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UNIVERSITÉ PARIS EST CRETEIL U.F.R DE LETTRES, LANGUES ET SCIENCES HUMAINES DEPARTEMENT DE L.E.A

MASTER 2 MIT Le nouveau souffle de la diaspora Noire Africaine VAVASSEUR Carine

Sous la direction de Madame Corinne NATIVEL Enseignante à l’Université de Paris Est Créteil

Année Universitaire 2012-2013


REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier avant tout l’Université Paris Est Créteil et le Département des L.E.A. pour la formation offerte et l’aide apportée lors de la recherche de stage. Je remercie également mon maître de stage universitaire, Madame Nativel pour les précieux conseils prodigués tout au long de ma période de stage et lors de la rédaction du mémoire. Je veux exprimer toute ma reconnaissance à mes maîtres de stage Monsieur DIAWARA, qui fut un oncle pour moi, Madame DIALLO et Monsieur CISSOKO au sein de la structure hôtelière « Cisko Centre Culturel » ainsi qu’à la formidable équipe qui m’a accueillie et dont je me suis occupée durant mes trois premiers mois de stage. Je souhaite remercier Monsieur GASSAMA Bakasso qui a été mon maître de stage pendant les trois mois que j’ai passé à la Direction du Développement Local de la commune de Ziguinchor et auprès duquel j’ai beaucoup appris. Enfin je désire exprimer toute ma gratitude aux nombreuses personnes m’ayant soutenu et accordé de leur temps dans le cadre de l’étude que j’ai mené. Notamment Dr. Runoko Rashidi (historien et chercheur afro descendant) pour son aide précieuse concernant la présence africaine en Asie en termes d’estimations numériques. Les personnes que j’ai interrogées, celles qui ont répondu à mon enquête ou bien celles qui m’ont contactée via Facebook pour m’encourager et me faire part de leur désir de connaître les résultats de cette étude. Ainsi que les bibliothécaires de l’Alliance Franco-Sénégalaise qui se sont toujours montrées chaleureuses et disponibles. Je n’oublie pas non plus les gestionnaires des comptes Facebook « NegroNews » et « Noir et Fier » qui ont largement diffusé mon étude et lui ont donné une ampleur inespérée. L’entrain de tous ces acteurs et leur soutien a été un véritable moteur lors de la rédaction de ce mémoire.

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DÉCLARATION et ENGAGEMENT

Les propos contenus dans ce rapport sont ceux de son auteur qui s’engage à respecter le Code de la propriété intellectuelle condamnant le plagiat. Code de la propriété intellectuelle (partie législative) :

Article L122-4

Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droits ou ayant cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.

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SOMMAIRE GLOSSAIRE .............................................................................................................................................................. - 4 TROISIEME PARTIE : LA DIASPORA NOIRE AFRICAINE, SA SOIF DE RETOUR AUX SOURCES ... - 8 CHAPITRE 4. LES ENJEUX ACTUELS DE LA « RENAISSANCE NOIRE AFRICAINE» ........................... - 9 Section 5. Retour sur le parcours de la diaspora Noire Africaine ........................................................................ - 9 5.1. Les émigrations diverses de la diaspora noire africaine dans les grandes lignes ......................................... - 10 5.2 Un peuple sans histoire est un peuple sans identité ..................................................................................... - 18 5.2.1 L’Histoire tue ................................................................................................................................................... - 19 5.2.2 Aliénation culturelle inconsciente et rejet de ses origines ............................................................................. - 22 5.3 A la reconquête de soi ................................................................................................................................... - 28 CHAPITRE 5. POURQUOI S’INVESTIR EN AFRIQUE ET Y INVESTIR ? ............................................... - 34 Section 6. Un sentiment d’appartenance ......................................................................................................... - 34 Section 7. Quels facteurs principaux inffluencent le choix de retour au pays? ................................................. - 35 CHAPITRE 6. MON CHOIX D’ETUDE ............................................................................................................. - 42 Section 8. Pourquoi une étude quantitative ? .................................................................................................. - 42 Section 9. Détermination des divers outils d’étude quantitative ...................................................................... - 43 9.1 Présentation du questionnaire d'étude quantitative .................................................................................... - 43 9.2 Description de l’échantillon ........................................................................................................................... - 44 9.3 Tableau explicatif des questions posées ........................................................................................................ - 49 9.4 Les 9 tableaux d’analyse croisée .................................................................................................................... - 51 CHAPITRE 7. L’OUVERTURE DE NOUVEAUX HORIZONS POUR L’AFRIQUE ................................... - 65 Section 10. La diaspora dite « consciente » un excellent tremplin économique ............................................... - 65 Section 11. Les limites de mon étude ............................................................................................................... - 67 CONCLUSION ........................................................................................................................................................ - 69 BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................................. - 73 TABLE DES ANNEXES……………………………………………………………………………………………………………- I -

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Glossaire

Acculturation : L’acculturation

est fortement liée à la déculturation. Il s’agit de la perte

d’identité culturelle d’une personne au profit de l’adoption d’une autre culture qu’il considère supérieure à la sienne. Afro-centrisme / afrocentricité: ces termes désignent un paradigme né au sein de la population afro descendante. L'afro centriste cherche à valoriser les cultures africaines et leurs particularités notamment en mettant en avant leur contribution effective a l’Histoire mondiale. Ils soutiennent que la communauté scientifique occidentale sous-estimerait les civilisations africaines, voire serait partie prenante, consciemment ou non, d'un complot visant à masquer les apports africains à l'histoire. Aliénation culturelle: il s’agit d’un phénomène souvent observé chez des individus issus d’une population qui a été opprimée et réduite au statu de sous-culture par une autre culture. Certains individus appartenant à la population opprimée finissent par adopter le mode de pensée de leur oppresseur et considèrent alors leur culture d’origine comme primitive et/ou non évoluée. Ils prennent alors pour modèle la culture et les codes de l’oppresseur et cherchent à se rapprocher du modèle qui leur est imposé comme étant le modèle idéal allant parfois jusqu’à renier leurs origines. Ce complexe d’infériorité et ce besoin de s’identifier à l’oppresseur se transmet parfois d’une génération à une autre de façon inconsciente. Car, oui, l’aliénation culturelle est généralement inconsciente, les individus concernés ne se savent pas aliénés. Avantage compétitif : c’est l’élément qui caractérise la particularité de l’offre d’une structure et fait que l’on achète à cette structure et pas à la concurrence. Lorsque l’on souhaite mettre au point un business rentable la recherche de son avantage compétitif est la première des priorités. Brochure externe : c’est un dépliant broché et fermé qui présente un produit ou un service et l'offre commerciale proposée. Dépliant : Prospectus composé de plusieurs volets. Directeur d'exploitation : Il seconde le Directeur général de l'hôtel dans la mise en œuvre de la stratégie de l'établissement afin d’atteindre des objectifs de qualité de service, d’attitude et de

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rentabilité des départements Hébergement et Restauration. Il développe les compétences de ses collaborateurs et les accompagne dans leur évolution professionnelle. C’est le garant de l'innovation et du renouvellement des offres de service de son établissement et il assure les missions du Directeur Général de l'hôtel en son absence. DLC : Date Limite de Consommation. Il s’agit de la date au-delà de laquelle un produit ne peut plus être mis en vente. Entrées : ce sont les achats réalisés ainsi que d’éventuels dons de sponsors et autres. Griot : les griots sont issus d’Afrique. Ce sont les dépositaires de l’histoire des peuples africains. Ils chantent l’Histoire d’Afrique et vivent également de cette tradition orale. La tradition veut qu’ils chantent aux fêtes, mariages etc.… Happy hour: un happy hour est une heure durant laquelle lorsqu’un verre est acheté un second verre est offert. Identité visuelle : L'identité visuelle est la représentation graphique de l'identité d'une entreprise. Elle exprime grâce à un style graphique propre à l'entreprise, les valeurs, l'activité et les ambitions de celle-ci et se traduit par des signes, des couleurs, des formes, des textes ainsi que des mises en forme. C’est l’élément qui permet de distinguer visuellement une entreprise de la concurrence. Kémite/kamite : “kémite” vient de la racine “kem” qui signifie noir en égyptien ancien, en référence à la couleur du limon fertile du Nil. Le berceau égypto-nubien a vu naître la civilisation “kémite”. Ainsi les panafricains favorisent l’usage de ce terme d’origine égyptienne pour qualifier les afro descendants en lieu et place du terme « noirs ». Kora : la kora est un instrument de musique africaine souvent utilisé par les griots. Cet instrument à cordes est communément appelé « harpe africaine » de par son esthétisme et certaines de ses sonorités. Maître d’hôtel : le maître d’hôtel évolue dans le milieu de la restauration. Il reçoit la clientèle et prend les commandes. Il est le garant de la bonne organisation du service en restauration. Métis : un métis est né de parents aux phénotypes différents mais pas nécessairement d’un parent noir et d’un parent blanc. Il peut s’agir par exemple du fruit de l’union d’un asiatique et d’un leucoderme, dans ce cas le métis sera considéré comme eurasien. L’union entre un asia-

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tique et un mélanoderme (noir) donne naissance à un enfant que l’on qualifie plus spécifiquement de « blasian ». Le terme métis est ainsi un terme vaste qui réunit sous sa coupe plusieurs termes plus pointus en fonction des spécificités du métissage en question. Mulâtre : personne métisse née d’un parent leucoderme (blanc) et d’un parent mélanoderme (noir) ou bien de deux parents mulâtres. Le terme mulâtre, dans ce cas de figure, est préféré des courants pro-noirs à celui de « métis » qui n’est pas assez précis. Nappyisme : « Nappy » est une contraction de « natural » et « happy ». Il s’agit d’une idéologie, prônant la beauté du cheveu crépu chez la femme noire ou métisse (aux ascendances africaines). Il ne s’agit ni d’un courant politique ni d’un mouvement philosophique. C'est avant tout une idéologie replaçant le cheveu crépu dans l'inconscience de la "communauté noire" comme un beau cheveu. Les nappys prônent le retour aux cheveux naturels et luttent contre le défrisage et les préjugés qui en découlent ou sont à l’origine de cet acte. Négritos : populations de petite taille, à peau noire et aux cheveux crépus, vivant dans trois zones géographiques du sud-est asiatique : les îles Andaman, la péninsule Malaise (laquelle est partagée entre la Malaisie, la Thaïlande et la Birmanie) et les Philippines. Ce sont de lointains afro descendants. Négritude : Mouvement culturel et politique né dans les années 1930 avec Aimé Césaire et Léopold Sedar Senghor. Ce terme permet de s’affirmer comme étant noir et de s’accepter en tant que tel. Senghor la définit ainsi « La négritude est un fait, une culture. C'est l'ensemble des valeurs économiques, politiques, intellectuelles, morales, artistiques et sociales des peuples d'Afrique et des minorités noires d'Amérique, d'Asie, d'Europe et d'Océanie. » Pour Césaire, « ce mot désigne en premier lieu le rejet. Le rejet de l'assimilation culturelle ; le rejet d'une certaine image du Noir paisible, incapable de construire une civilisation. Le culturel prime sur le politique. » Panafricanisme : Le Panafricanisme est une idée politique et un mouvement qui promeuvent et encouragent la pratique de la solidarité entre les africains où qu'ils soient dans le monde. Le panafricanisme est à la fois une vision sociale, culturelle et politique d'émancipation des africains et un mouvement qui vise à unifier les africains du continent et de la Diaspora africaine en

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une communauté africaine globale. Le cœur de son principe est la croyance que les peuples d'Afrique et de la Diaspora partagent une histoire et une destinée commune et que leur progrès social, économique et politique est lié à leur unité. Son objectif ultime est la réalisation d'une organisation politique intégrée de toutes les nations et peuples d'Afrique. La plus large organisation panafricaine aujourd'hui est l'Union africaine. Piscine party: une piscine party est une fête organisée autour d’une piscine. On l’appel également « pool party ». Il s’agit, à l’origine, d’un concept américain qui s’est exporté dans plusieurs régions du monde. Quarteron : un quarteron est une personne ayant un quart d’ascendance noire et trois quarts d’ascendance blanche. Les personnes issues du mélange inverse sont nommées « câpres » ou « griffes ». Lorsqu’un quarteron et un leucoderme ont un enfant on le dit alors « octavon ». Stock final réel: le stock final réel est le stock constaté au jour de l’inventaire. Il sera reporté au mois suivant dans la colonne « stock initial ». Stock initial: Le stock initial est le stock de départ, celui constaté lors du dernier inventaire réalisé. Stock prévisionnel : ce stock est déterminé sur la base du stock initial auquel on ajoute les entrées puis on soustrait les ventes et autres sorties réalisées depuis le dernier inventaire. Ce stock prévisionnel permet de déterminer le stock final qui devrait apparaitre lors du prochain inventaire. C’est en le comparant au stock final réel qu’on peut alors définir le nombre d’items manquants ou en trop. Tissage : bande de cheveux synthétiques, semi-naturels ou humains cousus sur de fines tresses collées réalisées sur la tête du client à coiffer.

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Troisième partie : La diaspora Noire Africaine, sa soif de retour aux sources

D'après une étude menée d'Oxford à Stanford, la grande majorité des étudiants afro descendants ayant obtenu leur MBA au sein des plus grandes business schools européennes et américaines désireraient s'investir en Afrique. Il s'agit, en effet, des résultats que nous révèle un sondage de Private Equity Jacana publié dans Le Figaro1. Ainsi, parmi les 80 étudiants issus de la jeunesse étudiante africaine concernée qui ont été interrogés dans 19 pays différents d'Amérique et d'Europe, 70% déclarent souhaiter retourner en Afrique à l'issue de leurs études. Parmi eux, la moitié souhaite entreprendre plutôt qu'intégrer une structure existante. Cette dynamique transparaît clairement dans l'enquête que j'ai mené puisqu'à la question "Planifiez-vous de vous investir en Afrique?" 53% des 783 interrogés répondent par l'affirmative et 15% disent hésiter. Pourquoi cette tendance se confirme-t-elle avec le temps? Quels sont les facteurs historiques, psychologiques, démographiques, politiques, économiques et sociauxculturels qui encouragent aujourd'hui le retour des cerveaux en Afrique?

Représentation imagée de l'impact du retour vers l'Afrique des étudiants interrogés lors de l'étude menée par Jacana

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Voir article « Les cerveaux de retour sur leur terre natale » publié sur le site du Figaro le 18 Février 2013 ainsi que le communiqué de presse « Boost for African Business as MBA graduates plan to return as entrepreneurs » édité par Jacana.

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Chapitre 4. Les enjeux actuels de la « Renaissance Noire Africaine» Je souhaite, en premier lieu, faire le point sur une question qui vous viendra peut-être à l'esprit: " Pourquoi ne pas inclure l'Afrique du Nord dans mes recherches?". Bien que faisant géographiquement partie du même ensemble, l'Afrique subsaharienne et l'Afrique du Nord (Lybie, Egypte, Maghreb) ne partagent pas le même socle culturel et historique. En effet l'on distingue le monde arabo-musulman de celui de l'Afrique subsaharienne. La Renaissance Noire Africaine ne concerne donc pas ce monde arabo-musulman qui ne partage pas les particularités et codes propres aux afro descendants.

Section 5. Retour sur le parcours de la diaspora Noire Africaine

Les populations noires africaines ayant quitté le continent africain ont connu des histoires tumultueuses et fait face à diverses difficultés; déracinement, esclavagisme, exclusion sociale, rejet identitaire, ghettoïsation, perte d'identité et acculturation *…. Revenons sur ces parcours difficiles et abordons les effets collatéraux de siècles d'infériorisation de ces peuples. Pour se faire, nous adopterons le point de vue historique occidental puis celui afro centriste afin de ne pas nous limiter à un son de cloche et de comprendre quelles sont les revendications historiques des acteurs de la Renaissance Noire Africaines. Nous verrons que les deux points de vue diffèrent considérablement: - le premier plaçant l'Europe au centre du monde depuis des siècles alors que l'Afrique subsaharienne aurait été non civilisée jusqu'à sa colonisation - le second plaçant l'Afrique au centre du monde jusqu'à l'ère colonialiste qui conduisit au "grand trou noir" qui se traduit par un lavage de cerveau programmé par les masses européennes et une infériorisation des peuples noirs africains

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5.1. Les émigrations diverses de la diaspora noire africaine dans les grandes lignes Le "Berceau de l'Humanité" a connu de nombreuses vagues d'émigration choisie ou forcée ayant abouti à des métissages (mulâtres *, quarterons *, métisses…). Nous aborderons ici les principales:  Emigration vers l'Amérique: 

Du point de vue occidental:

En 1619, un an avant l’arrivée des premiers immigrants Européens à bord du Mayflower, des colons britanniques installés en Virginie acquièrent leurs premiers esclaves Africains noirs. L'esclavage durera près de 250 ans et déclenchera la migration de millions d'esclaves noirs conduits vers les Amériques (15 à 30 millions de déportés et environ 100 millions de morts selon les approximations officielles, 400 millions de déportés et morts depuis le XVIème siècle d'après le Centre d'Information Inter-Peuples). Le traitement différentiel de ces esclaves, les plus clairs étant mieux traités que les plus noirs, a favorisé grandement le rejet d'une peau jugée trop noire et le désir d'être toujours plus clair. 

Du point de vue afro centriste:

Plusieurs afro centristes estiment que les populations noires étaient présentent en Amérique il y a 60 000 ans de cela, s'appuyant sur la ressemblance entre le peuple Olmèque et le phénotype négroïde ghanéen ou encore sur la découverte de 6 crânes datant de près de 60 000 ans en Amérique qui sembleraient correspondre à des ossements humains de type négroïde ce qui remettrait en question l'antériorité de la présence amérindienne sur le continent. D'autres éléments viennent étayer cette thèse. Pathé Diagne, professeur d'université aux Etats-Unis et en Afrique de l'Ouest, regroupe un ensemble d'éléments confirmant cette thèse dans son livre "Tarana ou l'Amérique précolombienne, un continent africain2". Il décrit dans cet ouvrage une époque intermédiaire entre la Préhistoire et l'Histoire qu'il nomme la Protohistoire. Il déclare à ce sujet: "Pendant des millénaires, durant la Protohistoire, des populations natives africaines 2

Paru aux éditions L’Harmattan, Paris 2012

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ont participé au peuplement des Amériques, à côté des migrations océano-eurasiennes." Une façon d'illustrer cette présence africaine protohistorique dans les Amériques est de comparer les noms de plusieurs pays et villes américaines actuelles aux dialectes des peuples africains s'y étant installés selon ses recherches. Ainsi fait-t-il le lien entre: - "Tarakasum" et l'Alaska

- "Gayrifunia" et la Californie

- "Taragoni" et la Patagonie

- "Gaytimara" et le Guatemala

- "Andoras" et le Honduras

- "Toro-Sylla" et le Pérou-Chili

- "Paraqwa" et le Paraguay

- "Burugwa" et l'Uruguay

Abolition de l'esclavage et combat pour les droits civiques Afro-Américains:

En 1808 la traite négriere est abolie en Amérique mais l'esclavage se poursuit. Ce n'est qu'en 1865 qu'il sera aboli à son tour sur l'ensemble du territoire après une guerre de sécession qui aura duré quatre ans. Commence alors une ghettoïsation de ces afro descendants qui, leur liberté retrouvée, vont se regrouper en communautés dans certains quartiers tels que Harlem ou Roxbury (Boston). Dix ans plus tard sera signé le Civil Act Rights de 1875 qui est le troisième à affirmer l'égalité civile des noirs, notamment des anciens esclaves du Sud, mais une fois de plus cela restera théorique. Dans les faits, certains groupes extrémistes voir terroristes, dont le plus tristement célèbre est le Ku Klux Klan fondé en 1865 et ayant commis plusieurs actes criminels racistes, pratiquent la "chasse aux nègres" et la ségrégation raciale. Ce sont principalement dans les états du Sud des Etats-Unis, profondément racistes et ayant perdu la guerre de sécession, qu'ont lieu ces exactions et que sera voté un ensemble de lois (cf: lois Jim Crow) en faveur de la ségrégation raciale, interdisant notamment certains lieux publics ou certaines places dans les transports en commun aux noirs. Pendant un siècle les Afro-Américains subiront la ségrégation et lutterons pour enfin voir leurs droits théoriques s'appliquer. Ce sont des noirs engagés tels que Martin Luther King, Marcus Garvey, Malcolm X ou encore Rosa Parks qui parviendront au fil des décennies à améliorer la condition afro-américaine. Mais ce n'est qu'en 1965 que ces afro descendants verrons enfin la ségrégation être condamnée et décroitre sensiblement grâce à l'adoption d'un nouveau Civil Rights Act en 1964, cette fois soutenu par la Cour suprême et du

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Voting Rights Act (loi sur le droit de vote) en 1965. Cependant les émeutes continuent ainsi que certains actes racistes barbares. C'est pourquoi à partir des années 60 est mise en place la discrimination positive encourageant la présence de noirs à des postes qualifiés. Entre 1960 et 2000 le pourcentage d'afro-américains appartenant à la classe moyenne est passé de 13% à 66%. La condition de ces afro descendants connaît donc une amélioration récente qui se traduit d'ailleurs par l'élection de Barack Hussein Obama premier président noir de l'Histoire des EtatsUnis en 2009, fait impensable quelques décennies plus tôt. Ce sont, rappelons-le, des mouvements tels que les Blacks Panther (1966) ou encore le Black Power (1967) qui viendront défendre les droits des noirs à partir des années 60. La condition des Afro-Américains est aujourd'hui meilleure que ce qu'elle fut jusque dans les années 1970. Toutefois, ils rencontrent encore de nombreuses difficultés d'insertion scolaire, sociale et professionnelle car l'élite et l'intelligentzia noire américaine n'est pas représentative du sort de la majorité. Certaines difficultés diffèrent de celles passées, d'autres n'en sont que la conséquence voir la continuité, l'aliénation culturelle* et la perte identitaire en faisant partie.

 Emigration vers l'Europe: 

Du point de vue occidental:

La présence africaine en Europe commence durant le période coloniale avec la traite négriere. Cette traite consiste en l'importation européenne d'Africains issus d'Afrique Subsaharienne. Un amalgame ne doit pas être fait entre cette traite et l'esclavage. La première différence est que dans d'esclavage il y a la notion d'exercice du droit à la propriété sur les individus concernés. La seconde est que la traite implique l'existence d'un système esclavagiste mais l'inverse n'est pas vrai. La traite consiste en un échange de "marchandises" entre un commerçant et un acheteur, l'un troquant des êtres humains l'autre proposant des biens et/ou de l'argent pour acquérir cette main d'œuvre. Dans le cas de la traite négriere, la main d'œuvre en question est exclusivement négroïde.

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Il existe deux traites négriere incluant l'exportation des captifs vers l'Europe3: - la traite orientale : traite des noirs par les arabes. Du VIIème siècle à 1920, 17 millions de noirs sont asservis et exportés vers l'ensemble arabo-musulman ou l'Europe selon l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau - la traite occidentale: elle débute au XVème siècle et se caractérise par la nécessité pour les puissances occidentales de se ravitailler en main-d'œuvre à bas coût. Les captifs sont envoyés vers l'Europe et les Amériques. 11 à 13 millions d'africains noirs auraient été asservis lors de cette traite. Dans la majorité des pays européens c'est au 19ème siècle que la traite sera interdite. Lorsque la première guerre mondiale éclata les colonies furent mises à contribution, on prit parmi celles-ci des hommes vigoureux (dont les tirailleurs Sénégalais) pour se battre contre les communistes de l'ex URSS. À l'issue de cette guerre, bien que la plupart aient été rapatriés vers l'Afrique, certains parvinrent à se maintenir sur le territoire européen ou ils rejoignirent donc les afro descendants antillais vivant en métropole. A cette population vinrent s'ajouter les quelques immigrés clandestins qui se faufilaient dans les cales de bateaux au départ de ports africains. Des troupes coloniales étaient également situées à Fréjus et constituaient un apport supplémentaire de 20 000 à 30 000 africains noirs.

Du point de vue afro centriste:

La présence africaine en Europe a été occultée par les Européens. Pourtant des figures culturelles emblématiques en Europe sont de l’ignées africaines. C'est le cas de Saint-Augustin, le poète Russe Alexandre Pouchkine, Abraham Hanibal4, Alexandre Dumas ou encore Alexandre de Médicis premier duc de Florence et sa mère noire africaine Simonetta, pour ne citer qu'eux.

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Une troisième traite négriere existe, il s’agit de la traite intra-africaine. Elle commença au 9eme siècle mais aurait connu son essor au 19eme siècle. Cette traite se distingue par le maintient des captifs noirs africains sur le territoire africain. 4 Homme d’Etat, mathématicien, ingénieur et général en chef de la Russie au XVIIIème siècle.

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Il semblerait également que le pourcentage des noirs dans la Rome antique ait été bien plus important qu’il ne l’est aujourd’hui à Paris par exemple. Ces derniers y exerçaient des professions diverses et variées: soldat, lutteur, boxeur, acteur, étudiant, pédagogue, écrivain … Leur présence est liée aux nombreuses conquêtes romaines ayant commencé en 262 avant JésusChrist. Elles ont vu s'affronter les romains et de prestigieuses armées nubiennes qui leur donnèrent bien du fil à retordre notamment dans la région frontalière entre l'Egypte et la Nubie. Car ne l'oublions pas, ces nubiens étaient de redoutables guerriers, dignes descendants de leurs aïeux ayant formé l’élite de l’armée égyptienne sous les Pharaons. De ces affrontements naquirent des brassages culturels, ainsi quelques nubiens s'établirent en Europe. Parmi eux certains devinrent de grands guerriers qui évolueront dans les sociétés grécoromaines durant l'antiquité. Citons ici Memnon, celui dont la « beauté soulève l’admiration ». Chef d'un bataillon de soldats éthiopiens, il vint au secours des Troyens assiégés puis fut tué par Achille. Ainsi de nombreux soldats noirs luttèrent aux côtés des troupes gréco-romaines durant l'antiquité. A cette époque, partout où l’on se bat (en Bretagne, en Orient, en Grèce …) l'on trouve ces soldats. Les Romains eurent même un empereur métis* nommé Septime Sévère et un pape noir au IVème siècle. Au VIIIème siècle l'Espagne, le Portugal et la France sont envahis par des cavaliers noirs appartenant à des troupes arabo-musulmanes, on les nomme "Maures" et "Sarrazins". Ils remportèrent de nombreuses victoires qui impressionnèrent les Européens au Moyen-âge comme nous l'explique Fabre d'Olivet5 qui décrit leur supériorité technique face à des cavaliers Européens dont les armes semblaient archaïques comparativement à celles de ces envahisseurs. Plusieurs historiens en témoignent d'ailleurs et l'on sait que certains de ces cavaliers ont eu une famille et donc une descendance en Europe (Portugal, France, Italie, Espagne, Angleterre). Ainsi l'on estime que les personnes portant les noms de famille suivants sont d'une lignée Afro-Européenne: Moreau, Morel, Morand, Moraux, Morland, Negre, Sarrazin, Sarrasin … Généralement l'on voit d'ailleurs apparaitre un noir sur les armoiries de ces familles.

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Antoine Fabre d’Olivet ( 8 décembre 1767 - 27 mars 1825) est un écrivain, philologue et occultiste Français. L’importante partie de sa production fut consacrée à la langue occitane, elle fit de lui un des précurseurs de la renaissance du Félibrige.

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Si l'on veut aller plus loin concernant la présence africaine en Europe, l'Histoire nous apprend qu'il y a toujours eu des noirs en France et en Europe. En effet les premiers Homo Sapiens ayant peuplé la France étaient des nègres. 

L'émigration subsaharienne vers l'Europe de 1962 à nos jours

Une étude de David Lessault et Cris Beauchemin nommée "Les migrations subsahariennes en Europe: un essor encore limité" a été publiée par l'Institut National d'Etudes Démographiques (INED) en Janvier 20096. On y apprend que les subsahariens migrent peu vers l'Europe et ont plutôt tendance à migrer au sein du continent africain. Ainsi, en 2000 les immigrés subsahariens ne représentaient que 4% des immigrés recensés dans les pays membres de l'OCDE. Le même constat est fait avec les réfugiés subsahariens qui, en large majorité, quittent leur pays mais se maintiennent sur le continent Africain. Cependant si l'on observe de plus près la population subsaharienne émigrant, deux tiers des migrants la composant s'établissaient en Europe dans les années 2000 et un peu moins d'un tiers seulement en Amérique du Nord bien que, tous pays confondus, les Etats-Unis concentraient a eux seuls 24% de ces flux migratoires, suivis de près par le Royaume-Uni (21%). Cela peut s'expliquer en partie par la politique migratoire du Common Wealth qui facilite la migration entre pays membres. La France arrivait en troisième position (15% des flux migratoires concernés). Cette répartition des migrations évolue avec le temps en partie parce que les migrants ne cherchent plus à se rendre nécessairement dans le pays les ayant colonisés, ils explorent de nouveaux horizons. Ainsi ils sont de plus en plus nombreux à délaisser la France au profit de l'Espagne, l'Italie ou bien le Canada mais représentent toujours une minorité parmi l'ensemble migratoire. En 2006 près de 4% des immigrés espagnols étaient subsahariens, ils étaient 8% en Italie. Ainsi nous voyons ici que le nombre d'émigrés subsahariens quittant l'Afrique est faible. Si l'on a tendance à nous parler d'une explosion de ces flux migratoires c'est tout bonnement parce qu’ils étaient encore plus faibles il y a 50 ans de cela. En comparaison à ces flux initiaux, l'émigration subsaharienne a explosé allant jusqu'à être multipliée par 27 pour la France entre 1962 6

Bulletin mensuel numéro 452. Voir lien ci-après : http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/30886/telechargement_fichier_fr_publi_pdf1_452.pdf

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et 2004 (passant de 20 000 immigrés subsahariens à 570 000). La condition sociale de cette population, régulière ou irrégulière, est bien souvent précaire bien qu'elle se soit améliorée avec le temps. Il n'en reste pas moins qu'elle s'insère majoritairement dans la classe moyenne en Europe et doit faire face à une hostilité de la part d'une partie de la population européenne qui la considère comme une menace pour le bon développement socio-économique et culturel du continent (cf: islamophobie, front national, ghettoïsation, économie parallèle liée au travail au noir, émeutes de banlieues…).  Emigration vers l'Asie, le Moyen-Orient et l'Océanie: 

Du point de vue occidental:

Les défenseurs du monogénisme tels que Darwin affirment que l'espèce humaine s'est développée en Afrique puis aurait migré vers les autres régions du monde, ce qui conférerait à tout être humain un ancêtre africain même si celui-ci peut avoir plus de 65 000 ans. Selon cette théorie les africains auraient alors rejoint l'Asie, le Moyen-Orient et l'Océan Pacifique il y a 60 000 ans de cela. Ceux soutenant la thèse de l'origine multirégionale de l'homme moderne estiment que la théorie de l'origine africaine de l'Homme ne tient pas la route. Ainsi si l'on suit cette seconde approche l'Homme africain n'aurait pas rejoint l'Asie il y a 60 000 ans de cela. Lorsque l'on aborde la présente africaine dans cette partie du monde du point de vue occidental peu d'informations abondent, comme si l'on occultait cette présence. Un universitaire, chercheur Français et membre de l'Académie de Sciences d'Outre-mer du nom de Aicardi de Saint Paul Marc s'appuie sur des sources historiques pour avancer la thèse que voici. Les premiers contacts entre Africains et Asiatiques remonteraient au 10ème siècle avant Jésus-Christ aux prémices du commerce sino-égyptien. Ces contacts vont s'intensifier lors des expéditions maritimes arabes et européennes. C'est, à l'époque, dans ce cadre commercial que s'effectue l'acheminement d'un nombre conséquent d'esclaves noirs vers l'Asie. Ce n'est cependant qu'à partir du XIVème siècle que les populations asiatiques côtoyèrent concrètement les africains qui étaient asservis par les portugais venus s'établir en Extrême-Orient dans le but de se ravitailler en marchandises. A la fin du XVIème

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siècle, hostiles à l'esclavage dont ils étaient témoins depuis des siècles, les Japonais fermèrent progressivement leur pays aux influences étrangères. Au XVIIème siècle on dénombrerait plusieurs esclaves venus s'installer dans la ville de Nagasaki (Japon). 

Du point de vue afro centriste:

La référence lorsque l'on aborde le thème de la présence africaine en Asie est incontestablement Dr.Runoko Rashidi auteur du livre "Histoire millénaire des Africains en Asie". Cet historien Afro-Américain nous apporte de nombreuses pistes de réflexions et preuves autour de la présence millénaire des africains sur le continent asiatique. Afin d'étayer sa thèse il s'appuie sur les recherches de brillants anthropologues, historiens, archéologues ainsi que sur ses recherches personnelles sur le terrain. Dans son ouvrage Rashidi invalide la théorie selon laquelle les premiers hommes noirs seraient arrivés en terre asiatique durant l'esclavage. En effet, l’Homo sapiens de l’ère moderne aurait entamé ses migrations hors de l'Afrique il y a environ 60.000 avant J-C. L'on dénombre deux migrations vers l'Est: - une le long des côtes asiatiques, puis d’île en île dans l'océan Indien (Négritos*) à l'Australie (Aborigène australien). Puis ils attinrent l'Amérique du Sud (Luzia). - la deuxième empruntera une route intérieure vers l’Asie du sud, l’inde (Dravidiens, Adivasis, Dalits…) et la Chine Dans le sud de la Chine des squelettes s'apparentant au phénotype négroïde ont été retrouvés et dateraient de la Chine ancienne. En Chine les noirs ont souvent été surnommés Li Min « personnes à têtes noires » par les dynasties Zhou, premières dynasties fondées par le peuple mongoloïde Hua. Un grand général Japonais, Sakanouye Tamuramaro, a été décrit par Alexander Francis Chamberlain comme un "célèbre général et un nègre". Ce propos fut confirmé par d'autres auteurs tels que James Murdoch qui va jusqu'à le présenter comme étant le père fondateur de l'ordre des samouraïs.

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De nos jours la majorité des afro descendants vivant en Asie et en Océanie sont: - des negritos - des aborigènes (Australie) - des dravidiens - des dalits Les dalits sont des afro descendants se concentrant en Inde et formant pour la plupart les hors castes nommés également « Intouchables». Bien que depuis l’indépendance Indienne en 1947 et l’arrivée au pouvoir d’un président dalit la discrimination envers cette population indienne soit interdite par la loi leur sort reste critiquable. Certains, conscients de leur ascendance africaine, ont créé en 1972 le mouvement des « Dalits Panther » en référence aux « Black Panther » afin de revendiquer des droits fondamentaux

À gauche une jeune fille négrito, à droite une jeune fille dravidienne

5.2 Un peuple sans histoire est un peuple sans identité L'Histoire et la culture forment le socle de chaque peuple. Ce socle est le vecteur assurant l'unité culturelle au sein de ces peuples et le respect du devoir de mémoire que chaque personne a envers le passé et ses acteurs. Car ne l'oublions pas le monde actuel a été fondé par nos prédécesseurs, nous nous devons de savoir de quelle façon, quelle a été la pierre que notre peuple a apporté à l'édifice, quelle est la place que nous occupons actuellement parmi les peuples et pour quelles raisons? Faire le point sur tout cela permet de prendre une direction éclairée quant à nos actions et aspirations futures. C'est la raison pour laquelle l'Histoire inculquée diffère quelque peu, voir considérablement, d'une nation à une autre comme je viens de vous le prouver. Faisant ainsi l'apologie des actions et du passé historique national afin d'inspirer une cer-

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taine admiration au sein du peuple concerné. L'Histoire revient également sur les épisodes sombres de la nation afin que ne se réitèrent pas les mêmes erreurs dans le futur. Elle permet donc de construire la base identitaire d'un peuple, si cette Histoire n'est pas transmise c'est l'identité même du peuple qui est mise en danger. Je recommande donc à tout un chacun de connaitre son patrimoine historique et de le transmettre aux générations futures. 5.2.1 L’Histoire tue Bien souvent lorsque l'on parle de l'Histoire africaine, le terme "esclavage" semble faire écho. Pourtant les afro conscients 7 vous diront qu'il s'agit là d'une erreur monumentale qui encourage d'ailleurs les jeunes générations à se complaire dans la victimisation ou dans le rejet de leurs origines. Il est donc important de mettre en lumière les travaux d'imminents historiens, professeurs et anthropologues tels que Cheikh Anta Diop8, E.Amélineau9 ou encore Molefi Kete Asante10 qui nous révèlent l'Histoire trop longtemps tue ou ignorée des peuples africains avant l'arrivée des colons. Ainsi nous découvrons: - les grands Empires et Royaumes d'Afrique Noire (Empire du Mandé, Royaume Kongo, Empire du Mali, Empire du Ghana, Empire du Songhaï…) ayant enfanté de prestigieux rois tels que Soundiata Keita (Mali) mais aussi de valeureuses reines guerrières telles que Majaji, les reines noires/candaces de Koush (Egypte) … - l'organisation territoriale avant la division coloniale. Cette organisation prenait en compte les particularités ethniques afin que ne se côtoient pas sur un même territoire des ethnies en conflit mais aussi de façon à éviter la division territoriale de certaines ethnies comme on peut le voir de nos jours avec la création de la frontière sénégalo-gambienne par les colons (plu-

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Afro descendants conscients de leur africanité et de l’importance de sa préservation, ils connaissent l’Histoire des peuples noirs 8 Historien, anthropologue sénégalais et professeur d’université. Il a mis l’accent sur l’apport de l’Afrique et en particulier de l’Afrique noire aux cultures et civilisations mondiales. Ses thèses restent aujourd’hui contestées par de nombreux scientifiques occidentaux mais largement reprises par les pro-noirs, les historiens et scientifiques africains et certains historiens occidentaux. Il meurt en 1986 à 62 ans. 9 Egyptologue français ayant affirmé, après études, l’origine nubienne des Égyptiens. 10 Historien et philosophe afro-américain. C'est un des théoriciens principaux de l'afrocentricité.

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sieurs ethnies ont été séparées par cette frontière, certains demeurant au Sénégal alors que d'autres de la même ethnie faisaient désormais partie de ce qu'on appela la Gambie) - la forte probabilité que le peuple égyptien ait une ascendance négroïde au regard des études et observations faites par Cheikh Anta Diop, ainsi donc les pharaons auraient un phénotype négroïde et non arabe11. Cela voudrait dire que les grandes réalisations et inventions égyptiennes sont celles d'un peuple noir africain ce qui donne un rayonnement nouveau aux peuples noirs et une place de choix dans l'Histoire si l'on considère que la civilisation égyptienne antique est à l’origine même des fondements principaux de toute autre forme de civilisation (Grèce antique…) - les grandes inventions et découvertes réalisées par des hommes noires. Citons, entres autres, Alexandre MILLS qui a inventé l'ascenseur, Lewis LATIMER qui inventa la lampe électrique, John STANDARD qui créa le réfrigérateur, Henry T.SAMPSON père du téléphone cellulaire ou encore Paul.E Williams créateur de l'hélicoptère12. L'on comprend mieux que Martin Luther King ait dit "Quand vous êtes prêts à partir pour le travail, sachez que la moitié, de toutes les choses et de tous les appareils dont vous vous êtes servis avant de quitter votre maison a été inventée par des noirs". À cela ajoutons les inventions et découvertes égyptiennes antiques si l'on en croit les récentes révélations faites par Cheikh Anta Diop et ses confrères comme expliqué précédemment. Ces éléments sont importants car ils permettent de redonner aux civilisations noires africaines leurs lettres de noblesse. Cependant découvrir ou redécouvrir l'Histoire de ces peuples c'est aussi accepter d'aborder sous un angle nouveau certaines périodes sombres telles que celle de l'esclavage. Il est donc pertinent de rappeler que l'esclavage des noirs existait bien avant l'arrivée des européens et américains en terres africaines. En effet, les rois africains vendaient déjà leurs prisonniers de guerre, issus d'autres empires subsahariens, comme esclaves à des maitres 11

Cheikh Anta Diop s’est appuyé sur les observations faites par certains philosophes tels qu’Aristote, décrivant le peuple égyptien antique comme un peuple négroïde ayant un nez épaté et des cheveux crépus. Il s’appui également sur les fresques d’époques montrant certains pharaons dont les visages sont peints en noir ainsi que des fresques représentant la hiérarchisation des peuples a cette époque, on y voit les civilisations noires au sommet. D’autres observations viennent étayer sa thèse ainsi que certaines hypothèses dont l’une des plus célèbres est celle selon laquelle les nez des monuments représentant les pharaons ne se sont pas brisés mais ont été coupés afin de leur retirer un trait indéniable de leur négritude. Voir ouvrage « Civilisations Nègres et Cultures » 12 Voir l’intégralité des inventions citées ainsi que bien d’autres (la liste est non-exhaustive) dans « Un monde sans noirs » du Dr Georges AKOLLY ou sur le site www.kamanioc.fr

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arabes (cf: traite intra-africaine). Selon quelques historiens lorsque les colons sont arrivés en Afrique, certains rois auraient collaboré en leur remettant leurs prisonniers de guerre contre des babioles occidentales. Il serait donc arrivé que des esclavagistes ne pénètrent pas le continent de peur de contracter des maladies tropicales, ils auraient attendu au port que leurs soient livrés les hommes qu'ils avaient acquis. Rosa Amelia Plumelle revient sur cet élément supposé de l'Histoire africaine en expliquant toutefois que ces rois génocidaires auraient été mis au pouvoir par les colons eux-mêmes afin de profiter de leur docilité13. L'Histoire ne nous délivre pas les détails de ce processus et sa véracité mais il reste néanmoins évident que l'ensemble de la traite négrière ne s'est pas passée ainsi bien sûr, il y a eu des bains de sang, des razzias violentes et autres abominations que nous décrit notamment Ottobah Cugonao14. Selon les estimations du théoricien américain panafricaniste W.E.B. Dubois, pour un africain déporté quatre africains mouraient de dommages collatéraux (refus de se soumettre, enfants livrés à eux-mêmes, décès lors du transport ou suite à une maladie…). Cependant, reconnaitre qu'il puisse y avoir une part de responsabilité de certains monarques africains permet également d'approfondir sa réflexion en ne faisant pas preuve de manichéisme et en cherchant à comprendre en quoi les africains et afro descendants ont également leur part de responsabilité dans leur passé, leur présent et leur futur. Surtout, il s'agit de tirer des leçons de ce passé afin de se construire un meilleur avenir. Pour ma part, plutôt que d'opter pour une posture victimaire, je pense que si de l'esclavage nous ne devions tirer qu'une leçon ce serait la nécessité pour les peuples noirs africains d'agir en synergie en tendant vers une unité car la division ne peut, comme par le passé, que les affaiblir, particulièrement en ces temps de globalisation. D'autant plus que les afro descendants connaissent actuellement, et depuis les prises officielles d'indépendances en Afrique, ce que certains nomment le néocolonialisme. Il se traduit par la mise en place d'un système de dépendance de l'Afrique envers l'occident, grâce notamment à la corruption de dirigeants africains dont certains intègrent des confréries (franc maçonnerie…) au dépend de leur peuple, à la désinformation et au manque d'éducation des populations, mais aussi par une aliénation culturelle inconsciente des peuples noirs et de la diaspora tout particulièrement. 13

Voir l’ouvrage « Traite des blancs, traite des noirs » de Rosa Amelia Plumelle, Uribe. Ancien esclave africain auteur, au 18eme siècle, des « Réflexions sur la traite et l’esclavage des nègres » parues en Angleterre en 1787 puis rééditées en 2009 aux éditions « La Découverte », Label ZONES, Paris. 14

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5.2.2 Aliénation culturelle inconsciente et rejet de ses origines L'aliénation culturelle dont il est question ici est un phénomène que l'on rencontre chez les afro descendants agissant, consciemment ou non, de façon à se rapprocher le plus possible d'un idéal s'éloignant de ce qu'ils sont à l'origine. En effet, il s'agit d'une tentative désespérée de nier ce que l'on est, en l'occurrence un afro descendant, en "gommant" ses traits physiques négroïdes et/ou en adoptant des systèmes de pensée calqués chez les colons. Pour exemple, certains afro-américains vous diront qu'ils sont "afro-américains" ou "américains" mais refuseront d'être associés au continent africain. Le même constat peut être fait chez les populations antillaises. C'est donc un passé lourd que certains tentent de fuir ainsi mais cela est regrettable. Notons tout de même que le cas des antillais est assez particulier comme nous le rappelle Frantz Fanon15 dans l'ouvrage reprenant un pan de ses publications "Pour la révolution africaine"16. En effet, Fanon aborde, dans un chapitre intitulé "Antillais et Africains", les relations parfois conflictuelles entre les antillais et leurs frères africains. Il revient tout d'abord sur la notion de "peuple noir" en expliquant qu'il n'existe pas une homogénéité, mettons de côté les influences culturelles, qui puisse expliquer que l'on regroupe tous les noirs sous cette appellation. Appellation qui sous-entendrait qu'au sein de ce peuple noir il existerait ce que Fanon nomme un "principe de communion" (les noirs auraient le même point du vue sur certains sujets). L'on peut parler en revanche d'un "peuple africain" ou d'un "peuple antillais" etc. Ceci explique l'intitulé de ce chapitre. Ces deux peuples font partie d'un ensemble qui est celui des afro descendants mais ne sauraient former un seul et unique peuple. Je rejoins ce point de vue et estime que le terme adéquat afin de regrouper tous ces peuples issus d'Afrique est "population afro descente". Une fois cela clarifié il articule l'Histoire des antillais autour de deux axes majeurs:

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Frantz Fanon est un afro descendant né en Martinique mais ayant longtemps vécu, jusqu'à sa mort en 1961, en Algérie ou il exerçait la profession de psychiatre jusqu'à son engagement dans le FLN. Très proche de Lumumba et de ses idées indépendantistes, il fut décrit par le militant pro-noir Marcus Garvey comme un homme manquant au monde noir « en ces temps de soumission, de compromission, de trahison et de lâcheté en tous genres ». En effet Fanon luttait en faveur d’une unité africaine et dénonça les méfaits du colonialisme et du racisme dans son essai célèbre « Peau noire et masque blanc » (1950) au travers duquel il dénonce le désir de se blanchir et de porter un masque blanc chez les caribéens complexés. Il rédigera en fin de vie « Les damnés de le terre », référence littéraire chez les afro descendants refusant la soumission au monde occidental. 16 Livre paru aux éditions La Découverte, 2001, Collection [Re] découverte, documents et témoignages.

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- La période avant la seconde guerre mondiale - La période après la seconde guerre mondiale

 L'avant-guerre: Les Antillais étaient globalement heureux, loin des réalités affligeantes d'une Afrique colonisée et piétinée. Certains d'entre eux avaient obtenu des postes de fonctionnaires en Afrique. Ces derniers, de retour aux Antilles, décrivaient les Africains comme des sauvages et des indigènes voir des féticheurs. Ces fonctionnaires qui travaillaient à tous les niveaux de l'administration antillaise avaient un poids considérable sur la société antillaise dans son ensemble et encouragèrent grandement le sentiment de supériorité de l'Antillais, qui se considère alors également européen, face à un africain qu'il perçoit comme un nègre, un être inférieur. Cependant se sachant d'ascendance africaine, la peau ne mentant pas, les Antillais firent en sorte de marquer une rupture nette avec ces Africains qui avaient mauvaise publicité et auxquels ils ne voulaient être associés en rien. Ainsi ils devinrent méprisants envers eux, mépris qui fut nourrit également par les Européens qui confirmaient le statut de "quasi-métropolitains" de ces antillais, ce qui les éloignait du continent africain et de ses indigènes. Fanon nous illustre cette pensée antillaise par cette anecdote: lorsqu’un patron réclamait un trop lourd effort à un Martiniquais il se voyait répondre : « Si vous voulez un nègre, allez le chercher en Afrique ». Ainsi l'antillais est à cette époque un noir européanisé alors que l'africain est un nègre infériorisé. Les antillais ne revendiquaient donc nullement leur "négritude", à une exception près; Aimé Césaire. À cette époque il fait de nombreuses déclarations et rédige des poèmes passionnés dans lesquels il clame "qu’il est beau et bon d’être nègre". Beaucoup d'Antillais le diront fou ou égaré. En 1939 la France est sous occupation Allemande et le restera pendant quatre ans. La flotte française qui était aux Antilles restera donc coincée là-bas pendant cette période, quintuplant ainsi la présence européenne aux Antilles à cette époque (passant de 2000 Européens à 10 000). Ces Français qui n'effectuaient jusqu'alors pour la plupart que de courtes missions sur le territoire, quelques jours voir quelques semaines tout au plus, se retrouvèrent coincés cette fois pour quatre longues années avec leurs inquiétudes et leurs manques. Or comme le sait tout un chacun, côtoyer une personne et la connaitre font deux au même titre que se faire une opinion

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d'une personne en l'observant sur quelques jours retranscrit rarement sa nature profonde. En revanche l'observer pendant quatre ans nous donne une idée bien plus fondée de sa nature. Les Antillais découvrirent alors le caractère raciste de la majorité de ces Européens qui semblaient faire l'amalgame entre Antillais et Africains/nègres. Ce qu'ils avaient fui, leur africanité, semblait ainsi les rattraper de façon violente et inattendue. S'ajouta à cette situation compliquée le début d'un épisode économique difficile pour les Antilles qui durent, dans un contexte d'isolement où aucune importation n'était envisageable, nourrir une population comptant 8000 hommes supplémentaires ainsi que leurs familles dans certains cas (ce qui conduisit à une période de crise immobilière pour certaines îles comme la Martinique). Les Antillais commencèrent alors à reconsidérer/déconsidérer les Européens et se remirent en question sur le bien-fondé de leurs valeurs et croyances. Enfin la France fut libérée de l'occupation nazie par De Gaulle et ses militants. Le General déclarait à la radio que des militaires et fonctionnaires avaient trahi la France en collaborant avec les nazis. Les Antillais pensèrent alors que les Européens qui occupaient leur territoire ne pouvaient être des Français loyaux aux valeurs républicaines françaises et qu'il s'agissait nécessairement de cette vermine collaborationniste. Car comment les Français, tels qu'ils se les imaginaient, auraient pu les traiter comme de la négraille? Ils assimilèrent donc ces marins à de quelconques Allemands et s'insurgèrent contre ces traitres à leur patrie, refusant à maintes reprises de chanter la marseillaise quand cela leur était demandé. C'est au cours de cette occupation de quatre ans que les Antillais vont clamer leur négritude, entonnant les chants d'Aimé Césaire. Il leur aura donc fallu être acculés et sous-estimés par les Européens cohabitant sur leur territoire pour revendiquer leurs racines africaines si longtemps source de honte et de rejet identitaire.  L'après-guerre: À partir de 1945 l'Antillais est aux antipodes de ce qu'il fut auparavant. Il fait de sa "négritude" une fierté et détourne ses yeux de l'Europe Blanche pour les poser sur l'Afrique Noire. Ils seront alors nombreux à se rendre en Afrique pour y travailler, se ressourcer et faire profil bas après avoir été si longtemps aveugles face à la souffrance de leurs frères Africains. Bien qu'ils se repentissent de leur attitude, les Antillais ne trouveront pas chez les Africains le pardon espéré.

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Ces derniers leur tourneront le dos, leur reprochant d'avoir courbé l'échine face aux maitres blancs avant de collaborer allant jusqu'à conspirer contre l'Africain. C'est ainsi qu'après avoir rejeté l'Africain au profit de l'Européen, d'avoir été rejeté par ce dernier puis d'avoir tenté d'embrasser ses pairs Africains, l'Antillais se voyait rejeté à son tour par l'Africain. Il tenta en vain de se faire accepter de l'Afrique mais voyant ses tentatives échouer il se résigna. N'étant désormais ni blanc ni noir, l'Antillais n'avait d'autre choix que de se construire une identité propre affirmée. Ainsi nous comprenons mieux la posture antillaise actuelle qui veut qu'une minorité s'affirme afro descendante, une partie se dise française et une majorité antillaise. Il existe effectivement un problème d'aliénation d'une majorité des antillais (cf: résultats de mon étude) cependant leur histoire particulière l'explique. Pour en revenir à cette notion d'aliénation culturelle, notons qu'elle implique des effets pervers notoires dont le plus inquiétant est sa transmission à la progéniture. En effet, prenons pour exemple l'émission de Tyra Banks17 datant de Juin 2009 intitulée "Good hair" ("De bons cheveux" en référence au cheveu crépu parfois perçu comme un "mauvais cheveu" par certains afro descendants). Sur le plateau se trouvaient des parents reniant leur africanité et s'imposant le brassage ethnique en refusant donc tout conjoint noir afin que leurs enfants soient les plus proches possible d'un phénotype autre que celui négroïde. Ainsi nous pouvions voir une mère qui éclaircissait la peau de ses deux fils en bas âge (après avoir mis sa propre vie en danger en étant hospitalisée suite à des brûlures graves dues à l'application d'eau de javel sur son visage dans le but de s'éclaircir) ainsi que deux mères qui défrisaient leurs petites filles afin qu'elles n'aient plus les cheveux crépus. Enfin était présente une mère ayant coupé tout contact avec sa fille suite à a sa décision d'adopter la coupe afro (signe de régression sociale selon sa mère). Tous ces cas sont extrêmes mais ne représentent pas de simples cas isolés, combien de mères défrisent les cheveux de leurs enfants dès le plus jeune âge? Combien de parents incitent leurs enfants à l'éclaircissement de leur peau que ce soit par leurs discours ou leurs actes? Combien de parents ne comprennent pas que leurs enfants souhaitent se rapprocher de leurs origines 17

Célèbre ex-mannequin afro américaine ayant créé son émission télévisée abordant des thèmes de société un peu sur le même modèle que « Toute une histoire ».

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africaines alors qu'eux-mêmes ont passé une importante partie de leur vie à s'en détourner par soif d'intégration? Voici donc un effet pervers indéniable de l'aliénation culturelle. Une étude a d'ailleurs été menée afin de vérifier cette hypothèse en mettant des enfants afro descendants face à une poupée noire et une poupée blanche18 puis en leur posant plusieurs questions de type "Quelle poupée est la plus belle?" Quelle poupée est la plus gentille?". Il était affligeant de constater que ces enfants associaient majoritairement les termes mélioratifs à la poupée blanche alors que la poupée noire était perçue de façon péjorative. Ce qui est encore plus désolant c'est de prendre conscience, lorsque ces enfants désignent la poupée noire quand on leur demande quelle poupée leur ressemble le plus, du sentiment d'infériorité qui les anime de facto même s'ils n'en prennent peut-être pas toute la mesure à leur jeune âge. Bien sûr cette étude a ses limites, le contexte peut avoir eu une influence sur les enfants observés si l'on considère qu'ils étaient en face à face avec un adulte et pouvaient donc avoir l'impression de devoir répondre de la façon dont ils l'ont fait. Cependant les explications données par les enfants quant à leur choix ne laissent pas de doute sur la mauvaise image qu'ils ont de l'homme noir, en effet lorsqu'on leur demande par exemple pourquoi c'est "cette poupée" (la poupée blanche) qui est gentille ou qui est la plus belle ils répondent "parce qu’elle est blanche". Le second effet pervers, déjà abordé précédemment, est la mise en danger de soi dans le but de s'approcher d'un idéal. En ayant réussi à inséminer dans l'esprit de certains afro descendants leur infériorité liée à de supposés facteurs génétiques, historiques et culturels, les colons sont parvenus à faire germer une graine parmi ces populations, celle de la haine de ses origines. Diverses techniques ont été mises en place pour parvenir à ce résultat; esclavagisme, études pseudo scientifiques ou anthropologiques concluant à une infériorité génétique chez les individus au phénotype africain19, valorisation de certaines ethnies noires aux "traits européens" (cf: conflit des Hutus contre les Tutsis), et bien d'autres dont nous pouvons lire les effets notam-

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Test réalisé auprès d’enfants afro-américains dans les années 1950 dans une Amérique en proie à la ségrégation. Le psychologue Kenneth Clark est à l’ origine de cette étude qui vise à évaluer l’impact du racisme sur l’image que les enfants afro descendants ont d’eux-mêmes. Les résultats montrèrent que ces enfants avaient une image d’euxmêmes très négative et attribuaient la plupart des qualités à la poupée blanche et des défauts à la poupée noire. L’étude a été réitérée plus récemment afin d’évaluer l’évolution ou non de la perception de soi chez les enfants afro descendants mais les résultats furent les mêmes. 19 Voir l’ « Essai sur l'inégalité des races humaines » (1855) par Arthur de Gobineau

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ment dans la "lettre de Willie Lynch"20. Ainsi, ne soyez pas surpris en voyant certaines femmes africaines à la peau translucide et abîmée ou en constatant le problème d'alopécie (perte des cheveux) et de chevelure sèche et déshydratée que rencontrent plusieurs femmes afro descendantes adeptes du défrisage agressif à outrance. Ne vous étonnez pas non plus en constatant que certaines célébrités afro descendantes tendent à s'éclaircir au fil du temps et parviennent à être sur le devant de la scène pendant des années sans que nous ne les ayons jamais vues apparaître sur les plateaux de télévisions avec leurs cheveux naturels. Certains pensent que le physique seul ne reflète pas le degré d'africanité, effectivement mais il reflète bien le degré de conscience noire. Une autre plaie liée à l'aliénation culturelle de certains afro descendants est la méconnaissance de l'Histoire d'Afrique. Ainsi de nombreux aliénés sont également acculturés et ne s'intéressent ni à leur culture d'origine ni même à leur Histoire. Même s'il ne s'agit pas de connaître l'Histoire africaine dans ses moindres détails, la connaître au moins dans ses grandes lignes est selon moi un devoir, celui que certains nommeront "devoir de mémoire". C'est un phénomène que l'on associe souvent aux Antillais (bien qu'ils ne soient pas tous concernés) ainsi qu'aux nouvelles générations afro descendantes nées et ayant grandi à l'extérieur du continent africain parfois sans y être jamais revenues. Demandez-leur qui est Patrice Emery Lumumba21 et certains vous répondront qu'il s'agit d'un personnage de film. Dans l'étude que j'ai menée près de la moitié des afro descendants interrogés déclarent connaitre l'Histoire africaine dans ses grandes lignes alors qu'environ 1/6ème connaissent uniquement l'Histoire du pays dont ils sont originaires et 1/12ème disent ne pas la connaitre du tout. Cela tend à prouver que certains afro descendants n'ont pas encore franchi le cap de la connaissance de leur passé historique, cap crucial, bien que la majorité ne soit pas concernée.

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Propriétaire d’esclaves anglais des Caraïbes. En 1712 il prononça un discours auprès de propriétaires d’esclaves auxquels il enseigna ses méthodes de contrôle des esclaves principalement basées sur le credo « diviser pour mieux régner ». Ceci fut retranscrit sous forme d’une lettre accessible à tous sur le web. 21 Ancien Premier Ministre activiste congolais, il lutta contre la colonisation au Congo durant l’occupation belge. Figure emblématique de l’indépendance du Congo, il se battu pour ses convictions jusqu'à son assassinat en 1961 à 35 ans.

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Aimer ce que l'on est et l'image que l'on renvoi à la société passe avant toute chose par la connaissance de soi et de cette image. Lorsque vous êtes noir, mulâtre, métisse ou quarteron, que vous le vouliez ou non la société voit en vous votre africanité. Plutôt que de la rejeter ou de refuser de la voir mieux vaut se l'approprier, tenter de comprendre à quoi elle renvoie, quelle est l'Histoire qui se cache derrière ces origines africaines et que peut-elle nous apprendre car c'est en s'éduquant et en tirant des leçons du passé que l'on évite certaines erreurs dans le futur. Ce constat, certains afro descendants l'ont fait bien avant moi, c'est ainsi que divers courants de conscientisation noire sont nés afin de se réapproprier l'Histoire des peuples noirs africains et d'encourager les afro descendants à plus d'unité, de cohésion et d'implication dans le combat pour l'essor du continent africain. Abordons donc les spécificités de ces mouvements clamant "les Africains à l'Afrique" 5.3 A la reconquête de soi Les principaux mouvements pro-noirs animant les civilisations noires africaines et attirant de plus en plus la diaspora se comptent au nombre de cinq. Les voici: Panafricanisme: C'est vers la fin du XVIIIème siècle que va naître progressivement un mouvement politique qui gagnera les Amériques, l’Europe et l’Afrique, Monument de la Renaissance Africaine érigé à Dakar par le président Wade en 2008

avec l'ambition d’unir les mouvements africains disparates en un réseau de solidarité pour mettre fin à l’oppression. Il se traduira par le panafri-

canisme. Le panafricanisme est un mouvement politique, social, philosophique et culturel qui considère l'Afrique, les Africains et les descendants d'Africains, hors d'Afrique, comme un seul ensemble ayant pour mission de participer au développement et à l'unification de l'Afrique en encourageant notamment le sentiment de solidarité entre les populations du monde africain. Toutefois les individualités culturelles sont respectées et ne doivent être en aucun cas effacées, cependant ce sont les traits communs entre ethnies et peuples africains (Afrique et diaspora) qui doi-

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vent primer. Le panafricanisme revient sur le passé historique de l'Afrique en en révélant les épisodes de gloire peu voir pas connus et met l'accent sur l'importance des valeurs africaines. Il s'agit donc d'une doctrine visant l'intégration de chaque afro descendant dans un ensemble africain. Parmi les panafricains influents citons Kwame Nkrumah22, Aimé Césaire ou plus récemment Kémi Seba.

Afrocentricité: On estime généralement que l'afrocentricité universitaire contemporaine prend naissance au début du XXème siècle avec les travaux d'intellectuels d'origine afro-américaine ou antillaise. Elle revendique la reconnexion des afro descendants à leurs racines et à leurs héritages ancestraux afin de réhabiliter leur conscience historique collective et, par là même, de sortir de l'amnésie dans laquelle certains sont encore plongés. Il s'agit également d'un paradigme soutenant que la communauté scientifique occidentale sous-estimerait les civilisations africaines, voire serait partisane d'un complot, consciemment ou non, visant à masquer les apports africains à l'Histoire. Dans la communauté scientifique les travaux et écrits d'afro centristes sont apparentés à un militantisme se traduisant par une « réécriture engagée de l'histoire ». Ce point de vue occidental explique que les thèses afro centristes ne soient pas abordées dans les manuels scolaires occidentaux. D'après ses défenseurs, l'afrocentricité est une mouvance africaine (Afrique et diaspora africaine) d'autodétermination culturelle, politique, économique, etc. en réponse à l'« occidentalisation » du monde et l'uniformisation des mœurs, des manières de penser et d'agir sur ce même modèle occidental. Parmi les afro centristes reconnus se trouvent Ama Mazama23, ou encore Cheikh Anta Diop et Molefi Kete Asante cités précédemment. Nappyisme*/Mouvement Nappy: Le mouvement Nappy est une idéologie plaçant la femme noire aux cheveux naturels comme un idéal à atteindre au sein de la communauté afro descen-

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Ancien président de la république du Ghana décédé en 1972 et auteur de « L’Afrique doit s’unir ». Dans cet ouvrage il dresse un bilan du passé et propose des plans d'avenir pour l'édification et le développement d'une Afrique moderne, capable de jouer pleinement son rôle dans le concert des nations 23 Afro descendante guadeloupéenne très engagée dans le combat afro centrique.

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dante. Signifiant aujourd'hui "Natural and Happy", le terme Nappy est né durant l'esclavage aux Etats-Unis et était utilisé de façon péjorative pour designer les cheveux afro qui étaient comparés par les oppresseurs à des poils d'animaux. Ce n'est que dans les années 50 que la coupe afro est adoptée comme un signe contestataire face à une société raciste, le mouvement est alors en marche au Kenya. Il connaitra une résonnance politique des années 50 à 70 avec le mouvement des droits civiques en Amérique prônant le "Black Power". Dans les années 60 le défrisage et le brushing font rage et sont de plus en plus adoptés par les Afro-Américaines afin de s'insérer dans une société où la coupe afro n'a pas sa place (surtout dans le monde du travail). Certains les disent alors aliénées et esclaves de leur sentiment d'infériorité face aux "maitres blancs". En effet, les nappys sont fermement opposées au défrisage considéré comme un acte barbare tuant le cheveu et parfois associé à l’aliénation culturelle. Il faudra attendre les années 70 pour voir la coupe afro revenir avec des mouvements indépendantistes pro-noirs comme le "Black Panther Party" ou le "Black Feminism". La coupe afro n'était donc pas, à l’ origine, un choix esthétique mais un signe de forte conviction politique et culturelle, l'illustration d'un militantisme chez les populations Afro-Américaines. Ce n'est que vers le milieu des années 2000 que la diaspora afro descendante européenne est saisie par le mouvement nappy qui prend alors sa signification actuelle. Il s'agit toujours d'affirmer son africanité et de lutter contre un dictat mais ce dernier a changé. En effet, c'est la sousreprésentation de la femme noire au naturel dans les medias et le dictat de la mode que refusent les nappys actuelles, mais la mode internationale me direz-vous est également largement inspirée de la vision occidentale. Les moyens de revendiquer ont évolué et le mouvement nappy s'organise désormais autour de forums, blogs, enseignes, événements et même communautés (cf: Nappys de Babi). Certains pensent que le nappysme apprend aux femmes afro descendantes à s'assumer. Je pense qu'il n'y a pas à "assumer" ses cheveux crépus, en revanche le mouvement favorise la connaissance de ce cheveu, de ce qu'il aime ou non et des techniques d'entretien appropriées. Il arrive que le choix de revenir au naturel nécessite de franchir le cap de la coupe graduelle du

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cheveu voir du big chop24 afin de repartir sur une base saine débarrassée des fourches créées par les défrisages et autres mauvais traitements infligés. Dans tous les cas qu'il s'agisse du mouvement nappy afro-américain ou de celui afro-européen il existe une base commune qui est la revendication de son africanité. Citons comme célèbres nappys actuelles les chanteuses Eryka Badu et Solange Knowles.

Mouvement Nappy afro-américain durant la ségrégation

Solange Knowles Figure du mouvement Nappy actuel

Identité Kémite*: également nommée kémitisme ou khémitisme, l'identité kémite trouve ses origines aux Etats-Unis dans les années 1970. Elle forme un ensemble de croyances et de pratiques s'inscrivant dans une dynamique de reconstruction des religions monothéistes ou polythéistes de l'Egypte ancienne. Cette réhabilitation se concrétise par la recréation et la pratique contemporaine de ces religions et rites antiques non pas de façon anarchique mais structurée autour: 

d’un culte d'état tenu par un clergé de prêtres mixtes (hem netjer) avec au sommet un pharaon (Nisut) ou un prêtre supérieur (Heri Tep). Aux Etats-Unis, cette pharaonne se nomme Tamara Legan Siuda dite Hekatawuy I

d'un culte privé. Un autel est entretenu dans les maisons kémites et un rituel quotidien est respecté

d'un culte voué aux ancêtres appelé Akhu

de fêtes annuelles calquées sur l'ancien culte afin d'honorer les divinités. Ex: Wep Renpet (le nouvel an), la fête d’Opet, la « Bonne réunion », etc.

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Le « big chop » ou « grande coupe » consiste en la coupe quasi-totale du cheveu afin d’éradiquer la partie défrisée et de ne garder que la racine saine.

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De façon générale les kémites éprouvent une certaine aversion envers les trois grandes religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l'islam. Ils voient en elles une supercherie mise en place par certains peuples pour aveugler les masses et avilir les noirs (cf: malédiction de cham) en les maintenant dans une posture d'adoration de Dieu au point d'accepter de courber l'échine face aux colons en y voyant là la volonté divine, une épreuve à passer avant de rejoindre un paradis fictif. Afin de connaitre au mieux les cultes anciens vers lesquels ils préfèrent se tourLa Croix d’Ankh, symbole kémite

ner, les kémites se réfèrent à des informations historiques délivrées par des historiens, chercheurs et anthropologues tels que Cheikh Anta Diop au sujet

des rites et croyances du peuple kémite de l'Egypte ancienne. Bien que l’institution du Pharaon soit un élément majeur du culte ancien, certains groupes modernes ne le jugent pas nécessaire ou lui préfèrent un prêtre supérieur désigné parmi les clercs par la communauté. Ainsi il existe des ramifications au sein du courant kémite. Bien que les divers groupes en question aient une base historique, une théologie et un ensemble de cultes en commun, deux courants principaux les distinguent: - le kémitisme néopaganiste (pratique contemporaine de religions païennes) - le kémitisme issu du panafricanisme Un afro descendant peut donc ne pas limiter son adhésion à l'un seul des courants décris cidessus mais partager les convictions de plusieurs d'entre eux. C'est d'ailleurs le cas par exemple de Kemi Seba qui se dit panafricain et kémite.

Négritude*: Ce courant littéraire et politique est né entre la première et la seconde guerre mondiale (1930) mais connaitra une résonnance après la seconde guerre mondiale. Il réunit alors des écrivains noirs dont la particularité est d'être francophone. Les plus célèbres sont Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor qui en sont les pères fondateurs. Cette mouvance anticolonialiste influencera par la suite des personnes proches du nationalisme noir (Black Nationalism) gagnant ainsi en amplitude géographique et numérique. Le terme de "négritude" n'apparait

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quant à lui qu'en 1935 dans un article publié par Aimé Césaire dans le journal visant la jeunesse martiniquaise "L'Etudiant noir" dont il est, avec Senghor et Léon Gontran Damas, le fondateur. Cette terminologie, permettant de s’affirmer comme étant noir et de s’accepter en tant que tel, Césaire ne l'emploiera à nouveau qu'en 1939, elle sera alors reprise et le concept sera approfondi et clarifié par Senghor puis par Césaire lui-même qui le définira comme suit: " Ce mot désigne en premier lieu le rejet. Le rejet de l'assimilation culturelle ; le rejet d'une certaine image du Noir paisible, incapable de construire une civilisation. Le culturel prime sur le politique...» Senghor qualifiera la négritude ainsi: "La négritude est un fait, une culture. C'est l'ensemble des valeurs économiques, politiques, intellectuelles, morales, artistiques et sociales des peuples d'Afrique et des minorités noires d'Amérique, d'Asie et d'Océanie" et ajoutera « La négritude n’est pas racisme, elle est culture. (...) La négritude telle que nous la concevions en 1930 était une arme de refuge, plus qu’un élément de construction » ce qui n'empêchera pas certains détracteurs de ce concept, tels que Jean-Paul Sartre, de la considérer comme une forme de néoracisme. De nos jours le terme "africanité" est plus employé que "négritude". En premier lieu, parce que le concept de négritude a été critiqué par certains afro descendants le jugeant trop réducteur et/ou voyant en lui une sorte de posture victimaire, reprochant d'ailleurs à Léopold Sédar Senghor son combat pour la francophonie et son amour profond de la France et de la langue de Molliere, lui inspirant même l'ambition d'en faire la langue fédératrice des ethnies sénégalaises25. En second lieu, parce que le terme "nègre", a aujourd'hui repris sa tournure péjorative initiale bien que la négritude visait également à se réapproprier ce terme pour l'associer à des valeurs positives (ce qui explique que certains afro descendants s'auto proclament "nègres").

Ce focus sur les principaux mouvements pro-noirs toujours d'actualité nous permet d'avoir une vision plus approfondie des aspirations d'une partie de la diaspora noire africaine se reconnaissant dans ces mouvances. Nous observons que ces mouvements ont évolué et que bien qu'ils aient gardé leur essence originelle ils ne sont pas une copie conforme de ce qu'ils furent initialement. Ainsi le mouvement nappy ne témoigne plus nécessaire d'un engagement politique, le 25

Voir l’ouvrage « Histoire de la littérature négro-africaine » Lilyan Kesteloot, éditions Karthala, 2004

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terme négritude a été dénaturé par l'évolution du l'engage et on lui préfère "africanité" et le kémitisme ne s'articule plus systématiquement de la même façon que dans l'Egypte antique. Le panafricanisme quant à lui s'organise de plus en plus, s'affirmant ainsi comme une réalité actuelle en construction plus qu'un projet ou un idéal. Seul l'afro centrisme, qui n'est pas hiérarchisé et n'a pas de vocation politique, semble inchangé dans ses grandes lignes.

Chapitre 5. Pourquoi s’investir en Afrique et y investir ?

Les notions que nous allons aborder ci-dessous méritent d'être précisées. En effet, l'expression "s'investir" n'est pas anodine et ne se limite pas à un simple investissement financier. C'est une notion plus profonde qui comprend un engagement personnel et donc un désir, chez la personne concernée, de donner le meilleur de soi pour atteindre un but déterminé voir un idéal. Cet idéal peut être d'ordre idéologique, politique, économique ou autre. Il ne nécessite donc pas nécessairement un apport financier conséquent mais une volonté forte d'utiliser son temps à tenter d'atteindre le ou les objectifs fixés. De ce fait, les afro descendants en décidant de s'investir en Afrique peuvent le faire de diverses façons. Que ce soit en y créant une ou plusieurs entreprises, en s'y rendant dans le but de transférer les connaissances acquises à l'étranger, en militant pour une unité africaine et une conscientisation des afro descendants, en participant à la mise en avant des réussites africaines etc. Il existe bien des façons de s'investir en Afrique, libre à chacun de choisir la ou les plus adaptées à ses capacités et aspirations. Section 6. Un sentiment d’appartenance

Bien souvent le sentiment d'appartenance s'illustre par le fait de penser que le retour vers l'Afrique et/ou le fait de participer activement à l'essor de l'Afrique sont un devoir. Ainsi l'afro descendant se sent lié au continent africain et souhaite honorer ce qu'il perçoit comme une obligation morale.. Il s'agit là d'un socle commun aux afro descendants qui explique en grande partie leur retour au pays.

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Conscients de cela les mouvements pro-noirs militent afin de combattre le mal à la racine afin que l'arbre, une fois débarrassé de ses maux, puisse à nouveau produire de magnifiques fruits. Les graines de ces fruits sains pourront à leur tour voir naitre de majestueux arbres aux fruits purs. C'est un cercle vertueux. Plus il y aura d'afro descendants conscients de leur africanité et plus les chances de voir ces afro descendants contribuer activement aux activités africaines seront favorisées. Ceci s'inscrit dans la dynamique de Renaissance Africaine. Cet élan socioculturel, politique, économique, artistique, littéraire, philosophique et historique (la liste est non-exhaustive) qui anime actuellement une partie des afro descendants et les encourage à une union et une solidarité grandissante en vue de réhabiliter l'Afrique dans tous les domaines cités plus haut et participer activement à son développement futur dans ces mêmes secteurs. Ce phénomène s'accompagne naturellement d'une conscientisation progressive des masses afro descendantes et donc de la naissance d'une conscience noire/conscience de son africanité chez plusieurs d'entre eux, bien que chez certains il s’agirait plutôt d'une réorientation et/ou d'une valorisation de cette conscience noire. Mais est-ce suffisant? Le sentiment d'appartenance peut-il suffire à encourager le rapatriement de la diaspora et le transfert de ses connaissances auprès des résidents africains? En tout état de cause cela constitue un moteur considérable mais d'autres facteurs viennent encourager ce vent nouveau qui souffle sur la diaspora subsaharienne. Section 7. Quels facteurs principaux inffluencent le choix de retour au pays?

Ce sentiment d'appartenance qui galvanise une partie de la diaspora noire africaine ne saurait, à lui seul, suffire à encourager ses membres à s'investir en Afrique comme expliqué précédemment. Des facteurs politiques, économiques, démographiques et socioculturels favorables sont nécessaires afin d'encourager le processus de "retour au pays". On peut alors se demander, en toute légitimité, si chacun de ces domaines est favorable aux investissements en terres africaines. Observons ces secteurs de plus près:

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 Economie: L’Afrique connait une croissance positive. Fin 2013 le PIB du continent devrait croitre de 4,8% en moyenne puis de 5,3% en 2014 d'après un rapport d'expertise mené conjointement par l'OCDE et d'autres instances. Le Tchad, la Cote d'Ivoire et la RD Congo sont les pays qui connaitront la plus forte croissance. Cette croissance s'appuie sur l'exploitation des matières premières, l'agriculture, la consommation et l'investissement. Elle s'inscrit dans une tendance à la hausse du PIB qui a commencé il y a environ dix ans. En témoigne le changement de posture adoptée par le magazine économique anglais The Economist. Ce dernier titrait il y a douze ans "L'Afrique: un continent sans espoir" en illustrant se propos par la guerre civile en Sierra Leone, la famine en Ethiopie ou encore le conflit au Zimbabwe. Douze ans plus tard l'Ethiopie est la septième économie africaine à enregistrer la meilleure croissance économique (bien que le problème de famine ne soit pas réglé) et le Zimbabwe est placé quatrième26 malgré un IDH qui reste le plus faible au monde. Il n'est pas étonnant alors que The Economist rectifie le tir en publiant " Depuis que The Economist a regrettablement qualifié l’Afrique de “continent sans espoir” il y a dix ans, un profond changement s’est opéré. Aujourd’hui, le soleil brille… il semble probable que l’impressionnante croissance du continent se poursuive". Cet optimisme nouveau semble partagé par d'autres observateurs internationaux tels que le cabinet Ernst&Young27 qui déclare " Il y a une nouvelle histoire qui voit le jour au sujet de l’Afrique : une histoire de croissance, de progrès, d’opportunités et de rentabilité". Ce constat, les puissances mondiales l'ont fait également. La Chine est en phase de renforcement de son partenariat sino-africain et parvient à remporter les appels d'offres de gros chantiers africains. Les entreprises chinoises s'installent également sur le continent en y créant de nouvelles entreprises ou en y ouvrant des filiales. Forts des erreurs passées de leurs concurrents européens et américains, les Chinois parlent d'une politique d'investissement se voulant non 26

Selon un classement réalisé par le CIA World Factbook et classant les 10 pays ayant les plus forts taux de croissance de leur PIB réel sur ces trois dernières années. Le classement se base sur les projections établies par le Fonds monétaire international (FMI) pour l'année 2011, ainsi que sur le taux de corruption mesuré par l'organisation Transparency International. L’indice de développement humain (IDH) calculé par les Nations unies ainsi que le PIB par habitant donné par la CIA à partir des chiffres du FMI et de la Banque mondiale interviennent également dans le classement. Voir lien suivant : http://www.slateafrique.com/33995/top-10-meilleures-economies-africaines 27 Cabinet spécialisé en conseil d’entreprise basé aux États-Unis

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impérialiste même si cela ne signifie pas que les pays africains partenaires doivent agir de façon incrédule. Monsieur Song Dongsheng Président de Sinohydro, une entreprise en lice pour la construction d'un complexe hydroélectrique au RD Congo, déclare à ce sujet dans le magasine Jeune Afrique paru en Juin 2013 "nous ne sommes pas dans une position de domination, mais de collaboration […] nous insistons beaucoup sur les transferts de compétences et la formation." En 2011, les échanges commerciaux de la Chine avec l’Afrique s'élevaient à près de 160 milliards de dollars faisant de l'Afrique l'un des principaux partenaires commerciaux de la Chine. Cette explosion toute nouvelle des investissements étrangers réalisés en Afrique par le géant Chinois encourage certaines entreprises européennes et américaines à reconsidérer l'Afrique comme un partenaire économique de poids de peur de voir l'ensemble des marchés dominé par l'Asie. Globalement, depuis 12 ans les échanges commerciaux entre l'Afrique et le reste du monde ont quadruplé alors que dans le même temps l'Investissement Etranger Direct (IED) a augmenté et la dette extérieure a baissé de 25%. Afin de maintenir le cap l'Afrique ne doit pas se focaliser sur ces uniques résultats mais sur les problèmes économiques qui persistent et pourraient, s'ils ne sont pas pris à bras le corps, causer la rechute du continent à l'issue de ces décennies de prospérité (relative) à venir. L'un des paris de demain pour l'Afrique est de diversifier sa production et donc ses sources de revenue car les matières premières et les minerais sont épuisables et ne peuvent, de ce fait, être le socle économique d'un pays sans que cela ne comprenne des risques sur du long terme. Certains pays latino-américains tels que le Brésil ont d'ailleurs saisi l'urgence de la diversification. L'Afrique devra également accorder plus d'importance à son secteur agricole en dotant notamment les acteurs de ce domaine en matériaux adaptés à leur activité mais aussi en injectant une partie de son PIB dans ce secteur sur la base d'études réalisées pour savoir quelle serait le pourcentage du PIB adéquat par pays. Une telle mesure a déjà été mise en place dans le cadre du PDDAA (Programme Détaillé de Développement de l'Agriculture Africaine) initié par la Commission de l'Union Africain dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad). Ce programme engage les pays signataires à consacrer 10% de leurs budgets nationaux à l'agriculture mais cette mesure n'est malheureusement respectée que par cinq des trente pays concernés.

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Le continent doit trouver des solutions afin de palier aux disparités économiques et d'éviter que ne se creuse un écart toujours plus large entre populations vivant en-dessous du seuil de pauvreté28 et populations aisées, entrainant ainsi un phénomène de paupérisation.

 Démographie: D'ici 2050 on estime à plus de 2 milliards d'habitants la population africaine. Cette explosion démographique est due au fort taux de fertilité africaine qui est d'environ 5 enfants par femme en moyenne29. L'Afrique a donc un défi de taille à relever, nourrir une population grandissante et lui assurer un avenir décent d'autant plus que sur le continent plane la menace d'insécurité alimentaire. Mais une démographie en hausse comporte aussi ses avantages. Entre 2010 et 2030 ce sont 160 millions de jeunes actifs30 qui arriveront sur le marché du travail africain, ceci pourrait accélérer la croissance économique si toutefois certaines mesures sont mises en place pour gérer la situation à venir. Sur le site d'extrême droite française fdesouche.com, nous pouvons lire la peur de certains Français craignant qu'à l'horizon 2050 ne déferlent des vagues d'immigrés fuyant une Afrique aux abois dévastée par la famine et la pauvreté. Faut-il alors rappeler que les migrations africaines en dehors du continent sont très faibles comme expliqué précédemment, ils n'étaient que 570 000 immigrés subsahariens en France en 2004 soit un peu moins de 1 % de la population française à cette époque. A ce pourcentage qui immigre dans le but de travailler mais se retrouve la plupart du temps à vivre de petits boulots dans des secteurs d'activité en demande mais désertés de la population française elle-même (BTP, entretien ménager…) l'on voudrait imputer parfois tous les maux d'une société française en crise. 28

50% de la population africaine vit avec moins de 2 dollars par jour ce qui est peu bien que le cout de la vie soit moindre comparativement au mode occidental 29 Taux qui s’explique par : le poids des religions qui encouragent la procréation et s’opposent à l’avortement, le faible taux d’utilisation des moyens de protection mis a disposition sur le marché, la culture et le mode de vie car un enfant est perçu comme une bénédiction ainsi que l’assurance d’avoir quelqu’un pour prendre soin de soi plus tard, particulièrement dans les pays sans système de retraite. 30 « L’Afrique au grand tournant démographique », Fiches d'actualité scientifique, Mars 2011 Voir le lien suivant : http://www.ird.fr/la-mediatheque/fiches-d-actualite-scientifique/369-l-afrique-au-grandtournant-demographique

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Pour en revenir au réel défi qui se pose, il concerne les gouvernements africains ainsi que la diaspora. Quelles mesures gouvernementales doivent être prises en vue: - de faire baisser le tôt de natalité afin d’améliorer le ratio d'inactif par actif qui est aujourd'hui de 1 inactif pour 1 actif - d'inciter à l'investissement en Afrique - d'atteindre les objectifs agricoles fixés ou à fixer afin de pouvoir nourrir une population grandissante - d'encourager l'entreprenariat. Ceci en accompagnant les petites et moyennes entreprises (PME) par l'amélioration de leur cadre réglementaire et institutionnel dans le but de générer par là même de l'emploi évitant ainsi au continent de se retrouver avec une population jeune mais désemparée Ce dernier point mérite précisions. Une étude31 nous expose un problème récurrent auquel doivent faire face les pays africains dans le domaine entrepreneurial, celui du "missing middle" (absence d'une taille intermédiaire). Il est question d'une dualité se traduisant par l’existence de petites et de grandes entreprises mais le manque d'entreprises moyennes permettant de créer un pont entre ces deux entités via, entre autres, la sous-traitance. Ainsi les entreprises évoluent parallèlement et non conjointement. Voici donc quelques uns des enjeux démographiques d'aujourd'hui et de demain en Afrique.

 Socioculturel et politique: Il existe un réel problème d'instabilité politique dans certains pays d'Afrique subsaharienne (coups d'états, dictatures…), nous en avons eu le triste exemple encore récemment avec les revendications et actions extrémistes d'AQMI32 au Mali. Ce problème (alimenté par les occidentaux vous dirons certains) est couplé à celui du manque de leadership qui se traduit par la mise

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« Le management africain, entre contraintes économiques et contingences culturelles : Résultats d’une enquête à N’Djaména, Tchad », Document de Recherche n° 2006-26, Xavier GALIÈGUE et Nanadjim MADJIMBAYE, Avril 2006 Voir le lien suivant : http://www.univ-orleans.fr/leo/liensdr/dr200626.pdf 32 Al Qaida au Maghreb Islamique, organisation terroriste se réclamant d’une mouvance religieuse islamique mais menant des actions extrémistes en inadéquation totale avec les principes fondamentaux de n’importe quelle religion.

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en place de reformes et programmes non effectifs puisque placés sous la coupe de dirigeants non investis par une véritable vision politique. Quant au contexte socioculturel, bien que l'usage courant des langues européennes (dont l'anglais) en Afrique ainsi que le lien colonial persistant soient en un sens des vecteurs favorisant les échanges avec les partenaires étrangers, la corruption vient entacher cela. Elle est une issue déterminante car presque tous les secteurs d'activités sont affectés par le système des dessous de table qui alimente les poches de plusieurs hommes de pouvoir africains. Ce poison s'est infiltré à deux niveaux: - Corruption intra étatique : il s'agit d'un système frauduleux basé sur la distribution de pots de vins auprès des instances gouvernementales et judiciaires de l'état concerné. Non réglementé, ce système voit ses règles et ses taux évoluer au jour le jour. Ceci favorise la fuite des investisseurs qui se savent parmi les premières victimes de ces manigances et ne souhaitent pas subir un chantage les poussant à donner toujours plus à ces agents corrompus. De surcroit, ils ne peuvent planifier dans leur comptabilité le coût qu'impliquent les dessous de table, puisque les montants varient et sont décaissés de façon aléatoire, ce qui leur cause également des soucis de bonne gestion de leurs fonds. En effet, leurs prévisions financières restent instables car dépendantes de ces dépenses non déclarables et inévitables. - Corruption interétatique : cette corruption est hautement plus dangereuse puisqu'elle fait passer les intérêts propres du dirigeant de l'état avant ceux du peuple. Certains chefs d'états africains appartiennent à des fraternités qui les engagent personnellement dans une relation pseudo familiale avec d'autres présidents principalement occidentaux. Ainsi des accords tacites sont passés dans le cadre de ces ententes secrètes. Il a été rendu publique par exemple que l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade appartient à la franc-maçonnerie ce qui a soulevé un vent de colère chez la population sénégalaise qui y a vu là une trahison. Ce n'est pas le seul chef d'état africain concerné. Aussi longtemps que les peuples auront à leur tête des dirigeants collaborationnistes, les états africains se maintiendront dans une posture néocolonialiste. Un rapport réalisé par l'ONG Global Financial Integrity rendait public le chiffre représentant la fuite de capitaux favorisée par la corruption et le manque de compétences, il s'élève à 1 400 milliards de dollars de capitaux soit plus ou moins le PIB africain actuel, un véritable manque à gagner pour l'économie africaine.

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Il est donc probable que certains soulèvements africains soient manigancés par des puissances économiques mondiales, comme le soutiennent plusieurs individus, mais il existe une plaie africaine qui gangrène l'ensemble du système en favorisant ceux ayant le plus de pouvoir au détriment des classes moyennes et en difficultés qui s'empêtrent dans une vie juchée d'embuches. Ce n'est pas le népotisme de certains dirigeants africains, qui se traduit par une volonté d'utiliser leur pouvoir dans le but de favoriser l'ascension sociale de leurs proches, qui permettra une amélioration dans les années à venir. Néanmoins, certains pays comme le Ghana et l'Angola ont connu une politique exemplaire. La seconde dimension qui doit être évoquée ici est celle d'un esprit d'entreprise fortement influencé par le contexte socioculturel. Les décideurs au sein des entreprises africaines rencontrent généralement un problème d'accès au crédit bancaire alors que leurs fonds propres sont parfois insuffisants, à cet inconvénient viennent se greffer leurs obligations propres envers leur communauté (famille/parents/amis/voisins/employés). Ces deux facteurs ainsi que la posture paternaliste du décideur au sein de la structure favorisent le maintien des entreprises à un stade de développement primaire. Ce sont là des réalités qui sont parfois ignorées des afro descendants. J'ai donc choisi d'observer de plus près la diaspora noire africaine afin: - de jauger sa connaissance des réalités africaines - de déterminer son degré de conscience de son africanité - de savoir si elle est animée par un désir de s'investir en Afrique considérant la conjoncture globalement favorable bien qu'il existe, comme sur tout continent, des facteurs dissuasifs à apprivoiser

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Chapitre 6. Mon choix d’étude Section 8. Pourquoi une étude quantitative ? Il est important de redéfinir ce que sont une étude qualitative et une étude quantitative: 

Etude quantitative:

Elle se présente sous forme de sondages dans l'objectif de vérifier des hypothèses, mesurer des comportements, se rendre compte de la notoriété d’une marque, se mesurer à la concurrence... Ce type d'étude cible un large groupe d’individus et les méthodes les plus utilisées afin de mener à bien une étude quantitative sont les questionnaires, études documentaires, panels et sondages. Cela peut se faire via des entretiens téléphoniques, via Internet ou encore par courrier. Les questions doivent être précises, fermées, souvent sous forme de QCM. D'une étude quantitative découlent des chiffres et statistiques permettant d’établir une synthèse. 

Etude qualitative:

Elle se présente sous forme d'entretiens menés dans le but de définir des hypothèses, comprendre l’image véhiculée par une marque, rechercher des idées nouvelles pour un produit, tester un message publicitaire… Ce type d'étude cible un échantillon réduit, on étudie un petit groupe d'individus. Les méthodes les plus utilisées afin de mener à bien une étude qualitative sont les entretiens et tests projectifs. Ils doivent être réalisés en face à face et les questions posées doivent être ouvertes (que pensez-vous de …). D'une étude qualitative découlent également des chiffres mais surtout des occurrences et verbatim qu'il faut analyser en prêtant une importance particulière à chacun des entretiens menés. J'ai donc décidé de réaliser une étude quantitative sur un échantillon de 783 personnes afin de dégager des chiffres et des statistiques relatives à: - la perception de soi en tant qu'afro descendant issu de la diaspora noire. - la perception de l'Afrique en tant que puissance économique, historique et comme vecteur marketing - le sentiment d'appartenance au continent africain et le désir de s'y investir

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Section 9. Détermination des divers outils d’étude quantitative 9.1 Présentation du questionnaire d'étude quantitative *Pour chaque question une possibilité de cocher "autre" et de préciser a été laissée Questions 1. Que pensez-vous des peaux claires ? 2. Utilisez-vous ou connaissezvous des personnes qui utilisent des produits éclaircissants ? 3. Que pensez-vous des tissages ?

4. Vous considérez-vous ? 5. Quels mots vous viennent à l’esprit lorsque l’on vous parle de l’Afrique ? 6. Cochez parmi les mouvements cités ceux que vous connaissez ? 7. Appartenez-vous à l’un de ces mouvements ? 8. Que diriez-vous de la place accordée aux civilisations africaines dans les livres d’Histoire non africains ?

9. Comment qualifieriez-vous votre degré de connaissance de l’Histoire africaine ? 10. Considérez-vous les caribéens, antillais, afro-américains comme des afro descendants ? 11. A quelle fréquence vous êtesvous déjà rendu en Afrique ? 12. Que pensez-vous des infrastructures en Afrique et de l’avancée technologique là-bas :

Réponses* C’est la qualité de la peau Une peau claire est synoUne peau claire est plus et non la couleur qui nyme de beauté belle qu’une peau ébène détermine sa beauté Vous en connaissez mais Vous n’en connaissez pas Vous en connaissez et en Vous n’en connaissez pas n’en utilisez pas vousmais vous en utilisez utilisez vous-même et n’en n’utilisez pas même vous-même Vous aimez en Vous n’en portez Vous avez décidé Il s’agit d’artifices Il s’agit d’un signe porter ou aimez les pas ou n’aimez pas d’arrêter d’en utilisés pour chand’aliénation mental femmes qui en les femmes qui en porter ou d’en ger de coiffure et de rejet de soi portent portent porter moins Issu d’un métissage Antillais (GuadeFrançais D’un pays d’Afrique Citoyen du monde culturel loupe…) SousMaladies Pauvreté OpportuniRichesse dévelop(sida, Terre mère Autre (Précisez) Adaptation tés pement lèpre…) Une peau claire est aussi belle qu’une peau noire

Panafricanisme

18. Combien d’événements, marques, structures récentes liées à l'ethnique/afro connaissez-vous?

Nappyisme

Négritude

Non

Oui : PanafricaOui : AfrocentriciOui : Nappyisme Oui : Négritude nisme té Les civilisations Les réalisations L’Histoire des L’Histoire des L’Histoire des peuples afriafricaines sont africaines se peuples africains peuples africains cains n’a pas à être abordée souvent citées limitent à l’Egypte n’est pas abordée a été modifiée au programme Il se limite à la connaisVous ne vous y conVous la connaissez Vous connaissez précisément sance de votre pays naissez pas du tout dans ses grandes lignes l’histoire des peuples africains d’origine en Afrique Oui Une fois

Non

A plusieurs reprises C’est un continent contrasté ou certains pays sont avancés technologiquement

Tout reste à faire

13. Planifiez-vous de vous invesOui et vous êtes contir en Afrique ? fiant 14. Que pensez-vous du choix C’est un pari risqué d’investir en Afrique ? 15. Selon vous existe-t-il un récent Oui réveil de la conscience noire ? 16. Existe-t-il actuellement un Oui essor de la mode ethnique/afro ? 17. La touche ethnique/afro est-elle selon vous un outil marketing actuellement ?

Afrocentricité (afro-centrisme)

L’Afrique dans sa globalité a beaucoup de retard

Jamais et vous ne souhaitez pas y aller

Les gens formés sont peu nombreux et émigrent vers d’autres continents

Oui mais vous craignez le Non choc culturel C’est une bonne C’est un devoir initiative

Oui Conscient

Vous n’avez pas de raison de vous y rendre

Autre

Non Non

Non 0Inconscient

Jamais mais vous souhaitez vous y rendre

Il existe de grandes industries africaines

Plusieurs pays africains sont en plein essor ainsi que leurs infrastructures

Vous hésitez Précisez votre réponse Là-bas ou ailleurs C’est un mauvais c’est idem investissement Ce réveil existe mais il n’est pas récent

Pas vraiment

Cette mode a toujours connu du succès

L’ethnique ne vend pas

L’ethnique est un outil très vendeur

Dans le déniDe 1 à 5

Plus de 5

- 43 -


9.2 Description de l’échantillon

 Qu’est-ce qu’un échantillon dans le cadre d’une étude ? Selon l’ISO33 un échantillon est « une ou plusieurs unités d’échantillonnage prélevées dans une population et destinées à fournir des informations sur cette population. Un échantillon peut servir de base à une décision concernant cette population ou le processus qui l’a produite ». Lors d’un sondage dans le cadre d’une étude marketing, de recherche ou d’opinion, on attend de l’échantillon qu’il fournisse des résultats aussi proches que possible de ceux qui auraient été obtenus si toute la population qu’il représente avait été interrogée. De façon générale, la représentativité est affirmée par ceux qui réalisent le sondage par le choix de leur méthode d’échantillonnage. C’est alors à eux de sélectionner de façon réfléchie et éclairée les membres qui composeront leur échantillon. Il existe deux types d’échantillons34 : -

Les échantillons aléatoires

-

Les échantillons empiriques

Dans les échantillons aléatoires, au sein de la population interrogée chaque individu est susceptible de faire partie de l’échantillon. On peut alors avoir recours au tirage au sort pour désigner les interrogés même si cela ne garantira pas in fine la représentativité de toutes les opinions (exemple : tirage au sort au sein de l’électorat français afin de répondre à un questionnaire politique). Ce type d’échantillon découle d’un "plan probabiliste" selon Jean Vaillant35. Dans les échantillons empiriques, on se base sur la connaissance de la structure existant au sein de la population mère afin de reproduire cette structure à petite échelle dans son échantillon. On retrouve ce type d’échantillons notamment dans la méthode des quotas utilisée par les instituts de sondage français. Ce sont des échantillons dits « raisonnés » ayant une efficacité reconnue mais il peut également y avoir des incohérences lorsqu’on souhaite à tout prix appliquer

33

International Standard Organization : Organisation Internationale pour la Normalisation Daniel Cote-Colisson auteur de l’article « Qu’est-ce qu’un échantillon représentatif ? » paru sur le site www.penombre.org. Voir : http://www.penombre.org/Qu-est-ce-qu-un-echantillon 35 Auteur de l’étude « Initiation à la théorie de l'échantillonnage » parue en Octobre 2005 sur weebly.com. Voir : http://monnano.weebly.com/uploads/1/6/6/3/1663287/theoechtage.pdf 34

- 44 -


des quotas trop rigoureux. C’est ce que Jean Vaillant qualifie d’échantillon né d’un « plan non probabiliste ».  Pourquoi faut-il bien choisir son échantillon ? Malgré le fait que les données ne soient pas collectées auprès de l’ensemble de la population, l’échantillon doit néanmoins la représenter entièrement comme expliqué précédemment. Il est donc, une fois de plus, primordial de bien choisir la population qui sera interrogée afin d’obtenir des données pertinentes. En effet, plus les résultats des sondages sont proches de l’opinion de la population « mère » plus leur analyse sera aisée. Ainsi, les thématiques supposées par les sondeurs avant les enquêtes seront confirmées. En revanche, des résultats qui ne répondent pas aux problématiques que se posent les sondeurs montrent que soit le choix de l’échantillon n’est pas cohérent soit le questionnaire n’a pas été assez approfondi, les questions sont trop larges par exemple. De plus, un échantillon bien choisi sera précis et digne de confiance pour la suite de l’analyse et permettra de réduire la marge d’erreur éventuelle. Pour cela il existe différents critères de sélection d’un échantillon qui le rende plus fiable  Comment choisir son échantillon ? Il est nécessaire de choisir son échantillon en fonction de la thématique choisie. En effet, il y a différentes sortes d'échantillons (cf. aléatoires et empiriques). Dans un deuxième temps, plusieurs critères doivent être pris en considération quant au choix de la composition dudit échantillon. Afin d’être véritablement représentatif de la population, il doit : • Comparer différentes tranches d'âges lorsque cela paraît intéressant • Différencier le sexe (homme/femme) si cela est pertinent • Représenter la diversité de la population • Mettre en évidence différentes catégories socioprofessionnelles si nécessaire

- 45 -


La taille idéale de l’échantillon : Un échantillon ne doit pas être trop petit car il risque de ne pas être représentatif de la population étudiée. Il n’est pas nécessaire non plus qu’il soit trop important, il faut donc trouver un juste milieu. Il faut savoir qu’un échantillon est matérialisé par un seuil de confiance et une marge d'erreur. Dans le cas de l'estimation d'une proportion

n est la taille de l'échantillon z est une constante à 1,96 p est le pourcentage de gens qui présentent le caractère observé e est la marge d'erreur d'échantillonnage choisie

de la population étu-

diée, un échantillon défini par exemple avec un seuil de confiance de 95% et avec une marge d'erreur de e = 3% permettra d'extrapoler chaque résultat issu de l’enquête avec 5% de risques d’erreur de + ou - 3%. Pour calculer la taille de l'échantillon dans le cas de l'estimation d'une proportion, on appliquera la formule suivante: n = z²p(1 – p) e²  Les caractéristiques de mon échantillon quantitatif Dans le cadre de mon étude quantitative j'ai choisi de déterminer mon échantillon en adoptant la méthode d'échantillonnage aléatoire sur la base des critères suivants: - Grandeur de l'échantillon: un groupe de 340 personnes au minimum afin d'avoir une étude assez représentative, ce chiffre a été défini sur la base de la formule détaillée ci-dessus comme suit: P représente le pourcentage total de la population observée c'est-à-dire le pourcentage, parmi la population mondiale, de personnes issues de la diaspora noire africaine vivant en dehors du continent noir africain. En 2003 selon une étude réalisée par l'IAC dans le cadre de leur programme "Consulta Interagencial sobre Raza en América Latina" et le Programme des Relations Raciales du Dialogue Interaméricain, la population afro descendante s'élèverait approximativement à 150 millions de personnes en Amérique Latine soit environ un tiers de la population totale latino-américaine. Les pays où l’on trouve le plus grand pourcentage d’afro descendants en

- 46 -


Amérique Latine sont; la République Dominicaine (84%), Cuba (62%) et le Brésil (46%). A ces 150 millions ajoutons les afro descendants d 'Asie, de l'Océan Pacifique et du Moyen-Orient (308,5 millions36), ceux d'Amérique du Nord (40 millions37), de la zone des Caraïbes (29 millions38) et d'Europe (8 millions39). Je n'ai malheureusement pas pu connaître l'estimation du nombre d'afro descendants vivant en Australie (principalement des aborigènes). Il est à préciser que le total des afro descendants que j'ai pu estimer selon les sources trouvées, soit 535,5 millions (hors Australie), n'est pas exact mais approximatif puisqu'il faut prendre en compte le fait que les afro descendants en situation irrégulière ainsi que certains métissages ne sont pas recensés. Ajoutons à cela le fait que dans certains pays comme la France le gouvernement interdit les sondages ethniques il faut donc s'appuyer sur des estimations réalisées par des groupes et instituts indépendants.

Répartition de la population mondiale Population non afrodescenda nte et habitants de l'Afrique

7,5%

92,5%

Population afrodescenda nte en dehors de l'Afrique

Répartition des afrodescendants (vivant hors Afrique) 5% 2%

Asie

7%

Amérique Latine

28%

58%

Amérique du Nord Caraïbes

Europe

36

Chiffre déterminé à ma demande par Runoko Rashidi célèbre historien, écrivain et conférencier international afro-américain. Runoko Rashidi est l’auteur du célèbre livre « Histoire millénaire des Africains en Asie ». Suite à nos conversations et après recherches, il m’a donné les estimations que voici concernant la présence des afro descendants en Asie et au Moyen-Orient : Inde 300 millions (Dravidiens, Adivasis, Dalits), Iraq 5 millions, Péninsule Arabique 1 million, Turquie 1 million, Iran 200 000, Pakistan 200 000, Asie du Sud-est 200 000, Israël/Palestine/Jordanie/Syrie, Liban 200 000, Philippines 100 000, Chine/Japon/Corée 100,000, Océan Indien 50,000 37 Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Afro-Am%C3%A9ricains 38 Voir estimations : http://en.wikipedia.org/wiki/Afro-Caribbean 39 Plusieurs pays interdisent le recensement ethnique mais certaines organisations réalisent des estimations, ce chiffre est donc une estimation générale prenant en compte les pays européens ayant les plus fortes concentrations de population afro-européenne.

- 47 -


Ici P serait donc le pourcentage d'afro descendants vivant en dehors de l'Afrique par rapport à la population mondiale de 7 135 617 958 habitants40, soit 7,5 % ([527 000 000 / 7 135 617 958] x 100). La marge d'erreur (e) est ici de 3%. Donc: n= 1,96 x 0,075 (1-0,075) 0,02² n= 1,96 x 0,075 x 0,925

n= 0,135975

0,0004

0,0004

n= 339,9

- Un échantillon issu de la diaspora noire africaine vivant en dehors de l'Afrique - Un échantillon âgé de plus de 18 ans afin d'avoir une certaine maturité dans les réponses données - Un échantillon respectant une certaine mixité culturelle et des genres. Il s'agissait donc de cibler à la fois des hommes et femmes mais aussi des afro descendants originaires directes* de pays africains (en dehors du Maghreb) et d'autres originaires des caraïbes et des Amériques même si cela s'avère plus compliqué. Afin de répondre à ces critères j'ai sélectionné parmi mes amis Facebook plusieurs hommes et femmes afro descendants (environs 150) vivant au Canada, aux Etats-Unis, en France, en Espagne, en Angleterre, en Thaïlande et autres. Je me suis également rendue sur divers groupes Facebook afin d'y expliquer l'étude que je menais et d'y laisser un lien vers mon questionnaire. Les groupes que j'ai contactés sont: - des groupes réservés à la diaspora noire africaine - des groupes réservés aux caribéens - des groupes fréquentés par la communauté afro-consciente - des groupes prônant le métissage - des groupes afro-centristes, pro-nappys et anti-nappys Le but d'une telle diversité est d'avoir une étude qui traduise de façon générale la ou les dynamiques existantes au sein de la diaspora noire africaine en visant toutes les couches de cette diaspora. Le soutien de groupes Facebook influents tels que "NegroNews" (plus de 50 000 adhé-

40

Estimation réalisée par http://www.populationmondiale.com/#sthash.riHJfpjw.dpbs

- 48 -


rents) et "Noir et Fier" (près de 511 000 adhérents) a aidé mon enquête à décoller. Ainsi 783 questionnaires remplis m'ont été retournés. 9.3 Tableau explicatif des questions posées

N° de question

Question

1

Que pensez-vous des peaux claires ?

2

Utilisez-vous ou connaissezvous des personnes qui utilisent des produits éclaircissants ?

Dans quel tableau apparaît la question? Est-ce la variable descriptive ou explicative ?

Justifier la question

A: Explicative

Il existe un véritable problème de rejet de la peau noire au sein de la population afro descendante. Ce phénomène est le pendant d'un complexe d'infériorité engendré par ce qu'on appelle aliénation culturelle. Cette question permet donc de mesurer les effets de cette aliénation.

A: Descriptive

L'éclaircissement de la peau est une pratique dangereuse physiquement et psychologiquement. Cette question permet de mesurer le degré de mise en danger de soi au profit d'un idéal.

3

Que pensez-vous des tissages ?

C: Descriptive

Les tissages sont de plus en plus associés à un rejet de son africanité au profit d'un idéal autre. Cette question permet de jauger la façon dont les afro descendants jugent le port du tissage et à quoi ils l'associent.

4

Vous considérez-vous : Français D’un pays d’Afrique Citoyen du monde Issu d’un métissage culturel Antillais

B: Explicative F: Explicative

Cette question est relative à la perception de soi, il est important de comprendre comment chacun des afro descendants observé se définit et son sentiment d'appartenance ou non à la diaspora africaine.

Quels mots vous viennent à l’esprit lorsque l’on vous parle de l’Afrique ?

E: Descriptive

Savoir à quoi les afro descendants associent l'Afrique permet de comprendre leur relation avec ledit continent (voyages làbas, désir de s'investir, sentiment d'appartenance ou non …)

6

Cochez parmi les mouvements cités ceux que vous connaissez ?

Analyse du tableau C

Avec cette question nous analysons l'impact des courants pronoirs, sont-ils connus de la population observée? Si oui lesquels sont les plus populaires?

7

Appartenez-vous à l’un de ces mouvements ?

C: Explicative

8

Que diriez-vous de la place accordée aux civilisations africaines dans les livres d’Histoire non africains ?

B: Descriptive

5

Là nous cherchons à connaître le degré d'engagement des afro descendants dans le mouvement de Renaissance noire Africaine. Les pro-noirs dénoncent souvent une Histoire d'Afrique ignorée ou passée sous silence par les civilisations occidentales. Cette question permet de savoir si ce sentiment est commun aux afro descendants de façon générale.

- 49 -


9

Comment qualifieriez-vous votre degré de connaissance de l’Histoire africaine ?

10

Considérez-vous les caribéens, antillais, afro-américains comme des afro descendants

D: Explicative

Ici nous cherchons à savoir si concrètement les afro descendants cherchent à renouer avec leurs origines et leur culture par le biais de la connaissance de l'Histoire des peuples africains. Cette étape est cruciale dans la connaissance de ses origines, il est intéressant de voir si cet effort est fait par la population observée.

Analyse du Tableau B

Il existe de nombreuses divisions au sein de la population afro descendante bien qu'ils soient de plus en plus nombreux à chercher une unité africaine. La question 10 permet de mesurer le nombre d'afro descendants en faveur d'une unité africaine au sein de la population observée.

11

A quelle fréquence vous êtesvous déjà rendu en Afrique ?

D: Descriptive

Il est intéressant de savoir si les afro descendants interrogés se sont déjà rendus en Afrique ou s'y rendent régulièrement. Cela peut expliquer leurs réponses de façon générale car constater une réalité de visu ou la constater via un écran peut avoir une influence certaine.

12

Que pensez-vous des infrastructures en Afrique et de l’avancée technologique là-bas ?

E: Explicative

Cette question nous donne un aperçu de la connaissance réelle du développement en Afrique par la population afro descendante.

13

Planifiez-vous de vous investir en Afrique ?

14

Que pensez-vous du choix d’investir en Afrique ?

F: Descriptive

15

16

17

18

Selon vous existe-t-il un récent réveil de la conscience noire ?

Pensez-vous qu’il existe actuellement un essor de la mode ethnique/afro ? La touche ethnique/afro estelle selon vous un outil marketing actuellement ? Combien d’événements, marques, ou structures récentes liées à la notion ethnique/afro connaissez-vous ?

G: Descriptive

Dans le cadre de mon étude la question du désir d'investir en Afrique est centrale, mesurer ce désir au sein de l'échantillon observé est nécessaire.

G: Explicative

Cette question illustre la précédente, ainsi elle permet une meilleure compréhension des raisons incitant ou non les personnes interrogées à s'investir en Afrique.

I: Explicative

La quinzième question est relative aux divers mouvements pro-noirs actuels et à la Renaissance Noire Africaine. Nous cherchons à savoir si les afro descendants pensent qu'il existe un réveil de la conscience noire et si oui s'il est récent ou non.

I: Descriptive

H: Descriptive

Là nous abordons la question marketing et stratégique, l'ethnique et l'Afrique comme outil générateur de bénéfices pour les entreprises. Nous cherchons à savoir s'il existe une mode Afro/ethnique/Africaine sur laquelle surfent des enseignes. Ces trois questions permettent de déterminer cela et de savoir si la population observée connaît des marques, enseignes ou évènements récents liés à l'ethnique et l'Afrique.

H: Explicative

- 50 -


9.4 Les 9 tableaux d’analyse croisée Les tableaux d'analyse croisée permettent de mettre en relation deux données, l'une étant la donnée explicative (horizontalement) et la seconde la descriptive (verticalement). Ainsi l'on va émettre des hypothèses et chercher à les vérifier en analysant si, dans les faits, l'on peut constater une relation de cause à effet entre les deux données croisées.  1ère hypothèse : L'aliénation ou la non-aliénation culturelle d'un sujet afro descendant varie en fonction de son degré de "conscience noire" et son degré d'estime de soi TABLEAU A :

Que pensez-vous des peaux claires ? Décompte Utilisez-vous ou connaissez-vous des personnes qui utilisent des produits éclaircissants ? Décompte

C’est la qualité de la peau et non la couleur qui détermine sa beauté 402

Une peau claire est aussi belle qu’une peau noire

Une peau claire est synonyme de beauté

Une peau claire est plus belle qu’une peau ébène

341

16

4

Vous en connaissez mais n’en utilisez pas vous-même

Vous n’en connaissez pas et n’en n’utilisez pas

Vous en connaissez et en utilisez vousmême

Vous n’en connaissez pas mais vous en utilisez vousmême

467

225

17

4

Autre 67 Autre: les peaux noires sont plus belles que les peaux claires 12

Nous observons ici qu'une large majorité des interrogés pense que c'est la qualité de la peau et non sa couleur qui détermine sa beauté mais aussi qu'une peau noire est aussi belle qu'une peau claire, ceci explique en partie le fait que parmi les interrogés seuls 21 affirment s'éclaircir la peau. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, parmi ces 21 personnes trois pensent qu'une peau claire est synonyme de beauté et deux seulement considèrent une peau claire comme étant plus belle qu'une peau noire. Cela signifie que 16 prétendent que peau noire et peau claire sont aussi belles et que c'est la qualité et non la couleur de peau qui détermine la beauté de la peau. C'est assez étonnant car s'éclaircir la peau n'améliore pourtant pas la qualité de celle-ci, bien souvent elle la dégrade bien au contraire. D'autre part si l'on considère que peau claire et peau noire sont aussi belles l'une que l'autre alors pourquoi s'éclaircir? Ainsi j'en viens à la conclusion suivante, soit ces personnes ne sont pas conscientes de ce qui les pousse réellement à agir ainsi (aliénation), soit elles se mentent à elles-mêmes (déni) ou bien elles n'osent pas dire le fond de leur pensée de peur d'être jugées bien que le questionnaire soit

- 51 -


anonyme. L'acte d'éclaircissement n'est pas anodin et se traduit par l'application sur la peau de produits toxiques voir corrosifs dans le but de se dépigmenter. La dépigmentation paraît alors être une solution pour atteindre un idéal de beauté. Toutefois, derrière ce geste qui pour certains se veut purement esthétique se cache une dimension psychologique plus profonde, le rejet de soi. Les habitants d'Afrique en sont d'ailleurs de plus en plus conscients, ce qui explique notamment qu'à Dakar un panneau publicitaire faisant l'apologie de l'éclaircissement de la peau ait été sanctionné et retiré. Enfin, je tiens à souligner une dernière tendance observée cette fois lors du dépouillement du champ "autres". A 23 reprises il était écrit que les peaux noires étaient plus belles que les peaux claires. J'aurais d'ailleurs dû préciser cette option en rédigeant le questionnaire mais il est intéressant d'observer ici cette pensée qui est de plus en plus d'actualité notamment sur les réseaux pro-noirs. C'est une pensée que je considère tout aussi dangereuse que de penser qu'une peau claire est plus belle qu'une peau noire, en effet ce genre de pensées mène parfois à des extrémismes. J'ai d'ailleurs pu lire les propos racistes suivants venant d'un interrogé se définissant comme afro centriste " une peau claire est une peau de porc, une peau cancéreuse de merde, je déteste et je maudis à jamais". Ainsi j'invite tous les afro descendants à ne pas tomber dans les travers de la haine car il ne ressort rien de bon du dicton "œil pour œil, dent pour dent»41. TABLEAU B :

Vous considérez-vous:

D’un pays d’Afrique

Décompte

403

Que diriez-vous de la place accordée aux civilisations africaines dans les livres d’Histoire non africains ? Décompte

L’Histoire des peuples africains n’est pas abordée 366

Français 209 L’Histoire des peuples africains a été modifiée 333

Citoyen du monde 194 Les réalisations africaines se limitent à l’Egypte 283

Issu d’un métissage culturel 162 L’Histoire des peuples africains n’a pas à être abordée au programme 159

Antillais / Caribéen(e)

Autre

123

43

Les civilisations africaines sont souvent citées 15

Autre

54

41

Bien souvent la raison invoquée par ceux choisissant la haine des occidentaux est leur passé colonialiste et esclavagiste, le mal fait aux ancêtres noirs ainsi que le néocolonialisme toujours d’actualité.

- 52 -


Observons ici que parmi les 783 afro descendants ayant répondu au questionnaire seuls 403, soit 51,5%, se disent issus d'un pays d'Afrique. Il est également intéressant de constater que seuls 209 répondants se considèrent français. Bien que je ne puisse déterminer le nombre exact de personnes résidants en France parmi les interrogés, il est évident qu'ils sont plus nombreux que ces 204 personnes, ce qui laisserait entendre que certains afro descendants résidant en France ne se sentent pas français pour autant. Il s'agit d'un phénomène intéressant à observer car il est souvent énoncé afin d'expliquer certaines tensions sociales en France. Parmi les 209 interrogés se définissant comme français 26 se disent uniquement français. Nous avons donc là ce qu'on appelle l'acculturation, ces afro descendants ne s'identifient en rien à l'Afrique. Notons également que parmi les 123 personnes se considérant antillaises seules 33 se disent également issues d'un pays d'Afrique. Là encore soulignons un second phénomène de société qui anime vivement certains réseaux sociaux, le sentiment de non-appartenance au continent africain d'une partie de la population antillaise. Cela crée souvent un clivage entre les afro descendants et des incompréhensions car bien que certains antillais ne soient pas afro descendants ils le sont en très grande majorité. Ce clivage s'est d'ailleurs nettement manifesté dans les réponses que j'ai reçu dans la rubrique "autre" de la question "considérez-vous les antillais comme des afro descendants?". J'ai lu à plusieurs reprises "ils ne se considèrent pas comme des africains", voir même "ils dénigrent les africains". C'est pourquoi certaines îles et républiques souhaitent renouer avec leurs racines africaines. C'est le cas d'Haïti qui a, en ce sens, intégré l'Union Africaine42 en 2012. Un quart des interrogés se disent issus d'un métissage culturel. En effet, les afro descendants connaissent de plus en plus le métissage. Certains le considèrent comme une solution aux maux du monde et prônent le métissage comme l'arme ultime face au racisme alors que d'autres voient en lui un risque de perte identitaire et culturelle sur du long terme. 42

Union d’états africains créée en 2002. Elle est structurée autour d’une Commission, d’un Parlement panafricain et d’un Conseil de paix et de sécurité depuis 2003. Ses objectifs sont d'œuvrer à la promotion de la démocratie, des droits de l'homme et du développement à travers l'Afrique, surtout par l'augmentation des investissements extérieurs par l'intermédiaire du programme du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). Elle a également pour but la création d'une banque centrale de développement. Elle remplace l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et compte actuellement 54 pays membres.

- 53 -


Enfin, il n'est pas étonnant que plus de la moitié des interrogés estiment que l'histoire des peuples africains n'est pas abordée à l'école, a été modifiée ou se cantonne à l'Egypte puisque cette même majorité se considère en grande partie issue d'Afrique. Un cinquième des interrogés pensent cependant que l'histoire des peuples africains n'a pas à être abordée à l'école. Ce cinquième se compose de: - 39 personnes se disant uniquement issues d'un pays africain - 37 se disant d'un pays d'Afrique et de France - 33 métisses - 24 antillais - 21 se disant uniquement citoyens du monde - 5 personnes se disant uniquement françaises TABLEAU C: Appartenez-vous à l’un de ces mouvements ? Décompte Que pensez-vous des tissages ?

Décompte

Non 428 Il s’agit d’artifices utilisés pour changer de coiffure 333

Oui : Panafricanisme 141 Il s’agit d’un signe d’aliénation culturelle et de rejet de soi 156

Oui : Négritude

Oui : Nappyisme

Oui : Afrocentricité

100

92

48

Vous n’en portez pas ou n’aimez pas les femmes qui en portent

Vous avez décidé d’arrêter d’en porter ou d’en porter moins

Autre

117

99

87

Autre 18 Vous aimez en porter ou aimez les femmes qui en portent 78

48,6% des interrogés (soit 381 personnes) appartiennent à un mouvement pro-noirs. Le tissage* est souvent sujet à controverse entre pro-noirs et non pro-noirs mais également au sein même des courants pro-noirs car bien que certains voient le tissage comme un artifice, d'autres perçoivent en lui un élément d'aliénation. Ces derniers estiment que la femme noire en portant des cheveux qui ne sont pas les siens renie son africanité, inconsciemment ou non, au profit d'un idéal occidental. Observons la façon dont chaque mouvement aborde la question du tissage: - Les Panafricains (connus par 507 des répondants): les Panafricains semblent mitigés sur la question du tissage, seuls 42% associent le tissage à un signe d'aliénation culturelle. 50 n'en

- 54 -


portent pas ou plus alors que six déclarent en porter. 37% considèrent les tissages comme des artifices. - Les membres de la Négritude (connus par 548 des répondants): ils sont 33% à voir une forme d'aliénation dans le port du tissage et 44% à penser qu'il s'agit d'un artifice utilisé pour changer de coiffure. Seuls 6% déclarent en porter et ils sont 35 à déclarer ne pas ou ne plus en porter. - Les Nappys (connus par 337 des répondants): les nappys, parfois considérées comme intolérantes ou trop extrêmes, sont ici près d'un tiers à considérer les tissages comme des artifices. 26% des nappys voient le port du tissage comme un signe d'aliénation et près de la moitié (47) n'en portent pas ou plus. Trois nappys uniquement déclarent aimer porter des tissages. Ceci montre très clairement que le Nappyisme, qui passe par une révolution capillaire, donne une signification importante à l'abandon des tissages afin de favoriser le port des cheveux naturels cependant certaines continuent de se tisser car elles considèrent ce genre de coiffures comme protectrice du cheveu crépu. - Les afro-centristes (connus par 301 des répondants): ils sont 54% à associer tissages et aliénation culturelle. 44% ne portent pas ou plus de tissage. Seuls quatre personnes disent en porter et 14 pensent qu'il s'agit d'un artifice. 87 commentaires ont été laissés, la majorité des commentateurs disent ne pas rejeter ou juger de façon négative les femmes qui portent des tissages mais regrettent que certaines ne prennent plus soin de leurs cheveux naturels au profit du port permanent de tissages. Comme nous pouvons l'observer ici la question du tissage est sujette à division entre les divers courants et au sein même de ces courants. Les afro-centristes semblent tout de même être les plus convaincus que l'aliénation et le rejet identitaire passent également par le style capillaire adopté par les afro descendantes. Une seconde observation importante est que parmi les 156 personnes ayant déclaré le port du tissage comme étant un signe d'aliénation, 142 (soit près de la totalité) sont pro-noirs. Il y a ici une corrélation frappante entre le degré de "conscience noire" et la perception de certains codes de beauté chez une partie de la population afro descendante.

- 55 -


 2ème hypothèse : L'idée que se font les afro descendants de l'Afrique et des africains est biaisée TABLEAU D : Comment qualifieriez-vous votre degré de connaissance de l’Histoire africaine ? Décompte A quelle fréquence vous-êtes vous déjà rendu en Afrique ? Décompte

Vous la connaissez dans ses grandes lignes

Il se limite à la connaissance de votre pays d’origine en Afrique

Vous connaissez précisément l’histoire des peuples africains

Vous ne vous y connaissez pas du tout

430

147

70

63

A plusieurs reprises

Jamais mais vous souhaitez vous y rendre

Une fois

Autre

Vous n'avez pas de raison de vous y rendre

313

161

115

64

7

Autre

54 Jamais et vous ne souhaitez pas y aller 7

La première observation que nous pouvons faire ici est qu'en très grande majorité (98% des 651 répondants à cette question) les afro descendants ayant répondu se sont déjà rendus en Afrique ou souhaitent s'y rendre. Certains y vivent même depuis quelques années ou y ont vécu pendant un certain temps. On constate également que seuls 8% des répondants déclarent ne pas connaitre du tout l'Histoire africaine ce qui est un taux assez bas. Peut-être que ce dernier explique également le bas taux d'afro descendants ayant déclaré ne pas souhaiter se rendre en Afrique ou ne pas avoir de raisons d'y aller. En effet, ne pas connaitre du tout l'Histoire africaine démontre un désintérêt pour celle-ci si l'on considère l'accès rapide et large à l'information via internet, les bibliothèques et médiathèques, les colloques … Or se désintéresser de l'Histoire africaine favorise le désintérêt pour l'Afrique en soi. D'ailleurs parmi les 7 afro descendants ne souhaitant pas se rendre en Afrique 5 ignorent également tout de l'Histoire africaine.

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TABLEAU E :

Que pensez-vous des infrastructures en Afrique et de l’avancée technologique là-bas ? Décompte Quels mots vous viennent à l’esprit lorsque l’on vous parle de l’Afrique ? Décompte

C’est un continent contrasté ou certains pays sont avancés technologiquement

Plusieurs pays africains sont en plein essor ainsi que leurs infrastructures

336

304

Les gens formés sont peu nombreux et émigrent vers d’autres continents 285

Terre mère

Richesse

489

336

L’Afrique dans sa globalité a beaucoup de retard

Tout reste à faire

Il existe de grandes industries africaines

248

139

97

Opportunités

Pauvreté

Sousdéveloppement

Autre

Adaptation

20 Maladies (sida, lèpre…)

264

233

142

115

87

69

Autre

Lorsqu'il est question de la façon dont les afro descendants perçoivent l'Afrique l'idée principale qui émerge est que le continent africain est contrasté et qu'il existe des pays africains émergents où les infrastructures tendent à gagner en performance. Ainsi, certains pays sont avancés sur le plan technologique et d'autres non. Il s'agit-là d'une réalité. Nous comprenons alors mieux pourquoi bien que les termes de "terre mère", "richesse" et "opportunités" aient été les plus choisis (67% des réponses enregistrées pour les 7 termes proposés) ceux de "pauvreté", "sousdéveloppement" et "maladies" représentent tout de même 27% des réponses enregistrées pour les 7 termes proposés. Le phénomène de la fuite des cerveaux est également constaté par un peu plus d'un tiers des répondants. Si l'on met en corrélation le fait que près de la moitié des afro descendants considèrent ici que "l'Afrique dans sa globalité a beaucoup de retard" et que "tout reste a faire" avec les termes "sous-développement" et "opportunités" on constate alors que 89% des répondants ont associé ces quatre notions ou au moins trois d'entre elles. Enfin, notons que seul 12% de l'échantillon observé pense qu'il existe de grandes industries africaines. Ce taux extrêmement faible démontre selon moi deux choses: - les afro descendants ne s'informent pas assez sur l'avancée économique du continent africain, c'est également valable pour les secteurs socioculturels et politiques - les réalisations industrielles africaines ne sont pas assez mises en avant notamment dans les reportages télévisés concernant l'Afrique sur les chaines nationales grand public

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Car est-il nécessaire de rappeler qu'il existe bien évidemment de grandes industries africaines? Je reviendrai sur ce point plus en détails dans le chapitre traitant des raisons favorisant l'investissement en Afrique.  3ème hypothèse : Le sentiment d'appartenance au continent africain, un facteur clé dans le choix de s'y investir ou non TABLEAU F : Vous considérezvous : Décompte Planifiez-vous de vous investir en Afrique ? Décompte

D’un pays d’Afrique

Citoyen du monde

Français

403 209 194 Oui et vous êtes Oui mais vous craignez le confiant choc culturel 326 93

Issu d’un métissage culturel

Antillais (Guadeloupe, Martinique…)

Autre

162

123

43

Non

Vous hésitez

Autre

112

116

30

51% de l'échantillon se déclare issu d'un pays d'Afrique. Ainsi nous constatons qu'en vivant en dehors du continent africain, parfois depuis des générations, seul un afro descendant sur deux nourrit un sentiment d'appartenance directe à l'Afrique. Certains se disent français uniquement, d'autres citoyens du monde (notion très en vogue en ces temps de mondialisation), issus d'un métissage culturel ou bien encore antillais. Ainsi il n'est pas étonnant de constater qu’à peu près le même pourcentage (53%) souhaite s'investir en Afrique et que ces 53% soient composés à 83% de ces mêmes personnes se disant issues d'un pays d'Afrique. Enfin, 15% hésitent et 15% n'envisagent pas cette possibilité. Ici nous voyons de façon évidente le lien fort entre sentiment d'appartenance à l'Afrique et désir de s'y investir puisqu'il anime 83% des afro descendants concernés. TABLEAU G: Que pensez-vous du choix d’investir en Afrique ? Décompte

C’est une bonne initiative 450

Planifiez-vous de vous investir en Afrique ?

Oui et vous êtes confiant

Vous hésitez

Non

326

116

112

Décompte

C’est un devoir

C’est un pari risqué

Là-bas ou ailleurs c’est idem

322

168

52

Autre 26 Oui mais vous craignez le choc culturel 93

C’est un mauvais investissement 0 Autre 30

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Ici il est intéressant d'observer de plus près s'il existe ou non une concordance entre ce que la diaspora noire africaine pense en théorie et les actions qu'elle envisage de mener (donc en pratique) lorsque la question d'investir sur le sol africain est abordée. Tout d'abord notons qu'aucun questionnaire ne mentionnait que l'investissement en Afrique est une mauvaise idée ce qui suppose que dans cet imaginaire collectif créer son entreprise en Afrique n'est pas synonyme de faillite assurée. Toutefois 21,5% nous parlent d'un "pari risqué", dans cette catégorie nous retrouvons principalement ceux qui hésitent ou ne souhaitent pas s'investir. Penchons-nous sur ceux qui considèrent l'investissement de la diaspora en Afrique comme un devoir. Ils sont 322 et parmi eux : - 234 souhaitent s'investir en Afrique et sont confiants - 53 souhaitent s'investir mais craignent le choc culturel - 12 n'envisagent pas de s'investir - 23 hésitent Ainsi il apparait que ceux qui estiment que la diaspora a le devoir de s'investir en Afrique pensent remplir eux-mêmes cette mission bien qu'une minorité, 9%, hésite encore ou souhaite ne pas s'investir. Les commentaires complémentaires qui m'ont été adressés pour ces deux questions font état de quatre éléments principaux dissuadant les potentiels investisseurs de la diaspora: - le manque de moyens financiers dans l'immédiat - l'instabilité politique en Afrique et les problèmes de corruption gouvernementale - le sentiment d'insécurité - les rivalités et incompréhensions avec les autochtones Ces fléaux ne concernent pas uniquement cette tranche d'investisseurs potentiels mais l'ensemble des investisseurs. C'est d'ailleurs pour cette raison que la région de la Casamance où j'ai évolué pendant 6 mois connait une baisse significative de l'investissement étranger, le conflit rebelle dans cette région a engendré des dommages collatéraux qui l'ont plongée dans une profonde crise économique.

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 4ème hypothèse : L'Afrique comme valeur ajoutée, l'existence d'une mode ethnique/afro/africaine TABLEAU H : Combien d’événements, marques, ou structures récentes liées à la notion ethnique/afro connaissez-vous ? Décompte La touche ethnique/afro est-elle selon vous un outil marketing actuellement ? Décompte

De 1 à 5

Plus de 5

0

376

147 L’ethnique est un outil très vendeur 203

96

Oui 411

Non 96

Autre 6 L’ethnique ne vend pas 53

Autre 19

A la première question 80% de l'échantillon a répondu. Parmi les répondants 85% connaissent 1 à 5, voir plus de 5, événements, marques ou structures récentes liées à la notion ethnique/afro alors que 15% disent ne pas en connaitre. De façon générale l'ethnique/afro bénéficie donc d'une certaine visibilité actuellement, ce qui pourrait expliquer qu’à la seconde question 4/5ème des répondants aient considéré la touche ethnique/afro comme un outil marketing actuel voir, pour certains, comme un outil très vendeur. Parmi les personnes pensant que l'ethnique ne vend pas et qu’il ne s'agit pas d'un outil marketing actuel: - 44 ne connaissent aucun événement, marque ou structure récente liées a la notion ethnique/afro - 82 en connaissent entre 1 et 5 - 23 en connaissent plus de 5 La majorité de ces personnes ne connaissent pas ou peu l'offre afro/ethnique, ce qui explique en partie qu'ils ne voient pas l'expansion fulgurante de ce marche actuellement. Boucle Ebène, l'Afro Free Market, E-Bene Touch, la Black Fashion Week, Diouda, pour ne citer qu'eux, sont autant de structures, évènements et marques surfant sur la vague afro/ethnique ou l'ayant initiée. Il faut reconnaitre à certaines de ces entités une véritable éthique et un désir d'éveiller les consciences noires en révélant ce qu'il y a de meilleur en chaque afro descendant, cependant certaines entités voient en cette révolution un nouveau créneau marketing. Ces dernières s'engouffrent dans cette brèche, parfois sans maitriser les spécificités du phénotype africain. Ainsi les pro-noirs reprochent souvent à des marques telles que l'Oréal ou H&M de proposer dans leurs gammes afros des produits cosmétiques non adaptés aux afro descendants ou bien des

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habits imitant les imprimés africains (acte parfois considéré comme un "vol" ou une dénaturation). TABLEAU I: Selon vous existe-t-il un récent réveil de la conscience noire ? Décompte Pensez-vous qu’il existe actuellement un essor de la mode ethnique/afro ? Décompte

286

Ce réveil existe mais il n’est pas récent 284

Oui

Pas vraiment

412

142

Oui

Non

Autre

86 Cette mode a toujours connu du succès 107

54 Non

Autre

32

15

87% des personnes ayant répondu à cette question pensent qu'il existe un réveil de la conscience noire bien que près de la moitie ne le considèrent pas récent. Lorsqu'il est question de jauger la situation de la mode afro, 74% l'estiment en plein essor ou comme ayant toujours connu du succès. Notons que bien que 412 répondants constatent l'essor de cette mode, seuls 286 répondants observent un récent réveil de la conscience noire. Ainsi, il apparait que dans l'imaginaire collectif des afro descendants ce ne soit pas une plus large prise de conscience chez les noirs qui explique la meilleure visibilité du marché afro et la diversification de son offre. Cela veut donc dire, implicitement, que d'autres facteurs motiveraient certains entrepreneurs à s'intéresser à l'ethnique. C'est d'ailleurs ce à quoi je faisais allusion plus tôt. En constatant que les mouvements pro-noirs sont en plein essor dans certains pays tels que la France (il n'y a qu’à voir leur large expansion sur les réseaux sociaux) notamment avec le mouvement Nappy, certains commerciaux ou particuliers ont perçu là une nouvelle niche à conquérir. Un secteur porteur axé autour du retour au naturel principalement ne pouvait qu'inspirer de nouvelles vocations ou un désir de diversifications chez certains. Ainsi de grandes enseignes multinationales ont créé des marques capsules ou des collections éphémères dans les domaines cosmétiques et du prêt-à-porter. Citons pour exemple Soft Sheen de l'Oréal ou encore Burberry. À cela ajoutons certains des événements afro et pro-noirs créés récemment.

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Synthèse générale des tableaux d'analyse croisée: 1ère hypothèse : L'aliénation ou la non-aliénation culturelle d'un sujet afro descendant varie en fonction de son degré de "conscience noire" et son degré d'estime de soi Près de la moitié des afro descendants ne se disent pas issus d’un pays d’Afrique et n’appartiennent a aucun mouvement pro-noirs. Ainsi un afro descendant sur deux est conscient de son africanité et sensiblement le même ratio appartient à un mouvement pro-noirs. La plupart des afro descendants se sentant africains adhérent également à une mouvance de conscientisation noire. C’est intéressant car on comprend là que la façon de se définir explique son implication ou non dans la Renaissance Noire Africaine. Parmi ceux ne s’identifiant pas à l’Afrique nous retrouvons près de ¾ des antillais ce qui tend à confirmer les a priori de certains pro-noirs à ce sujet. Toutefois rappelons que l’Histoire antillaise, très particulière, a laissé des séquelles profondes. C’est pourquoi je n’étais pas étonnée de constater que certains antillais expliquent dans le questionnaire qu’ils ne souhaitent pas s’investir en Afrique car leurs projets concernent les Antilles. Enfin, constatons que sur les 156 afro descendants considérant le tissage comme un signe d’aliénation culturelle et de rejet de soi 142 sont pro-noirs. Les membres de mouvances pro-noirs représentent également 94% des personnes ayant estimé que l’Histoire africaine a été modifiée dans les livres d’Histoire non africains. Ceci montre clairement que c’est le degré de conscience noire qui détermine le degré d’aliénation culturelle. Car penser que l’Histoire africaine est celle que nous lisons par exemple dans les livres d’Histoire européens est une preuve de paresse intellectuelle et donc de désintérêt pour sa propre Histoire. En effet, de nombreux ouvrages et études, dont plusieurs cités précédemment, permettent d’affirmer que la lumière n’a pas été faite en occident sur l’Histoire africaine que ce soit à un moindre niveau ou dans sa quasi-totalité. Certains pensent qu’elle n’a pas à être abordée au programme (20%) mais est-il utile de rappeler qu’en Europe en plus d’apprendre l’Histoire du pays où l’on réside on apprend également des éléments de l’Histoire européenne, d’Afrique du Nord, américaine (nord et sud) et même asiatique. Pourquoi l’Afrique subsaharienne reste-t-elle hors programme alors même que la colonisation a lié l’orient à l’occident sur le plan historique. L’Afrique se limiterait-elle donc à l’Egypte ? C’est le constat que fait plus d’un tiers de la population afro descen-

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dante observée. Là encore, si l’Afrique se limite à l’Egypte dans les livres d’Histoire occidentaux, l’éducation publique serait-elle prête à reconsidérer la façon dont les égyptiens antiques sont présentés en prenant en considération les révélations faites par plusieurs anthropologues, chercheurs ou cette thèse parait-elle si absurde et dérangeante qu’elle ne mérite pas d’être considérée ? La première hypothèse est, aux vues des éléments développés ci-dessus, confirmée.

 2ème hypothèse : L'idée que se font les afro descendants de l'Afrique et des africains est biaisée Il est intéressant de constater que 98% des afro descendants observés se sont déjà rendus en Afrique ou souhaitent s’y rendre. C’est déjà un premier pas important dans la connaissance de soi en renouant avec ses origines mais encore faut-il que les motivations du voyage en question ne se limitent pas au simple tourisme de loisir. Presque l’entièreté des répondants connaissent l’Histoire africaine ne serait-ce que dans ses grandes lignes ce qui est encourageant mais la encore de quelle Histoire s’agit-il ? Car connaitre et penser connaitre sont deux notions différentes que la personne concernée ne distinguent pas aisément. D’ailleurs 70 répondants uniquement affirment connaitre précisément l’Histoire des peuples africains alors que 63 l’ignorent complètement. A cela ajoutons que seuls 12% pensent qu’il existe de grandes industries africaines et l’on voit le manque réel de prise d’informations approfondies concernant l’Afrique chez la population afro descendante. Je contrasterai cependant mon propos en revenant sur la perception que se font les afro descendants de l’Afrique. De façon générale leur perception est juste et ils ne tombent pas dans le piège du « misérabilisme » de l’Afrique. Bien que certaines notions telles que le sous-développement ou la maladie apparaissent (qui font bel et bien partie des réalités africaines au même titre qu’il existe de grandes fortunes, le tout est de ne pas être manichéiste), d’autres qualificatifs plus positifs leur viennent immédiatement a l’esprit. La seconde hypothèse est donc en partie vérifiée mais le propos doit être nuancé.

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 3ème hypothèse : Le sentiment d'appartenance au continent africain, un facteur clé dans le choix de s'y investir ou non 83% des afro descendants souhaitant s’investir en Afrique se disent issus d’un pays africain. De surcroit, parmi eux plus de la moitié considèrent qu’il s’agit d’un devoir. Cela illustre le lien fort qui existe entre sentiment d’appartenance à l’Afrique et désir de s’y investir ou non. En revanche soulignons l’incertitude et la crainte d’une tranche de la population observée lorsqu’il est question de s’investir en Afrique. Elles sont liées à des facteurs dissuasifs internes au continent tels que l’instabilité politique, le sentiment d’insécurité ou bien au manque de moyens financiers. Ainsi cela me permet de confirmer l’hypothèse de départ et de déterminer d’autres facteurs clés encourageant ou non l’investissement en Afrique : -

Le sentiment de sécurité ou d’insécurité

-

La situation financière de l’afro descendant

Ce sont des facteurs qui viennent compléter ceux évoqués précédemment dans la section « Quels facteurs principaux inffluencent lechoix de retour au pays? »

 4ème hypothèse : L'Afrique comme valeur ajoutée, l'existence d'une mode ethnique/afro/africaine

Seuls 15% des afro descendants ne connaissent aucun événement, aucune structure ou marque liés à la notion afro/ethnique. 4/5ème considèrent d’ailleurs l’afro comme un outil marketing actuel. Cela témoigne donc d’une certaine visibilité de la sphère afro/ethnique au sein de la diaspora. Plusieurs personnes ont été capables de citer des marques et structures précises. J’ai pu observer la récurrence de certaines d’entre elles, ce qui signifie qu’il existe des références dans l’univers afro.

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Chapitre 7. L’ouverture de nouveaux horizons pour l’Afrique

Section 10. La diaspora dite « consciente » un excellent tremplin économique Mon étude a permis d'appréhender les afro descendants sous divers angles: connaissance de soi, connaissance de l'Histoire africaine, connaissance de la situation économique africaine, désir d'investir en Afrique, l'Afrique comme outil marketing… Nous avons vu que l'idée que se font les afro descendants de l'Afrique et des africains est partiellement biaisée notamment dans le secteur économique. Ceci est parfois dû à une paresse intellectuelle, à un désintérêt ou encore à un problème d'aliénation culturelle. Nous avons pu observer que l'aliénation culturelle d'un sujet afro descendant varie en fonction de son degré de "conscience noire" et son degré d'estime de soi or développer cette conscience noire ne peut se faire sans se sentir africain. A ce sujet nous en sommes venus à la conclusion que ce sentiment d'appartenance au continent africain était par la suite un facteur clé dans le choix de s'investir ou non en Afrique. Il s'agirait donc d'un cercle vertueux dont la source serait la (re)connaissance de son africanité. En cela, les mouvements pro-noirs font un travail qui a su cibler la base même du problème pour tenter de l'éradiquer. En faisant un travail de fond axé sur la conscientisation des afro descendants ils ont pris la mesure de la place qu'occupe la perception de soi dans une dynamique de Renaissance Noire Africaine. Si l'on observe aujourd'hui un retour croissant de la diaspora subsaharienne vert le continent noir, n'oublions pas que parmi cette diaspora se trouvent de nombreux étudiants ayant quitté l'Afrique dans le but de poursuivre des études à l'étranger ainsi que des enfants d'immigrés dont les parents ont placés tous leurs espoirs en eux. Soit d'une part des étudiants qui savent d’où ils viennent, pourquoi ils sont partis et en quoi ils peuvent désormais non seulement participer à la construction de l'Afrique mais en plus accéder à des postes à responsabilités. D'autre part des enfants qui ont en tête de rendre leurs parents fiers et leur permettre de couler des jours heureux au pays avec une activité rentable leur assurant un certain confort. Un point commun à plusieurs des afro descendants ayant le projet de s'investir en Afrique est probablement le manque de perspectives d'avenir dans la sphère occidentale

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bouleversée par la crise. Ainsi ils se tournent vers des zones d'avenir, des pays émergents et l'Afrique en compte plusieurs. Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement, déclarait récemment "Aujourd'hui, les pays riches n'ont pas à se demander comment ils peuvent aider l'Afrique, mais la façon dont ils peuvent faire des affaires avec ce continent!". La conjoncture actuelle fait donc de l'Afrique, plus qu'une simple cible pour les ONG, un partenaire économique de choix. Ce constat, les observateurs mondiaux l'ont fait et les medias l'ont ébruité. La bonne publicité faite à l'Afrique ces dernières années en termes de croissance économique et en qualité de zone d'intérêt a probablement contribué à redorer le blason du continent dans l'inconscient collectif encourageant la ressource stratégique que constitue la diaspora à tourner son regard vers sa terre d'origine. Avec l'explosion démographique que va connaitre le continent ce sont 2 milliards de consommateurs en moyenne qu'il faudrait satisfaire d'ici 2050. Le challenge est énorme mais le retour sur investissement est conséquent. Dans les domaines tels que la téléphonie mobile, les nouvelles technologies, le web marketing, la finance, le commerce et la consommation de biens, l'agroalimentaire, les infrastructures ou encore les services les perspectives d'avenir sont immenses si l'on considère le stade peu avancé auquel se trouvent plusieurs de ces secteurs porteurs. Ainsi l'Afrique, parfois nommée la "terre vierge", est un continent où il y a beaucoup à faire. La matière grise de la diaspora aura donc des dizaines de pistes de réflexions à explorer et des centaines d'idées exploitables.

Afro descendants étudiants en MBA à Hampton

Innovation et créativité sont parmi les éléments clés d'une économie prospère, la diaspora dispose d'une longueur d'avance (expérience acquise en occident) et d'un regard plus ouvert sur le monde que la plupart des acteurs nationaux. Elle a donc toutes ses chances de se faire une place de choix sur cette terre vierge qui, grâce à cet engrais riche, verra peut-être pousser demain les fruits d'une réussite économique et sociale continentale.

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Section 11. Les limites de mon étude

Toute étude connait ses limites, il est donc bon que je souligne celles de mon étude. Limites de l'approche quantitative: Bien que l'échantillon étudié soit important (783 répondants) il ne représente l'opinion du groupe étudié que de façon théorique. C'est une limite commune à tout sondage et qui ne peut être évitée. Un échantillon basé sur une méthode d'échantillonnage empirique aurait peut-être réduit le risque d'erreur en représentant à petite échelle et de façon proportionnelle les diverses couches existant au sein de la diaspora observée. Toutefois, la encore nous n'aurions pas eu l'assurance que les quelques personnes censées représenter telle couche de la diaspora auraient traduit de façon fidèle la pensée du plus grand nombre. Ma situation géographique et l'usage du français sont également une limite de cette étude. En effet, parmi les répondants probablement très peu sont afro-asiatiques, quant aux negritos, dravidiens ou aborigènes d'Australie j'ose m'avancer sur le fait qu'ils ne sont aucunement représentés ici. Je sais cependant qu'au sein de l'échantillon se trouvaient des Afro-Américains. Bien que ces afro descendants soient aussi, en partie, mus par un désir de se revendiquer africains (les aborigènes et les dalits en particulier), j'émets le postulat que de par leur situation souvent compliquée il leur est difficile voire parfois impossible d'envisager un rapatriement sur le sol de leurs ancêtres. Quant à s'y investir, seule une minorité peut l'envisager. Il aurait été judicieux de compléter cette étude quantitative par une étude qualitative. Cela aurait consisté en la réalisation d'entretiens semi-directifs auprès de 10 entrepreneurs basés en Afrique et ayant vécu un certain temps en dehors du continent africain avant de revenir s'y investir. Le but de ces entretiens qualitatifs aurait été de comprendre les motivations de ces entrepreneurs, leur avis sur le rôle de la diaspora ainsi que sur les facilités et difficultés que celle-ci peut rencontrer en s'investissant en Afrique, enfin de connaitre leurs expectatives quant au futur du continent africain. Il aurait s'agit, en second lieu, de mettre ces nouvelles données en relation avec l'étude quantitative. Si j'avais eu le temps de mener une telle étude complémentaire voici les champs que j'aurais observés et le questionnaire que j'aurais élaboré:

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Les 5 thématiques principales à aborder : -

Le sentiment d’appartenance à l’Afrique L’aliénation culturelle La Renaissance Noire Africaine Le futur de l’Afrique (importance de la diaspora afro descendante) La place de l’afro descendant en l’Afrique

Thématique Le sentiment d’appartenance à l’Afrique

L’aliénation culturelle

1 Comment vous définiriezvous sur le plan identitaire et quel est votre lien avec le continent africain ? En vous investissant en Afrique souhaitez-vous prouver quelque chose ? Si oui à qui et pour quelles raisons ?

La Renaissance Noire Africaine

Que pensez-vous des courants pro-noirs et de l’ampleur qu’ils prennent ? Adhérez-vous à l’un d’entre eux? (Panafricanisme, Négritude, Nappyisme…)

Le futur de l’Afrique (importance de la diaspora)

Selon vous quel futur attend l’Afrique ? Peut-on envisager l’Afrique comme future puissance économique ?

La place de l’afro descendant en Afrique

Que pensez-vous de la fuite des cerveaux africains vers d’autres continents ? Les afro descendants ont-ils un rôle à jouer en Afrique ?

2

3

Pourquoi avoir choisi de vous investir sur le continent africain et pas ailleurs ?

Que pensez-vous de l’unité africaine ? (politique, économique, unité des peuples)

Pour quelles raisons selon vous certains afro descendants se désintéressent de l’Afrique ou renient leurs origines africaines ? Comment définiriez-vous la Renaissance Africaine et pensez-vous y contribuer d’une façon ou d’une autre ? Sur le plan marketing l’origine africaine des produits peutelle être un atout ?

Comment définiriez-vous la jeunesse afro descendante vivant en dehors de l’Afrique ? (afro-américains, antillais...) Comment qualifieriez-vous la place occupée par les peuples africains dans l’Histoire ? Pensez-vous que cette place a une influence actuelle sur la population afro descendante ? Les entreprises africaines telles que la vôtre/celle au sein de laquelle vous évoluez peuvent-elles espérer être pérenne selon vous et pourquoi ?

Quels sont les risques et les avantages en s’investissant en Afrique ? De quelle façon sont perçus selon vous les afro descendants de la diaspora en Afrique ? Quelles sont les difficultés et facilités propres à leur statut de façon générale et lors de leur retour vers l’Afrique en particulier ?

Quel message souhaiteriezvous passer aux afro descendants vivant en dehors de l’Afrique qui vous liront ?

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Conclusion

La Renaissance Noire Africaine est en marche. Avec un afro descendant sur deux conscient de son appartenance au continent africain (cf: se considérant "issu d'un pays d'Afrique") et le second se sachant tout au moins de la diaspora afro descendante bien que ne se sentant pas issu d'un pays africain, mon étude a prouvé que la diaspora ne rejette pas son africanité en bloc. Bien au contraire, on observe qu'elle s'implique dans le processus de Renaissance en intégrant des courants afro centristes, panafricanistes ou encore kémites et en envisageant de s'investir en Afrique. Ce désir d'investissement et sa concrétisation sont deux éléments cruciaux dans une dynamique de contribution à l'essor du continent africain. D'un point de vue personnel je ne peux qu'encourager de telles initiatives que je juge exemplaires. Toutefois je mets l'accent dur la nécessité de ne pas entamer une telle aventure avec passion et déraison. Vouloir apporter sa pierre à l'édifice est une intention louable mais le faire sans avoir tâté le terrain au préalable est à vos risques et périls que vous soyez issu de la diaspora ou non. N'oublions pas qu'un afro descendant vivant hors du continent n'a bien souvent pas, ou plus, ce que les autochtones africains nomment eux-mêmes "les réalités africaines". Ainsi j'attire ici l'attention du lecteur sur les diverses difficultés qui peuvent se poser ainsi que les erreurs à ne pas commettre: - une des difficultés majeures que devront affronter les courants pro-noirs et la diaspora subsaharienne (hors Afrique) de façon générale est l'attitude négative des populations africaines face aux afro-descendants ne maitrisant aucune langue africaine et/ou issus de métissages. Par "attitude négative" j'entends la non intégration de ces personnes à l'ensemble africain, ainsi ils sont considérés comme des "toubabs" ("blancs", même un noir au teint ébène peut être considéré ainsi, cela ne se limite pas aux peaux claires) et doivent faire leurs preuves avant de se voir attribuée une identité africaine par leurs pairs. Je pense que cela peut être dissuasif, particulièrement pour les afro descendants s'illusionnant sur l'accueil qui leur sera réservé lors de leur retour en terres africaines. Ils pensent parfois qu'on les considérera comme des africains or ce n'est pas souvent le cas. En revanche ils ne devraient pas rencontrer de difficultés

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d'intégration s'ils sont prêts à ne pas considérer cela comme un affront et à découvrir la langue, la culture, les us et les coutumes locales. Il est nécessaire, selon moi, que ces populations africaines prennent conscience de l'importance d'octroyer à tout afro descendant sa place originelle sur la terre natale et non celle du déraciné ou de l'acculturé. - il est primordial que les afro descendants s'imprègnent de l'Afrique et ne prennent pas ses habitants de haut car toute attitude suprématiste serait la mal venue comme vous l'aurez compris après avoir pris connaissance des difficultés historiques africaines au travers de ce mémoire. Ainsi je conseillerais de ne pas observer ce qui vous entoure en terre africaine exclusivement au travers du prisme occidental mais de vous mettre dans la peau de l'autochtone afin d'en saisir le point de vue et le mode de vie. Toutefois il est parfois bon d'adopter un regard occidental, dans le domaine professionnel notamment, afin d'améliorer ce qui peut l'être et de corriger ce qui doit l'être - informez-vous sur vos droits et vos devoirs, sur les taxes, les salaires et les lois régissant le travail là ou vous aurez choisi d'exercer. Avoir un avocat pour votre structure parait plus que judicieux. Ainsi vous ne serez pas pris au dépourvu quand vos salariés attendront de vous que vous preniez à votre charge leurs déjeuners ainsi que leur transport. Vous saurez aussi que les horaires de travail sont en général de 9h a 13h puis de 15h a 19h, seul le dimanche est chômé et dans les pays fortement islamisés le vendredi (jour de prière à la mosquée) est généralement une journée qui se finit plus tôt. Chaque pays et secteur d'activité a ses particularités, à vous de découvrir celles vous concernant avant de vous installer sur place. Vous éviterez bien des surprises - le mode de vie africain veut souvent que l'on ne planifie que sur du court ou du moyen terme. Ceci est dû au fait que les imprévus sont nombreux surtout si votre famille réside dans le pays d’accueil que vous avez choisi. Ainsi je vous conseille vivement d'avoir un "budget famille" mensuel afin de parer à tout problème de cet ordre sans pour autant avoir le sentiment d'avoir pioché dans ce qui devait être un bénéfice pour vous. Prévoyez-le dans vos dépenses personnelles mensuelles avant même votre arrivée en Afrique afin de savoir quel est votre seuil de

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rentabilité réelle et en-dessous de quel montant votre activité ne pourra pas vous permettre de réaliser des économies suffisantes pour envisager de nouveaux investissements par la suite - faites plusieurs voyages vers le pays choisi afin de vous familiariser avec celui-ci et d'entamer votre réseautage. Plus vous établirez de bons rapports avec vos voisins et les personnes susceptibles d'être intéressantes dans votre activité, mieux vous vous porterez. En effet les africains donnent une grande importance au relationnel et au respect d'autrui. En ce sens je vous rappelle qu'il existe une hiérarchie au sein des peuples africains qui place les plus anciens au sommet et les plus jeunes en bas. Respectez cela autant que possible et faites preuve de politesse partout ou vous irez. Tentez de faire un long séjour dans le pays choisi afin de faire une étude de terrain et d'observer certains éléments qu’à distance vous ne pouvez voir. Je citerai ici l'exemple d'un entrepreneur Européen venu s'installer au Cap Skirring après y avoir construit un complexe hôtelier. Quelques temps plus tard il se plaignait du niveau sonore des chants religieux dans la mosquée avoisinante faisant fuir sa clientèle. N'omettez aucun détail, menez une étude de terrain approfondie avant de vous investir la tête baissée. - informez-vous au préalable sur l'Histoire du pays que vous souhaitez intégrer et plus précisément sur celle de la région ou vous vous installerez. Cet aspect est important puisqu'il vous permettra d'avoir une meilleure compréhension de l'organisation de la société dans laquelle vous évoluerez. Cela vous évitera également d'aborder de façon maladroite certains sujets sensibles voir tabous - prenez le temps d'apprendre un maximum de choses auprès de ceux qui sont prêts à vous livrer des recommandations, des informations et parfois même des secrets (ancestraux). En effet, en ayant vécu en occident vous ne maitrisez pas au départ toutes les spécificités propres au lieu dans lequel vous vous trouvez. Même votre domaine d'activité se trouve influencé par le climat socioculturel alors tentez de comprendre les mécanismes de cette société, sa culture et ses croyances - élaborez un plan précis de ce que vous souhaitez réaliser en retournant en Afrique, faites une analyse FFOM/SWOT (Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces) et cherchez avant

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votre départ des solutions aux faiblesses de votre projet et aux menaces sur lesquelles vous pouvez avoir un contrôle bien qu'elles ne soient pas liées directement à votre activité mais impactent dessus. Ainsi vous aurez une longueur d'avance sur les éventuelles difficultés qui pourraient se présenter en les ayant étudiés à la loupe à esprit reposé. Car si vous vous laissez prendre au dépourvu il se peut que vous fassiez des choix irréfléchis qui pourraient vous nuire - entourez-vous d'un conseiller fiable qui connait les rouages de votre domaine d'activité et qui saura vous éclairer sur certaines prises de décisions ou postures à adopter. Un conseiller sur le plan personnel peut aussi être nécessaire, il pourra alors vous dire quels sont les prix pratiqués dans le pays pour tel ou tel item jusqu'à ce que vous maitrisiez ces prix car certains commerçants n'hésiterons pas à tenter de vous rouler. Attention toutefois à ne pas placer votre confiance en la première personne venue, comme partout il y a en Afrique des personnes malveillantes - socialisez mais restez sur vos gardes. S'il est vrai que les africains sont réputés pour leur accueil chaleureux dont je peux témoigner, il est aussi vrai qu'il existe des exceptions qui confirment la règle. Certaines personnes verrons en vous un pigeon ou un ennemi, sachez ouvrir l'œil et vous entourer de personnes bienveillantes Si vous réussissez votre pari d'investir en Afrique dans une structure qui vous permette de vivre bien et de développer l'économie africaine je vous garantie que votre qualité de vie sur le sol africain ne sera que meilleure en comparaison à celle que vous avez laissée derrière vous. Vous découvrirez un autre mode de vie, plus axé sur les relations humaines et les bonheurs simples de la vie que l'on oublie parfois. Vous verrez également qu'avec un bon salaire on peut aisément vivre en Afrique comme un pacha. Si tel est votre souhait alors à vous le chauffeur, la cuisinière et la femme de ménage! Enfin que vous soyez afro descendant ou non je vous laisse méditer sur ce proverbe africain: "Si tu ne sais pas où tu vas, cherche à savoir d’où tu viens"

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Bibliographie

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Table de matière des annexes

I . Annexes relatifs à mon étude ............................................................................................II I.1 Questionnaire vierge de l'étude quantitative .................................................................................II I.2 Résultats graphiques de l'étude quantitative ............................................................................... IV

I


I . Annexes relatifs à mon étude I.1 Questionnaire vierge de l'étude quantitative * 1: Que pensez-vous des peaux claires? Une peau claire est aussi belle qu’une peau noire C’est la qualité de la peau et non la couleur qui détermine sa beauté Une peau claire est synonyme de beauté Une peau claire est plus belle qu’une peau ébène * 2: Utilisez-vous ou connaissez-vous des personnes qui utilisent des produits éclaircissants ? Vous en connaissez et en utilisez vous-même Vous en connaissez mais n’en utilisez pas vous-même Vous n’en connaissez pas et n’en n’utilisez pas Vous n’en connaissez pas mais vous en utilisez vous-même * 3: Que pensez-vous des tissages ? Il s’agit d’artifices utilisés pour changer de coiffure Il s’agit d’un signe d’aliénation mental et de rejet de soi Vous aimez en porter ou aimez les femmes qui en portent Vous n’en portez pas ou n’aimez pas les femmes qui en portent Vous avez décidé d’arrêter d’en porter ou d’en porter moins * 4: Vous considérez-vous : Français(e) D'un pays d'Afrique Citoyen(ne) du monde Issu(e) d'un métissage culturel * 5: Quels mots vous viennent à l’esprit lorsque l’on vous parle de l’Afrique ? Richesse Pauvreté Opportunités Maladies (sida, lèpre...) Terre mère Sous-développement Adaptation 6: Cochez parmi les mouvements cités ceux que vous connaissez : Panafricanisme Afro-centricité (afro-centrisme) Nappyisme Négritude * 7: Appartenez-vous à l’un de ces mouvements ? Non Oui: Panafricanisme Oui: Afro-centricité Oui: Nappyisme Oui: Négritude * 8: Que diriez-vous de la place accordée aux civilisations africaines dans les livres d’Histoire non africains ? Les civilisations africaines sont souvent citées Les réalisations africaines se limitent à l’Egypte L’Histoire des peuples africains n’est pas abordée L’Histoire des peuples africains a été modifiée L’Histoire des peuples africains n’a pas à être abordée au programme * 9: Comment qualifieriez-vous votre degré de connaissance de l’Histoire africaine ? Il se limite à la connaissance de votre pays d’origine en Afrique Vous ne vous y connaissez pas du tout

II


Vous connaissez l’histoire d’Afrique dans ses grandes lignes Vous connaissez précisément l’histoire des peuples africains * 10: Considérez-vous les caribéens, antillais, afro-américains comme des afrodescendants ? Oui Non * 11: A quelle fréquence vous-êtes vous déjà rendu(e) en Afrique ? Une fois A plusieurs reprises Jamais et vous ne souhaitez pas y aller Jamais mais vous souhaitez vous y rendre Vous n’avez pas de raison de vous y rendre * 12: Que pensez-vous des infrastructures en Afrique et de l’avancée technologique là-bas ? Tout reste à faire C’est un continent contrasté ou certains pays sont avancés technologiquement L’Afrique dans sa globalité a beaucoup de retard Les gens formés sont peu nombreux et émigrent vers d’autres continents Il existe de grandes industries africaines Plusieurs pays africains sont en plein essor ainsi que leurs infrastructures * 13: Planifiez-vous de vous investir en Afrique ? Oui et vous êtes confiant Oui mais vous craignez le choc culturel Non Vous hésitez * 14: Que pensez-vous du choix d’investir en Afrique ? C’est un pari risqué C’est un devoir C’est une bonne initiative Là-bas ou ailleurs c’est idem C’est un mauvais investissement * 15: Selon vous existe-t-il un récent réveil de la conscience ? Oui Non Ce réveil existe mais il n’est pas récent * 16: Pensez-vous qu’il existe actuellement un essor de la mode ethnique/afro? Oui Non Pas vraiment Cette mode a toujours connu du succès * 17: La touche ethnique/afro est-elle selon vous un outil marketing actuellement ? Oui Non L'ethnique/afro ne vend pas L'ethnique est un outil très vendeur * 18: Combien d’événements, marques, ou structures récentes liées à la notion ethnique/afro connaissez-vous? 0 Entre 1 et 5 Plus de 5

III


1.2 Résultats graphiques de l'étude quantitative Etude au sein de la diaspora africaine www.mon-enquete-enligne.fr le : 03-06-2013 Résultats Nombre d'enregistrement(s) pour ce filtre : 783 Nombre total d'enregistrements pour ce questionnaire : 783

Résultat pour : 1 Que pensez-vous des peaux claires? Réponse

Décompte

Pourcentage

Une peau claire est aussi belle qu’une peau noire (a)

341

43.55%

C’est la qualité de la peau et non la couleur qui détermine sa beauté (b)

402

51.34%

Une peau claire est synonyme de beauté (c)

16

2.04%

Une peau claire est plus belle qu’une peau ébène (d)

4

0.51%

Autre (Précisez) parcourir les reponses

67

8.56%

Résultat pour : 2 Utilisez-vous ou connaissez-vous des personnes qui utilisent des produits éclaircissants ? Vous en connaissez et en utilisez vous-même (a)

17

2.17%

Vous en connaissez mais n’en utilisez pas vous-même (b)

467

59.64%

Vous n’en connaissez pas et n’en n’utilisez pas (c)

225

28.74%

Vous n’en connaissez pas mais vous en utilisez vous-même (d)

4

0.51%

Autre (Précisez) parcourir les reponses

12

1.53%

IV


Résultat pour : 3 Que pensez-vous des tissages ? Il s’agit d’artifices utilisés pour changer de coiffure (a)

333

42.53%

Il s’agit d’un signe d’aliénation mental et de rejet de soi (b)

156

19.92%

Vous aimez en porter ou aimez les femmes qui en portent (c)

78

9.96%

Vous n’en portez pas ou n’aimez pas les femmes qui en portent (d)

117

14.94%

Vous avez décidé d’arrêter d’en porter ou d’en porter moins (e)

99

12.64%

Autre (Précisez) parcourir les reponses

87

11.11%

V


VI


VII


VIII


IX


X


XI


XII


Le nouveau souffle de la diaspora noire africaine