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CAHIER DE SESSION SEMINAIRE AGROPAYSAGE 2013 Etudiants agronomes et paysagistes partagent leurs regards sur les questions de lisières agri-urbaines. Séminaire organisé par le Centre d’Ecodéveloppement de Villarceaux, du 17 au 22 novembre.


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CAHIER DE SESSION

SĂŠminaire agropaysage 2013


Dessin de couverture (“La lisière agri-urbaine est l’endroit où la ville et la campagne se touchent”) et cahier de session réalisés par Baptiste GALLINEAU, paysagiste DPLG et architecte DE. Crédit photographique : Geovanni CORONA OLIVARES, architecte urbaniste, étudiant Master 2 TDPP.

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SÉMINAIRE AGROPAYSAGE 2013 : Une initiative du Centre Ecodéveloppement de Villarceaux L’association Centre Ecodéveloppement de Villarceaux (CEV) est une association loi 1901 à but non lucratif. Son objet est d’animer à la Bergerie de Villarceaux (95) un pôle de réflexion sur la contribution de l’agriculture et des espaces ruraux à la transition écologique. Cette réflexion se nourrit d’un travail de veille et s’appuie sur la réalité concrète du territoire de Villarceaux qui joue à la fois un rôle de “laboratoire d’expérimentation” et de site de démonstration. Le Centre Ecodéveloppement de Villarceaux anime depuis dix ans un séminaire d’une semaine sur l’agriculture durable pour des étudiants ingénieurs agronomes d’Agrocampus Ouest. Centré historiquement sur un audit de durabilité de l’exploitation agricole de la bergerie à partir de la méthode IDEA (Indicateur de Durabilité en Exploitation Agricole), ce séminaire a évolué pour s’ouvrir aux dimensions d’aménagement de l’agriculture. En 2013, et pour la seconde édition, le séminaire agriculture durable associe des étudiants en école de paysage et des étudiants ingénieurs agronomes autour d’une problématique commune. Le CEV organise également des visites à destination d’étudiants, de groupes d’agriculteurs, de chercheurs et d’institutions. CEV est adhérent des Ateliers Internationaux de Maîtrise d’œuvre Urbaine de Cergy.

LES ETABLISSEMENTS PARTICIPANTS : Unité pédagogique Sciences Humaines et Territoires d’Agrocampus Ouest UMR ESO Les étudiants ingénieurs agronomes d’Agrocampus Ouest suivent la spécialisation « Génie de l’environnement », option “agriculture durable et développement territorial” (ADT). L’option ADT a pour objectif de former des étudiants capables, au Nord comme au Sud, d’accompagner l’innovation et la transition vers des modèles agricoles durables et capables de répondre à la fois aux défis alimentaires de demain (doubler la production alimentaire d’ici 2050) et aux attentes sociétales, exprimées en termes économique, environnemental et social. Elle vise l’acquisition de compétences relatives aux systèmes agricoles et alimentaires durables, à l’accompagnement de dynamiques d’innovation et de changement, à l’ingénierie de projets complexes, à l’ingénierie de la gouvernance et du développement territorial. Après un module introductif portant sur les bases théoriques du développement territorial, trois champs thématiques sont abordés : les systèmes de production agricole et alimentaire durables, les acteurs et la gestion multi-acteurs, puis l’ingénierie de projets territoriaux pour le développement durable. Laboratoire de recherche de l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles Pour l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles (ENSPV),

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CAHIER DE SESSION

Séminaire agropaysage 2013


participent à ce séminaire des étudiants paysagistes de 3ème et 4ème

un diplôme d’Etat de paysagiste). L’ensemble de la promotion 2013-14 du

années (équivalent M2 et post-Master) et des étudiants du Master 2 TDPP (Théories et démarches du projet de paysage) encadrés par le Laboratoire de recherche de l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles (LAREP). Le LAREP constitue un groupe pluridisciplinaire de quinze enseignants et chercheurs auxquels s’ajoutent douze doctorants. Leur objet commun de recherche est le paysage tel qu’il est appréhendé à travers le projet de paysage. Si tous se reconnaissent dans les principes de la Convention européenne du paysage (Florence, 2000), ils mobilisent leurs savoirs et savoir-faire spécifiques pour interroger les relations que l’être humain entretient avec les paysages qu’il perçoit, sur lesquels il agit et qu’il connaît. Leurs travaux se développent autour de deux axes, celui des savoirs et pratiques professionnels du projet de paysage, et celui de l’action publique et de la gouvernance territoriale des paysages. Les deux enseignantschercheurs participant au séminaire s’inscrivent dans ce second axe. Le LAREP est aussi le principal laboratoire de recherche chargé de

Master 2 « Théories et démarches du projet de paysage » a participé au séminaire, ainsi que quelques élèves paysagistes en fin de formation, qui souhaitent orienter leur travail de fin d’étude sur les liens ville-agriculturepaysage. La formation du Master 2 « Théories et démarches du projet de paysage » est organisée autour de modules, apportant connaissances et méthodes dans des registres différents du paysage et de la pratique paysagiste : le séminaire s’inscrit particulièrement dans le module « Pratiques paysagistes et politiques publiques de paysage en Europe ». Il développe les approches territoriales du paysage (politique publique, rapports entre médiation et conception, perceptions des habitants et actions sur les paysages, contexte temporel et spatial du projet de paysage). Les élèves du master TDPP sont issus de formations variées, venant, en proportion équivalente, des métiers de la conception de l’espace (architecte, urbaniste, paysagiste), des métiers de l’ingénierie (environnement, agronomie), et des disciplines universitaires

l’organisation du Master 2 « Théories et démarches du projet de paysage », ainsi que de l’encadrement en sciences humaines et sociales et en écologie des paysagistes dplg, formation qui se fait en quatre ans à partir d’un concours à bac + 2 (donc sortie à bac + 6, en cours de réforme vers

(géographie, écologie, philosophie, sociologie-anthropologie).

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Promotion du sĂŠminaire agropaysage 2013


SEMINAIRE AGROPAYSAGE 2013 Favoriser l’émergence d’une nouvelle expertise ajustée aux territoires agriurbains en développant une culture de la collaboration entre agronomes et paysagistes. Pourquoi ce séminaire ? Ces vingt dernières années ont connu une évolution des pratiques professionnelles aussi bien dans le domaine de l’aménagement de l’espace que dans celui du conseil en agriculture. Les préoccupations agricoles gagnent du terrain chez les professionnels de l’aménagement urbain, les préoccupations d’aménagement montent en puissance chez les agronomes : cela correspond à la recherche de nouveaux modes de développement des territoires, plus durables, dans un contexte de transition énergétique. Pour tester la collaboration entre agronomes et paysagistes, nous avons mené une expérience pédagogique originale en novembre 2012 : des étudiants agronomes et des étudiants paysagistes ont croisé leurs analyses aux portes de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise (95). Cette expérience s’est avérée un laboratoire fertile pour la mise en commun des savoirs et savoirfaire agronomiques, écologiques et paysagistes autour de la construction de nouvelles territorialités agri-urbaines. Il a donc été décidé de la renouveler en 2013, pour cette seconde édition du séminaire Agropaysage.

en termes de spatialité dans un rapport dialectique de complémentarité avec l’espace urbain”. En février 2010, la revue d’architecture Histoire d’A consacre un numéro entier au thème de l’agriculture (n°188). L’intérêt des aménageurs pour les questions agricoles est particulièrement sensible dans les espaces périurbains où les services en charge du développement des villes rencontrent l’agriculture et ses acteurs. Un processus est en marche : l’appropriation et la réinterprétation des enjeux agricoles par les métiers de la conception de l’espace. Inversement, les géoagronomes, certes encore minoritaires, s’interrogent sur l’inscription spatiale de l’agriculture et les formes qu’elle produit. Ils s’intéressent aux approches paysagères en se demandant comment celles-ci peuvent aider à la mise en œuvre de nouveaux systèmes de production.

Dans le même temps, la prise en compte de la dimension spatiale de l’agriculture, surtout dans les franges urbaines, est plus que jamais d’actualité. Les fonctions de l’agriculture, placée sous le signe du développement durable, sont nourricières, environnementales, territoriales et paysagères. On attend désormais des agriculteurs qu’ils produisent des denrées, gèrent des ressources naturelles et aménagent le territoire ; et ce, plus particulièrement à proximité des villes où les populations aspirent à un cadre de vie et de loisir ainsi qu’à une alimentation de qualité. Quelles couronnes nourricières importe-t-il de développer pour alimenter une métropole régionale ? De quelle surface a-t-on besoin pour épandre les déchets d’une agglomération ? Quand les métiers de la conception rencontrent l’agriculture …. Comment penser des territoires de récréation et de nature à la périphérie des Un foisonnement de projets, publications et colloques témoigne, depuis une villes ? Depuis quelques années, la question de l’espace est également centrale dans la problématique de l’intensification agroécologique, où il s’agit de tirer quinzaine d’années, de l’intérêt grandissant des métiers de la conception parti au mieux des processus biologiques et physiques du milieu naturel ; cela de l’espace – architectes, urbanistes, paysagistes, aménageurs - pour l’agriculture et l’espace rural. Deux exemples récents : en 2008, quatre écoles suppose d’en connaître les composantes et leurs logiques de fonctionnement, d’en repenser les formes et leurs agencements. d’architecture ont créé le réseau d’enseignement et de recherche “Espace rural et projet spatial” afin de réfléchir au “devenir des territoires ruraux


Aujourd’hui, certaines marges agricoles des villes sont devenues des laboratoires recherchant des formes agronomiques innovantes : des prototypes s’y développent, hors des schémas standards de l’agriculture dite « professionnelle », grâce au travail de nouveaux pôles d’expertise et d’accompagnement structurés en marge des organisations professionnelles agricoles classiques. Ces pôles imaginent des approches originales en termes de distribution (circuits courts), de mise à disposition du foncier (accès collectif et solidaire à la terre) et de pratiques (agricultures biologiques le plus souvent). Ces dynamiques intègrent rarement une réflexion sur la structuration de l’espace nécessaire à ces pratiques innovantes : l’approche paysagère n’est pas souvent utilisée pour concevoir l’agriculture périurbaine, alors qu’une discipline d’aménagement à part entière supposerait un champ d’expertise à la croisée des professions de paysagiste et d’agronome. À la fois concepteurs de formes, aménageurs, médiateurs, agents de développement local, de nouveaux métiers d’« agropaysagistes » ou d’« agrourbanistes » sont en voie d’émergence, qui joueront un rôle clef dans la transition vers les villes de l’après pétrole. L’expertise qui reste à construire nous a conduit à organiser ce séminaire pour offrir aux étudiants agronomes, paysagistes, master en paysage, une opportunité de travailler en équipe interdisciplinaire en se saisissant d’un sujet transversal, les lisières agriurbaines, afin de développer une culture de la collaboration entre ces métiers. (Revue Passerelle numéro 9, Paysages de l’après-pétrole, mai 2013 )

EQUIPE ENCADRANTE : - Baptiste Sanson (ingénieur agronome, directeur du Centre Ecodéveloppement de Villarceaux). - Héloïse Boureau (ingénieur agronome, chargée de mission au Centre Ecodéveloppement de Villarceaux). - Marion Diaz (ingénieur agronome, doctorante en sociologie à l’Unité pédagogique Sciences Humaines et Territoires d’Agrocampus Ouest - UMR ESO). - Sophie Bonin (ingénieur agronome, docteur en géographie, Maître de conférences à l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles ENSPVLAREP). - Monique Toublanc (ingénieur paysagiste, docteur en sociologie, Maître de conférences à l’ENSPV-LAREP). - Baptiste Gallineau (Paysagiste DPLG et architecte DE).

PARRAINS DU SEMINAIRE : Ce séminaire était placé sous le double parrainage de Régis Ambroise et de Bertrand Folléa qui ont tous deux participé à l’encadrement des séquences de lancement du séminaire. Régis AMBROISE, Régis AMBROISE est ingénieur agronome et urbaniste à la retraite, chargé


des relations entre agriculture, paysage et développement durable dans ses fonctions successives aux ministères de l’ équipement, de l’environnement puis de l’agriculture, membre du comité d’expert chargé par le conseil de l’Europe du projet de rédaction de la Convention européenne du paysage, co-auteur de « Paysages de terrasse » et de « Agriculteurs et paysages ». Régis Ambroise est membre du conseil d’orientation du Centre Ecodéveloppement de Villarceaux. Bertrand FOLLEA A travaillé notamment sur l’articulation de la ville et de la nature, les lisières urbaines. -Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage (Versailles, 1985-1989) - Titulaire du D.E.A. ‘Jardins, paysages, territoires’ (1993) délivré par l’Ecole d’Architecture Paris-La Villette et l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) -co-fondateur de l’agence Folléa -Gautier -Paysagiste conseil du Ministère de la Culture, auprès de la Direction de l’architecture et du patrimoine , depuis 2004 -Paysagiste conseil du Ministère de l’Equipement depuis 1994 -Enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles depuis 1991 REMERCIEMENTS: Les organisateurs du séminaire Agropaysage 2013 tiennent à remercier les services de la Communauté d’Agglomération de Cergy-Pontoise et notamment son pôle Organisation de l’Espace et Paysage pour les échanges préparatoires du séminaire et pour l’accueil de la séance de restitution. Nos remerciements vont également aux élus de Courdimanche et de Maurecourt qui ont accepté que le territoire de leurs communes respectives servent comme cas d’étude pour cet atelier et qui ont consacré du temps aux étudiants pour leur faire découvrir avec conviction les enjeux de leurs

communes, nous remercions tout spécialement Mme Sylvette Amestoy et M. Joël Tissier. Sont aussi remerciés chaleureusement les intervenants qui ont fait découvrir les lisières de l’agglomération de Cergy-Pontoise aux étudiants, M. Jean-Claude Rault, chargé de mission patrimoine et promotion du territoire à la CACP et M. Denis Fumery, agriculteur à Sagy. Ce séminaire a bénéficié du soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme.


SOMMAIRE DEROULEMENT DU SEMINAIRE 10 METHODOLOGIE ET OBJECTIFS PEDAGOGIQUES

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LES PROPOSITIONS DES EQUIPES 20

EQUIPE 1 EQUIPE 2 EQUIPE 3 EQUIPE 4 EQUIPE 5 EQUIPE 6

CONCLUSION ET CONCEPTS EMERGENTS

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Methodologie et objectifs pédagogiques Le séminaire s’est articulé en deux séquences, une séquence “agro-écologie et partage d’outils”, qui s’est déroulée à la Bergerie de Villarceaux et une séquence atelier sur les “lisières agriurbaines” * qui s’est déroulée sur un territoire périurbain, en frange de la communauté d’agglomération de Cergy Pontoise (CACP). La première séquence a pour but de faire analyser par les étudiants les conséquences d’un projet de transition agroécologique mené à l’échelle d’un grand territoire (400ha), à la Bergerie de Villarceaux. Cette transition est analysée à partir des outils de diagnostic propres aux deux disciplines (agronomie, paysage).Les groupes mettent en commun leurs notes dans un carnet de bord et préparent une restitution collective sur un support A3. Les étudiants agronomes travaillent sur l’impact potentiel des changements

sites du territoire de l’atelier (franges ouest de l’agglomération de Cergy Pontoise), tant du point de vue paysager : paysage rural et paysage urbain, que du point de vue agronomique : exploitations, filières, pratiques agricoles citadines. Cet état des lieux reposera sur des observations de terrain et sur un recueil des enjeux perçus par les acteurs institutionnels et politiques, les exploitants agricoles, et des habitants de ce territoire. Il s’agit d’étoffer, de préciser ou d’infléchir le «scénario 2050» proposé par rapport au territoire (renchérissement de l’énergie, offre de logement à augmenter constamment, nouvelle offre alimentaire, crise environnementale). 2/ Une proposition d’aménagement spatial, d’un double point de vue paysager et agronomique, en réponse au «scénario 2050». Cette réponse, esquisse de projet spatial, visera à proposer une transition dans l’aménagement et/ou la gestion de la lisière urbaine.

sur la durabilité du système d’exploitation, du système alimentaire, et du territoire-projet, en fonction de chaque thématique/station, avec le recours éventuel aux indicateurs de la méthode IDEA (Indicateur de Durabilité des Exploitations Agricoles) et les élèves de l’ENSP font une lecture des paysages de l’exploitation sur les sites et par rapport aux thématiques pré-définies, en insistant sur les modifications passées et/ou en cours liées aux nouvelles pratiques agro-écologiques. Pour la deuxième séquence, les étudiants restent en six équipes interdisciplinaires. Chaque équipe a en charge : 1/ Un état des lieux (diagnostic, typologie) des lisières urbaines sur différents

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METHODOLOGIE ET OBJECTIFS PEDAGOGIQUES

CAHIER DE SESSION

Séminaire agropaysage 2013


* Qu’entendons-nous par lisière agriurbaine, rappel sur le concept : Les paysagistes concepteurs se sont faits depuis longtemps une spécialité de traiter les interfaces, de créer des paysages à partir d’une mise en valeur des limites, des franges, d’une recherche de plurifonctionnalité des espaces. Mais ce n’est que depuis une quinzaine d’années qu’a émergé le concept de lisière urbaine, en tant que proposition d’aménagement bien définie. Pour Bertrand Folléa, paysagiste DPLG de l’agence FolléaGautier, qui développe le concept depuis 1997, il s’agit de créer une « lisière urbaine qui participe à l’organisation du territoire. Elle matérialise la limite d’urbanisation, forme un tampon, une interface ou un glacis entre un espace agricole ou naturel et un espace construit » (Bertrand Folléa, Claire Gautier, 2009, Charte intercommunale d’aménagement des lisières urbaines du Territoire de la Côte Ouest, TCO de la Réunion). Les études pour le Grand Paris ont témoigné dans plusieurs équipes (LIN, Descartes) d’une nouvelle demande de plurifonctionnalité de ces espaces des franges urbaines, « nous cherchons à développer des paysages où l’on trouve tour à tour l’aspect résidentiel, la rétention des eaux, la production alimentaire, la conservation de la biodiversité et la production énergétique » (équipe LIN, 2009, Rendu de la consultation pour le Grand Paris, Livret Chantier).

l’écoulement des eaux), auxquels pourraient s’adjoindre quelques terrains rudimentaires (prés, vergers...) pour constituer peu à peu de vrais espaces communs.Les outils sont donc simples et peu nombreux. Ils peuvent être rapidement mis en place, avec des effets colossaux, si l’on pense au déployé de ces lisières. L’interférence créée réconcilierait les deux mondes en leur permettant des formes de développements et d’échanges économiques de proximité. Les ressources naturelles ne seraient pas simplement préservées, mais animées et amplifiées. » (MASBOUNGI Ariella, BARBET-MASSIN Olivia, 2011, Le paysage en préalable, Michel Desvigne, Grand prix de l’urbanisme 2011. Joan Busquets, Prix spécial, Parenthèses, Marseille, p. 60-61) On saisit par cette longue évocation que ce concept de lisière, imaginaire dans l’esprit même de son auteur, comme en témoigne l’emploi du conditionnel, peut être sujet de controverse entre paysagiste et agronome : c’est pourquoi il nous semble très intéressant de le mettre au cœur du séminaire proposé, car aussi bien le regard de jeunes paysagistes, que celui des agronomes, permettront d’en tester la pertinence.

C’est enfin sans doute avec Michel Desvigne que l’on trouve le plus exprimé le caractère nouveau mais aussi utopique de cette figure de l’aménagement : « Epaissir la lisière créerait des liens ouverts, établirait une porosité, et non une ceinture qui, fût-elle verte, ne correspondrait qu’à la dilatation d’un grillage. Ce milieu singulier ferait appel aux pratiques et aux techniques empruntés au monde de l’agriculture, et pallierait les déficits de la périphérie urbaine. […] A la clé, l’intervention d’un paysage à la fois continu et très divers, d’un ourlet offrant de nouveaux horizons. Coté ville, ce paysage marquerait une ouverture et la fin d’une frontière. Public, il permettrait de sortir de la logique de camp. Sa simple existence aurait des effets en profondeur. Les rues des lotissements actuellement en culs de sac mèneraient à des espaces partagés. Elles s’en trouveraient modifiées en perdant leur statut de rues publiques d’usage privé. Coté campagne, la même dilatation appliquée à la limite entre deux propriétés foncières créerait un réseau de chemins, de fossés (autrefois présents, aujourd’hui disparus, qui permettraient de maîtriser

METHODOLOGIE ET OBJECTIFS PEDAGOGIQUES

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DIMANCHE SOIR

Présentation du séminaire Agropaysage Présentation de l’association Centre d’Ecodéveloppement et du projet de transition agroécologique du domaine de Villarceaux par Baptiste Sanson. Présentation des formations agronomes et paysagistes et constitutions de six groupes interdisciplinaires.

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Séminaire agropaysage 2013


LUNDI MATIN Tour de plaine

Le “Tour de plaine” est un outil commun et bien connu des deux disciplines : agronome et paysagiste; il permet de s’imprégner et de se faire un premier avis par l’observation sur le terrain des dynamiques en place. Le Tour de plaine effectué le lundi matin s’organise de manière à retranscrire les principales spécificités du projet de transistion agroécologique du domaine de Villarceaux à travers six haltes thématiques : 1 Abords, structures et fonctionnalités des bâtiments agricoles; 2 Prairies permanentes; 3 Maraîchage; 4 Agroforesterie intra-parcellaire; 5 Agroforesterie bocagère ; 6 Redécoupage parcellaire. Pour chacune des haltes, une équipe mixte constituée d’agronomes et de paysagistes fait une synthèse des discussions in-situ. Les notes seront ensuite restituées de manière synthétique en soirée dans un carnet de bord commun.

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LUNDI APRES MIDI

Visite de la ferme de M. Fumery (Sagy) Denis Fumery pratique l’agricuture de précision, il nous présente son exploitation dont une grande partie des terres se situent à la limite d’urbanisation de la ville nouvelle avec un parcellaire fractionné. Il nous expose son point de vue sur la viabilité de son exploitation et sur les problématiques et avantages liées à sa situation péri-urbaine. La rencontre avec Denis Fumery permet aux étudiants d’avoir un autre discours que celui porté par la Bergerie : la production de l’EARL FUMERY est commercialisée sur les marchés internationaux avec des rendements optimaux obtenus par l’utilisation au cas par cas des traitements et du travail de la terre.

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LUNDI SOIR

Bilan du tour de plaine Les étudiants mettent en commun leurs «récoltes» sur un carnet de bord qui devient l’espace de dialogue entre les disciplines. Lors de cette partie, les étudiants travaillent sur les outils propres à leurs disciplines pour décrire les impacts de la transition agroécologique sur le système d’exploitation en terme de performance agronomique, d’aménagements spatiaux et d’images du territoire.

DEROULEMENT DU SEMINAIRE

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Les carnets de bord permettent de transcrire formellement les impressions, et d’engager une connaissance partagée au sein de l’équipe. Mais les formes d’expression sont laissées libres et il est très intéressant de noter les proportions de textes, d’images, schémas, coupes, plans, éléments ramassés qui sont collés.

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DEROULEMENT DU SEMINAIRE

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Séminaire agropaysage 2013


1 Abords, structures et fonctionnalités des bâtiments agricoles

2 Prairies permanentes

3 Maraîchage

4 Agroforesterie intra-parcellaire

5 Agroforesterie bocagère

6 Redécoupage parcellaire.

DEROULEMENT DU SEMINAIRE

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MARDI MATIN

Cergy, histoire d’une ville nouvelle Promenade urbaine avec Jean-Claude Rault, chargé de mission patrimoine et promotion du territoire pour la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise. “Cergy, histoire d’une ville nouvelle située à la porte du Parc Naturel régional du Vexin français”, reflet de 40 ans de politique d’aménagement du territoire, et de relations ville campagne caractéristiques.

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MARDI MATIN

Visite de Courdimanche Visite de Courdimanche, premier site d’étude, accompagné de Sylvette Amestoy, élue, adjointe déléguée au développement durable. Présentation des projets et politiques en cours de la commune en terme d’aménagements des lisières agriurbaines..

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MARDI APRES MIDI Visite de Maurecourt

Visite de Maurecourt, deuxième site d’étude. Présentation en salle par Joël Tissier, 1er adjoint au maire, des orientations et réalisations de la commune en terme d’aménagement du territoire: “Biodiversité, société et paysage : une alchimie”.

DEROULEMENT DU SEMINAIRE

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COURDIMANCHE

DE LA FRONTIÈRE AU LIEN : LES CHEMINS DE LA LISIÈRE EQUIPE 1 Céline BRUNEAU, agronome François DIVERNERESSE, master TDPP Eléonore DURIN, agronome Geovanni OLIVARES, master TDPP Clara PELTIER, master TDPPP

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EQUIPE 1 / DE LA FRONTIÈRE AU LIEN : LES CHEMINS DE LA LISIÈRE

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# EQUIPE 1

EQUIPE 1 / DE LA FRONTIÈRE AU LIEN : LES CHEMINS DE LA LISIÈRE

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EQUIPE 1 / DE LA FRONTIÈRE AU LIEN : LES CHEMINS DE LA LISIÈRE

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EQUIPE 1 / DE LA FRONTIÈRE AU LIEN : LES CHEMINS DE LA LISIÈRE

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MAURECOURT

“IMBRICATION/ IMPLICATION”

EQUIPE 2 Frédérique BERNARDET, paysagiste DPLG Alexandre CALLENS, master TDPP Emilie MERCIER, master TDPP Rodolphe PROUCELLE, agronome Tom VANEECKHOUTTE, agronome

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EQUIPE 2 / “IMBRICATION/ IMPLICATION”

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# EQUIPE 2

EQUIPE 2 / “IMBRICATION/ IMPLICATION”

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EQUIPE 2 / “IMBRICATION/ IMPLICATION”

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EQUIPE 2 / “IMBRICATION/ IMPLICATION”

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EQUIPE 2 / “IMBRICATION/ IMPLICATION”

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UNE LISIERE POUR TISSER UN LIEN NOURRICIER ENTRE LA VILLE ET LA CAMPAGNE EQUIPE 3 Dorota SKRZYNIECKA, agronome Edith CHEMIN, agronome Flavie RONGERE, agronome Imène OUALI, master TDPP Peter Ferry, master TDPP

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EQUIPE 3 / UNE LISIERE POUR TISSER UN LIEN NOURRICIER ENTRE LA VILLE ET LA CAMPAGNE

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# EQUIPE 3

EQUIPE 3 / UNE LISIERE POUR TISSER UN LIEN NOURRICIER ENTRE LA VILLE ET LA CAMPAGNE

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EQUIPE 3 / UNE LISIERE POUR TISSER UN LIEN NOURRICIER ENTRE LA VILLE ET LA CAMPAGNE

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EQUIPE 3 / UNE LISIERE POUR TISSER UN LIEN NOURRICIER ENTRE LA VILLE ET LA CAMPAGNE

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EQUIPE 3 / UNE LISIERE POUR TISSER UN LIEN NOURRICIER ENTRE LA VILLE ET LA CAMPAGNE

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EQUIPE 3 / UNE LISIERE POUR TISSER UN LIEN NOURRICIER ENTRE LA VILLE ET LA CAMPAGNE

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MAURECOURT 2050

A LA DECOUVERTE D’UN PAYSAGE MULTIFONCTIONNEL A ECHELLE HUMAINE EQUIPE 4 Marta CORTÉS, master TDPP Pilar FUENTE, master TDPP Mathilde GALLAY, master TDPP Fanny LEBARBIER, agronome Mathilde SALINAS, agronome

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EQUIPE 4 / A LA DECOUVERTE D’UN PAYSAGE MULTIFONCTIONNEL A ECHELLE HUMAINE

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# EQUIPE 4

EQUIPE 4 / A LA DECOUVERTE D’UN PAYSAGE MULTIFONCTIONNEL A ECHELLE HUMAINE

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COURDIMANCHE

88 HA DE POTENTIEL POUR UNE CONTINUITÉ ÉCO-VIVRIÈRE EQUIPE 5 Clément BERTHOLLET, paysagiste DPLG Romain CAILLAU, agronome Johannes JUNGST, agronome Anne-charlotte LEGRAS, agronome Thomas PIERSON, master TDPP Ana Karina ROMERO, master TDPP

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EQUIPE 5 / 88 HA DE POTENTIEL POUR UNE CONTINUITÉ ÉCO-VIVRIÈRE

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# EQUIPE 5

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MAURECOURT

“SUPERTRAME” POUR UNE NOUVELLE DYNAMIQUE DES PRATIQUES AGRIURBAINES

EQUIPE 6 Simon BIENAIME, master TDPP Gabrielle BORDES, agronome Audrey DUTHON, agronome Adam ROIGART, paysagiste DPLG Sébastien SERANT, master TDPP

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EQUIPE 6 / SUPERTRAME : POUR UNE NOUVELLE DYNAMIQUE DES PRATIQUES AGRIURBAINES

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# EQUIPE 6

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Conclusion et concepts émergents Le séminaire de novembre 2013 a tout d’abord eu une vertu reconnue très rapidement par l’ensemble des participants, à savoir une dimension pédagogique, de formation des élèves à un travail en équipe pluridisciplinaire. Le temps resserré d’une semaine, devant aboutir à une présentation au bout du cinquième jour, nécessitait une implication forte de tous et créait une émulation qui a été une découverte pour la plupart des participants. Cet aspect didactique et d’apprentissage était renforcé par le fait que les étudiants ne se connaissaient pas tous au départ et ont été mis rapidement dans des équipes pluridisciplinaires : c’est alors le problème du dialogue entre les origines et les disciplines qui est en jeu, et doit être, si ce n’est résolu, du moins éprouvé… Les regards sont parfois tellement différents que leur mise en synergie nécessite un véritable effort de décentrement qui n’est pas aisé. Le temps court du séminaire, les attentes fortes des élèves quant à ce qui est pour la plupart complètement nouveau

système d’exploitation d’une part, de l’approche par filière d’autre part.

dans leur formation, crée une tension et une urgence très favorable à ce dialogue. Mais le dernier effort demandé est lié aux disciplines particulières qui sont invoquées, et qui appartiennent à trois champs dont les modalités pédagogiques sont habituellement très différentes. Les échanges tout au long de la semaine permettent de proposer des clefs de lecture des écarts et des accords :

est mis sur la connaissance pour elle-même, les allers et retours entre expérimentation, mesure et modélisation ou théorisation. Il n’y a alors pas vraiment d’échelle ou d’objet spatial privilégié, mais comme pour les deux champs précédents, les itérations entre observation et analyse sont primordiaux.

- Le champ de l’agronomie, discipline d’ingénieur, où l’accent est mis sur l’investissement opérationnel de connaissances scientifiques, sur l’analyse croisée de savoirs théoriques et d’observations de terrain, où l’entrée privilégiée par rapport à l’espace est celle du sol et de l’agro-écosystème, se déclinant d’abord au niveau de la parcelle, puis de la compréhension du

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- Le champ du paysagisme, discipline de concepteur, où la démarche privilégie une approche préalable sensible du terrain avant un croisement et des itérations avec les connaissances et leur analyse. L’entrée privilégiée est la saisie conjointe des aspects sensoriels, symboliques, culturels, avec les aspects fonctionnels des processus qui ensemble structurent et expliquent ces formes. L’objectif n’est pas tant de comprendre que de saisir l’organisation de l’espace pour pouvoir agir dans un sens positif, créatif. Les objets privilégiés de la formation vont du jardin au parc urbain jusqu’au « grand territoire ». - Le champ des disciplines plus fondamentales de la connaissance des paysages, géographie, histoire voire philosophie ou économie, mais aussi écologie et ses multiples avatars, climatologie, pédologie, biologie. L’accent

Les retours des étudiants montrent que ce dialogue n’est pas facile, alors que les enjeux sont très bien et très vite communs, compris de la même façon. L’obstacle principal est lié d’une part à l’instrumentalisation que chacun fait de l’autre, l’attente de « recette » toute prête ou de principe général à appliquer ; d’autre part à la « force » du dessin maitrisé par les concepteurs

CONCLUSION ET CONCEPTS EMERGENTS

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et qui fascine par la rapidité et l’efficacité de ce mode d’appréhension et de communication pour saisir les formes et les structures de façon très synthétique. Par rapport à la thématique du séminaire, toutes les propositions émises par les étudiants ont témoigné d’une exigence et d’une attente, celles de retrouver une réciprocité entre l’univers urbain et la campagne productive en redonnant à celle-ci ses lettres de noblesse. Changer le rapport de force entre la ville et le territoire agricole est inscrit, de façon explicite ou en filigrane, dans la plupart des projets. Dans chaque équipe, les étudiants agronomes, paysagistes et chercheurs ont tenté de penser l’essence, le fonctionnement et la structuration de ces deux espaces en insistant plus particulièrement sur le territoire agricole autour d’une double question ainsi formulée : comment le milieu urbain, perçu comme un problème par et pour l’agriculture, peut devenir une solution pour que celle-ci amorce une « transition agroécologique » ; comment le milieu agricole peut travailler pour la ville, à son échelle, en plus - ou à la place des marchés mondialisés, aux débouchés changeants et aléatoires. C’est probablement dans ce renversement que l’on peut le mieux constater et apprécier les fruits de l’échange entre agronomie, conception de l’espace et sciences du paysage.

CONCLUSION ET CONCEPTS EMERGENTS

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Carnet de session - Séminaire agropaysage 2013