Skip to main content

vitamine 7–8/2026

Page 1


vitamine

lecture vitaminée pour les professionnels de l’automédication 7–8/2026

La cicatrisation des tatouages

La prévention en toute simplicité

Les droguistes peuvent saisir les opportunités pour les offres de prévention Interview de Thomas Wirth

Le CEO de Biomed SA parle de l’entreprise de 75 ans et de sa motivation

La gastro-entérite: un trouble désagréable

Pourquoi il est si important de boire de l’eau et de remplacer les électrolytes

Thème central

Interview

La prévention pour garantir l’avenir

Dans le cadre de la nouvelle stratégie, les droguistes doivent davantage s’intéresser à la prévention. L’expert en santé publique Thomas Steffen explique comment les drogueries peuvent marquer des points.

Les couleurs, un risque pour la santé?

Les tatouages sont à la mode. Mais ils comportent des risques, comme des réactions allergiques ou des effets à long terme sur le système immunitaire. Le bon conseil est donc primordial concernant ces pigments injectés dans la peau.

Entre courage et humilité

Le CEO de Biomed SA, Thomas Wirth, explique dans une interview ce qui distingue cette entreprise de 75 ans, où il voit les forces des drogueries et ce qui le motive personnellement.

Impressum vitamine

Editeur Association suisse des droguistes, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne, Téléphone 032 328 50 30, info@drogistenverband.ch

Distribution vitagate sa, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne

Directrice et responsable Ventes: Tamara Gygax-Freiburghaus, t.gygax@vitagate.ch

Annonces: Tamara Gygax-Freiburghaus, Marlies Föhn, Valérie Rufer, Janine Klaric, inserate@vitagate.ch

Abonnements et distribution: Sabine Andersen, vertrieb@vitagate.ch

Rédaction

Direction de l’édition, rédactrice en chef de vitamine: Céline Jenni, c.jenni@vitagate.ch

Ont collaboré à la rédaction de ce numéro: Adrian Ritter, Désirée Klarer, Sabine Reber

Contrôle scientifique: Dr phil.-nat. Anita Finger Weber

Traduction: Marie-Noëlle Hofmann

Couverture: stock.adobe.com/alfa27

Production

Layout: Claudia Luginbühl

Impression: Courvoisier-Gassmann SA, Bienne

7e année: paraît 10× par an © 2026 – vitagate sa, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne

Magazine officiel de l’Association suisse des droguistes et média d’Employés Droguistes Suisse

18

24

Employés Droguistes Suisse Que se passe-t-il en cas de licenciement pendant la période d’essai? Les principales réponses.

Cosmétiques fermentés Qu’est-ce qui rend les cosmétiques à base d’ingrédients fermentés si spéciaux? Michael Muehlhaupt, qui a étudié le sujet pendant des années, répond à la question.

Connaissances spécialisées

Désagréables et potentiellement

dangereuses

Les infections gastro-intestinales sont des compagnons désagréables – et peuvent être mortelles pour les personnes âgées et les enfants si l’on ne remplace pas rapidement l’eau et les électrolytes. Conseils pour lutter contre la gastro-entérite infectieuse.

La campagne sur l’automédication commence le 27 juin!

Merci de reprendre et de diffuser le message de la campagne: «Vous trouverez tous les médicaments sans ordonnance chez votre droguiste.»

Tous les documents à télécharger se trouvent ici

Editorial

La couleur dans la peau

On oublie certaines décisions après quelques jours, d’autres nous marquent pendant des années. Et certaines nous accompagnent toute la vie. Les tatouages font sans aucun doute partie de cette dernière catégorie. Avec l’arrivée des beaux jours, on les voit partout, à la piscine, en allant travailler ou en faisant ses courses.

Les tatouages, avec leurs motifs, leurs couleurs et leurs tailles, racontent des histoires depuis des millénaires et sont l’expression de la culture et de la personnalité. Ils sont le fruit d’un travail précis: des tatoueuses et tatoueurs insèrent des pigments colorés dans la peau, à l’aide de milliers de piqûres par minute. Avec l’apparition d’un beau motif sur la peau, un processus complexe se met en marche sous la peau: le système immunitaire s’active et la cicatrisation commence.

C’est précisément à ce stade – quand la peau est rouge, la cicatrisation en cours et que des questions surgissent – que de nombreuses personnes tatouées cherchent des conseils. Qu’elles trouvent souvent en droguerie. De la préparation adéquate aux soins, en passant par les questions sur les réactions allergiques et la protection solaire, les tatouages offrent de nombreuses occasions pour le conseil au quotidien. Notre article de couverture explique ce qui se passe dans le corps lors d’un tatouage et quels sont les risques encourus. Car c’est en connaissant les aspects de santé, en faisant appel à un studio sérieux et en soignant son tatouage avec attention, qu’on crée les meilleures conditions pour que le choix d’un tatouage soit une source de bonheur à vie.

Céline Jenni, Direction de l’édition, rédactrice en chef de vitamine, c.jenni@vitagate.ch

La prévention peut aussi être amusante

Thomas Steffen est médecin, ancien médecin cantonal de Bâle-Ville et expert en santé publique. Il explique ce que sont santé publique, prévention et promotion de la santé, pourquoi le système suisse empêche les gens d’être en meilleure santé – et les opportunités pour les droguistes.

Thomas Steffen, vos domaines de prédilection sont la santé publique et la prévention. Comment en êtes-vous arrivé là?

Thomas Steffen: J’ai eu un premier contact avec la santé publique pendant mes études de médecine. J’ai réalisé que la santé pouvait aussi être étudiée de manière statistique. Pas: «Qu’est-ce qui ne va pas avec ce patient?», mais: «Comment vont les gens en général, qu’est-ce qui en dépend?» Pendant des années, j’ai été tiraillé entre la médecine clinique et la santé publique. Les deux m’intéressaient. Mais la question de savoir comment améliorer la santé au niveau de la population et comment en tirer des actions concrètes a fini par l’emporter.

Santé publique, promotion de la santé, prévention – pour beaucoup, cela semble pareil.

Quelle est la différence?

Santé publique, c’est le terme générique. Il s’agit d’envisager la santé de la population dans son ensemble et d’en déduire les besoins de chaque groupe. La prévention et la promotion de la santé sont quant à elles les outils permettant de préserver et de promouvoir la santé de la population dans son ensemble.

Pouvez-vous préciser, s’il vous plaît?

Bien sûr. Pour la prévention, la question est: comment empêcher qu’une maladie ne se développe ou n’apparaisse plus souvent?

Pour la promotion de la santé, la question est plus large: comment renforcer la santé en général, chez les individus et dans la société? Au quotidien, ces deux aspects se confondent, mais ce n’est pas grave. En revanche, cette distinction est utile pour développer des offres. Quand on sait à quel niveau agir, on peut intervenir de manière plus ciblée – et communiquer plus précisément.

Vous parlez de développer des offres. En regardant le système de santé suisse, on ne voit pas de volonté d’investir dans la prévention. Qu’est-ce qui ne va pas?

Nos soins de santé sont d’un niveau mondial, cela ne fait aucun doute. Mais c’est vrai aussi que, par rapport au reste de l’Europe, nous ne cultivons pas la prévention. Nous avons tendance à oublier que nous pourrions considérablement réduire la morbidité si nous redéfinissions les priorités.

Des experts comme Thomas Steffen aident la branche à affiner davantage la stratégie et à la mettre en pratique.

Cela engendre beaucoup de souffrances qui pourraient être évitées. Je n’en veux pas aux médecins à titre individuel. C’est le système qui est en cause.

Pourquoi?

Le système paie pour le traitement, pas pour la prévention. Les prestations de traitement sont beaucoup plus faciles à facturer que celles de prévention. Il n’y a même pas de tarifs pour de nombreuses offres de prévention. C’est un incitatif pervers classique qui devrait être corrigé au niveau du système. Mais c’est rarement un thème politique.

Que reste-t-il lorsque le système est mal orienté – et quelle est la place des droguistes?

On peut agir à deux niveaux, qui sont tous les deux pertinents. Le premier est la prévention comportementale. Elle s’adresse à l’individu: information, conseil, impulsion pour des changements dans la vie quotidienne. C’est le domaine dans lequel les droguistes travaillent au quotidien.

À cela s’ajoute la prévention contextuelle. Oui. Il s’agit d’aménager l’environnement pour faciliter les comportements sains: espaces verts, pistes cyclables sécurisées, interdiction de fumer dans les restaurants. Ces deux niveaux se renforcent mutuellement. De plus, les lois sont souvent importantes surtout au début. À un moment donné, une norme s’installe dans les mœurs et la loi n’est plus nécessaire. Le tabagisme passif dans les lieux fermés en est un bon exemple.

Quelles leçons peut-on en tirer pour le conseil en droguerie?

La prévention qui semble paternaliste suscite de la résistance. L’art consiste donc à

fournir des informations de qualité sans être insistant. Ceux qui y parviennent gagnent la confiance. Et la confiance est le capital par excellence en droguerie.

Lors du workshop stratégique de l’ASD, vous avez parlé d’îlots de prévention – des domaines thématiques concrets auxquels la droguerie peut s’attacher. Pouvez-vous donner deux exemples?

Premièrement, le thème de la longévité –ce que je peux faire pour avoir le plus de bonnes années de vie possible – est très actuel. C’est peut-être un effet de mode, mais il répond à un besoin réel et intemporel des gens. C’est là que la droguerie peut créer des offres attrayantes et spécialisées.

Et deuxièmement?

La santé mentale: sommeil, stress, équilibre. Beaucoup de gens ont l’impression que tout est un peu plus difficile en ce moment et ils recherchent quelqu’un pour les accompagner, pas seulement un produit. Ces deux thèmes offrent une grande opportunité aux droguistes. Les drogueries peuvent allier expertise et mode de vie. C’est ce qui les distingue des offres tapageuses sur internet alliant comprimés farfelus et promesses de guérison.

Enfin, que souhaitez-vous à la branche?

Dans mes contacts avec les droguistes, j’ai rencontré des personnes décontractées, créatives et ouvertes. Ça ne va pas de soi – et c’est précisément le terrain sur lequel de nouvelles offres de prévention peuvent se développer. Mon message est le suivant: restez proches de votre clientèle et n’ayez pas peur de rendre la prévention amusante. Elle ne doit pas être ennuyeuse. Elle peut être multicolore. 

La prévention fait partie de la stratégie de la branche «Automédication», «médecine complémentaire», «fabrication», «numérique» et «conseil et prévention» – voilà les cinq champs d’activité de la nouvelle stratégie de la branche. Lors de l’assemblée générale 2025, l’association a décidé de renforcer deux de ces champs d’activité: «prévention» et «numérique». En tant qu’expert, Thomas Steffen a accompagné et influencé le workshop sur le thème des «îlots de prévention» et ainsi contribué à déterminer les champs d’activité concrets que les drogueries devraient occuper à l’avenir – et ceux qu’elles ne devraient pas occuper. Son regard extérieur a permis à la branche de mieux cerner le potentiel des thèmes tels que la longévité, la santé mentale ou la santé de la maman et de l’enfant et de les intégrer stratégiquement. è Vous trouverez plus d’informations sur les workshops stratégiques dans le numéro 6/2026.

soin de ses tatouages avec savoir-faire

Les tatouages noirs ou multicolores accompagnent les humains depuis des millénaires. En Suisse, environ un cinquième de la population porte des tatouages. Avec l’augmentation du nombre de tatouages, les questions de santé liées aux couleurs, aux réactions cutanées et aux soins après tatouage sont de plus en plus importantes.

7 Céline Jenni |  F D Marie-Noëlle Hofmann

Les tatouages ne sont pas une mode récente. Au contraire, le plus ancien tatouage connu a été découvert sur le corps d’Ötzi, l’homme préhistorique momifié qui a vécu il y a plus de 5 200 ans. Les tatouages avaient des fonctions différentes selon les cultures: ils symbolisaient le statut social, le courage, la religiosité ou l’appartenance à un groupe. Ils pouvaient aussi servir de punition. Dans les cultures polynésiennes, par exemple, les tatouages étaient un élément central de l’identité, des motifs complexes exprimant l’appartenance à une tribu et la force spirituelle. Le mot «tatouage» vient du mot polynésien «tatau», qui signifie «marquer» ou «graver un motif».1,2 Aujourd’hui, les tatouages sont surtout l’expression de la personnalité, où les convictions, les expériences et l’identité sont mises en scène sur la peau sous forme d’art. «Souvent, les motifs expriment des souvenirs positifs, comme la naissance d’un enfant. Mais parfois, le tatouage sert aussi à surmonter des expériences ou des moments difficiles comme la dépression», explique la tatoueuse Sandra Stadler. Dans son studio de tatouage «Black Line Tattoo» à Schönenberg (ZH), les clients demandent surtout des inscriptions, des animaux ou des tatouages en rapport avec la famille, comme par exemple des empreintes de pieds de bébé avec la date de naissance. Sandra Stadler dessine à la main tous les souhaits et idées de ses clients depuis 1998 et renonce délibérément à utiliser des programmes informatiques. «Je prends beaucoup de plaisir à dessiner à main levée et même après toutes ces années, je suis toujours honorée que d’autres personnes portent mon art sur leur peau pour le reste de leur vie.»

L’hygiène comme critère de qualité déterminant

En Suisse, environ une personne sur cinq porte un tatouage, selon «SRF», radio et télévision alémanique. Il y a quelque 1 000 studios de tatouage dans le pays, mais il n’existe pas de statistiques officielles. Depuis 2017, les studios de tatouage sont tenus de s’enregistrer. Les laboratoires cantonaux contrôlent régulièrement les établissements enregistrés pour vérifier qu’ils respectent les normes d’hygiène et n’utilisent pas de colorants nocifs pour la santé. Selon les experts du secteur, pour un studio de tatouage sérieux, trois à cinq ne le sont pas. Ces tatoueurs attirent les clients avec des prix bas et travaillent

dans l’anonymat, dans des appartements privés ou des hôtels, sans contrôle.³ Selon la tatoueuse Sandra Stadler, les studios de tatouage sérieux se distinguent avant tout par leur transparence: «Les clients doivent pouvoir demander à tout moment des informations sur le plan d’hygiène, les produits utilisés et leur fabricant, ou encore quand un flacon de colorant a été ouvert.» Elle attache également une grande importance à la consultation préalable non contraignante, au cours de laquelle elle présente son studio et répond à toutes les questions. Le magazine en ligne tattoo.ch souligne également qu’un bon tatouage a son prix: les prix bas sont souvent synonymes de concessions sur la qualité des matériaux, l’hygiène ou le savoir-faire. Les studios et tatoueurs professionnels présentent leurs normes d’hygiène avec transparence, les locaux sont propres et bien rangés, les clients bénéficient d’un conseil professionnel sur le déroulement et les soins après le tatouage et seuls des colorants sans ingrédients interdits sont utilisés.4,5

Comme un crayon bien taillé sur la peau

Mais que se passe-t-il réellement lors d’un tatouage? En principe, la peau protège le corps contre les influences extérieures telles que le froid, la chaleur, la pression, les substances chimiques ou les agents pathogènes (voir graphique à la page 9). La couche externe de la peau, l’épiderme, se régénère continuellement de l’intérieur vers l’extérieur tous les 15 à 30 jours. «Ce processus de régénération est directement observable. Si vous dessinez sur la peau avec un marqueur indélébile, le dessin s’estompe après quelques jours», explique le Prof. Dr Peter Wick, de l’Institut fédéral de recherche et de contrôle des matériaux et de l’environnement (Empa), qui étudie les nanomatériaux dans les cellules et les tissus. «En tatouant, on contourne la barrière naturelle de la peau et ce processus de régénération en introduisant des pigments colorés dans le derme.» Le derme est principalement constitué de tissu conjonctif et de fibres et contient des nerfs, des récepteurs sensoriels, des cellules immunitaires, des vaisseaux sanguins et lymphatiques.

«La profondeur à laquelle on introduit les pigments colorés dans la peau avec l’aiguille de tatouage est d’environ 1 à 2 mm, selon la partie du corps et l’épaisseur de la peau», explique la tatoueuse.

Entre 20 et 40 % de la couleur s’échappent durant le processus de cicatrisation. Une partie est éliminée avec la croûte et une autre partie est dégradée et éliminée par le système immunitaire. «En fin de compte, environ 60 à 80 % des pigments colorés restent de façon permanente dans la peau», précise Sandra Stadler. La machine à tatouer enfonce l’aiguille dans la peau à une fréquence de 50 à 300 fois par seconde. «On ne ressent pas toutes les piqûres d’aiguille pendant le tatouage. La douleur ou la sensation est plutôt celle d’un crayon pointu qui glisse sur la peau. On a l’impression d’être griffé ou brûlé», explique la tatoueuse. La douleur ressentie est très personnelle et dépend de la partie du corps tatouée. D’autres facteurs comme la fatigue, l’état physique et le bien-être général jouent également un rôle.

Ganglions lymphatiques tatoués

La piqûre dans la couche intermédiaire de la peau crée une blessure superficielle qui peut s’infecter si des bactéries, des virus ou des champignons y pénètrent. Parmi les complications graves, on peut citer les infections par le virus de l’hépatite B, de l’hépatite C ou le VIH. Mais le risque de contracter une infection en se faisant tatouer par un professionnel qui respecte des normes d’hygiène élevées en Suisse est très faible.

Froid

Chaleur

Dès que les pigments de couleur pénètrent dans la peau, le système immunitaire s’active. «Le système lymphatique élimine relativement vite les composants solubles et les particules de couleur plus petites», explique Peter Wick. Les études montrent que les pigments s’accumulent dans les ganglions lymphatiques – on ne se fait pas seulement tatouer la peau, mais aussi les ganglions lymphatiques. Ces derniers jouent un rôle crucial dans la défense immunitaire. «Si nous endommageons les ganglions lymphatiques, nous compromettons aussi notre système immunitaire», souligne Peter Wick.

Le tatouage stresse également les macrophages, qui sont chargés d’éliminer les corps étrangers du corps. Certains macrophages meurent dans leur lutte contre l’encre, ce qui peut provoquer des réactions inflammatoires et affaiblir le système immunitaire à long terme. Une nouvelle étude menée sur des souris montre que les tatouages peuvent aussi modifier la réponse immunitaire aux vaccins.6–9

«Comme les pigments de tatouage restent dans les tissus comme des corps étrangers, cela a un impact à long terme sur le corps», explique Peter Wick. En général, il n’est pas bon que le système soit constamment en état d’alerte. Mais la dose est déterminante: un petit tatouage représente une autre charge que des tatouages sur de grandes surfaces du corps, explique-t-il. De plus, la composition de l’encre joue également un rôle.

Pression, frottement, chocs

Substances chimiques Bactéries

Epiderme

Vaisseaux sanguins

Derme

Nerfs

Vaisseaux lymphatiques

Hypoderme

Tissu adipeux

La peau saine protège le corps contre le froid, la chaleur, la pression/frottement et les chocs, et elle empêche les substances chimiques ou les micro-organismes de pénétrer dans le corps.

Epiderme

Des pigments colorés

Les encres de tatouage sont composées de divers produits chimiques, principalement des pigments et des agents de suspension servant de liquide porteur (par exemple, des épaississants et des conservateurs).7 «Ce sont clairement des nanoparticules dans la gamme inférieure des nanomètres», explique Peter Wick. L’encre noire est généralement à base de composés carbonés, tandis que l’encre colorée peut contenir des métaux lourds.

Depuis 2025, les encres de tatouage sont soumises au règlement REACH de l’UE. Il concerne l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et la restriction des substances chimiques. Plus de 4 000 substances utilisées dans les encres de tatouage ont été interdites en vertu de ce règlement, car elles peuvent être cancérigènes ou mutagènes. Parmi celles-ci, on trouve les colorants azoïques, la phénylènediamine, les hydrocarbures aromatiques polycycliques et le méthanol. Il n’y a pas de liste positive de couleurs sans danger pour la santé, faute de données scientifiques pertinentes.10–13

Même si les encres conformes au REACH sont plus sûres, elles ne sont pas pour autant sans risque. Les ingrédients peuvent provoquer des réactions allergiques. «De telles réactions sur-

Derme

Hypoderme

viennent plutôt avec des encres rouges», explique la tatoueuse, «en près de 30 ans de carrière, je n’ai jamais eu un seul cas de réaction allergique avec de l’encre noire». Le responsable de la chromatographie au laboratoire cantonal de la ville de Bâle, Urs Hauri, a dit la même chose dans le journal «Beobachter». On ne sait pas encore pourquoi les teintes rouges provoquent plus souvent des réactions allergiques. Il n’y a pas un seul colorant rouge, mais plutôt différents pigments et produits chimiques. Une explication possible réside dans la fabrication des encres de tatouage. Les pigments utilisés dans les encres sont également utilisés dans l’industrie du plastique. Ces pigments peuvent contenir des impuretés, car ils ne sont pas spécifiquement fabriqués comme colorants pour tatouage.6,14,15

Les réactions allergiques aiguës aux tatouages se manifestent par des éruptions cutanées, des rougeurs ou des gonflements accompagnés d’une forte démangeaison. Les conservateurs contenus dans l’encre sont souvent en cause. Les réactions allergiques aux colorants peuvent également se manifester des mois ou des années plus tard, quand les pigments de couleur changent dans la peau ou qu’un deuxième tatouage de la même couleur est réalisé. Le traitement dépend de la gravité des symptômes et peut inclure des corticostéroïdes.

Lors du tatouage, la barrière cutanée est franchie et des pigments colorés sont introduits dans le derme à l’aide d’une aiguille. De petites particules de couleur migrent passivement (via le sang) vers les ganglions lymphatiques ou sont phagocytées par des cellules immunitaires et éliminées de la peau vers les ganglions lymphatiques. Une partie des pigments colorés est également éliminée au cours de la cicatrisation. Si le tatouage est trop profond et que les pigments colorés se retrouvent dans l’hypoderme au lieu du derme, on parle de «blowout de tatouage». La couleur s’étale alors, ce qui entraîne des contours flous et des nuances indésirables. Si le tatouage est trop superficiel, les pigments colorés se retrouvent dans l’épiderme. L’épiderme se renouvelle régulièrement, ce qui fait que les tatouages réalisés dans cette couche cellulaire s’estompent rapidement.

Préparation au tatouage

Si une personne décide de se faire tatouer et qu’elle a trouvé un bon tatoueur, voilà ce que les droguistes peuvent lui conseiller pour une bonne préparation:

• Soins de la peau: l’application régulière d’une crème aide à éviter que la peau s’assèche et la maintient souple.

• Éviter les irritations cutanées et les coups de soleil, car il n’est pas possible de tatouer une peau irritée.

• Repos et nourriture: pour que le corps puisse bien supporter la douleur et la charge, il est utile d’avoir suffisamment dormi et d’avoir pris un bon repas.

Les bases de l’entretien des tatouages

La dernière piqûre de l’aiguille marque le début des soins post-tatouage: «Immédiatement après le tatouage, le motif est protégé contre les frottements des vêtements et les germes par un film plastique», explique Sandra Stadler. Une fois à la maison, le film doit être retiré, le tatouage lavé à l’eau froide et avec une émulsion nettoyante pour la peau et il faut essuyer délicatement les sécrétions colorées qui s’en échappent.

Léon Hesse, Diana Rutz et Hanna Knellwolf, étudiants à l’ESD eux-mêmes tatoués, s’accordent tous sur le fait qu’un tatouage doit être traité comme une écorchure ouverte. Il faut éviter autant que possible de toucher le

Tatouages au henné

tatouage fraîchement réalisé. «Avant de le soigner, il faut se laver soigneusement les mains et désinfecter la plaie», explique Léon Hesse. «On recommandait auparavant de faire sécher le tatouage autant que possible», explique Diana Rutz, «mais on sait maintenant qu’une cicatrisation humide est nettement plus efficace». Cela signifie qu’il faut hydrater la peau tatouée plusieurs fois par jour pendant les premiers jours. Les gels pour plaies, les pommades cicatrisantes et les crèmes spéciales pour tatouages favorisent la régénération et aident à reconstruire la barrière cutanée. Les crèmes contenant du dexpanthénol, en particulier, ont fait leurs preuves, car elles favorisent la cicatrisation et ont un effet anti-inflammatoire.7 La «Pharmazeutische Zeitung» souligne que les préparations à base de plantes, comme l’extrait de calendula ou l’huile d’arbre à thé, doivent être utilisées avec prudence lors des soins du tatouage, car elles peuvent provoquer des réactions allergiques.18 Il est important de ne jamais gratter la croûte. «Avant mon premier tatouage, je n’avais pas réalisé à quel point les démangeaisons pouvaient être intenses», raconte Diana Rutz, future droguiste diplômée. «L’application régulière d’une crème hydratante et l’hydratation de la peau soulagent les démangeaisons et évitent de gratter le tatouage.» Un soin insuffisant peut entraîner la formation d’une croûte plus épaisse sur le tatouage. Celle-ci peut se fissurer ou se déchirer, ce qui peut entraîner une perte de couleur ou même des cicatrices.19 Le tatouage ne doit donc jamais se dessécher.

Les décorations au henné sont une alternative aux tatouages permanents. Ces tatouages sont particulièrement populaires comme souvenir de vacances. Le henné est obtenu à partir des feuilles de la plante Lawsonia inermis poudre. La pâte de henné naturelle est composée de poudre de henné, de sucre, de jus de citron et d’huiles et a une cou leur brun-jaune-vert et une odeur terreuse. La pâte est appliquée sur la peau et séchée. Le colorant pénètre alors dans la couche supérieure de la peau. Lorsque la pâte séchée est enlevée, le motif apparaît d’abord orange clair et devient plus foncé au cours des 48 heures suivantes, car les pigments de couleur s’oxydent à l’air libre.

Attention toutefois: lors de manifestations, de festivals et chez les artistes de rue, on propose souvent des décorations au henné qui contiennent de la para-phénylènediamine (PPD) dans la pâte. Ce solvant permet à la pâte d’avoir un effet noir, sèche plus rapidement et accélère la coloration de la peau. Or, la PPD est un allergène de contact connu qui peut provo quer de fortes réactions allergiques. Si vous êtes sensibilisé à la PPD, il faut éviter tout contact avec des produits contenant des diamines. Or, de nombreuses substances de ce type se trouvent dans des objets de la vie quotidienne comme des vê tements noirs, des articles en cuir foncé, des gommes à effacer, des médicaments ou des colora tions capillaires. Dès les premiers signes d’une réaction allergique cutanée, il faut consulter un médecin. La guérison de l’eczéma peut prendre plusieurs semaines et laisser des taches pigmen taires disgracieuses et permanentes, voire des cicatrices.20–23

è Vous trouverez la bibliographie complète ici

La tatoueuse Sandra Stadler recommande à sa clientèle d’utiliser une pommade cicatrisante le premier jour et une crème pour tatouage légèrement grasse à partir du deuxième jour. «Les pommades cicatrisantes peuvent faire perdre un peu de couleur au tatouage, je recommande donc de ne pas les utiliser trop longtemps», explique-telle. Et toute sa clientèle reçoit une crème spécialement pour tatouage, fabriquée selon sa formule dans une pharmacie spécialisée en dermatologie.

Utiliser une bonne protection solaire

Dans les premiers jours et semaines suivant le tatouage, il faut éviter de prendre des bains et des douches longues et de nager. Une peau ramollie peut faciliter la pénétration des agents pathogènes. Il faut également éviter les activités sportives et celles qui font transpirer. De plus, il faut protéger la peau récemment tatouée des rayons du soleil les premières semaines.

«Comme toute blessure, les tatouages comportent des risques», souligne Diana Rutz. La lésion de la peau rend le tissu temporairement plus vulnérable aux infections et aux inflammations. Les signes d’alerte suivants doivent être évalués par un médecin: un gonflement important, de la fièvre, un écoulement de pus jaunâtre ou verdâtre, une rougeur importante, un malaise général et des douleurs intenses et croissantes.

«Même après la cicatrisation complète, il faut continuer à prendre soin du tatouage», explique Diana Rutz. L’hydratation régulière de la peau tatouée permet de la garder souple et de faire

Effacement de tatouages

ressortir les couleurs. De plus, il faut protéger les tatouages du soleil, idéalement avec un écran solaire d’indice 50+. La tatoueuse Sandra Stadler confirme: «La peau tatouée brûle plus vite car elle est plus foncée. C’est pourquoi la protection solaire est indispensable.»

Grande acceptation dans le quotidien de la droguerie

Les tatouages sont aujourd’hui largement acceptés par la société – même dans le cadre professionnel des droguistes. C’est ce que confirment Léon Hesse, Diana Rutz et Hanna Knellwolf. «De temps en temps, des clientes et clients font des commentaires sur mes tatouages visibles, mais toujours de manière très respectueuse», explique Diana Rutz. Léon Hesse raconte lui aussi qu’il reçoit souvent des compliments. «J’ai fait tatouer mon corps à l’âge de 17 ans, car les tatouages m’ont toujours fasciné – peut-être aussi parce que mes parents sont eux-mêmes tatoués.» Il n’a encore jamais eu de commentaire négatif, même son maître d’apprentissage a apprécié ses motifs. Hanna Knellwolf explique qu’elle s’est beaucoup interrogée sur les réactions possibles avant de se faire tatouer le bras. «Les réactions ont été très positives et de nombreux clientes et clients étaient curieux et voulaient en savoir plus.» Les tatouages peuvent même servir de prétexte pour engager la conversation dans le cadre du conseil: «Surtout les enfants et les personnes qui sont elles-mêmes tatouées sont ravis de voir du personnel de droguerie tatoué et réagissent très positivement», explique Hanna Knellwolf. 

Il y a plusieurs possibilités quand une personne n’aime plus son tatouage. Le tatouage peut être retravaillé ou recouvert d’un autre motif. Il peut aussi être éclairci ou partiellement enlevé par un traitement au laser effectué par un dermatologue. Cependant, un retrait complet ne peut être garanti. Lors d’un traitement au laser, les pigments colorés présents dans la peau sont irradiés par une impulsion lumineuse à haute énergie durant quelques nanosecondes. Les pigments absorbent la lumière et se décomposent en particules plus petites grâce à l’énergie dégagée. Les particules de pigments ainsi réduites peuvent être éliminées par le sang et le système lymphatique et acheminées vers les ganglions lymphatiques. Les risques pour la santé posés par les nouvelles substances chimiques formées lors du traitement au laser ne sont pas encore connus. Des produits de dégradation génotoxiques des colorants azoïques et des réactions allergiques aux produits de dégradation des pigments ont déjà été décrits. Après un traitement au laser, il est important de protéger la zone traitée du soleil, de la garder sèche et propre et de l’hydrater régulièrement. Les médicaments fluidifiants le sang doivent être arrêtés quelques jours avant l’intervention, sur avis du médecin, afin d’éviter les ecchymoses.24,25

Des drogueries. Un message. Un grand impact.

Plus de 400 affiches

21,5 millions de diffusions sur des écrans numériques

43 millions de contacts

Le principal contact, c’est vous!

Plus les drogueries s’associent à la campagne, plus son impact sera grand. Participez et diffusez le message: Vous trouverez tous les médicaments sans ordonnance chez votre droguiste.

Ensemble pour une branche forte. Nous vous remercions de votre engagement!

La campagne dure du 27 juin au 12 juillet et du 31 août au 6 septembre 2026.

Une entreprise entre courage et humilité

Thomas Wirth est CEO de Biomed SA. Dans cette interview, il explique ce qui rend unique cette entreprise pharmaceutique, pourquoi le point de vente est de plus en plus important et ce qui le motive.

Thomas Wirth, Vous travaillez chez Biomed depuis 15 ans, et occupez le poste de CEO depuis 2018. Qu’est-ce qui vous motive?

Thomas Wirth: Je pourrais dire: le champ d’activité passionnant. C’est important, mais les relations sont toujours primordiales. Le plaisir au travail et la joie de ce que l’on fait dépendent beaucoup des gens. Je pense aux relations au sein de l’entreprise, mais aussi des relations avec les clients et la branche.

Biomed n’était pas votre premier employeur. Vous veniez de Pfizer, où vous faisiez partie de la direction. La suite logique aurait été de partir à la conquête du vaste monde. Comment se fait-il que vous ayez plutôt choisi Biomed à Dübendorf (ZH)?

Pour moi, le travail est toujours le résultat d’une vie que l’on souhaite mener. Père de trois enfants, voyager avec ma femme à travers le monde, déménager constamment – ce n’était pas une option pour nous. Quand Biomed m’a contacté, la décision a été facile à prendre.

Alors, mieux vaut faire bouger les choses à petite échelle plutôt que sur une grande scène?

Tout à fait. En fait, j’ai toujours pu faire chez Biomed des choses que j’aurais pu faire dans une grande entreprise – et probablement même un peu plus. Chez Biomed, on grandit avec l’entreprise, pas avec l’organigramme. On peut se lancer dans des projets qui nous sortent de notre

Thomas Wirth

zone de confort – et qui sont finalement réalisés.

Biomed existe depuis 75 ans. Quel est le secret de son succès?

Il faudrait demander à la clientèle, pas à moi. Mais je dirais: le lien entre le courage et l’humilité.

Que voulez-vous dire?

Nous sommes une entreprise de distribution pharmaceutique qui opère exclusivement sur le marché suisse et emploie environ 60 personnes. Nous sommes actifs dans le secteur de la santé, mais pas pour des maladies mortelles, plutôt dans les soins de base ou la prévention. Le monde continue de tourner même sans Biomed. Voilà pour l’humilité.

Et pour le courage?

Nous apprécions d’être un acteur plus petit sur le marché, mais nous voulons quand même faire une différence. C’est ce qui nous définit et définit aussi les personnes qui travaillent ici.

Comment décririez-vous le domaine d’activité de Biomed à quelqu’un qui ne connaît pas l’entreprise?

Nous connaissons le marché suisse – une île au sein de l’Europe, avec ses propres réglementations et procédures d’autorisation – et nous aidons les entreprises qui ne veulent pas y implanter une filiale

L’ingénieur agroalimentaire Thomas Wirth est CEO de Biomed SA depuis 2018. Avant cela, il a travaillé pendant six ans chez Biomed en tant que directeur des ventes et du marketing. Il est marié, père de trois enfants et aime faire du cyclisme.

à distribuer leurs produits. Nous pouvons déposer le dossier en Suisse, nous avons une autorisation de commercialisation et nous assurons le marketing et la distribution en Suisse. La complexité qui constitue un obstacle pour d’autres est notre argument clé. De plus, nous avons commencé à développer et à lancer nos propres produits sur le marché. C’est un domaine que nous souhaitons renforcer à l’avenir.

«Je pense que la force de la droguerie réside dans son approche: une approche qui concilie médecine complémentaire et conventionnelle …»

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail?

La réflexion stratégique qui accompagne cette complexité. La pensée logique, l’analyse, la reconnaissance des schémas, c’est vraiment passionnant Mais aussi rassembler des gens avec des forces différentes pour faire quelque chose de bien. Le leadership et le développement du leadership sont des choses qui me passionnent. C’est quelque chose que je peux toujours améliorer.

Comment se déroule une journée de travail typique pour vous?

Ma journée commence à 7h30. Depuis deux ans, je prends mon petit déjeuner avec ma femme le matin – cela peut sembler anodin, mais c’est une décision délibérée. La vie privée et le travail se confondent de plus en plus. C’est peut-être pour cette raison que ce rituel est devenu si important pour moi. Ensuite, je passe en revue mes e-mails et, à partir de 9h, j’ai généralement des réunions et des conversations entre deux portes. En bref, je suis souvent en déplacement. Mais je me réserve aussi délibérément du temps pour travailler seul. Je veux encore faire certaines choses moi-même, même si ça serait peut-être plus efficace que quelqu’un d’autre le fasse.

Approche intéressante pour un CEO qui pourrait déléguer tout ce qu’il veut. Pour-

quoi tenez-vous tant à vous occuper de certaines choses vous-même?

Avant, j’étais le jeune rebelle qui savait se servir d’Excel. Aujourd’hui, l’IA est au premier plan. Et c’est là que je constate le fossé. Quand on cesse d’essayer les choses par soi-même, on finit par se laisser distancer. C’est pourquoi, en matière d’IA par exemple, je trouve important de rédiger moi-même des prompts plutôt que de déléguer cette tâche. Se contenter de lire sur un sujet ne permet pas d’en maîtriser les rouages. Seuls la pratique et l’exercice permettent de rester curieux.

C’est juste! Rester intéressé n’est pas seulement important dans le cadre de l’IA, mais aussi si l’on veut réussir sur le marché. Quelles sont les plus grandes opportunités pour Biomed actuellement?

Partout où la prévention permet d’empêcher un déséquilibre potentiel, par exemple la résistance à l’insuline, qui peut mener au diabète. Il y a déjà une pénurie de personnel dans le domaine médical et la pression sur les coûts ne cesse de croître. Il n’est pas nécessaire d’être prophète pour voir qu’il y a un énorme potentiel de développement et que des changements vont venir. Notre système de santé est essentiellement un système de maladie – c’est une erreur pour moi.

Que voulez-vous dire par là?

La prévention ne se limite jamais à un produit ou à un conseil. Elle est efficace lorsque nous parvenons à modifier le comportement des gens, notamment en matière d’alimentation et d’activité physique. Pour que cela se produise à grande échelle, il faudrait aussi la volonté politique de déplacer le curseur de la guérison à la prévention. En attendant, nous ne pouvons pas laisser le champ libre aux grandes entreprises, mais nous devons trouver des moyens de nous positionner de manière rentable dans ce changement, en tant que petit acteur.

Quel projet vous demande le plus d’efforts actuellement?

La mise en place d’une offre de services pour le commerce B2B – non pas axée sur le produit, mais sur le service.

De quoi s’agit-il exactement? Il s’agit d’offrir un service que les drogueries et pharmacies locales peuvent proposer. Dans le domaine de la prévention, par exemple, nous souhaitons proposer une analyse sanguine directe pour les clients, via une application et un laboratoire partenaire. Notre objectif est de permettre aux professionnels de la santé sur le terrain de fournir des conseils plus compétents et plus complets. Nous y voyons également une opportunité de renforcer la compétence en matière de santé et d’élargir les possibilités de conseil sur le terrain.

Quelles tendances vous préoccupent le plus actuellement?

Les thèmes les plus importants sont ceux liés à l’alimentation, à l’activité physique et au métabolisme. Quand j’ai rejoint Biomed il y a 15 ans, le marché de la perte de poids était en plein essor – il était bien plus important qu’aujourd’hui. Mais ce que nous voulons communiquer aujourd’hui chez Biomed, c’est une autre image: il ne s’agit pas de se conformer à un idéal de beauté, mais de préserver la santé du métabolisme dans un sens plus large. C’est pourquoi nous avons également lancé une nouvelle gamme de produits.

Depuis quelque temps, vous développez également vos propres produits en sous-traitance – et vous vous adressez ainsi à la branche de la droguerie?

Oui, depuis trois ans, nous sommes en mesure de développer nos propres produits. Pour cela, nous avons un comité consultatif composé de droguistes et de pharmaciens. Nous y discutons d’idées de produits et analysons ensemble les marchés. La position géographique d’une entreprise influe également sur la perspective qu’elle a. Nous n’y parvenons pas toujours, mais il est important pour nous d’être proches du marché. Les comités consultatifs sont un instrument important à cet effet, en plus des échanges réguliers avec l’industrie.

Restons sur la droguerie. Comment voyezvous son avenir à la lumière des changements que vous avez évoqués tout à l’heure? Le positionnement sur le marché est un

défi. À l’étranger, beaucoup de gens ne savent même pas ce qu’est une droguerie. «Une pharmacie sans médicaments sur ordonnance» pourrait être une définition, mais elle ne rend pas justice à la réalité. La droguerie est bien plus qu’une «pharmacie light» et propose une gamme de prestations que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Il faut donc communiquer sur ce positionnement. Et cela va devenir encore plus urgent si la vente par correspondance de médicaments en vente libre devient une réalité.

«… à ce jour, il n'y a pas eu de vrai rapprochement, alors qu’elles pourraient s’enrichir mutuellement.»

Que pourrait être ce plus?

Je pense que la force de la droguerie réside dans son approche: une approche qui concilie les deux. À ce jour, il n’y a pas eu de véritable rapprochement entre la médecine complémentaire et la médecine conventionnelle, alors qu’elles pourraient s’enrichir mutuellement. La droguerie est à l’aise dans le domaine de la médecine complémentaire, mais cela n’exclut pas que ce que propose la médecine conventionnelle ait également sa place. Par exemple, avec les médicaments en vente libre. Être à l’écoute du client, faire preuve d’empathie, dégager une véritable compétence en matière de conseil: voilà, à mon avis, la force de la droguerie.

Cette place est-elle menacée par la numérisation?

Le secteur de la santé sera massivement numérisé. Mais notre exemple de service B2C montre aussi que nous ne le confierons jamais entièrement aux mains des machines. Le contact humain, les conseils personnalisés, c’est essentiel. Des produits de qualité, des conseils compétents et une spécialisation claire – voilà ce qui peut permettre de résister à la concurrence et de se démarquer. Il faut juste avoir le temps de prendre les bonnes décisions pour conserver cette place, et cela vaut pour Biomed comme pour les drogueries. 

Dans le numéro de septembre de vitamine, vous trouverez une interview d’Islam Alijaj, qui s’engage au Conseil national pour davantage d’inclusion.

Droit du travail: la période d’essai

Quelles sont les règles en cas de licenciement pendant la période d’essai?

Cet article a pour but de répondre aux principales questions pratiques et de clarifier l’application de la convention collective de travail (CCT).

Christoph Balmer, avocat et directeur d’Employés Droguistes

Suisse

Cette page est ouverte à Employés Droguistes Suisse. L’avis de l’auteur ne doit pas coïncider avec celui de la rédaction et/ou de l’Association suisse des droguistes.

www.drogisten.org

Le Tribunal fédéral a récemment dû se pencher sur la question de la période d’essai, pour voir si le licenciement avait eu lieu pendant cette période ou non. La période d’essai convenue contractuellement n’était pas encore terminée, mais le Tribunal fédéral a estimé que la salariée pouvait considérer qu’elle avait été réussie et était terminée, car l’employeuse l’avait félicitée (trop tôt) pour avoir passé sa période d’essai. En conséquence, le licenciement a donc eu lieu après l’expiration de celle-ci. La salariée étant enceinte à ce moment, la protection contre le licenciement s’est appliquée et le licenciement a été déclaré nul (TF 4A_254/2025 du 26.11.2025).

Objectif et but de cette période

La période d’essai permet de faire mutuellement connaissance professionnellement et personnellement. Et donc de voir si les attentes des deux parties sont satisfaites. Les deux parties peuvent résilier le contrat avec un préavis de 7 jours si elles ne souhaitent pas une collaboration à long terme (art. 8 CCT). La convention collective de travail de la branche de la droguerie régit la période d’essai de manière claire et concise à l’article 5: «La période d’essai est d’un mois. Elle peut être prolongée par écrit jusqu’à trois mois au total (art. 335b CO). » Si la période d’essai n’est pas réglée dans le contrat de travail individuel (voir art. 3 CCT), c’est la CCT qui s’applique et la période d’essai dure un mois (art. 5 CCT). La période d’essai peut être prolongée par écrit jusqu’à 3 mois au maximum et au total,

conformément à la CCT. Cette prolongation peut être convenue dans le contrat de travail individuel, ou par un accord écrit supplémentaire. L’employeur ne peut pas la prolonger unilatéralement. La période d’essai est prolongée du nombre de jours d’absence correspondants en cas d’absence pour certaines raisons. La CCT renvoie expressément à l’art. 335b CO. Sont notamment concernés la maladie, l’accident ainsi que l’accomplissement d’une obligation légale non assumée volontairement. Si le salarié est absent pendant la période d’essai, la fin de celleci est donc reportée du nombre de jours correspondant aux absences. Il est donc recommandé de documenter les absences (maladie/accident/obligation légale) pendant la période d’essai, car elles reportent automatiquement la date de fin de la période d’essai.

Effets de la période d’essai

Les deux parties peuvent résilier le contrat de travail à tout moment, en respectant un préavis de 7 jours, et il n’y a pas de date de fin prédéterminée. Par conséquent, la résiliation n’a pas besoin d’être prononcée pour la fin d’un mois.

La protection particulière contre le licenciement prévue par la CCT/le CO ne s’applique qu’après la fin de la période d’essai (maladie, accident, grossesse ou service militaire). Un salarié peut donc être licencié pendant sa période d’essai, même s’il ne peut pas se présenter au travail pour cause de maladie ou d’accident. 

7 Christoph Balmer |  F D Marie-Noëlle Hofmann

Gastro-entérite: quand y a-t-il danger?

Une infection gastro-intestinale est très désagréable. Il est essentiel de boire suffisamment et de reconstituer ses réserves en électrolytes. La déshydratation peut être mortelle, en particulier chez les jeunes enfants et les personnes âgées.

7 Adrian Ritter |  F D Marie-Noëlle Hofmann

Que faire quand on souffre de nausées, de diarrhée et de vomissements? «La chose la plus importante en cas d’infection intestinale est de continuer à boire, d’abord par petites gorgées, pour compenser la perte d’électrolytes», explique le Prof. Dr med. Tom M. Ganten, gastro-entérologue à la Gastroklinik AG et à la clinique Hirslanden de Zurich. En effet, le plus grand danger est la déshydratation. La diarrhée, en particulier, entraîne une perte importante de liquides et de sels, et les malades sont sou-

vent tellement affaiblis et si nauséeux qu’ils n’ont pas envie de boire.

Infection gastro-intestinale, grippe intestinale ou, en termes techniques, gastro-entérite infectieuse, voilà le nom de ce mal qui frappe chaque année des centaines de milliers de personnes en Suisse. Il s’agit d’une inflammation des muqueuses de l’estomac et de l’intestin, généralement causée par des virus ou des bactéries – rarement par des amibes ou des parasites. Cependant, il s’agit d’autres virus que ceux de la grippe,

ce qui rend le terme «grippe intestinale» un peu abusif.

Diversité des symptômes

Les agents pathogènes responsables les plus fréquents sont les norovirus et les rotavirus. Les rotavirus sont particulièrement fréquents chez les enfants, les norovirus davantage présents dans les EMS. «Les agents pathogènes responsables sont souvent très contagieux», explique Tom M. Ganten. Parfois, des EMS entiers ou des classes entières sont touchés. Avec les norovirus, il suffit de quelques particules virales pour provoquer une infection. Les symptômes peuvent apparaître quelques heures après l’infection, mais la période d’incubation peut aussi durer jusqu’à une semaine. Comme pour les refroidissements et la grippe, les cas sont plus nombreux en automne et en hiver, quand nous passons plus de temps à l’intérieur, et lors de fêtes de famille, où les agents pathogènes peuvent facilement se propager.

La diarrhée, les nausées et les vomissements sont les symptômes les plus fréquents, mais ils ne sont pas toujours tous présents. Il peut également y avoir de la fièvre et des crampes abdominales. À l’inverse, ces symptômes peuvent aussi apparaître sans qu’il y ait une inflammation de l’estomac et des intestins, par exemple après avoir consommé des aliments avariés (voir encadré ci-dessous). «Dans la grande majorité des cas, des symptômes tels que la diarrhée et les vomissements sont le signe d’une gastro-entérite infectieuse», explique le spécialiste.

Si une personne est souvent en contact avec les agents pathogènes correspondants – par exemple parce qu’elle travaille avec des enfants – elle développe peu à peu une certaine immunité. Dans ce cas, les symptômes peuvent être légers. De toute façon, chez les personnes en bonne santé, l’infection est généralement bénigne. Les symptômes disparaissent rapidement, car le système immunitaire parvient à combattre avec succès les agents pathogènes.

Prévenir d’autres infections

Les enfants en bas âge, dont le système immunitaire n’est pas encore complètement développé, les personnes atteintes de maladies chroniques et les personnes âgées, dont le système immunitaire n’est plus aussi efficace, sont les plus susceptibles de développer une forme grave de la maladie. Les «red flags» qui doivent inciter à consulter un médecin:

• sang dans les selles,

• forte fièvre,

• fortes douleurs abdominales,

• symptômes qui durent plus de trois jours et

• déshydratation sévère.

Cette dernière se caractérise par une grande sécheresse de la peau et des muqueuses, ou par une rapide perte d’eau, même en petites quantités, par les selles ou par les vomissements. Chez les enfants en bas âge, une déshydratation peut rapidement devenir critique. Le risque est notamment une défaillance du système circulatoire ou des reins. Mais ce risque ne doit pas non plus

Diarrhée du voyageur et intoxication alimentaire

L’infection gastro-intestinale est souvent utilisée comme terme générique pour désigner divers troubles du système digestif. La diarrhée du voyageur en fait partie. Elle peut avoir différentes causes, souvent des agents pathogènes bactériens liés à un manque d’hygiène ou à de l’eau ou des aliments contaminés. Une intoxication alimentaire peut aussi être causée par des bactéries comme des salmonelles dans les aliments. Mais ce ne sont généralement pas les bactéries elles-mêmes qui provoquent les symptômes, mais les toxines qu’elles produisent. Dans ce cas, les symptômes apparaissent très rapidement après avoir mangé ou bu. En effet, les toxines sont déjà présentes, il n’est pas nécessaire que les bactéries se multiplient dans le corps comme c’est le cas lors d’une infection gastro-intestinale classique. Le traitement et les «red flags» de la diarrhée du voyageur et de l’intoxication alimentaire sont identiques à ceux des infections gastro-intestinales.

être sous-estimé chez les personnes âgées. Les enfants en bas âge deviennent souvent apathiques. Un autre signe d’alerte de déshydratation chez ceux-ci est une couche qui reste trop longtemps sèche.

Dans certains cas, les agents pathogènes peuvent également passer dans le sang et provoquer une septicémie ou l’inflammation intestinale peut entraîner une perforation de la paroi intestinale et une péritonite. En cas de formes sévères, le laboratoire identifie l’agent pathogène exact afin d’adapter le traitement. Si des «red flags» apparaissent, il est conseillé de prendre d’abord contact par téléphone avec le médecin traitant. En effet, une visite chez le médecin comporte le risque d’une nouvelle contamination, c’est pourquoi une visite à domicile peut être plus judicieuse. Cela dépend aussi de l’état de santé. En cas de déshydratation sévère, il convient d’appeler les services d’urgence.

Des électrolytes dans les bonnes proportions

L’objectif principal du traitement même des cas les plus légers est de compenser la perte de liquide. Boire de l’eau ne suffit pas. Une solution électrolytique contient le mélange adéquat d’eau, de minéraux et de sucre pour être bien absorbée par l’organisme. Vous pouvez préparer vous-même la solution, par exemple à partir de thé, de jus d’orange et d’un peu de sel, ou l’acheter déjà prête à l’emploi.

Si les malades ont envie de manger, on peut leur proposer des aliments légers: bananes, pommes de terre, riz blanc, pâtes sans sauce, zwiebacks ou pain blanc. Il faut ajouter un peu de sel et de sucre. Et éviter les aliments riches en fibres et en matières grasses, car ils sont trop difficiles à digérer. «Dans la mesure du possible, nous évitons d’utiliser des antibiotiques dans le traite-

Le combi d’annonces qui vous permet d’atteindre l’ensemble du personnel spécialisé des pharmacies et des drogueries avec une seule commande.

Réserver maintenant!

Tamara Gygax-Freiburghaus 032 328 50 54 t.gygax@vitagate.ch vitagate-ag.ch

vitagate sa RueThomas-Wyttenbach 2 2502 Biel/Bienne

ment, car ils ne réduisent que très peu la durée de la maladie, mais ils comportent le risque d’effets secondaires et de développement d’une résistance», explique le gastro-entérologue.

Le psyllium, un atout précieux

Quels autres conseils et produits disponibles en droguerie ou en pharmacie peuvent s’avérer utiles en cas d’infections gastro-intestinales? Les médicaments contenant du lopéramide stoppent la diarrhée en paralysant l’intestin. Si la diarrhée est d’origine bactérienne, par exemple en cas d’entérocolite bactérienne (provoquée par des salmonelles, des shigelles ou des campylobacters), il est déconseillé de prendre du lopéramide. Les microbes peuvent en effet se multiplier d’autant plus si l’intestin ne bouge plus. On peut en revanche essayer les préparations à base de charbon actif, même si, selon le spécialiste, leur efficacité contre la diarrhée n’est pas prouvée par des études.

Parfois, des conseils comme boire du cola ne sont pas recommandés, selon Tom M. Ganten: «Les boissons très sucrées fournissent aux bactéries une grande quantité de nourriture – en outre, les boissons gazeuses sont moins bien tolérées, surtout si l’estomac et les intestins sont affaiblis.» Il faut également éviter le café. En revanche, les tisanes (par exemple camomille, anis, fenouil) et une bouillotte sur le ventre peuvent aider à calmer l’estomac et les in-

Si la diarrhée dure plusieurs jours et que l’anus est irrité, des pommades cicatrisantes peuvent aider. La personne concernée peut aussi essayer de normaliser son transit en utilisant des téguments de psyllium. Tom M. Ganten recommande de commencer par trois cuillères à café de téguments de psyllium

par jour et d’augmenter à trois cuillères à soupe. Il faut toujours les prendre avec suffisamment d’eau – au moins un à deux décilitres par cuillère à soupe de psyllium. «Il faut tester individuellement si l’on tolère les téguments de psyllium, ce n’est pas le cas pour tout le monde», recommande le spécialiste.

Un médicament contre les vomissements peut également aider. Et même la phase qui suit la maladie aiguë peut être soutenue en droguerie et en pharmacie. «Notre microbiote intestinal est étonnamment stable et se rétablit relativement rapidement après une maladie, mais les probiotiques peuvent soutenir ce processus», explique Tom M. Ganten.

En plus du traitement, il ne faut pas oublier la prévention des infections gastro-intestinales. Celle-ci concerne l’hygiène générale et la manipulation des aliments. Les agents pathogènes peuvent nous contaminer par la nourriture ou via d’autres personnes – dans ce cas, généralement par la voie fécale-orale. Par exemple, un siège de toilette ou une poignée de porte contaminés peuvent suffire à provoquer une infection. Une bonne hygiène des mains est donc particulièrement utile, surtout si des personnes de l’entourage sont infectées. Certains agents pathogènes, comme le norovirus, peuvent également se propager par gouttelettes et un masque facial peut offrir une protection lors des contacts avec des personnes malades.

Concernant les aliments, il est par exemple possible que les fruits et légumes aient été traités avec des engrais d’origine animale et qu’ils contiennent des agents pathogènes. C’est pourquoi il est important de bien les laver. Lors de voyages dans des pays où l’hygiène de l’eau et des aliments est moins bonne, on recommande d’appliquer le principe «Cook it, peel it or forget it»: si un aliment ne peut être ni cuit ni épluché, il vaut mieux s’abstenir de le consommer. 

Les téguments de psyllium contiennent des fibres alimentaires végétales capables de retenir de très grandes quantités d’eau. En cas de diarrhée, cela permet de prolonger la durée de séjour de l’eau ingérée dans l’intestin et de réguler le transit intestinal.

Travaille

Découvrir tous les emplois en un scan!

Trouve ton nouvel emploi en droguerie sur vitajobs.ch

Plateforme de l’emploi pour la santé et la pharma

Cosmétiques issus d’une fermentation en cascade

Les cosmétiques à base d’ingrédients fermentés sont de plus en plus populaires. Michael Muehlhaupt a travaillé pendant des années à la recherche de produits de ce type chez Dr. Niedermaier Pharma. Dans cette interview, il nous explique ce qu’il a inventé et ce qui rend la cosmétique fermentée si spéciale.

7 Sabine Reber |  F D Marie-Noëlle Hofmann

Michael Muehlhaupt, vous avez travaillé pendant de nombreuses années dans le domaine de la recherche sur les compléments alimentaires et les cosmétiques à base d’essences fermentées en cascade. Récemment, il y a eu une forte tendance vers les produits de soin pré- et probiotiques. Avez-vous inventé quelque chose de similaire?

Michael Muehlhaupt: J’ai travaillé chez Dr. Niedermaier Pharma de 2008 au prin-

temps 2026 et, pendant cette période, j’ai développé plusieurs produits de santé à ingérer, tels que des compléments alimentaires et des cosméceutiques, à base de Regulatessenz fermenté en cascade. Ce procédé consiste à fermenter des fruits et légumes frais et des noix avec des bactéries lactiques en trois étapes successives. On obtient ainsi un lysat bactérien unique contenant plus de 50 000 substances vi-

tales de haute qualité, à savoir des substances végétales secondaires, des polyphénols et leurs métabolites.

Ce lysat bactérien est-il un probiotique? Non, car il ne contient pas de bactéries viables. Le processus de fabrication imite la digestion naturelle de notre système digestif, ce qui permet de décomposer les ingrédients végétaux de manière appropriée pour le corps.

Quels légumes et fruits sont fermentés?

Selon le Regulatessenz, il peut s’agir de citron, de dattes, de figues, de noix, de soja, de carottes, de pommes, d’oignons, de germes de haricots mungo, de grenades, de framboises, de noix de coco, d’artichauts, de pois chiches, de petits pois, de céleri, de millet et de gingembre. La diversité des ingrédients joue un rôle dans la diversité des substances végétales secondaires. Chaque plante produit des quantités différentes de polyphénols pour se protéger contre les polluants environnementaux, les rayons UV, la pollution atmosphérique ou les prédateurs. Ce qui est important dans notre fermentation en cascade est la métabolisation des polyphénols en métabolites. C’est un processus que peut réaliser un microbiote intestinal sain. Nous le faisons dans nos fermenteurs comme un microbiote «externe».

Quelles cultures bactériennes sont utilisées dans la fermentation en cascade? Pour la fermentation en cascade, nous utilisons Lacticaseibacillus paracasei et Lacticaseibacillus rhamnosus. Le produit final ne contient plus de Lacticaseibacillii vivants, mais un lysat de ces bactéries lactiques. Le ferment est chauffé brièvement pour le rendre plus stable et encore plus efficace.

Comment agissent les produits?

Nous savons, grâce à des décennies d’expérience et à des études scientifiques, que le Regulatessenz a des propriétés immunomodulatrices, apaisantes, antioxydantes et énergisantes, qu’il favorise le microbiome cutané et renforce la barrière protectrice naturelle de la peau et qu’il contribue à un aspect plus frais, énergisé et sain de la peau. Les polyphénols aident à protéger la peau contre les radicaux libres nocifs. Les produits contribuent à maintenir le pH acide lactique de la peau à 5,5, sont bien tolérés et hypoallergéniques.

Les pousses de haricots mungo contiennent de nombreuses substances végétales secondaires et de la vitamine C.

SwissSkills 2027 –

Save the Date

Le prochain championnat professionnel de droguiste CFC aura lieu du 14 au 18 septembre 2027 à Berne.

Scanne le code QR, laisse-toi inspirer et ne manque aucune information pour ne pas seulement assister à l’événement en 2027, mais être au cœur de l’action… …rendez-vous à Berne!

Quelle est la différence entre vos produits et ceux de la cosmétique coréenne qui sont actuellement très à la mode et qui contiennent également des substances végétales fermentées?

Ils sont généralement composés de substances végétales fermentées individuelles. Notre Regulatessenz reflète la diversité de la nature grâce à son mélange varié de nombreuses plantes fermentées.

Les mêmes cultures bactériennes agissentelles sur la peau que sur la santé intestinale? On trouve des bactéries similaires sur la peau et dans l’intestin, plus précisément dans le gros intestin, comme les bactéries lactiques. Elles créent un environnement acide favorable aux deux microbiotes. La peau abrite également de nombreuses bactéries Staphylococcus epidermidis et Staphylococcus hominis/lugdunensis. Ces staphylocoques ne vivent normalement pas dans l’intestin. À l’inverse, l’intestin abrite des bactéries importantes comme Akkermansia municiphila ou Faecalibacterium prausnitzii, qui ne peuvent pas survivre dans l’atmosphère oxygénée de la peau.

Recherche et science

Les lactobacilles (bactéries lactiques) et les bifidobactéries sont souvent utilisés dans les préparations pour les intestins. Ces bactéries sont également bénéfiques pour la peau, mais elles sont moins efficaces dans les produits de soin que lorsqu’elles sont prises par voie orale.

Les cultures administrées par voie interne peuvent-elles également favoriser la santé de la peau, et inversement, les bactéries présentes dans les soins du visage peuventelles avoir un effet sur l’intestin?

En principe, l’état de notre peau dépend dans une large mesure d’un intestin sain et fonctionnant correctement, ainsi que de son microbiote. D’après mon expérience de longue date, la plupart des patients atteints de dermatite atopique, par exemple, présentent un mauvais état intestinal. À cet égard, un microbiote intestinal sain favorise une peau saine. Il est prouvé que les lactobacilles et les bifidobactéries, en tant que probiotiques, sont bénéfiques pour notre microbiote intestinal. Certaines bactéries intestinales importantes (notamment Akkermansia

Michael Muehlhaupt a étudié la pharmacie à l’Université Ludwig-Maximilians de Munich (D) et est devenu pharmacien. Il a suivi une formation complémentaire auprès de la Chambre des pharmaciens de Bavière en matière de conseil nutritionnel, de prévention et de promotion de la santé. Il a ensuite été directeur du département Recherche et Science chez Dr. Niedermaier Pharma à Hohenbrunn près de Munich pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, il est à la retraite.

Fermented Skincare

Sept produits de soin enrichis en prébiotiques et postbiotiques qui renforcent la barrière protectrice de la peau, tandis que les céramides et les lipides membranaires régénèrent la structure cutanée.

ldd

muciniphila et Faecalibacterium prausnitzii) sont très sensibles à l’oxygène. Ces bactéries meurent immédiatement en dehors de notre côlon. C’est pourquoi elles ne sont toujours pas disponibles sous forme de compléments alimentaires. On peut toutefois favoriser ces bactéries importantes pour la santé intestinale grâce à des prébiotiques – c’est-à-dire des fibres alimentaires –, par exemple l’inuline, les fibres d’acacia, l’amidon résistant, les graines de lin ou les téguments de psyllium.

Les bactéries présentes dans les soins du visage ne peuvent agir que localement sur une peau saine, c’est d’ailleurs leur rôle. C’est pour cela que nous avons une barrière cutanée. Ainsi, lorsqu’elles sont utilisées conformément aux instructions pour une application externe, les bactéries des soins du visage n’ont aucun effet sur l’intestin.

Certains produits contiennent des cultures de bactéries vivantes, d’autres des bactéries mortes. Quelle est la différence?

Les bactéries vivantes, les probiotiques, ont des effets bénéfiques avérés sur notre microbiote intestinal, comme des effets immunomodulateurs ou anti-inflammatoires. Elles peuvent avoir un effet positif sur la peau via l’axe intestin-peau nouvellement découvert. Les probiotiques ont également un effet immunomodulateur et anti-inflammatoire lorsqu’ils sont appliqués localement sur la peau et peuvent protéger les cellules cutanées contre le stress oxydatif. Les probiotiques ont des inconvénients en termes de sécurité: ils peuvent provoquer des infections chez les patients immunodéprimés et chez les enfants. Et peuvent également transmettre des gènes de résistance. Pour éviter cela, les bactéries sont tuées par la chaleur, ce qui donne des postbiotiques. Ils ont des effets similaires à ceux des probiotiques, mais sont encore plus efficaces et plus sûrs car ils ne peuvent pas se multiplier. Un groupe de postbiotiques est constitué des lysats bactériens, on y trouve des composants de la paroi cellulaire des bactéries, comme les acides lipotéichoïques, les peptidoglycanes et les polysaccharides extracellulaires.

Est-il nécessaire de conserver les produits contenant des bactéries vivantes au réfrigérateur?

Oui, sinon les bactéries peuvent se multiplier trop rapidement et les produits peuvent se gâter. C’est aussi pour cette raison que les postbiotiques sont beaucoup plus pratiques.

Est-ce vrai que les cosmétiques fermentés sont mieux adaptés aux personnes allergiques?

Oui, car les substances allergènes, en particulier les protéines, sont modifiées ou décomposées par la fermentation de telle sorte qu’elles ne sont plus allergènes. Cependant, il faut savoir que dans les cosmétiques fermentés, le produit entier n’est pas fermenté, mais composé d’ingrédients individuels fermentés. Si ces ingrédients sont allergènes, la fermentation est utile et peut être bénéfique pour les personnes allergiques. Malheureusement, les ingrédients fermentés individuels n’ont pas d’effet sur le potentiel allergène des autres ingrédients, et le produit cosmétique peut toujours provoquer des réactions allergiques. 

Mutations de membres

Remises

• Au 30.6.2026 à la Droguerie Vive SA: Droguerie Jaquet SA, Rue du Simplon 35, 1800 Vevey

Reprises

• Au 1.7.2026, section suisse romande: Droguerie Vive SA, Célia Croset, Rue du Simplon 35, 1800 Vevey

Fermetures

• Au 30.6.2026: Dorf-Drogerie Hafen, Säntisstrasse 1, 8305 Dietlikon

• Au 31.7.2026 environ: Drogerie Wenger, Milchgasse 1, 5703 Seon

Adressez toutes les mutations de membres à: Association suisse des droguistes, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Biel/Bienne, info@drogistenverband.ch, 032 328 50 30

Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
vitamine 7–8/2026 by vitagate-ag - Issuu