vitamine
lecture vitaminée pour les professionnels de l’automédication 6/2026
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lecture vitaminée pour les professionnels de l’automédication 6/2026
Réussite du Congrès de la droguerie
Workshops passionnants et ambiance conviviale pendant les trois jours
Soutenir la campagne
Aperçu de toutes les informations sur la vaste campagne sur l’automédication
Les bons soins des cicatrices
Comment les plaies cicatrisentelles et comment influencer positivement la cicatrisation
Branche
Branche

La vaste campagne sur l’automédication va démarrer. vitamine donne un aperçu de toutes les mesures prévues. Plus les drogueries participent, plus l’impact sera grand.
Impressum vitamine

Les droguistes ont profité d’un programme varié de trois jours, axé sur la fabrication et la pharmacologie. Outre des workshops et des conférences, il y a eu de la place pour les échanges personnels.
Editeur Association suisse des droguistes, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne, Téléphone 032 328 50 30, info@drogistenverband.ch
Distribution vitagate sa, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne
Directrice et responsable Ventes: Tamara Gygax-Freiburghaus, t.gygax@vitagate.ch
Annonces: Tamara Gygax-Freiburghaus, Marlies Föhn, Valérie Rufer, Janine Klaric, inserate@vitagate.ch
Abonnements et distribution: Sabine Andersen, vertrieb@vitagate.ch
Rédaction
Direction de l’édition, rédactrice en chef de vitamine: Céline Jenni, c.jenni@vitagate.ch
Ont collaboré à la rédaction de ce numéro: Claudia Merki, Désirée Klarer, Jasmin Weiss, Martina Huber
Contrôle scientifique: Dr phil.-nat. Anita Finger Weber
Traduction: Marie-Noëlle Hofmann
Couverture: stock.adobe.com/NURUL
Production
Layout: Claudia Luginbühl
Impression: Courvoisier-Gassmann SA, Bienne
7e année: paraît 10× par an © 2026 – vitagate sa, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne

Magazine officiel de l’Association suisse des droguistes et média d’Employés Droguistes Suisse
Thème central

Les données de santé et de clients doivent être protégées de manière cohérente, en droguerie aussi. Il faut respecter certaines exigences légales. vitamine explique ce qui est en vigueur et comment la mise en œuvre peut se faire.
16
Interview d’un expert en protection des données
L’avocat Martin Steiger explique les données à protéger particulièrement en droguerie et les points à surveiller.
18
Révision totale de la formation initiale
Dès début juin, la branche peut donner son avis sur la révision totale de la formation initiale – aperçu.
20
Workshops sur la stratégie
La branche continue à peaufiner sa stratégie et s’est concentrée sur la prévention et la numérisation.

Regula Steinemann se retire
Regula Steinemann a défendu pendant des années les intérêts des employés de la branche de la droguerie. Avant de se retirer, l’avocate nous explique quelles questions se posaient toujours et ce qu’elle apprécie dans cette branche.
28
Les articulations sous pression
L’activité physique favorise la santé des articulations, surtout en cas de surpoids. Quelles sont les précautions à prendre?
31 Employés Droguistes Suisse
Quelles sont les règles à respecter lorsqu’on utilise la vidéosurveillance dans une droguerie pour prévenir les vols?
32
Soins des cicatrices
Deux spécialistes expliquent comment influencer au mieux la cicatrisation. Interview

Données clients, IA, données de base… La protection des données est un sujet sensible, pas de doute. Dans ce numéro, nous avons interrogé plusieurs drogueries pour voir comment notre branche aborde cette question.
Les réponses étaient aussi variées que les acteurs interrogés: du silence à l’affirmation selon laquelle on s’efforce de tout mettre en œuvre au mieux, tout a été dit. Mais dès qu’il s’est agi de savoir comment la protection des données était gérée dans le détail, le silence s’installait.
Cela n’a toutefois rien à voir avec un manque de volonté. C’est plutôt l’absence de cette thématique dans la vie professionnelle. Ce n’est pas surprenant, en fin de compte, la protection des données concerne bien plus que des articles de loi et des amendes. Il s’agit de confiance. De plus, la protection des données est complexe à mettre en œuvre et donc difficile à saisir. Il existe toutefois quelques principes simples: «Ce qui se dit au comptoir reste au comptoir» en est un. L’article 321 du Code pénal ne fait pas du silence une simple recommandation, mais une obligation. En prenant ça au sérieux, on se protège mais on protège aussi la relation avec sa clientèle. Car quand on se confie dans une droguerie sur sa peau, son cycle, une addiction ou son sommeil, c’est qu’on fait confiance. Cette confiance est le fondement de notre branche. Pas les doubles probons. Pas le commerce en ligne. Nous vous souhaitons une bonne lecture.
Andrea Ullius, Directeur de l’Association suisse des droguistes, a.ullius@drogistenverband.ch
Participez à la campagne! Plus les drogueries seront nombreuses à diffuser le message, plus l’impact sera grand. Merci de votre participation.
L’ensemble de la branche de la droguerie va mettre en avant ses compétences avec la campagne sur l’automédication. Elle se déroulera du 27 juin au 12 juillet 2026 et du 31 août au 6 septembre 2026 dans toute la Suisse.
Renforcer la visibilité de la branche de la droguerie et promouvoir l’automédication. Il s’agit notamment de sensibiliser la population suisse au fait que les drogueries proposent de nombreux autres produits et services, outre les médicaments en vente libre.

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Le thème de la campagne met en évidence la diversité de l’offre dans les drogueries. L’étoile du droguiste est un symbole de reconnaissance fort. Les exigences de l’article 3.2 du règlement relatif à l’utilisation du logo de l’association ont nécessité une requête au comité central. Ce dernier a approuvé à l’unanimité l’utilisation du logo modifié jusqu’à fin 2027.
La campagne mise sur un mix de médias varié sur différents canaux en ligne et imprimés et en points de vente et sera diffusée dans toute la Suisse romande et alémanique. Voilà le matériel fourni pour la mise en œuvre dans votre droguerie: Affiches A1 et A4
Des modèles pour les écrans digitaux
Des modèles de publications pour les réseaux sociaux, de signatures d’e-mail, des affiches avec différents slogans
Des communiqués de presse
Un coloriage pour le concours de dessin
Des brochures
Un concours de dessin s’adresse spécifiquement aux familles et vise à sensibiliser les enfants de manière ludique au thème de la santé. En même temps, le concours positionne la droguerie comme un lieu accueillant pour les familles. Le coloriage (A4) est disponible en version numérique et toutes les drogueries peuvent l’imprimer et le distribuer activement à leur clientèle. Les enfants doivent rapporter leurs dessins coloriés à la droguerie au plus tard le 17 août 2026. Tous les enfants âgés de 2 à 12 ans peuvent participer. Les participants peuvent gagner une nuitée en famille dans un hôtel wellness, un bon d’achat Globetrotter et des crayons de couleur Faber-Castell. Parlez du concours à vos jeunes clients, à leurs parents et à leurs grands-parents et distribuez de petits cadeaux pour chaque dessin remis (par exemple, des sucres de raisin, des pansements, etc.).
Vous trouverez toutes les informations et le coloriage ICI.
Trois raisons de vous engager
• Votre participation soutient le positionnement de la droguerie comme premier point de contact en matière de santé et augmente la visibilité de la branche.
• Ensemble, nous pouvons accomplir davantage que seuls, et, en participant, vous montrez au public vos compétences et votre engagement.
• Vous en bénéficiez directement dans votre quotidien: la campagne crée des contacts supplémentaires avec vos clients et renforce la fidélisation de votre clientèle.
Des questions sur la campagne? Ecrivez un mail à: info@drogistenverband.ch

Annonces (vitagate sa, médias de Ringier, Globetrotter, Millefolia) Affiches à suspendre
Concours de dessin pour les enfants
Communiqués de presse et mailings directement aux politiciennes et politiciens
Modèles pour les réseaux sociaux

Ecrans dans les transports, les stations-services, etc
Articles dans différents magazines pour la clientèle des drogueries, Tribune du droguiste et fit&munter
Brochure «Automédication» à distribuer
Visible sur vitagate.ch et droguerie.ch


Le Congrès de la droguerie 2026 à l’ESD de Neuchâtel a proposé un programme dense et varié. Trois jours remplis de workshops passionnants, d’une exposition très fréquentée et d’espace pour des échanges personnels.
7 Désirée Klarer | F D Marie-Noëlle Hofmann | Susanne Keller
Médicaments à formule, spagyrie, phytothérapie – le Congrès de la droguerie de cette année était un événement à ne pas manquer. La branche s’est réunie à l’ESD de Neuchâtel du 19 au 21 avril 2026. Trois jours de conférences et de workshops sur des thèmes liés à la fabrication et à la pharmacologie. Le programme chargé a attiré 169 participants le lundi, jour le plus fréquenté. Le dimanche, ils étaient 75 et le mardi 92. «Au total, nous avons eu 270 visiteurs, dont 54 de Suisse romande», explique Célia Croset, responsable de l’organisation du Congrès de la droguerie à l’ASD. Contrairement à 2025, cette année, elle a suivi l’événement depuis le début. «C’était passionnant de mettre en pratique les enseignements de l’année dernière et de vivre tout le processus, de la préparation
des paquets de sponsoring à la réalisation», dit-elle.
Pour Célia Croset, le point fort a été l’exposition. Elle a permis aux sponsors et aux participants de se rencontrer dans un autre contexte. «On apprend plus lors d’un congrès que si le représentant vient simplement faire une visite», résume Barbara Reichenbach, droguiste ES de la droguerie Aebi de Morat (FR). Qui a aussi apprécié le cours de mise à niveau sur les médicaments à formule (ANEF).
Entre aliments et médicaments
Comme le sujet est complexe, il a été divisé en trois parties: «Idée, analyse», «Proces-

Des présentations passionnantes, des discussions animées pendant les pauses, la fabrication de pommades et de gels: le Congrès de la droguerie avait quelque chose à offrir à chacun.


sus de fabrication» et «Stockage et mise sur le marché». Après avoir présenté les bases légales, Peter Guerra a donné un aperçu précis d’un sujet qui, dans la pratique, suscite souvent des incertitudes: quand un produit est-il un complément alimentaire, quand est-il un aliment à usage médical particulier et quand est-il un médicament? Et: qu’est-ce que cela signifie pour le conseil en droguerie?
Des exemples comme les bonbons Ricola, les huiles essentielles et les produits à base de CBD ont permis aux intervenants de montrer à quel point ces domaines du droit sont étroitement liés. Simona Bianchi, pharmacienne cantonale suppléante du canton des Grisons, qui a assisté à l’événement en tant qu’auditrice, connaît bien l’exemple du CBD. «C’est bien que je me renseigne sur ce que la branche de la droguerie dit des ANEF, d’autant plus que je ne suis là que depuis mars», explique-t-elle pour justifier sa présence. Elle connaît les deux côtés. Lorsqu’elle travaillait encore en tant que pharmacienne, elle s’était parfois aussi interrogée sur les prescriptions. «Nous devions par exemple séparer la benzine à détacher et la benzine médicinale dans l’armoire ignifuge. Les flacons ne devaient pas se toucher», explique-t-elle. La tâche des autorités est toutefois de contrôler l’application de la législation, même si certaines conditions peuvent sembler compliquées à première vue pour les entreprises ou
les spécialistes. «Il ne faut pas l’oublier», ajoute-t-elle.
Outre l’accent mis sur les ANEF, de nombreuses présentations et workshops ont été organisés, couvrant l’ensemble du quotidien en droguerie. Isidor Ismajili a animé un des workshops pleins. Le pharmacien et professeur de l’ESD a commencé sa présentation par une question simple à l’attention de l’auditoire, qui lui avait été posée par une collègue dans le passé: «Sais-tu ce qu’il peut prendre à la place du Dafalgan?» Cette question a défini la ligne directrice de sa présentation: pas de discours frontal, mais une réflexion commune à partir de sept cas de conseil concrets. Du mal de dos à la migraine, en passant par les maux de gorge, les crampes aux mollets et les troubles oculaires, l’ensemble du quotidien en droguerie a été abordé. Isidor Ismajili a également présenté différentes méthodes de triage. Son modèle préféré: le modèle ICE (Ideas, Concerns, Expectations – idées, conditions, attentes). «Mais bien sûr, les modèles de consultation sont plus ou moins adaptés selon la situation et la clientèle», a-t-il souligné. Kathrin Benoît, droguiste CFC à la Naturdrogerie d’Anet (BE), a été surprise par le contenu. «Je n’ai par exemple jamais entendu

Le workshop d’Emanuel Roggen sur le thème «De la plante au pot – un produit unique pour fidéliser la clientèle» a également attiré de nombreux participants.
parler du modèle ICE.» Il a fait un excellent travail. «Pas seulement une demi-heure par principe actif, mais des cas très concrets et de bons conseils.»
De la pharmacologie à l’essence de la plante, c’est ainsi qu’on pourrait résumer le passage d’Isidor Ismajili à Christoph Kalbermatten. Le directeur de Ceres Heilmittel AG a présenté une approche qui se démarque délibérément de la pensée conventionnelle en matière de principes actifs et d’extraits. «Chez nous, la plante est considérée dans son ensemble: sa forme, sa manière de croître, son histoire, ses caractéristiques, son essence», a-t-il expliqué. Chez Ceres, on appelle cela la signature de la plante. «Elle donne des indications sur le mode d’action que ne peut fournir aucune notice.»
Il a donné comme exemple le géranium à Robert (Geranium Robertianum), à qui on prête un effet sur les chocs psychologiques et les états de stress post-traumatique, même ceux qui sont survenus il y a longtemps. Christoph Kalbermatten a raconté son expérience personnelle après un accident de voiture, où cette plante l’a aidé à
surmonter un choc qui a mis du temps à se manifester. «Quelle que soit la substance que l’on extrait de la boîte à trésors de la chimie, on ne trouve rien de comparable.» Monika Aeschbacher, droguiste CFC à la droguerie Swidro Nidau à Täuffelen (BE), utilise régulièrement les produits Ceres, parfois en combinaison avec des spécialités maison. Après la présentation, elle a décidé de tenir davantage compte de l’aspect humain dans ses conseils. «On pense souvent trop peu à la personne qui souffre», explique-t-elle.
Développer la confiance ne commence pas en magasin Dominik Kobler est également convaincu que l’être humain doit être au centre de tout. Ce droguiste de formation et intervenant pour Alpinamed a présenté aux participants un exposé très pratique, allant de l’analyse de marché à l’intelligence artificielle et aux réseaux sociaux, en passant par le produit. Quel est le point central pour les spécialistes? Construire et renforcer la confiance. Les clients arrivent aujourd’hui en magasin avec des opinions fortement influencées, difficiles à corriger. Et pas toujours justes: une professeure suédoise a inventé une maladie et l’IA a immédiatement proposé des traitements adéquats. «Si nous ne pouvons pas faire confiance à l’IA, à qui pouvons-nous faire confiance? Aux spécialistes», a conclu Dominik Kobler. Les fausses informations sont un problème, mais l’IA offre aussi autre chose: un travail préparatoire. «C’est une chance pour les drogueries», a souligné Dominik Kobler. Il faut savoir comment attirer les gens, mais plus tôt que maintenant. «Et cela se fait en ligne», a-t-il ajouté, en recommandant: «Montrez des visages et qui se cache derrière la droguerie, ce que vous faites, comment c’est sur place.» En publiant régulièrement et en présentant des contenus spécialisés de manière compréhensible, on gagne la confiance des gens. Et ce, bien avant qu’ils n’ouvrent la porte. Il a cité Canva pour les étiquettes et les publications, ainsi que Google Trends pour détecter les thèmes d’actualité – comme les antioxydants, la régénération du car-
tilage et l’iode, qui sont actuellement à la une – comme outils pratiques pour le travail quotidien dans l’univers numérique. «Les médicaments ne peuvent faire l’objet de publications que si celles-ci ne peuvent pas être aimées, commentées ou partagées», a-t-il précisé. «Cela n’est pas possible. C’est pourquoi je pense qu’il faudrait se concentrer sur les spécialités maison et les compléments alimentaires dans la communication en ligne. Bien conçues – avec des connaissances spécialisées, une compétence en matière de conseil et un positionnement unique –, les spécialités maison sont bien plus que des produits: elles sont des piliers de confiance», a souligné Dominik Kobler.
L’exposition a également montré que les congrès sont plus que la somme de leurs
présentations. Diverses entreprises ont présenté leurs produits et nouveautés et la pause-café a permis de se détendre et d’échanger avec ses collègues. Fabienne Aerni, étudiante à l’ESD, a trouvé l’exposition «intéressante et variée», même si elle était parfois un peu exiguë.
Au stand de l’ASD et de vitagate sa, Nadine Leuenberger, collaboratrice, a répondu aux questions concernant les nouvelles catégories de membres et la plateforme d’offres d’emploi vitajobs.ch . «La fonction de recherche et de dépôt de CV a particulièrement suscité l’intérêt des visiteurs», explique-t-elle. Elle a également apprécié le contact direct: «C’est souvent dans les discussions que naissent des idées que je peux ensuite intégrer dans mon travail.»
è Vous trouverez d’autres impressions du Congrès de la droguerie ICI.

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Les données des clients sont précieuses pour les drogueries mais aussi sensibles. Entre conseil, programmes de fidélisation et boutiques en ligne, la protection des données devient une responsabilité centrale. Pour gagner la confiance des clients, il faut protéger les données, agir avec transparence et appliquer avec cohérence les dispositions légales.
Situation banale: une cliente fidèle vient à la droguerie, la droguiste la reconnaît et sait ce qu’elle a acheté la dernière fois. Une brève question: «Vous avez besoin de… encore?». C’est bienveillant et cela met les compétences en exergue. Mais même si c’était autrefois considéré comme du service, cela peut être aujourd’hui une violation de la protection des données – et dans le pire des cas, passible de poursuites. La protection des données ne concerne plus seulement l’informatique, mais chaque moment de conseil, chaque carte de fidélité et chaque processus numérique de la vie quotidienne en droguerie.
Qu’est-ce qui s’applique –et quand?
En Suisse, c’est principalement la nouvelle loi sur la protection des données (nLPD) qui s’applique aux drogueries. Entrée en vigueur en 2023, elle impose de nouvelles obligations: les entreprises doivent fournir des informations plus transparentes, mieux protéger les données et documenter leurs processus de traitement.¹ Cela comprend également l’obligation d’informer les personnes concernées sur le but et l’étendue du traitement dès la collecte des données. C’est particulièrement important pour les drogueries, qui traitent régulièrement des données santé, données personnelles particulièrement protégées.² Elles sont soumises à des exigences plus strictes, par exemple en ce qui concerne leur transmission ou leur stockage. Contrairement au commerce de détail, le conseil en droguerie peut, en principe, contenir des informations sensibles, même si le conseil semble anodin à première vue. La nouvelle loi sur la protection des données a également élargi le champ d’application de la protection des données: depuis la révision, les données génétiques et biométriques sont également considérées comme particulièrement sensibles. Cela signifie que pratiquement chaque contact est lié au traitement
des données. Cela commence par la question de l’état de santé actuel, passe par les analyses cutanées en laboratoire et va jusqu’aux comptes clients. Si la droguerie dispose d’un magasin en ligne, le règlement général sur la protection des données (RGPD) européen peut également s’appliquer. La nLPD et le RGPD exigent que les données ne soient conservées que pour la durée nécessaire. Dès que la finalité est atteinte, elles doivent être effacées ou anonymisées.
Les plus grands risques au quotidien
On se trompe si on pense que les situations les plus délicates en matière de données sensibles sont liées à des technologies complexes. Les pièges typiques sont notamment: des notes avec des données de clients sur le lieu de travail, des e-mails non cryptés ou l’envoi de prescriptions via des services de messagerie privés. C’est précisément dans ces situations que les frontières entre une communication efficace et un comportement conforme à la protection des données s’estompent au quotidien. Les systèmes de caisse présentent également des risques: qui y a accès? Les écrans sont-ils visibles par des tiers? Les mots de passe sont-ils régulièrement mis à jour? La communication électronique est particulièrement sensible. Des outils comme la plateforme pharmAdvice peuvent aider à ce niveau (voir l’encadré «pharmAdvice – conseils en ligne en toute sécurité» ci-dessous).
«Mais est-ce vraiment si grave si des informations sur un client sont disponibles par erreur?» se demande-t-on. Quelle est la probabilité que ça ait des conséquences? Ça dépend. La nLPD prévoit des amendes pouvant atteindre 250 000 francs. 3,4,6 Pour qu’une telle amende soit prononcée, il faut par exemple que l’infrac-
Les drogueries conseillent de plus en plus en ligne. pharmAdvice de vitagate sa propose une solution simple pour protéger les données selon les exigences de la nLPD. La plateforme offre un service de conseil par chat et vidéo avec documentation automatisée et est directement intégrable à votre propre site web. Pour les membres de l’ASD, le service est déjà disponible à partir de CHF 150 par an. Nadine Leuenberger se tient à votre disposition pour répondre à vos questions, n.leuenberger@vitagate.ch.
tion ait été commise intentionnellement. Voici un exemple fictif: une droguerie enregistre des informations sur les allergies, les problèmes de peau et l’historique des médicaments dans le profil client. Elle utilise ensuite ces données à des fins de marketing et envoie par exemple au client des publicités pour des produits parfaitement adaptés à ses besoins. Cela pose problème si le client n’a pas été informé au préalable que les données relatives à sa santé pouvaient également être utilisées à des fins de marketing. Les principes de transparence et de proportionnalité peuvent alors être violés. Cependant, pour les drogueries, un autre facteur est souvent plus déterminant que les amendes: la perte de confiance. Les Suissesses et les Suisses ne font plus confiance à la réglementation sur la protection des données de notre pays. 5 En outre, une gestion négligente de données sensibles peut entraîner non seulement des conséquences juridiques, mais aussi des dommages à long terme à la réputation et, par conséquent, à la relation avec la clientèle. Il est également important de noter que, contrairement à ce qui se passe avec le RGPD, selon la nLPD, ce n’est pas l’entreprise qui est responsable en cas de violation de la loi, mais directement la personne qui la commet.6
C’est pourquoi la formation régulière est d’autant plus importante. Elle n’est pas seulement une exigence légale, mais constitue la meilleure protection contre les erreurs du quotidien. La pratique compte plus que la théorie. Les concepts de formation réussis s’appuient sur des situations concrètes du quotidien professionnel: comment réagir à une demande d’information? Quelles sont les règles à respecter pour les données d’ordonnance? Un client peut-il exiger l’effacement de ses données? Quels sont les canaux de communication autorisés?
vitamine a demandé à plusieurs drogueries comment elles géraient le sujet. Personne n’a voulu en parler. Mais tous ont affirmé qu’ils s’efforçaient de mettre au mieux en œuvre les mesures de protection des données. Pour ce faire, des formations courtes et répétées sont souvent plus efficaces que des formations de base uniques. D’autant plus que la technologie évolue constamment. La protection des données devient ainsi une tâche de la direction et une question de
culture d’entreprise. Sensibiliser les collaborateurs permet de réduire durablement les risques.
L’exemple de Dromenta illustre comment ça peut fonctionner. Le groupement a déjà organisé des formations en 2023: «Nous avons soutenu nos membres dans la mise en œuvre de la nouvelle loi sur la protection des données en 2023. Nous avons organisé une manifestation au cours de laquelle nous les avons informés des nouvelles directives et leur avons fourni tous les documents nécessaires», explique Markus Koch, directeur. L’expérience du groupement montre que l’effort a porté ses fruits: «Nous n’avons rencontré aucun problème jusqu’à présent», poursuit-il. Quand le sujet a été largement abordé dans les médias, il y a eu quelques rares demandes de clients critiques. «Mais ces demandes ont rapidement trouvé des réponses et aujourd’hui, le sujet n’est plus d’actualité.»
La clientèle veut savoir ce qui se passe avec les données
Dr. Bähler Dropa AG adopte également une approche systématique en matière de protection des données. Johnny Schuler, responsable du marketing, parle de processus structurés. «Notre politique de protection des données obligatoire, qui s’applique à tous les collaborateurs, fait partie de notre système de gestion de la qualité et est donc automatiquement intégrée dans le processus de travail.» La mise en œuvre se fait en plusieurs étapes. Elle commence par les directives sur la protection des données, accessibles à tous les collaborateurs. Des articles correspondants sur l’intranet renforcent le message. «Nous les soutenons également avec des documents d’information pour les clients, qui font référence à notre déclaration de protection des données», explique-t-il. De plus, une personne spécialement formée est à la disposition de tous les employés pour répondre à leurs questions ou préoccupations individuelles en matière de protection des données. La chaîne est également prête à répondre à des questions concrètes: «Il existe un processus clairement défini pour les demandes de suppression ou de consultation de données». Ces deux types
de demandes ont déjà été formulées. Est-ce un signe que la protection des données est devenue une préoccupation majeure pour la clientèle? Il est difficile de répondre à cette question de manière générale, selon Johnny Schuler. «Je dirais que de nombreux clients sont plus sensibles à ce sujet et souhaitent savoir ce qu’il advient de leurs données, en particulier pour les achats sur ordonnance ou pour la carte de fidélité.»
Rossmann et Müller, quant à eux, répondent plus prudemment aux questions plus précises. Nathalie Schwertner, porte-parole de Rossmann, fait référence à «des processus internes, parfois sensibles sur le plan de la sécurité, sur lesquels nous ne pouvons pas donner de détails». L’entreprise souligne toutefois que «la protection des données des clients est une priorité absolue pour Rossmann – la confiance de nos clients est notre bien le plus précieux». Rossmann se conforme strictement à toutes les dispositions légales en vigueur. «Cela comprend également la formation régulière et approfondie de nos collaborateurs», précise Nathalie Schwertner. Müller, quant à lui, met en avant la structure organisationnelle: «Nous sommes membres de l’Association allemande des délégués à la protection des données, nous avons un délégué à la protection des données au niveau du groupe, des coordinateurs en matière de protection des données dans les pays et les départements, et nous avons mis en place diverses mesures efficaces dans les domaines de la conformité, de la sécurité informatique et de la protection des données pour protéger au mieux les données de nos clients.»
En Suisse, la protection des données est déjà intégrée à la formation, comme le montre l’exemple de l’ESD. La directrice Ludmilla Wüthrich explique: «Ce thème est abordé à plusieurs reprises dans les cours, dans le cadre de projets divers,
par exemple pour le traitement de données de sociétés/drogueries à des fins de marketing, ou dans le cadre des travaux de diplôme.» L’école donne aussi l’exemple. «Nous ne pouvons pas transmettre d’informations à des tiers non autorisés; nous ne pouvons pas non plus donner des informations sur les diplômes à des tiers, à l’exception de la personne directement concernée», explique la directrice, décrivant ainsi la pratique mise en œuvre. Les étudiants sont également intégrés à cette culture dès le début de leur formation et apprennent à «traiter les mots de passe avec soin, à ne pas visiter de sites non autorisés et à ne pas télécharger de fichiers». Ainsi, les futurs droguistes développent dès le début de leur formation un sens inné de la manière de traiter des données sensibles.
Un instinct est un bon début – mais il ne suffit pas. Dans la vie quotidienne, il faut aussi des structures qui le soutiennent. Un point souvent négligé est par exemple la propre déclaration de protection des données: la plupart des entreprises en ont une – mais elle est obsolète, difficile à trouver ou ne reflète plus correctement les processus de traitement réels. Or, il s’agit du document le plus important à l’égard des clients et il peut être décisif en cas de litige. Par exemple, si l’on organise un concours, il faut s’assurer que le traitement des données dans ce contexte est mentionné dans la déclaration de protection des données ou qu’il y est fait référence dans une déclaration complémentaire distincte. Pour en savoir plus, lisez l’interview de Martin Steiger à la page 16.
è Vous trouverez la bibliographie complète ici
Informations aux proches au comptoir de la droguerie
L’ASD a rédigé une fiche d’information sur le secret professionnel à l’égard des conjoints et des proches. Outre les lois cantonales sur la santé, la loi sur la protection des données constitue également une base juridique.

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Martin Steiger est avocat et expert en protection des données. Dans cet entretien, il explique quelles données sont particulièrement sensibles en droguerie, pourquoi le fait d’avoir son serveur en Suisse ne garantit pas la sécurité et pourquoi chaque droguerie devrait commencer par dresser l’inventaire de ses données.
7 Désirée Klarer | F D Marie-Noëlle Hofmann

Martin Steiger, quelles sont les premières données qui viennent à l’esprit en droguerie quand il est question de protection des données?
Martin Steiger: Les données de santé, et à juste titre. Les drogueries vivent de ce type d’informations confidentielles. Mais les données commerciales, les questions internes et celles relatives au personnel et le savoir-faire interne sont également dignes de protection. En principe, toutes les données doivent être protégées contre l’accès de personnes non autorisées.
Où des risques surgissent-ils inconsciemment au quotidien?
Souvent là où on s’y attend le moins: au comptoir. Quand d’autres peuvent entendre la conversation. Quand des documents traînent à la vue de tous. Ou quand, dans la salle de consultation, on peut encore deviner qui s’y trouvait en dernier. La discrétion est parfois négligée dans le quotidien professionnel – non par mauvaise volonté, mais parce qu’il y a beaucoup à faire.
Que peut-on faire là-contre?
Souvent, il suffit de se retirer brièvement dans la salle de consultation. En tant que professionnel, on peut aussi le mentionner explicitement: «Je préfère en discuter à l’écart.» En général, les clients réagissent très positivement.
Qu’est-ce qui est important d’un point de vue de la protection des données lors d’un entretien de conseil en droguerie?
Une autorisation écrite n’est pas nécessaire, car
le conseil est demandé. Toutefois, si vous prenez des notes, vous devez le communiquer de manière transparente.
Et qu’en est-il des notes collectées?
Elles doivent se limiter à ce qui est nécessaire, c’est-à-dire à l’objet du conseil. En principe, même une note sur un post-it est soumise à la protection des données. La personne concernée peut plus tard demander des informations sur ses données. Chaque entreprise peut décider si elle veut stocker les données physiquement ou numériquement.
Quelle loi s’applique à une droguerie suisse – la LPD, le RGPD ou les deux?
La règle générale: pour une droguerie en Suisse, c’est toujours la législation suisse sur la protection des données qui s’applique et donc en premier lieu la loi fédérale sur la protection des données (LPD).
Et le RGPD européen?
Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE entre en jeu lorsque des drogueries proposent des offres à des personnes résidant dans l’UE. Une newsletter envoyée à l’étranger ou une droguerie située à la frontière avec une clientèle européenne – dans ces cas, le RGPD peut s’appliquer.
Une idée largement répandue veut que les données sur les serveurs en Suisse sont plus sûres que celles à l’étranger. Juste?
Non, c’est un mythe. Ce qui compte vraiment, c’est qui a accès aux données et comment, et non pas où se trouvent physiquement les serveurs. La législation européenne sur la protection des données est même plus stricte dans certains domaines que celle de la Suisse. La localisation des serveurs ne garantit pas à elle seule la sécurité des données.
Combien de temps les données des clients doiventelles être conservées?
La règle générale est la suivante: aussi peu longtemps que possible, aussi longtemps que nécessaire. Pour les pièces comptables, ce délai est généralement de dix ans. En ce qui concerne le dossier médical des patients, y compris les notes, ce sont le droit cantonal de la santé et le délai de prescription applicable aux dommages corporels qui s’appliquent. Cela implique généralement une durée de conservation de 20 ans. La durée de conservation découle principalement des obligations légales et des délais de prescription en vigueur.
Que recommanderiez-vous à une droguerie qui souhaite se lancer dans la protection des données? Commencez dès maintenant! La première étape consiste à dresser un inventaire des données: quelles données sont traitées pour quelles personnes et dans quel but? Où se trouvent les données et qui y a accès? C’est en ayant une vue d’ensemble qu’on peut identifier les domaines où des mesures sont nécessaires.
Et ensuite?
Restez régulièrement à l’affût. Par exemple, prévoyez une heure tous les trois mois et demandez-vous: y a-t-il eu des changements? Y a-t-il de nouvelles actions à entreprendre? La protection des données n’est pas un projet unique, mais un processus continu. Et si vous rencontrez des difficultés techniques, vous devez vous faire aider par des spécialistes, comme vous le faites pour la comptabilité et d’autres sujets qui ne relèvent pas de votre domaine de compétence.
Les
données de pharmAdvice doivent être bien protégées comme c’est un outil de conseil en ligne. Martin Steiger a soutenu vitagate sa dans ce processus.
Vous avez accompagné vitagate sa dans le développement de pharmAdvice en matière de protection des données. Quelle a été la plus grande difficulté? L’objectif était de concevoir la plateforme selon le principe de «privacy by design»: quelles données sont vraiment nécessaires et comment les protéger précisément? Pour ce faire, nous avons réalisé une analyse d’impact sur la protection des données: quels sont les risques, quelles mesures techniques et organisationnelles sont prises pour les atténuer? Nous avons finalement pu donner notre feu vert.
pharmAdvice fait appel à des prestataires externes. L’entreprise vitagate reste-t-elle malgré tout responsable? Oui, toujours. On reste responsable, même si on délocalise des données. Cela se règle d’abord par le biais d’un contrat, et il faut examiner de près qui peut accéder à quelles données et de quelle manière.
Les chats sur pharmAdvice contiennent des données de santé. Est-ce qu’une case à cocher suffit comme consentement?
Une case à cocher est utilisée pour donner son consentement. Un tel consentement est valable s’il est donné de manière éclairée, volontaire et explicite. C’est le cas pour pharmAdvice: l’utilisation est volontaire et l’information est garantie. De plus, une case à cocher permet de documenter le consentement explicite donné.
Qui est responsable si quelque chose tourne mal lors de l’utilisation de pharmAdvice?
Cela dépend de l’endroit où le problème est survenu. Si une droguerie a par exemple saisi des données erronées, elle est responsable. Si, en revanche, un problème de sécurité survient sur la plateforme elle-même, c’est à vitagate sa de prendre ses responsabilités. En ce qui concerne les clients, la responsabilité incombe en premier lieu à la droguerie, car elle est en contact direct avec eux et est responsable de la saisie des données.
La procédure
de qualification, l’ordonnance sur la formation et le plan de formation ont été élaborés, il s’agit maintenant de peaufiner le tout. La branche peut donner son avis à partir du début du mois de juin.
Aperçu de l’état de la révision totale de la formation initiale.
7 Céline Jenni | F D Marie-Noëlle Hofmann| Miriam Kolmann
La formation initiale de droguiste CFC prend peu à peu forme dans le cadre de la révision totale. Ces derniers mois et ces dernières semaines, le profil de qualification a été complété par les contenus de formation. «La création de l’ordonnance et du plan de formation est un processus en cours, il est donc possible que des modifications soient encore apportées», explique Mireille Schmutz, responsable de la formation initiale à l’ASD et co-responsable du projet de révision totale. Fin avril, les éléments de base étaient en place, mais des discussions supplémentaires avec la commission DP&Q étaient prévues en mai. «En juin, il y aura également une consultation de la branche», précise-t-elle, «ces retours seront pris en compte et pourront encore donner lieu à des adaptations du plan de formation et de l’ordonnance.»
La profession de droguiste CFC sera axée sur les compétences opérationnelles et non plus sur les objectifs d’apprentissage (voir
l’article dans vitamine 2/2026). Cela signifie que les connaissances seront désormais transmises de manière appliquée et associées à des exemples, afin de pouvoir être utilisées et appliquées concrètement dans la vie professionnelle. Un groupe de travail composé de représentants des sections, des groupements/chaînes, des écoles professionnelles, des cours interentreprises (CIE) et un accompagnement pédagogique a défini cinq domaines de compétences opérationnelles:
a. Conseil et service à la clientèle
b. Fabrication de produits de droguerie
c. Gestion des marchandises
d. Planification et mise en œuvre des mesures marketing
e. Préparation, surveillance et optimisation des opérations quotidiennes
Ces domaines de compétences opérationnelles sont à leur tour subdivisés en différentes compétences opérationnelles. Par exemple, le point a comprend la capacité des droguistes à servir leur clientèle, à vendre des produits et à les conseiller de manière holistique, tant pour le maintien
Les prochaines étapes de la révision totale de la formation initiale
8 juin –6 juillet 2026
Consultation de la branche et examen de la Confédération Juillet –novembre 2026
4e semestre 2026 –2e semestre 2027
1 2 3
Correction du plan de formation et de l’ordonnance sur la formation
Consultation des cantons et des autres acteurs. Finalisation du plan de formation et de l'ordonnance sur la formation.
4e semestre 2026
Lancement de l’élaboration des documents de mise en œuvre
2028
4 5
Introduction et début de la nouvelle formation initiale
que pour le rétablissement de la santé, et à recommander des produits de droguerie appropriés. «Le domaine de compétences opérationnelles a, Conseil et service à la clientèle, est le plus important», révèle Frank Storrer, co-responsable du projet de révision totale de la formation initiale. «Ce contenu pédagogique est en effet essentiel pour l’employabilité des droguistes.»
La nouvelle orientation en termes de compétences opérationnelles a conduit à une subdivision en maintien et rétablissement de la santé: «Nous pouvons également mettre davantage en avant l’aspect holistique de la droguerie en tant qu’atout», explique Frank Storrer. «Et les compétences opérationnelles mettent davantage l’accent sur les services de droguerie et les compétences en matière de vente et de conseil dans l’espace numérique.»
Les cours interentreprises (CIE) sont également modifiés. «Ils dureront désormais deux jours de plus, soit au total 16 jours», explique Mireille Schmutz. L’accent thématique passe des entretiens de vente à la fabrication, à la création et à la mise en œuvre d’un plan marketing, en passant par les services de droguerie (voir tableau).
La fabrication est désormais étendue à un jour de cours supplémentaire en deuxième année et les services de droguerie sont ajoutés (en troisième année). «Par exemple, le soin des plaies, l’ajustement des bas de contention ou la prise de mesures sont autant de compétences qui peuvent être parfaitement transmises dans le cadre
d’un CIE», explique Mireille Schmutz. De plus, les compétences en matière de services de droguerie peuvent être harmonisées entre les entreprises dans le cadre d’un CIE, puisque les offres varient d’une entreprise à l’autre. Au total, il y aura trois contrôles de compétences, qui auront lieu directement après chaque cours.

Les coûts des CIE sont subventionnés par les cantons. Toutefois, les sections et les drogueries supportent une grande partie des coûts. Cela signifie que les entreprises doivent payer plus pour les jours de CIE supplémentaires. «C’est vrai», reconnaît Mireille Schmutz, «mais ces compétences présentent un grand intérêt lorsqu’elles sont acquises correctement.» De plus, si l’on compare le nombre de jours de cours interentreprises à celui d’autres professions, il reste relativement faible. «C’est pourquoi une augmentation de deux jours est justifiée», souligne-t-elle.
Mireille Schmutz, co-responsable du projet de révision totale, est à votre disposition pour toute question: bildung@drogistenverband.ch
è Participez …
… et donnez votre avis sur la révision totale de la formation initiale lors de la consultation interne de la branche. À partir du 8 juin, vous trouverez toutes les informations importantes et le formulaire de feed-back via le code QR. Merci de votre participation!
è Pour en savoir plus Vous trouverez ici le numéro 3/2026 de vitamine avec l’article «Nouveaux objectifs de formation».
Année Accent thématique Nombre de jours
1 Introduction aux entretiens de vente 2
2 Introduction à la fabrication 4 (avec contrôle des compétences)
2 Etablissement et mise en œuvre d’un plan marketing et présentation de ventes 2 (avec contrôle des compétences)
2 Entretiens de vente et de conseil simples 1
3 Approfondissement de la fabrication 5 (avec contrôle des compétences)
3 Prestations de services de droguerie 1
4 Entretien de vente et de conseil exigeants 1
La stratégie de la branche de l’Association suisse des droguistes fait beaucoup parler d’elle. Et beaucoup ignorent qu’en coulisses, un travail est en cours pour affiner encore le profil, en concertation avec la branche. Deux workshops spécifiques ont récemment été organisés dans ce but.
7
Désirée Klarer | F D Marie-Noëlle Hofmann | Susanne Keller
Ceux qui ont lu vitamine 11/25 savent que le processus stratégique de la branche de l’Association suisse des droguistes (ASD) a nécessité beaucoup de travail. Environ 1500 personnes et plus de 1000 clients ont été interrogés sur l’image qu’ils avaient de la droguerie. 200 avis de membres ont, quant à eux, permis de définir l’image que la branche a d’elle-même. Les piliers de la nouvelle stratégie de la branche ont été définis dans le cadre de huit workshops, de quatre forums de la droguerie et d’une journée de

l’avenir. Le processus a été conçu de manière à valoriser les résultats intermédiaires. «Ainsi, par exemple, certaines conclusions du forum de la droguerie, auquel ont participé 30 personnes, ont été approfondies dans un workshop spécifique réunissant 5 à 10 personnes», explique Frank Storrer, responsable du projet Stratégie. Le résultat est à la hauteur des attentes. Outre une mission et une vision claires, cinq domaines d’activité stratégiques et leurs priorités ont été définis fin 2025: «Automédication», «Médecine complémentaire», «Fabrication», «Conseil et prévention» et «Numérique».
Des champs d’activité
Lors des discussions sur la stratégie menées lors de la dernière assemblée générale, le souhait a été exprimé d’approfondir deux thèmes prometteurs. «Nous avons répondu à ce souhait en organisant les deux workshops ’Local numérique’ et ’îlots de prévention’», explique Elisabeth von Grünigen, responsable de la stratégie au sein du comité central. Les workshops ont été animés par Enrico Kopatz, expert en santé numérique, et le Dr Thomas Steffen, président de Swiss Public Health. Concernant les îlots de prévention, les participants ont conclu que la branche de la droguerie ne peut pas couvrir l’ensemble de l’océan de prévention. «Nous nous sommes donc concentrés sur des îlots spécifiques», explique Frank Storrer. Il en est ressorti trois groupes d’îlots thématiques principaux:
Renforcer la santé: Le groupe de travail a identifié le plus grand potentiel d’avenir dans l’îlot «Actif et en bonne santé jusqu’à un âge avancé» et, entre autres, dans le thème de la longévité.
Donner des repères: Cela inclut par exemple l’îlot «Mère et enfant» – du désir d’enfant à la grossesse, en passant par la santé de l’enfant et de la mère.
Accompagner les troubles: L’accent est mis ici sur les maladies chroniques et la santé mentale.
La droguerie dans le monde numérique
Le workshop «Local Numérique» visait pour sa part à chercher à trouver des solutions pour traduire au mieux la force locale d’une droguerie – confiance, conseil personnalisé et accessibilité – dans le monde numérique. Les participants ont tenté de déterminer quelles pourraient être les exigences minimales à l’avenir pour les entreprises (quelques exemples ci-contre):
1. Visibilité et accessibilité: La présence électronique d’une droguerie doit être conçue de manière professionnelle, pour ne pas compromettre la grande confiance que les clients accordent aujourd’hui à la droguerie.
2. Analyse des besoins et conseil: Toute personne proposant aujourd’hui ou à l’avenir des services de conseil payants devrait non seulement permettre de les réserver en ligne, mais aussi pouvoir les dispenser par voie électronique à la demande du client.
3. Vente: Toute droguerie, qu’elle soit indépendante ou rattachée à une plateforme, devrait à l’avenir être en mesure de vendre des produits en ligne (click&collect, click&reserve).
4. Entrepreneuriat: Les nouvelles tendances numériques offrent de nombreuses opportunités pour les entreprises. Par exemple pour réduire les coûts d’exploitation, devenir plus efficaces ou mieux évoluer. Les entreprises devraient donc exploiter au mieux ces
opportunités en tenant compte de leurs propres conditions.
5. Suivi et communauté: De nombreuses nouvelles opportunités devraient se présenter aux entreprises dans ce domaine à l’avenir. Il sera alors important de choisir les services appropriés pour votre entreprise et de les mettre en œuvre de manière professionnelle.
L’ASD en particulier, mais aussi les groupements, sont généralement sollicités lorsqu’il s’agit de créer les conditions-cadres, de garantir les compétences nécessaires et de fournir des orientations. «Cela inclut l’égalité des chances au niveau politique, la mise en réseau autour du dossier de santé ou l’adaptation de la formation initiale», cite Frank Storrer à titre d’exemples concernant la faisabilité du projet « Local numérique».
Quand on lui demande comment il a perçu jusqu’à présent le travail sur la stratégie avec les représentants de la branche, Frank Storrer souligne: «L’engagement, l’énergie et la compétence des représentants de la branche m’impressionnent toujours.» Que ce soit dans le cadre d’un workshop spécifique ou du forum de la droguerie, les sujets étaient exigeants et les discussions étaient intenses. «Même si les débats étaient parfois animés, le respect et l’appréciation mutuels étaient toujours perceptibles dans la salle».
L’ASD examine maintenant si et comment les résultats des workshops peuvent être approfondis, par exemple dans le cadre du prochain forum de la droguerie. Car l’objectif reste clair, souligne Frank Storrer: «Une stratégie qui ne repose pas sur des vœux pieux, mais sur la réalité et la faisabilité.»

sont souvent sous-estimées»
Regula Steinemann a défendu pendant près de 16 ans les intérêts des employés de la branche de la droguerie, jusqu’à fin mars. Elle est présidente de tribunal depuis début avril. Dans cette interview avec vitamine, elle explique ce qu’elle a obtenu pour les droguistes, pourquoi elle les a un jour encouragés à mentir et quel sujet a été récurrent.
7 Claudia Merki | F D Marie-Noëlle Hofmann | Miriam Kolmann
Regula Steinemann, une photo de la taille d’un timbre accompagne votre article depuis des années dans le magazine destiné aux professionnels du commerce spécialisé, l’actuel «vitamine». Une jeune femme y sourit aux lecteurs. Qui se cache derrière?
Regula Steinemann: Une femme mariée de 46 ans, mère d’une fille de 8 ans, qui a travaillé pendant près de 16 ans en tant qu’avocate au sein du cabinet Furer & Partner à Bâle et pendant tout autant d’années en tant que directrice d’Employés Droguistes Suisse.
Et qu’est-ce qui vous caractérise encore?
Je suis une personne très attachée à la famille, entourée d’un réseau social varié et j’ai en outre trois enfants de cœur. J’aime skier, passer du temps dans la nature – en forêt pour faire des grillades, dans le jardin de mes parents, sur les lacs de Suisse. Nous allons jouer au minigolf avec des amis et leurs enfants, nous partons souvent en vacances avec mes parents. Deux chats vivent avec nous, je joue de la harpe – malheureusement pas aussi souvent qu’avant.
D’où vient votre passion pour le droit? (Elle rit) À l’origine, j’avais l’intention d’étudier la biologie ou de devenir enseignante. Mais comme le droit offre de nombreuses possibilités de carrière, j’ai finalement opté pour cette voie.
Vous avez ensuite continué vos études et obtenu le diplôme d’avocate. Je n’avais pas pour but de devenir avocate. C’est ma précédente cheffe qui m’a motivée. Les postes qui m’intéressaient exigeaient un diplôme d’avocate, comme chez Furer & Partner. Les domaines du droit que je devais traiter correspondaient parfaitement à mes attentes. J’avais choisi le droit du travail et des assurances sociales comme matière facultative à l’université. La justice sociale m’a toujours intéressée. Je voulais m’engager pour les plus faibles de la société.
Les juristes doivent être capables de penser de manière analytique. Qu’est-ce qui peut encore aider dans la vie professionnelle?
Regula Steinemann a grandi à Frenkendorf (BL). Agée de 46 ans, elle vit à Füllinsdorf avec son mari et sa fille. Elle a terminé ses études de droit à l’Université de Bâle en 2006 et a obtenu le brevet d’avocat du canton de Bâle-Ville en 2010. La même année, elle a rejoint le cabinet d’avocats Furer & Partner à Bâle et a pris la direction d’Employés Droguistes Suisse. Le 1er avril 2026, elle a été nommée présidente du tribunal civil du district Bâle-Campagne Est à Sissach. Regula Steinemann a été membre du Grand Conseil de Bâle-Campagne de 2015 à 2023, elle l’a présidé pendant un an. Elle est membre du Conseil communal de Füllinsdorf depuis deux ans.
Ce que l’on apprend, c’est une approche objective mais empathique. Souvent, les conflits cachent des difficultés personnelles et émotionnelles. Mon travail consiste à identifier le problème de fond. En tant que jeune avocate, je préférais le chemin de la confrontation et de la victoire. Avec l’âge, il est devenu plus important pour moi de trouver une solution acceptable pour les deux parties, de manière à ce qu’elles en sortent les deux gagnantes. Les gens sont importants pour moi.
«Une solution consensuelle était importante pour beaucoup de droguistes. Cela correspond tout à fait à ma philosophie.»
Ces compétences sociales étaient également requises en tant que présidente d’Employés Droguistes Suisse, où vous représentiez les intérêts des employés de la branche de la droguerie. Quels sont les thèmes qui préoccupent particulièrement les droguistes?
Les questions concernant le salaire. Par exemple: quel salaire est approprié après 15 ans dans la branche et avec un rôle de suppléante? J’ai donné des conseils pour une bonne base de négociation. Les questions concernant le temps partiel, le certificat de travail, la grossesse ou le congé maternité étaient également fréquentes.
Vous êtes également active en politique, vous siégez depuis près de deux ans au Conseil communal de Füllinsdorf (BL). Avant cela, vous étiez membre du Grand Conseil du canton de Bâle-Campagne. Comment en êtes-vous arrivée là?
Je me suis engagée en politique. Là aussi, je peux m’investir socialement. C’est agréable de pouvoir faire bouger les choses. En tant que conseillère communale, je suis responsable de l’environnement, de la culture, des loisirs et des associations. J’ai été ravie que le Conseil communal ait accepté la rénovation d’une place de jeux. En tant que mère, j’ai aussi à cœur d’améliorer les choses pour les générations futures.
Quels sont les succès que vous avez connus en tant que directrice d’Employés Droguistes Suisse?
La convention collective de travail (CCT) entièrement révisée, entrée en vigueur le 1er janvier 2017. Un jalon important a été et reste l’introduction d’une assurance obligatoire d’indemnité-maladie. Une disposition unique, mais déjà contenue dans l’ancienne CCT, est la règle particulière concernant les congés maternité et paternité, qui a été rebaptisée «congé de l’autre parent» et qui inclut désormais les couples de même sexe. La CCT contient également une recommandation contraignante pour un entretien annuel avec les collaborateurs, qui doit être consigné par écrit. Il est utile de consulter la CCT de temps en temps, car les partenaires sociaux négocient constamment des améliorations et intègrent des modifications législatives. La dernière révision est entrée en vigueur le 1er janvier de cette année.
Comment internet a-t-il affecté les demandes adressées au secrétariat?
De nombreuses questions juridiques simples trouvent aujourd’hui des réponses sur internet, auprès de sources officielles et fiables. Les consultations juridiques ont ainsi tendance à être moins nombreuses, mais plus exigeantes et plus chronophages.
Les sujets des consultations ont-ils changé au fil du temps?
Les cas de harcèlement ou de longues absences pour des problèmes interpersonnels au travail ont augmenté.
Problèmes aussi avec sa cheffe ou son chef. Que faire?
Il faut commencer par chercher le dialogue. Si l’employé vient vers moi avec un problème lié à une mauvaise application de la loi, j’envoie un e-mail à son supérieur ou j’aborde le problème dans mon article dans vitamine. Cela permet de clarifier la situation pour toute la branche. Si la situation s’envenime, nous offrons notre soutien via l’assurance de protection juridique. En règle générale, cela ne résout pas le problème, mais conduit souvent à la résiliation du contrat de travail. C’est précisément
dans ce cas que les employés apprécient de pouvoir compter sur un soutien et un accompagnement juridiques.
C’est ainsi que vous avez trouvé vos thèmes dans «vitamine»?
Beaucoup de contenus de mes articles venaient de la pratique, même d’autres branches économiques et j’ai adapté à la branche de la droguerie. J’ai aussi traité de nouvelles décisions du Tribunal fédéral et des modifications législatives, ou encore des questions actuelles qui se sont posées à moi et des suggestions de la rédaction.
Tous les employés de la droguerie bénéficient-ils d’un conseil gratuit auprès d’Employés Droguistes Suisse?
Depuis le début de cette année, tous les membres actifs ont droit à une assurance de protection juridique couvrant le droit du travail et le droit des assurances sociales.
Quelles sont les particularités de la branche de la droguerie?
J’ai toujours beaucoup aimé travailler avec des droguistes. Ils sont organisés, pragmatiques, sociaux, des personnalités équilibrées. Une solution consensuelle était importante pour beaucoup d’entre eux. Cela correspond tout à fait à ma philosophie. Et je trouve le domaine de la santé en soi passionnant. Il y a un savoir-faire incroyable derrière, souvent sous-estimé. La rémunération ne correspond pas toujours à la qualification. Le salaire minimum d’une employée ou d’un employé CFC est plutôt bas, à savoir 52 000 francs par an. Je constate toutefois des différences d’une droguerie à l’autre. Le paquet global doit être bon, ce qui inclut également le temps de travail hebdomadaire ou le nombre de jours de vacances. La relation de partenariat social avec l’Association suisse des droguistes (ASD) est égalitaire et fonctionne bien.
Vous souvenez-vous aussi des cas curieux qui vous sont parvenus?
(Elle réfléchit) Non. Ce que je n’oublierai pas, en revanche, c’est la réaction d’une lectrice à l’un de mes premiers articles, intitulé «Mentir est-il permis?» et paru dans d-inside en 2011. Il traitait de la question de savoir comment se comporter juridiquement en tant que candidate face à des questions inacceptables posées par un employeur potentiel. Par exemple, il est interdit de poser des questions sur le désir de fonder une famille ou sur une grossesse


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déjà en cours. Si cela se produit, il est permis de mentir. C’est ce que j’ai écrit dans mon article. La lectrice m’a répondu que ce n’était pas un signe de confiance de se faire embaucher en mentant. Je comprends son argument. Néanmoins, il était important de présenter la situation juridique de manière objective
«La relation de partenariat social avec l’Association suisse des droguistes (ASD) est égalitaire et fonctionne bien.»
Fin mars, vous avez quitté le cabinet Furer & Partner et, par conséquent, la direction d’Employés Droguistes Suisse. Le 1er avril, vous avez commencé comme présidente du tribunal civil du district Bâle-Campagne Est à Sissach (BL). Un bond dans votre carrière, une fonction exigeante. Qu’est-ce qui vous plaît?
D’une part, la diversité de ce domaine juridique. Je vais m’occuper de domaines que je n’ai pas pu approfondir suffisamment ces dernières années, comme le droit successoral. D’autre part, j’apprécie beaucoup le travail en équipe – au tribunal, cela concerne les présidents de chambre, les greffiers, les collaborateurs de greffe et les stagiaires. Ça a moins été le cas ces dernières années, en tant qu’associée et avocate indépendante au sein du cabinet.
En tant que présidente du tribunal, vous jouez un autre rôle.
Je dois équilibrer objectivement les positions de l’accusé et du plaignant et rendre un jugement fondé sur le droit, de manière impartiale et sans préjugés. Des compromis sont également possibles, dans le but d’arriver à un accord acceptable pour les deux parties.
Comment ce changement d’emploi affectet-il votre quotidien?
En tant qu’avocate, mon travail était morcelé, tant sur le plan du contenu que sur le plan géographique. Mon nouveau lieu de travail est fixe, au tribunal de Sissach. La régularité et la prévisibilité du travail sont plus faciles à concilier avec ma vie de famille et ont été l’un des motifs de ce changement. En tant qu’avocate et présidente d’associations d’employés, il était difficile de planifier le travail. Je travaillais souvent le week-end, j’avais beaucoup de rendez-vous en soirée. Ma fille grandit, elle a plus de besoins. J’ai donc également abandonné toutes les associations d’employés. L’activité d’avocate est complètement terminée. Ce qui reste, c’est mon travail au Conseil communal et la gestion de quelques fondations à titre bénévole.
Qu’est-ce que vous regretterez de votre ancien travail au cabinet?
Beaucoup! J’adorais ce travail. Si l’opportunité de passer au tribunal n’était pas survenue, je serais restée avec bonheur dans cette activité. Je regrette mes collègues, le droit pénal, la convivialité, y compris avec les associations d’employés et les membres du comité.
Dans le numéro de juillet/août de vitamine, vous retrouverez dans ces pages une interview de Thomas Wirth, CEO de Biomed SA.
Le successeur de Regula Steinemann à la direction d’Employés Droguistes Suisse est Christoph Balmer. Il est également avocat chez Furer & Partner et sera présenté dans un prochain numéro de vitamine.









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| vitamine

Le surpoids et l’obésité ont des effets néfastes sur la santé, y compris sur le système musculosquelettique. L’activité physique et le sport contribuent à la santé des articulations.
7 Jasmin Weiss | F D Marie-Noëlle Hofmann
Un poids trop élevé peut avoir des répercussions sur la santé des articulations dès l’enfance. En effet, le surpoids entraîne une surcharge des os et des articulations et une hyperactivité des muscles. Les enfants et les adolescents en surpoids ont un risque accru de développer des déformations articulaires comme une lordose, des pieds plats, des épaules enroulées vers l’avant ou des jambes arquées. Ces déformations peuvent provoquer des douleurs et augmenter le risque de maladies mus-
culosquelettiques ou d’arthrose à l’âge adulte. En plus de la pression exercée sur les structures corporelles par le poids, les enfants et les adolescents en surpoids ont souvent une activité physique réduite, ce qui peut également avoir des répercussions sur leur développement physique.¹ Bien que la croissance soit terminée chez les adultes, les articulations souffrent tout de même d’un poids excessif. Melanie Liechti, physiothérapeute MSc, explique: «Les articulations qui supportent le poids,
comme la hanche, le genou, la cheville et la colonne vertébrale, souffrent en premier lieu d’un poids excessif et sont davantage sollicitées en raison d’une charge mécanique plus importante.» Mais ce ne sont pas les seules à souffrir. «Nous constatons par exemple que les personnes en surpoids sont plus souvent touchées par des problèmes rhumatismaux ou d’arthrite au niveau des articulations des poignets et des doigts. Le tissu adipeux a une fonction endocrinienne, ce qui a été démontré par des études. On suppose que cela stimule ou favorise l’inflammation chronique et que cela aggrave ou entretient la douleur.»
Un excès de poids favorise les maladies dégénératives du système musculosquelettique comme l’arthrose et les douleurs dorsales, ainsi que les hernies discales, et plus le poids est élevé, plus le risque augmente. 2–4 Le risque d’arthrose, par exemple, est deux fois plus élevé chez les personnes obèses que chez les personnes de poids normal.³ Les personnes obèses sont plus souvent soumises à une intervention chirurgicale pour la pose d’une prothèse articulaire et le risque de complications et d’infections de la prothèse est plus élevé dans ce groupe de population. 2,3 La surcharge comprime surtout les articulations qui supportent le poids. En raison du mouvement, les articulations sont constamment exposées à de petites lésions lorsqu’elles sont trop chargées. L’articulation subit alors des processus de cicatrisation continus. Selon des études récentes, l’arthrose provoque non seulement des dommages mécaniques, mais aussi des inflammations de la muqueuse articulaire.³
Les douleurs sont très répandues: 11,2 % des adultes souffrent de douleurs quotidiennes et il s’agit de la raison la plus fréquente pour laquelle les gens consultent un médecin. L’obésité est la maladie la plus souvent associée aux douleurs chroniques. Elle est également liée à une diminution du bien-être psychologique et de la capacité fonctionnelle physique. Les douleurs chro-
niques ont un impact sur la qualité de vie des personnes qui en souffrent et elles entraînent des coûts élevés pour le système de santé. 5
Les troubles musculosquelettiques sont les plus fréquents. En ce qui concerne l’obésité, les douleurs dorsales sont les plus courantes. Les études montrent que l’obésité est associée à une intensité de la douleur et à des restrictions dues à la douleur plus élevées. Cela concerne les adolescents, les adultes et les personnes âgées. La prévalence de la douleur croît avec l’augmentation de l’indice de masse corporelle (IMC), en particulier chez les femmes. Les personnes ayant un IMC plus élevé ont également plus de risques de souffrir de douleurs chroniques. Les personnes en sous-poids présentent également une intensité de la douleur et des restrictions dues à la douleur plus élevées, ce qui montre que l’insuffisance pondérale peut aussi être problématique. 5
L’activité physique favorise en principe la perte de poids et la santé articulaire. Mais: les personnes concernées souffrent souvent de douleurs lorsqu’elles font plus d’exercice. Trouver une solution à ce cercle vicieux est un véritable défi. «Tout dépend de ce qui est le plus problématique et de l’historique de chaque personne», explique Melanie Liechti. «Chez les personnes souffrant de douleurs intenses ou peu entraînées, il est important de commencer par augmenter très progressivement l’activité physique. Si une personne souffre déjà de douleurs chroniques, son éducation est essentielle. Lorsque la douleur devient chronique, la perception de la douleur n’est plus toujours fiable, même si elle est très réelle. La limite de tolérance à l’effort de ces personnes est nettement plus basse et doit être prise en compte lors de l’augmentation de l’activité physique.»
L’activité physique est importante pour la santé, même chez les personnes atteintes de maladies non transmissibles, comme le diabète, les maladies pulmonaires obstructives chroniques, l’arthrose ou les douleurs dorsales. Une légère augmentation de l’activité physique a déjà un effet positif. Les personnes atteintes de maladies non transmissibles peuvent suivre les recommandations d’activité physique pour les personnes en bonne santé. Il est recommandé de pratiquer au moins 150 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité modérée ou 75 minutes d’activité d’intensité élevée, ainsi que deux séances de renforcement musculaire par semaine. Si cela n’est pas possible en raison de la maladie, l’activité physique doit être adaptée à la situation. Avant de commencer à pratiquer une activité physique, les personnes atteintes de maladies non transmissibles doivent en discuter avec leur médecin et adapter le type, la durée et l’intensité de l’activité à leur situation individuelle avec un spécialiste de l’activité physique. Il en va de même en cas d’aggravation de la maladie.6
Quelles activités sportives sont recommandées?
Melanie Liechti recommande des activités douces pour les personnes souffrant de problèmes articulaires. «La marche ou

le Nordic Walking sont particulièrement doux pour les articulations, car ils sont identiques à la charge de nos articulations au quotidien. Les mouvements qui réduisent la pression sur les articulations, comme la natation, l’aquagym ou le vélo, sont également bénéfiques pour les articulations.» La charge pendant l’entraînement peut également être déterminante. Selon la physiothérapeute, le yoga ou le Pilates peuvent être bénéfiques ou moins bénéfiques pour les articulations, selon les mouvements. «Si vous faites des pompes et des sauts, cela peut être très exigeant pour le système musculosquelettique. Il faut donc considérer chaque cas individuellement et ne pas généraliser.» Il n’y a pas de différence entre les recommandations en matière de mouvement pour les personnes en surpoids et celles pour les personnes de poids normal en ce qui concerne les articulations. «Ce qui est important, c’est l’état de l’entraînement de la personne et que le mouvement soit adapté à cet état et augmenté progressivement», souligne Melanie Liechti, «et surtout, l’activité physique doit faire plaisir pour qu’elle continue à long terme.»
è Vous trouverez la bibliographie complète ici
Une alimentation anti-inflammatoire est recommandée pour de nombreuses maladies chroniques, y compris les maladies rhumatismales comme l’arthrose. Pour soulager les articulations, il est recommandé de perdre du poids en cas d’obésité ou de surpoids, non seulement parce que le poids exerce une pression plus importante sur les articulations, mais aussi parce que le tissu adipeux favorise la production de substances inflammatoires.7
Une alimentation anti-inflammatoire peut réduire les douleurs et améliorer la mobilité des personnes concernées. C’est pourquoi il est important de discuter de l’alimentation en parallèle avec les mesures médicamenteuses et thérapeutiques. Dans le cadre d’une alimentation anti-inflammatoire, les aliments potentiellement inflammatoires sont réduits et les aliments potentiellement anti-inflammatoires sont privilégiés.7 La brochure de la Ligue suisse contre le rhumatisme résume les points à prendre en compte
De plus en plus d’entreprises recourent à la vidéosurveillance pour prévenir les vols. Cette tendance est renforcée par la numérisation croissante et le faible coût d’acquisition d’une caméra de surveillance.
Quelles sont les conséquences de la vidéosurveillance pour les employés et quels sont les points à prendre en compte?
7 Christoph Balmer | F D Marie-Noëlle Hofmann

Christoph Balmer, avocat et directeur d’Employés Droguistes
Suisse
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La surveillance vidéo constitue un traitement de données à caractère personnel au sens de la loi sur la protection des données (LPD). Les entreprises privées qui utilisent la surveillance vidéo dans leurs locaux commerciaux doivent donc respecter la loi fédérale sur la protection des données (LPD). La surveillance vidéo ne peut donc être en principe permise que si une autorisation a été donnée ou si un intérêt privé ou public prépondérant est en jeu. En outre, la surveillance vidéo doit toujours être proportionnée, ciblée et transparente. Comme la clientèle n’est pas seule à fréquenter les locaux commerciaux, mais aussi le personnel, il faut tenir compte, outre de la protection des données, de l’art. 328 CO, qui oblige expressément les employeurs à protéger la personnalité de leur personnel. En ce qui concerne la surveillance vidéo, il faut en outre tenir compte de l’art. 26 LTr, qui stipule que les systèmes de surveillance et de contrôle destinés à surveiller le comportement du personnel sur le lieu de travail ne peuvent pas être utilisés.
Mise en œuvre dans la
On considère généralement que l’utilisation d’une caméra pour surveiller et contrôler les employés est inadmissible. La surveillance de zones à forte confidentialité (par exemple, vestiaires) ou de zones de détente (par exemple, salles de pause) n’est pas non
plus autorisée en principe. La surveillance vidéo des magasins ne peut donc être autorisée que si elle a pour but de prévenir les vols et d’assurer la sécurité dans des zones accessibles au public. Dans ce cas, il faut toutefois veiller, dans un souci de proportionnalité et en tenant compte du droit du travail, à ce que les caméras soient positionnées de manière à ne pas enregistrer les employés autant que possible. La caméra doit être orientée vers la zone de vente, les entrées et les rayons. Il faut également veiller à ce que les enregistrements vidéo ne soient conservés que peu de temps et que seuls certains employés aient accès aux enregistrements. Dans un souci de transparence, il faut veiller à ce que les clients puissent effectivement voir les panneaux d’information annonçant la présence de caméras avant d’entrer dans la zone de surveillance.
Les personnes intéressées peuvent approfondir et mieux comprendre cette question controversée sur le internet du Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (www.edoeb.admin.ch).
Le fait qu’une cicatrice soit à peine visible ou très visible ne dépend pas uniquement du hasard. Une biologiste moléculaire et un dermatologue nous expliquent ce qui influence la cicatrisation et ce que chacun peut faire pour que ses plaies cicatrisent le mieux possible.
7 Martina Huber | F D Marie-Noëlle Hofmann
Un meuble contre lequel on se cogne, un couteau de cuisine avec lequel on se coupe, une césarienne, une opération du cœur ou une acné sévère – une cicatrice se forme partout où la peau n’est pas seulement blessée en surface, mais aussi au niveau du derme et des vaisseaux sanguins. Immédiatement après la blessure, les vaisseaux sanguins concernés se contractent et, après la coagulation du sang, un réseau de filaments de fibrine et de plaquettes sanguines collées les unes aux autres referme rapidement et provisoirement la plaie. Dans une réaction inflammatoire, des cellules immunitaires présentes dans la plaie détruisent et éliminent les tissus cellulaires endommagés, la saleté, les bactéries et autres agents pathogènes. Les cellules du derme endommagé sont stimulées pour former un tissu de granulation – un tissu de remplacement composé de nouvelles cellules et d’une matrice extracellulaire, principalement du collagène. Ce tissu est ensuite transformé en tissu cicatriciel (voir aussi l’article sur la cicatrisation dans le numéro 4/2026 de vitamine).
«Le corps referme les plaies aussi vite que possible pour ne pas perdre trop de liquide et pour éviter l’entrée d’agents pathogènes», explique Sabine Werner, biologiste moléculaire. «Mais le prix à payer pour une cicatrisation rapide est que le nouveau tissu n’a plus les mêmes propriétés que le tissu d’origine. Il est moins élastique, ne peut
pas transpirer et est dépourvu de poils. Et tandis que la plupart des blessures laissent des lignes fines et blanches, certaines se transforment en cicatrices hypertrophiques, épaisses, parfois rouges, qui démangent ou font mal. Dans les cas les plus graves, on peut même voir apparaître un kyste, dans lequel le tissu conjonctif s’étend au-delà de la cicatrice initiale et dans les tissus environnants, et qui a tendance, sans traitement, à grossir, comme une tumeur.1 Depuis des années, Sabine Werner étudie les facteurs qui influencent la cicatrisation et la formation de cicatrices. Elle est professeure à l’Institut des sciences de la santé moléculaire de l’EPF de Zurich et dirige l’initiative de recherche SKINTEGRITY.CH, qui réunit, outre l’EPFZ et l’Université de Zurich, d’autres universités, hôpitaux universitaires et partenaires industriels suisses.²
Influencer favorablement la cicatrisation
Un facteur important qui influence la cicatrisation est tout d’abord la taille de la plaie, explique Sabine Werner: plus elle est grande, plus il faut former de tissu de granulation, et plus la cicatrice sera prononcée. La localisation est également un facteur central: si la plaie se trouve à un endroit où une forte tension mécanique est exercée, par exemple au niveau d’une articulation, la

Il faut du temps pour que les cicatrices guérissent bien –les crèmes cicatrisantes et les massages aident à ce processus.

formation de cicatrices est plus importante – et donc le risque de cicatrice hypertrophique aussi. Enfin, les gènes sont également déterminants, souligne la spécialiste: «Certaines patientes ont de très grosses cicatrices après une césarienne, alors que d’autres ne les remarquent même plus après un certain temps.» Les gènes sous-jacents sont encore peu connus, mais la recherche dans ce domaine est en cours.
Et puis il y a une observation qui fascine les chercheurs depuis une trentaine d’années: si un bébé est opéré dans le ventre de sa mère – ce qui se produit dans le cas de certaines malformations, comme par exemple une spina bifida – aucune cicatrice ne se forme jusqu’à la fin du deuxième trimestre. Deux éléments pourraient expliquer ce phénomène selon Sabine Werner: le fait que la réaction inflammatoire du fœtus est beaucoup plus faible et plus courte que chez l’adulte et qu’il se trouve en outre dans un environnement humide. Ces deux éléments ont une influence majeure sur le tissu conjonctif en formation. Ce n’est qu’au début du dernier trimestre que la cicatrisation commence à se produire chez le bébé. Qu’est-ce qui change exactement à ce moment-là et comment ces mécanismes
peuvent-ils être transposés à la cicatrisation des plaies chez l’adulte? C’est ce que les chercheurs tentent de découvrir actuellement. Mais il est déjà clair aujourd’hui que la force de la réaction inflammatoire et l’humidité influencent la cicatrisation. Alors, comment peut-on contribuer activement à ce qu’une plaie se transforme en cicatrice aussi discrète que possible? Dans le cas des cicatrices chirurgicales, la base d’une belle cicatrice est posée avant même que la plaie ne commence à guérir: en salle d’opération. «Si l’on suture et coud le long des lignes et des plis naturels de la peau et si l’on évite autant que possible de créer une tension sur la suture, la cicatrice sera beaucoup moins visible», explique Jürg Hafner, médecin-chef du service de dermatologie de l’Hôpital universitaire de Zurich. «La technique de suture est également importante», poursuit-il. Sur la plupart des parties du corps, on suture en plusieurs couches: en profondeur, on pose des fils qui maintiennent les tissus ensemble et qui soulagent ainsi la tension sur les couches supérieures de la peau et qui se résorbent d’eux-mêmes avec le temps. La couche externe de la peau peut être suturée de manière visible ou sous-cutanée,
c’est-à-dire juste sous la surface de la peau. «Une technique de suture soignée réduit le risque de cicatrices inesthétiques», explique le dermatologue. Pour les petites plaies, comme une coupure au front d’un enfant, il n’est souvent pas nécessaire de suturer. Les bords de la plaie qui se superposent parfaitement peuvent être fermés à l’aide de sutures cutanées adhésives ou de colle pour tissus, afin de les réunir parfaitement.
Ce qui compte maintenant: pansement, crème, patience
Qu’il s’agisse d’une cicatrice chirurgicale ou d’un genou écorché, ce qui se passe à l’hôpital ou chez le médecin ne dépend généralement pas des patients. Ce qui suit, en revanche, oui. La phase de soins des cicatrices commence dès que la plaie a été soignée et qu’ils quittent l’hôpital ou le cabinet médical. Les patients peuvent alors avoir une influence et les droguistes peuvent leur prodiguer des conseils avisés. D’une part, les crèmes cicatrisantes peuvent aider. Selon Jürg Hafner, les produits contenant du silicone présentent les effets positifs le mieux documentés. Des études montrent aussi l’utilité des crèmes contenant des ingrédients tels que le collagène et l’acide hyaluronique. «Mais mas-
Massage des cicatrices
ser la cicatrice elle-même a aussi un effet positif», souligne-t-il. Pour ce faire, on masse la cicatrice avec le bout d’un, deux ou trois doigts, la paume ou le creux de la main (selon l’étendue et la localisation de la cicatrice) en mouvements circulaires lents. Des pansements adaptés peuvent également aider à garder la zone blessée propre et légèrement humide, tout en réduisant la tension, comme les pansements hydrocolloïdes ou les bandages adhésifs. Ils protègent également le nouveau tissu de la lumière UV: chez les personnes à la peau pigmentée en particulier, une cicatrice fraîche exposée au soleil sans protection peut devenir sombre de manière permanente.
Jürg Hafner recommande généralement de protéger la cicatrice fraîche avec un pansement en silicone ou en tissu adhésif, ou un pansement hydrocolloïde, pendant les quatre à huit premières semaines après le retrait des points de suture. «Le pansement agit comme une seconde peau: on peut le laisser en place plusieurs jours, prendre une douche et soigner sa peau. Et la cicatrisation prend du temps.» Il est important de comprendre que les cicatrices mettent plusieurs mois à devenir discrètes et à ne plus gêner.
Pas besoin de nettoyage quotidien ou de changement de pansement à plusieurs reprises, ont écrit Jürg Hafner et d’autres chercheurs dans un article sur le trai-
Une fois la cicatrisation terminée, on peut commencer à masser autour de la cicatrice. Et masser la cicatrice elle-même dès que le tissu cicatriciel est stable. Le massage des cicatrices doit être effectué sur une longue période et régulièrement jusqu’à ce que le tissu cicatriciel soit ramolli. Le massage étire et déplace le tissu et augmente son élasticité. Il favorise également une bonne circulation sanguine dans la zone de la cicatrice et supprime les adhérences dans le tissu conjonctif.4
Le long de la cicatrice En mouvements circulaires en direction de la cicatrice En direction de la cicatrice Par-dessus la cicatrice
tement des plaies chroniques paru en 2024 dans l’International Wound Journal: de nombreuses recommandations actuellement largement répandues dans le domaine de la cicatrisation seraient de simples rituels basés sur des convictions et des traditions et non sur des preuves scientifiques. Par exemple, il n’est absolument pas prouvé que chaque plaie doive être nettoyée à chaque changement de pansement. Au contraire: dans le cas de plaies qui évoluent bien, une manipulation du lit de la plaie pourrait même ralentir la cicatrisation, car elle perturbe les cellules et les facteurs de croissance qui favorisent activement le processus de guérison.³
Même la croûte – souvent perçue comme gênante et grattée – mérite d’être réhabilitée. Elle n’est pas juste une croûte disgracieuse, mais a une fonction biologique: c’est une protection naturelle qui permet à la peau de se régénérer sans être perturbée. Les enfants qui grattent leurs croûtes?
«Ce n’est pas grave, la nature pardonne», dit Jürg Hafner.
Si une cicatrice est encore rouge quatre semaines après la blessure, si elle dépasse le niveau de la peau environnante, si elle démange ou fait mal, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin: les cicatrices hypertrophiques et les chéloïdes doivent être traitées par des spécialistes. «Le traitement des chéloïdes est particulièrement difficile», explique le Dr Hafner. Après la plupart des traitements, les chéloïdes repoussent et deviennent même parfois plus grosses qu’avant. Auparavant, on injectait souvent de la cortisone (sur ordonnance) dans le tissu chéloïdien, mais dans de nombreux cas, cela ne fonctionne que pendant quelques semaines. C’est pourquoi on utilise aujourd’hui une combinaison de cortisone et de 5-fluorouracile (sur ordonnance), un médicament anticancéreux qui inhibe la croissance cellulaire. Chez les femmes en âge de procréer, il faut veiller à une contraception fiable pendant le traitement. Une autre option est la correction
chirurgicale: la chéloïde est excisée, la plaie est suturée de manière optimale avec le moins de tension possible – et ensuite, elle est immédiatement irradiée localement pour éviter la formation d’une nouvelle chéloïde. Enfin, les chéloïdes peuvent également être congelées à l’azote liquide sous anesthésie locale. Selon le Dr Hafner, cette technique a été perfectionnée au cours des dernières années et donne également de bons résultats.
De bonnes conditions pour la guérison
La manière dont la formation de cicatrice pourrait être fondamentalement modifiée fait actuellement l’objet de recherches intensives, notamment dans le cadre de SKINTEGRITY.CH. Le groupe de Sabine Werner à l’EPFZ a par exemple montré qu’un certain signal moléculaire – l’activine – favorise la formation de cicatrice lorsqu’il est produit en trop grande quantité. Si ce signal est inhibé, la cicatrice sera plus petite, mais la guérison de la plaie sera plus lente. Des ingénieures et ingénieurs de l’EPFZ ont également développé des méthodes pour suivre la cicatrisation de manière non invasive et ainsi évaluer à un stade précoce si une cicatrice importante va se former. Il faudra encore quelques années avant que ces connaissances débouchent sur de nouvelles thérapies. «Mais les progrès les plus récents n’auraient pas été possibles sans la collaboration entre les différentes disciplines: pour avancer, la recherche fondamentale, la clinique, l’ingénierie et la pharmacie doivent travailler main dans la main», estime Sabine Werner. «En fin de compte, c’est la nature qui nous guérit», déclare-t-elle. «Notre tâche est de créer les meilleures conditions possibles. Et comme je l’ai déjà dit, la plupart des cicatrices ont besoin de quelques mois pour être bien acceptées.»
Les pansements et les bandages permettent de garder les plaies et les cicatrices propres et de les protéger des rayons UV.
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