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BELGIAN STORIES
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MYRIAM LEROY
©ANTHONY DEHEZ - BE PERFECT
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Copyright
La nature se renouvelle au printemps, Be Perfect aussi. Pour cĂ©lĂ©brer nos six ans, nous vous invitons Ă dĂ©couvrir nos nouvelles rubriques Ă lâinstar de nouvelles feuilles persistantes et vigoureuses. Bien sĂ»r, celles-ci sont toujours dĂ©diĂ©es au savoirfaire de nos compatriotes qui nous inspirent. #belgianstories ! Au fil des pages, vous dĂ©couvrirez notre Ă©quipe, nos repĂ©rages, nos causeries, nos plaisirs, nos nomades et nos voyages.
Ils/elles font la fiertĂ© de notre pays. Entretien en tĂȘte-Ă -tĂȘte avec Myriam Leroy qui lutte au quotidien contre les stĂ©rĂ©otypes de genre, la misogynie et le sexisme. Armel Job Ă©voque la passion de lâhumain qui anime ses mots. Adeline DieudonnĂ© soulĂšve de nombreuses questions pertinentes voire dĂ©rangeantes sur lâamour et la vie en couple. Alia Cardyn, avec sa sensibilitĂ© et sa justesse coutumiĂšre, Ă©veille le lien vital Ă lâenfance. Odile dâOultremont, dans un style exquis, parle de rĂ©demption et dâaccomplissement de soi. Pascale Seys interpelle sur lâimportance du lien fondateur qui unit la mythologie Ă nos existences.
Rori a trouvĂ© les bons codes pour prendre sa place sur les ondes et dans nos cĆurs. Kid Noize boucle un projet artistique ambitieux et atypique. Emilien Vekemans retrace son parcours de comĂ©dien. Loin du stand-up, Fanny Ruwet se livre avec sensibilitĂ©. Sous sa nouvelle casquette de scĂ©nariste, Barbara Abel met en scĂšne des ĂȘtres au bord de lâabĂźme.
Natan fĂȘte ses 40 ans ! Edouard Vermeulen et Christophe Coppens
signent la cĂ©lĂ©bration dâune maestria rĂ©solument tournĂ©e vers lâavenir. Alexandre Hames continue son ascension sur mesure. Diane Govaerts croit en la complĂ©mentaritĂ© entre les hommes et les femmes dans le monde de lâentreprise. Virginie MorobĂ© met la Belgique Ă ses pieds.
Lâarchitecte Glenn Sestig cultive la sobriĂ©tĂ© avec une sublime sophistication, guidĂ©e par les lignes Ă©purĂ©es et le luxe brut. Charles Leonet et Ngoc Hoang alternent les rĂŽles dâarchitecte, fournisseur de mobilier et scĂ©nographe en totale harmonie.
Benjamin Laborie a ouvert « La Table » Ă Ohain, en dĂ©cembre dernier. Quatre mois plus tard, il rĂ©colte 1 Ă©toile au guide Michelin qui vient rĂ©compenser un parcours belge fulgurant. Christophe Hardiquest Ă©crit une nouvelle page de sa vie en ouvrant « Menssa », un comptoir gastronomique de grande proximitĂ© avec ses clients. Pamela Michiels et Glenn Godecharle sont les heureux propriĂ©taires dâEl Socarrat qui met la MĂ©diterranĂ©e Ă lâhonneur. Jean Callens recentre son mĂ©tier sur lâhumain et ouvre « LâEpicerie Nomad » qui a du caractĂšre et charme Ă revendre.
Le savoir-faire de ces expats rayonne Ă lâĂ©tranger. VĂ©ronique Alost crĂ©e des Ă©cohĂ©bergements en Tanzanie, le must en matiĂšre de safaris. Jean-Dominique Burton, intarissable sur les anecdotes de sa vie de globe-trotter, condense 50 ans de terrain dans un beau livre et une expo Ă lâHospice PachĂ©co.
Rédactrice en chef ARIANE DUFOURNY
Remerciements : A ma « perfect » équipe et à nos partenaires pour leur fidélité et leur confiance.
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©, toute reproduction de textes et de photos publiĂ©s par Be Perfect est interdite sans lâautorisation de lâĂ©diteur. Les photos confiĂ©es Ă ADN Productions ne stipulant aucune mention dâauteur restent sous la responsabilitĂ© de leur propriĂ©taire ou de leur RP. LâĂ©diteur dĂ©cline toute responsabilitĂ© pour les propos, documents et images qui lui ont Ă©tĂ© confiĂ©s spontanĂ©ment.
BE PERFECT, CâEST AVANT TOUT LE TRAVAIL DâUNE ĂQUIPE
Servane Calmant Journaliste
Nicolas De Bruyn Directeur artistique
Barbara Wesoly Journaliste
Olivia Roks Journaliste
Anthony Dehez Photographe
Luc Depierreux Coiffeur et Make-up Artist
10 BE PERFECT
Ariane Dufourny Rédactrice en chef
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Because
12 18 AUM â CLAIR /OBSCUR 20 MIX 22 LA BONNE ĂTOILE 24 SASKIA â ML â CORALIEN â YELLOWSTRAPS 26 WECANDANCE 28 CLIO GOLBRENNER â NO/AN X JEAN PAUL-KNOTT - KIPLING â MIEKE DIERCKX 30 RHODEE 32 SALVATORE MINNI 36 MYRIAM LEROY 42 ARMEL JOB 44 ADELINE DIEUDONNE 46 ALIA CARDYN 48 ODILE DâOULTREMONT 52 PASCALE SEYS 54 FANNY RUWET 56 EMILIEN VEKEMANS 58 BARBARA ABEL 60 KID NOIZE 64 RORI 72 EDOUARD VERMEULEN - CHRISTOPHE COPPENS 76 ALEXANDRE HAMES 80 VIRGINIE MOROBE 84 GLENN SESTIG 90 LEONNET HOANG 94 DIANE GOVAERTS 2 CAUSERIE 1 REPERAGE 36 - 95 18 - 32 SOMMAIRE
BE PERFECT
Myriam Leroy nous interpelle : Pourquoi a-t-elle Ă©tĂ© silenciĂ©e ? Parce quâelle Ă©tait femme ?
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Sous lâĂ©toile, La Table
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REPERAGE
Des adresses Ă se refiler, des talents Ă suivre, des marques Ă connaĂźtre ...
AUM â CLAIR /OBSCUR â MIX â LA BONNE ETOILE â SASKIA â ML â CORALIEN â YELLOWSTRAPS â WECANDANCE CLIO GOLBRENNER â NO/AN X JEAN PAUL-KNOTT - KIPLING â MIEKE DIERCKX â RHODEE â SALVATORE MINNI
LES NOUVEAUX HOTSPOTS POUR LES LĂVE-TĂT OU LES COUCHE-TARD
Clair/Obscur se profile comme un Gastro Pub pour tous ceux qui aiment se faire plaisir, peu importe lâheure. Quant Ă AUM, câest un nouveau concept de High Energy Fine Dining, une tendance qui commence Ă sâaffirmer dans les villes les plus tendances et qui sâinvite dĂ©sormais en bordure de Bruxelles.
CLAIR/OBSCUR AU CHĂTELAIN
Ceux qui connaissaient Ramdam, bar Ă biĂšre festif tout de noir vĂȘtu installĂ© dans une ancienne bĂątisse alsacienne, Ă deux pas de la Place de la TrinitĂ©, du cĂŽtĂ© du quartier ChĂątelain Ă Ixelles, vont ĂȘtre surpris ! Les murs du Ramadam accueillent dĂ©sormais Clair/ Obscur, une nouvelle adresse lumineuse qui sâadresse Ă tous les profils, les matinaux dĂšs 9h comme les festifs, jusque tard dans la nuit.
Fort de leur savoir-faire dans le monde du cafĂ© et du brunch avec les Ă©tablissements Woodpecker (Ă Saint-Gilles, au Bois de la Cambre, au Parc royal, etc.) lâĂ©quipe de Clair/ Obscur a fait le pari dâun juste milieu entre ambiance conviviale le jour, festive et musicale, le soir venu. La cuisine maison propose notamment de dĂ©licieux French Dips, des sandwichs garnis de viandes braisĂ©es cuites pendant 8 heures Ă basse tempĂ©rature, Ă tremper sans complexe dans leur jus de cuisson, et des Ćufs Ă gogo (BĂ©nĂ©dicte, Ă la Turque, façon Huevos RancherosâŠ), Ă arroser de biĂšres artisanales (une biĂšre signature a Ă©tĂ© imaginĂ©e avec la Brasserie de la Source, micro-brasserie bruxelloise), de cidre ou de Kombucha au gingembre au fĂ»t.
www.clairobscur.space
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MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | CLAIR/OBSCUR - AUM
© Clair/Obscur
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Câest en bordure de Bruxelles, au carrefour des Quatre-Bras, au rez-de-chaussĂ©e du bĂątiment aux escargots, oui oui lĂ oĂč le bar « Soko » a investi le rooftop, quâun concept de « High Energy Fine Dining » vient dâouvrir ses portes. Si la carte invite Ă dĂ©guster du Naan (un pain indien traditionnel) ou du mouton Tandoori, il ne sâagit pas dâun resto indien pour autant. Une explication sâimpose. InspirĂ© de la culture indienne, AUM a Ă©tĂ© pensĂ© comme une vĂ©ritable expĂ©rience oĂč lâĂ©nergie créée par les clients va permettre de sâimmerger totalement dans lâatmosphĂšre du lieu.
Plus concrĂštement ? Une vaste salle Ă la dĂ©co orientale moderne et raffinĂ©e sâarticule autour dâun restaurant intimiste flanquĂ© dâune cuisine ouverte, dâun bar Ă cocktails et son espace lounge propice Ă un food-sharing entre amis, et dâune piste de danse quand lâĂ©nergie vitale est Ă son comble. www.aumbrussels.be
19 REPERAGE
AUM Ă KRAAINEM
We Want More
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MIX, UN NOUVEAU LIEU DE VIE Ă BRUXELLES
InstallĂ© dans le joyau architectural iconique abritant autrefois le siĂšge de la Royale Belge, « Mix » ouvrira ses portes au printemps. Cet espace de 21.000 mĂštres carrĂ©s abritera un hĂŽtel 4 Ă©toiles, un centre de fitness, un vaste espace de bien-ĂȘtre avec piscine intĂ©rieure et extĂ©rieure, un coworking, un lieu dâĂ©vĂ©nements, des restaurants et des bars, ainsi quâun food market, « Fox », le frĂšre de « Wolf ». Un nouveau lieu de vie avec vue imprenable sur la forĂȘt de Soignes.
« Mix », le bien nommĂ© concept pluridisciplinaire voire rĂ©volutionnaire de Bruxelles a tout pour plaire. Mais qui se trouve derriĂšre ce nouveau hotspot de prĂšs de 21.000 mĂštres carrĂ©s. Beaucoup de monde ! Jean Michel AndrĂ© (lâhomme derriĂšre le Jam, Le Berger, le Jardin Secret et le Domaine de Ronchinne), StĂ©phane RuttĂ© (directeur du David Lloyd), SĂ©bastien Lob, Alexandra De Boeck, Gilles Poot Baudier et Emmanuel Andries (les quatre partenaires de D-side Venues, repreneurs des Jeux dâHiver), Corentin Poels (co-fondateur de Crossfit Dansaert et Cosmoliving) et Benjamin Patou (fondateur du Moma Group). Leur principal objectif ? CrĂ©er un lieu de vie dans un Ăźlot de paix et de verdure oĂč lâon peut flĂąner durant des heures.
Pourquoi le nom « Mix » est-il dĂ©jĂ sur toutes les lĂšvres ? Ce concept exceptionnel avec vue imprenable sur la forĂȘt de Soignes est installĂ© dans un Ă©difice monumental en forme de croix que lâon doit Ă lâarchitecte belge RenĂ© Stapels et son complice français Pierre Dufau, remis au goĂ»t du jour par les architectes Peter St John, Dirk Somers, DDS+ et Ma2by. Quant Ă lâamĂ©nagement, il a Ă©tĂ© confiĂ© Ă une star de lâarchitecture belge : Lionel Jadot. FidĂšle Ă lui-mĂȘme, Jadot a travaillĂ© avec lâĂ©quipe dâartisans et designers crĂ©atifs de Zaventem Ateliers.
On couvrira Ă©videmment lâouverture du Mix, pour vous offrir un reportage en long et en large dans notre Ă©dition Ă©tĂ©.
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www. mix.brussels
MOTS : ARIANE DUFOURNY
© DR BE PERFECT | MIX
Lâentreprise familiale Waroquet-Lengrand fĂȘte ses 100 ans !
Fabricant de menuiseries en aluminium
Pergolas de terrasse & bioclimatiques, stores bannes & screens, volets et portes de garage
Ouvert du lundi au vendredi de 9h Ă 12h & de 14h Ă 18h. Samedi de 10 Ă 14h sauf le premier samedi du mois. ChaussĂ©e dâAlsemberg 413 - 1420 Braine-lâAlleud - Tel : 02/384.20.64 - info@waroquet.be - www.waroquet.be
LA BONNE ĂTOILE
DâISABELLE ARPIN
Isabelle Arpin, câest la lady cheffe que tout le monde adore ! HĂŽtel, cercle dâaffaires, chocolatier, critiques gastronomiques, ses clients, et nous bien sĂ»r ! On lâapprĂ©cie autant pour sa personnalitĂ© pleine de vie que pour sa cuisine crĂ©ative remplie de surprises. En voici une excellente : un atelier comptoir « La Bonne Ă©toile par Isabelle Arpin », place Keym Ă Bruxelles.
Dans une prĂ©cĂ©dente Ă©dition, nous vous parlions de lâouverture de son restaurant Ă©ponyme « Isabelle Arpin » que la cheffe a ouvert avec son associĂ©e Dominika Herzig en 2019. Depuis, la lady cheffe a alliĂ© son savoir-faire Ă celui du chocolatier BenoĂźt Nihant, a signĂ© la carte du restaurant « Maison Louise » au sein du « Le Louise Hotel Brussels » ou encore celle du « Ciao » , le restaurant italien du club bruxellois « The Merode ».
Isabelle Arpin est avant tout une femme généreuse et engagée. Durant la crise Covid, elle a lancé avec son binÎme créatif, une opération de cuisine visant à fournir des repas aux personnels des hÎpitaux.
« La Bonne étoile » a ensuite évolué vers un service de traiteur sur-mesure
Ă©mulsionnĂ© dâun service dâe-shop Ă©toilĂ©. Depuis deux ans, les clients peuvent venir chercher des petits plats soignĂ©s directement au restaurant Isabelle Arpin, ou se les faire livrer sans que la mise en place nâait bougĂ© grĂące aux prĂ©cautions dâĂ©quilibristes prises par une start-up belge indĂ©pendante. Et depuis le mois de fĂ©vrier, un atelier comptoir « La Bonne Ă©toile par Isabelle Arpin» a ouvert place Keym Ă Bruxelles. A travers son amour pour la cuisine, pour les autres et sa bonne humeur, elle vous propose de prendre soin de vous : « Vous recevez, nous cuisinons ! ».
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© Myriam
Baya
MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | LA BONNE ĂTOILE
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La Brasserie de Waterloo, la micro-brasserie, la micro-distillerie, le Comptoir avec ses biÚres, gins et whiskies, son musée et ses magnifiques salles événementielles.
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Chaussée
TALENTS BELGES
« Pour ceux qui ont ce truc dans les yeux. Repense aux choses simples », suggĂšre Saskia. « Ouuuh, câest tout. Ressaisis-toi, ressaisis-moi. Regarde comme la vie passe », annonce conseille ML. « Alors aime, vas-y aime » recommande Coralien. MĂȘme si « Lâamour est une torture, mais jâaime toujours », argue Yellow Straps. La musique, cette passion commune anime nos talents chaque jourâŠ
SASKIA
Un vĂ©ritable coup de cĆur ! Il y a un an, Saskia dĂ©voilait son premier EP « Quand je vois lâhumain » oĂč figure notamment « Dans ma tĂȘte » et « La mer ». Autrice et compositrice bruxelloise, elle nous ouvre les portes de son univers situĂ© entre la pop, le R&B, la musique Ă©lectronique et la chanson française. Un timbre rare, lĂ©gĂšrement voilĂ© dâune brume de chaleur. Une voix Ă©lastique, gorgĂ©e dâĂąme, quâon a immĂ©diatement envie dâĂ©couter, en boucle ! Sâensuivent une dizaine de dates solo, des scĂšnes sur les plus grands festivals belges et une premiĂšre partie dâAngĂšle lors dâun showcase privĂ© Ă lâAtomium. Pour en arriver lĂ , Saskia a dĂ©butĂ© avec Simon LeSaint, le fils de Dani Klein (Vaya Con Dios) et lâun des collaborateurs de Stromae. « Pour sâaimer » annonce le premier titre de son album qui sortira le 7 avril 2023. A lâĂ©coute de notre instinct, nous espĂ©rons la retrouver lors des prochaines Victoires de la musique.
ML
Maria-Laetita Mattern a dĂ©barquĂ© sur la scĂšne bruxelloise entourĂ©e de son frĂšre, AurĂ©lio, et dâun ami, François de Moffarts, sous le nom de « Sonnfjord ». Lâan dernier, la chanteuse qui imagine ses compositions Ă la guitare ou au piano, nous est revenue en solo et en français, sous le nom de « ML » avec un premier EP bien nommĂ© « ChangĂ© », co-produit par Sage, dont un featuring avec Flore Benguigui. Un timbre de voix accrocheur, une Belgian Pop Ă la française, des paroles touchantes et poĂ©tiques Ă lâinstar du titre « Un peu plus haut », sont la clĂ© de son succĂšs. Son nouveau single « Ressaisis-toi » au rythme planant, Ă Ă©couter en mode roadtrip, musique Ă fond, nous fera patienter jusquâĂ la sortie de son nouvel EP en juin 2023.
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SUIVRE
© Ella Hermë
© TClotilde Billiette
BE PERFECT | SASKIA - ML - CORALIEN - YELLOWSTRAPS
MOTS : ARIANE DUFOURNY
CORALIEN
Originaire de Louvain-la-Neuve, Coralien est auteur, compositeur, multi-instrumentiste et entrepreneur. Il a appris Ă gĂ©rer sa propre promotion en devenant un vrai storyteller et Community manager, il rĂ©alise des vidĂ©os, stories, tutos qui par leur spontanĂ©itĂ©, humour et originalitĂ© gagnent le cĆur de followers qui ne cessent de croĂźtre. 100K followers sur Instagram, une vĂ©ritable communautĂ© qui adhĂšre Ă son univers dĂ©calĂ© ! Mais Coralien, câest avant tout un interprĂšte qui illumine notre journĂ©e. AprĂšs 5 singles qui ont fait vibrer les radios nationales, il dĂ©voile son premier album « MĂ©tronome » composĂ© de 10 titres teintĂ©s dâenvolĂ©es lyriques Ă lâinstar de « Aime ». « Jâai pas envie de tâaimer, en sachant que tu vas mâoublier », aucun risque Coralien. Nous tâaimons ! « Alors aime, vas-y aime » et emmĂšne-nous dans ton monde parallĂšle.
YELLOWSTRAPS
Nous Ă©tions dĂ©jĂ fan des frĂšres Murenzi, alias « YellowStraps ». Le duo se mue en solo ! Aucune lutte fratricide derriĂšre cette dĂ©cision mais une prise de conscience pour le cadet Murenzi pour qui le plaisir de crĂ©er est devenu inconciliable avec la pression du succĂšs. Donc, Alban part, Yvan reste et sort son album « Tentacle » qui intĂšgre ses influences rock aux tropismes R&B, nu soul et electronica. On y retrouve le talent dâYvan Murenzi dans une collection de titres bien assortis avec Sofiane Pamart, Sam Wise et RomĂ©o Elvis. Lâalbum parle de la complexitĂ© de lâamour, un paradoxe que le chanteur rĂ©sume : « Lâamour est une torture, mais jâaime toujours ». YellowStraps est dĂ©sormais signĂ© par Universal Music France qui a un faible pour les artistes belges. Pas Ă©tonnant, nous sommes incontournables et YellowStraps en particulier !
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REPERAGE
© Emilie Nitim
© Lou West
TALENTS BELGES Ă SUIVRE
WECANDANCE RĂVĂLE SON NOUVEAU THĂME
WECANDANCE cĂ©lĂ©brera ses 10 ans sur la plage de Zeebruges en aoĂ»t prochain. Sept scĂšnes dĂ©diĂ©es Ă la musique Ă©lectro, un cadre exceptionnel bordĂ© par des dunes et la mer du Nord, une offre culinaire allĂ©chante, des fashonistas qui se lĂąchent, et câest la cĂŽte belge qui est en Ă©bullition âŠ
Pour fĂȘter ses 10 ans, WECANDANCE promet dâenvoyer du lourd ! Une scĂšne supplĂ©mentaire sera installĂ©e sur la plage, portant le total Ă sept. Elle explorera de nouveaux sous-genres tels que lâamapiano, en plus des styles musicaux propres au festival : hip-hop, techno, desert house, disco, all-round, slow dance et concerts live.
« Sea, Sand & Sun » sera le thĂšme de lâĂ©dition anniversaire de Wecandance qui se tiendra sur la plage de Zeebruges les samedis 5 et 12 et dimanches 6 et 13 aoĂ»t. Le mythique festival offrira Ă ses visiteurs un ocĂ©an de possibilitĂ©s afin de profiter pleinement de cette escapade sur sa plage enchantĂ©e, avec au programme des expĂ©riences dĂ©diĂ©es Ă la musique, Ă la gastronomie et Ă la mode. On vous raconte tout dans notre Ă©dition Ă©tĂ©. Dâici lĂ , on repĂšre les looks les plus glamâ des crĂ©ateurs de mode belges.
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NATAN
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FILLES
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MOROBE
MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | WECANDANCE
Gemmologue, je vous accompagne dans votre démarche de création ou transformation de bijoux.
«Un pendentif au délicat dégradé de couleurs alliant le bleu piscine du zircon au bleu gris du spinelle tandis que le saphir rose unifie ces deux tonalités.»
isabelleleblans Joaillerie-Créations 30 ans 1991 - 2021 Rue des Combattants 60 - 1310 la Hulpe tel. 02 652 24 39 - www.leblans.be Je vous accueille du mardi au samedi de 10h00 à 18h30 Isabelle Leblans Gemmologue
LES SACS BELGES QUâON
Entre les femmes et leurs sacs, câest une vĂ©ritable histoire dâamour. Loin dâĂȘtre de simples accessoires de mode, ils renferment leurs petits secrets et rĂ©vĂšlent leurs personnalitĂ©s. LâĂ©lu de leur cĆur ? Au pluriel ! Pourquoi en effet se limiter Ă un seul sac quand la tentation de les collectionner est si forte ? Et pourquoi se cantonner aux seules femmes ? Entre les hommes et leurs sacsâŠ
CLIO GOLBRENNER
Clio Goldbrenner lance une toute nouvelle ligne baptisĂ©e « Signature ». A cette annonce, nous avons frĂ©mi, de crainte de voir nos modĂšles iconiques devenir has been. Que les inconditionnelles de la marque, comme nous, se rassurent, ils nâont jamais Ă©tĂ© aussi en vogue et des couleurs vitaminĂ©es sâajoutent aux grands classiques que nous collectionnons dans notre dressing. Alors en quoi se distingue cette nouvelle ligne ? Son design est rĂ©solument Ă©purĂ©, tout en noir et blanc. La cotte de maille emblĂ©matique de la marque belge orne lâensemble des piĂšces en toute discrĂ©tion. Les quatre modĂšles exclusifs sont produits en quantitĂ© restreinte. Oh lĂ lĂ , pourvu que lâĂ©lĂ©gant sac noir en bandouliĂšre que nous avons repĂ©rĂ© ne soit pas en rupture de stock !
www.cliogoldbrenner.com
NO/AN X JEAN-PAUL KNOTT
Câest la collab quâon adore ! Anna Lehmusniemi et JeanPaul Knott, unis par le mĂȘme dĂ©sir dâĂ©pure et du travail bien fait, lancent une collection commune Ă laquelle nous ne pouvons rĂ©sister. Retranscrivant parfaitement lâesthĂ©tique et lâunivers des deux designers basĂ©s Ă Bruxelles, les deux modĂšles en cuir bicolore se dĂ©clinent en deux tailles avec en prime, une pochette individuelle interne que nous pouvons porter sĂ©parĂ©ment. Leurs atouts ? Ils sont parfaits pour voyager ou pour la vie quotidienne de ceux et celles qui voient la vie en grand. Eh oui, mesdames, les hommes pourront aussi porter ces tote bags qui Ă©chappent Ă la logique du genre.
www.noanstudio.com
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ADORE
BE PERFECT | CLIO GOLBRENNER - NO/AN X JEAN-PAUL-KNOTT - KIPLING X VICTORIA TANG - MIEKE DIERCKX
MOTS : ARIANE DUFOURNY PHOTOS : DR
KIPLING X VICTORIA TANG MIEKE DIERCKX
Qui parmi nous nâa jamais possĂ©dĂ© un sac Ă lâeffigie du petit singe ? Câest assurĂ©ment une belgian success story!
Fondée en 1987 à Anvers, la marque belge Kipling reste leader des sacs à dos, bagages et cartables de nos enfants.
DerniĂšre tendance ? Une nouvelle collab avec Victoria Tang. Qui est-elle ? NĂ©e Ă Londres et ayant grandi Ă Hong Kong et au Japon, elle est Ă prĂ©sent directrice artistique, designer, consultante et collaboratrice de Kipling. Des sacs Ă dos aux sacs portĂ©s Ă lâĂ©paule, en passant par les sacs fourre-tout et les sacs Ă bandouliĂšre, cette nouvelle collection est dĂ©diĂ©e aux femmes actives. Comme nous !
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Tous les chemins mĂšneraient-ils Ă la maroquinerie ? Mieke Dierckx a lancĂ© sa marque en 2012, aprĂšs avoir suivi des Ă©tudes de design dâintĂ©rieur et de mobilier, additionnĂ© dâun master en design de bijoux. Un bagage qui influence son approche de la conception de sacs Ă main dâune maniĂšre moins conventionnelle. Le rĂ©sultat ? Un sac Ă main comme une gravure de mode. Ce printemps, trois couleurs phares Ă©clatantes, orange, vert et jaune, vont parfaire nos tenues en leur ajoutant une touche glam, classe, ou rock.
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REPERAGE
LES SACS BELGES QUâON ADORE
RHODĂE SIGNĂE EMILIE CRICKX
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collection aussi solaire
Nous avons dĂ©couvert Emilie Crickx Ă travers ses post Instagram qui mettent en lumiĂšre « Pimprenelle », le conceptstore lasnois de sa maman. Nous avons fait plus ample connaissance sur le shooting Be Perfect du chanteur Pierre de Maere oĂč Emilie assurait le stylisme. Quel talent ! Pas Ă©tonnant quâelle lance sa propre marque de maillots de bain, «RhodĂ©e », soutenue dans cette aventure par ses amies Valentine Witmeur et Betty Kafouni, responsables respectivement du dĂ©veloppement des collections et du marketing. Toutes les piĂšces sont créées en Belgique et produites Ă partir de bouteilles en plastiques recyclĂ©es dans des ateliers au Portugal qui partagent les mĂȘmes valeurs environnementales. Et chaque piĂšce est dĂ©coupĂ©e au laser sur le tissu afin de rendre lâimprimĂ© exclusif.
La premiĂšre collection nommĂ©e « Islands » parle dâelle-mĂȘme et nous emmĂšne dĂ©couvrir Ă travers 4 imprimĂ©s signature: Ibiza, Lanzarote, Zanzibar et Andaman. Chaque imprimĂ© propose 3 hauts, 2 bas et 2 maillots une piĂšce. Pour vous les prĂ©senter, qui de mieux que le mannequin Lena Simonne (la femme de RomĂ©o Elvis) et la scĂ©nographe bruxelloise KĂ©nia RaphaĂ«l.
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RhodĂ©e, la nouvelle marque belge de maillots de bain créée par de la styliste Ămilie Crickx a tout pour nous plaire. Des piĂšces colorĂ©es aux imprimĂ©s organiques alliant le charme rĂ©tro au respect de lâenvironnement. Les
ont déjà adopté cette
que durable.
MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | RHODĂE
© Victoria Nossent et par Victor Pattyn
Salvatore Minni, retenez bien son nom ! Cet auteur bruxellois fait partie de la nouvelle gĂ©nĂ©ration dâĂ©crivains Ă suivre impĂ©rativement. Son nouveau thriller, « DĂ©sobĂ©issance », se dĂ©roule Ă Bruxelles dans une ambiance Ă la fois oppressante et mystĂ©rieuse. Un roman plus palpitant quâune sĂ©rie addictive !
Rien ne vaut un bon roman noir à dévorer ! Nous découvrons « Désobéissance » un dimanche midi. Le titre nous met bien sûr en appétit. Ce thriller psychologique met en exergue des sentiments liés au chagrin et les émotions qui peuvent en découler : injustice, perdition, colÚre ou pire.
CaptivĂ©e, nous tournons les pages avec ferveur. Incapable de nous arrĂȘter de lire. Tambour battant, lâauteur nous embarque au fil de chapitres efficaces, haletants. Les protagonistes fouillĂ©s jusquâĂ lâintime nous confrontent Ă lâextrĂȘme complexitĂ© humaine et nous happent. Les hĂ©ros comme les personnages les plus monstrueux. JusquâoĂč le chagrin et le deuil peuvent-ils nous conduire ? Dans les mĂ©andres de lâesprit humain. Objectif atteint !
Salvatore Minni est lâauteur des thrillers psychologiques « Claustrations » et « AnamnĂšse ». Alors, rien dâĂ©tonnant quâil partage papotes et taquineries avec Barbara Abel quâil remercie en fin de livre. Nous lui souhaitons une longue carriĂšre, Ă lâinstar de celle de la reine belge du thriller dont le roman « DerriĂšre la haine » a Ă©tĂ© adaptĂ© au cinĂ©ma par le rĂ©alisateur belge Olivier Masset-Depasse sous les titres « Duelles » et « Mothersâ Instinct », son remake hollywoodien, bientĂŽt dans nos salles.
Alors que Guillaume peine Ă accepter son deuil, Sarah, une quadra accro Ă son boulot, est renversĂ©e par une voiture, ce qui lui impose de ralentir son rythme de vie. En quittant lâhĂŽpital, elle fait la connaissance dâune fillette qui lui demande son aide. MalgrĂ© ses hĂ©sitations, Sarah finit par accepter. Pourtant, un danger la guette, mais trop absorbĂ©e par ce qui lui arrive, elle nâen a pas conscience. Ressortira-t-elle indemne de cette quĂȘte ?
32 SALVATORE MINNI
© Cécile Quantum
100 % NOIR
MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | SALVATORE MINNI
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2
CAUSERIE
Ils/elles font la fiertĂ© de notre pays. Entretiens en tĂȘte-Ă -tĂȘte.
MYRIAM LEROY â ARMEL JOB â ADELINE DIEUDONNE â ALIA CARDYN â ODILE DâOULTREMONT â PASCALE SEYS â FANNY RUWET
EMILIEN VEKEMANS â BARBARA ABEL â KID NOIZE â RORI â EDOUARD VERMEULEN - CHRISTOPHE COPPENS
ALEXANDRE HAMES â VIRGINIE MOROBE â GLENN SESTIG â LEONNET HOANG â DIANE GOVAERTS
Myriam Leroy nous interpelle :
Pourquoi a-t-elle été silenciée ?
Parce quâelle Ă©tait femme ?
Dans son nouveau roman au titre intriguant, « Le MystĂšre de la femme sans tĂȘte », Myriam Leroy ressuscite Marina Chafroff, rĂ©sistante bruxelloise dâorigine russe, dĂ©capitĂ©e Ă la hache Ă 33 ans durant lâOccupation, et grande oubliĂ©e de lâHistoire. Par lĂ mĂȘme, la romanciĂšre prend la dĂ©fense de toutes les femmes humiliĂ©es, rĂ©duites au silence, relĂ©guĂ©es Ă lâarriĂšre-plan. Rencontre Ă la KBR Ă Bruxelles avec une autrice, combattante dâun autre type certes, qui lutte au quotidien contre les stĂ©rĂ©otypes de genre, la misogynie et le sexisme.
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MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : ANTHONY DEHEZ COIFFEUR ET MAKE-UP ARTIST : LUC DEPIERREUX
Nous avons interviewĂ© une premiĂšre fois Myriam Leroy Ă la sortie dâ« Ariane », le rĂ©cit dâune relation siamoise entre deux ados du BĂ©wĂ©. CâĂ©tait en 2018. En 2019, parait « Les Yeux rouges » oĂč elle dĂ©peint la mĂ©canique glaçante du harcĂšlement en ligne. Avec « ADN », en 2022, crĂ©ation du Théùtre de la Toison dâOr (TTO), elle Ă©voque sa propre histoire, celle dâune fille nĂ©e dâun donneur de sperme anonyme.
FĂ©vrier 2023, Ă la faveur de la sortie de son nouveau roman, « Le MystĂšre de la femme sans tĂȘte », on recontacte Myriam pour un long entretien et un shooting-cover. Elle accepte, ravie.
Youpi ! On commençait Ă avoir le temps longâŠ
Nous nous rencontrons Ă la KBR, la BibiothĂšque Royale de Belgique qui conserve et gĂšre quelque sept millions de documents. Ce lieu, Myriam, câest vous qui nous lâavez suggĂ©rĂ©. Pourquoi ? LâĂ©criture de mon nouveau roman mâa amenĂ©e plusieurs fois Ă frĂ©quenter la salle de lecture de la KBR, ainsi que les Archives de la Ville de Bruxelles. Le passĂ©, la guerre, mâont toujours paru abstraits. Mais peu Ă peu, au rythme de mes recherches journalistiques, en enquĂȘtant sur Marina Chafroff, cette femme dĂ©capitĂ©e pendant lâOccupation, ce passĂ© sâest matĂ©rialisĂ©. Dâune image fixe, celle de sa tombe au cimetiĂšre dâIxelles, je dĂ©couvrais graduellement un film animĂ©... Je me suis prise de
BE PERFECT | MYRIAM LEROY
passion pour la KBR, le site physique, cet imposant bĂątiment moderniste, et son site en ligne, qui est devenu une vĂ©ritable obsession. Je rĂȘve dâun nouveau projet qui mâoblige Ă nouveau Ă frĂ©quenter la KBR avec assiduitĂ©.
LâĂ©criture du « MystĂšre de la femme sans tĂȘte » a nĂ©cessitĂ© un travail journalistique et dâhistorienne... Oui, mais dâhistorienne avec un regard profane (rire). Les historiens ont des mĂ©thodes plus orthodoxes et professionnelles que les miennes, mais jâassume et revendique complĂštement les libertĂ©s prises avec le rĂ©el. Cela Ă©tant, câest en effet la premiĂšre fois que je me documente autant pour un roman. LâĂ©criture de la piĂšce « ADN» avait
nĂ©cessitĂ© des recherches mais sur un thĂšme, la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e, plus contemporain, qui ne me demandait pas de compulser des tonnes dâarchives. « Le MystĂšre de la femme sans tĂȘte », en revanche, câest plus de deux ans de travail âŠ
Marina Chafroff, jeune Russe exilĂ©e en Belgique, fut, sur ordre de Hitler, dĂ©capitĂ©e Ă la hache en 1942, pour avoir poignardĂ© Ă Bruxelles un officier allemand. Il nây a pourtant ni rue ni monument Ă son nom. Quâelle soit nĂ©e femme a-t-il encouragĂ© cet oubli ? Quand jâai dĂ©couvert la tombe de Marina Chafroff au cimetiĂšre dâIxelles avec ce mot : dĂ©capitĂ©e, jây ai vu deux anomalies. Une femme.
DĂ©capitĂ©e. AprĂšs la Seconde Guerre mondiale, le centre du cimetiĂšre dâIxelles fut amĂ©nagĂ© en « Reposoir des Martyrs » destinĂ© aux victimes de la terreur nazie. Câest lĂ que gĂźt Marina, seule femme parmi tous les hommes, parmi Lucien, Raymond, Maurice, Gaston⊠Je dĂ©bute donc mes recherches sur Marina Chafroff et je dĂ©couvre que les rĂ©sistantes sont les grandes oubliĂ©es de lâhistoire des annĂ©es 40-45. Beaucoup dâentre elles ont Ă©tĂ© rĂ©duites au silence, mises Ă lâĂ©cart, en raison dâune misogynie ambiante. On disait des femmes quâelles Ă©taient trop bavardes, quâon ne pouvait pas leur confier de secrets. Quâelles Ă©taient influencĂ©es par leurs hormones, donc instables.
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Ce constat de lâhumiliation faite aux femmes, vous lâaviez dĂ©jĂ dĂ©noncĂ© dans votre film documentaire, « #salepute », co-rĂ©alisĂ© avec Florence Hainaut, qui traite de la cyberviolence. Oui. Sans minimiser le rĂŽle des femmes dans la RĂ©sitance, force est de constater quâelles Ă©taient principalement appelĂ©es pour taper du courrier ou soigner les blessĂ©s.
Pourquoi ? Par misogynie.
Des femmes rĂ©sistantes souvent oubliĂ©es de lâHistoire... Oui, car lâHistoire est souvent Ă©crite par des hommes, parce que les femmes nâont pas entretenu leur propre souvenir, quâelles ne pratiquent pas la mĂ©moire autoglorifiante comme les hommes et quâĂ lâĂ©poque, on leur a souvent dĂ©niĂ© toute charge politique Ă leurs exploits.
Câest le cas de votre hĂ©roĂŻne... Tout Ă fait, le parti communiste belge nâa jamais invoquĂ© en sa faveur lâexploit de Marina Chafroff. Pire : il sâen est publiquement dĂ©solidarisĂ© en niant lâacte de rĂ©sistance pour invoquer un crime mĂ» par une pulsion suici-daire. Quelle humiliation ! Ce roman repose dâailleurs sur une question qui mâa taraudĂ©e tout le long de son Ă©criture : pourquoi le nom de Marina Chafroff, mĂšre de famille au courage extraordinaire, rĂ©sistante dĂ©capitĂ©e, est-il inconnu ? Pourquoi nâa-t-elle pas marquĂ© lâHistoire ? Comment a-t-elle Ă©tĂ© refoulĂ©e de nos mĂ©moires ? Pourquoi a-t-elle Ă©tĂ© silenciĂ©e ?
A cette enquĂȘte, vous venez amarrer un autre rĂ©cit, aux rĂ©sonnances intimes. Le « tu » qui se faufile entre les pages du roman, câest vous, Myriam⊠Par le truchement de coĂŻncidences, les deux personnages vont en effet se confondre, les rĂ©cits se tresser, mĂȘme si je ne mâautoproclame pas rĂ©sistante, je vous rassure. Mais les tourments de Marina, ce sont les miens. Sa rĂ©volte, aussi. Je me suis donc invitĂ©e dans le rĂ©cit car je continue Ă mâinsurger contre notre sociĂ©tĂ© qui pousse les femmes Ă ne pas lâouvrir, Ă ne pas sâengager⊠Le point commun entre les femmes, le seul peut-ĂȘtre, câest quâon les traite comme des femmes. Toutes les humiliations quâelles ressentent se ressemblent, or la sociĂ©tĂ© a tendance Ă les morceler. Le « ça nâarrive
BE PERFECT | MYRIAM LEROY
quâĂ toi », je nây crois pas. Le combat est collectif et politique.
Il existe, Ă©crivez-vous, « un lien dâhumiliation unissant toutes les femmes ». Les femmes sont-elles trop gentilles ? Evidemment. On fait ce quâon attend de nous. On se conforme au modĂšle qui nous prĂ©existe.
Rien ne change ? Si. Les femmes se sont Ă©mancipĂ©es. Et cette Ă©mancipation ne plait pas Ă tout le monde : la haine et le mĂ©pris qui leur sont vouĂ©s sâavĂšrent encore plus prĂ©sents aujourdâhui quâhier. La misogynie a flambĂ©.
La solution ? Je nâen ai pas. Peut-ĂȘtre faudrait-il que les femmes ne se sentent plus obligĂ©es dâĂ©voluer sous le regard des hommes et que le couple hĂ©tĂ©rosexuel ne soit plus considĂ©rĂ© comme lâaccomplissement dâune vieâŠ
Vous évoquez également dans ce roman les fake news et la désinformation... Ces fausses nouvelles étaient
endĂ©miques, dĂ©jĂ Ă lâĂ©poque, bien avant les rĂ©seaux sociaux, et visaient Ă©videmment Ă manipuler lâopinion publique.
Quel est votre public ? Depuis que jâai Ă©tĂ© identifiĂ©e comme fĂ©ministe, jâai surtout un lectorat de femmes. Je fais peur aux hommes. Rire.
Cette Ă©tiquette vous ennuie-t-elle ? Non. Etre fĂ©ministe dans notre sociĂ©tĂ©, câest une Ă©vidence ! En revanche, je ne suis pas une spĂ©cialiste du fĂ©minisme. Mon combat, je le mĂšne contre le sexisme. Des Ă©lĂ©ments du rĂ©el et mon vĂ©cu me fournissant la matiĂšre nĂ©cessaire pour alimenter mon combat et mon Ă©criture.
Entre 2012 et 2017, vous avez fait lâobjet dâun vĂ©ritable harcĂšlement sur internet et sur les rĂ©seaux. En dĂ©cembre dernier, lâauteur a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă 10 mois de prison avec sursis probatoire⊠Depuis, le prĂ©venu a dĂ©cidĂ© de faire appel. Le procĂšs aura lieu en 2024. Sâil le perd, il a dĂ©jĂ dĂ©clarĂ© quâil irait
en cassation et si nĂ©cessaire, devant la Cour europĂ©enne des droits de lâhomme. Le procĂšs a Ă©tĂ© cruel et violent. Il constituera peut-ĂȘtre la matiĂšre dâun prochain roman.
2023 sera-t-elle une annĂ©e chargĂ©e ? Jâassure la promo de mon nouveau roman, une reprise de la piĂšce « ADN » est prĂ©vue au TTO, jâadapte en scĂ©nario de long mĂ©trage « Cherche lâamour », ma premiĂšre piĂšce jouĂ©e Ă©galement au TTO et jâĂ©cris une sĂ©rie documentaire sur le quotidien des enseignantes pour la RTBF. Je lis. Beaucoup. Et chaque jour, je promĂšne Caramel, mon chien.
« Le mystĂšre de la femme sans tĂȘte »
Extrait : Il y a une femme, enterrĂ©e au cimetiĂšre dâIxelles, qui a Ă©tĂ© dĂ©capitĂ©e Ă la hache en 1942. Son nom est russe. Elle Ă©tait toute petite et avait une grĂące de pirate. Les Russes qui sâen souviennent prĂ©tendent quâelle a changĂ© le cours de la guerre. Les Belges, eux, ne disent rien. Ils lâont oubliĂ©e.
Elle lâa dit : Que je rassure le lecteur, lire « Le mystĂšre de la femme sans tĂȘte » ne nĂ©cessite pas un gros effort de projection dans le passĂ©. Ce nâest absolument pas un rĂ©cit de guerre, mais un roman moderne.
Editions Seuil
CAUSERIE | 41
ARMEL JOB
ou lâappel de lâauthenticitĂ©
« Le Meurtre du docteur Vanloo » partage avec vos autres romans cette sensation de microcosme, proche de huis clos, mais aussi une combinaison de faux semblants et de cas de conscience. Lâintrigue est-elle le prĂ©texte Ă une plongĂ©e au cĆur de la nature humaine ? Lâintrigue, est la premiĂšre politesse du romancier pour son lecteur, sa façon de lui Ă©viter lâennui. Mais elle est aussi lâoccasion de dĂ©couvrir, par lâentremise dâun fait extraordinaire, les rĂ©actions des protagonistes. Câest ce qui me passionne. Depuis plus de 20 ans, je mâinterroge sur les gens. Qui ils sont, ce quâils pensent et ressentent. Et
Ses Ă©crits prolifiques comme ses multiples prix nâont amenĂ© quâĂ le rendre dâautant plus humble et curieux. Ă lâoccasion de la sortie de son 23Ăšme roman « Le Meurtre du docteur Vanloo », Armel Job Ă©voque la passion de lâhumain qui anime ses mots.
MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : PHILIPPE MATSAS
BE
| ARMEL JOB
PERFECT
câest lorsquâils sont poussĂ©s dans leurs retranchements par une situation dramatique ou exceptionnelle, que les individus se rĂ©vĂšlent vraiment.
Vos livres ont pour cadre la Belgique. Est-ce par attachement, notamment Ă la province du Luxembourg oĂč vous avez grandi et vivez toujours ? Cette dĂ©marche mâa toujours semblĂ© naturelle. Pour Ă©crire, je me nourris de ce que je connais et vois autour de moi. Pourquoi dĂšs lors situerais-je mes romans ailleurs ? Et je pense que son dĂ©cor aide les lecteurs Ă ressentir dâautant plus de proximitĂ© avec les histoires que jâĂ©voque.
Notamment ses villages et ses petites bourgades rurales ? Oui, mĂȘme si certains de mes ouvrages se sont aussi dĂ©roulĂ©s Ă Charleroi ou LiĂšge, le village a lâavantage dâune unitĂ© de lieu, dâun cadre rĂ©duit, oĂč censĂ©ment tout le monde se connait. Les relations et les liens, y sont donc extrĂȘmement intenses, chacun ayant un passif avec les autres.
Vos personnages sont dâautant plus attachants de par leur troublante vĂ©racitĂ©, le sentiment quâils pourraient ĂȘtre ce voisin que lâon croiserait au dĂ©tour dâune rue. Est-il essentiel pour vous de mettre en scĂšne des individus du commun ? Je ne me retrouve pas dans cette forme de littĂ©rature bourgeoise qui se dĂ©tache de la vie pratique pour se concentrer sur les Ă©tats dâĂąme. Ce que jâaime, câest mettre en scĂšne des petites gens, si lâon peut dire, avec un quotidien ancrĂ© dans la rĂ©alitĂ©. Câest un type dâhistoires qui mâa toujours attirĂ©. DĂ©jĂ Ă 14, 15 ans, jâĂ©tais passionnĂ© par Maupassant et ses contes. Leur langage me plaisait, tout comme les personnages issus de la Normandie profonde, des paysans, des gens du commun. Cela mâa marquĂ© et certainement influencĂ©.
Vous avez publiĂ© votre premier roman, « La Reine des Spagnes » en 1995, Ă 47 ans, aprĂšs une carriĂšre de professeur de latin grec puis de directeur. Pensez-vous que ces annĂ©es dâenseignement habitent Ă©galement vos Ă©crits ? Certainement. Un professeur de latin et de grec cherche Ă mettre ses Ă©lĂšves en contact avec les racines de
notre civilisation, de mĂȘme quâil essaye de piquer leur curiositĂ©, de les faire rĂ©flĂ©chir. Le travail de lâĂ©crivain est au final assez similaire. Il sâagit dâexercer son esprit critique sur le monde qui nous entoure que nous percevons par le prisme des apparences.
En parallĂšle des romans, vous Ă©crivez Ă©galement des piĂšces de théùtre. Les deux exercices vous apportent-ils le mĂȘme plaisir ? Ce sont des dĂ©marches trĂšs diffĂ©rentes. Par le biais du théùtre, son rythme, ses dialogues, jâessaye dâintroduire avec une touche dâhumour et de façon contemporaine, une rĂ©flexion sur des questions philosophiques ou thĂ©ologiques. Par exemple dans « LâĂ©vasion de Socrate ». On sait que Socrate ne sâest pas Ă©vadĂ© et quâil a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă mort. Mais aussi quâil aurait pu fuir. Quelle raison pousse dĂšs lors un homme Ă rester malgrĂ© tout en prison Ă y attendre son exĂ©cution ? Et puis, le théùtre ne sâencombre pas de cette obligation de devoir dĂ©crire le banal, lĂ oĂč le hĂ©ros sâassied, lorsquâil ouvre une porte⊠Lâon peut se concentrer sur lâessentiel : la conversation.
Quel est le plus beau compliment quâon ait pu vous faire Ă propos de vos Ă©crits ? Sans doute cette femme mâayant remerciĂ©, car les personnages de lâun de mes romans lâavaient aidĂ© Ă vaincre sa dĂ©pression. Câest curieux et en mĂȘme temps trĂšs touchant de voir lâattachement que peuvent susciter des ĂȘtres pourtant imaginaires. Câest tout lâintĂ©rĂȘt du roman, aller au-delĂ du cas particulier pour rejoindre lâuniversalitĂ©. Et faire rĂ©sonnance.
CAUSERIE | 43
Adeline Dieudonné
« Faire couple ne satisfait pas tout le monde »
AprĂšs « La vraie vie » et « KĂ©rozĂšne » qui avaient tous deux bousculĂ© le lecteur, lâauteure bruxelloise Adeline DieudonnĂ© revient avec « Reste », un roman Ă©pistolaire qui soulĂšve de nombreuses questions pertinentes voire dĂ©rangeantes sur lâamour et la vie en couple. Confidences.
MOTS : SERVANE CALMANT PHOTO : CĂLINE NIESZAWER BE PERFECT | ADELINE
DIEUDONNĂ
On a dĂ©couvert Adeline DieudonnĂ© en 2017 avec son monologue théùtral, « Bonobo Moussaka », qui sera ensuite publiĂ© en livre. Mais câest son premier roman, « La vraie vie », un conte pourtant cruel, qui va la rĂ©vĂ©ler au grand public. Fille du BĂ©wĂ© installĂ©e Ă Bruxelles, Adeline DieudonnĂ© est alors dans tous les mĂ©dias, dans toutes les librairies, et dĂ©croche une rafale de rĂ©compenses, dont le Prix Rossel. A la sortie de « KĂ©rozĂšne », deuxiĂšme opus tout aussi fĂ©roce, on contacte Adeline pour lui proposer un long entretien et la couverture du Be Perfect. Elle accepte. Avec un tel parcours, on ne peut dĂ©cemment pas lĂącher pareille auteure ! AllĂŽ Adeline, « Reste », votre nouveau roman, on en parle ?
Une femme quadragĂ©naire et son amant sâoffrent un week-end dans une cabane prĂšs dâun lac. Le cadre est enchanteur. Mais⊠Quelle surprise avez-vous rĂ©servĂ©e aux lecteurs ? Ce couple est illĂ©gitime, il est mariĂ©, elle ne lâest pas. Comme souvent lors de leurs escapades dans ce chalet au bord de lâeau, il part nager. Mais ce matin-lĂ , il ne la rejoindra pas au petit-dĂ©jeuner⊠Ce matin-lĂ , il meurt. Ainsi dĂ©marre le roman.
Et qui dit amour illĂ©gitime dit chagrin illĂ©gitime ⊠Oui, car si elle appelle les secours, on va lui arracher lâhomme quâelle aime. Une maĂźtresse nâest pas censĂ©e exister aux yeux du monde, donc son chagrin devient en effet difficile, voire impossible Ă vivre. Alors elle reste avec le corps de son amant, part pour un road-trip dans la montagne et se met Ă Ă©crire Ă la femme de son amant dĂ©cĂ©dĂ©.
Pour autant, vous ne jugez pas lâinfidĂ©litĂ©, vous nây voyez ni trahison ni bienfait pour rĂ©inventer le couple ; non, le sujet du livre est ailleurs : vous interpellez la vie de couple ⊠En effet, je ne porte aucun jugement sur lâinfidĂ©litĂ©, je ne la condamne pas et je nâen fais pas lâapologie. La narratrice de
« Reste » a un amant car sa vie de couple a été un échec.
Quel regard portez-vous sur la vie de couple ? En 2023, les femmes ne sont toujours pas affranchies des hommes. Certes, une femme peut travailler sans lâaccord de son mari et ouvrir un compte en banque, mais les femmes de ma gĂ©nĂ©ration - jâai 40 ans -, doivent toujours vivre en couple pour espĂ©rer sâen sortir financiĂšrement. Oui, en Belgique, en 2023, il existe toujours un Ă©cart salarial entre les hommes et les femmes. De surcroit, « faire couple » ne satisfait pas tout le monde.
Vous ĂȘtes mĂšre de deux enfants, mais vous comprenez les femmes que la maternitĂ© ne fait pas rĂȘver. Vous Ă©crivez : ce que jâaimais chez M., « câest quâil ne sâest jamais intĂ©ressĂ© Ă mon utĂ©rus ». Il y a clairement un asservissement de la femme Ă travers la maternitĂ© et le couple. Devenir mĂšre/ pĂšre entraine une dĂ©pendance. Et la charge notamment mĂ©nagĂšre qui pĂšse sur la femme reste gĂ©nĂ©ralement plus lourde. Vivre sans enfant et ne pas ĂȘtre en couple, oui, câest une forme de libertĂ©.
« Reste » me semble plus tendre que fĂ©roce. Je me trompe ? Vous avez raison. Dans « La vraie vie », la gamine est en colĂšre, il fallait quâon sente entre les lignes la lutte, la bataille ; dans « Reste » le personnage est plus apaisĂ© et parle dâamour.
Et vous, ĂȘtes-vous apaisĂ©e ? (Elle rĂ©flĂ©chit) Jâarrive Ă un moment de ma vie oĂč jâai dĂ©passĂ© le stade de la colĂšre. Je ne me sens pas dĂ©couragĂ©e, mais peut-ĂȘtre que le regard que je porte autour de moi est diffĂ©rent, plus tendre. Se battre sert-il encore Ă quelque chose ? Il y a peut-ĂȘtre, oui, une forme de dĂ©couragement finalementâŠ
AprÚs « KérozÚne », roman mosaïque, « Reste » affiche une narration plus classique⊠Je considÚre « KérozÚne »
comme un recueil de nouvelles plutÎt que comme un roman. « Reste » est donc mon deuxiÚme roman et la narration y est plus classique, continue, dense.
Dans lâĂ©criture, qui dicte sa loi, le mot ou la situation ? Je mets les mots au service des situations, mais je travaille la langue française pour quâelle rende justice Ă la situation, au ton du roman, Ă la voix du personnageâŠ
En fin de roman, vous publiez la bande-son de « Reste », parce que dites-vous « jâai besoin de musique pour Ă©crire ». On dĂ©couvre des titres de Dominique A, Nick Cave, Leonard Cohen, Cat Power, autant de chansons qui vous ont accompagnĂ©e Ă mesure que la narration Ă©mergeait⊠Ces chansons mâont aidĂ©e Ă passer de lâautre cĂŽtĂ©, dans lâunivers imaginaire du roman, car lâatmosphĂšre quâelles dĂ©gagent correspond parfaitement Ă lâunivers du roman. Certaines chansons apparaissent mĂȘme dans le rĂ©cit. JâespĂšre quâelles accompagneront le lecteur âŠ
Vous remerciez Thomas Gunzig, lui qui vous a incitĂ©e Ă Ă©crire. Vous lui avez fait lire votre roman. Est-ce rĂ©ciproque ? Oui ! Câest une magnifique complicitĂ© qui nous lie. Câest un privilĂšge de pouvoir partager son travail avec un autre romancier.
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ALIA CARDYN Porteuse dâessentiel
Avec ce sixiĂšme roman, baptisĂ© âLe Monde que lâon porteâ, Alia Cardyn explore la notion dâhĂ©ritage et les racines de la transmission, dans ce quâils ont dâintime autant que dâuniversel. Et, avec sa sensibilitĂ© et sa justesse coutumiĂšre, Ă©voque le lien vital Ă lâenfance.
Votre nouveau livre âLe Monde que lâon porteâ est une ode aux femmes. DâoĂč est venu ce dĂ©sir ? Je voulais Ă©voquer deux destins de femmes qui ne sont pas tout Ă fait Ă leur place sur leur chemin de vie et qui dĂšs lors sont poussĂ©es physiquement vers un ailleurs. Et en parallĂšle, je rĂȘvais de crĂ©er un clan de femmes, portĂ© par la sororitĂ© et la transmission, dans un univers oĂč se mĂȘleraient spiritualitĂ© ambiante, traditions et lĂ©gendes. Jâaurais aimĂ© vivre Ă une Ă©poque oĂč il y avait plus de tribus. Nous sommes des ĂȘtres profondĂ©ment sociaux, qui se construisent autour de lâĂ©nergie de leurs interactions. Jâai donc imaginĂ© un clan fort de son authenticitĂ©, de son intimitĂ© mais aussi de son climat de fĂȘte. Une atmosphĂšre que jâavais envie de ressentir et de me raconter.
On y rencontre deux hĂ©roĂŻnes. Lâune, Ella, est enseignante, lâautre, Rose, sage-femme. Si vous aviez dĂ©jĂ abordĂ© lâĂ©cole en toile de fond de votre roman âArchieâ, pourquoi avoir voulu Ă©voquer
la venue au monde dâun enfant ?
En plaçant Rose au sein de ce clan de femmes, faire dâelle une accoucheuse, sâest imposĂ© Ă moi comme une Ă©vidence. Quant Ă lâĂ©cole, câest le fondement de notre sociĂ©tĂ© et lâon investit si peu en elle. Ces deux histoires se rĂ©vĂ©laient des miroirs lâune de lâautre, abordant lâĂ©galitĂ© et surtout son absence. Lors dâun accouchement, câest le mĂ©decin qui sait, du fait des enjeux, de lâobligation dâaller vite et du manque dâĂ©quipes et la femme doit sây plier. Il en va de mĂȘme Ă lâĂ©cole oĂč le professeur affirme et les Ă©lĂšves ont lâobligation dâĂ©couter, de se soumettre au programme et Ă la discipline.
Vous ressentiez le besoin de continuer de questionner le systĂšme scolaire, ce quâil peut avoir de normatif ou au contraire de porteur et dâinspirant ? Jâestimais ne pas avoir eu lâoccasion dâen dire assez. Je me rends chaque semaine dans des Ă©coles, pour y parler de mes romans jeunesse. Cette annĂ©e, jâai vu 1000 enfants et je nourris une admiration sans bornes pour les
enseignants, obligĂ©s de composer trop souvent avec une matiĂšre rigide et des classes en surnombre. Tout comme jâai rencontrĂ© des enfants qui sont de vĂ©ritables pĂ©pites qui sâignorent, qui affrontent des difficultĂ©s avec la matiĂšre et quâon ne sait pas aider correctement, par manque de temps et de moyens. Dans ce livre, jâĂ©voque lâĂ©cole dĂ©mocratique, non pas car selon moi elle est la seule valable, mais car elle Ă©tait symbolique et permettait dâinterroger sur lâessentiel : lâamour de lâapprentissage et lâimportance de surfer sur ce dĂ©sir dâenfant de connaitre le monde, qui est tellement prĂ©sent et quâon met de cĂŽtĂ© dans lâenseignement classique.
Quelle est lâĂ©nergie, lâĂ©motion commune Ă tous vos rĂ©cits ? Le premier mot qui me vient câest libertĂ©. Mais aussi Ă©galitĂ©, mĂȘme si câest intrinsĂšquement liĂ©. Si lâon est Ă©gaux, on est aussi plus libres. La lumiĂšre et le renouveau Ă©galement. Jâaborde des thĂšmes durs, mais avec la volontĂ© dây ajouter une dimension rĂ©siliente et lumineuse.
MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : MATHIEU GĂNON
BE PERFECT | ALIA CARDYN
Les deux histoires de votre roman se mĂȘlent justement aussi autour de ces chutes qui changent lâexistence, sont porteuses de renaissance, de reconnexion au monde et Ă soi-mĂȘme. Sontelles, selon vous, en quelque sorte un cadeau que la vie met sur notre chemin ? Lâon vit dans une sociĂ©tĂ© qui ne laisse pas toujours suffisamment de part Ă lâacceptation, notamment des Ă©motions. OĂč lâon subit de nombreuses injonctions, comme celles de se rĂ©inventer, de considĂ©rer une chute comme lâoccasion dâĂȘtre plus fort. Mais tomber, câest dâabord sâĂ©crouler, simplement, en devant apprendre Ă accepter lĂ oĂč lâon est. Je suis convaincue que, plus que
les Ă©preuves quâon traverse, la vĂ©ritable chance est de voir se rĂ©vĂ©ler les ressources que lâon porte Ă lâintĂ©rieur de soi.
Quâabordera votre prochain livre ?
En octobre sortira chez Actes Sud un nouvel album jeunesse. Un roman jeunesse arrivera Ă©galement en 2024, avec dĂ©jĂ une suite prĂ©vue. Ăcrire pour les enfants est tellement joyeux. Ce sont des formats courts, dans lesquels je peux insuffler sans limites humour et fantaisie. Câest une autre forme dâoriginalitĂ©, hyper crĂ©ative et il est magique de voir ses Ă©crits prendre vie en images grĂące aux illustrations qui y sont apposĂ©es.
CAUSERIE | 47
LâĂ©lĂ©gante plume dâ ODILE DâOULTREMONT
Tuer accidentellement une personne sans pour autant ĂȘtre jugĂ© coupable. Odile dâOultremont interpelle le lecteur dans « Une lĂ©gĂšre victoire », roman dâun style exquis sur la rĂ©demption et lâaccomplissement de soi. Rencontre avec une autrice magnifique, dans tous les sens du terme.
BE
|
DâOULTREMONT
MOTS : ARIANE DUFOURNY PHOTO : CHARLOTTE KREBS
PERFECT
ODILE
Comment est nĂ©e lâidĂ©e dâ« Une lĂ©gĂšre victoire » ? Jâavais envie de raconter lâhistoire dâune personne qui tue une autre accidentellement sans quâaucune « punition » pĂ©nale ne soit retenue Ă son encontre. En apprenant que câĂ©tait arrivĂ© Ă mon pĂšre lorsquâil Ă©tait trĂšs jeune, la thĂ©matique mâa semblĂ© intĂ©ressante. Dâautre part, mon premier roman « Les DĂ©raisons » a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© pour une rencontre en milieu pĂ©nitentiaire. Cette sĂ©ance de lecture et lâatelier dâĂ©criture avec des prisonniers de longues peines mâont profondĂ©ment bouleversĂ©e, au point de vouloir Ă©crire sur lâunivers carcĂ©ral.
« Câest ahurissant Ă quel point une phrase, une seule, constituĂ©e des mĂȘmes mots, en tous points pareils, a suffi Ă rendre Ă Nour son monde entier et Ă faire Ă©clore en Ponthus les prĂ©mices dâune vĂ©ritĂ© dont aucun parent ne voudrait. » ⊠La culpabilitĂ© de cette femme est libĂ©rĂ©e par les mots du pĂšre de la « victime », alors que les mĂȘmes mots rĂ©pĂ©tĂ©s par sa famille et ses amis nâont pu lâextraire de sa souffrance, un espace oĂč elle est prisonniĂšre. Un parallĂšle avec cet homme, prisonnier dans sa culpabilitĂ© dâavoir tuĂ© plusieurs personnes. Sa prison, par extension, est proprement physique.
En somme, une histoire de rĂ©demption et dâaccomplissement de soi ?
On est libĂ©rĂ© par les autres, dans une certaine mesure et Ă un certain point, de la culpabilitĂ© quâon sâimpose Ă soi-mĂȘme. La rĂ©paration se fait de soi Ă soi.
A sa façon, ce nouveau roman exploret-il lâhistoire de plusieurs renaissances comme vous lâaviez abordĂ© diffĂ©remment dans vos prĂ©cĂ©dents romans ? Oui, avec le recul, la renaissance et lâaccomplissement de soi, sont des thĂšmes qui mâinspirent.
Lors de la sortie de votre précédent roman « Baïkonour », vous avez
dĂ©clarĂ© « Je suis fascinĂ©e par les individus ordinaires ». Est-ce votre moteur pour Ă©crire ? Je suis trĂšs inspirĂ©e par la normalitĂ© qui par essence se dĂ©multiplie. Jâaime fouiller chez mes personnages autre chose que ce quâon attend dâeux.
Il y a plĂ©thore dâĂ©crivains mais peu avec une telle plume. Quel est votre secret ? La musique de lâĂ©criture, expression assez rĂ©barbative, mâest trĂšs importante. (Rire). Ăa mâintĂ©resse, mâamuse et ça me prend en moi. (Ămotion). Jâessaye dây mettre de lâĂąme.
Pas de recette magique. MĂȘme pas une petite confidence ? Quand je regarde mon parcours, ce que jâĂ©crivais il y a 20 ans et que je vois ce que jâĂ©cris aujourdâhui, il y a un lien avec la rĂ©invention de soi-mĂȘme. Jâarrive toujours au mĂȘme constat que jâessaye de transmettre Ă mes enfants : ce qui apparait avant de le vivre comme quelque chose dâinfranchissable ou qui peut nous affaiblir, nous blesser terriblement ou nous dĂ©truire en partie, ne se passe pas comme un phantasme nĂ©gatif de ce quâon va vivre. AprĂšs coup, jâen ai retirĂ© une force incroyable. De mĂȘme, pour lâĂ©criture oĂč je me suis autorisĂ©e une libertĂ© que je nâaurais pas osĂ©e auparavant.
Vous appartenez Ă une grande famille de la noblesse belge qui existait avant la naissance de la Belgique. Quâest-ce quâon vous y a appris ? La tolĂ©rance, lâouverture dâesprit. Jâai une grande chance dâĂȘtre nĂ©e dans une famille oĂč la curiositĂ© intellectuelle Ă©tait de mise.
Et lâĂ©criture ? Câest le fil rouge de ma vie dĂšs mon enfance. Jâinondais mes parents et grands-parents de poĂ©sie rĂ©digĂ©e sur des petits papiers.
Votre nom a souvent Ă©tĂ© associĂ© Ă celui de StĂ©phane De Groodt, quâon adore. Avec une telle plume, peut-on sâattendre Ă lire prochainement : « Qui
est lâex-mari dâOdile dâOultremont ? ». Ăa mâamuse car ce nâest pas la premiĂšre fois quâon me pose la question depuis la sortie de mon troisiĂšme roman. Jâaime beaucoup StĂ©phane, je nâai aucune revanche Ă prendre. Par contre, jâen ai une en tant que scĂ©nariste oĂč je nâai pas Ă©tĂ© prise au sĂ©rieux parce que je suis blonde aux yeux bleus. Je suis contente dâavoir Ă©tĂ© tenace !
Vous dĂ©dicacez votre roman « A mes filles et leurs courages ». Ăa a piquĂ© notre curiositĂ©, pouvez-vous nous en dire davantage ? En tant que femme et maman, je me rends compte que nous sommes encore dans des schĂ©mas complĂštement inconscients, mĂȘme si ces derniĂšres annĂ©es, ça va mieux, Ă bien des Ă©gards. Il faut beaucoup de cran pour ĂȘtre une femme « libre » aujourdâhui. Mes filles ont du courage, bien plus que si elles Ă©taient des garçons.
Peut-on espérer une adaptation cinématographique de vos romans ?
Je viens de terminer le scénario de « Baïkonour » qui sera produit par Versus Production. Jacques-Henri Bronckart est notamment le producteur de « Nobody has to know » de Bouli Lanners et co-producteur de « La Nuit du 12 » et de « Close » de Lukas Dhont.
CAUSERIE | 49
Conception, Aménagement & Maintenance 02 633 51 74 www.trybara.be Création & Entretien
VĂ©ritables crĂ©ateurs dâatmosphĂšres, depuis plus de 35 ans, nous imaginons, amĂ©nageons et entretenons parcs, terrasses et jardins. Nous proposons un service basĂ© sur lâĂ©coute, la qualitĂ©, le souci du dĂ©tail et de la finition. Les projets des « Les Jardins de Try Bara » sâadaptent Ă tous types dâenvies et tous types de biens, ... du jardin Ă lâanglaise, au cadre romantique et champĂȘtre en passant par la terrasse de ville ultra contemporaine associant minĂ©ral et vĂ©gĂ©tal... Nos Ă©quipes cultivent le goĂ»t du travail bien pensĂ© et bien rĂ©alisĂ© !
Pascale Seys
Philosophe et conteuse
BE PERFECT | PASCALE
SEYS
Tisser des ponts subtils entre Histoire et prĂ©sent comme entre rĂ©fĂ©rences et questionnements. Si le dernier ouvrage de Pascale Seys, philosophe et professeure, Ă©voque lâimportance du lien fondateur qui unit la mythologie Ă nos existences, son Ćuvre tout entiĂšre rayonne dâun Ă©quilibre dĂ©licat entre humanisme et poĂ©sie.
Dans votre nouveau livre, Le Complexe du Sphynx, en Ă©cho de vos chroniques les Mythes de lâActu, prĂ©sentĂ©es jusque fin 2022 sur Musiq3, vous abordez la genĂšse dâexpressions usuelles et de personnages mythologiques qui rĂ©sonnent toujours dans notre vocabulaire. Ă quel point, selon vous, les mythes imprĂšgnent-ils encore nos existences modernes et ce monde centrĂ© sur la rationalitĂ© ? Ă une Ă©poque oĂč il est bon dâĂȘtre hyper performant et de sâautodĂ©terminer, nous avons tendance Ă oublier que nous nâavons choisi ni cet univers ni mĂȘme la langue que nous parlons. LâintĂ©rĂȘt du mythe, par rapport Ă la rationalitĂ©, câest son appel Ă lâimaginaire. Un imaginaire qui nous permet non plus subir ce monde, mais de dĂ©velopper une capacitĂ© dâinvention. Les comportements nây sont pas rationnels mais soumis au destin. Le hĂ©ros traverse des Ă©preuves initiatiques et gagne en connaissance de lui-mĂȘme. Les Grecs Ă©taient convaincus que la seule façon dâacquĂ©rir lâimmortalitĂ© rĂ©servĂ©e aux dieux est de marquer lâhistoire par actes valeureux. Câest encore ce qui alimente nos rĂ©cits contemporains comme le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter. La part de nous qui aspire Ă accomplir de grandes choses se nourrit de fictionnel, lâamenant ainsi Ă une part de vĂ©racitĂ©. »
Sont-ils Ă©galement une maniĂšre de relativiser le contexte actuel de nos vies, de le replacer dans une Histoire au sens large ? Et dây puiser des clĂ©s pour nos lendemains et les dĂ©fis auxquels lâhumanitĂ© fait face, notamment Ă©cologiques ? Certainement.
Nous vivons une Ăšre fatiguĂ©e dâutiliser la premiĂšre personne du singulier en permanence. Les mythes eux, parlent de ce qui fait un monde commun, relie les ĂȘtres. Leur analogie aujourdâhui, câest peut-ĂȘtre lâĂ©cologie. RĂ©gĂ©nĂ©rer notre rapport au vivant. La nature est une force supĂ©rieure possĂ©dant ses propres lois. Lâenjeu câest le fairemonde. Ce qui fait monde. Et pour cela, il faut un rĂ©cit commun. La mythologie, câest toujours la tentation du dĂ©sordre et de lâeffondrement et la volontĂ© du rĂ©tablissement dâun ordre cosmique. Trouver la sagesse, le point dâĂ©quilibre entre les extrĂȘmes. Les Grecs condamnaient le principe de dĂ©mesure, quâils appelaient « ubris ». Se prendre pour un dieu, de ne pas connaitre la limite et en ĂȘtre puni. Mais avec en parallĂšle cette racine commune entre le mot humain et humilitĂ© quâest le terme « humus », qui signifie trouver sa juste place.
Vous avez Ă©crit La poĂ©sie comme mode dâemploi du monde, questionnant sur la possibilitĂ© pour celle-ci de faire de nous des ĂȘtres meilleurs. Partage-t-elle ce dessein avec la mythologie ? Tout Ă fait. La mythologie est une vision poĂ©tique de lâexistence, nous obligeant Ă nous questionner. Or rester dans un lieu de tous les possibles, câest rendre droit Ă quelque chose que la rationalitĂ© a tuĂ©, Ă savoir la confrontation Ă nombre dâĂ©nigmes. Et tant mieux ! Je trouve ça plutĂŽt enthousiasmant. Peut-ĂȘtre que la beautĂ© câest ça. Savoir quâil y a un horizon ouvert, non Ă©tabli, non maitrisĂ©.
Vous ĂȘtes docteur en philosophie et enseignez celle-ci. Cette notion de
transmission est-elle essentielle pour vous, Ă©galement par le biais de vos livres ? Câest peut-ĂȘtre simplement cela vivre. Exister, transmettre, se reproduire. On a des enfants, on Ă©crit des livres, on se parle. Toute prise de parole est une transmission. Et nous sommes les uns pour les autres, des courroies de transmission permanentes. Le philosophe espĂšre que la transmission infuse toujours dâune part de vĂ©ritĂ©. Pas la vĂ©ritĂ© absolue, mais en sâaccompagnant de la possibilitĂ© de douter, de faillir, dâhĂ©siter.
Vous avez rĂ©cemment Ă©tĂ© nommĂ©e Chevalier dans lâOrdre des Arts et des Lettres de la RĂ©publique française. Est-ce un aboutissement ? PlutĂŽt une responsabilitĂ©. Lâimpression, dâune certaine façon de devoir en rĂ©pondre. Or, un philosophe comme un artiste fait une proposition. Avec lâidĂ©e de ramener les choses Ă leur source et Ă ces questions qui restent en suspens. Et ce qui est propice Ă la question câest dâaccepter de se laisser surprendre et fĂ©conder par tout ce qui nous entoure.
CAUSERIE | 53
MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : JY LIMET
Fanny Ruwet se livre avec sensibilité
Dâelle, on connaissait son franc-parler dĂ©licieusement mordant, baladĂ© dans des chroniques et spectacles au ton dĂ©calĂ©. Câest aujourdâhui loin des sentiers du stand-up que lâon retrouve Fanny Ruwet, avec un premier roman baptisĂ© « Bien sĂ»r que les poissons ont froid », entre tendresse et nostalgie.
Quâest-ce qui vous a poussĂ© Ă franchir le pas de lâĂ©criture dâun livre ? Ătant une grande lectrice depuis lâenfance, jâai longtemps mis la littĂ©rature sur un piĂ©destal. Je ne pensais pas ĂȘtre capable dâĂ©crire un livre mais en parallĂšle lâidĂ©e me plaisait, la possibilitĂ© de prendre mon temps. Dans mes chroniques comme dans mes spectacles, je dois ĂȘtre brĂšve, aller Ă lâessentiel, faire rire. En stand-up, il faut une chute qui permette de minimiser lâimpact nĂ©gatif. La rĂšgle de base est que le problĂšme Ă©voquĂ© ait lâair dâavoir Ă©tĂ© rĂ©glĂ©, pour que le public nâait pas le sentiment que lâon est victime de lâhistoire. Le roman nâĂ©tait pas soumis aux mĂȘmes obligations. Il me donnait la permission de ne pas ĂȘtre drĂŽle ou du moins pas forcĂ©ment.
LâĂ©vocation des doutes et Ă©mois de lâadolescence, entre bienveillance et malice, est partie intĂ©grante de votre ouvrage. Quelle adolescente Ă©tiezvous ? JâĂ©tais assez proche dâAllie,
la narratrice de mon livre. Je ne me sentais Ă ma place nulle part. LâĂ©cole ne mâintĂ©ressait pas. CâĂ©tait trĂšs long. RĂ©aliser Ă 18 ans que le lycĂ©e nâĂ©tait pas la vraie vie, pas une fin en soi, a Ă©tĂ© un Ă©norme soulagement.
On retrouve au fil des pages votre humour, tout Ă la fois piquant et confondant de spontanĂ©itĂ©. Y compris lors de lâĂ©vocation de la peine, du deuil, de la sĂ©paration. Une part de rĂ©silience, de protection face au monde ? Câest comme cela que je fonctionne et mon personnage a repris mes tics, mes maniĂšres. Je cultive une forme dâhumour du dĂ©sespoir. Câest un bouclier, une maniĂšre de prĂ©tendre que vu que jâen ris, câest que cela ne mâatteint pas vraiment.
Tout comme votre personnage, Allie, vous est-il plus facile de vous confier par Ă©crit ? JâĂ©cris trĂšs peu Ă mes proches mais je me cache beaucoup
derriĂšre la fiction. Le livre contient Ă©normĂ©ment dâanecdotes, de souvenirs, de ressentis personnels, dont je nâai jamais parlĂ© Ă mon entourage. Il offre cette frontiĂšre floue, lâincertitude de ce qui est rĂ©ellement autobiographique ou pas. Et de pouvoir se retrancher derriĂšre si lâon ne souhaite pas se mettre vĂ©ritablement Ă nu.
QuâĂ©tait-il essentiel pour vous de transmettre avec « Bien sĂ»r que les poissons ont froid ? » Au dĂ©but de lâĂ©criture, jâavais notĂ© cinq questions quâil me tenait Ă cĆur dâexplorer. Le roman aide-t-il Ă se sentir moins seul ? Jâavais cette volontĂ© que ceux qui se ressentent Ă©tranges, diffĂ©rents, rĂ©alisent quâune multitude dâautres vivent la mĂȘme chose. Apporte-t-il de lâespoir ? Est-il drĂŽle ? AmĂšne-til Ă rĂ©flĂ©chir autrement ? Je pense en tout cas quâil fait rĂ©sonnance. Et ai-je bien enlevĂ© toutes les postures involontaires ? Jâen ai beaucoup dans
MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : CĂLINE NIESZAWER
BE PERFECT | FANNY RUWET
le stand-up, et jâavais peur malgrĂ© moi, de me retrancher derriĂšre celles-ci. Lorsque jâai commencĂ© les spectacles, je me donnais le rĂŽle dâune fille trĂšs froide, insensible. Je dĂ©sirais retirer tout cela du livre, pour laisser pleinement place Ă la nuance.
Le roman Ă©voque la difficultĂ© dâoser aimer les filles, alors que lâon dĂ©couvre Ă peine lâamour. ThĂšme dĂ©jĂ Ă©voquĂ© dans votre podcast « BisexualitĂ©s », sorti en 2019. Ătait-il essentiel pour vous dâen parler en filigrane ? En lâoccurrence cela faisait sens avec lâhistoire. Globalement, cela revient trĂšs souvent dans mon travail car jâai du mal Ă imaginer la vie autrement quâen Ă©tant parfois attirĂ© par des garçons et parfois par des filles. Jâen parlerai dâailleurs Ă nouveau dans mon premier court mĂ©trage, « Bingo » qui sortira dans les prochains mois. Lâhistoire dâune fille amoureuse dâune autre, qui elle est hĂ©tĂ©ro. Et dĂšs lors aux prises avec le doute quant Ă lui avouer ses sentiments ou non. Fille, garçon, il sâagit tout simplement dâĂ©voquer lâamour, sans que cela nĂ©cessite un dĂ©bat.
Avec quel bagage aimeriez-vous que les lecteurs ressortent de la lecture de votre livre ? Jâaimerais quâils lâachĂšvent en se sentant moins seuls. Quâils aient lâenvie de conserver la narratrice avec eux. Câest ce que jâai ressenti moi-mĂȘme avec « LâAttrape-cĆurs » de Salinger. Des annĂ©es plus tard, je pense encore souvent Ă son hĂ©ros, Holden Caulfield, avec lâimpression quâil est Ă mes cĂŽtĂ©s. Câest toute la magie de la littĂ©rature.
FANNY RUWET
Bien sûr que les poissons ont froid
Emilien Vekemans On le voit partout !
En travaillant sans relĂąche, il est sur tous les fronts. Sur Netflix, au théùtre et au sein du Canine Collectif créé par ses potes comĂ©diens de lâIAD pour raconter des histoires. Trentenaire passionnĂ©, le Belge Emilien Vekemans mĂšne bien sa barque.
Pour les lecteurs qui ne vous connaitraient pas encore, qui est Emilien Vekemans ? ComĂ©dien, jâai 32 ans, suis nĂ© Ă Bruxelles et jâai en poche un diplĂŽme de lâIAD Ă Louvain-la-Neuve, en interprĂ©tation dramatique. Je bosse entre Bruxelles, Paris et Londres. Je fais Ă©galement partie du Canine Collectif avec 10 autres potes. 11 tĂȘtes issues de la mĂȘme promo qui ont dĂ©cidĂ© de travailler ensemble et de raconter des histoires.
Parmi ces histoires, on retient la sĂ©rie « La thĂ©orie du Y » sur la pansexualitĂ© et la web-sĂ©rie « Typique » diffusĂ©e en 2012 qui raconte la vie dâun jeune Ă©tudiant et de sa bande de potes ⊠Oui, dans cette derniĂšre, jâinterprĂšte Max, un doux rĂȘveur. La sĂ©rie a remportĂ© pas mal de prix, ce qui constitue un beau tremplin pour tous ceux qui y ont collaborĂ© âŠ
Chaque membre du Canine Collectif a Ă©videmment le droit de sâinvestir ailleurs. Aussi vous retrouve-t-on en 2022 Ă lâaffiche de la sĂ©rie « The Bastard Son & The Devil Himself » basĂ©e sur la trilogie « Half Bad » de lâauteure britannique de fantasy, Sally Green. La premiĂšre saison est Ă voir sur Netflix. CâĂ©tait une chouette aventure. Sally Green est trĂšs populaire en Angleterre, lâĂ©criture de Joe Barton qui joue sur lâĂ©motion et lâhumour fait
mouche, le personnage espiĂšgle de Gabriel me convenait bien et jâadore le fantastique, un genre auquel jâadhĂšre tout de suite. Lâintrusion du surnaturel dans un cadre rĂ©aliste offre beaucoup de libertĂ© Ă lâacteur. Câest un fan dâ «Harry Potter» et du « Seigneur des anneaux » qui vous parle. Rire.
Une suite en cours de prĂ©paration ? Malheureusement non, Netflix nâayant pas souhaitĂ© une deuxiĂšme saison.
En 2023, on vous retrouve sur les planches. Avec la reprise de « RĂ©gis » au Théùtre Jean Vilar Ă Louvain-la-Neuve, en avril. La genĂšse de cette piĂšce, câest toute une histoire. Avec les 10 potes du Canine Collectif, nous nous sommes pointĂ©s Ă lâimproviste chez quelquâun que lâon ne connaissait pas, une soirĂ©e entiĂšre. On a tout filmĂ©, créé une performance vidĂ©o qui a servi de matĂ©riau pour Ă©crire la piĂšce. LâidĂ©e Ă©tant de mettre en scĂšne un individu seul face Ă un groupe, ainsi que onze individus face Ă eux-mĂȘmes. Cette piĂšce, Ă©difiante, a trouvĂ© une belle rĂ©sonance auprĂšs des ados. En avril toujours, je joue Ă nouveau dans « Kill Fiction », au Théùtre Jardin Passion Ă Namur, une parodie dĂ©lirante des codes du cinĂ©ma amĂ©ricain Ă©crite et mise en scĂšne par un membre du Canine Collectif. Câest une comĂ©die dâaction au théùtre, du Quentin Tarantino sur les planches !
En 2020, la RTBF sâest engagĂ©e Ă dĂ©velopper la sĂ©rie « Dopamine », la suite de « Typique », avec les mĂȘmes comĂ©diens dont vous, avant de se retirer du projet ⊠Comment vit-on sa vie dâartiste en FĂ©dĂ©ration WallonieBruxelles ? Ce nâest pas facile ! Chaque projet nĂ©cessite beaucoup de paperasserie pour espĂ©rer une aide financiĂšre pour notamment couvrir lâĂ©criture du scĂ©nario et le tournage dâun pilote. Câest fatigant. Quand on est artiste, on a envie de crĂ©er, de jouer. Mais avant, il faut convaincre Ă travers des dossiers chronophages, pour la constitution desquels nous nâavons pas Ă©tĂ© formĂ©s. La passion ne suffit pas. Des projets sont dĂ©samorcĂ©s avant dâĂȘtre lancĂ©s, faute de financement. Ce qui engendre pas mal de frustrationsâŠ
Etes-vous un hyper actif ? Je suis dâun tempĂ©rament calme, passionnĂ©, et proactif plutĂŽt quâhyperactif⊠Jâai un agent Ă Paris et je viens de signer avec un agent en Angleterre il y a un mois. Une nouvelle corde Ă mon arc.
Que fait Emilien quand il ne travaille pas ? Jâai une vie normale. Jâai amĂ©nagĂ© avec ma copine Ă Forest, je vois des amis, je me balade et je fais mes courses dans les magasins bio. On est ce que lâon mange.
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MOTS : SERVANE CALMANT PHOTO : ANTHONY DEHEZ MAKE UP ARTIST : AVA CORBIN AVEC BOY DE CHANEL
Barbara Abel
sublime les ténÚbres
Il est des livres qui nous transportent, vers des ailleurs lointains ou aux confins de nous-mĂȘmes. Tout comme il est des auteurs qui captent les peurs primales et les dĂ©rives humaines, avec une justesse Ă part. Câest le cas de Barbara Abel, qui au fil de ses romans comme sous sa nouvelle casquette de scĂ©nariste tĂ©lĂ©visuelle, raconte avec magnĂ©tisme, les ĂȘtres au bord de lâabĂźme.
Lâon vous surnomme « la Reine du Polar belge », un titre acquis au fil de lâĂ©criture de 14 thrillers aussi palpitants que percutants. Quâest-ce qui vous attire irrĂ©mĂ©diablement vers ces intrigues psychologiques ? Le thriller domestique est un rappel de ce plaisir enfantin de se faire peur. Comme lorsque petit, on se poussait jusquâĂ lâexcitation du frisson. JâĂ©cris aussi les histoires que jâaimerais quâon me raconte. Celles de personnes ordinaires, avec lesquelles dâemblĂ©e peut se crĂ©er une forme dâidentification, plutĂŽt que de super flics ou de hĂ©ros surpuissants. Et dont une part du contexte fait Ă©cho Ă ce que je vis alors. Mon premier livre âLâinstinct Maternelâ, avait pour hĂ©roĂŻne une femme enceinte, tandis que je lâĂ©tais moi-mĂȘme. Les annĂ©es passant, les enfants des familles que jâĂ©voque ont grandi, jusquâĂ devenir des adolescents.
Vos personnages sont souvent abĂźmĂ©s, torturĂ©s, parfois vĂ©nĂ©neux, comme dans âLes FĂȘluresâ, votre dernier roman. FrĂ©quemment Ă©touffĂ©s par un environnement familial toxique. Pourquoi ces thĂšmes trouvent-ils rĂ©sonnance en vous ? La famille est un microcosme dans lequel chaque Ă©motion est exacerbĂ©e, devient explosive. Ce qui touche
aux liens du sang est dâemblĂ©e viscĂ©ral. Et ces situations se passent dâexplications car tout le monde les comprend. Quant Ă mes personnages, mon but est dâamener le lecteur Ă sâimaginer pouvoir basculer comme eux vers lâobscuritĂ©, pour peu dâĂȘtre mis face Ă la mĂȘme rĂ©alitĂ©.
Deux de vos ouvrages ont Ă©tĂ© adaptĂ©s Ă lâĂ©cran. âUn bel Ăąge pour mourirâ, via un tĂ©lĂ©film baptisĂ© âMiroir, mon beau miroirâ. Et âDerriĂšre la haineâ, pour le cinĂ©ma cette fois, avec âDuellesâ. Est-ce un dĂ©fi que de voir quelquâun dâautre sâapproprier ses personnages ? Lorsque jâachĂšve un livre, je le lĂąche Ă©trangement avec assez de facilitĂ© et ne ressens pas dâinquiĂ©tude Ă le voir adaptĂ©. Mon roman est dĂ©jĂ lĂ , tangible, personne ne peut le modifier, le magnifier ou lâabimer. Et le fait dâavoir adorĂ© aussi bien le tĂ©lĂ©film de Serge Meynard que le long-mĂ©trage dâOlivier Masset-Depasse, mâamĂšne au contraire Ă ressentir une grande fiertĂ©.
Une adaptation amĂ©ricaine de âDerriĂšre la Haineâ baptisĂ©e âMotherâs Instinctâ, arrivera Ă©galement cet Ă©tĂ© sur nos Ă©crans. Avez-vous pu vous rendre sur le tournage ? Oui, pour les trois adaptations. Se retrouver entourĂ©e de tous
BE PERFECT | BARBARA ABEL
MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : MELANIA AVANZATO
ces techniciens, acteurs, figurants, dans ces dĂ©cors immenses, et me dire quâils sont lĂ parce quâun jour jâai imaginĂ© une histoire, toute seule chez moi, câest fort. Mais quand en plus il sâagit de Jessica Chastain et Anne Hathaway, câest surrĂ©aliste !
Vous avez Ă©galement co-Ă©crit la sĂ©rie âAttractionâ, âPrix de la meilleure fiction francophone Ă©trangĂšre au festival de la fiction Ă La Rochelleâ qui sera diffusĂ©e ce printemps avec la scĂ©nariste française Sophia PeriĂ©. Cette Ă©criture Ă quatre mains Ă©tait-elle complexe ? Je ne devais au dĂ©part quâĂ©crire un concept de projet, mais il a Ă©tĂ© acceptĂ© par la RTBF et Catherine Burniaux de De Mensen mâa proposĂ© de mâoccuper du scĂ©nario. Mais ce nâest pas mon mĂ©tier, je nâen connais pas les impĂ©ratifs et codes. Elle mâa donc adjoint Sophia PeriĂ© qui elle est scĂ©nariste et incroyablement douĂ©e pour la structure et la narration. Je ne me verrais travailler avec personne dâautre. Il ne sâagissait pas que de dĂ©velopper un script. Nous avons aussi passĂ© des heures Ă parler de nous, de nos influences, de ce qui nous touche. Il faut une vraie osmose et Sophia et moi formons un parfait tandem. Cela a Ă©tĂ© une aventure extraordinaire et lâest toujours puisque nous travaillons actuellement sur la saison deux !
LâĂ©criture scĂ©naristique vous porte-t-elle autant que celle dâun roman ? Ce sont deux processus totalement diffĂ©rents, aussi bien dans la rĂ©daction que dans lâĂ©motion quâils procurent. LâĂ©criture scĂ©naristique en duo est plus lĂ©gĂšre, ludique. Sophia dirige parfois les personnages vers lieux que je nâaurais pas imaginĂ©s et vice versa. Câest un Ă©change dâarguments, un dĂ©bat. Je me permettrais des audaces dans un livre qui ne sont pas forcĂ©ment envisageables pour ce type de format. Et puis dans un scĂ©nario, il ne sâagit pas de nuances de style, mais de raconter les faits, de maniĂšre brute. Lorsque je conçois un roman, je nâai pas non plus la contrainte dâune Ă©quipe de production Ă consulter. Mais ce luxe dâĂȘtre seul maitre Ă bord, signifie aussi affronter les blocages en solitaire. Je pratique au final les deux exercices simultanĂ©ment. La rĂ©daction de la saison 1 nous a pris trois ans, et il Ă©tait inconcevable de ne pas Ă©crire de roman durant un aussi long laps de temps. Nous avons entamĂ© la saison 2 il y a un an, et je suis en parallĂšle en pleine crĂ©ation dâun nouveau roman.
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Attraction, Ă dĂ©couvrir sur la RTBF Ă partir dâavril et en mai sur TF1.
KID NOIZE
Avec la sortie synchrone de « Nowera », 3e album dâĂ©lectro-pop, et « LâhĂ©ritage de Nowera », 3e tome de la BD dont il est co-auteur et protagoniste, Kid Noize boucle un projet artistique ambitieux et atypique. Confidences dâun artiste pluridisciplinaire Ă la fois musicien, DJ, producteur et personnage dâun monde parallĂšle.
Quel est le projet artistique derriĂšre lâhomme ? Je suis graphiste de formation et musicien par passion. Le projet « Nowera » mâa permis dâallier les deux. Jâai créé un vĂ©ritable univers, musical Ă©videmment mais aussi graphique et visuel. Un vĂ©ritable concept⊠Oui, jâai toujours Ă©tĂ© en admiration devant Kraftwerk, Daft Punk ou Gorillaz, lâambitieux projet de Damon Albarn, gĂ©nie crĂ©atif.
Câest oĂč Nowera ? Câest nulle part et maintenant, dans un monde parallĂšle. A travers la musique et la BD, jâinvite mon public Ă rejoindre ce monde de rĂȘve qui devient un rĂȘve rĂ©el. Le rĂȘve nous transporte loinâŠ
DĂ©codez-moi ce « rĂȘve rĂ©el »⊠Il fait rĂ©fĂ©rence Ă ce travail que nous accomplissons tout au long de notre vie pour accomplir nos rĂȘves dâenfant.
Quelle symbolique se cache derriĂšre la tĂȘte de singe ? Ce nâest pas un singe mais un homme-singe qui pose la question de nos racines. DâoĂč venons-nous ? OĂč allons-nous ? Plus cette question ultime : que faisons-nous sur Terre ? « Nowera » apporte une rĂ©ponse : nous sommes ici pour rĂ©aliser nos rĂȘves âŠ
Vous ĂȘtes nĂ© dans les annĂ©es 80 ; avez-vous lâimpression en 2023 dâavoir exaucĂ© vos rĂȘves de mĂŽme ? (Il rĂ©flĂ©chit longuement). Oui. Avec lâĂąge, je ressens une forme dâapaisement. Ca fait dix ans que je bosse jour et nuit sur le projet « Nowera », jâai rĂ©ussi Ă sortir trois albums/CD et trois BD. Ce sentiment dâaccomplissement me rend heureux.
Ă tes-vous un doux rĂȘveur ou un super business man ? (Rire). Un super rĂȘveur. Mais jâadore faire du business, car la ©
BE
| KID
PERFECT
NOIZE
MOTS : SERVANE CALMANT
« Ce sentiment dâaccomplissement me rend heureux »
Guillaume Kayacan
notion dâĂ©change en est le moteur. LâĂ©change pour Ă©lever le produit, les idĂ©es, la conscience.
Si vous refermez la trilogie, doit-on comprendre que Kid Noize va nous concocter un autre univers ? Je prĂ©fĂšre dire que la trilogie est complĂšte plutĂŽt que bouclĂ©e. Il mâa fallu deux ans pour venir Ă bout de chaque album, un nouveau projet BD sâinscrira donc, disons, dans le futurâŠ
Dans le 1e tome de la BD, Kid Noize se dĂ©place dans la Vieille Ville. Câest Charleroi, lieu avec lequel vous, le Bruxellois dâorigine, vous entretenez un lien affectif particulier⊠Jâai toujours eu de lâaffection pour les outsiders ! Jâai vu Charleroi comme un nouveau Berlin, mais il faudra encore longtemps pour que ce soit le cas ⊠Reste que la ville sâest complĂštement appropriĂ© Kid Noize et que le lien qui
mâunit Ă Dupuis, mon Ă©diteur BD, a renforcĂ© cette envie de faire un clin dâĆil Ă Charleroi dans le tome I.
En 2019, vous dĂ©barquez dans lâunivers de la BD jeunesse oĂč vous cosignez le scĂ©nario avec le CarolorĂ©gien Lapuss, dessin et couleurs dâOctoto. Comment sâest dĂ©roulĂ©e votre intronisation dans cet univers ? Un travail de longue haleine. Je pensais naĂŻvement que la musique et la BD formaient un mĂȘme monde, celui de la crĂ©ation. Non, câest un monde Ă part. Ma rencontre avec Dupuis a prĂ©cipitĂ© lâaventure. Le projet BD fait complĂštement Ă©cho Ă mon projet musical, Ă lâinstar des clips et des concerts oĂč Kid Noize prend vie sur scĂšne. Tous ces ingrĂ©dients donnent corps au projet.
Parlons musique, trois albums en dix ans. De la pop dansante taillĂ©e pour les radios et de lâelectro dance Ă
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destination des festivals et des clubs, avec des voix fĂ©minines en sus. La signature Kid Noize ? Mon premier album Ă©tait riche en voix de femmes. Je les avais dĂ©laissĂ©es pour le 2e album, histoire de ne pas me rĂ©pĂ©ter. « Nowera » signe leur grand retour avec des singles 100% voix fĂ©minines en effetâŠ
Comment est-ce chez vous, dans votre maison ? Est-ce peuplé de super héros ? Je vais vous envoyer une vidéo ! Dans mon bureau, je suis entouré de tous mes jouets qui font en effet partie intégrante de mon univers.
Un univers rĂ©tro eighties ⊠Oui, mais je ne suis pas du tout passĂ©iste ni nostalgique. Je me rends juste compte que lâon vit dans les rĂȘves des annĂ©es 80. Ce monde hyper connectĂ©, ce rĂšgne de la technologie, nos montres qui nous parlent, notre quotidien en 2023 Ă©tait le sujet des films dâanticipation dâalorsâŠ
Vous nous avez prĂ©parĂ© un nouveau show. A quoi doit-on sâattendre ? Ă beaucoup dâĂ©nergie et, en salle, Ă un max de vidĂ©os, ainsi quâĂ la projection en 3D de douze images issues de lâunivers de la BD « Nowera ». Je compte bien faire voyager mon public dans ce monde parallĂšle.
OĂč peut-on vous voir ce printemps et cet Ă©tĂ© ? DĂšs le 7 avril au Reflektor, puis Ă lâIncârock, au Feel Good Festival, au RonquiĂšres Festival, Ă ScĂšne sur Sambre, etc. Et en octobre, Ă la salle de La Madeleine Ă Bruxelles.
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CD « Nowera », Universal Music Group. BD, « LâhĂ©ritage de Nowera », 3 tomes, Editions Dupuis.
www.kidnoize.com
Gaetan Caputo
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RORI
« Je suis contente de nâavoir rien lĂąchĂ© »
« Docteur », tube pop dansant de lâannĂ©e 2022, Rori lâa inclus dans « Ma saison en enfer », premier EP bien plus rĂ©jouissant que son titre ne le prĂ©sage. Rencontre avec une artiste discrĂšte Ă la ville, qui a trouvĂ© les bons codes pour prendre sa place sur les ondes et dans les cĆurs.
MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : ANTHONY DEHEZ COIFFEUR ET MAKE-UP ARTIST : LUC DEPIERREUX
Nous accueillons Rori au Mirano, notre QG dans les annĂ©es 80. AprĂšs un relooking complet, la cĂ©lĂšbre discothĂšque a rouvert en 2019, sous la direction de la sociĂ©tĂ© Art Blanc de JĂ©rĂŽme et Jonathan Blanchart. Oups, lâinstant nostalgie quand on aperçoit la cĂ©lĂšbre piste de danse tournante⊠LâĂąme des lieux nâa guĂšre changĂ© : les anciens gradins de cinĂ©ma ont Ă©tĂ© conservĂ©s et sur les murs, le plĂątre a Ă©tĂ© remplacĂ© par des lambris de bois, « comme en 1934 », nous dit-on. Nous nâĂ©tions pas nĂ©e. Rori, 25 ans, non plus.
Rori, nous vous accueillons pour une sĂ©ance photo au Mirano. Connaissez-vous cette mythique boite de nuit bruxelloise ? Non, dĂ©solĂ©e. Je viens de la rĂ©gion liĂ©geoise, mais je suis installĂ©e Ă Bruxelles depuis cinq ans, je pourrais donc connaĂźtre le Mirano, sauf que je nâaime pas sortir.
Vous nâĂȘtes donc pas un oiseau de nuit ? Au risque de vous
surprendre, non, pas du tout ! Je ne bois pas, je ne fume pas, jâaime ĂȘtre chez moi et la solitude ne me fait pas peur.
Une LiĂ©geoise qui a quittĂ© le bord de Meuse, ça existe ? Je ne suis pas attachĂ©e Ă un lieu. En revanche, jâaime beaucoup la Belgique, mon pays, pour son ouverture dâesprit.
Rori ou Camille pour lâĂ©tat civil⊠Camille, câest mon vĂ©ritable prĂ©nom. En tant que nom de scĂšne, il Ă©tait dĂ©jĂ pris. Alors jâai choisi Rori, qui me plait tout simplement. Je ne peux mĂȘme pas rattacher ce choix Ă une belle histoire que jâaurais aimĂ© vous raconter⊠Rire.
Rembobinons la cassette de votre vie. A 16 ans, vous chantez au sein du groupe huttois « Beffroi ». Votre comparse Valentin, 20 ans, dĂ©cĂšde, vaincu par la maladie. Comment ĂȘtes-vous arrivĂ©e Ă surmonter cette Ă©preuve ? Seul le
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temps permet dâadoucir la douleur. La musique a Ă©galement servi de thĂ©rapie. Je tenais Ă poursuivre lâaventure musicale qui avait Ă©tĂ© la nĂŽtre, mais dâune autre maniĂšre.
Dâun duo, vous avez bifurquĂ© vers un projet musical solo oĂč dĂ©sormais vous chantez en français⊠Ma mĂšre Ă©coutait Depeche Mode et The Cure ; mon pĂšre, Nile Rodgers & Chic. Jâai bien profitĂ© de leur Ă©clectisme musical, mais je nâai vraiment pas Ă©tĂ© biberonnĂ©e Ă la chanson française. En revanche, la nouvelle gĂ©nĂ©ration qui aborde la chanson française Ă travers un prisme pop/rock, mâa incitĂ©e Ă chanter dans ma langue. Sur le plan purement musical, je voulais mâaffranchir de « Beffroi », grandir, explorer un autre genre, notamment la pop Ă©nergique et dansante que jâenvoie aujourdâhui.
Vous nâaimez pas sortir ; en revanche, vous apprĂ©ciez la scĂšne⊠Oui, le live, câest le moment oĂč ma musique prend vie. Câest un grand instant de partage. Ma timiditĂ© sâefface, jâarrive Ă tout donner, boostĂ©e par lâĂ©nergie de la scĂšne.
Sur scĂšne oĂč vous devenez un groupe⊠Ce premier EP est le fruit dâune collaboration avec Hadrien Lavogez, Ă©galement mon producteur, qui me rejoint sur scĂšne comme guitariste. La prĂ©sence dâun batteur renforce encore lâĂ©nergie qui se dĂ©gage du set. En live, Rori est plus organique, les arrangements diffĂ©rents et le son plus rock.
Dans « Docteur », vĂ©ritable tube de lâ annĂ©e 2022, vous ne cachez pas votre nature anxieuse. Dans « Ma place », nouveau single, vous ĂȘtes une fille fragile qui doit se battre pour trouver sa place. Votre place, vous lâavez trouvĂ©e ? Je ne fais pas rĂ©fĂ©rence Ă trouver sa place dans la sociĂ©tĂ©, ça je mâen fiche. Trouver ma place, cela signifie ĂȘtre cohĂ©rente avec moi-mĂȘme, faire preuve dâhonnĂȘtetĂ©. Alors, oui, je commence Ă la trouver, cette place. Je dois encore amĂ©liorer la confiance en soi. Je suis sur la bonne voie.
Le succĂšs de « Docteur » en 2022 et plus rĂ©cemment de « Ma Place » a dĂ» renforcer cette confiance en soi ! Je suis contente dâavoir travaillĂ©, de ne rien avoir lĂąchĂ©, de ne pas avoir
succombé à la tentation de la facilité⊠De tout cela, oui, je suis fiÚre.
Avez-vous des relations privilĂ©giĂ©es avec la scĂšne musicale belge actuelle ? Oui, avec Doria D, Charles, Illiona. Câest encourageant de rencontrer des gens qui partagent une mĂȘme passion, chacune dans un style singulier, qui lui est propre. Quelle diversitĂ©, quelle richesse.
Quâest-ce qui vous fait peur ? La routine.
Quâest-ce qui vous enthousiasme ? La satisfaction dâun travail bien fait, avant
mĂȘme la validation par le public.
La gestion des rĂ©seaux sociaux, une source dâangoisse ? Si je ne faisais pas de la musique, je serais absente des rĂ©seaux. Ce nâest pas dans ma nature de mâexposer, de mâexhiber. Mais je ne porte aucun jugement. Câest dans lâĂšre du temps. Et en tant quâartiste, je suis Ă©videmment prĂ©sente sur les rĂ©seaux⊠Mais quand jâentends que le nombre de followers est dĂ©terminant pour passer ou non Ă la radio, lĂ je dis : stop !
Vous ĂȘtes originaire de la rĂ©gion liĂ©geoise comme « Filles Ă Papa », la marque de vĂȘtements que vous
portez pour la sĂ©ance photo. Leur positionnement rock et rebelle vous parle-t-il particuliĂšrement ? Jâaime beaucoup leur univers, leur identitĂ©, qui me colle bien Ă la peau. Pour la pochette du single « Ma Place », je suis dâailleurs Ă©galement habillĂ©e en « Filles Ă Papa ».
Dans quels festivals vous verra-t-on cet Ă©tĂ© ? Aux Francofolies de Spa, aux SolidaritĂ©s Ă Namur, Ă RonquiĂšres âŠ
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EP âMa saison en enferâ, Warner Music Belgium
NOS MARQUES :
ABRO
ACQUA DI PARMA
ALLUDE
ANNECLAIRE
BOGNER
BRAX
CAMBIO
COMME QUATRE
D.EXTERIOR
FFC
GRAN SASSO
HER SHIRT
HERNO
IVI COLLECTION
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MAX&MOI
MC2 ST BARTH
RAFFAELLO ROSSI
RAPHAELA BY BRAX
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CLOS DU VIGNOBLE 2 - 1380 LASNE âą T. 02 653 31 51 âą WWW.STYLLASNE.SHOP Ouvert du mardi au samedi de 10h Ă 18h30 - Ouvert chaque 2e dimanche du mois
EDOUARD VERMEULEN
Le rÚgne de la modernité
Certains anniversaires rappellent le passage du temps. Dâautres au contraire, ont le parfum galvanisant de nouveaux dĂ©fis. Loin dâavoir Ă©moussĂ© la passion de lâĂ©lĂ©gance dâEdouard Vermeulen, ces quarante annĂ©es dâexistence de la maison Natan, signent la cĂ©lĂ©bration dâune maestria rĂ©solument tournĂ©e vers lâavenir.
Natan fĂȘte ses quarante ans. PrĂšs dâun demi-siĂšcle, marquĂ© par lâintemporalitĂ© comme par lâaudace. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ? De la fiertĂ© dâabord, de voir Ă©voluer la Maison depuis si longtemps avec un fil rouge et une identitĂ©, Ă laquelle nous nâavons jamais dĂ©rogĂ©, tant au niveau de la qualitĂ©, que de la crĂ©ativitĂ© et du savoir-faire. Mais cet anniversaire, je le conçois surtout comme le point de dĂ©part dâune nouvelle Ăšre pour Natan. La mode requiert de ne pas se reposer sur ses acquis. Ă chaque nouvelle saison, nous remettons tout en question : matiĂšres, vĂȘtements, stylisme, prĂ©sentation, photos ... Si vous ne le faites pas, le temps file et les Ă©volutions vous dĂ©passent.
Votre rapport Ă la mode a-t-il Ă©voluĂ© au fil du temps ? Bien sĂ»r, tout comme la mode en elle-mĂȘme nâa de cesse de se rĂ©inventer. Lorsque jâai dĂ©butĂ©, trois gĂ©nĂ©rations de femmes se mĂȘlaient dans mes magasins, aujourdâhui elles se confondent, se rajeunissent. MĂšre et fille sâĂ©changent des tenues,
partagent des styles communs. Câest fantastique et enrichissant, notre objectif Ă©tant que le vĂȘtement puisse voyager Ă travers les annĂ©es, en conservant tout son raffinement et la beautĂ© de son port.
Est-il nĂ©cessaire dâoser et de bousculer les codes pour perdurer dans cet univers ? Il est avant tout important de rester fidĂšle Ă son image. La nĂŽtre, câest la couture. LâĂąme de Natan, câest le vĂȘtement. On nâhĂ©site certes pas Ă lâaccessoiriser, mais pour le sublimer, plutĂŽt que pour lâĂ©galer ou le remplacer.
Est-il essentiel pour vous de continuer à pérenniser ?
Lorsque les clientes franchissent nos portes, câest le plus souvent en vue dâune cĂ©lĂ©bration ou dâun mariage. Et ce que lâon porte lors dâun Ă©vĂšnement est primordial, car lâon transmet une part dâassurance et de confiance de par son Ă©lĂ©gance. Nous cherchons donc toujours Ă favoriser lâexpĂ©rience. De
MOTS : BARBARA WESOLY
BE PERFECT | EDOUARD VERMEULEN - CHRISTOPHE COPPENS
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© Nathalie Gabay
lâaccueil Ă la lumiĂšre en passant par lâambiance, tout se veut enthousiasmant. La fĂȘte doit dĂ©buter chez nous !
En parlant de fĂȘte, vous avez nommĂ© Christophe Coppens directeur artistique de ce superbe anniversaire, qui se dĂ©roulera durant une annĂ©e entiĂšre. Pourquoi ce choix et que peut-on attendre de ces cĂ©lĂ©brations ?
De par sa carriĂšre dâartiste, de metteur en scĂšne et de crĂ©ateur travaillant dans le monde entier, Christophe Coppens porte un regard neuf sur lâunivers de la Maison. Nous nous connaissons depuis 25 ans et avions dĂ©jĂ collaborĂ© ensemble quand il sâĂ©tait lancĂ© dans les accessoires. Câest un homme crĂ©atif, avec une vision artistique mais aussi commerciale et ouverte sur lâinternational. Car si ces cĂ©lĂ©brations sont un plaisir, elles
sont surtout lâoccasion de grandir. Et les expĂ©riences festives ne manqueront pas ! Nos magasins se voient dotĂ©s dâun relooking, tout comme les collections Ă venir ainsi quâun dĂ©filĂ© inĂ©dit, prĂ©vu Ă lâĂ©tĂ© 2023. Un livre dĂ©diĂ© Ă lâunivers de Natan sortira Ă©galement au mois dâoctobre. Nous prĂ©voyons aussi diffĂ©rents Ă©vĂšnements pour la clientĂšle, visant Ă montrer notre savoir-faire ainsi que des visites dâateliers. Ce sera lâoccasion de sublimer la Maison, en accentuant son image et en la dynamisant. Une maniĂšre de surprendre les clients fidĂšles et dâen sĂ©duire de nouveaux.
En soufflant ces quarante bougies, quel regard portez-vous sur lâavenir et les quarante prochaines annĂ©es de Natan ? Notre but pour le futur est dâinternationaliser la Maison et de
dĂ©passer toujours plus les frontiĂšres de la Belgique. Nous sommes fiers de notre patrimoine. Avoir pu crĂ©er la robe de mariĂ©e de la Reine Mathilde demeure lâun des Ă©vĂšnements les plus marquants de lâhistoire de Natan. Lâobjectif dĂ©sormais est de porter ces couleurs et cette excellence Ă lâĂ©tranger. Cet anniversaire a Ă©tĂ© lâoccasion de nous implanter « Au Bon GĂ©nie » Ă Paris et Ă GenĂšve, ainsi quâ « Au Bon MarchĂ© » parisien, ce dont jâavais toujours rĂȘvĂ©. On veut aller encore plus loin. Le monde est grand et ces quarante ans ne sont quâun dĂ©but !
BE PERFECT | EDOUARD VERMEULEN - CHRISTOPHE COPPENS www.natan.be © Natan
Rencontre avec Christophe Coppens
Comment sâest initiĂ©e cette collaboration anniversaire avec Natan ? Edouard Vermeulen est-il venu Ă vous avec un concept dĂ©jĂ dĂ©fini ? On y a rĂ©flĂ©chi ensemble. Je souhaitais construire un projet qui sâimplĂ©menterait au-delĂ dâune annĂ©e, plutĂŽt que comme un coup dâĂ©clat. Son dessein est de laisser une empreinte durable sur la façon de rĂ©flĂ©chir, de penser, de travailler de la Maison et sur son futur.
Quâavez-vous souhaitĂ© insuffler Ă cet Ă©vĂšnement ? Il ne pouvait avoir de sens quâen travaillant lâADN propre Ă Natan, cet univers joyeux et lumineux, en y insufflant des touches crĂ©atives. Lâobjectif est dâamener le public Ă sentir une forme dâĂ©lectricitĂ© dans lâair, dâĂ©tincelle qui rĂ©vĂšlera son Ă©clat au cours de toute cette annĂ©e.
Vous qui ĂȘtes designer de mode mais aussi artiste et metteur en scĂšne dâopĂ©ra, avez-vous pensĂ© et conçu cet anniversaire, Ă la maniĂšre dâune performance, dâun rĂ©cit mĂȘlĂ© Ă une dose dâĂ©motion ? La crĂ©ation dâun opĂ©ra est la rĂ©alisation la plus complĂšte que jâaccomplisse, car je travaille Ă tous les niveaux de dĂ©veloppement. Jâai voulu faire pareil pour ces cĂ©lĂ©brations. CâĂ©tait courageux de la part de Natan et dâEdouard Vermeulen dâaccepter que je me mĂȘle ainsi de tous ces aspects. Mais la Maison est formidable dâouverture Ă lâĂ©volution et au changement. Et câest lâessence mĂȘme de cet anniversaire, une rĂ©flexion sur plusieurs niveaux, qui sâintĂšgrera dans lâHistoire mĂȘme de Natan. Le plus beau cadeau que la Maison pouvait sâoffrir.
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« Cet anniversaire, je lâai imaginĂ© Ă la maniĂšre dâun opĂ©ra, en Ćuvrant Ă tous les niveaux crĂ©atifs. »
Nathalie Gabay
ALEXANDRE HAMES
BE PERFECT | ALEXANDRE HAMES
LâĂ©lĂ©gance dĂ©complexĂ©e
JAGGS se dĂ©finit comme le tailleur de lâhomme moderne. Que recherche celui-ci selon vous ? Il dĂ©sire consommer de maniĂšre responsable, avoir du style et ĂȘtre accompagnĂ© ainsi que trĂšs bien conseillĂ© dans ses choix. Depuis notre lancement, en 2015, notre optique nâa pas changĂ©. Il sâagit de lâamener au sur-mesure, avec une vision moderne et Ă©lĂ©gante, accommodĂ©e dâun grain de folie.
Ă quelle atmosphĂšre doit-on sâattendre en franchissant les portes dâune boutique JAGGS ? Ă un lieu Ă lâaccueil convivial et tout sauf guindĂ©, mais aussi et surtout Ă une expertise extrĂȘmement poussĂ©e en matiĂšre de costume. Un savoir-faire que nous sommes heureux de pouvoir transmettre. Nous ne cherchons pas Ă impressionner ou intimider nos clients, mais Ă crĂ©er un climat de confiance chaleureux, oĂč ils oseront poser toutes leurs questions.
Aujourdâhui, en plus du sur-mesure, vous proposez Ă©galement du prĂȘt-Ă -porter. Pourquoi ce choix ? Une immense majoritĂ© de notre clientĂšle continue de faire appel Ă nous pour du sur-mesure. Mais durant la crise sanitaire, le prĂȘt-Ă -porter sâest rĂ©vĂ©lĂ© une Ă©vidence, sachant que plus personne nâavait de raison de porter de costume. Tout le monde restait en chino, jeans et baskets. Nous nous sommes donc tournĂ©s vers ces crĂ©ations, avec lâenvie de concevoir des modĂšles de qualitĂ©, pointus, allant Ă une majoritĂ© et disponibles en diffĂ©rentes coupes et couleurs. Et nous continuerons dâĂ©toffer cette collection, avec un costume
Huit ans aprĂšs la crĂ©ation de JAGGS, Alexandre Hames continue son ascension sur mesure, savant alliage dâexpertise et dâĂ©lĂ©gance. Et impose en rĂ©fĂ©rence sa passion du costume.
MOTS : BARBARA WESOLY
PHOTOS : JAGGS
prĂȘt-Ă -porter, qui sera prochainement disponible, mais en un modĂšle et coloris unique. Proposant ainsi une offre complĂ©mentaire mais qui nâest pas destinĂ©e Ă sâaffirmer Ă Ă©galitĂ© du sur-mesure.
Ă quelle clientĂšle sâadresse votre e-shop ? Lâe-shop est plutĂŽt destinĂ© aux clients internationaux, qui plĂ©biscitent nos accessoires, tout particuliĂšrement nos nĆuds papillon. Nous possĂ©dons la plus grande collection dâEurope. Et si nous les avons créés par loisir, tel un complĂ©ment aux doublures de nos costumes, dĂ©sormais nous en confectionnons et vendons entre 10.000 et 15.000 par an, nous amenant Ă ĂȘtre des acteurs europĂ©ens majeurs du domaine. Mais cela reste un plaisir, un twist original, qui apporte un ce petit plus. Nous vivons pour et par le costume et pas le nĆud papillon.
En plus des nĆuds papillon, vous proposez aussi des bretelles signĂ©es Bertelles - seul accessoire non fabriquĂ© par JAGGS - des ceintures, boutons de manchettes⊠mais Ă©galement des bracelets ou headbands, pour femmes et des bretelles et nĆuds papillon enfant. Avec le souhait dâun jour, aller encore plus loin ? Nos nĆuds papillon notamment, Ă©tant confectionnĂ©s dans notre atelier de Waterloo, il Ă©tait dĂšs lors aisĂ© dâutiliser ces mĂȘmes rouleaux de tissu, pour les dĂ©cliner en dâautres formules. La gamme fĂ©minine a ainsi Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e pour rĂ©pondre Ă une demande pour les mariages. En vue par exemple dâassortir un couple par ses accessoires, de proposer des barrettes plates ou
des bracelets pour filles et femmes mais aussi de rĂ©aliser des commandes spĂ©cifiques comme des coussins dâalliances ou encore des nĆuds pour serviettes.
Vos crĂ©ations sont-elles influencĂ©es par un ADN mode typiquement belge ? Il y a un certes une identitĂ© belge trĂšs importante, mais au-delĂ un savoir-faire europĂ©en extraordinaire et exclusif. Nos chaussures sont fabriquĂ©es en Espagne, tout comme nos pulls, dans un atelier qui les tisse et fait des remaillages fil Ă fil Ă la main, nos cravates en soie sont tissĂ©es en Italie. Le critĂšre Ă©thique est essentiel pour nous, il est inenvisageable de rĂ©aliser des vĂȘtements en production de masse, livrĂ©s en conteneurs aprĂšs quatre mois passĂ©s en mer.
PrĂšs dâune dĂ©cennie aprĂšs son lancement, comment envisagez-vous le futur de JAGGS ? Si la marque est liĂ©e au principe dâĂ©vĂšnement, notamment de mariage, JAGGS a pour ambition dâhabiller les hommes modernes au quotidien. Et cela se concrĂ©tise, puisque nos chinos, comme nos chaussures font un carton. Notre but est aussi de dĂ©velopper nos points de vente. Forts de quatre boutiques en Belgique et dâune Ă Rennes, en France, nous voudrions aller plus loin, notamment via une franchise en Flandres et des magasins au Luxembourg, en Suisse ou dans dâautres villes de France, jusquâĂ tendre vers un rĂ©seau europĂ©en dâune trentaine dâenseignes.
www.jaggs.be
BE PERFECT | ALEXANDRE HAMES
VIRGINIE MOROBĂ
Dans les pas de
© Robin Joris Dullers
: BARBARA WESOLY
« On base notre tenue sur nos chaussures, pas lâinverse ». Un mantra qui trĂŽne en premiĂšre ligne sur votre site. Sontelles Ă vos yeux, tel un pendant de rouge Ă lĂšvres rouge, en version mode ? Ce twist dont lâaudace fait la diffĂ©rence et permet de se sentir confiante et fĂ©minine en toute circonstance ? Jâen suis convaincue. On le voit directement chez nos clientes. DĂšs quâelles enfilent par exemple de hauts talons, leur maintien, leur posture, changent. Elles affichent directement plus dâassurance. Câest toute la puissance dâune belle chaussure que dâĂȘtre capable dâamener le style le plus simple, au comble de lâĂ©lĂ©gance.
Street couture, rockân roll, glamour, sont des termes que lâon appose par instinct Ă MorobĂ©, mais comment imaginez-vous celles qui portent vos modĂšles ? En rĂ©alitĂ©, je ne les imagine pas. Je me laisse guider par mon intuition et ce que jâaime. Je ne valide aucun prototype qui ne corresponde pas Ă un modĂšle que je porterais. Câest ce qui fait lâidentitĂ© de MorobĂ©, tout comme notre signature est lâintemporalitĂ©. Il est aussi essentiel que chaque chaussure que nous fabriquons puisse sublimer tous les pieds, quelle que soit leur morphologie. Cette volontĂ© dâuniversalitĂ© compose notre ADN. RĂ©ussir Ă dĂ©velopper une chaussure qui met en valeur 90% des femmes, câest la certitude dâavoir rĂ©alisĂ© une chaussure extraordinaire.
MorobĂ© propose Ă©galement une gamme dâaccessoires et, vous avez lancĂ© en janvier 2023, Logomania Limited Edition, votre toute premiĂšre collection de prĂȘt-Ă -porter. Aviez-vous le dĂ©sir de dĂ©cliner la griffe sous dâautres formes ? Nous avions conçu Ă©normĂ©ment de chaussures dans cet imprimĂ© jacquard et en stretch et je dĂ©sirais les accompagner de photos en total look. Cela impliquait dâacheter des centaines de mĂštres de tissus et nous avons alors dĂ©cidĂ© dâutiliser une partie de celui-ci pour la production de quatre piĂšces de prĂȘt-Ă -porter. Mais, si jâadore les vĂȘtements, le plaisir crĂ©atif nâest pas le mĂȘme pour moi quâavec les chaussures et je ne compte donc pas rĂ©itĂ©rer lâexpĂ©rience.
Huit ans auront suffi pour mettre la Belgique Ă ses pieds. Petite fille, Virginie MorobĂ© vouait dĂ©jĂ une vĂ©ritable fascination aux chaussures. Une passion que la crĂ©atrice de mode a transformĂ©e en flamboyante rĂ©ussite, en lançant en 2015, sa marque Ă©ponyme et dĂ©fini par la mĂȘme, de nouveaux standards dâĂ©lĂ©gance et de fĂ©minitĂ©.
MOTS
© Charlotte De Langhe
Et votre gamme Maison ? Cela faisait longtemps que je dĂ©sirais rĂ©aliser un vase basĂ© sur lâun de nos modĂšles de bottes mais il fallait en concevoir les moules. Jâai donc contactĂ© lâartiste et cĂ©ramiste Anita Le Grelle pour les crĂ©er, en mĂȘme temps que des accessoires dĂ©coratifs.
Vous avez Ă©galement signĂ©, en 2016, une collaboration avec lâinfluenceuse Chiara Ferragni, ainsi quâavec la styliste MarylĂšne Madou en 2020. Une maniĂšre de prĂŽner lâempowerment au fĂ©minin ? Ces collaborations sont parties de contextes trĂšs diffĂ©rents. Chiara Ferragni nous a contactĂ©s aprĂšs avoir eu un coup de cĆur pour nos boots en velours vieux rose. Et nous les avons dĂ©clinĂ©s ensemble en bleu roi et bordeaux. CâĂ©tait un coup de projecteur inespĂ©rĂ© pour MorobĂ© qui existait alors depuis seulement deux saisons. MarylĂšne Madou a rĂ©alisĂ© un imprimĂ© exclusif pour cĂ©lĂ©brer les cinq ans de la marque et transposĂ© celui-ci sur un tissu qui emballait nos chaussures Ă la maniĂšre furoshiki, technique de pliage japonaise prĂ©cieuse. Anita, aussi bien que MarylĂšne excellent dans leur domaine et nous cherchons toujours Ă proposer lâexception.
AprĂšs Knokke en avril 2022, vous avez inaugurĂ© en dĂ©cembre de lâannĂ©e passĂ©e une boutique MorobĂ© Ă Anvers. Toutes deux ont Ă©tĂ© conçues par lâarchitecte Glenn Sestig.
Quâest-ce qui, dans son design, fait rĂ©sonnance avec votre griffe ? Je suis une grande admiratrice de lâesthĂ©tique intemporelle et de lâincroyable Ă©lĂ©gance du travail de Glenn. Nous voulions des boutiques qui seraient pensĂ©es non pas comme des magasins mais comme lâintĂ©rieur de notre maison ou comme mon dressing, avec une vĂ©ritable ambiance plus quâun aspect purement commercial. Pour notre premiĂšre boutique, nous sommes arrivĂ©s au studio de Glenn avec une idĂ©e bien prĂ©cise du design que nous dĂ©sirions : vitrine bombĂ©e, touches de kaki, mĂ©lange de lignes droites et dâarrondis et il a directement compris pleinement notre vision. DĂšs le deuxiĂšme rendez-vous, il nous a prĂ©sentĂ© ce qui allait devenir tel quel notre boutique. CâĂ©tait tout simplement Ă©poustouflant.
MorobĂ© fĂȘtera ses huit ans en avril 2023, que vous souhaite-t âon pour la suite ? Nous avons nos deux boutiques et sommes distribuĂ©s dans les meilleures enseignes du BĂ©nĂ©lux. DĂ©sormais, lâobjectif est international. La prochaine Ă©tape est de trouver un lieu Ă Saint-Tropez. Le style et lâaudace de MorobĂ© sâaccordent Ă merveille avec lâatmosphĂšre balnĂ©aire. Nous cherchons donc Ă nous installer dans des villes cĂŽtiĂšres, en Europe et plus loin. En continuant Ă nous fier Ă notre instinct, toujours.
BE PERFECT | VIRGINIE MOROBĂ
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GLENN SESTIG
ou lâart du minimalisme
Depuis prĂšs de 25 ans, lâarchitecte Glenn Sestig cultive la sobriĂ©tĂ© avec une sublime sophistication, guidĂ©e par les lignes Ă©purĂ©es et le luxe brut. Une signature lâayant amenĂ© Ă collaborer avec les plus prestigieux artistes et designers et Ă orchestrer la rĂ©novation et la rĂ©alisation de galeries, villas, boutiques et buildings Ă lâinimitable Ă©lĂ©gance.
BE
PERFECT | GLENN SESTIG
MOTS
: BARBARA WESOLY PHOTOS : JEAN PIERRE GABRIEL
Quâil sâagisse de rĂ©amĂ©nager le rez-de-chaussĂ©e du Momu dâAnvers, pour y accueillir le restaurant-boutique Renaissance, de concevoir un magasin pour Raf Simons ou de repenser lâespace de la galerie dâart privĂ©e TuymansArocha, lâon retrouve une part de votre style emblĂ©matique, façonnĂ© par le design Ă©purĂ© et la sophistication brut. Diriez-vous que cette empreinte architecturale est le fil rouge de tous vos projets ? Cela en fait certainement partie, mais mon vĂ©ritable fil rouge est de considĂ©rer le fonctionnel comme le socle de tout. DĂšs les premiĂšres esquisses dâun projet, je me concentre sur la maniĂšre dont il faudra se mouvoir dans lâespace et quel en sera lâusage. Mon approche est celle dâun architecte des temps classiques, Ă
lâinstar de Corbusier ou de Mies van der Rohe, pour lesquels, lâextĂ©rieur Ă©tait la rĂ©sultante de lâamĂ©nagement, Ă lâinverse du post-modernisme oĂč lâon travaillait dâabord les formes et les volumes, obtenant un rĂ©sultat design mais pas forcĂ©ment pratique.
Comment sĂ©lectionnez-vous vos collaborations ? Câest un processus trĂšs intuitif et Ă©motif. Une grande part de mes clients est liĂ©e au monde de lâart et de la mode. Deux domaines avec lesquels jâai des affinitĂ©s trĂšs fortes. LâĂ©coute et la comprĂ©hension viscĂ©rale des besoins de chacun dâeux sont aussi essentielles Ă mon travail. Parvenir Ă correspondre aux souhaits de crĂ©ateurs comme Pieter Mulier, Virginie
BE PERFECT | GLENN SESTIG
MorobĂ© ou Ann Demeulemeester, donner vie Ă leur vision est trĂšs stimulant. Certains sont encore lĂ vingt ans aprĂšs leur premier projet, tandis que jâai collaborĂ© vingt ou trente fois avec dâautres. Il y a un vrai lien qui se crĂ©e et je fini par mieux connaĂźtre leurs goĂ»ts et envies que les miens !
Justement, comment avez-vous pensĂ© le design des deux flagships MorobĂ© ? A-t-il Ă©tĂ© travaillĂ© en partenariat avec Virginie MorobĂ© ? Oui, toutes les rĂ©alisations se font main dans la main. Depuis lâavĂšnement dâInstagram et Pinterest, les clients arrivent frĂ©quemment avec un moodboard dâinfluences et dâimages. CâĂ©tait le cas pour la premiĂšre boutique MorobĂ©. On a donc traduit ces inspirations sixties
et seventies en version contemporaine avec des touches organiques, du daim, des arrondis. Une fois rĂ©alisĂ© le flagship de Knokke, nous avons transposĂ© son essence Ă celui dâAnvers. CâĂ©tait une autre configuration, un espace beaucoup plus grand, mais il fallait quâil conserve le mĂȘme lâADN, celui dâun lieu magnifique sans ĂȘtre intimidant.
Les grands espaces sont-ils justement le luxe qui permet de laisser libre cours Ă lâimaginaire ? Pas forcĂ©ment. Pour moi lâon peut obtenir du plus petit cadre un rendu incroyable, comme The Bakery, lâespace conçu pour le chef pĂątissier et chocolatier Joost Arijs. La taille nâa pas dâemprise. Et câest la variĂ©tĂ© des espaces, des configurations et des demandes qui
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fait le challenge et nous permet de ne pas tomber dans la monotonie.
RĂ©aliser des installations temporaires comme celle du dĂ©filĂ© des 20 ans de Verso ou de lâexposition dâOlivier Theyskens, est-il frustrant ou au contraire libĂ©rateur ? Les installations temporaires permettent une certaine lĂ©gĂšretĂ©. RĂ©aliser des scĂ©nographies pour expositions ou dĂ©filĂ©s est donc trĂšs excitant. Et en parallĂšle Ă la conception architecturale classique qui prend Ă©normĂ©ment de temps, il est agrĂ©able et gratifiant dâavoir des projets courts, aux rĂ©sultats plus directs.
On retrouve dans votre travail des installations monumentales mĂȘlĂ©es Ă style minimaliste. Du raffinement tissĂ© Ă coup de matĂ©riaux bruts. Ătesvous attirĂ©, exaltĂ© par les contraires ? Oui, jâaime les contrastes, ils donnent une tension. Un rendu luxueux couplĂ© au bĂ©ton et bois brut, lâĂ©quilibre entre le chaud et le froid, la sophistication et la simplicitĂ©, pour arriver Ă un espace chaleureux sans ĂȘtre ennuyeux.
Et quâen est-il des objets, comme notamment la lignĂ©e de luminaires rĂ©alisĂ©e pour Ozone, les poignĂ©es Studio Vervloet ou les bougies parfumĂ©es Mon Dada. Sont-ils lâoccasion de nouveaux dĂ©fis ? Ils sont en fait soit liĂ©s Ă une demande, soit Ă un besoin que je ressens. Celui dâun objet, dâune poignĂ©e de porte, dâun robinet, qui nâexistaient pas encore et que jâai dĂšs lors créés, en complĂ©ment dâautres projets.
Depuis la crĂ©ation de votre cabinet dâarchitecte en 1999, vous nâavez eu de cesse de dĂ©velopper des projets toujours plus prestigieux. De quoi rĂȘvezvous aujourdâhui ? De rĂ©aliser un hĂŽtel Ă lâĂ©tranger ou un beau musĂ©e. Ce sont deux utilisations de lâespace trĂšs fortes, deux Ă©normes challenges, que je nâai pas encore eu lâoccasion de rĂ©aliser. Mais un jour prochain, qui sait !
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En totale harmonie LEONET HOANG
Architectes de formation, Charles Leonet et Ngoc Hoang multiplient les projets alternant le rĂŽle dâarchitecte, fournisseur de mobilier, scĂ©nographe, et prenant finalement de plus en plus la fonction de vĂ©ritables directeurs artistiques. Leur but ? Arriver Ă lâharmonie ultime dâun espace. Immersion dans leur univers.
Tous les deux Ardennais, ils se sont rencontrĂ©s dans un bureau dâarchitecture, et depuis, ces partenaires de travail ne se sont pour ainsi dire plus jamais quittĂ©s. Ils enchaĂźnent les projets ensemble et forment aujourdâhui un duo de choc sous le nom Leonet Hoang depuis prĂšs de deux ans. Architecture et mobilier bien choisi se reflĂštent et se complĂ©mentent dans leur travail pour crĂ©er un Ă©quilibre et une parfaite harmonie. Lâart de chiner les animant depuis des annĂ©es, ils se dĂ©crivent comme architectes et antiquaires. A travers cette approche double, le duo partage sa philosophie de lâesthĂ©tique. Lâouverture de leur galerie en Ă©tĂ© 2021 semble leur carte de visite, un lieu artistique oĂč la signature Leonet Hoang se ressent. Leurs intĂ©rieurs comme leur mobilier chinĂ© et rĂ©novĂ© avec un mĂ©ticuleux savoir-faire naissent dâune longue rĂ©flexion et prennent vie dans un espace simplifiĂ© oĂč rien nâest laissĂ© au hasard pour le rendre plus fort, plus cohĂ©rent, plus caractĂ©riel.
Leonet & Hoang câest⊠Une expĂ©rience architecte et antiquaire oĂč lâon propose un projet avec une direction artistique reprenant ces deux volets dans une cohĂ©rence et une vision globale.
Quâest-ce qui vous a uni sous ce mĂȘme nom de sociĂ©tĂ© ? Bosseurs, voyageurs, on a les mĂȘmes valeurs familiales⊠Câest simple, on fait tout Ă deux, de lâavant-projet Ă sa conception finale.
Justement, ensemble, Ă quoi ressemble votre style ? Nous ne voulons pas nous cadenasser Ă un style. On tente de rĂ©pondre aux envies et besoins du client en proposant une rĂ©elle expĂ©rience sur mesure, presque identitaire. Mais le projet qui nous ressemble est celui que lâon suit de A Ă Z, du gros Ćuvre Ă la fourniture du mobilier, en passant par le shooting et enfin la publication dans un magazine. Plus que tout, nous souhaitons tout dâabord offrir des espaces oĂč les gens se sentent bien grĂące Ă lâharmonie que nous crĂ©ons.
Votre galerie en est un bon exemple ? On travaillait dans une chambre de bonne qui se remplissait de plus en plus de nos trouvailles chinĂ©es. Nous voulions dĂ©mĂ©nager et profiter de lâoccasion pour mettre notre mobilier en scĂšne. La galerie est donc devenue une plateforme, un support artistique. Ce sont nos bureaux, notre showroom, mais des marques viennent aussi y shooter et des Ă©vĂšnements sây organisent.
Comment choisissez-vous les objets Ă rĂ©nover et Ă placer dans votre galerie ou dans vos intĂ©rieurs ? Tous sont les crĂ©ations dâarchitectes. Notre Ćil veille aux lignes, il nous mĂšne indĂ©niablement vers des choses plus structurĂ©es, plus architecturĂ©es, ce qui nous Ă©loigne typiquement du dĂ©corateur ou de lâarchitecte dâintĂ©rieur. Nous voulons formaliser lâespace et penser lâobjet comme tel et pas comme un geste gratuit. DĂšs lâavant-projet, nous savons dĂ©jĂ quel objet placer et oĂč. On ne vient pas âdĂ©corerâ la maison aprĂšs projet, nous
MOTS : OLIVIA ROKS
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ne voulons pas que le sujet soit perçu comme une piĂšce ajoutĂ©e. La vision dâensemble et le rĂ©sultat dâuniformitĂ© sont primordiaux.
Quelles sont les fautes de goût que vous détestez ?
Ngoc Hoang â La disproportion. Rien de pire quâun endroit disproportionnĂ© spatialement. Par exemple, une chambre trop grande. Parfois une petite chambre de 15m2 charmante et bien pensĂ©e vaut mieux quâune suite parentale oĂč le lit est perdu et la lumiĂšre nâest pas bonne. La gĂ©nĂ©rositĂ© spatiale ne se dĂ©finit pas en m2.
Charles Leonet - Les faux matĂ©riaux, ceux qui sont figĂ©s. Mais aussi quand les gens remplissent leur intĂ©rieur comme un patchwork, quâils ne rĂ©flĂ©chissent pas Ă lâensemble, cela fait vite trĂšs tutti frutti !
Il y a des matiĂšres que vous privilĂ©giez ? On adore lâinox et le cuir. Ce sont des matiĂšres qui vivent, qui se patinent. Lâinox a une incroyable technicitĂ©. Quant au cuir, sa patine extraordinaire lui octroie un caractĂšre, une personnalitĂ©.
Et si vous deviez choisir trois objets qui vous reprĂ©sentent parfaitement ? Les tapisseries de Charlotte Culot, de rĂ©elles piĂšces dâarchitecture Ă nos yeux. Les appliques de Christophe Gevers et lâincroyable fauteuil de Tarcisio Colzani et son remarquable profil.
Outre les objets, des lieux vous inspirent ?
Charles Leonet â La fondation Querini Stampalia de Carlo Scarpa Ă Venise, tout a Ă©tĂ© pensĂ© dans les moindres dĂ©tails. On peut passer des heures dans ce lieuâŠ
Ngoc Hoang â Ayant fait Ă©normĂ©ment de piano, câest davantage la musique qui mâinspire. Je dirais les Nocturnes de FrĂ©dĂ©ric Chopin, pour moi il est comme un designer que lâon reprĂ©sente.
Avant de se quitter, vous nous dévoilez vos projets à venir ?
On prĂ©pare le prochain Brussels Design Market et on voudrait Ă©galement participer aux foires de GenĂšve et DĂŒsseldorf. LâidĂ©e serait de rĂ©aliser des focus sur un architecte et son mobilier. On aimerait aussi Ă lâapproche de lâĂ©tĂ© mettre en avant le thĂšme pool house Ă la galerie. Beaucoup dâarchitectes ont fait du mobilier de jardin qui nâest finalement pas mis en valeur et quâon ne retrouve pas sur le marchĂ©. CĂŽtĂ© architecture, nous sommes heureux dâavoir de plus en plus de clients nous faisant confiance pour des projets de A Ă Z. Actuellement, notez lâamĂ©nagement dâun appartement Ă GenĂšve ou encore lâamĂ©nagement dâun chalet Ă Chamonix. www.leonethoang.com
BE PERFECT | LEONET HOANG
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Namur (Cash & Carry) 7 Rue Sainte-Anne 5310 Leuze (Eghezée) T: 081 51 17 91 Bruxelles 325 Avenue Reine Astrid 1950 Kraainem (Stockel) T: 02 767 76 14 Anvers 28 Sint-Michielskaai 2000 Antwerpen T: 03 237 46 48 LiÚge 1 Rue des Gravillons 4020 LiÚge T: 04 341 35 00
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Chez Ivan et Judith,
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Ziegler, spĂ©cialiste belge du transport international et de la logistique, fĂȘte son 115e anniversaire cette annĂ©e. A la tĂȘte de ce secteur traditionnellement masculin, une femme, Diane Govaerts, 4e gĂ©nĂ©ration du clan Ziegler, rĂ©cemment Ă©lue Manager de lâannĂ©e et CEO intarissable quand on lui parle de dĂ©veloppement durable. Discussion sans fard.
MOTS : SERVANE CALMANT PHOTO : STUDIO DANN BE PERFECT | DIANE GOVAERTS
Vous ĂȘtes lâarriĂšre-petite-fille dâArthur Joseph Ziegler, le fondateur de Ziegler. Quelles sont les valeurs prĂŽnĂ©es par votre entreprise familiale ? Jâen vois quatre : lâauthenticitĂ©, lâentrepreneuriat, lâexpertise et la fiabilitĂ©-durabilitĂ©. LâauthenticitĂ© car nous sommes une entreprise familiale Ă taille humaine qui fĂȘte son 115e anniversaire cette annĂ©e ; lâentrepreneuriat car nous sommes rĂ©actifs, crĂ©atifs et flexibles, nous crĂ©ons des solutions sur mesure pour nos clients ; lâexpertise Ă©galement, avec un savoir-faire centenaire hautement qualitatif ; la fiabilitĂ© et la durabilitĂ© enfin, avec une vĂ©ritable conscience Ă©cologique et une bonne gouvernance dâentreprise.
En une ligne, pourquoi choisir Ziegler ? Pour la qualité de nos services, notre efficacité et notre sur-mesure.
Avant de rejoindre Ziegler, vous avez travaillĂ© au sein de la banque Degroof Petercam. Vous saviez quâun jour vous alliez inĂ©vitablement rejoindre le clan Ziegler ? En sortant de lâĂ©cole de commerce Solvay Ă Bruxelles, section finances, je voulais faire mes armes ailleurs que chez Ziegler. AprĂšs 7 ans, jâai rejoint lâentreprise familiale. Câest un peu comme AstĂ©rix, je suis tombĂ©e dedans quand jâĂ©tais petite.
Quels sont les avantages de travailler en famille ? Il nây a pas de direction pyramidale chez Ziegler, les schĂ©mas de dĂ©cisions sont donc trĂšs rapides, et je suis trĂšs accessible, ma porte est toujours ouverte. DeuxiĂšme avantage, câest la vision Ă long terme. Chez Ziegler, nous ne progressons pas trimestre aprĂšs trimestre comme les sociĂ©tĂ©s cotĂ©es en bourse ; au contraire, nous pensons gĂ©nĂ©ration, ce qui est trĂšs rassurant pour nos Ă©quipes.
A seulement 32 ans, vous ĂȘtes devenue CEO de Ziegler, quelle est la clĂ© de cette fulgurante rĂ©ussite professionnelle ? Le travail.
A 38 ans, vous venez dâĂȘtre Ă©lue Manager de lâAnnĂ©e. Une femme Ă la tĂȘte dâun secteur dâactivitĂ©s, le transport, historiquement dĂ©volu aux hommes. Ce titre a-t-il une saveur particuliĂšre ? Câest une belle reconnaissance pour une entreprise centenaire et ses Ă©quipes. Cet award confĂšre Ă©galement plus de visibilitĂ© Ă un secteur, le transport et la logistique, qui est assez mĂ©connu, alors que câest un travail passionnant, dynamique, variĂ©, avec six principaux mĂ©tiers, lâaĂ©rien, le maritime, la route, le ferroviaire, la logistique et la douane. Cette mise en lumiĂšre de notre activitĂ© est une bonne chose.
Yâa-t-il beaucoup de femmes employĂ©es chez Ziegler ? 35% dans un secteur rĂ©putĂ© masculin, ce nâest pas mal. Dâautant que ce chiffre augmente chaque annĂ©e !
En Belgique, les femmes nâoccupent que 9% des postes de PDG ! Que vous inspire ce pourcentage ? Ce nâest pas assez, Ă©videmment ! Je prĂŽne la mĂ©ritocratie, oĂč la hiĂ©rarchie sociale est fondĂ©e sur le seul mĂ©rite. La compĂ©tence, le dynamisme, lâamour du travail bien fait, je crois en ces valeurs.
Quelle a Ă©tĂ© votre stratĂ©gie pour vous faire accepter, vous la fille de la famille Ziegler, par vos Ă©quipes ? CâĂ©tait trĂšs important pour moi que les Ă©quipes comprennent et adhĂšrent Ă ma vision, alors je suis allĂ©e Ă leur rencontre sur le terrain, dans les agences du groupe, jâai beaucoup communiquĂ© sur ma stratĂ©gie pour les onboarder, les intĂ©grer Ă mes projets.
Quelle sorte de manageuse ĂȘtes-vous ? Je prĂŽne un management participatif. Je suis trĂšs ouverte aux nouvelles idĂ©es, propositions, innovations, et je nâaime pas imposer, je prĂ©fĂšre convaincre.
Manageur, manageuse, une question de sensibilité ? Oui, mais⊠Une entreprise 100% masculine ou 100% féminine ne serait pas complÚte. Je crois en la complémentarité des hommes et des femmes dans le secteur du travail.
Yâa-t-il une contrainte liĂ©e Ă votre titre de CEO que vous nâaimez pas particuliĂšrement ? (elle rit) Le manque de sommeil. Je suis une matinale et une couche-tard, donc je ne dors pas assez ! Mais mon mĂ©tier est passionnant, je ne me plains pas.
Ziegler, basée à Bruxelles, est présente dans 15 pays dont le Royaume-Uni, le Maroc, la Chine. Et demain ? Cette année, nous ouvrons un bureau aux Etats-Unis. Ziegler est donc désormais présent sur 4 continents.
Pour rĂ©duire son empreinte carbone, Ziegler a notamment dĂ©veloppĂ© les vĂ©los-cargos et le Transporter, un vĂ©hicule Ă©lectrique autonome. La durabilitĂ©, câest lâun de vos principaux dĂ©fis ? Câest un sujet qui me tient particuliĂšrement Ă cĆur. On a lancĂ© en 2021, la campagne « Ziegler. Now even greener ». Depuis 115 ans, nos couleurs sont le vert et le jaune et jâambitionne que Ziegler soit encore plus vert dans les annĂ©es Ă venir en termes de bĂątiments (que lâon Ă©quipe notamment de panneaux solaires), de transports (avec une distribution urbaine neutre en CO2, des vĂ©los-cargos, etc.), de culture dâentreprise (on recycle davantage, on a supprimĂ© les gobelets en plastique, car tous les petits gestes comptent), et de partenariats avec des partenaires sensibles aux mĂȘmes objectifs de durabilitĂ©.
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« Dans le monde de lâentreprise, je crois en la complĂ©mentaritĂ© entre les hommes et les femmes »
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Sous lâĂ©toile, La Table
Benjamin Laborie a ouvert « La Table » à Ohain, dans le Brabant wallon, en décembre dernier. Quatre mois plus tard, le 13 mars précisément, il récolte 1 étoile au guide Michelin qui vient récompenser un parcours belge fulgurant.
« La France mâa formĂ©, la Belgique mâa apportĂ© la reconnaissance.
Je ne lâoublierai pas », parole de chef.
FormĂ© chez Michel GuĂ©rard et chez Michel Bras, deux lĂ©gendes triplement Ă©toilĂ©es de la gastronomie française, Benjamin Laborie arrive en Belgique en 2009. A Bruxelles, chez « Bowery », le chef obtient le prix Gault & Millau du « Meilleur nouveau restaurant ». Ensuite, dans le Brabant wallon, il rafle 1 Ă©toile Michelin venue rĂ©compenser sa crĂ©ativitĂ©. DĂ©cembre 2022, il ouvre « La Table » Ă Ohain, oĂč il est dĂ©sormais seul maĂźtre Ă bord, et câest Ă nouveau la consĂ©cration : Michelin lui accorde 1 Ă©toile.
Les gourmets du BĂ©WĂ© se souviennent certainement du « Try Bara », du « Bliss » et du « Maxan ». Câest entre ces murs de vieilles pierres que Benjamin officie avec notamment la complicitĂ© de Guillaume Vegreville, son fidĂšle et diligent maĂźtre dâhĂŽtel, qui nous reçoit au salon. Cette vaste piĂšce qui fait la part belle au bois, est flanquĂ©e dâun feu ouvert et garnie de fauteuils club aux couleurs vitaminĂ©es. On sây installe pour prendre lâapĂ©ro et savourer quatre premiĂšres mises en bouche. Le chef, gĂ©nĂ©reux, en a prĂ©vu sept. Le salon sâouvre sur une salle Ă manger aux tables nappĂ©es parfaitement
espacĂ©es. De quoi nous Ă©viter de manger sur les genoux du voisin. Un cadre Ă©lĂ©gant et convivial Ă la fois, et une parfaite organisation de lâespace, voilĂ de quoi nous mettre dâemblĂ©e en confiance.
Benjamin, fĂ©licitations ! En votre for intĂ©rieur, saviez-vous que vous remporteriez si rapidement 1 Ă©toile Michelin ? SincĂšrement, non. En revanche, autour de moi, tout le monde y croyait. Mon Ă©quipe, et les clients qui me disaient que je la mĂ©ritais. Moi, je calmais plutĂŽt les ardeurs. A mon Ă©quipe, jâai suggĂ©rĂ© de savourer lâinstant, câest-Ă -dire le succĂšs dâun restaurant qui ne dĂ©semplit pas aprĂšs quatre mois dâexploitation. Et le 13 mars, je dĂ©croche lâĂ©toile. Une double consĂ©cration : un succĂšs public et la reconnaissance du Michelin. Je suis un chef heureux.
Cette Ă©toile rĂ©compense le travail dâune Ă©quipe. Notamment Guillaume Vegreville, votre fidĂšle maĂźtre dâhĂŽtel que vous connaissez depuis trĂšs longtemps... Depuis 18 ans, nous nous sommes rencontrĂ©s chez Michel Bras, une
MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : ANTHONY DEHEZ
PLAISIR | 99
belle aventure commune. Dans mon Ă©quipe, il y a aussi une nouvelle gĂ©nĂ©ration qui mâa suivi quand jâai lancĂ© le projet « La Table » et je leur suis trĂšs reconnaissant. Sans eux, pas dâĂ©toile, croyez-moi.
1 Ă©toile, câest une franche rĂ©compense mais une sacrĂ©e pression⊠DĂ©trompez-vous : le guide Michelin nâimpose rien aux chefs. LâĂ©toile vient rĂ©compenser lâamour du travail bien fait et la sincĂ©ritĂ© de la cuisine. Si je conserve ce sentiment du devoir accompli, et câest mon but, je nâai rien Ă craindre. Mais je ne vous cache pas que
la veille de la cérémonie des Michelin, je ne passe pas la meilleure des nuits.
« La Table », ce nom rĂ©sonne comme une invitation. Exactement. Câest un peu lâidĂ©e de la table dâhĂŽtes. Je ne propose pas de carte mais des menus plusieurs services (4, 5 et 7 services, et un lunch en trois temps) qui me permettent de mâaffranchir de toute contrainte et dâĂȘtre libre dans mon travail crĂ©atif. Je dors peu, il mâarrive la nuit de rĂ©flĂ©chir Ă un plat et de le concrĂ©tiser le lendemain. Quand le client passe la porte dâentrĂ©e de « La Table », il accepte de se laisser guider,
dâentrer dans mon univers, et câest parti pour trois heures de dĂ©couvertes culinaires. Je reste Ă©videmment attentif aux intolĂ©rances des uns et aux aversions alimentaires des autres.
« La truffe noire parfumĂ©e et un bouillon intense dâoignons donnent une nouvelle dimension Ă cette soupe Ă lâoignon 2.0 » Ă©crit le Michelin. Cette revisite dâun classique, la soupe Ă lâoignon, Ă base dâoignons des CĂ©vennes, sabayon au vin jaune, croutĂ© Ă la truffe Tuber Melanosporum, on lâa goĂ»tĂ©e, tenaillĂ©e par une irrĂ©sistible envie de lĂ©cher lâassiette. Câest votre
BE PERFECT | LA TABLE DE BENJAMIN LABORIE
plat signature ! Merci. Mais je vais peut-ĂȘtre vous dĂ©cevoir : la saisonnalitĂ© Ă©tant au cĆur de ma cuisine, il faudra attendre un an avant de retrouver cette soupe au menu, et encore, je nâapprĂ©cie pas forcĂ©ment le concept de plat signature et je ne refais jamais deux fois la mĂȘme assiette. Lâhiver prochain, je vais donc surprendre avec dâautres plats.
Parlons saison alors. En avril, quel aliment va-t-on retrouver au menu ?
la nature et les maraichers qui dictent mon assiette. Au printemps, elle sera verte, en septembre rouge. Je mets quiconque au dĂ©fi de trouver meilleure tomate que celle rĂ©coltĂ©e en septembre. Je suis mes envies Ă©galement, jâai changĂ© trois fois de menus en trois mois.
Vous ĂȘtes Ă©galement le roi des sauces ! Votre secret ? (Rire). Michelin a en effet soulignĂ© la qualitĂ© de mes sauces. Mon secret : je ne monte jamais mes sauces au beurre, je prĂ©fĂšre travailler le bouillon ou la graisse sĂšche de lâanimal, ce qui les rend plus lĂ©gĂšres.
Avec une somptueuse terrasse braquĂ©e sur des prairies et des champs vallonnĂ©s, « La Table » affiche encore un atout sĂ©duction ⊠LâĂ©tĂ©, je compte ouvrir la terrasse et la salle intĂ©rieure du restaurant, Ă la bonne convenance du client. Mais je ne compte pas augmenter le nombre de couverts, je plafonne Ă 36 convives, pas davantage afin dâassurer un service convivial et attentionnĂ©.
Les asperges vertes et blanches, les petits pois, les morilles, jâattends chaque saison avec impatience. Câest www.latablebenjaminlaborie.be
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CHRISTOPHE HARDIQUEST
Ă 46 ans, il laisse derriĂšre lui « Bon-Bon », 2 Ă©toiles Michelin, un 19,5/20 au Gault&Millau et des bons souvenirs Ă foison, pour ouvrir en fĂ©vrier dernier « Menssa », un comptoir gastronomique de grande proximitĂ©, de belle complicitĂ©, avec le client. Quand on lui demande pourquoi il a eu envie dâĂ©crire une nouvelle page de sa vie, Christophe Hardiquest parle de besoin, dâenvie, de dĂ©sir. Rebondir, câest le propre dâun vrai entrepreneur. Causerie Ă lâombre dâun arbre dâintĂ©rieur qui dĂ©finit le nouveau territoire gourmand du chefâŠ
BE PERFECT | MENSSA
MOTS : SERVANE CALMANT
©
Jehanne Hupin
Que les inconditionnels de Bon-Bon se rassurent, ils ne seront pas tout Ă fait bousculĂ©s dans leurs (bonnes vieilles) habitudes. Quoique ! En bordure de la ForĂȘt de Soignes, ce sont les murs de Bon-Bon qui abritent dĂ©sormais Menssa pour mens « lâesprit » et mensa « la table ». La dĂ©coration dâintĂ©rieur a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă lâatelier dâarchitecture belge AnneCatherine Lallemand, avec laquelle Christophe Hardiquest collabore depuis 20 ans. Rien ne change, donc ? Au contraire ! La dĂ©co 100% belge a Ă©tĂ© complĂštement renouvelĂ©e puisquâelle Ă©pouse un nouveau concept, un comptoir gastronomique dont la
cuisine est notamment inspirĂ©e par la nature environnante. Ainsi ces chaises hautes en velours vert forĂȘt de chez Marieâs Corner et les audaces dâAnne-Catherine Lallemand, un arbre monumental aux contours harmonieux et un comptoir, central, qui en dominant la salle Ă manger, affiche clairement ses intentions : rapprocher le chef et sa brigade de ses hĂŽtes. VoilĂ pour la dĂ©co. Et lâintention. Place au chef, maintenant.
Deux décennies chez Bon-Bon, puis un jour, dans la belle quarantaine, vous décidez de tourner la page⊠Je ne me sentais plus en phase avec ma vision du
restaurant de demain et jâĂ©tais en plein divorce, deux Ă©lĂ©ments qui mâont poussĂ© Ă aller de lâavant. Les derniĂšres annĂ©es Ă la tĂȘte de Bon-Bon, jâĂ©tais dans ma zone de confort. Jâaurais pu continuer Ă emprunter le chemin le plus facile, mais aprĂšs 20 ans, mon travail me semblait rĂ©pĂ©titif, je me sentais moins crĂ©atif.
Christophe Hardiquest, chef et entrepreneur leader⊠Oui, je le revendique. Jâessaie dâinspirer Ă travers mes valeurs et ma conception de la gastronomie. Câest pourquoi je nâai aucun regret dâavoir tournĂ© la page. Mieux : jâai aimĂ© me sentir bouleversĂ©, bousculĂ©, cela mâa obligĂ© Ă repenser mon mĂ©tier.
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« Câest mon mĂ©tier de bousculer les codes »
© Richard Haughton
Vous avez une pĂȘche dâenfer ! Jâai 47 ans et jâai retrouvĂ© une Ă©nergie de fou, comme si je dĂ©butais dans le mĂ©tierâŠ
En quoi Menssa est-il novateur ? Mon concept tient en une ligne : inviter les clients dans mon laboratoire culinaire. Je suis partisan dâune proximitĂ© entre mes chefs de cuisine et les clients. Je les ai prĂ©parĂ©s Ă parler de leur travail, Ă exprimer leurs Ă©motions, Ă Ă©couter leurs feedbacks⊠Mon pari, câest celui de la durabilitĂ© pour la planĂšte et pour mon staff oĂč chacun a un vrai statut et de bonnes conditions de travail, de la proximitĂ© avec le client, de la saisonnalitĂ© et de la traçabilitĂ© dans lâassiette.
Chez Bon-Bon, nous avions dĂ©jĂ mangĂ© au comptoir ⊠Et cette idĂ©e a Ă©voluĂ© dans ma tĂȘte. Le comptoir favorise la transparence, la proximitĂ© avec la cuisine, il fait dĂ©sormais office
de table principale. Aussi prĂ©pareronsnous les sauces, par exemple, devant nos hĂŽtesâŠ
Un comptoir principal. Pour autant, Menssa propose plusieurs expĂ©riences culinaires ⊠Il y a 22 places au comptoir et jusquâĂ 8 couverts dans une petite salle privative, pour une soirĂ©e familiale ou business, et un coin salon intĂ©grĂ© Ă la piĂšce principale. LâĂ©tĂ©, lâapĂ©ro, le cafĂ© et le Havane sâinvitent en terrasse. Menssa se veut un restaurant en mouvement.
Parlons de lâassiette. Menssa est-il plus crĂ©atif que Bon-Bon ? (Il rĂ©flĂ©chit) Oui. Menssa, câest un nouvel Ă©crin qui me sert de vĂ©ritable laboratoire pour tester la cuisine en permanence. Jâinvente chaque jour en fonction dâune idĂ©e, dâun produit. Jâose Ă©galement travailler des produits
diffĂ©rents : je vais prĂ©fĂ©rer les rognons dâagneau au gigot et je proposer de la vive ou du rouget grondin, des poissons oubliĂ©s. Je dĂ©veloppe davantage mon savoir-faire en matiĂšre de fermentation, de salaison, dâhuile dâherbes sauvages en provenance de la ForĂȘt de Soignes. Jâai Ă©galement dĂ©cidĂ© de rĂ©duire la consommation dâĂ©nergie en cuisinant un maximum au feu de bois et en proposant des aliments crus notamment un sushi de moelle. Jâenrichis ma rĂ©flexion sur le monde de demain et ma carte est un vĂ©ritable terrain de jeu que je dĂ©cline en jardin, forĂȘt, terre et mer. Je propose une cuisine de naturalitĂ©, de simplicitĂ©, de crĂ©ativitĂ©, affranchie de toutes les injonctions du monde gastronomique. Câest mon mĂ©tier de bousculer les codes.
Yâa-t-il dĂ©jĂ un plat emblĂ©matique chez Menssa ? La mosaĂŻque dâanguille au tabac de romarin, navet cru en rĂ©moulade de vieux rhum, plait Ă©normĂ©ment.
Christophe, serez-vous souvent chez Menssa ? Oui, mais je continuerai Ă voyager. Pendant 20 ans, jâai Ă©tĂ© bloquĂ© dans ma cuisine chez Bon-Bon, je ne veux plus de cette vie-lĂ . Je travaille Ă©normĂ©ment Ă la transmission de mon savoir-faire : la maison doit pouvoir tourner sans moi ! Je ne suis pas le seul acteur de Menssa. Ce sont les mĂȘmes personnes qui cuisinent, qui mâassistent, que je sois lĂ ou pas. Câest Ă©galement lâidĂ©e du comptoir, que le client fasse connaissance avec mon Ă©quipe. « Bonjour, je suis Hugo, je suis le responsable des dĂ©gustations, je vais vous prĂ©parer ceci ou cela⊠». Câest ainsi que jâai imaginĂ© Menssa.
LâĂ©tĂ©, vous serez derriĂšre les fourneaux de La MĂšre Germaine ; une partie de lâhiver, Ă Crans-Montana au Chetzeron. Les produits que vous dĂ©couvrez en Provence ou dans le Valais en Suisse enrichissent-ils la cuisine de Menssa ? Oh oui ! Jâai dĂ©couvert les pois chiches dâUzĂšs et de la raclette de 7 ans du Valais. Et rĂ©ciproquement, jâai amenĂ© Ă ChĂąteauneuf-duPape de la gueuze belge. Je mâĂ©clate en travaillant sur ces trois terroirs.
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© Richard Haughton
RESTAURANT & TRAITEUR : LA BASCULE, CHAU. DE VLEURGAT 324, 1050 IXELLES, BELGIQUE - +32 2 640 07 07 TRAITEUR : CHAU. DE WATERLOO 1359H, 1180 UCCLE - +32 2 640 06 06 PLACE DUMON 7 - 1150 WOLUWE AVENUE LOUISE - BRUXELLE SPĂCIALITĂS LIBANAISES Respirez, Voyagez, Vous Ătes Oliban
EL SOCARRAT
Heureux propriétaires du festif
« Beauty Gastro Pub », Pamela Michiels et Glenn Godecharle, son mari, ont rĂ©cemment ouvert « El Socarrat », du nom de la croĂ»te de riz qui colle dans le fond de la paĂ«lla. Mais quâon ne sây trompe pas, cette nouvelle enseigne gourmande ne se rĂ©sume Ă la spĂ©cialitĂ© culinaire de Valence. Toute la MĂ©diterranĂ©e y est Ă lâhonneur. Ainsi que des cocktails signature concoctĂ©s par un mixologue inspirĂ©, pour dĂ©buter ou terminer la soirĂ©e dans un cadre intimiste ou, lâĂ©tĂ©, au jardin.
Pamela est la fille dâAlbert et Marianne Michiels, un nom, une famille, une rĂ©fĂ©rence dans le monde des brasseries bruxelloises et du bĂ©wĂ©, puisque Restauration Nouvelle, que le padre a créée en 1985, compte aujourdâhui pas moins de 24 Ă©tablissements. « Jâai baignĂ© dans lâhoreca depuis que je suis enfant, fait lâEcole hĂŽteliĂšre de Lausanne, et rencontrĂ© celui qui deviendra mon mari, Glenn Godecharle, Ă GenĂšve oĂč il officiait comme chef de cuisine Ă lâHĂŽtel InterContinental. Lâhoreca, câest notre secteur de prĂ©dilection », prĂ©cise dâemblĂ©e Pamela Michiels.
Pour lâheure, les tourtereaux sont propriĂ©taires de deux Ă©tablissements, deux identitĂ©s distinctes, deux signatures design diffĂ©rentes, situĂ©s Ă Hoeilaart, Ă la frontiĂšre entre Bruxelles et le BĂ©wĂ©, bien vu. Le « Beauty Gastro Pub » ouvert en 2017, rĂ©invente lâesprit pub en proposant de la bibine Ă©videmment, mais aussi de bons flacons, des cocktails, des plats sympas en mode tapas, et un son qui monte en fonction
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SOCARRAT
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : LINDSAY ZĂBIER
La pépite cachée des Michiels
de lâambiance souvent festive. Quant à « El Socarrat », anciennement « Chez Lulu » dĂ©jĂ propriĂ©tĂ© des Michiels, il se profile comme un restaurant plus bourgeois, aux allures de speakeasy, comprenez : de club feutrĂ©. Vous y attendent des plats qui sentent bon le soleil du bassin mĂ©diterranĂ©en et une cuisson au grill Ă charbon Josper pour confĂ©rer aux produits, viande, poulpe, lĂ©gumes, un goĂ»t de fumĂ©e inimitable. On vous recommande chaudement les petits pois frais sautĂ©s sur braise accompagnĂ©s de jambon ibĂ©rique, la Rubia Gallega, une race bovine originaire de Galice qui fond littĂ©ralement en bouche et, en sus, le coulis de poivrons de piquillo, encore un incontournable de la gastronomie espagnole dans notre assiette.
« El Socarrat renvoie Ă©videmment aux origines de mon mari qui vient dâAlicante, mais on ne souhaitait pas rĂ©sumer lâoffre culinaire Ă la seule paĂ«lla. Cependant, on vous la conseille vivement, car on la propose dans sa version authentique, avec la fameuse croĂ»te de riz au fond de la poĂȘle qui a donnĂ© son nom au resto ⊠»
El Socarrat, on le sait peut-ĂȘtre moins, bĂ©nĂ©fice dâun autre atout sĂ©duction : son bar Ă cocktails, pour un before ou un after en mode chic. Lâambiance y est Ă©lĂ©gante et feutrĂ©e et, contrairement au Beauty Gastro Pub, on ne monte pas le son et on nây danse pas, mais on cause et on badine en sirotant une « Femme Fatale » Ă base de gin, ananas, apĂ©rol et citron vert. LâĂ©tĂ©, El Socarrat compte bien abattre sa derriĂšre carte : une terrasse orientĂ©e jardin, pour une mise au vert de circonstance.
Si lâassiette suscite de lâĂ©motion, la dĂ©co participe Ă©videmment Ă lâattrait culinaire dâun lieu. « Chez les Michiels, nous sommes toutes et tous trĂšs sensibles Ă la dĂ©co, nous cherchons Ă insuffler une Ăąme Ă nos Ă©tablissements. Pour El Socarrat, jâai fait appel Ă Antoinette Tondreau ».
En rĂ©sulte un endroit particuliĂšrement stylĂ©, ultra cosy, lumiĂšre tamisĂ©e et velours de circonstance. Du 100% instagrammable qui nous a donnĂ© envie de rencontrer Antoinette, jeune architecte dâintĂ©rieur dont El Socarrat est le premier projetâŠ
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Votre parcours ? Jâai 29 ans, jâai travaillĂ© trois ans avec lâarchitecte dâintĂ©rieur bruxellois Lionel Jadot, et je navigue dĂ©sormais seule. El Socarrat est mon tout premier client. Je viens de terminer la dĂ©co du salon Maison Roger, qui vient de dĂ©mĂ©nager avenue Louise Ă IxellesâŠ
Votre signature ? Je suis relativement Ă©clectique pourvu que cela sorte de lâordinaire. Pamela Michiels mâa contactĂ©e en connaissance de cause. Rire. Elle souhaitait un univers cosy, chaleureux, dĂ©calĂ©, original, qui soit Ă©galement une invitation au voyage.
On parle beaucoup aujourdâhui du style « speakeasy », comment se dĂ©finit-il ? A la base, cette appellation
dĂ©signe un bar clandestin amĂ©ricain pendant la prostitution, il englobe dĂ©sormais tous les endroits chic et feutrĂ©s qui privilĂ©gient lâĂ©clairage tamisĂ©, les alcĂŽves discrĂštes. Pour El Socarrat, jâai jouĂ© sur plusieurs ambiances. Le petit salon Ă lâentrĂ©e fait rĂ©fĂ©rence Ă la Belle Epoque, avec beaucoup de matĂ©rialitĂ©, du bois, des tissus, des miroirs, du papier peint, une moquette chamarrĂ©e, câest volontairement chargĂ©. Les commoditĂ©s sont complĂštement dĂ©calĂ©es avec une peinture trĂšs glossy, brillante. Jâai ensuite dessinĂ© de petites alcĂŽves pour 2 Ă 4 personnes, le bar et ses touches exotiques, et la salle du restaurant nappĂ©e de lumiĂšre tamisĂ©e et habillĂ©e de velours soyeux rubis pour un rendu chaleureux maximum.
questions Ă Antoinette Tondreau, architecte dâintĂ©rieur dâEl Socarrat
www.elsocarratrestaurant.be
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Avenue de la ForĂȘt de Soignes 359, 1640 Rhode-Saint-GenĂšse - 02 380 30 38 www.yijiangnanrestaurant.be Gastronomie chinoise et asiatique revisitĂ©e
LâEpicerie Nomad
Elle a du caractĂšre et du charme Ă revendre la nouvelle adresse de Jean Callens, Ă Ixelles. Mais au fait, est-ce un bar Ă vins oĂč bien manger ou un resto bistronomique oĂč bien boire ?
Câest surtout un voyage gourmand et sincĂšre, initiĂ© par un chef dĂ©cidĂ©ment bien dans ses pompes, qui adore surprendre par des Ă©pices du bout du monde et des vins parfois inattendus.
ĂIxelles, entre lâavenue Louise et le quartier de la Porte de Namur, pour vous situer, la bien nommĂ©e Epicerie Nomad se niche dans une ancienne Ă©picerie asiatique gĂ©rĂ©e pendant 31 ans par Mongkhon Tangton, un homme passionnĂ©. Un beau jour, Jean Callens se pointe dans le quartier pour y saluer un ami, passe devant lâĂ©picerie de Mongk, sây attarde, et câest le coup de foudre. « Il ne mâa fallu quâune minute pour savoir que cet endroit serait parfait pour ma nouvelle aventure, mais je devais convaincre son propriĂ©taire. Mongk est un concentrĂ© de gentillesse et de douceur, ce nâest pas une acquisition commerciale que jâai nĂ©gociĂ©e avec lui, mais la transmission dâun endroit rempli de souvenirs et qui lâa rendu heureux pendant une vie entiĂšre ». Cette Ă©picerie, Jean lâa souhaitĂ©e Ă son image : chaleureuse, un brin nostalgique aussi. Un carrelage ancien, des luminaires
dâĂ©poque, des comptoirs bars cĂŽtĂ© rue, une Ă©tagĂšre qui appartenait Ă Mongk transformĂ©e en oenothĂšque⊠Tout fleure bon ce passĂ© pas si lointain oĂč lâon refaisait le monde entre amis autour dâun plat pas trop cher et dâun flacon dĂ©couverte. Installez-vous.
LâEpicerie Nomad, câest une nouvelle page qui se crĂ©e. Parce quâune autre sâest refermĂ©e et pas nâimporte laquelle ! Le Callens CafĂ©, vous lâaviez ouvert avec Olivier, votre frĂšre, en 2004. Pourquoi lâavoir revendu Ă Serge Litvine en 2021 ? Le Callens CafĂ© devait ĂȘtre rĂ©novĂ©. Et pas un peu. Jâai longtemps rĂ©flĂ©chi Ă investir ou Ă revendre. Une opportunitĂ© sâest prĂ©sentĂ©e Ă moi. Je lâai saisie.
Callens CafĂ© est devenu le Lilyâs Restaurant & Club, il vous plaĂźt ? Câest une belle rĂ©novation, un bon concept, Litvine tape juste et au bon moment, en rĂ©pondant Ă une demande pour ce genre dâĂ©tablissement.
Vous ĂȘtes le 4e dâune gĂ©nĂ©ration de restaurateurs bruxellois, la Famille Callens. Devenir chef, câĂ©tait plus quâune vocation, une tradition ! Oui. Depuis tout petit, je vis dans les chambres froides et dans les caves Ă vins. (rire) Mes grands-parents et parents sâimpatientaient de me voir terminer mes Ă©tudes pour que je travaille avec eux⊠Dans les grandes familles de la restauration, lâavenir du fils aĂźnĂ© Ă©tait tout tracĂ© : devenir chef de cuisine.
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MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : ANTHONY DEHEZ
« Recentrer mon mĂ©tier sur lâhumain. Indispensable. »
Pour autant, il nây a pas le nom Callens accolĂ© Ă votre nouveau projet ? Non. Car jâai intĂ©grĂ© dans lâaventure Sandrine, en cuisine, et ClĂ©ment, en salle. Impliquer le personnel dans un projet voire dans lâactionnariat dâun resto, câest une nouvelle maniĂšre dâenvisager ce mĂ©tier qui me convient parfaitement.
Contrairement au Callens CafĂ©, lâEpicerie Nomad se veut un resto de quartier Ă lâatmosphĂšre intime⊠Aujourdâhui, lâaddition dans une brasserie sâĂ©lĂšve Ă 60 voire 100 euros le couvert ! Ce qui signifie que la restauration nâest plus accessible Ă tout le monde. Je rĂȘvais dâun endroit plus petit, oĂč je pourrais sĂ©duire avec une cuisine populaire et accessible. Et je suis tombĂ© sous le charme de cette Ă©picerie Ă taille humaineâŠ
Il y a ce je-ne-sais-quoi de nostalgique qui se dĂ©gage de LâEpicerie Nomad. La nostalgie, ça vous parle ? Oui oui, je ne suis pas passĂ©iste mais aprĂšs 35 ans dans la restauration, jâavais envie de revenir Ă lâessentiel : un bon produit quâon ne galvaude pas, une cuisson parfaite, une bonne sauce. Et susciter lâenvie de goĂ»ter, de partager. Mes plats sont servis au 2/3 dâune assiette normale et les prix adaptĂ©s, Ă©videmment. Rien ne vous oblige Ă prendre un plat et une entrĂ©e. Certains clients commandent trois entrĂ©es ou deux plats Ă partager, dâautres dĂ©gustent entre amis tous les plats prĂ©sentĂ©s sur lâardoise murale.
Epicerie⊠Nomad, la seule Ă©vocation de ce mot nous fait voyager. Que ce soit en AmĂ©rique du Sud, en Asie, en IndonĂ©sie, en Afrique noire, au Maghreb ou mĂȘme en Europe, tous mes voyages mâont influencĂ©, mĂȘme si jâavoue un faible pour la cuisine marocaine aux multiples saveurs. MĂȘme Ă Cuba oĂč il nây a pas de vĂ©ritable gastronomie, jâai appris quelque chose : Ă recentrer mon mĂ©tier sur lâhumain. Lâindispensable en somme. Cela dit, jâaime toujours une bonne bĂ©arnaise, mais les saveurs du monde sont tellement riches. Jâai envie de continuer Ă voyager Ă travers la nourriture.
Fondues parmesan brocolis tomates sĂ©chĂ©es, brochettes de poulet au citron confit, bĆuf au poivre de Penja, moutarde, fines herbes. Jean, on sâest rĂ©galĂ©e ! Merci. Câest du 100% maison, qui est fonction de mes envies et du marchĂ©. Et de belles rencontres. Ainsi le poivre de Penja, câest un ami qui me lâa ramenĂ© du Cameroun. Mes hĂŽtes en raffolent.
Difficile de ne pas la voir, lâoenothĂšque ! Quels bons flacons invite-t-elle Ă dĂ©couvrir ? Jâai voulu une sĂ©lection en trois temps : des vins classiques de chez de Coninck, des flacons bios/nature proposĂ©s par Cinoco et de belles dĂ©couvertes avec la Maison Peuch & Besse, notamment propriĂ©taire rĂ©coltant du ChĂąteau Gravet-Renaissance Saint-Emilion Grand Cru. Je vous le conseille avec une volaille ou une viande rouge.
Et si je souhaite juste venir vous saluer et prendre lâapĂ©ro ? Bienvenue ! Dâautant que je viens de sortir la terrasse, orientĂ©e plein sud.
www.epicerie-nomad.be
Deux adresses mythiques
LE RESTAURANT TYPIQUE DE LâOGENBLIK AU CĆUR DE BRUXELLES
LE RESTO BISTRO BELGE LE COMMERCIO A WATERLOO
RESTAURANT DE LâOGENBLIK
Galerie des Princes, 1 1000 Bruxelles
T : 02.5116151
www.ogenblik.be
LE COMMERCIO
Chaussée de Bruxelles 186 1410 Waterloo
T : 02 354 32 27
www.lecommercio.be
Pillows Grand Boutique Hotel Reylof
Le charme envoĂ»tant dâun ancien hĂŽtel particulier gantois
De hauts plafonds, des cloisons sculptĂ©es, des portes Ă frontons, un majestueux escalier en colimaçon, une vaste bibliothĂšque, des Ćuvres dâart originales sont autant dâĂ©lĂ©ments dâĂ©poque qui Ă©voquent lâatmosphĂšre classieuse et chaleureuse de lâancienne demeure du poĂšte et baron Olivier de Reylof, construite en 1724. Hyper central, le Pillows Grand Boutique Hotel Reylof se profile comme lâun de nos pied-Ă -terre favoris Ă Gand.
BE PERFECT | PILLOWS GRAND BOUTIQUE HOTEL REYLOF MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : PILLOWS
Les hĂŽtels de la Collection Pillows Hotel sont situĂ©s aux Pays-Bas (Amsterdam notamment) et chez nous (Bruxelles et Gand) dans les centres-villes ou plus Ă lâĂ©cart, dans des endroits verdoyants. Chaque hĂŽtel est diffĂ©rent mais tous peuvent se targuer dâavoir Ă©lu domicile dans des propriĂ©tĂ©s authentiques, hĂŽtel de maĂźtre, ancien labo dâanatomie (si si), chĂąteau du 13e, etc. A tout vous avouer, câest la dĂ©couverte enthousiaste du Pillows Hotel gantois qui a suscitĂ© notre intĂ©rĂȘt pour lâadresse amsterdamoise. On vous en parle Ă©galement dans ce numĂ©ro du Be Perfect.
Restons Ă Gand pour lâinstant. A 500 mĂštres Ă peine du centre-ville, le Pillows Grand Boutique Hotel Reylof sĂ©duit dâemblĂ©e par une monumentale façade en grĂšs. Câest celle dâun palais historique construit en 1724, jadis propriĂ©tĂ© de notre compatriote Olivier de Reylof qui passait son temps Ă y rĂ©diger des poĂšmes. Par bonheur, la demeure a Ă©tĂ© classĂ©e monument historique et rĂ©novĂ©e en 2018 en prĂ©servant le cachet authentique de son style Empire. Les espaces publics sont un vĂ©ritable rĂ©gal pour les yeux : vertigineux escalier en colimaçon, hauts plafonds, portes Ă frontons, parquets qui
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grincent, cheminĂ©es qui crĂ©pitent. LâatmosphĂšre intimiste qui sâen dĂ©gage opĂšre un charme dĂ©licieux auquel on a Ă©tĂ© particuliĂšrement sensible.
Pour augmenter sa surface dâaccueil, lâĂ©tablissement a dĂ» conjuguer ancien et modernitĂ©, notamment en ajoutant une nouvelle aile qui abrite de grandes chambres dâun confort impeccable, teintes chaudes, literie 5 Ă©toiles et draps de lit en coton Ă©gyptien. Un jardin intĂ©rieur faisant office de trait dâunion harmonieux entre les deux corps de bĂątiment. Soyons honnĂȘtes, au regard de lâaile historique (qui propose Ă©galement des chambres et suites de luxe), la nouvelle partie manque un peu de charme, mais elle a le mĂ©rite dâoffrir une belle vue sur son homologue, sur le jardin et sur une ancienne remise Ă calĂšche qui hĂ©berge le Spa Reylof. Piscine intĂ©rieure, sauna finlandais, et vaste gamme de massages et soins complĂ©tant lâoffre.
Parmi les nombreux atouts de ce boutiquehĂŽtel au luxe discret qui invite Ă prendre place au Living dĂšs lâaccueil, on Ă©pinglera un judicieux choix horeca, avec le LOF CafĂ© (et son comptoir de pĂątisseries et autres gourmandises), The Living Bistro (cuisine simple et savoureuse) et le restaurant gastronomique LOF. Dans un cadre Ă©lĂ©gant qui ne sâencombre dâaucune fioriture, le chef Hannes Vandebotermet y propose une cuisine de saison, aux combinaisons audacieuses mais parfaitement maĂźtrisĂ©es, betterave vanille, huĂźtre moule madĂšre, canard cĂ©leri ail noir sauce ponzu, pomme cire dâabeille prune, ou encore banane miso mĂ»re, pour partager avec vous quelques indices dâun repas qui fut en tout point savoureux. LâĂ©tĂ©, la formule bistro (huitres, taco et burger revisitĂ©s, notamment) sâouvre sur le jardin. Quant Ă la soirĂ©e, elle dĂ©bute ou se termine au bar Ă champagne et cocktails Ă lâĂ©tage, devant le feu ouvert crĂ©pitant, ou encore au jardin.
BE PERFECT | PILLOWS GRAND BOUTIQUE HOTEL REYLOF www.pillowshotels.com
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NOMADE
Ces expats dont le savoir-faire rayonne Ă lâĂ©tranger !
JEAN-DOMINIQUE BURTON â VERONIQUE ALOST
Jean-Dominique BURTON
50 ans sur le terrain
Sâil est devenu photographe, câest parce quâil voyage le cĆur ouvert. Sâil aime les portraits, câest parce quâil provoque la rencontre. Quant Ă sa plus belle photo, câest celle quâil nâa jamais osĂ© prendre, de peur de briser lâinstant prĂ©sent. Grand nom de la photographie belge, Jean-Dominique
Burton est un doux rebelle, intarissable sur les anecdotes de sa vie de globe-trotter. Il se raconte en images Ă travers « Visions », beaulivre qui condense 50 ans de terrain et une expo Ă lâHospice PachĂ©co.
On rencontre Jean-Dominique
Burton dans son loft, sous les toits des anciennes papeteries de Genval. Son chez-lui, on lâa imaginĂ© comme une invitation Ă voyager. Bien vu. Des Ă©tagĂšres garnies de statuettes africaines et asiatiques, des drapeaux de priĂšres tibĂ©tains pour apaiser lâatmosphĂšre et, aux cimaises, des photos en grand format. Ainsi celle de ce roi du Burkina Faso qui nous fixera durant toute lâinterview. Autour de la table, nous serons trois : Jean-Dominique a invitĂ© son chat, un somptueux Maine Coon. « La nuit, il sâaventure jusquâau
lac de Genval. On me lâa volĂ©. Je lâai rĂ©cupĂ©rĂ©. Je pourrais lui interdire de sortir la nuit. De quel droit. Il est libre. » A lâimage de son maĂźtre ?
Vous souvenez-vous du jour oĂč tout a commencé⊠Oh oui, jâavais 13 ans, jâĂ©tais dans un Centre PMS (psycho-mĂ©dico-social) et la psychologue me demandait : que voulez-vous faire plus tard ? Jâai rĂ©pondu : parcourir le monde pour apprendre des autres. Elle a rĂ©torquĂ©: tu rĂȘves dâĂȘtre Tintin, mais il nâexiste pas ; reporter, ce nâest pas un mĂ©tier.
Le voyage vous a conduit Ă la photographie, pas lâinverse... En effet. Mon grand-pĂšre et mon pĂšre Ă©taient photographes amateurs, mais comme ils reprĂ©sentaient lâautoritĂ©, jâai refusĂ© quâils mâinitient Ă leur passion. Je voyageais beaucoup, mais toutes mes impressions et mes rencontres de lâĂ©poque, je les couchais sur un carnet de voyage. Plus tard, jâai entamĂ© des Ă©tudes dâimprimerie et de graphisme, la sĂ©rigraphie mâa donnĂ© envie de mâintĂ©resser Ă la photo. Mais sans les voyages, je ne serais probablement pas devenu photographe.
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : JEAN-DOMINIQUE BURTON
NOMADE | 121 ©
Liam Burton
Lâappareil photo, un sĂ©same qui vous a pourtant ouvert beaucoup de portes... Il mâa surtout permis, dans un premier temps, de gagner ma vie ! Jâai Ă©tĂ© photographe des Halles de Schaerbeek pendant 10 ans, animateur dâateliers de photo au sein du Groupe Instant avec lequel jâai créé un cafĂ©galerie, « Trompe lâĆil », pour montrer les photographes qui nous intĂ©ressaient et non ceux qui payaient pour y ĂȘtre exposĂ©s. Jâavais un esprit trĂšs libre, trĂšs indĂ©pendant. Que jâai conservĂ©. (rire). Petit Ă petit, jâai ramenĂ© des photos de mes voyages, et montĂ© mes premiĂšres expositions...
Esprit libre, doux rebelle, vous ĂȘtre notre John Lennon ! (rire). Lennon, câest mon Dieu !
Photographe en agence de presse, y avez-vous pensĂ© ? Non. Ni travailler pour un magazine. Je me vois mal me couler dans un moule. Au contraire, je me suis offert du temps. Câest fondamental Ă lâexercice de ma passion. Quand je dĂ©cide de rester trois mois dans un pays, pour mâimmerger complĂštement dans sa culture, je
mâoffre ces trois mois, je mange local, je dors local, je rencontre local. Câest mon luxe.
Comment vous y prenez-vous pour aller chercher lâautre ? Câest un long apprentissage. Il faut Ă©viter que se pose dâemblĂ©e la question de lâargent, car je ne paie pas la personne que je prends en photo. Mais par ricochet, lâexposition que je vais monter va profiter Ă tel village ou Ă telle collectivitĂ©. Alors, jâai mis au point un petit rituel : je pose mon sac photo par terre, je dĂ©pose mon boitier sur ce sac, bien en vue, et je fais connaissance. Arrive un moment oĂč les personnages qui font autoritĂ© dans le village se demandent pourquoi je ne fais pas de photos. La demande est alors inversĂ©e. Et tout rapport dâargent a disparu. Mitrailler vite fait bien fait des sujets, ce nâest pas mon truc. Je refuse dâĂȘtre vu comme un « violeur ». Avant de prendre une photo, je dois installer un climat de confiance propice aux Ă©changes entre le modĂšle et moi.
Vous ne photographiez jamais de « vedettes » ? Non. Ce qui mâintĂ©resse ce sont les gens. Pas le vedetta-
riat. Dans « Visions », apparaĂźt Elvis Pompilio. A lâĂ©poque du portrait, il nâĂ©tait pas encore le cĂ©lĂšbre chapelier quâil est devenuâŠ
Le livre âVisionsâ qui raconte 50 annĂ©es sur le terrain invite Ă dĂ©couvrir quatre continents⊠LâEurope occupe une place importante dans le livre Ă travers les sĂ©ries sur les masques et traces, les collectionneurs, les Ă©corces, Bruxelles/Canal, les sans-papiers ; et lâAsie, une place dans mon cĆur. LâInde et le NĂ©pal reprĂ©sentent 20 ans de ma vie, mais mon travail a Ă©tĂ© dĂ©truit par un dĂ©gĂąt des eauxâŠ
LâAfrique a une saveur toute particuliĂšre pour vous ... LâAfrique mâa toujours Ă©merveillĂ©. De nombreuses visites en famille au MusĂ©e royal de lâAfrique centrale Ă Tervuren avaient Ă©veillĂ© mon intĂ©rĂȘt pour ce continent. Pourtant, jâai voyagĂ© en Afrique sur le tard. En 2004, je me suis rendu au Burkina Faso et lors dâun pĂ©riple de 6000 km en pleine brousse, avec un studio photo mobile, jâai rĂ©alisĂ© des portraits des chefs traditionnels burkinabĂ©s de diffĂ©rentes ethnies, parĂ©s de leurs attributs royaux. Ă partir de cette sĂ©rie « LâAllĂ©e des Rois », jâai montĂ© une exposition qui a notamment Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e au 10e Sommet de la Francophonie Ă Ouagadougou, au MusĂ©e dâAfrique Ă Tervuren, en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, au BĂ©nin Ă©galement.
Quelles rencontres ont Ă©tĂ© les plus dĂ©terminantes dans votre vie professionnelle ? Il y en tellement. Mes rencontres en 78 avec le DalaĂŻ-Lama Ă Dharamsala qui vont me motiver Ă rendre hommage Ă la rĂ©sistance du peuple tibĂ©tain pour lâaffirmation de ses droits. Mon initiation au vodoun au BĂ©ninâŠ
Racontez-nous ! AprĂšs la sĂ©rie « LâAllĂ©e des Rois », je me suis intĂ©ressĂ© au BĂ©nin, la terre du vodoun. On mâa dâemblĂ©e mis en garde : on ne touche pas au vodoun ! On mâa suggĂ©rĂ© de faire une deuxiĂšme allĂ©e des rois, au BĂ©nin cette fois. Hors de question. AprĂšs de nombreuses rĂ©ticences, la Fondation Zinsou créée au BĂ©nin a financĂ© mon projet : photographier le vodoun que lâon ne pouvait pas voir. Il fallait donc que je sois initiĂ©, moi, un
BE PERFECT | JEAN-DOMINIQUE BURTON
blanc. Jâai prĂ©parĂ© mon sujet pendant deux ans et je suis parti seul voir les grands initiĂ©s Ă Porto-Novo. Câest la « vieille » de Cotonou, la mamy watta la plus respectĂ©e de lâunivers vodoun au Benin qui mâa initiĂ©. La sĂ©rie Vodoun/ Vodounon est la preuve matĂ©rialisĂ©e des Ă©changes entre moi photographe et les sujets de cette sĂ©rie. Des Ă©changes forcĂ©ment nourris de confiance.
Une initiation qui a changĂ© votre rapport mĂȘme Ă la photo⊠Oui, Ă lâinstar des portraits de « LâAllĂ©e des rois » en noir et blanc, jâavais commencĂ© la sĂ©rie Vodoun/Vodounon avec un appareil trĂšs ancien, un Rolleiflex, jusquâau moment oĂč je me suis rendu compte que la couleur Ă©tait dĂ©terminante dans lâinitiation au vodoun. Jâai donc alternĂ© lâargentique et la photo digitale. Je dispose dâune imprimante grand format chez moi. Au plaisir de dĂ©velopper mes photos, sâest ajoutĂ© celui de les voir sortir de lâimprimante digitale !
Le sacrĂ© vous fascine car en parallĂšle de votre sĂ©rie Vodoun/Vodounon, vous poursuivez en Belgique un travail sur les rebouteux ⊠Des rebouteux qui ont reçu un don, de mystĂ©rieux guĂ©risseurs toujours discrets qui soulagent un mal, des arbres Ă clous qui extirpent le mal, dit-on ⊠Un travail qui pourrait mâemmener Ă nouveau sur les routes du continent europĂ©en.
50 ans de terrain. Les clĂ©s dâune telle longĂ©vitĂ© ? LâhumilitĂ© face au sujet. Et le respect et la bienveillance Ă son Ă©gard. Je ne mâimagine pas travailler autrement.
Exposition Ă lâHospice PachĂ©co du 24/04 au 18/9/2023
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Véronique Alost
CrĂ©atrice dâatmosphĂšre
Câest en Tanzanie, le must en matiĂšre de safaris, que nous faisons la connaissance de VĂ©ronique Alost, dĂ©coratrice belge pour Tanganyika ExpĂ©ditions. Le jour et parfois la nuit, nous partons ensemble Ă la rencontre des Big Fives. Le soir, nous humons lâambiance cosy des Ă©cohĂ©bergements quâelle a dĂ©corĂ©s, rĂ©partis dans les plus beaux spots du pays. RĂ©cit dâune formidable rencontre en terre sauvage avec « Mama Fundi ».
Le monde est un village. VĂ©ronique Alost nous accueille Ă lâaĂ©roport de Kilimandjaro. Nous faisons connaissance. Les petites anecdotes de la vie nous apprennent trĂšs vite que ses parents habitaient notre commune, Genval, oĂč VĂ©ronique a vĂ©cu une enfance entourĂ©e de nature, et que ses grands-parents rĂ©sidaient au bout de notre rue ! Câest pourtant en Tanzanie, Ă©den sauvage grand comme deux fois la France, que nous rencontrons notre compatriote. De toutes ces coĂŻncidences, nous rions Ă©videmment, avant de prendre la route pour un pĂ©riple dâune semaine au royaume des animaux. Six jours rythmĂ©s par la migration des gnous, nous en verrons des centaines de milliers, par la dĂ©couverte
des chacals et des vautours, jamais trĂšs loin du gardemanger, par les fameux Big Fives, nous en apercevrons quatre, et par le ricanement diurne des hyĂšnes moqueuses qui frĂŽleront notre tente plus dâune fois.
VĂ©ronique Alost accompagne Hassan, notre chauffeur et guide professionnel. Hassan a un troisiĂšme Ćil, si si. Comment expliquer autrement la vitesse Ă laquelle il repĂšre un protĂšle timide, un daman pas plus gros quâun liĂšvre ou un fĂ©lin qui ronronne adossĂ© Ă un arbre ? Du mont Kilimandjaro au Serengeti, en passant par le Ngorongoro, le monde est un village certes, mais un village dâanimaux.
BE PERFECT | VĂRONIQUE ALOST
MOTS : SERVANE CALMANT ©
Françoise Bouzin
© Paul Lorsignol
VĂ©ronique vient nous rejoindre Ă lâarriĂšre de la jeep. On va parler entre femmes. Elle rit. « Jâai toujours Ă©tĂ© attirĂ©e par la dĂ©co, mais câest en 2002 que ma vie va prendre une tout autre tournure. Jâaccompagne alors mon Ă©poux, engagĂ© au Tribunal pĂ©nal international pour le Rwanda qui est basĂ© Ă Arusha en Tanzanie, et je tombe littĂ©ralement amoureuse du pays. Sur place, je rencontre des employĂ©s français de lâagence de safari Tanganyika, un acteur important du tourisme francophone dans ce pays de lâAfrique de lâEst. Son directeur, Denis Lebouteux, me propose dâaccompagner un groupe VIP en safari. Mon job consiste alors Ă me couper en quatre pour que le safari se dĂ©roule au mieux. Jâapprends Ă
conduire un 4x4, à servir de guide. Ce travail principalement logistique va vite évoluer⊠».
Cette passion pour la Tanzanie et les animaux sauvages dâAfrique, elle nourrit Ă©galement le Français Denis Lebouteux. Tant, quâil dĂ©cide de quitter Air France pour crĂ©er en 1989, Tanganyika ExpĂ©ditions. Et rĂ©inventer le safari, carrĂ©ment. PrĂ©curseur, Denis sâen va construire des Ă©co-lodges Ă©quipĂ©s de panneaux thermiques et photovoltaĂŻques et de rĂ©cupĂ©rateurs dâeau de pluie. En 2017, il fait mĂȘme installer des moteurs Ă©lectriques dans deux de ses 4x4.
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Mais revenons Ă VĂ©ronique Alost. Quand elle rencontre Denis Lebouteux, il possĂšde dĂ©jĂ deux camps, Olduvai, créé en 1990, situĂ© dans la partie nord-est de lâAire de Conservation du Ngorongoro et Maweninga, créé en 98, installĂ© dans le Tarangire, le Parc national du nord de la Tanzanie.
« Denis me confie lâamĂ©nagement dâun nouveau camp, le Bashay Rift lodge. Lâentreprise est ardue car le lieu est particuliĂšrement isolĂ©, mais le boulot gĂ©nial. ConfĂ©rer une Ăąme Ă un endroit, jây prends dâemblĂ©e goĂ»t. RĂ©ussir une dĂ©coration africaine exige de sâimprĂ©gner de sa culture multiple. Je pars donc Ă la rencontre des artisans locaux, je leur achĂšte des tissus, de la dĂ©co. Les gens dâici me surnomment : « Mama fundi », « fundi » pour artisan en swahili, car jâapporte une signature esthĂ©tique Ă chaque camp, tous diffĂ©rents. »
En 2017, le travail de Véronique Alost se diversifie. Elle entreprend de gérer les projets de construction de nouveaux camps : travaux de maintenance, formation du personnel (chaque camp étant géré par un manager africain), aménagements extérieurs et aspect esthétique des camps. Un travail de passionnée, forcément.
« Au fil des annĂ©es, jâai peu Ă peu constituĂ© une Ă©quipe qui rĂ©alise mes projets de dĂ©co. Je travaille avec une couturiĂšre, un menuisier, et dâautres artisans de la rĂ©gion de Bashay et dâArusha. Jâai un petit faible pour les matiĂšres naturelles qui nous lient en permanence Ă notre vraie essence de vie, de la terre, et les couleurs inspirĂ©es de la nature pour un intĂ©rieur vivant, une fenĂȘtre sur lâAfrique. Les objets de la vie quotidienne des Tanzaniens mâinspirent Ă©galement⊠»
A lâheure du dĂźner, nous rejoignons VĂ©ronique au mess du Ranjo Camp, elle y dĂ©balle un colis de photophores. « Jâai rencontrĂ© un souffleur de verre tanzanien qui fait du recyclage de bouteilles de vin en verre qui proviennent des lodges. Du vrai circuit court et de la rĂ©cupâ. Je dĂ©niche Ă©galement pas mal de jolis objets de dĂ©co auprĂšs dâun atelier protĂ©gĂ© Ă Arusha, au nord du pays, ou au marchĂ© dâoĂč proviennent ces petits oiseaux dĂ©coratifs de toutes les couleurs. Vous les retrouverez dans quasi tous les lodges, je les adoreâŠÂ »
Depuis 2022, quatre nouveaux projets sont en dĂ©veloppement dont un lodge Ă Saadani en bord de mer. Il y a fort Ă parier que ce sera encore une belle rĂ©ussite car on doit Ă
BE PERFECT | VĂRONIQUE ALOST © Tanganyika
VĂ©ronique Alost, des lodges Ă©lĂ©gants et sans faux artifices, Ă la fois chics et naturels, avec une dĂ©co en parfaite symbiose avec la nature. Ainsi les 17 tentes du Camp dâOlduvai sâinspirentelles des tonalitĂ©s minĂ©rales des plaines avoisinantes. Ainsi le Bashay Rift lodge ressemble-t-il Ă une ferme africaine. Vous vous souvenez du film « Out of Africa » ? Câest tout comme⊠Le Grumeti Hills Lodge peut quant Ă lui se targuer dâavoir une vue qui porte loin sur la savane, et pour cause, il a Ă©tĂ© construit sur la plus haute colline de la rĂ©gion. De la piscine Ă dĂ©bordement, on peut apercevoir des girafes. Notre prĂ©fĂ©rĂ© ? Le Ranjo Camp, 16 tentes sous la surveillance de rangers armĂ©s. Dans ce camp de pionniers, il ne manque quâHemingway ! Et ne vous y trompez pas, malgrĂ© son apparence rustique, notre tente est hyper confortable, pourvue dâune terrasse et de commoditĂ©s privatives dont un « bucket shower », une douche avec un seau extĂ©rieur dâeau chaude, soyez rassurĂ©. La dĂ©co y est particuliĂšrement soignĂ©e, jetĂ©e de lit et coussins brodĂ©s, lanternes Ă©lectriques qui font illusion. Un petit coin de paradis avec vue sur la plaine sauvage. Et ce ne sont pas les hyĂšnes voisines qui vont nous contredire.
Profession : Travel Designer
On a voyagĂ© avec les Belges de Sensations, des Travel Designers qui Ă©laborent des voyages sur mesure Ă rĂ©server en agence de voyages, chacun ayant fait de sa passion pour une rĂ©gion du monde, son mĂ©tier. Sur place, Sensations peut compter sur lâappui de locaux passionnĂ©s, de guides et rangers, tous partenaires de longue date, Ă lâinstar de Tanganyika ExpĂ©ditions.
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© Tanganyika / Léopard : Maurits Bausenhart
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VOYAGE
Une envie dâĂ©vasion ? Suivez notre guideâŠ
PILLOWS MAURITS AT THE PARK â LE PLACE DâARMES â CLUB MED MAGNA MARBELLA
PILLOWS MAURITS AT THE PARK
Dâun labo Ă un hĂŽtel 5 Ă©toiles,
lâhistoire dâune rĂ©affectation classieuse
BE PERFECT | PILLOWS MAURITS AT THE PARK
InstallĂ© dans un monumental bĂątiment historique de 1908 qui a servi de laboratoire universitaire, le Pillows Maurits At The Park sĂ©duit par son emplacement, une rĂ©novation ambitieuse qui allie lâancien et le neuf, et son bar Ă cocktails perchĂ© sur le toit. Coup de cĆur Ă Amsterdam.
Voici une toute nouvelle adresse, ouverte fin 2022, oĂč la rĂ©daction nâa pas hĂ©sitĂ© longtemps Ă poser ses valises. Et pour cause : les Pillows Hotels invitent Ă dĂ©couvrir des boutiques-hĂŽtels qui ont Ă©lu domicile dans des propriĂ©tĂ©s authentiques, hĂŽtel de maĂźtre de style Empire Ă Gand, chĂąteau du 13e dans la province nĂ©erlandaise du Limbourg, trio de maisons du 19e pour leur premiĂšre adresse Ă Amsterdam, etc. Bref, on aime beaucoup cette chaine hĂŽteliĂšre haut de gamme prĂ©sente aux Pays-Bas et en Belgique.
Lâouverture rĂ©cente du Pillows Maurits At The Park nâĂ©chappe
pas Ă la rĂšgle de lâemplacement judicieux. Ce 5 Ă©toiles sâest en effet installĂ© dans un ancien bĂątiment universitaire au cĆur dâune oasis de verdure, lâOosterpark, un jardin public trĂšs apprĂ©ciĂ© des Amsterdamois pour son style paysager anglais, sa petite Ăźle et sa fontaine. Au printemps, les amoureux, les marcheurs, les cyclistes sây donnent volontiers rendez-vous. Une sorte de petit Bois de la CambreâŠ
Le lecteur attentif sâen doute dĂ©jĂ : le Pillows Maurits At The (ooster)Park se trouve logiquement Ă lâEst du centre-ville, Ă lâĂ©cart des circuits touristiques classiques, sans ĂȘtre dĂ©centrĂ© pour autant. Lâoccasion dâarpenter un autre quartier
VOYAGE | 133
MOTS : SERVANE CALMANT
PHOTOS : PILLOWS
que le Red Light District. Cet arrondissement Ă lâEst invite Ă voir de belles demeures et quelques sites incontournables comme le Tropenmuseum et ses remarquables collections ethnographiques, le zoo, la maison de Rembrandt ⊠Si vous souhaitez rejoindre le centre, Ă deux kilomĂštres Ă peine de lâhĂŽtel, nâhĂ©sitez pas Ă louer des vĂ©los Ă la conciergerie du Pillows Maurits. Le vĂ©lo, le mode de dĂ©placement prĂ©fĂ©rĂ© des Amstellodamois, dans une ville qui figure parmi les mieux amĂ©nagĂ©es au monde en pistes cyclables. Croisons les doigts pour que Bruxelles sâen inspire !
Revenons Ă notre Pillows Maurits at the Park, restaurĂ© par Office Winhov, cabinet dâarchitecture moult fois primĂ©, qui a modifiĂ© lâaffectation du lieu, a restaurĂ© le bĂątiment dâorigine de 1908, y a soigneusement intĂ©grĂ© une nouvelle aile cĂŽtĂ© parc et a soulignĂ© lâinteraction du bĂątiment avec ce parc environnant. RĂ©unir lâancien et le nouveau, pari rĂ©ussi haut la main. Ainsi lâancienne salle du musĂ©e et ses plafonds de quinze mĂštres de haut, transformĂ©e en un restaurant gastronomique au plafond cathĂ©drale, le VanOost. Ainsi Ă©galement, le joli collage de maçonnerie avec relief sur la façade de la nouvelle extension.
«Nous ajoutons lâhĂŽtel au parc ; gĂ©nĂ©ralement, câest lâinverse », explique Uri Gilad, co-fondateur dâOffice Winhov. Bien vu. Le parc, on le voit de partout : des chambres, de la Brasserie Spring ou du restaurant VanOost dirigĂ© par lâĂ©toile
montante, Floris van Straalen. Des nichoirs ont mĂȘme Ă©tĂ© installĂ©s pour accueillir les amis Ă plumes qui frĂ©quentent lâOosterpark. Charmante attention.
A la tombĂ©e du jour, lâentrĂ©e par lâavenue Mauritskade dâun Pillows Maurits At The Park subtilement Ă©clairĂ©, en impose, mais le clou de la visite reste ce couloir monumental aux murs de briques dâorigines qui rappelle que lâhĂŽtel Ă©tait jadis un laboratoire universitaire. Aujourdâhui, ce couloir fait office dâaccueil. Audacieuse et ambitieuse rĂ©affectation de laquelle se dĂ©gage une atmosphĂšre toute particuliĂšre, empreinte dâĂ©trangetĂ©, de mystĂšre mĂȘme, de calme et de sĂ©rĂ©nitĂ© aussi.
Responsable du design dâintĂ©rieur, les architectes amsterdamois du Studio Linse (lâhĂŽtel De Blanke Top Ă Cadzand et La Maison de Polman Ă Utrecht parmi leurs succĂšs) ont optĂ© pour la simplicitĂ© et lâĂ©lĂ©gance intemporelle des belles matiĂšres, des nuances de tons terreux, dâun mobilier confortable. Tout a Ă©tĂ© pensĂ© pour proposer aux clients un cadre intime et accueillant. Pour preuve, le bar clubbing et ses assises lowdining en velours et ce deuxiĂšme bar sur le toit de lâhĂŽtel qui surplombe tout lâest dâAmsterdam. Un rooftop Ă cocktails qui pourrait bien devenir, dĂšs ce printemps, le rendez-vous du beau monde âŠ
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LE PLACE DâARMES
Notre maison
luxembourgeoise
BE PERFECT | LE PLACE DâARMES © Place dâArmes
Le Place dâArmes, Relais & ChĂąteaux au cĆur du Luxembourg, ne cesse de rĂ©crire son histoire. Le Chef Nicolas Navarro, formateur pour Alain Ducasse durant six ans, prend la direction culinaire de tous les univers du mythique hĂŽtel luxembourgeois : La Cristallerie, Le PlĂ«ss et Le CafĂ© de Paris. Une triple invitation au plaisir pour les amoureux des beaux produits.
La Place dâArmes Ă Luxembourg, PlĂ«ss dâArem en luxembourgeois est aussi appelĂ©e le « salon de la ville ». Si historiquement, elle servait de lieu de parade aux troupes protectrices, elle se pare aujourdâhui de restaurants et de cafĂ©s branchĂ©s. A vrai dire, celui qui motive Ă lui seul notre city-trip porte le nom de celle qui lâabrite : Le Place dâArmes. NichĂ©e au cĆur de celle quâon surnomme la Gilbratar du Nord, cette adresse estampillĂ©e Relais & ChĂąteaux nous avait dĂ©jĂ totalement sĂ©duite en 2018.
Telle une forteresse, la Place dâArmes situĂ©e dans une zone piĂ©tonne nâest pas accessible aux voitures sauf Ă celles des clients du cĂ©lĂšbre Place dâArmes. Les balises prennent repli Ă notre annonce et notre vĂ©hicule se faufile le long des enseignes prestigieuses Ă lâinstar de Gucci, HermĂšs, Louis Vuitton, Chanel, Christian Louboutin. Leurs semelles rouges nous font de lâĆil mais pour lâheure, nous sommes attendus.
InstallĂ© sur le site dâune ancienne imprimerie, dans un immeuble classĂ© du 18e siĂšcle, cet hĂŽtel cinq Ă©toiles au charme incomparable se compose de plusieurs bĂątiments. En effet, de la Place dâArmes Ă la Grand-Rue, sept maisons ont Ă©tĂ© regroupĂ©es et rĂ©unies entre elles par un surprenant jeu de terrasses suspendues et dâespaces intĂ©rieurs feutrĂ©s. Certains couloirs nous conduisent vers les 28 chambres et suites, qui ne ressemblent Ă aucune autre sinon Ă une remarquable alliance dâArt Nouveau et de design contemporain. Dâautres vers les salons privĂ©s situĂ©s dans de sublimes caves voĂ»tĂ©es, façonnĂ©es de roches naturelles et de pierres taillĂ©es. Ou vers le restaurant La Cristallerie, logĂ©e au premier Ă©tage, dont les deux espaces sont sculptĂ©s dâor et illuminĂ©s par la lumiĂšre filtrĂ©e des vitraux. Ou encore Ă la rĂŽtisserie du PlĂ«ss et sa terrasse intĂ©rieure qui nous fait oublier que nous sommes au centre-ville. Mais surtout vers « Le 18 », le bar Ă cocktail ! Esprit club feutrĂ© signĂ© par lâarchitecte dâintĂ©rieur Tristan Auer oĂč trĂŽne un impressionnant bar en fer Ă cheval.
MOTS : ARIANE DUFOURNY
© Place dâArmes
© Grégoire Gardette
© Yann Deret
Nous y dĂ©couvrons une sĂ©lection de rhums aux influences françaises, anglaises et hispaniques qui cĂŽtoient des whiskies dâexception. Nous craquons pour un cocktail signature, le « 1867 » savamment composĂ© de Rhum Plantation 5Y Barbados, Velvet Falernum, CrĂ©mant Mathes, citron vert, miel Bio 100% Luxembourgeois dâHugo Zeler, blanc dâĆuf, Bitter #1.
Si le « Le 18 », qui nâexistait pas lors de notre prĂ©cĂ©dent sĂ©jour, retient notre attention, câest lâĂ©quipe du Place dâArmes qui fait de ces lieux des joyaux. Le PrĂ©sident, Jean- Michel Desnos peut sâenorgueillir de 25 Ă©tablissements en 25 ans dont les emblĂ©matiques Lancaster Ă Paris, Le Guanahani Ă St-Barth ou encore lâHermitage Ă Jakarta et depuis 2016, il continue dâĂ©crire lâhistoire du Place dâArmes. Jean GrĂ©goire dâAmman, le nouveau directeur gĂ©nĂ©ral originaire de Suisse, est diplĂŽmĂ© de lâĂcole HĂŽteliĂšre de Lausanne. Sa passion pour la gastronomie et lâhĂŽtellerie raffinĂ©e est palpable. Elle lâa conduite Ă travers le monde oĂč il a mis son art de recevoir au profit dâillustres groupes tels le Marriott, Starwood ou encore Hilton et depuis 2021 au sein de cet hĂŽtel du groupe Relais & ChĂąteaux. Un lieu chargĂ© dâhistoires, idĂ©al pour celui pour qui lâhumanisme, le partage, lâengagement, lâancrage local et le service priment avant tout. Quant au Chef Nicolas Navarro, sa carriĂšre est impressionnante : Dominique Bouchet Ă lâHĂŽtel le Crillon, Jean François PiĂšge au Plaza-AthĂ©nĂ©e, Thierry Thiercelin Ă la Villa Belrose de Gassin, formateur pour Alain Ducasse, durant six ans Ă travers le monde, et lâobtention dâune Ă©toile Michelin Ă la tĂȘte du restaurant Les PĂȘcheurs durant sa tenue en tant que Chef exĂ©cutif des deux restaurants de ce bel Ă©tablissement signĂ© lui aussi Relais & ChĂąteaux.
A prĂ©sent, le Chef originaire de Toulouse prend la direction culinaire de tous les univers du Place dâArmes. Au CafĂ© de Paris, mythique adresse luxembourgeoise depuis des dĂ©cennies, il propose des mets classiques et efficaces comme la piĂšce de bĆuf Luxembourgeois, sauce du chef & frites. Le local est mis Ă lâhonneur avec une sĂ©lection trĂšs fine de producteurs autochtones. Ici, les assiettes sont gĂ©nĂ©reuses et affichent fiĂšrement le fait-maison. Au PlĂ«ss, durant notre dĂ©jeuner, le chef innove en fonction des saisons et produits locaux. Il nous fait dĂ©couvrir sa daurade royale au vert, marinĂ©e au citron jaune & condiments dâun tarare suivie de la volaille Albufera, lĂ©gumes Ă la ficelle & salade au vinaigre Barolo. Mais pour tout vous dire, câest Ă la nuit tombĂ©e que tout son talent se rĂ©vĂšle car pour Nicolas Navarro, un grand plat naĂźt du respect que lâon apporte Ă la fabrication de la recette. Câest dans le salon Baroque de La Cristallerie que la magie opĂšre : mise en bouche du Chef, sandre leche del tigre, poireaux & moules, thon, radis & poire, Saint-Jacques, cĂ©leri & rose, veau fermier, amande & chou et en final textures de pomme. Une mĂ©lodie inspirĂ©e par les saisons, une cuisine de lâinstant privilĂ©giant toujours le goĂ»t ! Et Ă cela sâajoutent les accords prĂ©cis du nouveau Chef Sommelier GrĂ©gory Mio, originaire de Bordeaux, Ă©lu meilleur sommelier du Luxembourg en 2022. Encore une fois, nous avons passĂ© un moment suspendu dans le temps.
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BE PERFECT | LE PLACE DâARMES
© Yann Deret
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Le retour symbolique du Club Med en Espagne LĂ oĂč tout a commencĂ©
Le tout premier Club Med a Ă©tĂ© fondĂ© sur les Ăźles BalĂ©ares en 1950 par lâAnversois GĂ©rard Blitz. AprĂšs plus de vingt ans, lâiconique Club fĂȘte son retour en Espagne en invitant Ă dĂ©couvrir un nouveau Resort 4 Tridents, nichĂ© dans une oasis verdoyante au pied de la Sierra Blanca : le Club Med Magna Marbella. On vous y emmĂšne.
Le Club Med, une belgian story qui a débuté en Espagne
Tout a commencĂ© lâĂ©tĂ© 1950 Ă AlcĂșdia, petit hameau de pĂȘcheurs des BalĂ©ares. LâAnversois GĂ©rard Blitz, exchampion de water-polo, eut lâidĂ©e dây planter un village de tentes. Par la suite, il dĂ©veloppera le Club MĂ©diterranĂ©e en association avec Gilbert Trigano, fabricant de matĂ©riel de camping.
« Agadou dou dou, pousse lâananas et mouds lâcafĂ© » ! Depuis ses dĂ©buts sur lâĂźle de Majorque, le Club Med a bien Ă©videmment changĂ© en proposant un confort et un service « Tout compris haut de gamme expĂ©rientiel », en conservant lâesprit qui le dĂ©finit : le bonheur ! Se ressourcer au contact de
la nature, du sport et des autres, dans les plus beaux endroits du monde, entourĂ©s des « Gentils Organisateurs ». Si son PDG, Henri Giscard dâEstaing, a choisi Marbella, ce nâest pas uniquement pour son microclimat mĂȘme si la belle Andalouse peut se prĂ©valoir de 320 jours de soleil par an. Surplombant la ville, lâimmeuble fut dĂ©jĂ un Club Med dans les annĂ©es 1980. Quatre dĂ©cennies plus tard, on dĂ©couvre le Club Med Magna Marbella incarnant Ă merveille lâessence de lâAndalousie.
La crĂ©ativitĂ© des Belges dĂ©passe nos frontiĂšres ! Pour rĂ©nover son bĂątiment, le Club Med a en effet fait appel au talent de Patrick Genard, le plus namurois des architectes barcelonais, qui a revĂȘtu lâensemble dâun feuillage bleu turquoise. Pour un flirt avec la MĂ©diterranĂ©e que lâon aperçoit en toile de fondâŠ
MOTS : ARIANE DUFOURNY PHOTOS : CLUB MED
VOYAGE | 141
LâAndalousie au cĆur du Club Med
Magna Marbella
Hormis la bĂątisse, un tout nouveau Resort a Ă©tĂ© imaginĂ© sur la structure initiale grĂące Ă lâĂ©toffe du duo des designers Marc Hertrich et Nicolas Adnet, habituĂ©s Ă collaborer avec le Club Med. Les 485 chambres, distribuĂ©es sur neuf Ă©tages, sont inspirĂ©es de cette Andalousie colorĂ©e. Les vastes espaces baignĂ©s de lumiĂšre naturelle reflĂštent cette terre de contraste, riche de son passĂ© :
hommage Ă lâart Ă©questre, Ă Picasso qui a grandi dans la ville voisine de Malaga, ou encore au flamenco Ă lâimage de lâinstagrammable Rouge Bar.
Si Puerto BanĂčs remporte les suffrages de la jet-set, le Club Med Magna Marbella apparaĂźt comme un vĂ©ritable havre de paix et de calme, dans lâune des stations balnĂ©aires les plus cĂ©lĂšbres de la MĂ©diterranĂ©e. Quatorze hectares de jardin luxuriant et haut point culminant, lâespace Zen oĂč la piscine Ă dĂ©bordement est rĂ©servĂ©e aux adultes.
On sây ressource avec un jus pressĂ© minute, lâesprit libre. Un bienfait encore plus apprĂ©ciable lorsquâon sait que nos kids et ados multiplient les expĂ©riences sportives et artistiques sous le regard avisĂ© des GO.
Dans les différents restaurants du Resort, les expériences gastronomiques se succÚdent comme les décors enchantent la vue. Vue spectaculaire sur la mer depuis la terrasse du Sueños, ambiance intimiste et musique live au Tierra pour découvrir une cuisine de
BE PERFECT | CLUB MED MAGNA MARBELLA
Rencontre avec Eric Georges, le CEO du Club Med Benelux
A lâinstar de GĂ©rard Blitz, Eric Georges est anversois. Entre lui et le Club Med, câest une vĂ©ritable love story, et lâhistoire dâune vie. En 1981, il rejoint lâaventure comme G.O Tennis, puis tour Ă tour, deviendra Chef des Sports, Chef de Village, VP Mice Europe, VP Operations, VP central Europe, VP Sales & Marketing South Europe et depuis 2016, CEO Benelux.
Retrouver Le Club Med Marbella 20 ans plus tard, quel est votre ressenti ? GO, Chef des Sports et Chef de Village, jây ai occupĂ© tous les postes. Depuis la rĂ©ouverture, je mây suis rendu plusieurs fois, avec le mĂȘme enchantement. Le village de Marbella est restĂ© authentique, la place des Orangers fidĂšle Ă mes souvenirs. Quant Ă notre Resort, il a conservĂ© son squelette mais est dĂ©sormais complĂštement ouvert vers lâextĂ©rieur. Une des plus grandes rĂ©ussites dâun village qui ne vient pas de Scratch (NDLR : logiciel dâarchitecture). Il est extrĂȘmement bien construit pour les familles, les sports et idĂ©al pour la dĂ©couverte de lâAndalousie, la plus belle rĂ©gion dâEspagne.
Ancien GO Tennis, que pensez-vous du padel qui est mis en avant dans ce nouveau Resort ? Je mây suis mis et câest un sport extrĂȘmement convivial qui colle parfaitement Ă lâesprit du Club Med.
Avec 42 ans dâanciennetĂ© vivez-vous parfois le symptĂŽme du rĂ©troviseur ? Je ne suis pas du tout passĂ©iste. Le Club Med est montĂ© en gamme en matiĂšre de confort et de durabilitĂ©, Ă la demande de ses clients. Aujourdâhui, plus personne ne souhaite dormir dans une case spartiate. Tant que le Club Med conserve ses valeurs essentielles, la convivialitĂ©, lâesprit de famille, je resterai son plus grand supporter.
terroir, une cave Ă vin et une Ă©picerie de produits locaux. Notre coup de cĆur ?
La garden-party des mercredis soirs oĂč les tables dressĂ©es dans le jardin sont Ă©clairĂ©es Ă la simple lueur des lanternes.Sangria, tapas, poulpe grillĂ©, jamĂłn iberico et autres spĂ©cialitĂ©s locales, arrosĂ©es dâune sĂ©lection de vins espagnols. La felicidad !
Golf et padel en vedette
Depuis plus de cent ans, la Costa del Sol est lâune des destinations de golf
les plus apprĂ©ciĂ©es et Ă juste titre ! Le climat idĂ©al permet une pratique toute lâannĂ©e et les splendides clubs de golf sont adaptĂ©s Ă tous les niveaux. Au Club Med Magna Marbella, on profite du practice au sein du Resort, de cours collectifs ou particuliers et Ă lâaccĂšs aux plus beaux parcours de golf de la rĂ©gion (Santa Clara Golf Marbella, Marbella Golf & Country Club...).
Marbella est le berceau européen du padel, un des sports les plus en vogue actuellement. Inventé dans les années
70, ce sport de raquette dĂ©rivĂ© du tennis et pratiquĂ© sur un terrain de 20x10m compte aujourdâhui plus de 18 millions de joueurs Ă travers plus de 90 pays dans le monde. Ici, les six courts sont en libre accĂšs entre amis ou famille et des cours collectifs sont Ă©galement proposĂ©s pour tous niveaux. Des 6 ans pour les futurs champions !
www.clubmed.com
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Le regard du photographe
Bruxelles, une journĂ©e de fĂ©vrier encore fraiche. LâĂ©quipe de Be Perfect a fixĂ© rendez-vous Ă Myriam Leroy Ă la BibliothĂšque royale de Belgique (KBR) au Mont des Arts, pour des prises de vue destinĂ©es Ă la cover et Ă illustrer une longue interview avec la romanciĂšre belge. Myriam, que nous prenons plaisir Ă lire et Ă Ă©couter quand elle intervient comme chroniqueuse dans « Bagarre dans la discothĂšque », un jeu musical bien dĂ©jantĂ© sur La PremiĂšre/RTBF.
Pour ma part, je nâai pas eu lâoccasion de visiter les lieux avant le shooting, alors place Ă lâimpro ! Servane a terminĂ© lâinterview ; Luc, la mise en beautĂ© de notre invitĂ©e. Câest Ă mon tour de jouer. AprĂšs quelques hĂ©sitations, je dĂ©cide dâutiliser des Ă©lĂ©ments simples dâarchitecture, des reflets, des parements⊠Le style moderniste du bĂątiment construit dans les annĂ©es 50 sây prĂȘte Ă merveille. Ce courant architectural rejette toute ornementation et privilĂ©gie la fonctionnalitĂ©. Avec Myriam Leroy, on sâimagine dans un dĂ©cor de film tournĂ© en Union soviĂ©tique ou en RDA. Boutade et rire. Dans les toilettes de la KBR, Myriam a repĂ©rĂ© des carrelages vintage qui pourraient servir de dĂ©cor. « Allez viens, je tâemmĂšne voir les toilettes. »
Changement de cadre. Plus solennel. On se rend dans la chapelle de Nassau, vestige nĂ©o-gothique dâun palais de 1346, qui sert aujourdâhui de salle dâexposition. Pour nous y rendre, on traverse des espaces musĂ©aux qui accueillent des manuscrits issus de la collection des ducs de Bourgogne. On mesure notre chance dâĂȘtre seul dans pareil endroit.
Dans la chapelle, nous dĂ©roulons notre fond blanc, pour la prise de vue de la photo de couverture du Be Perfect. Myriam Leroy sâinstalle devant la toile, puis se lĂšve, intriguĂ©e par une Ă©tonnante crucifixion. Sur la croix, sainte Wilgeforte, seule femme crucifiĂ©e de lâhistoire de lâEglise. Pour la petite histoire, la sainte qui voulait Ă©chapper Ă un sĂ©ducteur empressĂ© aurait demandĂ© lâaide de Dieu qui lui fit pousser une barbe pour lâenlaidir ! Lâincroyable destin dâune femme outragĂ©e. Myriam qui est en promo de son roman, « Le mystĂšre de la femme sans tĂȘte », y voit un signe du destin. Sainte Wilgeforte, hĂ©roĂŻne du prochain roman de Myriam Leroy ? Qui saitâŠ
On cause, on plaisante, on change Ă nouveau dâunivers pour shooter Myriam dans la salle de lecture (il faut savoir que les locaux frĂ©quentĂ©s par les lecteurs occupent une surface de 8.000 mÂČ) et on ne remarque pas que lâheure tourne ! Il est 17h30, voilĂ toute lâĂ©quipe du Be Perfect et notre invitĂ©e enfermĂ©es dans la KBR, avec sainte Wilgeforte et les trĂ©sors des ducs de Bourgogne ! Merci Ă notre contact sur place de nous avoir toutes et tous libĂ©rĂ©s.
BE PERFECT | LE REGARD DU PHOTOGRAPHE
MOTS : ANTHONY DEHEZ ET SERVANE CALMANT
PHOTO : ANTHONY DEHEZ
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