pour ne pas en arriver là?

Il y à des mamans et des papas qui détestent ce moment de l’après-école. Simplement parce qu’il leur rappelle trop les séances de leur enfance, dont ils gardent un très mauvais souvenir. Ils projettent alors sur ces fins de journées avec leur môme toutes les tensions du passé et rêveraient tellement que cela ce passe autrement. Il y à aussi des mamans et des papas qui aiment bien ce moment de partage avec leur enfant. Ils se réjouissent de découvrir dans les cahiers les nouvelles acquisitions qu’il a faites, prennent du temps pour s’intéresser à ce qu’il à vécu. Une ambiance bien plus joyeuse que, parfois, le cher mignon aimerait bien écourter alors que maman insiste et veut la perfection. Il y a enfin des mamans et des papas qui laissent faire. Atmosphère détendue assurée peut-être trop? -, car certains enfants vivent ça comme du désintérêt.

À QUOI ÇÀ SERT?

C’est en classe que ce font les apprentissages. Le soir, après une journée parfois très longue, l’enfant n’est plus capable de se concentrer suffisamment. Les devoirs devraient être, pour l’instituteur, un moyen de vérifier que l’écolier à bien compris les enseignements du jour. Et pour les parents, l’occasion de suivre ses progrès. Si les parents corrigent systématiquement les devoirs, l’enseignant ne peut vérifier que la matière est acquise et, s’il y a des points, ils deviennent ceux des parents, pas ceux de l’enfant. L’après 4h n’est, en tout cas, pas le moment de terminer systématiquement ce qui n’a pas été fait en classe. Ce n’est pas non plus le moment de réexpliquer à l’enfant ce qu’il n’a pas compris. Surtout si on risque de le faire avec d’autres mots que l’instituteur, ce qui ajouterai à la confusion de l’enfant.

12/15 ANS: GSM EN CLASSE: Y A T-IL UNE RECETTE MIRACLE?

Au grand désarroi des enseignants, de nombreux élèves passent les cours les yeux rivés sur leur GSM. Inattention? Non-respect des règles? Pour le sociologue Jean-François Guillaume, le GSM est plutôt le symptôme des échecs de l’enseignement. Une théorie qui suscite le débat. «Mes élèves sont en technique de qualification, ils ont envie d’être partout sauf à l’école. C’est vrai que s’il y avait de l’intérêt, il y aurait moins de problèmes. Ils n’ont plus vraiment l’habitude de la patience. C’est comme s’ils étaient sur Google et que les réponses devaient tomber en trois secondes. On essaye de sortir des cours ex cathedra, de mettre des vidéo, de les rendre actifs. Ce n’est pas évident de trouver quelque chose qui les intéresse tous, même si ça dépend des années.» Isabelle, enseignante à l’Institut de la vallée Bailly à Braine-l’Alleud

VOTRE AVIS

Et vous, parents, dans tout ça? Que pouvez-vous faire pour que votre enfant profite au mieux des heures en classe? Votre point de vue nous intéresse, merci de nous l’envoyer via redaction@leligueur.be Le GSM retentit. La salle de classe est fatiguée. Ce n’est pas la première fois que Sébastien se fait prendre. Envoi des sms, des mails via samrtphone, des vidéo sur internet. Le professeur réagit. Ces «incident» se répètent et commencent à lui taper sur le système. Il vois rouge et confisque de temps à autre un téléphone. Le GSM devient source de tensions. Pas facile d’endiguer le phénomène quand on sait qu’en 2011, selon le Crioc, plus de 90% des enfants et ados de 10 à 17 ans possédaient un GSM, alors même que l’on ignore avec certitude l’impact des ondes électromagnétique sure les jeunes. Les préados seraient-ils tous des cyberdépendants? Ou la jeunesse d’aujourd’hui seraitelle définitivement inattentive à l’autre?


DES DEVOIRS ET DES JEUX!

Outre les besoins de soins ou de sommeil, l’enfant à aussi besoin de jouer. C’est en effet par le jeux qu’il intègre tout ce qu’il apprend, c’est en jouant qu’il grandit dans sa tête. Si la séance de devoirs empiète sur le temps du jeu, ce besoin fondamental ne sera pas comblé. Un autre besoin fondamental est associé au précédent: l’enfant doit pouvoir mettre en œuvre ses propres compétences. Comme le petit qui apprend à marcher a besoin de courir partout, d’escalader, de tomber, de se relever, l’enfant plus âgé a besoin de vérifier lui même ses acquisitions. C’est en faisant ses devoirs, en jouant, en racontant, en cuisinant, etc. qu’il deviendra autonome! L’âge de l’école primaire se caractérise par un formidable désir d’apprendre. Les enfants sont curieux de tout, ils adorent découvrir, se passionnent pour un tas de choses parfois surprenantes. Si les devoirs se transforment en corvée, ils risquent bien de freiner ce désir d’apprendre.

UN CONTRAT SUR MESURE

Alors, que faire pour éviter le stress, les tensions, les crises? En tenant compte des besoins de l’enfant, pourquoi ne pas lui proposer un contrat? On réfléchit avec lui du moment le plus adéquat pour faire les devoirs et on limite ce temps en fonction de son âge. En 1re er 2e année du primaire, ce temps doit évidemment être plus court que pour les enfants en fin de primaire. En collaboration avec les enseignants, on décide que ce temps sera limité: devoirs finis ou non, on range les cahiers et on joue. Si l’enfant n’a pas fini, il s’en expliquera avec l’instit. S’il le souhaite, on peut évidemment lui proposer de reprendre ses cahiers plus tard, le matin avant l’école (et après le petit déjeuner !), par exemple.

On peut aussi décider avec l’enfant de l’endroit où il souhaite faire ses devoirs et lui dire qu’on est à sa disposition s’il en a besoin. Certains enfants aiment s’isoler dans leur chambre, d’autres préfèrent s’installer à proximité du parent. Enfin, ne pas faire les devoirs de l’enfant avec lui ou à sa place ne doit pas empêcher de porter de l’intérêt à ses progrès. Un moyen? Regarder tous les jours son journal de classe et lui faire raconter se journée. Mireille Pauluis

HELP! GROSSES DIFFICULTÉS

Certains enfants ont de réelles difficultés d’apprentissage. Un soutient en dehors de l’école est, dès lors, primordial. Si ce n’est pas une corvée pour les parents de retravailler avec leur enfant, pas de problèmes, à condition que le temps du jeu soit respecté. Mais si les parents sont excédés par les devoirs, mieux vaut recourir à une aide extérieure: étude dirigée, école de devoirs, marraine, grand-père et, si nécessaire, une logopède.

EN PRATIQUE COMMENT SOUTENIR L’ENFANT SANS FAIRE À SA PLACE?

- Ouvrez tous les jours son journal de classe. - Respectez son temps de jeu. - Ne gâchez pas son plaisir d’apprendre en transformant le temps des devoirs en champ de bataille. - Si les devoirs sont un supplice pour vous, passez la main sans vous culpabiliser. Respectez un horaire quotidien. - Travaillez en collaboration avec l’instituteur. Le décret de mars 2011 réglemente les devoirs à domicile: en 1re et 2e année, pas de devoirs à la maison; en 3e et 4e année, les devoirs ne peuvent pas dépasser les 20 minutes; en 5e et 6e année, ils peuvent durer jusqu’à 30 minutes. Un temps pour les devoirs, un temps pour jouer.

LES ELEVES S’ENNUIENT

Jean-François Guillaume, sociologue à l’Université de Liège (ULG), pense que le problème est tout autre. C’est de côté de l’enseignement qu’il nous invite de regarder. Selon lui, des cours trop rébarbatifs ou pas adapté aux élèves expliqueraient le coup d’oeil récurrent sue aux GSM. Les élèves s’ennuient. Ce qui n’est pas nouveau! Jadis, l’élève regardait par la fenêtre, rêvassant tranquillement en attendant que le temps passe. Maintenant, il scrute son téléphone à l’affût du dernier ragot. «Le GSM dérange un mode d’organisation de travail en classe, affirme-t-il. Les enseignants éprouvent des difficulté à trouver une alternative à cette façon d’enseigner qui s’expose à toutes les perturbations.» D’accord, mais des enseignants qui s’essaient à d’autres pédagogies, se heurteraient-ils moins aux sonneries intempestives? «certains professeurs veulent susciter la participation à travers un dialogue avec les élèves. Mais qui répond? Les élèves le plus rapides. Les autres sont perdus. Le GSM perturbera tout autant. Idem pour les travaux de groupe. Certains travaillent, d’autres pas.» Alors, Que faire? On comprend que les professeurs soient désarçonnés, à moins d’une recette miracle à lauré refiler... «Chaque élève doit être mis au travail, répond Jean-François Guillaume. Ce qui implique une certaine individualisation. Sans compter qu’il faut, bien sûr, les impliquer dans des problèmes qui font sens. L’essentiel du travail se ferait donc en classe avec un enseignant qui accompagne chaque élève.»


> Une idée qui rend très optimiste notre sociologue : « si l’élève est bien impliqué dans son travail, il éteindra lui-même son GSM. Dans un tel système, la responsabilité du cours reposerait sur les épaules de toute la classe, pas seulement sur celles du professeur. »

COMBATTRE LE GSM: UN COMBAT D’ARRIÈRE-GARDE

« Combattre le GSM est un combat d’arrière-garde, désespéré et désespérant », ajoute encore Jean-François Guillaume. Et lorsqu’on avance l’argument de l’école comme un lieu d’apprentissage de la citoyenneté et du respect de règles communes, il répond : « Beaucoup d’enseignants se basent sur le règlement d’ordre intérieur pour un rappel aux règles. Un règlement d’ordre intérieur est une règle subalterne. Seule la loi s’impose à tous. Exemple : un élève filme un cours, ou publie des photos prises en classe. Là, nous nous situons dans le champ de l’infraction pénale. C’est cette règle-là qui doit être appliquée clairement. » Jean-François Guillaume note que l’interdiction pose problème, tout comme la confiscation. Il s’interroge : « Comment interdire le GSM ? En fouillant les élèves à l’entrée de l’école ? Bien sûr que non, c’est illégal. Si l’interdiction concerne l’utilisation, comment l’appliquer dans les couloirs et dans les toilettes ? » Enfin, il pointe la règle la plus courante, celle de l’interdiction pendant les heures de cours. « La sanction, en général, est la confiscation. Mais attention, certains de ces objets valent chers. Si le GSM tombe, qui va être responsable ? C’est l’enseignant. Si la norme est ‘Pas de GSM’, il faut toujours voir quels sont les moyens réels pour faire respecter cette règle. » Quoi qu’il en soit, pour Jean-François Guillaume, si un établissement décide de bannir le GSM, cela ne devrait pas être aux enseignants de confisquer l’objet de la discorde. « En général, le témoin d’une infraction ou la victime n’arrête pas la personne qui a commis cette infraction. L’enseignant devrait prendre note et passer le relais à la direction. C’est à la direction de régler le problème avec la juste distance. »

LES PROFS ONT LEUR MOT À DIRE ! « Dans mon école il y a des règles concernant le GSM que peu de monde respecte. Même pas les profs. Les élèves regardent leur GSM sans arrêt. C’est un peu contrariant, mais ça n’empêche pas de faire cours. Parfois, je les confisque. Ce qui est étonnant, c’est leur réaction. Certains pleurent comme si c’était leur vie qu’on leur arrachait. C’est vrai que l’utilisation du GSM est liée à l’ennui en classe. Mais cet ennui a mille et une causes. C’est plus marrant de regarder quelque chose avec les copains que d’écouter. De tout temps, ça a été comme ça. Pointer la responsabilité des profs, c’est des théories de pédagogue, très loin du terrain. Les élèves, on peut les accrocher avec un cours classique comme avec d’autres types de pédagogie. » Alexandra, professeure dans un établissement à discrimination positive

Et d’évoquer, pour bien montrer que son propos n’est pas contre le corps enseignant, ces quelques écoles, à Gerpinnes ou à Bertrix, qui ont décidé d’en finir avec la confiscation des GSM.

POUR

Marc, papa de Corentin, 18 ans

16/18 ANS: POUR OU CONTRE LE SCOOTER? Ce n’est un secret pour personne, le scooter est un engin dangereux ! Alors que la Fédération des auto-écoles agrées et la Fédération belge de l’automobile et du cycle envisagent un abaissement de l’âge minimum à 14 ans pour passer le permis mobylette, le Ligueur fait le point sur ce sujet qui tracasse plus d’un parent.

Dés l’âge de 16 ans, mon fils a voulu un scooter. Au début, je n’étais pas d’accord car je trouvais cela trop dangereux. Puis, les choses ont changé. A 19 ans, Corentin a commencé un apprentissage dans un restaurant à quelques kilomètres de chez nous, mais en horaires décalés. C’est alors que l’option scooter est revenue sur le tapis. Comme il avait acquis en maturité, nous avons dit oui, mais pas à n’importe quelles conditions. D’abord, un scooter d’occasion, pas un neuf. Ensuite l’acheter et l’entretenir en commun. Je trouvais que c’était une bonne façon de responsabiliser mon fils tout en gardant un œil sur d’éventuels traficotages du moteur et sur l’entretien. Nous avons également exigé qu’il porte un équipement digne de ce nom : un casque de qualité, une veste de moto et des gants avec protection. Et finalement, ne rouler que dans le village et les alentours. E, été, je lui demande de rouler avec le même équipement, même si ça le fait râler. Et en hiver, il doit vérifier la météo et ne pas prendre son scooter si les prévisions annoncent de la neige. Le danger, la sécurité, la prévention la sensibilisation restent les matières les plus difficiles à inculquer, mais il faut aussi laisser les jeunes voler de leurs propres ailes et acquérir leur autonomie. Malgré tout, s’il rentre plus tard que prévu, je sis quand même un peu inquiet. Pas tant par rapport à mon fils et à sa manière de rouler, mais plutôt à cause des autres conducteurs qui ne tiennent pas assez compte des usagers plus faibles.


« Dans mon établissement, il est interdit d’utiliser un GSM dans l’enceinte. Quand la règle n’est pas respectée, il arrive qu’il y ait des confiscations. Mais jamais de très longue durée. Cela peut aller d’un jour à une semaine maximum. On garde l’appareil et on rend la puce à l’élève. Personnellement, je ne prends jamais le GSM de mes élèves. Je suis tolérant quand un GSM vibre, je fais une petite remarque humoristique. L’essentiel pour moi, c’est que le cours soit suivi et compris. Lorsqu’on vit ensemble, il y a la nécessité d’avoir des règles communes. L’école est aussi un lieu d’apprentissage social, on y apprend aussi qu’on n’en fait pas tout ce qu’on veut tout le temps. Même si on n’est pas intéressé par le cours, on doit respecter le professeur. La théorie de Jean-François Guillaume me semble très loin des réalités. Même avec un apprentissage dynamique, ceux qui ne veulent pas écouter n’écouteront pas. » Thierry, professeur de français au collège de Hannut

CONTRE

Catarina, maman de Mélody, 17 ans

Depuis un an, Mélody nous demande sans cesse si elle peut avoir un scooter. Je comprends son désir : nous habitons en périphérie de Bruxelles et il n’y a pas énormément de possibilités au niveau des transports en commun. De plus, à l’adolescence, il est normal qu’un jeune rêve de rouler en deux roues. Aller où l’on veut, quand on veut, rapidement, se sentir puissant et libre... Ce moyen de locomotion permet de vivre et de s’épanouir loin des parents. Mais son père et moi, nous ne sommes pas d’accord. Ce qui nous freine ? Le danger. Nous avons tout à fait confiance en Mélody, qui est vraiment une ado sage et responsable. C’est des autres conducteurs dont nous avons peur. Si nous habitons à la campagne, ce serait peut-être différent, mais ici, en ville, c’est vraiment trop dangereux. C’est parfois dur à accepter pour Mélody, car il est vrai qu’elle fait tout pour mériter notre confiance. Mais si notre fille était victime d’un grave accident de scooter, qi la handicaperait à vie, nous ne pourrions jamais nous le pardonner. Alors, en compensation, on essaye de lui faciliter la vie autant que possible : on va la chercher au terminus du bus pour quelle n’ait pas à marcher, o, la conduit à ses activités du week-end et si elle sort le soir, on lui donne des sous pour le taxi. Surtout, on lui a promis de lui payer l’auto-école et une voiture d’occasion quand elle sortira des humanités. Comme ça, quand elle sera à la fac, elle ne sera plus dépendante de nous.

À LIRE Sur leligueur.be (tapez le titre de l’article dans le moteur de recherche) : -Le GSM est-il dangereux pour nos enfants -Drame autour d’un GSM -Mon G, c’est ma vie à moi

CHIFFRES - En Belgique, 15 cyclomotoristes sont victimes d’un accident de a route chaque jour. La majorité des victimes sont des jeunes de 16 à 20 ans. - Le risque d’accident mortel est 17 fois suppérieur n cyclomoteur qu’en voiture. - 50% des cyclomoteurs accidentés sont débridés (désactivation du système de limitation de vitesse) et 38% ne sont pas en ordre d’entretient. - 82% des parents refusent que leur enfant conduise un scooter, invoquant un danger trop important.

L’AVIS DE LA POLICE

Hossain Bouhaj, agent de police dans la zone Bruxelles-Nord : « Personnellement, je pense qu’il faut bien réfléchir avant d’autoriser un adolescent à rouler à scooter. En tant que policier, j’ai déjà été à plusieurs reprises confronté à des accidents de scooter mortels. Dans notre pays, il n’existe pas de culture du deux-roues, comme c’est le cas en Italie, par exemple. Ici, les voitures ne font pas attention. Mais les conducteurs ont aussi leur part de responsabilité. Je vois beaucoup de jeunes à scooter qui ‘font leur show’ sans se soucier du danger. La prise de conscience des risques arrive avec l’âge. A 16 ou 17 ans, beaucoup d’ados n’ont pas la maturité nécessaire. »

LES CONSEILS DU LIGUEUR

- Le rêve d’un scooter exige une contrepartie : la responsabilité. Une priorité : lui faire comprendre que son principal ennemi est d’abord lui-même. - Etre vigilant, c’est : ne pas conduire trop vite, éviter de rouler la nuit, bien entretenir son scooter, faire attention aux autres véhicules, ne pas boire avant de prendre la route ou lorsqu’on est trop fatigué... Pour en savoir + : leligueur.be, tapez scooter dans le moteur de recherche. - Les règles fixées, mettez-les sur papier et faites-les lui signer. Ce contrat, même s’il n’engage que sa propre conscience, le poussera à conduire avec une vigilance accrue.


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