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MENFI, DIAGNOSTIC URBAIN

Problématique de la reconstruction de la ville.

Adrien Gonnella TFE

Deuxième année du grade de Master en architecture


MENFI, DIAGNOSTIC URBAIN

Problématique de la reconstruction de la ville.

Adrien Gonnella Travail de Fin d’Etudes : TFE

Deuxième année du grade de Master en architecture Promoteur : Victor Brunfaut

Faculté d’architecture La Cambre-Horta 19 place Flagey 1050 Bruxelles Année accadémique 2012-2013


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«Menfi est aujourd'hui un laboratoire où il est possible d'exprimer la construction d'une ville nouvelle dont la valeur ne réside pas tant dans la qualité architectonique mais plutôt dans la force de l’implantation morphologique.»

(Gaetano Gulino, architecte à Menfi.) 5


REMERCIEMENTS 11 PREFACE

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INTRODUCTION

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I. MENFI ET SON CONTEXTE 31 A. Le territoire, la ville: caractères morphologiques, environnementaux et fonctionnels ........................ 33 B. Rôle de Menfi dans le contexte territorial ...............37 C. Activité économique ...............................................41 D. Urbanisme en Sicile ................................................45 II.

LA RECONSTRUCTION DE LA VILLE: LE PRG

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A. La métamorphose du plan urbanistique ................. 57 B. Présentation de l’instrument PRG de Menfi.............61 C. La naissance du PRG de Menfi ................................65 D. Formation du PRG de Menfi....................................67  Critères ...............................................................67

 Méthodologie......................................................71  Connaissances de base .......................................73 -Territoire -Centre urbain -Population et habitations -Economie locale

E.

Influence du PRG sur l’économie et les entreprises locales.....................................................................77 F. Les problèmes et objectifs du PRG ..........................79 G. Les zones urbaines ..................................................81  zone A .................................................................85

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 zone B ..................................................................87  zone C .................................................................89  zone D /zone PIP..................................................91  zone VP ...............................................................93


III.

ANALYSE DU TISSU URBAIN

A. B.

IV.

UNE VISION FUTURE POUR LA VILLE

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Enquête sur les espaces non édifiés et sur le vert ..........97 Typologie du bâti ........................................................101 107

A. Secteurs d’interventions stratégiques (PE)...................109 1. Secteur de rénovation urbaine PE.1 ....................................111

2. Secteur pour les infrastructures de production PE.2 ...........121 3. Secteur du parc urbain/d’extension résidentielle sud PE.3.......................................................................................125 4.Secteur d’extension résidentielle/commerciale ouest PE.4........................................................................................129

2. Le projet de la zone A1 «Isola di interesse ambientale».......141 3. Le projet PEEP ......................................................................145 4. Le projet Parco dello Sport ...................................................151 5. Le projet Inico .......................................................................155 6. Le projet Pilote .....................................................................161 7. Le projet de l’Area Palminteri ...............................................165

B. L’album de projets .......................................................133 1. L’intervention de Vittorio Gregotti .......................................137

CONCLUSION

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ANNEXES CARTOGRAPHIQUES

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BIBLIOGRAPHIE

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REMERCIEMENTS

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La réalisation de ce travail de fin d’études n’aurait pas été possible sans la rencontre, la présence et l’aide énorme apportée par, ceux que je nomme désormais mes amis, les architectes Domanico Calcagno et Francesco Ciccarelli. Je ne les remercierai jamais assez de leur implication et de leur contact permanent, même à distance, lors de l’élaboration de ce TFE. Je salue également tout les membres du service communal et de la bibliothèque de Menfi. Je tiens à remercier également mon promoteur Victor Brunfaut ainsi que le professeur Maurizzio Cauen pour leurs conseils avisés et pour m’avoir orienté dans les choix des thématiques à développer. J’ai une attention et une pensée particulière qui va à mon ami Miguel de Rafael Catalina pour son implication, son suivi irréprochable et surtout sa critique intelligente, régulière et très souvent on ne peut plus juste! Pour finir je voudrais remercier mon entourage; ma famille pour leur soutien et leur aide; mes amis et camarades, notamment Benoit et Leatitia, avec qui nous avons partagé de longues journées de travail. Et puis enfin ma très chère marraine Danielle Croin qui s’est investit cœur et âme dans la correction de ce travail de fin d’études.

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PREFACE

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Le processus d'élaboration de ce travail de fin d'études a commencé, il y a de cela trois ans, à la fin de mon année « Erasmus » passée en Italie à Ferrara. C'est là que mon intérêt pour l'urbanisme italien s’est développé. En effet, lors de ce cursus, mon choix s’est porté sur les cours se rapportant à l'urbanisme et au développement du territoire. Ma curiosité s'est vue alors attirée par l'instrument urbanistique du "Piano Regolatore Generale", le PRG . En faisant des recherches sur le sujet, je vois mentionné le nom de la petite ville de Menfi, que j'avais eu l'occasion de visiter lors de vacances en Sicile. La ville faisait apparemment l'objet d'un PRG en cours. Ce premier voyage touristique en 2011 était en fait «le» contact préliminaire avec la ville. Menfi allait occuper mes pensées durant les deux années qui suivirent. Je me rappelle très clairement qu'en rencontrant les habitants de Menfi, en leur parlant et leur disant que j'étais étudiant en architecture, ils m'ont interpellé et ont attiré mon attention sur les particularités de leur ville. Ils étaient extrêmement fiers de pouvoir l’appeler : "La Piccola Parigi"; en référence à la trame structurelle de son tissu urbain. Tout comme le plan Haussmannien de Paris, Menfi est établie en grille orthogonale formée de grands axes rectilignes et d'îlots réguliers. Parmi les innombrables villes fondées en Sicile au cours du XVIIIème siècle, Menfi occupe une place particulière de par cette structure urbaine atypique. Ensuite, les habitants m'ont parlé d'un nouveau PRG établi depuis peu et qu'en tant que futur architecte, il pourrait très probablement m'intéresser. C'est de là que tout a débuté et que j'ai entrepris mes recherches sur les particularités urbaines de cette ville. Mais avant de pouvoir retourner sur place et me lancer dans ce travail, il a fallu faire les démarches pour me mettre en contact avec l'administration locale, les architectes, les urbanistes, les historiens et tous les intervenants de la ville. Après avoir finalement trouvé un logement dans la Ville de Sciacca non loin de Menfi, je suis parti pour un premier séjour de deux semaines en juin 2012. Durant ce voyage, je me suis installé dans la bibliothèque communale où j'ai pu entamer mon travail de recherches.

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En dehors de la bibliothèque et des services communaux, il m'a été très difficile de trouver des publications sur la ville de Menfi. Les bibliothécaires ont été d'une grande aide pour me fournir tout le matériel en leur possession permettant de nourrir mon travail. J’ai fait ensuite la rencontre de l'homme qui allait me permettre de réellement investir la ville de Menfi avec un regard neuf; l'architecte et urbaniste, Domenico Calcagno, acteur de premier plan du PRG de Menfi. Il est le dirigeant du secteur urbanistique des services techniques de la commune de Menfi, appelé « Ufficio Technico del Comune ». En plus de me fournir tous les documents en sa possession (cartes au format .dwg, pdf, jpeg, normes législatives, publications, articles, etc), il est devenu, en quelque sorte, mon Mentor ; celui qui allait m'épauler dans mes recherches et mes questionnements. Il m’a permis de le suivre lors de ses missions et m'a enseigné ce que j'avais à savoir sur l'architecture et l'urbanisme de la ville. Il m'a éclairé sur les problématiques et les incohérences du développement de celle-ci. C’est ce qui m’a poussé à développer et à approfondir le sujet dans ce mémoire. Après avoir récolté le maximum d'informations et de matériel possibles ; de retour en Belgique, j’ai pu me lancer dans la définition et les prémices de mon sujet d'étude. Cela me prit énormément de temps, plus que normalement, du fait que toute la documentation était en italien. La méthode consistait à la lire pour ensuite pouvoir en extraire la substance en français. Une fois cette étape passée, je me suis rendu compte que j'avais besoin de documents additionnels pour compléter ma recherche. Il était impératif que je me rende à nouveau en Sicile afin d'obtenir des réponses à mes questions… J’ai donc décidé d'organiser un second voyage d'étude en mars 2013. J'avais besoin de faire une série de photos pour pouvoir illustrer mes propos mais aussi de données cartographiques qui me manquaient. Je me suis rendu alors à l'Ufficio Technico del Comune di Menfi. J'y rencontre un nouvel architecte, Francesco Ciccarelli qui se propose de m'aider dans mes recherches. Il parvient à me fournir l'ensemble de la cartographie historique de Menfi et à me présenter l'historien passionné de la ville, Gioaccino Mistretta, auteur de multiples publications utilisées dans mes recherches.

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En plus d'approfondir ma connaissance de l'Italien, ces voyages m'ont surtout permis de me familiariser avec les institutions et les acteurs qui gravitent autour du travail de l’architecte et, qui régissent le développement d'un territoire. Les contacts et rencontres que j'ai eu durant ces deux ans me permettront certainement, une fois ce travail de fin d’études publié, de me faire une place dans ce réseau professionnel. Comme le dit si bien J. Douillez: "Le choix du sujet est une phase importante car elle engage l'auteur pendant une partie non négligeable de ses études et même au-delà."

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INTRODUCTION

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Problématique de la reconstruction de la ville Bernardo Secchi explique que: … «la formation d’un plan est toujours la formulation d’interprétations qui contiennent certaines hypothèses sur la nature, la constitution physique, sociale et économique de la ville. Les villes contemporaines italiennes représentent dans leurs aspects et certaines situations particulières, des lieux de grandes problématiques:manque d’efficacité dans la gestion du trafic, bruit, pollution, insécurité etc... Elle ne correspond pas à la culture et à la réalité de ses habitants.»1 Dans le cas de la ville de Menfi, elle a subi de nombreuses métamorphoses dues à la reconstruction post-sismique de 1968 et à la forte spéculation immobilière qui s’ensuivit. Cela engendra un appauvrissement de la qualité architectonique de la ville mais surtout la perte d’un patrimoine historique important (églises, demeures, «cortile»2 , résidences agricoles). Des erreurs, dans les choix stratégiques et politiques de la ville après la catastrophe, l’ont mené vers une reconstruction inappropriée de son centre urbain. La ville a entamé une extension urbaine vers le nord qui ne fut motivée que par l’urgence de la situation qui suivit le tremblement de terre. Une grande manipulation spéculative a pris le pas sur la raison urbaine ; cette dernière aurait favorisé l’agrandissement de la ville vers le sud afin de rejoindre la côte. La reconstruction résidentielle excessive qui s’en est suivi poussa le marché de l’immobilier et de la location à saturation. Nombreuses sont les habitations désormais vides ou qui ne furent jamais occupées. De plus, il est quasi impossible de les vendre ou de les louer à cause de la crise du marché immobilier à laquelle Menfi fait face, amplifiée par la mentalité conservatrice de la majorité de la population. Aujourd’hui, Menfi paie le prix de cette gestion incontrôlée et hâtive de son urbanisme global. Voici donc d’où proviennent les grandes problématiques de la reconstruction de la ville actuelle, que nous allons éclaircir et développer dans ce travail. 1 SECCHI B., Piani e progetti recenti di studio 1998, article paru Urbanistica 111, pg 64 2 Îlots à cours semi-publiques.

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Comment faire face à un remaillage du tissu urbain, déformé par la présence de vides laissés par les conséquences conjointes du tremblement de terre et d’une stratégie urbaine désastreuse? Quels moyens sont mis en œuvre par les acteurs de la ville pour remédier aux erreurs du passé? Comment redonner de la valeur à une ville qui ne met pas encore tout à profit pour exprimer son potentiel? Afin de répondre à ces questions, il semble tout d’abord indispensable dans un premier temps de situer Menfi dans son contexte territorial et même national. Il est important de percevoir les rapports synergiques notamment des activités économiques entre la ville et ses voisin(e)s avant d’entamer une analyse propre de celle-ci. De plus, une synthèse rapide de la condition urbanistique de la Sicile au niveau national est à développer pour comprendre les dynamiques qui régissent les centres urbains de cette région. Un chapitre sera consacré à la définition du « Piano Regolatore Generale», en commençant par les préludes, de sa naissance expliquant les étapes de sa formation, aux objectifs et problématiques qui y seront liés. Afin de bien comprendre l’intervention du PRG et son implication sur le futur tissu urbain de la ville, chaque zone qui le compose, sera développée individuellement et cartographiée. Elles seront par la suite mises en relation avec les différentes interventions urbanistiques et architecturales propre à la thématique de la reconstruction de la ville. Vient ensuite l’analyse proprement dite du tissu urbain et de sa particularité. Cela passe par une enquête sur les espaces non édifiés qui sont l’un des grands problèmes de la ville. Les espaces verts quant à eux seront répertoriés et classés selon leurs caractéristiques. Une analyse des différentes typologies du bâti permettra d’en comprendre l’évolution en fonction des différentes phases qui ont marqué l’urbanisation de la ville. Ces phases représentent les étapes successives de la reconstruction de la ville.

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Zones de baraquements 1969 (fig.1)

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Pour finir, Il sera présenté une série d’interventions urbanistiques stratégiques et de projets architecturaux qui pourraient solutionner les problèmes liés au remmaillage du tissu urbain actuel. L’album de projets quant à lui endosse surtout un rôle de projecteur afin de mettre en lumière des parties délaissées de la ville ou même, de mettre la ville entière en avant au niveau régional et/ou national. Cependant, on remarquera que malgré les efforts fournis par les techniciens du plan, l’administration n’arrive toujours pas à tenir ses promesses et de nombreux sites restent encore des zones inertes. Les traces des zones de baraquements provisoires (fig.1/1’) qui accueillirent les sinistrés du tremblement de terre de janvier 1968 ont meurtries la trame urbaine laissant vide de vastes étendues en plein coeur de la ville (fig.2). La réalité actuelle ne suit malheureusement pas les ambitions des urbanistes.

Zone de baraquements 1975 (fig.1’)

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Zone actuelles laissĂŠes par les baraquements (fig.2)

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Pour une compréhension plus claire des enjeux actuels du développement de la ville, voici la retranscription d’un extrait de la conférence qui s’est déroulée à Menfi le 16 mars 2013. Cette conférence avait pour but de définir l’avenir de Menfi pour les prochaines années dans le cadre des élections communales qui suivirent en mai 2013. (...) «Menfi est une commune, un territoire, une communauté qui a énormément d’opportunités. Pour cela, il faut une équipe politique, une équipe économique, des professionnels capables de parler un «langage» commun. Depuis trop longtemps, chacun a parlé sa langue propre sans communiquer ni échanger leurs opinions avec les autres. (...) Nous essayons pour l’instant de mettre en place surtout une méthode politique et administrative qui conduira cette ville jusqu’à l’horizon 2020. Nous voulons agir et structurer cette ville sur un plan régional mais aussi au niveau de la Sicile. Nous voulons conduire notre ville à reprendre un chemin entamé il y a de cela tant d’années. A cette fin, nous avons besoin de votre participation (...) (...) Nous ne sommes plus la Menfi d’il y a 15 ans, nous sommes une Menfi qui a déjà entamé un parcours. Ce parcours risque de s’arrêter si nous ne donnons pas un élan de vitalité, si nous ne créons pas une méthode de dialogues entre les administrations, les professionnels, les jeunes gens (...) (...) Nous voulons reprendre en main notre communauté, lui faire faire un bond en avant et la placer en modèle par rapport aux autres régions Siciliennes à l’aide de nos grandes aptitudes, notre dynamisme et surtout un grand sens du respect des citoyens. (...)3

3 LOTA Vincenzo, Nouveau maire de Menfi élu en juin 2013. Discours de la conférence «Menfi 2020» du 16/03/13

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I.

MENFI ET SON CONTEXTE

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Autoroute Castelvetranno-Sciacca

Centre urbain

Cavaretto Territoire de la commune de Menfi

Mer MĂŠditerranĂŠe

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(fig.3) Belice


A. Le territoire, la ville: caractères morphologiques, environnementaux et fonctionnels. Menfi est un petit centre urbain de 113 km² en forme de pentagone irrégulier, qui se situe à l’extrémité ouest de la région d’Agrigento, à la frontière avec celle de Trapani, partie occidentale de la Sicile.4 Contrairement à la plupart des autres villes de la région, elle n’a pas à faire face aux problèmes de fortes dénivellations qui caractérisent leur implantation urbaine. En effet, la commune de Menfi s’est implantée sur un plateau s’élevant à maximum 119 mètres au-dessus du niveau de la mer et présentant, au sud, une pente régulière vers la Méditerranée. Le centre urbain est situé de telle manière que depuis la place principale, piazza Vittorio Emanuele, on peut jouir d’une vue imprenable surplombant toute la côte. En contrebas de cette place, dans une zone non constructible se trouve un parc urbain qui renforce encore la perspective vers la mer. L’implantation urbaine est donc déterminée par cette espèce de terrasse entourée d’une part, par les ravins de deux affluents, l’un du fleuve Belice à l’Est, l’autre du fleuve Cavarretto à l’Ouest et d’autre part, au sud par une dénivellation plus abrupte.(fig.3) Au-delà de ces ruisseaux, la ville s’entoure d’une couronne de champs et de terre cultivées. Il s’agit principalement des traditionnelles cultures de la vigne et de l’olivier qui sont des produits d’une extrême importance dans cette région. Le paysage dans cette région est particulièrement impressionnant: de vastes zones de pâturages et de champs de céréales, mais aussi des vignobles qui recouvrent de grands espaces et donnent l’un des produits les plus reconnus de la ville, le vin. La commune de Menfi abrite en effet les deux caves les plus renommées de Sicile: Planeta et Mandrarossa, qui ont ouvert la voie internationale aux vins siciliens. Le tissu urbain de Menfi s’est formé à l’origine vers 1638; implanté sur les fondations de l’ancien château construit par Frédéric II de Sicile, exprimant des formes aux tracés orthogonaux. La morphologie urbaine a ensuite, au fil des siècles, subi d’importantes modifications, la plus importante étant la période qui a suivi les désastreux événements sismiques de 1968. Ces transformations furent nombreuses en termes de forme et dimension des îlots, longueur et hiérarchie des rues mais principalement en dévelop4 Menfi e il suo territorio ,pg. 25

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Limites topographiques du centre urbain. (fig.4)

Piazza Vittorio Emanuele

Limite du centre historique (fig.5)

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pement tridimensionnel de la ville. (pour information: voir en annexe les transparents sur l’évolution urbaine) Le plan hyppodaméen 5 de Menfi est typique des villes dites de fondation et/ou de colonisation; modèle de morphologie urbaine utilisé dès la naissance des civilisations antiques, des mondes grec et romain. Une typologie urbaine qui fut aussi appliquée à la formation des villes et grandes métropoles nord-américaines telle que New York au XIXème siècle. On retrouve cette idée de plan notamment dans les dessins de «Le Corbusier » pour la capitale du Népal, Chandigarh. Menfi adopte une particularité par rapport au schéma classique des villes de fondation. Contrairement à la structure classique de la grande place centrale autour de laquelle gravitent d’autres places secondaires, Menfi présente un autre modèle. Ceci est dû à l’emplacement de la tour du château préexistant, sur lequel s’est fondé le noyau originel de la ville. Comme expliqué précédemment, la piazza Vittorio Emanuele ne se situe pas au plein centre. En effet, elle est accolée à l’extrémité du cadre du tissu urbain. Le développement de la ville partant de cette place ne pouvant se faire que dans les directions presque exclusivement ouest et nord ne lui permettra donc jamais d’avoir cette situation centrale. (fig.4) En ce qui concerne le centre historique, il se situe à l’ouest dans le quartier jouxtant la place. Il fut en grande partie reconstruit après les bombardements de la seconde guerre mondiale et le tremblement de terre de 1968. Il ne reste aujourd’hui que peu de parties ayant conservés leur caractère d’origine. On fait ici référence à la typologie des maisons arabes et aux îlots à cours influencés par cette culture présente en Tunisie, à quelques kilomètres outre-mer. Ce qui fut la grande mutation de la ville de Menfi et qui a profondément changé la représentation de l’espace urbain est le passage d’un tissu assez dense et clos formé d’îlots à cours; la ville historique; à un tissu totalement ouvert d’ensemble d’immeubles à appartements ou pavillonnaires, la ville contemporaine. Ce bouleversement engendre une perte de repères des habitants de la ville historique. (fig.5) 5 Modèle urbanistique dont les rues s’étirent dans les directions cardinales selon un axe rectiligne sans autre limite que celle des barrières naturelles en dessinant des îlots de formes régulières.

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( fig.6)

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(fig.7)


B.

Rôle de Menfi dans le contexte territorial

Selon le « Piano Regionale di Sviluppo» (P.R.S)6, Menfi fait partie du système urbain de la Sicile centre-méridionale: un système urbain qui comprend des rapports synergiques profondément diversifiés tant au point de vue physico-morphologique, qu’au point de vue économique et social. En effet, sa situation tangente à l’autoroute reliant deux grands centres urbains (Castelvetranno – Sciacca) en fait un lieu de passage et de connexions vers la côte, l’une des plus belles de Sicile. On observe que la métropole de référence pour Menfi devrait être Agrigento, qui est son chef-lieu provincial mais il semble qu’il existe de plus grandes relations et conditions infrastructurelles avec la ville de Palermo qui se trouve pourtant plus éloignée ( fig.6). En outre, une analyse des relations entre Menfi et les villes environnantes révèle que les ménages dépendent et gravitent autour du centre urbain voisin de Castelvetrano pour tout ce qui est domaines de loisirs, détente, shopping, etc (fig.7). Quant au secteur des entreprises, il se rattache à l’agglomération de Sciacca proche de la mer et de son port . 7 Au niveau du contexte territorial, Menfi ne joue qu’un rôle assez marginal en tant que petit centre urbain à fonction quasi résidentiel. Cependant, elle pourrait assumer un rôle plus important de par les grandes ressources côtières dont elle peut disposer: villégiature, hôtels, campings, plages privées... Mais ce potentiel côtier est partiellement compromis par des installations infrastructurelles de faible qualité. De plus, un énorme potentiel touristique pourrait être mis en valeur: pour exemple, la grande zone archéologique de Selinunte 8, vaste vallée de temples de la Grèce antique et haut-lieu du tourisme Sicilien. Cette richesse archéologique pourrait être mise en relation avec d’autres ressources archéologiques et paysagères présentes sur tout le territoire: fermes vinicoles, agrotourisme, côte, randonnée, etc.

6 Le PRS est un plan d’orientation qui fixe les objectifs et priorités de développement de la Région, requis par les besoins économiques, sociaux, de déplacement et d’environnement. 7 Selon l’Atlante Economico Commerciale della Sicilia SOMEA, Roma 1989. 8 Ancienne cité grecque côtière du sud de la Sicile

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(fig.8)

(fig.9)


Il serait nécessaire de mettre en avant tous ces atouts qui, par le biais d’une valorisation du territoire, mettraient la ville de Menfi en lumière et réciproquement. Concrètement, un tel développement du potentiel touristique peut être réalisé sous trois conditions: la première liée à un programme efficace au niveau régional soutenue par une solidarité entre Menfi et les communes voisines (Sambuca, Montevago, S.Margherita Belice, Sciacca et Castelvetrano) (fig.8), la seconde basée sur la responsabilité des autorités locales et la dernière, l’influence du PRG sur la création de conditions qualitatives pour intégrer Menfi dans ce système touristique.9(fig.9)

9 http://menfi2020.it/territorio-e-ambiente/riqualificazione-urbanistica/

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(fig.10)


C.

Activité économique

Pour pouvoir caractériser une ville, il semble intéressant d’analyser les ressources économiques qui y sont liées. Le secteur économique le plus important est sans conteste l’agriculture dont 50% de la production provient de la culture de la vigne et le reste de la récolte traditionnelle des olives et des agrumes. On y retrouve d’ailleurs un haut lieu de la viniculture Sicilienne: la «Cantine Settesoli» dont le vin, élevé dans ses caves, est connu dans le monde entier .10 Ce site exceptionnel représente un enjeu capital à mettre en lumière pour valoriser le potentiel de ce lieu (fig.10). Cependant, les difficultés économiques liées à cette agriculture, tant à Menfi que dans le reste de la Sicile en général, résultent de certaines erreurs majeures par manque de planification et d’organisation dans les structures commerciales. Les infrastructures misent en place jusqu’ici ne sont pas à la hauteur du patrimoine agro-économique de la région. On pourrait envisager, par exemple, la formation de coopératives d’agrotourisme permettant de faire partager à travers une «route du vin», les qualités de cette terre si riche. Il s’ensuivrait une dynamique de construction d’hôtels et d’auberges afin d’accueillir de nouveaux touristes. Un autre secteur économique qui a eu une grande importance pour le développement de Menfi est celui de la construction. En effet, après le tremblement de terre de 1968 qui a dévasté toute la région, la ville a dû faire face à une forte demande de relogements rapides. Le centre historique étant presque intégralement détruit, les habitants furent relogés dans des baraquements provisoires en taule et en bois. Pendant ce temps, une vaste opération de reconstruction s’entame. Une large zone de transfert va se créer au nord de la ville où les immeubles en rez +3 pousseront comme des champignons afin d’accueillir, dans les plus brefs délais, un maximum de sinistrés (fig.8). L’activité sera alors en plein essors financée par des aides européennes et par le fond des calamités.

10 SARRO Adriana, Architetture del Vino, pg 60-61 , 2005

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(fig.11)

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Après cette impulsion donnée durant les années 70, dans les années 80, on observe une certaine stagnation. Actuellement, la demande en constructions résidentielles étant réduite due à une très faible augmentation démographique, les travaux se concentrent plutôt sur la finition et la manutention des édifices existants. La conséquence de cette réorientation se ressent sous forme d’une inflation des activités artisanales liées au secteur commercial du matériel et accessoires de construction. En conclusion, Menfi a de bonnes cartes à jouer entre ses mains ; cependant faudra-t-il correctement les jouer ! La bonne gestion des ressources et du patrimoine est nécessaire au développement durable des activités économiques. Le PRG peut influencer la manœuvre de la mise en place de ces transformations. Ce qui est en quelque sorte un cercle vicieux: le PRG a besoin d’un secteur économique performant pour pouvoir financer ses interventions et le secteur économique a besoin du PRG pour établir des points de repères pour sa bonne gestion .

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D.

Urbanisme en Sicile

Les préjugés et les clichés que l’on se fait sur les administrations italiennes et siciliennes ne sont pas complètement infondés. J’ai pu personnellement en faire l’expérience lors de ma période de recherches et de prises de contacts pour écrire ce mémoire: nombreux appels et e-mails sans réponse, longues périodes d’attente pour obtenir des contacts au sein des autorités locales de la ville, etc. alors qu’il est certain que l’influence des autorités compétentes a une importance énorme sur l’aspect urbanistique fini de la ville. Les administrations siciliennes font régulièrement face à des transgressions de normes et d’autres types d’actions illégales (permis de bâtir non autorisés, non-respect des normes de construction, corruption, détournement de fonds...). En général, la conscience professionnelle et l’éthique font souvent preuve d’un flagrant manque de transparence. Elles sont peu sensibles aux innovations, aux paramètres sociaux, à la valorisation culturelle et environnementale et à la conservation de l’existant.11 La mise à niveau des connaissances de nouvelles techniques et la formation des corps de métier sont radicalement plus lentes que dans la plupart des autres pays d’Europe. A ces difficultés s’ajoutent les conditions d’une réalité à forte connotation mafieuse. En effet, les maires et hauts fonctionnaires des administrations communales et régionales doivent faire face aux pressions des organisations mafieuses. Il s’agit d’un élément bien présent dans le mécanisme qui permet la construction ou la destruction du territoire. Ce contre-pouvoir s’immisce souvent dans les décisions en les influençant indirectement. Il intervient parfois même directement au travers d’intimidations ou de menaces personnelles. Il obtient donc ainsi un contrôle réel et diffus sur le territoire.

11 COSTANTINO Domenico (architecte ; enseignant de la planification urbaine à la faculté d’ingénierie de l’Università di Palermo ; s’occupe principalement de la planification environnementale et paysagère en Sicile.) article dans « il progetto urbano di Menfi»

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(fig.12)

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Les communes se retrouvent dans un système de gouvernance particulièrement complexe empreint de contradictions dans leurs choix et tiraillées entre développement et sous-développement, innovation et retour en arrière, légalité et illégalité, richesse et misère. Une telle gestion n’est donc pas sans conséquence sur les aspects sociaux et les ressources territoriales. La participation sociale est dans de nombreux cas très limitée ce qui modifie considérablement la logique de construction d’un consensus. Ensuite, on peut considérer qu’une certaine part de «fainéantise» dans les administrations communales est aussi un frein au développement des villes. On utilise désormais le terme de «Lentocrazia»12 dont sont victimes de nombreux centres siciliens. En effet, les administrations sont préoccupées par le fait que les consensus peuvent modifier les fonctionnalités d’un projet et donc renoncent souvent à moderniser la planification et la gestion du territoire et de la ville. Beaucoup de problèmes proviennent aussi de la difficulté pour les différents organes du gouvernement et des institutions à dialoguer entre eux et à construire des politiques communes sur des objectifs coordonnés. (fig.12) Les problèmes administratifs et politiques les plus récurrents sont 13:

- la pauvreté des informations sur les ressources financières publiques disponibles et sur la procédure relative à leur activation - le manque de connexion entre les différents secteurs régionaux - l’insuffisance d’informations concernant les organes économiques et sociaux et les besoins des autorités locales - le manque de personnel administratif et technique capable d’activer et de gérer les activités qui vont au-delà des normes administratives - la difficulté d’échanges d’informations entre régions et provinces

12 Lento = lent - «lentocratie» bureaucratie qui est régie par une lenteur d’exécution et d’élaboration de projets. 13 BONANO Felice (architecte directeur technique de la région de Sicile. s’occupant de la programmation régionale.), article « Pianification urbanistica e sviluppo locale: alcune riflessioni su un rapporto difficile. Dans Il progetto urbano di Menfi, pg 47-51.

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(fig.13)

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(fig.14)


Dans le cas de Menfi, de tels problèmes, communs à tant de villes siciliennes, résultent de la contradiction née de la superposition des législations nationales à celle de la région sicilienne.14 Le rôle central de l’urbanisme dans le débat politique régional de la seconde moitié des années 90 fut principalement d’obliger le renouvèlement urbanistique des communes et de sanctionner celles qui n’adoptaient pas le PRG selon les termes fixés ( L.R.4/1994) 15. Toutefois, il ne s’agit pas là d’une véritable volonté des administrations locales d’affronter et de répondre aux graves problèmes du territoire à travers un plan urbanistique. La complexité administrative et les conflits d’intérêts (immobiliers, bureaucratiques, politiques ...) ont entravés les innovations urbaines. Il faut donc faire face à des problèmes lors de la formation du plan (directives, plan masse) mais évidemment aussi lors de la procédure d’approbation de ce plan. Le problème est de définir les responsabilités du maire et du conseil communal ainsi que leur implication quant au respect des agendas. On observe donc une incapacité ou une mauvaise volonté des législateurs régionaux à affronter la complexité des problèmes de la ville et du territoire. Pourtant l’expérience de la planification représente l’opportunité majeure pour la Sicile de reprendre en mains la gestion de ses villes et de son territoire. Quoi qu’il en soit les plans des années 90 peuvent être considérés comme les plans de la «normalisation». Ils constituent une étape intermédiaire vers un processus de renouvèlement plus complexe de la planification, basé sur l’équité sociale et la participation active à la formation et à la gestion de ce plan. (fig.13) En ce qui concerne la planification territoriale sicilienne, il existe encore une grande différence entre la réalité et sa représentation; une distance qui semble de plus en plus s’amplifier. En effet, la complexité croissante des phénomènes territoriaux rend son analyse de plus en plus difficile. (fig.14)

14 OLIVIERI Pippo , Diplômé en ingénierie civile collabore actuellement avec la commune de Menfi. 15 Loi régionale de 1994 concernant les plans régulateurs siciliens.

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(fig.15)

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Entre la seconde moitié du XVI siècle et la première moitié du XVIII (15501750), la construction de quasi 200 nouveaux centres agricoles révolutionne l’infrastructure territoriale de cette région. Ceci provoqua un aspect socio-économique radicalement différent entre la côte et le centre des terres, entre les villes et les petits centres urbains de fondation. Cette révolution des centres urbains et agricoles se couple évidemment avec une modernisation des structures territoriales.16 Manlio Rossi Doria 17, dans l’entre-deux-guerres, décrit la structure agraire de la Sicile comme un phénomène primordial de l’organisation territoriale. Sa lecture permet de mieux confronter les éléments fondateurs de l’aspect territorial, sans pour autant sous-estimer le rôle du phénomène urbain. L’aspect territorial de la Sicile se définit selon une structure de gros centres urbains compacts et distants les uns des autres. A certains endroits, on observe un approfondissement de l’écart entre le territoire agricole faiblement peuplé et les centres ruraux plus densément peuplés.(fig.15) Le secteur de la construction trouva un nouvel élan sur le marché de la résidence secondaire grâce à la vaste opération de reconstruction lancée après-guerre. On observe donc que l’habitat dans les zones agricoles est de moins en moins lié à une activité de production. Au contraire, cette activité tend à diminuer et à laisser disponible des zones qui sont utilisées différemment. En outre, un nouveau secteur d’activités industrielles et tertiaires assez délocalisé et diffus se forme. Cependant, ses influences sur le territoire n’a quasi aucune répercussion sur la nouvelle configuration des tissus urbains. Ses fonctions productives et urbaines, en général, ne réussissent pas à créer une organisation urbaine cohérente à l’échelle régionale. Le système urbain reste fortement polarisé et peu intégré au cadre productif territorial.

16 ROSSI DORIA Bernardo , Le forme del territorio italiano ,pg 528 . 17 ( 1905 -1988) économiste , politique et académicien italien..

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(fig.16)

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E.D Sanfilippo 18 fait une distinction plus analytique des villes siciliennes remplaçant le schéma dualiste des villes originelles et villes de fondation. Selon lui, il y aurait quatre distinctions à faire: les petites communes de montagne, les centres densément peuplé des collines de l’intérieur du pays, les pôles du développement agricole et les communes côtières. De récents phénomènes de transformation territoriale se manifestent: la valorisation économique du périmètre côtier urbain, l’accélération des constructions routières en faveur des centres côtiers et la marginalisation de la zone intérieure.(fig.16)

18 Le ragioni del récupero dei centri storici meridionali Roma 1983.

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II. LA RECONSTRUCTION DE LA VILLE: LE PRG


A.

La métamorphose du plan urbanistique

«Il fut un temps où le plan urbanistique était un exercice de style, un dessin plus ou moins artistique à connotation subjective. Ensuite, le plan est devenu un instrument administratif. Il servait à «réguler» la construction, pour garantir un minimum d’infrastructures et de services urbains. Cet instrument administratif est capable d’impliquer, dans le processus de transformation, aussi bien l’opérateur public que l’opérateur privé. Mais il est surtout capable de redonner une qualité esthétique à la ville et au territoire, valorisant l’existant au travers de procédés innovants.»20 Les villes affrontent aujourd’hui une phase complexe où se mêlent dynamique périurbaine et problématique de transformation de secteurs existants. Cela implique de modifier les tissus bâtis mal adaptés aux exigences de l’habitat, sans dénaturer l’identité des quartiers. La qualité finale du projet résulte non seulement de la revalorisation de l’existant, mais aussi de la recomposition des traces, des éléments préexistants. Le PRG dépasse les cadres prévus par les lois. Il décompose et réagrège des parties de ville, en renforce d’autres en améliorant la qualité de l’habitat. Il recompose la ville dans la ville, dirigeant la reconversion à travers les grands services et les nouveaux parcs, vers la création d’un nouvel environnement urbain, lieux de convergence pour les périphéries. La complexité des réponses aux carences de la pratique urbaine traditionnelle a engendré des approches plus systématiques et globales, la planification urbaine devenant elle-même le projet de la transformation. Dans ce sens, le terme projet urbain suggère de nouvelles logiques capables de diriger la mutation des configurations territoriales, se référant aux variables tant fonctionnelles que physiques et de gestion, entendues de manière conjointe et intégrée. 21

20 GABRIELLI Bruno , (architecte , professeur d’urbanisme à la faculté d’architecture de l’Università di Genova.), Il progetto urbano di Menfi, pg 65 21 MACCHI CASSIA Cesare, Il grande progretto urbano. pg.71

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L’analyse des caractères visible de la ville et du territoire a progressivement déterminé une nouvelle forme de plan d’urbanisme : les plans de la troisième génération. En Italie, la dynamique du projet urbain a été fortement intégrée à la planification urbaine, notamment dans certaines expériences affirmées à partir des années 80. Pourquoi troisième génération ? On considère en effet que la première génération des plans d’urbanisme de l’après guerre a été suivie par une seconde génération à partir des années 60-70. La première génération concernant la reconstruction et l’expansion urbaine et métropolitaine. La deuxième génération dotant les villes d’équipements et de services appropriés. Ces deux générations ont respectivement construit la ville « par addition » et la ville « démocratique ». Cette interprétation par générations a permis d’expliciter les différentes phases de la planification urbaine en Italie. Mais les plans de la première génération n’ont pas su interpréter de manière progressiste le thème de l’expansion: la croissance urbaine engendra alors de graves distorsions dans la répartition des ressources sur le territoire. Pour tenter de résoudre ces problèmes, les plans de la deuxième génération intervinrent sur l’offre de services et d’équipements et sur la distribution de la propriété de manière fort rationaliste (zonage, standards, calcul de la demande...). De nouvelles relations entre sujets et lieux étaient encore difficiles à établir. Seuls les plans de la troisième génération sont arrivés à modifier les situations existantes spécifiques. 22

22 SECCHI Bernardo, Piani della terza generazione, in Un progetto per l’urbanistica. Torino, , 1989. pg.112

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B.

Présentation de l’instrument PRG de Menfi

Selon le Maire de Menfi, Sr Vittorio Lotà, la première décision que l’administration communale a accomplie, est celle de laisser au nouveau PRG le devoir de refermer la page de la reconstruction de la ville après le tremblement de terre et de tracer les lignes stratégiques du futur aspect territorial de Menfi. … «Nous nous sommes retrouvé face à une réalité urbanistique caractérisée, d’une part, par une impressionnante dilatation du périmètre de centre urbain dû en grosse partie à la réalisation du «Plan de Transfert» des habitants vers le nord et à la réalisation des différents baraquements des sinistrés et, d’autre part, par le PRG qui doit redéfinir la couronne du périmètre urbain.»… 23 Les objectifs que le plan doit poursuivre, sont donc ceux de la requalification urbaine, de la sauvegarde et de la valorisation des ressources territoriales. Mais comment se communique un Piano Regolatore ? Quelles sont les actions qu’il est nécessaire de mettre en place afin de que cela reste un instrument d’importance fondamentale pour le développement d’une ville ? Le projet urbain de Menfi tente de faire intervenir et donner la parole au citadin lors de la phase de première rédaction des directives pour le PRG, un des instruments les plus complexes et significatifs du gouvernement d’un territoire et de sa communauté car il projette la promesse de repenser la ville conjuguant les intérêts et aspiration des habitants. Les aspects technico-légal d’un PRG sont tellement complexe qu’il risque de ne rester à la portée que des experts (géomètres, architectes et ingénieurs) ou de ceux qui y trouve un fort intérêt économique. Le problème est donc celui de trouver le meilleur moyen de donner la parole aux citoyens : une bonne communication et une bonne campagne informative elles seules ne sont pas suffisantes. Elles pourraient permettre tout-au-plus de faire un PRG «pour» la ville mais pas «avec» la ville. Le risque est donc de perdre une précieuse occasion d’écouter la communauté, ses besoins et ses attentes. 23 Article de V.Lotà Maire de Menfi dans « Il progetto urbano di Menfi» pg 11-13

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Le projet pour avoir un sens, doit enregistrer un bon niveau de participation des habitants de Menfi qui certainement sont prêts à exprimer leur propre opinion, propositions et suggestions utilisant les canaux que l’initiative activera. Toutes les données récoltées aussi du point de vue statistique consentiront aux habitants de Menfi de dire les leurs sur le trafic et sur la présence des structures sportives, sur les services sanitaires et sur les parcs, démontrant ainsi un point de vue réel, mesurable et analysable aussi sociologiquement.  

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(fig.17)

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C.

La naissance du plan

L’élaboration d’un « Piano Regolatore Generale » n’est pas un processus instantané et évident. Le parcours afin d’approuver un PRG est long et laborieux. Son adoption doit se construire autour de choix tenant compte d’une participation démocratique forte. Les étapes sont nombreuses et fastidieuses. Toutes les décisions doivent être vérifiées et approuvées, d’une part, par les autorités locales mais également par les administrations des communes voisines afin de coordonner les stratégies programmatiques. En ce qui concerne le PRG de Menfi, dans un premier temps, le Conseil Communal a approuvé, en juin 1993, les directives générales qui fixent les premières lignes de la mise en œuvre du plan. Il s’agit surtout de références aux aspects législatifs de l’instrument. Dans une deuxième phase, un document programmatique fut édité le 10 mai 1994. Son objectif était de construire un accord autour des choix de planification à travers une participation démocratique active. Par la suite, deux conférences populaires sur le PRG furent successivement organisées. La première a présenté le plan masse et la seconde a mis en relation le plan avec les décisions du Conseil Communal. Celles-ci ont permis une première illustration des choix et ont tenu compte des diverses observations. Peu après, en septembre 1994, le schéma de masse fut présenté. Les propositions contenues dans le schéma de principe furent confrontées aux desiderata des administrations des communes voisines afin de coordonner les choix stratégiques, avec pour référence particulière les utilisations prévues, pour les zones voisines. Finalement, le 28 octobre 1994, le Conseil Communal approuva les décisions concernant le futur PRG. (fig.17)  

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D.

Formation du PRG de Menfi  Critères

Trois principes conditionnent la réussite urbaine : permanence, collectif, conformation. Une connaissance approfondie de l’histoire du lieu est essentielle à l’élaboration du projet : la ville, les quartiers fondés sur le rôle porteur des espaces des rapports collectifs, un dessin basé sur des formes fortes, sur un ordre intérieur, clair, perceptible.24 Pour parvenir à engendrer une nouvelle qualité urbaine, trois éléments sont capitaux. De leur interaction dépend la qualité urbaine future - le projet doit harmoniser différentes échelles urbaines ; - une différentiation ou une continuité doivent s’opérer entre les villes ancienne et récente, le centre et la périphérie, les territoires construits, contigus et le territoire agricole ; - l’analyse urbaine et par conséquent les critères pour un contrôle architectural et morphologique de la transformation. 25 Menfi, est un cas d’étude dans lequel divers composants coexistent. Premièrement, un territoire avec un caractère paysager attractif, sans compter la présence de la mer et du rapport entre environnement côtier et environnement agricole. Deuxièmement, un territoire agricole préservé qui constitue encore aujourd’hui les bases de l’économie de la population entière. Troisièmement, une société locale avec de fortes racines encrées dans la terre et ses ressources, en terme affectif et économique. Si bien que chaque «menfitani» a une maison en ville et une autre à la mer. Ils peuvent parfois même en avoir une troisième à la campagne. 24 SPIGAI Vittorio, L’archittetura de la non città, ridisegnare le periferie. pg.371 25 SPIGAI Vittorio, L’archittetura de la non città, ridisegnare le periferie. pg.53

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La difficulté de la création d’un plan réside dans le fait qu’il rencontre nécessairement des intérêts individuels et des intérêts collectifs. Voilà où naissent les composants conflictuels les plus évidents: un intérêt individuel qui exprime une demande «pauvre» et, d’autre part, un intérêt collectif qui lutte pour faire émerger et valoriser des régions à protéger. Il est donc difficile de trouver un point d’équilibre entre ses deux éléments. La société de Menfi ne désire pas d’une protection offensive et excessive des valeurs paysagères qu’elle détient. Elle tente plutôt de faire de ces valeurs un usage jouissif et plaisant pour tous. Les problèmes d’une ville sont nombreux, mais le PRG n’est pas capable, à lui seul, de tous les résoudre. Il y a des problèmes par exemple concernant:

- l’agriculture, sa compétitivité économique et donc de sa survie; - le tourisme, qui représente en premier lieu un choix de «marke -ting», etc.

Le PRG peut uniquement donner une impulsion ! Il est donc un élément passif, dans le sens où même un très bon plan peut être inefficace face à une gestion inappropriée.

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 Méthodologie La méthode de travail qui est à la base de ce PRG fait référence à deux choix principaux: -Premièrement le choix pour le territoire urbain selon le travail de la trame matrice régulière; -Deuxièmement le choix «technique» d’un lien fort entre les instruments de mise en œuvre et/ou d’exécution du plan afin d’obtenir des résultats de contrôle formel ; résultats obtenus au travers d’instruments théoriques, de cartes ou de simples normes d’exécution par des permis de construire. Le PRG représente un point d’équilibre entre les composants suivants: Innovation : Amélioration : Flexibilité :

que le PRG est en mesure de stimuler; de la qualité urbaine par un projet de plan; du plan qu’il soit continu dans le temps par des ajournements et mise au point du processus d’information; Valorisation : des ressources paysagères par des mesures de protection de celles-ci ; Exemple : par le projet pouvant stimuler un meilleur niveau d’intervention aussi bien privé que public.

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(fig.18)


 Connaissances de base Le projet du plan fut construit sur plusieurs références acquises au cours de sa formation:

- Territoire - Centre urbain - Population - Economie locale

La connaissance devient « une activité interne du projet même, elle en guide les choix, par rapport aux contextes où ils seront accomplis. Elle restitue la densité de la qualité et des relations réciproques entre différentes parties et différents aspects, en évitant que le projet ne se superpose d’une manière traumatique sur les stratifications et les significations. Il devra s’y insérer avec conscience dans l’optique d’une modification lente, discrète et progressive, qui ne s’oppose pas aux interprétations futures des traces sédimentées dans le temps » 26 - Territoire Les bases cartographiques reproduites sur support digital furent contrôlées soit sur le terrain, soit par photographie aérienne. Elles permettent d’établir correctement la physionomie de la ville. Elles constituent donc la base de données et de travail pour les urbanistes, architectes et géologues qui s’attèlent au dessin du PRG. Les études agro-forestière et géologique ont fourni un support indispensable et précieux aux choix du plan. Une telle étude ne se révèle pas seulement un instrument cognitif mais surtout un instrument de gestion et de contrôle du plan lui-même. De nombreux autres rapports ont fait référence au territoire; du recensement des infrastructures au recensement des biens culturels. (fig.18)

26 GASPARRINI Carlo, L’attualità dell’urbanistica. Pg .292

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(fig.19)

(fig.20)

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- Centre urbain La première approche de la connaissance du centre urbain consiste en une reconstruction du processus historique de formation de la ville. L’iconographie historique de référence est constituée des cartes datées des années 1650, 1790, 1861, 1932, 1968 et 1975 (voir en annexe les transparents sur l’évolution urbaine). L’analyse du sol urbain historique a constitué une base certaine sur laquelle fonder le nouveau dessin de la ville. De telles cartes, en commun avec des analyses typologiques du bâti et de nombreux recensements des propriétés publiques, des espaces ouverts, des propriétés privés, des terrains bâtissables ou non, etc. sont le fruit de recherches sur le terrain et de documentation récoltée dans les archives communales. - Population et habitations Une étude exhaustive sur base du recensement démographique divisé en secteurs statistique (fig.19) a permis la création d’une cartographie des biens. La compréhension approfondie du système urbain et territorial s’en est dégagée. Dès lors, ces recherches ont permis de calculer des prévisions démographiques relatives aux besoins en logements. Les chiffres se basent sur les recensements de l’ISTAT, l’institut national de statistiques du territoire.(fig.20) - Économie locale Deux études distinctes ont été menées: la première s’est basée sur l’analyse des biens recensés et la seconde sur un sondage des activités productives établies dans la commune. Une enquête sur les besoins en production de la ville fut également menée à travers un questionnaire structuré et complet fourni aux habitants. En conclusion, l’ensemble de toutes ces enquêtes ne couvre pas la totalité des problèmes à affronter et cela malgré l’investissement en temps et en travail fournis afin de les compiler. De nombreuses questions ne pourront pas trouver de réponses adéquates dans les analyses effectuées.

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Festa Inico : fĂŞte annuelle du vin dans les rues et cours du centre historique. (fig.21)

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E. Influence du PRG sur les économies et entreprises locales Il semble vraiment nécessaire de créer de nouvelles impulsions de progrès économique. Il n’y a nul doute que le lancement du tourisme et de l’agrotourisme soient des opérations nécessaires à la bonne marche de l’économie future de Menfi. Elle ne peut cultiver une telle ambition sans chercher à améliorer en premier lieu, son image au niveau urbain et territoriale, la qualité de sa reconstruction urbaine ainsi que le bon fonctionnement des nouveaux services qu’elle a à offrir. C’est pour cela que les habitants de Menfi doivent être solidaires afin de construire un projet commun. Ils doivent, impérativement, se rendre compte, une fois les traces du tremblement de terre effacées, des opportunités offertes et de la disponibilité de sol qui est en leur possession. Il s’agit là d’une des grandes problématiques de la ville, celle de retrouver un aspect non plus provisoire (ruines, baraquements, zone en friches, etc.) mais bien une volonté de voir une ville consolidée au niveau du tissus urbain mais aussi dans son architecture. C’est bien grâce à cette nouvelle qualité urbaine qu’on peut envisager d’influencer concrètement des activités économiques et touristiques. (fig.21)

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(fig.22)


F.

Les problèmes et objectifs du PRG

Un carte qui synthétise les affectations du sol évolue depuis 1979. Mais jusqu’alors elle n’a pas réussi à résoudre les problèmes relatifs à la création de services et d’infrastructures publics ni à donner une qualité urbaine à l’habitat. 27 (fig.22) Le PRG tente d’affronter de nombreux problèmes qui peuvent être catégorisé en deux ensembles. Le premier est le conflit engendré par la volonté d’un développement du tourisme face à l’objectif de la sauvegarde du patrimoine environnemental. Le second réside dans la problématique du projet de dimensionnement du centre urbain de la ville et de sa requalification. En effet, si on regarde les chiffres lors du séisme de 1968, Menfi comprenait environ 12.500 habitants répartis sur une aire de 80 hectares , alors qu’aujourd’hui la population n’a augmenté que de 500 habitants et occupe une nouvelle extension urbaine de plus de 250 hectares. La surface habitable à l’époque était donc de 60m² par habitant alors qu’aujourd’hui elle est de trois fois plus, soit +/-200m². Il est donc facile d’en déduire la conséquence d’une gestion urbaine difficile.

27 PRG 1994 A3.5 pg 27

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G.

Zones urbanistiques

Une première phase du projet consistait à redéfinir les frontières de la ville existante, en recollant et/ou réintégrant les parties ébréchées en raison du phénomène de croissance incontrôlé et hasardeux. Les limites d’une telle redéfinition étaient formées d’une part à l’est par la dépression du sol créée par le cours d’eau Cavarretto, alors que la limite à l’ouest se définit par la route qui contourne la ville. La partie nord est délimitée par le tracé déjà existant de l’autoroute Castelvetrano -Sciacca. Enfin au sud, l’implantation d’un parc urbain est prévue afin de délimiter une zone compacte. Le système routier interne à cette délimitation du centre urbain, fut l’objet d’une série de propositions de rationalisation essayant de restaurer la géométrie orthogonale du tissu. Le PRG prévoit différentes zones urbanistiques qui vont déterminer les affectations octroyées à chaque partie de la ville. Il s’agit d’une méthode de contrôle et de définition concrète des usages du sol. Pour affronter la réglementation des modifications dans la ville existante, ces plans ont approfondi une nouvelle idée de « zonage », en appliquant à l’ensemble de la ville une méthodologie d’analyse.28 Un code couleur est utilisé pour les différentes zones. Cet approfondissement se traduit dans le PRG par une description détaillée des caractéristiques typologiques et morphologiques. Les éléments physiques sont croisés avec les aspects socio-économiques et les types d’utilisation. La sauvegarde étant considérée comme condition de la qualité de la complexité et de la planification urbaine.

28 SECCHI Bernardo, Progetto di suolo, in Un progetto per l’urbanistica. Torino,1989.pg.129

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( fig.23)

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Le partage du centre urbain en différentes zones urbanistiques implique essentiellement les éléments suivants( fig.23): zone A : délimitation du centre historique, dite «Isola d’interesse ambiantale» dont les tracés esquissés dans le schéma de masse du PRG seront reconstruits dans le respect des tracés historiques préexistants; zone B : l’une relative à l’expansion historique de la ville (B1), la suivante relative à la zone de transfert post-séisme (B2) et enfin la dernière (B3) prévoyant une gamme d’interventions vouées à assurer le remplissage et la réordination du tissu. zone C : zone d’extension urbaine (C1 / C2) qui occupe la fonction de couture du tissu et de remplissage urbain. zone PIP : (Piano per gli Insediamenti Produttivi) destinée aux établissements de production et commerciaux. zone D : destinée aux établissements de production et commerciaux et divisée en deux sous catégories selon leur spécificité :

D1 - zone pour les activités artisanales et industrielles non polluantes; D2 - zone pour les établissements de productions extra- urbains

zone VP : destinée aux parcs urbains et verts privés

Une brève analyse de chacune de ses zones est nécessaire afin de pouvoir comprendre leur importance et leur rôle respectif dans la reconstruction de la ville.

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Zone A


 Le centre historique (zone A)

Suite au tremblement de terre de 1968, la ville de Menfi est en pleine reconstruction. La partie la plus dévastée fut bien évidement celle du centre historique à cause de ses habitations vétustes. Le centre fit donc l’objet de plusieurs interventions, à tel point que la majeure partie des édifices ont subis des reconstructions durant le siècle dernier; reconstruction totale dans beaucoup de cas. Nous pouvons donc parler de centre historique relatif alors que l’authenticité typologique des bâtiments «historiques» est cependant assez pauvre. Le thème et les problématiques relatifs à sa sauvegarde ont imposé la nécessité de définir d’une part, des normes spécifiques relatives aux modes d’interventions. Pour ce faire, une classification des bâtiments par type et caractéristiques historiques/architectoniques a été établie. Et d’autre part, la mise au point de projets d’espaces publics et privés, des rues , des places, des parcours et la systématisation des zones vertes , du revêtement, des illuminations publiques, etc… Le sens de ces opérations permet les conditions pour une réhabilitation des habitants, du moins pour obtenir la réutilisation du patrimoine bâti aujourd’hui non utilisé. Le but à atteindre étant de recréer une atmosphère vivable de façon à ce que le centre historique reprenne le rôle de cœur de la ville. Il s’agirait de cette manière de refermer le chapitre de la reconstruction de la ville et ouvrir celui de l’innovation, de la modernité pour donner une nouvelle identité au centre historique. Cela devra passer par la mise en place d’activités commerciales telles que boutiques, locaux diurnes et nocturnes, cafés mais aussi d’espaces verts, d’infrastructures culturelles et artistiques afin de créer un lieu propice à un nouvel attrait des citoyens. L’enjeu est aussi de former une nouvelle scénographie pour cette partie de la ville. En effet, il semble important de relier l’ensemble du centre historique à la place principale Vittorio Emanuele qui mènera les habitants jusqu’aux jardins de la Villa Comunale qui se trouve en contre-bas.

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Zone B1 Zone B2

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Zone B3


 La zone résidentielle (zone B)

- Zone d’expansion historique de la ville (B1) Il s’agit d’une zone complémentaire octroyée à la réalisation de futures constructions du type maison unifamiliale. Elle jouxte le périmètre du centre historique et correspond à l’extension urbaine de la fin du XVIIIème jusqu’à la seconde moitié du XIXème siècle. Elle se compose généralement d’îlots réguliers comprenant des cours intérieures. - Zone de transfert (B2) Les seules modifications apportées à cette zone concerne le réseau viaire, les services et dans quelques cas, l’édification résidentielle. En ce qui concerne le réseau viaire, il fait surtout état d’une amélioration du dessin afin de relier les zones situées au nord et le «vert privé» (VP) à l’est. En ce qui concerne les services, en plus d’une rationalisation fonctionnelle générale, il est prévu de donner un aspect particulièrement qualifié à ce lieu stratégique à travers un projet spécial/particulier. Ce projet propose la possibilité de réaliser une séquence de place avec des utilisations diverses. Les places sont reliées par des porches qui garantissent la perception visuelle des espaces en séquence, donnant au lieu un centre d’attraction pour la ville entière. L’ajout d’édifices résidentiels est nécessaire pour déterminer les limites de la grande place, au centre de laquelle sera projeté un édifice polyfonctionnel (centre civil et commercial) pour compléter le dessin du projet spécial. (Voir projet Palminteri plus loin) - Zone pavillonnaire peu dense (B3) Les terrains constructibles sont réduits au minimum, de manière à ne pas augmenter la charge urbanistique de la zone. Elle se caractérise par un habitat pavillonnaire formé de villa quatre façades et jardins périphériques. (voir projet PE1 et PE4)

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Zone C1

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Zone C2


 Logements basse densité (zone C)

Ces zones sujettes à édification sont situées majoritairement dans la limite sud de la ville et une autre partie dans le nord. Il s’agit de créer des aires constructibles destinées surtout aux logements de basse densité (C1) et de moyenne densité (C2) (voir PE 3 et PE4 plus loin)

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Zone PIP Zone D1

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Zone D2


 Zone pour les établissements de productions (PIP) et commerciaux (D)

La zone sujette au PIP, situé au nord du centre urbain, assume le rôle stratégique de centre d’activités productives. Elle fût dessinée selon une planimétrie orthogonale qui reprend la trame urbaine et relie les axes estouest du plan de transfert. Les espaces dédiés aux activités de production sont ordonnés à travers un système de «clôtures» homogène qui assure la régularité des rangées de bâtiments donnant sur la rue mais laissant libre la réalisation des toitures et des volumes intérieurs en fonction des activités de production. (Cette zone est liée au secteur d’intervention PE2.) La périphérie du centre urbain est parsemée d’autres poches de production (D). Elle est pensée comme un intérêt intercommunal et de lien avec les communes voisines. Elle vient donc assumer le rôle de «charnière» et d’axe productif où sont localisées : - la zone D1 : zone pour les activités artisanales et industrielles non polluantes; - la zone D2 : zone pour les activités commerciales (voir projet Palminteri plus loin).

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Zone de vert publique Zone de vert privĂŠ limite urbaine Zone de vert agricole , limite urbaine 92

Zone de parc urbain publique


 Zone de parc urbain et vert privé (VP)

Comme il a été dit, le PRG opère un choix de régularisation de la forme urbaine, s’efforçant à redéfinir le dessin du système géométrique de base. Le vert urbain aura aussi pour rôle de caractériser les limites de la ville. Il s’opère une «fermeture» du dessin planimétrique, cherchant à créer une sorte de «ceinture verte» par une série de lieux dispatchés à l’est, à l’ouest, et surtout au sud du noyau urbain. Un grand projet de parc urbain se développe au sud de la ville. Il est nécessaire de délimiter ce parc afin d’améliorer sa visibilité et sa gestion. D’autres zones de végétation formeront sont contours. Un grand axe vert est-ouest forme une sorte d’allée qui s’implante avec deux autres axes linéaires traversés par des parcours piétonniers et cyclables animés par des jeux de buissons et d’arbres. ( voir PE3 plus loin) Une troisième zone verte est prévue le long de la limite sud du centre historique: il s’agit d’un bois urbain qui profite au mieux de la dénivellation du sol et qui souligne la continuité avec l’environnement naturel. Ces implantations vertes formants une respiration urbaine, réalisées en grande partie sur des terrains de propriété publique sont entourés de la zone C de basse densité qui, ensemble, permettent de créer un grand effet de vert. Des interventions plus ponctuelles se font notamment :

- dans le système de cours caractérisant le centre historique; - sur les places, les dents creuses importantes; - autour des édifices scolaires et sportifs; - dans les jardins privés.

Les normes de la zone (VP) permettent la création de jardins pour les maisons unifamiliales qui devront assurer l’implantation et le maintien du vert.

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III.

ANALYSE DU TISSU URBAIN

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(fig.24)


A. Enquête sur les espaces non édifiés et sur le vert urbain Puisque l’une des grandes problématiques de la ville est la requalification des espaces publics non définis, il semble inévitable d’établir un relevé de ses différents espaces. Cette enquête sur les espaces libres de la ville sert de base pour la configuration du plan. La raison fondamentale de cette enquête est celle d’imaginer un système intégré des espaces ouverts et verts afin de restituer une identité, une vitalité aux lieux dégradés du tissu urbain. (fig.24) On référence plusieurs typologies d’espaces ouverts :

- - - - - - - - -

les zones non édifiées les cours les places et les élargissements significatifs les zones piétonnes les zones avec du mobilier urbain les zones en friche les abords des écoles et bâtiments publics les zones d’infrastructures sportives les abords des routes

Dans la zone du centre historique, la maille orthogonale de la voirie n’est jamais interrompue par des élargissements significatifs. Les trottoirs sont très étroits et la rue ne laisse que difficilement passer deux voitures. D’ailleurs, dans leur grande majorité, elles sont à sens unique. Cela exclu la possibilité d’intervenir avec des espaces publics proposant du mobilier urbain. Certaines ruines ou dents creuses laissées par le tremblement de terre ouvrent quelques fois l’espace et le front de rue, mais on ne peut pas proprement parler de lieux que la population pourrait s’approprier. Les cours fragmentant les îlots du centre historique ne sont pas non plus investies par une activité sociale intense; tout au plus lieu de passage ou récréatif pour leurs occupants. En effet, seule, la place principale se caractérise comme véritable espace public.

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(fig.25)

(fig.26)

(fig.27)

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La grande disponibilité des espaces ouverts résulte des mesures législatives post-séisme; cession de terrains privés des occupants du centre historique à la commune après leur installation dans la zone de transfert; mais aussi de la destruction des anciens baraquements qui accueillirent les sinistrés à la suite du tremblement de terre. Les baraquements ont laissé place aujourd’hui à des terrains vagues sans aucunes interventions architecturales ou urbaines. Par exemple, les espaces se trouvant entre deux tranches bâties, dans la zone d’expansion au nord de la ville, ne sont en aucun cas qualifiés. Cette partie de la ville constitue une ressource importante de possibilité d’interventions sur les espaces urbains. Sa position à l’intérieur du tissu et sa dimension non négligeable en fait un lieu stratégique pour des hypothèses et/ou des projets qui essaieraient d’enrichir la perception de la ville à travers des opérations de requalification des espaces et d’implantation de zones vertes.(fig.25) Différentes typologies d’espaces verts sont déjà présentes mais malheureusement trop éparpillées et non qualifiées: Potagers urbains: Implantés généralement dans les zones en friche et terrains vagues où existent aussi quelques plantations d’agrumes. Les citadins, généralement émigrés ou de milieu défavorisé, profitent donc des lieux pour s’en approprier la terre. Ce procédé leur permet parfois de se lancer dans une activité complémentaire pouvant ainsi améliorer le quotidien de leur famille. Jardins privés: Ils sont assez rares, il existe plutôt des lieux privés ou en copropriété embellis de plantations mais sans réelle volonté de créer un vrai jardin. (fig.27) Jardins publics: La «Villa Communale» 19 constitue l’unique lieu qui peut être caractérisé de jardin public. L’implantation planimétrique suit le modèle traditionnel des compositions de parterre de fleurs et de haies taillées où sont plantés régulièrement des palmiers. (fig.26) Arbres routiers: Ils sont extrêmement limités et bordent seulement quelques grands axes d’accès à la ville. En conclusion, ces vastes zones en friche, terrains vagues non édifiés dénigrent l’image urbaine de la ville, créant une sensation «d’inachevé». 19 Jardin botanique public implanté en contrebas de la Piazza Vittorio Emanuele au sud de la ville.

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Maisons uni-familiales rez +1 Immeuble à appartements rez +2 +3 Ilots à cours simples batiments alignés à front de rue 100

Ilots à cours complexes


B.

Typologie du bâti

La lecture des différentes typologies des bâtiments synthétise un processus de transformation du tissu urbain. On peut ainsi en analyser chaque phases de son évolution. On observe bien le changement de typologie qui s’opère au fil du temps partant du noyau central du centre historique. La typologie des différents édifices est notamment liée au zonage du PRG qui en régis l’affectation du sol. D’une part, les zones comprenant un système de cours intérieures complexes caractéristiques de l’architecture des médinas arabes (fig.28/28’) ,rappelant que Tunis se trouve à quelques encablures juste de l’autre côté de la mer, correspondent au Centre Historique. Dans le PRG , c’est La Zone A qui définit les limites de ce Centre Historique. D’autre part, les îlots à cours et patios uniformes et simples (fig.29/29’) signalent le processus d’accroissement de la ville durant le début de la seconde moitié du XXème siècle.(voir transparent <1968). Le bâti correspondant à cette typologie s’implante entièrement dans la Zone B1 de consolidation urbain. On y retrouve également des maisons accolées , alignées à front de rue (fig.30/30’) correspondant à une extension antérieur de la ville.(voir transparent 1932) Les bâtiments mitoyens et les immeubles à appartements de la zone de transfert B2 quant à eux, montrent avec évidence l’étrange évolution de la reconstruction de la ville après le séisme de 1968. (voir transparent 1975). Ils se développent sous forme de barres de logements en complète opposition avec les îlots rectangulaires qui caractérisaient l’implantation urbaine de Menfi jusqu’alors. L’expansion opérée au travers du plan de reconstruction fut caractérisée par l’introduction de nouvelles typologies de bâtiments; des immeubles alignés et étrangers à la culture des lieux. Cette expansion a totalement bouleversé le rapport traditionnel entre habitation, espace public et anciennes habitudes sociales ; celles des coursives du centre historique où l’on vivait et travaillait en communauté. Cette zone de transfère nord se développe sous un schéma répété de maison uni-familiale avec toitures a versants et jardins avants-arrières à front de rue qui s’alternent avec les immeubles à appartements rez +2.(fig.31)

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(fig.28)

(fig.32)

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(fig.29)

(fig.33)

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(fig.30)

(fig.34) (fig.28’)

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(fig.29’)


(fig.31)

(fig.35)

(fig.30’)

(fig.31’)

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IV. UNE VISION FUTURE POUR LA VILLE

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108

(fig.36)


Le rapport entre le « Piano Regolatore » et ses phases successives de mise à exécution subit d’importantes modifications, en particulier la révision des prescriptions indiquant un recours systématique à des instruments d’aménagement locaux. Les nouveaux plans tendent à sélectionner et distinguer deux cas de figure : les secteurs nécessitant des interventions ponctuelles stratégiques, pour lesquelles des plans d’aménagement seront déterminés ultérieurement (PE), et «l’album de Projet». 29 (fig.36) Il sera mis en évidence , dans les pages qui suivent , les éléments fondateurs de la reconstruction urbanistique de la ville de Menfi. Il s’agit la de mettre en vue la stratégie urbanistique qui pourrais permettre à la ville de se projeter dans les futur. Par contre nous verront que cette projection actuellement est encore bien loin de la vérité. Les documents planimétriques des différents secteurs d’intervention seront confrontés en parallèle à un vue satellite du site accompagné de photos qui permettront d’avoir une vision d’ensemble de l’état réel des lieux.

A.

Secteurs d’interventions stratégiques (PE)

Comme il a été dit précédemment l’un des objectifs principaux de la planification urbaine de Menfi est la volonté de redéfinir sa périphérie. Une série de «Prescrizioni Esecutive» (PE) a donc été élaborée pour parvenir à réorganiser de manière urbanistique certains quartiers du centre urbain. Pour ce faire, la périphérie de la ville a été fractionnée en plusieurs secteurs d’interventions. Ils se concentrent essentiellement dans le nord et l’ouest de la couronne de la ville. Ces secteurs d’interventions sont délimités pour la plupart par les anciens tracés laissés par les zones de baraquements établies suite au tremblement de terre. Ces zones ont laissé place par la suite à de grands espaces en friche qu’il est urgent de requalifier. L’implantation des infrastructures, du réseau viaire et des édifices sera dictée par les zones urbanistiques du PRG. Ainsi l’affectation et la fonction des nouveaux quartiers (résidentiel, commercial, activités de production, parc) se référencera toujours à l’usage du sol qui a été prescrit lors de l’élaboration du PRG. 29 SECCHI Bernardo, Album di progetti, in Un progetto per l’urbanistica. Torino, 1989.pg.291

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110


1. Secteur de rénovation urbaine. (PE.1) Il est prévu un travail d’infrastructure minimal du secteur que ce soit en termes de rationalisation de la viabilité interne ou en ce qui concerne la dotation de services. Les interventions urbanistiques comprennent deux zones : une au nord (PE.1/A) et une autre au sud-ouest (PE. 1/B). Les critères suivis lors de l’élaboration de ces interventions furent les suivants 30:

- la nécessité de relier le système infrastructurel, selon une géométrie orthogonale ;

- la nécessité d’établir des caractéristiques morphologiques en relation logique avec le tissu urbain ;

- la nécessité d’améliorer les conditions d’accessibilité aux infrastructures.

30 Il progetto urbano di Menfi» pg 89

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(fig.37)

Via Inico

Ring ouest

(fig.38)

Zone B3 112

Zone de vert agricole , limite urbaine


Secteur nord (PE.1/A) Ce secteur se développe au nord de la ville et est à cheval sur le ring ouest, de part et d’autre de l’axe de pénétration de la ville Via Inico. A l’intérieur de ce dernier s’est développé une série d’infrastructures caractérisées par un développement abusif des constructions, sans aucune unité architectonique et qui dénigre l’image du lieu. En d’autres termes, autours d’un tracé viaire inadéquat sont venus s’implanter des constructions sans aucune cohérence entres elles ni avec le contexte urbain. Il en résulte un désordre visuel et fonctionnel auquel le PRG et dans ce cas le PE tente de donner une réponse. Ce site représente un enjeu important car il s’agit de l’entrée principale de la ville. C’est la charnière entre l’autoroute et le centre urbain. Le secteur PE.1/A est situé dans son entièreté sur la zone urbanistique B3, l’affectation du sol ne peut donc qu’être résidentielle. (fig.38) L’état des lieux révèle que la majeure partie des constructions existantes ont une fonction résidentielle. La densité construite est assez basse du fait que la typologie prévalant est celle de la «maison uni- ou bi-familiale isolée» avec jardin. Rares sont les constructions de plus de deux étages. L’implantation des services et infrastructures civiles inadéquate ne permet pas de garantir un standard de vie acceptable pour ceux qui y résident.

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(fig.39)

(fig.40)

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(fig.41)

(fig.42)

(fig.43)

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(fig.43)

Ring ouest

Via Trieste Via della Vittoria

Zone de vert publique Zone B3 Zone dâ&#x20AC;&#x2122;infrastructures publiques

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(fig.44)


Secteur ouest (PE.1/B) Il s’agit d’un secteur se situant à l’extrême ouest de la ville. Il se développe dans la prolongation de certains axes du centre urbain: via Trieste via della Vittoria, toutes vers le ring ouest. C’est pour cette raison qu’il est caractérisé par une structure urbaine assez régulière. Le PRG prévoit, en grande majorité, de densifier le site par une zone résidentielle (B3), mais y projette aussi l’installation de deux parcelles de services publics ainsi que l’implantation de zones vertes (VP). (fig.44) L’état des lieux a mis en évidence que la majeure partie des constructions existantes ont une fonction résidentielle. La densité construite est moyenne et caractérisée par la mixité d’édifices à front de rue et d’autres de type «maison uni- ou bi-familiale isolée» avec jardin.

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(fig.45)

(fig.46)

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(fig.47)

(fig.48)

(fig.49)

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(fig.50)

Via Antonio Giattini

Via Leonardo Morrione Via Inico

Zone de vert publique Zone de vert privĂŠ limite urbaine Zone PIP

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(fig.51)


2. Secteur pour les infrastructures de production (PE.2) L’intervention propose une modification du site pour s’adapter au mieux au contexte. Il tente d’en garantir l’insertion dans le tissu urbain dont il fait intégralement partie. Ce grand secteur se développe à l’ouest de la ville, le long de la route qui entoure cette partie du centre urbain. Le PRG prévoit dans ce secteur essentiellement l’implantation d’une zone d’activités de production (PIP). Il a été prévu en outre de construire une ceinture verte autour de cette zone, en particulier le long de la via Inico (fig.51). Elle permettra l’implantation d’infrastructures sportives et ludiques pour les habitants de la zone de transfert se situant à l’Est. Cette tranche verte le long de la via Inico vient amplifier et caractériser l’aspect important de cet axe d’entrée à la ville. Cette zone se constitue principalement de deux axes parallèles à la via Inico et de deux axes transversaux à ces derniers ( via Antonio Giattini et via Leonardo Morrione). On y a inséré une trame de rues internes qui y génère des îlots rectangulaires. A l’intérieur de ceux-ci seront construits des édifices pour les activités commerciales et de production. Leur implantation très ordonnée et leur typologie ferait référence à des modèles identiques répétés plusieurs fois (voir zone PIP – page 89). Actuellement, il s’agit d’un lieu où s’implante quelques constructions en grande majorité des entrepôts, des hangars ou de petites et moyennes entreprises. Ce secteur ressemble à un zoning industriel mal entretenu. Ce site a des pré-requis pour se doter d’un caractère urbain plus intéressant dont: - sa situation proche des grands axes (via Inico, ring ouest, etc) - sa situation en limite interne du centre urbain - la disponibilité d’espaces pouvant être alloués à la création de zones vertes. Ceux-ci orientent les choix fondamentaux liés au projet dont l’opportunité de tisser l’implantation de la zone PIP au reste du tissu urbain.

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(fig.52) (fig.53)

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(fig.54)

(fig.55)

(fig.56)

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(fig.57)

Via Porto Palo

Via Giuseppe Mazzini Tangente sud

Zone de parc urbain publique Zone de vert privĂŠ limite urbaine Zone C2 Zone B3

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Zone de vert publique

(fig.58)


3. Secteur du parc urbain et d’extension résidentielle sud (PE.3) Ce secteur a déjà fait l’objet d’un PRG précédent. Le nouveau PRG revoit et propose une nouvelle configuration qui semble plus pertinente et rationnelle, introduisant une série de critères et d’options qui étaient absents dans le précédent instrument. Notamment, il mélangeait les affectations et les fonctions publiques et privées mais sans donner de configuration claire entre elles. Certaines voies n’avaient pas de sortie ou débouchaient sur des zones de manœuvre ou de demi-tour. Ce secteur comprend différentes zones urbanistiques: le vert public et parc urbain (VP), une partie de la zone résidentielle B3, une zone de vert privé et la zone de faible densité résidentielle C2. (fig.58) Le site de l’intervention se situe dans le sud de la ville, en contrebas du centre historique. Il se délimite par la tangente sud , la via Porto Palo à l’ouest et la via Giuseppe Mazzini à l’est. Elle a pour but de redéfinir la périphérie de cette partie du centre et de caractériser les abords du quartier historique avec la création d’un grand parc urbain. Ce lieu sera dynamisé par la création de zones résidentielles longeant ce parc. On retrouve à l’extrémité ouest de ce secteur quelques constructions d’affectations mixtes artisanales et résidentielles. Seules quelques maisons sont disséminées sur l’entièreté du site. Aux confins est du secteur se trouve un grand espace destiné à l’implantation d’un parc public. Cette zone devrait constituer l’extension du jardin public existant, Villa Comunale, à travers une longue allée verte traversant tout le secteur d’est en ouest. Cela mettra en valeur la place principale de Menfi, piazza Vittorio Emanuele. L’impact urbain de ce système devrait être tel qu’il créera un rôle dans l’imaginaire collectif et pourra induire une utilisation intensive de l’espace autant par les jeunes que par les autres générations.

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(fig.59)

(fig.60)

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(fig.61)

(fig.62)

(fig.63)

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(fig.64)

Tangente ouest Zone B3 Zone D2 Zone C1

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Via Addolorata Via Inico Via Boccaccio (fig.65)


4. Secteur d’extension résidentielle et commerciale ouest (PE.4)

Ce secteur se situe partiellement sur les traces de l’ancien site de baraquements «Cuba» localisé à la limite sud de la zone PIP ; à cheval sur la tangente ouest de la ville. Il s’agit d’un endroit stratégique, d’un secteur qui se situe au croisement des deux principaux axes de pénétration de la ville (via Inico-Via Boccaccio). L’objectif du projet est la réordination du secteur urbain particulièrement irrationnel et qui nécessite un nouvel aspect fonctionnel et physique. Il regroupe différentes typologies de zonage: une zone résidentielle (B3) à l’ouest, une zone commerciale (D2) située au centre le long de la via Boccaccio et enfin, une troisième partie formée de deux grands îlots résidentiels de basse densité (C1) qui complètent la trame du tissu adjacent. (fig.65) Le territoire dans la partie ouest de la ville se caractérise par une infrastructure éparpillée qui comprend des maisons, des potagers, des jardins et des terrains en friche, créant un sentiment d’abandon. Le projet est centré sur deux choix fondamentaux d’ordre viaire: la greffe de la via Boccaccio avec le ring et la prolongation rectiligne de la via Inico pour la joindre à la via Addolorata. Ces choix font référence au projet général de renforcement de l’aspect géométrique orthogonal de la structure urbaine de Menfi.

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(fig.66)

(fig.67)

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(fig.68)

(fig.69)

(fig.70)

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B.

L’album de projets

L’album de projets contient des « explorations »territoriales que les projecteurs ont rédigé dans les phases d’étude et d’élaboration du plan d’urbanisme. La description de la ville et du territoire consiste en une imagination et en un dévoilement des caractéristiques constitutives »31. Cette approche sélectionne les lieux particuliers dans lesquels « les caractéristique morphologique et typologique et/ou l’importance stratégique et/ ou la précarité rendent nécessaire et utile d’attribuer un rôle nodal et donc de prévoir une capacité de transformation physique et fonctionnelle»32. Ces lieux, choisis selon des critères différents dans chaque plan d’urbanisme après une analyse du territoire, sont explorés de manière thématique avec textes et desseins. Il s’agit d’une stratégie globale de choix orientée vers l’individualisation d’interventions ponctuelles exemplaires et manifestes pour créer une valeur ajoutée au territoire communal. Cette stratégie permettrait la réorganisation et la requalification du centre urbain. Le nouveau PRG et les principales stratégies de développement et de valorisation du territoire tentent d’améliorer la qualité urbaine par la création de différents projets architecturaux à hauts potentiels. Ces interventions mettent en évidence les problématiques de certaines situations urbaines et tentent de leur offrir des solutions. Elles ont aussi pour objectif de solliciter l’attention de l’opinion publique et des acteurs de la thématique de la requalification urbaine. Un autre objectif est celui de construire un «album» de projets et de redorer le blason de la ville au niveau communal mais aussi de se démarquer au niveau du territoire de la Sicile même.

31 SECCHI Bernardo, Album di progetti. pg.297 32 SECCHI Bernardo, Album di progetti. pg.295

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7.

4. 3. 5.

6.

1. 2.

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Le fait de « définir les lieux du projet, leur donner un thème, les soumettre à la « tentation » du projet qui devient partie intégrante du plan d’urbanisme, implique d’abandonner l’idée du fragment d’architecture, (…) joyau égaré qui illumine la désolation avoisinante » 33 . On peut alors identifier sept différentes interventions architecturales importantes dans le centre urbain de Menfi, détaillées ci-après point par point:  

1. L’intervention de Vittorio Gregotti 2. Le projet de la zone A1 3. Le projet PEEP 4. le projet Parco dello Sport 5. le projet Inico 6. le projet Pilote 7. le projet de l’Area Palminteri

33 GASPARRINI Carlo, L’attualità dell’urbanistica. Dal piano al progetto, dal progetto al piano. pg.255

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(fig.71)

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1. L’Intervention de Vittorio Gregotti Vittorio Gregotti écrit à propos du projet urbain de Menfi : «…qu’il a la capacité de témoigner physiquement de la culture de la ville et de sa longévité. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il faut éviter les contradictions de l’époque actuelle tant qu’elles sont capables de représenter ses espérances et ses utopies. La question urbaine est devenue économiquement et politiquement si complexe qu’il est nécessaire d’avoir une politique et une collaboration collective assez performante pour la conduire à terme. Le risque du projet urbain ne peut être couru que si il existe une compréhension culturelle forte entre l’architecte et le personnel administratif.» 34 Un autre aspect de la contribution de Gregotti au dessin urbain consiste à maintenir une cohérence entre les règlements qui régissent les diverses parties de la ville et les solutions architectoniques. L’ensemble doit être en mesure de fixer des règles claires pour le développement des zones qui y sont sujettes. L’intervention architectonique ne doit pas être réprimée mais guidée. «Je crois que nos solutions devront craindre la sensibilité excessive qui mène souvent le dessin urbain vers une parodie du parc d’attraction qui ne discipline et ne hiérarchise pas les parties qui constituent l’authentique richesse d’un ensemble urbain. Nous devons être capables de reconstruire une norme architecturale qui ne nécessite pas d’applaudissements» Durant les dernières années, la culture architectonique a commencé à accumuler des expériences importantes en matière d’organisation des nouveaux espaces urbains. Elle s’est dirigée vers des typologies nouvelles ou de nouvelles combinaisons de types de bâtiments.

34 Article de V. Gregotti dans Il progetto urbano di Menfi. (Diplômé en architecture en 1952 à la Politecnico di Milano. Professeur de composition architectural à l ‘ Istituto Universitario di Architettura di Venezia. Il fut directeur de diverses revues d’architecture et a publier de nombreux ouvrages d’architecture.)

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(fig.72)

(fig.73)

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(fig.74)


Suite au tremblement de terre de 1968, l’administration communale a pris la décision demander à Vittorio Gregotti un projet de reconstruction de la piazza Vittorio Emanuele et ses abords. Ce projet englobe tout d’abord la réédification de la tour du château de Frédéric II de Sicile sur les ruines de celle préexistante (fig.72) ainsi que celle de l’église principale, la «Chiesa Madre» (fig.74). D’autre part, Vittorio Gregotti a profité de ce projet pour y intégrer la construction d’une nouvelle bibliothèque communale et d’un musée civil. L’objectif étant que la place principale de Menfi se réapproprie sa splendeur et son rôle central. Dans ce projet de reconstruction, devenu symbole de la renaissance urbaine de Menfi, se reflète ses théories architecturales, ses pensées architectoniques des années 60 et 70. Autrement dit, une architecture dont la qualité est révélée par son lien au contexte. Le projet de Gregotti s’insère dans cette logique en retravaillant l’aspect de la place centrale autour de laquelle gravitent les édifices de grande importance : la Chiesa Madre, la bibliothèque et la tour en ruine. L’ensemble de ces éléments est propice à la construction d’un lieu collectif et donc urbain. Ce projet a aussi une valeur politique et a la capacité de témoigner physiquement de la mémoire culturelle de la ville. Il crée une image plus attractive des espaces publics les plus significatifs, assumant leur rôle de cœur urbain. L’église, la tour, la place sont des éléments singuliers mais qui semblent liés sur le même plan, formant un ensemble homogène. Un dialogue se crée ainsi entre les différents éléments avec leur valeur propre, se répondent et interagissent entre eux.

(fig.75)

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(fig.76)

Tore Civica Piazza Vittorio Emanuele Zone dâ&#x20AC;&#x2122;infrastructures publiques Zone de vert publique Zone A

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Via Tagliava (fig.77)


2. Le projet de la zone A1. «Isola di interesse ambientale»

Arch. Domenico Calcagno

Réalisé en 1994 par l’architecte Domenico Calcagno 35 , il s’agit d’un projet de restauration des édifices publics importants et de la construction de septante logements dans la partie sud-est de la ville. De par sa localisation proche de la place principale, ce projet tente de revaloriser ce lieu hautement historique. Il représente un exemple de la manière dont il est possible de conserver et d’innover «les lieux de mémoire» en référence à la notion de «restauration culturelle». 36 L’objectif principal du projet est la requalification du plus ancien noyau historique de Menfi en réaffirmant la fonction résidentielle propre au lieu. Ce lieu où se trouve déjà les éléments de grande importance, tels que la place principale, la Chiesa Madre, la Torre Civica. Il prévoit donc la revitalisation d’un site qui comporte de nombreux espaces et édifices d’intérêt historique et artistique. Le site du projet devait inclure des zones de logements , des infrastructures publiques et des espaces verts intégrés. (fig.77) Les interventions les plus probantes se situent en amont et en aval de la via Tagliava. De part et d’autre de celle-ci, les bâtiments sont disposés en U de manière à former une sorte de peigne faisant référence à la morphologie originelle de l’ancienne structure. L’intérieur de ces îlots est aménagé en petites placettes semi-publiques qui viennent desservir l’entrée des logements (fig.75). L’implantation du bâti se calque sur les racines de la précédente mais propose par contre une architecture plus contemporaine (fig.79). On note aussi l’incorporation de petites zones vertes et plantées qui viennent dynamiser l’aspect du site (fig.80). Outre l’objectif de requalification du lieu, il est évident que le but est aussi de repeuplé ce site dégradé qui était presque à l’abandon, créant par là un nouveau pôle d’attraction dans cette partie de la ville. 35 Architecte dirigeant le secteur urbanistique du bureau technique de la Commune de Menfi 36 CALCAGNO D. «Il progetto urbano di Menfi» pg 112

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(fig.78)

(fig.79)

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(fig.80)

(fig.81

(fig.82)

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(fig.83)

Zone dâ&#x20AC;&#x2122;infrastructures publiques Zone de vert publique Zone PEEP

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Via Boccacio (fig.84)


3. Le projet PEEP 37

Arch. Francesco Restivo 38, Giuseppe Sutera39

Outre le fait de satisfaire un besoin en habitations, le projet essaye de garantir le caractère central de ce nœud de la ville. Il représente, en fait, l’occasion de remailler la trame orthogonale du centre urbain qui est pour l’instant déformée par le vide de ce vaste lieu. Ce vide créé par la destruction des anciens baraquements qui accueillaient les sinistrés du tremblement de terre de 1968. Premièrement, il propose la construction d’une faculté (PS1) insérée entre la via Boccaccio d’un côté et d’une place contenant un jardin public de l’autre. Ce bâtiment linéaire comprend, outre les écoles, un service administratif et des espaces pour des équipements publics comme une bibliothèque, une salle d’exposition, etc. La particularité de l’édifice consiste dans le fait qu’il permet une relation visuelle entre la place et la via Boccaccio. (fig.85) Un édifice public aussi important est donc une occasion pour donner à un lieu stratégique un impact urbain. Deuxièmement, une partie résidentielle pour pallier au manque de logements sociaux viendra s’implanter autour du jardin public (fig.84). La typologie reprend le thème des îlots à cours, à l’intérieur desquels se trouveront des jardins, de la végétation et des zones récréatives. Ce sont des immeubles à appartements de trois à quatre étages et dont le rezde-chaussée est libre (fig.86), destiné généralement au parking de la (ou des) voitures des occupants. La forme architecturale de ces bâtiments fait référence à la quatrième typologie résidentielle précédemment exposée. Malgré l’existence du projet sur plans, aménageant l’entièreté du site, aujourd’hui, seules quelques rangées d’immeubles sont construites. La faculté et les espaces publics ne sont quant à eux pas encore lancés, ce qui laisse place actuellement à une vaste aire de terrains vagues. 37 Piano per l’Edilizia Economica e Popolare.Immeubles à loyers modérés. 38 Architecte indépendant de Trapani, membre du conseil régional urbanistique. 39 Architecte indépendant de Menfi.

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(fig.85)

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(fig.86)

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(fig.87)

(fig.88)

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(fig.89)

(fig.90)

(fig.91)

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(fig.92)

Viale Michelangelo Ring ouest Zone dâ&#x20AC;&#x2122;infrastructures publiques Zone de vert publique

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(fig.93)


4. Le projet Parco dello Sport

Ing.Marcello Misuraca 40 ,Paysag. Alessandro Tagliolini 41

Le parc sportif s’étend sur une vaste zone dans l’est de la ville. Il contient des infrastructures sportives telles que des terrains de tennis, des terrains de football, des gymnases et une piscine. La limite de cette zone est déterminée par le ring qui entoure tout l’est de la ville. Cette intervention permet donc de créer une nouvelle entrée dans le centre urbain par l’axe de pénétration viale Michelangelo. La nouvelle connexion ainsi créée est animée par deux grandes fontaines sculpturales hautes de six mètres. Ceci constitue un important signal visuel qui lie le parc à la ville. La nécessité d’ombrager certaines avenues et secteurs du parc était l’un des choix du plan. De nombreuses plantations étaient prévues le long de ces axes mais aussi à l’intérieur de grands espaces verts afin de créer une harmonie naturelle avec le contexte (fig.92). Cette zone devait proposer un lieu récréatif et agréable pour la jeunesse de Menfi. Un lieu de repos où l’on mêle détente et activités sportives et ludiques. Cette intervention devait donner à la ville un espace vert, attirant tous les habitants vers ce lieu en marge du reste du tissu urbain (fig.93). On observe, malheureusement aujourd’hui, qu’aucun de ces «bois artificiels» n’est présent. Seule la végétation le long des axes principaux a été plantée. Des petits sentiers devaient être tracés mais on n’en retrouve actuellement aucune trace. Les vastes espaces verts ressemblent plus à des terrains vagues qu’à de vrais parcs. Les bâtiments et infrastructures sportives ont été en majorité construits, par contre tout l’aménagement extérieur semble avoir été mis de côté. On en conclu donc que les objectifs de pôle attractif et de poumon vert n’ont pas été atteint par manque de moyens techniques ou financiers. On peut dire que le gros œuvre effectué, les infrastructures mises en place ne permettent pas de redonner vie au site. Cependant, il reste fort d’un énorme potentiel. Sur papier, le projet semblait très intéressant, pourtant la réalité actuelle n’est pas à la hauteur. 40 Ingénieur en chef du bureau technique de la Commune de Menfi. 41 Paysagiste , historien de l’art.

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(fig.94) (fig.95)

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(fig.96)

(fig.97)

(fig.98)

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(fig.99)

Zone dâ&#x20AC;&#x2122;infrastructures publiques Zone de vert publique

Via Boccacio 154

(fig.100)


5. Le projet Inico

Arch. Vito Corte 42 , Giuseppe Ruggia43

L’idée de départ de ce projet était de proposer une installation urbaine sur un site qui était dépourvu de qualité. Site pourtant pourvu d’une grande importance de par son rôle de charnière entre le vieux Menfi et la zone de transfert. Il est en quelque sorte la limite entre la ville «historique» et la ville «à vivre»44 . On peut en déduire aussi une certaine recherche poétique de la dualité entre l’aspect «piétonnier» du centre historique (la voirie et les cours) et la condition «automobiliste» de la ville contemporaine. Le projet tente de réinterpréter la tradition agricole méditerranéenne dans son rapport avec la végétation et la nature. Tous les abords de la grande via Boccaccio furent requalifiés avec un champ pour la détente et la relaxation, une piste cyclable, une aire de jeu pour les enfants, un parcours piéton, du mobilier urbain, des espaces d’exposition et des jardins (fig.100). Ces espaces ouverts ont pour but d’accueillir une grande foule pour les manifestations publiques. La présence d’eau sous forme de fontaines et de ruissellements divers faisait référence une fois de plus à la culture méditerranéenne antique. Le corps du bâtiment principal, rectangulaire allongé est une métaphore du passage d’une typologie du tissu urbain à une autre. Il signale ce basculement d’un maillage de la trame urbaine des blocs d’îlots à la typologie des édifices de la zone de transfert. Cet édifice à l’architecture singulière minimaliste est le monument contemporain le plus manifeste de la ville. Sa forme très simple extérieurement (fig.101), dissimule une circulation complexe d’escaliers et de rampes très élégantes. Ceux-ci se déploient vers les cimes des orangers plantés à l’intérieur même du bâtiment. Ils nous mènent jusqu’au toit d’où l’on peut observer un très beau panorama de la ville.

42 Architecte indépendant, actuellement président de l’ordre des architectes de Trapani. 43 Architecte indépendant de Menfi. 44 LOTA V., 100 cose fatte, pg 12 , Menfi 2003.

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(fig.101)

(fig.102)

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Malgré sa splendeur utopique, le site n’est plus désormais que l’ombre de lui-même. Les balançoires rouillées et les tourniquets grinçants n’attirent plus grand monde. Le magnifique jardin et les espaces de jeux sont laissés à l’abandon. L’herbe et les plantes ont laissé place à une terre sèche et aux toiles d’araignées. Encore une fois, nous avons ici l’exemple d’une intervention architectural qui avait un véritable but au niveau urbanistique mais délaissée, sans mise en valeur, le lieu a dépéri et ses idéaux par la même occasion.

(fig.103)

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(fig.104) (fig.105)

158


(fig.106)

(fig.107) (fig.108)

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(fig.109)

Via Giacomo Matteotti Zone dâ&#x20AC;&#x2122;infrastructures publiques Zone B2 Zone de vert publique

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Via Raffaello

(fig.110)


6. Le projet Pilote (PS2) Le projet est essentiellement constitué de trois éléments géométriquement bien définis et reliés entre eux par un système de place afin de donner une unité à l’intervention. Il se situe au croisement Un grand édifice en U regroupe des structures hospitalières et sanitaires ainsi que des bureaux administratifs qui y sont liés. Face à lui, un autre édifice vient fermer la cour intérieure. Le rez-de-chaussée est destiné à des fonctions commerciales tandis que les étages supérieurs sont alloués à du résidentiel et des bureaux. Le dessin du plan d’implantation est complété par un édifice semi-circulaire donnant sur une place piétonnière qui désert des commerces de services tels que des bars, des restaurants, etc (fig.111). L’objectif de ce projet est de requalifier une grande zone libre située dans la partie est du centre urbain à la limite de la zone de transfert. Il permettrait aussi de doter la ville d’infrastructures sanitaires , residentielles et d’espaces verts à une échelle urbaine (fig.110). Ce projet existe bien sur papier mais actuellement seul le bâtiment à front de rue regroupant les activités commerciales, résidentielles et de bureaux a été construit. Le reste du site laisse place encore une fois à des espaces en friche. Un sentiment d’inachevé se dégage du lieu. Il n’est ni propice à la rencontre sociale ni à la valorisation de cette partie de la ville.

(fig.111)

161


(fig.112)

(fig.113)

162


(fig.114)

(fig.115)

(fig.116)

163


(fig.117)

Centro Civico Via Palminteri (fig.118)

Zone D2

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7. Le projet de l’Area Palminteri

Arch. Domenico Calcagno

Le site du projet est situé sur une aire rectangulaire de 21.000 m² complètement abandonnée, le long de la grande diagonale via Palminteri en face du Centro Civico (édifice communal). Le PRG y prévoit l’implantation de structures commerciales D2 (fig.118) . Il a été déterminé une subdivision de la zone en diverses parcelles (fig.117). Une entrée créée par un escalier sculptural permettra de monter sur un socle où seront installés les différents services et édifices. L’aire triangulaire sera bordée d’un parcours piétonnier animé par la plantation de grands arbres. Des jardins et des placettes reliront les différentes parcelles sur le socle (fig.119). Malgré la mise en place et le financement du projet en octobre 2011, le site est encore vierge de tout chantier. Ce lieu désormais représente un énorme vide dans la trame du tissu urbain. Il est urgent d’intervenir rapidement pour requalifier la zone et donner un caractère attrayant au nord de la ville. (fig.119)

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(fig.120)

(fig.121)

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(fig.122)

(fig.123)

(fig.124)

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CONCLUSION

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A travers ce mémoire j’élabore un état des lieux la ville de Menfi meurtrie par les événements catastrophiques du tremblement de terre de 1968 et surtout par la gestion urbaine qui s’ensuivi. Les habitants du centre historique ont vu leurs maisons dévastées et ont dû s’installer dans des baraquements provisoires de bois et de tôle. Les sinistrés étaient tellement nombreux que les zones de baraquements s’étendaient sur de vastes aires toutes proches des ruines de la ville. Malheureusement trop proche... Les baraquements se sont étalés sur des territoires, dans l’urgence, sans se soucier du futur développement urbain de la ville. La nécessité de reloger rapidement les victimes força la commune à déterminer une zone dans le nord de la ville (zone de transfère) qui sera destinée à la construction de grands ensembles résidentiels. Toutes les démarches se sont faites à la hâte et dans la précipitation sans réelle préoccupation de la qualité urbaine de cette extension. Malgré cela, les aires de baraquements sont restées occupées encore de nombreuses années après la catastrophe, ce qui a eu pour conséquence un développement diffus du tissu urbain autour de ces zones. Les axes de la ville n’ont donc pu se former au travers des sites de baraquements encore occupés. La ville s’est alors étendue vers le nord aux alentours de la nouvelle zone de transfère. A l’intérieur de cette dernière, l’installation d’une nouvelle typologie d’immeuble de rapport vient chambouler le mode de vie des «Menfitani» habitués aux îlots à cours du centre historique. On observe aujourd’hui une ville divisée en deux, de part et d’autre de la grande Via Boccaccio , frontière entre l’ancien tissu au sud et le nouveau tissu greffé au nord. De plus, une grande diagonale (Via Palminteri) rompt la trame orthogonale à laquelle Menfi a toujours fait référence. Cette diagonale vient en outre créer des îlots triangulaires qui sont de fait plus difficilement appropriables. Il se fait que la plupart de ces parcelles sont encore aujourd’hui libres de toute construction et donc laissées en friche. L’objectif des techniciens de la ville est de requalifier la périphérie du centre urbain à l’aide de secteurs d’interventions urbanistiques stratégiques qui redessinent les zones des baraquements abandonnées. Selon les prescriptions zonales du PRG actuel, un nouveau remmaillage du tissu urbain est envisagé par le prolongement des axes préexistants ou en y insérant de nouveaux afin de recréer la géométrie de la trame orthogonale.

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Néanmoins l’état des lieux actuel de cette périphérie ne fait encore nullement état de réels chantiers urbanistiques. Elle reste donc non qualifiée et sans aucune qualité urbaine. La tentative de requalification de la ville s’est aussi faite par la création d’un «Album de projets» supposé mettre en lumière ses quartiers délaissés, ou même de placer Menfi sur la carte. L’intervention de V.Gregotti a permis à la ville de sortir la tête de l’eau après le tremblement de terre. Il a su redonner à la place principale de Menfi une splendeur et un intérêt qui a fait écho dans toute la région. Nous pouvons dire que ce fut une grande réussite, malheureusement tous les projets architecturaux ou paysagés réalisés n’ont pas eu cet effet escompté. Il y a aussi de grosses déceptions quant à la finalité et au rayonnement attendu de certains projets. Le site du parc sportif et du bâtiment Inicon par exemple, avaient tous les présrequis pour créer des pôles attractifs et des lieux de rencontre à l’extérieur du noyau central de la ville. Malheureusement le manque d’entretient et la mauvaise gestion des lieux en font des zones fantômes investis par une très petite part de la population. Pour comprendre la problématique liée à la reconstruction de Menfi ces dernières années, il était nécessaire de développer une vision globale de l’urbanisme de la région. L’analyse de l’organisation administrative et territoriale en Sicile est un frein à la gestion et au développement convenable du processus urbain des villes. Menfi ne fait pas exception, bien qu’elle fasse preuve ces dernières années d’un entrain particulier à l’amélioration de la condition urbaine de la ville. Les récentes élections communales ont boosté la prise de conscience de l’administration communale mais aussi celle de l’ensemble des citoyens concernant l’avenir de leur ville. D’ailleurs un important colloque nommé «Menfi 2020» se déroule actuellement depuis le mois de juin afin de déterminer les lignes directrices pour l’avenir de Menfi. Il me semblait important de trouver un sujet de mémoire dans lequel je puisse m’investir autant dans son écriture que dans les influences qu’il puisse apporter au-delà. A travers ce TFE j’ai essayé de me positionner non pas en tant d’observateur passif mais de pouvoir interagir avec les acteurs du développement de la ville. Ceci dans l’optique de parfaire mes compétences critiques d’une thématique concrète. L’étude du cas de Menfi m’a permis de me situer par rapport à un aspect de notre profession qui m’intéresse particulièrement ; la gestion urbaine de la ville.


Ces recherches et ces voyages m’ont beaucoup appris sur les tenants et aboutissants du mécanisme d’urbanisation d’un petit centre urbain. Pouvoir m’insinuer dans l’engrenage complexe du développement de Menfi fut une expérience enrichissante. Ce travail m’a permis rencontrer des personnes exceptionnelles qui m’ont fait découvrir leur univers mais surtout de me forger une idée du chemin professionnel que j’aimerais d’entreprendre.

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ANNEXES CARTOGRAPHIQUES


Plan du territoire de Menfi 1829 178


Plan du centre urbain établie par le géomètre Francesco Viola en 1835 179


N

Plan de Menfi 1900 , ( Le mappe del catasto borbonico di Sicilila) 180


N

PlanimĂŠtrie du centre urbainde 1932

181


Vue aĂŠrienne Menfi 1943


PrĂŠvisions planimĂŠtriques du centre urbain de 1947


PlanimĂŠtrie du centre urbain de 1956 184


Programmation territorial globale 1960 185


Programmation territoriale de 1969

186


PlanimĂŠtrie du centre urbain de 1969

187


Vue satelite Menfi 1970

188


PlanimĂŠtrie du centre urbain de 1975

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SOURCES VIDEOGRAPHIQUES : Menfi2020 : Conferenza stampa 16-03-2013-2. https://www.youtube.com/watch?feature=player_ embedded&v=pA6CL4hvOls Consulté le 22/03/2013 ..................................................................................................................... Michele Botta: Belìce: 45 milioni per la ricostruzione della valle: oltre 6 milioni alla città di Menfi. http://www.youtube.com/watch?v=ZyG4JCFo91g Consulté le 21/07/2013 ..................................................................................................................... Comunali di Menfi : Menfi e Selinunte a Magica Italia - Rai Uno //www.youtube.com/watch?v=7CiGlIowVWw#at=571 Consulté le 9/07/2013 .................................................................................................................... Comunali di Menfi : Seconda intervista a Giuseppe AVONA, candidato Lista «Progetto Menfi». http://www.youtube.com/watch?v=_fBeYEDun7o Consulté le 29/07/2013 ..................................................................................................................... Comunali di Menfi : Giuseppe Avona conclude la sua campagna elettorale http://www.youtube.com/watch?v=Y0EpU5gSUEA Consulté le 29/07/2013 ..................................................................................................................... Comunali di Menfi : Intervista a Lillo Lanzarone, nominato capogruppo di Menfi 2020. http://www.youtube.com/watch?v=HjtQWtIfgHc Consulté le 29/07/2013 ..................................................................................................................... Comunali di Menfi : Michele Botta: «Nessun accordo con nessuno» http://www.youtube.com/watch?v=mgSzpeEj0-s Consulté me 6/06/2013 ..................................................................................................................... Comunali di Menfi : Enzo Lotà nuovo sindaco di Menfi. http://www.youtube.com/watch?v=GMGjFLBTCqs Consulté le 11/07/2013 ..................................................................................................................... DVD : Menfi Terremoto 1968

195


ICONOGRAPHIE COUVERTURE :

- Image groupe «Menfi 2020» - Armoirie de la ville de Menfi

INTRODUCTION :

- fig.1/1’ : Images groupe «Menfi 2020» - fig.2 : Google Earth 2013 ( modifié)

I. MENFI ET SON CONTEXTE :

- fig.3 : P1 a-b.dwg Centro Civico (modifié) - fig.4 : Courbe de niveau centre urbain dwg Centro Civico (modifié) - fig.5 : Parcellaire centre urbain dwg Centro Civico (modifié) - fig.6/7 : Atlante Economico Commerciale della Sicilia - fig.8 : Google Earth 2013 (modifié) - fig.9 : Image groupe «Menfi 2020» - fig.10 : Architetture del Vino pg. 60 - fig.11 : Google street view 2013 - fig.12 : http://www.informamenfis.com/2011_09_01_archive. html - fig.13 : Le forme del territorio italiano Vol II ambienti insediativi e contesti locali - fig.14 : Urbanistica n°108 - fig.15 : Il progetto urbano di Menfi pg.46 - fig.16 : Il progetto urbano di Menfi pg.22

II. LA RECONSTRUCTION DE LA VILLE: LE PRG

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- fig.17 : Piano Regolatore Generale studio di Massima pg.26 - fig.18 : Piano Regolatore Generale studio di Massima pg.14 - fig.19 : réalisation personnelle - fig.20 : Piano Regolatore Generale studio di Massima pg.17 - fig.21 : Photo personnelle Francesco Ciccarelli - fig.22 : Piano Regolatore Generale studio di Massima pg.35 - fig.23 : P2a-b. dwg centro Civico (modifié)


III.

ANALYSE DU TISSU URBAIN - fig.24 : Piano Regolatore Generale studio di Massima pg.39 - fig 25 : 100 cose fatte pg.17 - fig.26 : http://www.panoramio.com/photo/8969742 - fig.27 : Piano Regolatore Generale studio di Massima pg.39 - fig.28 : Il progetto urbano di Menfi pg.100 - fig.28’ : Google Earth 2013 - fig.29 : Il progetto urbano di Menfi pg.121 - fig.29’: Google Earth 2013 - fig.30 : Google street view 2013 - fig.30’: Google Earth 2013 - fig.31 : Google street view 2013 - fig.31’: Google Earth 2013 - fig.32 : Photos personnelles Adrien Gonnella - fig.33 : Google street view 2013 - fig.34 : Il progetto urbano di Menfi pg.139 - fig.35 : Il progetto urbano di Menfi pg.140

IV. UNE VISION FUTURE POUR LA VILLE

- fig.36 : Il progetto urbano di Menfi pg.95 - fig.37 : PE1.2A.dwg Centro Civico - fig.38 : PE1.3A.dwg Centro Civico ( modifié) - fig.39 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.40/41/42/43 : Google street view 2013/photos personnelles - fig.43 : PE1.2B.dwg Centro Civico - fig.44 : PE1.3B.dwg Centro Civico ( modifié) - fig.45 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.46/47/48/49 : Google street view 2013/photos personnelles - fig.50 : Il progetto urbano di Menfi pg.92 - fig.51 : PE2.2.dwg Centro Civico ( modifié) - fig.52 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.53/54/55/56 : Google street view 2013/photos personnelles - fig.57 : Il progetto urbano di Menfi pg.93 - fig.58 : PE3.3.dwg Centro Civico ( modifié) - fig.59 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.60/61/62/63 : Google street view 2013/photos personnelles - fig.64 : PE4.2.dwg Centro Civico

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- fig.65 : PE4.3.dwg Centro Civico ( modifié) - fig.66 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.67/68/69/70 : Google street view 2013/photos personnelles - fig.71 : Progetti di Laurea architetture per Agrigento pg 55 - fig.72 : Photo personnelle A.Gonnella - fig.73 : Il progetto urbano di Menfi pg.116 - fig.74 : Photo personnelle A.Gonnella - fig.75 : Progetti di Laurea architetture per Agrigento pg 53 - fig.76 : Il progetto urbano di Menfi pg.115 - fig.77 : P2a-b.dwg (modifié) - fig.78 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.79/80/81/82 : Google street view 2013/photos personnelles - fig.83 : 100 cose fatte pg.25 - fig.84 : P2a-b.dwg (modifié) - fig.85 : Il progetto urbano di Menfi pg.125 - fig.86 : Il progetto urbano di Menfi pg.126 - fig.87 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.88/89/90/91: Google street view 2013/photos personnelles - fig.92 : 100 cose fatte pg.14 - fig.93 : P2a-b.dwg (modifié) - fig.94 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.95 : http://www.panoramio.com/photo/8968921 - fig.96/97/98 : Google street view 2013/photos personnelles - fig.99 : Progetti di Laurea architetture per Agrigento pg 60 - fig.100 : P2a-b.dwg (modifié) - fig.101 : Il progetto urbano di Menfi pg.130 - fig.102 : Il progetto urbano di Menfi pg.128 - fig.103 : Progetti di Laurea architetture per Agrigento pg 60 - fig 104 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.105/106/107/108 : Photos personnelles A.Gonnella - fig.109 : Il progetto urbano di Menfi pg.105 - fig.110 : P2a-b.dwg (modifié) - fig.111 : Il progetto urbano di Menfi pg.105 - fig.112 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.113/114/115/116: Google street view 2013/photos personnelles - fig.117 : Progetto area D3 - fig.118 : P2a-b.dwg (modifié) - fig.119 : Progetto area D3 - fig.120 : Google Earth 2013 ( modifié) - fig.121/122/123/124 :Google street view 2013/photos personnelles


Mémoire de fin d'étude architecture  

Menfi , Diagnostic Urbain Problématique de la reconstruction de la ville.

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