Service Départemental d’Incendie et de Secours Interview Féminiser le service P. 4 Actualité La nouvelle caserne des Mureaux P. 12
Pleins Feux sur les femmes sapeurs-pompiers
1 193
sapeurs-pompiers professionnels
1 137 hommes
41 centres
56 femmes
de secours
dont Personnel total
et
4 376
341 218
les chiffres clé du SDIS
appels téléphoniques en 2021
100 692
interventions en 2021
84 736
2 948
secours à la personne soit
sapeurs-pompiers volontaires
84,1 % en 2021
dont
2 554 hommes
5 002 incendies
et
soit
394 femmes
4,9 % en 2021
4 688 accidents de la circulation
soit 4,6 % en 2021
2 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
949 véhicules et engins
L’édito de Pierre Bédier
Président du Département des Yvelines « Je salue le dévouement des sapeurs-pompiers pour sauver des vies, parfois au péril de la leur. Nos soldats du feu méritent toute notre reconnaissance. Vous êtes un corps exceptionnel. Je veux vous dire notre reconnaissance et notre fierté ». Le Département des Yvelines apporte un soutien sans faille au Service départemental d’incendie et de secours. Dévouement, courage, don de soi, esprit de solidarité… Les sapeurs-pompiers répondent toujours présent dans les situations de crise, de catastrophe ou encore pour les accidents et les drames de la vie quotidienne. Ils prennent parfois tous les risques. Ils s’engagent sans retenue pour secourir mais aussi sauver des vies et pour apporter du réconfort. En première ligne face à la pandémie de la Covid 19, je les félicite pour leur indéfectible mobilisation.
SDIS 78 Service départemental d’incendie et de secours des Yvelines 56 avenue de Saint-Cloud 78000 Versailles Directeur de la publication : Suzanne Jaunet Rédaction : Yves Fossey Photo de couverture : Rémy Djebiri Photos : Marion Fourniès Mise en page : Nathalie Tricot Impression : Impriméa 78710 Rosny-sur-Seine
A l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, saluons les 450 femmes qui font partie des effectifs yvelinois et qui réalisent les mêmes missions que leurs collègues masculins. Sapeur-pompier professionnel ou sapeur-pompier volontaire, c’est grâce à leur volonté et leur savoir-faire que ces femmes sont devenues des membres à part entière de la communauté des sapeurs-pompiers. Les femmes sont aujourd’hui toujours plus nombreuses à s’investir, avec passion et abnégation. Une étape a été franchie mais il faut aller plus vite, plus loin. Ma volonté est d’encourager vivement les femmes à rejoindre le corps des sapeurs-pompiers. J’entends ainsi accélérer la féminisation du Service départemental d’incendie et de secours. C’est l’une des missions essentielles que j’ai confiées à Suzanne Jaunet, la présidente du conseil d’administration du Sdis 78. PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS 3
«
Interview croisée
Suzanne Jaunet - Colonel Stéphane Millot
Pourquoi ce magazine ? Suzanne Jaunet : Présidente depuis huit mois je souhaite faire mieux connaître le fonctionnement du service départemental d’incendie et de secours des Yvelines en général et mettre un coup de projecteur sur les sapeurs-pompiers femmes en particulier. Volontaires, passionnées, courageuses, les mots manquent pour décrire leurs parcours… Ces quelques pages permettent de découvrir quelques profils d’engagements exceptionnels ! Colonel Stephane Millot : D’abord il s’agit du premier maillon d’une chaîne visant clairement à faire découvrir ce qui se cache derrière l’acronyme SDIS 78. Qu’il s’agisse de ses missions, de son organisation, de son fonctionnement ( très méconnu) et de sa richesse humaine. Les hommes ou les femmes qui composent la communauté du SDIS 78 sont sapeurs-pompiers professionnels, volontaires ou personnels administratifs techniques et spécialisés. Ce magazine met l’accent sur une des multiples facettes de notre potentiel : les sapeurs-pompiers féminins.
Le choix de ce focus « féminin » est-il lié au fait de la présidence d’une femme ? SJ : Oui et non ! Non parce que j’admire l’ensemble de mes sapeurs-pompiers et je leur suis infiniment reconnaissante de leur total dévouement au service des Yvelinois. Oui parce que je suis bien sur sensible à l’engagement de ces femmes extraordinaires. La France compte 19 % de femmes sapeurs-pompiers contre 14 % en 2016. Ces chiffres sont encourageants. Une meilleure connaissance du métier et sa découverte à travers ces portraits peuvent peut-être encourager des vocations !!! Le SDIS 78 est dans la moyenne nationale mais pas de façon homogène sur le territoire, certains centres sont plus féminisés que d’autres. L’audacieuse Françoise Mabille, reconnue première femme sapeur-pompier, dont on parle beaucoup en ce moment, a exercé sa passion pendant 37 ans dans des conditions bien différentes de celles d’aujourd’hui. Elle reconnaît volontiers qu’il faut aimer le danger !
4 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
Quelles sont vos solutions pour encourager le recrutement des femmes ? SJ : Les solutions sont multiples... Nous avons évoqué la nécessité de mieux faire connaître le SDIS et le métier de sapeurs-pompiers. Nos centres de secours sont, en partie seulement, adaptés à l’accueil des femmes. Il reste des difficultés à résoudre pour les accueillir dignement et augmenter ainsi notre recrutement. Nous engageons pour cela régulièrement des travaux sur nos bâtiments. Nos nouvelles casernes, financées par le département, seront modulables et adaptables en fonction du nombre de personnel féminin.(Voir pages centrales la future caserne des Mureaux). Les types d’interventions sont aussi un critère de choix pour l’engagement des femmes mais je laisse au directeur le soin de l’expliquer mieux que moi.
En conclusion... SJ : Vous avez bien compris que ce « Pleins feux sur les femmes sapeurs-pompiers » a aussi pour objectif de valoriser le service départemental d’incendie et de secours des Yvelines. Femmes ou hommes ils remplissent leur mission avec courage et abnégation. Présidente du conseil d’administration du SDIS je suis leur PCASDIS avec beaucoup d’humilité mais non sans une certaine fierté. Mon objectif, partagé avec mes collègues du conseil d’administration, est de tout mettre en œuvre pour donner à nos soldats du feu les meilleures conditions de vie au quotidien dans les casernes et les meilleures conditions de sécurité lors de leurs interventions. Rien ne serait possible sans un accord parfait avec le colonel Stéphane MILLOT, directeur départemental, chef du Corps départemental des sapeurs-pompiers des Yvelines. Notre vision du SDIS se veut pertinente, ambitieuse et novatrice. La déclinaison de nos projets se fera à court, moyen et long termes pour un service toujours plus efficace au profit des Yvelinois.
SM : Je pense surtout qu’il faut avoir conscience que tous les hommes ne peuvent pas devenir sapeur-pompier et que donc toutes les femmes ne peuvent pas devenir sapeur-pompier non plus. Il ne faut pas encourager à n’importe quel prix le recrutement des femmes mais bien aider le plus possible celles qui souhaitent le devenir. Les personnels féminins aspirent surtout aujourd’hui à être considérés comme leurs collègues masculins, ni plus, ni moins. Les femmes sapeurs-pompiers sont fières de leur parcours et, comme les hommes, ne souhaitent pas toujours que celui-ci soit forcément accessible à toutes. Je crois aussi que la féminisation du terme « pompière » ne leur plait pas du tout, alors que la formule « sapeure-pompier » revient souvent. Aujourd’hui nous avons deux axes principaux de féminisation : d’abord les sections de jeunes sapeurs-pompiers , 270 jeunes de 12-17 ans( JSP), dans lesquelles quasiment la moitié sont des filles. Ensuite, l’engagement différencié ( axé uniquement sur le secours d’urgence à personne ) qui séduit plus de femmes. Cela ne les empêche pas, par la suite, de se diriger vers l’accomplissement de la totalité des missions si elles remplissent les conditions d’aptitudes physiques. Le sujet n’est plus désormais de savoir si une femme peut être sapeur-pompier : la réponse est clairement OUI ! PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS 5
«
SM : L’impulsion de ce mode de communication est effectivement une idée de la présidente. Nous mettons régulièrement en lumière l’engagement féminin, tant pour les sapeurs-pompiers professionnels que pour les volontaires mais nous ne l’avions jamais fait à travers un magazine dédié aux sapeurs-pompiers féminins. De façon générale, nous avons besoin d’expliquer comment nous fonctionnons, qui nous sommes et comment nous sommes organisés pour susciter des vocations. Tout cela est d’un très grand flou pour la population qui sait souvent, seulement, qu’en composant le 18 les sapeurs pompiers viendront lui porter secours.
Je suis à la fois ferme et diplomate, une main de fer dans un gant de velours
Valérie Kern « J’ai été saisie par l’envie de porter secours » D’ingénieur à sapeur-pompier professionnel. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur, Valérie Kern, originaire de Marly-le-Roi, rejoint la Savoie, où elle intègre une entreprise qui participe à la gestion du tunnel de Fréjus. Mais à la suite d’un événement majeur, survenu dans cet ouvrage de 12 kilomètres creusé entre la France et l’Italie, elle a décidé de changer de métier.
Valérie Kern, 45 ans, est aujourd’hui basée au siège du service départemental d’incendie et de secours à Versailles. Uniforme impeccable, galon de commandante agrafé sur le devant de sa veste, elle est cheffe de groupement. « Je gère trois services, explique-t-elle. J’interviens notamment au niveau des ressources humaines, soit environ 200 hommes et femmes ».
Avant de rejoindre le siège du service, elle a entre autres fait partie de l’équipe encadrante du centre de secours de Montigny-le-Bretonneux et elle a été à la tête de celui de Vélizy-Villacoublay. « J’aime mon métier, je ne regrette rien ».
Deux écrans d’ordinateurs sur son bureau, elle garde toujours son téléphone portable à portée de mains. Derrière sa discrétion se cache une femme de caractère qui aime « aller de l’avant ». La voix posée, elle parle avec aplomb.
C’est en 2007 qu’elle décide d’embrasser la carrière de sapeur-pompier. Elle avait pourtant choisi le métier d’ingénieur mais une expérience professionnelle va la marquer au point d’avoir un impact sur sa carrière. « En juin 2005, alors que je travaillais dans domaine de la gestion du tunnel de Fréjus, un drame est survenu. Un camion qui transportait des pneus a pris feu sous cet ouvrage de 12 kilomètres de long. Les flammes se sont propagées à plusieurs poids-lourds », raconte Valérie Kern. Ce drame fait deux morts et 17 personnes, dont six sapeurs-pompiers, sont intoxiqués par la fumée.
« Je suis à la fois ferme et diplomate, une main de fer dans un gant de velours, insiste la commandante Kern. Les pompierssapeurs, c’est un monde d’hommes. Les femmes sont épiées du coin de l’œil, il faut toujours faire nos preuves. Pour ma part, je n’ai jamais subi d’attaques personnelles, ni de propos sexistes ». 6 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
Le déclic survient après un drame
Je suis à la fois ferme et diplomate, une main de fer dans un gant de velours
« Je me suis rendue sur place dans le cadre de mon travail quelques jours après l’accident, se souvient-elle. J’ai imaginé la scène. Les véhicules en feu, l’intervention des sauveteurs, les gens prisonniers dans leurs véhicules sous le tunnel… Un déclic s’est produit ».
Nommée au centre de secours de Montigny Cette catastrophe provoque comme un électrochoc. Elle veut se rendre utile pour éviter ce genre de drame. « J’ai été saisie par l’envie d’aller porter secours et de sauver des vies », confie-t-elle. Une nouvelle vie commence alors. La jeune femme rejoindra quelques mois plus tard le centre de secours de la ville de Modane en Savoie. Elle devient sapeurpompier volontaire avant de passer en 2007 le concours de la fonction publique pour devenir officier. « Après l’avoir obtenu, j’ai suivi une formation de 18 mois au sein de l’école nationale des officiers des sapeurspompiers, détaille Valérie Kern. Nommée à Montigny-le-Bretonneux, j’ai commencé sur le terrain en juillet 2009. J’ai effectué différentes fonctions dans des centres de secours. Aujourd’hui j’occupe un poste administratif, mais j’assure cinq à six gardes par mois et de fait je vais toujours en intervention ». également très sportive, elle pratique des activités une heure par jour. Et lorsqu’elle dispose de temps libre, elle s’adonne à ses passions : la danse et les sorties entre amis. PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS 7
émilie, maillon essentiel du service Un air de Catalogne plane au sein de la pharmacie du service départemental d’incendie et de secours. émilie Baissière, originaire de Perpignan, gère ce pôle destiné à fournir les médicaments et le matériel de soins nécessaires pour les interventions des sapeurs-pompiers. La pharmacie du Sdis, implantée à Trappes, est un site majeur. Les perfusions, les pansements, les injections, les bouteilles d’oxygène mais aussi l’ensemble des matériels des premiers secours y sont stockés avant d’être répartis, en fonction des besoins, dans les différents centres de secours. Pharmacienne de formation, émilie Baissière, 33 ans, est gérante-adjointe de ce pôle depuis 2016. « Nous n’avons pas le droit à l’erreur, il faut toujours anticiper pour éviter une rupture de stock »,
explique-t-elle. Cheffe adjointe, c’est elle qui effectue les commandes en lien avec les infirmiers. Sur place, elle dispose de trois préparatrices et deux magasiniers pour l’organisation.
Une gestion hors normes Rigueur et anticipation mais il faut parfois aussi être réactif en cas d’événements majeurs. « C’est du 24 heures sur 24, on peut être amené à monter un poste médical avancé sur les lieux d’un fait important », informe-t-elle. Ce n’est pas tout. Le service comprend des unités spéciales dans les domaines des risques chimiques ou encore biologiques. « Il faut aussi prendre en compte l’évolution des méthodes d’intervention », ajoute la capitaine Baissière. 8 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
Sapeur-pompier volontaire en 2014 puis professionnelle en juin 2020 dans les Pyrénées Orientales, elle est arrivée dans les Yvelines en 2016 dans le cadre « d’une évolution de carrière ». « L’Ile-de-France représente un vrai tremplin », estime-t-elle. Femme de dialogue, elle n’a rencontré aucune difficulté pour s’intégrer. Son accent chantant charme ses collègues. « Cela évoque le sud et les vacances », sourit-elle. Mariée et maman d’un bébé d’un peu plus d’un an, elle vient d’acheter une maison individuelle. « Nous faisons la décoration intérieure », dévoile émilie Baissière. Peinture, accessoires, mobilier… Une activité qu’elle partage avec les promenades en forêt, la lecture et les séries télé.
« J’ai trouvé mon équilibre et je m’épanouis » Mère au foyer et sapeur-pompier volontaire. Alors qu’elle veut s’occuper de ses enfants, Fanny Dayou a souhaité se rendre utile. Elle est parvenue à trouver son équilibre de vie en effectuant des interventions de secours.
Fanny Dayou fait partie des effectifs du centre de secours de Versailles depuis 2009. En tant que conductrice du véhicule infirmier, en binôme avec un infirmier, elle assure des missions dites de « soutien opérationnel de l’homme ». « Mon rôle consiste à m’assurer que, sur les interventions, les sapeurs-pompiers n’éprouvent pas de difficultés. Ils peuvent être fatigués, justifie-t-elle. Je les observe, je discute avec eux quelques instants ». La volontaire de 43 ans redouble donc de vigilance. Elle ne lâche pas du regard les membres de l’équipe d’intervention surtout lors « des incendies de longue durée ou sur des opérations de déblaiement ». « Ils peuvent se blesser ou être victimes d’un coup de chaud, voire de fatigue, explique Fanny Dayou. Ils peuvent être épuisés au
bout de trente minutes. Je prends leur température, leur pouls, leur tension ou je leur donne un en-cas à manger ».
Un partage entre ses enfants et les sapeurs-pompiers Cette maman dynamique de deux enfants de 14 et 4 ans travaille deux jours par semaine au centre de secours. « Je privilégie mon rôle de mère de famille en me réservant les mercredis ainsi que les week-ends et je donne mon temps libre pour les sapeurs-pompiers, raconte-t-elle. J’ai trouvé mon équilibre, je m’épanouis. Cela m’a transformé, j’ai plus confiance en moi ». PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS 9
élancée et dynamique, la maman déborde d’énergie. Heureuse d’avoir trouvé sa voie, sa plénitude se lit sur son visage. Active, elle s’octroie du temps pour faire du sport notamment de l’équitation, de la course à pied ou encore de la plongée. Auparavant puéricultrice, Fanny Dayou ne regrette pas son engagement. « Les personnes que l’on vient secourir ont énormément de reconnaissance pour nous, les gens nous disent merci, on perçoit leur sentiment de gratitude, ça m’apporte beaucoup » confesse-t-elle avec émotion, en soulignant que ces réactions touchantes la confortent dans son choix.
La première femme sapeur-pompier formatrice caisson des Yvelines Sylvie Bouhour a un rôle déterminant pour les sapeurs-pompiers des Yvelines. Elle est formatrice dans le but de sensibiliser ses collègues aux dangers du feu. Pour ce faire, elle met en place des entraînements en reconstituant des scénarios d’incendies réels à l’intérieur et à l’extérieur d’un caisson. « Un feu c’est beau, on voit des anges danseurs, décrit Sylvie Bouhour, professionnelle depuis 2003. Ce sont les flammes que l’on aperçoit dans la fumée, on a l’impression qu’elles dansent ». Formatrice depuis dix ans, elle donne un nom aux différents concepts du système de feu. Elle emploie le terme de Flashover pour désigner une progression rapide des flammes, Backdraft pour une explosion de fumée ou encore Roll over pour des rouleaux de feu. Les entraînements, mis en place dans cadre de la formation continue ou encore du changement de grade, se déroulent à
l’aide d’un container. « Un incendie est par exemple allumé à l’intérieur avec du bois et des cartons, explique Sylvie Bouhour. Les sapeurs-pompiers, équipés d’appareils respiratoires, rentrent dans le caisson sont alors confrontés aux phénomènes thermiques, aux flammes et au dégagement de fumée. Je leur donne des conseils sur les méthodes à adopter pour éviter d’être en danger et pour attaquer l’incendie mais aussi pour porter secours aux victimes ».
« Sissi » pour ses collègues « Sissi », le surnom qui lui est donné par de nombreux collègues, est respectée. Elle est la première femme formatrice caisson des Yvelines. Agée de 42 ans, voilà dix ans qu’elle assure ces entraînements. « Les gens me font confiance, j’aime former ». Passionnée par son métier, la formatrice, mariée à un sapeur-pompier, est très 10 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
attachée à sa famille. Mère de trois enfants, elle leur consacre du temps pour leur éducation et pour les voir grandir. « Je m’offre également une bulle avec l’orchestre des pompiers des Yvelines, dévoile-t-elle. Musicienne, je joue de la clarinette ». Originaire de Fougères en Bretagne, Sylvie Bouhour aime les valeurs symbolisées par les sapeurs-pompiers : l’action, l’altruisme, l’adrénaline mais surtout sauver des vies. « A la base, je m’orientais vers le métier d’enseignante, souffle-t-elle. J’étais attirée par la profession de sapeur-pompier mais ma famille a cherché à me décourager en me disant que ce n’était pas un métier pour une femme. J’ai suivi mon envie, mes proches éprouvent aujourd’hui de la fierté… ».
« J’ai pratiqué un accouchement à distance » Quand les habitants composent le 18, ils peuvent être en communication avec Corinne Beaumont. Opératrice à la plateforme d’appels du centre opérationnel départemental d’incendie et de secours, elle peut parfois vivre des situations inédites. L’opératrice se souviendra longtemps du mardi 1er février 2022. Micro-casque sur les oreilles, elle a reçu un appel vers 13 h 30 d’un homme paniqué. « D’une voix forte, il m’a expliqué désemparé que sa compagne était en train d’accoucher, raconte Corinne Beaumont. Je l’ai tout d’abord rassuré et j’ai commencé à lui poser des questions. Il m’a répondu qu’il voyait la tête du bébé ». Calme et posée, elle invite le père de famille à reprendre ses esprits. « J’ai engagé sans attendre une équipe de secours, puis je me suis plongée dans les documents de formation où sont mentionnés les gestes à accomplir pour guider les personnes à distance. J’ai dit au papa de mettre le haut-parleur de son téléphone pour que la maman puisse entendre mes conseils, tout s’est ensuite très vite passé, au bout de dix minutes j’ai entendu le bébé crier », souffle l’opératrice. Les yeux remplis d’émotion, elle ajoute « le monsieur en pleurs m’a dit, je suis heureux ». « Je suis opératrice depuis plus de 15 ans, c’est la première fois que je pratique un accouchement à distance, c’est que du bonheur, c’est la vie alors que quand on est sapeur-pompier on voit tellement de blessés graves et des décès ».
80 à 100 appels en 12 heures Corinne Beaumont, sapeur-pompier volontaire depuis 1995, occupe aujourd’hui un poste à la plateforme d’appels du Codis, implanté à Versailles. « Je prends de 80 à 100 appels sur une garde de
12 heures. Ce sont des personnes victimes d’une crise d’angoisse, de douleurs dans la poitrine voire de problèmes respiratoires ou encore d’accidents du quotidien », détaille-t-elle. De nombreux interlocuteurs sont respectueux mais d’autres peuvent se montrer agressifs. « Certains hurlent, il faut rester stoïque », précise-t-elle. Expérimentée, l’opératrice mesure très rapidement la gravité des appels. « On engage une équipe même s’il y a parfois un doute, il y a une vie en jeu ». PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS 11
Employée dans une société de télésurveillance, la volontaire, âgée de 44 ans, assure cinq à dix jours de garde par mois au Codis. « J’apprécie l’ambiance et les taquineries des collègues. Ils m’ont donné le surnom de fée du logis parce que, de nature maniaque, je veux que les choses soient rangées et je suis intransigeante concernant la propreté », plaisante-t-elle.
Une nouvelle caserne aux Mureaux pour ac des femmes sapeurs-pompiers
Un nouveau centre de secours va être construit aux Mureaux. L’objectif est destiné à remplacer l’actuel équipem décemment les femmes sapeurs-pompiers. La réalisation de la future caserne, dont le coût est estimé à 12 Le premier coup de pioche devrait être donné en 2023.
1974
6 000
120
année d’ouverture de l’actuel centre de secours.
nombre d’interventions effectuées chaque année par le centre de secours des Mureaux.
nombre total d professionnel
12 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
ccueillir
ment qui est obsolète et exigu mais surtout qui ne permet pas d’accueillir 2 Me, totalement financés par le Département, comblera cette lacune.
des personnels, regroupant les pompiers ls et volontaires ainsi que les administratifs.
Le Département principal financeur Le conseil départemental est le principal financeur du service départemental d’incendie et de secours (SDIS)avec les communes ou certaines intercommunalités. La gestion administrative et financière du SDIS est confiée à un conseil d’administration dont la présidence revient de droit au président du conseil départemental qui peut, comme cela est le cas au SDIS 78 pour madame Suzanne Jaunet, désigner une autre présidence parmi les conseillers départementaux. Le Département finance le fonctionnement du SDIS à 55%. Les 45% restants sont à la charge des communes et intercommunalités.
© Esquisse Cabinet d’architecte Ameller Dubois
La convention pluriannuelle d’objectifs et de moyens qui lie le Département et le SDIS vient d’être renouvelée pour la période 2022-2024. Pour cette année la participation du Département s’élève à 69 Me en fonctionnement et 5 Me en investissement (rénovation des casernes et achat de véhicules).
2025 année de livraison de la nouvelle caserne.
La construction des nouvelles casernes ainsi que les transformations d’envergure des centres de secours sont financées à 100 % par le Département. Le SDIS a mis en place une politique prévisionnelle dans l’acquisition et la gestion des matériels. Des investissements sont effectués régulièrement afin de disposer de matériels de pointe. Le Département soutient aussi le SDIS dans sa volonté d’évoluer, de développer son attractivité ou encore de séduire de nouveaux talents, d’attirer des volontaires et des professionnels et de féminiser ses effectifs.
PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS 13
Elle est l’une des huit infirmiers du Sdis Drapeau breton fixé au mur de son bureau, Katia Hamon affiche sa région d’origine. Ex-infirmière du service médical d’urgence de l’hôpital de Mantes-la-Jolie pendant dix ans, elle est désormais sapeur-pompier professionnel. « J’ai souhaité réorienter ma carrière en restant dans mon domaine d’urgentiste. Avec les sapeurs-pompiers, je touche à de nombreuses missions, entre autres les interventions où il faut être vif, autonome et réactif. J’effectue les premiers soins avant l’arrivée des équipes médicales, détaille-t-elle. A l’hôpital, j’étais dans une forme de routine ». Actuellement infirmière de groupement sur le site du centre de secours de Saint-Germain-en-Laye, elle est très investie. « Je participe aux interventions, j’assure des gardes, des fonctions managériales, des formations, les visites médicales d’aptitude des sapeurs-pompiers ou encore la gestion de la pharmacie du groupement, énumère-t-elle. Je donne également des cours dans les écoles d’infirmiers de Mantes, Poissy et Meulan-Les Mureaux. J’ai même pris part à la campagne de vaccination contre la Covid-19 ».
Marie, une préparatrice minitieuse Rigueur à tous crins. Marie Plainard, volontaire de 28 ans, travaille avec méthode et justesse. « Je suis préparatrice à la pharmacie de Trappes, je compose les caisses type pour les centres de secours. Elles doivent contenir tout le nécessaire pour les premiers soins, avise-t-elle. Je les remplis de médicaments, de perfusions, de compresses, d’attelles pour immobiliser les membres ou les cervicales mais aussi de couvertures de survie ». Il ne doit rien manquer, du petit bobo à la blessure grave. « Tout ce que nous avons besoin est stocké dans la pharmacie, quand je prépare une caisse, je passe le code barre de chaque élément devant un laser. L’ensemble du système est informatisé afin de composer le sac avec précision et il y a ensuite plusieurs contrôles » expose Marie Plainard. La jeune femme est par ailleurs sapeur-pompier volontaire au centre de secours de Viroflay. « J’ai suivi des études de préparateur en pharmacie et j’ai travaillé dans une officine pendant 8 ans mais j’ai été gagnée par l’envie de me dépasser. La vocation de sapeur-pompier est venue naturellement. C’est maintenant une passion ». 14 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
Marion est habitée par la vocation de sapeur-pompier Lycéenne, Marion Hainoz rêve de devenir sapeur-pompier. Elle veut suivre les traces de son père et de son parrain, eux aussi hommes du feu. Habitée par la vocation, elle a hâte de partir en intervention et sauver des vies alors qu’elle a récemment entamé sa formation. Son choix est fait et elle ne changera pas d’avis. L’adolescente, âgée de 16 ans, est prête à faire le maximum pour atteindre son objectif. Dans un premier temps, elle fait son apprentissage au centre de secours de Saint-Arnoult-en-Yvelines où elle est jeune sapeur-pompier depuis 2020. « Quand j’étais enfant, mon père et mon parrain, qui sont sapeurs-pompiers, me parlaient de leur travail, ça me faisait rêver. J’étais admirative. J’avais envie de faire comme eux et de les rendre fiers », explique Marion Hainoz, enchantée aujourd’hui de dire qu’elle dispose de la tenue complète de sapeur-pompier, de la veste de feu à l’uniforme en passant par les rangers.
Mais elle a mis du temps à prendre sa décision. Qualifiée de garçon manqué, l’adolescente raconte qu’elle avait « peur du regard des autres » et qu’elle n’avait pas « envie de subir des remarques ». « Du coup je pratiquais des activités de fille, notamment de la danse », se remémore-telle. C’est finalement à l’âge de la puberté qu’elle a cassé les codes. « Je me suis mise à la boxe et j’ai pris de la maturité, confie la jeune femme. Au final j’ai fait part de mon souhait auprès de mon père à l’âge de 14 ans. Il m’a tout de suite encouragé ».
L’adolescente piaffe d’impatience Marion a passé avec succès les différentes étapes pour devenir jeune sapeur-pompier, entre autres le parcours sportif, les tests de culture générale et l’entretien destiné à connaître ses motivations. Son dossier ayant été validé, elle se rend chaque samedi au centre de secours où la formation est encadrée par le sergentPLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS 15
chef Mickaël Sauger. « Marion est un bon élément, elle sait ce qu’elle veut », assure-t-il. Du haut de son 1,57 m, l’adolescente s’éclate. Au menu : le nom des accessoires et des outils, le secourisme, le sauvetage… Son exaltation se lit sur son visage. « La caserne, c’est mon évasion, je ne lâche rien, je suis une battante et je ne suis pas peureuse, prévient-elle. Je garde les pieds sur terre, le chemin est encore long avant de devenir sapeur-pompier professionnel ». A l’issue de sa formation d’une durée de quatre ans et de son brevet national de jeune sapeur-pompier, elle envisage dans un premier temps de devenir volontaire. « Je vais passer mon Bac puis je vais m’orienter vers des études pour être professeure d’éducation physique et sportive avant de tenter le concours de sapeur-pompier professionnel ». Le rêve pourrait alors devenir réalité.
Elle veille sur les pompiers Sa mission : prendre soin des pompiers. Jessie Boitel, ex-médecin urgentiste, est aujourd’hui au chevet des sauveteurs. Son rôle est de suivre leur état de santé d’autant que leur métier est pénible tant physiquement que psychologiquement.
L’uniforme a remplacé la blouse blanche mais le stéthoscope et la table de consultation figurent toujours parmi ses outils de travail. Jessie Boitel, basée sur le site du centre de secours de Magnanville, fait passer des visites médicales d’aptitude aux sapeurs-pompiers, soit environ un millier d’hommes et de femmes, répartis dans le nord du Département. En plus de ces fonctions, elle participe également à des interventions. « J’assure un soutien aux sapeurs-pompiers qui peuvent être victimes d’un malaise ou d’un coup de chaud. Ils mettent leur vie en danger. Ils donnent le maximum d’euxmêmes, appuie-t-elle. Lorsqu’ils luttent contre les flammes, leur tension artérielle peut chuter à cause de l’épuisement et une déshydratation peut survenir à tout moment ».
Originaire du Val-d’Oise, Jessie Boitel, 49 ans, a exercé son métier d’urgentiste pendant vingt ans avec les équipes des services médicaux d’urgence et de réanimation (SMUR) des Yvelines et de l’Eure-et-Loir. Motivée et exigeante, mais surtout dotée d’une carapace à toutes épreuves pour se protéger, après avoir donné sans compter, elle a éprouvé l’envie de « passer à autre chose ».
En Guadeloupe pour la campagne de vaccination « J’ai décidé de mettre mon expérience au service des sapeurs-pompiers, déclaret-elle. J’avais déjà exercé une période 16 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
de volontaire en 2012, j’ai franchi le pas en 2018 en devenant professionnelle ». Dernièrement elle a participé à une importante opération extérieure en Guadeloupe pour le renforcement de la campagne de vaccination contre la Covid-19. Mariée et mère de deux enfants, Jessie Boitel s’aère dès que possible : découverte des capitales européennes, expositions, bricolage, lecture, photos… Une forme d’exutoire. Ses yeux marron pétillent lorsqu’elle parle de ses hobbies. « Je lis beaucoup, j’adore faire des photos, je ne regarde pas la télévision », confie-t-elle. Cultivée mais également sportive. Elle pratique le volley-ball et la natation. Elle se dit même un peu « baroudeuse » en évoquant sa participation au rallye des Gazelles en 2019 au Maroc.
Une détermination à toute épreuve Son arrivée au centre de secours de Rambouillet a fait sensation au début des années 1990. Nathalie Tatin a été la première femme du service qui était exclusivement composé d’hommes. Déterminée, elle s’est imposée et a gravi les échelons. Promue au grade de lieutenant, elle est aujourd’hui, à 52 ans, la numéro trois de la caserne. Le courage est l’une des principales qualités de Nathalie Tatin. Si cette compétence est primordiale pour exercer son métier de sapeur-pompier, elle en a eu besoin dès le début de sa carrière, commencée dans le département de l’Oise. « J’ai tout d’abord été sapeur-pompier volontaire à Beauvais, mais après avoir obtenu mon concours, j’ai été obligée de chercher un poste en dehors de ma région, il n’y avait pas de femme sapeur-pompier professionnel dans le département », se souvient-elle. Elle décroche alors un poste dans les Yvelines à Rambouillet. Mais le centre n’est pas équipé pour accueillir une femme. « Il a fallu tout spécialement me créer une chambre individuelle avec une douche », poursuit Nathalie Tatin. Sur place, tous les regards sont braqués sur elle tant à l’entraînement qu’en intervention. « J’ai été observée une quinzaine de jours, raconte la lieutenante. Les collègues voulaient voir ce que je valais et si j’étais capable ».
Elle développe ses compétences pour évoluer Loin d’être impressionnée, elle se concentre sur ses missions. « Le plus fort c’est le terrain », tranche-t-elle. Femme de tempérament, elle relève un à un les défis. Patiente et déterminée, elle s’efforce à développer ses compétences pour évoluer. « Je suis passée de simple sapeur à lieutenant », détaille-t-elle. Aujourd’hui officier, elle remplit différentes fonctions au sein du centre de secours de Rambouillet, des ressources humaines à la vie de la caserne. En dehors de son métier, Nathalie Tatin prend part à la vie locale. Membre du conseil municipal de son village, elle est maireadjointe en charge des affaires scolaires. Côté temps libre, fan de cinéma, elle se fait régulièrement des toiles, surtout lorsque l’acteur François Cluzet, son comédien préféré, est à l’affiche. Mais elle apprécie également décompresser à la maison en famille aux côtés de ses deux enfants « devant un bon feu de cheminée ». PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS 17
Ynès mise sur le concours pour réaliser son rêve Tout donner pour devenir sapeur-pompier professionnel. Agée de 19 ans, Ynès Charni, étudiante dans le domaine de la santé, prépare le concours avec assiduité, elle qui a fait ses premiers pas dans ce métier en 2016.
Ynès Charni écarquille les yeux quand elle évoque l’image des sapeurs-pompiers. Pour elle, ce sont même des « supers héros ». Alors, après avoir été jeune sapeur-pompier et désormais volontaire au centre de secours de la Celle-SaintCloud, elle veut franchir une nouvelle étape pour devenir professionnelle.
une description du matériel, sur les techniques d’utilisation des lances ou encore sur les connaissances générales concernant les missions des sapeurspompiers, détaille-t-elle. Viennent ensuite les disciplines sportives notamment un parcours physique et de natation ». Un entretien oral clôt le concours.
appuie-t-elle. La jeune femme peut compter sur le soutien de ses proches qui l’encouragent. « J’ai parfois des doutes, je pense parfois à l’échec », reconnaît-elle. Un signe évocateur peut l’aider à surmonter ses craintes. Elle a obtenu son Bac avec la mention bien sans le rattrapage et elle a décroché son permis de conduire à la première tentative.
Pour ce faire, déterminée, elle se présente au concours, passage obligatoire pour exercer le métier. « J’ai toujours été attirée par la vocation, pour l’adrénaline que cela procure mais surtout pour sauver des vies », explique la jeune femme.
Ses proches à ses côtés
En attendant d’avoir achevé les épreuves du concours et le résultat final attendu fin mars, Ynès Charni participe à des interventions en tant que sapeur-pompier volontaire. Elle pratique très régulièrement le self contrôle pour se défouler et profite du cinéma mais aussi des musées pour se détendre. « Quoiqu’il arrive, je resterai sapeur-pompier volontaire », conclut-elle.
L’examen se déroule en trois étapes. « Il y a tout d’abord des épreuves écrites où les questions portent sur
Têtue et tenace, Ynès Charni croit en ses chances. « J’ai acquis de nombreuses connaissances, jeune sapeur-pompier à l’âge de 13 ans et actuellement volontaire », 18 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
Le sport pour aider les sapeurs-pompiers Sa profession est un atout pour les sapeurs-pompiers. Chloé Nouraie encadre les séances de sport au centre de secours de Montigny-le-Bretonneux. « Je suis aujourd’hui sapeur-pompier mais j’étais auparavant enseignante d’éducation physique et sportive, retrace la jeune femme de 26 ans. J’organise des activités sportives pour les sapeurspompiers. Le métier de sapeur-pompier
est pénible. Le corps est soumis à dure épreuve et le risque de blessure est omniprésent, il faut porter du matériel, monter des marches, dégager des gravats après un incendie ». Chloé Nouraie, qui est elle-même très sportive, offre donc ses compétences aux hommes du feu. « Ils peuvent souffrir du dos en raison des charges à porter ou des mauvaises postures, fait-elle remarquer. Je
leur apprends les bons gestes, j’organise des séances d’étirements, de gainage pour renforcer les muscles abdominaux et dorsaux ou encore de course à pied voire des ateliers ludiques sous la forme de défis ». Les séances de sports ont lieu tous les jours pendant deux heures. « Les sapeurspompiers subissent chaque année une évaluation de leur condition physique ».
Objectif photo ! Marion Fourniès, l’œil des sapeurs-pompiers, réalise des photos et des vidéos pour valoriser leur travail. « J’ai 27 ans, j’ai fait des études dans le domaine de l’audiovisuel. Au Sdis, j’effectue des reportages sur les interventions, les formations, le matériel et les équipements. Je travaille sans être dans du voyeurisme, je me tiens en retrait. Je reste discrète, précise la jeune femme. Nous faisons également des tutoriels pour expliquer certaines nouvelles techniques d’utilisations du matériel ». L’objectif est de développer la communication interne et externe « afin de mettre en lumière les missions des pompiers ». « Nous effectuons des publications sur PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS 19
le site internet du Sdis ainsi que sur les réseaux sociaux. Depuis un an, le service d’information et de communication a innové en lançant son propre journal télévisé d’une durée de 10 minutes, révèle-t-elle. Il est diffusé par le biais d’intranet le jeudi midi. Enregistré la veille, il compte environ 2 000 vues ». Curieuse de tout, Marion Fourniès apprécie tout particulièrement « le domaine de l’urgence ». Son savoir a même été utilisé par la Fédération Nationale des sapeurs-pompiers lors de son congrès national en octobre 2021. Une expérience d’exception : « J’ai eu le privilège de suivre la venue du président de la République ».
Patricia, le métier dans la peau La vocation chevillée au corps. Patricia Godard adore par-dessus tout son métier. Incendies, accidents routiers, secours à la personne, formatrice pour les jeunes sapeurs-pompiers, elle se donne sans compter pour ses missions et pour les autres.
Femme d’expérience, la sergente-cheffe Patricia Godard, est sur tous les fronts. « Mon métier, c’est ma vie », lance-t-elle. Ses yeux brillent et elle parle avec les mains pour appuyer son enthousiasme. « Je vis un rêve éveillé », assure-t-elle tout sourire. Cette battante de 44 ans, au mental d’acier et au caractère bien trempé, part volontiers sur une intervention. « Je n’ai pas peur d’affronter un feu, ni même d’intervenir sur un accident où il faut découper l’habitacle d’une voiture pour extraire les occupants, prévient-elle. La priorité est de sauver les victimes. Je ne pense pas au danger, on est formés, ajoute-t-elle avec confiance. Sur un incendie entre les appareils respiratoires, la tenue, la lance et les tuyaux, on peut porter près de 40 kilos ». 20 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
En plus des entraînements, pour être en bonne condition physique, elle pratique la course à pied et l’athlétisme. « Je cours pour me vider la tête, j’aime courir, j’ai été championne de cross », soutient-elle.
Une implication maximale Se détendre est primordial. « L’adrénaline gomme les émotions et les difficultés quand on est en pleine action, confie-t-elle. On vit parfois des situations dramatiques, les images sont terribles. Au retour de l’intervention on fait un bilan. Il faut éviter de se murer dans le silence. Sur le coup, on fait abstraction mais après les images ressurgissent. Il faut oser en parler. On est des humains pas des robots ».
Passionnée, la sergente-cheffe est l’un des piliers du centre de secours de la CelleSaint-Cloud qu’elle a intégré en 2004, peu après avoir obtenu avec succès son concours pour devenir professionnelle. « Je suis originaire de Normandie, j’ai fait mes armes à la caserne d’Avranches dans le département de la Manche en 1996 ». Patricia Godard déborde d’énergie. Souriante et positive, sa bonne humeur est appréciée par ses collègues. « J’ai toujours été très impliquée, j’apprécie l’esprit d’équipe, la solidarité, la bienveillance, le respect mais aussi la transmission du savoir, c’est pour cela que je forme les jeunes sapeurs-pompiers », insiste la sergente-cheffe. Ce n’est pas tout. « Je représente le corps des sapeurs-pompiers lors des différentes cérémonies officielles dans le but de valoriser la profession. Je mets ma tenue garde au drapeau », annonce-t-elle. Un énième engagement qui démontre qu’elle est plus que jamais liée aux valeurs de son métier.
Mon métier c’est ma vie. Je vis un rêve éveillé. Je fais don de ma personne pour les autres
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Elle enseigne les gestes à accomplir élise Yang, volontaire au centre de secours de Magny-les-Hameaux, a une double casquette. Lors des interventions, elle prend place à l’intérieur de l’ambulance pour surveiller et rassurer la victime jusqu’à sa prise en charge à l’hôpital. Par ailleurs, secouriste chevronnée, elle assure des formations à destination des sapeurs-pompiers à la caserne.
Qu’ils soient volontaires ou professionnels, les sapeurs-pompiers doivent suivre des formations chaque année dans le cadre du maintien des acquis. « Je propose des séances spécifiques sur les gestes précis à accomplir pour les sapeurs-pompiers répartis dans les centres de secours de la zone sud des Yvelines », avertit élise Yang, qui dispose de plusieurs brevets nationaux de secourisme. « J’aborde les massages cardiaques, les garrots, les fractures mais surtout les précautions à prendre pour déplacer une victime d’un accident, prévient-elle. Sa colonne vertébrale peut être touchée, dans ce cas il faut être très précis mais aussi très vigilant ».
La fibre du sauvetage ancrée en elle La jeune femme, assistante ingénieur au CEA de Saclay, a la fibre du sauvetage ancrée en elle. « J’ai été sauveteur en mer pendant près de 10 ans sur le littoral méditerranéen et atlantique chaque été afin de payer mes études », confie la scientifique, âgée de 30 ans. équipée de jumelles, de palmes, d’une bouée et parfois perchée sur un mirador, elle observait les baigneurs. « J’étais prête à intervenir à tout moment en cas de noyade ». « Je suis passionnée de natation. J’ai appris dès le plus jeune âge à extraire des nageurs de l’eau à la piscine. Sauver une vie, c’est magique, je l’ai vécu quand j’étais sauveteur en mer », avance-t-elle. « Je fais beaucoup de sport afin de m’aider à canaliser mes émotions », glisse élise Yang. Elle pratique en plus l’équitation et le violon. Brune aux yeux marron, la jeune femme est posée mais avoue être parfois « une fausse calme ». « Pas question d’arrêter mes missions de volontaire, les sapeurs-pompiers c’est pour moi une grande famille ». 22 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS
Les points forts du SDIS
Des drones pour être plus « incisifs »
Des chiens renifleurs du virus
Les sauveteurs disposent de drones pour localiser des victimes mais aussi pour intervenir plus efficacement sur des incendies. Pas moins de 27 télé-pilotes, diplômés d’Etat, peuvent manœuvrer à distance ces appareils dans le but de collecter des images aériennes afin de renseigner le commandant des opérations de secours. « Les drones, équipés de caméras thermiques, peuvent déceler la silhouette d’une victime, par exemple pour une disparition ou pour une personne éjectée lors d’un accident », explique Vendelin Cliques, le responsable du groupe renseignement et intervention drone (GRID).
Leyko, Jinko, Oxmo et Oska ont un odorat exceptionnel. Ces quatre chiens ont participé à des opérations de dépistage du Covid-19 parmi les sapeurs-pompiers des Yvelines afin de détecter d’éventuels clusters au sein des centres de secours. « Les chiens ont bénéficié au préalable d’une formation de plusieurs semaines avec le concours de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, détaille l’adjudant-chef Clément Levert, conseiller technique et responsable départemental de l’unité cynotechnique. Les animaux ont appris à reconnaître l’odeur du virus sur des compresses imbibées de sueur provenant de patients testés positifs ».
Ces appareils permettent également de mieux combattre un incendie. « Pour un feu de bâtiment on décèle les points chauds, cela nous donne des informations pour être plus incisifs. On peut également obtenir une vue globale du sinistre mais aussi voir les accès », poursuit-il. Des véhicules spéciaux ont été aménagés afin de regarder les images, qui sont retranscrites sur des écrans. Côté réglementation, les drones ne doivent pas voler au-delà de 120 mètres du sol et dans un rayon supérieur à un kilomètre autour du pilote.
A la suite de cette formation, les dépistages se sont déroulés dans une salle du centre de secours de Poissy. « Les prélèvements de sueur étaient déposés dans un cône, en le flairant le chien indiquait une suspicion de contamination, énonce Clément Levert. Si l’animal marquait un temps d’arrêt, la personne était invitée à pratiquer un test antigénique puis PCR ». Alors que l’opération a cessé durant l’été 2021, environ 1 000 tests ont été ainsi effectués.
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Gagner en efficacité !
Depuis le 1er février, toutes les fiches bilans de secours d’urgence aux personnes des sapeurs-pompiers du SDIS 78 sont dématérialisées grâce une tablette tactile connectée. Une innovation qui permet plus de rapidité et d’efficacité dans la prise en charge des victimes, notamment avec la transmission en temps réel des informations au SAMU ainsi qu’aux centres hospitaliers qui les reçoivent. 24 PLEINS FEUX SUR LES FEMMES SAPEURS-POMPIERS