Be Perfect Magazine Printemps 2023

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Be Perfect

BELGIAN STORIES
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Printemps 2022 EDITO

EDITEUR RESPONSABLE

ADN PRODUCTIONS SPRL

IMPRESSION

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COUVERTURE

MYRIAM LEROY

©ANTHONY DEHEZ - BE PERFECT

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Copyright

La nature se renouvelle au printemps, Be Perfect aussi. Pour cĂ©lĂ©brer nos six ans, nous vous invitons Ă  dĂ©couvrir nos nouvelles rubriques Ă  l’instar de nouvelles feuilles persistantes et vigoureuses. Bien sĂ»r, celles-ci sont toujours dĂ©diĂ©es au savoirfaire de nos compatriotes qui nous inspirent. #belgianstories ! Au fil des pages, vous dĂ©couvrirez notre Ă©quipe, nos repĂ©rages, nos causeries, nos plaisirs, nos nomades et nos voyages.

Ils/elles font la fiertĂ© de notre pays. Entretien en tĂȘte-Ă -tĂȘte avec Myriam Leroy qui lutte au quotidien contre les stĂ©rĂ©otypes de genre, la misogynie et le sexisme. Armel Job Ă©voque la passion de l’humain qui anime ses mots. Adeline DieudonnĂ© soulĂšve de nombreuses questions pertinentes voire dĂ©rangeantes sur l’amour et la vie en couple. Alia Cardyn, avec sa sensibilitĂ© et sa justesse coutumiĂšre, Ă©veille le lien vital Ă  l’enfance. Odile d’Oultremont, dans un style exquis, parle de rĂ©demption et d’accomplissement de soi. Pascale Seys interpelle sur l’importance du lien fondateur qui unit la mythologie Ă  nos existences.

Rori a trouvĂ© les bons codes pour prendre sa place sur les ondes et dans nos cƓurs. Kid Noize boucle un projet artistique ambitieux et atypique. Emilien Vekemans retrace son parcours de comĂ©dien. Loin du stand-up, Fanny Ruwet se livre avec sensibilitĂ©. Sous sa nouvelle casquette de scĂ©nariste, Barbara Abel met en scĂšne des ĂȘtres au bord de l’abĂźme.

Natan fĂȘte ses 40 ans ! Edouard Vermeulen et Christophe Coppens

signent la cĂ©lĂ©bration d’une maestria rĂ©solument tournĂ©e vers l’avenir. Alexandre Hames continue son ascension sur mesure. Diane Govaerts croit en la complĂ©mentaritĂ© entre les hommes et les femmes dans le monde de l’entreprise. Virginie MorobĂ© met la Belgique Ă  ses pieds.

L’architecte Glenn Sestig cultive la sobriĂ©tĂ© avec une sublime sophistication, guidĂ©e par les lignes Ă©purĂ©es et le luxe brut. Charles Leonet et Ngoc Hoang alternent les rĂŽles d’architecte, fournisseur de mobilier et scĂ©nographe en totale harmonie.

Benjamin Laborie a ouvert « La Table » Ă  Ohain, en dĂ©cembre dernier. Quatre mois plus tard, il rĂ©colte 1 Ă©toile au guide Michelin qui vient rĂ©compenser un parcours belge fulgurant. Christophe Hardiquest Ă©crit une nouvelle page de sa vie en ouvrant « Menssa », un comptoir gastronomique de grande proximitĂ© avec ses clients. Pamela Michiels et Glenn Godecharle sont les heureux propriĂ©taires d’El Socarrat qui met la MĂ©diterranĂ©e Ă  l’honneur. Jean Callens recentre son mĂ©tier sur l’humain et ouvre « L’Epicerie Nomad » qui a du caractĂšre et charme Ă  revendre.

Le savoir-faire de ces expats rayonne Ă  l’étranger. VĂ©ronique Alost crĂ©e des Ă©cohĂ©bergements en Tanzanie, le must en matiĂšre de safaris. Jean-Dominique Burton, intarissable sur les anecdotes de sa vie de globe-trotter, condense 50 ans de terrain dans un beau livre et une expo Ă  l’Hospice PachĂ©co.

Rédactrice en chef ARIANE DUFOURNY

Remerciements : A ma « perfect » équipe et à nos partenaires pour leur fidélité et leur confiance.

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©, toute reproduction de textes et de photos publiĂ©s par Be Perfect est interdite sans l’autorisation de l’éditeur. Les photos confiĂ©es Ă  ADN Productions ne stipulant aucune mention d’auteur restent sous la responsabilitĂ© de leur propriĂ©taire ou de leur RP. L’éditeur dĂ©cline toute responsabilitĂ© pour les propos, documents et images qui lui ont Ă©tĂ© confiĂ©s spontanĂ©ment.

BE PERFECT, C’EST AVANT TOUT LE TRAVAIL D’UNE ÉQUIPE

Servane Calmant Journaliste Nicolas De Bruyn Directeur artistique Barbara Wesoly Journaliste Olivia Roks Journaliste Anthony Dehez Photographe Luc Depierreux Coiffeur et Make-up Artist
10 BE PERFECT
Ariane Dufourny Rédactrice en chef
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12 18 AUM – CLAIR /OBSCUR 20 MIX 22 LA BONNE ÉTOILE 24 SASKIA – ML – CORALIEN – YELLOWSTRAPS 26 WECANDANCE 28 CLIO GOLBRENNER – NO/AN X JEAN PAUL-KNOTT - KIPLING – MIEKE DIERCKX 30 RHODEE 32 SALVATORE MINNI 36 MYRIAM LEROY 42 ARMEL JOB 44 ADELINE DIEUDONNE 46 ALIA CARDYN 48 ODILE D’OULTREMONT 52 PASCALE SEYS 54 FANNY RUWET 56 EMILIEN VEKEMANS 58 BARBARA ABEL 60 KID NOIZE 64 RORI 72 EDOUARD VERMEULEN - CHRISTOPHE COPPENS 76 ALEXANDRE HAMES 80 VIRGINIE MOROBE 84 GLENN SESTIG 90 LEONNET HOANG 94 DIANE GOVAERTS 2 CAUSERIE 1 REPERAGE 36 - 95 18 - 32 SOMMAIRE
BE PERFECT
Myriam Leroy nous interpelle : Pourquoi a-t-elle Ă©tĂ© silenciĂ©e ? Parce qu’elle Ă©tait femme ?

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REPERAGE

Des adresses Ă  se refiler, des talents Ă  suivre, des marques Ă  connaĂźtre ...

AUM – CLAIR /OBSCUR – MIX – LA BONNE ETOILE – SASKIA – ML – CORALIEN – YELLOWSTRAPS – WECANDANCE CLIO GOLBRENNER – NO/AN X JEAN PAUL-KNOTT - KIPLING – MIEKE DIERCKX – RHODEE – SALVATORE MINNI

LES NOUVEAUX HOTSPOTS POUR LES LÈVE-TÔT OU LES COUCHE-TARD

Clair/Obscur se profile comme un Gastro Pub pour tous ceux qui aiment se faire plaisir, peu importe l’heure. Quant Ă  AUM, c’est un nouveau concept de High Energy Fine Dining, une tendance qui commence Ă  s’affirmer dans les villes les plus tendances et qui s’invite dĂ©sormais en bordure de Bruxelles.

CLAIR/OBSCUR AU CHÂTELAIN

Ceux qui connaissaient Ramdam, bar Ă  biĂšre festif tout de noir vĂȘtu installĂ© dans une ancienne bĂątisse alsacienne, Ă  deux pas de la Place de la TrinitĂ©, du cĂŽtĂ© du quartier ChĂątelain Ă  Ixelles, vont ĂȘtre surpris ! Les murs du Ramadam accueillent dĂ©sormais Clair/ Obscur, une nouvelle adresse lumineuse qui s’adresse Ă  tous les profils, les matinaux dĂšs 9h comme les festifs, jusque tard dans la nuit.

Fort de leur savoir-faire dans le monde du cafĂ© et du brunch avec les Ă©tablissements Woodpecker (Ă  Saint-Gilles, au Bois de la Cambre, au Parc royal, etc.) l’équipe de Clair/ Obscur a fait le pari d’un juste milieu entre ambiance conviviale le jour, festive et musicale, le soir venu. La cuisine maison propose notamment de dĂ©licieux French Dips, des sandwichs garnis de viandes braisĂ©es cuites pendant 8 heures Ă  basse tempĂ©rature, Ă  tremper sans complexe dans leur jus de cuisson, et des Ɠufs Ă  gogo (BĂ©nĂ©dicte, Ă  la Turque, façon Huevos Rancheros
), Ă  arroser de biĂšres artisanales (une biĂšre signature a Ă©tĂ© imaginĂ©e avec la Brasserie de la Source, micro-brasserie bruxelloise), de cidre ou de Kombucha au gingembre au fĂ»t.

www.clairobscur.space

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MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | CLAIR/OBSCUR - AUM
© Clair/Obscur

©

C’est en bordure de Bruxelles, au carrefour des Quatre-Bras, au rez-de-chaussĂ©e du bĂątiment aux escargots, oui oui lĂ  oĂč le bar « Soko » a investi le rooftop, qu’un concept de « High Energy Fine Dining » vient d’ouvrir ses portes. Si la carte invite Ă  dĂ©guster du Naan (un pain indien traditionnel) ou du mouton Tandoori, il ne s’agit pas d’un resto indien pour autant. Une explication s’impose. InspirĂ© de la culture indienne, AUM a Ă©tĂ© pensĂ© comme une vĂ©ritable expĂ©rience oĂč l’énergie créée par les clients va permettre de s’immerger totalement dans l’atmosphĂšre du lieu.

Plus concrĂštement ? Une vaste salle Ă  la dĂ©co orientale moderne et raffinĂ©e s’articule autour d’un restaurant intimiste flanquĂ© d’une cuisine ouverte, d’un bar Ă  cocktails et son espace lounge propice Ă  un food-sharing entre amis, et d’une piste de danse quand l’énergie vitale est Ă  son comble. www.aumbrussels.be

19 REPERAGE
AUM À KRAAINEM
We Want More
We Want More
©

MIX, UN NOUVEAU LIEU DE VIE À BRUXELLES

InstallĂ© dans le joyau architectural iconique abritant autrefois le siĂšge de la Royale Belge, « Mix » ouvrira ses portes au printemps. Cet espace de 21.000 mĂštres carrĂ©s abritera un hĂŽtel 4 Ă©toiles, un centre de fitness, un vaste espace de bien-ĂȘtre avec piscine intĂ©rieure et extĂ©rieure, un coworking, un lieu d’évĂ©nements, des restaurants et des bars, ainsi qu’un food market, « Fox », le frĂšre de « Wolf ». Un nouveau lieu de vie avec vue imprenable sur la forĂȘt de Soignes.

« Mix », le bien nommĂ© concept pluridisciplinaire voire rĂ©volutionnaire de Bruxelles a tout pour plaire. Mais qui se trouve derriĂšre ce nouveau hotspot de prĂšs de 21.000 mĂštres carrĂ©s. Beaucoup de monde ! Jean Michel AndrĂ© (l’homme derriĂšre le Jam, Le Berger, le Jardin Secret et le Domaine de Ronchinne), StĂ©phane RuttĂ© (directeur du David Lloyd), SĂ©bastien Lob, Alexandra De Boeck, Gilles Poot Baudier et Emmanuel Andries (les quatre partenaires de D-side Venues, repreneurs des Jeux d’Hiver), Corentin Poels (co-fondateur de Crossfit Dansaert et Cosmoliving) et Benjamin Patou (fondateur du Moma Group). Leur principal objectif ? CrĂ©er un lieu de vie dans un Ăźlot de paix et de verdure oĂč l’on peut flĂąner durant des heures.

Pourquoi le nom « Mix » est-il dĂ©jĂ  sur toutes les lĂšvres ? Ce concept exceptionnel avec vue imprenable sur la forĂȘt de Soignes est installĂ© dans un Ă©difice monumental en forme de croix que l’on doit Ă  l’architecte belge RenĂ© Stapels et son complice français Pierre Dufau, remis au goĂ»t du jour par les architectes Peter St John, Dirk Somers, DDS+ et Ma2by. Quant Ă  l’amĂ©nagement, il a Ă©tĂ© confiĂ© Ă  une star de l’architecture belge : Lionel Jadot. FidĂšle Ă  lui-mĂȘme, Jadot a travaillĂ© avec l’équipe d’artisans et designers crĂ©atifs de Zaventem Ateliers.

On couvrira Ă©videmment l’ouverture du Mix, pour vous offrir un reportage en long et en large dans notre Ă©dition Ă©tĂ©.

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www. mix.brussels
MOTS : ARIANE DUFOURNY
© DR BE PERFECT | MIX

L’entreprise familiale Waroquet-Lengrand fĂȘte ses 100 ans !

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Ouvert du lundi au vendredi de 9h Ă  12h & de 14h Ă  18h. Samedi de 10 Ă  14h sauf le premier samedi du mois. ChaussĂ©e d’Alsemberg 413 - 1420 Braine-l’Alleud - Tel : 02/384.20.64 - info@waroquet.be - www.waroquet.be

LA BONNE ÉTOILE

D’ISABELLE ARPIN

Isabelle Arpin, c’est la lady cheffe que tout le monde adore ! HĂŽtel, cercle d’affaires, chocolatier, critiques gastronomiques, ses clients, et nous bien sĂ»r ! On l’apprĂ©cie autant pour sa personnalitĂ© pleine de vie que pour sa cuisine crĂ©ative remplie de surprises. En voici une excellente : un atelier comptoir « La Bonne Ă©toile par Isabelle Arpin », place Keym Ă  Bruxelles.

Dans une prĂ©cĂ©dente Ă©dition, nous vous parlions de l’ouverture de son restaurant Ă©ponyme « Isabelle Arpin » que la cheffe a ouvert avec son associĂ©e Dominika Herzig en 2019. Depuis, la lady cheffe a alliĂ© son savoir-faire Ă  celui du chocolatier BenoĂźt Nihant, a signĂ© la carte du restaurant « Maison Louise » au sein du « Le Louise Hotel Brussels » ou encore celle du « Ciao » , le restaurant italien du club bruxellois « The Merode ».

Isabelle Arpin est avant tout une femme généreuse et engagée. Durant la crise Covid, elle a lancé avec son binÎme créatif, une opération de cuisine visant à fournir des repas aux personnels des hÎpitaux.

« La Bonne étoile » a ensuite évolué vers un service de traiteur sur-mesure

Ă©mulsionnĂ© d’un service d’e-shop Ă©toilĂ©. Depuis deux ans, les clients peuvent venir chercher des petits plats soignĂ©s directement au restaurant Isabelle Arpin, ou se les faire livrer sans que la mise en place n’ait bougĂ© grĂące aux prĂ©cautions d’équilibristes prises par une start-up belge indĂ©pendante. Et depuis le mois de fĂ©vrier, un atelier comptoir « La Bonne Ă©toile par Isabelle Arpin» a ouvert place Keym Ă  Bruxelles. A travers son amour pour la cuisine, pour les autres et sa bonne humeur, elle vous propose de prendre soin de vous : « Vous recevez, nous cuisinons ! ».

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© Myriam
Baya
MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | LA BONNE ÉTOILE
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DĂ©couvrez l’univers de la Ferme de Mont-Saint-Jean

La Brasserie de Waterloo, la micro-brasserie, la micro-distillerie, le Comptoir avec ses biÚres, gins et whiskies, son musée et ses magnifiques salles événementielles.

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Chaussée

TALENTS BELGES

« Pour ceux qui ont ce truc dans les yeux. Repense aux choses simples », suggĂšre Saskia. « Ouuuh, c’est tout. Ressaisis-toi, ressaisis-moi. Regarde comme la vie passe », annonce conseille ML. « Alors aime, vas-y aime » recommande Coralien. MĂȘme si « L’amour est une torture, mais j’aime toujours », argue Yellow Straps. La musique, cette passion commune anime nos talents chaque jour


SASKIA

Un vĂ©ritable coup de cƓur ! Il y a un an, Saskia dĂ©voilait son premier EP « Quand je vois l’humain » oĂč figure notamment « Dans ma tĂȘte » et « La mer ». Autrice et compositrice bruxelloise, elle nous ouvre les portes de son univers situĂ© entre la pop, le R&B, la musique Ă©lectronique et la chanson française. Un timbre rare, lĂ©gĂšrement voilĂ© d’une brume de chaleur. Une voix Ă©lastique, gorgĂ©e d’ñme, qu’on a immĂ©diatement envie d’écouter, en boucle ! S’ensuivent une dizaine de dates solo, des scĂšnes sur les plus grands festivals belges et une premiĂšre partie d’AngĂšle lors d’un showcase privĂ© Ă  l’Atomium. Pour en arriver lĂ , Saskia a dĂ©butĂ© avec Simon LeSaint, le fils de Dani Klein (Vaya Con Dios) et l’un des collaborateurs de Stromae. « Pour s’aimer » annonce le premier titre de son album qui sortira le 7 avril 2023. A l’écoute de notre instinct, nous espĂ©rons la retrouver lors des prochaines Victoires de la musique.

ML

Maria-Laetita Mattern a dĂ©barquĂ© sur la scĂšne bruxelloise entourĂ©e de son frĂšre, AurĂ©lio, et d’un ami, François de Moffarts, sous le nom de « Sonnfjord ». L’an dernier, la chanteuse qui imagine ses compositions Ă  la guitare ou au piano, nous est revenue en solo et en français, sous le nom de « ML » avec un premier EP bien nommĂ© « ChangĂ© », co-produit par Sage, dont un featuring avec Flore Benguigui. Un timbre de voix accrocheur, une Belgian Pop Ă  la française, des paroles touchantes et poĂ©tiques Ă  l’instar du titre « Un peu plus haut », sont la clĂ© de son succĂšs. Son nouveau single « Ressaisis-toi » au rythme planant, Ă  Ă©couter en mode roadtrip, musique Ă  fond, nous fera patienter jusqu’à la sortie de son nouvel EP en juin 2023.

À
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SUIVRE
© Ella Hermë © TClotilde Billiette
BE PERFECT | SASKIA - ML - CORALIEN - YELLOWSTRAPS
MOTS : ARIANE DUFOURNY

CORALIEN

Originaire de Louvain-la-Neuve, Coralien est auteur, compositeur, multi-instrumentiste et entrepreneur. Il a appris Ă  gĂ©rer sa propre promotion en devenant un vrai storyteller et Community manager, il rĂ©alise des vidĂ©os, stories, tutos qui par leur spontanĂ©itĂ©, humour et originalitĂ© gagnent le cƓur de followers qui ne cessent de croĂźtre. 100K followers sur Instagram, une vĂ©ritable communautĂ© qui adhĂšre Ă  son univers dĂ©calĂ© ! Mais Coralien, c’est avant tout un interprĂšte qui illumine notre journĂ©e. AprĂšs 5 singles qui ont fait vibrer les radios nationales, il dĂ©voile son premier album « MĂ©tronome » composĂ© de 10 titres teintĂ©s d’envolĂ©es lyriques Ă  l’instar de « Aime ». « J’ai pas envie de t’aimer, en sachant que tu vas m’oublier », aucun risque Coralien. Nous t’aimons ! « Alors aime, vas-y aime » et emmĂšne-nous dans ton monde parallĂšle.

YELLOWSTRAPS

Nous Ă©tions dĂ©jĂ  fan des frĂšres Murenzi, alias « YellowStraps ». Le duo se mue en solo ! Aucune lutte fratricide derriĂšre cette dĂ©cision mais une prise de conscience pour le cadet Murenzi pour qui le plaisir de crĂ©er est devenu inconciliable avec la pression du succĂšs. Donc, Alban part, Yvan reste et sort son album « Tentacle » qui intĂšgre ses influences rock aux tropismes R&B, nu soul et electronica. On y retrouve le talent d’Yvan Murenzi dans une collection de titres bien assortis avec Sofiane Pamart, Sam Wise et RomĂ©o Elvis. L’album parle de la complexitĂ© de l’amour, un paradoxe que le chanteur rĂ©sume : « L’amour est une torture, mais j’aime toujours ». YellowStraps est dĂ©sormais signĂ© par Universal Music France qui a un faible pour les artistes belges. Pas Ă©tonnant, nous sommes incontournables et YellowStraps en particulier !

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REPERAGE
© Emilie Nitim © Lou West
TALENTS BELGES À SUIVRE

WECANDANCE RÉVÈLE SON NOUVEAU THÈME

WECANDANCE cĂ©lĂ©brera ses 10 ans sur la plage de Zeebruges en aoĂ»t prochain. Sept scĂšnes dĂ©diĂ©es Ă  la musique Ă©lectro, un cadre exceptionnel bordĂ© par des dunes et la mer du Nord, une offre culinaire allĂ©chante, des fashonistas qui se lĂąchent, et c’est la cĂŽte belge qui est en Ă©bullition 


Pour fĂȘter ses 10 ans, WECANDANCE promet d’envoyer du lourd ! Une scĂšne supplĂ©mentaire sera installĂ©e sur la plage, portant le total Ă  sept. Elle explorera de nouveaux sous-genres tels que l’amapiano, en plus des styles musicaux propres au festival : hip-hop, techno, desert house, disco, all-round, slow dance et concerts live.

« Sea, Sand & Sun » sera le thĂšme de l’édition anniversaire de Wecandance qui se tiendra sur la plage de Zeebruges les samedis 5 et 12 et dimanches 6 et 13 aoĂ»t. Le mythique festival offrira Ă  ses visiteurs un ocĂ©an de possibilitĂ©s afin de profiter pleinement de cette escapade sur sa plage enchantĂ©e, avec au programme des expĂ©riences dĂ©diĂ©es Ă  la musique, Ă  la gastronomie et Ă  la mode. On vous raconte tout dans notre Ă©dition Ă©tĂ©. D’ici lĂ , on repĂšre les looks les plus glam’ des crĂ©ateurs de mode belges.

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NATAN
À PAPA
FILLES
www.wecandance.be
MOROBE MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | WECANDANCE

Gemmologue, je vous accompagne dans votre démarche de création ou transformation de bijoux.

«Un pendentif au délicat dégradé de couleurs alliant le bleu piscine du zircon au bleu gris du spinelle tandis que le saphir rose unifie ces deux tonalités.»

isabelleleblans Joaillerie-Créations 30 ans 1991 - 2021 Rue des Combattants 60 - 1310 la Hulpe tel. 02 652 24 39 - www.leblans.be Je vous accueille du mardi au samedi de 10h00 à 18h30 Isabelle Leblans Gemmologue

LES SACS BELGES QU’ON

Entre les femmes et leurs sacs, c’est une vĂ©ritable histoire d’amour. Loin d’ĂȘtre de simples accessoires de mode, ils renferment leurs petits secrets et rĂ©vĂšlent leurs personnalitĂ©s. L’élu de leur cƓur ? Au pluriel ! Pourquoi en effet se limiter Ă  un seul sac quand la tentation de les collectionner est si forte ? Et pourquoi se cantonner aux seules femmes ? Entre les hommes et leurs sacs


CLIO GOLBRENNER

Clio Goldbrenner lance une toute nouvelle ligne baptisĂ©e « Signature ». A cette annonce, nous avons frĂ©mi, de crainte de voir nos modĂšles iconiques devenir has been. Que les inconditionnelles de la marque, comme nous, se rassurent, ils n’ont jamais Ă©tĂ© aussi en vogue et des couleurs vitaminĂ©es s’ajoutent aux grands classiques que nous collectionnons dans notre dressing. Alors en quoi se distingue cette nouvelle ligne ? Son design est rĂ©solument Ă©purĂ©, tout en noir et blanc. La cotte de maille emblĂ©matique de la marque belge orne l’ensemble des piĂšces en toute discrĂ©tion. Les quatre modĂšles exclusifs sont produits en quantitĂ© restreinte. Oh lĂ  lĂ , pourvu que l’élĂ©gant sac noir en bandouliĂšre que nous avons repĂ©rĂ© ne soit pas en rupture de stock !

www.cliogoldbrenner.com

NO/AN X JEAN-PAUL KNOTT

C’est la collab qu’on adore ! Anna Lehmusniemi et JeanPaul Knott, unis par le mĂȘme dĂ©sir d’épure et du travail bien fait, lancent une collection commune Ă  laquelle nous ne pouvons rĂ©sister. Retranscrivant parfaitement l’esthĂ©tique et l’univers des deux designers basĂ©s Ă  Bruxelles, les deux modĂšles en cuir bicolore se dĂ©clinent en deux tailles avec en prime, une pochette individuelle interne que nous pouvons porter sĂ©parĂ©ment. Leurs atouts ? Ils sont parfaits pour voyager ou pour la vie quotidienne de ceux et celles qui voient la vie en grand. Eh oui, mesdames, les hommes pourront aussi porter ces tote bags qui Ă©chappent Ă  la logique du genre.

www.noanstudio.com

www.jeanpaulknott.com

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ADORE
BE PERFECT | CLIO GOLBRENNER - NO/AN X JEAN-PAUL-KNOTT - KIPLING X VICTORIA TANG - MIEKE DIERCKX
MOTS : ARIANE DUFOURNY PHOTOS : DR

KIPLING X VICTORIA TANG MIEKE DIERCKX

Qui parmi nous n’a jamais possĂ©dĂ© un sac Ă  l’effigie du petit singe ? C’est assurĂ©ment une belgian success story!

Fondée en 1987 à Anvers, la marque belge Kipling reste leader des sacs à dos, bagages et cartables de nos enfants.

DerniĂšre tendance ? Une nouvelle collab avec Victoria Tang. Qui est-elle ? NĂ©e Ă  Londres et ayant grandi Ă  Hong Kong et au Japon, elle est Ă  prĂ©sent directrice artistique, designer, consultante et collaboratrice de Kipling. Des sacs Ă  dos aux sacs portĂ©s Ă  l’épaule, en passant par les sacs fourre-tout et les sacs Ă  bandouliĂšre, cette nouvelle collection est dĂ©diĂ©e aux femmes actives. Comme nous !

www.kipling.com

Tous les chemins mĂšneraient-ils Ă  la maroquinerie ? Mieke Dierckx a lancĂ© sa marque en 2012, aprĂšs avoir suivi des Ă©tudes de design d’intĂ©rieur et de mobilier, additionnĂ© d’un master en design de bijoux. Un bagage qui influence son approche de la conception de sacs Ă  main d’une maniĂšre moins conventionnelle. Le rĂ©sultat ? Un sac Ă  main comme une gravure de mode. Ce printemps, trois couleurs phares Ă©clatantes, orange, vert et jaune, vont parfaire nos tenues en leur ajoutant une touche glam, classe, ou rock.

www.miekedierckx.be

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REPERAGE
LES SACS BELGES QU’ON ADORE

RHODÉE SIGNÉE EMILIE CRICKX

fashionistas

collection aussi solaire

Nous avons dĂ©couvert Emilie Crickx Ă  travers ses post Instagram qui mettent en lumiĂšre « Pimprenelle », le conceptstore lasnois de sa maman. Nous avons fait plus ample connaissance sur le shooting Be Perfect du chanteur Pierre de Maere oĂč Emilie assurait le stylisme. Quel talent ! Pas Ă©tonnant qu’elle lance sa propre marque de maillots de bain, «RhodĂ©e », soutenue dans cette aventure par ses amies Valentine Witmeur et Betty Kafouni, responsables respectivement du dĂ©veloppement des collections et du marketing. Toutes les piĂšces sont créées en Belgique et produites Ă  partir de bouteilles en plastiques recyclĂ©es dans des ateliers au Portugal qui partagent les mĂȘmes valeurs environnementales. Et chaque piĂšce est dĂ©coupĂ©e au laser sur le tissu afin de rendre l’imprimĂ© exclusif.

La premiĂšre collection nommĂ©e « Islands » parle d’elle-mĂȘme et nous emmĂšne dĂ©couvrir Ă  travers 4 imprimĂ©s signature: Ibiza, Lanzarote, Zanzibar et Andaman. Chaque imprimĂ© propose 3 hauts, 2 bas et 2 maillots une piĂšce. Pour vous les prĂ©senter, qui de mieux que le mannequin Lena Simonne (la femme de RomĂ©o Elvis) et la scĂ©nographe bruxelloise KĂ©nia RaphaĂ«l.

www.rhodee.com

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RhodĂ©e, la nouvelle marque belge de maillots de bain créée par de la styliste Émilie Crickx a tout pour nous plaire. Des piĂšces colorĂ©es aux imprimĂ©s organiques alliant le charme rĂ©tro au respect de l’environnement. Les
ont déjà adopté cette
que durable.
MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | RHODÉE
© Victoria Nossent et par Victor Pattyn

Salvatore Minni, retenez bien son nom ! Cet auteur bruxellois fait partie de la nouvelle gĂ©nĂ©ration d’écrivains Ă  suivre impĂ©rativement. Son nouveau thriller, « DĂ©sobĂ©issance », se dĂ©roule Ă  Bruxelles dans une ambiance Ă  la fois oppressante et mystĂ©rieuse. Un roman plus palpitant qu’une sĂ©rie addictive !

Rien ne vaut un bon roman noir à dévorer ! Nous découvrons « Désobéissance » un dimanche midi. Le titre nous met bien sûr en appétit. Ce thriller psychologique met en exergue des sentiments liés au chagrin et les émotions qui peuvent en découler : injustice, perdition, colÚre ou pire.

CaptivĂ©e, nous tournons les pages avec ferveur. Incapable de nous arrĂȘter de lire. Tambour battant, l’auteur nous embarque au fil de chapitres efficaces, haletants. Les protagonistes fouillĂ©s jusqu’à l’intime nous confrontent Ă  l’extrĂȘme complexitĂ© humaine et nous happent. Les hĂ©ros comme les personnages les plus monstrueux. Jusqu’oĂč le chagrin et le deuil peuvent-ils nous conduire ? Dans les mĂ©andres de l’esprit humain. Objectif atteint !

Salvatore Minni est l’auteur des thrillers psychologiques « Claustrations » et « AnamnĂšse ». Alors, rien d’étonnant qu’il partage papotes et taquineries avec Barbara Abel qu’il remercie en fin de livre. Nous lui souhaitons une longue carriĂšre, Ă  l’instar de celle de la reine belge du thriller dont le roman « DerriĂšre la haine » a Ă©tĂ© adaptĂ© au cinĂ©ma par le rĂ©alisateur belge Olivier Masset-Depasse sous les titres « Duelles » et « Mothers’ Instinct », son remake hollywoodien, bientĂŽt dans nos salles.

Alors que Guillaume peine Ă  accepter son deuil, Sarah, une quadra accro Ă  son boulot, est renversĂ©e par une voiture, ce qui lui impose de ralentir son rythme de vie. En quittant l’hĂŽpital, elle fait la connaissance d’une fillette qui lui demande son aide. MalgrĂ© ses hĂ©sitations, Sarah finit par accepter. Pourtant, un danger la guette, mais trop absorbĂ©e par ce qui lui arrive, elle n’en a pas conscience. Ressortira-t-elle indemne de cette quĂȘte ?

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© Cécile Quantum
100 % NOIR
MOTS : ARIANE DUFOURNY
BE PERFECT | SALVATORE MINNI
Un bien à mettre en VENTE ou LOCATION ? Pensez à l’immobiliùre VAN DER SMISSEN IMMO, nous serons votre partenaire ! www.vandersmissenimmo.be ESTIMATION VENTE LOCATION AGENCE DE GENVAL Place Jean Vanderbecken 7 1332 Genval +32-(0)2-270.02.42 AGENCE D’OHAIN Rue des Saules, 31 1380 Ohain +32-(0)2-351.42.28 info@vandersmissenimmo.be PEB n° 20220908017156
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CAUSERIE

Ils/elles font la fiertĂ© de notre pays. Entretiens en tĂȘte-Ă -tĂȘte.

MYRIAM LEROY – ARMEL JOB – ADELINE DIEUDONNE – ALIA CARDYN – ODILE D’OULTREMONT – PASCALE SEYS – FANNY RUWET EMILIEN VEKEMANS – BARBARA ABEL – KID NOIZE – RORI – EDOUARD VERMEULEN - CHRISTOPHE COPPENS ALEXANDRE HAMES – VIRGINIE MOROBE – GLENN SESTIG – LEONNET HOANG – DIANE GOVAERTS

Myriam Leroy nous interpelle :

Pourquoi a-t-elle été silenciée ?

Parce qu’elle Ă©tait femme ?

Dans son nouveau roman au titre intriguant, « Le MystĂšre de la femme sans tĂȘte », Myriam Leroy ressuscite Marina Chafroff, rĂ©sistante bruxelloise d’origine russe, dĂ©capitĂ©e Ă  la hache Ă  33 ans durant l’Occupation, et grande oubliĂ©e de l’Histoire. Par lĂ  mĂȘme, la romanciĂšre prend la dĂ©fense de toutes les femmes humiliĂ©es, rĂ©duites au silence, relĂ©guĂ©es Ă  l’arriĂšre-plan. Rencontre Ă  la KBR Ă  Bruxelles avec une autrice, combattante d’un autre type certes, qui lutte au quotidien contre les stĂ©rĂ©otypes de genre, la misogynie et le sexisme.

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MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : ANTHONY DEHEZ COIFFEUR ET MAKE-UP ARTIST : LUC DEPIERREUX

Nous avons interviewĂ© une premiĂšre fois Myriam Leroy Ă  la sortie d’« Ariane », le rĂ©cit d’une relation siamoise entre deux ados du BĂ©wĂ©. C’était en 2018. En 2019, parait « Les Yeux rouges » oĂč elle dĂ©peint la mĂ©canique glaçante du harcĂšlement en ligne. Avec « ADN », en 2022, crĂ©ation du Théùtre de la Toison d’Or (TTO), elle Ă©voque sa propre histoire, celle d’une fille nĂ©e d’un donneur de sperme anonyme.

FĂ©vrier 2023, Ă  la faveur de la sortie de son nouveau roman, « Le MystĂšre de la femme sans tĂȘte », on recontacte Myriam pour un long entretien et un shooting-cover. Elle accepte, ravie.

Youpi ! On commençait à avoir le temps long


Nous nous rencontrons Ă  la KBR, la BibiothĂšque Royale de Belgique qui conserve et gĂšre quelque sept millions de documents. Ce lieu, Myriam, c’est vous qui nous l’avez suggĂ©rĂ©. Pourquoi ? L’écriture de mon nouveau roman m’a amenĂ©e plusieurs fois Ă  frĂ©quenter la salle de lecture de la KBR, ainsi que les Archives de la Ville de Bruxelles. Le passĂ©, la guerre, m’ont toujours paru abstraits. Mais peu Ă  peu, au rythme de mes recherches journalistiques, en enquĂȘtant sur Marina Chafroff, cette femme dĂ©capitĂ©e pendant l’Occupation, ce passĂ© s’est matĂ©rialisĂ©. D’une image fixe, celle de sa tombe au cimetiĂšre d’Ixelles, je dĂ©couvrais graduellement un film animĂ©... Je me suis prise de

BE PERFECT | MYRIAM LEROY

passion pour la KBR, le site physique, cet imposant bĂątiment moderniste, et son site en ligne, qui est devenu une vĂ©ritable obsession. Je rĂȘve d’un nouveau projet qui m’oblige Ă  nouveau Ă  frĂ©quenter la KBR avec assiduitĂ©.

L’écriture du « MystĂšre de la femme sans tĂȘte » a nĂ©cessitĂ© un travail journalistique et d’historienne... Oui, mais d’historienne avec un regard profane (rire). Les historiens ont des mĂ©thodes plus orthodoxes et professionnelles que les miennes, mais j’assume et revendique complĂštement les libertĂ©s prises avec le rĂ©el. Cela Ă©tant, c’est en effet la premiĂšre fois que je me documente autant pour un roman. L’écriture de la piĂšce « ADN» avait

nĂ©cessitĂ© des recherches mais sur un thĂšme, la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e, plus contemporain, qui ne me demandait pas de compulser des tonnes d’archives. « Le MystĂšre de la femme sans tĂȘte », en revanche, c’est plus de deux ans de travail 


Marina Chafroff, jeune Russe exilĂ©e en Belgique, fut, sur ordre de Hitler, dĂ©capitĂ©e Ă  la hache en 1942, pour avoir poignardĂ© Ă  Bruxelles un officier allemand. Il n’y a pourtant ni rue ni monument Ă  son nom. Qu’elle soit nĂ©e femme a-t-il encouragĂ© cet oubli ? Quand j’ai dĂ©couvert la tombe de Marina Chafroff au cimetiĂšre d’Ixelles avec ce mot : dĂ©capitĂ©e, j’y ai vu deux anomalies. Une femme.

DĂ©capitĂ©e. AprĂšs la Seconde Guerre mondiale, le centre du cimetiĂšre d’Ixelles fut amĂ©nagĂ© en « Reposoir des Martyrs » destinĂ© aux victimes de la terreur nazie. C’est lĂ  que gĂźt Marina, seule femme parmi tous les hommes, parmi Lucien, Raymond, Maurice, Gaston
 Je dĂ©bute donc mes recherches sur Marina Chafroff et je dĂ©couvre que les rĂ©sistantes sont les grandes oubliĂ©es de l’histoire des annĂ©es 40-45. Beaucoup d’entre elles ont Ă©tĂ© rĂ©duites au silence, mises Ă  l’écart, en raison d’une misogynie ambiante. On disait des femmes qu’elles Ă©taient trop bavardes, qu’on ne pouvait pas leur confier de secrets. Qu’elles Ă©taient influencĂ©es par leurs hormones, donc instables.

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Ce constat de l’humiliation faite aux femmes, vous l’aviez dĂ©jĂ  dĂ©noncĂ© dans votre film documentaire, « #salepute », co-rĂ©alisĂ© avec Florence Hainaut, qui traite de la cyberviolence. Oui. Sans minimiser le rĂŽle des femmes dans la RĂ©sitance, force est de constater qu’elles Ă©taient principalement appelĂ©es pour taper du courrier ou soigner les blessĂ©s.

Pourquoi ? Par misogynie.

Des femmes rĂ©sistantes souvent oubliĂ©es de l’Histoire... Oui, car l’Histoire est souvent Ă©crite par des hommes, parce que les femmes n’ont pas entretenu leur propre souvenir, qu’elles ne pratiquent pas la mĂ©moire autoglorifiante comme les hommes et qu’à l’époque, on leur a souvent dĂ©niĂ© toute charge politique Ă  leurs exploits.

C’est le cas de votre hĂ©roĂŻne... Tout Ă  fait, le parti communiste belge n’a jamais invoquĂ© en sa faveur l’exploit de Marina Chafroff. Pire : il s’en est publiquement dĂ©solidarisĂ© en niant l’acte de rĂ©sistance pour invoquer un crime mĂ» par une pulsion suici-daire. Quelle humiliation ! Ce roman repose d’ailleurs sur une question qui m’a taraudĂ©e tout le long de son Ă©criture : pourquoi le nom de Marina Chafroff, mĂšre de famille au courage extraordinaire, rĂ©sistante dĂ©capitĂ©e, est-il inconnu ? Pourquoi n’a-t-elle pas marquĂ© l’Histoire ? Comment a-t-elle Ă©tĂ© refoulĂ©e de nos mĂ©moires ? Pourquoi a-t-elle Ă©tĂ© silenciĂ©e ?

A cette enquĂȘte, vous venez amarrer un autre rĂ©cit, aux rĂ©sonnances intimes. Le « tu » qui se faufile entre les pages du roman, c’est vous, Myriam
 Par le truchement de coĂŻncidences, les deux personnages vont en effet se confondre, les rĂ©cits se tresser, mĂȘme si je ne m’autoproclame pas rĂ©sistante, je vous rassure. Mais les tourments de Marina, ce sont les miens. Sa rĂ©volte, aussi. Je me suis donc invitĂ©e dans le rĂ©cit car je continue Ă  m’insurger contre notre sociĂ©tĂ© qui pousse les femmes Ă  ne pas l’ouvrir, Ă  ne pas s’engager
 Le point commun entre les femmes, le seul peut-ĂȘtre, c’est qu’on les traite comme des femmes. Toutes les humiliations qu’elles ressentent se ressemblent, or la sociĂ©tĂ© a tendance Ă  les morceler. Le « ça n’arrive

BE PERFECT | MYRIAM LEROY

qu’à toi », je n’y crois pas. Le combat est collectif et politique.

Il existe, Ă©crivez-vous, « un lien d’humiliation unissant toutes les femmes ». Les femmes sont-elles trop gentilles ? Evidemment. On fait ce qu’on attend de nous. On se conforme au modĂšle qui nous prĂ©existe.

Rien ne change ? Si. Les femmes se sont Ă©mancipĂ©es. Et cette Ă©mancipation ne plait pas Ă  tout le monde : la haine et le mĂ©pris qui leur sont vouĂ©s s’avĂšrent encore plus prĂ©sents aujourd’hui qu’hier. La misogynie a flambĂ©.

La solution ? Je n’en ai pas. Peut-ĂȘtre faudrait-il que les femmes ne se sentent plus obligĂ©es d’évoluer sous le regard des hommes et que le couple hĂ©tĂ©rosexuel ne soit plus considĂ©rĂ© comme l’accomplissement d’une vie


Vous évoquez également dans ce roman les fake news et la désinformation... Ces fausses nouvelles étaient

endĂ©miques, dĂ©jĂ  Ă  l’époque, bien avant les rĂ©seaux sociaux, et visaient Ă©videmment Ă  manipuler l’opinion publique.

Quel est votre public ? Depuis que j’ai Ă©tĂ© identifiĂ©e comme fĂ©ministe, j’ai surtout un lectorat de femmes. Je fais peur aux hommes. Rire.

Cette Ă©tiquette vous ennuie-t-elle ? Non. Etre fĂ©ministe dans notre sociĂ©tĂ©, c’est une Ă©vidence ! En revanche, je ne suis pas une spĂ©cialiste du fĂ©minisme. Mon combat, je le mĂšne contre le sexisme. Des Ă©lĂ©ments du rĂ©el et mon vĂ©cu me fournissant la matiĂšre nĂ©cessaire pour alimenter mon combat et mon Ă©criture.

Entre 2012 et 2017, vous avez fait l’objet d’un vĂ©ritable harcĂšlement sur internet et sur les rĂ©seaux. En dĂ©cembre dernier, l’auteur a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  10 mois de prison avec sursis probatoire
 Depuis, le prĂ©venu a dĂ©cidĂ© de faire appel. Le procĂšs aura lieu en 2024. S’il le perd, il a dĂ©jĂ  dĂ©clarĂ© qu’il irait

en cassation et si nĂ©cessaire, devant la Cour europĂ©enne des droits de l’homme. Le procĂšs a Ă©tĂ© cruel et violent. Il constituera peut-ĂȘtre la matiĂšre d’un prochain roman.

2023 sera-t-elle une annĂ©e chargĂ©e ? J’assure la promo de mon nouveau roman, une reprise de la piĂšce « ADN » est prĂ©vue au TTO, j’adapte en scĂ©nario de long mĂ©trage « Cherche l’amour », ma premiĂšre piĂšce jouĂ©e Ă©galement au TTO et j’écris une sĂ©rie documentaire sur le quotidien des enseignantes pour la RTBF. Je lis. Beaucoup. Et chaque jour, je promĂšne Caramel, mon chien.

« Le mystĂšre de la femme sans tĂȘte »

Extrait : Il y a une femme, enterrĂ©e au cimetiĂšre d’Ixelles, qui a Ă©tĂ© dĂ©capitĂ©e Ă  la hache en 1942. Son nom est russe. Elle Ă©tait toute petite et avait une grĂące de pirate. Les Russes qui s’en souviennent prĂ©tendent qu’elle a changĂ© le cours de la guerre. Les Belges, eux, ne disent rien. Ils l’ont oubliĂ©e.

Elle l’a dit : Que je rassure le lecteur, lire « Le mystĂšre de la femme sans tĂȘte » ne nĂ©cessite pas un gros effort de projection dans le passĂ©. Ce n’est absolument pas un rĂ©cit de guerre, mais un roman moderne.

Editions Seuil

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ARMEL JOB

ou l’appel de l’authenticitĂ©

« Le Meurtre du docteur Vanloo » partage avec vos autres romans cette sensation de microcosme, proche de huis clos, mais aussi une combinaison de faux semblants et de cas de conscience. L’intrigue est-elle le prĂ©texte Ă  une plongĂ©e au cƓur de la nature humaine ? L’intrigue, est la premiĂšre politesse du romancier pour son lecteur, sa façon de lui Ă©viter l’ennui. Mais elle est aussi l’occasion de dĂ©couvrir, par l’entremise d’un fait extraordinaire, les rĂ©actions des protagonistes. C’est ce qui me passionne. Depuis plus de 20 ans, je m’interroge sur les gens. Qui ils sont, ce qu’ils pensent et ressentent. Et

Ses Ă©crits prolifiques comme ses multiples prix n’ont amenĂ© qu’à le rendre d’autant plus humble et curieux. À l’occasion de la sortie de son 23Ăšme roman « Le Meurtre du docteur Vanloo », Armel Job Ă©voque la passion de l’humain qui anime ses mots.
MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : PHILIPPE MATSAS
BE
| ARMEL JOB
PERFECT

c’est lorsqu’ils sont poussĂ©s dans leurs retranchements par une situation dramatique ou exceptionnelle, que les individus se rĂ©vĂšlent vraiment.

Vos livres ont pour cadre la Belgique. Est-ce par attachement, notamment Ă  la province du Luxembourg oĂč vous avez grandi et vivez toujours ? Cette dĂ©marche m’a toujours semblĂ© naturelle. Pour Ă©crire, je me nourris de ce que je connais et vois autour de moi. Pourquoi dĂšs lors situerais-je mes romans ailleurs ? Et je pense que son dĂ©cor aide les lecteurs Ă  ressentir d’autant plus de proximitĂ© avec les histoires que j’évoque.

Notamment ses villages et ses petites bourgades rurales ? Oui, mĂȘme si certains de mes ouvrages se sont aussi dĂ©roulĂ©s Ă  Charleroi ou LiĂšge, le village a l’avantage d’une unitĂ© de lieu, d’un cadre rĂ©duit, oĂč censĂ©ment tout le monde se connait. Les relations et les liens, y sont donc extrĂȘmement intenses, chacun ayant un passif avec les autres.

Vos personnages sont d’autant plus attachants de par leur troublante vĂ©racitĂ©, le sentiment qu’ils pourraient ĂȘtre ce voisin que l’on croiserait au dĂ©tour d’une rue. Est-il essentiel pour vous de mettre en scĂšne des individus du commun ? Je ne me retrouve pas dans cette forme de littĂ©rature bourgeoise qui se dĂ©tache de la vie pratique pour se concentrer sur les Ă©tats d’ñme. Ce que j’aime, c’est mettre en scĂšne des petites gens, si l’on peut dire, avec un quotidien ancrĂ© dans la rĂ©alitĂ©. C’est un type d’histoires qui m’a toujours attirĂ©. DĂ©jĂ  Ă  14, 15 ans, j’étais passionnĂ© par Maupassant et ses contes. Leur langage me plaisait, tout comme les personnages issus de la Normandie profonde, des paysans, des gens du commun. Cela m’a marquĂ© et certainement influencĂ©.

Vous avez publiĂ© votre premier roman, « La Reine des Spagnes » en 1995, Ă  47 ans, aprĂšs une carriĂšre de professeur de latin grec puis de directeur. Pensez-vous que ces annĂ©es d’enseignement habitent Ă©galement vos Ă©crits ? Certainement. Un professeur de latin et de grec cherche Ă  mettre ses Ă©lĂšves en contact avec les racines de

notre civilisation, de mĂȘme qu’il essaye de piquer leur curiositĂ©, de les faire rĂ©flĂ©chir. Le travail de l’écrivain est au final assez similaire. Il s’agit d’exercer son esprit critique sur le monde qui nous entoure que nous percevons par le prisme des apparences.

En parallĂšle des romans, vous Ă©crivez Ă©galement des piĂšces de théùtre. Les deux exercices vous apportent-ils le mĂȘme plaisir ? Ce sont des dĂ©marches trĂšs diffĂ©rentes. Par le biais du théùtre, son rythme, ses dialogues, j’essaye d’introduire avec une touche d’humour et de façon contemporaine, une rĂ©flexion sur des questions philosophiques ou thĂ©ologiques. Par exemple dans « L’évasion de Socrate ». On sait que Socrate ne s’est pas Ă©vadĂ© et qu’il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  mort. Mais aussi qu’il aurait pu fuir. Quelle raison pousse dĂšs lors un homme Ă  rester malgrĂ© tout en prison Ă  y attendre son exĂ©cution ? Et puis, le théùtre ne s’encombre pas de cette obligation de devoir dĂ©crire le banal, lĂ  oĂč le hĂ©ros s’assied, lorsqu’il ouvre une porte
 L’on peut se concentrer sur l’essentiel : la conversation.

Quel est le plus beau compliment qu’on ait pu vous faire Ă  propos de vos Ă©crits ? Sans doute cette femme m’ayant remerciĂ©, car les personnages de l’un de mes romans l’avaient aidĂ© Ă  vaincre sa dĂ©pression. C’est curieux et en mĂȘme temps trĂšs touchant de voir l’attachement que peuvent susciter des ĂȘtres pourtant imaginaires. C’est tout l’intĂ©rĂȘt du roman, aller au-delĂ  du cas particulier pour rejoindre l’universalitĂ©. Et faire rĂ©sonnance.

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Adeline Dieudonné

« Faire couple ne satisfait pas tout le monde »

AprĂšs « La vraie vie » et « KĂ©rozĂšne » qui avaient tous deux bousculĂ© le lecteur, l’auteure bruxelloise Adeline DieudonnĂ© revient avec « Reste », un roman Ă©pistolaire qui soulĂšve de nombreuses questions pertinentes voire dĂ©rangeantes sur l’amour et la vie en couple. Confidences.

MOTS : SERVANE CALMANT PHOTO : CÉLINE NIESZAWER BE PERFECT | ADELINE
DIEUDONNÉ

On a dĂ©couvert Adeline DieudonnĂ© en 2017 avec son monologue théùtral, « Bonobo Moussaka », qui sera ensuite publiĂ© en livre. Mais c’est son premier roman, « La vraie vie », un conte pourtant cruel, qui va la rĂ©vĂ©ler au grand public. Fille du BĂ©wĂ© installĂ©e Ă  Bruxelles, Adeline DieudonnĂ© est alors dans tous les mĂ©dias, dans toutes les librairies, et dĂ©croche une rafale de rĂ©compenses, dont le Prix Rossel. A la sortie de « KĂ©rozĂšne », deuxiĂšme opus tout aussi fĂ©roce, on contacte Adeline pour lui proposer un long entretien et la couverture du Be Perfect. Elle accepte. Avec un tel parcours, on ne peut dĂ©cemment pas lĂącher pareille auteure ! AllĂŽ Adeline, « Reste », votre nouveau roman, on en parle ?

Une femme quadragĂ©naire et son amant s’offrent un week-end dans une cabane prĂšs d’un lac. Le cadre est enchanteur. Mais
 Quelle surprise avez-vous rĂ©servĂ©e aux lecteurs ? Ce couple est illĂ©gitime, il est mariĂ©, elle ne l’est pas. Comme souvent lors de leurs escapades dans ce chalet au bord de l’eau, il part nager. Mais ce matin-lĂ , il ne la rejoindra pas au petit-dĂ©jeuner
 Ce matin-lĂ , il meurt. Ainsi dĂ©marre le roman.

Et qui dit amour illĂ©gitime dit chagrin illĂ©gitime 
 Oui, car si elle appelle les secours, on va lui arracher l’homme qu’elle aime. Une maĂźtresse n’est pas censĂ©e exister aux yeux du monde, donc son chagrin devient en effet difficile, voire impossible Ă  vivre. Alors elle reste avec le corps de son amant, part pour un road-trip dans la montagne et se met Ă  Ă©crire Ă  la femme de son amant dĂ©cĂ©dĂ©.

Pour autant, vous ne jugez pas l’infidĂ©litĂ©, vous n’y voyez ni trahison ni bienfait pour rĂ©inventer le couple ; non, le sujet du livre est ailleurs : vous interpellez la vie de couple 
 En effet, je ne porte aucun jugement sur l’infidĂ©litĂ©, je ne la condamne pas et je n’en fais pas l’apologie. La narratrice de

« Reste » a un amant car sa vie de couple a été un échec.

Quel regard portez-vous sur la vie de couple ? En 2023, les femmes ne sont toujours pas affranchies des hommes. Certes, une femme peut travailler sans l’accord de son mari et ouvrir un compte en banque, mais les femmes de ma gĂ©nĂ©ration - j’ai 40 ans -, doivent toujours vivre en couple pour espĂ©rer s’en sortir financiĂšrement. Oui, en Belgique, en 2023, il existe toujours un Ă©cart salarial entre les hommes et les femmes. De surcroit, « faire couple » ne satisfait pas tout le monde.

Vous ĂȘtes mĂšre de deux enfants, mais vous comprenez les femmes que la maternitĂ© ne fait pas rĂȘver. Vous Ă©crivez : ce que j’aimais chez M., « c’est qu’il ne s’est jamais intĂ©ressĂ© Ă  mon utĂ©rus ». Il y a clairement un asservissement de la femme Ă  travers la maternitĂ© et le couple. Devenir mĂšre/ pĂšre entraine une dĂ©pendance. Et la charge notamment mĂ©nagĂšre qui pĂšse sur la femme reste gĂ©nĂ©ralement plus lourde. Vivre sans enfant et ne pas ĂȘtre en couple, oui, c’est une forme de libertĂ©.

« Reste » me semble plus tendre que fĂ©roce. Je me trompe ? Vous avez raison. Dans « La vraie vie », la gamine est en colĂšre, il fallait qu’on sente entre les lignes la lutte, la bataille ; dans « Reste » le personnage est plus apaisĂ© et parle d’amour.

Et vous, ĂȘtes-vous apaisĂ©e ? (Elle rĂ©flĂ©chit) J’arrive Ă  un moment de ma vie oĂč j’ai dĂ©passĂ© le stade de la colĂšre. Je ne me sens pas dĂ©couragĂ©e, mais peut-ĂȘtre que le regard que je porte autour de moi est diffĂ©rent, plus tendre. Se battre sert-il encore Ă  quelque chose ? Il y a peut-ĂȘtre, oui, une forme de dĂ©couragement finalement


AprĂšs « KĂ©rozĂšne », roman mosaĂŻque, « Reste » affiche une narration plus classique
 Je considĂšre « KĂ©rozĂšne »

comme un recueil de nouvelles plutÎt que comme un roman. « Reste » est donc mon deuxiÚme roman et la narration y est plus classique, continue, dense.

Dans l’écriture, qui dicte sa loi, le mot ou la situation ? Je mets les mots au service des situations, mais je travaille la langue française pour qu’elle rende justice Ă  la situation, au ton du roman, Ă  la voix du personnage


En fin de roman, vous publiez la bande-son de « Reste », parce que dites-vous « j’ai besoin de musique pour Ă©crire ». On dĂ©couvre des titres de Dominique A, Nick Cave, Leonard Cohen, Cat Power, autant de chansons qui vous ont accompagnĂ©e Ă  mesure que la narration Ă©mergeait
 Ces chansons m’ont aidĂ©e Ă  passer de l’autre cĂŽtĂ©, dans l’univers imaginaire du roman, car l’atmosphĂšre qu’elles dĂ©gagent correspond parfaitement Ă  l’univers du roman. Certaines chansons apparaissent mĂȘme dans le rĂ©cit. J’espĂšre qu’elles accompagneront le lecteur 


Vous remerciez Thomas Gunzig, lui qui vous a incitĂ©e Ă  Ă©crire. Vous lui avez fait lire votre roman. Est-ce rĂ©ciproque ? Oui ! C’est une magnifique complicitĂ© qui nous lie. C’est un privilĂšge de pouvoir partager son travail avec un autre romancier.

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ALIA CARDYN Porteuse d’essentiel

Avec ce sixiĂšme roman, baptisĂ© “Le Monde que l’on porte”, Alia Cardyn explore la notion d’hĂ©ritage et les racines de la transmission, dans ce qu’ils ont d’intime autant que d’universel. Et, avec sa sensibilitĂ© et sa justesse coutumiĂšre, Ă©voque le lien vital Ă  l’enfance.

Votre nouveau livre “Le Monde que l’on porte” est une ode aux femmes. D’oĂč est venu ce dĂ©sir ? Je voulais Ă©voquer deux destins de femmes qui ne sont pas tout Ă  fait Ă  leur place sur leur chemin de vie et qui dĂšs lors sont poussĂ©es physiquement vers un ailleurs. Et en parallĂšle, je rĂȘvais de crĂ©er un clan de femmes, portĂ© par la sororitĂ© et la transmission, dans un univers oĂč se mĂȘleraient spiritualitĂ© ambiante, traditions et lĂ©gendes. J‘aurais aimĂ© vivre Ă  une Ă©poque oĂč il y avait plus de tribus. Nous sommes des ĂȘtres profondĂ©ment sociaux, qui se construisent autour de l’énergie de leurs interactions. J’ai donc imaginĂ© un clan fort de son authenticitĂ©, de son intimitĂ© mais aussi de son climat de fĂȘte. Une atmosphĂšre que j’avais envie de ressentir et de me raconter.

On y rencontre deux hĂ©roĂŻnes. L’une, Ella, est enseignante, l’autre, Rose, sage-femme. Si vous aviez dĂ©jĂ  abordĂ© l’école en toile de fond de votre roman “Archie”, pourquoi avoir voulu Ă©voquer

la venue au monde d’un enfant ?

En plaçant Rose au sein de ce clan de femmes, faire d’elle une accoucheuse, s’est imposĂ© Ă  moi comme une Ă©vidence. Quant Ă  l’école, c’est le fondement de notre sociĂ©tĂ© et l’on investit si peu en elle. Ces deux histoires se rĂ©vĂ©laient des miroirs l’une de l’autre, abordant l’égalitĂ© et surtout son absence. Lors d’un accouchement, c’est le mĂ©decin qui sait, du fait des enjeux, de l’obligation d’aller vite et du manque d’équipes et la femme doit s’y plier. Il en va de mĂȘme Ă  l’école oĂč le professeur affirme et les Ă©lĂšves ont l’obligation d’écouter, de se soumettre au programme et Ă  la discipline.

Vous ressentiez le besoin de continuer de questionner le systĂšme scolaire, ce qu’il peut avoir de normatif ou au contraire de porteur et d’inspirant ? J’estimais ne pas avoir eu l’occasion d’en dire assez. Je me rends chaque semaine dans des Ă©coles, pour y parler de mes romans jeunesse. Cette annĂ©e, j’ai vu 1000 enfants et je nourris une admiration sans bornes pour les

enseignants, obligĂ©s de composer trop souvent avec une matiĂšre rigide et des classes en surnombre. Tout comme j’ai rencontrĂ© des enfants qui sont de vĂ©ritables pĂ©pites qui s’ignorent, qui affrontent des difficultĂ©s avec la matiĂšre et qu’on ne sait pas aider correctement, par manque de temps et de moyens. Dans ce livre, j’évoque l’école dĂ©mocratique, non pas car selon moi elle est la seule valable, mais car elle Ă©tait symbolique et permettait d’interroger sur l’essentiel : l’amour de l’apprentissage et l’importance de surfer sur ce dĂ©sir d’enfant de connaitre le monde, qui est tellement prĂ©sent et qu’on met de cĂŽtĂ© dans l’enseignement classique.

Quelle est l’énergie, l’émotion commune Ă  tous vos rĂ©cits ? Le premier mot qui me vient c’est libertĂ©. Mais aussi Ă©galitĂ©, mĂȘme si c’est intrinsĂšquement liĂ©. Si l’on est Ă©gaux, on est aussi plus libres. La lumiĂšre et le renouveau Ă©galement. J’aborde des thĂšmes durs, mais avec la volontĂ© d’y ajouter une dimension rĂ©siliente et lumineuse.

MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : MATHIEU GÉNON
BE PERFECT | ALIA CARDYN

Les deux histoires de votre roman se mĂȘlent justement aussi autour de ces chutes qui changent l’existence, sont porteuses de renaissance, de reconnexion au monde et Ă  soi-mĂȘme. Sontelles, selon vous, en quelque sorte un cadeau que la vie met sur notre chemin ? L’on vit dans une sociĂ©tĂ© qui ne laisse pas toujours suffisamment de part Ă  l’acceptation, notamment des Ă©motions. OĂč l’on subit de nombreuses injonctions, comme celles de se rĂ©inventer, de considĂ©rer une chute comme l’occasion d’ĂȘtre plus fort. Mais tomber, c’est d’abord s’écrouler, simplement, en devant apprendre Ă  accepter lĂ  oĂč l’on est. Je suis convaincue que, plus que

les Ă©preuves qu’on traverse, la vĂ©ritable chance est de voir se rĂ©vĂ©ler les ressources que l’on porte Ă  l’intĂ©rieur de soi.

Qu’abordera votre prochain livre ?

En octobre sortira chez Actes Sud un nouvel album jeunesse. Un roman jeunesse arrivera Ă©galement en 2024, avec dĂ©jĂ  une suite prĂ©vue. Écrire pour les enfants est tellement joyeux. Ce sont des formats courts, dans lesquels je peux insuffler sans limites humour et fantaisie. C’est une autre forme d’originalitĂ©, hyper crĂ©ative et il est magique de voir ses Ă©crits prendre vie en images grĂące aux illustrations qui y sont apposĂ©es.

CAUSERIE | 47

L’élĂ©gante plume d’ ODILE D’OULTREMONT

Tuer accidentellement une personne sans pour autant ĂȘtre jugĂ© coupable. Odile d’Oultremont interpelle le lecteur dans « Une lĂ©gĂšre victoire », roman d’un style exquis sur la rĂ©demption et l’accomplissement de soi. Rencontre avec une autrice magnifique, dans tous les sens du terme.

BE
|
D’OULTREMONT
MOTS : ARIANE DUFOURNY PHOTO : CHARLOTTE KREBS
PERFECT
ODILE

Comment est nĂ©e l’idĂ©e d’« Une lĂ©gĂšre victoire » ? J’avais envie de raconter l’histoire d’une personne qui tue une autre accidentellement sans qu’aucune « punition » pĂ©nale ne soit retenue Ă  son encontre. En apprenant que c’était arrivĂ© Ă  mon pĂšre lorsqu’il Ă©tait trĂšs jeune, la thĂ©matique m’a semblĂ© intĂ©ressante. D’autre part, mon premier roman « Les DĂ©raisons » a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© pour une rencontre en milieu pĂ©nitentiaire. Cette sĂ©ance de lecture et l’atelier d’écriture avec des prisonniers de longues peines m’ont profondĂ©ment bouleversĂ©e, au point de vouloir Ă©crire sur l’univers carcĂ©ral.

« C’est ahurissant Ă  quel point une phrase, une seule, constituĂ©e des mĂȘmes mots, en tous points pareils, a suffi Ă  rendre Ă  Nour son monde entier et Ă  faire Ă©clore en Ponthus les prĂ©mices d’une vĂ©ritĂ© dont aucun parent ne voudrait. » 
 La culpabilitĂ© de cette femme est libĂ©rĂ©e par les mots du pĂšre de la « victime », alors que les mĂȘmes mots rĂ©pĂ©tĂ©s par sa famille et ses amis n’ont pu l’extraire de sa souffrance, un espace oĂč elle est prisonniĂšre. Un parallĂšle avec cet homme, prisonnier dans sa culpabilitĂ© d’avoir tuĂ© plusieurs personnes. Sa prison, par extension, est proprement physique.

En somme, une histoire de rĂ©demption et d’accomplissement de soi ?

On est libĂ©rĂ© par les autres, dans une certaine mesure et Ă  un certain point, de la culpabilitĂ© qu’on s’impose Ă  soi-mĂȘme. La rĂ©paration se fait de soi Ă  soi.

A sa façon, ce nouveau roman exploret-il l’histoire de plusieurs renaissances comme vous l’aviez abordĂ© diffĂ©remment dans vos prĂ©cĂ©dents romans ? Oui, avec le recul, la renaissance et l’accomplissement de soi, sont des thĂšmes qui m’inspirent.

Lors de la sortie de votre précédent roman « Baïkonour », vous avez

dĂ©clarĂ© « Je suis fascinĂ©e par les individus ordinaires ». Est-ce votre moteur pour Ă©crire ? Je suis trĂšs inspirĂ©e par la normalitĂ© qui par essence se dĂ©multiplie. J’aime fouiller chez mes personnages autre chose que ce qu’on attend d’eux.

Il y a plĂ©thore d’écrivains mais peu avec une telle plume. Quel est votre secret ? La musique de l’écriture, expression assez rĂ©barbative, m’est trĂšs importante. (Rire). Ça m’intĂ©resse, m’amuse et ça me prend en moi. (Émotion). J’essaye d’y mettre de l’ñme.

Pas de recette magique. MĂȘme pas une petite confidence ? Quand je regarde mon parcours, ce que j’écrivais il y a 20 ans et que je vois ce que j’écris aujourd’hui, il y a un lien avec la rĂ©invention de soi-mĂȘme. J’arrive toujours au mĂȘme constat que j’essaye de transmettre Ă  mes enfants : ce qui apparait avant de le vivre comme quelque chose d’infranchissable ou qui peut nous affaiblir, nous blesser terriblement ou nous dĂ©truire en partie, ne se passe pas comme un phantasme nĂ©gatif de ce qu’on va vivre. AprĂšs coup, j’en ai retirĂ© une force incroyable. De mĂȘme, pour l’écriture oĂč je me suis autorisĂ©e une libertĂ© que je n’aurais pas osĂ©e auparavant.

Vous appartenez Ă  une grande famille de la noblesse belge qui existait avant la naissance de la Belgique. Qu’est-ce qu’on vous y a appris ? La tolĂ©rance, l’ouverture d’esprit. J’ai une grande chance d’ĂȘtre nĂ©e dans une famille oĂč la curiositĂ© intellectuelle Ă©tait de mise.

Et l’écriture ? C’est le fil rouge de ma vie dĂšs mon enfance. J’inondais mes parents et grands-parents de poĂ©sie rĂ©digĂ©e sur des petits papiers.

Votre nom a souvent Ă©tĂ© associĂ© Ă  celui de StĂ©phane De Groodt, qu’on adore. Avec une telle plume, peut-on s’attendre Ă  lire prochainement : « Qui

est l’ex-mari d’Odile d’Oultremont ? ». Ça m’amuse car ce n’est pas la premiĂšre fois qu’on me pose la question depuis la sortie de mon troisiĂšme roman. J’aime beaucoup StĂ©phane, je n’ai aucune revanche Ă  prendre. Par contre, j’en ai une en tant que scĂ©nariste oĂč je n’ai pas Ă©tĂ© prise au sĂ©rieux parce que je suis blonde aux yeux bleus. Je suis contente d’avoir Ă©tĂ© tenace !

Vous dĂ©dicacez votre roman « A mes filles et leurs courages ». Ça a piquĂ© notre curiositĂ©, pouvez-vous nous en dire davantage ? En tant que femme et maman, je me rends compte que nous sommes encore dans des schĂ©mas complĂštement inconscients, mĂȘme si ces derniĂšres annĂ©es, ça va mieux, Ă  bien des Ă©gards. Il faut beaucoup de cran pour ĂȘtre une femme « libre » aujourd’hui. Mes filles ont du courage, bien plus que si elles Ă©taient des garçons.

Peut-on espérer une adaptation cinématographique de vos romans ?

Je viens de terminer le scénario de « Baïkonour » qui sera produit par Versus Production. Jacques-Henri Bronckart est notamment le producteur de « Nobody has to know » de Bouli Lanners et co-producteur de « La Nuit du 12 » et de « Close » de Lukas Dhont.

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VĂ©ritables crĂ©ateurs d’atmosphĂšres, depuis plus de 35 ans, nous imaginons, amĂ©nageons et entretenons parcs, terrasses et jardins. Nous proposons un service basĂ© sur l’écoute, la qualitĂ©, le souci du dĂ©tail et de la finition. Les projets des « Les Jardins de Try Bara » s’adaptent Ă  tous types d’envies et tous types de biens, ... du jardin Ă  l’anglaise, au cadre romantique et champĂȘtre en passant par la terrasse de ville ultra contemporaine associant minĂ©ral et vĂ©gĂ©tal... Nos Ă©quipes cultivent le goĂ»t du travail bien pensĂ© et bien rĂ©alisĂ© !

Pascale Seys

Philosophe et conteuse

BE PERFECT | PASCALE
SEYS

Tisser des ponts subtils entre Histoire et prĂ©sent comme entre rĂ©fĂ©rences et questionnements. Si le dernier ouvrage de Pascale Seys, philosophe et professeure, Ă©voque l’importance du lien fondateur qui unit la mythologie Ă  nos existences, son Ɠuvre tout entiĂšre rayonne d’un Ă©quilibre dĂ©licat entre humanisme et poĂ©sie.

Dans votre nouveau livre, Le Complexe du Sphynx, en Ă©cho de vos chroniques les Mythes de l’Actu, prĂ©sentĂ©es jusque fin 2022 sur Musiq3, vous abordez la genĂšse d’expressions usuelles et de personnages mythologiques qui rĂ©sonnent toujours dans notre vocabulaire. À quel point, selon vous, les mythes imprĂšgnent-ils encore nos existences modernes et ce monde centrĂ© sur la rationalitĂ© ? À une Ă©poque oĂč il est bon d’ĂȘtre hyper performant et de s’autodĂ©terminer, nous avons tendance Ă  oublier que nous n’avons choisi ni cet univers ni mĂȘme la langue que nous parlons. L’intĂ©rĂȘt du mythe, par rapport Ă  la rationalitĂ©, c’est son appel Ă  l’imaginaire. Un imaginaire qui nous permet non plus subir ce monde, mais de dĂ©velopper une capacitĂ© d’invention. Les comportements n’y sont pas rationnels mais soumis au destin. Le hĂ©ros traverse des Ă©preuves initiatiques et gagne en connaissance de lui-mĂȘme. Les Grecs Ă©taient convaincus que la seule façon d’acquĂ©rir l’immortalitĂ© rĂ©servĂ©e aux dieux est de marquer l’histoire par actes valeureux. C’est encore ce qui alimente nos rĂ©cits contemporains comme le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter. La part de nous qui aspire Ă  accomplir de grandes choses se nourrit de fictionnel, l’amenant ainsi Ă  une part de vĂ©racitĂ©. »

Sont-ils Ă©galement une maniĂšre de relativiser le contexte actuel de nos vies, de le replacer dans une Histoire au sens large ? Et d’y puiser des clĂ©s pour nos lendemains et les dĂ©fis auxquels l’humanitĂ© fait face, notamment Ă©cologiques ? Certainement.

Nous vivons une Ăšre fatiguĂ©e d’utiliser la premiĂšre personne du singulier en permanence. Les mythes eux, parlent de ce qui fait un monde commun, relie les ĂȘtres. Leur analogie aujourd’hui, c’est peut-ĂȘtre l’écologie. RĂ©gĂ©nĂ©rer notre rapport au vivant. La nature est une force supĂ©rieure possĂ©dant ses propres lois. L’enjeu c’est le fairemonde. Ce qui fait monde. Et pour cela, il faut un rĂ©cit commun. La mythologie, c’est toujours la tentation du dĂ©sordre et de l’effondrement et la volontĂ© du rĂ©tablissement d’un ordre cosmique. Trouver la sagesse, le point d’équilibre entre les extrĂȘmes. Les Grecs condamnaient le principe de dĂ©mesure, qu’ils appelaient « ubris ». Se prendre pour un dieu, de ne pas connaitre la limite et en ĂȘtre puni. Mais avec en parallĂšle cette racine commune entre le mot humain et humilitĂ© qu’est le terme « humus », qui signifie trouver sa juste place.

Vous avez Ă©crit La poĂ©sie comme mode d’emploi du monde, questionnant sur la possibilitĂ© pour celle-ci de faire de nous des ĂȘtres meilleurs. Partage-t-elle ce dessein avec la mythologie ? Tout Ă  fait. La mythologie est une vision poĂ©tique de l’existence, nous obligeant Ă  nous questionner. Or rester dans un lieu de tous les possibles, c’est rendre droit Ă  quelque chose que la rationalitĂ© a tuĂ©, Ă  savoir la confrontation Ă  nombre d’énigmes. Et tant mieux ! Je trouve ça plutĂŽt enthousiasmant. Peut-ĂȘtre que la beautĂ© c’est ça. Savoir qu’il y a un horizon ouvert, non Ă©tabli, non maitrisĂ©.

Vous ĂȘtes docteur en philosophie et enseignez celle-ci. Cette notion de

transmission est-elle essentielle pour vous, Ă©galement par le biais de vos livres ? C’est peut-ĂȘtre simplement cela vivre. Exister, transmettre, se reproduire. On a des enfants, on Ă©crit des livres, on se parle. Toute prise de parole est une transmission. Et nous sommes les uns pour les autres, des courroies de transmission permanentes. Le philosophe espĂšre que la transmission infuse toujours d’une part de vĂ©ritĂ©. Pas la vĂ©ritĂ© absolue, mais en s’accompagnant de la possibilitĂ© de douter, de faillir, d’hĂ©siter.

Vous avez rĂ©cemment Ă©tĂ© nommĂ©e Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres de la RĂ©publique française. Est-ce un aboutissement ? PlutĂŽt une responsabilitĂ©. L’impression, d’une certaine façon de devoir en rĂ©pondre. Or, un philosophe comme un artiste fait une proposition. Avec l’idĂ©e de ramener les choses Ă  leur source et Ă  ces questions qui restent en suspens. Et ce qui est propice Ă  la question c’est d’accepter de se laisser surprendre et fĂ©conder par tout ce qui nous entoure.

CAUSERIE | 53
MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : JY LIMET

Fanny Ruwet se livre avec sensibilité

D’elle, on connaissait son franc-parler dĂ©licieusement mordant, baladĂ© dans des chroniques et spectacles au ton dĂ©calĂ©. C’est aujourd’hui loin des sentiers du stand-up que l’on retrouve Fanny Ruwet, avec un premier roman baptisĂ© « Bien sĂ»r que les poissons ont froid », entre tendresse et nostalgie.

Qu’est-ce qui vous a poussĂ© Ă  franchir le pas de l’écriture d’un livre ? Étant une grande lectrice depuis l’enfance, j’ai longtemps mis la littĂ©rature sur un piĂ©destal. Je ne pensais pas ĂȘtre capable d’écrire un livre mais en parallĂšle l’idĂ©e me plaisait, la possibilitĂ© de prendre mon temps. Dans mes chroniques comme dans mes spectacles, je dois ĂȘtre brĂšve, aller Ă  l’essentiel, faire rire. En stand-up, il faut une chute qui permette de minimiser l’impact nĂ©gatif. La rĂšgle de base est que le problĂšme Ă©voquĂ© ait l’air d’avoir Ă©tĂ© rĂ©glĂ©, pour que le public n’ait pas le sentiment que l’on est victime de l’histoire. Le roman n’était pas soumis aux mĂȘmes obligations. Il me donnait la permission de ne pas ĂȘtre drĂŽle ou du moins pas forcĂ©ment.

L’évocation des doutes et Ă©mois de l’adolescence, entre bienveillance et malice, est partie intĂ©grante de votre ouvrage. Quelle adolescente Ă©tiezvous ? J’étais assez proche d’Allie,

la narratrice de mon livre. Je ne me sentais Ă  ma place nulle part. L’école ne m’intĂ©ressait pas. C’était trĂšs long. RĂ©aliser Ă  18 ans que le lycĂ©e n’était pas la vraie vie, pas une fin en soi, a Ă©tĂ© un Ă©norme soulagement.

On retrouve au fil des pages votre humour, tout Ă  la fois piquant et confondant de spontanĂ©itĂ©. Y compris lors de l’évocation de la peine, du deuil, de la sĂ©paration. Une part de rĂ©silience, de protection face au monde ? C’est comme cela que je fonctionne et mon personnage a repris mes tics, mes maniĂšres. Je cultive une forme d’humour du dĂ©sespoir. C’est un bouclier, une maniĂšre de prĂ©tendre que vu que j’en ris, c’est que cela ne m’atteint pas vraiment.

Tout comme votre personnage, Allie, vous est-il plus facile de vous confier par Ă©crit ? J’écris trĂšs peu Ă  mes proches mais je me cache beaucoup

derriĂšre la fiction. Le livre contient Ă©normĂ©ment d’anecdotes, de souvenirs, de ressentis personnels, dont je n’ai jamais parlĂ© Ă  mon entourage. Il offre cette frontiĂšre floue, l’incertitude de ce qui est rĂ©ellement autobiographique ou pas. Et de pouvoir se retrancher derriĂšre si l’on ne souhaite pas se mettre vĂ©ritablement Ă  nu.

Qu’était-il essentiel pour vous de transmettre avec « Bien sĂ»r que les poissons ont froid ? » Au dĂ©but de l’écriture, j’avais notĂ© cinq questions qu’il me tenait Ă  cƓur d’explorer. Le roman aide-t-il Ă  se sentir moins seul ? J’avais cette volontĂ© que ceux qui se ressentent Ă©tranges, diffĂ©rents, rĂ©alisent qu’une multitude d’autres vivent la mĂȘme chose. Apporte-t-il de l’espoir ? Est-il drĂŽle ? AmĂšne-til Ă  rĂ©flĂ©chir autrement ? Je pense en tout cas qu’il fait rĂ©sonnance. Et ai-je bien enlevĂ© toutes les postures involontaires ? J’en ai beaucoup dans

MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : CÉLINE NIESZAWER
BE PERFECT | FANNY RUWET

le stand-up, et j’avais peur malgrĂ© moi, de me retrancher derriĂšre celles-ci. Lorsque j’ai commencĂ© les spectacles, je me donnais le rĂŽle d’une fille trĂšs froide, insensible. Je dĂ©sirais retirer tout cela du livre, pour laisser pleinement place Ă  la nuance.

Le roman Ă©voque la difficultĂ© d’oser aimer les filles, alors que l’on dĂ©couvre Ă  peine l’amour. ThĂšme dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans votre podcast « BisexualitĂ©s », sorti en 2019. Était-il essentiel pour vous d’en parler en filigrane ? En l’occurrence cela faisait sens avec l’histoire. Globalement, cela revient trĂšs souvent dans mon travail car j’ai du mal Ă  imaginer la vie autrement qu’en Ă©tant parfois attirĂ© par des garçons et parfois par des filles. J’en parlerai d’ailleurs Ă  nouveau dans mon premier court mĂ©trage, « Bingo » qui sortira dans les prochains mois. L’histoire d’une fille amoureuse d’une autre, qui elle est hĂ©tĂ©ro. Et dĂšs lors aux prises avec le doute quant Ă  lui avouer ses sentiments ou non. Fille, garçon, il s’agit tout simplement d’évoquer l’amour, sans que cela nĂ©cessite un dĂ©bat.

Avec quel bagage aimeriez-vous que les lecteurs ressortent de la lecture de votre livre ? J’aimerais qu’ils l’achĂšvent en se sentant moins seuls. Qu’ils aient l’envie de conserver la narratrice avec eux. C’est ce que j’ai ressenti moi-mĂȘme avec « L’Attrape-cƓurs » de Salinger. Des annĂ©es plus tard, je pense encore souvent Ă  son hĂ©ros, Holden Caulfield, avec l’impression qu’il est Ă  mes cĂŽtĂ©s. C’est toute la magie de la littĂ©rature.

FANNY RUWET
Bien sûr que les poissons ont froid
Emilien Vekemans On le voit partout !

En travaillant sans relĂąche, il est sur tous les fronts. Sur Netflix, au théùtre et au sein du Canine Collectif créé par ses potes comĂ©diens de l’IAD pour raconter des histoires. Trentenaire passionnĂ©, le Belge Emilien Vekemans mĂšne bien sa barque.

Pour les lecteurs qui ne vous connaitraient pas encore, qui est Emilien Vekemans ? ComĂ©dien, j’ai 32 ans, suis nĂ© Ă  Bruxelles et j’ai en poche un diplĂŽme de l’IAD Ă  Louvain-la-Neuve, en interprĂ©tation dramatique. Je bosse entre Bruxelles, Paris et Londres. Je fais Ă©galement partie du Canine Collectif avec 10 autres potes. 11 tĂȘtes issues de la mĂȘme promo qui ont dĂ©cidĂ© de travailler ensemble et de raconter des histoires.

Parmi ces histoires, on retient la sĂ©rie « La thĂ©orie du Y » sur la pansexualitĂ© et la web-sĂ©rie « Typique » diffusĂ©e en 2012 qui raconte la vie d’un jeune Ă©tudiant et de sa bande de potes 
 Oui, dans cette derniĂšre, j’interprĂšte Max, un doux rĂȘveur. La sĂ©rie a remportĂ© pas mal de prix, ce qui constitue un beau tremplin pour tous ceux qui y ont collaborĂ© 


Chaque membre du Canine Collectif a Ă©videmment le droit de s’investir ailleurs. Aussi vous retrouve-t-on en 2022 Ă  l’affiche de la sĂ©rie « The Bastard Son & The Devil Himself » basĂ©e sur la trilogie « Half Bad » de l’auteure britannique de fantasy, Sally Green. La premiĂšre saison est Ă  voir sur Netflix. C’était une chouette aventure. Sally Green est trĂšs populaire en Angleterre, l’écriture de Joe Barton qui joue sur l’émotion et l’humour fait

mouche, le personnage espiĂšgle de Gabriel me convenait bien et j’adore le fantastique, un genre auquel j’adhĂšre tout de suite. L’intrusion du surnaturel dans un cadre rĂ©aliste offre beaucoup de libertĂ© Ă  l’acteur. C’est un fan d’ «Harry Potter» et du « Seigneur des anneaux » qui vous parle. Rire.

Une suite en cours de prĂ©paration ? Malheureusement non, Netflix n’ayant pas souhaitĂ© une deuxiĂšme saison.

En 2023, on vous retrouve sur les planches. Avec la reprise de « RĂ©gis » au Théùtre Jean Vilar Ă  Louvain-la-Neuve, en avril. La genĂšse de cette piĂšce, c’est toute une histoire. Avec les 10 potes du Canine Collectif, nous nous sommes pointĂ©s Ă  l’improviste chez quelqu’un que l’on ne connaissait pas, une soirĂ©e entiĂšre. On a tout filmĂ©, créé une performance vidĂ©o qui a servi de matĂ©riau pour Ă©crire la piĂšce. L’idĂ©e Ă©tant de mettre en scĂšne un individu seul face Ă  un groupe, ainsi que onze individus face Ă  eux-mĂȘmes. Cette piĂšce, Ă©difiante, a trouvĂ© une belle rĂ©sonance auprĂšs des ados. En avril toujours, je joue Ă  nouveau dans « Kill Fiction », au Théùtre Jardin Passion Ă  Namur, une parodie dĂ©lirante des codes du cinĂ©ma amĂ©ricain Ă©crite et mise en scĂšne par un membre du Canine Collectif. C’est une comĂ©die d’action au théùtre, du Quentin Tarantino sur les planches !

En 2020, la RTBF s’est engagĂ©e Ă  dĂ©velopper la sĂ©rie « Dopamine », la suite de « Typique », avec les mĂȘmes comĂ©diens dont vous, avant de se retirer du projet 
 Comment vit-on sa vie d’artiste en FĂ©dĂ©ration WallonieBruxelles ? Ce n’est pas facile ! Chaque projet nĂ©cessite beaucoup de paperasserie pour espĂ©rer une aide financiĂšre pour notamment couvrir l’écriture du scĂ©nario et le tournage d’un pilote. C’est fatigant. Quand on est artiste, on a envie de crĂ©er, de jouer. Mais avant, il faut convaincre Ă  travers des dossiers chronophages, pour la constitution desquels nous n’avons pas Ă©tĂ© formĂ©s. La passion ne suffit pas. Des projets sont dĂ©samorcĂ©s avant d’ĂȘtre lancĂ©s, faute de financement. Ce qui engendre pas mal de frustrations


Etes-vous un hyper actif ? Je suis d’un tempĂ©rament calme, passionnĂ©, et proactif plutĂŽt qu’hyperactif
 J’ai un agent Ă  Paris et je viens de signer avec un agent en Angleterre il y a un mois. Une nouvelle corde Ă  mon arc.

Que fait Emilien quand il ne travaille pas ? J’ai une vie normale. J’ai amĂ©nagĂ© avec ma copine Ă  Forest, je vois des amis, je me balade et je fais mes courses dans les magasins bio. On est ce que l’on mange.

CAUSERIE | 57
MOTS : SERVANE CALMANT PHOTO : ANTHONY DEHEZ MAKE UP ARTIST : AVA CORBIN AVEC BOY DE CHANEL

Barbara Abel

sublime les ténÚbres

Il est des livres qui nous transportent, vers des ailleurs lointains ou aux confins de nous-mĂȘmes. Tout comme il est des auteurs qui captent les peurs primales et les dĂ©rives humaines, avec une justesse Ă  part. C’est le cas de Barbara Abel, qui au fil de ses romans comme sous sa nouvelle casquette de scĂ©nariste tĂ©lĂ©visuelle, raconte avec magnĂ©tisme, les ĂȘtres au bord de l’abĂźme.

L’on vous surnomme « la Reine du Polar belge », un titre acquis au fil de l’écriture de 14 thrillers aussi palpitants que percutants. Qu’est-ce qui vous attire irrĂ©mĂ©diablement vers ces intrigues psychologiques ? Le thriller domestique est un rappel de ce plaisir enfantin de se faire peur. Comme lorsque petit, on se poussait jusqu’à l’excitation du frisson. J’écris aussi les histoires que j’aimerais qu’on me raconte. Celles de personnes ordinaires, avec lesquelles d’emblĂ©e peut se crĂ©er une forme d’identification, plutĂŽt que de super flics ou de hĂ©ros surpuissants. Et dont une part du contexte fait Ă©cho Ă  ce que je vis alors. Mon premier livre “L’instinct Maternel”, avait pour hĂ©roĂŻne une femme enceinte, tandis que je l’étais moi-mĂȘme. Les annĂ©es passant, les enfants des familles que j’évoque ont grandi, jusqu’à devenir des adolescents.

Vos personnages sont souvent abĂźmĂ©s, torturĂ©s, parfois vĂ©nĂ©neux, comme dans “Les FĂȘlures”, votre dernier roman. FrĂ©quemment Ă©touffĂ©s par un environnement familial toxique. Pourquoi ces thĂšmes trouvent-ils rĂ©sonnance en vous ? La famille est un microcosme dans lequel chaque Ă©motion est exacerbĂ©e, devient explosive. Ce qui touche

aux liens du sang est d’emblĂ©e viscĂ©ral. Et ces situations se passent d’explications car tout le monde les comprend. Quant Ă  mes personnages, mon but est d’amener le lecteur Ă  s’imaginer pouvoir basculer comme eux vers l’obscuritĂ©, pour peu d’ĂȘtre mis face Ă  la mĂȘme rĂ©alitĂ©.

Deux de vos ouvrages ont Ă©tĂ© adaptĂ©s Ă  l’écran. “Un bel Ăąge pour mourir”, via un tĂ©lĂ©film baptisĂ© “Miroir, mon beau miroir”. Et “DerriĂšre la haine”, pour le cinĂ©ma cette fois, avec “Duelles”. Est-ce un dĂ©fi que de voir quelqu’un d’autre s’approprier ses personnages ? Lorsque j’achĂšve un livre, je le lĂąche Ă©trangement avec assez de facilitĂ© et ne ressens pas d’inquiĂ©tude Ă  le voir adaptĂ©. Mon roman est dĂ©jĂ  lĂ , tangible, personne ne peut le modifier, le magnifier ou l’abimer. Et le fait d’avoir adorĂ© aussi bien le tĂ©lĂ©film de Serge Meynard que le long-mĂ©trage d’Olivier Masset-Depasse, m’amĂšne au contraire Ă  ressentir une grande fiertĂ©.

Une adaptation amĂ©ricaine de “DerriĂšre la Haine” baptisĂ©e “Mother’s Instinct”, arrivera Ă©galement cet Ă©tĂ© sur nos Ă©crans. Avez-vous pu vous rendre sur le tournage ? Oui, pour les trois adaptations. Se retrouver entourĂ©e de tous

BE PERFECT | BARBARA ABEL
MOTS : BARBARA WESOLY PHOTO : MELANIA AVANZATO

ces techniciens, acteurs, figurants, dans ces dĂ©cors immenses, et me dire qu’ils sont lĂ  parce qu’un jour j’ai imaginĂ© une histoire, toute seule chez moi, c’est fort. Mais quand en plus il s’agit de Jessica Chastain et Anne Hathaway, c’est surrĂ©aliste !

Vous avez Ă©galement co-Ă©crit la sĂ©rie “Attraction”, “Prix de la meilleure fiction francophone Ă©trangĂšre au festival de la fiction Ă  La Rochelle” qui sera diffusĂ©e ce printemps avec la scĂ©nariste française Sophia PeriĂ©. Cette Ă©criture Ă  quatre mains Ă©tait-elle complexe ? Je ne devais au dĂ©part qu’écrire un concept de projet, mais il a Ă©tĂ© acceptĂ© par la RTBF et Catherine Burniaux de De Mensen m’a proposĂ© de m’occuper du scĂ©nario. Mais ce n’est pas mon mĂ©tier, je n’en connais pas les impĂ©ratifs et codes. Elle m’a donc adjoint Sophia PeriĂ© qui elle est scĂ©nariste et incroyablement douĂ©e pour la structure et la narration. Je ne me verrais travailler avec personne d’autre. Il ne s’agissait pas que de dĂ©velopper un script. Nous avons aussi passĂ© des heures Ă  parler de nous, de nos influences, de ce qui nous touche. Il faut une vraie osmose et Sophia et moi formons un parfait tandem. Cela a Ă©tĂ© une aventure extraordinaire et l’est toujours puisque nous travaillons actuellement sur la saison deux !

L’écriture scĂ©naristique vous porte-t-elle autant que celle d’un roman ? Ce sont deux processus totalement diffĂ©rents, aussi bien dans la rĂ©daction que dans l’émotion qu’ils procurent. L’écriture scĂ©naristique en duo est plus lĂ©gĂšre, ludique. Sophia dirige parfois les personnages vers lieux que je n’aurais pas imaginĂ©s et vice versa. C’est un Ă©change d’arguments, un dĂ©bat. Je me permettrais des audaces dans un livre qui ne sont pas forcĂ©ment envisageables pour ce type de format. Et puis dans un scĂ©nario, il ne s’agit pas de nuances de style, mais de raconter les faits, de maniĂšre brute. Lorsque je conçois un roman, je n’ai pas non plus la contrainte d’une Ă©quipe de production Ă  consulter. Mais ce luxe d’ĂȘtre seul maitre Ă  bord, signifie aussi affronter les blocages en solitaire. Je pratique au final les deux exercices simultanĂ©ment. La rĂ©daction de la saison 1 nous a pris trois ans, et il Ă©tait inconcevable de ne pas Ă©crire de roman durant un aussi long laps de temps. Nous avons entamĂ© la saison 2 il y a un an, et je suis en parallĂšle en pleine crĂ©ation d’un nouveau roman.

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Attraction, Ă  dĂ©couvrir sur la RTBF Ă  partir d’avril et en mai sur TF1.

KID NOIZE

Avec la sortie synchrone de « Nowera », 3e album d’électro-pop, et « L’hĂ©ritage de Nowera », 3e tome de la BD dont il est co-auteur et protagoniste, Kid Noize boucle un projet artistique ambitieux et atypique. Confidences d’un artiste pluridisciplinaire Ă  la fois musicien, DJ, producteur et personnage d’un monde parallĂšle.

Quel est le projet artistique derriĂšre l’homme ? Je suis graphiste de formation et musicien par passion. Le projet « Nowera » m’a permis d’allier les deux. J’ai créé un vĂ©ritable univers, musical Ă©videmment mais aussi graphique et visuel. Un vĂ©ritable concept
 Oui, j’ai toujours Ă©tĂ© en admiration devant Kraftwerk, Daft Punk ou Gorillaz, l’ambitieux projet de Damon Albarn, gĂ©nie crĂ©atif.

C’est oĂč Nowera ? C’est nulle part et maintenant, dans un monde parallĂšle. A travers la musique et la BD, j’invite mon public Ă  rejoindre ce monde de rĂȘve qui devient un rĂȘve rĂ©el. Le rĂȘve nous transporte loin


DĂ©codez-moi ce « rĂȘve rĂ©el »  Il fait rĂ©fĂ©rence Ă  ce travail que nous accomplissons tout au long de notre vie pour accomplir nos rĂȘves d’enfant.

Quelle symbolique se cache derriĂšre la tĂȘte de singe ? Ce n’est pas un singe mais un homme-singe qui pose la question de nos racines. D’oĂč venons-nous ? OĂč allons-nous ? Plus cette question ultime : que faisons-nous sur Terre ? « Nowera » apporte une rĂ©ponse : nous sommes ici pour rĂ©aliser nos rĂȘves 


Vous ĂȘtes nĂ© dans les annĂ©es 80 ; avez-vous l’impression en 2023 d’avoir exaucĂ© vos rĂȘves de mĂŽme ? (Il rĂ©flĂ©chit longuement). Oui. Avec l’ñge, je ressens une forme d’apaisement. Ca fait dix ans que je bosse jour et nuit sur le projet « Nowera », j’ai rĂ©ussi Ă  sortir trois albums/CD et trois BD. Ce sentiment d’accomplissement me rend heureux.

Ê tes-vous un doux rĂȘveur ou un super business man ? (Rire). Un super rĂȘveur. Mais j’adore faire du business, car la ©

BE
| KID
PERFECT
NOIZE
MOTS : SERVANE CALMANT
« Ce sentiment d’accomplissement me rend heureux »
Guillaume Kayacan

notion d’échange en est le moteur. L’échange pour Ă©lever le produit, les idĂ©es, la conscience.

Si vous refermez la trilogie, doit-on comprendre que Kid Noize va nous concocter un autre univers ? Je prĂ©fĂšre dire que la trilogie est complĂšte plutĂŽt que bouclĂ©e. Il m’a fallu deux ans pour venir Ă  bout de chaque album, un nouveau projet BD s’inscrira donc, disons, dans le futur


Dans le 1e tome de la BD, Kid Noize se dĂ©place dans la Vieille Ville. C’est Charleroi, lieu avec lequel vous, le Bruxellois d’origine, vous entretenez un lien affectif particulier
 J’ai toujours eu de l’affection pour les outsiders ! J’ai vu Charleroi comme un nouveau Berlin, mais il faudra encore longtemps pour que ce soit le cas 
 Reste que la ville s’est complĂštement appropriĂ© Kid Noize et que le lien qui

m’unit Ă  Dupuis, mon Ă©diteur BD, a renforcĂ© cette envie de faire un clin d’Ɠil Ă  Charleroi dans le tome I.

En 2019, vous dĂ©barquez dans l’univers de la BD jeunesse oĂč vous cosignez le scĂ©nario avec le CarolorĂ©gien Lapuss, dessin et couleurs d’Octoto. Comment s’est dĂ©roulĂ©e votre intronisation dans cet univers ? Un travail de longue haleine. Je pensais naĂŻvement que la musique et la BD formaient un mĂȘme monde, celui de la crĂ©ation. Non, c’est un monde Ă  part. Ma rencontre avec Dupuis a prĂ©cipitĂ© l’aventure. Le projet BD fait complĂštement Ă©cho Ă  mon projet musical, Ă  l’instar des clips et des concerts oĂč Kid Noize prend vie sur scĂšne. Tous ces ingrĂ©dients donnent corps au projet.

Parlons musique, trois albums en dix ans. De la pop dansante taillĂ©e pour les radios et de l’electro dance Ă 

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destination des festivals et des clubs, avec des voix fĂ©minines en sus. La signature Kid Noize ? Mon premier album Ă©tait riche en voix de femmes. Je les avais dĂ©laissĂ©es pour le 2e album, histoire de ne pas me rĂ©pĂ©ter. « Nowera » signe leur grand retour avec des singles 100% voix fĂ©minines en effet


Comment est-ce chez vous, dans votre maison ? Est-ce peuplé de super héros ? Je vais vous envoyer une vidéo ! Dans mon bureau, je suis entouré de tous mes jouets qui font en effet partie intégrante de mon univers.

Un univers rĂ©tro eighties 
 Oui, mais je ne suis pas du tout passĂ©iste ni nostalgique. Je me rends juste compte que l’on vit dans les rĂȘves des annĂ©es 80. Ce monde hyper connectĂ©, ce rĂšgne de la technologie, nos montres qui nous parlent, notre quotidien en 2023 Ă©tait le sujet des films d’anticipation d’alors


Vous nous avez prĂ©parĂ© un nouveau show. A quoi doit-on s’attendre ? À beaucoup d’énergie et, en salle, Ă  un max de vidĂ©os, ainsi qu’à la projection en 3D de douze images issues de l’univers de la BD « Nowera ». Je compte bien faire voyager mon public dans ce monde parallĂšle.

OĂč peut-on vous voir ce printemps et cet Ă©tĂ© ? DĂšs le 7 avril au Reflektor, puis Ă  l’Inc’rock, au Feel Good Festival, au RonquiĂšres Festival, Ă  ScĂšne sur Sambre, etc. Et en octobre, Ă  la salle de La Madeleine Ă  Bruxelles.

BE PERFECT | KID NOIZE
©
CD « Nowera », Universal Music Group. BD, « L’hĂ©ritage de Nowera », 3 tomes, Editions Dupuis.
www.kidnoize.com
Gaetan Caputo
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RORI

« Je suis contente de n’avoir rien lĂąchĂ© »

« Docteur », tube pop dansant de l’annĂ©e 2022, Rori l’a inclus dans « Ma saison en enfer », premier EP bien plus rĂ©jouissant que son titre ne le prĂ©sage. Rencontre avec une artiste discrĂšte Ă  la ville, qui a trouvĂ© les bons codes pour prendre sa place sur les ondes et dans les cƓurs.

MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : ANTHONY DEHEZ COIFFEUR ET MAKE-UP ARTIST : LUC DEPIERREUX

Nous accueillons Rori au Mirano, notre QG dans les annĂ©es 80. AprĂšs un relooking complet, la cĂ©lĂšbre discothĂšque a rouvert en 2019, sous la direction de la sociĂ©tĂ© Art Blanc de JĂ©rĂŽme et Jonathan Blanchart. Oups, l’instant nostalgie quand on aperçoit la cĂ©lĂšbre piste de danse tournante
 L’ñme des lieux n’a guĂšre changĂ© : les anciens gradins de cinĂ©ma ont Ă©tĂ© conservĂ©s et sur les murs, le plĂątre a Ă©tĂ© remplacĂ© par des lambris de bois, « comme en 1934 », nous dit-on. Nous n’étions pas nĂ©e. Rori, 25 ans, non plus.

Rori, nous vous accueillons pour une sĂ©ance photo au Mirano. Connaissez-vous cette mythique boite de nuit bruxelloise ? Non, dĂ©solĂ©e. Je viens de la rĂ©gion liĂ©geoise, mais je suis installĂ©e Ă  Bruxelles depuis cinq ans, je pourrais donc connaĂźtre le Mirano, sauf que je n’aime pas sortir.

Vous n’ĂȘtes donc pas un oiseau de nuit ? Au risque de vous

surprendre, non, pas du tout ! Je ne bois pas, je ne fume pas, j’aime ĂȘtre chez moi et la solitude ne me fait pas peur.

Une LiĂ©geoise qui a quittĂ© le bord de Meuse, ça existe ? Je ne suis pas attachĂ©e Ă  un lieu. En revanche, j’aime beaucoup la Belgique, mon pays, pour son ouverture d’esprit.

Rori ou Camille pour l’état civil
 Camille, c’est mon vĂ©ritable prĂ©nom. En tant que nom de scĂšne, il Ă©tait dĂ©jĂ  pris. Alors j’ai choisi Rori, qui me plait tout simplement. Je ne peux mĂȘme pas rattacher ce choix Ă  une belle histoire que j’aurais aimĂ© vous raconter
 Rire.

Rembobinons la cassette de votre vie. A 16 ans, vous chantez au sein du groupe huttois « Beffroi ». Votre comparse Valentin, 20 ans, dĂ©cĂšde, vaincu par la maladie. Comment ĂȘtes-vous arrivĂ©e Ă  surmonter cette Ă©preuve ? Seul le

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temps permet d’adoucir la douleur. La musique a Ă©galement servi de thĂ©rapie. Je tenais Ă  poursuivre l’aventure musicale qui avait Ă©tĂ© la nĂŽtre, mais d’une autre maniĂšre.

D’un duo, vous avez bifurquĂ© vers un projet musical solo oĂč dĂ©sormais vous chantez en français
 Ma mĂšre Ă©coutait Depeche Mode et The Cure ; mon pĂšre, Nile Rodgers & Chic. J’ai bien profitĂ© de leur Ă©clectisme musical, mais je n’ai vraiment pas Ă©tĂ© biberonnĂ©e Ă  la chanson française. En revanche, la nouvelle gĂ©nĂ©ration qui aborde la chanson française Ă  travers un prisme pop/rock, m’a incitĂ©e Ă  chanter dans ma langue. Sur le plan purement musical, je voulais m’affranchir de « Beffroi », grandir, explorer un autre genre, notamment la pop Ă©nergique et dansante que j’envoie aujourd’hui.

Vous n’aimez pas sortir ; en revanche, vous apprĂ©ciez la scĂšne
 Oui, le live, c’est le moment oĂč ma musique prend vie. C’est un grand instant de partage. Ma timiditĂ© s’efface, j’arrive Ă  tout donner, boostĂ©e par l’énergie de la scĂšne.

Sur scĂšne oĂč vous devenez un groupe
 Ce premier EP est le fruit d’une collaboration avec Hadrien Lavogez, Ă©galement mon producteur, qui me rejoint sur scĂšne comme guitariste. La prĂ©sence d’un batteur renforce encore l’énergie qui se dĂ©gage du set. En live, Rori est plus organique, les arrangements diffĂ©rents et le son plus rock.

Dans « Docteur », vĂ©ritable tube de l’ annĂ©e 2022, vous ne cachez pas votre nature anxieuse. Dans « Ma place », nouveau single, vous ĂȘtes une fille fragile qui doit se battre pour trouver sa place. Votre place, vous l’avez trouvĂ©e ? Je ne fais pas rĂ©fĂ©rence Ă  trouver sa place dans la sociĂ©tĂ©, ça je m’en fiche. Trouver ma place, cela signifie ĂȘtre cohĂ©rente avec moi-mĂȘme, faire preuve d’honnĂȘtetĂ©. Alors, oui, je commence Ă  la trouver, cette place. Je dois encore amĂ©liorer la confiance en soi. Je suis sur la bonne voie.

Le succĂšs de « Docteur » en 2022 et plus rĂ©cemment de « Ma Place » a dĂ» renforcer cette confiance en soi ! Je suis contente d’avoir travaillĂ©, de ne rien avoir lĂąchĂ©, de ne pas avoir

succombĂ© Ă  la tentation de la facilité  De tout cela, oui, je suis fiĂšre.

Avez-vous des relations privilĂ©giĂ©es avec la scĂšne musicale belge actuelle ? Oui, avec Doria D, Charles, Illiona. C’est encourageant de rencontrer des gens qui partagent une mĂȘme passion, chacune dans un style singulier, qui lui est propre. Quelle diversitĂ©, quelle richesse.

Qu’est-ce qui vous fait peur ? La routine.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme ? La satisfaction d’un travail bien fait, avant

mĂȘme la validation par le public.

La gestion des rĂ©seaux sociaux, une source d’angoisse ? Si je ne faisais pas de la musique, je serais absente des rĂ©seaux. Ce n’est pas dans ma nature de m’exposer, de m’exhiber. Mais je ne porte aucun jugement. C’est dans l’ùre du temps. Et en tant qu’artiste, je suis Ă©videmment prĂ©sente sur les rĂ©seaux
 Mais quand j’entends que le nombre de followers est dĂ©terminant pour passer ou non Ă  la radio, lĂ  je dis : stop !

Vous ĂȘtes originaire de la rĂ©gion liĂ©geoise comme « Filles Ă  Papa », la marque de vĂȘtements que vous

portez pour la sĂ©ance photo. Leur positionnement rock et rebelle vous parle-t-il particuliĂšrement ? J’aime beaucoup leur univers, leur identitĂ©, qui me colle bien Ă  la peau. Pour la pochette du single « Ma Place », je suis d’ailleurs Ă©galement habillĂ©e en « Filles Ă  Papa ».

Dans quels festivals vous verra-t-on cet été ? Aux Francofolies de Spa, aux Solidarités à Namur, à RonquiÚres 


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EP “Ma saison en enfer”, Warner Music Belgium

NOS MARQUES :

ABRO

ACQUA DI PARMA

ALLUDE

ANNECLAIRE

BOGNER

BRAX

CAMBIO

COMME QUATRE

D.EXTERIOR

FFC

GRAN SASSO

HER SHIRT

HERNO

IVI COLLECTION

LACOSTE

MARGITTES

MAX MARA

MAX&MOI

MC2 ST BARTH

RAFFAELLO ROSSI

RAPHAELA BY BRAX

REPEAT CASHMERE

R2 SHIRT

SARTORIA LATORRE

STENSTRÖMS

TRAMAROSSA

VAN KUKIL

VAN LAACK

7 FOR ALL MANKIND

MODE FEMMES & HOMMES

CLOS DU VIGNOBLE 2 - 1380 LASNE ‱ T. 02 653 31 51 ‱ WWW.STYLLASNE.SHOP Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h30 - Ouvert chaque 2e dimanche du mois

EDOUARD VERMEULEN

Le rÚgne de la modernité

Certains anniversaires rappellent le passage du temps. D’autres au contraire, ont le parfum galvanisant de nouveaux dĂ©fis. Loin d’avoir Ă©moussĂ© la passion de l’élĂ©gance d’Edouard Vermeulen, ces quarante annĂ©es d’existence de la maison Natan, signent la cĂ©lĂ©bration d’une maestria rĂ©solument tournĂ©e vers l’avenir.

Natan fĂȘte ses quarante ans. PrĂšs d’un demi-siĂšcle, marquĂ© par l’intemporalitĂ© comme par l’audace. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ? De la fiertĂ© d’abord, de voir Ă©voluer la Maison depuis si longtemps avec un fil rouge et une identitĂ©, Ă  laquelle nous n’avons jamais dĂ©rogĂ©, tant au niveau de la qualitĂ©, que de la crĂ©ativitĂ© et du savoir-faire. Mais cet anniversaire, je le conçois surtout comme le point de dĂ©part d’une nouvelle Ăšre pour Natan. La mode requiert de ne pas se reposer sur ses acquis. À chaque nouvelle saison, nous remettons tout en question : matiĂšres, vĂȘtements, stylisme, prĂ©sentation, photos ... Si vous ne le faites pas, le temps file et les Ă©volutions vous dĂ©passent.

Votre rapport Ă  la mode a-t-il Ă©voluĂ© au fil du temps ? Bien sĂ»r, tout comme la mode en elle-mĂȘme n’a de cesse de se rĂ©inventer. Lorsque j’ai dĂ©butĂ©, trois gĂ©nĂ©rations de femmes se mĂȘlaient dans mes magasins, aujourd’hui elles se confondent, se rajeunissent. MĂšre et fille s’échangent des tenues,

partagent des styles communs. C’est fantastique et enrichissant, notre objectif Ă©tant que le vĂȘtement puisse voyager Ă  travers les annĂ©es, en conservant tout son raffinement et la beautĂ© de son port.

Est-il nĂ©cessaire d’oser et de bousculer les codes pour perdurer dans cet univers ? Il est avant tout important de rester fidĂšle Ă  son image. La nĂŽtre, c’est la couture. L’ñme de Natan, c’est le vĂȘtement. On n’hĂ©site certes pas Ă  l’accessoiriser, mais pour le sublimer, plutĂŽt que pour l’égaler ou le remplacer.

Est-il essentiel pour vous de continuer à pérenniser ?

Lorsque les clientes franchissent nos portes, c’est le plus souvent en vue d’une cĂ©lĂ©bration ou d’un mariage. Et ce que l’on porte lors d’un Ă©vĂšnement est primordial, car l’on transmet une part d’assurance et de confiance de par son Ă©lĂ©gance. Nous cherchons donc toujours Ă  favoriser l’expĂ©rience. De

MOTS : BARBARA WESOLY
BE PERFECT | EDOUARD VERMEULEN - CHRISTOPHE COPPENS
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© Nathalie Gabay

l’accueil Ă  la lumiĂšre en passant par l’ambiance, tout se veut enthousiasmant. La fĂȘte doit dĂ©buter chez nous !

En parlant de fĂȘte, vous avez nommĂ© Christophe Coppens directeur artistique de ce superbe anniversaire, qui se dĂ©roulera durant une annĂ©e entiĂšre. Pourquoi ce choix et que peut-on attendre de ces cĂ©lĂ©brations ?

De par sa carriĂšre d’artiste, de metteur en scĂšne et de crĂ©ateur travaillant dans le monde entier, Christophe Coppens porte un regard neuf sur l’univers de la Maison. Nous nous connaissons depuis 25 ans et avions dĂ©jĂ  collaborĂ© ensemble quand il s’était lancĂ© dans les accessoires. C’est un homme crĂ©atif, avec une vision artistique mais aussi commerciale et ouverte sur l’international. Car si ces cĂ©lĂ©brations sont un plaisir, elles

sont surtout l’occasion de grandir. Et les expĂ©riences festives ne manqueront pas ! Nos magasins se voient dotĂ©s d’un relooking, tout comme les collections Ă  venir ainsi qu’un dĂ©filĂ© inĂ©dit, prĂ©vu Ă  l’étĂ© 2023. Un livre dĂ©diĂ© Ă  l’univers de Natan sortira Ă©galement au mois d’octobre. Nous prĂ©voyons aussi diffĂ©rents Ă©vĂšnements pour la clientĂšle, visant Ă  montrer notre savoir-faire ainsi que des visites d’ateliers. Ce sera l’occasion de sublimer la Maison, en accentuant son image et en la dynamisant. Une maniĂšre de surprendre les clients fidĂšles et d’en sĂ©duire de nouveaux.

En soufflant ces quarante bougies, quel regard portez-vous sur l’avenir et les quarante prochaines annĂ©es de Natan ? Notre but pour le futur est d’internationaliser la Maison et de

dĂ©passer toujours plus les frontiĂšres de la Belgique. Nous sommes fiers de notre patrimoine. Avoir pu crĂ©er la robe de mariĂ©e de la Reine Mathilde demeure l’un des Ă©vĂšnements les plus marquants de l’histoire de Natan. L’objectif dĂ©sormais est de porter ces couleurs et cette excellence Ă  l’étranger. Cet anniversaire a Ă©tĂ© l’occasion de nous implanter « Au Bon GĂ©nie » Ă  Paris et Ă  GenĂšve, ainsi qu’ « Au Bon MarchĂ© » parisien, ce dont j’avais toujours rĂȘvĂ©. On veut aller encore plus loin. Le monde est grand et ces quarante ans ne sont qu’un dĂ©but !

BE PERFECT | EDOUARD VERMEULEN - CHRISTOPHE COPPENS www.natan.be © Natan

Rencontre avec Christophe Coppens

Comment s’est initiĂ©e cette collaboration anniversaire avec Natan ? Edouard Vermeulen est-il venu Ă  vous avec un concept dĂ©jĂ  dĂ©fini ? On y a rĂ©flĂ©chi ensemble. Je souhaitais construire un projet qui s’implĂ©menterait au-delĂ  d’une annĂ©e, plutĂŽt que comme un coup d’éclat. Son dessein est de laisser une empreinte durable sur la façon de rĂ©flĂ©chir, de penser, de travailler de la Maison et sur son futur.

Qu’avez-vous souhaitĂ© insuffler Ă  cet Ă©vĂšnement ? Il ne pouvait avoir de sens qu’en travaillant l’ADN propre Ă  Natan, cet univers joyeux et lumineux, en y insufflant des touches crĂ©atives. L’objectif est d’amener le public Ă  sentir une forme d’électricitĂ© dans l’air, d’étincelle qui rĂ©vĂšlera son Ă©clat au cours de toute cette annĂ©e.

Vous qui ĂȘtes designer de mode mais aussi artiste et metteur en scĂšne d’opĂ©ra, avez-vous pensĂ© et conçu cet anniversaire, Ă  la maniĂšre d’une performance, d’un rĂ©cit mĂȘlĂ© Ă  une dose d’émotion ? La crĂ©ation d’un opĂ©ra est la rĂ©alisation la plus complĂšte que j’accomplisse, car je travaille Ă  tous les niveaux de dĂ©veloppement. J’ai voulu faire pareil pour ces cĂ©lĂ©brations. C’était courageux de la part de Natan et d’Edouard Vermeulen d’accepter que je me mĂȘle ainsi de tous ces aspects. Mais la Maison est formidable d’ouverture Ă  l’évolution et au changement. Et c’est l’essence mĂȘme de cet anniversaire, une rĂ©flexion sur plusieurs niveaux, qui s’intĂšgrera dans l’Histoire mĂȘme de Natan. Le plus beau cadeau que la Maison pouvait s’offrir.

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« Cet anniversaire, je l’ai imaginĂ© Ă  la maniĂšre d’un opĂ©ra, en Ɠuvrant Ă  tous les niveaux crĂ©atifs. »
Nathalie Gabay

ALEXANDRE HAMES

BE PERFECT | ALEXANDRE HAMES
L’élĂ©gance dĂ©complexĂ©e

JAGGS se dĂ©finit comme le tailleur de l’homme moderne. Que recherche celui-ci selon vous ? Il dĂ©sire consommer de maniĂšre responsable, avoir du style et ĂȘtre accompagnĂ© ainsi que trĂšs bien conseillĂ© dans ses choix. Depuis notre lancement, en 2015, notre optique n’a pas changĂ©. Il s’agit de l’amener au sur-mesure, avec une vision moderne et Ă©lĂ©gante, accommodĂ©e d’un grain de folie.

À quelle atmosphĂšre doit-on s’attendre en franchissant les portes d’une boutique JAGGS ? À un lieu Ă  l’accueil convivial et tout sauf guindĂ©, mais aussi et surtout Ă  une expertise extrĂȘmement poussĂ©e en matiĂšre de costume. Un savoir-faire que nous sommes heureux de pouvoir transmettre. Nous ne cherchons pas Ă  impressionner ou intimider nos clients, mais Ă  crĂ©er un climat de confiance chaleureux, oĂč ils oseront poser toutes leurs questions.

Aujourd’hui, en plus du sur-mesure, vous proposez Ă©galement du prĂȘt-Ă -porter. Pourquoi ce choix ? Une immense majoritĂ© de notre clientĂšle continue de faire appel Ă  nous pour du sur-mesure. Mais durant la crise sanitaire, le prĂȘt-Ă -porter s’est rĂ©vĂ©lĂ© une Ă©vidence, sachant que plus personne n’avait de raison de porter de costume. Tout le monde restait en chino, jeans et baskets. Nous nous sommes donc tournĂ©s vers ces crĂ©ations, avec l’envie de concevoir des modĂšles de qualitĂ©, pointus, allant Ă  une majoritĂ© et disponibles en diffĂ©rentes coupes et couleurs. Et nous continuerons d’étoffer cette collection, avec un costume

Huit ans aprĂšs la crĂ©ation de JAGGS, Alexandre Hames continue son ascension sur mesure, savant alliage d’expertise et d’élĂ©gance. Et impose en rĂ©fĂ©rence sa passion du costume.
MOTS : BARBARA WESOLY PHOTOS : JAGGS

prĂȘt-Ă -porter, qui sera prochainement disponible, mais en un modĂšle et coloris unique. Proposant ainsi une offre complĂ©mentaire mais qui n’est pas destinĂ©e Ă  s’affirmer Ă  Ă©galitĂ© du sur-mesure.

À quelle clientĂšle s’adresse votre e-shop ? L’e-shop est plutĂŽt destinĂ© aux clients internationaux, qui plĂ©biscitent nos accessoires, tout particuliĂšrement nos nƓuds papillon. Nous possĂ©dons la plus grande collection d’Europe. Et si nous les avons créés par loisir, tel un complĂ©ment aux doublures de nos costumes, dĂ©sormais nous en confectionnons et vendons entre 10.000 et 15.000 par an, nous amenant Ă  ĂȘtre des acteurs europĂ©ens majeurs du domaine. Mais cela reste un plaisir, un twist original, qui apporte un ce petit plus. Nous vivons pour et par le costume et pas le nƓud papillon.

En plus des nƓuds papillon, vous proposez aussi des bretelles signĂ©es Bertelles - seul accessoire non fabriquĂ© par JAGGS - des ceintures, boutons de manchettes
 mais Ă©galement des bracelets ou headbands, pour femmes et des bretelles et nƓuds papillon enfant. Avec le souhait d’un jour, aller encore plus loin ? Nos nƓuds papillon notamment, Ă©tant confectionnĂ©s dans notre atelier de Waterloo, il Ă©tait dĂšs lors aisĂ© d’utiliser ces mĂȘmes rouleaux de tissu, pour les dĂ©cliner en d’autres formules. La gamme fĂ©minine a ainsi Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e pour rĂ©pondre Ă  une demande pour les mariages. En vue par exemple d’assortir un couple par ses accessoires, de proposer des barrettes plates ou

des bracelets pour filles et femmes mais aussi de rĂ©aliser des commandes spĂ©cifiques comme des coussins d’alliances ou encore des nƓuds pour serviettes.

Vos crĂ©ations sont-elles influencĂ©es par un ADN mode typiquement belge ? Il y a un certes une identitĂ© belge trĂšs importante, mais au-delĂ  un savoir-faire europĂ©en extraordinaire et exclusif. Nos chaussures sont fabriquĂ©es en Espagne, tout comme nos pulls, dans un atelier qui les tisse et fait des remaillages fil Ă  fil Ă  la main, nos cravates en soie sont tissĂ©es en Italie. Le critĂšre Ă©thique est essentiel pour nous, il est inenvisageable de rĂ©aliser des vĂȘtements en production de masse, livrĂ©s en conteneurs aprĂšs quatre mois passĂ©s en mer.

PrĂšs d’une dĂ©cennie aprĂšs son lancement, comment envisagez-vous le futur de JAGGS ? Si la marque est liĂ©e au principe d’évĂšnement, notamment de mariage, JAGGS a pour ambition d’habiller les hommes modernes au quotidien. Et cela se concrĂ©tise, puisque nos chinos, comme nos chaussures font un carton. Notre but est aussi de dĂ©velopper nos points de vente. Forts de quatre boutiques en Belgique et d’une Ă  Rennes, en France, nous voudrions aller plus loin, notamment via une franchise en Flandres et des magasins au Luxembourg, en Suisse ou dans d’autres villes de France, jusqu’à tendre vers un rĂ©seau europĂ©en d’une trentaine d’enseignes.

www.jaggs.be
BE PERFECT | ALEXANDRE HAMES

VIRGINIE MOROBÉ

Dans les pas de
© Robin Joris Dullers

« On base notre tenue sur nos chaussures, pas l’inverse ». Un mantra qui trĂŽne en premiĂšre ligne sur votre site. Sontelles Ă  vos yeux, tel un pendant de rouge Ă  lĂšvres rouge, en version mode ? Ce twist dont l’audace fait la diffĂ©rence et permet de se sentir confiante et fĂ©minine en toute circonstance ? J’en suis convaincue. On le voit directement chez nos clientes. DĂšs qu’elles enfilent par exemple de hauts talons, leur maintien, leur posture, changent. Elles affichent directement plus d’assurance. C’est toute la puissance d’une belle chaussure que d’ĂȘtre capable d’amener le style le plus simple, au comble de l’élĂ©gance.

Street couture, rock’n roll, glamour, sont des termes que l’on appose par instinct Ă  MorobĂ©, mais comment imaginez-vous celles qui portent vos modĂšles ? En rĂ©alitĂ©, je ne les imagine pas. Je me laisse guider par mon intuition et ce que j’aime. Je ne valide aucun prototype qui ne corresponde pas Ă  un modĂšle que je porterais. C’est ce qui fait l’identitĂ© de MorobĂ©, tout comme notre signature est l’intemporalitĂ©. Il est aussi essentiel que chaque chaussure que nous fabriquons puisse sublimer tous les pieds, quelle que soit leur morphologie. Cette volontĂ© d’universalitĂ© compose notre ADN. RĂ©ussir Ă  dĂ©velopper une chaussure qui met en valeur 90% des femmes, c’est la certitude d’avoir rĂ©alisĂ© une chaussure extraordinaire.

MorobĂ© propose Ă©galement une gamme d’accessoires et, vous avez lancĂ© en janvier 2023, Logomania Limited Edition, votre toute premiĂšre collection de prĂȘt-Ă -porter. Aviez-vous le dĂ©sir de dĂ©cliner la griffe sous d’autres formes ? Nous avions conçu Ă©normĂ©ment de chaussures dans cet imprimĂ© jacquard et en stretch et je dĂ©sirais les accompagner de photos en total look. Cela impliquait d’acheter des centaines de mĂštres de tissus et nous avons alors dĂ©cidĂ© d’utiliser une partie de celui-ci pour la production de quatre piĂšces de prĂȘt-Ă -porter. Mais, si j’adore les vĂȘtements, le plaisir crĂ©atif n’est pas le mĂȘme pour moi qu’avec les chaussures et je ne compte donc pas rĂ©itĂ©rer l’expĂ©rience.

Huit ans auront suffi pour mettre la Belgique Ă  ses pieds. Petite fille, Virginie MorobĂ© vouait dĂ©jĂ  une vĂ©ritable fascination aux chaussures. Une passion que la crĂ©atrice de mode a transformĂ©e en flamboyante rĂ©ussite, en lançant en 2015, sa marque Ă©ponyme et dĂ©fini par la mĂȘme, de nouveaux standards d’élĂ©gance et de fĂ©minitĂ©.
MOTS
© Charlotte De Langhe

Et votre gamme Maison ? Cela faisait longtemps que je dĂ©sirais rĂ©aliser un vase basĂ© sur l’un de nos modĂšles de bottes mais il fallait en concevoir les moules. J’ai donc contactĂ© l’artiste et cĂ©ramiste Anita Le Grelle pour les crĂ©er, en mĂȘme temps que des accessoires dĂ©coratifs.

Vous avez Ă©galement signĂ©, en 2016, une collaboration avec l’influenceuse Chiara Ferragni, ainsi qu’avec la styliste MarylĂšne Madou en 2020. Une maniĂšre de prĂŽner l’empowerment au fĂ©minin ? Ces collaborations sont parties de contextes trĂšs diffĂ©rents. Chiara Ferragni nous a contactĂ©s aprĂšs avoir eu un coup de cƓur pour nos boots en velours vieux rose. Et nous les avons dĂ©clinĂ©s ensemble en bleu roi et bordeaux. C’était un coup de projecteur inespĂ©rĂ© pour MorobĂ© qui existait alors depuis seulement deux saisons. MarylĂšne Madou a rĂ©alisĂ© un imprimĂ© exclusif pour cĂ©lĂ©brer les cinq ans de la marque et transposĂ© celui-ci sur un tissu qui emballait nos chaussures Ă  la maniĂšre furoshiki, technique de pliage japonaise prĂ©cieuse. Anita, aussi bien que MarylĂšne excellent dans leur domaine et nous cherchons toujours Ă  proposer l’exception.

AprĂšs Knokke en avril 2022, vous avez inaugurĂ© en dĂ©cembre de l’annĂ©e passĂ©e une boutique MorobĂ© Ă  Anvers. Toutes deux ont Ă©tĂ© conçues par l’architecte Glenn Sestig.

Qu’est-ce qui, dans son design, fait rĂ©sonnance avec votre griffe ? Je suis une grande admiratrice de l’esthĂ©tique intemporelle et de l’incroyable Ă©lĂ©gance du travail de Glenn. Nous voulions des boutiques qui seraient pensĂ©es non pas comme des magasins mais comme l’intĂ©rieur de notre maison ou comme mon dressing, avec une vĂ©ritable ambiance plus qu’un aspect purement commercial. Pour notre premiĂšre boutique, nous sommes arrivĂ©s au studio de Glenn avec une idĂ©e bien prĂ©cise du design que nous dĂ©sirions : vitrine bombĂ©e, touches de kaki, mĂ©lange de lignes droites et d’arrondis et il a directement compris pleinement notre vision. DĂšs le deuxiĂšme rendez-vous, il nous a prĂ©sentĂ© ce qui allait devenir tel quel notre boutique. C’était tout simplement Ă©poustouflant.

MorobĂ© fĂȘtera ses huit ans en avril 2023, que vous souhaite-t ’on pour la suite ? Nous avons nos deux boutiques et sommes distribuĂ©s dans les meilleures enseignes du BĂ©nĂ©lux. DĂ©sormais, l’objectif est international. La prochaine Ă©tape est de trouver un lieu Ă  Saint-Tropez. Le style et l’audace de MorobĂ© s’accordent Ă  merveille avec l’atmosphĂšre balnĂ©aire. Nous cherchons donc Ă  nous installer dans des villes cĂŽtiĂšres, en Europe et plus loin. En continuant Ă  nous fier Ă  notre instinct, toujours.

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Boutique © Jean-Pierre GabrielCampagne SS23 © Charlotte De Langhe

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GLENN SESTIG

ou l’art du minimalisme

Depuis prĂšs de 25 ans, l’architecte Glenn Sestig cultive la sobriĂ©tĂ© avec une sublime sophistication, guidĂ©e par les lignes Ă©purĂ©es et le luxe brut. Une signature l’ayant amenĂ© Ă  collaborer avec les plus prestigieux artistes et designers et Ă  orchestrer la rĂ©novation et la rĂ©alisation de galeries, villas, boutiques et buildings Ă  l’inimitable Ă©lĂ©gance.

BE
PERFECT | GLENN SESTIG
MOTS
: BARBARA WESOLY PHOTOS : JEAN PIERRE GABRIEL

Qu’il s’agisse de rĂ©amĂ©nager le rez-de-chaussĂ©e du Momu d’Anvers, pour y accueillir le restaurant-boutique Renaissance, de concevoir un magasin pour Raf Simons ou de repenser l’espace de la galerie d’art privĂ©e TuymansArocha, l’on retrouve une part de votre style emblĂ©matique, façonnĂ© par le design Ă©purĂ© et la sophistication brut. Diriez-vous que cette empreinte architecturale est le fil rouge de tous vos projets ? Cela en fait certainement partie, mais mon vĂ©ritable fil rouge est de considĂ©rer le fonctionnel comme le socle de tout. DĂšs les premiĂšres esquisses d’un projet, je me concentre sur la maniĂšre dont il faudra se mouvoir dans l’espace et quel en sera l’usage. Mon approche est celle d’un architecte des temps classiques, Ă 

l’instar de Corbusier ou de Mies van der Rohe, pour lesquels, l’extĂ©rieur Ă©tait la rĂ©sultante de l’amĂ©nagement, Ă  l’inverse du post-modernisme oĂč l’on travaillait d’abord les formes et les volumes, obtenant un rĂ©sultat design mais pas forcĂ©ment pratique.

Comment sĂ©lectionnez-vous vos collaborations ? C’est un processus trĂšs intuitif et Ă©motif. Une grande part de mes clients est liĂ©e au monde de l’art et de la mode. Deux domaines avec lesquels j’ai des affinitĂ©s trĂšs fortes. L’écoute et la comprĂ©hension viscĂ©rale des besoins de chacun d’eux sont aussi essentielles Ă  mon travail. Parvenir Ă  correspondre aux souhaits de crĂ©ateurs comme Pieter Mulier, Virginie

BE PERFECT | GLENN SESTIG

MorobĂ© ou Ann Demeulemeester, donner vie Ă  leur vision est trĂšs stimulant. Certains sont encore lĂ  vingt ans aprĂšs leur premier projet, tandis que j’ai collaborĂ© vingt ou trente fois avec d’autres. Il y a un vrai lien qui se crĂ©e et je fini par mieux connaĂźtre leurs goĂ»ts et envies que les miens !

Justement, comment avez-vous pensĂ© le design des deux flagships MorobĂ© ? A-t-il Ă©tĂ© travaillĂ© en partenariat avec Virginie MorobĂ© ? Oui, toutes les rĂ©alisations se font main dans la main. Depuis l’avĂšnement d’Instagram et Pinterest, les clients arrivent frĂ©quemment avec un moodboard d’influences et d’images. C’était le cas pour la premiĂšre boutique MorobĂ©. On a donc traduit ces inspirations sixties

et seventies en version contemporaine avec des touches organiques, du daim, des arrondis. Une fois rĂ©alisĂ© le flagship de Knokke, nous avons transposĂ© son essence Ă  celui d’Anvers. C’était une autre configuration, un espace beaucoup plus grand, mais il fallait qu’il conserve le mĂȘme l’ADN, celui d’un lieu magnifique sans ĂȘtre intimidant.

Les grands espaces sont-ils justement le luxe qui permet de laisser libre cours Ă  l’imaginaire ? Pas forcĂ©ment. Pour moi l’on peut obtenir du plus petit cadre un rendu incroyable, comme The Bakery, l’espace conçu pour le chef pĂątissier et chocolatier Joost Arijs. La taille n’a pas d’emprise. Et c’est la variĂ©tĂ© des espaces, des configurations et des demandes qui

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fait le challenge et nous permet de ne pas tomber dans la monotonie.

RĂ©aliser des installations temporaires comme celle du dĂ©filĂ© des 20 ans de Verso ou de l’exposition d’Olivier Theyskens, est-il frustrant ou au contraire libĂ©rateur ? Les installations temporaires permettent une certaine lĂ©gĂšretĂ©. RĂ©aliser des scĂ©nographies pour expositions ou dĂ©filĂ©s est donc trĂšs excitant. Et en parallĂšle Ă  la conception architecturale classique qui prend Ă©normĂ©ment de temps, il est agrĂ©able et gratifiant d’avoir des projets courts, aux rĂ©sultats plus directs.

On retrouve dans votre travail des installations monumentales mĂȘlĂ©es Ă  style minimaliste. Du raffinement tissĂ© Ă  coup de matĂ©riaux bruts. Êtesvous attirĂ©, exaltĂ© par les contraires ? Oui, j’aime les contrastes, ils donnent une tension. Un rendu luxueux couplĂ© au bĂ©ton et bois brut, l’équilibre entre le chaud et le froid, la sophistication et la simplicitĂ©, pour arriver Ă  un espace chaleureux sans ĂȘtre ennuyeux.

Et qu’en est-il des objets, comme notamment la lignĂ©e de luminaires rĂ©alisĂ©e pour Ozone, les poignĂ©es Studio Vervloet ou les bougies parfumĂ©es Mon Dada. Sont-ils l’occasion de nouveaux dĂ©fis ? Ils sont en fait soit liĂ©s Ă  une demande, soit Ă  un besoin que je ressens. Celui d’un objet, d’une poignĂ©e de porte, d’un robinet, qui n’existaient pas encore et que j’ai dĂšs lors créés, en complĂ©ment d’autres projets.

Depuis la crĂ©ation de votre cabinet d’architecte en 1999, vous n’avez eu de cesse de dĂ©velopper des projets toujours plus prestigieux. De quoi rĂȘvezvous aujourd’hui ? De rĂ©aliser un hĂŽtel Ă  l’étranger ou un beau musĂ©e. Ce sont deux utilisations de l’espace trĂšs fortes, deux Ă©normes challenges, que je n’ai pas encore eu l’occasion de rĂ©aliser. Mais un jour prochain, qui sait !

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© Justin Paquay

En totale harmonie LEONET HOANG

Architectes de formation, Charles Leonet et Ngoc Hoang multiplient les projets alternant le rĂŽle d’architecte, fournisseur de mobilier, scĂ©nographe, et prenant finalement de plus en plus la fonction de vĂ©ritables directeurs artistiques. Leur but ? Arriver Ă  l’harmonie ultime d’un espace. Immersion dans leur univers.

Tous les deux Ardennais, ils se sont rencontrĂ©s dans un bureau d’architecture, et depuis, ces partenaires de travail ne se sont pour ainsi dire plus jamais quittĂ©s. Ils enchaĂźnent les projets ensemble et forment aujourd’hui un duo de choc sous le nom Leonet Hoang depuis prĂšs de deux ans. Architecture et mobilier bien choisi se reflĂštent et se complĂ©mentent dans leur travail pour crĂ©er un Ă©quilibre et une parfaite harmonie. L’art de chiner les animant depuis des annĂ©es, ils se dĂ©crivent comme architectes et antiquaires. A travers cette approche double, le duo partage sa philosophie de l’esthĂ©tique. L’ouverture de leur galerie en Ă©tĂ© 2021 semble leur carte de visite, un lieu artistique oĂč la signature Leonet Hoang se ressent. Leurs intĂ©rieurs comme leur mobilier chinĂ© et rĂ©novĂ© avec un mĂ©ticuleux savoir-faire naissent d’une longue rĂ©flexion et prennent vie dans un espace simplifiĂ© oĂč rien n’est laissĂ© au hasard pour le rendre plus fort, plus cohĂ©rent, plus caractĂ©riel.

Leonet & Hoang c’est
 Une expĂ©rience architecte et antiquaire oĂč l’on propose un projet avec une direction artistique reprenant ces deux volets dans une cohĂ©rence et une vision globale.

Qu’est-ce qui vous a uni sous ce mĂȘme nom de sociĂ©tĂ© ? Bosseurs, voyageurs, on a les mĂȘmes valeurs familiales
 C’est simple, on fait tout Ă  deux, de l’avant-projet Ă  sa conception finale.

Justement, ensemble, Ă  quoi ressemble votre style ? Nous ne voulons pas nous cadenasser Ă  un style. On tente de rĂ©pondre aux envies et besoins du client en proposant une rĂ©elle expĂ©rience sur mesure, presque identitaire. Mais le projet qui nous ressemble est celui que l’on suit de A Ă  Z, du gros Ɠuvre Ă  la fourniture du mobilier, en passant par le shooting et enfin la publication dans un magazine. Plus que tout, nous souhaitons tout d’abord offrir des espaces oĂč les gens se sentent bien grĂące Ă  l’harmonie que nous crĂ©ons.

Votre galerie en est un bon exemple ? On travaillait dans une chambre de bonne qui se remplissait de plus en plus de nos trouvailles chinĂ©es. Nous voulions dĂ©mĂ©nager et profiter de l’occasion pour mettre notre mobilier en scĂšne. La galerie est donc devenue une plateforme, un support artistique. Ce sont nos bureaux, notre showroom, mais des marques viennent aussi y shooter et des Ă©vĂšnements s’y organisent.

Comment choisissez-vous les objets Ă  rĂ©nover et Ă  placer dans votre galerie ou dans vos intĂ©rieurs ? Tous sont les crĂ©ations d’architectes. Notre Ɠil veille aux lignes, il nous mĂšne indĂ©niablement vers des choses plus structurĂ©es, plus architecturĂ©es, ce qui nous Ă©loigne typiquement du dĂ©corateur ou de l’architecte d’intĂ©rieur. Nous voulons formaliser l’espace et penser l’objet comme tel et pas comme un geste gratuit. DĂšs l’avant-projet, nous savons dĂ©jĂ  quel objet placer et oĂč. On ne vient pas ‘dĂ©corer’ la maison aprĂšs projet, nous

MOTS : OLIVIA ROKS
CAUSERIE | 91

ne voulons pas que le sujet soit perçu comme une piĂšce ajoutĂ©e. La vision d’ensemble et le rĂ©sultat d’uniformitĂ© sont primordiaux.

Quelles sont les fautes de goût que vous détestez ?

Ngoc Hoang – La disproportion. Rien de pire qu’un endroit disproportionnĂ© spatialement. Par exemple, une chambre trop grande. Parfois une petite chambre de 15m2 charmante et bien pensĂ©e vaut mieux qu’une suite parentale oĂč le lit est perdu et la lumiĂšre n’est pas bonne. La gĂ©nĂ©rositĂ© spatiale ne se dĂ©finit pas en m2.

Charles Leonet - Les faux matĂ©riaux, ceux qui sont figĂ©s. Mais aussi quand les gens remplissent leur intĂ©rieur comme un patchwork, qu’ils ne rĂ©flĂ©chissent pas Ă  l’ensemble, cela fait vite trĂšs tutti frutti !

Il y a des matiĂšres que vous privilĂ©giez ? On adore l’inox et le cuir. Ce sont des matiĂšres qui vivent, qui se patinent. L’inox a une incroyable technicitĂ©. Quant au cuir, sa patine extraordinaire lui octroie un caractĂšre, une personnalitĂ©.

Et si vous deviez choisir trois objets qui vous reprĂ©sentent parfaitement ? Les tapisseries de Charlotte Culot, de rĂ©elles piĂšces d’architecture Ă  nos yeux. Les appliques de Christophe Gevers et l’incroyable fauteuil de Tarcisio Colzani et son remarquable profil.

Outre les objets, des lieux vous inspirent ?

Charles Leonet – La fondation Querini Stampalia de Carlo Scarpa Ă  Venise, tout a Ă©tĂ© pensĂ© dans les moindres dĂ©tails. On peut passer des heures dans ce lieu


Ngoc Hoang – Ayant fait Ă©normĂ©ment de piano, c’est davantage la musique qui m’inspire. Je dirais les Nocturnes de FrĂ©dĂ©ric Chopin, pour moi il est comme un designer que l’on reprĂ©sente.

Avant de se quitter, vous nous dévoilez vos projets à venir ?

On prĂ©pare le prochain Brussels Design Market et on voudrait Ă©galement participer aux foires de GenĂšve et DĂŒsseldorf. L’idĂ©e serait de rĂ©aliser des focus sur un architecte et son mobilier. On aimerait aussi Ă  l’approche de l’étĂ© mettre en avant le thĂšme pool house Ă  la galerie. Beaucoup d’architectes ont fait du mobilier de jardin qui n’est finalement pas mis en valeur et qu’on ne retrouve pas sur le marchĂ©. CĂŽtĂ© architecture, nous sommes heureux d’avoir de plus en plus de clients nous faisant confiance pour des projets de A Ă  Z. Actuellement, notez l’amĂ©nagement d’un appartement Ă  GenĂšve ou encore l’amĂ©nagement d’un chalet Ă  Chamonix. www.leonethoang.com

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Leonet Hoang
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Chez Ivan et Judith,

Diane Govaerts

Ziegler, spĂ©cialiste belge du transport international et de la logistique, fĂȘte son 115e anniversaire cette annĂ©e. A la tĂȘte de ce secteur traditionnellement masculin, une femme, Diane Govaerts, 4e gĂ©nĂ©ration du clan Ziegler, rĂ©cemment Ă©lue Manager de l’annĂ©e et CEO intarissable quand on lui parle de dĂ©veloppement durable. Discussion sans fard.

MOTS : SERVANE CALMANT PHOTO : STUDIO DANN BE PERFECT | DIANE GOVAERTS

Vous ĂȘtes l’arriĂšre-petite-fille d’Arthur Joseph Ziegler, le fondateur de Ziegler. Quelles sont les valeurs prĂŽnĂ©es par votre entreprise familiale ? J’en vois quatre : l’authenticitĂ©, l’entrepreneuriat, l’expertise et la fiabilitĂ©-durabilitĂ©. L’authenticitĂ© car nous sommes une entreprise familiale Ă  taille humaine qui fĂȘte son 115e anniversaire cette annĂ©e ; l’entrepreneuriat car nous sommes rĂ©actifs, crĂ©atifs et flexibles, nous crĂ©ons des solutions sur mesure pour nos clients ; l’expertise Ă©galement, avec un savoir-faire centenaire hautement qualitatif ; la fiabilitĂ© et la durabilitĂ© enfin, avec une vĂ©ritable conscience Ă©cologique et une bonne gouvernance d’entreprise.

En une ligne, pourquoi choisir Ziegler ? Pour la qualité de nos services, notre efficacité et notre sur-mesure.

Avant de rejoindre Ziegler, vous avez travaillĂ© au sein de la banque Degroof Petercam. Vous saviez qu’un jour vous alliez inĂ©vitablement rejoindre le clan Ziegler ? En sortant de l’école de commerce Solvay Ă  Bruxelles, section finances, je voulais faire mes armes ailleurs que chez Ziegler. AprĂšs 7 ans, j’ai rejoint l’entreprise familiale. C’est un peu comme AstĂ©rix, je suis tombĂ©e dedans quand j’étais petite.

Quels sont les avantages de travailler en famille ? Il n’y a pas de direction pyramidale chez Ziegler, les schĂ©mas de dĂ©cisions sont donc trĂšs rapides, et je suis trĂšs accessible, ma porte est toujours ouverte. DeuxiĂšme avantage, c’est la vision Ă  long terme. Chez Ziegler, nous ne progressons pas trimestre aprĂšs trimestre comme les sociĂ©tĂ©s cotĂ©es en bourse ; au contraire, nous pensons gĂ©nĂ©ration, ce qui est trĂšs rassurant pour nos Ă©quipes.

A seulement 32 ans, vous ĂȘtes devenue CEO de Ziegler, quelle est la clĂ© de cette fulgurante rĂ©ussite professionnelle ? Le travail.

A 38 ans, vous venez d’ĂȘtre Ă©lue Manager de l’AnnĂ©e. Une femme Ă  la tĂȘte d’un secteur d’activitĂ©s, le transport, historiquement dĂ©volu aux hommes. Ce titre a-t-il une saveur particuliĂšre ? C’est une belle reconnaissance pour une entreprise centenaire et ses Ă©quipes. Cet award confĂšre Ă©galement plus de visibilitĂ© Ă  un secteur, le transport et la logistique, qui est assez mĂ©connu, alors que c’est un travail passionnant, dynamique, variĂ©, avec six principaux mĂ©tiers, l’aĂ©rien, le maritime, la route, le ferroviaire, la logistique et la douane. Cette mise en lumiĂšre de notre activitĂ© est une bonne chose.

Y’a-t-il beaucoup de femmes employĂ©es chez Ziegler ? 35% dans un secteur rĂ©putĂ© masculin, ce n’est pas mal. D’autant que ce chiffre augmente chaque annĂ©e !

En Belgique, les femmes n’occupent que 9% des postes de PDG ! Que vous inspire ce pourcentage ? Ce n’est pas assez, Ă©videmment ! Je prĂŽne la mĂ©ritocratie, oĂč la hiĂ©rarchie sociale est fondĂ©e sur le seul mĂ©rite. La compĂ©tence, le dynamisme, l’amour du travail bien fait, je crois en ces valeurs.

Quelle a Ă©tĂ© votre stratĂ©gie pour vous faire accepter, vous la fille de la famille Ziegler, par vos Ă©quipes ? C’était trĂšs important pour moi que les Ă©quipes comprennent et adhĂšrent Ă  ma vision, alors je suis allĂ©e Ă  leur rencontre sur le terrain, dans les agences du groupe, j’ai beaucoup communiquĂ© sur ma stratĂ©gie pour les onboarder, les intĂ©grer Ă  mes projets.

Quelle sorte de manageuse ĂȘtes-vous ? Je prĂŽne un management participatif. Je suis trĂšs ouverte aux nouvelles idĂ©es, propositions, innovations, et je n’aime pas imposer, je prĂ©fĂšre convaincre.

Manageur, manageuse, une question de sensibilité ? Oui, mais
 Une entreprise 100% masculine ou 100% féminine ne serait pas complÚte. Je crois en la complémentarité des hommes et des femmes dans le secteur du travail.

Y’a-t-il une contrainte liĂ©e Ă  votre titre de CEO que vous n’aimez pas particuliĂšrement ? (elle rit) Le manque de sommeil. Je suis une matinale et une couche-tard, donc je ne dors pas assez ! Mais mon mĂ©tier est passionnant, je ne me plains pas.

Ziegler, basée à Bruxelles, est présente dans 15 pays dont le Royaume-Uni, le Maroc, la Chine. Et demain ? Cette année, nous ouvrons un bureau aux Etats-Unis. Ziegler est donc désormais présent sur 4 continents.

Pour rĂ©duire son empreinte carbone, Ziegler a notamment dĂ©veloppĂ© les vĂ©los-cargos et le Transporter, un vĂ©hicule Ă©lectrique autonome. La durabilitĂ©, c’est l’un de vos principaux dĂ©fis ? C’est un sujet qui me tient particuliĂšrement Ă  cƓur. On a lancĂ© en 2021, la campagne « Ziegler. Now even greener ». Depuis 115 ans, nos couleurs sont le vert et le jaune et j’ambitionne que Ziegler soit encore plus vert dans les annĂ©es Ă  venir en termes de bĂątiments (que l’on Ă©quipe notamment de panneaux solaires), de transports (avec une distribution urbaine neutre en CO2, des vĂ©los-cargos, etc.), de culture d’entreprise (on recycle davantage, on a supprimĂ© les gobelets en plastique, car tous les petits gestes comptent), et de partenariats avec des partenaires sensibles aux mĂȘmes objectifs de durabilitĂ©.

CAUSERIE | 95
« Dans le monde de l’entreprise, je crois en la complĂ©mentaritĂ© entre les hommes et les femmes »
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BENJAMIN LABORIE

Sous l’étoile, La Table

Benjamin Laborie a ouvert « La Table » à Ohain, dans le Brabant wallon, en décembre dernier. Quatre mois plus tard, le 13 mars précisément, il récolte 1 étoile au guide Michelin qui vient récompenser un parcours belge fulgurant.

« La France m’a formĂ©, la Belgique m’a apportĂ© la reconnaissance.

Je ne l’oublierai pas », parole de chef.

FormĂ© chez Michel GuĂ©rard et chez Michel Bras, deux lĂ©gendes triplement Ă©toilĂ©es de la gastronomie française, Benjamin Laborie arrive en Belgique en 2009. A Bruxelles, chez « Bowery », le chef obtient le prix Gault & Millau du « Meilleur nouveau restaurant ». Ensuite, dans le Brabant wallon, il rafle 1 Ă©toile Michelin venue rĂ©compenser sa crĂ©ativitĂ©. DĂ©cembre 2022, il ouvre « La Table » Ă  Ohain, oĂč il est dĂ©sormais seul maĂźtre Ă  bord, et c’est Ă  nouveau la consĂ©cration : Michelin lui accorde 1 Ă©toile.

Les gourmets du BĂ©WĂ© se souviennent certainement du « Try Bara », du « Bliss » et du « Maxan ». C’est entre ces murs de vieilles pierres que Benjamin officie avec notamment la complicitĂ© de Guillaume Vegreville, son fidĂšle et diligent maĂźtre d’hĂŽtel, qui nous reçoit au salon. Cette vaste piĂšce qui fait la part belle au bois, est flanquĂ©e d’un feu ouvert et garnie de fauteuils club aux couleurs vitaminĂ©es. On s’y installe pour prendre l’apĂ©ro et savourer quatre premiĂšres mises en bouche. Le chef, gĂ©nĂ©reux, en a prĂ©vu sept. Le salon s’ouvre sur une salle Ă  manger aux tables nappĂ©es parfaitement

espacĂ©es. De quoi nous Ă©viter de manger sur les genoux du voisin. Un cadre Ă©lĂ©gant et convivial Ă  la fois, et une parfaite organisation de l’espace, voilĂ  de quoi nous mettre d’emblĂ©e en confiance.

Benjamin, fĂ©licitations ! En votre for intĂ©rieur, saviez-vous que vous remporteriez si rapidement 1 Ă©toile Michelin ? SincĂšrement, non. En revanche, autour de moi, tout le monde y croyait. Mon Ă©quipe, et les clients qui me disaient que je la mĂ©ritais. Moi, je calmais plutĂŽt les ardeurs. A mon Ă©quipe, j’ai suggĂ©rĂ© de savourer l’instant, c’est-Ă -dire le succĂšs d’un restaurant qui ne dĂ©semplit pas aprĂšs quatre mois d’exploitation. Et le 13 mars, je dĂ©croche l’étoile. Une double consĂ©cration : un succĂšs public et la reconnaissance du Michelin. Je suis un chef heureux.

Cette Ă©toile rĂ©compense le travail d’une Ă©quipe. Notamment Guillaume Vegreville, votre fidĂšle maĂźtre d’hĂŽtel que vous connaissez depuis trĂšs longtemps... Depuis 18 ans, nous nous sommes rencontrĂ©s chez Michel Bras, une

MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : ANTHONY DEHEZ
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belle aventure commune. Dans mon Ă©quipe, il y a aussi une nouvelle gĂ©nĂ©ration qui m’a suivi quand j’ai lancĂ© le projet « La Table » et je leur suis trĂšs reconnaissant. Sans eux, pas d’étoile, croyez-moi.

1 Ă©toile, c’est une franche rĂ©compense mais une sacrĂ©e pression
 DĂ©trompez-vous : le guide Michelin n’impose rien aux chefs. L’étoile vient rĂ©compenser l’amour du travail bien fait et la sincĂ©ritĂ© de la cuisine. Si je conserve ce sentiment du devoir accompli, et c’est mon but, je n’ai rien Ă  craindre. Mais je ne vous cache pas que

la veille de la cérémonie des Michelin, je ne passe pas la meilleure des nuits.

« La Table », ce nom rĂ©sonne comme une invitation. Exactement. C’est un peu l’idĂ©e de la table d’hĂŽtes. Je ne propose pas de carte mais des menus plusieurs services (4, 5 et 7 services, et un lunch en trois temps) qui me permettent de m’affranchir de toute contrainte et d’ĂȘtre libre dans mon travail crĂ©atif. Je dors peu, il m’arrive la nuit de rĂ©flĂ©chir Ă  un plat et de le concrĂ©tiser le lendemain. Quand le client passe la porte d’entrĂ©e de « La Table », il accepte de se laisser guider,

d’entrer dans mon univers, et c’est parti pour trois heures de dĂ©couvertes culinaires. Je reste Ă©videmment attentif aux intolĂ©rances des uns et aux aversions alimentaires des autres.

« La truffe noire parfumĂ©e et un bouillon intense d’oignons donnent une nouvelle dimension Ă  cette soupe Ă  l’oignon 2.0 » Ă©crit le Michelin. Cette revisite d’un classique, la soupe Ă  l’oignon, Ă  base d’oignons des CĂ©vennes, sabayon au vin jaune, croutĂ© Ă  la truffe Tuber Melanosporum, on l’a goĂ»tĂ©e, tenaillĂ©e par une irrĂ©sistible envie de lĂ©cher l’assiette. C’est votre

BE PERFECT | LA TABLE DE BENJAMIN LABORIE

plat signature ! Merci. Mais je vais peut-ĂȘtre vous dĂ©cevoir : la saisonnalitĂ© Ă©tant au cƓur de ma cuisine, il faudra attendre un an avant de retrouver cette soupe au menu, et encore, je n’apprĂ©cie pas forcĂ©ment le concept de plat signature et je ne refais jamais deux fois la mĂȘme assiette. L’hiver prochain, je vais donc surprendre avec d’autres plats.

Parlons saison alors. En avril, quel aliment va-t-on retrouver au menu ?

la nature et les maraichers qui dictent mon assiette. Au printemps, elle sera verte, en septembre rouge. Je mets quiconque au dĂ©fi de trouver meilleure tomate que celle rĂ©coltĂ©e en septembre. Je suis mes envies Ă©galement, j’ai changĂ© trois fois de menus en trois mois.

Vous ĂȘtes Ă©galement le roi des sauces ! Votre secret ? (Rire). Michelin a en effet soulignĂ© la qualitĂ© de mes sauces. Mon secret : je ne monte jamais mes sauces au beurre, je prĂ©fĂšre travailler le bouillon ou la graisse sĂšche de l’animal, ce qui les rend plus lĂ©gĂšres.

Avec une somptueuse terrasse braquĂ©e sur des prairies et des champs vallonnĂ©s, « La Table » affiche encore un atout sĂ©duction 
 L’étĂ©, je compte ouvrir la terrasse et la salle intĂ©rieure du restaurant, Ă  la bonne convenance du client. Mais je ne compte pas augmenter le nombre de couverts, je plafonne Ă  36 convives, pas davantage afin d’assurer un service convivial et attentionnĂ©.

Les asperges vertes et blanches, les petits pois, les morilles, j’attends chaque saison avec impatience. C’est www.latablebenjaminlaborie.be

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CHRISTOPHE HARDIQUEST

À 46 ans, il laisse derriĂšre lui « Bon-Bon », 2 Ă©toiles Michelin, un 19,5/20 au Gault&Millau et des bons souvenirs Ă  foison, pour ouvrir en fĂ©vrier dernier « Menssa », un comptoir gastronomique de grande proximitĂ©, de belle complicitĂ©, avec le client. Quand on lui demande pourquoi il a eu envie d’écrire une nouvelle page de sa vie, Christophe Hardiquest parle de besoin, d’envie, de dĂ©sir. Rebondir, c’est le propre d’un vrai entrepreneur. Causerie Ă  l’ombre d’un arbre d’intĂ©rieur qui dĂ©finit le nouveau territoire gourmand du chef


BE PERFECT | MENSSA
MOTS : SERVANE CALMANT
©
Jehanne Hupin

Que les inconditionnels de Bon-Bon se rassurent, ils ne seront pas tout Ă  fait bousculĂ©s dans leurs (bonnes vieilles) habitudes. Quoique ! En bordure de la ForĂȘt de Soignes, ce sont les murs de Bon-Bon qui abritent dĂ©sormais Menssa pour mens « l’esprit » et mensa « la table ». La dĂ©coration d’intĂ©rieur a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  l’atelier d’architecture belge AnneCatherine Lallemand, avec laquelle Christophe Hardiquest collabore depuis 20 ans. Rien ne change, donc ? Au contraire ! La dĂ©co 100% belge a Ă©tĂ© complĂštement renouvelĂ©e puisqu’elle Ă©pouse un nouveau concept, un comptoir gastronomique dont la

cuisine est notamment inspirĂ©e par la nature environnante. Ainsi ces chaises hautes en velours vert forĂȘt de chez Marie’s Corner et les audaces d’Anne-Catherine Lallemand, un arbre monumental aux contours harmonieux et un comptoir, central, qui en dominant la salle Ă  manger, affiche clairement ses intentions : rapprocher le chef et sa brigade de ses hĂŽtes. VoilĂ  pour la dĂ©co. Et l’intention. Place au chef, maintenant.

Deux décennies chez Bon-Bon, puis un jour, dans la belle quarantaine, vous décidez de tourner la page
 Je ne me sentais plus en phase avec ma vision du

restaurant de demain et j’étais en plein divorce, deux Ă©lĂ©ments qui m’ont poussĂ© Ă  aller de l’avant. Les derniĂšres annĂ©es Ă  la tĂȘte de Bon-Bon, j’étais dans ma zone de confort. J’aurais pu continuer Ă  emprunter le chemin le plus facile, mais aprĂšs 20 ans, mon travail me semblait rĂ©pĂ©titif, je me sentais moins crĂ©atif.

Christophe Hardiquest, chef et entrepreneur leader
 Oui, je le revendique. J’essaie d’inspirer Ă  travers mes valeurs et ma conception de la gastronomie. C’est pourquoi je n’ai aucun regret d’avoir tournĂ© la page. Mieux : j’ai aimĂ© me sentir bouleversĂ©, bousculĂ©, cela m’a obligĂ© Ă  repenser mon mĂ©tier.

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« C’est mon mĂ©tier de bousculer les codes »
© Richard Haughton

Vous avez une pĂȘche d’enfer ! J’ai 47 ans et j’ai retrouvĂ© une Ă©nergie de fou, comme si je dĂ©butais dans le mĂ©tier


En quoi Menssa est-il novateur ? Mon concept tient en une ligne : inviter les clients dans mon laboratoire culinaire. Je suis partisan d’une proximitĂ© entre mes chefs de cuisine et les clients. Je les ai prĂ©parĂ©s Ă  parler de leur travail, Ă  exprimer leurs Ă©motions, Ă  Ă©couter leurs feedbacks
 Mon pari, c’est celui de la durabilitĂ© pour la planĂšte et pour mon staff oĂč chacun a un vrai statut et de bonnes conditions de travail, de la proximitĂ© avec le client, de la saisonnalitĂ© et de la traçabilitĂ© dans l’assiette.

Chez Bon-Bon, nous avions dĂ©jĂ  mangĂ© au comptoir 
 Et cette idĂ©e a Ă©voluĂ© dans ma tĂȘte. Le comptoir favorise la transparence, la proximitĂ© avec la cuisine, il fait dĂ©sormais office

de table principale. Aussi prépareronsnous les sauces, par exemple, devant nos hÎtes


Un comptoir principal. Pour autant, Menssa propose plusieurs expĂ©riences culinaires 
 Il y a 22 places au comptoir et jusqu’à 8 couverts dans une petite salle privative, pour une soirĂ©e familiale ou business, et un coin salon intĂ©grĂ© Ă  la piĂšce principale. L’étĂ©, l’apĂ©ro, le cafĂ© et le Havane s’invitent en terrasse. Menssa se veut un restaurant en mouvement.

Parlons de l’assiette. Menssa est-il plus crĂ©atif que Bon-Bon ? (Il rĂ©flĂ©chit) Oui. Menssa, c’est un nouvel Ă©crin qui me sert de vĂ©ritable laboratoire pour tester la cuisine en permanence. J’invente chaque jour en fonction d’une idĂ©e, d’un produit. J’ose Ă©galement travailler des produits

diffĂ©rents : je vais prĂ©fĂ©rer les rognons d’agneau au gigot et je proposer de la vive ou du rouget grondin, des poissons oubliĂ©s. Je dĂ©veloppe davantage mon savoir-faire en matiĂšre de fermentation, de salaison, d’huile d’herbes sauvages en provenance de la ForĂȘt de Soignes. J’ai Ă©galement dĂ©cidĂ© de rĂ©duire la consommation d’énergie en cuisinant un maximum au feu de bois et en proposant des aliments crus notamment un sushi de moelle. J’enrichis ma rĂ©flexion sur le monde de demain et ma carte est un vĂ©ritable terrain de jeu que je dĂ©cline en jardin, forĂȘt, terre et mer. Je propose une cuisine de naturalitĂ©, de simplicitĂ©, de crĂ©ativitĂ©, affranchie de toutes les injonctions du monde gastronomique. C’est mon mĂ©tier de bousculer les codes.

Y’a-t-il dĂ©jĂ  un plat emblĂ©matique chez Menssa ? La mosaĂŻque d’anguille au tabac de romarin, navet cru en rĂ©moulade de vieux rhum, plait Ă©normĂ©ment.

Christophe, serez-vous souvent chez Menssa ? Oui, mais je continuerai Ă  voyager. Pendant 20 ans, j’ai Ă©tĂ© bloquĂ© dans ma cuisine chez Bon-Bon, je ne veux plus de cette vie-lĂ . Je travaille Ă©normĂ©ment Ă  la transmission de mon savoir-faire : la maison doit pouvoir tourner sans moi ! Je ne suis pas le seul acteur de Menssa. Ce sont les mĂȘmes personnes qui cuisinent, qui m’assistent, que je sois lĂ  ou pas. C’est Ă©galement l’idĂ©e du comptoir, que le client fasse connaissance avec mon Ă©quipe. « Bonjour, je suis Hugo, je suis le responsable des dĂ©gustations, je vais vous prĂ©parer ceci ou cela
 ». C’est ainsi que j’ai imaginĂ© Menssa.

L’étĂ©, vous serez derriĂšre les fourneaux de La MĂšre Germaine ; une partie de l’hiver, Ă  Crans-Montana au Chetzeron. Les produits que vous dĂ©couvrez en Provence ou dans le Valais en Suisse enrichissent-ils la cuisine de Menssa ? Oh oui ! J’ai dĂ©couvert les pois chiches d’UzĂšs et de la raclette de 7 ans du Valais. Et rĂ©ciproquement, j’ai amenĂ© Ă  ChĂąteauneuf-duPape de la gueuze belge. Je m’éclate en travaillant sur ces trois terroirs.

BE PERFECT | MENSSA www.menssa.be
© Richard Haughton
RESTAURANT & TRAITEUR : LA BASCULE, CHAU. DE VLEURGAT 324, 1050 IXELLES, BELGIQUE - +32 2 640 07 07 TRAITEUR : CHAU. DE WATERLOO 1359H, 1180 UCCLE - +32 2 640 06 06 PLACE DUMON 7 - 1150 WOLUWE AVENUE LOUISE - BRUXELLE SPÉCIALITÉS LIBANAISES Respirez, Voyagez, Vous Êtes Oliban

EL SOCARRAT

Heureux propriétaires du festif

« Beauty Gastro Pub », Pamela Michiels et Glenn Godecharle, son mari, ont rĂ©cemment ouvert « El Socarrat », du nom de la croĂ»te de riz qui colle dans le fond de la paĂ«lla. Mais qu’on ne s’y trompe pas, cette nouvelle enseigne gourmande ne se rĂ©sume Ă  la spĂ©cialitĂ© culinaire de Valence. Toute la MĂ©diterranĂ©e y est Ă  l’honneur. Ainsi que des cocktails signature concoctĂ©s par un mixologue inspirĂ©, pour dĂ©buter ou terminer la soirĂ©e dans un cadre intimiste ou, l’étĂ©, au jardin.

Pamela est la fille d’Albert et Marianne Michiels, un nom, une famille, une rĂ©fĂ©rence dans le monde des brasseries bruxelloises et du bĂ©wĂ©, puisque Restauration Nouvelle, que le padre a créée en 1985, compte aujourd’hui pas moins de 24 Ă©tablissements. « J’ai baignĂ© dans l’horeca depuis que je suis enfant, fait l’Ecole hĂŽteliĂšre de Lausanne, et rencontrĂ© celui qui deviendra mon mari, Glenn Godecharle, Ă  GenĂšve oĂč il officiait comme chef de cuisine Ă  l’HĂŽtel InterContinental. L’horeca, c’est notre secteur de prĂ©dilection », prĂ©cise d’emblĂ©e Pamela Michiels.

Pour l’heure, les tourtereaux sont propriĂ©taires de deux Ă©tablissements, deux identitĂ©s distinctes, deux signatures design diffĂ©rentes, situĂ©s Ă  Hoeilaart, Ă  la frontiĂšre entre Bruxelles et le BĂ©wĂ©, bien vu. Le « Beauty Gastro Pub » ouvert en 2017, rĂ©invente l’esprit pub en proposant de la bibine Ă©videmment, mais aussi de bons flacons, des cocktails, des plats sympas en mode tapas, et un son qui monte en fonction

BE PERFECT | EL
SOCARRAT
MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : LINDSAY ZÉBIER
La pépite cachée des Michiels

de l’ambiance souvent festive. Quant Ă  « El Socarrat », anciennement « Chez Lulu » dĂ©jĂ  propriĂ©tĂ© des Michiels, il se profile comme un restaurant plus bourgeois, aux allures de speakeasy, comprenez : de club feutrĂ©. Vous y attendent des plats qui sentent bon le soleil du bassin mĂ©diterranĂ©en et une cuisson au grill Ă  charbon Josper pour confĂ©rer aux produits, viande, poulpe, lĂ©gumes, un goĂ»t de fumĂ©e inimitable. On vous recommande chaudement les petits pois frais sautĂ©s sur braise accompagnĂ©s de jambon ibĂ©rique, la Rubia Gallega, une race bovine originaire de Galice qui fond littĂ©ralement en bouche et, en sus, le coulis de poivrons de piquillo, encore un incontournable de la gastronomie espagnole dans notre assiette.

« El Socarrat renvoie Ă©videmment aux origines de mon mari qui vient d’Alicante, mais on ne souhaitait pas rĂ©sumer l’offre culinaire Ă  la seule paĂ«lla. Cependant, on vous la conseille vivement, car on la propose dans sa version authentique, avec la fameuse croĂ»te de riz au fond de la poĂȘle qui a donnĂ© son nom au resto 
 »

El Socarrat, on le sait peut-ĂȘtre moins, bĂ©nĂ©fice d’un autre atout sĂ©duction : son bar Ă  cocktails, pour un before ou un after en mode chic. L’ambiance y est Ă©lĂ©gante et feutrĂ©e et, contrairement au Beauty Gastro Pub, on ne monte pas le son et on n’y danse pas, mais on cause et on badine en sirotant une « Femme Fatale » Ă  base de gin, ananas, apĂ©rol et citron vert. L’étĂ©, El Socarrat compte bien abattre sa derriĂšre carte : une terrasse orientĂ©e jardin, pour une mise au vert de circonstance.

Si l’assiette suscite de l’émotion, la dĂ©co participe Ă©videmment Ă  l’attrait culinaire d’un lieu. « Chez les Michiels, nous sommes toutes et tous trĂšs sensibles Ă  la dĂ©co, nous cherchons Ă  insuffler une Ăąme Ă  nos Ă©tablissements. Pour El Socarrat, j’ai fait appel Ă  Antoinette Tondreau ».

En rĂ©sulte un endroit particuliĂšrement stylĂ©, ultra cosy, lumiĂšre tamisĂ©e et velours de circonstance. Du 100% instagrammable qui nous a donnĂ© envie de rencontrer Antoinette, jeune architecte d’intĂ©rieur dont El Socarrat est le premier projet


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Votre parcours ? J’ai 29 ans, j’ai travaillĂ© trois ans avec l’architecte d’intĂ©rieur bruxellois Lionel Jadot, et je navigue dĂ©sormais seule. El Socarrat est mon tout premier client. Je viens de terminer la dĂ©co du salon Maison Roger, qui vient de dĂ©mĂ©nager avenue Louise Ă  Ixelles


Votre signature ? Je suis relativement Ă©clectique pourvu que cela sorte de l’ordinaire. Pamela Michiels m’a contactĂ©e en connaissance de cause. Rire. Elle souhaitait un univers cosy, chaleureux, dĂ©calĂ©, original, qui soit Ă©galement une invitation au voyage.

On parle beaucoup aujourd’hui du style « speakeasy », comment se dĂ©finit-il ? A la base, cette appellation

dĂ©signe un bar clandestin amĂ©ricain pendant la prostitution, il englobe dĂ©sormais tous les endroits chic et feutrĂ©s qui privilĂ©gient l’éclairage tamisĂ©, les alcĂŽves discrĂštes. Pour El Socarrat, j’ai jouĂ© sur plusieurs ambiances. Le petit salon Ă  l’entrĂ©e fait rĂ©fĂ©rence Ă  la Belle Epoque, avec beaucoup de matĂ©rialitĂ©, du bois, des tissus, des miroirs, du papier peint, une moquette chamarrĂ©e, c’est volontairement chargĂ©. Les commoditĂ©s sont complĂštement dĂ©calĂ©es avec une peinture trĂšs glossy, brillante. J’ai ensuite dessinĂ© de petites alcĂŽves pour 2 Ă  4 personnes, le bar et ses touches exotiques, et la salle du restaurant nappĂ©e de lumiĂšre tamisĂ©e et habillĂ©e de velours soyeux rubis pour un rendu chaleureux maximum.

questions Ă  Antoinette Tondreau, architecte d’intĂ©rieur d’El Socarrat
www.elsocarratrestaurant.be
BE PERFECT | EL SOCARRAT
Avenue de la ForĂȘt de Soignes 359, 1640 Rhode-Saint-GenĂšse - 02 380 30 38 www.yijiangnanrestaurant.be Gastronomie chinoise et asiatique revisitĂ©e

L’Epicerie Nomad

Elle a du caractĂšre et du charme Ă  revendre la nouvelle adresse de Jean Callens, Ă  Ixelles. Mais au fait, est-ce un bar Ă  vins oĂč bien manger ou un resto bistronomique oĂč bien boire ?

C’est surtout un voyage gourmand et sincĂšre, initiĂ© par un chef dĂ©cidĂ©ment bien dans ses pompes, qui adore surprendre par des Ă©pices du bout du monde et des vins parfois inattendus.

ÀIxelles, entre l’avenue Louise et le quartier de la Porte de Namur, pour vous situer, la bien nommĂ©e Epicerie Nomad se niche dans une ancienne Ă©picerie asiatique gĂ©rĂ©e pendant 31 ans par Mongkhon Tangton, un homme passionnĂ©. Un beau jour, Jean Callens se pointe dans le quartier pour y saluer un ami, passe devant l’épicerie de Mongk, s’y attarde, et c’est le coup de foudre. « Il ne m’a fallu qu’une minute pour savoir que cet endroit serait parfait pour ma nouvelle aventure, mais je devais convaincre son propriĂ©taire. Mongk est un concentrĂ© de gentillesse et de douceur, ce n’est pas une acquisition commerciale que j’ai nĂ©gociĂ©e avec lui, mais la transmission d’un endroit rempli de souvenirs et qui l’a rendu heureux pendant une vie entiĂšre ». Cette Ă©picerie, Jean l’a souhaitĂ©e Ă  son image : chaleureuse, un brin nostalgique aussi. Un carrelage ancien, des luminaires

d’époque, des comptoirs bars cĂŽtĂ© rue, une Ă©tagĂšre qui appartenait Ă  Mongk transformĂ©e en oenothĂšque
 Tout fleure bon ce passĂ© pas si lointain oĂč l’on refaisait le monde entre amis autour d’un plat pas trop cher et d’un flacon dĂ©couverte. Installez-vous.

L’Epicerie Nomad, c’est une nouvelle page qui se crĂ©e. Parce qu’une autre s’est refermĂ©e et pas n’importe laquelle ! Le Callens CafĂ©, vous l’aviez ouvert avec Olivier, votre frĂšre, en 2004. Pourquoi l’avoir revendu Ă  Serge Litvine en 2021 ? Le Callens CafĂ© devait ĂȘtre rĂ©novĂ©. Et pas un peu. J’ai longtemps rĂ©flĂ©chi Ă  investir ou Ă  revendre. Une opportunitĂ© s’est prĂ©sentĂ©e Ă  moi. Je l’ai saisie.

Callens CafĂ© est devenu le Lily’s Restaurant & Club, il vous plaĂźt ? C’est une belle rĂ©novation, un bon concept, Litvine tape juste et au bon moment, en rĂ©pondant Ă  une demande pour ce genre d’établissement.

Vous ĂȘtes le 4e d’une gĂ©nĂ©ration de restaurateurs bruxellois, la Famille Callens. Devenir chef, c’était plus qu’une vocation, une tradition ! Oui. Depuis tout petit, je vis dans les chambres froides et dans les caves Ă  vins. (rire) Mes grands-parents et parents s’impatientaient de me voir terminer mes Ă©tudes pour que je travaille avec eux
 Dans les grandes familles de la restauration, l’avenir du fils aĂźnĂ© Ă©tait tout tracĂ© : devenir chef de cuisine.

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MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : ANTHONY DEHEZ
« Recentrer mon mĂ©tier sur l’humain. Indispensable. »

Pour autant, il n’y a pas le nom Callens accolĂ© Ă  votre nouveau projet ? Non. Car j’ai intĂ©grĂ© dans l’aventure Sandrine, en cuisine, et ClĂ©ment, en salle. Impliquer le personnel dans un projet voire dans l’actionnariat d’un resto, c’est une nouvelle maniĂšre d’envisager ce mĂ©tier qui me convient parfaitement.

Contrairement au Callens CafĂ©, l’Epicerie Nomad se veut un resto de quartier Ă  l’atmosphĂšre intime
 Aujourd’hui, l’addition dans une brasserie s’élĂšve Ă  60 voire 100 euros le couvert ! Ce qui signifie que la restauration n’est plus accessible Ă  tout le monde. Je rĂȘvais d’un endroit plus petit, oĂč je pourrais sĂ©duire avec une cuisine populaire et accessible. Et je suis tombĂ© sous le charme de cette Ă©picerie Ă  taille humaine


Il y a ce je-ne-sais-quoi de nostalgique qui se dĂ©gage de L’Epicerie Nomad. La nostalgie, ça vous parle ? Oui oui, je ne suis pas passĂ©iste mais aprĂšs 35 ans dans la restauration, j’avais envie de revenir Ă  l’essentiel : un bon produit qu’on ne galvaude pas, une cuisson parfaite, une bonne sauce. Et susciter l’envie de goĂ»ter, de partager. Mes plats sont servis au 2/3 d’une assiette normale et les prix adaptĂ©s, Ă©videmment. Rien ne vous oblige Ă  prendre un plat et une entrĂ©e. Certains clients commandent trois entrĂ©es ou deux plats Ă  partager, d’autres dĂ©gustent entre amis tous les plats prĂ©sentĂ©s sur l’ardoise murale.

Epicerie
 Nomad, la seule Ă©vocation de ce mot nous fait voyager. Que ce soit en AmĂ©rique du Sud, en Asie, en IndonĂ©sie, en Afrique noire, au Maghreb ou mĂȘme en Europe, tous mes voyages m’ont influencĂ©, mĂȘme si j’avoue un faible pour la cuisine marocaine aux multiples saveurs. MĂȘme Ă  Cuba oĂč il n’y a pas de vĂ©ritable gastronomie, j’ai appris quelque chose : Ă  recentrer mon mĂ©tier sur l’humain. L’indispensable en somme. Cela dit, j’aime toujours une bonne bĂ©arnaise, mais les saveurs du monde sont tellement riches. J’ai envie de continuer Ă  voyager Ă  travers la nourriture.

Fondues parmesan brocolis tomates sĂ©chĂ©es, brochettes de poulet au citron confit, bƓuf au poivre de Penja, moutarde, fines herbes. Jean, on s’est rĂ©galĂ©e ! Merci. C’est du 100% maison, qui est fonction de mes envies et du marchĂ©. Et de belles rencontres. Ainsi le poivre de Penja, c’est un ami qui me l’a ramenĂ© du Cameroun. Mes hĂŽtes en raffolent.

Difficile de ne pas la voir, l’oenothĂšque ! Quels bons flacons invite-t-elle Ă  dĂ©couvrir ? J’ai voulu une sĂ©lection en trois temps : des vins classiques de chez de Coninck, des flacons bios/nature proposĂ©s par Cinoco et de belles dĂ©couvertes avec la Maison Peuch & Besse, notamment propriĂ©taire rĂ©coltant du ChĂąteau Gravet-Renaissance Saint-Emilion Grand Cru. Je vous le conseille avec une volaille ou une viande rouge.

Et si je souhaite juste venir vous saluer et prendre l’apĂ©ro ? Bienvenue ! D’autant que je viens de sortir la terrasse, orientĂ©e plein sud.

www.epicerie-nomad.be

Deux adresses mythiques

LE RESTAURANT TYPIQUE DE L’OGENBLIK AU CƒUR DE BRUXELLES

LE RESTO BISTRO BELGE LE COMMERCIO A WATERLOO

RESTAURANT DE L’OGENBLIK

Galerie des Princes, 1 1000 Bruxelles

T : 02.5116151

www.ogenblik.be

LE COMMERCIO

Chaussée de Bruxelles 186 1410 Waterloo

T : 02 354 32 27

www.lecommercio.be

Pillows Grand Boutique Hotel Reylof

Le charme envoĂ»tant d’un ancien hĂŽtel particulier gantois

De hauts plafonds, des cloisons sculptĂ©es, des portes Ă  frontons, un majestueux escalier en colimaçon, une vaste bibliothĂšque, des Ɠuvres d’art originales sont autant d’élĂ©ments d’époque qui Ă©voquent l’atmosphĂšre classieuse et chaleureuse de l’ancienne demeure du poĂšte et baron Olivier de Reylof, construite en 1724. Hyper central, le Pillows Grand Boutique Hotel Reylof se profile comme l’un de nos pied-Ă -terre favoris Ă  Gand.

BE PERFECT | PILLOWS GRAND BOUTIQUE HOTEL REYLOF MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : PILLOWS

Les hĂŽtels de la Collection Pillows Hotel sont situĂ©s aux Pays-Bas (Amsterdam notamment) et chez nous (Bruxelles et Gand) dans les centres-villes ou plus Ă  l’écart, dans des endroits verdoyants. Chaque hĂŽtel est diffĂ©rent mais tous peuvent se targuer d’avoir Ă©lu domicile dans des propriĂ©tĂ©s authentiques, hĂŽtel de maĂźtre, ancien labo d’anatomie (si si), chĂąteau du 13e, etc. A tout vous avouer, c’est la dĂ©couverte enthousiaste du Pillows Hotel gantois qui a suscitĂ© notre intĂ©rĂȘt pour l’adresse amsterdamoise. On vous en parle Ă©galement dans ce numĂ©ro du Be Perfect.

Restons Ă  Gand pour l’instant. A 500 mĂštres Ă  peine du centre-ville, le Pillows Grand Boutique Hotel Reylof sĂ©duit d’emblĂ©e par une monumentale façade en grĂšs. C’est celle d’un palais historique construit en 1724, jadis propriĂ©tĂ© de notre compatriote Olivier de Reylof qui passait son temps Ă  y rĂ©diger des poĂšmes. Par bonheur, la demeure a Ă©tĂ© classĂ©e monument historique et rĂ©novĂ©e en 2018 en prĂ©servant le cachet authentique de son style Empire. Les espaces publics sont un vĂ©ritable rĂ©gal pour les yeux : vertigineux escalier en colimaçon, hauts plafonds, portes Ă  frontons, parquets qui

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grincent, cheminĂ©es qui crĂ©pitent. L’atmosphĂšre intimiste qui s’en dĂ©gage opĂšre un charme dĂ©licieux auquel on a Ă©tĂ© particuliĂšrement sensible.

Pour augmenter sa surface d’accueil, l’établissement a dĂ» conjuguer ancien et modernitĂ©, notamment en ajoutant une nouvelle aile qui abrite de grandes chambres d’un confort impeccable, teintes chaudes, literie 5 Ă©toiles et draps de lit en coton Ă©gyptien. Un jardin intĂ©rieur faisant office de trait d’union harmonieux entre les deux corps de bĂątiment. Soyons honnĂȘtes, au regard de l’aile historique (qui propose Ă©galement des chambres et suites de luxe), la nouvelle partie manque un peu de charme, mais elle a le mĂ©rite d’offrir une belle vue sur son homologue, sur le jardin et sur une ancienne remise Ă  calĂšche qui hĂ©berge le Spa Reylof. Piscine intĂ©rieure, sauna finlandais, et vaste gamme de massages et soins complĂ©tant l’offre.

Parmi les nombreux atouts de ce boutiquehĂŽtel au luxe discret qui invite Ă  prendre place au Living dĂšs l’accueil, on Ă©pinglera un judicieux choix horeca, avec le LOF CafĂ© (et son comptoir de pĂątisseries et autres gourmandises), The Living Bistro (cuisine simple et savoureuse) et le restaurant gastronomique LOF. Dans un cadre Ă©lĂ©gant qui ne s’encombre d’aucune fioriture, le chef Hannes Vandebotermet y propose une cuisine de saison, aux combinaisons audacieuses mais parfaitement maĂźtrisĂ©es, betterave vanille, huĂźtre moule madĂšre, canard cĂ©leri ail noir sauce ponzu, pomme cire d’abeille prune, ou encore banane miso mĂ»re, pour partager avec vous quelques indices d’un repas qui fut en tout point savoureux. L’étĂ©, la formule bistro (huitres, taco et burger revisitĂ©s, notamment) s’ouvre sur le jardin. Quant Ă  la soirĂ©e, elle dĂ©bute ou se termine au bar Ă  champagne et cocktails Ă  l’étage, devant le feu ouvert crĂ©pitant, ou encore au jardin.

BE PERFECT | PILLOWS GRAND BOUTIQUE HOTEL REYLOF www.pillowshotels.com

SAINT-GILLES - QUARTIER LOUISE - Dans une localisation centrale mais dans un quartier calme, dans un immeuble de standing datant de 1890, exceptionnel appartement contemporain, entiĂšrement rĂ©novĂ© par l’architecte Bruno Erpicum, +/- 330 mÂČ + terrasses +/- 80 mÂČ. Grandes rĂ©ceptions, cuisine hyper-Ă©quipĂ©e, 4 chambres en suite. Finitions luxueuses. 2 parkings. PEB D+

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Max. Puissance : 702 HP (523kw) nm : 881 NM Ă  4.800 TR/min

*Toutes les mesures et tous les modĂšles prĂ©sentĂ©s sont basĂ©s sur le type de modĂšle amĂ©ricain. Les voitures reprĂ©sentĂ©es sont basĂ©es sur les spĂ©cifications amĂ©ricaines. les spĂ©cifications de l’UE seront bientĂŽt mises Ă  jour.

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NOMADE

Ces expats dont le savoir-faire rayonne Ă  l’étranger !

JEAN-DOMINIQUE BURTON – VERONIQUE ALOST

Jean-Dominique BURTON

50 ans sur le terrain

S’il est devenu photographe, c’est parce qu’il voyage le cƓur ouvert. S’il aime les portraits, c’est parce qu’il provoque la rencontre. Quant Ă  sa plus belle photo, c’est celle qu’il n’a jamais osĂ© prendre, de peur de briser l’instant prĂ©sent. Grand nom de la photographie belge, Jean-Dominique

Burton est un doux rebelle, intarissable sur les anecdotes de sa vie de globe-trotter. Il se raconte en images Ă  travers « Visions », beaulivre qui condense 50 ans de terrain et une expo Ă  l’Hospice PachĂ©co.

On rencontre Jean-Dominique

Burton dans son loft, sous les toits des anciennes papeteries de Genval. Son chez-lui, on l’a imaginĂ© comme une invitation Ă  voyager. Bien vu. Des Ă©tagĂšres garnies de statuettes africaines et asiatiques, des drapeaux de priĂšres tibĂ©tains pour apaiser l’atmosphĂšre et, aux cimaises, des photos en grand format. Ainsi celle de ce roi du Burkina Faso qui nous fixera durant toute l’interview. Autour de la table, nous serons trois : Jean-Dominique a invitĂ© son chat, un somptueux Maine Coon. « La nuit, il s’aventure jusqu’au

lac de Genval. On me l’a volĂ©. Je l’ai rĂ©cupĂ©rĂ©. Je pourrais lui interdire de sortir la nuit. De quel droit. Il est libre. » A l’image de son maĂźtre ?

Vous souvenez-vous du jour oĂč tout a commencé  Oh oui, j’avais 13 ans, j’étais dans un Centre PMS (psycho-mĂ©dico-social) et la psychologue me demandait : que voulez-vous faire plus tard ? J’ai rĂ©pondu : parcourir le monde pour apprendre des autres. Elle a rĂ©torquĂ©: tu rĂȘves d’ĂȘtre Tintin, mais il n’existe pas ; reporter, ce n’est pas un mĂ©tier.

Le voyage vous a conduit Ă  la photographie, pas l’inverse... En effet. Mon grand-pĂšre et mon pĂšre Ă©taient photographes amateurs, mais comme ils reprĂ©sentaient l’autoritĂ©, j’ai refusĂ© qu’ils m’initient Ă  leur passion. Je voyageais beaucoup, mais toutes mes impressions et mes rencontres de l’époque, je les couchais sur un carnet de voyage. Plus tard, j’ai entamĂ© des Ă©tudes d’imprimerie et de graphisme, la sĂ©rigraphie m’a donnĂ© envie de m’intĂ©resser Ă  la photo. Mais sans les voyages, je ne serais probablement pas devenu photographe.

MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : JEAN-DOMINIQUE BURTON
NOMADE | 121 ©
Liam Burton

L’appareil photo, un sĂ©same qui vous a pourtant ouvert beaucoup de portes... Il m’a surtout permis, dans un premier temps, de gagner ma vie ! J’ai Ă©tĂ© photographe des Halles de Schaerbeek pendant 10 ans, animateur d’ateliers de photo au sein du Groupe Instant avec lequel j’ai créé un cafĂ©galerie, « Trompe l’Ɠil », pour montrer les photographes qui nous intĂ©ressaient et non ceux qui payaient pour y ĂȘtre exposĂ©s. J’avais un esprit trĂšs libre, trĂšs indĂ©pendant. Que j’ai conservĂ©. (rire). Petit Ă  petit, j’ai ramenĂ© des photos de mes voyages, et montĂ© mes premiĂšres expositions...

Esprit libre, doux rebelle, vous ĂȘtre notre John Lennon ! (rire). Lennon, c’est mon Dieu !

Photographe en agence de presse, y avez-vous pensĂ© ? Non. Ni travailler pour un magazine. Je me vois mal me couler dans un moule. Au contraire, je me suis offert du temps. C’est fondamental Ă  l’exercice de ma passion. Quand je dĂ©cide de rester trois mois dans un pays, pour m’immerger complĂštement dans sa culture, je

m’offre ces trois mois, je mange local, je dors local, je rencontre local. C’est mon luxe.

Comment vous y prenez-vous pour aller chercher l’autre ? C’est un long apprentissage. Il faut Ă©viter que se pose d’emblĂ©e la question de l’argent, car je ne paie pas la personne que je prends en photo. Mais par ricochet, l’exposition que je vais monter va profiter Ă  tel village ou Ă  telle collectivitĂ©. Alors, j’ai mis au point un petit rituel : je pose mon sac photo par terre, je dĂ©pose mon boitier sur ce sac, bien en vue, et je fais connaissance. Arrive un moment oĂč les personnages qui font autoritĂ© dans le village se demandent pourquoi je ne fais pas de photos. La demande est alors inversĂ©e. Et tout rapport d’argent a disparu. Mitrailler vite fait bien fait des sujets, ce n’est pas mon truc. Je refuse d’ĂȘtre vu comme un « violeur ». Avant de prendre une photo, je dois installer un climat de confiance propice aux Ă©changes entre le modĂšle et moi.

Vous ne photographiez jamais de « vedettes » ? Non. Ce qui m’intĂ©resse ce sont les gens. Pas le vedetta-

riat. Dans « Visions », apparaĂźt Elvis Pompilio. A l’époque du portrait, il n’était pas encore le cĂ©lĂšbre chapelier qu’il est devenu


Le livre “Visions” qui raconte 50 annĂ©es sur le terrain invite Ă  dĂ©couvrir quatre continents
 L’Europe occupe une place importante dans le livre Ă  travers les sĂ©ries sur les masques et traces, les collectionneurs, les Ă©corces, Bruxelles/Canal, les sans-papiers ; et l’Asie, une place dans mon cƓur. L’Inde et le NĂ©pal reprĂ©sentent 20 ans de ma vie, mais mon travail a Ă©tĂ© dĂ©truit par un dĂ©gĂąt des eaux


L’Afrique a une saveur toute particuliĂšre pour vous ... L’Afrique m’a toujours Ă©merveillĂ©. De nombreuses visites en famille au MusĂ©e royal de l’Afrique centrale Ă  Tervuren avaient Ă©veillĂ© mon intĂ©rĂȘt pour ce continent. Pourtant, j’ai voyagĂ© en Afrique sur le tard. En 2004, je me suis rendu au Burkina Faso et lors d’un pĂ©riple de 6000 km en pleine brousse, avec un studio photo mobile, j’ai rĂ©alisĂ© des portraits des chefs traditionnels burkinabĂ©s de diffĂ©rentes ethnies, parĂ©s de leurs attributs royaux. À partir de cette sĂ©rie « L’AllĂ©e des Rois », j’ai montĂ© une exposition qui a notamment Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e au 10e Sommet de la Francophonie Ă  Ouagadougou, au MusĂ©e d’Afrique Ă  Tervuren, en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, au BĂ©nin Ă©galement.

Quelles rencontres ont Ă©tĂ© les plus dĂ©terminantes dans votre vie professionnelle ? Il y en tellement. Mes rencontres en 78 avec le DalaĂŻ-Lama Ă  Dharamsala qui vont me motiver Ă  rendre hommage Ă  la rĂ©sistance du peuple tibĂ©tain pour l’affirmation de ses droits. Mon initiation au vodoun au BĂ©nin


Racontez-nous ! AprĂšs la sĂ©rie « L’AllĂ©e des Rois », je me suis intĂ©ressĂ© au BĂ©nin, la terre du vodoun. On m’a d’emblĂ©e mis en garde : on ne touche pas au vodoun ! On m’a suggĂ©rĂ© de faire une deuxiĂšme allĂ©e des rois, au BĂ©nin cette fois. Hors de question. AprĂšs de nombreuses rĂ©ticences, la Fondation Zinsou créée au BĂ©nin a financĂ© mon projet : photographier le vodoun que l’on ne pouvait pas voir. Il fallait donc que je sois initiĂ©, moi, un

BE PERFECT | JEAN-DOMINIQUE BURTON

blanc. J’ai prĂ©parĂ© mon sujet pendant deux ans et je suis parti seul voir les grands initiĂ©s Ă  Porto-Novo. C’est la « vieille » de Cotonou, la mamy watta la plus respectĂ©e de l’univers vodoun au Benin qui m’a initiĂ©. La sĂ©rie Vodoun/ Vodounon est la preuve matĂ©rialisĂ©e des Ă©changes entre moi photographe et les sujets de cette sĂ©rie. Des Ă©changes forcĂ©ment nourris de confiance.

Une initiation qui a changĂ© votre rapport mĂȘme Ă  la photo
 Oui, Ă  l’instar des portraits de « L’AllĂ©e des rois » en noir et blanc, j’avais commencĂ© la sĂ©rie Vodoun/Vodounon avec un appareil trĂšs ancien, un Rolleiflex, jusqu’au moment oĂč je me suis rendu compte que la couleur Ă©tait dĂ©terminante dans l’initiation au vodoun. J’ai donc alternĂ© l’argentique et la photo digitale. Je dispose d’une imprimante grand format chez moi. Au plaisir de dĂ©velopper mes photos, s’est ajoutĂ© celui de les voir sortir de l’imprimante digitale !

Le sacrĂ© vous fascine car en parallĂšle de votre sĂ©rie Vodoun/Vodounon, vous poursuivez en Belgique un travail sur les rebouteux 
 Des rebouteux qui ont reçu un don, de mystĂ©rieux guĂ©risseurs toujours discrets qui soulagent un mal, des arbres Ă  clous qui extirpent le mal, dit-on 
 Un travail qui pourrait m’emmener Ă  nouveau sur les routes du continent europĂ©en.

50 ans de terrain. Les clĂ©s d’une telle longĂ©vitĂ© ? L’humilitĂ© face au sujet. Et le respect et la bienveillance Ă  son Ă©gard. Je ne m’imagine pas travailler autrement.

Exposition Ă  l’Hospice PachĂ©co du 24/04 au 18/9/2023

www.grand-hospice.brussels

www.jeandominiqueburton.com

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Une étude approfondie de votre projet avec un principal objectif : une intégration harmonieuse de votre piscine à votre jardin. Le all-in, la formule gagnante !

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Véronique Alost

CrĂ©atrice d’atmosphĂšre

C’est en Tanzanie, le must en matiĂšre de safaris, que nous faisons la connaissance de VĂ©ronique Alost, dĂ©coratrice belge pour Tanganyika ExpĂ©ditions. Le jour et parfois la nuit, nous partons ensemble Ă  la rencontre des Big Fives. Le soir, nous humons l’ambiance cosy des Ă©cohĂ©bergements qu’elle a dĂ©corĂ©s, rĂ©partis dans les plus beaux spots du pays. RĂ©cit d’une formidable rencontre en terre sauvage avec « Mama Fundi ».

Le monde est un village. VĂ©ronique Alost nous accueille Ă  l’aĂ©roport de Kilimandjaro. Nous faisons connaissance. Les petites anecdotes de la vie nous apprennent trĂšs vite que ses parents habitaient notre commune, Genval, oĂč VĂ©ronique a vĂ©cu une enfance entourĂ©e de nature, et que ses grands-parents rĂ©sidaient au bout de notre rue ! C’est pourtant en Tanzanie, Ă©den sauvage grand comme deux fois la France, que nous rencontrons notre compatriote. De toutes ces coĂŻncidences, nous rions Ă©videmment, avant de prendre la route pour un pĂ©riple d’une semaine au royaume des animaux. Six jours rythmĂ©s par la migration des gnous, nous en verrons des centaines de milliers, par la dĂ©couverte

des chacals et des vautours, jamais trùs loin du gardemanger, par les fameux Big Fives, nous en apercevrons quatre, et par le ricanement diurne des hyùnes moqueuses qui frîleront notre tente plus d’une fois.

VĂ©ronique Alost accompagne Hassan, notre chauffeur et guide professionnel. Hassan a un troisiĂšme Ɠil, si si. Comment expliquer autrement la vitesse Ă  laquelle il repĂšre un protĂšle timide, un daman pas plus gros qu’un liĂšvre ou un fĂ©lin qui ronronne adossĂ© Ă  un arbre ? Du mont Kilimandjaro au Serengeti, en passant par le Ngorongoro, le monde est un village certes, mais un village d’animaux.

BE PERFECT | VÉRONIQUE ALOST
MOTS : SERVANE CALMANT ©
Françoise Bouzin

VĂ©ronique vient nous rejoindre Ă  l’arriĂšre de la jeep. On va parler entre femmes. Elle rit. « J’ai toujours Ă©tĂ© attirĂ©e par la dĂ©co, mais c’est en 2002 que ma vie va prendre une tout autre tournure. J’accompagne alors mon Ă©poux, engagĂ© au Tribunal pĂ©nal international pour le Rwanda qui est basĂ© Ă  Arusha en Tanzanie, et je tombe littĂ©ralement amoureuse du pays. Sur place, je rencontre des employĂ©s français de l’agence de safari Tanganyika, un acteur important du tourisme francophone dans ce pays de l’Afrique de l’Est. Son directeur, Denis Lebouteux, me propose d’accompagner un groupe VIP en safari. Mon job consiste alors Ă  me couper en quatre pour que le safari se dĂ©roule au mieux. J’apprends Ă 

conduire un 4x4, Ă  servir de guide. Ce travail principalement logistique va vite Ă©voluer
 ».

Cette passion pour la Tanzanie et les animaux sauvages d’Afrique, elle nourrit Ă©galement le Français Denis Lebouteux. Tant, qu’il dĂ©cide de quitter Air France pour crĂ©er en 1989, Tanganyika ExpĂ©ditions. Et rĂ©inventer le safari, carrĂ©ment. PrĂ©curseur, Denis s’en va construire des Ă©co-lodges Ă©quipĂ©s de panneaux thermiques et photovoltaĂŻques et de rĂ©cupĂ©rateurs d’eau de pluie. En 2017, il fait mĂȘme installer des moteurs Ă©lectriques dans deux de ses 4x4.

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Mais revenons Ă  VĂ©ronique Alost. Quand elle rencontre Denis Lebouteux, il possĂšde dĂ©jĂ  deux camps, Olduvai, créé en 1990, situĂ© dans la partie nord-est de l’Aire de Conservation du Ngorongoro et Maweninga, créé en 98, installĂ© dans le Tarangire, le Parc national du nord de la Tanzanie.

« Denis me confie l’amĂ©nagement d’un nouveau camp, le Bashay Rift lodge. L’entreprise est ardue car le lieu est particuliĂšrement isolĂ©, mais le boulot gĂ©nial. ConfĂ©rer une Ăąme Ă  un endroit, j’y prends d’emblĂ©e goĂ»t. RĂ©ussir une dĂ©coration africaine exige de s’imprĂ©gner de sa culture multiple. Je pars donc Ă  la rencontre des artisans locaux, je leur achĂšte des tissus, de la dĂ©co. Les gens d’ici me surnomment : « Mama fundi », « fundi » pour artisan en swahili, car j’apporte une signature esthĂ©tique Ă  chaque camp, tous diffĂ©rents. »

En 2017, le travail de Véronique Alost se diversifie. Elle entreprend de gérer les projets de construction de nouveaux camps : travaux de maintenance, formation du personnel (chaque camp étant géré par un manager africain), aménagements extérieurs et aspect esthétique des camps. Un travail de passionnée, forcément.

« Au fil des annĂ©es, j’ai peu Ă  peu constituĂ© une Ă©quipe qui rĂ©alise mes projets de dĂ©co. Je travaille avec une couturiĂšre, un menuisier, et d’autres artisans de la rĂ©gion de Bashay et d’Arusha. J’ai un petit faible pour les matiĂšres naturelles qui nous lient en permanence Ă  notre vraie essence de vie, de la terre, et les couleurs inspirĂ©es de la nature pour un intĂ©rieur vivant, une fenĂȘtre sur l’Afrique. Les objets de la vie quotidienne des Tanzaniens m’inspirent Ă©galement
 »

A l’heure du dĂźner, nous rejoignons VĂ©ronique au mess du Ranjo Camp, elle y dĂ©balle un colis de photophores. « J’ai rencontrĂ© un souffleur de verre tanzanien qui fait du recyclage de bouteilles de vin en verre qui proviennent des lodges. Du vrai circuit court et de la rĂ©cup’. Je dĂ©niche Ă©galement pas mal de jolis objets de dĂ©co auprĂšs d’un atelier protĂ©gĂ© Ă  Arusha, au nord du pays, ou au marchĂ© d’oĂč proviennent ces petits oiseaux dĂ©coratifs de toutes les couleurs. Vous les retrouverez dans quasi tous les lodges, je les adore  »

Depuis 2022, quatre nouveaux projets sont en développement dont un lodge à Saadani en bord de mer. Il y a fort à parier que ce sera encore une belle réussite car on doit à

BE PERFECT | VÉRONIQUE ALOST © Tanganyika

VĂ©ronique Alost, des lodges Ă©lĂ©gants et sans faux artifices, Ă  la fois chics et naturels, avec une dĂ©co en parfaite symbiose avec la nature. Ainsi les 17 tentes du Camp d’Olduvai s’inspirentelles des tonalitĂ©s minĂ©rales des plaines avoisinantes. Ainsi le Bashay Rift lodge ressemble-t-il Ă  une ferme africaine. Vous vous souvenez du film « Out of Africa » ? C’est tout comme
 Le Grumeti Hills Lodge peut quant Ă  lui se targuer d’avoir une vue qui porte loin sur la savane, et pour cause, il a Ă©tĂ© construit sur la plus haute colline de la rĂ©gion. De la piscine Ă  dĂ©bordement, on peut apercevoir des girafes. Notre prĂ©fĂ©rĂ© ? Le Ranjo Camp, 16 tentes sous la surveillance de rangers armĂ©s. Dans ce camp de pionniers, il ne manque qu’Hemingway ! Et ne vous y trompez pas, malgrĂ© son apparence rustique, notre tente est hyper confortable, pourvue d’une terrasse et de commoditĂ©s privatives dont un « bucket shower », une douche avec un seau extĂ©rieur d’eau chaude, soyez rassurĂ©. La dĂ©co y est particuliĂšrement soignĂ©e, jetĂ©e de lit et coussins brodĂ©s, lanternes Ă©lectriques qui font illusion. Un petit coin de paradis avec vue sur la plaine sauvage. Et ce ne sont pas les hyĂšnes voisines qui vont nous contredire.

Profession : Travel Designer

On a voyagĂ© avec les Belges de Sensations, des Travel Designers qui Ă©laborent des voyages sur mesure Ă  rĂ©server en agence de voyages, chacun ayant fait de sa passion pour une rĂ©gion du monde, son mĂ©tier. Sur place, Sensations peut compter sur l’appui de locaux passionnĂ©s, de guides et rangers, tous partenaires de longue date, Ă  l’instar de Tanganyika ExpĂ©ditions.

www.travel-sensations.com

Qatar Airways. L’accĂšs Ă  son salon d’affaires Al Mourjan, lors de notre transit Ă  l’aĂ©roport de Doha, nous a bien dĂ©pannĂ©e.

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© Tanganyika / Léopard : Maurits Bausenhart

AUDACIEUSE ET AFFIRMÉE

La Jaguar F-TYPE. Disponible en version coupĂ© ou cabriolet, moteur 2L 300ch et V8 575ch avec pot d’échappement sport actif. DotĂ©e d’une carrosserie lĂ©gĂšre en aluminium pour une rĂ©partition parfaitement Ă©quilibrĂ©e et une expĂ©rience de conduite exceptionnelle.

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VOYAGE

Une envie d’évasion ? Suivez notre guide


PILLOWS MAURITS AT THE PARK – LE PLACE D’ARMES – CLUB MED MAGNA MARBELLA

PILLOWS MAURITS AT THE PARK

D’un labo Ă  un hĂŽtel 5 Ă©toiles,

l’histoire d’une rĂ©affectation classieuse

BE PERFECT | PILLOWS MAURITS AT THE PARK

InstallĂ© dans un monumental bĂątiment historique de 1908 qui a servi de laboratoire universitaire, le Pillows Maurits At The Park sĂ©duit par son emplacement, une rĂ©novation ambitieuse qui allie l’ancien et le neuf, et son bar Ă  cocktails perchĂ© sur le toit. Coup de cƓur Ă  Amsterdam.

Voici une toute nouvelle adresse, ouverte fin 2022, oĂč la rĂ©daction n’a pas hĂ©sitĂ© longtemps Ă  poser ses valises. Et pour cause : les Pillows Hotels invitent Ă  dĂ©couvrir des boutiques-hĂŽtels qui ont Ă©lu domicile dans des propriĂ©tĂ©s authentiques, hĂŽtel de maĂźtre de style Empire Ă  Gand, chĂąteau du 13e dans la province nĂ©erlandaise du Limbourg, trio de maisons du 19e pour leur premiĂšre adresse Ă  Amsterdam, etc. Bref, on aime beaucoup cette chaine hĂŽteliĂšre haut de gamme prĂ©sente aux Pays-Bas et en Belgique.

L’ouverture rĂ©cente du Pillows Maurits At The Park n’échappe

pas Ă  la rĂšgle de l’emplacement judicieux. Ce 5 Ă©toiles s’est en effet installĂ© dans un ancien bĂątiment universitaire au cƓur d’une oasis de verdure, l’Oosterpark, un jardin public trĂšs apprĂ©ciĂ© des Amsterdamois pour son style paysager anglais, sa petite Ăźle et sa fontaine. Au printemps, les amoureux, les marcheurs, les cyclistes s’y donnent volontiers rendez-vous. Une sorte de petit Bois de la Cambre


Le lecteur attentif s’en doute dĂ©jĂ  : le Pillows Maurits At The (ooster)Park se trouve logiquement Ă  l’Est du centre-ville, Ă  l’écart des circuits touristiques classiques, sans ĂȘtre dĂ©centrĂ© pour autant. L’occasion d’arpenter un autre quartier

VOYAGE | 133
MOTS : SERVANE CALMANT PHOTOS : PILLOWS

que le Red Light District. Cet arrondissement Ă  l’Est invite Ă  voir de belles demeures et quelques sites incontournables comme le Tropenmuseum et ses remarquables collections ethnographiques, le zoo, la maison de Rembrandt 
 Si vous souhaitez rejoindre le centre, Ă  deux kilomĂštres Ă  peine de l’hĂŽtel, n’hĂ©sitez pas Ă  louer des vĂ©los Ă  la conciergerie du Pillows Maurits. Le vĂ©lo, le mode de dĂ©placement prĂ©fĂ©rĂ© des Amstellodamois, dans une ville qui figure parmi les mieux amĂ©nagĂ©es au monde en pistes cyclables. Croisons les doigts pour que Bruxelles s’en inspire !

Revenons Ă  notre Pillows Maurits at the Park, restaurĂ© par Office Winhov, cabinet d’architecture moult fois primĂ©, qui a modifiĂ© l’affectation du lieu, a restaurĂ© le bĂątiment d’origine de 1908, y a soigneusement intĂ©grĂ© une nouvelle aile cĂŽtĂ© parc et a soulignĂ© l’interaction du bĂątiment avec ce parc environnant. RĂ©unir l’ancien et le nouveau, pari rĂ©ussi haut la main. Ainsi l’ancienne salle du musĂ©e et ses plafonds de quinze mĂštres de haut, transformĂ©e en un restaurant gastronomique au plafond cathĂ©drale, le VanOost. Ainsi Ă©galement, le joli collage de maçonnerie avec relief sur la façade de la nouvelle extension.

«Nous ajoutons l’hĂŽtel au parc ; gĂ©nĂ©ralement, c’est l’inverse », explique Uri Gilad, co-fondateur d’Office Winhov. Bien vu. Le parc, on le voit de partout : des chambres, de la Brasserie Spring ou du restaurant VanOost dirigĂ© par l’étoile

montante, Floris van Straalen. Des nichoirs ont mĂȘme Ă©tĂ© installĂ©s pour accueillir les amis Ă  plumes qui frĂ©quentent l’Oosterpark. Charmante attention.

A la tombĂ©e du jour, l’entrĂ©e par l’avenue Mauritskade d’un Pillows Maurits At The Park subtilement Ă©clairĂ©, en impose, mais le clou de la visite reste ce couloir monumental aux murs de briques d’origines qui rappelle que l’hĂŽtel Ă©tait jadis un laboratoire universitaire. Aujourd’hui, ce couloir fait office d’accueil. Audacieuse et ambitieuse rĂ©affectation de laquelle se dĂ©gage une atmosphĂšre toute particuliĂšre, empreinte d’étrangetĂ©, de mystĂšre mĂȘme, de calme et de sĂ©rĂ©nitĂ© aussi.

Responsable du design d’intĂ©rieur, les architectes amsterdamois du Studio Linse (l’hĂŽtel De Blanke Top Ă  Cadzand et La Maison de Polman Ă  Utrecht parmi leurs succĂšs) ont optĂ© pour la simplicitĂ© et l’élĂ©gance intemporelle des belles matiĂšres, des nuances de tons terreux, d’un mobilier confortable. Tout a Ă©tĂ© pensĂ© pour proposer aux clients un cadre intime et accueillant. Pour preuve, le bar clubbing et ses assises lowdining en velours et ce deuxiĂšme bar sur le toit de l’hĂŽtel qui surplombe tout l’est d’Amsterdam. Un rooftop Ă  cocktails qui pourrait bien devenir, dĂšs ce printemps, le rendez-vous du beau monde 


www.pillowshotels.com

BE PERFECT | PILLOWS MAURITS AT THE PARK

Nos concepts élégants de chùssis et de portes nous permettent de créer de beaux espaces de vie avec vous depuis 1945.

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LE PLACE D’ARMES

Notre maison

luxembourgeoise

BE PERFECT | LE PLACE D’ARMES © Place d’Armes

Le Place d’Armes, Relais & ChĂąteaux au cƓur du Luxembourg, ne cesse de rĂ©crire son histoire. Le Chef Nicolas Navarro, formateur pour Alain Ducasse durant six ans, prend la direction culinaire de tous les univers du mythique hĂŽtel luxembourgeois : La Cristallerie, Le PlĂ«ss et Le CafĂ© de Paris. Une triple invitation au plaisir pour les amoureux des beaux produits.

La Place d’Armes Ă  Luxembourg, PlĂ«ss d’Arem en luxembourgeois est aussi appelĂ©e le « salon de la ville ». Si historiquement, elle servait de lieu de parade aux troupes protectrices, elle se pare aujourd’hui de restaurants et de cafĂ©s branchĂ©s. A vrai dire, celui qui motive Ă  lui seul notre city-trip porte le nom de celle qui l’abrite : Le Place d’Armes. NichĂ©e au cƓur de celle qu’on surnomme la Gilbratar du Nord, cette adresse estampillĂ©e Relais & ChĂąteaux nous avait dĂ©jĂ  totalement sĂ©duite en 2018.

Telle une forteresse, la Place d’Armes situĂ©e dans une zone piĂ©tonne n’est pas accessible aux voitures sauf Ă  celles des clients du cĂ©lĂšbre Place d’Armes. Les balises prennent repli Ă  notre annonce et notre vĂ©hicule se faufile le long des enseignes prestigieuses Ă  l’instar de Gucci, HermĂšs, Louis Vuitton, Chanel, Christian Louboutin. Leurs semelles rouges nous font de l’Ɠil mais pour l’heure, nous sommes attendus.

InstallĂ© sur le site d’une ancienne imprimerie, dans un immeuble classĂ© du 18e siĂšcle, cet hĂŽtel cinq Ă©toiles au charme incomparable se compose de plusieurs bĂątiments. En effet, de la Place d’Armes Ă  la Grand-Rue, sept maisons ont Ă©tĂ© regroupĂ©es et rĂ©unies entre elles par un surprenant jeu de terrasses suspendues et d’espaces intĂ©rieurs feutrĂ©s. Certains couloirs nous conduisent vers les 28 chambres et suites, qui ne ressemblent Ă  aucune autre sinon Ă  une remarquable alliance d’Art Nouveau et de design contemporain. D’autres vers les salons privĂ©s situĂ©s dans de sublimes caves voĂ»tĂ©es, façonnĂ©es de roches naturelles et de pierres taillĂ©es. Ou vers le restaurant La Cristallerie, logĂ©e au premier Ă©tage, dont les deux espaces sont sculptĂ©s d’or et illuminĂ©s par la lumiĂšre filtrĂ©e des vitraux. Ou encore Ă  la rĂŽtisserie du PlĂ«ss et sa terrasse intĂ©rieure qui nous fait oublier que nous sommes au centre-ville. Mais surtout vers « Le 18 », le bar Ă  cocktail ! Esprit club feutrĂ© signĂ© par l’architecte d’intĂ©rieur Tristan Auer oĂč trĂŽne un impressionnant bar en fer Ă  cheval.

MOTS : ARIANE DUFOURNY © Place d’Armes © GrĂ©goire Gardette © Yann Deret

Nous y dĂ©couvrons une sĂ©lection de rhums aux influences françaises, anglaises et hispaniques qui cĂŽtoient des whiskies d’exception. Nous craquons pour un cocktail signature, le « 1867 » savamment composĂ© de Rhum Plantation 5Y Barbados, Velvet Falernum, CrĂ©mant Mathes, citron vert, miel Bio 100% Luxembourgeois d’Hugo Zeler, blanc d’Ɠuf, Bitter #1.

Si le « Le 18 », qui n’existait pas lors de notre prĂ©cĂ©dent sĂ©jour, retient notre attention, c’est l’équipe du Place d’Armes qui fait de ces lieux des joyaux. Le PrĂ©sident, Jean- Michel Desnos peut s’enorgueillir de 25 Ă©tablissements en 25 ans dont les emblĂ©matiques Lancaster Ă  Paris, Le Guanahani Ă  St-Barth ou encore l’Hermitage Ă  Jakarta et depuis 2016, il continue d’écrire l’histoire du Place d’Armes. Jean GrĂ©goire d’Amman, le nouveau directeur gĂ©nĂ©ral originaire de Suisse, est diplĂŽmĂ© de l’École HĂŽteliĂšre de Lausanne. Sa passion pour la gastronomie et l’hĂŽtellerie raffinĂ©e est palpable. Elle l’a conduite Ă  travers le monde oĂč il a mis son art de recevoir au profit d’illustres groupes tels le Marriott, Starwood ou encore Hilton et depuis 2021 au sein de cet hĂŽtel du groupe Relais & ChĂąteaux. Un lieu chargĂ© d’histoires, idĂ©al pour celui pour qui l’humanisme, le partage, l’engagement, l’ancrage local et le service priment avant tout. Quant au Chef Nicolas Navarro, sa carriĂšre est impressionnante : Dominique Bouchet Ă  l’HĂŽtel le Crillon, Jean François PiĂšge au Plaza-AthĂ©nĂ©e, Thierry Thiercelin Ă  la Villa Belrose de Gassin, formateur pour Alain Ducasse, durant six ans Ă  travers le monde, et l’obtention d’une Ă©toile Michelin Ă  la tĂȘte du restaurant Les PĂȘcheurs durant sa tenue en tant que Chef exĂ©cutif des deux restaurants de ce bel Ă©tablissement signĂ© lui aussi Relais & ChĂąteaux.

A prĂ©sent, le Chef originaire de Toulouse prend la direction culinaire de tous les univers du Place d’Armes. Au CafĂ© de Paris, mythique adresse luxembourgeoise depuis des dĂ©cennies, il propose des mets classiques et efficaces comme la piĂšce de bƓuf Luxembourgeois, sauce du chef & frites. Le local est mis Ă  l’honneur avec une sĂ©lection trĂšs fine de producteurs autochtones. Ici, les assiettes sont gĂ©nĂ©reuses et affichent fiĂšrement le fait-maison. Au PlĂ«ss, durant notre dĂ©jeuner, le chef innove en fonction des saisons et produits locaux. Il nous fait dĂ©couvrir sa daurade royale au vert, marinĂ©e au citron jaune & condiments d’un tarare suivie de la volaille Albufera, lĂ©gumes Ă  la ficelle & salade au vinaigre Barolo. Mais pour tout vous dire, c’est Ă  la nuit tombĂ©e que tout son talent se rĂ©vĂšle car pour Nicolas Navarro, un grand plat naĂźt du respect que l’on apporte Ă  la fabrication de la recette. C’est dans le salon Baroque de La Cristallerie que la magie opĂšre : mise en bouche du Chef, sandre leche del tigre, poireaux & moules, thon, radis & poire, Saint-Jacques, cĂ©leri & rose, veau fermier, amande & chou et en final textures de pomme. Une mĂ©lodie inspirĂ©e par les saisons, une cuisine de l’instant privilĂ©giant toujours le goĂ»t ! Et Ă  cela s’ajoutent les accords prĂ©cis du nouveau Chef Sommelier GrĂ©gory Mio, originaire de Bordeaux, Ă©lu meilleur sommelier du Luxembourg en 2022. Encore une fois, nous avons passĂ© un moment suspendu dans le temps.

www.hotel-leplacedarmes.com

BE PERFECT | LE PLACE D’ARMES
© Yann Deret © Place d’Armes

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Le retour symbolique du Club Med en Espagne LĂ  oĂč tout a commencĂ©

Le tout premier Club Med a Ă©tĂ© fondĂ© sur les Ăźles BalĂ©ares en 1950 par l’Anversois GĂ©rard Blitz. AprĂšs plus de vingt ans, l’iconique Club fĂȘte son retour en Espagne en invitant Ă  dĂ©couvrir un nouveau Resort 4 Tridents, nichĂ© dans une oasis verdoyante au pied de la Sierra Blanca : le Club Med Magna Marbella. On vous y emmĂšne.

Le Club Med, une belgian story qui a débuté en Espagne

Tout a commencĂ© l’étĂ© 1950 Ă  AlcĂșdia, petit hameau de pĂȘcheurs des BalĂ©ares. L’Anversois GĂ©rard Blitz, exchampion de water-polo, eut l’idĂ©e d’y planter un village de tentes. Par la suite, il dĂ©veloppera le Club MĂ©diterranĂ©e en association avec Gilbert Trigano, fabricant de matĂ©riel de camping.

« Agadou dou dou, pousse l’ananas et mouds l’cafĂ© » ! Depuis ses dĂ©buts sur l’üle de Majorque, le Club Med a bien Ă©videmment changĂ© en proposant un confort et un service « Tout compris haut de gamme expĂ©rientiel », en conservant l’esprit qui le dĂ©finit : le bonheur ! Se ressourcer au contact de

la nature, du sport et des autres, dans les plus beaux endroits du monde, entourĂ©s des « Gentils Organisateurs ». Si son PDG, Henri Giscard d’Estaing, a choisi Marbella, ce n’est pas uniquement pour son microclimat mĂȘme si la belle Andalouse peut se prĂ©valoir de 320 jours de soleil par an. Surplombant la ville, l’immeuble fut dĂ©jĂ  un Club Med dans les annĂ©es 1980. Quatre dĂ©cennies plus tard, on dĂ©couvre le Club Med Magna Marbella incarnant Ă  merveille l’essence de l’Andalousie.

La crĂ©ativitĂ© des Belges dĂ©passe nos frontiĂšres ! Pour rĂ©nover son bĂątiment, le Club Med a en effet fait appel au talent de Patrick Genard, le plus namurois des architectes barcelonais, qui a revĂȘtu l’ensemble d’un feuillage bleu turquoise. Pour un flirt avec la MĂ©diterranĂ©e que l’on aperçoit en toile de fond


MOTS : ARIANE DUFOURNY PHOTOS : CLUB MED
VOYAGE | 141

L’Andalousie au cƓur du Club Med

Hormis la bĂątisse, un tout nouveau Resort a Ă©tĂ© imaginĂ© sur la structure initiale grĂące Ă  l’étoffe du duo des designers Marc Hertrich et Nicolas Adnet, habituĂ©s Ă  collaborer avec le Club Med. Les 485 chambres, distribuĂ©es sur neuf Ă©tages, sont inspirĂ©es de cette Andalousie colorĂ©e. Les vastes espaces baignĂ©s de lumiĂšre naturelle reflĂštent cette terre de contraste, riche de son passĂ© :

hommage Ă  l’art Ă©questre, Ă  Picasso qui a grandi dans la ville voisine de Malaga, ou encore au flamenco Ă  l’image de l’instagrammable Rouge Bar.

Si Puerto BanĂčs remporte les suffrages de la jet-set, le Club Med Magna Marbella apparaĂźt comme un vĂ©ritable havre de paix et de calme, dans l’une des stations balnĂ©aires les plus cĂ©lĂšbres de la MĂ©diterranĂ©e. Quatorze hectares de jardin luxuriant et haut point culminant, l’espace Zen oĂč la piscine Ă  dĂ©bordement est rĂ©servĂ©e aux adultes.

On s’y ressource avec un jus pressĂ© minute, l’esprit libre. Un bienfait encore plus apprĂ©ciable lorsqu’on sait que nos kids et ados multiplient les expĂ©riences sportives et artistiques sous le regard avisĂ© des GO.

Dans les différents restaurants du Resort, les expériences gastronomiques se succÚdent comme les décors enchantent la vue. Vue spectaculaire sur la mer depuis la terrasse du Sueños, ambiance intimiste et musique live au Tierra pour découvrir une cuisine de

BE PERFECT | CLUB MED MAGNA MARBELLA

Rencontre avec Eric Georges, le CEO du Club Med Benelux

A l’instar de GĂ©rard Blitz, Eric Georges est anversois. Entre lui et le Club Med, c’est une vĂ©ritable love story, et l’histoire d’une vie. En 1981, il rejoint l’aventure comme G.O Tennis, puis tour Ă  tour, deviendra Chef des Sports, Chef de Village, VP Mice Europe, VP Operations, VP central Europe, VP Sales & Marketing South Europe et depuis 2016, CEO Benelux.

Retrouver Le Club Med Marbella 20 ans plus tard, quel est votre ressenti ? GO, Chef des Sports et Chef de Village, j’y ai occupĂ© tous les postes. Depuis la rĂ©ouverture, je m’y suis rendu plusieurs fois, avec le mĂȘme enchantement. Le village de Marbella est restĂ© authentique, la place des Orangers fidĂšle Ă  mes souvenirs. Quant Ă  notre Resort, il a conservĂ© son squelette mais est dĂ©sormais complĂštement ouvert vers l’extĂ©rieur. Une des plus grandes rĂ©ussites d’un village qui ne vient pas de Scratch (NDLR : logiciel d’architecture). Il est extrĂȘmement bien construit pour les familles, les sports et idĂ©al pour la dĂ©couverte de l’Andalousie, la plus belle rĂ©gion d’Espagne.

Ancien GO Tennis, que pensez-vous du padel qui est mis en avant dans ce nouveau Resort ? Je m’y suis mis et c’est un sport extrĂȘmement convivial qui colle parfaitement Ă  l’esprit du Club Med.

Avec 42 ans d’anciennetĂ© vivez-vous parfois le symptĂŽme du rĂ©troviseur ? Je ne suis pas du tout passĂ©iste. Le Club Med est montĂ© en gamme en matiĂšre de confort et de durabilitĂ©, Ă  la demande de ses clients. Aujourd’hui, plus personne ne souhaite dormir dans une case spartiate. Tant que le Club Med conserve ses valeurs essentielles, la convivialitĂ©, l’esprit de famille, je resterai son plus grand supporter.

terroir, une cave Ă  vin et une Ă©picerie de produits locaux. Notre coup de cƓur ?

La garden-party des mercredis soirs oĂč les tables dressĂ©es dans le jardin sont Ă©clairĂ©es Ă  la simple lueur des lanternes.Sangria, tapas, poulpe grillĂ©, jamĂłn iberico et autres spĂ©cialitĂ©s locales, arrosĂ©es d’une sĂ©lection de vins espagnols. La felicidad !

Golf et padel en vedette

Depuis plus de cent ans, la Costa del Sol est l’une des destinations de golf

les plus apprĂ©ciĂ©es et Ă  juste titre ! Le climat idĂ©al permet une pratique toute l’annĂ©e et les splendides clubs de golf sont adaptĂ©s Ă  tous les niveaux. Au Club Med Magna Marbella, on profite du practice au sein du Resort, de cours collectifs ou particuliers et Ă  l’accĂšs aux plus beaux parcours de golf de la rĂ©gion (Santa Clara Golf Marbella, Marbella Golf & Country Club...).

Marbella est le berceau européen du padel, un des sports les plus en vogue actuellement. Inventé dans les années

70, ce sport de raquette dĂ©rivĂ© du tennis et pratiquĂ© sur un terrain de 20x10m compte aujourd’hui plus de 18 millions de joueurs Ă  travers plus de 90 pays dans le monde. Ici, les six courts sont en libre accĂšs entre amis ou famille et des cours collectifs sont Ă©galement proposĂ©s pour tous niveaux. Des 6 ans pour les futurs champions !

www.clubmed.com

VOYAGE | 143

Le regard du photographe

Bruxelles, une journĂ©e de fĂ©vrier encore fraiche. L’équipe de Be Perfect a fixĂ© rendez-vous Ă  Myriam Leroy Ă  la BibliothĂšque royale de Belgique (KBR) au Mont des Arts, pour des prises de vue destinĂ©es Ă  la cover et Ă  illustrer une longue interview avec la romanciĂšre belge. Myriam, que nous prenons plaisir Ă  lire et Ă  Ă©couter quand elle intervient comme chroniqueuse dans « Bagarre dans la discothĂšque », un jeu musical bien dĂ©jantĂ© sur La PremiĂšre/RTBF.

Pour ma part, je n’ai pas eu l’occasion de visiter les lieux avant le shooting, alors place Ă  l’impro ! Servane a terminĂ© l’interview ; Luc, la mise en beautĂ© de notre invitĂ©e. C’est Ă  mon tour de jouer. AprĂšs quelques hĂ©sitations, je dĂ©cide d’utiliser des Ă©lĂ©ments simples d’architecture, des reflets, des parements
 Le style moderniste du bĂątiment construit dans les annĂ©es 50 s’y prĂȘte Ă  merveille. Ce courant architectural rejette toute ornementation et privilĂ©gie la fonctionnalitĂ©. Avec Myriam Leroy, on s’imagine dans un dĂ©cor de film tournĂ© en Union soviĂ©tique ou en RDA. Boutade et rire. Dans les toilettes de la KBR, Myriam a repĂ©rĂ© des carrelages vintage qui pourraient servir de dĂ©cor. « Allez viens, je t’emmĂšne voir les toilettes. »

Changement de cadre. Plus solennel. On se rend dans la chapelle de Nassau, vestige nĂ©o-gothique d’un palais de 1346, qui sert aujourd’hui de salle d’exposition. Pour nous y rendre, on traverse des espaces musĂ©aux qui accueillent des manuscrits issus de la collection des ducs de Bourgogne. On mesure notre chance d’ĂȘtre seul dans pareil endroit.

Dans la chapelle, nous dĂ©roulons notre fond blanc, pour la prise de vue de la photo de couverture du Be Perfect. Myriam Leroy s’installe devant la toile, puis se lĂšve, intriguĂ©e par une Ă©tonnante crucifixion. Sur la croix, sainte Wilgeforte, seule femme crucifiĂ©e de l’histoire de l’Eglise. Pour la petite histoire, la sainte qui voulait Ă©chapper Ă  un sĂ©ducteur empressĂ© aurait demandĂ© l’aide de Dieu qui lui fit pousser une barbe pour l’enlaidir ! L’incroyable destin d’une femme outragĂ©e. Myriam qui est en promo de son roman, « Le mystĂšre de la femme sans tĂȘte », y voit un signe du destin. Sainte Wilgeforte, hĂ©roĂŻne du prochain roman de Myriam Leroy ? Qui sait


On cause, on plaisante, on change Ă  nouveau d’univers pour shooter Myriam dans la salle de lecture (il faut savoir que les locaux frĂ©quentĂ©s par les lecteurs occupent une surface de 8.000 mÂČ) et on ne remarque pas que l’heure tourne ! Il est 17h30, voilĂ  toute l’équipe du Be Perfect et notre invitĂ©e enfermĂ©es dans la KBR, avec sainte Wilgeforte et les trĂ©sors des ducs de Bourgogne ! Merci Ă  notre contact sur place de nous avoir toutes et tous libĂ©rĂ©s.

BE PERFECT | LE REGARD DU PHOTOGRAPHE
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