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Le zoom

Les Cahiers de la nouvelle,

précurseur open access Le Centre de recherche interdisciplinaire en langue anglaise (Crila) est le premier laboratoire de l’UA à s’être lancé dans l’édition numérique de sa revue scientifique Les Cahiers de la nouvelle (Journal of the Short Story in English). Retour d’expérience. Le Centre de recherche interdisciplinaire en langue anglaise édite « The Journal of the Short Story in English » (JSSE) sur Revues.org, un portail de revues en sciences humaines et sociales. Publié au format papier depuis 30 ans, le JSSE a franchi le pas de l’édition de revue en libre accès en janvier 2009. « La publication papier n’est

plus exclusive, nous sommes convaincus que l’avenir est dans le numérique », lance Emmanuel Vernadakis, enseignant-chercheur du Crila. La revue est toujours imprimée et diffusée à ses abonnés avant d’être ouverte à tous en ligne deux ans plus tard en moyenne. Les auteurs imaginaient bien que l’édition numérique allait leur apporter plus de visibilité. Mais quelle ne fut pas leur surprise en découvrant que le JSSE était davantage lu à l’étranger qu’en France. Au mois de septembre 2012, quand 1 457 pages ont été vues en France, plus de 14 000 pages ont été visitées aux USA ! Leur revue est aussi très lue en Allemagne, en Grande-Bretagne et au Canada. « Grâce à l’open access, notre travail de recherche est plus parlant pour

les personnes qui s’intéressent à nos travaux », constate Emmanuel Vernadakis. Revues.org crée une émulation au sein de la communauté entre étudiants de master, doctorants et enseignantschercheurs intéressés par le sujet. L’enseignant-chercheur porte un regard positif sur le projet d’archive ouverte de l’UA, qui favoriserait l’interdisciplinarité. « L’archive ouverte donne un accès direct aux articles de ses collègues, ce qui permet d’avoir une idée plus précise des différents travaux », s’enthousiasme-t-il.

l UA MAG    l e m a g a z i n e de l’Université d’Angers

Restez connectés

Un blog pour échanger

Hors série N°1 octobre 2012

Un blog baptisé « Projet AO » a été lancé le 22 octobre. Il permet à toutes les personnes intéressées par l’archive ouverte : — de suivre le déroulement du projet, — de commenter et donner son avis sur les fonctionnalités proposées, — de s’informer sur l’open access et le mouvement des archives ouvertes, à l’UA et dans le contexte international. Connectez-vous sur :

http://blog.univ-angers.fr/projetao Lexique ArXiv : archive de prépublications électroniques d’articles scientifiques dans les domaines de la physique, des mathématiques, de l’informatique, des sciences non linéaires et de la biologie quantitative (arxiv.org). HAL : l’archive ouverte pluridisciplinaire HAL (Hyper articles en ligne) est destinée au dépôt et à la diffusion d’articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, et de thèses émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés. ISI : l’Institute for Scientific Information fournit une base de données bibliographiques universitaire en ligne (ISI Web of Knowledge). OST : l’Observatoire des sciences et techniques conçoit et produit des indicateurs sur la recherche et le développement.

www.univ-angers.fr Directeur de la publication : Jean-Paul Saint-André, président Rédaction : Stéphanie Bouvier, Delphine Boisdron, Daniel Bourrion, Nadine Kiker, Thérèse Rosset | Conception : Direction de la communication UA Photos : Patrick Joly, Gilles Morin, Fotolia | Impression : Service reprographie UA Vous souhaitez recevoir L’UA mag ? Adressez un message avec vos coordonnées postales à communication@univ-angers.fr Présidence de l’université l 40 rue de Rennes BP 73532 l 49035 ANGERS cedex 01 Tél. 02 41 96 23 23 l Fax 02 41 96 23 00

Open access week

du 22 au 28 octobre 2012


Le projet de l’UA

— les résultats de la recherche sont immédiatement accessibles à tous, l’accès au savoir est garanti et le travail des chercheurs facilité ; — les pays en voie de développement peuvent profiter des progrès de la recherche ; — les travaux des chercheurs, gagnant en visibilité, sont plus souvent cités ; — les États sortent du cercle vicieux de la double dépense (financement de la recherche puis de l’accès aux productions de cette recherche).

Les deux voies  Le mouvement de l’open access est né en 2001 avec l’Initiative de Budapest pour l’accès ouvert, qui a identifié deux stratégies : — la stratégie dite « voie verte » : elle consiste en l’auto-archivage par l’auteur de ses travaux, dans des archives institutionnelles dites « ouvertes » (par exemple HAL, arXiv, etc.). Cette diffusion n’est pas incompatible avec l’édition standard. Le site SHERPA/RoMEO signale les conditions des éditeurs (autorisation de mise en ligne du preprint, du postprint, du PDF, etc.) ; — la stratégie dite « voie dorée » : il s’agit de l’édition de revues en libre accès comme par exemple les revues de PLOS, de Revues.org, de Biomed Central, et toutes revues référencées dans le DOAJ (Directory of Open Access Journals). En 2010, plus de 500 revues en libre accès étaient déjà comptabilisées dans le JCR (Journal Citation Reports). En 2003, la déclaration de Berlin sur le libre accès à la connaissance en sciences exactes, sciences de la vie, sciences humaines et sociales, préconise la mise à disposition en libre accès, de toute la production scientifique. Plus de 300 institutions sont signataires de cette déclaration. à la suite de la conférence de Berlin qui s’est tenue en France en 2009, plusieurs universités, organismes de recherche, ainsi que la CPU (Conférence des présidents d’universités) ont signés cette déclaration.

Actualités de l’open access — Depuis 2008 : le programme cadre FP7 de l’Union européenne consacre 20% de son budget global à un projet pilote en faveur du libre accès aux résultats de la recherche. — Mai 2012 : la Grande-Bretagne vote la mise en ligne systématique en open access, pour toutes les publications issues de la recherche publique. — à partir de 2014 : le programme cadre Horizon 2020 étendra l’obligation de publication en open access à l’ensemble des domaines de recherche subventionnés par l’Union européenne. Les articles devront être mis en libre accès par l’une des deux voies (dorée ou verte).

Le saviez-vous  ? Le chercheur français Serge Haroche, co-lauréat du prix Nobel de physique 2012, dépose régulièrement ses publications sur HAL et arXiv.

Faux

Une vitrine pour les laboratoires Actuellement, l’évaluation bibliométrique des universités françaises repose essentiellement sur les données de l’ISI et de l’OST. Or la production scientifique de l’université ne se réduit pas aux seules publications à facteur d’impact (Journal Citation Reports). L’archive ouverte de la recherche permettra un référencement plus complet et une prise en compte accrue des travaux de tous les laboratoires, toutes disciplines confondues.

Plus de visibilité S’inscrivant dans le mouvement mondial de l’open access, l’archive ouverte est un canal supplémentaire pour diffuser ses travaux et accroître significativement son audience potentielle. Plus de lecteurs, c’est aussi plus de citations et plus d’écho pour sa recherche.

Faux

L’open access dispose de nombreux avantages :

de l’open access

De nouveaux contacts Diffuser ses travaux via l’archive recherche peut offrir aux chercheurs de nouvelles opportunités de collaborations avec d’autres chercheurs travaillant sur les mêmes thématiques.

Gagner du temps Éditer automatiquement des bibliographies, déposer simultanément des articles dans plusieurs archives ouvertes, disséminer la liste des travaux sur d’autres sites web, autant de services que peut offrir l’archive recherche.

Pourquoi avoir fait le choix de l’open access ? « D’abord pour des raisons philosophiques. La connaissance appartient à tout le monde et doit être gratuite et accessible à tous. La seule chose qui importe dans le monde scientifique est la paternité des résultats obtenus. Par conséquent, une fois établies, pourquoi ne pas rendre nos publications libres d’accès ? De plus, les expériences menées jusqu’ici, de journaux ou bases de données en open access entièrement gérés par la communauté scientifique elle-même, ont remporté pour la plupart un franc succès. Pourquoi ne pas généraliser ce principe à toutes les publications ? Je dépose mes pré-publications depuis au moins dix ans sur arXiv et, depuis trois ans, le Laboratoire angevin de recherche en mathématiques publie officiellement sur HAL, la base des équipes de recherche du CNRS. La BU travaille à établir une passerelle entre HAL et la future archive ouverte de l’UA. »

L’open access peut faire peur, ce n’est pas votre cas ? « Je fais confiance aux bases de données car chaque document déposé est daté, ce qui met à mal les craintes de plagiat. Quoi qu’il en soit, il est toujours possible et même souhaitable, de déposer la version pré-publiée d’un document sur une base de données libre d’accès, une fois que celuici est publié. Au niveau du laboratoire, l’archive ouverte présente également l’avantage de favoriser l’organisation et en particulier de prendre de l’avance sur les périodes d’évaluation où la production scientifique doit être communiquée. »

Quel serait votre meilleur argument si vous deviez convaincre un collègue de diffuser ses publications en archive ouverte ? « Ce qui est bon pour le laboratoire et l’université est bon pour le chercheur ! De plus, l’archive ouverte permet une bien meilleure diffusion des résultats à travers la communauté scientifique. »

« Mon article a été publié ; comme j’ai cédé mes droits à l’éditeur, je ne peux pas le mettre en ligne » La plupart des éditeurs autorisent la mise en ligne par l’auteur d’au moins une version de l’article (preprint, postprint ou PDF de l’éditeur). Le site SHERPA/RoMEO* recense les politiques des éditeurs en la matière.

«Si mes articles sont librement accessibles, j’augmente mes chances d’être lu et cité »

Loïc Chaumont, enseignant-chercheur en mathématiques

L’accès libre au contenu d’une revue ne signifie pas qu’il n’y a pas de circuit de validation scientifique. En 2010, plus de 500 revues en libre accès étaient déjà comptabilisées dans le JCR. Il s’agit bien entendu de revues à comité de lecture. Ce qui fait la qualité d’une publication, c’est la qualité des auteurs, éditeurs, relecteurs, et celle-ci est indépendante des coûts de publication ou d’abonnement.

« Déposer mon article dans une archive ouverte ne prend pas plus de 10 minutes »

L’interview

3 questions à

« Les revues en open access publient n’importe quoi »

Vrai

Les avantages

Le vrai/faux

Vrai

est un évènement international. La 6e édition de cette manifestation se déroule cette année du 22 au 28 octobre 2012 Objectif : mettre en avant les bénéfices de l’open access et le partage d’idées pour faire du libre accès la voie de référence en matière de publication scientifique.

L’open access, ou libre accès, consiste en la mise à disposition gratuite, en ligne et dans les délais les plus brefs possibles, des résultats de la recherche. L’Université d’Angers, sous l’impulsion de sa bibliothèque universitaire, souhaite s’engager sur cette voie et promouvoir ces pratiques. La démarche a été présentée au Conseil scientifique du 21 mai 2012.

Une archive ouverte pour la recherche

Faux

L’Open access week

Idées reçues

Faux

L’essentiel

C’est le temps moyen que nécessite un dépôt. C’est un investissement rentable : vos articles sont plus visibles et votre bibliographie automatiquement constituée et disponible.

L’open access favorise la diffusion et la valorisation de vos recherches. Vous êtes également protégé du plagiat puisque vous pouvez prouver l’antériorité de vos résultats.

« Publier en open access, ça coûte plus cher  » Les universités paient chaque année des millions d’euros d’abonnement pour l’accès aux publications scientifiques**. Si l’on compare ce modèle et celui de l’auteur-payeur, le coût d’un article en open access n’est pas plus élevé.

« Je ne peux pas publier dans ma discipline car il n’existe pas de revues open access reconnues » L’open access, ce n’est pas que la publication dans les revues (voie dorée), c’est aussi le dépôt des articles publiés dans des archives ouvertes (voie verte). Par ailleurs, des revues en abonnement payant diffusent également des articles en libre accès. Cette option est proposée à l’auteur après acceptation de son papier, moyennant financement.

* www.sherpa.ac.uk/romeo ** En 2012, l’Université d’Angers a payé 250 000 € d’abonnement pour l’accès aux ressources de l’éditeur Elsevier ; à l’échelle de la France, les universités ont payé à cet éditeur environ 30 000 000 €.


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