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N°10 Octobre - Novembre 2010 / En supplément de Femmes de Tunisie

Hôtels de rêves ART ?

le phénomène Kader Attia et Adel Abdessemed

Exclusivité Le Movenpick de Gammarth La brodeuse nommée F.

Tendances

Confortable sélection

Elie Saab à Paris


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Sommaire Tentations

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p. 17

Séléction confortable Le choix de miss S.

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Focus

La Biennale de Venise 28

Objets

Bijoux insolites 34

Le phénomène Dreamcity

p. 30

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58

Chronique

Introduction Que nous dis l’art ?

Actualités

Art, Expositions, Design, Architecture 47

Culture

Evénement

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Découvrir

Kader Attia et Adel Abdessemed

Le cinéma et l’architecture 52

A lire

Sélection inédite

p. 21

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Sommaire Architectures

p. 70

68 Le Chedi Muscat Palace sur la mer d’Oman 80

Dar Sabri

Nouveau chic tunisien 88 Le Condesa Df Visite dans le plus glamour des hôtels de Mexico

Styles 98

Elie Saab

Une nouvelle boutique à Paris 103 My Dear CHAIR Sélection de chaises d’exception

p. 90

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Une leçon de sérénité

Inauguration du nouveau Mövenpick hôtel de Gammarth 118

Sélection MdT

pour Monoprix Maison 120

Adresses

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OURS Directeur de la publication Hassen Sfar

Direction Commerciale Fakhta Hachicha

Contributeurs

Directeur exécutif Ismail Ben Miled

commercial@femmesdetunisie.com

Pol Guillard est né le 15 mai 1959 à Charleroi en Belgique. Dès 1982, il est photographe free lance à Bruxelles, puis en Italie dans les années 2000. Il collabore avec de nombreux studios et se consacre pleinement au développement de la photo numérique. Il s’installe en Tunisie en 2006 et travaille sur divers projets. Il enseigne également à l’Institut Supérieur des Arts Multimédia (ISAMM).

Rédactrice en chef Shasha Atallah Assistante de rédaction Bochra Boukef Iteb Jabou Directrice artistique Sonia Sfar Karoui Ont collaboré à ce numéro : Ph.P. Remerciements : Prestige Project, Sabri Oueslati, Olivier Hart, l’hôtel Mövenpick.

Directeur technique Ben Ziada Abdallah Imprimeur Simpact

Pol Guillard

Contact MDT Immeuble Comète - 1er étage Avenue Hedi Karray Centre urbain nord Tunis, Tunisie t 00 216 71 707 207// f 00 216 71 707 548// directiongenerale@femmesdetunisie.com

Samy Snoussi

Samy Snoussi est un des photographes tunisiens résidant entre la Belgique et la Tunisie, qui après des études de design et de cinéma et quelques tournages sur lesquels il est photographe de plateau ou cadreur, il monte sa propre agence «Final Frame Studio» qui se spécialise dans les arts visuels. Après quelques expositions dans différents pays dans lesquels il traite plusieurs thèmes, ce jeune photographe de 28 ans se concentre essentiellement sur le monde de la scène et de la mode et travaille pour les plus grandes agences à travers le monde.

Pol Guillard

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Samy Snoussi


édito La tête dans les étoiles Le romantisme qui a animé le 18e siècle a rapproché la création de la nature. Loin du classicisme froid, l’émotion, la passion et les sentiments les plus profonds tourmentent les œuvres littéraires et leurs auteurs. Le romantique est un passionné, un défenseur de la création, sensible à la nature et à la recherche d’un idéal. Alors, retrouvez la dynamique et l’effervescence du romantisme dans des architectures raffinées et des jardins luxuriants. Rêver un idéal, un art de vivre, une chorégraphie, une architecture et une lumière vous conduira vers la découverte et la création. Selma et Sofiane Ouissi renouvellent l’événement Dreamcity pour sa seconde édition et nous entraînent dans une danse frénétique, à la découverte de l’art contemporain dans les lieux les plus insolites au cœur même de la médina de Tunis. Encore un art, celui de Kader Attia et d’Adel Abdessamed, deux personnages affirmés sur la scène artistique internationale. Kader Attia est engagé : ses installations expriment son vécu tourmenté et chargé, il est dans l’émotion et la dénonciation. Adel Abdessemed s’insurge contre la globalisation, explore la vidéo et par la même occasion, le corps humain. Les deux se sont fait une place de taille dans le monde de l’art, leur message est clair, leur esthétique provocante et puissante. Gardons les yeux grands ouverts et que le rêve éveillé commence au Chedi Muscat d’Oman, il se poursuivra dans les méandres de Nabeul pour finir sur la terrasse du Condesa Df de Mexico. Une architecture et des aménagements des plus intéressants qui ont su conserver l’essence même des codes esthétiques locaux. Des lieux où le bien-être est porté fièrement. Shasha

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FOLDED LAMP SEBASTIAN JANSSON

Dévoilée dans les allées du salon du meuble de Milan, la Folded Lamp du designer Sebastian Jansson est réalisée en tôle d’acier plié puis laqué. S’inspirant des plis que l’on trouve parfois sur les sacs en papier, l’objet se décline en trois couleurs – blanc, noir et gris – systématiquement associés à un intérieur jaune. La forme extérieure de l’abat-jour découpe ainsi la lumière chaude qui s’en échappe. e boutique // www.sebastianjansson.com.

T entations CONFORTABLE Séléction : : FOCUS, LA BIENNALE DE VENISE : : OBJETS, COLLIERS INSOLITES : : L’EVENEMENT DREAMCITY ACTUALITES : : LA CHRONIQUE DE PH.P.CH : : A LIRE A LA LIBRAIRIE FARENHEIT


Tentations

Confortable 1 sélection Articulés, brillants, bariolés, épurés et inspirés sont les objets de cette nouvelle saison. Rêvez vos intérieurs dans tous leurs états !

1. BLOOM KARTELL

Une lampe précieuse comme du verre de Murano: Bloom éclot en une scintillante et somptueuse cascade de fleurs. L’abat-jour est constitué d’une structure en polycarbonate sur laquelle se clipsent une multitude de délicates petites fleurs. Le résultat est une pièce produite industriellement mais avec les formes et la complexité stylistique d’une pièce artisanale. La suspension Bloom offre un incroyable spectacle de scintillements. e boutique // www.madeindesign.com

2. BLOW

ESTABLISHED&SONS

Konstantin Grcic a employé l'artisanat de Venini du verre soufflé pour créer une forme organique voluptueuse avec une fonction définie. Le corps principal de la table est conçu comme une bulle de forme libre gratuite sur laquelle un plateau de verre de feuille est attaché. Blow représente la plus grande échelle des méthodes traditionnelles utilisées réalisables de verre soufflé et démontre donc l’habileté des artisans.

3. DOUBLE-JE R’PURE STUDIO

Présenté à l’occasion des Designer’s Days 2010, DOUBLE-JE est un fauteuil, signé par le R’Pure Studio, qui reflète la face cachée qui sommeille en chacun de nous. De dos, DOUBLE-JE s’éfface, se fond dans le décor, disparaît et nous renvoie notre reflet. Le reflet du monde extérieur devient alors l’abri idéal. Un camouflage parfait, ultime pied-de-nez d’une époque qui montre tout, expose tout.

e boutique // www.v-showroom.com

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e boutique // www.deco-design.biz

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Tentations

1. GEO

5. QUILT

Carreau de revêtement mural conçu pour être utilisé comme l'absorbant léger du son dans la gamme de fréquence supérieure (500 Hz et ci-dessus). Ils réduisent les réflexions inquiétantes de l’environnement comme les sons, et les téléphones... Matière : fibre de polyester modelée recyclable. Couleurs : Anthracite, gris et blanc cassé.

L'apparence visuelle de confort est articulée par le tissu d'ameublement inhabituel de la série d'Édredon de chaises et des sofas. Une couche extérieure mise dans sa poche, construite du tissu de bout de haute technologie, et on y fait insérer des pièces de mousse d'écume individuelles. Cette couche extérieure a une texture riche. Comme un édredon ou une carpette, il est alors placé lâchement sur une co-

OFFECCT

ESTABLISHED&SONS

e boutique // www.v-showroom.com

quille de fibre de verre et un cadre d'acier. La chaise d'Édredon est une antithèse aux sofas formels, structurés et aux designs plaçants avec lesquels nous sommes devenus familiers. e boutique // www.v-showroom.com

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3. WALLACE

2. FLATLINER

Fauteuil avec structure en polyuréthane flexible modelé. Sa base est une sorte de natte métallique peinte blanche, elle peut être de finition noire et bronzée.-

Flatliner est une ruse s'allumant; le produit qui crée une illusion visuelle puissante. Le disque en acrylique dissimule 240 LED'S dans son profil.

POLIFORM

e boutique // www.v-showroom.com

ESTABLISHED&SONS

Cette enveloppe particulièrement mince peut contenir la lumière puissante. Flatiner est un exploit considérable d'ingénierie réalisé par le designer Jason Bruges. e boutique // www.v-showroom.com


Tentations

4. ELEPHANT

6. VOID SERIES

Généreux et léger, accueillant et dynamique, le petit fauteuil Elephant inaugure la collaboration entre le cabinet Neuland et Kristalia. La version basique est réalisée en polyuréthane rigide se déclinant en différents coloris avec un piètement à 4 pieds ou un piètement luge en finition chromée, satinée ou laquée en coloris assorti.

Une série de lampes qui font référence aux médailles Olympiques. La forme enfoncée concentre la lumière dans un rayon concentré. La lampe Vide croise la ligne d'arrivée une année en avant avec la médaille Olympique des nuances (ombres) métalliques. Cet objet d'éclairage mystérieux inspiré par des thermos dissimulent une ampoule halogène petite mais puissante profondément à l'intérieur de la lampe créant un rayon léger doux et directionnel. e boutique // www.v-showroom.com

KRISTALIA

TOM DIXON

e boutique // www.v-showroom.com

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7 5 7. CHAISE DIAMANT STEINER

Fière de son histoire, Steiner réédite la mythique chaise Diamant, élaborée dans les années 50 en collaboration avec le célèbre designer René-Jean Caillette.

Le contre-plaqué moulé a toutefois laissé place à des matériaux plus contemporains que sont le méthacrylate (plexi) sur piétement chromé ou laqué pour se faire absolument et indéniablement moderne. e boutique // www.steiner-paris.com


Tentations

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1. TORCH LIGHT ESTABLISHED&SONS

La variété des formes intérieures, mais encore familières et fonctionnelles d'éclairer a inspiré le design de Sylvain Willenz. Torch Light, doit les éléments de sa forme à la torche typique et le phare de voiture. Une finition tactile, faisant référence à la nature, pendant que la lumière brille par un diffuseur de polycarbonate texturé de diamant (apparenté au verre texturé d'un phare de voiture). e boutique // www.v-showroom.com

4. Slab Round Table TOM DIXON

Une table de bouleau solide avec un bord arrondi lisse. Le bois a été profondément brossé pour exposer le grain naturel et laisse une surface résistante. La table est lourdement laqué dans une nuance de blanc cassé. e boutique // www.v-showroom.com

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3 3. PLASTIC ARMCHAIRS VITRA

2. Luminaire de TableTank ESTABLISHED&SONS

Dessiné par Alexander Taylor, cette lampe de table possède une conception archétypal simple. Des plis répétitifs et rythmiques, fabriqués en aluminium de feuille, imitent le tissu plissé de nuances légères traditionnelles et posés sur une base d’acier de coup avec une tige tubulaire d’acier. Bien que cette forme familière soit évoquée, TableTank est clairement un produit industriel, graphique et fortement contemporain. e boutique // www.v-showroom.com

Afin de compléter la gamme de produits, Vitra réintroduit Plastic armchairs avec un rembourrage intégral. La coque aux formes organiques dotée de rembourrage offrent un confort inégalé et crée une atmosphère agréable et accueillante. Les 13 coloris du tissu de revêtement Hopsak peuvent être librement associés aux coques déclinées en 8 couleurs. Viennent s’y ajouter les piètements, offrant ainsi une multitude de combinaisons possibles. Le rembourrage est fixé à la coque au moyen d’une ganse noire ou Blanche. e boutique // www.v-showroom.comw


Tentations

Focus

Biennale de Venise People meet in architecture

Fuyez la place Saint-Marc et ses hordes de touristes en short se bousculant dans les ruelles. Venise est bradée. Un ballet de vaporetto transportant autant d’appareils photo que de personnes congestionne les voies d’eau. La ville qui fut la Sérénissime n’est plus que l’ombre d’elle-même. 60.000 Vénitiens pour trois ou quatre fois plus de touristes, autant dire qu’il reste peu d’authenticité dans la lagune. Les Vénitiens qui souffrent d’un manque flagrant de fonds pour maintenir leur ville à flot ont su, mis à part les panneaux publicitaires de Coca Cola sur le palais des Doges, donner un vrai souffle : les Biennales d’art et d’architecture et le Festival du film. Ainsi, tous les deux ans, une population des plus variée - architectes, designers, photographes, ingénieurs et écrivains - va fouler les vastes Arsenal et Giardini. People meet in architecture Loin des bousculades du Campanile s’est ouverte la 12e Biennale d’architecture à Venise. Présidée par l’architecte japonaise Kazuyo Sejima, première femme à occuper ce poste (il était temps !), la Biennale s’ouvre sous le signe des potentiels de l’architecture dans nos sociétés contemporaines. « En ce début de 21e siècle, beaucoup de choses ont changé : les gens, les cultures et les économies n’ont jamais été aussi connectées. En raison des avancées technologiques, nous communiquons avec les autres de manière totalement différente, des relations sont ainsi nées à travers les réseaux internet. Dans ce monde insaisissable, je suis convaincue que l’architecture occupe une place unique et d’une grande importance. L’architecture a toujours été le reflet de la conscience collective, un moyen physique de matérialiser l’évolution des modes de vie. Notre perception nouvelle de la vie provient des changements de société et se développe en accord avec chaque région, culture ou ville. Nous croyons fermement

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Tentations

que tous ces effets influenceront de plus en plus notre avenir. » L’heure était à l’habitat et à l’évolution des villes, l’essentiel étant de rapprocher les concepteurs et les utilisateurs à travers différents projets et études menés par des architectes et des ingénieurs.

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Métropolis ? Commissaire de l’exposition Métropolis ? au pavillon français de cette 12e Biennale, Dominique Perrault aborde la question métropolitaine à travers les projets du Grand Paris, mais aussi des études et des projets autour des villes de Nantes, Saint-Nazaire, Bordeaux et Lyon. Comment peut-on aujourd’hui définir une métropole ? Par sa taille ? Sa richesse ? Ou sa connectivité avec d’autres villes ? Pour traduire la notion de métropole, une série de films a été réalisée en collaboration avec Richard Copans et Cyrille Poy, rédacteur en chef de l’Architecture d’Aujourd’hui. Le pavillon est laissé vide pour rappeler la nécessité des espaces vides dans la ville. La proportion de vide et de plein va définir la densité de la ville. Ainsi, dans ce pavillon, la pièce centrale sert de prologue, une série d’images de trains, de routes, de jeunes faisant du squat, les calanques de Marseille, la place de la Bourse à Bordeaux ou encore des scènes de marché à Montreuil rendent compte de l’état d’âme des villes et des potentialités qu’elles offrent. Les pièces attenantes projettent suivant un horaire précis les projets et études de développement des villes de Bordeaux (l’habitat, les bassins à flots, les déplacements…), Nantes Saint-Nazaire (le territoire, l’Estuaire, l’île de Nantes, EuroNantes…), Lyon (Lyon Confluence 1, Lyon Confluence 2, la PartDieu…) et Marseille (la métropole en mouvement, les parcours parallèles, les séquences du littoral…). Avec Métropolis ?, l’architecte urbaniste Dominique Perrault explore la notion de vide envisagée comme un « matériau » de protection, restructuration et construction de la métropole. La dialectique entre le plein et le vide révèle des alternances moins tranchées qu’il n’y paraît et fait apparaître le vide comme un liant. Relever le défi de ce qui relie et non plus de ce qui délie. Now & When Moins terre-à-terre, l’Australie se prépare à l’avenir de ses villes dans des allures de films de sciences fiction. Une étude qui met en parallèle l’évolution des conditions climatiques et la densification des villes. Le tout prend forme à travers des logiciels de simulation 3D. L’Australie utilise l’urba-

nisme comme potentiel de création dans l’architecture. Le Now fait un état des lieux des visages urbains actuels à travers des photos 3D prises d’hélicoptère. Le When est une spéculation sur l’évolution du tissu urbain à travers des algorithmes aléatoires. Le résultat est surprenant et parfois inquiétant. Des réseaux tentaculaires d’édifices à la Super Studio envahissent l’océan ! Ten modest recommandations for a new Athens Charter Nous restons dans le Giardini et nous nous dirigeons vers le Palazzo delle Esposizioni. Dans cette succession de pièces blanches et hautes, environ 25 œuvres et projets sont exposés. Nous retenons Cristian Kerez et ses grandes maquettes de structures, Aldo Cibic et son « Rethinking Happiness », Do ho Suh + Suh architects et le voile bleu suspendu au plafond. Enfin, nous nous attardons sur les travaux du studio Andrea Branzi : 10 maquettes, comme 10 visions de villes : Seeing the city as a Hi-tech favelas Seeing the city as a computer every 20 squares metres Seeing the city as a place of a cosmic hospitality Seeing the city a microclimatic cocoon Seeing the city as a genetic laboratory Seeing the city as live plankton Seeking models of weak urbanisation Creating blurred and permeable boundaries Creating reversible and light infrastructures Creating major changes with micro-projects Ne partez pas sans … oublier la grande diversité et la richesse des propositions et des projets autour du futur de nos villes et à plus petite échelle du bien être des utilisateurs de l’architecture.

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C.A

1_ pavillon finlandais conçu par l’architecte et designer Alvar Aalto en 1956. 2_ Sou Fougimoto 3_ pavillon hollandais.

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Tentations

collier 130 DT

collier 30 DT

Aicha Poisson

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Objet

BIJOUX

Ethno chic, ryhanna revisitée et collier bédouin haut en couleur, le tout porté par les féminités les plus sensuelles. mise en scène : Shasha photographies : Sami Snoussi bijoux : Comptoir d’Amilcar (Emna Ben Miled)


Tentations

collier 180 DT

Olympe

Grands Bougeoirs 75 Dt Petits bougeoirs 65 Dt By Tarak Kamoun

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Tentations

collier 140 DT

Cherifa

Couscoussier 110 Dt Marmite 65 Dt By Tarak Kamoun Chameau à poids 22 Dt «El Chebba»

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Tentations

Chameaux 18 Dt «El Chebba» Verre à eau 14 Dt verre à pieds 20 Dt Marmite 65 Dt Grand Tajine 95 Dt collierPetit Tajine 20 Dt By Tarak Kamoun. 200 DT

Ryhanna

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Tentations

Grand Chameau 22 Dt Petit Chameau 18 Dt « El Chebba» Verre à pieds 20 Dt Tajine 65 Dt By Tarak Kamoun

collier 150 DT

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Mishhet


Tentations

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Tentations

Evénement

DreamCity C’

est au cœur de la médina, au cœur de l’événement Dreamcity que je rencontre les créateurs de ce projet culturel unique en Tunisie : Selma et Sofiane Ouissi. Deux chorégraphes (danseurs), frères et sœurs qui portent depuis 2007 le projet, nous livrent l’essence même de Dreamcity. Les débuts et le concept Dreamcity

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Dreamcity est né de la volonté de créer un événement d’art contemporain en Tunisie. L’art sort de son immobilité pour investir la ville et interpeller ses habitants. Tout a commencé quand nous avons fait la rencontre de Frie Leysen à l’occasion du Meeting point 5 du Young Arab Theater de Bruxelles. Cette ancienne directrice du Kunsten Festival des Arts est une des femmes les plus actives dans le paysage culturel européen. Elle propose alors de rencontrer de nombreuses personnalités tunisiennes, d’établir un projet culturel pour mettre en avant l’art contemporain en Tunisie. Selma et Sofiane sont choisis avec un projet visant à démocratiser l’art contemporain, à le sortir des galeries et à amener le citoyen à le découvrir dans des lieux insolites. Car l’art contemporain est isolé, cloisonné et a peu de reconnaissance. Alors, pourquoi ne pas développer un lien social, un art citoyen ? Voici le fil conducteur de ce projet d’envergure. Pour cette seconde édition de Dreamcity, 24 œuvres dont 12 provenant d’artistes étrangers seront dispersées dans la médina. Vous pourrez les découvrir en suivant quatre itinéraires. « Nous voulions intégrer la notion de mobilité, amener les visiteurs à sortir de la galerie, du musée ou de la salle de théâtre pour apprécier l’œuvre dans une dimension plus urbaine et surtout, de les faire évoluer dans des lieux non conventionnels (le patio d’une maison, un café, l’entrée d’un hôtel, un restaurant, etc.). »

Les artistes présents : 1. Ahd Kamel - The Shoemaker – video – Chapelle Diocésaine -7, rue sidi Sabeur 2. Souad Ben Slimane - Padam…Padam… - théâtre – rue de la Driba 3. ZEDZ - graffiti– rue de la Hafsia 4. Alia Sellami - Mur Murs de la ville - chant – Impasse El Harfaoui 5. Imen Smaoui - Le Sacre du Temps – performance – Dar Bettaïeb - 60, rue Sidi Ben Arous 6. Ghazi Zaghbani, Hatem Karoui, Mehdi Rekik - Warda Arbi – performance – 1 & 4 rue de la Khomsa 7. Yamen Abidi, Mahrane Hanachi - Faut-il suivre la ligne du light? – cirque – Place du tribunal 8. Patricia Triki – Free Art// Free - photographie – Le Grand Tunis 9. Moncef Ben Slimane, Mohsen ben Hadj Salem, Alia Ben Ayed, Olfa Meziou Baccour, Aicha Fillali, Nadia Jelassi, Olfa Ben Medien, Basma Hlal, Alia Sellami - La vie-site.com - installation – Dar Ali Saâda -14, impasse du Saint 10. Dalel Tangour - Nwasssi Waâtib Waâross Bab Eddar – photographie – installation – Médersa Mouradia - 37, rue Souk des Femmes 11. Zied Meddeb Hamrouni - | [5-2] x 4| - musique – vidéo – Makhzen Dar Blaïch -23, souk El Blaghjia 12. Collectif Atelier Sans Titre - 100 Lieux - installation – Association Enaceuria - rue de la Hafsia 13. Fakhri Ghezal - Halqoum – installation –Dar Khomsi -8, rue el Kobti 14. Wafa Ammari - Vert Paradis - vidéo – installation – Dar Marcioli- Impasse Ben Zakour 15. Sondos Belhassen, Malek Sebbai, Patricia Triki - Prison des délits de cœur – performance – installation – Makhzen Dar Ben Miled -24, rue du Divan 16. Faten Rouissi - T’laà essaboune n’dhif - installation – Dar Hichri - 22, rue Sidi el Benna 17. Mariane Catzaras - photographie – installation – Maison de la Fondation Kamel Lazaar - rue Sidi Ben Arous 18. Sonia Kallel- Jugement avant dernier – installation – Tourbet El Bey - rue Tourbet el Bey 19. Ahmed Mahfoudh – Pluies de septembre sur Tunis – lecture – Beit el Bennani - 11 bis, bd Bab M’nara 20. Béatrice Dunoyer, Fatma Ben Saidane, Fathi Akkari Ce que Tunis m’a dit – lecture – Dar Binous - 1, passage Ben Ayed

21. Youssef Seddik - L’aveuglement – conte – Bibliothèque Diocésaine - 9, rue Sidi Sabeur 22. Trisha Brown - Floor on the forest – performance – installation – Palais Kheireddine- Place du Tribunal 23. ZEDZ - Structure Urbaine - installation – Place de la Victoire 24. Cie Ex Nihilo – Amalgames / Assemblements – danse – Impasse Ben Abdallah 25. Parade Design - Arborescence - Design- installation – Dar Cheikh El Mouldi - 6, rue Essaida Adjoula 26. Johan Lorbeer - Tarzan - performance – Bd Bab Jédid 27. Maren Strack - Muddclubsolo - Ytong - performance – Dar Lasram (ASM) - rue du Tribunal 28. Slah Ben Ayed - Tournez-vous Ibn Khaldoun – lecture – Maison de la Poésie - 29, rue du Tribunal 30. Maren Strack - Die Tanzstunde – vidéo – Makhzen Dar Saâda - 16, Impasse du Saint 31. Cie Ex Nihilo - Trajets de vie / Trajets de ville - vidéo – Eglise Saint Georges - rue Mongi Slim 32. Carton Plein - microarchitecture – Fondation Orestiadi - 40, rue Kouttab Louzir 33. Ulrike Ottinger - photographie – film – Palais Kheireddine - Place du Tribunal 34. Basel Abbas & Ruane Abou Rahme - Collapse – vidéo –Bibliothèque Nationale, souk El Attarine 35. Raeda Sa’adeh - Vacuum – vidéo – Dribet Dar H’ssin - Place du château 38. Wael Shawki - The Cave – vidéo –Fondation Orestiadi – 9, rue Bach Hamba 39. Wael Shawki - Cabaret Crussades: The Horror Show File – video – 6, impasse Ben Abdallah 40. Adel Motéré & Fatma Zairi - Radio Urbaine 41. Débat Vivant – Bibliothèque Nationale – Souk El Attarine 42. Halte Culinaire – gastronomie – Medersa EchammaÏa – Impasse Echammaïa, rue El Jellous 44. Hela Ammar - Inventaire – installation – Maison de la Fondation Kamel Lazaar - rue Sidi Ben Arous 45. Point Info 1 - Restaurant le Pacha – 1, rue Jamaa zitouna 46. Point Info 2 - Dar El Medina – rue Sidi Ben Arous 47. Point info 3 – Bab Jédid


Tentations

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Plan des itinĂŠraires et des interventions artistiques


Tentations

38 Les artistes Il y a eu deux types de sélection : un appel à concours et des commandes directes qui sont arrivées au fur et à mesure de nos besoins et des occupations. Une commission s’est chargée de sélectionner les artistes suivant une grille de notation qui tient compte de l’intégration urbaine. Dreamcity est un laboratoire, un lieu d’échanges qui permet à des personnalités d’horizons variés de travailler ensemble, de composer dans la même direction. Ces échanges alimentent le processus créatif de chaque artiste et procurent de nouveaux outils, un nouveau souffle à leur démarche. Le projet Dreamcity a attiré de nombreux artistes déjà largement reconnus grâce à l’ouverture et des outils nouveaux offerts dans ce projet. « Par ailleurs, suite aux réunions avec les différents intervenants et artistes, nous avons constaté que l’artiste tunisien avait besoin

de se réconcilier avec son territoire. Il est donc essentiel pour nous de nous recentrer et de valoriser notre territoire. La médina est le point de départ parce que c’est le cœur géographique de la ville, mais à terme, l’événement sera disséminé audelà des frontières de la vieille ville. » La ville se présente comme support mais également comme sujet de réflexion autour de la mémoire collective qui alimente le travail des artistes. Un réel changement est en train de se produire, un art sociétal prend place dans une dimension urbaine nouvelle. Mode d’emploi Pour cette édition, la découverte des spectacles prendra la forme de quatre itinéraires colorés : quatre parcours au choix par jour. Choisissez une couleur par jour et laissezvous guider d’un lieu à un autre, d’un spec-

tacle à un autre. Chaque spectacle se joue toutes les 30 min de 12h à 18h. Libre au festivalier de composer son propre parcours avec les 10 œuvres proposées par parcours selon la couleur choisie. Compter 3h30 min pour découvrir l’ensemble des œuvres de chaque parcours. Bracelets à récupérer obligatoirement aux points d’information 30 min avant de vous aventurer sur les parcours. Nombre de personnes limité à 30 par représentation, mais vous pourrez rattraper la séance suivante 30 min après ou choisir de découvrir une autre œuvre entre temps. Tenue exigée : baskets aux pieds ! Un petit creux ? Une petite soif ? Envie d’échanger avec les autres festivaliers ou de reposer vos jambes ? Les parcours n’oublieront pas les pauses conviviales dans les cafés du festival.

C. A


Tentations

Actualités Marrakech Art-Fair

«Art moderne et contemporain» Foire du 8 au 11 octobre 2010 Une première au Maroc : la ville de Marrakech crée l’événement qui donnera un nouveau souffle à la vie artistique du pays, en organisant la toute première édition de la foire d’art moderne et d’art contemporain au Maroc. Durant trois jours, expositions, rencontres et tables-rondes s’alterneront dans les majestueux salons du Palace Saadi à Marrakech, offrant aux visiteurs une riche plateforme d’échanges entre marchands, artistes, collectionneurs et amateurs d’art. Ce rendez-vous longuement attendu séduit déjà une bonne trentaine de galeries d’art internationales. La moitié de cette

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sélection vient naturellement du monde arabe et majoritairement d’Afrique du Nord. On peut déjà citer la galerie Tindouf (Marrakech) et la galerie 127, récemment ouverte par Nathalie Locatelli à Marrakech, mais aussi les galeries Shart, Loft et Atelier 21 de Casablanca (Maroc). L’événement compte aussi la galerie El Marsa (La Marsa, Tunisie) et la galerie Isabelle Van Den Eynde en provenance de Dubaï (Emirats Arabes Unis). Parallèlement à la foire, des parcours seront organisés dans la ville afin de révéler aux visiteurs la richesse artistique et culturelle de Marrakech.

Octobre Musical

Festival de musique classique du 09 au 29 octobre 2010 ’Acropolium de Carthage, ancienne basilique Saint Louis, est l’un des plus récents monuments anciens de l’histoire de Carthage. Magique, mystique et insolite, la basilique abrite depuis quelques années la manifestation «Octobre Musical de Carthage», qui bénéficie depuis sa création, du soutien du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, du Ministère du Tourisme, de la Municipalité de Carthage, de la Coopération Internationale et de fidèles mécènes. Pendant 20 jours (du 09 au 29 octobre 2010), 16 concerts sont prévus dans la majestueuse nef de la basilique.

L’Autriche, le Brésil, le Japon, la Suisse et de nombreux d’autres pays seront au rendez-vous. Ces concerts seront animés par des artistes qui, par leur talent et leur sensibilité feront partager la passion de la musique classique, baroque, romantique ou contemporaine.

Les concerts débutent à 20h00

www.acropoliumcarthage.com Acropolium BP. 33 - 2016 Carthage

Ce parcours urbain au delà des murs du Palace Saadi, nous ouvrira les portes de fondations, de riads et d’ateliers d’artistes, invitant les amateurs à découvrir des lieux chargés d’histoire et mettre en lumière la délicatesse des architectures. Le Marrakech Art Fair fera ainsi de la ville une destination culturelle incontournable pour les amateurs et les professionnels de l’art.

Informations pratiques Vernissage officiel: vendredi 8 octobre, de 18h à 23h (sur invitation) Ouverture au public: du 9 au 11 octobre 2010 PALACE ES SAADI Rue BRAHIM EL MAZINI - HIVERNAGE MARRAKECH – MAROC www.essaadi.com


Tentations

Murakami à Versailles

«Exposition de Takashi Murakami au château de Versailles» Exposition du 14 septembre au 12 décembre 2010

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Après le grand succès qu’a marqué l’exposition Jeff Koons Versailles, en 2008, et le remarquable travail de création d’œuvres monumentales de Xavier Veilhan, en 2009. Cette année, c’est au tour de Takashi Murakami de présenter ses œuvres à Versailles. Takashi Murakami est l’un des plus célèbres artistes japonais de la scène contemporaine. Docteur en peinture Nihonga de l’Université des Arts de Tokyo, il développe un style unique en alliant la précision de l’art traditionnel japonais et l’exubérance de la culture manga et « kawaï » (mignon). Cet artiste au vocabulaire décalé ne cesse de nous surprendre par l’ironie, la provocation de ses créations, la force technique de son traitement et la profondeur de sa vision de l’art. Il est également connu pour ses collaborations avec Marc Jacobs pour Louis Vuitton ou encore Kanye West. Le Time Magazine le cite comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde en 2008. Pour sa première rétrospective en France, la direction du château précise que l’artiste sera présent dans quinze salles du château

et dans les jardins, plusieurs de ses œuvres majeures qui s’ajoutent à d’autres nouvelles crées spécialement pour l’événement. Les somptueuses salles de ce monument, l’un des plus fréquentés dans le monde, nous livrent à cette occasion, les secrets d’une recette contemporaine aux goûts sucrés de l’œuvre de l’un des artistes les plus côté du moment. «Une folie éphémère, un risque à prendre, car Versailles, autrefois,  terrain d’expériences et laboratoire  multidisciplinaire des créations les plus audacieuses, notamment lors des fêtes, mérite ce regard artistique contemporain.» Laurent Le Bon, Commissaire de l’exposition.

Information Etablissement public du musée et du domaine national de Versailles. www.chateauversailles.fr


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Monet droit dans les yeux au Grand Palais Exposition du 22 septembre au 24 janvier Le parangon de la peinture en plein air célébré en 169 œuvres au Grand Palais. Et aussi à l’Orangerie (billet couplé), Marmottan, Giverny… Et des livres à foison! Quatre-vingtquatre ans après la mort du pionnier de l’impressionnisme, son œuvre fascine plus que jamais. Peut-être est-ce parce qu’elle déborde du tiroir dans lequel l’histoire de l’art l’a rangée. Est-il d’ailleurs juste d’employer le terme d’impressionniste, à l’origine péjoratif, pour définir un artiste ayant toujours clamé son «horreur des théories» ? Ayant eu pour unique, simple et ambitieux souci celui de capter la lumière avec sa fugacité ? Réponse cet automne,

saison idéale pour une réévaluation sensible des champs, des mers, cathédrales, nymphéas, et plus encore. Avec pour seule certitude que, du Havre au pont japonais, la main du grand Claude semble directement connectée à ses yeux. Grand Palais, du 22 septembre au 24 janvier. Marmottan, du 7 octobre au 20 février. À lire : le hors-série du Figaro, 8,90 €.

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JCC 2010

Journées Cinématographiques de Carthage Festival du film du 23 au 31 octobre 2010

Encore une fois, Tunis se prépare pour l’un de ses plus prestigieux festivals dédié au cinéma arabe et international. Durant une semaine, la capitale va respirer le souffle de la création cinématographique projetée sur les écrans de nos salles de cinéma et de nos théâtres. Pour sa 23e édition, les Journées Cinématographiques de Carthage suivent le rythme des nouvelles technologies qui selon la direction du festival: «semblent déplacer et réorganiser les frontières entre les genres et les formats dans le cinéma.» L’expérience a commencé avec la salle AFRIC’ART qui a introduit la projection de

films en 3D dans sa programmation il y a quelques mois. Gardant le concept de la diversification, le festival rattrape le train technologique introduisant la 3D. Sous les différentes sections de projection, le programme de cette édition offre aux cinéphiles les plus exigeants une sélection de films aussi diverse que multiple. Long-métrage, court-métrage, documentaire ou encore films d’animations. Les JCC multiplient les plaisirs et les choix en favorisant ainsi le goût à la création régionale et internationale.


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A découvrir

La brodeuse nommée F. par M.Jouini

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e qu’elle appelle le point de Nabeul est un ensemble de motifs brodés sur du lin, du coton ou de la laine et transmis de mère en fille depuis plusieurs générations. Serviettes, nappes et parures de lit sont l’objet de ce travail ancestral qui inspire à la sobriété et à la finesse. Fozdka M’hir est donc la digne héritière de ce savoir-faire quelque peu oublié. Oublié car nous nous détournons souvent de cet artisanat trop old school dans nos esprits. Au delà de la maîtrise de la broderie, Fozdka sait également répondre à des besoins plus actuels et réadapter sa technique.

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Chronique

Architecture, photographie et cinéma

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a grandeur de l’humanité se reflète dans les arts plastiques et l’architecture ainsi que dans les créations musicales, dont les structures sonores inspirées répondent aux formes issues des arts plastiques. Le chef d’orchestre et ses instrumentistes savent recréer l’esprit et les valeurs du compositeur, souvent avec une exquise sensibilité. De manière similaire pour l’évaluation et l’étude de l’architecture, les librairies regorgent de milliers et de milliers de volumes qui représentent l’apport des critiques, des historiens de l’architecture et d’innombrables experts qualifiés. Cependant pour leur plus grande part, ces livres seraient vides de sens sans leurs illustrations photographiques. Le photographe est donc investi d’une énorme responsabilité, son témoignage est littéralement celui d’un « communicateur ». L’esprit, la dextérité et la compétence de celui qui manipule l’appareil photo décident de la

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qualité de l’image architecturale dans les publications spécialisées et donc aux yeux du monde. Le cinéaste, par son travail et son imagination, peut permettre à l’architecte de mettre en valeur des structures, des vues et suggérer des ambiances magiques... Le célèbre immeuble « Bradbury » (1) construit par l’architecte George H Wyman à Los Angeles en 1893 est passé relativement inaperçu pendant assez longtemps. Heureusement Esther McCoy, historienne de l’architecture commanda un reportage pour « Art and Architecture ». Sa publication en 1953 a fait sensation dans le monde de l’architecture. Cet édifice est devenu une mecque. Où que l’on se tourne, de quelque façon qu’on y pénètre, on est confronté à une constante : l’expérience de l’espace est la même. Il n’existe aucun espace vide ! Personne ne sait au juste ce qui s’est passé dans l’esprit de Wyman quand il a accouché de cette extraordinaire construction .

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Espace fabuleux pour le cinéma, utilisé dans bon nombre d’œuvre comme « Il était une fois l’Amérique » ou la comédie musicale « Chicago ».

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Le travail des architectes (comme Grégory Ain et Rudolph M. Schindler) avant la deuxième guerre mondiale se fait souvent de concert avec de grands photographes. Le travail de ces pionniers comblait les directeurs de magazines qui apprenaient en même temps à sélectionner et à présenter les résultats (résultats qui seront après utilisés entre autre dans le cinéma). Les premières maisons de Grégory Ain impressionnèrent les responsables du « Modern Art » au point qu’ils lui commandèrent une maison qui fut construite à New York sur un terrain appartenant au Musée. Elle servit d’exemple d’architecture « réalisable et efficace » que l’on retrouve parallèlement en Europe dans le cinéma de Jacques Tati. (2) La reconnaissance de ces pionniers progressa d’une façon définitive quand certains de leurs travaux commencèrent à apparaître dans les premiers ouvrages sur l’architecture contemporaine traitant des grands ouvrages comme le barrage Hoover (3) . Cette documentation contribua à donner au travail de ces architectes une audience internationale et inspira bon nombre de cinéastes, films de science-fiction des années 1960. Au cours des années cinquantes, les maisons de Wright en Californie du Sud dans lesquelles il a utilisé des blocs de béton texturé comme élément de base de son architecture. Les maisons Freeman et Ennis (4) ont été ensuite presque continuellement réclamées soit par des publications ou par des cinéastes du monde entier (dernièrement le film « Rocketeer »).

Face à de tels monuments, comme par exemple le musée Guggenheim (5), la difficulté est en fonction de la compétence de la capacité à lire clairement le plan d’un espace et à établir une interaction entre les volumes. L’univers de l’architecte Albert Frey (6) a suscité une curiosité des cinéastes d’autant plus grande aux Etats-Unis et à l’étranger qu’il a rarement cherché à promouvoir son travail lui-même et ses projets ont été accueillis avec enthousiasme . Sa carrière relatée dans l’ouvrage de Joseph Rosa et différentes expositions se sont efforcées de la retracer : à l’university of California Art Museum de Santa Barbara, au Désert Museum de Palm Springs ainsi qu’en Suisse et en Angleterre. Lorsqu’il a vu la région qu’il habitait se peupler, Albert Frey fit construire sur les hauteurs du mont San Jacinto. Ce fut l’un des plus haut sites construits dans la région de Palm Springs et, de sa maison, il jouit d’une vue spectaculaire, lunaire, sur toute la zone désertique environnante. Il y a rarement eu dans l’histoire de la construction une période aussi dynamique que celle des années cinquante ! Mais par un curieux phénomène, durant ces années d’après guerre les innovations architecturales sont restées très limitées. On le retrouve dans le cinéma populaire par exemple dans « Ma sorcière bien aimée ». Outre les pénuries d’équipements et de matériaux de construction, on manquait de main d’œuvre qualifiée. Les coûts de la construction s’accrurent de façon astronomique. Les architectes évitaient à s’engager dans des projets trop audacieux. Par contre, les années soixante apportèrent de l’oxygène. On observa un retour à une plus grande liberté de forme et de matières. Les prises de vue réalisées à cette époque démontrent clairement ce nouvel essor. La richesse d’évolution formelle de John


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Lautner apparaît de façon évidente dans, par exemple, la résidence Malin. (7) C’est à cette période que le cinéma, en plein essor, apporte une grande contribution à éduquer le public qui n’avait qu’une pâle notion, quand il en avait une, de la grande architecture de son temps. Ce que le grand public voyait trop fréquemment, c’était des boîtes de verres nues, austères, vides de toute trace d’occupation humaine, d’éléments décoratifs et artistiques ! L’exemple classique est la maison de Herb Greene (jusqu’à aujourd’hui reprise dans bon nombre de long métrages certains futuristes comme « Mad Max ») qui exprime parfaitement un des aspects de ce courant. La maison « Bavinger » de Bruce Goff (8) est aussi un exemple (voir le film avec Peter Sellers « the Party »). La technologie de la photo et du cinéma n’a cessé d’évoluer. Les films des années 1970 permettent d’apprécier la qualité des images que l’on peut atteindre avec des nouvelles caméras manœuvrées avec doigté. Aujourd’hui, à une époque de raffinement technologique jamais atteint dans la conception des caméras, on trouve dans les films des prises de vue de qualité médiocre qui déforment les proportions des édifices filmés. C’est préoccupant. S’agit-il d’un manque de goût de la part des directeurs artistiques, ou bien les cinéastes engagés sont-ils démunis de l’expérience qui conviendrai ? Et comment l’architecte peut-il s’accommoder d’une représentation indigente et égarante qui ne rend justice ni à son talent ni à ses compétences ?

Page précédente : 1- George Herbert Wyman. Bradbury Building à Los Angeles, Californie, (1889-1893). Photo Julius Shulman. 2- Vue de la villa Arbel, extrait du film Mon Oncle de Jacques Tati. 3- Barrage Hoover sur le fleuve Colorado achevé en 1935. Ci-dessus : 4- Frank Lloyd Wright, Maison Ennis, Los Angeles, Californie, 1923. Photo Julius Schulman 5- Frank Lloyd Wright, Solomon R. Guggenheim Museum, New York, (1955-1959). Photo Julius Schulman 6- Albert Frey, Maison Frey, Palm Springs, Californie, 1953. Photo Julius Schulman. 7- John Lautner, Résidence Malin, Los Angeles, Californie, 1960. Photo Julius Schulman

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On retrouve ce parallèle dans la photo, chaque décennie passant enrichissait les rapports à l’image. Le passage du MasterView au Sina (appareil polyvalent inventé par Carl Koch à qui on attribua beaucoup de miracles photographiques) et au Horsman (appareil japonais) a été naturel productif et aisé .

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Peut-être peut-on comparer cette transition à la démarche qui a consisté à passer d’un film noir et blanc à l’autre, puis à un film en couleurs avec diapositives de chaque scène. Puis de passer aux diapositives de 35mm avec un autre appareil et des films d’intensités variables : toutes ces transitions se sont faites en douceur. Cette constante agilité dans la réalisation des films a été renforcée par une méfiance de certains à l’égard des instruments de mesure (indispensable gymnastique mentale consistant à adapter les temps d’exposition à la sensibilité des films utilisés). Dans une recherche plus objective et l’application d’une méthode qui peut être considérée comme le nec plus ultra dans l’utilisation des caméras, on peut établir une vraie perspective et étudier les multiples vestiges de la vie au XIX siècle et leur utilisation notamment dans des films comme « Gasper » ou certains films policiers comme «Un cadavre au dessert». La lumière est l’instrument primordial du film et elle doit être respectée. Les formes, les textures et bien sûr l’échelle sont conditionnées par la maîtrise de la lumière et représentent un certain idéal cinématographique. C’est pourquoi toutes les évolutions techniques se traduisent par un rapport purement technique à cet art, mais contribuent à exprimer une maturation esthétique, une capacité de réaliser des images qui transcendent les stéréotypes.

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En examinant les variations visuelles d’un film à l’autre sur un sujet identique, on comprend le pouvoir de la caméra sur les perceptions immédiates d’un observateur. L’exemple de l’hotel Camino Real à Mexico (9) de l’architecte Ricardo Legoretta, espace repris dans beaucoup de films (certains grand public comme « L’aile ou la cuisse »). De nombreuses sources d’éclairage sont nécessaires pour éclairer l’immense hall d’entrée et son plafond à relief. Il est fréquent que les architectes soient incapables de fixer leurs propres idées sur pellicule. Ainsi la Maison Frey filmée en aprèsmidi fait surgir sur la pellicule cette forme cylindrique surprenante. L’aspect de la surface aluminium futuriste qui a fait le tour du monde, aurait été invisible si la maison avait été filmée le matin. Bon nombre de films ont permis au grand public de mieux faire connaître d’importants projets d’architecture et de décoration d’intérieur, la maison du sculpteur et designer Mathias Goeritz en est un exemple (voir le film de Pedro Almodovar « La mauvaise éducation »). Goeritz a joué avec bonheur sur une palette de couleurs brillantes pour structurer son dessin comme cela apparaît dans le rapport d’un mur peint en bleu et du trottoir peint en rouge.


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La conclusion qui s’impose ? La règle N° 1 consiste à jauger soigneusement les caractéristiques de la construction à filmer et cette démarche demande du temps : pourquoi ne pas témoigner ainsi notre respect pour ces grandes images qui s’élèvent devant nous ? Nous ne sommes pas là pour faire de l’instantané à tout prix. Avec cette approche réfléchie, nous pouvons apprendre à mieux identifier nos qualités et nos lacunes. Alors la prise de vue cesse d’être un mystère. Elle devient une visualisation de l’esprit par les structures de l’architecture magistrale et presque infinie ! (10)

PH.P.CH

Ci-dessus : 8- Bruce Goff, Maison crée pour Eugène et Nancy Bavinger près de Norman, Oklahoma, (1950-1955). Photo Julius Shulman 9- Ricardo legoretta, Hotel Camino Real à Mexico City, 1968. Photo Armando Salas Portugal. 10- Johnson et Burgee, La Cathédrale de Cristal, Garden Grove, Californie, 1984


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A lire

Librairie Galerie Fahrenheit 451 Ave H. Bourguiba Centre Culturel de Carthage 2016 Carthage Dermech Tél : 71 733 676

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1. 400 architectures

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Hôtel

e concept d’accueil hôtelier est né du voyage, seul à avoir les circonstances propices à son apparition et à son développement. Initialement, le pèlerin trouvait refuge sur sa route dans les couvents et les monastères. Les premiers lieux à offrir l’hospitalité – aux abords des principales voies de communication – ne fournissaient que l’essentiel : des chambres pour les voyageurs et des espaces communs-réfectoire, salle réservée à un usage particulier, individuel ou collectif, et petite entrée pour la réception, sur le modèle des différentes pièces d’une maison cossue. L’apparition de nouvelles technologies héritées de la révolution industrielle a apporté une amélioration des conditions d’hygiène et des équipements sanitaires. Le nombre de services augmentant, l’hôtel a changé de rôle : de simple lieu où faire halte, il est devenu l’occasion d’expériences innovantes sur le plan de l’architecture,

reflétant l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie urbaine. L’activité hôtelière acquiert le statut d’entreprise commerciale proprement dite dans la seconde moitié du XIXe siècle, et elle donne alors naissance à des projets d’architecture à travers lesquels se définit la typologie actuelle. Celle-ci manifeste une augmentation croissante du nombre des pièces et, en corrélation, une extension des services. Parallèlement, au cours de cette même période, les bâtiments se construisent dans les centres-villes, et comme ils comportent des espaces publics, ils participent à la dynamique du développement d’une commune. L’hôtel ouvre ses portes à tous, clients ou non, et devient un lieu non seulement d’échanges culturels mais aussi une rencontre de confrontations diverses. Parmi les premières réalisations de conception nouvelle, l’hôtel Ritz (1898) de la place Vendôme à Paris témoigne d’une volonté de s’écarter des modes « selon une idée

moderne d’élégance aristocratique ». Dans le même esprit, et aussi dans la même ville, ont ensuite été construits l’hôtel de Crillon (1909) et le Bristol (1925). (…) L’hôtel devient un lieu aseptisé, où l’on ne séjourne que très peu de temps. Il ne doit suggérer ni atmosphère précise, ni sentiment particulier pour conserver tous les caractères d’un domicile temporaire. Le nomadisme de notre temps fait de l’espace hôtelier un dépaysement humain et architectural. » ACTES-SUD nous fait découvrir dans cette nouvelle publication 400 hôtels différents qui nous emmènent au cœur d’une esthétique architecturale infinie. Auteur : Veronica Pirazzini Editions : Actes-sud. Prix : 41,790DT


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2. Carolyn Carlson Paris Venise Paris

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e 1975 à 2006, Claude Lê-Anh a photographié Carolyn Carlson et sa compagnie sur scène, en répétition, en tournage, en coulisse… Elle les a tout particulièrement suivis à Paris et à Venise, deux villes d’eau qui ont profondément marqué l’œuvre et la carrière de la chorégraphe. Paris. A l’Opéra, où elle fut étoile-chorégraphe et conduisit le GRTOP (Groupe de recherches théâtrales de l’Opéra de Paris), au Théâtre de la Ville où elle fut en résidence, ou encore à la Cartoucherie où elle fonda en 1999 l’Atelier de Paris qu’elle dirige depuis. Venise. Comme directrice du Teatrodanza La Fenice, puis du secteur danse de la Biennale de Venise de 1999 à 2002. Loin de la monographie classique, Paris Venise Paris est un album singulier qui invite à partager l’histoire d’une rencontre, d’une amitié intemporelle, c’est un voyage à travers l’univers de Carolyn Carlson dont les photographies de Claude Lê-Anh restituent l’imaginaire. Paris Venise Paris offre un regard croisé. Celui de Claude LêAnh, posé sur trente années de création. Celui de Carolyn Carlson qui par ses textes et ses calligraphies inédites nous livre avec sincérité ses impressions et ses ressentis.

Photographies: CLAUDE LÊ-ANH Textes et calligraphies de : CAROLYN CARLSON Editions ACTES SUD. 311pages. Prix : 102,900DT

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3. Crazy Design

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tonnants, barrés, ludiques, osés, timbrés, novateurs, culottés ou gonflés… les objets mis en avant dans Crazy Design racontent à leur façon la douce folie d’aujourd’hui. Ils s’expriment par leur dimension onirique, revendiquent leur côté militant et respectueux de l’environnement, sidèrent par leur inventivité ou leur grande propension au décalage… Si pour vous le design est cher, forcément inutile, incompréhensible ou destiné à une élite, ce livre vous donnera les clefs pour mieux appréhender ce vaste domaine de création. Il vous aidera à découvrir des objets qui vous simplifieront la vie, des pièces qui la rendront

plus drôle ou d’autres auxquels il fallait vraiment penser ! Surtout, ces objets ont un point commun : le pouvoir de nous bluffer et d’insuffler de la fantaisie dans notre quotidien !

Auteurs: Claire Chamot, Béatrix Foisil-Penther Editions GRÜND. 187 pages. Prix : 31,390DT


CULTURE LE PHENOMENE KADER ATTIA ET ADEL ABDESSEMED


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ART ?

le phénomène Kader Attia et Adel Abdessemed

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2007 , «Who cares?» Kader Attia, vue de l’installation. Courtesy galerie Anne de Villepoix


Culture

Que nous dis l’art ? La visite du Palazzo Grassi et la vue de l’Or noir, installation d’Adel Abdessemeb, m’a poussé à la réflexion sur l’art contemporain, ses significations et ses modes d’expressions. Les supports d’expression sont aujourd’hui multiples : la photographie, la vidéo, la sculpture, le numérique, le son, la lumière et bien entendu le classique de la peinture ont ouvert de nouveaux horizons à l’art contemporain. Le corps devient un acteur majeur de la perception d’une œuvre. Tous les sens sont mis à contribution, l’émotion n’est plus seulement visuelle, elle est désormais vécue par le toucher (Verner Panton), l’audition et les senteurs (OUI). Dans le cas de James Turell, qui ouvre une fenêtre sur le ciel, l’espace devient l’œuvre elle-même. Anish Kappoor est dans une monumentalité qui absorbe l’individu, de même que les grandes sculptures d’acier de Richard Serra. Dans certains cas, l’œuvre est la fabrication en temps réel de celle-ci. Ce qu’on a appelé plus communément la performance est l’instant vécu par le visiteur qui regarde l’artiste au travail. Cette démarche propulse la compréhension de l’œuvre au-delà du résultat et met en avant le processus de travail. C’est une forme relativement récente, essentiellement véhiculée par le graffiti dans la culture Hip Hop ou l’art de la rue. Le graffiti est un moyen d’existence, il représente un nom qui va voyager d’une station de métro à une autre. Il est éphémère et le seul moyen de le fixer est de le filmer. Dans les dédales interminables de l’art, nous sommes souvent confrontés à une sorte d’incompréhension. En parcourant les galeries, quelques voix timides murmurent : « Je ne comprends décidément rien à l’art ! C’est du n’importe quoi ! » Ne vous méprenez pas. Dans ces contours complexes ou abstraits se cachent nos rêves et nos fantasmes, nos angoisses et nos peurs. Les œuvres que nous croisons dans les musées, les galeries ou les ouvrages sont le reflet des évolutions de nos sociétés. Souvent, elles représentent ce qu’il y a de plus mauvais chez l’homme : la violence, le racisme, l’exclusion, l’intolérance et le mépris. Elles sont aussi l’image du subconscient ou simplement une représentation de notre milieu. L’artiste est en symbiose avec son environnement, il crée avec son vécu et transmet dans son œuvre toute son émotion. Ne cherchez pas d’utilité dans l’art, il n’y en a pas et heureusement ; il y a par ailleurs différents niveaux de lecture. L’art pour la provocation utilise la symbolique du contexte qui est en contradiction avec l’œuvre : nous sommes dans la confrontation. Le gigantesque homard réalisé par l’artiste américain Jeff Koons et suspendu dans l’un des salons du château de Versailles a grandement perturbé les esprits par le fait que cet art décalé « n’avait pas sa place ici ». Le contexte du château a contribué à élargir la portée de ce homard gonflable, qui à mon sens n’a pas d’existence propre hors de ce milieu. Au-delà de la provocation, les productions actuelles témoignent d’une critique plus ou moins vivace des sociétés dans lesquelles nous vivons : elles questionnent et dénoncent la condition humaine. Il me semblait essentiel dans l’état de préoccupation de présenter les travaux des artistes Kader Attia et Adel Abdessemed. Tous les deux d’origine algérienne, ils ont puisé dans leur vécu et leur vision les expressions de leur art. Leurs travaux, bien que très différents, sont empreints de réflexions profondes sur des questions d’actualités comme le port du voile, l’exil des réfugiés, les voyages de clandestins ou encore les conditions de vie des banlieues parisiennes. La suite constitue quelques témoignages qui nous guident à la compréhension de leurs œuvres : véritables fenêtres ouvertes sur l’essence même de l’art.

A.C

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I.Kader Attia K

ader Attia, est aujourd’hui un incontournable de la scène artistique internationale. Né en 1970, il grandi à Garges-lesGonesses, une banlieue parisienne hostile. Chrétien, juif et musulman kader attia est à l’image du brassage culturel qui l’entoure. Il incarne plusieurs identités, celles de l’univers des cités à fortes communautés noires africaine et maghrébine. L’école ne l’intéresse pas, il travaille dès l’âge de 11 ans sur le marché de Sarcelles avec son oncle, il observe attentivement les comportements, les communautés, il reste sensible à son environnement. La perspec-

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tive d’intégrer une école d’art le pousse à passer le bac. Il réussi à s’inscrire aux fameux ateliers Duperré (Ecole supérieure des Art appliqués), il fera par la suite un bref passage à l’école des beaux arts de Barcelone. Son diplôme en main il décide de partir au Congo ou il y passera deux années. À son retour d’Afrique, il réalise un diaporama sur la vie des transsexuels algériens chassés et exilés. Il travaille sur différents supports : la photographie, l’installation, la vidéo (Marie-Thérèse ou le mythe du cargo, 2006, projection vidéo, 3 à 4 minutes). Il s’attaque également au land art comme dans

Sans titre (Skyline), Kader Attia, Courtesy galerie Anne de Villepoix. L’oeuvre est composé de 80 réfrigérateurs de rebut peints en noir et recouverts de fins miroirs rectangulaires composant des «fenêtres». Ce paysage urbain à la mesure de l’électroménager montre l’impact de l’architecture et de l’urbanisme sur la vie quotidienne des individus, et plus spécifiquement la manière dont leur pouvoir est utilisé pour asservir les populations.

l’œuvre de Holy Land présentée à l’occasion de la première Biennale d’Architecture et d’Art & Paysage des îles Canaries en 2007. Son œuvre est profondément rattachée à son vécu, « Arabesque » (wall installation comprised of 248 police truncheon) dénonce le climat de violence qui règne dans les cités et à plus grande échelle de la politique répressive appliquée dans de nombreux pays. Dans « Fridges », (2006, installation) il reconstitue à l’aide de 150 vieux réfrigérateurs la cité de son enfance, il y peigne des rangées de petits motifs représentants les fenêtres.


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2007, Rochers carrés, Kader Attia, Courtesy galerie Anne de Villepoix. Les séries photographiques explorent quant à elles la relation entre le béton des immeubles de proximité du quartier où l’artiste vit à Paris et une plage à Alger où il a passé son enfance. Cette plage est couverte d’énormes blocs de béton, surnommés les rochers carrés par la population, et son architecture ressemble aux plans de la ville de Paris dessinés par le baron Haussmann. Les rochers carrés attirent les jeunes de la ville, comme une ultime frontière les séparant de l’Europe, et, par extension, de leurs rêves d’une vie meilleure.

Son passé difficile le pousse à réaliser des œuvres engagées, il véhicule constamment un message. Sa position est politique car pour lui “la politique passe d’abord par la culture”. Il ne cherche pas à choquer, il questionne, tente d’exprimer le compromis qui existe entre les différentes cultures. L’œuvre des tchadors en cheveux représente à la fois les femmes musulmanes qui se voilent mais également les femmes juives qui portent des perruques. Il veut rendre compte dans un langage singulier des conditions de vie et d’intégration des immigrés en France, sur l’identité conflictuelle d’une culture déracinée séduite par un Occident avide de consommation.

Le prix Marcel Duchamps Kader ATTIA, est un artiste généreux qui invoque l’altérité, qui met en pratique les leçons d’Aline Caillet, puisqu’il manie habilement « l’adresse aux spectateurs. » Aline Caillet revient sur la dimension historique, elle évoque le XIX siècle et l’invention d’un nouveau personnage social : l’artiste comme figure d’exception. Mais aujourd’hui l’urgence est de mettre fin à toute cette tradition d’artistes dont les œuvres trop prétentieuses deviennent vite inaccessibles et excluent la majorité des visiteurs. L’artiste doit sortir de sa position d’exception et être accessible au plus grand nombre. C’est pourquoi la simplicité du travail de Kader Attia et sa grande efficacité nous permettront d’éclairer ces réflexions et ces questionnements à propos de la fonction critique de l’art et de sa fonction sociale.

Un toboggan en plastique rose fluo, attire tout d’abord l’œil du spectateur. Posé là tel un ready made de Duchamp, ou de Gérard Deschamps l’œuvre est intitulée Childhood. Mais il ne faut pas s’y méprendre, même si le toboggan est rose, la vie, elle en revanche ne l’est pas toujours… Si d’habitude la période de l’enfance est synonyme d’une grande insouciance durant laquelle il n’y pas de remise en question de ce que l’on est ; pas de véritable conscience des dangers du monde environnant. Ici l’enfance prend une tout autre dimension, les miroirs brisés instaurent d’emblée une dimension violente. L’insouciance de l’enfance ne dure que le temps d’une glissade et l’atterrissage est violent, l’enfant chute sur des miroirs brisés, le visage collé à la froideur de ce sol de glaces. La fin de l’enfance est vécue comme une gifle glacée. Tout ne « glisse » pas, la vie est parsemée d’accidents, symbolisés par les lames de rasoir et les couteaux plantés non sans perversion dans le toboggan. Nous sommes en 2005 et le jury de la Fiac attribue le prix Marcel Duchamp à Kader Attia, jeune artiste français d’origine algérienne, pour cette œuvre, renvoyant à sa propre enfance traumatique, circoncis dans la douleur à l’âge de 8 ans … Le sol en miroir crée un deuxième monde, une sorte de bulle autour de l’enfant dans laquelle il est prisonnier. L’enfant symbolisé par ce poupon abandonné assis contre le mur dans un coin de la pièce, est dans une position passive, il n’est pas acteur, il a subi la situation, Kader Attia n’a pas choisi de se faire circoncire mais, après tout, les enfants ne choisissent pas grand chose…

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64 Immédiatement se pose la question de la fonction de l’art et du rôle de l’artiste. Kader Attia évacue ses mauvais souvenirs d’enfance grâce à l’art, et on le récompense. Mais l’artiste est-il si égoïste, ces œuvres ne sont-elles que l’étalage de sa psychologie ? Non, et heureusement ! Même si souvent la vie de l’artiste est ce qui provoque ses créations (Christian Boltanski, Louise Bourgeois, Claude Levêque) , l’artiste a néanmoins une véritable fonction sociale, comme Kader Attia en témoigne : « Je suis persuadé que l’art a une dimension psychothérapeutique. Montrer les choses les plus cauchemardesques, permet à l’artiste, mais aussi au regardeur de les exorciser. » Car le spectateur n’est pas en reste, il a un rôle à jouer. Comme Marcel Duchamp avait coutume de dire « c’est le spectateur qui fait l’œuvre ». Ici l’utilisation du miroir est très intéressante, le miroir est l’objet par lequel on voit jour après jour l’évolution de notre apparence physique, vieillir/grandir, et tout simplement changer. Les miroirs renvoient les spect-acteurs à ce qu’ils ne sont plus , des enfants. Kader Attia donnent un rôle actif au visiteur qui est obligé de se mirer dans le spectre, autant d’ expériences personnelles, Kader Attia nous donnent le temps de s’attarder sur sa propre histoire, sa propre enfance, et finalement de nous apercevoir que quelque chose s’est brisé…

1- 2006,2007, Untitled #9 (Holy Land), Kader Attia. Courtesy galerie Anne de Villepoix 2- 2007, Ghost, Kader Attia, Aluminium foil. Courtesy galerie Anne de Villepoix 3- 2004, HALLAL, Kamel Mennour gallery, Paris, France. Courtesy galerie Anne de Villepoix


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II.Adel Abdessemed

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ar ses origines et son parcours, Adel Abdessemed se trouve au confluent de problématiques qui ne cessent de manifester leur actualité, souvent violemment. Et si la biographie ne peut pas tout expliquer, elle fournit néanmoins A l’oeuvre certaines données contextuelles éclairantes : Kabyle né en Algérie en 1971, il a fui en 1994 le régime liberticide de Liamine Zeroual pour s’installer en France, à Lyon puis à Paris, peu après une vague d’attentats terroristes qui n’avait alors pas manqué d’exacerber les tensions sociales chroniques liées à l’immigration et aux suites de la décolonisation. Il a vécu et travaillé à New York puis à Berlin avant de se réinstaller à Paris en 2005; ses œuvres portent des titres en français, en arabe, en anglais ou en allemand, traduisant ainsi une identité composite, transnationale et pluriculturelle, emblématique donc du monde contemporain tel que le décrivent les penseurs de la mondialisation. Un monde marqué à la fois par la circulation généralisée, par l’expression de nouveaux modes de lo-

calité et la démultiplication des frontières réelles ou symboliques, un monde où¸ se déploient des formes de violence politiques ou militaires certes, mais aussi économiques et sociales, celles-ci s’avérant d’autant plus implacables qu’elles sont indirectes et intégrées par les individus. C’est précisément avec cette violence diffuse et ses implications que dialogue l’oeuvre d’Abdessemed : bien que répondant à la violence subie, il ne produit pas d’images à proprement parler violentes ni de dénonciations frontales, mais adopte une position intermédiaire et, par conséquent, insituable, probablement la voie où s’illustre de la façon la plus convaincante l’art contemporain dans sa dimension critique. Marquages identitaires L’œuvre d’Adel Abdessemed, dans la diversité de ses moyens d’expression (actions, vidéos, dessins, sculptures, photographies), aborde la question de l’identité telle que prétendent la fixer les codes sociaux ou, surtout, religieux et telle qu’elle se donne à lire à travers des signes ou des manifestations extérieurs. Il utilise ainsi le vê-


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tement, sa signification, sa double fonction d’écran et de signe de reconnaissance, mais aussi, plus simplement, la couleur de la peau, pour faire jouer les rôles assignés, questionner les rapports entre l’extérieur et l’intérieur, entre soi et l’autre, et ce, dans un continuel déplacement. Faisant suite à Ombre et lumière (1994) où une jeune femme enlève son voile, la vidéo Chrysalide, ça tient à trois fils (1999) met en scène, comme l’indique le titre, une métamorphose dont l’idée a été suggérée à l’artiste par le destin d’une chenille devenue papillon : J’ai immédiatement pensé à toutes les femmes qui portent un tchador, le voile musulman. C’est un symbole de haine, imposé par les hommes, un acte de violence. Alors j’ai réalisé que toutes ces femmes musulmanes cachées derrière un voile étaient exactement comme des papillons. J’ai décidé de dévoiler une femme, le voulais la libérer et me libérer. Dans une pièce d’une blancheur immaculée, se tient un corps, debout, emmailloté dans une robe noire qui ne laisse voir que ses yeux et ses pieds l’apparentant à une momie; si serrée que l’on identifie aisément une femme, elle évoque immanquablement, tout au moins pour qui ignore les distinctions entre les traditions et leur infléchissement par certains courants fondamentalistes de l’islam, les vêtements dont le port est imposé aux femmes par les religieux intégristes (burka, niqab, tchador ...). Un homme, l’artiste, vêtu d’un jean et d’un tee-shirt, le costume de la modernité, s’approche, tire sur la laine au bas de la robe et commence à la détricoter, aidé par la femme qui tourne sur elle-même comme une toupie; lui aussi se met à tourner, en sens inverse--l’homme et la femme, comme

en opposition de phase, se définissent ainsi mutuellement. Peu à peu, le corps nu se révèle tandis que le mouvement s’accélère et que la laine s’amoncelle au sol. Les longs cheveux de la femme s’emmêlant avec la laine empêchent l’opération d’aller à son terme et obligent l’artiste à retirer la cagoule restante après avoir pris la parole : Cette vidéo, dans son absence de recherche esthétique, est caractéristique du travail d’Abdessemed : en dépit de sa simplicité apparente, s’y croisent des références à la mythologie (des Parques au fil d’Ariane) et à l’histoire de l’art (la naissance d’une Vénus brune émergeant des circonvolutions d’un écheveau de laine), tandis que les interprétations se stratifient. Car s’il est évidemment question de libération ici, la transformation ne se fait pas sans violence, celle de la mise à nu d’abord, celle de l’exposition par, et à , un désir extérieur, celle aussi qui surgit à la faveur de diverses associations avec des positions autoritaires...

Page précédente : Telle mère tel fils, 2008, Adel Abdessemed Morceaux d’avions, aluminum et métal

Practice zéro tolérance (retournée), 2008, Adel Abdessemed Vue de l’installation d’une voiture retournée et fabriquée en terre cuite. Courtesy of the artist and David Zwirner, New York


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Inventeur d’images

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Adel Abdessemed a sa façon tout à fait radicale d’occuper Le Magasin, l’emballant de papier kraft comme à l’usine, lui donnant ainsi les couleurs changeantes du désert sous la belle charpente à la Eiffel. Inventeur d’images, pour ne pas dire de visions, cet artiste francoalgérien, longtemps défendu à Paris par Kamel Mennour, avait frappé les esprits au Palais de Tokyo avec Habibi , son autoportrait ironique en squelette géant, sorte de mammifère marin des temps modernes. Avec Bourek, un petit avion aplati comme un gâteau oriental, il mariait le Nord technologique et opulent et le Sud, humble, inventif et festif. Dans Drawing for Human Park, il tresse ensemble trois petits avions californiens usés et crée une créature énorme de 27 m de long, un jouet hors normes qui résume l’imbrication des mondes née de la globalisation ( Telle mère tel fils ).

Habibi, 2003, Adel Abdessemed Résine, fibre de verre, polystyrène et un engin de turbine suspendue, 17 mètres. Collection of Mamco, acquired thanks to BFAS, Blondeau Fine Art, © Mamco, Genève Installation view, Parasol unit photo: Stephen White.


HôTELS DE RêVE : : CHEDI MUSCAT à OMAN DAR SABRI à NABEUL LE CONDESA Df à MEXICO

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Chedi Muscat

C’est face aux eaux turquoise du Golfe d’Oman que s’élève le Chedi Muscat. Un hôtel cinq étoiles avec 156 chambres et suites tournées vers la mer et les montagnes. Une oasis de mystique. Propos : Le Baron Crédits photos : Le Chedi Muscat. GHM Hôtels


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uscat est la capitale du Sultanat d’Oman et l’une des plus petites capitales du monde. Incrustée comme un joyau dans un écrin, la ville est entourée de pitons rocheux surmontés de forteresses portugaises – non accessibles au public – et s’ouvre sur la mer. Après l’accession au pouvoir du Sultan Qabous et la modernisation du pays qui s’en est suivie, Muscat s’est quelque peu transformée. La ville, dans ce qu’elle comptait d’habitat et d’habitants, a été déplacée pour laisser place à un ensemble de palais et de ministères. Les quartiers résidentiels anciens ont presque tous été rasés pour être reconstruits ailleurs, dans une cuvette elle aussi enserrée au creux des montagnes. Quelques fragments de l’ancien tissu urbain ont été conservés dans ce qui est devenu une capitale de parade dont la pièce centrale est le Palais Al Alam, résidence officielle du Sultan et siège de son diwan. Le palais est constitué de deux ensembles bâtis séparés par une grande cour filant vers la mer, avec au bout de la perspective une étrange pâtisserie aux colonnes colorées. Si curieux que

cela puisse paraître, ces constructions, qui sont loin d’être aussi des chefs-d’œuvre, ne sont pas spécialement désagréables. Ce qui plaide en leur faveur, c’est leur proportion relativement humaine et leur couleur blanche dans un paysage marqué par le gris de montagnes et le bleu de la mer. Vu de l’extérieur, le Chedi est un volume compact, sobre et blanc. A l’entrée, deux comptoirs de réception / concierge se font face dans un espace très étroit aux très hauts plafonds. Derrière chaque comptoir s’étend tout en hauteur un moucharabieh en bois. Le hall de l’hôtel est une cour carrée couverte d’une tente, avec, en son centre, un immense lit de près de dix mètres par dix surmonté d’un lustre composé de câbles auxquels sont suspendus, à différentes hauteurs, des lampions cylindriques colorés. Comme le Chedi s’adresse à une clientèle de couples aisés qui viennent s’adonner à l’hédonisme, il n’y a pas de chambres à lits séparés ! Promenade à travers les espaces de l’hôtel, comme le


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jardin d’eau aménagé avec des bassins parsemés d’arbustes et de pavillons, une réinterprétation contemporaine des jardins moghols de Shalimar, à Lahore. Le déjeuner, un repas asiatique, se fait autour de la piscine. Elle a la particularité d’être en carreaux noirs, une couleur assez inhabituelle mais ici du plus bel effet. Elle est surplombée par des voiles blancs suspendus à des mâts alignés qui complètent l’élégance du dispositif. C’est au coucher du soleil que le lieu révèle toute sa magie, que cette architecture aux formes arabisantes minimalisées prend tout son sens. La journée se finit par un thé au jasmin au jardin de feu, une terrasse où crépite une demi-douzaine de brasiers.

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Page précédente : Le grand lustre du lobby surplombe le patio couvert et entouré d’arcades, une large banquette au tons de vieil or. La réception présente un comptoir compact, sobre et sombre, flanqué par deux grands panneaux de bois ajouré. Ci-dessous : Vue des petites suites tournées vers la mer. L’esprit incarne la fusion de l’orient et de l’extrême orient et concourt au dépouillement des lieux.


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Ci-dessous : L’une des deux piscines de l’hôtel est partiellement couverte par des «voiles» et cernée de brasiers qui sont allumés dès le coucher du soleil. Ci-contre : Le watergarden courtyard est un jardin d’eau dans un patio où des tables sont installées dans les alcôves attenantes.

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Ci-dessous : L’essentiel du bâti de l’hôtel Chedi se trouve dans ce volume compact à la modénature non ostentatoire. Les baies sont suffisamment larges pour profiter de la vue et suffisamment étroites pour ne pas avoir trop chaud. Ci-contre : Le Chedi, dans son site unique, offre bien entendu une plage.... pas très fréquentée ....

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DAR Sabri Après un mois entre deux avions, des métros et des vêtements constamment dans la valise, le Dar Sabri est apparu comme un ange libérateur de l’esclavage moderne. Texte : Shasha Photos : Pol Guillard Remerciements : Sabri Oueslati et Raya Bouallegue

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La salle à manger s’articule autour d’une majestueuse table haute et blanche entourée d’une banquette d’une part et d’autre part par des tabourets de bar en plexiglass transparent «Charles Ghost» signés Philippe Stark Ci-contre : Vue d’une des façades du patio avec sa loggia et surplomblée d’une ganaria à l’étage.


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abeul, petite ville du Cap Bon tunisien, connue pour ses poteries mais pas vraiment pour sa toute petite médina. C’est pourtant là que commence notre courte retraite. Quelqu’un nous attend devant la porte de la médina pour porter nos bagages et nous mener à travers les dédales de la ville. La rue principale encombrée de chinoiseries et de vendeurs insistants nous rappelle le choix touristique qu’a fait la Tunisie voilà une bonne quarantaine d’années. Quel désastre ! C’est au fond d’une ruelle étroite qu’apparaît la petite porte derrière laquelle se cache un véritable bijou d’architecture. Notre hôte nous offre un rafraîchissement, nous sommes déjà coupés du monde, loin de l’agitation. L’heure n’est pas au débat pour savoir pourquoi les Tunisiens ont mis tant de temps à mettre en valeur leur patrimoine architectural. Ce n’est pas rentable, diront certains médisants. Ce n’est décidément pas le point de vue de Sabri, un Tuniso-belge qui cherchait à

Ci-dessus : un comptoir pour prendre un verre et des podiums pour se prélasser sont aménagés sur la terrasse entièrement blanchie au tadelakt ! (comme toute la maison)

avoir un pied à terre en Tunisie. Le Dar Sabri était en réalité le petit musée de la poterie, qui offrait un espace propice à la réalisation d’une maison. Après avoir visité, à de nombreuses reprises, les riadhs de Marrakech, Sabri profite de l’occasion avec le dar pour créer un lieu haut de gamme, mettant en avant l’architecture et surtout les artisanats locaux les plus raffinés. La vaisselle en verre de Tarak Kamoun, en céramique de chez Bel Art ou encore les plaids en laine tissée de Mériem Besbes et enfin les parures de lit entièrement cousues à la main par une Nabeulienne, nous ont accompagnés. L’art de vivre du Dar Sabri est aussi dans le palais : Amel la cuisinière aux doigts de fées nous a préparé un repas tunisien des plus exquis, juste ce qu’il faut d’huile d’olive ! Nous sommes assez vite surpris par la sobriété et le blanc accentué, subtilement mariés à des détails et modénatures de l’architecture traditionnelle.


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Dans les suites Or et Argent, vous pourrez vous prélasser dans des lits alcôves surmontés de « hanout hajem » (encadrement en bois ciselé et peint). Notre choix s’est porté sur la suite Imen, dont le style plus contemporain est tout en longueur. De notre petit salon, il est aisé d’accéder à la terrasse et à sa piscine en mosaïque de pâte de verre, sans oublier le petit hammam. Le Dar Sabri est une philosophie, un art de vivre à part entière : une façon inédite et valorisante de découvrir la culture tunisienne.

Ci-contre : A l’étage du Dar Sabri, on vit autrement qu’au rezde-chaussée : la piscine et la terrasse invitent à la relaxation et au bronzage. Un hamman et une salle de massage sont également présents pour combler les plus exigeants. Ainsi, vous pourrez évoluer dans ces volumes blancs capteurs de lumière et justement découpés par de belles menuiseries en acier noir.

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86 Accomodations : Basse saison (de décembre à mars) : * par suite : 130 € (240dt) * maison dans son ensemble : 500 € (935dt) Moyenne saison (avril, mai, juin, septembre, octobre, novembre) : * par suite : 150 € (280dt) * maison dans son ensemble : 600 € (1 120dt) Haute saison (juillet, août) * par suite : 200 € (375dt) * maison dans son ensemble : 700 € (1 300dt) * Le petit-déjeuner * Café, thé et boissons rafraîchissantes * Concierge, Gouvernante & entretien du ménage * Accès Internet 24h/24h * Piscine * Hammam * Transfert aéroport (si occupation de la maison dans sa globalité, sinon payant) Les services disponibles, sur demande préalable, sont : Gommages, massages, épilations, manucures, … . Restauration sur place : déjeuner 25€/pp (45dt) – dîner 35€/pp (65dt) Cours de cuisine : sur demande et en fonction de la disponibilité du Chef Rafik Tlatli Pressing Joueurs de luth : 150€/2 heures (275dt)

Ci-dessus : Escalier d’accès à l’étage recouvert d’une pâte de verre nacrée d’un côté et de papyrus de l’autre. La cuisine et son volume centrale est le véritable foyer du Dar Sabri. Ci-contre : Dans la suite Argent : lit dans l’alcôve surmonté d’un encadrement de bois sculpté.


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Ci-dessous : La suite Ymen est assurément la plus surprenante. Décorée partiellement des œuvres de l’artiste tunisienne Ymen Berhouma, elle est baignée de lumière avec ses murs blancs immaculés et ses puits de lumière aussi efficaces que discrets. Doté en partie de mobilier signé Philippe Starck, l’espace est rythmé par une jolie arcade séparant le salon de la chambre proprement dite. La salle d’eau est munie d’une douche à large pommeau.

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www.dar-sabri.com

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LE CONDESA Df A Mexico, Condesa Df, est le quartier qui monte. On y sent une nouvelle énergie, affairiste et bohème. Ses façades Art nouveau, ses rues animées et plaisantes, ses espaces verts, gardent un cachet romantique. Tina Modotti et Edward Weston, couple mythique des années 20, n’en sont-ils pas l’emblème ? Mais le charme de Condesa Df conjugue passé et futur. Propos recueillis par M. Jouini Photos : le Condesa Df hôtel

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92 Page précedente : Le patio central est entièrement cerné par des coursives habillées par des brises-soleil blancs et flexibles. Ci-dessus : Le bar du rez-de-chaussée est largement ouvert sur le patio. Vous pourrez prendre un verre sur le fameux tabouret Bishop signé India Mahdavi. Page de droite : Façade d’angle du Condesa Df dans un pure style parisien datant de 1928.

L’

architecte Javier Sanchez et India Mahdavi, architecte d’intérieur, se sont réunis pour la rénovation d’un immeuble au cœur du quartier de Condesa. Véritable joyau d’architecture, l’hôtel Condesa est l’incontournable de Mexico. Situé dans un quartier marqué par une architecture coloniale mais surtout une population d’artistes et de BOBO (bourgeois-bohème) qui contribue à faire tout le charme de ce quartier. L’imagination d’India Mahdavi a fait de cet hôtel un lieu d’une grande élégance, fluide et constamment en relation avec son environnement proche, « Je voulais faire du Condesa Df plus qu’un simple hôtel, plus qu’un simple restaurant, un lieu où il fait bon y vivre. J’ai voulu introduire le sentiment d’être en Europe pour les mexicains et inversement le sentiment d’être à Mexico pour les

étrangers en créant un lieu capable d’évoluer en harmonie avec l’énergie du quartier». Ainsi donc, au croisement de trois rues et derrière ses façades historiques qu’a lieu l’union créative de Javier Sanchez et India Mahdavi : inventive et d’une élégante simplicité. Situé au centre même de Mexico, nous sommes bien loin du cliché de la ville congestionnée, surpeuplée et polluée. Le Condesa Df occupe un bâtiment édifié en 1928 dans un style néo classique et inscrit en tant qu’héritage culturel par l’Institut des Beaux Arts de Mexico. Contrastant avec l’aspect extérieur la cour centrale reste l’événement du bâtiment. Un vide en forme de triangle s’étire sur toute la hauteur du bâti. Les coursives qui permettent d’accéder aux chambres s’organisent autour de ce patio. Entièrement recouvert


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de volets que l’on ouvre et que l’on ferme suivant l’heure de la journée. « Contrairement aux chambres où règne l’intimité et l’introversion, le patio devient le lieu où les gens peuvent voir et être vus ». Les volets créent une dynamique dans la façade et permettent de varier les vues. Trois ans de travaux ont été nécessaires pour évider entièrement et restructurer l’ancien ensemble d’appartements. Cela valait la peine d’attendre. L’origine et la mise en œuvre du projet revient aux mexicains Carlos Couturier et Moises Micha Smeke, jeunes partenaires de l’Hotel Habita à Mexico. Condesa Df respire la modernité.

L’hôtel pousse à son comble les codes d’un nouveau chic, informel et décontracté, projection d’un « moi » affirmé. Rythmant l’espace, le mobilier classiquecontemporain créé par India Mahdavi donne le ton : à la fois simple et glamour, neutre et pop. L’ambiance est sur le fil, toujours inattendue. Du bar au boudoir, du restaurant à la boîte de nuit, du patio à la terrazza, Condesa Df, offre à ses hôtes un concentré d’expériences. Apprécier la succession des instants, calmes ou divertissants, n’est-ce pas l’essence de la vie actuelle?

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Page précedente : La TOP SUITE, comme son nom l’indique se trouve au niveau supérieur de l’hôtel et est aménagée généreusement avec un séjour, une terrasse privative et une somptueuse salle de bain. La majorité des espaces s’ouvrent sur la terrasse dans une ambiance chaleureuse de tissus blancs et d’un sol tout en parquet.

Page de gauche et ci-dessous : Le toit du Condesa Df est aménagé en une terrasse où il est conseillé de se relaxer pour le déjeuner, une sieste ou un rafraîchissement dans un hémicycle de mosaïque verte.

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ELIE SAAB : : « MY DEAR CHAIR » : : LEçON DE Sérénité SELECTION MONOPRIX POUR MDT : : ADRESSES

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ELIE SAAB Elie Saab est né à Beyrouth le 4 juillet 1964, il est l’aîné d’une famille de cinq enfants. Il s’intéresse dès son plus jeune âge à la couture, puisqu’à seulement 9 ans, il passe son temps libre à découper des patrons et à dessiner des croquis qu’il exécute pour ses sœurs, en donnant des coups de ciseaux de-ci de-là dans les nappes et rideaux de sa mère. Le talent de ce jeune garçon fait rapidement le tour du quartier et lui permet de se constituer un petit réseau de clientes fidèles.

Il entreprend des études dans cette voie, mais s’ennuie rapidement, maîtrisant déjà l’art et le savoir-faire de la couture. Il crée donc, en 1982, à tout juste 18 ans, son atelier de Couture à Beyrouth composé alors d’une quinzaine de petites mains. Dans les mois qui suivent, il présente sa première Collection à un public de jeunes femmes conquis par le talent de cet artiste autodidacte qui sort du lot en créant des robes ultra-féminines. Sa renommée dépasse rapidement les frontières, et attire le gotha qui veut être habillé par Elie Saab. Texte : Iteb Jabou Photos : Elie Saab Prêt à Porter.


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ntre mode et design, les incontournables talents d’Elie Saab ne cessent de nous étonner. Le couturier libanais est devenu incontournable dans l’univers de la haute couture. Il est à lui seul l’icône de l’orient glamour. Telles des pierres précieuses, les femmes défilent dans toutes les grandes capitales. Beyrouth, Paris, Londres et plus récemment Dubaï, Elie Saab inaugure de nouvelles boutiques. Ces lieux sont imaginés par l’architecte libanais Chakib Richan qui accompagne le couturier dans toutes ces opérations de diffusion. Simplicité, luxe et modernisme : telle est la recette magique que développent ces deux gardiens du raffinement poussé à l’extrême. Marbres, cuirs, verre, acier et bois nobles cohabitent dans ces lieux uniques pour embellir les salons.

Les lignes architecturales épurées guident le regard vers des créations de haute couture présentées in situ à la manière d’une scénographie de musée. Les tons or et beige sont accentués par la lumière qui met en relief les sacs, les chaussures et les différents accessoires nichés dans les alcôves et sur les présentoirs. Toujours en mouvement, le style Elie Saab est un mélange unique de cultures occidentales et orientales qui se renouvelle sans cesse au fil des collections. Il allie à la perfection tout l’art de vivre hérité de ses origines libanaises et son goût prononcé pour l’architecture moderne et le design, sa véritable passion lorsqu’il ne crée pas.

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La salle d’exposition du Building ELIE SAAB à Beyrouth est dotée d’un hall spectaculaire entièrement revêtu de travertin, couleur qui rappelle les maisons des montagnes libanaises. A droite : vue sur la vitrine du magasin parisien dans un même esprit architectural: une sorte d’écrin de marbre beige et de verre qui contribue a créer cette lumière des plus apaisante. L’unité et la sobriété de la matière trouvent de la variété dans le traitement de la lumière artificielle.


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Que ce soit à Dubaï ou à Paris (photo ci-dessous) le concept imaginé par l’architecte libanais Chakib Richani consiste à libérer l’espace de la vitrine qui forme une ceinture continue et à partitionner le coeur du magasin par de petits volumes revêtus de marbre. Ainsi sont aménagés des salons cosy dans ces grands volumes tout de marbre vêtus.

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Un simple conte de chaises pour le bien-être de votre dos ou pour le simple bonheur des yeux Mise en scène : Shasha Photos : Sami Snoussi

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VOIDO en polyéthylène vernis noir dessiné par Ron Arad pour Magis 3350 DT


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Chaise LAGO en cuir jaune imaginĂŠ par Philippe Starck pour DRIADE 2600 DT


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Fauteuil

CATIFA 80

en feutre rose imaginé par Lievore Altherr Molina pour ARPER 3187.5 DT

Chaise

DUNA

en polyéthylène bleu imaginée parLievore Altherr Molina pour ARPER 1630 DT

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Chaise de bureau

CATIFA 46

coque laquée et revêtement en tissu

dessinée par Lievore Altherr Molina pour ARPER 1695 DT

Chaise de bureau

CATIFA 46 en simili cuir blanc

dessinée par Lievore Altherr Molina pour ARPER 1367.5 DT


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Fauteuil

CATIFA 80

en cuir beige dessinée par Lievore Altherr Molina pour ARPER 2630 DT

Chaise MINIATURE VITRA

Wright, barrel chair, 1904 725 DT

CATIFA 46

en chêne blanchi dessinée par Lievore

Altherr Molina pour ARPER 1147 DT

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Chaise

CATIFA 46

en polypropylène bicolore vert et blanc dessinée par Lievore Altherr Molina pour ARPER 360 DT

Chaise

CATIFA 46

en polypropylène bicolore maron et blanc dessinée par Lievore Altherr Molina pour ARPER

397.5 DT

MINIATURE VITRA ARAD, Well Tremped chair, 1986 415.000 DT

MINIATURE VITRA Breuer, B3 Wassily, 1925 860.000 DT

MINIATURE VITRA Le corbusier,Jenneret, perriand, 1928 470.000 DT


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Leçon de sérénité Visite avec Olivier Hart décorateur du nouveau Mövenpick de Gammarth Propos recueillis par Iteb Jabou photos : Pol Guillard

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oyager différemment», voilà ce que nous offre le tout nouvel hôtel Mövenpick à Gammarth (Tunis). L’ancien hôtel Abou Nawas fait peau neuve : l’ensemble de l’architecture et des aménagements intérieurs a été repensé et redessiné, fruit d’une étroite collaboration entre l’architecte Wassim ben Mahmoud et les décorateurs Patrice et Olivier Hart. Ce dernier nous propose une visite guidée et commentée. Dès l’entrée, nous sommes surpris par un grand volume baigné de lumière et tourné vers la mer. La transparence du lobby efface la limite entre l’intérieur et l’extérieur. Confortablement installé dans l’un des salons monochromes du lobby, Olivier Hart m’explique son point de vue sur le choix et l’occupation d’un espace totalement ouvert. La réception, la bibliothèque, le coin cheminée, le lounge et le salon oriental sont réunis dans un seul et unique espace ouvert sur la baie de la Marsa. Une grande hauteur sous plafond et de généreuses baies vitrées accentuent le caractère majestueux des lieux. Le lobby se prolonge à l’extérieur par une terrasse rythmée par des carrées de jardins japonais et de salons aussi variés que les plaisirs qu’ils inspirent.


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115 En effet, le choix du mobilier est des plus recherchés : les fauteuils MAYA dessinés par Patricia Urquiola et les larges canapés de chez KETTAL côtoient aisément un banc, de grande dimension, entièrement recouvert de kedhal (une pierre locale) « Transmettre au client l’expérience du contraste visuel » C’est la philosophie que défendent les décorateurs pour expliquer le concept et l’idée médiatrice du projet. En effet, O. Hart explique que le lobby présente une multitude de prestations visuelles et tactiles, que la différenciation des sous-espaces était surtout basée sur le contraste des palettes de couleurs et des matériaux utilisés. Des nuances de marron et de gris pour la partie bibliothèque et cheminée. Des nuances plus claires, essentiellement du blanc, sont utilisées pour la réception avec des inspirations japonisantes marquées. En se déplaçant entre ces salons, les détails apparaissent : tapisseries soyeuses, tapis de laine moelleux et épais, bois exotiques et d’innombrables œuvres d’art. L’artisanat oriental et d’extrêmeoriental apportent la touche finale… Un mot me vient à l’esprit : « luxe ».

La visite continue, l’idée de luxe ne tarde pas à être évoqué par mon hôte. Le travail effectué pour l’aménagement Mövenpick Gammarth est un parti pris qui met l’accent sur la qualité des matériaux, des textures, de lumières justement positionnées. Tous ces éléments tendent à créer un ensemble où le raffinement, la sérénité la beauté invitent à l’évasion temporelle et culturelle. Le luxe est un lieu où chaque détail compte, où chaque détail participe à l’harmonie générale. L’hôtel Mövenpick de Gammarth est une « expérience contemporaine dépaysante », comme la décrit Olivier Hart. La visite continue de nous surprendre par les mélanges subtils des différents espaces de l’hôtel. Un haut mur de jarre s’élève à l’entrée du restaurant. Vous pourrez également dîner avec au-dessus de votre tête le très singulier Dear Ingo (Mooi), lustre aux multiples branches, ou faire le choix d’un espace plus singulier dans la salle à manger VIP. Le nouvel écrin du Mövenpick Gammarth crée un langage, un univers complet, une identité forte. Une fraîcheur, une vision à la fois moderne et respectueuse de sa mémoire originelle et de l‘esprit de la colline de Gammarth.


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Informations : Mövenpick Hotel Gammarth Tunis Client : ConsortiumTuniso – Koweitien de développement (CTKD) Opérateur : Mövenpick Adresse et coordonnées : Avenue Taieb M’hiri BP 36, La Marsa 2078,Tunis, Tunisie Tel : +216 71 741 444, Fax +216 71 740 400 www.moevenpick-hotels.com Surface terrain : 5 Ha Surface utile : 9100 m2 Capacité : 100 chambres et 15 suites Concepteurs : Architecte : Wassim Ben Mahmoud Décorateur : Patrice & Olivier Hart, Hart & Associés Paris Chef de projet H&a : Hanen Bahri Collaboratrice H&a : Sana Mechta Eclairagiste : MBLD London Christian Wendel, senior designer Paysagiste : Sopal

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ABC Abdenadher Aïn Zaghouan,BP 318, Tunis Tél. : 71 725 777 Fax : 71 760 046 Abdelmomen Chemingui CREATION JUMEAUX Rue Hammadi Rejeb Beni Khiar 8060 – Tunisie Tel: +(216) 98 55 60 59 Fax: +(216) 72 22 84 10 E-mail: creajum@yahoo.fr Artinox 9 rue 6809 ZI la charguia I 2035 Tunis 71 773 706 AVS Aéroport Tunis Carthage - BP 354 - 1080 -Tunisia Tél .: 70 729 690 - Fax .: 71 770 933 www.airport-vip-services.com Attitude Tanit Center- Jinène Eddounia Boutique N°21, La Marsa Mitoyen Carrefour Tél. : 70 939 558 attitude@hexabyte.tn Bisazza Reimex S.A, 41 Rue 8600 Charguia 1. Tél. : 71 772 299. GSM : 97 655 871. E-mail : r.h@reimex.com.tn

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MDT OCT 2010  
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