Horizons
Ce catalogue est édité à l’occasion de l’exposi tion des pastels de Jean Marc Felzenszwalbe au Museo casa natale Michelangelo Buonarroti, à Caprese Michelangelo, du 17 juillet au 22 août 2021. La galerie Xenithia Nomade et l’artiste adressent leurs remerciements à Gabriele Mazzi, directeur du musée, à Anne Guglielmetti, à Vincent Gille et aux éditions de la Goutte d’eau, à Francesca Ragusa pour la traduction des textes en italien, à Pierre Démolis pour la traduction des préfaces en français et enfin à Gabriele et Gianpaolo Bigiarini.
Questo catalogo è pubblicato in occasione della mostra di pastelli di Jean Marc Felzenszwalbe al Museo casa natale Michelangelo Buonarroti, a Caprese Michelangelo, dal 17 luglio al 22 agosto 2021. La galleria Xenithia Nomade e l’artista ringraziano Gabriele Mazzi, direttore del Museo, Anna Guglielmetti, Vincent Gille e le edizioni della Goutte d’eau, Francesca Ragusa per la traduzione in italiano, Pierre Démolis per la traduzione delle prefazioni in francese, e per finire Gabriele e Gianpaolo Bigiarini.
Horizons
Jean Marc Felzenszwalbe
La Goutte d’eau
Préface
C’est avec un véritable plaisir que nous sa luons ces retrouvailles après la longue pause due à la crise sanitaire encore en cours. Depuis 2019, date de l’exposition de l’artiste milanais Gigi Pedroli, présentée par Pietro Ichino, les salles du Château de Caprese n’avaient plus accueilli d’événement d’art contemporain. Nous avons donc une pensée pour ces temps qui, comparés à aujourd’hui, nous paraissent si in souciants, et nous saluons avec joie l’exposition de Jean Marc Felzenszwalbe, Horizons, organisée par la galerie Xenithia Nomade et Gabriele Mazzi, directeur du Museo casa natale Michelangelo Buonarroti, en partenariat avec les Musei Toscana d’Appennino Soc. Coop. Cette initiative nous ac compagnera durant plusieurs semaines du pré sent été qui, nous l’espérons, sera porteur de bonnes nouvelles et d’une confiance renouvelée dans notre futur à tous. La municipalité de Caprese et son adminis tration travaillent à ce que cet été 2021 soit le plus satisfaisant possible et nous sommes prêts à accueillir nos hôtes avec la cordialité qui fut toujours la nôtre. Claudio Baroni, Maire Ilaria Finocchi, Adjointe à la culture et au tourisme Commune de Caprese Michelangelo
È con vero piacere che si saluta il ritorno ad un evento dopo la lunga pausa dovuta all’emergenza sanitaria ancora in corso. Dal 2019 le sale del nostro museo non ospitavano eventi di arte contemporanea, quando una mostra di Gigi Pedroli, noto autore milanese, venne presentata dal Dott. Pietro Ichino. Tempi spensierati, rispetto a quelli attuali, che per un attimo vorremmo rievocare salutando con favore la mostra Orizzonti di Jean Marc Felzenszwalbe, curata dalla Galleria Xenithia Nomade in accordo con il direttore Gabriele Mazzi e con il sostegno del soggetto gestore dei servizi museali Toscana d’Appennino Soc. Coop. L’iniziativa ci accompagnerà durante alcune settimane di questo periodo estivo che, si spera, sia portatore di buone notizie e di una rinnovata fiducia nel futuro. Caprese e la sua Amministrazione lavorano affinché questa estate 2021 possa essere il più soddisfacente possibile, e siamo pronti ad accogliere i nostri ospiti con la cordialità di sempre. Claudio Baroni, Sindaco Ilaria Finocchi, Assessore Cultura e Turismo Comune di Caprese Michelangelo
Prefazione
Rencontres
La beauté des montagnes et des collines de la région de Caprese est propice aux rencontres. Et le contexte naturel et historique unique fait que la curiosité initiale se transforme bientôt en admiration. Nulle flagornerie dans ce propos. Le ciel, le profil des montagnes, le soleil, la lune et les étoiles, tout ce que l’on voit autour et dans le Château de Caprese contribue à faire de ce lieu un lieu enchanté. Le souffle froid de la tramontane et les brises printanières, l’incessante rumeur du torrent au pied du château et la paix qui y règne quand des cend le soir forment un tout indissociable, au quel s’ajoute le souvenir bouleversant de la naissance d’un enfant. Une histoire : l’aventure de Francesca, la jeune épouse enceinte de Ludovico Buonarroti qui doit passer ici, à plus de six cents mètres d’al titude, l’hiver de 1474. C’est pour rencontrer cette histoire et en retrouver l’atmosphère que l’on vient à Caprese. Ce lieu, Jean Marc Felzenszwalbe l’a décou vert il y a déjà des années et il y revient souvent, le connaît intimement. Son goût pour une cer taine sérénité visuelle lui aurait il été inspiré par ces montagnes Entre le Tibre et l’Arno ? En tout cas son œuvre peinte, dont la profondeur humaniste
s’exprime en champs chromatiques, restitue l’âme sensible d’un artiste qui a compris les va leurs de cette rencontre. Nous souhaitons la plus chaleureuse bienve nue aux Horizons de Jean Marc Felzenszwalbe. Gabriele Mazzi Directeur du Museo casa natale Michelangelo Buonarroti
Tra le amene montagne e colline del territorio di Caprese è facile incontrare persone. La curiosità che porta ad arrivarci poi si trasforma in ammira zione, a causa di un contesto naturalistico e sto rico unico. Non lo dico per adulazione. Ciò che si vede attorno e dentro al Castello di Caprese, che siano il cielo, i profili delle montagne, il sole, la luna e le stelle, contribuiscono ad inserire il luogo fra quelli incantati . Il soffiare del vento di tramontana e le brezze pri maverili, il perenne rumoreggiare del torrente sotto al castello, e la quiete fra le sue mura quando vi irrompe il tramonto, sono un tutt’uno di sensazioni, con quella, struggente, della nascita di un bambino. Una storia, un’avventura, quella della gio vane gestante Francesca, moglie di Ludovico Buonarroti, che deve passare l’inverno del 1474 a più di 600 metri d’altezza sul livello del mare. È per incontrare questa storia e viverne le sensa zioni che arriviamo a Caprese. Jean Marc Felzenszwalbe questo luogo l’ha in contrato anni fa, lo conosce, lo respira spesso. Chissà se ha sviluppato il gusto per la quiete visiva proprio fra queste montagne Intra Tevere e Arno, ma la sua opera rappresenta l’animo sensibile di chi ha compreso i valori di questo incontro, dove
l’umanistica profondità si esprime tramite una campitura cromatica. Un caloroso benvenuto agli Orizzonti di Jean Marc Felzenszwalbe. Gabriele Mazzi Direttore Museo casa natale Michelangelo Buonarroti
Incontri
La feuille est divisée en deux espaces de même taille, peints au pastel sec chacun dans une couleur différente. A l’endroit où ils se tou chent, une ligne à peu près droite. Elle sépare un « haut » d’un « bas », un dessous et un dessus ; quelque chose comme d’un côté la mer, ou la terre, et de l’autre le ciel. Deux espaces, et cette ligne que l’on saisit malgré soi comme un hori zon. La lecture première, immédiate, incite donc à voir un paysage.
Que voit on ?
Mais il n’y a pas qu’un seul dessin. Il y a une série réalisée aux mêmes dimensions et selon le même principe. D’une œuvre à l’autre, les deux couleurs changent, et ces variations constituent la raison de la série. Pas d’affrontement, pas de contrastes violents, pas d’associations de complémentaires, mais le mariage subtil de to nalités parfois proches, une imbrication, des ré sonances, chaque couleur vibrant en plus, dans sa zone, par des effets d’intensité, de lumière, de chatoiements. Il peut arriver que les deux couleurs favori sent l’identification à un paysage. Mais deux rouges ou deux jaunes rendent cette lecture moins évidente et le paysage devient alors « abs trait» – l’art « abstrait », de Kandinsky à Mondrian,
ne résulte t il pas d’un glissement opéré au début du xXe siècle depuis des peintures de paysage ? À l’intérieur des couleurs, on perçoit des mouvements : le « ciel » se peuple de nuages et de vents, la « terre » se creuse de reliefs, de plaines, de coulées, d’ombres vagues. La cou leur devient matière – sable quand elle est jaune, sel quand elle est grise, mer quand elle est bleue. Ou bien l’énigme reste entière, et rien ne vient troubler le silence très blanc, ou le va carme très rouge, ou la chaleur très jaune. Ce jeu n’efface en rien la structure graphique du dessin. Quelles que soient les couleurs, l’en droit où elles se côtoient forme toujours une ligne. Mais cette ligne n’a pas d’existence propre : elle n’est pas physiquement tracée. Elle n’est que le point de contact entre deux es paces, réduite apparemment à un trait, ou peut être beaucoup plus large. L’œil s’accroche à cette ligne qu’il perçoit comme un horizon. Ou il s’attarde sur les sur faces colorées qu’il interprète différemment selon que les couleurs évoquent un ciel, une vaste étendue de neige, des champs de lave, ou seulement du jaune, du bleu, du rouge, du
Un foglio suddiviso in due spazi della stessa misura, dipinti al pastello secco, ciascuno di un colore differente. Nel punto in cui si toccano, una linea quasi diritta separa un “alto” da un “basso”, un sopra da un sotto: si potrebbe dire come il mare o la terra da una parte, ed il cielo dall’altra. Due spazi, e questa linea che si percepisce suo malgrado come un orizzonte. La prima ed immediata lettura suggerisce dunque la vista di un paesaggio. Ma non vi è un solo disegno, ve ne è una serie, e tutti con le stesse dimensioni e retti dallo stesso principio: due colori che mutano in ogni opera. In queste mutazioni sta il senso della serie. Nessuno scontro, nessun contrasto violento, nessuna associazione di colori complementari, bensì il sottile matrimonio tra tonalità a volte prossime, tra intrecci e risonanze, dove ogni colore vibra ulteriormente nel proprio spazio grazie ad effetti di intensità, di luce e di riflessi cangianti. Accade che due colori inducano a percepire un paesaggio, ma due rossi o due gialli rendono questa lettura meno evidente e allora il paesaggio diventa “astratto”. L’arte “astratta”, da Kandinsky a Mondrian, non è forse il risultato di uno slittamento avvenuto all’inizio
del XX° secolo a partire proprio dai dipinti di paesaggi? All’interno dei colori si percepiscono dei movimenti: il “cielo” si popola di nuvole e di vento, la “terra” è solcata da rilievi, pianure, sentieri, vaghe ombre. Il colore diventa materia – sabbia quando è giallo, sale quando è grigio, mare quando è blu. A volte l’enigma rimane insoluto, e niente disturba il silenzio così bianco, oppure il fragore così rosso, o il calore così giallo. Questo gioco non cancella la struttura grafica del disegno. Poco importano i colori dato che nel punto dove si toccano emerge sempre l’illusione di una linea, eppure si vede che non ha una esistenza propria poiché non è tracciata fisicamente, ma è una linea di contatto tra due spazi, ridotta a un tratto, o forse molto più larga. L’occhio si aggrappa alla linea percepita come orizzonte, oppure si attarda sulle superfici colorate che si prestano a diverse letture: ora il colore evoca il cielo, ora una vasta distesa di neve, ora delle colate di lava, oppure evoca solamente il giallo, il blu, il marrone… Spesso, lo sguardo passa da un’interpretazione all’altra, esitando tra un paesaggio e il confronto dinamico tra due colori.
Cosa si vede ?
brun… Souvent, on va d’une interprétation à l’autre. On hésite alors à lire le dessin comme un paysage ou comme la confrontation dynamique de deux couleurs. On porte à faux. Entre ces deux tentations, la mimétique, physique, et l’abstraite, sensible, on ne sait laquelle choisir. Car en mêlant les deux sans complètement les confondre, la série nous permet de percevoir à la fois la nature sen sible d’un paysage et d’éprouver physiquement et spatialement la couleur. Ces vérités paradoxales qui se mêlent dès que le regard se déplace à l’intérieur de l’œuvre, ces perceptions contradictoires, l’incroyable présence de la couleur, tout concourt à rendre le dessin sans repères et sans mesures, en dépit de ses dimensions modestes. Le regard s’étend, en profondeur comme en largeur. La ligne s’étire. On finit par se demander où elle commence, où elle finit. Et puis, ce qu’il y a au delà. Si même cet horizon a un bord, si même ce paysage a une fin. Incommensurable se dit de quelque chose qui ne peut être mesuré, ou de deux choses qui n’ont aucune qualité en commun. En mathéma tiques, de deux variables qui n’ont pas de mesure
commune. Par extension, de deux théories qui n’ont pas de langage commun. Est ce le cas ici ? L’horizon est il une impossible fiction entre un gris et un bleu, entre un rouge et un brun, entre deux jaunes… Le regard va de l’un à l’autre, glisse sur la ligne, s’en éloigne, y revient. Il n’arrive pas à choisir, il ne parvient pas à saisir le rapport, c’est à dire une mesure commune entre la ligne et les surfaces colorées. Comme si ces deux éléments racontaient des histoires différentes. Comme s’il était impossible qu’elles coexistent. Ou qu’elles s’assemblent. Aller voir sur les bords si la ligne se résout, si elle se prolonge, est ce un moyen d’échapper à cette incertitude ? Souvenez vous de ce qui arrive, en mon tagne : on monte, les yeux fixés sur le col que l’on voit se dessiner au bout du chemin, là, juste au dessus. À mesure que l’on s’en approche, on en découvre un autre, derrière, plus loin, plus haut, puis un autre, et encore un autre… Vincent Gille Conservateur du patrimoine à la Maison de Victor Hugo
Si è come destabilizzati. Tra le due tentazioni, quella mimetica, fisica, e quella astratta, sensibile, non si sa quale scegliere: avviene che mescolando le due senza confonderle pienamente, la serie ci permette di percepire al tempo stesso la natura sensibile di un paesaggio e di sentire – fisica mente e spazialmente – il colore. Queste verità paradossali che si mescolano non appena lo sguardo si sposta all’interno dell'opera, queste percezioni contraddittorie, la straordinaria presenza del colore, tutto concorre a rendere il disegno, nonostante le sue modeste dimensioni, privo di punti di riferimento e di misura. Lo sguardo si estende sia nella profondità che nella larghezza. La linea si allunga, e ci si chiede dove inizia, dove termina. E ci si chiede anche se c’è un oltre, addirittura se questo orizzonte ha un limite, addirittura se questo paesaggio ha una fine. Si definisce incommensurabile una cosa che non può essere misurata, oppure di due cose che non hanno nessuna qualità in comune. In matematica, si dice di due variabili che non hanno una misura comune, e, per estensione, di due teorie che non hanno un linguaggio comune. Non si tratta qui dello stesso caso? L’orizzonte non è
forse una finzione impossibile tra un grigio ed un blu, un rosso ed un bruno, tra due gialli? Lo sguardo passa dall’uno all’altro, scivola sulla linea, se ne allontana, vi ritorna. Non sa scegliere, non arriva a cogliere il rapporto, cioè una misura comune tra la linea e le superfici dipinte, come se questi due elementi raccontassero delle storie diverse. Come se fosse impossibile la loro coesistenza, o la loro unione. Andare a vedere sui margini del foglio se la linea si riassorbe, se si prolunga, non è un modo per sfuggire a questa incertezza? Ricordatevi di ciò che accade in montagna: si sale, gli occhi puntati sul colle che si vede delinearsi in fondo al sentiero, lassù, appena sopra. Man mano che ci si avvicina, se ne scopre un altro, dietro, più lontano, più in alto e poi un altro, e un altro ancora…. Vincent Gille Curatore alla Maison de Victor Hugo
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Dans l’atelier
Les pastels de Jean Marc Felzenszwalbe sont à la semblance des chats. Ils en ont l’évidence, le mystère et la troublante beauté. Leur silence a été la première chose qui m’ait frappée. Il y avait là, sur le chevalet, d’un pastel à l’autre, une présence qui me contem plait en silence autant que je la contemplais. Toute peinture dévoilée pour la première fois est une rencontre, et comme dans toute rencontre véritable il y a, de part et d’autre, de la surprise et de la timidité. Certaines peintures ne reposent que sur la première et n’offrent qu’elle : elles séduisent à la manière d’un nu méro de cirque auquel on ne peut pas ne pas applaudir et le tour est joué. Mais justement ce n’est qu’un tour et, aussi brillant soit il, il ne faut pas y retourner parce que l’on n’y trouvera rien de plus. D’autres, au contraire, lors de cette première rencontre, attendent, non pas méfiantes mais pour ainsi dire retirées dans la curiosité qu’elles ont de vous, comme vous êtes, vous, tout à la curiosité que vous avez d’elles. Elles n’imposent rien, elles attendent de savoir si elles peuvent vous livrer leurs se crets. Les Horizons de Jean Marc sont de cette sorte. Dix sept pastels d’un même format oblong, traversés à mi hauteur par une ligne horizontale.
Et soudain un espace s’ouvre, qui non seule ment s’élargit bien au delà des bords de la feuille mais aussi et peut être surtout vous enveloppe étrangement. Voilà, vous y êtes. La ligne hori zontale aimante le regard et le dilate à sa périphé rie. Exactement comme un paysage irréductible à une image parce qu’il est une réalité dont vous n’arriverez jamais à embrasser toutes les dimen sions. Et votre timidité cède la place au sourire, en réponse à la complicité instaurée. Alors, de part et d’autre de cette ligne qui est à la fois de partage et d’union, l’incroyable densité du pas tel se prend à palpiter, à vibrer, par la grâce de celui qui l’a manié et en a modulé les tons. For mat et composition identiques, et cependant… d’un pastel à l’autre, des univers tellement dif férents, voire opposés. Le jaune sur jaune m’a presque effrayée : sa force sinon sa violence, arrêtée juste avant son déferlement, m’a sauté au visage. Peut être parce que le mouvement intime, les remous de cette intense luminosité dédoublée, redoublée, sont encore contenus, retenus par l’horizontale, mais une horizontale prête à céder. Déferlement sus pendu. Éclat strident du Buisson ardent. Je ne sais plus si les pastels nous ont été montrés dans leur ordre chronologique, ainsi qu’ils sont présentés ici. Les regardant de
I pastelli di Jean Marc Felzenszwalbe hanno le sembianze dei gatti, ne hanno l’evidenza, il mistero e la sconcertante bellezza. La prima cosa che mi ha colpita è il loro silenzio. Sul cavalletto, in ogni pastello respirava una presenza che mi contemplava silenziosa tanto quanto io la contemplavo. Ogni dipinto che si svela per la prima volta è un incontro, e come in ogni vero incontro, vi è sorpresa e timidezza sia da una parte che dall’altra. Alcuni dipinti ci sorprendono immediatamente e non hanno null’altro da offrire: seducono come un numero di circo che non può non essere ap plaudito e il gioco è fatto. Ma, appunto, non è che un gioco che, per quanto brillante, non va ri petuto perché non vi si troverà niente di più. Altri dipinti invece, al primo incontro, sembrano attendere, e non per diffidenza, bensì – se così si può dire – come trattenuti nella curiosità che provano verso di voi, per come voi siete, precisa mente come la vostra curiosità verso di loro. Questi dipinti non si impongono, attendono di sapere se possono confidarvi i loro segreti. Gli Horizons di Jean Marc Felzenszwalbe apparten gono a questa specie. Si tratta di diciassette pastelli dello stesso formato oblungo attraversati a metà da una linea orizzontale.
Si apre all’improvviso uno spazio che non solo si estende al di là dei bordi del foglio, ma anche e forse soprattutto vi avvolge stranamente. Ecco, ci siete. La linea orizzontale calàmita lo sguardo e lo dilata ai suoi margini. Esattamente come un paesaggio non riducibile ad una pura immagine perché rappresenta una realtà di cui non potrete mai cogliere tutte le dimensioni. E la vostra timidezza cede il posto al sorriso come risposta alla complicità che si è creata. Allora, da una parte e dall’altra di questa linea che è divisione e unione al tempo stesso, la densità incredibile del pastello inizia a palpitare e a vibrare per effetto della delicatezza di colui che lo ha lavorato modulandone i toni. Formato e composizione sono identici eppure ogni pastello esprime mondi così diversi, perfino opposti. Il giallo su giallo mi ha quasi spaventata, come assalita dalla sua forza, per non dire la sua violenza, colta proprio prima del suo infrangersi. Forse perché il movimento intimo, i vortici di questa luminosità intensa e sdoppiata, raddoppiata, sono ancora contenuti e trattenuti dall’orizzontale. Ma un’orizzontale pronta a cedere. Infrangersi sospeso. Stridente sfavillio del Roveto ardente. Non so se i pastelli ci sono stati mostrati nello stesso ordine cronologico di questa pre sentazione. Riguardandoli uno dopo l’altro,
Nell’ atelier
nouveau, l’un après l’autre dans cet ordre, je ne peux m’empêcher de revenir à celui qui ouvre la série et que j’associe à présent au souffle pla nant sur les eaux du premier jour de la Création. La longue bande supérieure s’éveille, hésitante, tâtonnante, ignorante encore de ce qui sera son reflet, son écho, et la révèlera à elle même. L’at tente est ici à son comble. Il faut s’attarder lon guement sur ce pastel, qui est le plus silencieux de tous, pour en bien saisir la subtilité rêveuse, engourdie comme un jour d’hiver. En revanche je me souvenais parfaitement de l’irruption des rouges, et de la richesse de leur contrepoint autour d’une ligne qui tantôt tremble et même s’effrite, tantôt se tend comme la corde d’un arc sous l’assaut qui lui est livré. Dans leurs variations, les rouges dansent l’attraction magnétique et l’impossible fusion. Et peut être le dernier d’entre eux, qui est aussi le dernier pastel de la série, l’emporte t il sur cette imprescriptible séparation et se fait champ de braises. Dans d’autres pastels, le format oblong et la ligne droite qui le réitère, en le divisant en deux rectangles superposés, renvoient aussitôt à la matière. Horizon 8 et 15 ont la densité et la plas ticité du sang ou du limon : au chaud de la terre, au secret impénétrable des lentes et incessantes
métamorphoses intérieures. Et puis, entre ces deux là, le pastel blanc, le pastel de pure lumière blanche, de pur espace libre de toute matérialité ! Comment, avec aussi peu de matière, aussi peu de couleurs, peut on capter autant de lumière et elle seule ? Et tandis que je m’interroge, une autre question émerge : à quoi, à qui, ce pastel me fait il penser ?... Et tout à coup je sais : La Cité idéale de Piero della Francesca, abstraction, elle aussi, de lignes géométriques et de lumière. Mais je m’aperçois que l’ordre chronologique que j’entendais respecter est subverti par celui du souvenir et des affinités, comme l’est sou vent le cheminement du regard dans un musée où vos pas vous portent brusquement vers une ou des peintures qui vous font signe avec plus d’insistance que les autres. Alors sont venus à moi, qui revois aujourd’hui la série des pastels de Jean Marc, les verts, les bleus… et leur paisible équilibre, leur dialogue autour d’une horizontale qui n’a plus à se défen dre d’aucune pression exercée sur elle. Dans cette paix que rien ne menace, l’espace se dé ploie avec autant d’ampleur que d’autorité. Dans l’un, l’outremer, traité en sombres nuées et délicates clartés mouvantes, creuse une pro fondeur étonnante qui s’incurve comme la voûte céleste sur l’océan, et cet océan, à son
nell’ordine attuale, non posso non ritornare a quello che apre la serie e che adesso associo al soffio che plana sulle acque nel primo giorno della Creazione. La lunga banda superiore si sveglia, esitante, tentennante, non sapendo ancora quale sarà il suo riflesso, l’eco che la rivelerà a se’ stessa. Qui l’attesa tocca il suo culmine. Bisogna attardarsi a lungo su questo pastello, il più silen zioso di tutti, per coglierne bene la sognante sot tigliezza, intorpidita come una giornata inver nale. In compenso mi ricordavo bene l’irruzione dei rossi, e la ricchezza del loro contrappunto attorno ad una linea che ora trema e addirittura si sfalda, ora si tende come la corda di un arco in battaglia. Nelle loro variazioni, i rossi celebrano l’attrazione magnetica e la fusione impossibile. E forse l’ultimo di loro, che è anche l’ultimo pastello della serie, lo trasporta su questa imprescrittibile separazione e diventa un campo di braci. In altri pastelli, il formato oblungo e la linea diritta che lo evidenzia dividendolo in due rettangoli sovrapposti, rimandano subito alla materia. Horizon 8 e 15 hanno la densità e la plasticità del sangue o del limone: nel calore della terra, nel segreto impenetrabile delle lente ed incessanti metamorfosi interiori. E poi, tra questi
due, appare il pastello bianco, di pura luce bianca, di puro spazio libero da ogni materialità! Come è possibile, con così poca materia e colori, captare così tanta luce e lei solamente? E mentre mi interrogo, emerge un’altra domanda: a cosa, a chi mi fa pensare questo pastello?… E all’improvviso, lo so: La Città ideale di Piero della Francesca, anche lei attrazione di linee geometriche e di luce. Mi accorgo che l’ordine cronologico che volevo rispettare è ribaltato da quello del ricordo e delle affinità, come spesso è il cammino dello sguardo in un museo dove i vostri passi vi conducono bruscamente verso un quadro o dove alcuni di loro vi richiamano con più insistenza di altri. Allora, mentre riguardo oggi la serie di pastelli di Jean Marc, mi sono venuti incontro i verdi, i blu insieme al loro mite equilibrio, al loro dialogo attorno ad una orizzontale che non subisce più pressioni. In questa pace che niente minaccia, lo spazio si dispiega con tanta ampiezza quanto autorità. In uno, l’oltremare trattato con vortici scuri e delicate mutevoli chiarezze, scava una profondità sorprendente che si incurva come la volta celeste sull’oceano, e questo oceano, a sua volta, per un sortilegio di variazioni sapienti e di trasparenze di un blu
tour, par le sortilège des savantes variations et transparences d’un bleu grisé, s’élargit vers vous en l’absence pourtant de tout point de fuite. Les deux bandeaux de couleur cheminent à l’unis son dans leur être respectif et l’un ne pourrait exister sans l’autre. Oh, oui, celui là, s’il fallait choisir, ce serait celui là ! Et il a quitté l’atelier, s’est installé chez nous. Par un matin de février, alors que le jour venait jusqu’à lui, ses nuées m’ont paru plus claires et, sur l’océan, j’ai surpris des ombres qui s’étiraient en direction de l’horizon. Ombres portées ou ombres issues du pastel lui même ? Celui qui est désormais « notre » pastel paraît se plaire dans une maison qui est maintenant la sienne, où ses ombres et sa lumière jouent avec celles des saisons, et il nous rend nos regards comme le fait un chat quand, en confiance, il vous observe, yeux mi clos. Anne Guglielmetti Écrivain
ombreggiato, si estende verso di voi nonostante l’assenza di punti di fuga. Le due fasce di colore scorrono all’unisono nel loro essere rispettivo e una non potrebbe esistere senza l’altra. Ah, sì, questo, se si dovesse scegliere, sarebbe questo! E ha lasciato l’atelier, è venuto a casa nostra. Un giorno di febbraio, quando la luce del mattino avanzava fino a lui, i suoi vortici mi sono sembrati più chiari, e ho scoperto delle ombre sull’oceano che si allungavano verso l’orizzonte. Ombre portate oppure ombre scaturite dal pastello stesso? Quello che ormai è il “nostro” pastello sembra trovarsi bene nella casa, dove le sue ombre e le sue luci giocano con quelle delle stagioni, e ci restituisce i nostri sguardi esat tamente come sa fare un gatto quando, fiducioso, vi osserva, gli occhi socchiusi. Anne Guglielmetti Scrittrice
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La série Horizons, commencée le 24 mars 2020, est toujours en cours. Chaque œuvre est peinte au pastel sec sur un papier Pastelcard Sennelier de format 80 x 30 cm, à l’exception du pastel n° 12 peint sur un papier Torchon Fabriano d’un format 60 x 80 cm. Les pastels sont présentés ici dans l’ordre chro nologique de leur réalisation.
La serie Horizons, iniziata il 24 marzo 2020 è tutt’ora in corso. Ogni opera è dipinta al pastello secco su carta Pastelcard Sennelier, formato 80 x 30 cm, con l’eccezione del pastello n°12, dipinto su carta Torchon Fabriano, formato 60 x 80 cm. I pastelli sono qui presentati nello stesso ordine cronologico della loro esecuzione.
Jean Marc Felzenszwalbe
Jean Marc Felzenszwalbe
Lauréat des fondations Villa Montalvo, Yaddo, Virginia Center for the Creative Art, Hélène Wurlitzer, Hilaï, Edward Albee, Robert Laurent Vibert, Jean Marc Felzenszwalbe a exposé en France et aux États Unis. Il est né à Paris en 1959, ville dans laquelle il vit et travaille.
Laureato delle Fondazioni Villa Montalvo, Yaddo, Virginia Center for the Creative Art, Hélène Wurlitzer, Hilai, Edward Albee, Robert Laurent Vi bert, Jean Marc Felzenszwalbe ha esposto le sue opere in Francia e negli Stati Uniti. E’ nato a Parigi nel 1959, città dove vive e lavora.
Expositions récentes
Mostre recenti
Novembre 2004, Murs et Trottoirs, photographies, Local, Paris. Mars 2008 : Sols, photographies, galerie Christophe Gaillard, Paris. Avril 2018, Pastels et collages, galerie Xenithia Nomade, Rome. Mai 2019, Réflexions, galerie Xenithia Nomade, Milan.
Novembre 2004, Murs et Trottoirs, fotografie, Local, Parigi. Marzo 2008 : Sols, fotografie, galleria Christophe Gaillard, Parigi. Aprile 2018, Pastels et collages, galleria Xenithia Nomade, Roma. Maggio 2019, Réflexions galleria Xenithia Nomade, Milano.
Maquette : Vincent Gille Achevé d’imprimé à Montreuil par Stipa Juin 2021 Éditions La Goutte d’eau, 393 rue des Pyrénées, 75020 Paris © La Goutte d’eau pour l’ensemble du catalogue © Jean Marc Felzenszwalbe pour les œuvres © chaque auteur ou traducteur pour son texte ou sa traduction.