CINEMA
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Silence on tourne...
Le Colisée, plus de 50 ans d’Histoire ans les années 50, le Guéliz comptait avec Le Colisée quatre autres salles de cinéma dans un périmètre de seulement 200 m : Le Régent, Le Palace, Le Lux et Le Paris. A ce jour, seul Le Colisée a pu survivre… En 1953, Le Colisée de Marrakech est le dernier-né, après Casablanca et Rabat, d’une série de cinémas créée alors par des Français. L’architecte de la salle, Georges Peynet, à qui l’on doit quelques-unes des plus belles salles de cinéma de Paris, est considéré comme le ponte des architectes de cinémas de l’époque. Il dota Le Colisée de Marrakech des meilleures conditions techniques existant alors, dont la climatisation générale.
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C’est en 1972 que Mr Layadi père, grand cinéphile, vend tous les biens immobiliers hérités de son père pour acheter Le Colisée. Ce fut l’âge d’or de la salle jusqu’aux années 80 et l’invasion des vidéos… Le Colisée bat-
tra alors de l’aile jusqu’en 1995, quand Mohammed Layadi décide de sauver l’affaire familiale. Il y effectue une rénovation complète et investit un gros budget pour doter la salle en équipements derniers cris et en son numérique. La programmation est dominée par les grandes productions américaines qui font le bonheur du jeune public… Mais les plus gros succès de l’époque sont des films marocains comme ‘’Ali Zaoua’’, ‘’Femmes et Femmes’’ et ‘’Bandits’’. Depuis 1953, quatre générations de marrakchis ont fréquenté la plus belle salle de cinéma du Guéliz et y ont des souvenirs ineffables. La laisseront-elle mourir sans réagir ? F.S.
Le Colisée menacé de mort imminente Interview avec Mohammed Layadi
La Tribune de Marrakech : Les rumeurs concernant la prochaine fermeture du Colisée sont-elles fondées ? Mohammed Layadi : Hélas oui. Depuis les années 80 et l’avènement des films vidéo et du piratage intensif de ces derniers, tous les exploitants de salles de cinéma enregis-
trent des pertes croissantes. La preuve : des cinq salles qui existaient au Guéliz dans les années 50, seul Le Colisée survit encore. Mais pas pour longtemps…
qu’une véritable volonté politique qui peut sauver non seulement Le Colisée mais les rares salles de cinéma qui survivent encore au Maroc.
T.D.M. : La situation est-elle dramatique à ce point ? M.L. : Nous perdons plus de 600 000 dhs par an. Jusqu’à ce jour, nous tenons le coup grâce à des apports financiers personnels. Mais nous ne pouvons continuer ainsi. En vendant Le Colisée, en tant que bien immobilier, je pourrais être tranquille jusqu’à la fin de mes jours.
T.D.M. : En quoi consisterait l’action salvatrice des pouvoirs publics ? M.L. : En créant et en appliquant des lois strictes contre le piratage et la vente des DVD. En interdisant par exemple la duplication des nouveaux films pendant les 6 premiers mois de leur parution. Mais aussi, en régulant les rapports entre certains distributeurs et les exploitants de salles afin que les premiers n’abusent pas d’un monopole de fait au détriment des derniers. F.S.
T.D.M. : Y a-t-il moyen de sauver ce dernier bastion culturel de Marrakech ? M.L. : Je suis plutôt pessimiste. Il n’y a
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“Whatever Lola Wants”, ou l’entrechoquement des cultures, de Nabil Ayouch Mondes ; où la transmission soit à la base de toute forme d’échange apprendre à donner pour mieux recevoir,-où ce qui nous unit et nous désunit, ce n’est plus le terrorisme ou les bombes, mais ce que nous sommes avec nos défauts et nos qualités, et audelà, notre capacité à les transcender pour mieux nous connaître.”
près “Ali Zaoua, prince de la rue” en 2000, Nabil Ayouch, le réalisateur franco-marocain, revient cette fois sur le grand écran avec une histoire d’amour où l’entrechoquement des cultures se fait sur fond de chorégraphies à la “Fame”, version “égypto-bollywoodienne”. Né à Paris d’une mère française, juive, et d’un père marocain, musulman ; et ayant vécu autant au Maroc qu’en France, le réalisateur et scénariste confesse se sentir profondément oriental et occidental… Deux cultures qu’il connaît bien et dont il témoigne avec beaucoup d’humanisme : “ L’Orient et L’Occident sont deux Mondes, certes, que beaucoup sépare, ou que l’on veut séparer. Ces deux Mondes ont leurs différences, leur culture, leur histoire (....) J’ai voulu faire un film où l’humain retrouve sa vraie place au coeur de la problématique identitaire qui préoccupe ces deux
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Synopsis : Lola, 25 ans, vit à New York où elle travaille pour la poste en rêvant d’une carrière de danseuse. Youssef, son meilleur ami, est un jeune Egyptien gay installé à New York pour y vivre comme il l’entend. C’est par lui que Lola découvre l’histoire d’Ismahan, star de la danse orientale, véritable légende au Caire. Dans le restaurant où Youssef travaille, Lola rencontre un autre Egyptien, Zack. L’idylle tourne rapidement court quand Zack prend conscience des différences culturelles qui les séparent et rentre en Egypte. Sans réfléchir, Lola, aussi impulsive que naïve, décide immédiatement de le rejoindre. Arrivée au Caire, déçue par l’accueil de la famille de Zack autant que par l’attitude du jeune homme, Lola se met en tête de retrouver la fascinante danseuse Ismahan.
“Whatever Lola wants” de Nabil Ayouch, avec Laura Ramsey, Assaad Bouab, Carmen Lebbos, Hichem Rostom et Achmed Akkabi. Durée : 1h55 Sortie marocaine : 23 avril (sortie française : 16 avril) A Marrakech : au Cinéma le Colisée