James Kofi Annan NOMINÉ HÉROS DES DROITS DE L’ENFANT pages 50–69
Pourquoi James a-t-il été nominé ? James Kofi Annan a été nominé au Prix des Enfants du Monde 2013 pour son travail contre l’esclavage des enfants. À sept ans, James est un enfant esclave. Il réussit à se sauver, étudier et devient chef dans une banque. Il y a six ans, il a quitté la banque pour lutter contre l’esclavage des enfants. Mais en 2003 il avait déjà créée l’organisation Challenging Heights, qui a libéré plus de 500 enfants de l’esclavage. James dit que, la pauvreté qui cause l’esclavage, se combat par l’éducation. Les enfants libérés arrivent au foyer sécurisé de Challenging Heights, conçu pour 65 enfants. Les enfants ont vécu des expériences traumatisantes et ont besoin de sécurité. Quand ils sont assez forts, ils retournent chez leurs parents et fréquentent une école ordinaire. Cela peut prendre une année. Challenging Heights dirige aussi une école pour 700 élèves de tous âges. L’organisation pourvoie éducation et des prêts aux mères pauvres pour qu’elles ne soient pas obligées de vendre leurs enfants. Dans les 21 clubs des Droits de l’Enfant, Challenging Heights apprend les droits de l’enfant à 630 enfants abusés et mène une campagne contre l’esclavage. Par son travail et grâce à Challenging Heights, James a soutenu plus de 10.000 enfants qui ont été esclaves ou qui risquaient de le devenir.
Dès l’aube, James quitte la maison avec quatre autres garçons du village. Des hommes bien habillés sont venus les chercher. James a six ans et ne sait pas où il va ni combien de temps il sera absent. S’il le savait il essaierait de se sauver.
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uelques mois auparavant, trois hommes étaient venus au village. Des garçons les accompagnaient et tout le village les regardait. Beaux comme des dieux, même les garçons. Avec des vêtements aux tissus chatoyants et aux couleurs assorties et de belles chaussures. Les messieurs souriaient et étaient si gentils avec tout le monde. Ils avaient fait le tour du village et parlé aux adultes. On commence à parler. Avec de la chance et si on les suit la prochaine fois qu’ils viennent on aura aussi de beaux vêtements. Et on ira à
l’école et on pourra manger à satiété. Peut-être même on pourra apprendre l’anglais. C’est ce que voulait James. Pourvoir parler l’anglais ! Maman admirait ceux qui le parlaient. Mais la famille était pauvre et douze enfants c’est difficile à nourrir. Aller à l’école était impensable. Il n’y avait pas d’argent pour les livres, les sacs d’école ou les uniformes. Les garçons disparaissent
Après la visite des hommes bien habillés, les garçons disparaissaient du village. L’un après l’autre. – La prochaine fois ce sera
peut-être ton tour, dit-on à James. On avait vu les hommes parler à son père. Et le voilà parti. Personne n’a dit ce qui allait se passer, même pas maman. James est un peu étourdi. Après quelques heures de marche, un petit bus les conduit à un carrefour où un grand, vieux bus rouillé et cabossé les attend. Le bus est rempli d’enfants, la plupart des garçons. Deux à trois enfants s’entassent sur chaque place, même le couloir est rempli d’enfants. Quelques hommes sont assis ci et là. Mais quelque chose qui ne va pas.
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Pourquoi ce silence ? Un garçon à l’avant du bus murmure quelque chose à son voisin. Aussitôt, l’un des hommes se lève et le frappe rudement au visage. – Vous n’avez pas le droit de parler ! crie-t-il. James est terrorisé. Il refoule ses larmes. Le soir arrive et le bus cabossé, cahote sur les chemins en soulevant le sable rouge. De temps à autre, il s’arrête. Chaque fois, James croit qu’ils sont arrivés, mais le moteur repart et le bus continue. C’est une longue
nuit. Il lutte contre la peur. Et s’ils nous tuent ? Le matin arrive et l’après-midi et de nouveau la nuit. Quand ils doivent faire leurs besoins, un gardien les surveille. Des dizaines de milliers d’enfants esclaves
Le troisième jour, ils arrivent sur un grand marché. Ils sont dans le village de Yeti, au nord du fleuve Volta. On y transporte chaque année des dizaines de milliers d’enfants pour travailler comme esclaves chez des pêcheurs autour du grand fleuve.
Des arbres dans le fleuve Le fleuve Volta au Ghana est le plus grand fleuve
artificiel du monde. Il est le résultat d’un barrage construit il y a 40 ans pour produire de l’électricité. Le barrage a noyé les forêts et le fond du fleuve contient encore leurs restes. Des arbres dépassent à la surface, mais la plupart ne se voient pas. Il arrive souvent que les bateaux s’y heurtent et coulent. Mais les arbres permettent aussi de pêcher dans la Volta. Les pêcheurs jouent autour des branches qui protègent la forêt et c’est aussi un endroit riche en poissons.
Beaucoup d’enfants se noient Les filets s’emmêlent souvent dans toutes ces branches et ce sont les enfants qui doivent plonger pour les démêler. Beaucoup d’enfants esclaves se noient chaque année. Le plus souvent parce qu’ils se prennent dans les filets et ne peuvent pas se libérer. – Un enfant sur cinq meurt là-bas, dit James Kofi Annan, qui a lui-même failli se noyer. Depuis peu, une entreprise coupe les arbres dont le bois est précieux. Beaucoup de pêcheurs ont peur que les arbres qui les protègent des tempêtes, disparaissent.
« Les garçons qui sont allés à Yeti » Il n’existe pas de mots pour la traite de personnes ou l’esclavage des enfants au Ghana. Les esclaves pêcheurs sont appelés : « Les garçons qui sont allés à Yeti » C’est le village où la plupart des enfants esclaves arrivent. Puis ils sont envoyés chez différents propriétaires d’esclaves autour du fleuve. L’esclavage des enfants est très commun au Ghana. Les enfants sont vendus par les parents ou la famille. Souvent par des mères seules avec beaucoup d’enfants qu’elles n’ont pas les moyens de nourrir. Il est aussi courant que les gens pauvres empruntent de l’argent à un propriétaire
d’esclaves lors d’un décès. S’ils ne peuvent pas rembourser, le propriétaire prend leurs enfants. Les enfants coûtent entre 15 et 35 US dollars et doivent travailler au moins deux ans. Souvent c’est bien plus longtemps. On estime à près de 250.000 enfants esclaves au Ghana et 1,3 millions d’enfants travailleurs. Les enfants du Ghana sont souvent envoyés dans les pays voisins. L’esclavage des enfants est interdit depuis sept ans au Ghana, mais continue malgré tout. Mais puisque la loi existe, Challenging Heights s’appuie sur la police pour libérer les enfants. 51
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Les enfants sont vendus entre 15 et 35 US dollars et devront travailler au moins deux ans. Les parents qui reçoivent l’argent ont souvent été trompés par la promesse que les enfants iront à l’école et apprendront un métier. Sur la plage, des canots sont prêts et les enfants y sont répartis. Après six heures de mer, James arrive au village de pêcheurs où il restera jusqu’à l’adolescence. Le propriétaire d’esclaves, qui est pêcheur, le met tout de suite au travail. Il doit écoper le canot et préparer le filet. Ce n’est pas difficile. Il sent revenir le calme. Ça va bien se passer. Mais la peur revient. Dès le lendemain. La nuit il dort sur le sol tout au fond d’une cabane où sont alignés tous les autres enfants que le pêcheur a achetés.
met sur pieds en moins de deux. Ils partent sur les canots. James s’occupe du filet comme il l’a fait le jour précédent. Mais cela n’est plus aussi simple et le filet s’emmêle. En voyant cela le pêcheur soulève la lourde pagaie en bois et frappe James à la tête à tel point que sa vision s’obscurcit. Désormais, il doit être prêt
à être battu à n’importe quel moment et pour n’importe quelle raison. Souvent ce sont des coups de pagaie, des gifles et des coups de pied. On le jette à la mer, on le prive de nourriture et on lui crie des humiliations. Qu’il n’est bon à rien ou qu’il n’a pas gagné son repas. Parce que le filet s’emmêle, parce qu’il n’a pas pris assez de poisson ou parce qu’il parle de travers.
Une fois par exemple, il raconte à un autre garçon que sa mère lui a acheté un ballon de foot sur un marché. C’est une gifle qui le fait taire. Le propriétaire ne veut pas que les garçons parlent de leurs parents. Ils entretiennent l’ennui de la maison et ils vont peut-être essayer de se sauver. Si les enfants oublient leurs parents, c’est bien plus facile de leur faire faire ce que
Veulent de jeunes esclaves
Vers trois heures du matin, quand il fait encore nuit, James est réveillé par une masse d’eau qu’on lui jette au visage. Le propriétaire veut qu’on se réveille vite et qu’on commence à travailler. Une seille d’eau sur la figure vous
Il est presque impossible de se libérer de l’esclavage, mais James était décidé à réussir.
James a failli mourir quand il s’est pris dans les filets.
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l’on veut. C’est la raison pour laquelle, ils veulent les plus petits comme esclaves. Les petits oublient si vite. Plongée dangereuse
Mais James n’oublie pas. Surtout pas maman. Il pense à elle tous les jours. Il n’arrête pas d’espérer, bien que les jours deviennent des semaines, des mois, des années.
Chaque fois que James essaie de se libérer de l’esclavage, il est battu et doit retourner sur le fleuve pour continuer à travailler.
James parle de moins en moins. Si on dit qu’on a faim ou qu’on est fatigué, c’est la raclée. Il comprend que le mieux c’est de ne rien dire du tout. Les jours de travail sont longs et commencent en pleine nuit. Il ne dort que quelques heures par nuit. De toutes les tâches, la pire est le démêlage des filets. Quand ils se coincent dans les branches du fond, James doit plonger dans l’eau trouble et sans rien voir, il doit les décoincer en faisant attention à ne pas les déchirer. La plongée lui fait toujours aussi peur. C’est profond et il doit retenir son souffle et tâtonner pour trouver où c’est coincé et ensuite décoincer le filet sans rien voir qu’une boue jaunâtre. On panique facilement et des garçons se noient. Un jour, James a luimême failli se noyer. Il plonge pour libérer un filet qui se trouve très profond. Soudain, il ne peut plus bouger. Il s’est pris la jambe dans le filet tout au fond du lac, dans le noir. Il n’a presque plus d’air et il tire de toutes ses forces pour se libérer. Finalement, le filet casse et il remonte à la surface avec les forces qui lui restent.
James a été battu par le propriétaire d’esclaves avec une pagaie. Ce qui arrive à beaucoup d’enfants esclaves.
Aussi vite qu’il peut. Mais il arrive sous le bateau et se cogne la tête contre le fond. Puis, il ne se souvient plus de rien. Il se réveille en sang, couché sur la plage avec un cercle de visages penchés sur lui. La fierté grandit
Il doit partir de là ! Il retournera à la maison coûte que coûte ! Mais il n’y a pas de chemins. D’un côté, la jungle avec des serpents venimeux, de l’autre, le fleuve Volta. Plusieurs fois, il a essayé de se sauver la nuit pour s’enfoncer quoi qu’il arrive dans la nuit de la jungle, mais il faut qu’il enjambe les autres enfants qui se réveillent toujours. Le propriétaire a appris aux plus petits à l’appeler si quelqu’un essaie de sortir de la cabane. C’est pour cela que les petits dorment toujours près de l’entrée. Après chaque essai, c’est une volée de coup monumentale qui l’attend. Mais avec les années James se durcit. Il peut même dire : « Aujourd’hui,
je suis si fatigué que je refuse d’aller pêcher » Bien sûr il est battu. Mais il accepte. Fait le poing dans la poche, car cela lui fait tellement de bien de protester. Quand la femme du propriétaire lui crie qu’il n’a pas gagné son repas, il refuse de manger. La fierté et l’amour propre sont plus importants que la faim et la douleur. Tant d’enfants ont renoncé à tout. Ils sont apathiques et silencieux et ne veulent plus rien. James ne veut pas devenir ainsi. Il veut retourner à la maison et il réussira à s’évader. La fuite
James à treize ans quand l’occasion se présente. Un parent proche est décédé et sa mère vient le voir dans le village de pêcheurs. C’est la première fois que James la voit en sept ans. Elle essaie de convaincre le propriétaire de laisser James aller à l’enterrement. Il refuse. Il croit que James essaiera de se sauver. Et soudain, James comprend que c’est le plan de maman. Elle veut qu’il se sauve. Elle prie et supplie le propriétaire. C’est si important que James soir là. À la fin, maman réussit à convaincre le propriétaire et promet que James reviendra aussitôt après l’enterrement. Il prendra le bateau, puis un bus jusqu’au village où a lieu l’enterrement.
Le travail de James commençait toujours au milieu de la nuit et il ne pouvait dormir que quelques heures.
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James ne prend jamais le bus. Il rencontre des hommes qui transportent du bois dans un camion qui va dans la direction de son village. James leur propose de les aider contre un peu d’argent de poche. Ils acceptent. Après avoir déchargé le bois, ils reviendront en chercher, mais James dit qu’il préfère les attendre. Il descend vers la plage, d’où il sera plus facile de trouver le chemin de la maison. Après sept ans comme esclave, James a appris à naviguer aux étoiles. Il s’en sert à présent. Il lui faut deux jours et deux nuits pour arriver. Mais plus rien n’est difficile maintenant. Il mange des mangues sauvages et des fruits juteux. Un sentiment de liberté le porte de kilomètre en kilomètre et ses pas sont légers. Bientôt il sera à la maison ! Mais c’est difficile de tout reconnaître. Les choses ont changé en sept ans, il y a partout de nouveaux chemins et de nouvelles maisons. Est-ce qu’on le reconnaîtra ? Bien sûr qu’on le reconnaît. Regarde, c’est le gamin des Annan qui vient là ! James Kofi ! Ce que tu as grandi. Les gens saluent, heureux. James est libre et une nouvelle vie commence.
James après l’esclavage
Les enfants avant l’ Il y a un adolescent avec d’autres élèves de première dans la cour d’école. Ils ont le manuel de première entre les mains. L’adolescent semble aider les plus jeunes à lire. Men c’est le contraire. Ce sont les enfants de sept ans qui aident James Kofi Annan à lire.
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uand James, s’était sauvé et était revenu à la maison après sept ans d’esclavage, sa mère était heureuse. Mais son père ne partageait pas ce bonheur. Il disait que James avait cassé le contrat avec le propriétaire d’esclaves et il avait peur d’avoir des problèmes. – Il m’a répété pendant
plus d’une année que je devais repartir, dit James. Mais à la fin il m’a laissé tranquille. De jeunes enfants comme enseignants
James voulait apprendre à lire et à écrire. Il avait treize ans et faisait le tour des écoles pour s’inscrire. Mais on lui disait non.
– Ils avaient peur de moi. Ils voyaient un adolescent têtu avec les yeux pleins de haine et ils croyaient de j’allais provoquer des bagarres. Mais finalement, une école a accepté James. Il a commencé en septième. – Je ne pouvais ni lire ni écrire et je ne comprenais rien aux leçons.
Quand les enfants arrivent au foyer sécurisé de James, ils vont souvent très mal. Mais très vite, ils se font des amis avec qui jouer et avec lesquels ils partagent les mêmes expériences pénibles.
James est retourné sur le fleuve Volta pour libérer les garçons esclaves.
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nt l’argent Il n’y avait qu’une solution. Descendre chez les premières, pendant la récréation et le déjeuner pour leur demander de l’aide. Et utiliser leurs livres. – J’ai eu confiance en moi et les petits sont devenus mes maîtres. James a vite rattrapé ceux de son âge. Il a terminé l’école avec d’excellentes notes et a continué à l’université. Pour payer ses études, il a acheté une vieille photocopieuse et faisait la publicité de plusieurs entreprises.
Chef de banque
Après l’université, James a obtenu un travail dans une grande banque. – Soudain j’avais un travail de chef et je gagnais beaucoup d’argent. C’était fantastique ! Il était apprécié à la banque et on lui a donné un travail encore plus important. – Tout allait bien pour moi, mais chaque jour, je pensais à ces enfants qui étaient esclaves et souffraient comme je l’avais fait. James prenait chaque mois sur son salaire de quoi permettre à quelques enfants
du village d’aller à l’école. Cela a commencé avec deux enfants. Une année après, c’étaient 52 enfants qui allaient à l’école et Challenging Heights venait d’être créé. La banque lui a donné un prix pour son travail en faveur des enfants et de l’argent pour son projet. Et il a obtenu un poste encore plus prestigieux. – Mais tout le monde n’aimait pas mon travail pour les enfants, dit James. Beaucoup de commerçants d’esclaves étaient furieux. Nous disions aux familles d’exiger qu’on leur rende leurs enfants et nous instruisions les enfants sur leurs droits. Les commerçants d’esclaves ont répandu le bruit que je faisais de la sorcellerie. Ils ont même menacé ma famille.
Démissionne
Afin d’avoir le temps de travailler avec Challenging Heights, James a commencé à travailler à mi-temps pour la banque. – J’avais une carrière fantastique, mais le travail de la banque n’avait soudain plus de sens. Je pensais me consacrer totalement à Challenging Heights. Mais comment allais-je pouvoir entretenir ma famille ? En 2007, le jour de son anniversaire, James était en train d’écrire sa lettre de démission sur son ordinateur au travail. Il avait à peine fini qu’un courriel est arrivé. – Il venait de la direction de la banque. Ils m’offraient le poste le plus haut placé. Et j’étais là avec ma lettre de démission. J’ai cliqué sur « envoyer » et j’ai quitté la banque pour de bon.
Les enfants ne pouvaient jamais dormir quand ils étaient esclaves, mais dans le foyer sécurisé ils en ont le droit.
Tout en travaillant à la banque, James pensait aux enfants esclaves. Il a créé l’organisation Challenging Heights et le foyer sécurisé pour les enfants libérés.
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Le bateau de Challenging Heights a amené beaucoup d’enfant esclaves vers la liberté.
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Le rêve d’avenir de Ces 48 enfants vivent chez Challenging Heights de James, un foyer sécurisé pour les enfants esclaves libérés, après une période d’esclavage qui va de six mois à douze ans. En totalité, ils ont été esclaves pendants 217 ans ! Mais à présent, ils sont libres et ils rêvent d’un avenir. Les rêves les plus courants sont de devenir footballeurs professionnels, chauffeurs, enseignants ou directeurs de banque. Ils savent que James a été enfant esclave et ensuite est devenu directeur de banque!
Eriel, 14 10 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Kwame, 15 8 ans d’esclavage Veut être chauffeur
Kwesi David, 15 7 ans d’esclavage Veut être directeur de banque
Abene, 7 2 ans d’esclavage Veut être dessinatrice de mode
Mabel, 15 9 ans d’esclavage Veut être infirmière
Kobena A, 13 4 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Peter 13 5 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
David, 10 4 ans d’esclavage Veut être chauffeur de taxi
John, 13 3 ans d’esclavage Veut être directeur de banque
Arhinful, 11 2 ans d’esclavage Veut être médecin
Kwamena, 11 5 ans d’esclavage Veut être chauffeur
Daniel, 17 2 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Adjoa, 13 5 ans d’esclavage Veut être directrice de banque
Justice, 12 1,5 an d’esclavage Veut être menuisier
Mprem, 12 3 ans d’esclavage Veut être directeur de banque
Joshua, 10 5 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Kofi, 16 9 ans d’esclavage Veut être couturier
Bortsie, 13 4 ans d’esclavage Veut être couturier
Samuel, 16 10 ans d’esclavage Veut être directeur de banque
Kobina, 15 6 ans d’esclavage Veut être chauffeur de bus
Kweku, 14 10 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Kobina, 14 8 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Kwame, 15 7 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
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Kojo Joe, 6 1 an d’esclavage Veut être pilote ou menuisier
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nir de 48 enfants esclaves Ekow, 10 6 ans d’esclavage Veut être chauffeur de taxi
Sammy, 10 2 ans d’esclavage Veut être enseignant
Kow, 14 12 ans d’esclavage Veut être chauffeur de bus
Daniel, 10 2 ans d’esclavage Veut être couturier
James, 13 4 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Kojo, 16 1 an d’esclavage Veut être entrepreneur
Kwame, 8 1 an d’esclavage Veut être chauffeur
Donkor, 8 6 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Otoo, 13 2 ans d’esclavage Veut être chauffeur
Portia, 15 6 ans d’esclavage Veut être enseignante
Kweku, 5 1 an d’esclavage Veut acheter une voiture
Afedzi, 15 1,5 an d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Nkonta, 12 9 ans d’esclavage Veut être chauffeur de taxi
Yaw, 14 10 ans d’esclavage Veut être enseignant
Adam, 14 Réfugié du Libéria Veut être ingénieur
Muhammed, 15 Réfugié du Libéria Veut être ingénieur en génie civil
Martha, 14 « Plusieurs » années d’esclavage Veut être dessinatrice de mode
Esiama, 17 10 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Francis, 14 Autre historique Veut être chauffeur de camion
Charles, 12 6 ans d’esclavage Veut être enseignant
Richard, 14 Autre historique Veut être directeur de banque
Junior, 6 2 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
TE X Te: E VA-PIA WORL AND photos: BO ÖHLÉN
Apreku, 14 10 ans d’esclavage Veut être footballeur professionnel
Nenyi, 13 7 ans d’esclavage Veut être chauffeur de bus
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– Tous ceux qui utilisent des enfants comme esclaves devraient aller en prison et on devrait le faire savoir dans le monde entier, dit Kwesi.
La pleine lune éclaire la jungle. Sous un buisson deux petits garçons sont couchés serrés l’un contre l’autre. Ils bougent le moins possible pour ne pas être découverts. Le moindre bruit leur fait peur. Il y a plein de serpents dans la jungle, mais finalement ils ont pu s’enfuir !
Kwesi est laissé pour mort L
es deux garçons sont esclaves chez un pêcheur très loin de chez eux. L’un d’eux s’appelle Kwesi du village de Senya. Il a dix ans et doit travailler chez le pêcheur pendant trois ans. Quand le père de Kwesi est mort, sa mère Yaba, n’avait pas d’argent pour l’enterrement. Un homme qu’elle connaissait lui a offert de lui prêter de l’argent et elle a accepté. Tout de suite après l’enterrement, l’homme a exigé le remboursement. Men Yaba est pauvre et a huit enfants. Elle essaie de vivre en cueillant du petit bois qu’elle vend. Elle n’a pas d’argent. Alors l’homme menace d’appeler la police pour qu’elle finisse en prison.
Qu’adviendrait-il alors des huit enfants ? Kwesi a tout entendu. Il sait que d’autres familles du village ont reçu de l’argent quand leurs garçons sont partis à Yeti pour pêcher. Il propose à l’homme de le suivre et de travailler pour payer la dette de maman. – Pour cet argent, tu devras travailler trois ans, dit l’homme.
Le propriétaire a acheté beaucoup d’enfants qui travaillent pour lui. Le travail commence à onze heures du soir. Ils jettent les filets jusqu’à six heures du matin. Puis ils doivent nettoyer les
poissons. Cela dure jusque dans l’après-midi. Il ne reste plus beaucoup d’heures de sommeil pour Kwesi. Le propriétaire se met en colère à la moindre faute des enfants. Il utilise souvent la
Le propriétaire d’esclaves a fait peur aux enfants en leur disant que ceux qui viennent les chercher sont des personnes méchantes et dangereuses. Mais Kwesi fait confiance à Steven et le suit. La photo a été prise depuis le bateau de Challenging Heights sur les traces du canot avec l’esclave Kwesi.
Près de se noyer
Le premier matin Kwesi doit transporter six pagaies sur la plage. Il peut à peine les soulever et le dit au propriétaire, qui crie : – Tu crois que tu es venu ici pour te reposer ? Ce soir-là, Kwesi n’a rien à manger.
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Challenging Heights a trouvé Kwesi au moment où il retirait le filet. Ils ont tout de suite compris qu’il n’allait pas bien.
lourde pagaie pour les battre. Kwesi doit souvent plonger dans l’eau profonde pour décoincer un filet pris dans les branches. C’est dangereux et il est facile de rester soi-même coincé. Et puis, on ne voit presque rien là-bas au fond. Un jour Kwesi, en plongeant boit la tasse et doit remonter au plus vite. Mais sa jambe se prend dans le filet. Il a des vertiges, mais réussit à se libérer. Quand Kwesi remonte à la surface, le propriétaire lui assène des coups de pagaie sur le visage. Il trouve que Kwesi n’a pas été assez rapide. La lèvre supérieure éclate en deux. C’est pour cela que Kwesi a encore une grosse bosse sur la partie droite de la lèvre supérieure. Fouetté avec une corde
À présent, Kwesi est étendu à la lumière de la lune à l’affût du moindre bruit. Il a déjà essayé de fuir, mais il a toujours été découvert et a été battu. Plus tôt dans la journée, le propriétaire a accusé Kwesi et un autre garçon d’avoir volé du poisson. Ils nient et jurent
que ce n’est pas vrai, mais le pêcheur les attache chacun à un arbre, par les mains et les pieds et les fouette avec d’épaisses cordes. Les garçons pleurent et crient de douleur. Soudain, surgissent deux étrangers, l’un se jette sur le propriétaire et l’autre les délie. – Courez aussi vite que vous le pouvez, crie l’un des hommes. Les garçons courent dans la jungle pendant que les
Voici les mains de Kwesi quand il a été sauvé. Mains et ongles avaient été attaqués et détruits par l’eau. C’est ainsi que sont les mains de tous les esclaves pêcheurs.
hommes maîtrisent le pêcheur. Ils ne savent pas de quel côté se diriger, mais ils courent. Parfois, ils ont l’impression de tourner en rond. Ils descendent vers l’eau plusieurs fois, mais ils sont trop loin pour nager. On ne voit pas la terre. Quand il fait nuit, ils se couchent sous un buisson et lèvent les genoux pour les couvrir de leur grand t-shirt. C’est difficile de dormir et les blessures causées par les coups reçus dans le dos leur font mal.
but et le ventre qui crie famine. Dans une clairière, les garçons découvrent une petite culture d’ananas et mangent les fruits jusqu’à plus faim. Soudain, un homme surgit de nulle part. C’est le propriétaire des ananas ! Mais au lieu de les gronder ou
La colère d’un chef de village
Au lever du soleil, les garçons continuent leur chemin dans la jungle. Ils voient des serpents et bougent avec précaution. Arrivés à un petit bac, ils boivent enfin un peu d’eau. Quelle que soit la direction qu’ils prennent, les garçons arrivent toujours au bord de l’eau. Finalement, ils se rendent compte qu’ils sont sur une île ! Ils ne peuvent pas fuir. Ils ont faim et sont fatigués. Encore une nuit sous la lune et presque pas de sommeil. Le jour suivant ils rôdent sans
Cette photo date de quand Challenging Heights est arrivé pour sauver Kwesi. Il était alors maigre et surmené.
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de les battre, il regarde leurs blessures et appelle le chef de village. Celui-ci est furieux et amène les deux garçons au propriétaire d’esclaves qu’il insulte en lui disant qu’il sera dénoncé à la police s’il recommence. Les arbres sauvent Kwesi Les cimes des arbres ont sauvé la vie de Kwesi.
Depuis lors le pêcheur est plus gentil. Il ne bat plus Kwesi. Mais les fils adultes du pêcheur ne suivent pas son exemple. Kwesi va parfois à la pêche avec eux. Un jour, alors qu’il est sur le fleuve avec les fils du propriétaire, l’un d’eux
s’assied sur le bord du bateau et fait ses besoins. Puis, il ordonne à Kwesi de plonger précisément à cet endroit. Kwesi refuse. Alors le fils le jette à l’eau. – On dira que tu t’es sauvé et qu’on ne t’a pas retrouvé, disent-ils en disparaissant avec le bateau. Kwesi est seul dans l’eau au beau milieu du grand fleuve à des kilomètres de la terre ferme. Il y a de grandes forêts sous l’eau et ici et là pointent des cimes d’arbres dénudés. Kwesi nage vers le premier arbre visible. Il se suspend à
Sur le chemin de la liberté. Kwesi avec ses sauveteurs de Challenging Heights.
une branche et se repose jusqu’à ce qu’il ait la force de continuer. Ensuite, il cherche des yeux le prochain arbre vers lequel nager. En nageant d’arbre en arbre et en se reposant, Kwesi atteint le rivage d’une île et s’affaisse sur la plage brûlante. Il est secouru par le chef de l’île, qui amène Kwesi en bateau jusqu’au propriétaire d’esclaves. – Afin qu’on te pardonne ce que tu as fait au garçon, tu dois sacrifier un mouton, dit le chef de village. Et le pêcheur sacrifie vraiment un mouton entier. Kwesi est libéré
Kwesi est esclave depuis une année et huit mois. Le temps
Enfin de nouveau à la maison avec maman Yaba. – Je ne savais pas où ils avaient amené Kwesi et à quel point il souffrait. Il aurait pu mourir ! Je suis si heureuse qu’il soit revenu et qu’il aille à l’école.
Kwesi aime danser.
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que croire. Il est incertain. Mais Steven parle d’un enseignant que Kwesi aimait beaucoup à l’école, avant d’être esclave. Alors, il comprend qu’ils doivent avoir rencontré sa mère et décide de les suivre. Enfin à la maison
Linda et Steven sont allés chercher plusieurs enfants et un bus les attend. Le foyer sécurisé se trouve tout en haut d’une colline avec vue sur la jungle et les villages et il y a un tas d’autres enfants. Ils jouent au foot et au volley et Kwesi adore jouer au foot. On mange plusieurs fois par jour. Comme tous les autres enfants, Kwesi est trop maigre et doit prendre du
poids. Il peut aller à l’école et rattraper ce qu’il a manqué. Et il se sent en sécurité. À présent, Kwesi peut à nouveau jouer et rire. Kwesi reste près d’une année dans le foyer sécurisé, jusqu’à ce qu’il soit guéri et fort et ait retrouvé la confiance en soi. Il a plein de cicatrices sur tout le corps et une grosse bosse sur la lèvre que le propriétaire a fait éclater avec la pagaie. Mais il est à nouveau à la maison avec maman et il va en sixième dans une école publique. Sa matière préférée c’est les maths et il veut être directeur de banque.
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la maison du propriétaire d’esclaves. Le propriétaire a mis en garde les enfants plusieurs fois : – Il se peut que de mauvaises personnes viennent en bateau et essaient de vous emmener. Ne les écoutez pas. C’est très dangereux de les suivre ! Leur bateau va couleur. Ce sont de mauvaises gens qui vous veulent du mal. Ne les écoutez surtout pas ! S’ils viennent. sauvez-vous et cachez-vous ! La femme et l’homme reviennent en bateau. Ils disent que Kwesi est libre. Qu’il peut aller avec eux dans un foyer sécurisé où on prendra soin de lui et il ne sera plus esclave. Kwesi ne sait
passe lentement. Il reste une année et quatre mois. Un jour un bateau à moteur accoste le canot de Kwesi. Un homme et une femme veulent lui parler. Elle s’appelle Linda et lui Steven. Ils posent un tas de questions. Quel est son nom, d’où vient-il, comment s’appelle sa mère et comment s’appelle le propriétaire pour qui il travaille ? Kwesi ne comprend pas ce qu’ils veulent, mais répond à toutes les questions. Linda et Steven viennent de Challenging Heights, l’organisation de James et ont déjà secouru plusieurs enfants. Ils mettent en marche le bateau et repartent. Kwesi les voit se diriger vers le rivage et ensuite monter vers
– Quand Kwesi et moi jouons au foot dans la même équipe, nous sommes imbattables ! dit Daniel, l’ami de Kwesi. Kwesi m’aide en maths. Il est très fort.
S’il y avait un incendie et que Kwesi ne pouvait sauver qu’une seule chose, ce serait la caisse avec les vêtements de papa.
James a été esclave et est devenu directeur de banque. C’est ce que veut être Kwesi.
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Le village où Esiama est retenu en esclave pendant dix ans.
Mission :
Sauver Esiama ! Le téléphone sonne. Un grand-père se fait du souci pour ses deux petits-enfants. Ils ont été vendus à un pêcheur sur le fleuve Volta. Il demande de l’aide. – Sortez-les de là ! Ils ne vont pas bien. Steven et David de Challenging Heights font un plan de sauvetage. Ils doivent aussi rechercher Esiama. Un garçon qui est esclave depuis plus de dix ans et qui doit se trouver dans les environs.
I
l faut onze heures de bus pour se rendre jusqu’à Yeti, l’un des villages sur le fleuve Volta. Steven et David arrivent le soir tard et descendent dans un modeste hôtel. Le lendemain matin le bateau de Challenging Heights est prêt sur la plage. Sur le fleuve, il y a plein de canots et de bateaux. Dans la plupart il y a de jeunes enfants qui pagaient ou remontent les filets. C’est Steven qui dirige l’opération et il sait qu’on doit faire attention. Les propriétaires d’esclaves sont souvent très agressifs en les
voyant et le ton monte jusqu’aux menaces. La moitié des essais ne réussissent pas. Poisson pour information
Ils savent le nom du pêcheur qui a les deux frères, mais pas où il habite. Deux heures plus tard, le bateau de Challenging Heights ralentit et s’approche du canot avec des pêcheurs et des enfants. – Vous avez du poisson ? demande Steven. Ils en ont. Il achète quelques poissons et dit de saluer le propriétaire d’esclaves en demandant s’ils savent où il habite.
Ils savent à peu près, mais pas exactement. Steven remercie et continue. Ils accostent un autre canot avec des pêcheurs et des enfants. – Vous avez du poisson ? Bien sûr. Steven achète encore quelques poissons. On lui dit avec plus de précision où se trouve la maison du propriétaire d’esclaves et le bateau s’y dirige. Après quelques kilomètres, ils s’arrêtent près d’un autre
La femme du propriétaire d'esclaves dit qu'elle ne connaît pas les deux frères.
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Esiama dans le bus, en route vers le foyer sécurisé.
Le chef de village est aimable et leur montre le chemin de la maison du pêcheur, entre les huttes. Il s’agit de trois petites maisons rouges en terre cuite et une cour intérieure avec un toit en roseau comme protection contre le soleil. Le propriétaire est à la pêche mais sa femme est à la maison. Steven explique d’où ils viennent et dit qu’ils recherchent les deux frères. – Ils ne sont pas ici, dit-elle. Elle ne les connaît pas. – le grand-père des garçons dit que c’est vous qui les avez achetés. – Ce n’est pas vrai. La femme se fâche et hausse le ton. – Ils vont m’entendre ceux qui ont dit ça ! Nous reviendrons
canot. Steven rend tous les poissons qu’il avait achetés pour entrer en contact et demander le chemin. La femme du propriétaire d’esclaves nie
Ils accostent sur la plage d’une île et s’enquièrent du chef de village. Ils doivent toujours parler avec lui d’abord et expliquer quelle est leur tâche dans le village.
Steven téléphone au chef de village où vit le grand-père des enfants. Les chefs de villages sont pratiquement les seuls à avoir le téléphone. Celui-ci va chercher le grandpère. Et quelques minutes plus tard: – Je sais que les enfants sont là ! dit le grand-père. Elle ment. Steven explique calmement à la femme que si elle ment, ils reviendront avec la police. Dans ce cas le propriétaire des esclaves devra payer beaucoup d’argent à la famille des garçons pour leur souffrance. La femme est furieuse et n’abandonne pas. Les propriétaires d’esclaves commencent presque toujours par nier. Ils disent même aux enfants de se sauver et de se cacher si Steven et son groupe arrivent. Ils disent qu’ils sont dangereux. Qu’ils vont les amener dans un endroit dangereux, que le bateau va couler ou qu’ils seront vendus 63
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pour servir à des expériences médicales. Parfois le propriétaire a vendu les enfants à quelqu’un d’autre. – Nous ne pouvons pas faire plus en ce moment, dit Steven. Nous reviendrons. Le bateau s’en va de nouveau. Pas d’Esiama ici
Il faut retrouver Esiama, un garçon de 17 ans qui est esclave depuis dix ans. Ils savent le nom du propriétaire et sont presque sûrs du nom du village où il habite. Il y a beaucoup de canots sur la plage. Ils demandent à un garçon des renseignements sur le propriétaire et sur Esiama. – Ah oui, c’est mon père. Il est à la maison et Esiama est avec lui. Bien ! Bien travaillé, Steven. C’est la première fois qu’ils viennent à cet endroit et ils ont un choc en s’approchant des huttes. Il y a des enfants partout. Des centaines d’enfants. Tous ces enfants ne peuvent pas apprtenir au village. Ils s’assoient sur des bancs, devant la maison du chef de
village. Trois hommes qui représentent le village arrivent. Le théâtre commence. Steven dit le nom du propriétaire d’esclaves qu’ils veulent rencontrer. – Il n’y a personne de ce nom ici, disent-ils. Steven explique qu’il sait que l’homme est là et il sait qu’il est chez lui en ce moment précis. Non, il a mal compris. Les hommes se regardent confus. Adultes et enfants se sont rassemblés autour de la hutte et écoutent avec intérêt. Steven répète tranquillement qu’il sait que l’homme est là, et montre quelques papiers. Trois hommes demandent de pouvoir se retirer un instant pour se consulter. Ils disparaissent derrière l'angle de la maison.
Voilà Esiama !
Quelques minutes plus tard les hommes reviennent et s’assoient. L’un d’eux reconnaît que c’est lui-même qu’ils recherchent. Steven dit qu’ils sont venus chercher Esiama. Sa mère veut qu’il revienne à la maison. – Il n’y a pas d’Esiama ici, dit-il. Steven regarde ses papiers et dit qu’il sait qu’Esiama est là et qu’il va être ramené. La nervosité augmente. De plus en plus de gens se sont rassemblés autour de la hutte. Steven explique que ou bien il relâche Esiama maintenant, ou il reviendra avec la police. Ce qui lui coûtera cher. – Le voilà ! crie soudain quelqu’un ! C’est Esiama ! Un grand garçon vêtu d’un maillot bleu d’une équipe de foot, s’avance. Et disparaît aussi vite qu’il est venu. L’un des hommes se lève et
jette une chaussure contre un groupe d’enfants entourés d’adultes. – Allez-vous en ! Essaie de bluffer
Les hommes se lèvent. Ils parlent tous à la fois. Steven se dresse aussi mais est toujours calme. Le propriétaire regarde Steven menaçant. – J’ai payé pour qu’Esiama travaille chez moi et le contrat est toujours valable ! crie-t-il. Je ferai tout pour le garder! Comment sa mère peut-elle vous envoyer pour le reprendre ! Si on m’oblige à le
– Ils me disaient des méchancetés sur mes parents et que j’étais bête et que je n’étais bon à rien, dit Esiama.
Enfin libre : Il s’agit de faire
monter rapidement Esiama à bord du bateau de Challenging Heights, dont le moteur est en marche pour pouvoir partir vite. Le propriétaire avait fait peur à Esiama en lui disant que ceux qui viendraient le chercher ne l’amèneraient pas à ses parents mais dans un endroit très dangereux.
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rendre, je lui ferai une vie d’enfer ! Steven répète qu’il n’a que deux choix. Ou Esiama part avec lui, ou il reviendra le lendemain avec la police. Les hommes du groupe discutent entre eux le pour et le contre. Quelqu’un dit que c’est peut-être mieux de le laisser partir. Ils pourraient tous avoir de graves problèmes. La femme du propriétaire dit qu’ils peuvent repartir et promet qu’ils reviendront avec Esiama le lendemain. Steven a déjà entendu cela. Il sait que c’est du bluff. – Non, dit-il. Il n’y a que deux solutions. – Puisqu’on vous dit qu’on viendra demain avec lui ! crient-ils. – Non. Dans ce cas, je vais
chercher la police. Ils réalisent que Steven n’abandonnera pas. Vite partis
Esiama n’a besoin que de quelques minutes pour rassembler ses affaires. Elles tiennent toutes au fond d’un sac à dos. Il a l’air d’avoir peur, mais il part. Un grande foule le suit jusqu’au bateau. Il y a encore de l’agressivité dans l’air et les propriétaires d’esclaves crient. Il s’agit de partir avant qu’un incident se produise. Le capitaine du bateau est prêt et le moteur tourne. Esiama a embarqué. Le bateau s’éloigne et, arrivé au large, met toute la puissance. Demain Esiama commen cera la première classe.
Le bateau de Challenging Heights quitte le rivage investi de la mission de sauver Esiama.
Esiama n’est jamais allé à l’école et ne peut ni lire ni écrire. – C’est bien de pouvoir commencer l’école. Mais c’est un peu gênant d’être avec de si petits enfants.
Beaucoup de nouveaux amis attendaient au foyer sécurisé de Challenging Heights pour enfants qui ont été esclaves. Il a fallu quelques jours avant qu’Esiama se sente en sécurité. Mais ensuite il était de bonne humeur et jouait au foot avec les autres garçons.
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Kwesida – dimanche Les enfants prient pour leur famille et leur avenir. Dimanche est le jour de la grande lessive.
Les enfants aident à cultiver les légumes. Tôt le matin Kojo, arrose les légumes. Le foyer essaie de cultiver tous les légumes nécessaires et les enfants les plantent aussi.
Dwoda – lundi Ceux qui en ont besoin se font raser la tête.
La semaine d’un esc la
Benada – mardi
Quand ils étaient esclaves, les enfants du foyer protégé Challenging Heights travaillaient dur et ne dormaient pas assez. Tous les jours étaient pareils. Mais auprès de Challenging Heights, il se passe des choses intéressantes toutes les semaines. Wukuda – mercredi
Aujourd’hui on sert le plat préféré de beaucoup, du kenkey et sauce de cacahuète. Le kenkey est une pâte épaisse faite de maïs.
Cela fait du bien aux enfants de dessiner. Kojo montre fièrement son avion.
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La plupart des enfants n’étaient jamais allés à l’école. C’est amusant d’aller à l’école.
Beaucoup d’enfants ont besoin de nouvelles chaussures. On dessine les pieds pour que les pointures soient justes.
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Yawda – jeudi Quand les enfants étaient esclaves, ils ne trouvaient pas les bateaux très intéressants. Maintenant, ils jouent avec les bateaux qu’ils ont faits eux-mêmes. Chaque jour se termine par le bain du soir.
sc lave libre Fida – vendredi Après que les carreaux ont été cassés les uns après les autres, il n’est plus question de football dans le jardin intérieur. Pas avec de vrais ballons. Les garçons ont fait un ballon avec des sacs en plastique et des ficelles. Il ne casse pas les carreaux.
Memenda – samedi
Aujourd’hui c’est la fête d’adieu pour tous ceux qui retournent chez leurs parents. Kweku est triste de devoir dire adieu aux amis qui retournent à la maison. Tous ne sont pas contents de devoir quitter les camarades.
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Salut au Ghana Voici comment les amis se saluent au Ghana :
3. Saisir les doigts de l’ami
5. Retenir le doigt majeur et tirer subitement afin que cela produise un clic.
1. Se donner la main 2. Se reprendre la main
4. Saisir et tenir longtemps le doigt majeur de l’ami
Trois frères libérés Les frères Kweku 5 ans, Kojo 7 ans et Kwame 8 ans, ont été pris par un propriétaire d’esclaves quand leur mère n’a pas pu rembourser l’argent emprunté pour l’enterrement de leur père. Après une année d’esclavage, les frères ont été libérés par Challenging Heights. – Quand on est venu nous chercher, le propriétaire nous a dit qu’on ferait de nous des médicaments. Nous avions très peur, raconte Kwame. – Je voulais retourner à la maison et je pleurais tous les jours, dit Kojo.
Kojo pleure de peur chez le propriétaire d’esclaves.
Les trois frères esclaves libérés Kweku, Kojo et Kwame se plaisent dans le foyer sécurisé de Challenging Heights.
Le frère cadet Kojo et un autre enfant esclave ont été libérés par la police.
Voici Kojo avec la bouée de sauvetage sur le bateau de Challenging Heights depuis qu’il a été libéré.
La leçon d’anglais sur les parois de l’école de James et de Challenging Heights.
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Les enfants ne parlent plus – Après avoir été libérés de l’esclavage, les enfants viennent d’abord ici et y restent entre quatre mois à une année. Les enfants sont souvent traumatisés, raconte Linda Osabutey. Elle est administratrice du foyer sécurisé. Être traumatisé, signifie que l’on a vécu quelque chose d’horrible et qu’on en est bouleversé. – Les enfants ont peur et ne se sentent pas en sécurité. Ils refusent le contact visuel et ont de la peine à dormir. Parfois ils ne parlent plus. Nous avons eu des enfants qui n’ont parlé qu’après des mois. Il arrive qu’ils ne sachent
même pas leur nom ou le nom de leurs parents. Linda raconte que parfois les enfants ont été esclaves si longtemps que les parents ne les reconnaissent plus, ni que les enfants reconnaissent leur père ou leur mère. Dans le foyer sécurisé on procède à des visites médicales et les enfants
– Quand les enfants arrivent ici, ils ont souvent peur et certains ne parlent plus, dit Linda, l’administratrice. Elle tient dans ses bras les deux enfants plus jeunes Kweku, 5 ans et Junior, 6 ans.
Esclave jour et nuit Mabel a 15 ans. Il y a deux
ans, sa mère est morte. Son père avait quitté la famille depuis longtemps. Mabel et ses frères et sœurs ont été placés chez des membres de la famille. Pour survenir à ses besoins et à ceux de ses frères et sœurs, Mabel a dû travailler dur. La nuit, elle allait pêcher. Le matin, elle allait chercher du bois et aidait à préparer la bouillie de maïs kenkey. Ensuite, elle préparait le déjeuner pour tous ceux qui étaient sur les bateaux. Puis venait l’heure de préparer le dîner.
reçoivent l’aide nécessaire pour se remettre complètement. – On les a tellement grondés et battus qu’ils n’ont plus confiance en soi, dit Linda. On aide les enfants entre autres par de l’art-thérapie, ils peuvent peindre, dessiner et créer. – Le simple fait de pouvoir écrire son nom procure une grande force. Et leurs parents sont fiers et comprennent que
l’école c’est important. Beaucoup d’enfants ne se sont jamais sentis aimés. Ici, ils peuvent être des enfants. Peut-être pour la première fois de leur vie. Nous leur donnons autant de soins et d’amour que nous pouvons, jusqu’à ce qu’ils soient assez forts pour pouvoir retourner à la maison, dit Linda. La première année, après le retour des enfants chez eux, le personnel de Challenging Heights rend visite à la famille une fois par semaine. Ils veulent vérifier que les enfants se sentent bien et qu’ils aillent à l’école. Après la première année, les visites ont lieu une semaine sur deux.
Quel serait ton nom au Ghana ? Quand James utilise son deuxième nom, Kofi, on sait qu’il est né un vendredi. Au Ghana les enfants sont baptisés selon le jour de la semaine où ils sont nés. On croyait que le jour de la semaine déterminait quelle personne on serait. En plus du nom qui vient du jour de la semaine, les enfants ont d’autres noms. Quel serait ton nom si tu étais né/e au Ghana? Jour fille garçon Lundi Adwoa, Adjoa Kojo, Kwadwo Mardi Abena, Araba Kobena, Kwabina Mercredi Akua, Ekua Kweku, Kwaku Jeudi Aba, Yaa Yaw, Kwao Vendredi Afua, Efua Kofi, Yoofi Samedi Ama, Awo Kwame, Kwamena Dimanche Akosua, Esi Kwesi, Kwasi
Une semaine jour après jour ! De gauche à droite voici les amis nés d’un lundi à un dimanche. Jessica Adjoa (lundi), Arhinful Kwabina (mardi) Arhinful, Maagew Kwaku (mercredi), Daniel Yaw (jeudi), Afedzie Kofi (vendredi), Mabel Ama (samedi) et Donkor Kwesi (dimanche).
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– Je ne dormais presque pas, dit Mabel. Chaque soir, j’espérais qu’éclate un orage pour ne pas avoir à travailler sur le fleuve. Elle a de vilaines cicatrices sur le dos qui viennent des coups de pagaie. La famille a ses propres enfants qui ont pu aller à l’école, mais Mabel et ses frères et sœurs n’ont pas pu. Un jour sont arrivés Steven et Linda de Challenging Heights. Ils ont dit aux parents de Mabel que c’est dans la loi que les enfants aillent à l’école et qu’ils amèneront Mabel et ses frères et sœurs. – Ils ne voulaient pas nous lâcher. Alors Steven et Linda sont revenus nous chercher avec la police. Mabel est heureuse de vivre dans le foyer sécurisé et d’aller à l’école. – Si j’étais présidente du Ghana je ferais en sorte que les gens sachent qu’on peut aller en prison si on achète des esclaves.
Je suis courageux.
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