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Fra Sompop Jantraka, Thailand

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Sompop Jantraka NOMINÉ HÉROS DES DROITS DE L’ENFANT pages 70–89

Pourquoi Sompop a-t-il été nominé ? Sompop Jantraka a été nominé au Prix des Enfants du Monde 2013 pour son long combat de près de 25 ans contre la traite de personnes, l’exploitation d’enfants par l’industrie du sexe et contre tout travail forcé et dangereux. Sompop a grandi dans la pauvreté et a commencé à travailler à six ans. Son organisation DEPDC/GMS (Development Education Programme for Daughters and Communities/ Greater Mekong Sub-Region) a donné à des milliers d’enfants pauvres de la région du Mékong – Thaïlande, Laos, Birmanie, Cambodge, Vietnam et Chine – protection et éducation. Ces enfants appartiennent aux ethnies indigènes, discriminées dans leur propre pays et vivant dans la pauvreté. Souvent les enfants ne sont pas enregistrés à la naissance: Ils n’ont donc pas de nationalité et ne peuvent souvent pas aller à l’école. Le travail de Sompop lui a valu beaucoup d’ennemis, mais malgré les menaces de mort, il a créé une école, une école professionnelle, deux foyers sécurisés pour les enfants vulnérables, une ligne téléphonique de crise 24 heures sur 24 et une station de radio et de télé dirigée par les jeunes. Sompop sauve les enfants du commerce sexuel en leur donnant la connaissance, la sécurité, la confiance en soi et l’espoir en l’avenir.

Sompop Jantraka a grandi dans une famille pauvre du sud de la Thaïlande et dès l’âge de six ans a dû travailler pour survivre. Il a creusé des tombes et des puits, a broyé des minéraux et ramassé déchets et bouteilles dans les rues pour se nourrir et payer taxes scolaires. Plus tard, Sompop atrouvé cela naturel de se battre pour les droits à l’école et contre la traite de personnes dont sont victimes chaque année des dizaines de milliers d’enfants dans le Sud-Est asiatique.

qui doit être déplacée. Parfois il trouve aussi des pièces de monnaie ! Creuser des puits est un autre travail que font de jeunes garçons. Les puits sont étroits et ont plus de quinze mètres de profondeur. La première fois que Sompop doit creuser dans le noir il a si peur qu’il tremble. Il sait que des enfants sont morts étouffés tout au fond du puits.

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Le père de Sompop abandonne la famille et Sompop envoie à sa mère tout ce qu’il gagne. Il n’a plus les moyens de manger comme il faut ni d’acheter l’uniforme scolaire. Mais un nouvel enseignant arrive à l’école et tout change. Elle s’appelle Becky, elle vient d’un autre pays, comme volontaire. Becky est adulte mais traite Sompop et les autres

dix ans Sompop accompagne sa mère au travail de la mine. Avec ses six frères et sœurs il broie des minéraux, tamise et lave les pierres. Quand il n’y a plus de minéraux dans une mine, la famille doit chercher du travail ailleurs. Parfois il n’y a pas d’école là où ils vont. Comme Sompop est le frère aîné, les parents déci-

dent qu’il habitera chez des parents et étudiera. Sa famille lui manque mais Sompop adore l’école. Les parents chez qui il vit sont aussi pauvres, alors il accepte tout travail. Ses journées sont longues, mais parfois il peut s’offrir une glace. À douze ans Sompop doit déterrer le reste d’os et de vêtements dans une tombe

Abandonnés par papa

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Sompop s’est occupé de toute l’école. Il a tout fait, il a ramassé les ordures, enlevé les mauvaises herbes et construit des niches pour les chiens de ses enseignants.

Sompop réussit son examen d’admission et est admis au foyer de l’école. Guide d’aventure dans la jungle

enfants avec politesse et respect. Elle ne les bat pas, comme font d’autres enseignants. Elle utilise des jeux, des séries, des images et des récits captivants pour éveiller leur intérêt. Sompop apprend l’anglais, l’histoire et s’intéresse à diverses cultures. Il s’ouvre sur le monde et sur lui-même et ne sèche plus les cours. On pense que Sompop terminera l’école et travaillera à plein temps. Le lycée c’est trop cher, les élèves de sa classe viennent de familles riches. Mais Sompop quitte l’école primaire avec d’excellentes notes et un enseignant lui parle d’une école dans une autre ville qui accepte les élèves pauvres, s’ils réussissent le difficile examen d’admission. Sompop prend le train pour l’école. Comme il ne connaît personne dans la ville étrangère, il ne voit pas d’autres solutions que de dormir dans la rue, quand un garçon de son âge, lui demande : - Qu’est-ce que tu fais ? – Je cherche un endroit pour dormir. – Viens avec moi ! Sompop le suit jusqu’à une maison à l’abandon derrière

le temple. Dès l’entrée il est saisi par une odeur épouvantable. Dans l’obscurité Sompop devine des cadavres, des caisses et de vieux vêtements un peu partout sur le sol et entassés jusqu’au plafond. Men Sompop est content d’avoir trouvé une place pour dormir. Pendant deux semaines les garçons étudient ensemble. Ensuite

Tout en suivant l’université Sompop fait le guide d’aventure pour les touristes étrangers dans les montagnes et la jungle du nord de la Thaïlande. Certains d’entre eux travaillent dans des organisations qui luttent pour les droits de l’enfant et contre le travail des enfants. Sompop apprend beaucoup. Il rencontre les ethnies Akha, Lahu, Lisu et Karen dans les villages isolés de montagne. Il comprend petit à petit la culture et la langue des gens de la montagne, mais aussi que beaucoup d’entre eux sont pauvres et discriminés par les autorités. Ceux qui

souffrent le plus ce sont les enfants. Sompop fait des interviews de jeunes filles dans les bordels à Bangkok. À ce moment-là personne ne veut parler de l’industrie du sexe en pleine expansion en Thaïlande, en dépit des milliers de touristes qui viennent des quatre coins du monde pour ses bars et ses bordels. Les récits des filles choque Sompop. Elles sont traitées comme des esclaves. Si elles essaient de s’enfuir elles sont sévèrement punies. Beaucoup viennent des villages pauvres des montagnes. D’autres ont été vendues par leurs propres parents. Les bandes vendent les enfants

Sompop se rend dans le Triangle d’or, une zone dan-

Sompop et son organisation se battent contre la traite de personnes et protègent les enfants des régions de montagne en Thaïlande, Birmanie, Laos, la province du Yunnan en Chine, Cambodge et Vietnam. C’est la région du Mékong où des bandes dangereuses déploient leur trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains.

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gereuse où les montagnes de la Thaïlande, du Vietnam, de la Birmanie et du Laos se rencontrent. Depuis une centaine d’années des bandes y vendent de la drogue et des armes. À présent les bandes y font aussi commerce d’enfants et de femmes. Le centre de la traite de personnes se trouve à Mae Sai, une petite ville frontière de Birmanie. En 1989, quand Sompop y vient pour la première fois, il y a près de 60 bordels. Les filles sont abusées et préparées pour une vie d’esclaves. On leur a dit de ne jamais dire d’où elles viennent, ni leur âge. Elles ont de faux papiers et sont vendues aux endroits touristiques en Thaïlande et des pays comme la Malaisie, le Japon et Singapore. Un soir à Mae Sai Sompop

rencontre un touriste australien qui vient en Thaïlande depuis quinze ans pour acheter du sexe avec de jeunes filles. Il fait visiter la ville à Sompop. Il connaît des filles dans presque tous les bordels. Il plaisante avec les enfants, fait des grimaces pour les faire rire. Plusieurs filles l’appellent « papa » ! Mais il les abuse, certaines ont à peine dix ans. Et il n’a même pas honte. – Elles devraient être à l’école, dit Sompop. – Non, dit l’homme. Elles ne peuvent pas aller à l’école, elles n’ont pas d’argent et personne ne veut d’elles. – Peut-être, dit Sompop. Mais ça va changer ! Beaucoup exploitent les filles

Sompop fait le tour des villages de montagne. Partout il Mae, 12 ans, de Birmanie et Julie, 15 ans, de Chine, vivent dans l’un des foyers sécurisés de Sompop. La mère de Mae est morte et son père a dû chercher du travail à des centaines de kilomètres. La mère de Julie est très malade. Au foyer de Sompop dans la ville de Mae Chan, elles sont protégées contre les bandes criminelles à la recherche de filles vulnérables et elles peuvent aller à l’école plutôt que de travailler.

rencontre des gens qui gagnent de l’argent par la traite de personnes. Parmi les parents qui vendent leur propre fille, certains croient qu’elles travailleront dans un hôtel ou un restaurant, d’autres savent qu’elles seront exploitées dans l’industrie du sexe. On paye les chefs de village et les maîtres d’école pour qu’ils indiquent les filles qui peuvent être achetées. Les chauffeurs de taxi transportent les victimes jusqu’à la frontière, alors que la police et les militaires sont soudoyés et ferment les yeux. Et les moines du temple ne protestent pas. Dans la plupart des villages il n’y a presque plus de filles de plus de 13 ans. – Mais qu’est-ce que vous faites ? dit Sompop indigné aux villageois. N’y a-t-il pas d’enfants qui veulent aller à l’école?

Les villageois se moquent de Sompop. Ils disent que c’est bien que les enfants aillent travailler. Ils montrent quelques adolescentes du peuple Akha qui ont échangé leur costume traditionnel contre une paire de jeans. Elles sont prêtes à quitter le village. Sompop leur demande: Voulez-vous aller à l’école ? – Oui, répond l’une d’elles. Mais maman a déjà reçu l’argent, ce n’est plus possible. Sompop désigne quelques jeunes filles et demande : – Et elles ? – Elles partent l’année prochaine. Sompop comprend que certains enfants ont besoin d’une protection particulière. Par exemple ceux dont les parents boivent ou se droguent. Ou dont le père ou la mère a contracté le VIH/sida,

Ils gagnent sur le dos des en Autour du malheur de chaque enfant vendu, il y a le profit de plein de gens. Sompop appelle cela une spirale de sangsues où les adultes sucent le moindre sou des veines des enfants. • Les parents ont souvent une « avance » sur le « salaire » des enfants. Mais le taux est si haut que la dette ne peut jamais être acquittée. Les enfants deviennent esclaves pour dettes.

• Intermédiaires, chefs de village et enseignants donnent des informations sur les enfants vulnérables, et sont payés pour ne pas stopper le commerce. • Les chauffeurs de taxi conduisent les victimes à la frontière et les clients dans les bars et les bordels. • Les trafiquants de personnes qui sont liés à des bandes criminelles, s’enrichissent en achetant et vendant des enfants comme de la marchandise. • Les proxénètes et proprié-

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ou une autre maladie et ont besoin d’argent pour les médicaments. Le pire ce sont les enfants qui ont été abusés sexuellement, parfois par leur beau-père. On les considère de toutes façons perdus et bons pour l’industrie du sexe. – Personne ne prend le problème au sérieux, pense Sompop. Mais je veux sauver autant de filles que possible. Et la meilleure façon est de les contacter avant qu’elles soient vendues. Après c’est trop tard. Campagne de persuasion

Sompop trouve 30 filles prêtes à être renvoyées des vilages. Il essaie de persuader leurs parents de les laisser aller à l’école et offre de payer leurs taxes scolaires. Il insiste et gronde, il prie et demande : « Allez-vous simplement les abandonner? » Une vraie compétition s’engage entre

des enfants taires de bordels et bars prennent presque tout l’argent gagné par les enfants. • Les guides locaux emmènent les touristes aux bars et bordels et ont un pourcentage de l’argent qu’ils payent. Des agences de voyage internationales profitent aussi du tourisme sexuel impliquant des enfants. • Les banques prêtent de l’argent avec intérêt aux propriétaires de bordels et aux trafiquants. • Les moines bouddhistes ne protestent pas contre la

Sompop et les trafiquants de personnes. Sompop assemble l’argent pour les uniformes et les taxes scolaires. Quand il revient dans les villages, près de la moitié des filles ont déjà disparu. Les parents n’ont pas pu attendre. Mais il reste encore 19 filles qui habitent des villages éloignés et ne peuvent pas faire l’aller-retour pour l’école tous les jours. Certaines filles ont besoin de protection contre un beaupère violent, la drogue ou la menace des bandes criminelles. Sompop doit alors organiser l’école et le logis pour toutes les filles. Il parle de nouveau aux familles et leur dit, comme les trafiquants, qu’elles doivent signer un contrat. – Je promets de prendre soin de vos enfants, comme si elles étaient mes propres filles

pendant au moins trois ans. Vous promettez qu’elles finiront l’école. Si vous cassez le contrat, vous devrez rembourser. Tous les parents signent. C’est le début de l’organisation de Sompop : Daughters Education Program (Programme pour l’Education des Filles) Avec Alinda, une jeune enseignante, Sompop crée

une école et un foyer pour filles dans la ville de Mae Sai. Au début c’était difficile, pas uniquement à cause du manque d’argent. Les filles n’ont pas confiance en soi et elles ont peur. Sompop les oblige à apprendre à se connaître elles-mêmes et leur environnement. Parfois il a envie de pleurer de compassion. Il a envie de les secouer et leur crier : « Réveille-vous !

vente d’enfants et ne refusent pas les aumônes, même quand elles proviennent de trafiquants de personnes. • Les médecins sont soudoyés pour écrire de faux certificats de santé concernant les enfants. • La police, les gardes-frontières et les fonctionnaires sont soudoyés et ferment les yeux sur la traite de personnes. • Certains politiciens ont des liens avec la traite de personnes et les bandes criminelles, et acceptent de l’argent pour leurs campagnes électorales contre des faveurs.

Chauffeurs de taxi, chefs de village, médecins, parents, policiers et guides touristiques – beaucoup gagnent de l'argent grâce à la traite des enfants.

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Beaucoup de filles viennent de Birmanie (Myanmar).

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Mod, 12 ans, appartient à l’ethnie Akha. Sa famille a fui la Birmanie pour la Thaïlande, avant sa naissance. Le père de Mod est mort quand elle était petite et sa mère est trop malade pour s’occuper d’elle. Dans le village où Mod a grandi avec sa grand-mère il n’est pas rare que l’on boive trop d’alcool. Il y a souvent des bagarres. Les filles de l’âge de Mod, de familles pauvres, doivent être protégées contre les trafiquants de personnes, car le risque est grand qu’elles soient vendues et abusées, parfois dans l’industrie du sexe. Grandmère s’ennuie d’elle, mais elle sait que Mod a la chance d’un meilleur avenir si elle a de l’instruction.

Bougez, parlez plus fort, dites ce que vous pensez, défendezvous ! » Sompop comprend que son école doit être différente. – L’école ordinaire est peutêtre bonne pour les enfants qui vont déjà bien, dit-il à Alinda. Mais nos enfant ont besoin d’autre chose. Ils doivent apprendre à lire, écrire et compter mais ils ont besoin surtout de leçons de vie. À l’école, elles sont en sécurité, mais elles ne peuvent pas rester ici toute la vie. C’est pourquoi, nous leur apporterons des connaissances sur la traite de personnes, les droits de l’enfant et leur propre culture. Ainsi elles pourront se protéger. « On va te tuer! »

Sompop commence à dire dans les journaux et aux politiciens que la traite de personnes doit cesser. Très vite il se fait de puissants ennemis parmi ceux qui gagnent énormément d’argent par la traite de personnes. Le téléphone sonne en pleine nuit et des voix menaçantes lancent : « Quitte la ville, sinon on te tue » « On va brûler ton

école » Sompop n’a pas peur pour lui-même, mais pour sa femme et ses deux enfants. Pendant dix ans, il ne vit pas avec sa famille par peur qu’ils soient agressés. Il ne les rencontre qu’en secret, dans une autre ville. La police et les militaires viennent plusieurs fois chez lui. Ils sont fâchés et disent qu’il nuit à la réputation de la

Thaïlande. Il doit cesser de dire que les enfants sont obligés de travailler et qu’ils sont vendus comme esclaves. Il ne doit pas critiquer la police, les militaires et les politiciens. Mais Sompop ne se laisse pas intimider : – On ne peut pas ignorer le problème. Ce n’est que la réalité ! Le combat continue

La maison des esprits apporte protection Autour des écoles et des foyers sécurisés de Sompop dans le nord de la Thaïlande, il y des maisons miniatures appelées « maisons des esprits » Ces petites maisons se trouvent partout en Thaïlande et les esprits protègent tout, des bâtiments et écoles jusqu’aux rizières, usines, terrains de foot et temples. Chaque jour, les gens allument des bâtonnets d’encens et déposent près des maisons fruits, fleurs, limonades et douceurs, pour le bien-être des esprits.

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Ainsi travaillent Sompop et son organisation Sompop et DEPDC/GMS

Avec connaissance et humour, Sompop entraîne ses jeunes élèves à avoir plus confiance en soi et à devenir les dirigeants de demain.

Cela fait près de 25 ans que Sompop a commencé son travail. Les 19 premières filles sont adultes et beaucoup travaillent avec Sompop comme animatrices ou enseignantes. D’autres filles ont créé leur propre projet et font partie du grand réseau de Sompop qui travaille contre la traite de personnes dans toute la

région du Mékong. Avec ses jeunes étudiantes, Sompop a créé un mouvement qui a protégé et instruit des milliers d’enfants pauvres. Mais il reste encore beaucoup à faire. Tous les ans des dizaines de milliers d’enfants sont victimes de la traite de personnes. – Nous n’abandonnerons

jamais. Cela me fait mal de voir des filles enfermées et maltraitées dans les bordels. Par chaque enfant que nous sauvons, nous améliorons le futur, dit Sompop. 

Couleur au lieu de l’uniforme ! En Thaïlande presque tous les écoliers portent l’uniforme et même une coiffure spéciale (cheveux courts pour les garçons, mi longs pour les filles !) mais Sompop veut que son école soit libre. Les enfants s’habillent comme ils veulent, mais pour s’amuser l’école a un schéma de couleurs que les enfants peuvent suivre s’ils veulent !

Mardi : Rose

Jeudi : Pullover bleu foncé

Mercredi : Bleu clair

Lundi : Jaune

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Vendredi Vêtements traditionnels

dirigent entre autres : • Une école pour des centaines d’enfants pauvres qui seraient obligés de travailler et seraient vendus à des trafiquants de personnes. Ils y apprennent les matières courantes et la vie. • Les foyers sécurisés pour enfants qui ne peuvent vivre dans leur famille à cause du risque d’être vendus et abusés, ou parce qu’ils sont orphelins ou abandonnés. • Formation de dirigeant pour enfants et adolescents pauvres des montagnes. • Stations de radio et TV où les enfants apprennent à utiliser les médias pour faire entendre leur voix et informer sur la traite de personnes et les droits de l’enfant. • École du soir ouverte pour des jeunes plus âgés, parents et moines dans la zone frontière entre la Thaïlande et la Birmanie. • L’école et un projet d’agriculture biologique dans les villages pauvres des montagnes. • Campagnes d’information qui influencent la législation et les attitudes envers les enfants et les trafiquants de personnes.

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Susanae, 12 ans, passe chaque jour la frontière entre le Birmanie, son pays et la Thaïlande. Pour elle et d’autres filles birmanes l’éducation est gratuite à l’école de Sompop. Ce qui les protège aussi du trafic de personnes et du travail des enfants.

6h00 On roule vers la Thaïlande

La radio des Droits de l’Enfant ! Susanae et son ami Jan Kam animent leur

premier programme de radio sur le canal radio de l’école : Child Voice Radio ! (La Voix des Enfants) Il faut penser à beaucoup de choses. – Le plus difficile c’est de passer de la musique à la parole, monter un volume et en baisser un autre ! Sompop pense que les médias sont une bonne chose pour aider les enfants à faire entendre leur voix. C’est pour cela que les enfants apprennent à faire de la radio et de la télé à l’école. Les émissions de télé sont montrées par la chaîne de l’école sur Youtube. Child Voice Radio est retransmise, six jours par semaine, dans toutes les langues des habitants des montagnes, dans toute la zone frontalière entre la Birmanie et la Thaïlande. Les élèves en sont les animateurs et décident de ce dont ils veulent parler. Leur programme couvre tout, des Droits de l’Enfant aux nouvelles et la musique. Susanae sait déjà de quoi sera faite la prochaine émission. – Nous voulons parler de choses qui arrivent à l’école et de santé, dit Susanae, qui veut aussi parler de comment vont les enfants dans son village. – Si je n’allais pas à l’école de Sompop, je serai obligée de travailler. Dans mon village les Droits de l’Enfants ne sont pas vraiment respectés. J’aimerais que mes parents travaillent moins pour qu’on puisse se parler. Parfois, les adultes ne savent pas écouter les enfants, à la place, ils crient. Peut-être parce qu’ils sont fatigués.

Susanae

5h30 Réveil en Birmanie !

Susanae recueille les camarades d’école sur son vélo en chemin vers la frontière.

07h00 Passer la frontière Avant, les enfants devaient nager en cachette dans le fleuve pour passer la frontière afin de se rendre à l’école. Mais à présent tout le monde connaît Sompop et son école. Les gardes- frontière savent que Susanae revient l’après-midi en Birmanie.

8h00 Bondé mais agréable Un bus scolaire amoché attend près de la frontière que tous les enfants se soient entassés à l’intérieur.

8h30 Sawadee ! Salut ! Le jour commence par un chant dans la cour de l’école sous le drapeau thaïlandais.

11h30 Entretien pendant le déjeuner Susanae raconte à son grand frère Pek les nouvelles de la maison. Il suit la formation d’animateur pour jeunes gens de Sompop et est interne de l’école.

09h00 Leçons de langues Susanae aime apprendre les langues comme le chinois et l’anglais.

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va


va à l’école de l’autre côté de la frontière 12h00 Pause et corde à sauter Qui saute le plus haut ? Le jeu Yang te permet de presser l’élastique avec les pieds s’il arrive au-dessus de la ceinture !

12h30 Pause de nettoyage Susanae et ses camarades d’école veillent à l’ordre et à la propreté de la cour d’école.

14h00 Leçons de cuisine Les leçons pratiques de l’après-midi, apprennent aux enfants la menuiserie, à coudre, tisser, utiliser un ordinateur et cuisiner. Aujourd’hui, Susanae prépare un dessert aux bananes !

17h30 Devoirs !

16h00 Manque de temps ! Les enfants birmans se dépêchent d’arriver à la frontière qui ferme à six heures. Une fois, Susanae est arrivée trop tard et a dû dormir à l’école !

Au terme d’u long jour, c’est agréable de s’endormir auprès du petit frère, de maman et papa.

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21h00 Bonne nuit !

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Fanta est protégée contre le Fanta a huit ans quand son père disparaît. Maman dit qu’il travaille loin de la maison, mais il n’envoie jamais d’argent et la famille survit à peine. Les trafiquants de personnes sont constamment à la recherche de filles pauvres comme Fanta. Dans beaucoup de villages de sa région, il n’y a presque plus de filles de plus de 13 ans.

F

anta ne comprend pas tout de suite que son père est vraiment parti. Les derniers temps, il n’était pas souvent à la maison, car il avait trouvé une autre femme. Fanta appartient à l’ethnie Hmong, dont la tradition permet aux hommes d’avoir plusieurs femmes. Fanta trouve cela injuste, car les femmes ne peuvent avoir qu’un mari. Papa passe d’une famille à l’autre, jusqu’au jour où il ne revient plus. – Pourquoi est-ce que papa ne vient plus à la maison ? demande Fanta. Maman répond qu’il travaille très loin et qu’il n’a pas le temps. Mais il y a quelque chose de bizarre. S’il travaille, pourquoi ne leur envoie-t-il jamais de l’argent ? La famille a tout juste de quoi se nourrir et tous les enfants doivent arrêter l’école. Un jour, maman dit que Fanta et son petit frère Sak doivent partir. – Vous habiterez dans un temple bouddhiste où ils prennent soin des orphelins, explique-t-elle. Elle dit qu’elle ne peut plus s’occuper d’eux. Ses frères et sœurs plus âgés 78

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e les trafiquants de personnes

Fanta est née il y a 14 ans, pendant la nuit, dans la maison familiale en bambou recouverte d’un toit en feuilles de palmier. La maison n’a que deux pièces très petites. Malgré cela, le père de Fanta a réussi à dormir pendant tout l’accouchement, raconte sa mère !

Fanta et sa famille ont accroché une amulette en tissu au-dessus de la porte pour qu’elle protège la maison contre les mauvais esprits !

travailleront, mais Fanta n’a que dix ans et Sak, huit. – Ce sera mieux pour vous, vous irez à l’école, dit maman quand les enfants pleurent. À l’étroit dans le temple

Fanta et Sak vont dans un temple qui se trouve à des dizaines de kilomètres de la maison. Ils sont entassés dans des dortoirs avec 200 autres enfants qui viennent aussi de villages Hmong pauvres. Ils sont nourris et vont à l’école, mais Fanta veut retourner à la maison. – Il y a trop d’enfants et

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trop peu de moines, ils ne s’occupent pas assez de nous, dit Fanta à Sak. Un samedi matin, Sak et ses amis courent en cachette vers le fleuve pour jouer. C’est un endroit qui leur est interdit, car les enfants des montagnes ne savent pas nager. Sak et ses amis épluchent des fruits et jettent les épluchures dans l’eau pur voir lesquelles reviennent le plus vite à la surface. Soudain, un garçon trébuche et tombe dans l’eau tourbillonnante. Sak se jette à l’eau et attrape le bras de son ami, mais est aussi entraîné. Les garçons luttent désespérément sans pouvoir se maintenir à la surface. En les voyant disparaître sous l’eau, les autres enfants courent au temple. – Au secours ! Ils se noient. Fanta se précipite avec les

autres enfants et les moines vers le fleuve. Elle court le long de la berge à leur recherche, mais il est trop tard. Elle ne voit qu’une chaussure de Sak qui flotte sur l’eau. Après plusieurs heures de recherche, on trouve les deux garçons. En voyant les deux corps couchés l’un à côté de l’autre, Fanta ne peut pas croire que Sak est mort. Il semble dormir. L’aide des esprits

qu’elle ne devra pas retourner au temple. Cela la réjouit, malgré sa grande peine. L’enterrement se déroule pendant trois jours. Le corps du petit frère est revêtu du costume traditionnel Hmong avant d’être déposé dans une nacelle. Les villageois entonnent des chants de circonstance et jouent du tambour. Pendant que l’on conduit le cercueil au cimetière, un porteur de flambeau les précède pour que

Quand Fanta revient à la maison avec le corps de son petit frère, maman lui dit

Le scarabée comme jouet Les enfants plus petits dans le village de Fanta, ont de grands scarabées comme mini animaux domestiques et jouets !

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le petit frère ne se perde pas sur le chemin vers l’au-delà. – Chaque corps possède trois esprits, dit la mère de Fanta. Un ressuscite, un assiste le corps et un est un fantôme qui protège notre maison. Fanta est sûre qu’elle va pouvoir rencontrer son père. Il ne peut pas ne pas venir à l’enterrement du petit frère. Mais il ne vient pas. Il y a vraiment quelque chose qui cloche. Fanta commence l’école au petit villge. Maman et ses frères et sœurs plus âgés travaillent dur pour payer ses taxes scolaires. C’est seulement deux ans plus tard que maman dit : – Demain, nous irons rendre visite à papa. Il est en prison. Fanta en reste interloquée. – Pourquoi tu n’as rien dit ? demande-t-elle. – Je ne voulais pas te perturber. Si tu avais su que ton père était en prison, tu n’aurais pas pu te concentrer à l’école. Fanta n’est pas d’accord. Elle est triste que papa soit en prison, mais encore plus triste que personne ne lui en ait parlé.

Les parents de Fanta et les frères et sœurs plus âgés viennent du Laos. Fanta est la première enfant née en Thaïlande.

Visite en prison

Maman raconte que papa a été condamné à 25 ans de prison pour trafic de drogue. Il dit qu’il est innocent et peut-être est-ce vrai. La police l’a arrêté à la frontière de la Birmanie, dans la ville de Mae Sai. À cet endroit, il arrive que des bandes utilisent de pauvres montagnards. Parfois, elles payent la police pour que des personnes comme le père de Fanta soit chargé d’un délit

commis par les bandes de trafiquants. En Thaïlande, les peines pour affaires de drogue sont parmi les plus sévères du monde. – Si on ne reconnaît pas être coupable, on risque la peine de mort. On n’avait pas les moyens de prendre un avocat. Quand on est pauvre, on n’a aucune chance, dit maman. Le trajet jusqu’à la ville où se trouve la prison prend deux heures. Il faut faire le dernier bout à pieds, entre de hauts

murs blancs surmontés de barbelés et de verre concassé. Il y a une longue queue devant les portes de la prison et Fanta est étonnée de voir tant d’enfants. Elle croyait être la seule à avoir un parent en prison. Quatre lourdes portes en

La garde-robe de Fanta Fanta appartient à l’ethnie Hmong, qui vit depuis des centaines d’années, dans la région du Mékong. – Nous avons une culture, une langue et un costume propres. En ce moment je ne porte pas souvent le costume de l’ethnie Hmong. La plupart des jeunes portent des jeans. Mais si l’on veut participer aux festivals, on doit revêtir les costumes traditionnels. Ma mère a cousu les miens. J’aime vraiment beaucoup revêtir les habits de fête !

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Costumes Hmong traditionnels.

Le chapeau protège contre la poussière et la saleté ! Uniforme scolaire !

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Fanta, 14 Habite : Au foyer Sompop pour filles à la frontière du Laos. Aime : Dessiner et peindre. Ce qui me rend heureuse : Faire du sport ! Ce qui me fâche : Que les enfants soient obligés de travailler. Aime : Soupe de courge, oranges et fraises. Rêve : Que tous les enfants aillent à l’école ! Veut être : Étoile du volley.

métal se referment sur Fanta. On crie le nom de papa et un gardien les fait entrer dans d’une petite pièce, divisée par une paroi avec une partie en verre. En se revoyant Fanta et papa se mettent à pleurer. Papa lève le combiné du téléphone de son côté de la paroi. Il parle d’abord avec maman, puis avec le grand frère. Fanta pense à tout ce qu’elle va lui dire quand ce sera son tour. Mais soudain une voix venue d’un haut-parleur crie : « Il reste cinq minutes ! » Le père de Fanta n’a droit qu’à une heure de visite par année. L’heure est passée et ni Fanta ni sa petite sœur n’ont eu le temps de parler. Protection contre les bandes

La séparation pèse beaucoup à Fanta et à sa mère. Mais maman veut que Fanta aille à l’école et soit protégée contre le trafic de personnes. C’est pour cela que Fanta vit à des dizaines de kilomètres du village, dans le foyer sécurisé de Sompop.

une femme de Chiang Kong, visite le village. Elle est directrice d’un foyer pour filles qui ont spécialement besoin d’aide et de protection. Le foyer a été créé par Sompop Jantraka et son organisation. – Les filles comme Fanta doivent être protégées contre les trafiquants d’êtres humains, explique Ptu. Les

bandes organisées recherchent les filles de l’âge de Fanta. Si elle reste au village, elle risque d’être enlevée. Dans certains villages de la région, il n’y a presque plus de filles de plus de 13–14 ans. La dernière nuit

Maman est inquiète de laisser partir Fanta. Elle n’oubliera jamais ce qui est arrivé à Sak, le petit frère. Mais Ptu permet à Fanta de revenir plusieurs fois à la maison et à l’école. Maman et Fanta décident qu’elle partira.

La mère de Fanta ne peut ni lire ni écrire. Elle se souvient qu’elle était très triste de ne pas pouvoir aller à l’école. – À ton âge, j’étais déjà mariée, dit-elle à Fanta. On s’est enfuis du Laos pour venir en Thaïlande avant ta naissance. Dans les montagnes du Laos il n’y avait pas d’écoles, pas de routes, rien à manger et pas de travail. Les Hmongs étaient maltraités. On n’aurait pas survévu. Ne sois pas aussi bête que ta maman. Prends tes études au sérieux. Si je le pouvais, je commen­ cerais l’école maintenant, malgré mon âge ! Fanta suit la dernière année dans la petite école du village. La famille n’a pas les moyens de l’envoyer ensuite à l’école de la ville. Mais, au moment où tout semble perdu, Ptu, Quand Fanta est à la maison, elle aide sa mère dans les champs et va chercher du bois. Elles se lèvent à 4h30 du matin, petit-déjeunent et préparent le déjeuner à emporter. – Nous partons vers 6 h pour notre champ. Cela prend presque une heure. On travaille toute la journée. Mais je ne me fatigue pas. Je suis très forte.

Vetêments de tous les jours pour se sentir bien !

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Champignons contre les trafiquants de personnes

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Fanta et les autres filles au foyer de Sompop, cultivent un champignon très apprécié et le vendent pour financer la lutte contre le trafic de personnes !

La dernière nuit avant le départ, Fanta dort avec sa mère comme quand elle était petite. Maman la serre très fort contre elle et murmure dans le noir : – Sois gentille et travaille bien à l’école. Ne te laisse pas entraîner dans de mauvaises fréquentations. Et essaie de ne pas trop t’ennuyer de moi. Les enfants riches savent sûrement beaucoup de choses, mais ils ne savent pas récolter le maïs et le riz. Toi, tu es forte et tu peux tout faire ! Le jour suivant, maman réveille Fanta très tôt pour qu’elles soient ensemble le plus possible avant le départ. Deux filles d’autres villages ont déjà pris place dans la voiture de Ptu. Quand elles démarrent et s’engagent dans les chemins boueux et accidentés, Fanta fait un signe d’adieu à sa famille et à ses amis. En arrivant au foyer sécurisé pour filles de Sompop, Fanta défait sa valise, choisit un lit et apprend le nom de ses nouvelles camarades. Le soir elle s’endort vite. Maman lui manque, mais plusieurs mois plus tard, Fanta se sent chez elle à Chiang Kong. Toutes les filles vont dans une école près du foyer et pendant le week-end et le soir, elles s’entretiennent des problèmes les plus fréquents dans les villages de montagne. Elles parlent de

drogue et d’alcool et des maladies telles que le VIH/ sida. Elles s’instruisent sur les Droits de l’Enfant et des choses pratiques comme la préparation des repas et la couture. Fanta est contente mais sa famille lui manque. – Je me fais du souci pour maman. Elle a besoin de mon aide dans les rizières. Mais je dois aller à l’école et elle me soutient, dit Fanta. Fanta a rencontré encore une fois son père après la première visite. Cette fois, il n’était pas derrière une vitre, il était dans la cour de la prison. Ils ont pu s’embrasser et parler. – J’aime papa et il me manque, mais il n’aurait pas dû nous quitter jamais. Ce n’est pas juste que les hommes aient plus de pouvoir que les femmes dans mon village, dit Fanta. Garçons et filles devraient être traités de la même façon. Si je me marie un jour, je n’accepterais pas que mon mari prenne d’autres femmes. Le père de Fanta doit encore passer beaucoup d’années en prison. – La peine me paraît trop forte, dit Fanta. Les familles qui attendent ne peuvent pas s’en tirer. J’admire ma mère qui s’est occupée de nous tous. Sans elle, on n’aurait pas survécu. 

Dans le foyer sécurisé pour filles de Sompop on s’entraide à faire la cuisine, le ménage et la lessive. – Même les activités ennuyeuses deviennent amusantes si on les fait ensemble, dit Fanta.

Les filles s’entraident à faire leurs devoirs après le dîner.

Enfants qui ont besoin de protection Les enfants comme Fanta, qui appartiennent à des groupes ethniques du nord de la Thaïlande, Birmanie, Laos, Vietnam, Cambodge et la province de Yunnan sont souvent pauvres et sans droits. Il y a un grand risque qu’ils tombent dans les griffes des trafiquants de personnes et qu’on les oblige à travailler dans l’industrie du sexe. Certains enfants ont besoin d’être particulièrement protégés, surtout si comme Fanta, ils ont des parents en prison. Dans le foyer, il y a aussi des filles qui ont : • parents et/ou frères et sœurs qui travaillent dans l’industrie du sexe • consommation de drogue et/ou d’alcool dans la famille • parents gravement malades, par exemple, de VIH/sida. • été soumises à des abus sexuels • fui leur pays à cause de persécutions et/ou pauvreté et n’ont pas de permis de séjour.

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Zone dangereuse pour les enfants ! Chiang Khong se trouve à la frontière du Laos où de plus en plus de trafiquants de personnes recherchent des enfants, surtout depuis que Sompop et d’autres organisations ont mené un combat couronné de succès contre les bandes de criminels à la frontière de la Birmanie. Sompop a construit un foyer sûr à Chiang Kong pour protéger les enfants les plus vulnérables, ceux qui, s’ils restent dans leur village, risquent d’être vendus aux trafiquants de personnes. Les collaborateurs de Sompop font le tour des villages et parlent aussi bien aux enfants qu’aux parents, des Droits de l’Enfant et de ce qui peut arriver aux enfants si on les envoie travailler dans les grandes villes et dans les lieux touristiques.

Fanta est folle de sport ! Fanta adore presque tous les sports. – Je veux être professionnelle quand je serai grande. Ce que

j’aimerais surtout c’est jouer dans l’équipe thaïlandaise de volleyball ! Je crois que jamais un Hmong a joué à un si haut niveau et je serai peut-être la première ! Fanta joue au volleyball pour son école. – Nous jouons contre d’autres écoles et avons gagné plusieurs fois. C’est quand je fais du sport que je suis le plus heureuse. J’aime vraiment faire de la compé­ tition et je ne renoncerai jamais. Je continue de me

battre, parce que j’aime gagner ! Fanta aime aussi le pingpong, le foot et surtout la balle de bambou, ou takraw (balle en thaïlandais) Takraw est un sport populaire thaïlandais très vieux et très populaire ; un mélange de volleyball, de foot et de sport de combat qui se joue avec une balle en rotin. 83

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Les filles du village aiment jouer au foot !

Apia, 12 –Je dois souvent m’occuper de mon petit frère et de la maison, parce que ma mère travaille beaucoup. Aime : Les maths et le birman. C’est bien de pouvoir compter, par exemple quand on fait ses courses ! Adore : Faire du vélo. Ce que je préfère, c’est rouler vite dans les descentes. Est contente : Parce que mon père est sorti de prison et vit de nouveau avec nous. Veut être : Chanteuse. Rêve : D’étudier à l’université. Je veux aussi que tous les enfants de mon village aillent à l’école.

Angkana

se bat en secret

Angkana avait onze ans quand, pour la première fois, elle a passé la frontière pour fuir la dictature birmane et se rendre dans l’école de Sompop en Thaïlande. Douze ans plus tard, elle suit l’exemple de Sompop et aide les enfants birmans à s’instruire. Mais elle doit travailler dans le plus grand secret et ne veut pas montrer son visage. En Birmanie il est encore dangereux de se battre pour les droits de l’enfant.

H, 12 – J’aime mes parents, mais ils sont âgés et malades et nous sommes très pauvres. Aime : Étudier le birman, lire livres et journaux, écrire et les jeux de ballon ! Veut être : Médecin. Je suis asthmatique et grâce à mon médecin je vais mieux. En colère : De voir tant d’enfants qui ne vont pas à l’école. Ils doivent s’occuper de leurs frères et sœurs ou partir travailler. Heureuse : Quand mon frère revient et toute la famille est réunie.

L

–

’école de Sompop était si différente, raconte Angkana. On a eu un enseignement aussi bien théorique que pratique. Et j’ai appris à penser librement ! Dans les zones frontières pauvres de Birmanie il n’y a presque que des montagnards.

– Nous avons le plus bas niveau d’éducation de toute la Birmanie, dit Angkana. Il n’y a pas d’argent et trop peu d’enseignants. Les adolescentes changent

À 15 ans, Angkana a suivi la toute première formation de dirigeants de Sompop avec

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Amoko, 12

Aide les enfants birmans

Aujourd’hui Angkana travaille en secret pour les droits de l’enfant en Birmanie.

– Ici, c’est difficile et dangereux de diriger une organisation, nous devons faire très attention. Je recherche les enfants les plus pauvres et qui ne sont pas bien chez eux. Le risque est grand qu’ils quittent l’école pour travailler. Les parents de certains d’entre eux ont des problèmes de drogue ou sont malades. Je leur donne de l’argent pour les taxes scolaires et la nourriture et je les amène chez le médecin. J’explique aussi à la famille les dangers qu’il y a à envoyer un enfant travailler en Thaïlande. Angkana recueille des informations sur la situation des enfants dans les zones frontières et les transmet à Sompop et à son organisation, pour qu’ils puissent mieux organiser leur travail. – J’admire Sompop et ceux qui étaient mes enseignants dans son école, dit Angkana. 

H, Apia et Amoko font des jeux en tapant dans leurs mains !

La dure vie des montagnards en Birmanie La Birmanie a été dirigée longtemps d’une main de fer, par un régime militaire qui appartient au plus grand groupe ethnique, les Birmans. Le régime a poursuivi tous ceux qui se battent pour la démocratie, mais aussi ceux qui appartiennent à un autre groupe ethnique que les Birmans. Les montagnards comme les Akha et les Karen, ont été particulièrement maltraités. Les écoles ont été fermées, les villages brûlés, l’approvisionnement alimentaire stoppé et les montagnards ont été exploités par du travail forcé. Beaucoup ont fui en Thaïlande. Dernièrement, la situation s’est un peu améliorée. Beaucoup de prisonniers politiques ont été relâchés, comme Aung San Suu Kyi, combattante de la démocratie et marraine du Prix des enfants du Monde. Mais les montagnards n’osent toujours pas croire que leur vie peut s’améliorer.

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des filles de la région du Grand Mékong (Thaïlande, Birmanie, Vietnam, Cambodge et Laos) C’était le Mekong Youth Net (Réseau Jeunesse du Mékong) – On nous a appris à connaître notre pays et notre culture, à interviewer des enfants et à créer une organisation. On a aussi appris les rouages du trafic de personnes et les droits de l’enfant. Angkana avait beaucoup d’amies de son âge qui avaient quitté la Birmanie pour travailler en Thaïlande. – Quand leur famille les a cherchées, elles avaient disparu. Quand j’ai suivi la formation de Sompop, j’ai compris que mes amies avaient été victimes du trafic de personnes.

Angkana a suivi l’exemple de Sompop et travaille en secret pour aider les enfants des villages de montagne birmans. Elle ne veut pas qu’on la reconnaisse et ne montre pas son visage quand elle parle avec H, Amoko et Apia.

– J’ai six frères et sœurs et papa doit travailler beaucoup. Mes frères et sœurs plus âgés travaillent aussi. J’ai peur de devoir moi aussi arrêter l’école pour travailler et m’occuper des plus petits. Aime : Étudier le birman. Veut être : Enseignante. Aime : La compagnie de ma famille et regarder la télé. Il n’y a qu’une maison au village avec la télé et c’est là que je rencontre les autres enfants ! Rêve : De voyager et peut-être d’habiter à Rangoon, la capitale de la Birmanie. Et de construire une place de jeux dans notre village.

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Mae ne peut pas nager pour la Thaïlande Pang! Un coup de feu retentit entre les parois carrelées et, quittant leur bloc, les filles plongent dans l’eau. Mae, 12 ans, touche le mur d’arrivée avant tout le monde. Mais la joie est de courte durée.

J

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–

’adore gagner. C’est comme si toute la fatigue quittait mon corps, dit Mae en retirant le bonnet de bain mouillé. Mais après je suis triste. Aujourd’hui, Mae participe à des compétitions régionales dans le nord de la Thaïlande. Les gagnants sont sélectionnés pour les championnats de Thaïlande junior. Tous, sauf Mae. – Je n’ai pas la nationalité thaïlandaise, bien que j’habite ici depuis toujours. La deuxième prend ma place.

N’existe pas

Mae appartient à l’ethnie Akha. Ses parents ont fui en Thaïlande depuis la Birmanie. Ils étaient pauvres

et sans travail. Ils ont fini par vendre de la drogue pour survivre, ont été arrêtés et condamnés à la prison à vie. Mae vivait avec sa mère en prison, puis elle a pu aller vivre dans le foyer de Sompop pour enfants orphelins et abandonnés. – J’ai commencé l’école et j’avais à manger, de l’amour et de la chaleur. J’ai une nouvelle famille. Mais, il manque toujours quelque chose quand on ne peut pas vivre avec ses parents. Guéries par l’eau

Mae et les autres filles du foyer ont eu des vies difficiles et étaient souvent malades. Sompop avait entendu dire que l’eau avait un pouvoir de

guérison et les a amenées dans une piscine de la ville. Mais l’homme à l’entrée, a regardé durement les jeunes filles dans leurs vêtements déchirés. – Elles ne peuvent pas nager dans notre bassin, elles ont l’air sale, a-t-il dit. Sompop était furieux. Il a trouvé une autre piscine, mais là-aussi, les adultes disaient des méchancetés. Certains ne voulaient pas que leurs enfants se baignent dans le même bassin que les enfants montagnards. – Je vais construire la meilleure piscine de toute la Thaïlande du nord, a dit Sompop à sa femme. Et tous les enfants pourront s’y baigner.

Sompop a mis l’argent qui lui restait dans la construc­tion de la piscine. Les enfants pouvaient s’y baigner tous les jours et très vite on s’est aperçus que Mae était une flèche dans l’eau. Maman est morte

Après quelques ans de prison, la mère de Mae est tombée malade et est morte. – Papa a eu une réduction de peine. Aujourd’hui, il travaille en Chine, dit Mae. J’aimerais vivre avec papa, mais il veut que j’aille à l’école. Il est si fier de moi. Quand Mae a commencé à gagner des médailles, on se demandait comment une fille des montagnes pouvait nager plus vite que les enfants des écoles privées. – J’en suis fière ! Si je ne peux pas nager pour la Thaïlande, je peux le faire pour le peuple Akha ! 

L’école de Sompop pour les Dans une rizière, près de la ville de Mae Chan, dans le nord de la Thaïlande, des réfugiés birmans ont construit un village. Les familles akha ont fui la pauvreté et le travail forcé. La vie en Thaïlande n’était pas facile non plus, jusqu’à ce que Sompop leur vienne en aide. – Au début, on ne pouvait

Sompop visite souvent le village pour parler avec les enfants et les parents de la culture et de l’école.

pas aller à l’école et on n’avait rien à manger, raconte Boo Su, 10 ans. Personne n’a le permis de séjour en Thaïlande, même pas les enfants qui sont nés ici. Les villageois trouvent difficilement du travail. Ils ne parlent pas le thaïlandais et n’ont pas le droit de sortir du village.

– Si nous sortons de la zone, la police nous tracasse, explique le père de Boo Su. Pourtant personne ne veut retourner en Birmanie. – Les militaires nous obligeaient à travailler sans salaire plus de 200 jours par an, dit l’un des chefs de village. Ils prenaient notre nourriture et notre bétail et nous battaient si nous

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Mae a une carte d’identité où il est écrit qu’elle n’a pas la nationalité thaïlandaise.

Apia, 12 Vit : Au foyer de Sompop à Mae Chan. Heureuse : Quand je gagne ! Triste : De ne pas pouvoir participer aux championnats de Thaïlande. Aime : Papa, Sompop et ma « famille » au foyer. Veut être : Cuisinière et nageuse professionnelle. Rêve : De nager aux JO. Se battre contre la traite de personnes et pour les Droits de l’Enfant. Mae et son amie Julie partagent la chambre au foyer.

Mae a gagné beaucoup de coupes et de médailles.

our les enfants Akha parents, la culture de la terre protestions. Les soldats selon la tradition du peuple rebelles, qui combattaient le akha. régime, nous traitaient de la même façon. Sompop a construit une école Sompop a appris que les enfants du village akha n’avaient ni nourriture ni école. Il a contacté l’une de ses anciennes élèves, une fille qui appartient au groupe ethnique akha. Avec Sompop elle a créé une école dans le village et une agriculture écologique. Chaque famille a un petit lopin de terre et les enfants y apprennent, avec leurs

Le chapeau révèle l’âge ! La mère de Boo Su porte le costume traditionnel Akha. À l’adolescence, la jeune fille akha, troque le simple bonnet pour enfants contre la coiffure de la femme adulte. La coiffure changera tout au long de la vie, lorsqu’elle sera décorée de broderies, perles, pompons, fourrures, plumes, pièces de monnaie, et bagues. Chaque coiffure est unique et plus lourde et chargée elle est, plus âgée est celle qui la porte !

Boo Su, 12 ans, veut être médecin ou enseignante quand elle sera grande.

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Les adultes ne comprennent pas les jeunes

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– Maman est fière de moi,

car elle ne peut ni lire ni écrire, dit Jan Nuan, 15 ans. Pourtant, elle veut que je quitte l’école et que je travaille. Ça m’attriste. Mon père veut que j’aille à l’école pour avoir un bon travail. Jan Nuan dit que les adultes ne sont pas au courant de la traite de personnes. – Il y a des bandes qui enlèvent les enfants et les obligent à travailler. Je suis inquiète pour mes jeunes sœurs. Mes parents travaillent trop et doivent souvent nous laisser plusieurs jours, seules à la maison. Ils nous disent de fermer les portes et de n’ouvrir à personne, mais on n’est pas en sécurité. Jan Nuan aime par-dessus tout voir ses amis. Ce qu’elle déteste ce sont les disputes des parents. – Les adultes ne nous comprennent pas et font comme ils veulent. Des fois, je pleure seule, dans ma chambre. Mais les enseignants à l’école de Sompop savent écouter. J’ai appris à m’exprimer et je suis moins timide. Sompop nous apprend la vie et à être plus indépendantes.

Jan Nuan

Les jeunes à la formation de cadres de Sompop apprennent à soutenir le regard des autres. C’est difficile pour eux de ne pas baisser les yeux.

Dirigeants du futur ! – Regardez-vous dans les yeux ! Ne baissez pas les yeux ! crie Sompop aux jeunes qui font une formation de cadres dans son école à Mae Sai. Les jeunes des montagnes n’ont pas l’habitude d’afficher la confiance en soi. Mais Sompop dit : Vous êtes les dirigeants de demain !

B-boy le mieux ! – Sompop est un bon

enseignant. Il m’aide à réfléchir et à me concentrer, dit Nut, 15 ans. Il a créé la première b-boy-crew de l’école ! – J’ai appris des trucs par des amis et sur Youtube. Mon groupe préféré s’appelle Jabbawockees. Ils sont si souples qu’on dirait qu’ils n’ont pas d’os ! Le rêve de Nut est d’aller à l’étranger et de danser, mais en ce moment c’est impossible. Il est né en Thaïlande de parents birmans et n’a pas de certificat de naissance. – Je ne peux même pas sortir de Mae Sai sans une autorisation spéciale. La police fait des barrages et

contrôle tous ceux qui vont vers le sud. À Mae Sai il y a beaucoup de problèmes, de drogue et de criminalité, dit Nut. – Je vois souvent des filles dans les restaurants en vêtements serrés et jupes courtes et je sais qu’elles doivent satisfaire des clients dans des chambres privées. Je me fais du souci pour ma petite sœur et je lui apprends tout ce que je peux et comment se défendre.

Nut

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Jan Hom veut empêcher la vente des enfants Jan Hom, avait huit ans quand un homme est venu chez sa famille d’accueil. Il a dit qu’ils auraient de l’argent s’ils laissaient leur fille travailler dans un restaurant de la ville. Ils ont refusé.

!

Jan Hom dit que beaucoup de Thaïlandais ont des préjugés sur les gens des montagnes. – Par exemple, ils disent que les Tai Yai, sont des voleurs ! Cela fait mal et me met en colère !

– J’étais petite et ne comprenais pas. Aujourd’hui, je tremble en pensant à ce qui aurait pu se passer. Si je l’avais suivi, je ne serais plus de ce monde. La traite des enfants est quelque chose qui me préoccupe. J’en parle à tous ceux que je rencontre. – On peut empêcher que les enfants soient vendus et abusés. Beaucoup d’enfants birmans sont des victimes faciles. Ils ne savent ni lire ni écrire et ne connaissent pas leurs droits. Ils sont obligés d’accepter du travail au noir. Il y a 20 ans, la fille de mes voisins est allée à Bangkok et a disparu. On ne sait pas si elle est morte ou vivante. Et beaucoup de mes amies ont disparu. Une seule est revenue. Elle a dit qu’à Bangkok on l’a d’abord enfermée dans une chambre. Puis, avec d’autres filles, on l’a emmenée dans un autre pays. Elle ne veut pas dire ce qu’on lui a fait, mais je sais que ce n’est pas quelque chose de bien.

– J’adore les polars, les histoires de vampires et les récits sur la vie des jeunes !

Abandonnée

Le père de Jan Hom est mort juste après sa naissance en Birmanie. Sa mère s’est remariée et est partie avec son nouveau mari dans la montagne. Jan Hom est restée. – Maman a demandé à nos voisins de s’occuper de moi comme de leur propre fille. Ils étaient très heureux, car ils m’aimaient beaucoup, et leur propre fille était morte. Jan Hom et ses parents adoptifs habitent dans une petite maison en bambou à Mae Sai, qu’ils ont trouvée grâce à l’organisation de Sompop. Jan Hom avait douze ans, quand sa mère, pour la première fois, est venue la voir de Birmanie. – J’étais très heureuse. Je n’avais jamais compris pourquoi elle ne me voulait pas. Maman m’a dit que c’était difficile de renoncer à moi, mais elle savait que les voisins m’aimaient beaucoup et qu’ils me donneraient un bon foyer. Maman a dormi dans mon lit. Elle a pleuré toute la nuit en me serrant contre elle. 

– J’aime la musique pop thaïlandaise, japonaise et coréenne !

– Avec la connaissance nous pouvons empêcher que d’autres enfants soient vendus. Beaucoup d’enfants ne peuvent ni lire, ni écrire et n’ont aucune idée de leurs droits, dit Jan Hom.

Jan Hom et sa famille d’accueil devant la maison familiale.

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