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Edito C'est avec plaisir que notre équipe rédactionnelle vous accueille pour un deuxième numéro de notre mensuel. C'est à ce moment précis de mon Edito que je vous souhaite une bonne et heureuse année 2004. Une année qui commence fort bien puisqu'elle a débuté par une petite soirée (150 convives tout de même) pour fêter la mise en ligne du Forumverse.net.

L'ambiance de la soirée a été chaude jusqu'au levé du soleil. Durant les festivités, des courts-métrages réalisés par les forumers ont été diffusés… jamais autant de culture n'avait été présente lors d'une soirée se déroulant dans notre belle présipauté de Groland!

- Dans la série "J'ai testé pour vous" : les "blogs" font fureur sur le net. Mais qu'est-ce donc ? (page 6)

Mais bon, cette inauguration est déjà du passé. Intéressons nous au futur ! Futur proche s'il en est, car ce mois-ci, ce sont les Grolandais que nous sommes qui sont mis à l'honneur du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême. En effet c'est toute l'équipe de Grolandsat (notre chaîne étatique complètement à la solde de notre vénéré président) qui sera l'invitée d'honneur de ce 31ème festival.

- Nous vous ferons frémir avec Sonic Vs Image (page 8)

Pour le mois en cours, notre rédaction a décidé de vous gater. - Comment fêter les 75 ans d'un reporter (page 2)? vous saurez tout sur le dernier album de Tintin.

- Au rayon Jeux Vidéos, découvrez Les chevaliers de Baphomet 3 (page 7)

- Actualité oblige, nous allons vous parler de la sortie en DVD de Hulk (page 9) - Ce qui nous mènera tout naturellement à traiter des comics au cinéma (page 10) - Pour finir en beauté vous assisterez à l'entretien de Vance avec Stan Lee (page 12) Enfin, vous allez découvrir le 1er épisode d'une nouvelle série, dessinée par Master, mettant en scène les Forumers. Voici son premier strip, début d'un feuilleton qui paraîtra dans chaque Guild-Mag.

- Pour mesdames nous traiterons des Shôjos (mangas pour filles) (page 3). - Et pour messieurs des filles à forte poitrine dans les mangas (page 4).

Beyonder

- Pour rester dans l'ambiance, ne ratez pas la Pin-up du mois dessinée par Zort (page 5)

La vie de forum par Master

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Tintin fête ses 75 ans Personnage phare de la bande dessinée francophone (17 millions d'exemplaires vendus uniquement en Belgique francophone), créé en 1929 par Hergé, il voit le jour dans le Petit Vingtième. Né à Bruxelles en 1907, le papa de Tintin, de son vrai nom Georges Rémi, entre au quotidien belge XXe siècle en 1928 et se voit confier la direction du supplément de ce journal, destiné aux jeunes lecteurs.

Commandées par le propriétaire du journal, l'abbé Wallez, les aventures de Tintin sont baignées d'anticommunisme et de paternalisme colonial. Cette orientation donnée aux histoires de notre reporter belge provient sans doute de l'enfance de son créateur, passée en partie en compagnie des scouts catholiques de Belgique. C'est d'ailleurs dans les journaux internes des compagnies scouts qu'il commence à publier ses dessins et sa première histoire en bande dessinée, Totor au pays des hannetons. La première aventure de notre héros est relatée dans l'album Tintin au pays des Soviets (publié en 1929). Hergé se documente toujours énormément et parfois s'inspire de l'actualité politique internationale du moment (prohibition dans Tintin en Amérique, conflit sino-japonais dans le Lotus bleu, Anschluss entre l'Autriche et l'Allemagne dans le Sceptre d'Ottokar).

Mais ces croquis nous font moins voyager à travers une nouvelle histoire de Tintin qu'ils nous révèlent un travail préparatoire proche d'un screen-play (passionnant si on a vu l'œuvre achevée, mais d'intérêt plus limité dans le cas présent, où on ne verra jamais le résultat final). Là où le dernier album de Gaston Lagaff était émouvant, car il associait des histoires finies et certaines arrêtées en cour, donnant la sensation de la disparition brutale, "sur sa planche de travail", de Franquin, le dernier Tintin est purement " archéologique ". En effet L'Alph-Art semble plus destiné aux amateurs, les chignoleurs du détail, qu'au grand public. Cependant, cette édition nous permet de dire une dernière fois adieu au maître de Milou, tout en laissant chaque lecteur imaginer la fin de sa dernière Aventure. Beyonder

En 1945, Hergé fonde le journal Tintin, où on retrouvera Jacques Martin (pas celui du Monde Est à Vous mais d'Alix et de Lefranc) et E.P.Jacobs (Blake et Mortimer). C'est en 1983, qu'il disparaît. Toutefois, il nous lègue l'ébauche d'une nouvelle aventure de Tintin, "L'Alph-Art", avec l'interdiction formelle de la faire dessiner par un autre que lui. Néanmoins, en 1986, les 42 feuillets constituant la préparation de cette 24ème aventure de Tintin sortent dans un coffret vendu à 160.000 exemplaires (aujourd'hui épuisé, vous pensez bien). Cette année, pour célébrer les 75 ans de notre reporter à houppette, Casterman fait une réédition à 500.000 exemplaires de ce coffret.

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Mangas pour filles Au pays de Candy et des Magical Girls, un spécial minettes : les shojos mangas

Des mangas pour les filles dessinés par des filles. Qui a dit que les mangas n'étaient que sexe et violence ? Et bien non, il existe aussi de gentilles histoires pour les filles. C'est vrai, les mangas sont à l'origine plutôt destinés aux garçons, avec leurs récits de guerre et de chevalerie. Mais pourquoi limiter le lectorat alors que de nombreuses dessinatrices fourmillent d'idées pour faire frémir les jeunes filles sages. En effet, les shojos sont exclusivement dessinés par des femmes, ce qui peut paraître surprenant aux macho d'occidentaux que nous sommes. Il faut avouer qu'à part au Japon, les femmes dans la BD sont bien trop rares. A

quoi

reconnaît-on un shojo ? Le style graphique est souvent le même : des personnages grands et élancés aux yeux immenses et brillants, à la limite des larmes (souvenez-vous de Candy !). L'héroïne type est une jeune fille simple avec ses défauts (bien souvent la gourmandise), à laquelle on peut facilement s'identifier. Romantique, sensible et franche, elle est toujours mignonne mais ne se rend absolument pas compte des ravages qu'elle peut faire. Solitaire au début, elle est rapidement aidée par un tas d'amis et trouve le grand amour qui lui fera oublier tous ses tourments. Ceux qui trouvent ça gnangnan peuvent se consoler avec les parties humoristiques, et notamment les " super diformed " (vous savez, ces personnages représentés en taille réduite comme dans " le Collège Fou fou fou ") qui symbolisent souvent une situation gênante ou loufoque. Une recette qui fonctionne Les auteurs connaissent bien les trucs qui font craquer les jeunes filles : un amour rêvé, un obstacle à surmonter. Elles jouent sur les sentiments qui sont le point fort des shojos, et n'hésitent pas à faire pleurer leurs héroïnes pour montrer leur état d'esprit. Et les mecs dans tout ça ?

Et bien ce sont des jeunes gens délicats, beaux comme des dieux, souvent ornés de bracelets ou de boucles d'oreille qui apportent une touche féminine à leurs corps androgynes. Exit donc les grands gabarits bodybuildés à la " Ken le survivant ". Ils interviennent au bon moment mais gardent le second rôle. Dans un récit, il faut des méchants. Et quoi de pire pour une fille qu'une autre fille, une rivale qui peut vous piquer vos prétendants en un tournemain. Les ennemis de la gentille et chaste héroïne sont donc souvent des filles, jalouses de sa beauté et de son succès auprès des mecs, et qui n'hésitent pas à utiliser la tromperie pour arriver à leurs fins.

Du réalisme au monde imaginaire Les shojos décrivent des univers très différents. Ils peuvent être réalistes, comme Candy ou Marmelade Boy et raconter la vie d'une jeune fille normale dans un monde normal. Mais ils peuvent aussi s'évader vers le rêve et la magie, comme Fushigi Yugi ou Sailormoon. L'héroïne est alors soit confrontée à la magie soit elle-même dotée de pouvoirs magiques. Vous vous rappelez de Creamy, Emi Magique ou même Gigi ? Leur point commun : ce sont des " magical girls ". Un dérivé des shojos qui s'adressent aux très très jeunes filles. Leurs héroïnes sont magiques et se transforment pour accomplir leur mission, tout en veillant à préserv er leur identité secrète ! Si chichi et pourtant unique au monde Et oui, tout cela peut paraître bien niais ou bien eau de rose. Pourtant, le shojo est un OVNI dans la BD mondiale. On ne trouve aucun équivalent dans la BD franco-belge ni dans les comics américains. Ces histoires destinées essentiellement aux adolescentes touchent en fait un public beaucoup plus large qui n'ose pas toujours l'avouer. Et si vous laissiez s'éveiller la princesse qui sommeille en vous ? Odessa

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Vous avez dit gros néné ? Haggg ! Amateurs de " filles à forte poitrine " pas forcément blondes, ce dossier spécial est fait pour vous !

Vous l'avez peut-être remarqué, les mangas sont parfois parsemés d'héroïnes qui ont beaucoup de mal à trouver un soutien-gorge à leur taille (110, bonnet G) et qui se retrouvent dans des tenues et des situations abracadabrantes. Ces pin-up qui balancent leur poitrine dans des combinaisons dégrafées jusqu'au nombril, sont en général représentées de façon très humoristique et sont l'élément comique du manga. En effet, les japonaises étant très peu fournies de ce côté-là, leurs hommes trouvent les gros attributs féminins hilarants. Quand on leur demande leur actrice comique préférée, ils répondent en chœur Claudia Cardinale - souvenez-vous de ses décolletés dans Cartouche avec Belmondo. (J'ose pas imaginer leur réaction devant Pamela Anderson !) Dans la série stéréotypes, on trouve la très jeune fille, au visage d'enfant, pourvue d'une paire de seins à faire pâlir la Casta. Il y a l'étrangère, souvent blonde et américaine, qui fait baver tous les mecs. Une scène récurrente faite pour exciter… l'imagination des ados : la copine délurée qui arrive par derrière et empoigne à pleine main les seins de son amie pour montrer à qui veut voir comme ils sont bien faits. Ces jeunes femmes et leurs prothèses mammaires (c'est pas possible qu'elles soient toutes d'origine !) se promènent dans des mangas plus ou moins soft pour faire marrer le lecteur ou pour les quelques petites scènes hot traditionnelles (comme dans Bastard, de Kazushi Hagiwara), mais aussi dans des mangas spécial cul. Pourquoi donc les mangakas - dessinateurs de mangas - se délectent à représenter des filles si généreusement dotées ? Tout d'abord, la poitrine est le seul élément érotique autorisé dans les mangas. Et oui, au Japon, sexes et poils pubiens sont interdits de dessin et bien souvent recouverts d'une petite brume ou d'un carré de pixels digne d'un 1er samedi soir du mois sur la chaîne cryptée sans décodeur.

Il faut donc bien se rabattre sur quelque chose et quoi de mieux que les airbags des miss. Ensuite, il faut " enrober " tout ça dans plus ou moins de fringues, sur lesquelles les mangakas se lâchent. Dans la digne lignée des couturiers minimalistes, ils dessinent des vêtements techniquement importables, qui moulent et collent juste aux bons endroits et sont le plus souvent transparents. Dans les mangas " pour adultes " (c'est indiqué sur la couverture alors faites pas l'innocent !), les dessinateurs ne se prennent bien sûr pas la tête à imaginer des habits. D'ailleurs l'abondance de filles à poil (et de mecs… si, si, encore dans Bastard, regardez le héros Dark Schneider, il est presque toujours en tenue d'Adam, et ça lui va plutôt bien !) dans les mangas, peut nous sembler étrange, à nous petits occidentaux dont la civilisation judéo-chrétienne réprouve les images de corps nus. Au Japon, cela fait partie de la culture et les 1ers mangas en étaient déjà remplis. Le phénomène " gros seins " se propage au monde des comics. Il n'y a qu'à voir le premier épisode de Soul Saga (bientôt chroniqué ici-même). Dans le genre extrême limite, admirez la plastique délirante de Red Monica dans Battlechasers où le génial dessinateur Joe Madureira nous livre probablement un de ses grands fantasmes. Comme tout le monde le sait, les mecs sont par nature galactophiles (= ils aiment les fortes poitrines - où comment ressortir un mot de voca appris en lisant des comics, et passer pour quelqu'un de cultivé). Et comme beaucoup de mangas sont dessinés par des mecs, les jeunes femmes aux formes plus que généreuses n'ont pas fini de fleurir dans les pages des BD japonaises. Odessa

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Des blogs en folie Mais quel est ce vent qui souffle sur nos chères têtes en ébullition d'internautes ? C'est l'invasion des bloggeurs. Mais c'est quoi un blob ? Nan, pas un bloB ! Un bloG ! Comme dans Weblog, qui signifie se connecter au net. Il s'agit de mini-sites perso, où chacun peut raconter sa vie, présenter ses passions. Dans la série " J'ai testé pour vous ", MOI JE, car c'est de ça dont il s'agit, Odessa Powers 1ère du nom, J'ai testé un blog.

Pas besoin d'être un pro du web pour blogger

Un monde d'ado

Le principal intérêt des blogs, c'est que n'importe qui peut en avoir un. Aucune connaissance en Hachteumeuleuh ou en graphisme n'est requise... (Mais si on en a, c'est un plus). Il suffit de s'inscrire sur un site spécialisé, qui héberge des blogs, et c'est parti, roulez jeunesse.

Ohlala... quelle n'est pas ma surprise, quand au fil des blogs, je m'aperçois que la moyenne d'âge doit tourner autour de 18 ans, et que la plupart des bloggeurs sont des jeunes lycéens qui parlent de leurs problèmes sentimentaux mais aussi de la crainte des prochains exams qui arrivent là très vite tout de suite " et mais qu'est-ce que je fais là à vous écrire alors que je devrais être entrain de réviser ", etc.

Le plus souvent, une interface simple d'utilisation permet de créer, d'alimenter, de customiser son blog, jour après jour. Une fois inscrit, on y met ce qu'on veut (enfin dans la limite de la bienséance... quoique...) Blog mode d'emploi Après m'être inscrite, avoir choisi la couleur, le style, de ce qui doit devenir mon cher et tendre journal intime, je me retrouve devant l'angoisse de la page blanche. Avoir un blog, c'est bien... Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir écrire dessus ? Me vient alors l'idée d'aller zieuter un peu du côté des autres blogs de mon hébergeur. J'aurai bien un chouïa d'inspiration après un bon matage en règle. Je me lance, à partir de la page d'accueil, de la liste des blogs les plus fréquentés du site, de ceux qui viennent d'être réactualisés. Et j'y découvre...

Des futurs prix littéraires au diplôme du meilleur mytho du monde Passons sur la littérature sentimentalo-rebelle pour y dénicher tout de même de bien jolies futures plumes. Y a pas à dire, certains ont du talent. Dans le lot, il y a également les affichages politiques, les mamans postant les photos de leurs enfants, réactualisées à la minute près où le petit dernier vient de faire son popot, les gens qui n'ont rien à raconter mais qui trouvent quand même... Certaines histoires sont tellement abracadabrantes qu'on se demande où est la parcelle de vérité... Mais on n'est pas là pour lire de l'authentique. Ma tribu Après avoir satisfait mes bas instincts voyeuristes, je trouve tout de même quelques blogs réalisés par des passionnés de mangas, avec un tas d'images, de liens, et ayant recréé un univers fantastique dans ce petit espace virtuel. Bref, sur les blogs, on trouve de tout... je vais pouvoir me lancer. Vous aije déjà raconté ce jour de mai 1999 où je me suis tordue la cheville en sautant du haut de... la suite passionnante est sur mon tout nouveau joujou. Il existe de nombreux sites de blogs. Le francophone le plus célèbre est sans doute www.20six.fr. Mais attention, si l'inscription est gratuite pour l'instant (et offre de nombreux avantages), elle deviendra payante un jour. A bon bloggeur... Odessa

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Les chevaliers de Baphomet 3 Les chevaliers de Baphomet : Le manuscrit de Voynich est un jeu d'aventures sur PC. Oh un jeu d'aventures ! Oh une suite !

Les chevaliers de Baphomet, c'est l'histoire d'un jeu sympathique qui m'avait à l'époque (je parle du premier du nom) assez bluffé par son aspect graphique, ses personnages attachants et son histoire dépaysante. Le 2 avait été une mauvaise copie, distrayante mais sans plus. Dans ce 3ème opus on passe à la 3D. D'une manière générale la transition est plutôt réussie malgré quelques bugs d'affichage. C'est joli, les persos assez bien modélisés et les décors pittoresques. La bande son est pour le moment très discrète mais ce n'est pas un reproche car les jeux où la musique hurle à la mort à la moindre action (cf Neverwinter Nights) sont loin d'être à mon goût. Le gros changement (et le gros pari des concepteurs) est l'ergonomie du jeu. Fini la souris (on sent la touche console). On s'y fait mais il est regrettable que sous prétexte de faciliter l'adaptation du jeu sur d'autres supports, on retire cet accessoire bien pratique. C'est pénible et pénalisant.

Autre point assez médiocre, et là encore je pense que c'est dû au fait que les joueurs sur PC ne sont pas les seuls visés, dès qu'on s'approche d'un objet où l'on peut interagir, pouf, une petite étoile apparaît afin de bien nous indiquer qu'il y a quelque chose à faire. Evidemment ça réduit fortement la difficulté du jeu. Au niveau de l'histoire, on retrouve notre héros, George, tout propre sur lui, et sa copine journaliste Nico. Le joueur entrera dans la peau de chacun à tour de rôle. Pour l'instant je n'ai pas beaucoup avancé dans le jeu, mais l'histoire, sans être géniale et révolutionnaire, est sympathique malgré les trop nombreuses références au premier. C'est dommage que nombre de suites n'arrivent pas à se démarquer de leurs illustres prédécesseurs. Les énigmes sont simples et on a, hélas trop souvent, droit à des poussespousse de caisse. Je n'appelle pas ça un jeu d'aventures. Mon conseil ? Si vous n'avez jamais osé entrer dans le monde du jeu d'aventures en craignant une difficulté trop grande, vous pouvez y aller, ce jeu est fait pour vous. Quant aux vieux de la vieille qui ont connu Maniac Manson, passez votre chemin vous aurez l'impression de suivre un film moyen tellement les solutions sont évidentes. Thanos

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MSonic Super Special Les crossovers (histoire mêlant plusieurs personnages de différentes séries) datent de 1966 : DC avait créé la première rencontre entre deux équipes de Super-Héros : Challengers of the Unknown et Doom Patrol. Quelques mois plus tard, Marvel répond par une bataille entre Submariner et Iron Man commencée dans Tales of Suspens 79, 80 et qui prit fin dans Tales to Astonish 82.

Depuis les années 80, ces rencontres permettent de créer l'événement ou de relancer des ventes. Ainsi on peut compter parmi les crossovers, certaines des meilleures histoires existantes, mais aussi les plus saugrenues. Saviez vous que Spider-Man avait combattu les Transformers, que les X-Men avaient rencontré le capitaine Kirk et monsieur Spock ; Zorro, Dracula ; et Sonic le hérisson, les personnages de chez Image Comics ? Sonic, vous connaissez bien évidemment, créé en 1990 par concours interne de SEGA (plus de 100 dessins fait, pour seulement 2 retenus : Sonic et Docteur Robotnic dessiné par Maoto Oshima). Qui aurait prédit que ce personnage et tous ses amis (Antoine, Sally, Knuckles the Echidna…) rencontreraient un jour Spawn, Savage Dragon, Shadow Hawk, Union, The Maxx… Ces derniers personnages sont les enfants de sept créateurs rebelles qui ont quitté Marvel pour fonder une maison d'édition indépendante : Image (rappelez vous, c'était en 1992). Que diriez-vous si maintenant je vous disais que ces personnages (déjà nombreux) sont mêlés à une enquête policière menée par les doubles de Fox Mulder et de Dana Scully (Wolf Scolder et Lana Mully pour éviter d'avoir à payer des droits) ? Là encore, Archie Comics (la maison d'édition responsable de ce TRUC : This Realy Unknown Comics), n'hésite pas à parodier/rendre hommage/pomper cette série TV créée en 1993 qu'est Aux Frontières du réel (The X-Files).

"Bon c'est fini, me direz-vous, ce n'est plus un comics mais un caba pour faire les courses" ! Et bien non, on y retrouve aussi Archie (ou son clone nommé Eddi), vous savez, le gamin roux aux taches de rousseurs toujours prêt à faire des bêtises. Je vous raconterais bien l'histoire mais en fait elle se résume à justifier comment tous ces personnages se retrouvent ensemble, embarqués dans un combat entre un méchant et une gentille, le méchant attaquant la gentille … et pourquoi l'attaque t-il ? Bah parce qu'il et méchant. Mais pourquoi elle ? Parce que c'est la gentille pardi (comme diraient les Inconnus). Cette histoire, écrite par Ken Penders en 1998 et dessinée par Jim Valentino (créateur de Shadowhawk et co-fondateur d'Image Comics), a été initiée suite à un autre Crossover avec Marvel : Archie Meets The Punisher Bien que cette histoire ne marquera pas l'univers du comics, elle nous rappelle que dans le monde de la création rien n'est impossible… Alors si je pouvais faire une commande pour le prochain Crossover, j'aimerais bien voir un Minipouss Vs Homme Fourmi en entrée, un Frog-Man Vs Darkseid en plat de résistance, puis pour finir un Super-Man Vs Bugs Bunny en dessert… mince ça existe déjà ?!?!? Comme disait Coluche : "quand on pense que si les gens n'achetaient pas, ça ne se vendrait pas…" Enfin, voyons le bon côté des choses, ce comics reste inédit en France. Beyonder

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HULK plus qu'une adaptation, le premier Comics/movie En ce moment, en librairie on trouve de nombreux magazines ou livres sur notre géant de jade préféré, Hulk : Hulk le mensuel, Hulk en 100%, Hulk l'intégrale et Hulk collection Prestige, et le DVD Le retour de Hulk (avec une BD offerte) qui sera suivie le mois prochain du Procès de Hulk (on y trouve respectivement les premières apparitions de Thor et de Daredevil en live).

On n'avait pas vu une telle Hulk-mania depuis 1978, époque où Reza Badiyi et Bill Bixby ont décidé de créer sur CBS une série inspirée de la BD éponyme. Saviez-vous que le pilote était sorti en France au Festival d'Avoriaz et présenté comme un film cinéma (comme pour le pilote de la série SpiderMan des 70's). Créé en mai 1962 par Stan Lee et Jack Kirby, ce monstre, fils de Frankenstein et de Mister Hyde, devint un personnage phare de chez Marvel. Et cela, même si ses débuts furent difficiles. Né dans sa propre série, le magazine prit fin au 6ème numéro. Le personnage dut alors continuer ses aventures dans Tales To Astonish # 60 qui fut rebaptisé au n°102 Incredible Hulk. Son passage au petit écran se finit par trois téléfilms de basse qualité destinés à lancer de nouveaux héros Marvel. Que dire du dernier épisode intitulé La mort de l'incroyable Hulk où (et là je ne vous fais aucun spoiler si vous avez lu le nom du téléfilm) Hulk meurt d'une manière ridicule (aïe, j'ai raté la marche, je suis tombé… bobo…mort) ? De plus, la série ayant mal vieilli (difficile de ne pas rire en voyant l'ex-Mister Univers Lou Ferigno avec sa moumoute, et peint en vert faire " grr grrr ") c'est un véritable défi qu'a relevé Ang Lee en remettant au goût du jour le Géant Vert. Projet auquel il a su donner de lui-même.

Ainsi c'est lui qui servit de modèle (en revêtant une combinaison pour calculer les mouvements du Hulk en images de synthèse) pour la scène mémorable où Hulk détruit les tanks de l'armée. En effet, le réalisateur de Tigre et Dragon ne s'est pas contenté de faire un film Hollywoodien avec un monstre en images de synthèse. Non content de complexifier les origines du personnage, il créa une relation père-fils digne des tragédies grecques (osant même une scène jouée sur fond noir avec comme unique protagoniste le père et le fils, rappelant très bien les pièces jouées dans les amphithéâtres). De plus, il chercha une esthétique qui fait de ce film une véritable BD sur grand écran… Cette recherche ne se contente pas de la technique du "splitscreen" (recréant l'ambiance des cases de BD). Ang Lee a le courage d'introduire des scènes qui passent sur le papier mais qui ne sont pas crédibles en images, voire même qui sont risibles (et cela, sans tomber dans la parodie). Ainsi on voit Hulk laissant un trou, ayant la forme de sa silhouette, quand il traverse les nuages (comme dans un dessin animé), ainsi qu'une scène de bataille finale, digne d'un comics et non d'un Blockbuster cinématographique (la scène du combat final ne vous fait-elle pas penser à celle d'Onslaught ?). Ne ratez pas la version collector du DVD, 43€ tout de même, qui nous offre le fac-similé de Hulk #1, la vision de Hulk par un artiste européen, américain et japonais. N'oublions pas les bonus ni la boîte du DVD en trois dimensions, où le poing de Hulk détruit un mur de pierre. Bref ne ratez pas une occasion d'émerveiller vos mirettes et de voir le premier comics-Movie. Beyonder

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Les comics au cinéma Si je vous dis Conan le Barbare, vous me répondez Schwarzie. Si je vous dis Tarzan, vous me répondez Christophe Lambert dans Greystoke. Et Flash Gordon, le Fantôme du Bengale ? Savez-vous d'où viennent ces héros de films d'aventures ? Et bien ils viennent de la bande dessinée américaine, des bons vieux comics !

Le 7ème art s'inspire du 9ème art L'adaptation de bande dessinée au cinéma, ça existe depuis longtemps (rappelez-vous des Tarzan en noir et blanc de l'époque de vos grands-parents). Du côté franco-belge, on a eu droit à Tintin (et les Oranges Bleues, et la Toison d'Or), Lucky Luke (avec Terence Hill, héros de western créé en France et adapté aux Etats Unis), plus récemment Astérix, et j'en passe. Les comics, c'est une autre paire de manche. La plupart traite de super-héros aux costumes certes adaptés aux dessins mais inmettables en ville (le slip par dessus les collants moulants, c'est " pas classe "). C'est le principal problème des premiers comics adaptés en films. A force de vouloir coller à l'esprit et à l'esthétique du comics d'origine, ça donne un Superman un brin kitsch et des gros navets comme Captain America et les Quatre Fantastiques. Le cas Batman : 2 réussites - 2 kitsch, la balle au centre Et puis il y eut Tim Burton et ses deux premiers opus de Batman, avec Mickael Keaton dans le rôle-titre. On avait enfin droit à une vraie mise en scène où le héros n'était pas ridiculisé. Les fans ne s'y sont pas trompés. Le réalisateur d'Edward aux Mains d'Argent, Beattlejuice, et compagnie, parvient à recréer l'ambiance sombre et pesante de Gotham City et cerne les caractères torturés de personnages comme Batman, le Joker, Catwoman ou encore le Pingouin. Les deux films suivants (Batman Forever et Batman and Robin de Joël Schumacher) nous replongent dans le kitsch des décors et des costumes. Trouver le juste milieu entre le sérieux et le côté ridicule des comics de super-héros semble être un défi bien difficile à relever. Un passage au grand écran pas toujours facile Les maisons de production ont rapidement compris que les comics avaient permis de créer un public assez large susceptible d'aller voir le film parlant de leurs héros de papier. Jusqu'à présent les réalisateurs étaient confrontés à des problèmes d'ordre technique comme la mise en scène de super pouvoirs impressionnants (au hasard : rayons lasers tirés avec les yeux, télékinésie, métamorphose…) ou de décors somptueux. La solution miracle : les effets spéciaux. Mais les joujoux numériques ont un prix, et il est élevé ! De plus, les producteurs craignaient de ne pas atteindre un

public assez large à cause des codes très particuliers des comics que seuls les fans comprennent.

Le Docteur Strange, téléfilm

Heureusement, la révolution Matrix a permis de balayer ce préjugé. Une autre difficulté de l'adaptation est de retranscrire l'esprit de la bande dessinée sans pour autant devoir parler de tout ce qui s'est passé pendant 30 ans dans le comics. Le film doit toucher les fans, mais aussi les néophytes, ce qui n'est pas une mince affaire quand on voit la complexité de certains comics. Quand les films influencent les comics Les comics ont forcément une incidence sur leur adaptation, mais l'inverse est également vrai. Parmi le public du film, certains auront la curiosité de feuilleter la version papier, espérant y retrouver les héros qu'ils ont vu à l'écran. Après quelques ratés les maisons d'édition ont compris qu'il fallait satisfaire cette demande et ont fait des comics hybrides entre la version cinématographique et le comics d'origine. Ainsi le spectateur retrouve des héros plus proches de ce qu'il a vu dans les salles obscures. Le bonus, c'est quand les spectateurs qui ont découvert des héros dans un film, se mettent à lire les comics, et deviennent de vrais fanboys. Un film peut aussi relancer une série en perte de vitesse. Le héros Blade avait depuis longtemps disparu des étalages des comicshops. Grâce aux bonnes entrées du film il a pu renaître sous sa forme magazine. Et du coup, on a eu droit à un deuxième épisode en film : Blade 2. Les comics, une mine d'or pour le cinéma ? Le succès de films comme X-Men, Spiderman, Daredevil (hum hum) ou encore Hulk, entraîne d'autres adaptations dans son sillage. Au programme des prochaines années : Hell Boy, le Punisher, les Quatre Fantastiques, Silver Surfer, Catwoman… Et évidemment les suites (et oui, quand ça marche, pourquoi se priver !), Conan, Batman 5, Spiderman 2… Bref, on n'en a pas fini de voir des comics sur grand écran, et les fans en sont ravis ! Blockbusters ou le pouvoir de l'argent Aux Etats Unis, les super-héros ont un succès fou. Ils se déclinent en comicbooks, en multiples produits dérivés (trading cards, jouets, statuettes, jeux de rôles…) et bien sûr en films. Le marché est très porteur. Du coup, les

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Les comics au cinéma

producteurs n'hésitent pas à mettre le paquet pour satisfaire les fans et bien entendu en recruter. Spiderman aura coûté la bagatelle de 139 Millions de dollars. Il faut dire que l'enjeu est double. D'un côté, les maisons d'édition de comics ont besoin de ça pour survivre. C'est pourquoi elles s'y mettent toutes. Imaginez l'impact pub sur des nouveaux lecteurs potentiels (en France, le sortie du film X-Men avait fait grimper les ventes de la série comics - éditée chez Marvel France). D'un autre côté, le travail est tout mâché puisque l'histoire et le public existent déjà. Pour finir, si vous voulez en savoir plus, nous vous invitons à aller à Lodève où se déroulera du 19 au 22 mars le premier festival international du cinéma et de la bande dessiné "Bande des Cinés" ou des conférences et des expositions encadreront la projection de classiques de la bd sur grand écran. Sur ce bonne toile.

Odessa

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Entretien avec Stan The Man Lee Si Tolkien a créé l'univers de la Terre du Milieu et Zola les Rougon-Macart, Stan Lee a créé le Marvelverse. En effet tous les personnages qui font les beaux jours du cinéma américain sont nés de l'imagination fertile de cet homme : les X-Men, Spider-Man, Daredevil, Hulk…

Né le 28 décembre 1922 à Manhattan (New York), Stanley Martin Lieber est le cousin de la femme de Martin Goodman, le doyen de Marvel. A la fin des années 40, il devient éditeur adjoint. Un an plus tard, il débute comme auteur sur une histoire de deux pages de Captain America.

Vance: Vous-êtes vous inspiré de Martin Luther King pour le personnage du professeur Xavier ? Stan Lee: Je ne me souviens pas ce qui m'a inspiré lorsque j'ai créé le professeur X. Mais je ne pourrais pas dire que ce n'était pas Martin Luther King. Vance: Quel est votre personnage préféré ?

Il rêve de devenir un jour un grand auteur comme ses modèles Stevenson, Conan Doyle et Burroughs. C'est pourquoi il ne veut pas attacher son vrai nom à l'écriture de ce qui est couramment considéré comme des "idioties". Il choisi le pseudonyme de Stan Lee parce que, dit-il, ce nom a une consonnance " stupide ". C'est en 1961 que le succès lui tend les bras avec The Fantastic Four puis Spider-Man (à lui et à ses amis Jack Kirby et Steve Ditko). C'est à cette période que naît la grande majorité des personnages classiques de Marvel (cette période est d'ailleurs appelée l'âge d'or des comics). Après avoir longtemps été le Big chef de Marvel (poste qui au début devait être temporaire, le temps de trouver un remplaçant) il n'a jamais vraiment quitté la maison des idées. En effet aujourd'hui encore chaque histoire publiée par cette maison d'édition débute par le célèbre " Stan Lee présente ". Le père des super-héros, a accepté de nous accorder une interview. Sur quel titre devions nous interroger The Man ? Spider-Man ? Hulk ? The Advendgers ? Notre choix s'est fait sur le comics qui explose tous les records de vente de BD, mais aussi de places de cinéma : les Etranges X-Men ! Vance: Lorsque vous avez créé les X-Men, pensiez-vous que cette bande dessinée deviendrait si célèbre ? Stan Lee: Non, je ne pensais pas que cela deviendrait plus qu'un banal titre de bande dessinée.

Stan Lee: Wolverine. Vance: Pourquoi ? Stan Lee: Parce Que Wolverine est le personnage le plus complexe, le plus torturé et le plus imprévisible. Vance: Aimez-vous le style des auteurs actuels des X-Men ? Stan Lee: A dire vrai, je n'ai pas le temps de lire les X-Men, ni aucune autre BD. Pour cette raison, je ne peux pas vous répondre… Vance: Reprendrez-vous à nouveau l'écriture des X-MEN ? Stan Lee: Il est peu probable que j'écrive à nouveau sur les X-Men ou sur un autre titre de Marvel. A moins que ce ne soit pour un numéro spécial. Vance: Avez-vous un message pour vos fans français ? Stan Lee: Mon message à mes fans français est que j'apprécie leur loyauté à Marvel, ses super héros et moi. J'espère que notre relation sera toujours aussi chaleureuse et amicale qu'elle l'a été dans le passé. Excelsior ! Vance & Beyonder

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